13.09.17

 

1. Edie Windsor: An American Hero

 

  • Edie Windsor, décédée hier à 88 ans à New York City, restera l’une pionnière de la défense des droits des homosexuels à travers un combat qu’elle a commencé après la mort de sa première femme, Thea Spyer, sa compagne de 42 ans, épousée au Canada en 2007 et disparue en 2009.
    Contrainte de payer un demi million de dollars sur l’héritage de Spyer car la DOMA – Defense of Marriage Act qui considère le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme – la prive de protections fédérales, dont celle de l’exemption des droits de succession accordée au conjoint, elle décide de porter plainte contre le gouvernement (« Windsor v. United States ») et va jusqu’à la Cour Suprême qui lui donne gain de cause en juin 2013 dans une décision qui va accélérer la légalisation du mariage pour tous sur l’ensemble du pays.
  •  

  • Deux articles à retenir pour comprendre la vie et le combat d’Edie Windsor: celui du New Yorker, « The Perfect Wife » qui décrit son histoire d’amour avec Thea Spyer et l’hommage de Time magazine qui en a fait l’une des personnalités de l’année 2013:
     

    Grandir gay aux Etats-Unis, Windsor, aujourd’hui 84 ans, n’a jamais vraiment évoqué sa sexualité au delà de son vibrant cercle d’amis. Mais la mort de son épouse Thea Spyer en 2009 a provoqué une série d’évènements qui ont poussé Windsor à se battre pour ses droits devant la Cour Suprême – une lutte qui s’est conclue par une victoire décisive pour le mariage gay cette année.

     

  • Barack Obama lui a rendu hommage, Hillary et Bill Clinton ont salué « son combat et une personnalité lumineuse » tout comme nombres de personnalités démocrates, célébrités et des milliers d’anonymes.

 


2. The Big One

 

  • Il ne s’agit pas du plus grand tremblement de terre qui menace de détruire prochainement la côte est nord-américaine – le New Yorker parle alors du « Really Big One » – mais du piratage géant et imminent des milliards de données personnelles amassées par les géants de la technologie, Facebook, Google ou Amazon, davantage obsédés par la modernisation, commodité et rentabilité de leurs services que la sécurité de leurs utilisateurs.
     

    Ces compagnies, plus Slack, Tinder et une demi douzaine d’autres possèdent suffisamment de données financières et personnelles pour permettre aux hackers de voler notre identité et accumuler des charges frauduleuses. Elles possèdent nos messages privés, photos, et la plupart de nos secrets. Une attaque à grande échelle contre l’une de ces entreprises pourrait faire du piratage d’Equifax [la compagnie de renseignement de crédit américaine qui vient de se faire voler les noms, numéros de carte de crédit et de Sécurité Sociale de 143 millions de personnes] un menu larcin.

    « Forget Equifax. Facebook and Google have the Data that should worry You »– Businessweek

 

  • Comme le constate Zeynep Tufekci dans le New York Times, des dizaines de compagnies ont été victimes de piratages ces dernières années et obligées de payer une « amende infime par rapport aux profits engrangés ».
     

    Il existe des facteurs techniques qui expliquent pour la cybersécurité est si faible, mais la vraie raison est politique, et c’est très simple: Les grandes entreprises ont beaucoup investi dans le système politique pour qu’il créé un environnement légal dans lequel les consommateurs assument toujours plus de risques et les compagnies encore moins.

 


3. Mal de Tech

 

  • Les géants de la Silicon Valley sont depuis des mois dans le collimateur du président, agacent Démocrates et Républicains, et commencent à inquiéter l’opinion publique:
     

    • Même si Amazon s’est engagée à créer cent mille emplois ces dix huit prochains mois, le commerce en ligne dont est leader, avec 43% des ventes en ligne, est responsable de la fermeture de milliers de magasins (« Birck and Mortar ») et du chômage de plusieurs centaines de milliers d’employés.
    • Facebook est ouvertement accusée d’avoir fait élire le président Trump en préférant accepter des revenus publicitaires de la part de pays étrangers plutôt que d’en d’abord vérifier le contenu et l’origine.
    • Google est considérée comme le « big brother de la gauche » et amasse une bonne partie des revenus publicitaires engrangés sur internet et écrase la concurrence qui commence à se rebeller.
    • Uber est la seule compagnie a être tombée jusqu’ici à cause d’une culture d’entreprise machiste, de pratiques frauduleuses à l’encontre de ses concurrents et d’un fondateur mégalo.

 

  • Comme l’analyse Ben Smith, rédacteur du Buzzfeed:
     

    Ca ne veut pas dire que la fin est proche pour ces nouveaux géants – même pour Uber dont l’activité continuent de croître. C’est juste que l’âge d’or est terminé. On entre dans une nouvelle ère de politique normale avec une réglementation normale, dans laquelle les sénateurs californiens les défendront les poches pleines avec autant de vigueur que les Texans pour le pétrole, mais contre un profond courant bipartisan. Ils gagneront dans certains cas, perdront dans d’autres, et certaines défaites pourraient être aussi dommageables que celle de Microsoft dans les années 90 quand un procès antitrust [intenté par le gouvernement américain] a presque brisé la compagnie et l’a obligé à se transformer au bénéfice entre autres de Google.

    « There is blood in the Water in Silicon Valley » – Buzzfeed News

 


4. Face de bouc

 

  • Non seulement Facebook a reconnu avoir vendu cent mille dollars de revenus publicitaires à la Russie pour promouvoir des sujets controversés favorables à la rhétorique du candidat républicain. La Russie aurait également utilisé les « Facebook Events » pour organiser des manifestations contre les immigrés aux Etats-Unis, dont un rassemblement anti-musulman dans l’Idaho au mois d’août 2016. Des évènements (admis par la compagnie) qui ont été promus via des annonces payés par le pays.
     

    Les évènements Facebook – l’un d’entre eux s’est fait l’écho de théories du complot poussés par des médias pro-Trump – prouvent que les tentatives du Kremlin pour influencer le débat politique aux Etats-Unis ne se sont pas limitées aux fake news et ont poussé des Américains à de l’action directe.

    « Russia Used Facebook Events to organize anti-immigrant Rallies on US Soil »Daily Beast 

 

  • Le président de CNN, Jeff Zucker s’en est pris publiquement à Facebook dans une interview donnée à Tina Brown lundi:
     

    Je pense que Facebook n’a pas tout dit sur son rôle durant les élections et je pense qu’on devrait continuer à leur mettre la pression. C’est scandaleux que Facebook ne soit pas plus transparent sur les publicités qu’ils ont acceptées des Russes, que la compagnie les publie et offre davantage d’informations. Le fait qu’ils essayent d’enterrer cette histoire en plein mois d’août quand le Congrès est en vacances et tout aussi scandaleux… Je veux vraiment insister sur le manque de transparence de Facebook durant les élections et c’est un problème grave. Les gens doivent leur demander davantage de compte.

 


5. Medicare pour tous

 

  • Le sénateur indépendant Bernie Sanders, star de la campagne présidentielle 2016, a présenté aujourd’hui sa législation phare, « Medicare for all », l’ambitieux projet d’offrir une assurance maladie à l’ensemble des Américains, quels que soient leurs revenus et qui a reçu le soutien des principaux prétendants à la candidature démocrate de 2020, les sénateurs Cory Booker (New Jersey), Kirsten Gillibrand (New York), Kamala Harris (Californie) et Elizabeth Warren (Massachusetts)
  • Pour le journaliste Mike Allen, une fois introduite et acceptée par la nouvelle garde démocrate, le concept d’une assurance santé pour tous, considérée jusqu’ici comme « toxique » par la gauche américaine, fait doucement son chemin chez les politiques et les électeurs, et n’est pas prête de disparaître.

 


6. Héroïn(e)

 

  • Après Frontline, HBO, un autre reportage de Netflix sur l’une des plus graves crises sanitaires qui touche les Etats-Unis: l’épidémie d’héroïne et d’opiacés (morphine, oxycodone, …) touche de plein fouet Huntington en Virginie Occidentale, rebaptisée la capitale de l’overdose en Amérique avec des décès par overdoses qui sont dix fois plus élevés que dans le reste du pays.
     
    Jane Rader, récemment promue responsable du Fire Department de la ville de Huntington:

    C’est triste quand tu traverses une ville et tu te rappelles, « Quelqu’un est mort ici, un autre là, mais c’est la réalité de cette région (…) Quand tu accumules le désespoir, le chômage, et le manque d’éducation, c’est le désastre assuré.
    Je pense que nous avons perdu deux générations, pas une génération, j’ai bien peur que nous en ayons perdu davantage.
    La Virginie Occidentale est un Etat de travailleurs ouvriers qui travaillent dur et dans des conditions difficiles; il y a beaucoup de blessures, et beaucoup de gens sont devenus dépendants aux anti-douleurs en se blessant et se sont tournés vers l’héroïne, financièrement plus abordable »

 


7. Nancy Gibbs quitte Time magazine

 

  • Après l’annonce du départ de Graydon Carter après 25 ans passés à diriger Vanity Fair, c’est au tour de Nancy Gibbs, première femme rédactrice en chef de Time magazine, depuis 2013, et employée du magazine depuis 32 ans, de tirer sa révérence à la fin de l’année. Aucun des deux n’a pour le moment de successeur.

 


8. Bad Karma

 

  • Brock Turner, l’étudiant-champion de natation de Stanford condamné à trois mois de prison l’année dernière pour avoir agressé sexuellement une étudiante inconsciente derrière une poubelle sur le campus, a désormais sa photo dans un manuel de droit pénal de première année, « Introduction to Criminal Justice. Systems, Diversity and Change », à côté de la définition de « viol »
  • L’une des étudiantes a posté la page du manuel sur Facebook et l’image est devenu virale en quelques jours.
     

 

 


9. La couverture du jour: Si seulement

 

  • Le New Yorker va faire pleurer dans les chaumières américaines en dévoilant cet après midi la couverture que le monde attendait au lendemain des élections présidentielles. Intitulée « The First » et réalisée par l’artiste française Malika Favre, elle nous manque chaque jour…
     

07.09.17

 

Les Républicains en colère

  • Donald Trump s’est mis le parti républicain à dos hier en décidant, contre toute attente, de s’allier avec Chuck Schumer et Nancy Pelosi, respectivement chefs des minorités démocrates de la chambre haute et basse du Congrès américains pour augmenter le plafond de la dette jusqu’en décembre prochain – l’accord avait été rejeté plus tôt dans la journée par Paul Ryan, le porte parole républicain de la Chambre des Représentants qui proposait lui une extension de dix huit mois. – The New York Times
     

    « Après des semaines passées à critiquer les leaders républicains sur leur incapacité à faire voter des lois, Trump a montré qu’il était prêt à franchir les lignes partisanes pour rapporter des victoires législatives (…) Jusqu’ici, M. Trump a cherché à gouverner avec les majorités républicaines de la Chambre des Représentants et du Sénat, une approche qui ne lui a pas permis de remplir des promesses comme l’abrogation d’Obamacare. Après avoir accusé les Démocrates d’être des « obstructionnistes », Trump cherche désormais à s’entendre avec les Démocrates sur des sujets où ils partagent un intérêt commun comme les projets d’infrastructure, l’immigration ou les impôts.

     

  • La veille, Donald Trump s’est dit prêt à négocier avec les Démocrates pour trouver une solution légale à la protection des « dreamers »: « Chuck [Schumer] et Nancy [Pelosi] voudraient arriver à quelque chose, et moi aussi » sans mentionner sa  propre majorité.
  • L’accolade entre Schumer et Trump immortalisée.

 


« Usine à trolls »

  • La direction de Facebook a révélé avoir vendu près trois milles posts publicitaires à une entreprise russe – véritable « usine à trolls » – liée au Kremlin durant la campagne présidentielle 2016 pour un montant total de cent mille dollars.
    Diffusées « entre juin 2015 et mai 2017″, les publicités ne ciblaient aucun candidat en particulier mais évoquaient des problèmes sociaux controversés (la race, droits des homosexuels, du contrôle des armes de l’immigration) sur 470 comptes et pages différentes » que Facebook a interdit depuis.

     
  • Même si cent mille dollars représente « un tout petit montant qui a sans doute eu peu d’effet sur le résultat des élections », c’est un exemple de l’effort déployé par les autorités russes durant la campagne présidentielle américaine pour tenter d’influencer le résultat des élections en faveur de Donald Trump et aux dépens d’Hillary Clinton.
    A savoir maintenant si cet effort à été guidé par des individus aux Etats-Unis

 


Les chiffres catastrophiques de l’épidémie d’opiacés

 

  • Les derniers chiffres de l’une des pires crises sanitaires qui frappe les Etats-Unis sont catastrophiques:
     

    Environ 64 000 Américains sont morts d’overdose l’année dernière – une hausse de 22% comparée aux 52 404 recensés en 2015 – selon les premières estimations du gouvernement. Les overdoses tuent désormais plus d’Américains que l’épidémie de HIV en 1995, et bien plus que les armes ou accidents de voiture aujourd’hui

     

  • L’arrivée en force du Fentanyl, dont le potentiel analgésique est cent fois plus puissant que la morphine, a aggravé l’épidémie en causant à lui seul la mort de 20 000 personnes en 2016, soit un tiers des décès liés à la consommation de drogues.
  •  

  • Dan Ciccarone, professeur à l’Ecole de médecine de UCLA à San Francisco:
     

    Il s’agit d’une tripe épidémie qui cumule des vagues de décès liées à la consommation de différents types d’opiacés. La première a commencé dans les années 90 avec la prescription des anti-douleurs. La seconde, due à l’héroïne, a commencé autour de 2010 avec des overdoses liées à la consommation d’héroïne qui ont triplé. Aujourd’hui ce sont des overdoses liés aux opiacés de synthèse, y compris le Fentanyl et ses dérivés produit illégalement, qui représentent la troisième vague avec des décès par overdoses qui ont doublé entre 2013 et 2014


« Horrorcane »

 

  • Irma, l’ouragan de catégorie 5 qui a dévasté les Antilles devrait toucher les côtes américaines samedi matin:

    L’ouragan Irma est plus large et plus puissant que ne l’était Andrew et pourrait devenir la tempête que les habitants de Miami, porte d’entrée dynamique vers l’Amérique latine, pensaient ne jamais voir arriver.

 


Mobil-ville

 

  • Les 18 000 habitants de la petite ville suédoise de Kiruna ont été déplacés de force pour laisser place à l’exploitation d’un des gisements de minerai de fer les plus riches de la planète, utilisé notamment par BMW pour la construction de ses berlines et Apple pour ses Iphones.
     

    Tous les habitants de Kiruna étaient au courant de la possibilité d’être évacués pour accommoder l’expansion graduelle de la mine. Mais en 2004, LKBA [l’exploitant de la mine] a informé le gouvernement local que pour continuer à exploiter la mine, le minerai de fer devrait être extrait bien plus en profondeur, au risque de rendre instable une importante partie de la ville, y compris le centre ville. C’est là qu’a commencé le projet audacieux, compliqué et toujours en cours de déplacer le coeur de Kiruna, ses cinq mille maisons et sept cent mille mètres carrés d’espaces résidentiels et commerciaux, à trois kilomètres à l’est. La plupart des structures vont être détruites et reconstruites, mais dans certains cas – les maisons les plus anciennes par exemple ou l’église en bois, considérée un temps comme l’un des plus beaux monuments de Suède – seront désassemblées ou transportées tels quels à Kiruna 2.0

  • « How to move a town »Bloomberg Businessweek

 


Une ville à vendre

 

  • La ville de Mustang au Texas a été mise en vente pour quatre millions de dollars. La propriété de trente hectares possède quelques mobil-homes, un magasin, une station d’épuration, un immense hangar de 650 km2, un camion de pompiers. L’idée est de trouver « le bon propriétaire » pour essayer de faire renaître une communauté. Daily Mail

 


46 ans derrière les barreaux

  • Leslie Van Houten, 68 ans, dont 46 passés dans une cellule de la prison pour femmes de Chino en Californie pour les meurtres de Leno et Rosemary LaBianca en 1969 a obtenu une seconde liberté conditionnelle, un an après que la première ait été rejetée par le gouverneur de Californie, Jerry Brown.
    C’est la dernière survivante des « girls » de la famille Manson, et la plus ancienne prisonnière des Etats-Unis.

 

 


Couverture du jour

  • Hillary Clinton pour la sortie de son dernier ouvrage, « What Happened », sorti cette semaine et consacré aux élections présidentielles et à la pire défaite de sa carrière, du parti démocrate et du pays:
     

    Tu peux rejeter la faute sur les données, sur le message, sur à peu près tout – mais j’étais la candidate.

Le kiosque du 19.07.17

 

1. Trumplandia: Trouble in Trump Paradise?

 

La page d’accueil du Drudge Report ce matin

 

  • La plupart des médias américaines dénoncent ce matin le fiasco du parti républicain et du leader Mitch McConnell incapables de faire passer le « Repeal et Replace » d’Obamacare après la défection de quatre de ses sénateurs contre la troisième version de la réforme de l’assurance santé présentée la semaine dernière, le « Better Care Reconciliation Act » – et qui plus est, leur seule et unique obsession depuis ces sept dernières années.

 

  • Les médias pro-Trump ont été les plus virulents sur ce « désastre » du parti au pouvoir: L’un des présentateurs de « Fox & Friends », la matinale de Fox News et programme préféré du président a suggéré que les quatre rebelles n’étaient peut-être pas fidèles à leur pays et conseillé le président « de ne pas prendre [cet échec] personnellement »: Il « peut être déçu mais ce n’est pas de sa faute » – CNN
    Même son de cloche dans le Drudge Report,  Breitbart, The Gateaway Pundit, dans le programme de Sean Hannity (Fox News) ou encore celui de Rush Limbaugh qui fustige au passage « le pouvoir des trois sénatrices gauchistes du groupe républicain » qui ont empêché l’abrogation (« Repeal ») proposée en dernier recours par Mitch McConnell hier.

 

  • Depuis le 29 juin dernier, la Maison Blanche refuse de donner des conférences de presse filmées, jusqu’ici très suivies en direct sur les chaînes câblées et les médias sociaux. Hier un journaliste de Fox News a quitté la conférence présidée par Sarah Huckabee pour protester contre cette politique

 

  • On a appris hier soir que Donald Trump a eu la bonne idée de s’entretenir une seconde fois « off the record » avec le président russe Vladimir Poutine lors d’un dîner du G20 de Hambourg qui a suscité l’étonnement de la plupart des autres chefs d’Etat présents.
     

    Ca enfreint le protocole de sécurité nationale d’avoir un président américain qui rencontre son homologue russe avec seulement un traducteur russe présent: ce dernier pourrait mal interprété les propos de Trump envers Poutine. Et les Etats-Unis n’ont aucun enregistrement de ce qu’il a dit. Poutine plus expérimenté, a dû conduire la conversation. Axios

    Il n’y a rien d’illégal à cela mais ça pousse évidemment les médias à s’interroger sur le contenu de cette entrevue avec président qui a tenté d’influencer le résultat des élections présidentielles en sa faveur – Trump a encore joué la victime des fake news sur Twitter.


    Mais n’en parlez à USA Today et son réseau de quotidiens régionaux qui critiquent aujourd’hui l’obsession des grands médias nationaux sur Trump et la Russie qui les détourne d’autres problèmes importants comme l’assurance santé ou l’immigration. Une lassitude qui serait ressentie par les sympathisants de droite et de gauche.

     

    The Detroit Free Press – Edition du 19 juillet 2017

     

 

  • Trump a nommé l’ambassadeur américain en Russie, il s’agit de Jon Huntsman, qui était ambassadeur américain en Chine sous Barack Obama et de Singapour sous George W Bush. – Reuters

 


2. Une famille en enfer?

 

  • People magazine consacre sa une à la famille Trump et le tableau qui nous est offert est moribond.
     

    Ceux qui connaissent et ont étudié Donald Trump Sr et ses enfants, à la tête de son empire pendant qu’il est président – Don Jr, Ivanka et Eric – affirment que la famille est guidée par le credo du père, gagner à tous les coûts et de ne jamais admettre la défaite.

 

  • Selon des proches des deux frères Trump, Don Jr et Eric:
     

    Don Jr ne peut conclure aucun marché parce que tout le monde le surveille. Chaque jour, Il part travailler dans un état misérable … Tu ne peux pas critiquer ceux qui te nourrissent, mais Don Jr n’attends qu’une chose, la fin des quatre prochaines années.

 

 

 


3. Les tweets de Trump

 

  • C’est une récurrence dans les médias depuis deux ans, date de son entrée dans la campagne présidentielle: les fameux tweets de Donald Trump qui, de son propre aveu et de ceux de tous les analystes, l’ont aidé à remporter la candidature républicaine puis les élections présidentielles.
  •  

  • Le New York Times a analysé les tweets de ces 24 derniers mois et noté que Trump « est plus bien efficace à cataloguer ses adversaires qu’à défendre des politiques.
     

    Il a promis « un superbe assurance santé », un « remarquable assurance santé », un « grand programme », et une assurance santé « qui va bientôt être superbe ». Mais pour un politicien qui est habile à noyer ses arguments dans des slogans compacts – « fake news », « witch hunt », « Crooked Hillary » – ses discours sur l’assurance santé ne sont pas très convaincants par rapport aux refrains cinglants et mémorables qui ont influencé des millions d’Américains sur comment interpréter Washington.

     

  • Non seulement il « essentialise » ses adversaires en utilisant des diminutifs: Non pas « Hillary is a crook » mais « Crooked Hillary », « Lyin’ Ted [Cruz] », « Goofy Elizabeth Warren », « lightweight Marco [Rubio] », « failing NYTimes » mais « c’est aussi la répétition qui est importante. La simplicité et la consistance, le b.a.-ba du marketing ».* « Trump seems Much Better a Branding Opponents than Marketing Policies » – New York Times

 


4. Actualité locale recherche médias locaux

 

  • La question du Washington Post est simple: « Qu’arrive-t-il à l’actualité locale quand il n’existe aucun média pour la couvrir? »
     

    Palo Alto en Californie est un « désert d’informations », une communauté oubliée, voire entièrement ignorée par les médias. C’est l’une des mille villes des Etats-Unis dans laquelle l’actualité locale se réduit et parfois disparait. Le plus important facteur de ce phénomène, selon une étude de l’Université de Caroline du Nord: Les coupes budgétaires, la consolidation et fermetures des quotidiens et hebdomadaires, l’élément vital traditionnel de la presse locale de l’Amérique avant même sa fondation. Le disparition de centaines de quotidiens et hebdomadaires a réduit les emplois de ce secteur de moitié entre 2001 et 2016 selon les Ministère du Travail. L’impact a été ressenti dans une étude locale en 2001 qui conclut: « Un défaut d’information se manifeste de plusieurs manières: Des histoires qui ne sont pas racontées, les erreurs du gouvernement qui ne sont pas révélées, les dangers sanitaires qui ne sont pas identifiés, des élections locales avec des candidats que personne ne connaît.


5. Must Read: « The Lawyer, the Addict »The New York Times magazine

 

  • Eilene Zimmerman évoque la descente aux enfers de son ancien mari, avocat réputé de la Silicon Valley, tombé dans la toxicomanie pour pouvoir relever les défis d’une carrière exemplaire dans un milieu ultra-compétitif (soixante heures de travail hebdomadaires pendant vingt ans) et qui lui a été fatale.
     

    Peter, l’une des personnes les plus brillantes que je n’ai jamais connu, a succombé à sa toxicomanie, abattu par une infection bactérienne généralisée, commune aux utilisateurs de drogue intraveineuse.
    De tous les détails les plus déchirants, celui qui me hante le plus est le suivant: L’historique des appels sur son téléphone portable montre que le dernier a été donné à son travail. Peter, qui vomissait, incapable de s’asseoir, à moitié inconscient a réussi, je ne sais comment, à avoir une conférence téléphonique.

 


6. A regarder: « Life on Parole »

 

  • Le documentaire de l’excellent programme de la chaîne publique, PBS, « Frontline » qui s’intéresse en collaboration avec le New York Times à ces détenus en liberté conditionnelle, qui effectuent la fin de leur peine au sein de la société mais avec d’immenses restrictions et le risque imminent de retourner en prison.
  • Le documentaire intitulé « Life on Parole » a suivi pendant deux ans quatre prisonniers libérés dans le Connecticut, un Etat qui tente de désengorger les prisons en redonnant une semi-liberté et une chance de réintégration aux détenus.

 


7. Le reste de l’actualité

 

 

  • Hillary toujours aussi mal-aimée – Washington Post
     

    « La plupart du temps, le candidat qui perd les élections présidentielles a un prix de consolation: le respect du public (…) Hillary Clinton, [est] la première candidate moderne à casser cette règle. Selon un sondage de Bloomberg, seulement 39% des Américains la voient favorablement (…) Pourquoi? Tout simplement parce que beaucoup de gens, y compris le président des Etats-Unis refusent de refermer l’épisode des élections de 2016 »

     

  • « Netflix veut rendre les salles de cinéma obsolètes » affirme le Washington Post qui précise que le géant de la vidéo en ligne va sortir 40 films cette année contre 16 seulement en 2016.
  •  

  • Les responsables des quartiers sensibles de Baltimore – la ville la plus violente du pays – appellent à un cessez-le-feu le premier week-end d’août: une pause de 72 heures au cours desquelles « personne ne doit être tuée ». La ville a recensé 188 morts depuis le début de l’année  – Baltimore Sun

 


8. La couverture du jour

 

  • Toutes les chaînes TV américaines seront demain à Las Vegas pour suivre l’audition de demande de liberté conditionnelle d’O.J. Simpson, l’ancien joueur de football américain, reconverti acteur avant d’être acquitté du double de sa femme et de l’un de ses amies dans le procès du siècle il y a plus de 25 ans.
    Simpson est incarcérée dans une prison de Las Vegas depuis huit ans pour avoir volé des objets de collection dans un casino en 2007. Variety et NY Daily News

 

  • Couverture du Daily News du 19 juillet 2017

La citoyenne Clinton

 

Dans une interview inédite du New York magazine, Clinton revient longuement sur les raisons de sa défaite, sur la soirée dramatique, les réactions des supporters, les critiques des médias, la résistance contre la nouvelle administration, dans laquelle elle compte bien rester présente et active.

Le 8-9 novembre

  • Elle a été aussi étonnée que le reste de l’Amérique, du monde et même de la campagne de Trump lorsque les premiers résultats sont sortis.
  • Le rituel de la défaite:

    Ca été dévastateur (…) J’ai juste pensé à traverser cette épreuve avec le plus de dignité et d’intégrité possible, en me disant qu’on aurait tout le temps de comprendre ce qu’il s’est passé, mais que pour le moment, il fallait passer ce rituel de la défaite: Quand j’étais sûre d’avoir perdue, appeler Trump, appeler Obama, penser à quoi dire le lendemain …
    Il fallait que je passe par cela avant de me dire « Qu’est ce qu’il s’est passé », et pouvoir être colère énervée, être déçue et avoir l’impression d’avoir abandonné tout le monde.

     

  • Elle a reconnu sa défaite seulement le lendemain car il fallait le temps écrire un discours que personne n’avait préparé. Un discours qu’elle a voulu plus agressif et optimiste à la fois pour encourager la nouvelle génération de filles à continuer de se battre.

 

L’inauguration

  • Elle était toujours dans cette posture de perdante quand elle a assisté à l’investiture de Trump

    C’était dur, très difficile (…) Mais à ce moment là on pensait encore qu’il aurait un programme de gouvernement différent de celui de la campagne. 
    Au contraire, il a réaffirmé à tous ses supporters les plus fidèles qu’il resterait le même. « Un carnage dans notre pays » [les propos de Trump pour qualifier la situation des Etats-Unis après huit ans d’Obama] C’était assez choquant. 
    J’ai surpris Michelle Obama qui se demandait ce qu’il se passait. J’étais assise à côté de George et Laura Bush, et même nous ne sommes pas du même bord politique, nous étions atterrés.

     

 

La défaite

  • Elle assume « personnellement » la responsabilité de la défaite:

    « J’étais la candidate, j’étais la personne sur le bulletin de vote. Je me rends compte des défis, problèmes et des insuffisances que nous avons eu. »

     

  • Reste que, selon elle, et comme l’avait avancé le journaliste Nate Silver, « si les élections avaient eu lieu le 27 octobre avant l’annonce de la réouverture de l’enquête sur ses emails, [elle] serait aujourd’hui la présidente. »
    Des propos raillés par de nombreux journalistes de tous bords dont certains ont été particulièrement violents.

 

  • Le livre « Shattered » sorti en avril explique la défaite du 8 novembre par des « dissensions internes catastrophiques », une candidate en dehors de la réalité et une équipe conflictuelle qui a transformé « une victoire possible » en « désastre titanesque »:

    Une campagne passive-agressive qui négligé les avertissements des démocrates sur le terrain dans les swing states, qui a ignoré ceux qui lui conseillaient de travailler davantage à convaincre les indécis (travailleurs blancs et millenials) plutôt d’essayer de mobiliser ses supporters.

     

 

L’ingérence russe et Wikileaks

  • Clinton affirme avoir sous estimé l’impact de Wikileaks qui a diffusé pendant tout le mois d’octobre des emails de son directeur de campagne, « inoffensif, inintéressants, sans importance » mais présentés quotidiennement comme des révélations dans tous les médias.

    Et puis vous avez Trump, dans le dernier mois de campagne, qui parle de Wikileaks quelque chose comme 164 fois; vous avez tous ses mignons partout, et les médias alt-right qui enveniment les choses …

 

  • Sur l’ingérence russe et la réponse des parlementaires.

    L’histoire jugera ceux qui sont au Congrès aujourd’hui et la façon dont ils répondent à ce qui a été une attaque contre le pays. Ce n’était pas le genre d’attaque horrible, une attaque physique comme le 11 septembre ou Pearl Harbor, mais c’est l’attaque d’un adversaire agressif qui essaye depuis plusieurs années de saper notre démocratie, d’influencer notre politique et même nos élections.

 

Le facteur féminin

 

  • En entrant en campagne en 2016, Clinton pensait que le fait d’être une femme poserait moins de problème qu’en 2008. Or les commentaires sur internet et les médias sociaux, ont révélé qu’il y avait toujours ressentiment très profond sur le genre qui n’avait pas été résolu.

    Une femme compétente qui rate une opportunité contre un homme incompétent n’est pas une surprise électorale qui a mal tourné, c’est le quotidien de l’Amérique.

     

  • Clinton raconte que lors du second débat présidentiel, avoir Trump qui rode derrière elle a été l’une des situations les plus difficiles de la campagne « parce que ce qu’il faisait est tellement pernicieux. Me suivre, me scruter. »
    Elle aurait voulu se retourner et lui de dégager mais c’est justement ce qu’il voulait.

    Je l’ai vu détruire toute l’opposition républicaine qui a essayé de le confronter lors des débats, et il réagissait avec tellement de mépris. Il aurait gagné des points et j’en aurai perdu

     

 

Le soutien de ses supporters

  • Clinton explique que partout où elle va, quelqu’un se met à pleurer. Pas seulement après les élections mais « encore aujourd’hui, dans les restaurants, dans l’avion, dans les épiceries, dans les bois, les gens font la queue pour prendre des selfies, pour l’embrasser, pour se réconforter »

    Je n’ai jamais vu cela. Ca ne s’arrête pas (…) Parce que les gens sont profondément meurtris.
    Effectivement ce sont surtout des femmes. Mais les hommes l’expriment autrement. Les hommes me disent « J’ai voté pour vous et je ne comprends pas ce qu’il s’est passé ».
    Mais pour les femmes qui m’ont soutenu ou qui se sentent coupables de ne pas l’avoir fait, pas parce qu’elles ont voté pour quelqu’un d’autre mais qu’elles n’ont pas voté.

     

 

 

Le futur

  • La victoire de Trump a provoqué un électrochoc qui est « incroyable » avec la marche, les protestations, la résistance.
  • Grâce à l’argent soulevé pendant la campagne, elle à créé une nouvelle organisation, Onward Together, pour “resister, insister, persévérer, et s’inscrire.”
    Il s’agit non seulement de financer l’opposition au gouvernement Trump mais aussi préparer la relève, former les femmes à être candidate avec Emerge America (13 000 d’entre elles ont déjà franchi le pas), sensibiliser les jeunes à la politique avec Run for Something.
  • Elle compte également réitérer le message adressé aux jeunes filles lors de sa défaite:

    Vous êtes importantes et puissantes et vous méritez toutes les opportunités que le monde a à offrir. Notre futur dépend de cette croyance. N’ayez pas peur de vos ambitions, de vos rêves, et même de votre colère. Ce sont des forces utiles. Soyez intelligentes, essayez, échouez, essayer à nouveau, et restez attachée à vos valeurs, et n’abandonnez pas.

Le kiosque du 20 mars 2017: Le FBI assomme Trump – Des taupes dans les agences fédérales – Californie recrute dans l’EPA – Heaven’s Gate – March Madness – Hillary’s Back

 

 

  • Le premier jour de Printemps

    Et une mauvaise nouvelle pour la côte de popularité de Donald Trump qui est tombée à 37%, huit points de moins que la semaine dernière selon un sondage de l’institut Gallup, tandis que ceux qui désapprouvent sa politique ont atteint un record de 58%.

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  • Trump nerveux ce matin

    L’audition du directeur du FBI, James Comey, sur les accusations lancées par Trump contre Obama, qui l’aurait mis sur écoute pendant la campagne présidentielle, a eu lieu de matin devant la Commission parlementaire en charge du Renseignement.

    Ni le FBI, ni le Département de Justice n’ont trouvé de preuves soutenant les propos du président – visiblement nerveux sur Twitter.

    Mr Comey a également affirmé qu’une enquête était en cours sur l’ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle et les liens possibles qu’elle aurait pu entretenir avec des associés de Trump.

     

    Twitter

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  • Trump installe des taupes dans toutes les agences fédérales.

    Ce ne sont pas vraiment des taupes, ce sont des conseillers politiques installés par la Maison Blanche dans les agences fédérales pour être « les yeux et les oreilles de Trump ».

    La plupart des membres du cabinet de Trump qui n’ont toujours pas formés d’équipes autour d’eux ni de nominés pour leurs principaux conseillers. Mais ils ont une clique de conseillers installés par la Maison Blanche qui s’en chargent et surtout qui surveillent la loyauté des secrétaires

    Au moins seize d’entre eux ont été placés à l’Agence de Protection de l’Environnement, à la Défense, à l’Energie, à la Santé et même à la Nasa pour vérifier le comportement de leur dirigeants et le rapporter aux assistants du Chef de Cabinet de la Maison Blanche, Reince Priebus. 

    Ces « aides » agissent comme des intermédiaires sur les questions politiques entre les agences et la Maison Blanche. Ils sont également chargés de « surveiller les chefs des Départements et leurs principaux conseillers et vérifier qu’ils avancent bien le programme du président et ne s’éloignent pas trop du discours de la Maison Blanche.

    Trump n’a pas de relations continues ni de liens personnels avec la plupart des leaders de son cabinet. C’est pourquoi contrôler leur loyauté est si important.

    Ce qui n’est pas sans poser des problèmes pour les intéresser

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  • La Californie veut récupérer les employés de l’Agence de Protection de l’Environnement

    Dès le lendemain de la victoire de Donald Trump début novembre, les employés de l’EPA savaient leur Agence menacée par le prochain président, qui a mis à sa tête, Scott Pruitt, un climatosceptique assumé qui a longtemps milité contre les programmes de cette même agence. La semaine dernière, le budget « America First » proposé par l’administration prévoit de réduire de 31% le budget de l’agence qui compte 15 000 employés à travers tous les pays, dont plusieurs milliers devraient perdre leur emploi ces prochains mois – si le budget passe. 

    C’est là qu’entre en jeu la Californie, l’Etat le plus riche et le plus peuplé des Etats-Unis mais aussi le plus écolo!

    La Commission des Travaux Publics de Californie aimerait débaucher « les employés démoralisés qui vont devoir faire face à des coupes budgétaires importantes et un nouveau leadership très controversé » en leur offrant de travailler pour un gouvernement qui offre les défis environnementaux les plus ambitieux des Etats-Unis – dont celui de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2030.

    Le problème pour les employés de l’EPA situé dans la capitale, c’est le fait de devoir déménager de l’autre côté du pays, à Sacramento, San Francisco ou Los Angeles.

    La Californie et son gouverneur Jerry Brown figurent parmi les critiques les plus fervents de Donald Trump. Ce dernier avait promis après le 8 novembre que « si Trump décide de suspendre les satellites, la Californie lancera les siens! »

    * « California Wants to hire EPA Staff Workers who are sick of Trump »Mother Jones

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  • Hillary is « Back »

    C’est pas une blague.

    Elle a annoncé vendredi, dans un discours donné vendredi pour St Patrick’s Day en Pennsylvanie qu’elle était prête à « sortir des bois » et retourner sur le devant de la scène politique.

    Je suis comme beaucoup de mes amis ici.
    J’ai du mal à regarder les nouvelles, je dois vous avouer (…) Je suis prête à sortir des bois et aider à entretenir cette flamme qui éclaire déjà de nombreuses tables et dîners comme celui ci.

    * « Hillary Clinton says She’s ready to come out of the Woods »The New York Times

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  • Heaven’s Gate, vingt ans après 

    Il y a vingt ans ce mois-ci, 39 corps étaient découverts dans une ville cossue de Santa Fe, dans banlieue de San Diego en Californie: Tous étaient des disciples de la secte Heaven’s Gate (« les portes du Paradis »), un mélange de christianisme évangélique et de Science Fiction New Age, et avaient décidé de suivre leur gourou, Marshall Appelwhite, en quittant leur « enveloppe humaine ».

    Ils étaient convaincus d’atteindre un monde meilleur dans un vaisseau spatial lorsque la comète Hale-Bopp est apparue dans le ciel en mars 1997.
    Ils sont tous été retrouvés allongés sur des lits dans les mêmes combinaisons noires avec le blason “Heaven’s Gate Away Team” avec les mêmes chaussures Nike et recouverts d’une couverture violette.

    Ils se sont suicidés avec un mélange de barbituriques et d’alcool.

    C’est un ancien membre, prévenu par un colis reçu quelques jours plus tard expliquant leur départ, qui s’est rendu sur place et a trouvé les corps. La vidéo qu’il a filmée est assez impressionnante.

    S’en est suivi un cirque médiatique et surtout des moqueries qui ont commencé un peu partout dans les médias à cause de l’étrangeté de l’évènement.

    * « 20 years Later, Heaven’s Gate lives on – via Internet, scholarly debates »The San Diego Union-Tribune

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  • The Circus sur Showtime

    Pour ceux qui veulent revivre l’une des périodes politiques les plus mouvementés que les Etats-Unis n’aient jamais connu, la chaîne câblée Showtime diffuse en ce moment la seconde saison de la série documentaire: « Circus: inside the Biggest Story on Earth » qui promet d’aller « Beyond the headlines » et « Behind the Scenes ».

    La première saison de 26 épisodes diffusée de janvier 2016 à novembre suit la campagne présidentielle jusqu’au scrutin du 8 novembre. La seconde saison suit la victoire de Donald Trump, son investiture et les premiers jours de la Maison Blanche.
    La série est réalisée par deux journalistes de Bloomberg Businessweek, qui est aussi producteur avec ShowTime, Mark Halperin et John Heilemann

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  • Une défaite politique dans le tournoi universitaire.

    L’un des plus importants rendez-vous sportifs de l’année, la finale du tournoi universitaire de basket, appelé « March Madness », est connu pour ses « upsets » lorsqu’un favori est éliminé par un « underdog », une équipe bien moins forte.
    Hier, les spectateurs américains ont assisté à un « upset » important, l’élimination d’une des meilleures équipes, Les Blue Devils de Duke University face aux Gamecocks de Caroline du Sud (81-88).

    Une défaite sportive et politique puisque le match devait avoir lieu en Caroline du Nord, près de Duke University, censé apporter son lot de supporters, mais la NCAA, organisatrice du tournoi, a décidé de déplacer la rencontre pour protester contre la loi HB2 votée l’année dernière qui oblige les individus à utiliser les vestiaires et toilettes publiques qui correspondent à leur sexe de naissance et pas à celui à celui de leur choix.

    Le match a été finalement joué en Caroline du Sud, acquise aux Gamecoks, qui ont été portés toute la rencontre par un public survolté et qu’ils ont fini par gagner.

    Comme le notait ce weekend le Charlotte Observer, le principal quotidien de Caroline du Nord, « la loi, critiquée comme anti-LGBT, a coûté aux habitants de l’Etat des emplois, de l’argent, des rencontres sportifs et évènements, y compris le tournoi de basket de la NCAA »

***

 

 

  • Kellyanne Conway en couverture du new York magazine

    Elle ne laisse pas indifférent, on le sait, elle agace parce qu’elle refuse de répondre aux questions des journalistes, et prête à sortir des « alternative facts » pour soutenir le président, elle n’a aucune véritable connaissance de ce qui se passe à la Maison Blanche mais on continue à lui offrir un traitement digne d’une star des médias. 

Journée de la femme: la mobilisation se radicalise

  • Hillary en rouge et féminisme « mellow »

    Hillary a reçu hier à New York le prix 2017 Girls Inc Champion for Girls Award pour honorer son engagement auprès des femmes et son discours a été aussi applaudi que son tailleur pantalon rouge, porté symboliquement à la veille de la Journée Internationale de la Femme.
    Clinton a évoqué les hauts et les bas de sa carrière politique et sa récente défaite aux élections mais surtout encouragé les nouvelles générations à « continuer à se battre, à ne rien lâcher (…) Nous devons rester inspirées.
    Malgré les échecs et les faux pas dans la longue marche qui nous mène à une pleine égalité, je vois partout des signes d’espoir. Il suffit de penser à la marche qui a mobilisé le monde, pensez à l’actualité difficile des pages glossy de Teen Vogue en face des conseils maquillages parce que vous savez quoi? Les filles peuvent et savent faire les deux. »

    C’était le féminisme façon Hillary Clinton, traditionnel et poli qui cite le magazine d’ados de sa copine Anna Wintour et essaye de tendre la main aux Millenials, pas mal … Mais la mobilisation de demain va un peu plus loin cette année.

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  • Une mobilisation contre la politique de Trump

    La Journée Internationale de la Femme prend une tournure radicale en 2017 et devrait mobiliser beaucoup plus de monde que les années précédentes, notamment aux Etats-Unis, où la Marche des Femmes sur Washington est encore dans tous les esprits, et où les menaces qui pèsent sur les droits des femmes, notamment en matière d’accès aux soins de la santé, sont bien réelles.
    Le remplacement d’Obamacare proposé lundi par les Républicains prévoit des coupes budgétaires importantes contre Planned Parenthood, l’organisation de planning familial américain qui vient en aide à des millions de femmes.

  • « A Day Without a Woman »

    Intitulée « Day Without a Woman », la mobilisation a été lancée par les organisateurs de la Women’s March pour « promouvoir l’égalité, la justice et les droits des femmes et de tous les genres oppressés grâce à une journée de manifs, de grèves et de solidarité économique » dans le pays.
    Les mots d’ordre sont simples: Essayer de prendre un jour de congé, essayer de ne pas faire faire shopping et porter du rouge (« pour symboliser le sacrifice et l’amour révolutionnaire »).
    Certaines entreprises se sont engagées à donner un jour off à ses employées, comme le site Jezebel qui sera mis à jour par le staff masculin pendant que leurs conseures participeront aux manifestations, pareil pour MTV, Fusion et Tumblr,NBC, Netlifx et UTA

    D’autres jouent le jeu jusqu’au bout comme les sites d’infos féminins pour Millenials, Bustle et Romper qui ne publieront aucun contenu pendant 24 heures, ni sur leurs médias sociaux.
    Quelques écoles du pays seront également fermées.

  • « International Women’s Strike »

    En parallèle, un collectif d’activistes et universitaires (parmi lesquelles , , ) s’est associé avec des groupes féministes d’une cinquantaine de pays différents pour organiser une International Women’s Strike.
    Leur manifeste publié en février dans  le Guardian défend un « féminisme pour les 99% » qui ne « s’oppose pas seulement à Trump » mais aussi aux « attaques néo-libérales sur les acquis sociaux et le droit du travail (…) L’idée est de mobiliser les femmes, y compris les trans femmes, et tous ceux qui les soutiennent dans une journée internationale de lutte (…)
    « Les marches des femmes du 21 janvier dernier nous ont montré qu’aux Etats-Unis aussi, un nouveau mouvement féministe peut apparaître. Il ne faut pas baisser les bras.
    Rassemblons nos forces le 8 mars pour faire la grève, pour marcher, pour se mobiliser. Utilisons cette journée internationale d’action pour dépasser le féminisme traditionnel et construire à la place un féminisme pour les 99%, un féminisme populaire, anti-capitaliste, un féminisme en solidarité avec les travailleuses et leurs aillés à travers le monde.

Lundi 13 février 2017: « Le président Trump a 100% raison »

  1. Les positions dangereuses de Stephen Miller
    Hier matin, Stephen Miller, 31 ans, l’un des plus proches conseillers de Donald Trump a fait le tour des plusieurs plateaux télés pour dénoncer la décision « idéologique » des trois juges fédéraux qui ont « abusé de leur pouvoir » en maintenant la suspension de la « travel ban ».
    Il a même affirmé que le pouvoir judiciaire n’avait rien de « suprême » et prévenu « les ennemis, les médias et le reste du monde que les « prérogatives du président pour assurer la sécurité du pays sont bien réelles et ne seront pas remises en question ». Concernant les accusations de fraude électorale, il a affirmé qu’il avait 100% raison.

    Les journalistes de l’émission Morning Joe étaient choqués par la violence des propos du jeune Miller, très à l’aise, à « défendre la vision un pouvoir autoritaire – visiblement ignorant de la Constitution américaine. Donald Trump a ensuite félicité son assistant pour avoir « représenté » ses positions qui pourraient le mener tout droit vers sa destitution.
    Les Républicains n’ont pas commenté.
  2. Miller, la star du weekend
    Le Jeune Miller a été l’objet de deux portraits ce weekend dans le Washington Post et le New York Times. Il a grandit dans la communauté très libérale de Santa Monica en Californie dans laquelle il a développé des positions conservatrices, contre son lycée notamment, coupable de « multiculturalisme ». Il a été très marqué par les attentats du 11 septembre et encore plus choqué par l’opposition de certains Américains à la guerre en Irak. 

    Miller s’est fait un nom dans les milieux conservateurs pour ses prises de positions controversées, en se faisant le champion de ceux qui se sentent « muselés » par le politiquement correct. 

    Il a travaillé pendant plusieurs années pour le sénateur d’Alabama Jeff Sessions, aujourd’hui ministre de la Justice, où il a peaufiné ses politiques anti-immigration avant de rejoindre l’équipe de campagne de Donald Trump en janvier 2016. Il travaille main dans la main avec Steve Bannon, et sont les auteurs à succès de la travel ban #1

  3. Des remaniements en perspective
    Comme l’expliquait ce weekend le New York Times, il existe deux courants d’influence autour du président:
          1. Ceux qui cherchent la confrontation: Steve Bannon, Stephen Miller, Jeff Sessions et Kellyanne Conway sont des fidèles du président, ne l’ont jamais critiqué et capturent les « impulsions » de Trump, notamment contre l’immigration.
         2. Les « conformistes »: Ivanka Trump, Jared kushner, le chef de cabinet, Reince Priebus, Gary Cohn, le conseiller économique, le General Mattis, et Rex Tillerson. 
    Mais il y a ceux qui sont sûrs de rester: Ivanka Trump et Jared kushner, la famille.
    Reince Priebus, affaiblit par le passage en force des « confrontationalists », est en sursis cette semaine comme Michael T Flynn, conseiller à la Sécurité Nationale, qui fait l’objet d’une enquête interne pour une discussion qu’il a eu avec l’ambassadeur russe sur l’éventuelle levée des sanctions américaines, alors que Obama était encore au pouvoir. 
  4. Elizabeth Warren, le nouveau visage du parti démocrate?
    Donald Trump est un maître de la manipulation et il l’a prouvé contre l’opposition qu’il remodèle à sa convenance.
    La semaine dernière, la sénatrice du Massachusetts, à été interdite par la majorité républicaine de témoigner devant le Sénat contre la nomination de Jeff Sessions au ministère de la justice.
    Une démarche inhabituelle pour Mitch McConnell le porte parole des Républicains, qui a propulsé Warren en haut de l’affiche (#shepersisted).
    Pour certains, ce « cadeau du ciel » a été savamment ficelé par l’entourage du président, qui veut voir Elizabeth Warren à la tête du parti démocrate en prévision des élections de mi-mandat en 2018.
    Dans un déjeuner avec des sénateurs démocrates jeudi, le président a affirmé en toute finesse: « Pocahontas est le nouveau visage de votre parti » – le surnom choisi par Trump pour moquer Warren.

    Un scénario qui ravit les conservateurs à l’instar du National Review, « Elizabeth Warren Présidente », certains de pouvoir la battre facilement.
  5. Les conservateurs un peu plus critiques envers Trump
    Une fois n’est pas coutume, la revue conservatrice National Review affirme que « La Droite ne peut pas défendre le président » et s’intéresse aux réactions des Républicains face aux débordements de Trump: Garder le silence (la plupart des parlementaires) ou justifier l’injustifiable en parlant de comportement « peu conventionnel »

    La façon grandiloquente et impulsive qu’a Trump de gouverner et de communiquer empêche [les Républicains] d’anticiper ce qu’il va faire et de pouvoir défendre ses déclarations. Combien de fois il a discrédité ses propres supporters et son porte-parole, Sean Spicer. Quand un leader politique remplace des principes et une plate forme idéologique claire avec ses propres instincts et jugements, il ne fournit aucun argument valabe à ses supporters.
    Au bout du compte, l’argument devient simplement « faites confiance » en votre leader, il sait ce qu’il fait, c’est la seule personne capable. Ce n’est pas du conservatisme, ni de la démocratie.

  6. Hillary aux présidientielles de 2020…?
    Pour Matt Larimer, ancien conseiller de George W. Bush, dans Politico ce weekend, tout indique que Clinton se prépare pour une troisième round:
    * La cessation des activités de l’ONG de la Fondation Clinton, « Clinton Global Initiative », subventionnée par les Etats étrangers et au centre des accusations de conflits d’intérêts lors de la campagne présidentielle.
    * Les Clintons n’ont pas démenti les rumeurs selon lesquelles Hillary pourrait se présenter à la Mairie de New York en novembre prochain contre De Blasio.
    * La signature d’un septième ouvrage avec la maison d’éditions Simon & Schulster, et la promesse d’une tournée de promotion dans tout le pays – et l’éventualité d’être interrogée presque uniquement sur sa cuisante défaite de 2016.
    * Son tweet de jeudi soir sur la décision des trois juges de la cour fédérale de San Francisco de maintenir la suspension de la travel ban, « 3-0 » a été aimé 422 000 et retweeté 147 000 fois.
  7. Saturday Night Live cartonne 
    L’épisode de samedi soir restera l’un des plus drôles et des plus controversés de cette année avec Alex Baldwin en invité, qui nous a bien entendu offert un sketch de Trump mais qui a donné la part belle aux comédiennes de l’émission et Melissa McCarthy.
    Pour notre plus grand plaisir, McCarthy est revenue à la charge dans un autre sketch hilarant du porte parole de la Maison Blanche.
    Kate McKinnon, brutale, en Kellyanne Conway qui harcèle le journaliste star de CNN, Jake Tapper, dans un remake d’Attraction Fatale.
    Notre préférée, c’est Leslie Jones dans son propre rôle qui demande au big boss de SNL, Lorne Michaels, de jouer Donald Trump, à la place de Baldwin. Fantastique.
  8. Adèle célébrée aux 59ème Grammys
    Adèle, la reine des « coeurs brisés et de la rédemption » remporte les cinq trophées des cinq catégories dans lesquelles elle était nominée dont chanson de l’année (le très lointain « Hello ») et album de l’année, 25 et disque de l’année. L’excellent Lemonade de Beyoncé n’a reçu que le prix de l’album contemporain urbain de l’année. Elle méritait mieux.
  9. Couverture du jour, c’est celle de John Oliver sur Rolling Stone. Le journaliste a repris hier les rênes de son émission hebdomadaire Last Week sur HBO. 

    Rolling Stone – février 2017

Jeudi 2 février 2017: « WSJ fragilisé, Breitbart hué, les bienfaits de Trump et Hillary qui revient »

  • Après avoir avisé sa rédaction de ne pas utiliser le terme « mensonge » pour qualifier certaines allégations « erronées » du président et de ses conseillers, sous prétexte que le mot sous entend une « intention morale », le rédacteur en chef du Wall Street Journal a fait passer une directive lundi demandant à ses journalistes d’emprunter un autre terme que « sept pays à majorité musulmane » pour se référer à la « Travel Ban ».
    L’explication? « C’est trop chargé ».
    Gerard Baker préfère « sept pays que les Etats-Unis ont désigné comme des Etats qui posent des risques significatifs ou élevés de terrorisme » en référence à Barack Obama qui avait placé ces Etats sur un liste de pays à risques.

    Une décision qui n’a pas plu à beaucoup de journalistes du quotidien économique et qui s’inscrit dans une ligne éditoriale très consensuelle à l’égard du nouveau président. Mr Baker a depuis justifié dans une déclaration expliquant que le journal couvrait l’administration Trump « de manière agressive ».
  • Le Wall Street Journal, et la compagnie parente Dow Jones & Co. a annoncé cette semaine le licenciement de plusieurs douzaines d’employés à l’étranger et la fermeture de certains offices internationaux à la suite d’une chute de 20% des revenus publicitaires sur le territoire américain, enregistrée au troisième trimestre de l’année 2016.
  • Bel article dans le Washington Post sur Katy Tur, 34 ans, une jeune journaliste de NBC News qui a suivi Donald Trump depuis l’annonce de sa candidature en juin 2015. Ce jour là, Donald Trump, qu’elle rencontre pour la première fois, l’interpelle par son nom, et s’en suit dix huit mois de campagne au cours desquels le candidat et la journaliste vont apprendre à se connaître mais pas forcément à s’entendre. « Tout le long, et parfois de manière inappropriée, elle est devenue un symbole de l’hostilité de Trump contre les médias d’information« . Peu de journalistes ont été autant la cible de Trump que Katy Tur, qualifiée d’« incompétente », de « malhonnête », « de reporter de troisième zone » sur Twitter et accusée nommément dans les meetings au milieu d’une foule hostileNBC a dû lui assigner un garde du corps vers la fin de la campagne devant les menaces des supporters de Trump.
    Sa grande force? « Elle est restée digne sans jamais répondre aux attaques et en continuant à faire son travail » et aujourd’hui c’est l’une des journalistes star de MSNBC qui va écrire un livre sur la campagne. 
  • Steve Bannon avait annoncé cet été l’ouverture d’un bureau Breitbart France à l’occasion des élections présidentielles de mai prochain pour soutenir Marine Le Pen mais un activiste, « Antonin », a acheté le nom de domaine Breitbart.fr après les élections américaines « pour limiter l’influence du site d’infos » et compte aujourd’hui orienter son site vers des associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme.
    Même problème en Allemagne où le domaine Breitbart.de est déjà utilisé.
    Dans les deux cas, aucun des propriétaires n’a été contacté par le site alt-right américain qui pourrait tout simplement ouvrir les sites français et allemands en utilisant l’extension « Breitbart.com/ » comme ils l’ont fait pour le Royaume-Uni et Israël.
  • Le Washington Post a publié un sondage dans lequel 43% des Démocrates de moins de cinquante ans et 40 % des femmes démocrates affirment vouloir s’engager davantage politiquement en 2017 contre 21% chez les Indépendants et les Républicains. La marche des femmes, qui a réuni des centaines de milliers de manifestants dans les grandes villes des Etats-Unis au lendemain de l’investiture de Donald Trump, serait donc plus qu’un sursaut activiste et pourrait devenir une plate forme d’opposition similaire à celle du Tea Party qui s’est organisée au lendemain de la victoire de Barack Obama en 2009; un mouvement « efficace » qui a entraîné deux ans plus tard une victoire des Républicains aux élections de mi-mandat de 2010.

 

  • Melania Trump pourrait ne jamais aller s’installer à la Maison Blanche et rester habiter dans la Trump Tower avec Barron, 10 ans, le fils qu’elle a eu avec Trump. Initialement, ils devaient partir à Washington à la fin de l’année scolaire, mais rien n’est plus sûr, et la décision sera faite dans l’intérêt du plus jeune fils du président, rapportait hier le magazine people US Weekly hier.
    Une mauvaise nouvelle pour les habitants du quartier de Midtown à Manhattan, où est située la Trump Tower, bloqué par des cordons de sécurité depuis le 08 novembre dernier, qui coûtent un demi million de dollars chaque jour à la ville.
  • Les habitants du « borough oublé » de New York, Staten Island, le seul des cinq quartiers de la ville à avoir voté Trump (57% contre 40%) – contre respectivement 75%, 80%, 87% et 88% de votes en faveur de Clinton dans le Queens, Brooklyn, Manhattan et Harlem – sont satisfaits des dix premiers jours de celui qu’ils surnomment « le cocktail molotov » et voient dans le torrent de mesures prises ces derniers jours, la volonté du président de tenir ses promesses. Dans cette petite île du sud de Manhattan, ancien dépotoir de la ville, la peur et les stéréotypes promus par Donald Trump ont fait effet et la plupart de ses électeurs défendent la « Travel Ban », assimilent réfugiés syriens et terroristes d’ISIS et sont très enthousiastes quant à l’avenir du pays.
  • « Hillary Clinton prépare son retour » nous annonce le New York Post: elle a signé avec l’agence Harry Walker où « elle touchait généralement deux cent mille dollars ou plus par discours ». Elle prononcera le discours de la remise des diplômes du Wellesley College en juin prochain, son alma-mater où elle a été la première étudiante à prononcer un discours de fin d’année en 1969.

    Elle travaille également sur un recueil d’essais, dont certains porteront sur la campagne électorale, a annoncé sa maison d’éditions, Simon & Schuster, la même qui va publier au mois de mars « Dangerous »l’autobiographie de Milo Yiannopoulos, le journaliste d’extrême droite de Breitbart. On ne sait pas le montant que touchera l’ancienne candidate pour cet ouvrage mais elle n’a pas pris example sur Roxanne Gay, écrivaine féministe, qui a décidé de quitter la même maison d’éditions après l’embauche de Mr Yiannopoulos.
  • Le discours de Milo Yiannopoulos prévu à l’Université de UC Berkeley en Californie a été annulé hier soir à la suite de manifestations violentes de mille cinq cent étudiants sur le campus qui avaient demandé à plusieurs reprises l’annulation de l’évènement. Yiannopoulos, invité par les étudiants républicains de Berkeley, devait lancer sa tournée contre les 
    « universitaires sanctuaires » accusées de faire la propagande des idées progressistes et libérales aux Etats-Unis. Il a été bien reçu! 
  • La couverture du jour, c’est celle du Village Voice avec la signature de Donald Trump sur un décret et intitulé « 48 Hours in the Life of the Immigration Ban »

 

Le kiosque du jeudi 26 janvier 2017

Bonjour à tous, une actualité chargée ce jeudi 26 janvier 2017 après la seconde conférence de presse de Donald Trump. Ce qu’il faut retenir de l’actualité. 

 

  • Donald Trump a promis une enquête extraordinaire sur la fraude électorale, estimée selon lui et sans aucune preuve, entre trois et cinq millions de bulletins de vote, qui l’aurait empêché de gagner le vote populaire, et affaiblit la légitimité de sa présidence.  Il veut se concentrer sur ceux inscrits sur les registres de vote qui sont morts, et les autres qui sont enregistrés dans des Etats différents, à l’instar de son stratège en chef, le « Darth Vador » autoproclamé de la Maison Blanche, Steve Bannon. Selon le Sarasota’s Herald Tribunel’ancien président de Breitbart News était enregistré à Sarasota en Floride (jusqu’à hier) et à New York. Même constat pour le Secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin, inscrit à New York et en Californie, et … Tiffany Trump, autorisée à voter en Pennsylvanie et à New York
  • Cette enquête visera bien entendu les états démocrates, et plus particulièrement les bastions bleus de Californie et de New York qui ont massivement soutenu Hillary Clinton aux élections présidentielles avec respectivement 61,1% dans le « Golden State », 58,5% dans « l’Empire State », dont 78,5% pour la ville de New York City.
  • Les médias conservateurs ont deux types de réactions face aux accusations infondées de fraude électorale, selon Brian Stelter, présentateur de Reliable Sources sur CNN: celle d’ignorer cette polémique comme si elle n’existait pas ou d’attaquer la presse en l’accusant d’en faire des tonnes pour fragiliser le président.
    Non seulement Donald Trump a gagné les élections grâce au collège électoral, l’ingérence russe et la participation de Wikileaks, mais il entend ré écrire l’Histoire en s’adjugeant la victoire du vote populaire, que les Républicains seraient sans doute prêts à accepter tant qu’ils sont au pouvoir
  • Dans sa seconde conférence de presse donnée hier après midi, Donald Trump a confirmé la construction du mur, dans le mois à venir, et l’un des autres décrets-lois sur l’immigration devrait punir « les cités sanctuaires », ces villes dont les maires se sont engagés à protéger les sans-papiers contre les menaces de déportations fédérales en leur supprimant les subventions de Washington
    Des manifestations spontanées ont eu lieu à New York City, Chicago, Boston, Los Angeles hier soir et sur les médias sociaux avec le hashtags, #NoBanNoWall

    Washington Square Park, NYC, 25 janvier 2017.
  • Quant au président mexicain, Enrique Peña Nieto, il affirme « regretter et rejeter la décision américaine de construire un mur » et que son pays n’a aucune intention de payer pour le mur, plutôt rembourser, puisque pour accélérer sa construction, Trump le financera avec l’argent du contribuable et trouvera un moyen de le faire rembourser par le Mexique.
    Enfin l’ancien président mexicain Vicente Fox à lancé une tendance hier sur Twitter avec le hashtag #FuckingWall
  • Deux employés du site d’informations d’extrême droite, Breitbart, ont rejoint l’administration Trump engagés par leur ancien patron, Steve Bannon: Julia Hahn qui a couvert les questions d’immigration à travers une perspective anti-immigration sera la conseillère spéciale du président et Sebastien Gorka, chargé de la sécurité nationale et consultant de Trump durant la campagne, devrait siéger dans Conseil de Sécurité National du président.
  • Le rédacteur en chef politique de Breitbart à Washington, Matt Boyle, a affirmé à Tom Kludt, journaliste pour The Atlantic (« Breitbart Tries to Go Mainstream »), qu’il était « en train construire le New York Times« , « une entreprise journalistique qui les remplacera tous », en s’adressant aux grands médias américains. 
  • Les ventes du livre de George Orwell, 1984 ont explosé sur Amazon et figurait parmi les meilleurs ventes du site hier. La maison d’éditions Penguin USA a déjà commande 75 000 ouvrages supplémentaires pour pallier à la demande. Les journalistes ont évoqué le célèbre ouvrage après que Kellyanne Conway ait utilisé le terme « alternative facts » pour caractériser les mensonges de Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche sur les chiffres de la mobilisation et de l’audience lors de la cérémonie d’investiture de Donald Trump la semaine dernière.
  • « Quand Trump se retire des échanges, la Chine y rentre » titrait hier matin Politico, qui affirme que cette rupture des relations entre la Chine et les Etats-Unis, mondialiste contre nationaliste peut déterminer la première année de sa présidence et l’ordre mondial
  • La chaîne d’infos en anglais, RT (pour Russia Today) financée par le gouvernement russe, qui a activement soutenu Donald Trump lors de la campagne présidentielle selon les rapports des agences de renseignement, a sécurisé ses contrats avec les chaînes et satellites américains protégés par des lois fédérales qui les empêchent d’abandonner la chaîne de leurs programmes.

Bonne journée!

« Obama va créer un gouvernement en exil »

« David Horowitz, l’un des penseurs conservateurs les plus importants du pays et mentor de nombreux conseillers de Trump, affirme que la guerre entre le président et la gauche progressive vient juste de commencer »

Cet e-mail reçu ce matin du site d’infos alt-right, Breitbart, dont l’ancien président exécutif de la compagnie mère, Breitbart News LLC, Steve Bannon, est aujourd’hui le stratège en chef du président américain, en dit long sur l’état d’esprit de la Maison Blanche envers l’opposition.

David Horowitz, ancien militant de gauche dans les années soixante dix, est président et fondateur du think tank Horowitz Freedom Center, administrateur du site internet Discover the Networks, qui recense tout ce qui est « de gauche » aux Etats-Unis (individus, groupes, politiciens, chercheurs, médias, livres, artistes,…) et de la publication conservatrice Frontpage magazine. Il a également fondé en 2003 le mouvement Students for Academic Freedom qui prône la liberté académique et « défend le droit de ne pas être endoctriné par ses professeurs » d’universités.
Horowitz n’est pas seulement un ultra-conservateur, c’est un anti-progressiste qui s’est donné pour mission d’effrayer le pays sur les dangers des idées libérales.
Son expression favorite?

« Derrière chaque progressiste se cache un hurlement totalitaire »

Horowitz est un auteur à succès (« The Black Book of the American Left« , « Radical Son« , « Hating Whitey and other Progressive Causes« , « the Professors« , « Progressive Racism« , …) et un excellent analyste puisqu’il avait prévu la victoire de Trump dès le mois de juillet dernier, dans un article publié sur Breitbart, « Pourquoi est-ce que Trump gagnera en novembre ».

Il revient aujourd’hui auréolé de cette victoire et prévoit dans son dernier ouvrage, « Big Agenda: President Trump’s Plan to Save America«  que les Démocrates n’accepteront jamais la défaite du 8 novembre et Barack Obama essaiera de créer un « gouvernement en exil » pour arrêter Trump.

Le dossier de presse est plutôt explicite:

Ils vont mentir, ils vont tricher et voler pour essayer de fragiliser la présidence de Trump. Ils ont déjà commencé!
Et ils ont les grands médias derrière eux.
Les démocrates, ces mauvais perdants, c’est la guerre totale! (…)
Dans « Big Agenda », Horowitz explique comment Trump va battre le programme destructeur de la gauche et se débarrasser des politiques cauchemardesques d’Obamacare, des importantes régulations d’Obama – et même sa guerre contre Dieu!
Dans « Big Agenda », Horowitz préconise d’enlever les gants. C’est le moment d’attaquer directement la jugulaire. C’est le moment de mettre les démocrates K.O. pour de bon.
Dans « Big Agenda », Horowitz dévoile la vraie nature de la gauche, leurs méthodes et motivations cachées, les coups bas qu’ils utilisent pour promouvoir leurs idées qui visent à avoir un total contrôle sur nos vies.

Contrôler les vies renvoie aux prérogatives du gouvernement fédéral américain dans la vie des citoyens, comme Obamacare par exemple qui oblige les citoyens à se doter d’une assurance maladie, aux subventions en matière de santé, de chômage qui aide les plus défavorisés, … 

L’idée d’avancer un programme qui inclut et/ou respecte l’opposition est inenvisageable pour la nouvelle majorité, et contrairement à ce que Obama avait tenté de faire au début de son premier mandat avec les Républicains.
L’objectif est de détruire le programme démocrate qui a récolté soixante-cinq millions d’électeurs et gagné le vote populaire donc la position de Horowitz et de l’administration avec un programme aussi ambitieux que celui de Trump ne tient qu’à travers un rapport de force.

Quelle idée plus dangereuse que celle d’une dissidence de l’ancien président contre son successeur pour remobiliser les troupes et justifier une attitude encore plus agressive.
La rhétorique est violente et menaçante à l’image de la nouvelle administration avec laquelle l’opposition va devoir travailler ces quatre prochaines années.