SB4: la loi qui divise le Texas

 

Le Texas, historiquement républicain mais réputé pour sa tolérance envers les populations immigrées et celles en situation irrégulière, est devenu le premier Etat américain à adopter une ligne aussi dure en matière d’immigration, inspirée par la nouvelle administration, qui divise violemment la population et les politiques.

 

  • Lundi après midi, le Capitole de Dallas a été envahi par des centaines de milliers de manifestants venus s’opposer à la loi « SB4 » votée quelques semaines plus tôt par le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, contre les villes sanctuaires de l’Etat

 

  • La loi « Senate Bill No.4 » (SB4) sanctionne les polices locales des villes et des campus universitaires dits « sanctuaires » qui demandent à leurs officiers de ne pas:
    • Demander le statut légal d’une personne arrêtée ou en détention
    • Signaler à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), les agents d’immigration fédéraux, le statut illégal d’un immigré qui arrêté ou en détention
    • Aider les agents d’immigration fédéraux (ICE) en leur livrant un individu arrêté en situation irrégulière, ou en arrêtant des individus qui sont sous le coup du « Immigration Detainer Request » – un mandat d’arrêt.
  • Les sanctions contre les shérifs et policiers locaux qui refusent de coopérer avec l’ICE peuvent être financières (1 000 dollars pour une première offense et 25 000 dollars pour des violations supplémentaires), professionnelles (perte de son emploi) et pénales (prison).
  • La loi devrait être appliquée à partir du 1er septembre.
    Une plainte a déjà été déposée par le ministre de la Justice du Texas pour confirmer cette loi. Les associations de défense des libertés ont elles demandé son annulation auprès des tribunaux.
Flyer de Texas AFL-CIO diffusé avant le vote de la loi SB4 en février 2017
  • Les latino-Américains représentent 39% de la population du Texas: c’est la communauté la plus importante après la Californie.
  • Les autorités estiment à 1,5 millions, le nombre d’immigrés en situation irrégulière, dont 80% sont nés au Mexique et 42% d’entre eux sont propriétaires de leurs maisons, c’est-à-dire bien intégrés dans leur communauté.
  • « Le grand boom économique des années 90 et 2000 de l’Etat (« Texas Miracle ») aurait été inconcevable sans l’apport de travailleurs mexicains entrés illégalement sur le territoire. »
  • Le Texas, contrairement à la Californie ou l’Arizona, a toujours été tolérant envers cette communauté: En 2001, avec le Texas Dream Act, le Texas est devenu le premier Etat à offrir des bourses universitaires quel que soit le statut légal des étudiants.
    « La loi était perçue comme un investissement pour l’avenir de l’Etat et avait reçu le soutien des Républicains ».
  • L’afflux d’immigrés mexicains a considérablement baissé, l’économie du Texas a ralenti et les préoccupations sécuritaires dominent aujourd’hui le discours politique.

 

  • Les villes sanctuaires du Texas sont principalement Austin et Dallas et Houston

 

  • Lundi, les centaines de manifestants habillés en rouge ont interrompu pacifiquement la dernière session parlementaire de la saison avec des chants et des bannières contre ces lois « anti-immigration »
  • Un parlementaire républicain a appelé les agents fédéraux d’immigration (ICE) pour qu’ils évacuent les manifestants et « déportent » ceux en situation irrégulière
  • Une provocation qui a failli se terminer en bagarre générale entre parlementaires démocrates et républicains qui se sont bousculés, insultés et menacés.

 

Immigration aux Etats-Unis: Un premier DREAMer expulsé?

 

Donald Trump a promis qu’ils seraient épargnés par le durcissement des lois contre l’immigration, mais le premier cas d’expulsion d’un jeune DREAMer d’origine mexicaine a été signalé cette semaine et si les faits sont avérés, ce sont des centaines de milliers d’autres adolescents et jeunes immigrés qui seraient directement menacés partout dans le pays.

 

 

USA Today a révélé l’affaire en première mercredi 19 avril 2017

Juan Manuel Montes vient de porter plainte contre l’administration Trump devant une cour de Californie mardi pour avoir été illégalement déporté au Mexique alors qu’il bénéficie de la protection du Deferred Action for Childhood Arrivals (DACA), mis en place par Barack Obama, qui protège les mineurs arrivés illégalement sur le territoire américain, sans aucune justification des autorités.

 

le Department of Homeland Security, en charge du contrôle et de la sécurité des frontières et toutes les questions relatives à l’immigration, a reconnu mercredi que le jeune Montes, 23 ans, était effectivement un DREAMer et son statut valide jusqu’à la fin 2018 tout en affirmant que l’intéressé aurait quitté les Etats-Unis pour le Mexique, sans en informer les autorités et l’aurait rendu inéligible pour le programme DREAM.

L’intéressé a démenti les faits: il aurait été arrêté par les forces de l’ICE (Immigration & Enforcement Agency) en Californie le 17 février dernier sans avoir pu présenter sa carte d’identité et son statut de DACA laissé dans la voiture d’un ami. Embarqué de force, sans passer par un juge ni un avocat, il aurait été expulsé le jour même vers le Mexique. 
Le National Immigration Law Center qui représente Montes a demandé il y a plusieurs semaines au DHS de rendre public les conditions de son arrestation – ce que le Département refuse pour des raisons de confidentialité.

 

L’incident, révélé mardi par USA Today, a mis en émoi les communautés immigrées et les 750 000 DREAMers répartis un peu partout aux Etats-Unis, dont un tiers en Californie.
Les réseaux sociaux ont également pris part à la consternation à travers le hashtag #justiceforjuan, des manifestations ont eu lieu devant certains bureaux d’immigration et une pétition en ligne a été envoyée au Secrétaire du Département de la Sécurité Intérieure (DHS en français), John Kelly, qui déclarait au même, dans son premier discours officiel, que la nation américaine était « danger ».

 

Steve King, un Représentant de l’Iowa, a salué le geste des agents de l’immigration via Twitter mardi

 

 

Si Trump a promis durant la campagne d’arrêter et de renvoyer les immigrés en situation irrégulière à commencer par les membres de gangs, les criminels et autres « bad hombres », il a affirmé « avoir un grand coeur » et s’est engagé à défendre le programme DACA mis en place par son prédécesseur.
John Kelly a récemment rassuré les DREAMers que le DACA était « bien en vigueur » et le porte parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, avait également affirmé aux intéressés qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter.

 

USA Today – Edition du jeudi 20 avril 2017

 

Ce serait donc le zèle de certains agents de l’Immigration and Customs Enforcement qui auraient outrepassé les directives présidentielles pour expulser un jeune immigré en situation régulière – qui est toujours assigné à résidence au Mexique, loin de sa famille installée en Californie.

 

C’est absolument scandaleux que des agents de la police des frontières s’autorisent à prendre des décisions qui bouleversent la vie et le futur des individus en toute impunité (…) l’ICE doit être maîtrisée et interdite de violer gravement les droits constitutionnels des gens.

Angelica Salas – directrice de « Coalition for Humane Immigrants Rights (CHIRLA)

 

 

On ne sait pas encore les tenants et les aboutissants de cette histoire, mais le cas de Montes, arrivé aux Etats-Unis à l’âge neuf ans, est précisément ce que craignaient beaucoup d’associations de défense des droits des Immigrés en situation irrégulière et tant que les faits ne seront pas clairement établis, et la responsabilité de chacun admises par les différents partis, les DREAMers ont toutes les raisons de s’inquiéter.

 

Vox résume la situation:

Tout signe qui prouverait qu’un bénéficiaire du programme DACA a été arrêté par les agents d’immigration serait la preuve que l’administration n’opère aucune discrimination parmi les immigrés en situation irrégulière [les DREAMers ne sont pas résidents permanents] et que les peurs qui existent au sein des communautés immigrés sont tout à fait justifiées.
La crédibilité de l’administration et de ses critiques est en jeu dans cette affaire.
Si le DHS dit la vérité sur l’affaire Montes, le scandale créé par USA today sera exemple parfait du refus de croire aux rapports officiels [agressivement défendus par John Kelly dans un discours cette semaine] même l’opportunité de diffuser les conditions de l’arrestation lui ont été données depuis longtemps (…) mais les explications ne cessent de changer 

 

 

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22 mars 2017: Trump menace les Républicains – « Laptop Ban » – WSJ furieux – l’ICE intimide – IJR en crise

 

 

  • « Si y’en a un qui moufte, c’est moi qui m’en occupe »

    C’est en substance ce que le président a promis aux Parlementaires républicains qui oseraient aller contre l’American Health Care Act (AHCA) qui passera son premier grand test demain devant la Chambre basse du Congrès Américain.

     
    Paul Ryan travaille sans relâche depuis dix jours – sur Twitter notamment – pour donner toutes ses chances à Trumpcare, alors que Donald Trump enchaine les meetings pour convaincre son électorat de lui faire confiance sur l’une de ses plus importantes promesses de campagne.
     
    Alors quand la rébellion vient de son propre parti, l’intéressé n’y va pas par quatre chemins: Le président s’est entretenu en privé hier matin avec les Parlementaires de son parti et a menacé « de s’en prendre directement » au meneur de la fronde, Mark Meadows s’il ne rentrait pas dans le rang « mais je n’aurai pas besoin de le faire parce que je sais qu’il votera oui« .
     
    Certains membres du parti républicain restent toujours opposés à cette législation – une douzaine – et pourraient réussir à faire bloquer la loi étant donné que tous les Démocrates vont voter contre.
    Ils représentent la ligne conservatrice du GOP qui pense que l’AHCA a gardé trop d’éléments d’Obamacare, mais aussi les modérés qui craignent que cette loi leur coûte leur siège aux prochaines élections.

     
    La menace non dissimulée du président qui montre la détermination de Trump à remporter ce défi, un enjeu majeur pour son début de présidence.
    Mr Meadows ne semble pas convaincu: « Ce n’est pas une décision personnelle, c’est une décision politique ».

     
    * « Trump to GOP critics of health care bill: I‘m gonna come after you » – Le Washington Post

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  • Laptop Ban

    Le Department of Homeland Security va interdire temporairement le transport de matériel électroniques plus larges que le smartphone dans les avions arrivant d’une dizaine d’aéroports situés dans huit pays … musulmans, nord-africains et du Moyen Orient, en réponse à des nouveaux risques de menaces terroristes.
     
    Tous ces objets devront être laissés en soute.
     
    Il existe plusieurs théories qui pourraient expliquer cette mesure assez inhabituelle:
     
    * L’islamophobie puisque encore une fois ce sont des pays musulmans qui en sont la cible.
     
    * Le protectionnisme économique: les compagnies aériennes américaines se plaignent depuis plusieurs années de la compétition féroce de compagnies comme Emirates ou Turkish airlines –  (lire cet article de Bloomberg Businessweek )
     
    * Enfin il s’agit d’une mesure nécessaire pour renforcer la sécurité des vols et les manquements qui peuvent être effectués lors des contrôles dans les aéroports.
     
    Ce sont les aéroports des huit pays qui vont être les plus touchés économiquement par cette mesure puisque de nombreux voyageurs décideront de les éviter pour pouvoir profiter de leur appareils électroniques durant de longues heures de vol

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  • Le Wall Street Journal hausse le ton contre Trump

    Si la rédaction du Wall Street Journal essaye tant bien que mal d’être « objective » avec la présidence de Trump et a reçu la consigne de ne pas employer le « L-Word » (« lies » pour mensonge) par respect pour leurs lecteurs qui sont libres choisir qui croire – eux ou le président – le comité éditorial est lui bien plus libre.
     
    Pendant la campagne présidentielle, il n’a pas hésité à critiquer le candidat républicain, avant de tempérer sa position lorsque le président est entré à la Maison Blanche, mais cette douceur a pris un tour dramatique mardi soir.
     
    L’éditorial du prestigieux quotidien économique new yorkais, propriété de Rupert Murdoch, a été « brutal », selon les propos de Joe Pompeo de Politico, avec le président:
     

    Si le président Trump annonce que la Corée du Nord a lancé un missile qui a atterri à 150 km de Hawaï, est-ce que les Américains vont le croire? Et le reste du monde?
    Rien n’est moins sûr aujourd’hui, ce qui montre l’étendue des dommages infligés par Mr Trump a cette présidence qui est une succession d’exagérations, d’accusations sans preuves, de démentis invraisemblables et autres contre-vérités …
    Le président s’accroche à ses affirmations comme un ivrogne à sa bouteille de Gin, qui envoie son porte parole pour lancer des affirmations encore plus douteuses.

     
    Le président ne boit d’alcool.
     
    * « A President Credibility » – The Wall Street Journal

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  • Un pureplayer conservateur en pleine crise.

    L’Independant Journal Review, un pureplayer d’infos, marqué à droite et destiné aux Millenials, est en train de traverser sa première crise en quatre ans d’existence alors qu’il faisait, il y a à peine dix jours, la une des journaux pour toutes les bonnes raisons.
     
    L’une de ses journalistes, Erin McPike a été la seule choisie, parmi d’autres vétérans du métier, pour accompagner Rex Tillerson, le Secrétaire d’Etat, dans son voyage en Asie – il aurait refusé d’embarquer les autres reporters par souci d’économie.
     
    Une entrée dans la cour des grands sapée par la publication la semaine dernière d’un article à tendance conspirationniste qui expliquait la décision d’un juge de Honolulu de suspendre la seconde travel ban avec le voyage de Barack Obama à Hawaï, son lieu de naissance.
     
    L’article a rapidement été enlevé du site qui s’est excusé.

     
    Selon Business Insider, trois membres de l’équipe de rédaction se sont faits virer, dont le responsable du « contenu viral » du magazine.
    Quant à Mme McPike, elle n’a fourni aucun compte-rendu en temps réel de son voyage avec le Secrétaire d’Etat – au grand dam de ses collègues journalistes
     
    Le site, spécialisé dans le contenu viral et politique, a eté boosté par la victoire de Trump qui lui a donné un accès sans précédent à la Maison Blanche. Mais pour gagner le respect de ses pairs, le site ne peut plus relayer des informations trop baisées et partisanes qui font pourtant ses choux gras – contrairement au contenu politique plus sérieux.
    Un cas de figure qu’on peut retrouver dans de nombreux pure players d’infos aux Etats-Unis, surtout ceux de droite.
     
    * « Inside the identity crisis art the IJR, the outlet that has become a powerhouse in the Trump era »Business Insider

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  • Tentatives d’intimidation contre les villes sanctuaires

    Chose promise, chose due.
    Il va falloir s’y habituer: Presque toutes les promesses faites par Donald Trump durant la campagne et les premières semaines de sa présidence se réalisent, notamment en matière d’immigration, l’obsession de ses plus proches conseillers, Steve Bannon et Stephen Miller.

     
    Parmi elles, dénoncer publiquement les villes qui ne se plieraient pas aux injonctions de l’ICE, Immigration and Custom Enforcement, l’agence fédérale en charge d’arrêter les immigrés en situation irrégulière.
     
    Lundi, le Department of Homeland Security a diffusé une première liste des comtés qui ont libéré 206 des 3 083 individus malgré la demande d’autorisation de détention dont ils ont fait l’objet entre le 28 janvier et 3 février.
    Une démarche que l’Agence fédérale considère comme « un manque de coopération et une entrave à la sécurité publique ».

     

    Extrait de la liste des comtés qui ont refusé d’emprisonner des immigrés en situation irrégulière entre le 28 janvier et 3 février 2017

     
    Chaque cas est recensé sur cette liste ainsi que le crime pour lequel il est accusé.
     
    La décision de libérer un prisonnier correspond généralement à différents critères de détention selon les lois locales et fédérales.
    Dans cette première liste, 142 des 206 libérations ont eu lieu dans le comté de Travis au Texas qui a mis en place le 1er février dernier, une « politique sanctuaire » qui a permis à beaucoup de prisonniers de pouvoir sortir en échange d’une caution s’ils n’ont pas été accusés de crimes sérieux, comme des meurtres, agressions sexuelles ou trafic d’humains.
     
    * « ICE agency is publicly calling out counties that don’t detain immigrants for deportation » – Think Progress

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  • Brigitte Gabriel à la Maison Blanche

    C’est l’une des plus ferventes islamophobes des Etats-Unis, fondatrice de ACT for America, une organisation qui milite pour éradiquer le terrorisme, protéger la constitution, sécuriser les frontières et soutenir Isräel – considérée comme un hate group par des organisations de surveillance de l’extrême droite américaine.
     
    Mme Gabriel a soutenu Donald Trump très tôt dans la campagne (voir notre article du 24 octobre dernier) et a eu le privilège d’y être invitée hier à la Maison Blanche comme en témoigne des photos postées sur son compte Twitter – aucune confirmation officielle de cette invitation a été diffusée.
     
    * « American Most prominent Anti-Muslim Activist is Welcome at the White House » – The Atlantic

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Le kiosque du 18 mars 2017: Merkel, leader du monde libre – Le président « Fox News » – Abolir Obamacare – Must Read!

 

  • Angela Merkel est la leader du monde libre

    Hier a eu lieu la première rencontre officielle entre les deux plus grandes puissances occidentales, les Etats-Unis et l’Allemagne, dans une atmosphère assez tendue étant donné les attaques lancées par Trump durant la campagne présidentielle à l’encontre d’Angela Merkel.
    Contrairement à ses confrères anglais ou japonais, la chancelière n’a pas hésité à contredire le président sur à peu près tous les sujets, notamment l’immigration et lui a même donné quelques conseils « diplomatiques »:

    « C’est bien mieux de se parler directement que de parler les uns sur les autres ».


    Donald Trump a affirmé que « le seul point commun qui pouvait les réunir, c’était peut-être les écoutes dont les deux ont été victimes » de la part d’Obama, un fait avéré pour la chancelière allemande et des allégations toujours sans preuves concernant le président.
    Enfin ce dernier a refusé de lui serrer la main devant les photographes dans le bureau oval.

    Les journalistes et l’opinion publique américaine étaient encore une fois déconcertés par cet énième manque de professionnalisme de la part de Donald Trump, et beaucoup reconnaissent aujourd’hui, à l’instar de Politico, que la chancelière allemande, « qu’elle le veuille ou non, est la dernière et meilleure chance de l’Occident ».

    Immédiatement après l’épisode, le compte Twitter du @PRESIDENTBANNON a publié cette déclaration officielle hilarante:

     

    Donald Trump nous assurait ce matin que tout s’était bien passé

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  • Le président « Fox News »

    Il y a deux semaines, le président américain a créé un scandale en accusant son prédécesseur, Barack Obama, de l’avoir mis sur écoute pendant la campagne présidentielle, sans apporter aucune preuve – pour la moment, « ça arrive bientôt » a-t-il affirmé mercredi – si ce n’est un article de Breitbart paru quelques jours plus tôt qui avançait cette théorie.

    La Commission parlementaire en charge du renseignement n’a toujours rien trouvé qui confirme les propos Mr Trump, ni le Département de Justice, qui n’a pas voulu les condamner, malgré l’insistance du FBI.
    Lundi dernier, Sean Spicer, le porte-parole de la Maison Blanche a transformé les accusations de « mise sur écoute » du président en « vaste programme de surveillance ».

    Jeudi, devant les journalistes de la briefing room, Mr Spicer, a défendu à nouveau Donald Trump en citant le rapport d’un commentateur de Fox News qui affirme que les services secrets anglais auraient espionné le candidat républicain pendant la campagne à la demande d’Obama!

    Les représentants anglais furieux ont qualifié ces allégations de « ridicules » et reçu l’assurance de la Maison Blanche qu’elles ne seraient pas réitérées, jusqu’à ce que Donald Trump les avance à nouveau hier en conférence de presse.

    Encore une fois, le président des Etats-Unis, incapable de justifier les accusations contre Barack Obama, créé diversion en pointant un nouveau coupable et oblige à ceux qui le critiquent à prouver qu’il a tort.

    Fox News a démenti les propos de Mr Napolitano, le commentateur à l’origine de ces allégations – qui lui campe sur ses positions – et a affirmé n’avoir aucune preuve de ce qu’il avance.

                               

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  • De la difficulté de supprimer Obamacare

    Une tribune intéressante de Charles Krauthammer, journaliste conservateur très respecté, dans le Washington Post sur la difficulté de supprimer un programme comme celui d’Obamacare:

    Une fois que quelque chose vous est donnée – par exemple l’assurance maladie pour vingt millions de personnes – vous pouvez l’enlevez mais à vos risques et périls. C’est pareil pour n’importe quelle aide du gouvernement, mais surtout pour l’assurance maladie.
    Il y a bien une raison pour laquelle aucune démocratie occidentale dotée d’un système nationale de santé ne l’a jamais abolit.
    Le génie de la gauche a été de continuer à élargir les aides de l’Etat en créant des nouvelles offres qui sont politiquement impossibles à supprimer (…)
    Les gens détestaient Obamacare pour son « autoritarisme », son incompétence et son coût. Mais en même temps, ses rédacteurs ont pris grand soin de créer de nouveaux bénéficiaires et de nouvelles attentes. Ce qui rend son retrait très compliqué. (…)
    L’idée qu’on puisse éradiquer les racines et les branches d’Obamacare est fantaisiste. Pour tous ses défauts catastrophiques, Obamacare a changé les attentes des gens. Il n’y a rien de gratuit.
    La ligne dure du parti républicain doit accepter que les Américains sont habitues à des aides en matière d’assurance santé, tout comme les modérés doivent accepter les histoires de ceux qui vont inévitablement y perdre dans cette réforme, C’est le prix politique à payer pour remplir cette promesse de sept ans d’abolir et de remplacer Obamacare

    * « The Real World of Obamacare Repeal »The Washington Post

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  • Articles du Jour

    « Behind ICE’s Closed Doors, « the Most Un-american thing I’ve seen » Village Voice

    Ce que j’ai vu là-bas est hallucinant.
    C’est la chose la plus non-américaine que j’ai vu depuis longtemps.
    C’est une chose d’entendre parler de ceux qui n’ont aucune représentation légale, c’en est une autre de voir une pièce remplie de gens terrifiés qui risquent la déportation sans aucune représentation légale.
    J’ai vu des grand-mères qui sont ici depuis 45 ans, des grands-mères avec des bracelets électroniques, des parents célibataires avec leurs enfants, qui attendent savoir s’ils vont être déportés

     

    * « Fearful Parents sign papers for friends to care fo kids in case they’re deported »The Los Angeles Times

    Donald Trump a promis de déporter en priorité les criminels, « gang members » et meurtriers mais les agents fédéraux de l’Immigration Customs Enforcement, revigorés par le nouveau président, ratissent large lors des raids effectués contre les immigrés en situation irrégulière, et dans certains cas, des parents ont été séparés de leurs enfants, qui eux sont des citoyens américains autorisés à rester sur le territoire.
    Nombre d’entre eux ont pris l’initiative de signer une procuration donnant à un proche l’autorité sur leurs enfants s’ils venaient à être déportés.

    * « How an innocent man wound up Dead in El Salvador’s Justice System »The Washington Post

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  • Couverture du Jour

    The Economist nous révèle dans le numéro de cette semaine: « l’économie mondiale profite d’un regain de croissance synchronisé … la dernière décennie a été marquée par une série de fausses alertes de reprises.
    Cette fois-ci, les choses semblent différentes. »

A la une des quotidiens américains, mardi 28 février 2017

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  • 20 centres communautaires et écoles juives ont été l’objet d’alertes à la bombe dans l’ensemble du pays lundi (New York, Michigan, Virginie, Rhode Island, New Jersey, Pennsylvanie et Caroline du Nord). Depuis le début de l’année, c’est la cinquième vague de menaces contre des établissements juifs selon la Anti-Defamation League qui a recensé plus de 90 alertes à la bombe.
    Deux cimetières ont également été profanés ces dix derniers jours, dans le Missouri et en Pennsylvanie.

    Alertes à la bombe contre des établissements juifs depuis le début de l’année aux Etats-Unis. Los Angeles Times
  • Un juge du comté de Douglas en Géorgie a condamné un couple à de longues peines de prison (vingt ans dont treize fermes pour Jose Torres et treize dont six fermes pour Kayla Norton) pour avoir harcelé, insulté et menacé des Afro-Américains lors d’un virée de deux jours en 2015 et sous l’emprise d’alcool et munis de drapeaux confédérés. Un jugement exemplaire pour un crime raciste perpétré un mois après le massacre de neuf Afro-américains dans une église de Charleston, en Caroline du Sud.
  • Après des mois de sécheresse, certaines régions de l’Etat de Californie placées en alerte rouge ont profité des pluies diluviennes de ces dernières semaines qui ont endommagé le déversoir de l’un des plus grands barrages des Etats-Unis, celui d’Oroville au nord de Sacramento.

     (KCRA via AP)
  • Les Démocrates, majoritaires dans la Chambre Haute et basse de Californie ont déposé une demande d’information (sous le Freedom of Information Act) concernant les raids menés par l’Immigration & Customs Enforcement, y compris les noms et dossiers des personnes détenues. « Immigration battle twist » dans le San Francisco Chronicle.
  • Le Tampa Bay Times publie le dernier volet de sa série en trois épisodes sur les problèmes des armes à feu en Floride et des enfants qui en sont victimes.
    « in Harm’s Way »: 1. « One Child is shot every 17 hours » ; 2. « Curiosity leads to a lifetime of scars » ; 3. « Lawmakers Grapple with Solutions »