26.09.17

 

1. Obamacare survit

  • Le porte parole de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell a annoncé cet après midi qu’il retirait la dernière proposition de réforme de l’assurance santé préparée par Bill Cassidy et Lindsey Graham après l’annonce hier soir que leur collègue du Maine, Susan Collins voterait contre.
    Incapable d’assurer une majorité de 51 voix derrière la proposition, c’est la cinquième tentative ratée de supprimer Obamacare devant le Sénat.

 

  • Un coup dur pour le président qui en a fait l’une des promesses de son programme de campagne, mais surtout pour les Républicains, dont c’est l’obsession politique depuis son vote en 2010.
    Les Républicains ont le président, les deux majorités au Congrès et sont incapables de faire passer l’un des grands projets de leur parti.

 

  • Mitch McConnell n’a pas annoncé de nouvelle proposition de réforme et le prochain projet du Sénat devrait être la réforme fiscale

 


2. Pourquoi Obamacare survit

 

  • Charles Krauthammer, journaliste américain, célèbre pour ses chroniques politiques conservatrices, expliquait en mars dernier dans le Washington Post pourquoi est ce qu’il est difficile de supprimer un programme comme Obamacare:

    Une fois que quelque chose vous est donnée – par exemple l’assurance maladie pour vingt millions de personnes – vous pouvez l’enlevez mais à vos risques et périls. C’est pareil pour n’importe quelle aide du gouvernement, mais surtout pour l’assurance maladie.
    Il y a bien une raison pour laquelle aucune démocratie occidentale dotée d’un système nationale de santé ne l’a jamais abolit.
    Le génie de la gauche a été de continuer à élargir les aides de l’Etat en créant des nouvelles offres qui sont politiquement impossibles à supprimer (…)
    Les gens détestaient Obamacare pour son « autoritarisme », son incompétence et son coût. Mais en même temps, ses rédacteurs ont pris grand soin de créer de nouveaux bénéficiaires et de nouvelles attentes. Ce qui rend son retrait très compliqué. (…)
    L’idée qu’on puisse éradiquer les racines et les branches d’Obamacare est fantaisiste. Pour tous ses défauts catastrophiques, Obamacare a changé les attentes des gens. Il n’y a rien de gratuit.
    La ligne dure du parti républicain doit accepter que les Américains sont habitués à des aides en matière d’assurance santé, tout comme les modérés doivent accepter les histoires de ceux qui vont inévitablement y perdre dans cette réforme, C’est le prix politique à payer pour remplir cette promesse de sept ans d’abolir et de remplacer Obamacare

    « The Real World of Obamacare Repeal » – The Washington Post


3. Elections 2018: Guerre civile à droite

 

  • Le président a enchaîné les échecs aujourd’hui avec la défaite de Luther Strange, le candidat républicain qu’il avait soutenu pour remplacer Jeff Sessions parti à la justice. Le vainqueur est Roy Moore, soutenu par Breitbart, Steve Bannon, Sarah Palin et même Nigel Farage, l’ancien affreux du parti indépendant anglais et partisan du Brexit.
    Il affrontera le démocrate Doug Jones dans les urnes le 12 décembre prochain

 

  • Les résultats de cette élection sont importants pour plusieurs raisons:
    • La victoire d’un candidat anti-establishment soutenu par l’alt-right pourrait booster les ambitions de nombreux candidats pour les élections de mi-mandat en 2018 et aggraver les tensions à droite entre pro-GOP et anti-GOP
    • C’est un nouvel échec pour l’establishment du parti républicain, et notamment de Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, qui ont investi des millions de dollars dans la campagne pour aider Luther Strange et « rassurer ses collègues qu’ils pourraient survivre l’ère Trump »
    • L’influence de Trump sur les électeurs de droite a ses limites: ses électeurs n’ont pas respecté sa consigne de vote malgré un meeting haut-en-couleur en Alabama la semaine dernière. Trump a gagné la candidature républicaine et les élections présidentielles en s’imposant comme un outsider anti-establishment – une posture qu’il a dû abandonner depuis qu’il est président pour faire passer son programme … qui ne passe pas, et qui pourrait lui poser problème lors des futures élections.

      * « After Alabama, GOP anti-establishment wing declares all-out war in 2018 »Washington Post 

 


4. Espionnage légal

 

  • Le Department of Homeland Security en charge de toutes les questions d’immigration a publié une nouvelle mesure dans le « Federal Register », le Journal Officiel américain, concernant les immigrés vivant aux Etats-Unis et ceux naturalisés américains, qui autorise à partir du 18 octobre prochain la collecte de toutes les informations disponibles sur leurs médias sociaux nécessaires à leur « fichier d’immigration ».

 

  • Il s’agit non seulement d’une violation de la vie privée, une entrave à la liberté d’expression et la porte ouverte à une éventuelle discrimination idéologique pour ceux qui aspirent à venir habiter aux Etats-Unis – Ou comment les médias sociaux peuvent être utilisés par le gouvernement au détriment de ses utilisateurs au nom d’une lutte contre le terrorisme qui n’a jamais encore fait ses preuves.* « People are worried about DHS Plans to Gather Social Media Info »Buzzfeed

 


5. Puerto Rico est une île et américaine

 

  • « Est-ce que Trump vient d’apprendre que Puerto Rico est américaine? » se demande sérieusement ce matin Jennifer Rubin dans le Washington Post devant le silence du président sur les ravages causés par l’ouragan Maria sur l’île des Caraïbes qui survit depuis est sans eau, ni électricité et dont 80% des terres cultivées sont aujourd’hui détruites.
  • Trump s’est réveillé hier soir après dîner, en évoquant la situation catastrophique de l’île, « qui souffrait déjà de mauvais infrastructures et d’une dette importante », « de milliards de dollars empruntés à Wall Street et aux banques et qui doivent être réglés ». Une référence à la crise économique à laquelle fait face l’île depuis plusieurs années mais qui n’a rien à voir avec la lenteur des secours face à la crise humanitaire.
  • Interrogé cet après midi sur la question, le président a affirmé que le gouverneur de l’île l’avait remercié pour l’excellent travail des autorités fédérales malgré les défis que posent l’envoi des secours sur une île, « au milieu de l’océan, qu’il est impossible d’atteindre en conduisant son camion »

 

 


6. Must Read: Mensonges à Twin Falls

 

Les articles des sites d’extrême droite sur l’affaire d’agression sexuelle

 

  • Durant l’été 2016, dans la ville de Twin Falls dans l’Idaho, l’agression sexuelle d’une jeune mineure blanche par deux jeunes réfugiés musulmans, également mineurs, a provoqué une vague de haine et de paranoïa sans précédent au sein de la population, à l’encontre des Musulmans, exacerbée la désinformation des médias d’extrême droite, le silence des autorités, la rhétorique raciste du candidat républicain, et même les publicités russes sur Facebook.
    « Ils sont incompatibles avec notre culture » a-t-elle affirmé. « Ils nous détestent. Ils ne veulent pas devenir Américains. Ils refusent de s’assimiler. Qu’est ce qu’il y a d’autre à voir? Quelle preuve de plus à apporter »
    C’était un meeting assez particulier mais Brown n’était davantage surpris. Quelques mois plus tôt, quand les militants anti-réfugiés ont commencé à s’organiser, il a essayé de comprendre leur point de vue. Il a lu Ann Coulter et a commencé à suivre des blogs anti-réfugiés. Ce soir là, tout ce qu’il avait lu, il l’entendait sortir de la bouche des voisins »

 

  • Les médias comme Breitbart se sont emparés du sujet pour mieux l’exploiter et servir leur idéologie raciste et anti-immigration laissant une communauté profondément divisée derrière elle et un journal local qui a sauvé la dignité de la ville. * « How Fake News Turned a Small Town Upside Down » – The New York Times magazine

 

 


7. Les news vont bien!

  • ABC, NBC et CNN crient victoire depuis la diffusion des audiences annuelles de leur programmes d’actualités s’en sont même vanté dans le Washington Post et le New York Times
  • Axios, le site d’informations spécialisé en politique et affaires lancé au début de l’année 2017 par l’un des anciens fondateurs de Politico, Jim VandeHei, et plusieurs de ses journalistes stars, Roy Schwartz, Mike Allen, Jonathan Swan, a décidé de retarder la mise en place de son abonnement annuel de dix mille dollars pour se concentrer sur la construction de la marque et la fidélisation des lecteurs.

    Schwartz n’a pas révélé quand l’abonnement serait lancé et quel genre d’informations il offrirait. Le défi pour l’éditeur est de trouver des informations assez uniques pour que des professionnels poussent leur entreprises à dépenser une telle somme.

    Axios compte 85 employés dont 40 dans la rédaction.

 

  • Le Washington Post profite de l’effet Trump et vient de dépasser le million d’abonnés en ligne, trois fois plus que les chiffre de l’an dernier.

 


8. IT, seconde partie

  • New Line, le label des studios Warner Bros, qui vient de réaliser la plus importante sortie jamais réalisée par un film (IT) lors d’un week-end de septembre (218 millions de dollars) a annoncé la sortie de la seconde partie en septembre 2019 sous la direction de Andy Muschietti.

9. La couverture du Jour

 

  • De Sports Illustrated sur la dernière polémique made-in-Trumplandia

le kiosque du 15.05.17: Twin Falls assiégée par les fake news; les ennuis de Johnny Depp; Kellyanne déteste son job; SNL; Le Brexit influencé par un proche de Trump?

 

La revue de presse de ce lundi 15 mai 2017

1. Les Républicains en ont ras-le-bol de Trump
2. Kellyanne Conway déteste son job
3. Une ville assiégée par les « fake news »
4. Le Brexit influencé par un proche de Trump
5. Johnny Depp, la dernière chance?
6. Le reste de l’actualité

 

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1. Les Républicains en ont ras-le-bol de Trump

  • « L’absence d’amour, de peur et de nécessité »: ce sont les mots utilisés par Mike Allen (Axios) ce matin en ouverture de sa newsletter pour décrire le sentiment des Républicains face au président: « En presque quatre mois, Trump a été incapable de prendre l’ascension sur son propre parti, surtout au Sénat et dans une moindre mesure à la Chambre des Républicains ».
     

    • Les sénateurs républicains n’ont pas besoin de lui, ils travaillent sur la réforme de l’assurance santé et veulent poursuivre leur enquête sur l’ingérence russe dans les élections.
    • La plupart des Républicains ne l’aiment pas: « Ils le tolèrent et votent en sa faveur parce que Trump soutient les idées du parti républicain. Mais la plupart pense qu’il est en train de tout faire sauter »
    • Personne n’a peur de lui: « Il n’y a pas si longtemps, les Républicains s’inquiétaient des tweets de Trump. Ce n’est plus le cas. Et les Démocrates ne craignent certainement pas un président qui est critiqué par la plupart des Américains. »

 

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2. Kellyanne Conway déteste son job

  • Les deux animateurs de l’émission politique « Morning Joe », diffusée quotidiennement sur MSNBC, ont affirmé ce matin que la conseillère du président, Kellyanne Conway, critiquée pour défendre coûte que coûte son boss, quitte à répandre des fake news (« Bowling Green massacre) ou justifier des « faits alternatifs », déteste son travail qu’elle n’a accepté que pour l’argent et aurait même mentionné une fois « vouloir prendre une douche » après avoir parlé de Donald Trump tellement elle méprisait Donald Trump.
    Avant de travailler pour le candidate républicain, Mme Conway travaillait pour le sénateur Ted Cruz qui a abandonné sa campagne en mai 2016.

     

     
  • Mika Brzezinski a affirmé en février qu’elle n’accepterait plus Mme Conway dans son émission étant donné ses mensonges répétés et son ignorance de ce qui se passe à la Maison Blanche.
    Elle a réaffirmé sa position la semaine dernière en accusant CNN de faire du « porno politique » après invité à deux reprises Kellyanne Conway pour commenter le renvoi du directeur du FBI, James Comey

 

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3. Une ville assiégée par les « fake news »

  • L’intox est tellement grosse et ses répercussions inquiétantes qu’elle fait la une du Los Angeles Times ce matin: Alex Jones, animateur hystérique de l’émission « InfoWars », supporter de Donald Trump, obnubilé par les théories du complot affirme depuis plusieurs mois que la ville de Twin Falls, dans l’Idaho, au Nord Ouest du pays « serait infiltrée par des terroristes musulmans qui répandent des maladies et commettent des crimes violents ».
  •  

  • Les commérages anti-immigrés ont commencé l’été dernier, en pleines élections présidentielles, lorsqu’un petite fille a été agressée par trois garçons un peu plus âgés appartenant à des familles réfugiées: L’affaire a été envenimée par l’extrême droite locale qui y rajouté la Syrie, un couteau, un viol et des actes de barbarie, etc … si bien que les autorités et la police ont dû intervenir pour rétablir les faits (une  sexuelle reconnue par les auteurs) et souligné au passage que les communautés immigrées étaient rarement associées à des activités criminelles.
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  • Breitbart et InfoWars ont pourtant continué à propagé la peur en dénonçant la compagnie de yaourt Chobani, l’une des plus importantes usines de la région, qui s’est engagé à faire travailler les populations immigrées avec des titres comme « Le Yaourtier d’Idaho embauche des immigrés violeurs ».
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  • Twin Falls, 50 000 habitants serait « un modèle d’accueil et d’intégration des réfugiés dans la communauté car elle fait cela depuis tellement longtemps et sa taille rend la transition plus facile pour les réfugiés et la communauté » affirme la directrice du programme de réfugiés du College of Southern Idaho. La ville accueille entre 150 et 300 réfugiés chaque année.
     
    Chobani a porté plainte en diffamation contre InfoWars fin avril.
  • « Idaho town besiged bu refugees? No, Fake News » – The Los Angeles Times

 

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4. Le Brexit influencé par un proche de Trump


 

  • Le milliardaire américain Robert Mercer, actuel co-directeur de la Hedge Fund la plus rentable au monde, Renaissance Technologies (Voir « La fabrique de milliardaires » du 03.03.17) et l’un des plus importants donateurs de la campagne de Donald Trump a menacé de poursuivre en justice The Guardian après la diffusion d’un article ce weekend évoquant son implication dans la campagne anglaise en faveur du Brexit l’année dernière.
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  • Loi électorale anglaise impose le principe d’équité entre les partis dont l’élément clé est le contrôle des dépenses de la campagne: les différentes campagnes ne peuvent fonctionner ensemble à moins qu’elles déclarent conjointement leurs dépenses. Une transparence qui est censée empêcher un parti d’acheter une élection.
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  • The Guardian a mis la main sur un document confidentiel qui lie les deux campagnes du « Leave », celle menée par Nigel Farage et le parti indépendant (UKIP), « Leave.EU » et celle de Boris Johnson, « Vote Leave », l’ancien maire de Londres, pourtant ennemis jurés.
    Ce lien existe entre deux sociétés d’analyse de données, AggregateIQ (basée au Canada) et Cambridge Analytica (compagnie américaine basée à Londres) qui ont respectivement travaillé pour « Vote Leave » et « Leave.EU » sous la forme d’un accord « exclusif » et « mondial » et « perpétuel » qui donne à Cambridge Analytica, l’utilisation de toutes les données de AggregateIQ.
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  • Les deux firmes ont des propriétaires différentes mais sont liées légalement entre elles et financées par Robert Mercer et auraient travaillé ensemble lors du référendum sur le Brexit en partageant la même banque de données. 
    En juin dernier, le directeur de Cambridge Analytica était Steve Bannon, et la compagnie a offert ses services au parti indépendant anglais, ce qui pourrait constituer un enfreint à loi britannique qui interdit l’apport de donations étrangères dans les élections du pays.
     
  • * « Follow the data: Does a legal document link Brexit campaigns to US Billionaire? » – The Guardian
    * « Robert mercer: The Big Data Billionaire waging war on mainstream media » – The Guardian

 

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5. Johnny Depp, la dernière chance?

  • Le cinquième et dernier opus de la série « Pirates des Caraïbes », intitulé « Dead Men tell no Tales », qui sortira le 26 mai prochain, durant le très attendu Memorial Day Weekend, l’un des rares weekends de trois jours des Américains, qui marque le début de l’été, est le prochain grand test pour l’acteur Johnny Depp, dont la carrière et la vie personnelle ont été chaotiques ces dernières années.
  • Selon « The Hollywood Reporter », les studios Disney craignent que les problèmes de l’acteur viennent perturber la promotion du film:
     

    • Des finances catastrophiques: la fortune estimée à 650 millions de dollars se serait évaporée ces dernières années à cause des choix peu judicieux de Depp, des dépenses quotidiennes astronomiques, une famille à entretenir et un divorce coûteux, les frais d’avocats ainsi qu’un personnel d’une quarantaine de personnes.
      L’acteur dépenserait près de deux millions de dollars par mois.
    • Une vie personnelle exposée avec des beuveries excessives, un mariage raté, des accusations de violence domestique qui a d’ailleurs compliqué les conditions de tournage.
    • Une bataille juridique avec ses agents/avocats/comptables de la compagnie The Management Group qui lui réclament une commission pour le dernier « Pirates des Caraïbes », refusée par Depp qui les accuse de fraude et mauvaise gestion de son argent: « Une bataille juridique qui pourrait remettre en cause l’une des traditions les plus établies de Hollywood, celle de donner aux avocats un pourcentage des revenues de leur client sans contrat écrit ».
    • Il a viré l’agent de United Talent Artist avec qui il travaillait depuis presque trente ans, Tracey Jacobs, et a signé avec l’agence rivale, CAA, Creative Artist Agency,
      * « Johnny Depp: A Star in Crisis and the Insane Story of his Missing Millions » – The Hollywood Reporter

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6. Le reste de l’actualité

  • Immigration: Le quotidien des agents fédéraux à la frontière mexicaine (« Border patrol), The San Diego Union-Tribune a passé 72 heures avec eux.
  • Sports: Au moins huit joueurs de la grande équipe de football américain des Miami Dolphins de 1972 souffrent de CTE, l’Encéphalopathie Traumatique Chronique, cette maladie neuro-dégénérative causée par les commotions cérébrales répétées subies lors des violents contacts entre joueurs. – Miami Herald 
  • Société: « Mai signifie aux Etats-Unis la saison des « proms ». Cette tradition sacrée des adolescents est une étude de contradictions. Alors que les jeunes semblent de plus en plus politisés et actifs à travers le pays, des millins dépensent toujours des centaines de dollars pour participer à ce qui ressemble à un bal des débutantes » – Quartz

 

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La couverture du Jour

On en a parlé à plusieurs reprises dans le Kiosque: la formidable saison de Saturday Night Live cette année grâce à l’effet Trump, les élections présidentielles et une équipe d’acteurs talentueux et de guest stars extra
 

Mardi 28 février 2017: Budget, « Bannonisme », Breitbart & Briefing Room

  1. Une assurance santé très complexe

    Devant l’Association des Gouverneurs réunie à la Maison Blanche, Donald Trump a reconnu l’extrême complexité de la réforme de l’Assurance Santé américaine, Obamacare et qu’il faudrait plusieurs à l’administration et la majorité républicaine plusieurs mois avant de proposer le programme de remplacement.

  2. Tout pour le militaire

    La Maison Blanche travaille sur une proposition de budget qui augmenterait les dépenses militaires de près de 54 milliards de dollars (10% de son budget actuel) pour l’année fiscale 2018 qui serait financé par une réduction de l’aide internationale et des dépenses intérieures – des agences gouvernementales.
    Les coupes budgétaires des agences fédérales sont l’une des priorités de la nouvelle administration dont le fonctionnement et l’influence devraient considérablement diminuer – Trump a nommé à la direction de ces agences des individus qui ont lutté contre les organismes qu’ils sont censées défendre. 
    Les premières ciblées devraient être le Département d’Etat et l’Agence de Protection de l’Environnement et celles épargnées concernent les forces de l’ordre (Department of Homeland Security, Justice, FBI, DEA, ICE,..).
    Les agences recevront lundi prochain les propositions de budgets qui devront être validées par le Congrès en mai prochain. 
    C’est le début du démantèlement de « l’Etat administratif » annoncé par Steve Bannon lors de la Conservative Political Action Conference.

  3. “History is seasonal, and winter is coming.”

    Il ne s’agit pas d’un dialogue de Game of Thrones mais d’une prédiction de Steve Bannon toute droite sortie d’une théorie « élégamment simple ou dangereusement simplifiée » des « cycles historiques » pensée par William Strauss et Neil Howe selon laquelle l’histoire se répète et qu’une crise est sur le point de toucher l’Amérique.
    Dans un édito publié ce weekend dans le New York Times (« What Does Steve Bannon Want? »), Christopher Caldwell, journaliste de la revue conservatrice The Weekly Standard, tente de définir « le Bannonisme » pour comprendre la direction de la nouvelle administration – et non pas Trumpisme. Steve Bannon, « considéré comme très brillant tout au long de sa carrière » est un jeune loup de la politique – il a commencé à s’y intéresser après les attentats du 11 septembre – dont les idéaux ultra-conservateurs sont encore « purs » contrairement à ses collègues qui fréquentent Washington depuis plusieurs décennies.
    Ce qui différencie Bannon des autres Républicains, c’est son amour du nationalisme qui se décline à travers les notions de « souveraineté », de « nationalisme économique », et plus pratiquement d’opposition à la mondialisation et à l’Europe ou de soutien au Brexit: Il croit en l’idée et en la « raison d’être » d’un nation américaine.
    Il rejoint l’argument du Tea Party selon lequel les Etats-Unis ont perdu leur souveraineté et les citoyens leurs prérogatives démocratiques aux dépens d’une classe dirigeante, « l’état administratif » qui « s’enrichit avec ses alliés capitalistes ».
    Mr Bannon rejette le capitalisme actuel, libéral et mondialisé, adopté par les Républicains, et affirme qu’il doit retrouver ses fondations judéo-chrétiennes face à un ennemi désigné, l’Islam.

    Mais selon Mr Coldwell, Bannon reste un intellectuel politisé excité par les grandes théories – une combinaison qui a produits des résultats imprévisibles dans le passé.

  4. « The Breitbart Embassy »

    Un journaliste de Vice témoignait récemment de sa rencontre avec Steve Bannon à Washington en 2014, à l’occasion du article pour Rolling Stone sur les médias de droite. Invité à la « Breitbart Embassy », un établissement au coeur de Capitol Hill qui sert de rédaction pour le site, de pied-à-terre luxueux pour Bannon et de lieu de socialisation, il y a croisé l’actuel ministre de la justice, Jeff Sessions, Laura Ingraham, journaliste conservatrice et Nigel Farage, l’ancien leader du parti indépendant anglais (UKIP) qui a mené et remporté la campagne du Brexit en juin dernier – tous acquis à la cause Breitbart.
    Le journaliste n’a pas cru bon les interviewer et s’est concentré sur la « vraie personnalité » de Bannon qui avait à l’époque une vision aussi sombre de l’Amérique que celle défendue par le président lors de son discours d’inauguration – qu’il a rédigé.
    « Il y avait beaucoup d’informations et peu étaient encrées dans la réalité » mais une récurrence dans ses paroles, celle de l’existence d’un électorat mondial anti-élitiste.

    En écoutant l’interview aujourd’hui, je suis étonné de m’entendre autant rire et acquiescer à ce qu’il dit. Sa volonté de faire disparaître l’establishment semblait plus cocasse que sinistre.
    Je n’ai clairement pas compris ce qu’il essayait de me dire.

  5. Breitbart promeut dans la théorie conspirationniste

    Pour les besoins du Kiosque, je suis abonnée à la newsletter de Breitbart il y a quelques mois et j’ai reçu cet email hier:

     

    Newsletter de Breitbart reçue le 27 février 2017

    « Cher lecteur, 
    Je ne veux pas vous alarmer – mais préparez vous à agir. Si vous avez de l’argent sur votre compte…, une retraite ou un compte de courtage. Si vous avez un centime dans le système financier, c’est la dernière chance de vous protéger.
    Ces dix derniers mois, un agent des renseignements Jim Rickards a traversé la planète et rassemblé des détails sur l’évènement à venir (…) Nous pourrions être les témoins d’un « gel de 326 trillions de dollars » du système financier international. 
    Ce sera volontaire. Ce sera destructeur au delà de tout ce que l’on peut imaginer.
    Quand ça arrivera. Ca peut prendre 48 heures. Ca va non seulement bouleverser la vie de millions d’Américains.
    Ca pourrait détruire la présidence de Donald Trump avant qu’elle ne commence.

    James Rickards est un avocat et analyste financier et auteur de plusieurs ouvrages sur les catastrophes financières. L’idée de ce message, c’est qu’il existe imminent de gel du système financier qui pourrait déstabiliser l’ordre mondial, ruiner les citoyens et la présidence de Trump et dont les responsables appartiennent à « L’élite ».

    Une vidéo est disponible avec les instructions à suivre pour éviter d’être touché par cette apocalypse financière.

  6. Sean Spicer a-t-il modernisé la briefing room?

    Jamais les journalistes et le public américain n’avaient été aussi passionnés par les conférences de presse quotidiennes de Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche.
    Sa relation avec les journalistes a plutôt mal commencé le samedi 21 janvier, le lendemain de l’inauguration de Donald Trump, jour de la Marche des Femmes sur Washington, deux jours avant sa première conférence officielle, lorsque le président lui a demandé d’aller convaincre quiconque que la « foule [de la veille avait] été la plus importante jamais observé lors de l’inauguration d.un président. Point barre. »

    L’épisode avait choqué l’audience et faire rire des millions d’Américains quand Melissa McCarthy a incarné, à la surprise de tous, Sean Spicer sur Saturday Night Live la semaine suivante: il est devenu un « Day Time TV Star ».

    Effectivement depuis un mois, Sean Spicer a transformé la briefing room, cette anti-chambre de la « West Wing » où il répond chaque jour aux questions des journalistes. Depuis son arrivée, il a ouvert la conférence à d’autres médias, plus à droite et accepté des journalistes en dehors de Washington (qui interviennent directement par Skype). Il a cassé la tradition qui donne la priorité aux questions des médias traditionnels (AP, les chaînes d’infos nationales, les grands quotidiens) et donné la part belle aux médias plus conciliants envers le président.

    L’Independant Journal Review a relevé toutes les questions acceptées par Sean Spicer lors de son premier mois et les résultats ne sont pas étonnants: Fox National Network arrive en tête (Fox News, Fox News Radio & Fox Business) suivi de NBC, CBS, ABC, les autres chaînes nationales. Parmi les dix médias les plus interrogés, trois sont clairement à droite, Fox News, Newsmax et OAN; Le Washington Post à eu le même nombre de questions que son petit confrère, le Washington Times (conservateur) et le New York Times n’est pas dans la liste des vingt.

  7. Bataille entre Sean Spicer et Le New York Times

    Les relations entre la « Gray Lady » et la Maison Blanche sont tellement tendues que le quotidien new yorkais a dû rectifier un article paru en ligne samedi intitulé « Trump Ruled the Tabloid Media. Washington is a Different Story » sur le lieu de naissance de Sean Spicer: « Il était né en Nouvelle Angleterre et élevé à Rhode Island; il n’est pas né en Nouvelle Angleterre. (Mr Spicer a refusé de répondre aux questions et de confirmer son lieu de naissance) »


    Mr Spicer est aujourd’hui le seul lien entre la Maison Blanche et les journalistes – étant donné le blackout médiatique sur de nombreux Départements (celui de l’Etat par exemple qui n’a pas donné de conférence de presse en un mois), les agences fédérales et la stratégie du président de s’adresser directement au public via Twitter ou en conférence de presse.
    Mr Spicer n’a pas l’air de vouloir coopérer avec la presse même sur des questions aussi simples que son lieu de naissance – Rappelez vous la polémique enclenchée par Donald Trump à l’encontre de Barack Obama qui a été obligé de publier son certificat de naissance en 2011.

    Sean Spicer est ensuite aller provoquer l’auteur de l’article, Glenn Trush du New York Times sur Twitter

    Adressé au NYTimes & Glenn Trush, « Vous êtes incapables de trouver où est ce que je suis né sans jamais avoir demandé ». Twitter
    « J’avais l’habitude de te poser des questions mais tu as arrêté de me répondre aux emails, coup de téléphone et questions ». Pourquoi?
    Stephen Becket est intervenu pour révéler le lieu de naissance de Mr Spicer, Long Island dans l’Etat de New York. Twitter

    Ca doit être énervant quand quelqu’un se trompe sur ton lieu de naissance. cc Barack Obama
  8. Dietrich, Idaho: Vers un nouveau scandale juridique

    C’est le verdict injuste capable de déclencher un scandale dans tout le pays: John R.K. Howard, un ancien joueur de football blanc de 19 ans, accusé avec deux amis d’avoir enfoncé, à coups de pied, un cintre dans l’anus d’un jeune noir handicapé qui jouait avec eux dans l’équipe de football du lycée, a été condamné à de la prison avec sursis et des travaux d’intérêt général. Ils étaient trois jeunes adultes à comparaître pour agression sexuelle sur personne handicapée, encouraient une peine prison ferme pour des actes commis en octobre 2015, quand ils étaient encore mineurs.
    Pour les amis de la victime, il s’agit « d’une réprimande envers un enfant privilégié qui s’est attaqué à son coéquipier handicapé qui vient de la seule famille noire de la ville ».
    Le juge a également conclu que l’assaut n’avait rien de raciste – contrairement à de nombreux témoignages d´étudiants.

    Les 330 habitants de la petite ville de Dietrich en Idaho sont depuis quelques mois le centre de l’attention des médias et plus particulièrement la famille McDaniels, et leurs 19 enfants adoptés, dont la moitié sont noirs, et parmi lesquels figure la victime.
    Les parents ont porté plainte contre l’école et onze de ses employés accusés d’avoir laissé faire pendant des mois les insultes et attaques racistes contre leur enfant: ils réclament dix millions de dollars de dommages et intérêts.

  9. Couverture du jour: 

    Ils ne l’ont pas loupé, Brian Cullinan, le comptable de PriceWaterHouse Cooper qui a mélangé les enveloppes hier et donné lieu au plus grand fiasco de l’histoire des Oscars.

    NY Daily News – Edition du 28 février 2017