Le kiosque du 03.08 17

 

1. Le coup de gueule du Jour

 

 

 


2. L’administration s’attaque à l’immigration

 

  • Pour résumer – Axios:

    Le président Trump a soutenu la proposition de loi des Sénateurs républicains Tom Cotton et David Perdue qui réduire le taux d’immigration de moitié ces dix prochaines années en donnant la priorité aux employés qualifiés, et réduisant les visas offerts par la loterie et l’accueil des réfugiés.

    L’idée est d’aider les travailleurs américains à trouver du travail sans la concurrence étrangère: une rupture de la politique d’immigration traditionnelle des Etats-Unis et qui créé la polémique même chez les Républicains.

    En 2013, la réforme de l’immigration du Sénat, dite « Gang of Eight » – proposée par les Républicains John McCain, Lindsey Graham, Marco Rubio et Jeff Blake – qui avait échoué à la Chambre des Représentants, est l’antithèse de celle proposée par le président cette semaine.

     

 

 

  • Pour d’autres, cette proposition est nécessaire:

    Des politiciens de tout bord ont accusé la proposition d’être anti-démocratique, anti-américaine et économiquement mauvaise. Beaucoup affirment qu’il est mieux d’avoir plus d’immigrés que pas assez. Ces conclusions hâtives sont exagérées et sans fondement. La politique d’immigration a besoin d’être réformée, et si l’on étudie bien la proposition de loi, ça ne peut qu’être bénéfique pour l’économie du pays à long terme, et ça élimine des éléments qui sont difficiles à défendre.

    Le système actuel laisse accueille légalement un million d’immigrés chaque année, dont les deux tiers appartiennent à la famille de résidents déjà installés, et seulement 15% sont des employés qualifiés et/ou diplômés
    La nouvelle loi réduira le nombre annuel d’immigrés et définit quelle immigration le pays privilégie, celle qui accueille des individus susceptible d’apporter une valeur ajoutée au pays plutôt que le regroupement familial. 

    * « Why Trump’s New Immigration Bill Make Sense » – Politico

 


3. Trop drogués pour travailler

 

  • L’épidémie d’héroïne et d’opioïdes qui a causé la mort de plus de cinquante mille personnes en 2016, ravage zones pauvres et rurales du pays affaiblissent également l’économie puisque dans certaines régions, notamment industrielles, où les usines et entreprises ne trouvent pas d’employés qualifiés parce qu’ils sont malades ou toxicomanes.

    L’enquête [du New York Times] souligne le cercle vicieux de la crise dans la Rust Belt américaine: la perte des emplois et la stagnation des salaires a entraîné une importante dépression, une aliénation et la consommation de drogues. L’abus des drogues entraîne à son tour chômage, désespoir et aliénation. – Axios

     

  • La Gray Lady est parti enquêter à Youngstown dans l’Ohio:

    Le problème n’est pas les travailleurs locaux sont sous qualifiés pour ce genre de métiers [offertes par les entreprises et usines de la région]: la plupart ne nécessite même pas le baccalauréat, sont rémunérés entre 15 et 25 dollars de l’heure et offrent tous les avantages sociaux. Le problème, c’est que trop de candidats, près de la moitié dans certains cas – échouent au test de dépistage de drogue [obligatoire dans de nombreuses compagnies américaines].Ce ne sont pas seulement les travailleurs et leur famille proche qui sont touchés.
    Chaque trimestre, Columbiana Boiler, une entreprise locale, refuse 200 000 dollars de commandes pour ses récipients en fer et bouilloires à cause de la pénurie de main d’oeuvre, qui sont récupérées par des entreprises étrangères.

 

  • Le président a diplomatiquement affirmé hier qu’il avait remporté l’Etat du New Hampshire aux élections présidentielles parce que c’est un « repère de drogués » provoquant bien entendu la colère de ses habitants et de son gouverneur. 

    * « Economy Need Workers, but Drugs Test Take a Toll » – The New York Times

 

 


4. Affirmative Action à l’envers

 

  • C’est la dernière attaque de l’administration Trump contre l’Affirmative Action, cette loi de « discrimination positive » instaurée dans les années 60 qui encourage les universités à intégrer davantage d’étudiants issus de minorités ethniques ou de milieux défavorisés. 

    Le gouvernement veut utiliser les ressources de la « Civil Rights Division » [une institution dépendante] du Département de Justice [censée lutter contre la discrimination raciale, sexuelle, religieuse et nationale] pour punir les universités dont les politiques d’admissions sont défavorables aux « blancs » selon le New York Times (…)
    Le document n’identifie pas explicitement qui le Département de Justice pense être victime de discrimination à cause de la politique d’admission liée à la discrimination positive.
    Mais l’utilisation du terme « discrimination basée sur la race » s’oppose à l’objectif même de ce programme censé accueillir davantage d’étudiants issus des minorités [surtout afro-américaines, latino et amérindiennes] dans les campus américains.

    * « Justice Dept. to Take On Affirmative Action in College Admissions » – The New York Times

 

  • Les opposants à la discrimination positive ont trouvé un nouvel allié dans l’administration mais aussi chez les Américains d’origine asiatique: Une organisation conservatrice basée en Virginie a porté plainte contre la prestigieuse université de Harvard accusée de ne pas accepter assez d’Asio-Américains par rapport aux autres minorités.

    La plainte veut s’attaquer à un système que Harvard défend avec fierté. L’université a été pionnière dans son soutien à l’Affirmative Action (…) et a très tôt accepté gratuitement des étudiants aux origines modestes.
    Harvard s’est défendue de fixer des quotas de « noirs, de musiciens, de joueurs de football, de physiciens ou de Californiens » (…) mais affirme qu’abandonner les admissions basées sur la race, pourrait diminuer l’excellence de l’enseignement.
    La promotion de 2021 – celle acceptée cette année est à 14,6% afro-américaine, 22,2% Asio-Américaine, 11,6% Hispanique et 2,5% Améridienne (…)
    Des experts suggèrent que si Harvard abandonnait la race comme critère d’admission, l’admission des Asio-Américains augmenterait et le pourcentage de blancs, noirs et hispaniques diminuerait.

    * « Affirmative Action Battle Has a New Focus: Asian Americans » – The New York Times

 


 

5. « Pack and Ship »

 

  • Amazon, le géant de la distribution en ligne a organisé mercredi un immense foire aux emplois dans une dizaine de ses entrepôts, reçu près de vingt mille candidatures, a employé des milliers d’individus sur place et devrait continuer à recruter ces prochaines semaines. 

    Si les salaires offerts ne sont pas très élevés, la plupart des candidats sont intéressés par l’obtention d’une assurance maladie et autres avantages sociaux et des possibilités d’évolution.
    Amazon recrute généralement en août en prévision de la période des fêtes, mais l’importance de cette série d’embauches souligne l’excellente forme de la compagnie contrairement aux chaînes de distribution traditionnelles qui continuent de fermer leurs magasins – et accusent Amazon d’être responsable de cette transition vers le commerce en ligne.

    (…)
    La plupart des emplois sont a plein temps et consistent à emballer, trier et envoyer [la marchandise] et font partie de l’objectif d’Amazon de recruter 100 000 employés en plus d’ici le milieu de l’année prochaine. La mauvaise nouvelle c’est que davantage d’employés vont perdre leur emploi dans les magasins qu’être engagés dans des entrepôts [d’Amazon], explique Anthony Carnevale, directeur du centre d’Enseignement et de main d’oeuvre de Georgetown University.

    * « Thousand show up for jobs at Amazon warehouses in US cities » – AP

 


6. Le reste de l’actualité

 

  • Michelle Carter, l’adolescente reconnue coupable d’homicide involontaire après avoir poussé son petit-ami de 18 ans au suicide en 2014 – elle en 17 ans – a été condamnée à quinze mois de prison ferme dans un centre de détention pour mineurs. Une condamnation « juste » censée réhabiliter plus que condamner la jeune femme qui souffre de dépression. Elle a fait appel de la décision.  – The Washington Post

 

  • La Vallée de la Mort vient de passer le mois le plus chaud jamais enregistré aux Etats-Unis avec des températures moyennes de 107.4 degrés Fahrenheit, soit 42 degrés Celsius.
    Les températures ne sont pas descendues en dessous de 32 degrés Celsius durant le mois de juillet et la plus chaude a été de 52 degrés Celsius – The Washington Post

 

  • Selon un sondage de Quinnipiac University, 80% des Américains critiquent la gestion de la réforme de l’assurance santé par les Républicains, et ils sont 60% chez les électeurs républicains. 64% des électeurs toutes tendances confondues désapprouvent le projet républicains de remplacer Obamacare et 25% seulement y sont favorables. – Politico

 

  • Adidas cartonne aux USA: Depuis le début de l’année, l’équipementier allemand a vendu plus que Nike et Under Armour, ses deux principaux concurrents, en ligne et en magasins. Des ventes qui ont augmenté de 30% par rapport à l’année dernière aux Etats-Unis – The Street

 

 


7. La couverture du Jour

 

  • Celle de Sports Illustrated avec Neymar en couverture, LA star brésilienne du football, considérée comme l’un des meilleurs joueurs du monde après Messi et Ronaldo, qui tentera de remporter la coupe du monde pour son pays l’année prochaine en Russie, et qui vient de signer cinq ans au Paris Saint Germain.

Le Kiosque du 02.08.17

 

 

1. « Les survivantes »

 

    • « A la Maison Blanche, ce sont les femmes qui survivent » notait Politico hier matin: « Un président très critiqué pour ses propos contre les femmes s’est entouré de plus solides » que les conseillers et autres porte-paroles qui ont démissionné (Michael Flynn, Sean Spicer, Michael Dubke), se sont fait virés (Reince Priebus, Anthony Scaramucci) ou ont publiquement été humiliés (Steve Bannon, Jeff Sessions) par Trump ces six derniers mois.

 

  • Kellyanne Conway, n’est pas la seule à avoir évité les pièges. Les survivants de cette Maison Blanche « extra-ordinaire » sont presque toutes des femmes qui servent dans son administration: « L’intouchable » Hope Hicks (conseillère en communication), Dina Powell (conseillère adjointe à la Sécurité Nationale), Nikky Haley (Ambassadrice à l’ONU), Sarah Huckabee Sanders (nouvelle porte parole de la Maison Blanche), Omarosa Manigault, qui s’est attirée les faveurs de Trump en jouant la méchante dans The Apprentice, et enfin la plus importante, Ivanka, sa fille.

    Ca semble ironique pour une administration dirigée par un misogyne prêt à dégainer tout ce qui bouge, de la présentatrice du « Morning Joe », Mika Brzezinski, à son ancienne rivale, Hillary Clinton – et qui a été accusé par plus d’une dizaine de femmes d’attouchements inappropriés. Mais la gente féminine de la Maison Blanche a été jusqu’ici la plus épargnée (…) On ne sait pas trop comment dans un environnement aussi hostile aux politiques pro-femmes, favorable à la suspension des financements de Planned Parenthood ou l’abrogation des régulations concernant l’égalité des salaires.

    * « In Trump’s White House, the Women are the Survivors »Politico

 

 


2. Présumée coupable

 

 

  • En 2009, Noura, a été condamnée à vingt ans de prison pour le meurtre de sa mère qu’elle a toujours nié, malgré l’absence de son ADN sur les lieux du crime et grâce au zèle d’une procureure sans scrupules, Weirich, prête à tout pour gagner, qui a dissimulé des preuves susceptibles de l’innocenter.

    Noura a appris que la Cour Suprême du Tennessee avait cassé le verdict un soir d’août 2014, depuis sa cellule.
    Elle y était enfermée depuis neuf ans et avait abandonné l’idée d’un éventuel appel. Depuis l’instauration de la loi Brady [en 1963 qui oblige le procureur à présenter toutes les preuves d’une enquête même si elles sont favorables à la défense], la Cour Suprême du Tennessee n’a cassé qu’un seul verdict à cause de la faute d’un procureur qui a oublié de présenter toutes les preuves [lors d’un de ses procès].
    Et là, devant la télévision sans son, Noura pouvait voir son nom défiler à l’écran.

 

  • Une « épidémie » d’erreurs?
    Selon un rapport du « National Registry of Exonerations » publié en mars dernier, 70 des 166 révisions de procès impliquent la responsabilité du gouvernement, et sont le plus souvent liées à la dissimulation de preuves – on compte 2 000 révisions de procès depuis 1989.

    Pour de nombreux procureurs, mentir est inacceptable, et des procureurs oublient parfois sans le vouloir de présenter des preuves, ou ne les ont tout simplement pas reçues de la police. Mais l’un des aspects les plus troublants de ce système, c’est qu’on ne pourra jamais savoir le nombre d’affaires où des preuves ont été dissimulées. « Le problème de [la loi Brady] c’est que tu dois prouver qu’ils cachent quelque chose pour déposer une plainte, et combien en a-t-on laissé passer?

     

    * « She was Convicted of Killing her Mother. Prosecutors Withheld the Evidence that could have freed her »The New York Times magazine

 


3. Le fabuleux destin des frères Collison

 

  • Comment deux frères originaires d’Irlande ont révolutionné le payement en ligne

    Chaque année, les Américains dépensent 1,2 milliards de dollars d’achats en ligne, un chiffre qui a doublé ces cinq dernières années, et qui devrait doubler les cinq prochaines si internet continue à dévorer le commerce traditionnel. C’est donc surprenant que l’infrastructure financière de la toile soit aussi vieille et lente.

    Pendant des années, l’explosion du e-commerce a devancé la technologie sur laquelle il s’appuyait  (…) En 2010, Patrick et John Collison, des frères de la campagne irlandaise, modernisent ce système. Leur compagnie, Stripe Inc., met en place un logiciel qui connecte directement les entreprises via leur site internet et applications à des institutions bancaires, et leur permet de recevoir des payements, sans intermédiaires. Leur produit cartonne auprès des start-ups de la Silicon Valley.

    Des entreprises comme Lyft, Facebook, DoorDash, et des milliers qui leur ressemblent utilisent Stripe pour la plupart de leurs opérations financières. La compagnie gère aujourd’hui des dizaines de milliards de transactions sur internet chaque année. La moitié des Américains qui ont acheté en ligne, sont passés sans la savoir par Stripe

    Leur dernier client? Le géant Amazon, et bientôt les géants de la grande distribution américaine.


    .* « How the Two Brothers Turned Seven Lines of Code into a $9,2 billion startup » – Bloomberg Businessweek

 

 


4. « The i-word »

 

    • Le Département de Justice américain utilise à nouveau dans ses déclarations officielles le terme d’immigrés clandestins, « illegal alien » en anglais, pour qualifier ceux rentrés illégalement sur le territoire – une expression qui avait disparu du langage officiel depuis 2009 remplacé par un terme plus politiquement correct de « étranger en situation irrégulière » ou « sans papiers » (« undocumented » en anglais) – Devant l’aggravation de la situation en 2014, ils ont commencé à différencier « demandeurs d’asile », « migrants » ou encore « mineurs non accompagnés ».

 

  • C’est Jeff Sessions, l’Attorney General, partisan d’un durcissement de la politique d’immigration qui a montré l’exemple en adoptant ce nouveau langage, notamment pour évoquer la répression (« crackdown’) contre les « cités sanctuaires »:

    « [Jeff Sessions] veut donner l’impression que tous les étrangers présents aux Etats-Unis sans autorisation sont des criminels (…) Les étrangers ont des droits, et même lorsqu’ils sont arrêtés, ont droit à un procès. Les lois sur l’immigration ne font qu’accélérer les procédures d’expulsion » explique le professeur Michael LeRoy »

     

  • Par ailleurs, les « Immigration and Nationality Acts » (INA) précisent que toute présence illégale sur le territoire américain est une violation du code civil mais certainement pas un crime, comme le sous-entend le terme d’immigré clandestin.
    De nombreuses associations de défense des libertés condamnent l’utilisation du « i-word », en référence au « n-word » et ont même réalisé des campagnes de sensibilisation sur le sujet

    * « Loaded ‘illegal alien’ phrase introduced in sanctuary cities crackdown » – Chicago Tribune

 


5. Kalanick prépare déjà son retour

  • « Ennemi public numéro un » de la Silicon Valley, Travis Kalanick, fondateur de Uber, viré de son poste de président le mois dernier par ses propres actionnaires serait déjà en train de fomenter son retour, par la force si nécessaire, dans sa compagnie.

    Puis il y a le coup de force dans où le conseil d’administration réussit à se débarrasser du PDG et en installe un nouveau. C’est arrivé dans les années 80 à Steve Jobs avec Apple, en 2008 à Jack Dorsey avec Twitter, et le mois dernier à Travis Kalanick avec Uber. Et bien entendu, le twist dans ce genre de situation, c’est que le PDG est souvent le fondateur de la compagnie, dont la réussite lui est vitale. C’est le genre de personnalités qui ne se déclarent jamais vaincues.
    Au contraire, elles vont faire tout ce qui est en leur pouvoir, et contre toute attente, pour préparer leur retour triomphant dans l’entreprise.
    Souvent ça marche [à l’instar de Jack Dorsey]

     

  • Selon ses proches, Kalanick préparerait un retour dans Uber « à la Steve Jobs », c’est-à-dire « épique ». Sauf que …

    Dorsey est retourné à Twitter après des années passées à réhabiliter son image dans la presse et à réussir [une nouvelle aventure] avec Square, sa compagnie de payement via mobile.
    Kalanick, de l’autre côté, n’a pas eu le temps de décompresser. Et surtout, il n’est pas aimé. Il est même détesté par certains médias, le gouvernement, les syndicats de taxi, et ces derniers mois, par certains employés les plus proches de Uber.
    « Pour Dorsey, c’était différent » affirme un proche de Kalanick, « ce n’était pas un lunatique qui insultait publiquement les gens. Il n’était pas l’ennemi public numéro un. »

    * « Inside Travis Kalanick’s fight to retake Uber »Vanity Fair

 


6. Le reste de l’actualité

 

  • True Crime
    Ils se sont faits passés pour les victimes d’une photographe sans scrupules qui refusait de leur donner les photos de leur mariage à cause d’un supplément impayé de 150 dollars. L’affaire a fait grand bruit à l’époque: Le couple est passé à la télé et la photographe a perdu son business. Sauf que de cela était vrai, et le jeune couple a tout inventé et se retrouve aujourd’hui condamné à 1 million de dollars de dommages et intérêts par un tribunal de Dallas. – The Washington Post

 


7. La couverture du Jour

 

  • Variety consacre sa une au dernier opus de la réalisatrice Kathryn Bigelow (Zero Dark Thirty), « Detroit » sur les émeutes de la ville au cours de l’été 1967 qui ont fait 43 morts, un millier de blessés, 7 000 arrestations

SB4: la loi qui divise le Texas

 

Le Texas, historiquement républicain mais réputé pour sa tolérance envers les populations immigrées et celles en situation irrégulière, est devenu le premier Etat américain à adopter une ligne aussi dure en matière d’immigration, inspirée par la nouvelle administration, qui divise violemment la population et les politiques.

 

  • Lundi après midi, le Capitole de Dallas a été envahi par des centaines de milliers de manifestants venus s’opposer à la loi « SB4 » votée quelques semaines plus tôt par le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, contre les villes sanctuaires de l’Etat

 

  • La loi « Senate Bill No.4 » (SB4) sanctionne les polices locales des villes et des campus universitaires dits « sanctuaires » qui demandent à leurs officiers de ne pas:
    • Demander le statut légal d’une personne arrêtée ou en détention
    • Signaler à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), les agents d’immigration fédéraux, le statut illégal d’un immigré qui arrêté ou en détention
    • Aider les agents d’immigration fédéraux (ICE) en leur livrant un individu arrêté en situation irrégulière, ou en arrêtant des individus qui sont sous le coup du « Immigration Detainer Request » – un mandat d’arrêt.
  • Les sanctions contre les shérifs et policiers locaux qui refusent de coopérer avec l’ICE peuvent être financières (1 000 dollars pour une première offense et 25 000 dollars pour des violations supplémentaires), professionnelles (perte de son emploi) et pénales (prison).
  • La loi devrait être appliquée à partir du 1er septembre.
    Une plainte a déjà été déposée par le ministre de la Justice du Texas pour confirmer cette loi. Les associations de défense des libertés ont elles demandé son annulation auprès des tribunaux.
Flyer de Texas AFL-CIO diffusé avant le vote de la loi SB4 en février 2017
  • Les latino-Américains représentent 39% de la population du Texas: c’est la communauté la plus importante après la Californie.
  • Les autorités estiment à 1,5 millions, le nombre d’immigrés en situation irrégulière, dont 80% sont nés au Mexique et 42% d’entre eux sont propriétaires de leurs maisons, c’est-à-dire bien intégrés dans leur communauté.
  • « Le grand boom économique des années 90 et 2000 de l’Etat (« Texas Miracle ») aurait été inconcevable sans l’apport de travailleurs mexicains entrés illégalement sur le territoire. »
  • Le Texas, contrairement à la Californie ou l’Arizona, a toujours été tolérant envers cette communauté: En 2001, avec le Texas Dream Act, le Texas est devenu le premier Etat à offrir des bourses universitaires quel que soit le statut légal des étudiants.
    « La loi était perçue comme un investissement pour l’avenir de l’Etat et avait reçu le soutien des Républicains ».
  • L’afflux d’immigrés mexicains a considérablement baissé, l’économie du Texas a ralenti et les préoccupations sécuritaires dominent aujourd’hui le discours politique.

 

  • Les villes sanctuaires du Texas sont principalement Austin et Dallas et Houston

 

  • Lundi, les centaines de manifestants habillés en rouge ont interrompu pacifiquement la dernière session parlementaire de la saison avec des chants et des bannières contre ces lois « anti-immigration »
  • Un parlementaire républicain a appelé les agents fédéraux d’immigration (ICE) pour qu’ils évacuent les manifestants et « déportent » ceux en situation irrégulière
  • Une provocation qui a failli se terminer en bagarre générale entre parlementaires démocrates et républicains qui se sont bousculés, insultés et menacés.

 

Le kiosque du 21.04.17: Prince 1 an plus tard – Une fille nommée Allah – Erdogan x Giuliani

 

 

 

  • Wikileaks à nouveau menacé

    Les procureurs du gouvernement débattent sur l’éventualité de déposer plainte contre des membres de Wikileaks concernant les fuites de câbles diplomatiques et documents militaires diffusées en 2010, et enquêtent également pour déterminer si le groupe a commis a un crime en révélant les outils de piratage de la CIA.
    Sous le président Obama, le Département de Justice avait décidé de ne pas poursuivre Wikileaks pour avoir révélé les documents ultra-secrets – une décision qui aurait pu mener le gouvernement à poursuivre en justice des organes de presse pour la publication d’informations confidentielles (…) On ne sait pas si les procureurs s’intéressent également au rôle joué par Wikileaks l’année dernière dans la publication des emails du Comité National Démocrate et du président de la campagne d’Hillary Clinton, John D. Podesta, qui ont été, selon les autorités américaines, ordonnés par le gouvernement russe.

     
    A retenir: La « bromance » entre Julian Assange et Donald Trump, qui a marqué les derniers mois de la campagne présidentielle est terminée. Contrairement à son prédécesseur, Barack Obama, qui avait été plutôt clément envers Wikileaks – pas Julian Assange – la nouvelle administration pourrait poursuivre l’organisation, et ouvrir le voie à la pénalisation d’autres organes de presse qui ont beaucoup travaillé ces dernières semaines grâce aux fuites de la Maison Blanche et des Agences de Renseignement.
     
    * « US again weighing Wikileaks charges » – The Washington Post

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  • Des parents autorisés à appeler leur enfant Allah

    Zalykha Graceful Lorraina Allah a finalement un nom.

    Après une bataille juridique de 23 mois, l’Etat de Géorgie à finalement publié un acte de naissance à ce nom, après avoir initialement rejeté la requête de la famille parce que le nom de famille ne correspondait ni à celui du père, ni à celui de la mère.
    Elizabeth Handy et Bilal Walk ont porté plainte contre l’Etat pour obtenir le droit d’appeler leur fille – née le 25 mai 2015 – comme ils l’entendent.
    L’Etat a finalement accepté.
    « C’était une revendication importante pour les droits des parents et une victoire amplement méritée pour Elizabeth et Bilal » explique la directrice de l’association ACLU de Georgie, Andrea Young.
    Young and Handy, qui vivent à Atlanta et ne sont pas musulmans, expliquent avoir choisi le prénom de ZalyKha pour sa noblesse – Les Musulmans seraient en effet offensés d’un tel choix.
    Un imam d’Atlanta, Plemon El-Amin a affirmé jeudi qu’aucun musulman n’appellerai sa fille « Allah », et a conseillé aux parents de ne pas le faire. Parce que les Musulmans pensent qu’il n’existe aucun autre dieu que Allah, tout prénom qui contient « Allah » doit être accompagné d’un préfixe de « serviteur ou création d’Allah » pour éviter la confusion et l’idée que quelqu’un prétende être dieu.

     
    * « Georgia relents, allows couple to name their young daughter ‘Allah’ «  – Atlanta Journal Constitution

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  • Giuliani a rencontré Erdogan

    Fin février, alors que les Etats-Unis et le reste du monde s’adaptaient au président Trump et que la Turquie travaillait à renforcer les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, ce dernier a accepté de rencontrer des visiteurs américains. Parmi les invités, Rudolph Giuliani, l’ancien maire de New York qui a représenté Mr Trump pendant sa campagne, et un autre avocat, Michael Mukasey, qui était ministre de la justice sous le président George W. Bush.Le but de la visite de Mr Giulinani et Mr Mukasey était extraordinaire: Ils espéraient obtenir un accord diplomatique à travers lequel la Turquie défendrait les intérêts américains dans la région. En échange, les Etats-Unis s’engageaient à relâcher deux clients, Reza Zarrab, un businessman turc emprisonné pour corruption à Manhattan, et un proche d’Erdogan. (…) Certains analystes ont suggéré que si Mr Zarrab était libéré et retournait en Turquie, Mr Erdogan serait plus enclin à se ranger derrière les intérêts américains dans la Moyen Orient. (…)Le problème Zarrab n’est pas une affaire d’Etat » explique Hasan Yalcin, directeur de recherches stratégique pour un think tank proche du gouvernement turc, « ce n’est pas un problème sur lequel l’Etat truc se concentre, et la relation entre l’Etat turc et Zarrab n’est que spéculation

     
    * « Why Giuliani was granted a Meeting with Turkey’s President » – The New York Times

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  • Prince, un an après


    Prince est mort il y a un an, et le quotidien de sa ville natale, le Star Tribune de Minneapolis, dans le Minnesota, lui a rendu hommage en une: « Il était l’un des nôtres et il le reste. C’est certain« 

    Ces 365 derniers jours, de superbes peintures murales, des marathons radio de 24 heures et un florilège d’hommages locaux ont essayé de remplir le vide. Mais la mort de Prince le 21 avril dernier a eu un impact émotionnel sur les Twin Cities [Minneapolis et Saint Paul] bien plus important que la victoire des Twin Cities aux World Series [Championnat américain de baseball] de 1991. Si c’était la jubilation, [la mort de Prince] est l’opposé. »C’est comme si une bombe avait explosé » raconte l’ancien batteur Michael Bland. « C’est difficile de quantifier la perte ici dans sa ville natale ».

     
    * « Never Letting Go » – Star Tribune

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  • Construction et Immigration à Los Angeles.

    Eddie Ybarra et Francisco Martinez ont tous les deux la quarantaine, travaillent côte à côte à la construction des murs des deux nouveaux condos dans le quartier de downtown à Los Angeles. Ils conduisent leur pickups pour aller travailler, le garent dans un parking adjacent et tous les deux prennent leur pause déjeuner autour de 10 heures du matin.

    C’est tout ce qu’ils ont en commun.

    Ybarra, né à L.A., mène le style de vie de la classe moyenne depuis plus de vingt ans, appartient à un syndicat de charpentiers, gagne 40 dollars de l’heure en plus d’une retraite, d’une assurance maladie et des congés payés.
    Martinez, né à Guadalajara au Mexique, travaille pour un contracteur qui n’est pas syndiqué, installe des panneaux de métal et autres pièces détachées pour 27,5 dollars de l’heure. Il n’a aucune retraite, sa couverture santé n’assura pas sa famille et dispose de cinq jours de congés payés par an.
    L’histoire de ces deux hommes montre le changement radical qui a placé la construction au centre du débat national sur le déclin des emplois ouvriers et la vision du président sur l’immigration.

     
    A retenir: A Los Angeles, les métiers du bâtiment, autrefois occupés aux deux tiers par des ouvriers blancs et syndiqués est devenu en quelques décennies un secteur dominé dont la plupart des ouvriers sont latino, non syndiqués et qui repose beaucoup sur l’immigration.
     
    * « Why L.A. construction work pays less today » – Los Angeles Times

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La unes des quotidiens

13.04.17: A la une des quotidiens

  On vous a sélectionné les gros titres, les histoires et perles des quotidiens nationaux et régionaux.

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  • Des manuels de Police anti-immigration

    Certaines villes de Californie, auto-proclamées « villes sanctuaires » qui protègent les droits des immigrés sans papiers, s’inquiètent des consignes de certains manuels de police utilisés par leurs agents pour aider à arrêter ceux suspectés d’être entrés illégalement sur le territoire. Parmi les signes révélateurs, un mauvais anglais, « qui n’est pas un facteur déterminant mais qui peut être révélateur ».
    Les défenseurs des droits civiques accusent ces manuels de pousser les forces de l’ordre à appliquer les lois sur l’immigration qui vont contre les politiques des polices locales qui cherchent au contraire à renforcer la confiance des communautés immigrées effrayées par les menaces du président Trump.


     
    * « Police Manuals under scrutiny on immigration » – The Los Angeles Times

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  • Une force de déportation bientôt sur pied

    L’administration Trump en est train de définir et mettre en place les moyens nécessaires à la mise-en-place d’une force en charge des expulsions sur l’ensemble du territoire que le président Donald Trump a promis durant la campagne pour lutter contre les dangers de l’immigration.
    Selon le Washington Post, le Department of Homeland Security aurait déjà réquisitionné 33 000 lits pour accueillir les immigrés sans papiers, serait en discussion avec les forces de police locales dont l’autorité dans le domaine pourrait être renforcée et également appelée a délimiter les zones où la construction du mur est nécessaire. 
    L’agence cherche également des moyens d’accélérer le recrutement de milliers de nouveaux agents des douanes et des frontières (« Border Patrol »).
     
    * « Officials move to build up national deportation force » – Houston Chronicle & Chicago Tribune

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  • Colères dans les TownHalls

    Durant les deux semaines de « pause » du Congrès américain, Représentants et sénateurs sont amenés à rentrer dans leur circonscription et doivent affronter depuis l’élection de Donald Trump souvent la colère de nombreux électeurs à l’instar de Greg Walden, représentant de l’Oregon qui a du face à un « TownHall meeting », nom donné à ces réunions entre les élus et citoyens, de cinq cent personnes dans la petite ville de The Dalles, 13 000 habitants, cette semaine.
    Les sujets de discorde et d’inquiétude? L’immigration, l’assurance santé et le changement climatique.
    « Deux heures plus tard, près du double s’était rassemblé dans la ville de Hood River, 7 000 habitants. »

    La mobilisation des électeurs, qu’ils soient Républicains ou Démocrates ne faiblit pas, et est de plus en redoutées par les élus, surtout lorsque des vidéos de ces meetings font surface sur les médias sociaux.
     
    « Angry Crowds Blasts Walden »The Oregonian

 

 

 

02.04.17: A la une des quotidiens US

 

  • Les campagnes rurales malades

    Reportage assez déprimant sur les zones rurales américaines, touchées par le chômage, dans lesquelles de plus en plus d’Américains survivent grâce aux pensions d’invalidité, à l’instar de ce comté d’Alabama, Lamar, où 18,7% des gens en âge de travailler sont handicapés.
    Entre 1996 et 2015, le nombre d’adultes en arrêt maladie est passé de 7,7 à 13 millions et le gouvernement va dépenser cette année 192 milliards de dollars en subventions, soit plus que les « food stamps », la sécurité sociale, aides au logement et au chômage réunis.
    * « Disabled or just desperate » The Washington Post

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  • La Bathroom Bill est prête pour l’Alabama

    L’annulation de la « Bathroom Bill » en Caroline du Nord n’aura aucune incidence sur le projet de loi similaire, appelée SB1 ou « Alabama Privacy Act » qui doit passer devant le parlement du « Cotton State » au mois d’avril et concerne l’accès aux toilettes publiques des entreprises et lieux publics.
    La loi stipule que les toilettes ou vestiaires utilisés par plusieurs personnes à la fois doivent être exclusivement pour les personnes de même « genre » et ouverts à tous, indépendamment de leur genre à la condition qu’un gardien soit présent pour « protéger la sécurité physique et émotionnelle de ceux qui les utilisent. »

    Toute institution publique qui laisseraient des toilettes sans sécurité seraient pénalisés d’une amende de 2 000 à 3 500 dollars
    Associated Press avait estimé le manque à gagner de la « Bathroom Bill » dans le Tar Heel State à 3,7 milliards de dollars sur les dix prochaines années et entrainé jeudi dernier un compromis qui a frustré les conservateurs qui soutenaient la loi et les associations LGBT qui voulaient son abrogation pure et simple.
    D’autres Etats, comme l’Alabama ont proposé leur propre « Bathroom Bill »: Kansas, Missouri, South Caroline, Texas, Minnesota et le Wyoming.
    * « Restroom bill sponsor presses ahead »Birmingham News

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  • Le dilemne des Dreamers

    Les jeunes enfants d’immigrés sans papiers pourraient être confrontés à un choix difficile si leurs parents étaient déportés: les suivre ou rester aux Etats-Unis.
    Ils sont 45 000 dreamers dans l’Etat d’Illinois à être autorisés à travailler et étudier depuis le décret présidentiel (DACA) signé il y a cinq ans par Barack Obama réservés à ceux nés à l’étranger et entrés aux Etats-Unis lorsqu’ils étaient enfants.

    Ils sont encore 70 000 jeunes immigrés à attendre leur statut Dreamers d’ici au mois de septembre, le quatrième Etat le plus important derrière New York (45 000), le Texas (130 000) et la Californie (240 000) et pour chacun d’entre eux, il y a en moyenne deux immigrés sans papiers dans la même famille.
    On observe partout dans le pays un nombre croissant de foyers dont les membres ont des statuts différents aux yeux de la loi: des parents en situation illégale, des adolescents « dreamers » et leurs jeunes frères et soeurs qui sont citoyens américains nés aux Etats-Unis.
    Rappelons que tous les dreamers ont accepté de donner leurs informations personnelles, et celles de leurs parents, au gouvernement en échange de leur statut ceux qui rend leurs proches d’autant plus vulnérables si Trump venait à élargir les critères de ceux qu’ils déporter du pays.
    * « Divided Houses »Chicago Sun-Times

 

 

Le kiosque + Les unes – Dimanche 26 mars 2017

 

Aujourd’hui c’est dimanche, donc on a combiné les unes des quotidiens et notre revue de presse!
Bonne lecture

 

  • « 30 personnes qui contrôlent le gouvernement »

    C’est Donald Trump qui l’admet ce matin:
     

    Twitter / Donald Trump

     
    C’est le « Freedom Caucus », ces trente Représentants républicains de la droite dure, proche du Tea Party, qui sont responsables du retrait de l’American Health Care Act, après avoir annoncé qu’ils voteraient contre « Obamacare Lite » et malgré les concessions qui leur ont été accordées par le président à la dernière minute.

     
    Selon Mike Allen dans Axios, le président serait « très déçu du comportement du Freedom Caucus » et plus particulièrement de son chef, l’élu de Caroline du Nord, Mark Meadows, alors que certains Républicains s’alarment de constater, qu’au sein même de leur majorité, un « groupe de trente personnes arrive à contrôler le gouvernement ».
     

    La question aujourd’hui est de savoir s’il faut les attaquer directement, notamment dans leur district pour fragiliser leur position auprès de leurs électeurs ou en twittant comme Trump l’a fait ce matin:
    Mettre en avant la victoire des Démocrates après le sabotage organisé par le Freedom Caucus qui a permis Obamacare et Planned Parenthood de rester en place.

    Ou s’il faut essayer d’attirer quelques démocrates pour pouvoir s’assurer une majorité à l’Assemblée sur des « mesures importantes » comme le vote sur le budget ou celui sur les infrastructures – projet peut être plus réaliste que d’essayer de convaincre les « hard-liners » du Tea Party.

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  • Le monde selon Fox News

    Fox News est le réseau d’informations câblées le plus suivi depuis quinze ans, mais selon l’heure, les nouvelles qu’il présente à ses téléspectateurs, nombreux, fidèles et conservateurs peut être différentes de ce que les consommateurs d’autres médias apprennent (…) On a regardé Fox News de 6 heures du matin à minuit jeudi pour voir comment sa couverture différait de celle de ses rivaux, le jour où toutes les infos étaient dominées par le débat sur l’assurance santé au Congrès et l’attentat terroriste de Londres.

     
    Fox se singularise par les « histoires » et le « ton » qu’il choisit pour les raconter, par le soutien à peine caché au président Trump dans certaines émissions d’opinion, par les critiques à l’encontre des autres chaînes d’informations libérales.
    Le message de la journée: « Le monde peut être sombre et dangereux, surtout devant la menace terroriste de l’islamisme radical ».
    Il y a aussi les dangers de l’immigration révélées ce jour là par ce fais divers du Maryland, où une jeune fille de 14 ans affirme avoir été violée par deux autres lycéens, dont un immigré sans papiers.
     

    * « The Force that is Fox »The New York Times

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  • Ces autres victimes de l’immigration

    Lisa Larson Walker – Slate

     
    Reportage de Slate sur ces visas U, rares et donnés aux immigrés sans papiers victimes de crimes violents, notamment à ces femmes qui font face à des violences conjugales.
     
    « Le visa, voté en 2000, pour encourager les immigrés à dénoncer de dangereux criminels aux forces de l’ordre, est l’objet d’un relatif consensus au sein de la communauté très divisée des politiques d’immigration ».
     
    Selon le professeur de droit Leslye Orloff, la plupart des victimes continuent de travailler ou de vivre avec leur agresseur jusqu’à l’obtention de ce visa, et dans 25% des situations, l’agresseur tente de faire déporter la victime.

    Mais depuis que les forces de l’ordre ont été sommées par le président d’assumer également le rôle d’agents d’immigration, les immigrés en situation irrégulière réfléchissent à deux fois avant de contacter les autorités s’ils sont victimes ou témoins d’un crime, puisqu’ils sont aujourd’hui eux aussi des candidats à la déportation – qui contrairement a ce qu’a promis le président, touche les criminels, et ceux qui ont infractions mineures, et même ceux qui n’ont jamais eu à faire à la police. 
     
    * « I Wish I’d Never Called the Police » – Slate 

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  • Les shérifs, nouveaux agents la politique anti-immigration du président

    Pour appliquer au mieux une politique d’immigration agressive envers les immigrés en situation irrégulière, Donald Trump doit s’appuyer les forces de l’ordre des communautés locales, et notamment celles de police qui aujourd’hui peuvent avoir la double casquette d’agent de l’immigration.
     
    Si certaines villes « sanctuaires » refusent de se soumettre à ces directives – quitte à voir ses subventions fédérales gelées – d’autres ont décidé d’adhérer à cette démarche, notamment au Texas.
    18 shérifs ont imposé à leurs départements de conduire des recherches approfondies sur toutes les personnes arrêtés dans leurs juridiction et qui pourraient tomber sous le coup d’une déportation.
    Un travail important surtout pour un Etat qui partage des centaines de kilomètres de frontières avec le Mexique.

     
    * « 18 Texas Sheriffs step up to replace Harris County in Trump’s deportation push »Houston Chronicle

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  • Entre liberté d’expression et diffamation 

    Les actes de vandalisme à connotation raciste sont en augmentation un peu partout en Oregon, cet état au nord de la côte Ouest américain, ancien « paradis blanc » dont la Constitution a interdit jusqu’en 1926 la présence de résidents noirs, et qui a recensé le plus de membres du Ku Klux Klan par habitants au XXème siècle. »
     

    Ces voix se sont tues ces dernières années – jusqu’aux élections

    Au début du mois, un homme est entré dans un restaurant oriental de la capitale, Salem, en criant  » Rentrez dans votre pays, terroristes! » avant de tabasser un employé avec barre de fer.
     
    C’est l’expression la plus grave d’une série d’incidents, de discours de haines et de petits vandalisme qui ponctuent la vie du Beaver State (Etat du Castor) généralement réputé pour sa culture avant-gardiste et écolo incarné par la ville de Portland, berceau du mouvement hipster.

     
    La difficulté pour les autorités est de trouver la frontière entre liberté d’expression (le sacro-saint Premier Amendement) et l’infraction:

    Alors que les habitants se sentent dépourvus face à cette résurgence de haine dans leur voisinage, la police est coincée entre la pression de la communauté pour répondre à ces incidents et le devoir de séparer le discours de l’acte criminel 

     
    Non seulement l’article est très intéressant mais comme le sujet est polémique, Buzzfeed a rajouté à la fin de la lecture un encadré « Outside your Bubble. Other perspectives on this story » qui permet d’avoir le point de vue d’autres personnes, généralement contraire à la perspective donnée par le journaliste.
     

    Buzzfeed

     
    * « Once you create that place for hate, then it takes off » – Buzzfeed

 

Mercredi 22 février 2017: Des Républicains choqués; « Deportation Nation »; Obamacare résiste + #OscarsSoWhite

  1. Milo: le clap de fin

    Communiqué de Milo Yiannopoulos pour annoncer sa démission de Breitbart

    Il était sombre le Milo hier, pas vraiment d’humeur à insulter une femme voilée, un transgenre, à lancé à l’actrice afro-américaine Leslie Jones qu’elle est « illéttrée » … Le provocateur a surfé sur la vague « conservatrice », « libertarienne » et « politiquement incorrecte » lancée par Donald Trump depuis deux ans et justifié ses propos haineux sur le principe sacré de la liberté d’expression jusqu’à ce que ses propos sur la pédophilie choquent ses soutiens républicains et jusqu’à ses collègues de Breitbart – et il en faut pour les bousculer.
    Aux Etats-Unis, le Premier amendement, considéré comme une liberté fondamentale de la Constitution et de la société américaine, autorise et protège les citoyens et journalistes à dire ce qu’ils veulent sur à peu près tous les sujets par provocation ou non – contrairement à la France qui interdit la discrimination et les discours de haine. 

    Comme l’a résumé en une phrase Vox

    La polémique [autour de Yiannopoulos] prouve que le racisme, le sexisme, et autres formes d’intolérance sont acceptées dans les cercles conservateurs mais la pédophilie va trop loin.

    Dans sa dernière apparition télévisée avec Bill Maher ce weekend, il a affirmé vouloir « défendre le droit des gens à être, à dire et à faire ceux qu’ils veulent » et critiqué au passage les émeutes du mois dernier à l’université de UC Berkeley qui l’ont empêché de s’exprimer devant des étudiants conservateurs. Ce à quoi les libéraux répondent qu’il ne s’agit que d’une excuse pour déverser sa haine.
    Cela fait d’ailleurs penser à l’affaire Mehdi Meklat qui justifie ses attaques sur les femmes, les juifs, les homos en plaidant « le double de fiction » et qui accuse aujourd’hui la « fachosphère » d’en vouloir à sa vie.
    On vous conseille: « The Fall of Milo Yiannopoulos, explained » sur Vox

  2. « Deportation Nation »

    Le Department of Homeland Security a confirmé mardi que tous ceux qui traversaient illégalement la frontière mexicaine vers les Etats-Unis, seraient renvoyés manu-militari au Mexique, qu’ils soient Mexicains ou pas.
    Les demandeurs d’asile devront attendre la réponse des autorités au Mexique et pas aux Etats-Unis, comme c’est le cas aujourd’hui. Les populations concernées viennent d’Amérique Centrale (et ont souvent fui la violence des pays du Honduras, Guatémala, Salavador, Haiti) et d’Amérique du sud (Equateur et Brésiliens).

    Les deux mémos publiés mardi prévoient une répression agressive contre l’immigration illégale: les agents d’immigration auront le droit de déporter toute personne entrée illégalement aux Etats-Unis depuis moins de deux ans qu’elle soit arrêtée le long de la frontière mexicaine ou dans le reste du territoire américain et sans passer par un juge, comme c’est le cas aujourd’hui.
    Sont susceptibles d’être déportés: Toute personne (en situation irrégulière) condamnée ou accusée de délits graves et mineurs.
    Les forces de polices locales auront les mêmes droits que leurs collègues de l’immigration pour arrêter des criminels sans papiers des villes sanctuaires.
    D’autres parts, déporter les « DREAMers », ceux qui ont grandi aux Etats-Unis en situation irrégulière, ne sont pas, selon Sean Spicer, « la priorité » de la Maison Blanche.

    Au delà de ces changements drastiques par rapport à la politique d’Obama, ces mémos « n’ont aucune intention d’entraîner des arrestations et déportations de masse » a affirmé un employé du DHS rapporté par The Hill
    Aucun détail n’est donné sur les lieux où seront détenus les immigrés en attendant leur jugement our leur expulsion.

     

  3. Obamacare fait de la résistance

    L’une des promesses de campagnes de Donald Trump et l’obsession des Républicains depuis son vote en mars 2010, c’est le « repeal and replace » d’Obamacare: son abrogation et son remplacement.
    L’abrogation de l’Affordable Care Act, sans autre programme défini et voté par le Congrès pour le remplacer inquiète de nombreux Américains, y compris des électeurs de Trump, qui appartiennent aux classes moyennes et populaires, c’est-à-dire ceux qui bénéficient le plus de l’assurance santé mise en place par Obama.
    Politico comparait hier la résistance du Tea Party en 2009 dans l’Iowa contre Obamacare, et les actions menées cette année par les électeurs Démocrates et Républicains confondus pour préserver cette même loi.

    « Et comme une poignée de législateurs républicains à travers le pays, [Chuck Grassley, sénateur de l’Iowa] doit faire face à la colère des électeurs qui remplissent les conseils municipaux pour tenter de dissuader les Républicains d’abroger la loi du président Obama sur la santé.
    Les militants démocrates [moveon.org et Our Révolution] considèrent cette semaine comme cruciale pour faire entendre leurs revendications, d’autant que les Républicains restent profondément divisés au Congrès sur la façon de démanteler la loi sur la santé et sur celle qui devrait la remplacer.

    Les éléments les plus populaires d’Obamacare, ce sont la possibilité de contracter une assurance quels que soient ses antécédents médicaux et quel que soit son âge et la possibilité pour les enfants de moins de 26 ans d’être sous l’assurance de leurs parents.
    Certains représentants républicains ont annulé et remplacé des conseils municipaux  par des « conference call » depuis la vidéo diffusée la semaine dernière où le Représentant républicain de l’Utah, Jason Chaffez s’est fait hué par des centaines d’électeurs.
    D’autres affirment que les manifestations sont des mises en scène et les militants sont payés par l’opposition … comme le président hier soir.

    Twitter

     

  4. On vous conseille de lire: « Shake Up at the Oscar » – New Yorker

    Boone Isaacs, première Afro-Américaine présidente de l’Académie des Oscars depuis 2013 a décidé de prendre en main le problème de la diversité à Hollywood et de la représentation des minorités dans les nominations, dénoncé en 2015 par le fameux hashtag  #OscarsSoWhite: Elle a annoncé cette année là, la mise en place de l’initiative A2020 pour diversifier l’Académie en cinq ans. Le renouvellement nécessaire de ses membres ( ils sont six mille à 94% blancs et 70% masculins et âgés d’une soixante d’années) a été considéré par certains comme une purge en réponse aux accusations racistes dont a fait l’objet le comité ces dernières années.
    En juin dernier 683 membres ont été accueillis, un nombre record, dont 45% de non blancs provenant de 59 pays différents – les nouveaux entrants ont besoin de deux lettres de parrainage pour rentrer et qui ont été actifs dans l’industrie ces dix dernières années.

    Une nouvelle composition qui implique la mise en place de nouvelles stratégies des studios de cinéma pour séduire les membres de L’Académie. Passionnant.

  5. La Bourde du jour

    La couverture du Bryan-College Station Eagle: « Trump nomme McMaster pour remplacer Pence »: il s’agissait en fait de remplacer le général Flynn qui a démissionné il y a dix jours, et non le vice président Mike Pence
    La couverture a fait le tour d’internet.

    The Eagle – Edition du mardi 21 février 2017

    Kelly Brown, certainement très embarrassée a publié hier matin « une lettre d’excuses aux lecteurs du Eagle – et à Mike Pence ». Son erreur n’est pas comparable à la une du Chicago Tribune qui annonçait le 3 novembre 1948 la victoire de Thomas Dewey aux élections présidentielles gagnées en réalité par Truman ironise-t-elle, et l’erreur n’était ni un « mensonge délibéré », ni « une vérité alternative ». C’est le résultat d’une deadline sans assez relecture, et « c’est ma responsabilité », précisant au passage un manque d’effectif au sein de sa rédaction.

  6. Couverture du jour:

    Variety offre sa couverture à Jimmy Kimmel qui présentera dimanche sa première cérémonie des Oscars, « le job le plus ingrat du show business ».

    Variety

Revue de presse du mardi 20 septembre 2016

Ahmad Khan Rahami
Difficile de ne pas évoquer l’arrestation sanglante du suspect numéro un des attaques de Chelsea et du New Jersey, Ahmad Khan Rahami, en une de tous les quotidiens.
Alors que peu de détails sont connus sur les motivations et possibles complicités du jeune homme, les deux candidats s’opposaient hier sur la gestion de ce genre de crise, Hillary Clinton appelant au calme et Trump fustigeant une politique d’immigration trop laxiste: Ainsi, le New York Post, Breitbart News et Fox News reportaient à l’unisson que quelques 858 immigrés, en instance de déportation et provenant de pays dits « à risques » avaient acquis la nationalité par erreur, selon un rapport interne Department of Homeland Security.
Ahmad Khan Rahami a été naturalisé après son arrivée d’Afghanistan, en 1988.

Des soucis pour Trump
Donald Trump pourrait rencontrer des problèmes vis-à-vis de l’utilisation de l’argent d’oeuvres caritatives à des fins personnelles, quelques $258 000 rapportait aujourd’hui le Washington Post. On ne sait pas si ce sera La prochaine polémique de la campagne, en tout cas les médias s’y intéressent.

Le candidat républicain a décidé de soutenir l’un de ses plus fidèles alliés, Chris Christie, le gouverneur du New Jersey, et l’un des hommes politiques les plus détestés du pays, qui est impliqué dans le scandale du BridgeGate dont le procès s’est ouvert hier.
En 2013, l’une des voies du George Washington bridge qui relie Manhattan à l’état du New Jersey a été volontairement fermée pour créer des embouteillages monstres dans la ville de Fort Lee, tenu par un démocrate, qui refusait de soutenir la réélection de Christie. Un chantage au trafic automobile dans lequel le gouverneur du New Jersey a été mis en cause.

A voir cette vidéo amusante sur les « Trumpisms » du candidat républicain: Un schéma qu’il suit dans chacun de ses discours qui consiste « dire quelque chose, le répéter, et le dire encore une fois »

Tous à la rescousse d’Hillary
Du côté des démocrates et des médias « libéraux », l’inquiétude grandit devant la possible élection de Trump, et ce sont les journalistes et commentateurs qui ordonnent désormais aux électeurs de faire le bon choix: Paul Krugman hier dans le New York Times critiquait les 29% d’américains qui veulent voter pour Gary Johnson, le libertarien, sans vraiment savoir quel est son programme: « J’aimerai lancer un appel aux jeunes américains: Votre vote compte, donc prenez le sérieusement ».
« Est-ce que Bernie peut fixer les dommages commis sur Hillary Clinton » se demande le New York magazine, notamment vis-à-vis des Millenials, qui ont largement supporté le sénateur du Vermont, et qui sont très hostiles à Clinton.
Elle peut en tout compter sur le vote de George Bush senior, nous indique Politico.

Entre temps, l’équipe de la candidate nous a offert une nouvelle publicité contre Trump, cette fois-ci sur ses attaques à répétition contre les anciens soldats, et notamment l’ancien candidat républicain, John McCain.

JonBenet Ramsay
L’un des crimes non résolus qui hante toujours l’Amérique est celui du meurtre de JonBenet Ramsay, cette fillette de six ans, férue des concours de beauté, qui a été retrouvé morte le lendemain de noël 1996, dans le sous-sol de sa maison. Les parents ont longtemps été suspectés mais jamais inculpés et selon la chaîne CBS qui diffusait un documentaire the Case of: JonBenet Ramsay sur le fais divers hier, ce serait le frère aîné de JonBenet qui l’aurait tué pour une broutille entre frère et soeur. Les parents auraient tenté de maquillé le crime en tentative de kidnapping et rédigé la demande de rançon qui a été retrouvé dans la cuisine le matin du drame, et dont l’auteur n’a jamais été identifié.

Capture d'écran du documentaire de CBS sur JonBenet Ramsay
Capture d’écran du documentaire de CBS sur JonBenet Ramsay

Potins
Angeline Jolie et Brad Pitt divorcent. C’est le site TMZ qui le rapporte ce matin, et c’est Angelina qui aurait fait le premier pas, citant des différences irréconciliables et surtout demandant la garde seule des six enfants, laissant à son futur ex-époux des droits de visite.

Pour The Economist, l’Occident doit rester ouvert au monde

Illustration parue dans The Economist
Illustration parue dans The Economist

Pour l’hebdomadaire britannique, les conventions républicaines et démocrates ont signalé l’évolution des clivages politiques traditionnels droite-gauche vers une dichotomie « l’ouverture » contre « fermeture » sur le monde à l’instar de Donald Trump, partisan d’un repli sur soi qui privilégie « l’Américanisme » sur « la mondialisation » ou de Bernie Sanders, et certaines « tirades anti libre-échange ».

L’influence grandissante des dynamiques anti-mondialistes est aussi inquiétante en Europe avec la montée de l’extrême droite qui utilise les campagnes de terreur de l’Etat Islamique et les récentes vagues d’immigration incontrolées pour convaincre les électeurs et pousser les gouvernements à fermer les frontières.
Le Brexit en est une conséquence directe.

« Elever des murs, c’est rabaisser les niveaux de vie » et tendre vers un monde « plus pauvre et plus dangereux » continue le magazine; c’est rendre l’Europe et les Etats-Unis plus vulnérables, sans évoquer le sort des pays limitrophes, comme les Etats baltes, qui seraient directement par la Russie.

Les partisans d’un ordre mondial globalisé doivent rappeler à leurs électeurs pourquoi l’OTAN est important pour les Etats-Unis et pourquoi l’Union Européenne est nécessaire à l’Europe, comment le Libre-Echange et l’immigration enrichissent les sociétés, et pourquoi combattre le terrorisme nécessite une coopération entre les Etats. Ceux qui défendent la mondialisation se replient sous prétexte d’un « nationalisme responsable »

Il salue au passage les efforts de Justin Trudeau, le premier ministre Canadien et Emmanuel Macron, des politiques assez courageux pour continuer de défendre « l’ouverture » sur le monde.

S’opposer aux partisans du repli nécessite une rhétorique plus forte, des politiques plus efficaces et des stratégies plus intelligentes: Des réformes sont nécessaires pour réguler plus équitablement la mondialisation qui créé autant de pauvreté qu’elle engendre de richesse.

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