30.03.17: A la une des quotidiens américains

 

  • Indiana: Ces contribuables qui payent pour l’éducation religieuse

    L’Etat d’Indiana « s’est engagé à apporter à tous les enfants l’accès à un enseignement de qualité » et leur offre des bourses à traver l’Indiana’s Choice Scholarship Program – plus connu sous le nom de Voucher Program – selon des critères précis (niveau scolaire, revenus faibles ou modérés des parents) afin qu’ils intègrent l’école de leur choix, si tant est qu’elle appartient à ce programme.
     
    L’Indiana possède le plus important du pays avec presque trois cent établissements d’enseignement, pour la plupart religieux, qui sont sous contrat avec l’Etat.
    Les milliers de familles touchent des allocations (plusieurs milliers de dollars par an) pour envoyer leurs enfants dans des écoles privés – aux frais du contribuable.
     
    Ils étaient 32,686 (soit 3% des étudiants scolarisés) à bénéficier de cette bourse en 2016.

     

     
    Indianapolis Star rapporte qu’une de ces écoles, Colonial Christian, qui a reçu 340 000 dollars du Voucher program l’année dernière, a interdit à ses élèves, sous peine de renvoi, de « promouvoir le style de vie homosexuel ou les identités de genre alternatives« . D’autres établissements « obligent les familles à signer des déclarations de foi préalables à tout recrutement » de leurs enfants qui « doivent observer les mêmes croyances et valeurs que l’école. »
     
    C’est le programme soutenu par les Républicains qui permet aux établissements religieux de bénéficier du Voucher Program, et certains refusent d’accueillir des étudiants qui ne partageraient leurs convictions religieuses et imposent les leurs à ceux qui sont acceptés. Les familles éligibles connaissent les règles, et selon une étude de 2016, la religion serait la première raison pour laquelle elles utilisent cette bourse d’éducation.
     
    « Les écoles qui acceptent les vouchers ont dit à IndiStar que le programme les a aidés à diversifier leurs écoles sans pour autant assouplir leurs critères d’acceptation » – qui ne doivent, selon l’Etat, ne reposer ni sur la race, la couleur, l’origine ou quelconque invalidité. « Elles n’ont pas à reporter à l’Etat combien d’étudiants boursiers elles auraient pu refuser ou les raisons de leur refus ».
     
    Pour les critiques, « les écoles qui sont autorisées à choisir leurs étudiants contribuent à renforcer la discrimination ».
    Donc dans l’Indiana, l’argent du contribuable sert à financer l’éducation religieuse de certains étudiants aux dépens des établissements laïcs et publics

     
    * « How Taxpayers pay for religious education » – Indianapolis Star

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  • Prison ferme dans le BridgeGate

    C’est l’un des scandales politiques les plus médiatisés de ces dernières années qui a coûté son ticket présidentiel au gouverneur de New Jersey Chris Christie, et dont les deux conseillers et auteurs viennent d’être condamnés à des peines de prison fermes: 18 mois pour Bridget Anne Kelly et 24 mois pour Bill Baroni.
     
    Ils ont été reconnus coupables l’année dernière d’un « acte sordide de vengeance politique » contre le maire démocrate de la ville de Fort Lee, Mark Sokolich, qui avait refusé de soutenir la candidature de Chris Christie comme gouverneur du New Jersey en 2013.
     
    La Ville de Fort Lee est située sur la rive de l’Hudson River, reliée à Manhattan par le George Washington Bridge, est l’un des axes routiers les plus fréquentés de la région, et utilisé quotidiennement par tous les habitants du New Jersey qui travaillent à New York City, et vice-versa.
     
    Pendant quatre jours, en septembre 2013, deux des trois accès locaux depuis Fort Lee vers le GWB ont été fermées par le Port Authority, l’autorité en charge de la gestion du pont de part de d’autres de l’Hudson River, créant des embouteillages monstres dans la petit ville du New Jersey.

     
    Un enquête a révélé l’implication des deux conseillers de Christie sans pouvoir déterminer l’implication de ce dernier, qui selon des témoins, était au courant de la manoeuvre.
     
    Donald Trump s’est dit dégouté cet été de voir Chris Christie laisser l’une de ses conseillères être condamnée à sa place et l’aurait convaincu de ne pas le choisir comme vice-président.
    Cette affaire est le « parfait exemple d’un abus de pouvoir » a déclaré la juge hier après midi.
     
    Les deux condamnés ont fait appel

    * « GWB Scandal – Abuse of power« The Star Ledger
    * « 2 get Jail for Bridgegate »The Philadelphia Inquirer

 

Les unes – Samedi 11 mars 2017

 

A la une des quotidiens américains samedi 11 mars.

  • Un débat lycéen qui termine en procès

    Faut le lire pour le croire!
    Le débat dans les écoles et lycées américains est l’une des activités reines censées développer les capacités orales et discursives des élèves, utiliser les arguments à bon escient … Et l’exercice est pris très au sérieux, parfois un peu trop, surtout sur des sujets qui fâchent.


    Un débat sur la liberté d’expression « idéologique » entre groupes d’étudiants de Carmel High School dans l’Indiana autour l’avortement a dépassé les limites de l’exercice bonenfant.

    Cette fois-ci un groupe d’étudiants qui soutient le droit à l’avortement a déposé plainte à la cour fédérale de l’Etat contre Carmey Clay High School en affirmant que la direction de l’établissement avait violé le Premier Amendement [la sacro-sainte la liberté d’expression] en leur interdisant d’installer une bannière qui soutient le droit aux femmes à choisir.
    Les étudiants de « Voice United » sont scandalisés parce que l’administration a permis récemment à l’autre groupe d’étudiants, « Teens for Life » d’accrocher leur bannière dans la cafétéria.

    La direction avait d’abord refusé aux élèves de poster leur affiche « 3000 vies sont terminées chaque jour » en  se conformant aux règles de l’établissement, avant d’être menacée d’une action en justice par ces étudiants « pro Life », eux-mêmes soutenus par une association chrétienne.
    La bannière a finalement été autorisé pendant dix jours provoquant l’indignation du groupe adverse qui réclame désormais les mêmes droits.

    Les étudiants de Voices United sont représentés par ACLU (American Civil Liberties Union) de l’Indiana.
    La défense comprend le district scolaire, le lycée, et son principal.

    Carmel Teens for Life

    CONTRE

    Voice United

    * « An Ideological Battle Abortion erupts at Carmel High School » – Indianapolis Star

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  • Des centaines d’entreprises ont soumis leur candidature pour construire le mur

    Le Department of Homeland Security a officiellement placé une demande sur le site internet des Federal Business Opportunities au mois de février pour le « design et la construction de différents prototypes de structures murales à proximité de la frontière mexicaine ». 
    Même si le Mexique a affirmé de ne pas vouloir rembourser le mur et que la majorité des Américains n’en veulent pas, plus de six cent vendeurs se sont inscrits en ligne dont une centaine en Californie, des grands bureaux d’architecture à des petits contracteurs.
    Les délibérations devraient avoir lieu mi-avril.

     
    * « Vendors lining up to build wall on border » – The San Diego Union-Tribune 
    * « Lining up to build the wall Trump promised » – Los Angeles Times 

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  • La Maison Blanche était au courant que Michael Flynn était un agent étranger

    Michael Flynn, supporter de la première heure du candidat Trump, a violemment critiqué Hillary Clinton pendant la campagne présidentielle pour avoir compromis la sécurité et l’intégrité des Etats-Unis en recevant des donations des pays étrangers pour la Clinton Foundation lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat, et a même chanté « Lock Her Up » durant la convention nationale républicaine au mois de Juillet.
    Nommé conseiller à la sécurité nationale peu après l’investiture de Trump au mois de janvier, cet ancien lieutenant général a dû démissionner trois semaines plus tard après avoir menti au Vice Président sur ses meetings avec l’ambassadeur russe à Washington. 
    On a appris vendredi que Michael Flynn travaillait comme agent étranger pour un homme d’affaires turc alors qu’il faisait campagne et une fois en poste à la Maison Blanche – et que les avocats de la transition Trump étaient au courant de ces activités et n’ont rien dit: le plus proche conseiller du président en matière de relations internationales a touché 600 000 dollars pour avancer les intérêts d’un individu lié au pouvoir turc – sans aucun problème.
    Hallucinant.

    * « Flynn lobby links known » – The Denver Post

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  • Nouvelles victimes d’attaques racistes dans le pays

    La communauté indo-américaine est la dernière à souffrir des relents racistes provoqués par la nouvelle administration et son discours anti-étrangers et anti-immigration que beaucoup de « white angry male » associent à tous ceux qui ne sont pas blancs.
    Le mois dernier, l’un d’entre eux s’est attaqué à deux Américains d’origine indienne à Kansas City, leur a tiré dessus et en a tué un. Dans la banlieue de Seattle, un indien sikh et citoyen américain a été blessé par balles par un homme qui lui a sommé « de rentrer chez lui ».

    Depuis, les communautés indo-américaines vivent dans la crainte de nouvelles menaces et nouvelles attaques, comme dans le Minnesota, où ils sont plus de 50 000.


    « Display of hatred’ alarms Indian-American families » – Star Tribune

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  • Le Musée du chien déménage

    « The American Kennel Club Museum of the Dog » est le plus important musée consacrés aux chiens du pays, situé dans le comté de St Louis, Missouri, depuis trente ans va déménager au grand dam de la population locale qui profitait du tourisme de cette fameuse attraction. 
    Le musée dispose d’une collection de 4000 objets d’art (peintures, affiches,…)  et les chiens y sont bien entendu acceptés! Prochaine destination? New York, là ou il est né, et il devrait permettre de renflouer les caisses déficitaires ces dernières années.


    « Dog Gone » – St louis Post Dispatch

Le Kiosque du vendredi 9 décembre 2016

 

TRUMPLANDIA

The Celebrity Apprentice

Le président-élu reste l’un des producteurs exécutifs de The New Celebrity Apprentice, l’un des grands succès de sa carrière. L’émission qui cartonne depuis 2004 sur NBC sera animée pour cette quinzième saison par Arnold Schwarzenegger. L’information a été confirmée par sa porte parole, Hope Hicks, Trump continuera d’être payé par la maison de production MGM, et non pas par la chaîne, pour les huit épisodes qui seront diffusés à partir du mois de janvier – moins de 100 000 dollars ou 90 000 euros pour chaque épisode.
L’idée originale de l’émission, dans laquelle des participants célèbres doivent prouver leurs qualités entrepreneuriales, était d’accueillir un nouveau boss à chaque saison, mais l’un des créateurs du programme a trouvé Donald Trump tellement bon, qu’il en a fait le boss du programme depuis et la raison de son succès.
Le dernier épisode avec Trump a été diffusé en février 2015 avant l’annonce de sa candidature.

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Qui chantera à Washington le 20 janvier prochain?

La question serait plutôt « Qui osera chanter pour l’inauguration du président le plus détesté jamais élu? »
Les organisateurs de la cérémonie qui ont jusqu’ici réussi à récolter 50 millions de dollars en donations pour financer la manifestation ont bien du mal à trouver des volontaires. « Ils sont prêts à payer n’importe quoi (…) On leur donnera ce qu’ils demandent » rapporte le site TheWrap.
Le Comité en charge de l’inauguration a démenti ces propos – les chanteurs invités lors de cet évènement prestigieux (Aretha Franklyn et Beyoncé pour Barack Obama) ne sont généralement pas rémunérés.

Le mois dernier, un porte parole du chanteur Elton John, a du publié un communiqué pour confirmer que la star ne chanterait pas pour Trump, comme l’un de ses conseillers l’avait avancé.
Peu de célébrités ont soutenu le président-élu durant sa campagne, et ceux qui l’ont fait ne sont pas ou plus des superstars à l’instar de Jon Voight, Kid Rock, Stephen Baldwin, Mike Tyson, ou Scott Baïo de la série « Charles s’en charge ».

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Un chef syndical cyberbullied par … Donald Trump

Melania Trump a promis dans l’un de ses rares discours prononcés durant la campagne qu’elle s’attaquerait en tant que First Lady au jeu préféré de son mari: le cyberbullying sur les réseaux sociaux. Elle devrait se mettre rapidement au travail avant que cela dégénère – comme a pu le constater Chuck Jones cette semaine.
Chuck Jones est représentant syndical depuis trente ans dans l’Indiana, l’Etat d’où est originaire le futur Vice-président, Mike Pence, et où Trump aurait réussi à sauver 1 100 emplois de l’entreprise Carrier, la semaine dernière, qui menaçait depuis février de délocaliser ses activités au Mexique.
Jones qui travaille pour le syndicat United SteelWorkers 1999 représentant les employés de Carrier a appris entre temps que seulement 730 emplois resteraient sur le sol américain et que 550 ouvriers seraient virés. Il est allé rapporter l’info au Washington Post mercredi en ces termes:

« Trump n’a rien a dit à personne. Quand il a parlé à l’usine, il agissait comme si personne n’allait perdre son emploi. Tout le monde s’est réjouit. Tout le monde pensaient « grâce à Trump, je vais pouvoir coninuer à nourir ma famille ».

Ce à quoi le futur président à rapidement répondu:

Chuck Jones, qui est président de United Steelworkers 1999 a fait un mal représenté ses travailleurs. On se demande pourquoi les compagnies veulent quitter le pays.

Si United Steelworkers 1999 était efficace, ils auraient su garder les emplois dans l’Indiana.
Passer plus de temps à travailler et moins à parler. Réduis les cotisations 

Interviewé par le Washington Post depuis, Chuck Jones continue:

Depuis [les tweets de Trump], notre office reçoit des coups de téléphone et des emails de gens qui sont en colère parce que j’ai critiqué Trump (…) Certains ont même suggéré qu’il n’avait pas voulu mentir mais qu’il s’est juste trompé avec les chiffres.
Je sais que c’est pas vrai. Pendant la campagne, Trump nous a bien fait comprendre qu’il était un excellent négociateur. J’ai moi-même négocié des centaines de contrats, Je sais que si je dois me battre, je ferai mieux de connaître mes chiffres (…)

Ca fait trente que je fais ce travail. Tout ce temps, des gens ont menacé de me tirer dessus, de foutre le feu à ma maison. Je ne suis pas macho, je suis juste habitué.
Mais ce que je ne supporte pas, c’est un président qui ment aux ouvriers, qui leur donne de faux espoirs. On ne demande rien d’autre que des opportunités, pour avoir un travail et nourir nos familles.

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… Et une lycéenne

C’est quand Donald Trump se sent critiqué ou agressé qu’il devient le plus dangereux car il a tendance a frapper plus fort et de manière répétée jusqu’à mettre son adversaire chaos, souvent en l’humiliant.
L’année dernière une adolescente de 18 ans en a fait les frais lors d’une conférence dans le New Hampshire dans laquelle elle a pris la parole et a dit à Trump qu’elle pensait qu’il « n’était pas un ami des femmes ».

Le lendemain, Trump allait sur Twitter pour régler ses comptes avec la jeune fille, Lauren Batchelder en l’accusant d’être la taupe de Jeb Bush: 

Dans les heures qui ont suivi, l’étudiante a reçu des menaces en tout genre des supporters de Trump sur son compte Facebook, sa messagerie, et sur son téléphone.

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Michael Moore: « Donald Trump ne sera pas président »

Le réalisateur américain, l’un des seuls à avoir prévu la victoire de Trump, est intervenu dans l’émission Late Night With Seth Meyers en début de semaine et annoncé qu’il ne voyait pas Donald Trump devenir président:

Il n’est pas encore président des Etats-Unis. Il n’est pas président!
Il ne sera pas président avant midi le 20 janvier 2017 … C’est dans plus de six semaines!
Tout le monde reconnait, quelque soit son appartenance politique, que ça a été l’élection la plus folle? Rien de ce qui a été prédit n’est arrivé. Au contraire. Donc il est possible, juste possible, que dans six semaines, quelque chose puisse arriver?
Quelque chose de fou. Quelque chose qu’on n’attendait pas.