Mercredi 22 février 2017: Des Républicains choqués; « Deportation Nation »; Obamacare résiste + #OscarsSoWhite

  1. Milo: le clap de fin

    Communiqué de Milo Yiannopoulos pour annoncer sa démission de Breitbart

    Il était sombre le Milo hier, pas vraiment d’humeur à insulter une femme voilée, un transgenre, à lancé à l’actrice afro-américaine Leslie Jones qu’elle est « illéttrée » … Le provocateur a surfé sur la vague « conservatrice », « libertarienne » et « politiquement incorrecte » lancée par Donald Trump depuis deux ans et justifié ses propos haineux sur le principe sacré de la liberté d’expression jusqu’à ce que ses propos sur la pédophilie choquent ses soutiens républicains et jusqu’à ses collègues de Breitbart – et il en faut pour les bousculer.
    Aux Etats-Unis, le Premier amendement, considéré comme une liberté fondamentale de la Constitution et de la société américaine, autorise et protège les citoyens et journalistes à dire ce qu’ils veulent sur à peu près tous les sujets par provocation ou non – contrairement à la France qui interdit la discrimination et les discours de haine. 

    Comme l’a résumé en une phrase Vox

    La polémique [autour de Yiannopoulos] prouve que le racisme, le sexisme, et autres formes d’intolérance sont acceptées dans les cercles conservateurs mais la pédophilie va trop loin.

    Dans sa dernière apparition télévisée avec Bill Maher ce weekend, il a affirmé vouloir « défendre le droit des gens à être, à dire et à faire ceux qu’ils veulent » et critiqué au passage les émeutes du mois dernier à l’université de UC Berkeley qui l’ont empêché de s’exprimer devant des étudiants conservateurs. Ce à quoi les libéraux répondent qu’il ne s’agit que d’une excuse pour déverser sa haine.
    Cela fait d’ailleurs penser à l’affaire Mehdi Meklat qui justifie ses attaques sur les femmes, les juifs, les homos en plaidant « le double de fiction » et qui accuse aujourd’hui la « fachosphère » d’en vouloir à sa vie.
    On vous conseille: « The Fall of Milo Yiannopoulos, explained » sur Vox

  2. « Deportation Nation »

    Le Department of Homeland Security a confirmé mardi que tous ceux qui traversaient illégalement la frontière mexicaine vers les Etats-Unis, seraient renvoyés manu-militari au Mexique, qu’ils soient Mexicains ou pas.
    Les demandeurs d’asile devront attendre la réponse des autorités au Mexique et pas aux Etats-Unis, comme c’est le cas aujourd’hui. Les populations concernées viennent d’Amérique Centrale (et ont souvent fui la violence des pays du Honduras, Guatémala, Salavador, Haiti) et d’Amérique du sud (Equateur et Brésiliens).

    Les deux mémos publiés mardi prévoient une répression agressive contre l’immigration illégale: les agents d’immigration auront le droit de déporter toute personne entrée illégalement aux Etats-Unis depuis moins de deux ans qu’elle soit arrêtée le long de la frontière mexicaine ou dans le reste du territoire américain et sans passer par un juge, comme c’est le cas aujourd’hui.
    Sont susceptibles d’être déportés: Toute personne (en situation irrégulière) condamnée ou accusée de délits graves et mineurs.
    Les forces de polices locales auront les mêmes droits que leurs collègues de l’immigration pour arrêter des criminels sans papiers des villes sanctuaires.
    D’autres parts, déporter les « DREAMers », ceux qui ont grandi aux Etats-Unis en situation irrégulière, ne sont pas, selon Sean Spicer, « la priorité » de la Maison Blanche.

    Au delà de ces changements drastiques par rapport à la politique d’Obama, ces mémos « n’ont aucune intention d’entraîner des arrestations et déportations de masse » a affirmé un employé du DHS rapporté par The Hill
    Aucun détail n’est donné sur les lieux où seront détenus les immigrés en attendant leur jugement our leur expulsion.

     

  3. Obamacare fait de la résistance

    L’une des promesses de campagnes de Donald Trump et l’obsession des Républicains depuis son vote en mars 2010, c’est le « repeal and replace » d’Obamacare: son abrogation et son remplacement.
    L’abrogation de l’Affordable Care Act, sans autre programme défini et voté par le Congrès pour le remplacer inquiète de nombreux Américains, y compris des électeurs de Trump, qui appartiennent aux classes moyennes et populaires, c’est-à-dire ceux qui bénéficient le plus de l’assurance santé mise en place par Obama.
    Politico comparait hier la résistance du Tea Party en 2009 dans l’Iowa contre Obamacare, et les actions menées cette année par les électeurs Démocrates et Républicains confondus pour préserver cette même loi.

    « Et comme une poignée de législateurs républicains à travers le pays, [Chuck Grassley, sénateur de l’Iowa] doit faire face à la colère des électeurs qui remplissent les conseils municipaux pour tenter de dissuader les Républicains d’abroger la loi du président Obama sur la santé.
    Les militants démocrates [moveon.org et Our Révolution] considèrent cette semaine comme cruciale pour faire entendre leurs revendications, d’autant que les Républicains restent profondément divisés au Congrès sur la façon de démanteler la loi sur la santé et sur celle qui devrait la remplacer.

    Les éléments les plus populaires d’Obamacare, ce sont la possibilité de contracter une assurance quels que soient ses antécédents médicaux et quel que soit son âge et la possibilité pour les enfants de moins de 26 ans d’être sous l’assurance de leurs parents.
    Certains représentants républicains ont annulé et remplacé des conseils municipaux  par des « conference call » depuis la vidéo diffusée la semaine dernière où le Représentant républicain de l’Utah, Jason Chaffez s’est fait hué par des centaines d’électeurs.
    D’autres affirment que les manifestations sont des mises en scène et les militants sont payés par l’opposition … comme le président hier soir.

    Twitter

     

  4. On vous conseille de lire: « Shake Up at the Oscar » – New Yorker

    Boone Isaacs, première Afro-Américaine présidente de l’Académie des Oscars depuis 2013 a décidé de prendre en main le problème de la diversité à Hollywood et de la représentation des minorités dans les nominations, dénoncé en 2015 par le fameux hashtag  #OscarsSoWhite: Elle a annoncé cette année là, la mise en place de l’initiative A2020 pour diversifier l’Académie en cinq ans. Le renouvellement nécessaire de ses membres ( ils sont six mille à 94% blancs et 70% masculins et âgés d’une soixante d’années) a été considéré par certains comme une purge en réponse aux accusations racistes dont a fait l’objet le comité ces dernières années.
    En juin dernier 683 membres ont été accueillis, un nombre record, dont 45% de non blancs provenant de 59 pays différents – les nouveaux entrants ont besoin de deux lettres de parrainage pour rentrer et qui ont été actifs dans l’industrie ces dix dernières années.

    Une nouvelle composition qui implique la mise en place de nouvelles stratégies des studios de cinéma pour séduire les membres de L’Académie. Passionnant.

  5. La Bourde du jour

    La couverture du Bryan-College Station Eagle: « Trump nomme McMaster pour remplacer Pence »: il s’agissait en fait de remplacer le général Flynn qui a démissionné il y a dix jours, et non le vice président Mike Pence
    La couverture a fait le tour d’internet.

    The Eagle – Edition du mardi 21 février 2017

    Kelly Brown, certainement très embarrassée a publié hier matin « une lettre d’excuses aux lecteurs du Eagle – et à Mike Pence ». Son erreur n’est pas comparable à la une du Chicago Tribune qui annonçait le 3 novembre 1948 la victoire de Thomas Dewey aux élections présidentielles gagnées en réalité par Truman ironise-t-elle, et l’erreur n’était ni un « mensonge délibéré », ni « une vérité alternative ». C’est le résultat d’une deadline sans assez relecture, et « c’est ma responsabilité », précisant au passage un manque d’effectif au sein de sa rédaction.

  6. Couverture du jour:

    Variety offre sa couverture à Jimmy Kimmel qui présentera dimanche sa première cérémonie des Oscars, « le job le plus ingrat du show business ».

    Variety

Vanity Fair – Special Hollywood 1995-2017!

Depuis 1995, Vanity Fair consacre un numéro « spécial Hollywood » et rassemble sur sa couverture les acteurs et actrices qui ont marqué l’année.
Cate Blanchett est apparue quatre fois (1998, 01, 05 et 16) suivie par Gwyneth Paltrow (1995, 01, 04), Kate Winslet (1997, 01, 05), Scarlett Johansson (2004, 05, 06), Amy Adams (2008, 15, 17), Emma Stone (2010, 2013, 2017), Lupita Nyong’o (2014, 16, 17) et Jennifer Lawrence (2011, 12, 16).

Vanity Fair Hollywood Issue 1995

Vanity fair 1995; Première édition Hollywood 

En partant de la gauche: Jennifer Jason Leigh, Uma Thurman, Nicole Kidman, Patricia Arquette, Linda Fiorentino, Gwyneth Paltrow, Sarah Jessica Parker, Julianne Moore, Angela Bassett, et Sandra Bullock.
C’est un premier essai donc forcément, il n’y pas a beaucoup de cohésion dans la photo qui ressemble davantage à des copiés-collés qu’autre chose. On ne comprend pas trop la robe de Gwyneth Paltrow au milieu des autres filles dénudées. Pauvre Jennifer Jason Leigh, la seule accroupie.

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Vanity Fair Hollywood issue 1996

Vanity Fair 1996

En partant de la gauche: Tim Roth, Leonardo DiCaprio, Matthew McConaughey, Benicio Del Toro, Michael Rapaport, Stephen Dorff, Johnathon Schaech, David Arquette, Will Smith, et Skeet Ulrich.
Même chose l’année suivante, Leo, Matthew, Benicio et même Will Smith qui ressemblent à des adolescents.

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Vanity Fair Hollywood Issue 1997

Vanity Fair 1997

En partant de la gauche: Cameron Diaz, Kate Winslet, Claire Danes, Renée Zellweger, Minnie Driver (allongée), Alison Elliott, Jada Pinkett, Jennifer Lopez, Charlize Theron, et Fairuza Balk.
La troisième édition est plus professionnelle avec un peu plus d’unité, dommage que Claire Danes penche la tête autant et que Renée Zellwegger ait une pose aussi bizarre.

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Vanity Fair Hollywood Issue 1998

Vanity Fair 1998 – Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Joaquin Phoenix, Vince Vaughn, Natalie Portman, Djimon Hounsou, Cate Blanchett, Tobey Maguire, Claire Forlani, Gretchen Mol, Christina Ricci, Edward Furlong, et Rufus Sewell.
Pour la quatrième édition, Annie Leibovitz a trouvé son idée. Seule problème, aucun d’entre ne sourit donc c’est un peu triste.

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Vanity Fair Hollywood Issue 1999 

Vanity Fair 1999 – Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Adrien Brody, Thandie Newton, Monica Potter, Reese Witherspoon, Julia Stiles, Leelee Sobieski, Giovanni Ribisi, Sarah Polley, Norman Reedus, Anna Friel, Omar Epps, Kate Hudson, Vinessa Shaw, et Barry Pepper.
Nouvelle génération pour cette cinquième où les visages se détendent. A l’exception d’Adrien Brody, Reese Witherspoon, Giovanni Ribisi et Kate Hudson, les autres n’ont pas au autant de succès. C’est un numéro oubliable.

 

Vanity Fair Hollywood Issue 2000

Vanity Fair 2000 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Penélope Cruz, Wes Bentley, Mena Suvari, Marley Shelton, Chris Klein, Selma Blair, Paul Walker, Jordana Brewster, et Sarah Wynter.
Ici aussi c’est une toute nouvelle génération et dans une ambiance déjeuner sur l’herbe. Paul Walker fait son entrée, l’acteur est décédé d’un accident de voiture en Californie en 2013.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2001

Vanity Fair 2001 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Nicole Kidman, Catherine Deneuve, Meryl Streep, Gwyneth Paltrow, Cate Blanchett, Kate Winslet, Vanessa Redgrave, Chloë Sevigny, Sophia Loren, et Penélope Cruz.
Le plus beau numéro, à mon avis, avec un décor classique et un casting de rêve, et Catherine Deneuve. On se demande ce que fait Chloé Sevigny dans la photo. 

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Vanity Fair Hollywood Issue 2002

Vanity Fair 2002 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Kirsten Dunst, Kate Beckinsale, Jennifer Connelly, Rachel Weisz, Brittany Murphy, Selma Blair, Rosario Dawson, Christina Applegate, et Naomi Watts.
Rupture de style avec une photo qui fait penser à une publicité Gap des années 90. Toutes les actrices sont aujourd’hui des stars et Jennifer Connelly n’a pas changé.
Brittany Murphy est décédée en 2009

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Vanity Fair Hollywood Issue 2003

Vanity Fair 2003 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Tom Hanks, Tom Cruise, Harrison Ford, Jack Nicholson, Brad Pitt, Edward Norton, Jude Law, Samuel L. Jackson, Don Cheadle, Hugh Grant, Dennis Quaid, Ewan McGregor, et Matt Damon.
Très belle couverture avec les plus grands acteurs d’Hollywood de l’époque qui sont restés des acteurs majeurs avec un petit coup de vieux qui leur va à ravir.

 

Vanity Fair Hollywood Issue 2004

Vanity Fair 2004 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Julianne Moore, Jennifer Connelly, Gwyneth Paltrow, Naomi Watts, Salma Hayek, Jennifer Aniston, Kirsten Dunst, Diane Lane, Lucy Liu, Hilary Swank, Alison Lohman, Scarlett Johansson, et Maggie Gyllenhaal.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2005

Vanity Fair 2005 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Uma Thurman, Cate Blanchett, Kate Winslet, Claire Danes, Scarlett Johansson, Rosario Dawson, Ziyi Zhang, Kerry Washington, Kate Bosworth, et Sienna Miller.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2006:

Vanity Fair 2006 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Scarlett Johansson, Tom Ford, et Keira Knightley.
La plus provocatrice et aussi l’un des plus belles!

 

Vanity Fair Hollywood Issue 2007

Vanity Fair 2007 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Ben Stiller, Owen Wilson, Chris Rock, et Jack Black.
Couverture sympathique.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2008

Vanity Fair 2000 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Emily Blunt, Amy Adams, Jessica Biel, Anne Hathaway, Alice Braga, Ellen Page, Zoë Saldana, Elizabeth Banks, Ginnifer Goodwin, et America Ferrera.
Les couleurs pastel sont magnifiques.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2010

Vanity Fair 2009 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Abbie Cornish, Kristen Stewart, Carey Mulligan, Amanda Seyfried, Rebecca Hall, Mia Wasikowska, Emma Stone, Evan Rachel Wood, et Anna Kendrick.
Nouvelle génération d’actrices à la mode champêtre.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2011

Vanity Fair 2011 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Ryan Reynolds, Jake Gyllenhaal, Anne Hathaway, James Franco, Jennifer Lawrence, Anthony Mackie, Olivia Wilde, Jesse Eisenberg, Mila Kunis, Robert Duvall, Joseph Gordon Levitt, Andrew Garfield, Rashida Jones, Garrett Hedlund et Noomi Rapace
La mise en scène est particulièrement réussie, le glamour est au rendez vous: une couverture très réussie!

Vanity Fair Hollywood Issue 2012

Vanity Fair 2012 – Photographie Mario Testino

En partant de la gauche: Rooney Mara, Mia Wasikowska, Jennifer Lawrence, Jessica Chastain, Elizabeth Olsen, Adepero Oduye, Shailene Woodley, Paula Patton, Felicity Jones, Lily Collins, et Brit Marling.
Couverture qui ressemble à celle de 2008, très « soie » et pastel. La photo est de Mario Testino.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2013

Vanity Fair 2013 – Photographie Bruce Weber

En partant de la gauche: Ben Affleck, Emma Stone, Bradley Cooper, Eddie Redmayne, Quvenzhané Wallis, Olivia Wilde, et Kerry Washington.
Annie Leibovitz n’a pas pris la photo, c’est peut-être pour cela que le magazine n’a pas réussi à réunir grand monde sur un même shoot.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2014

Vanity Fair – Annie Leibovitz 2015

En partant de la gauche: Chiwetel Ejiofor, Julia Roberts, Idris Elba, George Clooney, Michael B. Jordan, Jared Leto, Lupita Nyong’o, Naomi Harris, Brie Larson, Chadwick Boseman, Margot Robbie, et Léa Seydoux.
Première couverture de Julia Roberts et de Léa Seydoux et l’ensemble est remarquable.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2015

Vanity Fair 2015 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Amy Adams, Channing Tatum, Reese Witherspoon, Eddie Redmayne, Felicity Jones, David Oyelowo, Benedict Cumberbatch, Sienna Miller, Oscar Isaac, and Miles Teller.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2016

Vanity Fair 2016 – Annie Leibovitz

Jane Fonda, Cate Blanchett, Jennifer Lawrence,Viola Davis, Charlotte Rampling, Brie Larson, Rachel Weisz, Lupita Nyong’o, Alicia Vikander, Gugu Mbatha-Raw, Helen Mirren, Viola Davis, Saoirse Ronan and Diane Keaton.
Toutes vêtues de noir. C’est la première couverture de Jane Fonda et de Charlotte Rampling et la quatrième de Cate Blanchett.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2017

Vanity Fair  2017 – Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Emma Stone,Lupita Nyong’o,Amy Adams, Natalie Portman, Ruth Negga, Dakota Fanning, Elle Fanning, Aja Naomi King, Dakota Johnson, Greta Gerwig, Janelle Monáe.

Mardi 21 février 2017: Trump condamne les actes antisémites; MILO OUT!; Pence défend les journalistes; Uber sexiste et Supreme x MTA

  1. Goodbye Milo: Un troll de moins chez les conservateurs

    Milo Yiannopoulos, le provocateur d’extrême droite, journaliste à Breitbart, célèbre pour avoir mené cet été une campagne raciste sur internet contre l’actrice Leslie Jones (autour de la sortie du film Ghosbusters) pour laquelle il a été interdit à vie de Twitter; supporter précoce de Trump qui est parti déverser sa haine, contre les musulmans, les femmes, les transgenres, dans une tournée des campus américains pendant la campagne présidentielle – The Dangerous Faggot Tour – et décroché un contrat pour la publication d’une autobiographie avec la Maison d’éditions Simon & schuster après la victoire de Trump, a vu sa carrière stoppée nette hier.
    Une vidéo de Milo Yiannopoulos défendant des relations homosexuels entre jeunes adolescents et hommes plus âgés, interprétée comme une apologie de la pédophilie, est ressortie ce weekend, provoquant un tollé chez les conservateurs qui l’avaient invité à la Conservative Political Action Conference pour discuter de la liberté d’expression dans les campus – après l’annulation de l’un de ses discours à UC Berkeley le mois dernier à la suite de violentes protestations d’étudiants. La CPAC a annulé sa participation à la conférence qui aura lieu mercredi à Washington et Simon & Schuster a son contrat.
    Mr Yiannopoulos, un opportuniste plus qu’un vrai conservateur s’est défendu en invoquant la liberté d’expression comme droit fondamental. Il a également affirmé sur Facebook qu’il était « homosexuel et un enfant victime d’abus (…) horrifié par la pédophilie ».

  2. Situation compliquée à Breitbart – Update à 2:56pm (NY Time): il démissionne 

    La situation est compliquée à Breitbart où Milo travaille depuis deux ans: une demi douzaine d’employés auraient menacé de quitter la rédaction si le journaliste anglais n’était pas mis à la porte.
    Le rédacteur en chef, Alex Marlow, a qualifié ce matin les propos de Yiannopoulos sur la pédophilie de « troublants, indéfendables, et navrants » mais l’a également défendu en parlant d’ « attaques coordonnées dont les termes très durs devaient être remis dans le contexte de son histoire personnelle » rapporte la journaliste Hadas Gold dans Politico.

    « Cet enregistrement, dans lequel il apparaît justifier des relations sexuelles entre un adulte et un mineur, dans certaines circonstances, a pris un peu tout le monde par surprise à Breitbart (…) Il semble parler de expérience personnelle d’homosexuel d’autant qu’il a été victime d’abus lorsqu’il était enfant. Il m’a assuré n’avoir jamais eu de contacts inappropriés avec un mineur en tant qu’adulte … Tout ça est très préoccupant et nous prenons cela très au sérieux à Breitbart.

    Mr Marlow a également voulu atténuer les propos de son employé en les comparant à ceux « de la gauche », notamment Lena Dunham (voir la revue de presse d’hier sur les polémiques suscitées par son livre) et Roman Polanski (les accusations de viol sur une jeune fille de treize ans dans les années 70).
    Rien n’a été décidé sur son avenir à la rédaction avant sa conférence de presse prévue cet après midi. « le perdre ne changerait à la marche ni au succès du site. Mais Yiannopoulos est un figure important de la marque et de l’image Breitbart.
    Il a finalement démissionné cet après midi.

     

  3. Une bonne semaine en perspective pour Trump

    Après un premier mois mouvementé, cette semaine devrait amener un peu plus de répit à la Maison Blanche: Le choix de H.R McMaster comme nouveau conseiller à la Sécurité Nationale a ravi les Républicains, y compris le plus fervent critique de Trump, John MCCain, vétéran du Vietnam, et les démocrates n’ont pas trop critiqué, et le Kremlin est resté silencieux sur la nomination.

  4. Un cimetière juif vandalisé dans le Missouri

    170 tombes juives ont été vandalisées dans un cimetière de University City, une banlieue de Saint Louis dans le Missouri ce weekend, pendant le Chabbat. Lundi, l’Anti-Defamation League (ADL), principale organisation de lutte contre l’antisémitisme aux Etats-Unis, a annoncé qu’une dizaine d’alertes à la bombe avait touché des centres communautaires juifs depuis le début de l’année dans l’ensemble du pays.
    Interrogé sur cette recrudescence d’actes antisémites par un reporter jeudi dernier en conférence de presse, Trump a défendu sa position personnelle sur la question (« j’ai plein d’amis et ma fille et mon gendre le sont aussi ») sans jamais condamner ces violences, avant demander au journaliste de se rassoir.
    Pressé de dénoncer ces exactions, le président s’est finalement exprimé ce matin
    lors d’une visite au National Museum of African American History and Culture:

    « Les menaces qui visent les communautés et centre communautaires juifs sont horribles et douloureuses, et nous rappellent tristement le travail à faire pour éradiquer la haine, les préjugés et le mal. » 

    Ivanka Trump avait défendu plut tôt lundi sur Twitter « le principe de la tolérance religieuse »

    Twitter / Ivanka Trump
  5. Mike Pence, grand défenseur de la liberté de la presse

    Un article publié en 2007 dans le Columbia Journalism Review s’intéresse au combat de Mike Pence, « leader conservateur charismatique et influent d’Indiana » pour la protection des journalistes contre d’éventuelles poursuites du gouvernement fédéral.
    Une entreprise qu’il a entrepris après la lecture d’un article du New York Times sur Judith Miller – grand reporter emprisonnée plusieurs semaines aux Etats-Unis pour avoir refusé de révéler ses sources dans l’affaire Valerie Plame, du nom d’une agent de la CIA dont l’identité avait été révélée dans la presse en 2003:

    Pence, un avocat de 47 ans et ancien présentateur de talk show, n’aime sans doute pas « le parti pris de l’information » dans les médias traditionnels mais il est encore plus choqué par « la vague d’affaires où des procureurs fédéraux menacent de prison ou enferment directement des journalistes pour les obliger à révéler leurs sources ».
    Ces deux dernières années, Pence a été la principale force législative derrière le soutien d’une loi de protection des journalistes, son cheval de bataille.
    « Nos fondateurs n’ont pas mis la liberté de la presse dans le Premier Amendement parce qu’ils avaient bonne presse – au contraire ».

    Interrogé sur le tweet du président contre la presse ce weekend, Mike Pence a réaffirmé en son nom et celui du président « la liberté et l’indépendance de la presse » mais a promis de continuer à critiquer et dénoncer les journalistes quand ils se précipitent ou manquent d’exigence envers les faits

     

  6. La Silicon Valley, encore accusé de sexisme

    Début d’année douloureux pour Uber.
    Boycottée par ses adhérents
    après que son P.D.-G. ait accepté de siéger au conseil économique du président avant de démission devant la pression de ses employés, la compagnie fait aujourd’hui face à des accusations de sexisme par l’une de ses anciennes salariées. Susan Fowler Rigetti, ingénieure, a posté samedi dernier sur son blog les raisons de son départ de Uber en décembre dernier: le harcèlement sexuel dont elle a été victime, minimisé par la direction qui a refusé de condamner l’agresseur et obligé l’intéressée à changer d’équipe de travail – une situation vécue, selon elle, par d’autres femmes dans l’entreprise; une compétition féroce et à peine cachée entre employés et le tout géré par une organisation chaotique.
    Le plan PR rêvé!

    Intitulé « Reflecting on One Very, Very Strange Year at Uber », le texte posté ce weekend a fait le tour de la Silicon Valley et est remonté jusqu’à Travis Kalanick, le P.D.-G., qui a affirmé mettre Eric Holder, ancien ministre de la justice de Barack Obama, employé de Uber depuis quelques mois, sur le coup
    Arianna Huffington qui siège au Comité de direction de Uber est intervenue personnellement sur Twitter.

  7. Les fans de Britney Spears furieux contre Lifetime

    lifetime

    La chaîne câblée américaine spécialisée dans les comédies romantiques et téléfilms à l’eau de rose, presque exclusivement destinée aux femmes, a provoqué la fureur des fans de Britney Spears après la diffusion d’un téléfilm biopic sur la chanteuse de 34 ans. Intitulé « Britney Ever After », le film façon documentaire revient sur les épisodes malheureux de la chanteuse: que ce soit un accident de style (le faux-pas denim sur denim sur denim en 2001 avec son boyfriend de l’époque, Justin Timberlake), de mariage (de 48 heures avec son ami d’enfance lors d’une beuverie à Las Vegas en 2004 et l’autre un plus long avec Kevin Federline, le père de ses deux enfants en 2008) ou de coupe de cheveux (le fameux rasage suivi du coup de parapluie filmé en direct en 2007).
    Mme Spears est décrite dans le film comme isolée, ignorante et incompétente malgré deux décennies de carrière dans le show business.
    L’intéressé n’a pas approuvé le film ni laissé les producteurs utiliser ses chansons, donc on vous laisse imaginer l’épreuve. Des fans ont réagi avec humour

    Twitter
  8. Collaboration MTA x Supreme

    MTA a annoncé une édition limitée de sa fameuse MetroCard avec la marque tendance new yorkaise Supreme, qui vient de collaborer avec Louis Vuitton pour une collection de vêtements et d’accessoires hors de prix présentée lors de la dernière fashion week à Paris en janvier dernier.
    Les MetroCards sont en vente ($5.50) dans certaines stations de métro qui ont été prises d’assaut depuis l’annonce de la Metropolitan Transport Authority hier soir.
    L’édition est limitée donc il ne devrait plus y en avoir beaucoup de disponible ce matin, mais vous pouvez toujours allez les acheter sur Ebay (à partir de $30.00)

  9. Couverture du jour:

    New York Magazine publie un portrait de John McCain, ancien candidat républicain aux présidentielles de 2008 qui mène la résistance dans la majorité contre les excès et dérives du président Trump: « How Many Chances do you get to be an American Hero » de Gabriel Sherman.

    New York magazine

Lundi 20 février 2017: Miller Indisponible; Des journalistes US en danger?; « Girls » et les conservateurs; Trump et les Cable News + McDo innove!

  1. Stephen Miller est indisponible

    La semaine dernière, Stephen Miller, 32 ans, proche conseiller du président et auteur avec Steve Bannon de la fameuse « travel ban » était l’invité de toutes les émissions dominicales dans lesquelles il a critiqué la décision « politique » de Cour d’appel de San Francisco de suspendre indéfiniment le décret anti-immigration de Trump.
    Avec la verve d’un « petit autocrate en devenir », il avait soutenu les déclarations, toujours infondées, de fraude électorale massive, notamment dans le New Hampshire où d’immigrés auraient voté illégalement, et s’est proposé d’aller « dans n’importe quelle émission, quelle que soit le lieu et quelle que soit l’heure, pour répéter [ses allégations] et confirmer que le président des Etats-Unis à 100% raison. »
    Miller était indisponible ce dimanche, mais le journaliste a quand même posté sur Twitter la lettre qui lui était adressée:

    Lettre de Ari Melber à Stephen Miller datée du 15 février – Twitter

     

  2. Les journalistes américains sont-ils en danger

    Les provocations de Trump contre les journalistes ont pris une nouvelle dimension ce weekend lorsqu’il les a qualifié d’ « ennemis du peuple » via Twitter et devant une foule de supporters lors d’un meeting en Floride.
    Les Républicains, selon Joe Scarborough, très discrets par peur d’être insultés sur Twitter, étaient choqués des propos du président qui a clairement « dépassé les limites » et qui pourraient déboucher sur des actes de violences envers la presse.

    La presse donne régulièrement le bénéfice du doute aux opposants démocrates, ça fait partie du jeu. C’est une chose de dire que la presse est libérale, que la cour d’appel de San Francisco est libérale, mais quand tu commences à dire que quelqu’un est l’ennemi du peuple, ça pousse clairement les gens à la violence, surtout lorsque cela vient du président.

  3. Comment en est-on arrivé là?

    C’est la question à laquelle a tenté de répondre Bret Stephens, éditorialiste du Wall Street Journal, qui remettait la semaine dernière le « Daniel Pearl Memorial Lecture » aux étudiants de l’université de Californie, et en a profité pour évoquer « l’intégrité intellectuelle à l’âge de Trump »

    Je pense personnellement qu’on a franchi le Rubicon durant les années Clinton, quand trois choses se sont passées:
    – On a décidé que certains mensonges du président n’avaient aucune importance;
    – On a conclu que la « personnalité » était une considération surestimée pour juger un président;
    – On a laissé les frontières entre culture politique et culture de la célébrité se brouiller.
    Mais quoi qu’on puisse dire du président Clinton, ce qu’on a aujourd’hui est sa version « crack cocaïne ».
    Si une figure publique raconte un énorme mensonge une fois dans sa vie, ça le poursuivra jusqu’à sa tombe. S’il ment le matin, le midi et le soir, on ne pourra plus se souvenir d’un mensonge en particulier (….) L’un des phénomènes les plus intéressants de la campagne présidentielle était d’attendre que Trump dise la chose qui allait ruiner sa candidature (….)
    Rien n’y a fait. Au contraire ça l’a aidé (…)
    Une chose simple à retenir sur la politique de la malhonnêteté, des insultes et du scandale: C’est divertissant. Toute ma vie, la politique, à quelques exceptions prêts, a été distante et ennuyeuse. Maintenant on ne parle que de cela. Si tu aimes Trump à la Maison Blanche, c’est une jouissance quotidienne contre les élites pompeuses et les reporters. Si tu haïs Trump, tu te lèves tous les matins avec un nouveau scandale et tu appelles tes amis pour te plaindre. Quo qu’il en soit, c’est exaltant (…)

    A un moment, ça va devenir de plus en plus difficile pour les gens de confondre la réalité de la performance et la réalité.

    On vous conseille vivement de lire la suite!!!!

  4. Les inspirations de Donald Trump

    Donald Trump est un avide consommateur de Cable News comme on l’a compris ce weekend avec les fameuses allégations sur les violences des réfugiés en Suède pour lesquelles il s’est justifié à deux reprises, hier, en rejetant la faute sur Fox News et ce matin, en demandant aux médias de laisser les Américains tranquille avec cette histoire.
    C’est une tendance chez le président de rapporter sur Twitter des informations essentiellement diffusées sur Fox News, souvent pour attaquer une situation, une ville, des gens, et New York magazine en a fait une liste:
    * Proposer de retirer la citoyenneté à ceux qui brûlent le drapeau américain;
    * Envoyer les fédéraux à Chicago si les crimes ne s’arrêtent pas;
    * Le « traite » Chelsea Manning qui aurait dû rester en prison;
    Supprimer les fonds de l’université de UC Berkeley pour avoir refusé d’entendre le provocateur d’extrême droite Milo Yiannopoulos, etc… divertissant.

     

  5. La fin du clic?

    Le taux de clics (click-through-rates), la mesure utilisée depuis dix ans par les éditeurs de site internet pour mesurer l’interaction entre leur site et les internautes, et juger du succès de la plate forme, pourrait bientôt devenir désuète, en étant remplacée par « Content exposure »
    La première bannière publicitaire créée en 1994 recevait à l’époque 44% de CTR, c’est-à-dire 40 fois que le CTR d’une bannière aujourd’hui. Aujourd’hui les internautes ont tendance à rester sur la même page, via les médias sociaux, sur les fils d’information, et parce qu’un « écosystème numérique saturé » les pousse à rester sur la même fenêtre ou application sur laquelle ils sont.


    Les annonceurs commencent à attribuer le succès d’une campagne marketing vers l’exposition de contenu qui vous pousse à cliquer quelque chose, plutôt que le clic lui même. 

    Deux formats augmentent le « content exposure »: « la vidéo et le Passive scrolling » soutenus par Google et Facebook qui investissent respectivement dans Youtube et Instagram.

  6. Milo en eaux troubles

    Milo Yiannopoulos, journaliste anglais, rédacteur chez Breitbart, qui aime insulter les immigrés, les musulmans, les femmes et les transgenres s’est brûlé les ailes ce weekend à force de provoquer.
    D’abord dans l’émission télé de Bill Maher sur HBO vendredi soir dans laquelle il a insulté deux invités, dont Larry Wilmore, qui lui a gentiment répondu, à deux reprises, d’aller se faire foutre.
    La vidéo est devenue virale.

    Plus grave, il était invité à intervenir à la « Conservative Political Action Conference » qui ouvre mercredi à Washington, avant que le comité de l’American Conservative Union, qui choisit les intervenants ne tombe sur une vidéo très polémique de Yiannopoulos où il défend les relations homosexuelles dans lesquelles de jeunes adolescents « découvrent qui ils sont » grâce à « des hommes plus âgées qui leur offrent la sécurité et l’amour, un soutien quand ils ne peuvent pas parler à leurs parents ».
    L’intéressé a démenti toute apologie de la pédophilie, et s’est « dégouté par l’abus des enfants ».
    Son intervention à la CPAC a été annulée cet après midi.

     

  7. « Girls » et le problème de l’éducation parentale libérale

    Girls, c’est la série des « Millenials » de la Côte Est acclamée par les critiques de la plupart des médias à l’exception de feu Gawker : « Girls est un programme télé sur des enfants de riches et célèbres, de la musique de merde et de Facebook ».
    Hier en lisant les dernières critiques de la sixième et dernière saison, je suis tombée sur les revues de deux sites conservateurs sur le show et la sortie du livre polémique de Dunham, « Not That Kind of A Girl » (devenu un best-seller) publiées en 2014: celle du National Review, intitulé « Pathetic Privilege«  et celle de The Blaze, « Parents: Do your jobs or Your Kids Might be Turn Out Like Lena Dunham ».

    Au delà des critiques redondantes, le fait que Lena Dunham est une enfant gâtée, petite fille de riches élevée entre Manhattan et le Connecticut, ses parents avaient été l’objet de violentes critiques à l’égard de l’éducation de leurs enfants: des parents artistes « trop souples » dans la façon d’élever leurs deux filles exposées au oeuvres pornographiques du père.
    Les propos controversés de Dunham dans son livre sur son enfance et son rapport à la sexualité étaient le résultat de cette éducation « libéral et amorale » et laxiste responsables d’adultes « insatisfaits, malheureux, confus et voués à l’échec. »

    « Si son livre et sa série télé sont vrais, elle est incapable de créer des relations saines avec les hommes, alors que sa soeur, qu’elle a « outée » comme lesbienne, a tout simplement perdu tout intérêt dans les hommes en général. Indubitablement, la confusion sexuelle des deux femmes peut être expliquée par une exposition constante et implacable à la pornographie.

     

  8. Le nouveau BigMac a trois burger

    MC Donald’s peine à rester tendance ces dernières années – à part pour ses boissons chaudes sucrées plus abordables que Starbucks – surtout chez les Millenials. 205% d’entre eux seulement auraient essayé son vieux produit phare, le Big Mac, cinquante ans cette année.

    Mc Donald’s


    Le 18 janvier, la compagnie a dévoilé pour une durée limitée deux nouveaux produits: le Mac Jr et le Grand Mac, qui font partie de la famille du Big Mac.
    Le Mac Jr. a un seul steak, et pas de pain au milieu, et ne fait que 460 calories.
    Le Grand Mac a la même chose que le Big Mac en plus large (et deux tranches de fromage fondus) fait 830 calories – une fois et demie de plus que son cadet.

    McDo n’a pas beaucoup de succès en termes d’innovations et la plupart de ses créations ont été retirées de la vente. La stratégie s’est donc orientée vers les classiques, comme le Breakfast qui est désormais servit toute la journée et pas seulement jusqu’à onze heures du matin, et des déclinaisons en terme de portion, plus de que de choix. Il y a 14 300 restaurants sur le territoire américain.

  9. Couverture du jour : « School Bully, le plan du GOP pour détruire l’éducation publique »

    Mother Jones

Vendredi 17 février 2017: « Un chaos? C’est tout le contraire » et oui, « les médias sont bien le parti d’opposition »

  1. « Un chaos? C’est tout le contraire »

    Donald Trump a donné une conférence de presse pour annoncer le remplaçant de Andrew Puzder au poste de ministre du travail, Alexander Acosta. Il a ensuite abordé les « immenses progrès » accomplis par son administration « que la plupart des gens ont compris [citant un sondage de Rasmussen qui lui donne 55% d’opinion favorable] mais pas les médias, enfin si, ils ont compris mais ils ne l’écrivent pas ».
    Il affirme avoir hérité « d’un merdier » en arrivant, dans le pays (la fuite des jobs à l’étranger) et en dehors (le Moyen Orient, la Corée du Nord, ISIS)

    Conférence de presse rock’n’roll du président jeudi 16 février 2017


    Il a utilisé la même défense que mercredi avec Benjamin Netanyahou: Les médias sont responsables de la démission de Michael Flynn parce qu’ils ont illégalement reçu des fuites de la Maison Blanche et des services de renseignement et s’en sont servis « injustement » contre lui. Le problème, ce n’est pas la collusion évidente de l’administration avec la Russie mais les fuites, dont les auteurs doivent être retrouvés et punis … Et même si les fuites sont vraies, les informations qui les rapportent sont des « fake news ». Il a également prévu un nouveau décret sur l’immigration la semaine prochaine pour remplacer la « travel ban ».

    Quant à son administration, elle « fonctionne comme une machine bien huilée » et si on vous dit le contraire, ce sont des « fake news » des médias.
    Le seul à avoir passé une bonne après midi était le commentateur conservateur Rush Limbaugh, qui affirme avoir « assisté à l’une des conférences de presse les plus efficaces qu’il ait jamais vu » et a eu droit en prime à un article sur Breitbart.

  2. Un président qui pleurniche

    Plutôt que de se concentrer sur les éléments positifs accomplis par son administration depuis un mois, le président s’est surtout plaint des fausses allégations de la presse sur sa présidence et son administration.
    Lors des questions/réponses avec les journalistes, Donald Trump a fait encore une fois preuve de manque de professionnalisme et de retenue: il a attaqué ceux qui posaient les « mauvaises questions » et a remercié ceux qui offraient « les bonnes ».
    Devant ses plus proches conseillers assis au premier rang, Jared Kushner, Steve Bannon, Stephen Miller et le vice-président, Donald Trump a offert une
     prestation catastrophique, à la limite du ridicule.
    La relation de dépendance qu’il a avec les médias, l’importance qu’il accorde à la façon dont les journalistes le perçoivent et les critiques adressées à ceux qui ne vont pas dans son sens ont donné lieu à des échanges surréalistes en conférence de presse.

  3. Et puis qui tweete

    Axios nous offre un tableau de la fréquence des tweets de Trump sur une semaine – en prenant les trois premières semaines à la Maison Blanche: Il aime tweeter le matin souvent pour commenter les matinales entre 6 et 9 heures du matin (Morning Joe, CNN New Day et Fox & Friends) et un peu le soir pendant le weekend.

    Axios – Les tweets de Trump depuis son téléphone personnel du 20 janvier au 14 février 2017

     

  4. La Russie, faux problème pour les uns

    Le Wall Street Journal soutient la position du président sur la gravité des fuites provenant de la Maison Blanche et des agences de renseignement et a eu tendance à minimiser l’affaire Flynn – qui a menti au FBI sur ses communications avec l’ambassadeur russe, un crime selon la loi du pays.
    Selon le quotidien économique, certaines informations confidentielles ne seraient pas données au président à cause d’une « profonde défiance entre Donald Trump et les agences de renseignements ».

    Dans certains cas, les agents ont décidé de ne pas montrer à Trump les sources et méthodes utilisées par les agences de renseignement pour collecter des informations (…) comme par exemple les moyens qu’emploie une agence pour espionner un gouvernement étranger.

    Les agents dévoilent rarement leur façon de travailler au président pour protéger leurs sources, et se limitent à communiquer uniquement les résultats, et selon le Wall Street Journal, aucune information cruciale n’a été tenue au secret du président.

  5. Et puis ceux veulent toute la lumière

    Shep Smith, journaliste à Fox Newsa bien résumé la situation cet après midi après la conférence de presse du président:

    Ce qu’on voit chaque jour est hallucinant (…) Il n’arrête pas de répéter des phrases toutes faites qui sont fausses et essaye d’éviter de parler de la Russie comme si nous étions fous de nous poser la question.
    L’opposition a été piratée [pendant la campagne], les Russes en sont responsables et les proches [de Trump] étaient au téléphone avec eux au même moment où cela se passait et on est fous de se poser la question? (…) On a le droit de savoir ce qui s’est passé, on a le droit si [les proches du candidat] étaient bien au téléphone avec [les russes], quelle était la teneur de [leurs] discussions? Nous traiter de fake news parce qu’on pose la question, et nous rabaisser de cette manière est inutile
    .

    La revue conservatrice National Review, qui s’appuie sur l’article du New York Times, basée sur l’enquête du FBI concernant l’ingérence de la Russie dans les élections, qui affirme que des proches de Trump étaient en contact avec des officiels pendant toute la campagne, a également appelé à ce que le Congrès américain fasse toute la lumière sur cette affaire.

  6. La Maison Blanche réalise ses propres sondages

    Le comité « Trump make America Great Again » a envoyé un email hier après midi à tous ses abonnés – l’inscription par donation coûte au minimum u dollar – pour leur demander de répondre à « une « Etude sur la responsabilité des Médias » et lutter contre « leurs attaques et leurs mensonges ».
    La plupart des 25 questions du « sondage » sont pour le moins orientées: 

    * Question #5: « Sur quels sujets est-ce que les médias traditionnels ont fait le plus mauvais boulot en couvrant les Républicains? »
    * Question #13: « Est ce que vous pensez que le « politiquement correct » a influencé la couverture de l’actualité sur l’immigration illégale et le terrorisme radical islamique?
    * Question #16: « Est-ce que vous pensez que les médias ont faussement attribué la violence par armes à feu au Second Amendement? »
    * Question #19: « Est-ce que vous pensez que les médias essayent volontairement de diviser les Républicains les uns contre les autres pour faire élire les Démocrates? »

     

  7. Oui, les médias sont bien le parti d’opposition

    Les propos de Steve Bannon, lancés aux journalistes le 26 janvier dernier lors d’une rencontre « amicale » avec des journalistes, et reprise par le président, ont été confirmés par les évènements de ces derniers jours selon le journaliste Mike Allen:

    Les déclarations de Trump selon lesquelles les médias traditionnels représentent un parti d’opposition plus fort, plus efficace que les démocrates sont correctes (…) Les médias qui étaient sans ambiguïté « anti-trump » pendant et après la campagne présidentielle, s’attaquent aujourd’hui aux scandales et faux pas de son administration. La grogne d’une partie de la presse est de plus en plus agressive.

     

  8. #ImWithTheBanned


    Russes! Le magazine The Economist rapporte que les recherches en ligne pour les voyages aux Etats-Unis ont baissé de 17% entre fin décembre et fin janvier, après l’investiture de Donald Trump et la signature du décret présidentiel interdisant l’entrée sur le territoire des ressortissants de sept pays musulmans. Même après la suspension du décret la semaine dernière, les recherches ont continué à chuter. C’est le Los Angeles Times qui a rapporté les conclusions de l’étude de la firme Hopper qui a étudié près de 300 millions de recherches en ligne, et dont les conclusions sont sans appel: la « travel ban » est en train de d’affecter l’économie du tourisme.
    94 des 122 pays inclus dans l’étude ont montré moins d’intérêt pour les Etats-Unis que les années précédentes e
    t le seul pays qui contredit cette tendance avec une hausse de 88% des recherches ces dernières semaines est la Russie!

  9. Stan Smith: « Les enfants pensent que je suis une chaussure »

    Vous connaissez Stan Smith la chaussure, mais que savez vous de l’homme derrière le fantastique succès de Adidas depuis 1971? Il va bien.
    New York magazine l’a rencontré lui et sa famille dans sa maison de l’île de Hilton Head en Caroline du Sud et à part le fait que « les enfants pensent qu’il n’est qu’une chaussure », l’ancien joueur de tennis vit des jours heureux avec ses quarante paires de Stan Smith déclinées en trente styles différents.
    Les Stan Smith ont bénéficié d’un regain d’attention ces dernières années: 7 millions de paires vendues jusqu’en 1985 puis 22 millions jusqu’en 1988 et le total des ventes a atteint 50 millions de paires en 2016.

  10. Couverture du Jour

    Encore une superbe couverture du Time cette semaine sur la crise qui secoue la Maison Blanche et un excellent article à l’intérieur. 

Jeudi 16 février 2017: « Un ouragan politique est en train de frapper Washington »

  1. Le problème russe
    La Maison Blanche a été mis au courant le 26 janvier par Sally Yates, alors ministre de la Justice, que Michael Flynn avait menti au vice-président et à la population américaine sur le contenu de ses discussions avec l’ambassadeur russe. L’administration n’a pris aucune mesure contre lui mais a viré Mme Yates pour avoir refusé d’appliquer la « travel ban ».
    Mr Flynn a gardé sa position pendant trois semaines malgré les craintes du Département de Justice d’un éventuel chantage russe à son encontre. L’ancien lieutenant général a été interdit hier par la Defense Intelligence Agency d’accéder à toutes informations confidentielles du gouvernement.
  2. Mike Pence et Donald Trump
    La démission tardive de Michael Flynn est un coup dur pour la Maison Blanche mais la position du vice président Mike Pence, tenu au secret jusqu’à jeudi dernier, est tout aussi dommageable pour l’image de la Maison Blanche: Difficile de trouver une telle défiance au sommet de l’exécutif moins d’un mois après l’inauguration de Donald Trump, entre le vice-président et le reste de l’administration.
    Si le Washington Post n’avait pas sorti l’affaire grâce aux fuites du Département de Justice, Michael Flynn serait sans doute toujours en poste, et Mike Pence toujours dans le noir comme le reste de la population du pays.
  3. Trump s’en prend aux fuites et aux médias
    Lors de la conférence avec Israël hier, Donald Trump a réaffirmé que Mr Flynn était « un homme formidable traité injustement par les médias, les « faux médias » qu’il accusé de vouloir « couvrir la défaite des Démocrates et de Hillary Clinton ».
    De nombreux Républicains ont minimisé les accointances du général Flynn avec l’ambassadeur russe mais sont alarmés par les fuites qui rongent la Maison Blanche et susceptibles de destabiliser la sécurité nationale

    Le New York Times critiquait mardi la réponse « irresponsable » du parti dans cette affaire:

    Les Républicains ont harcelé Hillary Clinton pendant presque deux ans pour avoir utilisé un serveur de messagerie privé, une erreur de jugement qui n’a pas mis en danger la nation. Et ils ont conduit huit enquêtes futiles sur le rôle de Mme Clinton lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat pendant l’attaque de Benghazi en 2012. Aujourd’hui, les mêmes Républicains semblent vouloir aider Trump à cacher la vérité en refusant d’enquêter sur le piratage russe et autres tentatives d’influencer les élections de 2016, ainsi que les connections de Trump avec la Russie et ses affinités pour Vladimir Poutine

  4. « Vous continuerez à mentir et on continuera à dénoncer vos mensonges »
    Donald Trump accuse les médias de traiter « injustement » les membres de son cabinet, mais c’est le président et ses proches conseillers qui sont à l’origine de ces scandales: Les tweets contre les sénateurs, une enseigne de vêtements, les médias, les agences de renseignements, les mensonges qu’il véhicule à propos de la fraude électorale, relayée en toute impunité par son jeune conseiller de 31 ans, Stephen Miller sur les plateaux télés; Kellyanne Conway qui dit tout et n’importe quoi pour satisfaire son boss. 
    Sans ces éléments, la présidence républicaine de Donald Trump serait plutôt normale et les médias s’intéresseraient à la politique de Washington.
  5. Kellyanne Conway boycottée par MSNBC
    L’émission politique Morning Joe, l’une des préférées du président, diffusée le matin sur MSNBC – qu’on vous recommande – a décidé de ne plus inviter Kellyanne Conway sur son plateau télé à cause de son manque de crédibilité. Ces dernières semaines, la conseillère du président n’a cessé de « désinformer » les journalistes et le public: entre faits alternatifs, le « green bowling massacre », la promotion de la marque Ivanka Trump ou que Michael Flynn avait toute la confiance du président lundi après midi quelques heures avant sa démission. Conway ne participe à aucun meeting important, est rarement au courant des décisions prises mais continue d’aller sur les plateaux télés et embarrasser la Maison Blanche.
  6. Andrew Puzder renonce au poste de ministre du travail
    La semaine très mouvementée pour la nouvelle administration, continue d’empirer avec la démission d’Any Puzder comme futur ministre du travail. L’audience du P.D.-G. des fastfoods Hardee’s et Carl’s devant le Sénat pour valider sa nomination ont été retardées à plusieurs reprises parce qu’il n’a pas rempli les formulaires éthiques et financiers requis pour tout membre de l’administration. 
    Très critiqué par les Démocrates, Mr Puzder est contre le salaire minimum, ses compagnies l’objet de nombreuses d’employés, et il a engagé une « nanny » sans papier. Mais le coup de massue est venue d’une vidéo fournie par Oprah Winfrey, la présentatrice star de la télé américaine, datée de 1990, dans laquelle avait témoigné l’ex-femme de Mr Puzder (1973-1988).
    Sujet du show: « Les femmes riches et battues. »

    Plusieurs sénateurs des deux partis ont visionné la vidéo.

    Twitter
  7. La Maison Blanche affiche les mauvais décrets présidentiels
    On a appris dans USA Today hier que la Maison Blanche a posté sur son site internet les mauvaises versions de certains décrets présidentiels signés par Trump: Au moins cinq d’entre eux apparaissent avec des fautes, des omissions et même des compléments de lois qui n’apparaissent pas dans la version définitive enregistrée par le Federal Register. Des confusions minimes mais symptomatiques de la précipitation dans laquelle ont été écrits et signés les décrets.
  8. « A Day without Immigrants »
    De nombreux restaurants de la capitale américaine ont décidé de fermer leurs

    Un tract en espagnol pour la « Journee sans immigrés » du 16 février 2017

    portes aujourd’hui en solidarité aux immigrés en situation irrégulière pour montrer l’impact de cette main d’oeuvre dans cette industrie au quotidien. L’opération « Day Without Immigrants » est partagée sur les médias depuis plusieurs semaines et une soixante d’établissements de D.C. s’y sont engagés.
    Le mouvement est devenu national et tous les commerces peuvent joindre la manifestation.
    L’administration veut s’attaquer aux villes sanctuaires qui protègent les immigrés sans papiers et les raids de l’Immmigration & Customs Enforcement, une agence fédérale, ont permis d’en arrêté des centaines, soi-disant criminels, la semaine dernière.

  9. Couverture du jour: Le New York Times magazine sur les difficultés qui attendent les Républicains pour réformer Obamacare, l’une des promesses de campagne de Donald Trump

    New York Times magazine

Mercredi 15 février 2017: « Le journalisme est mort, vive le journalisme »

  1. Le journalisme est mort, vive le journalisme
    Malgré les attaques répétées de Donald Trump contre les médias, ce sont bien eux qui sont à l’origine de la démission de Michael Flynn, lundi soir, de son poste de conseiller à la sécurité nationale. Le Washington Post a révélé jeudi dernier que Mr Flynn avait bien discuté au mois de décembre avec l’ambassadeur russe aux Etats-Unis de l’allègement des sanctions imposées par Barack Obama pour punir le Kremlin d’avoir tenté d’influencer les élections présidentielles américaines.
    L’ancien Lieutenant Général de l’armée américaine avait reconnu avoir discuté plusieurs fois avec Mr Kislyak, mais avait promis au vice-président n’avoir jamais abordé les sanctions américaines.
    Des affirmations contredites par le Département de Justice, au courant du contenu des communications, qui a prévenu il y a un mois la Maison Blanche des risques de chantage dont Mr Flynn pouvait être l’objet – de la part des Russes. 
    C’est sans doute en réaction au silence de la White House que l’information a été donnée au Washington Post.
  2. Des fuites de partout!
    Comme le rappelle Evan Osnos du New Yorker:

    Le scandale Flynn nous rappelle une vérité importante: le journalisme est bien vivant. Les fonctionnaires qui ont réussi à sortir à cette histoire sont héros cachés.

    Pour Joe Scarborough, journaliste de l’émission Morning Joe, hier matin sur MSNBC, ce sont les fonctionnaires des services de renseignements qui sont à l’origine des fuites et pour cause: le FBI, la CIA et le Département de Justice sont depuis des mois la cible des attaques de la Maison Blanche et de Mr Flynn et aujourd’hui, ces agences rendent la pareille à la nouvelle administration.
    Pour David Ignatius, rédacteur adjoint du WaPo, interrogé sur la même émission, c’est plus une « question de loyauté bafouée envers Mike Pence, l’une des personnes centrales de cette administration ».
    La nouvelle administration doit faire face aux fuites des services de renseignements, du Conseil National de Sécurité, du Département de Justice, des agences fédérales parce que Trump leur a déclaré la guerre dès son entrée en fonction.
    Le président s’en est plaint hier matin

    Et ce matin

    et plus tard dans la matinée

  3. La revanche de Sally Yates
    Ironie de l’histoire selon le WaPo, qui cite encore une fuite: C’est Sally Yates, la ministre de la Justice de Obama virée par Trump après sa motion de défiance contre la travel ban, qui a prévenu la Maison Blanche des mensonges de Mr Flynn à ses supérieurs il y a plus d’un mois.  « On ne sait pas ce que le conseiller de la Maison Blanche, Donald McGahn, a fait de cette information » mais un membre de l’administration affirme que « l’entourage du président était au courant du problème, et qu’ils « travaillaient dessus depuis plusieurs semaines ».
    Les questions qui se posent:
    Pourquoi le président a attendu un mois pour le virer?
    Qui était au courant des mensonges de Michael Flynn? Pourquoi le vice-président n’a pas été prévenu que le 9 février, quatre jours après être allé le défendre sur plusieurs plateaux télés?
    Il existe différentes sources de pouvoir au sein de la Maison Blanche révélatrices d’un problème de fonctionnement et d’un président qui ne contrôle pas efficacement son  cabinet.
  4. Vers un nouveau Watergate?
    Michael Flynn est très proche des russes – il était présent pour les dix ans de chaine anglophone du Kremlin, RT (anciennement Russian Today) et a donné de nombreux discours rémunérés devant des dignitaires moscovites. Il commence à travailler pour Donald Trump au mois de février 2016, en plein piratage du comité national démocrate (janvier 2015 – mai 2016) dont les fuites seront diffusées, via Wikileaks, à la veille de Convention du parti en juillet, et juste avant le hacking de la messagerie de John Podesta, le directeur de campagne de Hillary Clinton, qui a eu lieu en mars 2016, et dont la diffusion fera l’objet d’une campagne très agressive de Wikileaks contre les Démocrates, le mois précédent les élections. Il est toujours l’objet d’une enquête du FBI.
    Le New York Times révèle aujourd’hui que l’équipe de Donald Trump s’est entretenue à plusieurs reprises avec des agents du renseignement russe durant la campagne présidentielle, mais rien n’indique que les deux aient conspiré pour tenter d’influencer le résultat des élections. Sean Spicer a affirmé hier en conférence de presse « qu’aucun membre de la campagne du candidat républicain n’avait eu de contact avec des agents russes avant l’élection ».
    La Chronologie des évènements résumée par le WaPo.
  5. La couverture du jour:

Mardi 14 février 2017: Démission, illusions et réaction à la Maison Blanche

 

  1. Première victime de l’administration Trump
    La lettre de démission de Mr Flynn au président Trump lundi 13 février 2017

    L’ancien lieutenant général de l’armée américaine, Michael Flynn a démissionné hier soir de son poste de conseiller à la Sécurité Nationale. Ce dernier avait promis en décembre à l’ambassadeur russe des Etats-Unis, Sergey Kislyak, une levée des sanctions américaines imposées par Obama à la suite de l’ingérence du Kremlin dans les élections présidentielles américaines.
    Mr Flynn a d’abord nié s’être entretenu avec l’ambassadeur avant de reconnaître la discussion tout en assurant ne pas avoir pas abordé le sujet. Une défense reprise par le Vice Président Mike Pence et contredite par l’enquête du FBI qui parlait « de signal inapproprié et potentiellement illégal donné au Kremlin » sur un « allègement des sanctions » rapportait le Washington Post vendredi dernier.
    Il a reconnu avoir menti dans sa lettre de démission adressée au président hier soir. Son remplaçant provisoire est le Lieutenant général Joseph Keith Kellogg, un vétéran de la guerre du Vietnam.

  2. Mar-a-Lago, théâtre d’une crise diplomatique
    Instagram. Trump samedi 11 février 2017

    La scène, surréaliste, a été immortalisée par plusieurs clients venus dîner à Mar-a-Lago, le club très privé de Donald Trump à 200 000 dollars l’adhésion annuelle:
    Le dîner entre le président des Etats-Unis et le premier ministre japonais qui s’est transformé en réunion de crise internationale après le lancement d’un missile balistique nord coréen en mer du Japon
    . La veille, les deux chefs d’Etat avaient « fermement » demandé à la Corée du Nord d’arrêter son programme de missiles balistiques et nucléaire.
    La réponse concertée à la provocation de Pyongyang s’est déroulée sur la terrasse du restaurant de « la Maison Blanche d’hiver » sous les regards ébahis des clients et en direct sur les médias sociaux.
    Sur le cliché ci-dessous, Trump prend la pose aux coté de Mr Abe et on aperçoit en arrière plan, l’ancien conseiller à la Sécurité nationale, Michael Fynn et Steve Bannon. Une situation qui enfreint toutes les règles de sécurité concernant la gestion d’informations confidentielles et qui a poussé les Démocrates à demander la démission de Flynn hier.
    Encore une situation peu conventionnelle pour un président peu conventionnel.

  3. Steve Bannon, bouc émissaire!
    Pour le National Review, le conseiller du président, Steve Bannon, serait victime d’une chasse aux sorcières de la part des médias américains qui essaient désespérément de se débarrasser de lui. « Mais [leur] effort de faire passer Bannon pour un ennemi du peuple est en train de devenir une campagne de diffamation hystérique ».
    La raison? Cet article du New York Times paru ce weekend qui s’intéresse aux influences politiques de Bannon, et parmi elles, l’écrivain italien Julius Evola, qui a inspiré des générations de fascistes au siècle dernier. Une « référence parmi d’autres » relevée dans un discours prononcé par Bannon lors d’une conférence donnée au Vatican en 2014.
    « C’est incroyable de voir comment la référence à un philosophe obscur peut être utilisée contre un conseiller de la Maison Blanche. » se plaint le magazine.
    Sauf que Bannon n’a jamais fait dans la demi-mesure: la ligne éditoriale alt-right de Breitbart, sa haine des médias, son obsession contre l’islam et le choc des civilisations rend certaines influences, même minimes, inquiétantes.
  4. Trump n’a rien foutu depuis un mois
    Ca s’appelle « l’illusion du pouvoir ».
    De nombreux journalistes s’accordent à dire que les trois premières semaines de Trump au pouvoir ont duré des années tant la Maison Blanche à travailler à assommer la population et les médias de décrets, de nominations, tweets, conférence de presses, toutes aussi controversées les unes que les autres.
    Mais si on y regarde de plus près, « Trump n’a quasiment rien fait » remarque Z.Karabell dans Politico, contrairement aux propos très arrogants de son conseiller, Stephen Miller, qui affirmait dimanche à la télé américaine, qu’il « a plus fait en trois semaines » que certains autres présidents en quatre ans.


    Il y a eu 45 décrets présidentiels et un mémorandum signé (…) Mais à l’exception de la travel ban [suspendue], presque aucun n’a nécessité d’actions ni entraîné de changements des régulations en place. Jusqu’ici, Trump agit exactement comme il l’a fait toute sa carrière: Créer beaucoup d’attention et se présenter comme l’homme de la situation.


    L’utilisation des décrets est un moyen efficace de mettre en scène le pouvoir devant un parterre de journalistes et photographes qui relaient l’idée d’une activité intense à la Maison Blanche.

    Comprendre la différence entre ce que le président dit et ce qu’il fait est l’une des seules choses qui préservera le débat public de tomber plus profondément dans le salon des miroirs

  5. Oklahoma continue sa lutte contre l’avortement
    Pendant que Washington concentre l’attention politique et médiatique du pays, vingt cinq Etats américains dirigés par un gouverneur et un parlement républicain mettent en place des politiques très conservatrices à l’encontre des syndicats, du droit à l’avortement, de la retraite, ou de l’éducation.
    La semaine dernière, le comité parlementaire en charge de la santé publique l’Etat de l’Oklahoma, a refusé une proposition de loi, HB 1441, qui aurait obligé une femme enceinte à demander la permission du père biologique pour pouvoir avorter. L’auteur de la proposition, Mr Humphrey, a expliqué vouloir impliquer le père dès le début de la grossesse.

    Je pense que l’un des drames de cette société est d’exclure les hommes de ce genre de décision (…) Tu fais ce que tu veux avec ton corps et tu en es responsable. Mais une fois que vous avez été irresponsable, n’allez pas dire qu’il n’y a pas de problème et que vous pouvez faire ce que vous voulez à un autre corps alors que vous n’êtes celle qui porte ce corps et que c’est vous qui l’avez créé.

  6. Les Grammys, une institution raciste ou juste ringarde?
    Offrir à Adèle les principaux Grammys pour un album, « 25 », sorti il y un an et demi (octobre 2015), quasi-similaire à « 21 », pour lequel elle a reçu les mêmes récompenses en 2011, face à l’excellent « Lemonade » de Beyonce, un album et sa vidéo acclamés par toutes les critiques en 2016, en ont étonné plus d’un – et surtout l’intéressé, Adèle. Pour Time magazine, « la défaite de Lemonade renvoie à une tendance plus inquiétante qui affecte le show depuis ses débuts. Il sous estime constamment les artistes R&B, et plus récemment ceux du hip hop – surtout si ces derniers sont blacks. Seulement trois Afro-Américaines ont gagné l’Album de l’année en 59 éditions: Natalie Cole (1992), Whitney Houston (1994) et Lauryn Hill (1998). 
  7. La « Anna Wintour » du Moyen Orient
    Portrait dans l’édition « Spring Fashion » de New York magazine cette semaine de la princesse Deena Aljuhani Abdulaziz, saoudienne de 42 ans, née en Californie, qui a partage sa vie entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite et nouvelle rédactrice en chef de Vogue Arabia, qui sortira son premier numéro en mars prochain.

    Je n’a pas grandi avec mon propre Vogue (…) qui reflète mon identité, mes origines, ma région, mon authenticité. Donc participer à cela, c’est très, très émouvant.

    L’idée d’une publication de Condé Nast dans le Moyen Orient avait été rejetée il y a dix ans parce que « la compagnie n’avait aucun intérêt à imposer ses valeurs à une société qui ne les partage pas » et de peur  » de provoquer des réactions négatives, voire violentes »

Lundi 13 février 2017: « Le président Trump a 100% raison »

  1. Les positions dangereuses de Stephen Miller
    Hier matin, Stephen Miller, 31 ans, l’un des plus proches conseillers de Donald Trump a fait le tour des plusieurs plateaux télés pour dénoncer la décision « idéologique » des trois juges fédéraux qui ont « abusé de leur pouvoir » en maintenant la suspension de la « travel ban ».
    Il a même affirmé que le pouvoir judiciaire n’avait rien de « suprême » et prévenu « les ennemis, les médias et le reste du monde que les « prérogatives du président pour assurer la sécurité du pays sont bien réelles et ne seront pas remises en question ». Concernant les accusations de fraude électorale, il a affirmé qu’il avait 100% raison.

    Les journalistes de l’émission Morning Joe étaient choqués par la violence des propos du jeune Miller, très à l’aise, à « défendre la vision un pouvoir autoritaire – visiblement ignorant de la Constitution américaine. Donald Trump a ensuite félicité son assistant pour avoir « représenté » ses positions qui pourraient le mener tout droit vers sa destitution.
    Les Républicains n’ont pas commenté.
  2. Miller, la star du weekend
    Le Jeune Miller a été l’objet de deux portraits ce weekend dans le Washington Post et le New York Times. Il a grandit dans la communauté très libérale de Santa Monica en Californie dans laquelle il a développé des positions conservatrices, contre son lycée notamment, coupable de « multiculturalisme ». Il a été très marqué par les attentats du 11 septembre et encore plus choqué par l’opposition de certains Américains à la guerre en Irak. 

    Miller s’est fait un nom dans les milieux conservateurs pour ses prises de positions controversées, en se faisant le champion de ceux qui se sentent « muselés » par le politiquement correct. 

    Il a travaillé pendant plusieurs années pour le sénateur d’Alabama Jeff Sessions, aujourd’hui ministre de la Justice, où il a peaufiné ses politiques anti-immigration avant de rejoindre l’équipe de campagne de Donald Trump en janvier 2016. Il travaille main dans la main avec Steve Bannon, et sont les auteurs à succès de la travel ban #1

  3. Des remaniements en perspective
    Comme l’expliquait ce weekend le New York Times, il existe deux courants d’influence autour du président:
          1. Ceux qui cherchent la confrontation: Steve Bannon, Stephen Miller, Jeff Sessions et Kellyanne Conway sont des fidèles du président, ne l’ont jamais critiqué et capturent les « impulsions » de Trump, notamment contre l’immigration.
         2. Les « conformistes »: Ivanka Trump, Jared kushner, le chef de cabinet, Reince Priebus, Gary Cohn, le conseiller économique, le General Mattis, et Rex Tillerson. 
    Mais il y a ceux qui sont sûrs de rester: Ivanka Trump et Jared kushner, la famille.
    Reince Priebus, affaiblit par le passage en force des « confrontationalists », est en sursis cette semaine comme Michael T Flynn, conseiller à la Sécurité Nationale, qui fait l’objet d’une enquête interne pour une discussion qu’il a eu avec l’ambassadeur russe sur l’éventuelle levée des sanctions américaines, alors que Obama était encore au pouvoir. 
  4. Elizabeth Warren, le nouveau visage du parti démocrate?
    Donald Trump est un maître de la manipulation et il l’a prouvé contre l’opposition qu’il remodèle à sa convenance.
    La semaine dernière, la sénatrice du Massachusetts, à été interdite par la majorité républicaine de témoigner devant le Sénat contre la nomination de Jeff Sessions au ministère de la justice.
    Une démarche inhabituelle pour Mitch McConnell le porte parole des Républicains, qui a propulsé Warren en haut de l’affiche (#shepersisted).
    Pour certains, ce « cadeau du ciel » a été savamment ficelé par l’entourage du président, qui veut voir Elizabeth Warren à la tête du parti démocrate en prévision des élections de mi-mandat en 2018.
    Dans un déjeuner avec des sénateurs démocrates jeudi, le président a affirmé en toute finesse: « Pocahontas est le nouveau visage de votre parti » – le surnom choisi par Trump pour moquer Warren.

    Un scénario qui ravit les conservateurs à l’instar du National Review, « Elizabeth Warren Présidente », certains de pouvoir la battre facilement.
  5. Les conservateurs un peu plus critiques envers Trump
    Une fois n’est pas coutume, la revue conservatrice National Review affirme que « La Droite ne peut pas défendre le président » et s’intéresse aux réactions des Républicains face aux débordements de Trump: Garder le silence (la plupart des parlementaires) ou justifier l’injustifiable en parlant de comportement « peu conventionnel »

    La façon grandiloquente et impulsive qu’a Trump de gouverner et de communiquer empêche [les Républicains] d’anticiper ce qu’il va faire et de pouvoir défendre ses déclarations. Combien de fois il a discrédité ses propres supporters et son porte-parole, Sean Spicer. Quand un leader politique remplace des principes et une plate forme idéologique claire avec ses propres instincts et jugements, il ne fournit aucun argument valabe à ses supporters.
    Au bout du compte, l’argument devient simplement « faites confiance » en votre leader, il sait ce qu’il fait, c’est la seule personne capable. Ce n’est pas du conservatisme, ni de la démocratie.

  6. Hillary aux présidientielles de 2020…?
    Pour Matt Larimer, ancien conseiller de George W. Bush, dans Politico ce weekend, tout indique que Clinton se prépare pour une troisième round:
    * La cessation des activités de l’ONG de la Fondation Clinton, « Clinton Global Initiative », subventionnée par les Etats étrangers et au centre des accusations de conflits d’intérêts lors de la campagne présidentielle.
    * Les Clintons n’ont pas démenti les rumeurs selon lesquelles Hillary pourrait se présenter à la Mairie de New York en novembre prochain contre De Blasio.
    * La signature d’un septième ouvrage avec la maison d’éditions Simon & Schulster, et la promesse d’une tournée de promotion dans tout le pays – et l’éventualité d’être interrogée presque uniquement sur sa cuisante défaite de 2016.
    * Son tweet de jeudi soir sur la décision des trois juges de la cour fédérale de San Francisco de maintenir la suspension de la travel ban, « 3-0 » a été aimé 422 000 et retweeté 147 000 fois.
  7. Saturday Night Live cartonne 
    L’épisode de samedi soir restera l’un des plus drôles et des plus controversés de cette année avec Alex Baldwin en invité, qui nous a bien entendu offert un sketch de Trump mais qui a donné la part belle aux comédiennes de l’émission et Melissa McCarthy.
    Pour notre plus grand plaisir, McCarthy est revenue à la charge dans un autre sketch hilarant du porte parole de la Maison Blanche.
    Kate McKinnon, brutale, en Kellyanne Conway qui harcèle le journaliste star de CNN, Jake Tapper, dans un remake d’Attraction Fatale.
    Notre préférée, c’est Leslie Jones dans son propre rôle qui demande au big boss de SNL, Lorne Michaels, de jouer Donald Trump, à la place de Baldwin. Fantastique.
  8. Adèle célébrée aux 59ème Grammys
    Adèle, la reine des « coeurs brisés et de la rédemption » remporte les cinq trophées des cinq catégories dans lesquelles elle était nominée dont chanson de l’année (le très lointain « Hello ») et album de l’année, 25 et disque de l’année. L’excellent Lemonade de Beyoncé n’a reçu que le prix de l’album contemporain urbain de l’année. Elle méritait mieux.
  9. Couverture du jour, c’est celle de John Oliver sur Rolling Stone. Le journaliste a repris hier les rênes de son émission hebdomadaire Last Week sur HBO. 

    Rolling Stone – février 2017

Samedi 11 février 2017: Fuites et propagande à la Maison Blanche; Un Spicer intenable, SNL est nécessaire et le challenge des Démocrates pour 2018

 

  1. Le briefing hebdomadaire
    Communiqué de presse officiel hebdomadaire de la Maison Blanche. 10 février 2017

    Hier c’était vendredi, jour du communiqué de presse de la Maison Blanche: « Cette semaine, le président Trump et son administration ont accompli de grands progrès pour rendre l’Amérique plus sûre [trois décrets anti-criminalités signés], à redonner du travail aux Américains [la compagnie Intel s’est engagée à créer 10 000 emplois aux Etats-Unis] » et enfin la confirmation (dans la douleur) de Jeff Sessions à la Justice.
    Aucune mention de la confirmation très controversée de Betsy DeVos à l’Education et surtout du camouflet reçu par le Commander-in-Chief après la décision de la cour d’appel fédérale de San Francisco de maintenir la suspension provisoire de la « travel ban ».
    Les quatre paragraphes relèvent plus de la propagande que de l’information mais incitent curieusement les lecteurs à suivre directement le président sur les médias sociaux.
    Si on suit le compte Twitter de Donald Trump depuis lundi, la situation du pays est catastrophique: des médias malhonnêtes qui répandent des « fake news », un cabinet qui n’est toujours pas en place, la décision « horrible, dangereuse, et mauvaise » prise par le juge de Seattle et confirmée en appel vendredi, une population américaine « bien plus vulnérable » et la sécurité de la nation qui « est en jeu ».
    Deux sons de cloches totalement contradictoires provenant de 1 600 Pennsylvania Avenue, il va falloir s’y habituer ces quatre prochaines années.

  2. La semaine difficile de Sean Spicer
    Brian Stelter, le journaliste média de CNN résume parfaitement la situation intenable du porte parole de la Maison Blanche:

    « Dans les émissions du soir, Sean Spicer est la plaisanterie du moment. Sur les chaînes d’infos, c’est un punching-ball. Mais en salle de conférence, c’est lui qui envoie les coups. La grande question est de savoir ce que pense son boss, professionnel du « contre », quand il regarde ses conférences de presse à la télé. »

    Le rôle de Sean Spicer est sans doute l’un des plus difficiles de l’administration Trump: le relais entre le gouvernement et les journalistes, sachant le mépris du président pour les médias et la méfiance de ces derniers envers tout ce qui vient de la Maison Blanche. Si on ajoute les faits alternatifs de Kellyanne Conway, les mensonges et attaques répétés du président sur Twitter, la mission de Spicer de défendre Donald Trump semble incompatible avec la nécessité de construire une relation de confiance avec les journalistes.

    Melissa McCarthy en Sean Spicer qui attaque les journalistes dans Saturday Night Live la semaine dernière.

    Jeudi, il a été accusé de « faire du Melissa McCarthy », en référence au sketch de l’émission satirique Saturday Night Live dans laquelle la comédienne de « Bridesmaids » a offert une imitation hilarante d’un Sean Spicer survolté et très agressif envers les journalistes.
    A lire ce matin dans le New York Times, un article multimédia très instructif sur la « briefing room » de la White House et comment Sean Spicer a complètement remodelé la conférence de presse traditionnelle de la Maison Blanche. 

  3. Les fuites au coeur de la Maison Blanche
    Depuis l’investiture de Donald Trump, les fuites provenant de la Maison Blanche ont « remarquablement » augmenté.
    « La question est de savoir d’où elles viennent ».
    Ces fuites inspirent des articles plus ou moins « sérieux » comme les soirées de Trump à regarder la télé en robe de chambre, mais sont plus dommageables lorsqu’il s’agit d’une conversation avec le premier ministre australien, Malcolm Turnbull, rapportée comme étant « le pire appel [téléphonique du président avec un chef de gouvernement étranger] » et qui a bien failli déclencher une crise diplomatique entre les deux pays. 
    Selon The Hill, chaque média aurait sa propre source de fuites qui tournent autour de la rivalité entre les deux plus proches conseillers de Donald Trump, Steve Bannon, « le guerrier suspicieux de l’establishment républicain » et l’ancien président du Comité National Républicain, Reince Priebus, désormais chef de cabinet.

    « Plus largement, la multiplicité des sources de pouvoirs – pas juste un ou deux- dans la maison Blanche de Trump renforce les intrigues. Certains républicains s’inquiètent d’une recrudescence de coups bas entre les acteurs clés quand il s’agit de protéger leurs positions. »

     

  4.  Les émissions satiriques américaines surfent sur le « Trump Bump »
    « En juste quelques semaines, Saturday Night Live est devenu peut-être le show le plus important à la télé » commentait hier le magazine Time et chaque épisode « se doit d’être regardé ». Celui particulièrement réussi de la semaine dernière avec Baldwin-Trump et la révélation McCarthy-Spicer, et l’aide du « moment Totinos » entre Stewart-Bayer a réalisé sa meilleure audience depuis 1995.
    La comédienne Rosie O’Donnell, ennemie jurée du président, s’est même
    portée volontaire cette semaine pour jouer le rôle de Steve Bannon en réalisant un photomontage saisissant pour l’émission de ce soir présentée par Alec Baldwin.

    Rosie O’Donnell et Steve Bannon


    Les émissions satiriques n’ont jamais eu autant la côte ces derniers mois, grâce aux élections présidentielles et la Trumpocalypse, et plus elles sont politisées et anti-Trump, plus elles font de l’audience, à l’instar de Late Night with Seth Meyers sur NBC, du Late Show de Stephen Colbert sur CBS – qui a accueilli Jon Stewart la semaine dernière – et l’excellente Samantha Bee et son Full Frontal hebdomadaire.

  5. Comment faire renaître le parti démocratique
    Sous le président Obama, les démocrates ont perdu près de 958 sièges de Représentants dans les chambres basses des Etats du pays – qui en totalisent 5 411. En comparaison, les Démocrates en avaient perdu 524 sièges sous Clinton et les Républicains 324 sous Bush.
    Pour Jaime Harrison, candidat à la présidence du Comité National Démocrate, et invité de l’émission Morning Joe vendredi, les partis démocrates des Etats n’ont pas eu les moyens ni l’argent de mobiliser les électeurs pour les pousser à aller voter.

    Tu peux avoir le meilleur message et le meilleur messager, c’est l’appareil financier et humain qui pousse en dernier lieu les électeurs à se déplacer. Si on regarde les raisons de la défaite des Démocrates: on a perdu les élections à cause de 77 000 votes sur trois Etats représentants 14 millions de votes. Ce n’est pas une défaite du message ou du messager, c’est une défaite fonctionnelle. S’il existait un appareil fonctionnel efficace financé convenablement au sein de parti [démocrate], on aurait facilement obtenu ces 77 000 votes. On n’a pas fait ça. On a rien fait pendant quatre ans et pensé pouvoir ressortir avec succès la machine politique quelques mois avant les élections.

    Jusqu’aux 8 novembre, c’était les Républicains qui enviaient les Démocrates sur leurs capacités à mobiliser l’électorat jusqu’à ce que le contraire se réalise. Le challenge aujourd’hui pour le parti démocrate, c’est d’effectuer un travail de terrain et de récréer le lien avec ceux qui se sont sentis délaissés en 2016 et de les remobiliser pour les élections de mi-mandat en 2018.