Le kiosque du 23.06.17: « Pire erreur politique »; Communication toxique; Black Lives Matter; Facebook change de mission

 

1. « La pire erreur politique »

    • Le renvoi du directeur du FBI le 14 mai dernier, décidé par le président contre l’avis de son entourage – à l’exception de son genre Jared Kushner – aura miné ce début de présidence et la bonne marche de l’enquête du FBI qui aurait pu prouver son innocence dans les soupçons de collusions avec les Russes durant la campagne présidentielle américaine:

      Cela restera la plus grosse erreur politique de l’ère moderne. Pour l’un des conseillers du président, il s’agit de la pire erreur depuis que Richard Nixon a refusé de s’excuser auprès du peuple américain pour le Watergate et décidé d’étouffer l’affaire.

       

    • Le président est encore une fois responsable de cette situation: S’il avait condamné dès le départ l’ingérence russe en soutenant les conclusions des agences de renseignement, s’il était resté silencieux sur l’enquête du FBI en laissant James Comey faire son travail et s’il avait évité de l’intimider publiquement sur l’existence d’éventuels enregistrements juste après son limogeage, cette affaire n’aurait pas pris de telles proportions.

 

  • La crise permanente autour de la Maison Blanche, relayée 24h/24 par l’ensemble de la presse, a finalement peu d’influence sur les 38% d’Américains qui continuent de soutenir coûte que coûte le président et pensent que le « Deep State » veut sa peau.

 

  • Pour David Brooks, éditorialiste au New York Times, les médias doivent garder la tête froide et se rendre qu’aucune preuve de la culpabilité du président et de sa campagne n’a encore été mise en évidence:

    C’est inquiétant lorsqu’on commence à remplacer la politique de la démocratie par la politique du scandale. En démocratie, les problèmes comptent et vous gagnez en persuadant les citoyens. Vous reconnaissez la légitimité de vos adversaires comme un compromis inévitable. Dans le scandale, depuis le Watergate, inutile de persuader. Les victoires politiques se remportent uniquement en détruisant vos adversaires politiques accusés d’avoir mal agi. La politique devient alors une question de supériorité morale et de destruction personnelle.

  • « Let’s not get carried away » – The New York Times

 

 


2. « Une communication toxique »

 

L’image diffusée par CNN lors du daily briefing de la Maison Blanche interdit aux caméras, le 22 juin 2017
    • « Cinq moins dans la présidence de Trump et les relations entre la Maison Blanche et les médias ne tiennent plus qu’à un fil » constate Dylan Byers sur CNN
      Les journalistes sont considérés comme « l’ennemi du peuple » et tout est fait pour entraver leur travail, à savoir informer le public sur ce qu’il se passe à Washington: diminuer la fréquence et la durée des conférences de presse, ne pas répondre aux questions posées ou rester très évasif.

 

    • La tension est montée d’un cran hier lorsqu’on leur a interdit de filmer la conférence de presse de la Maison Blanche assurée par Sarah Huckabee Sanders: CNN a décidé de diffuser la totalité de la conférence en direct avec un fond d’écran avisant le public qu’il n’était pas autorisé à voir ces « daily briefings ».

 

    • Trump menace depuis des semaines de supprimer ce qui était devenu l’un des programmes télé les plus regardés de l’après midi, grâce notamment aux échanges musclés entre le porte parole, Sean Spicer et les médias.

 

  • Le président veut contrôler directement et personnellement sa communication comme il l’a toujours fait et avec brio, explique Jack Schafer:

    Trump ne veut pas vraiment être président … En fait il aurait voulu être directeur de la communication de la Maison Blanche … Contrôler et arranger les messages qui sortent de la Maison Blanche c’est la plus grande obsession de Donald Trump. Il aimerait se conduire comme il l’a fait pendant des décennies à New York  quand il alimentait les articles des tabloïds [à son sujet].

 


3. Facebook réévalue sa mission

    • L’année difficile que vient de passer le mastodonte des médias sociaux, – accusé d’avoir aidé l’élection de Trump et participé à la diffusion massive de fake news, a poussé son fondateur et visionnaire, Mark Zuckerberg, à faire un peu de « soul searching » sur l’ambition de Facebook.

 

    • S’il affirmait il y a dix ans vouloir construire un « monde plus ouvert et plus connecté », Zuckerberg a revu ses ambitions à la baisse et affirme désormais vouloir offrir à ses utilisateurs « le pouvoir de construire une communauté et de se rapprocher les uns des autres ».
      Un message un peu plus humble et conscient des divisions qu’a pu provoquer Facebook au sein des communautés et qu’elle assume tout en attribuant une part de responsabilité aux internautes qui doivent prendre eux aussi conscience des répercussions de la désinformation et limiter son usage.

 

  • L’interview de Zuckerberg donnée à CNN est disponible ici et son manifeste publié en février

 


4. Panique au Wall Street Journal

 

Jay Salomon sur C-Span en 2014 – Credit C-SPAN, via Associated Press

 

    • L’agence Associated Press a révélé mardi qu’un reporter du Wall Street Journal, Jay Salomon, responsable du bureau des affaires étrangères, travaillait pour un homme d’affaires étranger qui était également l’une de ses principales sources, pour lequel il aurait négocié une vente avec un gouvernement étranger.

 

    • Mr Salomon serait devenu actionnaire d’une jeune compagnie dirigée Farhad Azima, un magnat de l’aviation, iranien, qui a négocié dans le passé des transports des armes pour le compte de la CIA.

 

    • Le quotidien new yorkais a viré le journaliste pour avoir violé ses obligations et les standards éthiques de la rédaction, dénoncé ses actions et son manque de jugement.

 

    • C’est dans le cadre d’une enquête sur Mr Azima que AP est tombé sur une correspondance électronique piratée entre ce dernier et le journaliste, confirmée par d’autres témoins: Il aurait servi d’intermédiaire en 2015 pour un contrat d’armements et de surveillance de la compagnie de Mr Azima avec les Emirats Arabes Unis destiné à l’espionage de certaines activités en Iran, Syrie et Yemen.

 

 


5. Où est passé Black Lives Matter?

 

Adam Maida for Buzzfeed News

 

    • « Qu’est-il arrivé à Black Lives Matter? » s’interroge cette semaine Buzzfeed News:

      L’élection et la présidence de Donald Trump ont provoqué la plus grande effusion d’activisme libéral depuis une dizaine d’années. Après une ascension fulgurante, le mouvement se déchire aujourd’hui sur son leadership et sur la direction à suivre.

       

    • Si certains groupes de défense des libertés ou associations de gauche sont entrés en résistance en organisant des manifestations et appels à l’action, et ont réussi à s’imposer en s’appropriant les nouveaux défis posés par la présidence de Donald Trump, Black Lives Matter a perdu  » de nombreuses opportunités qui s’étaient ouvertes » grâce à Barack Obama, notamment celle d’un « président conscient de l’autorité morale des jeunes activistes afro-américains. »

 

    • Selon la direction de l’organisation, l’organisation est moins visible sur la scène nationale par qu’elle se concentre sur des objectifs politiques qui nécessitent davantage « d’intégrité, de dignité et d’intégration ».
      Pour le journaliste:

      Black Lives Matter est toujours là. Ses groupes sont toujours organisés. Mais Black Lives Matter est en train de perdre l’influence et l’élan qui lui avaient permis de provoquer un débat national sur les politiques en matière de justice criminelle.

 

  • Entretenir et développer sur le long terme une organisation née dans la rue implique une stratégie claire sur différents points …:
    • L’organisation
      A l’intérieur du mouvement avec les différents chapitres présents dans la plupart des villes américaines, et à l’extérieur avec les autres associations de défense des Afro-Américains et organisations de gauche
    • Le financement
      Accepter ou non l’argent de fondations, mettre en place des levées de fond et donations pour payer ses militants et promouvoir le mouvement.
    • La communication
      Donner la parole aux personnalités médiatiques du mouvement quite à déplaire aux anonymes qui travaillent dans l’ombre
    • La direction
      Sur quels politiques concentrer l’action de l’organisation et relayer un message qui soit clair pour tous les militants et supporters
  • … Que Black Lives Matter doit définir rapidement pour continuer à lutter et à exister.
  • « What happened to Black Lives Matter? » – Buzzfeed

 

 

 

Le kiosque du 10.06.17: Trump « balance » Comey – Le « media bashing » du GOP pour 2018 – Une Amérique au bord du divorce – « Conservative Move »

 

1. La meilleure défense, c’est l’attaque.

  • Rassuré par l’audition de James Comey, qui n’a rien révélé de pire sur Donald Trump que ce que l’on savait déjà, l’entourage du président a décidé de contre-attaquer plutôt que de se défendre (et paraître coupable) en accusant l’ancien directeur du FBI d’être un « leaker »:

    Pas de collusion, pas d’obstruction, c’est une balance … nous sommes ravis et pour être honnête, James Comey a confirmé beaucoup chose que j’ai dites, et certaines choses étaient fausses. 

     
     

  • Donald Trump a également affirmé en conférence de presse qu’il était prêt à témoigner « à 100% » sous serment qu’il n’a jamais demandé au directeur du FBI de « laisser Michael Flynn tranquille » – alors que tous ses conseillers, les médias et la plupart des Américains savent pertinemment que c’est vrai.
  •  

  • Selon Axios, beaucoup de Républicains pensent que l’agressivité dont fait preuve Trump est le signe qu’il n’existe aucun enregistrement de ses conversations avec Mr Comey, comme le président a pu le suggérer sur Twitter. Ce seront les paroles de James Comey contre celles de Donald Trump.
  •  

  • Donald Trump a répondu avec aplomb hier devant les caméras mais l’audition qu’il s’est proposé de faire avec le procureur indépendant Bob Mueller, remplaçant de Comey, pourrait bien encore une fois se retourner contre lui.
    Cette décision improvisée a été certainement prise contre l’avis de ses avocats car:

    • Donald Trump va devoir donner sa version de ce qui pense s’être passé, ce qui devrait rentrer en contradiction les preuves qu’aura récolté Mueller.
    • S’il ne prépare pas cette audition, elle pourrait rapidement tourner au fiasco pour Donald Trump.

 

  • Plus de 19 millions d’Américains ont regardé l’audition en direct de James Comey diffusée sur toutes les chaînes d’info; ils étaient 2,7 millions sur Twitter qui s’était associé à l’occasion avec Bloomberg; enfin, ils étaient 26 millions en live sur Facebook.
    Quant à Stephen Colbert, il a réalisé son meilleur « Late Show « depuis ses débuts en 2015. – Politico

 

 


2. Stratégie des Républicains pour 2018: Le Media-Bashing

 

Rapport hebdomadaire de Reporters Sans Frontières

 

  • Les attaques, insultes et menaces à répétition de Donald Trump contre la presse et les journalistes pour les discréditer auprès des électeurs américains depuis bientôt deux ans a fait des émules dans le parti Républicain autrefois garant d’un certain respect envers le quatrième pouvoir. 
  •  

  • Un reportage du Huffington Post note une recrudescence des attaques physiques et verbales à l’encontre des médias qui s’inscrit dans une « stratégie du Grand Old Party pour les élections de 2018 »

     

  • L’idée lancée par Steve Bannon à la Conservative Political Action Conference que les médias seraient le nouveau « parti d’opposition » est désormais une réalité pour le parti au pouvoir.
    Selon le site d’info McClatchy:

    Des interviews avec des conseillers et leaders du parti républicain à travers le pays révèlent que ce qui a commencé comme une simple colère à l’encontre d’une couverture médiatique injuste – ou l’effort pour détourner les critiques – est devenue une stratégie à part entière de la prochaine campagne pour les élections de 2018.

     

  • Ils veulent convaincre les supporters invétérés de Trump que ces élections de mi-mandat « sont un référendum sur les médias autant que sur le bilan de Trump » et impliquent des « conflits ouverts avec les journalistes locaux et nationaux.

 


3. L’Amérique au bord du divorce

  • David French est l’un des journalistes star du National Review s’inquiète des divisions profondes, voire irréconciliables entre les Républicains et les Démocrates à travers le pays, notamment depuis l’ascension d’un milliardaire d’extrême droite qui a pris en otage le Grand Old Party.
  •  

  • La preuve?
    La décision du gouverneur Californien, après le retrait américain de l’Accord de Paris sur le Climat décidé contre l’avis de la majorité de la population, de traiter directement avec la Chine pour combattre le réchauffement climatique, et qui se justifie:

     

    C’est un peu osé de parler de partenariat entre la Chine et la Californie comme si nous étions une nation séparée, mais nous sommes une nation séparée.  

     

  • Pour French, pas de doute, « la tendance est claire. Sous la présidence de Trump, la Californie est déterminé à suivre son propre chemin » et si ça continue les Etats-Unis vont tout droit vers « un divorce national » car les « Américains appartiennent à une tribu politique dont ils aiment les idées mais surtout dont ils détestent les adversaires. 
    Aussi bien les Démocrates que les Républicains.
  •  

  • Ajoutez à cette « mutuelle antipathie », les regroupements (« matchings ») géographiques, culturels, religieux et « vous avez une nation dont les citoyens ont des vies de plus en plus différentes – ils n’habitent pas dans les mêmes endroits [les Démocrates habitent dans les zones urbaines des côtes Est et Ouest du pays], ne lisent pas les mêmes journaux, ont des croyances religieuses différentes. »
  •  

  • Pour éviter un divorce du pays, French réaffirme les valeurs du fédéralisme, qui protègent les « privilèges et les spécificités », et pour préserver « notre union », la seule solution est de « tolérer » l’autre.
  •  

  • « We’re not in a civil war, but We are Drifting Toward Divorce »National Review

 

 

 


4. Conservative Move

 

Sacramento Bee.

 

  • David French parle ci-dessus de « politisation de tout ce qui nous entoure »: En voici la preuve dans le San Diego Union Tribune ce matin: le lancement d’une compagnie « qui capitalise sur la croyance que les « blue states » (les Etats démocrates) comme la Californie sont devenus trop libéraux et pas assez accueillants envers les conservateurs et que la solution est de déménager au Texas ».
  •  

  • La Compagnie, « Conservative Move » propose de s’occuper de la vente de votre maison en Californie et de vous trouver une nouvelle habitation dans le County de Collin, au nord du Texas, qui serait « l’un des meilleurs endroits où habiter » avec « ses écoles, ses boulots bien payés et sa sécurité » et surtout destinés à ceux qui partagent des idées conservatrices.
  •  

  • Paul Chabot, fondateur de « Conservative Move », ancien candidat au parlement Californien qui a offert « des permis de chasser des terroristes » en échange de donations lors de sa dernière campagne, fait souvent la promotion du comté de Collins sur son compte Facebook: « Ici pas de gangs, pas de graffitis, juste les valeurs familiales du Nord du Texas ».
  •  

  • Pour l’éditorialiste du Boston Globe, le phénomène « Vote with you feet » n’est pas nouveau, et beaucoup de Californiens déménagent au Texas pour des raisons politiques.
  • Un phénomène qui fait débat puisqu’il renforce les « bulles politiques », ces territoires politiquement délimités où la population pense, regarde, croit et agit de la même façon.
  •  

  • La compagnie est toute jeune mais a réussi à faire parler d’elle en Californie et au Texas: « Tout ceux qui veulent déménager à Collin County à la recherche d’une utopie conservatrice vont être déçus » commentait le Dallas Morning News cette semaine.

 

 


5. Le reste de l’actualité

  • Mark Zuckerberg s’est engagé à visiter les trente Etats américains qu’il ne connait avant la fin de l’année 2017, certains disent pour une ambition politique, lui affirme vouloir connaître davantage cette Amérique inconnue qui a réussi à élire Trump.
    Quartz suit le parcours de Zuckerberg dans ces différents Etats, ICI
  •  

  • Pour les 150 ans de la naissance du plus grand architecte américain, le site Curbed lui consacre plusieurs articles tous aussi intéressants les uns que les autres – Curbed
    + Récit de son voyage annuel entre L’Arizona et le Wisconsin – Curbed
  •  

  • Portrait de Elizabeth Moss (« Mad Men ») qui cartonne actuellement dans « The Handmaid’s Tale ») dans Elle

 


6. La Couverture du Jour

Theresa May a voulu renforcer son autorité, a échoué et perdu la majorité absolue au Parlement anglais. « Un pari qui a mal tourné » titre The Economist qui garde son poste de Premier ministre mais sans trop de pouvoir. »

The Economist – June 2017

Le Kiosque du 09.07.17: Comey Superstar – Melania & Barron à la WH – La Chasse aux « fuites » – Chelsea Manning parle – L’emplacement le + cher d’internet?

 

Comey vole la vedette à Trump

New York Times
  • L’audition du directeur du FBI devant la Commission Judiciaire du Sénat a eu lieu hier matin
       

    • N’a pas empiré les affaires de Donald Trump mais a confirmé ce que pensent la plupart des Américains, de la presse et du reste du monde: C’est un menteur qui viré le directeur du FBI et essayé d’entacher la réputation du Bureau pour essayer d’étouffer l’enquête en cours sur les collusions entre des aides de Trump et les Russes pendant les élections.
    •  

    • L’état de délabrement de cette jeune présidence est telle que la Maison Blanche a considéré le témoignage de Comey comme une victoire, et la seule chose que le président a retenu sur Twitter ce matin, c’est que James Comey est à l’origine de la fuite de ses memos – une décision prise après les menaces proférées par le président sur les réseaux sociaux concernant d’éventuels enregistrements de leurs conversations.
    •  

    • Mike Allen de Axios
       

      C’est pas la fin mais le début d’un long et pénible procès pour la Maison Blanche de Trump. Ce qu’ils craignent le plus c’est l’implication de certaines figures dans l’orbite de Trump, et ce que les enquêteurs pourraient trouver dans les différents meetings qu’ils ont eu avec les Russes

       

    • Sur la corde raide: Jeff Sessions, qui témoigne mardi prochain, aurait omis de révéler un troisième meeting avec l’ambassadeur russe pendant la campagne présidentielle, et Jared Kushner devrait également témoigner ce mois-ci devant la Commission permanente du Sénat dédiée à la surveillance de la communauté du renseignement américain.

     

  • Nous n’aurions jamais pu apprendre tout ce qu’a bien voulu dévoiler James Comey s’il n’avait pas été viré par le président. Encore une fois, c’est Donald Trump qui s’est lui-même mis dans l’embarras. 

 

 


Un grand moment de télé

Chip Somodevilla/Getty Images
  • La diffusion mercredi après midi de la déclaration écrite de James Comey qui détaille avec précision ses interactions avec le president Trump (« J’exige de la loyauté ») a transformé une curiosité de la « Beltway » (Washington D.C.) et en un épisode en direct de télé-réalité » suivi par l’ensemble du pays.
  •  

  • De nombreuses entreprises avaient annulé rendez vous et réunions pour laisser leurs employés regarder le témoignage de l’ancien directeur du FBI sur grand écran. The New York Times
  •  

  • L’interview de James Comey a été relayé par l’ensemble des médias d’information « qui se sont tous arrêtés en même temps pour se concentrer collectivement sur cette audition.
    Dans une monde d’actualités souvent fragmenté, rarement on a assisté à une telle unanimité autour d’un évènement » – The Washington Post
  •  

  • C’est l’un de ces grands « moments politico-culturels » comme l’ont été auparavant le témoignage de Anita Hill contre le juge de la Cour Suprême des Etats-Unis Clarence Thomas (voir le film de HBO) ou l’audition de McCarthy contre l’armée américaine en 1954.
  •  

  • « Le témoignage de James Comey rejoins le panthéon des moments les plus dramatiques du Congrès » affirme Politico, qui retrace tous les précédents.
  •  

  • Etude intéressante du Washington Post sur les commentaires des chaînes télé (Fox News, MSNBC, et CNN) pendant le témoignage, et les différentes interprétations

 


Melania & Barron déménagent

 

Getty

 

  • C’est la fin de l’année scolaire aux Etats-Unis et comme prévu, Melania et Barron vont rejoindre Donald Trump à la Maison Blanche, pour de bon, le 14 juin prochain.
    Le fils du président, 11ans, sera scolarisé dans une école privée du Maryland l’année prochaine, St. Andrew’s Episcopal School de Potomac, à trente minutes en voiture de Washington.
  •  

  • La présence de la First Lady devrait « apporter un peu de normalité à une présidence dont le style et la substance sont anormales ».
     

    L’installation tant attendue et permanente est vue par la Maison Blanche comme un changement potentiel majeur pour un président de plus en plus déprimé par son travail, qui libère ses frustrations sur ses conseillers et qui se venge de la façon dont il est traité sur Twitter.

     

  • Tous les proches de Trump parient sur la présence de Melania pour calmer et raisonner davantage le président
  • « Melania set to make her D.C. move next week » – Politico

 

 


La chasse aux « fuites » inquiètent les journalistes et les sources

 

Reality Leigh Winner

 

  • Reality Leigh Winner, 25ans arrêtée samedi dernier pour avoir communiqué à The Intercept des documents secrets de la NSA, serait effrayée à l’idée de passer les dix prochaines années de sa vie en prison.
  •  

  • Selon le procureur, Winner aurait indiqué à ses parents depuis la prison, comment la faire passer pour une 
    « néophyte » inconsciente du danger et des répercussions de ses actions – ce qu’il ont fait avec brio sur CNN cette semaine – Washington Examiner
  •  

  • Elle devrait recevoir une peine exemplaire pour dissuader tous ceux qui voudraient continuer à alimenter la presse et agacer le président – Red State
  •  

  • Le travail des journalistes spécialisés dans les questions de sécurité nationale, qui communiquent avec des sources anonymes et obtiennent des informations confidentielles est de plus en plus risqué et compliqué:
     

    D’un côté, il existe un nombre important de fonctionnaires qui veulent aider clandestinement les journalistes. De l’autre côté, il y a l’effort très agressif du gouvernement d’arrêter ces employés

     

  • A savoir maintenant, « jusqu’où sont prêts à aller les agences gouvernementales pour arrêter le flot d’informations qu’elles n’aiment pas? » – CNN

 


Première interview de Chelsea Manning

ABC
  • Quelques semaines après sa libération, après sept années de prison dont plusieurs en isolement, un changement de sexe et une grâce présidentielle, Chelsea Manning, a donné sa première interview exclusive à la chaîne américaine ABC.
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  • En 2010, Bradley Manning a récupéré plus 700 000 documents confidentiels sur la guerre en Irak et en Afghanistan et les a donné à Wikileaks qui les a diffusés en partenariat avec le New York Times, le Guardian, Der Spiegel et Le Monde.
  •  

  • Manning a été accusée de trahison pour avoir divulgué des informations aux ennemis des Etats-Unis. Lui parle de responsabilité de révéler « la mort, la destruction, les massacres » pour provoquer un débat dans le pays, et pour sensibiliser les Américains.
  •  

  • Chelsea Manning a obtenu un traitement aux hormones à partir de 2015 après cinq années de bataille juridique, une grève de la faim et deux tentatives de suicide, et un changement de sexe en 2016 – le premier prisonnier à recevoir ce genre d’opération.
  •  

  • Chelsea Manning a été orginellement condamnée à 35 ans prison. Elle remercie Barack Obama de l’avoir graciée et « lui avoir une seconde chance »

 


L’emplacement le plus cher d’internet

 

Twitter

 

  • L’emplacement le plus cher et le plus prisé d’internet? Les commentaires qui apparaissent en dessous des tweets de Donald Trump sur son fil d’information.
  •  

  • Il existe des centaines de milliers d’internautes, pro ou anti-Trump, dans les starting-block pour répondre le plus rapidement au président et voir leurs commentaires apparaître et être lus par ses 31 millions d’abonnés: Ce qui implique des « likes » et « retweets », des profils scrutées, des réponses et de nouveaux abonnés
  •  

  • Exemple:
    En janvier, Mike Elgan, un écrivain, a répondu à un tweet de Trump dans les dix secondes qui ont suivi sa diffusion: Il a été diffusé sur 800 000 autres fils d’informations et reçu 24 000 notifications en quelques heures seulement et en 24 heures, il a reçu 300 abonnés supplémentaires
  •  

  • Mike Cernovitch, un chante de la « new right » et grand supporter de Trump, confirme que c’est la meilleure tactique pour devenir une personnalité politique influente sur Twitter.
  •  

  • Le meilleur moment pour attendre un tweet de Trump: 6 hrs du matin, lorsque le président se lève.
  •  

  • « Inside the Chaotic Battle to be the Top Reply to a Trump Tweet » – Buzzfeed

 

 


Le reste de l’actualité

  • Greg Gianforte, le républicain qui vient de remporter son siège de Représentant à Washington de l’Etat du Montana, et qui a agressé un journaliste du Guardian la veille de sa victoire, a donné 50 000 dollars à une association pour la liberté de la pressePolitico
  •  

  • La bataille électorale fait rage dans le 6ème district de Géorgie qui oppose le jeune démocrate Jon Ossoff contre la candidate républicaine Karen Handel. Ossoff a récolté plus de 23 millions de dollars de contributions en quelques mois et la campagne des deux candidats totalise aujourd’hui 40 millions, la somme la plus importante jamais dépensée pour l’élection d’un ReprésentantPolitico
  •  

  • On en a parlé lors de son ouverture l’année dernière, The Wing est l’un de ses clubs et espaces de travail exclusivement réservés aux femmes, et ça marche du tonnerre – Village Voice

 


Couverture du Jour

Barry Blitt, le caricaturiste de Donald Trump pour le New Yorker revient avec une nouvelle couverture inspirée par les le film de Charlie Chaplin, « Les Temps Modernes ». L’atmosphère ambiante nous aurait davantage fait penser au Dictateur mais c’est un beau dessin!
 

Le Kiosque du 17.05.17: ComeyGate2.0: Chronologies & Recurrences; Les Républicains paniquent; Etats-émojis d’Amérique; Apple Park

Au sommaire ce mercredi 17 mai 2017

1. ComeyGate 2.0: Une chronologie et des récurrences
2. Les conservateurs: « The Monthy Python Movement »
3. Violences de la garde rapproché de Erdogan à Washington
4. Les Etats-« emojis » d’Amérique
5. A l’intérieur de l ‘Apple Park

 

***

1. « La plus longue semaine de l’histoire de la politique américaine »

La plus importante crise de cette jeune administration rassemble trois éléments récurrents:
* les fuites des agences de renseignements et de la Maison Blanche aux journalistes ont joué un rôle essentiel pour dévoiler
* Les erreurs et mensonges de Donald Trump, dont il est le seul responsable,
* Une équipe de communication abandonnée

Travaux pratiques sur les évènements de ces deux dernières semaines:

  • Mardi 09 mai 2017 – Le ComeyGate
    Renvoi brutal du directeur du FBI (par lettre officielle), James Comey en pleine enquête du Bureau sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles américaines et l’éventuelle collusion du Kremlin avec des proches du candidat républicain.
    Les justifications de Donald Trump/Sarah Sanders: Il a suivi les recommandations de Rod Rosenstein, ministre adjoint de la justice, qui ont conclu que Mr Comey ne peut diriger efficacement le Bureau.
  •  Mercredi 10 mai 2017 – Les autorités russes dans le bureau ovale
    • Rencontre entre l’ambassadeur russe à Washington,Sergey Kislyak et le Ministre des Affaires Etrangères, Sergei Lavrov et le président Trump à la demande de Vladimir Poutine, à la Maison.
      Les journalistes russes sont autorisés a assisté à la rencontre dans le bureau ovale mais les journalistes américains sont tenus à l’écart.
    • New York Times: Donald Trump aurait demandé à trois reprises à James Comey l’assurance de sa loyauté, ce que ce dernier a refusé.
    • New York Times: James Comey aurait demandé davantage de moyens pour continuer l’enquête sur l’ingérence russe dans les élections à Rod Rosenstein et au Sénat.
  • Jeudi 11 mai 2017 – L’interview vérité
    Donald Trump admet (interview donnée à NBC) qu’il a décidé de renvoyer Comey parce qu’il refuse de lâcher l’enquête sur la campagne présidentielle
  • Vendredi 12 mai 2017 Les « tapes » 
    • Donald Trump menace James Comey (via Twitter) s’il venait à révéler des informations compromettantes à la presse sous peine de ressortir « des enregistrements » qu’il semble avoir gardé de ses discussions avec lui.
    • Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche ne nie pas, ni ne confirme l’existence de ces enregistrements en conférence de presse.
  • Lundi 15 mai 2017 – Les révélations du Washington Post:
    Le quotidien révèle que Donald Trump a partagé des informations ultra-confidentielles lors de sa rencontre avec les autorités russes la semaine d’avant.

    Informations concernant les menaces terroristes de Daech qui ont été transmises par Israël
    Le général McMaster, secrétaire à la Sécurité Nationale, nie les échanges
  •  Mardi 16 mai 2017 – Le « mémo de Comey », LE SMOKING GUN?
    • Trump confirme (via Twitter) avoir discuté de la lutte contre le terrorisme avec les Russes dans le bureau comme sa position de président l’y autorise.
      Ces infos ultraconfidentielles ou « code words » ont été fournies par Israël.
    • The New York Times: Trump aurait demandé au directeur du FBI, James Comey, de mettre fin à l’enquête fédérale sur le général Michael Flynn le lendemain de sa démission du poste de conseiller à la sécurité nationale: Il a menti au vice-président Mike Pence sur la nature de ses discussions avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, le 29 décembre 2016, le jour où le président Obama a annoncé les sanctions contre les Russes pour s’être ingéré dans les élections présidentielles.
      Sally Yates, ministre de la justice par intérim, a prévenu fin janvier le président des mensonges de Mr Flynn et ce dernier n’a rien fait jusqu’aux révélations du Washington Post qui détaillent le 9 février le contenu des discussions de Flynn et Kislyak: la levée des sanctions imposées par Obama sur la Russie.
    • Les Démocrates et médias parlent d’une obstruction de justice qui a peu de chances de mener à la destitution du président.
    • Le mémo de Mr Comey mentionne également l’emprisonnement des journalistes qui publient des informations confidentielles
  • Mercredi 17 mai 2017 :
    • Rod Rosenstein, le ministre adjoint de la justice, a nommé hier un « conseiller spécial », Robert Mueller, ancien directeur du FBI, pour poursuivre l’enquête du FBI sur l’ingérence russe dans les élections, et répondu aux demandes des Démocrates.
      Pas sûr que cet homme intègre, et ami de James Comey soit une bonne nouvelle pour Donald Trump, qui a exprimé sa frustration ce matin

 

  • La revanche du Comey n’est pas terminéeDétaché des contraintes de confidentialité lié à son statut au sein de FBI, Comey peut désormais parler librement et il pourrait avoir d’autres révélations contre le président.

 

  • La saga Comey dans les journaux américains

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2. Les conservateurs: « The Monthy Python Movement »


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  • Le Wall Street Journal qui a été plus que patient avec le président depuis son investiture, voire son élection était dubitatif ce matin:

    La présidence de Trump n’a été qu’une succession de turbulences, ce qui semble être ce qu’il recherche. La dernière en date concerne le partage de renseignements confidentiels avec les Russes – et quel que soient les détails de cet incident, toute présidence ne peut traverser qu’un certain nombre de turbulences avant de voler en éclats (…)
    Des millions d’Américains sont au courant des travers de Trump mais ont pensé qu’il valait le risque. Ils ont pensé, ou espéré qu’il assumerait les exigences de sa position. S’il en est incapable, il va trahir leurs espoirs et sa présidence se noyer devant leurs yeux

     

  • John Podoretz du New York Post n’y va pas de main morte:

    Aujourd’hui tout ce qu’on peut dire sur Donald Trump, c’est qu’il est un mauvais président – en partie parce qu’il ne peut s’empêcher de se créer des problèmes, de son propre chef.
    Oui les médias sont contre lui, et les Démocrates veulent sa peau. Mais tous ceux qui veulent trouver des excuses au président parce qu’il est mal traité à Washington et serait desservi par son propre staff ignorent le fait principal: qu’il est train de bousiller la situation politique comme personne ne l’avait fait auparavant.

    Ce n’est que le 117ème jour d’une présidence qui est censée en compter 1 460.
    Mais après les blessures sidérantes auto-infligées de ces deux derniers jours, il n’est pas irraisonné pour la première fois de se demander s’il n’a pas déjà servi la majorité des jours qu’il était censé servir.

     

  • National Review est plus modérée en attaquant l’hystérie collective qui s’est emparée des Démocrates et médias mainstream contre la Russie:

    Biensûr la meilleure chose serait d’avoir un président qui ne fait pas d’énormes bourdes avec la Russie. Ce n’est pas le cas. Mais en essayant de créer la panique ou des scandales pour le destituer, les anti-Trump s’imaginent défendre l’Amérique contre une force chrétienne et fasciste pourrait endommager la capacité du président à gérer des crises bien plus sérieuses.

     

  • Cette fois-ci, selon Politico, « les Républicains auraient atteint le point de non-retour avec Trump ». C’est la menace la plus grave que rencontre aujourd’hui Donald Trump depuis le fameux enregistrement de « Access Hollywood » et à l’époque il n’était pas président.

 

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3. Violences de la garde rapproché de Erdogan à Washington

  • Les images sont d’une violence inouïe, et elles n’ont ni lieu en Turquie, en Corée du Nord ou même en Russie mais aux abords de la Maison Blanche. Hier un groupe de militants et manifestants kurdes s’étaient rassemblés à Washington pour la première rencontre officielle entre le président turc Erdogan et Donald Trump.
    La garde rapprochée de Erdogan s’est violemment attaquée aux manifestants, malgré la présence policière et aucun des agresseurs ne semble avoir été arrêté.

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4. Les Etats-« emojis » d’Amérique

  • Axios a transformé les figures de Chernoff en emoji pour rendre compte de la situation des Etats du pays: Voir le graphique interactif ICI

    Axios
  • Pour comprendre les codes 
    • La couleur de peau correspond au nombres des gens qui ne sont pas assurés: plus c’est vert, moins il y a d’assurés et plus c’est jaune, plus les habitants sont couverts par une assurance santé
    • Les Sourcils: Plus ils penchent de chaque côté, plus le taux de chômage est important
    • Les yeux: plus ils sont gros, plus les taux de diplôme chez les plus de 25 ans est important
    • Les cernes: Ceux qui en ont le plus sont ceux dorment le moins
    • La bouche: Plus elle est grande, plus l’indice de pauvreté est important
    • Le menton: Plus il est visible, plus le taux d’obésité sera important
  • On en déduit qu’il fait bon habiter dans le Vermont, le Minnesota, le Massachusetts, Hawaï et généralement le Nord Est des Etats-Unis. Tous les états du Sud sont en petite forme: La Floride, La Géorgie, Alabama, Mississipi, Louisiane, Oklahoma, Texas.

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5. A l’intérieur de l ‘Apple Park

  • C’est la « cover story » de Wired magazine ce mois-ci: Le nouveau campus de Apple construit aux alentours de Cupertino en Californie et l’un des projets architecturaux les plus impressionnants de ces dernières années: « pas les immeubles de bureaux qui deviennent rapidement ennuyeux » mais quelque chose de nouveau, « le meilleur office du monde » confié à l’excellent Norman Foster.
  • C’est une immense boucle de huit bâtiments, de 461 mètres de diamètre d’une superficie de 260 000 m2, haute de quatre étages disposant de trois sous-sols qui peut accueillir jusqu’à 12 000 employés sur 260 000 m2.
    C’est la dernière grande obsession de Steve Jobs qu’il a imaginé pour l’avenir de sa compagnie et l’un des défis les plus ambitieux de Apple.
  • Présentée par Jobs devant le conseil municipal de Cupertino en juin 2011, dernière apparition avant son décès au mois d’octobre suivant, le projet de « Apple Park » a été accepté a l’unanimité en octobre 2013. Le projet, évalué à cinq milliards de dollars a mis trois ans à être construit (2014-17) et les premiers employés ont commencé à s’installer ce mois-ci.
  •  Pourtant le projet de cinq milliards de dollars est de plus en plus critiqué sur plusieurs points:
    • Architectural: « Un cocon rétrograde pour le Los Angeles Times ou « une réserve snob et isolée en contradiction avec l’école urbaniste branchée du siège social »
    • Social: La structure rigide de Apple Park « ne peut s’adapter aux éventuelles évolutions des façons de travailler. Autre point important: Il n’y a pas de garderie.
  • * « Campus: An exclusive Look inside the Mothership » – Wired

 

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6. Le reste de l’actualité

  • Politique: Atmosphère lourde & irrespirable à la Maison Blanche, Trump est sombre et amer, ses conseillers tétanisés, même Jared Kushner est visé par les critiques. The New York Times
  • Médias: « Jimmy Fallon était au sommet du monde jusqu’à ce que Trump soit élu ». L’humour potache et apolitique de cet ancien membre de Saturday Night Live n’a pas résisté à l’atmosphère ultra-politisé de l’Amérique de Trump qui s’est supplanté par des « woke »comédiens et anciens disciples d’un humour bien ironique de politique de Jon Stewart: Jon Oliver, Seth Meyer, Samantha Bee – The New York Times
  • Cinéma: Michael Moore est en train de réaliser un documentaire sur la présidence de Donald Trump intitulé « 11/9 » (le « 09 novembre », lendemain des élections présidentielles américaines et clin d’oeil à son autre documentaire sur la présidence de George W. Bush, « Fahrenheit 9/11 ») produit par les frères Weinstein – Variety
  • Mode: le combishort (« rompers ») pour les frat-boys (fils à papa américains antipathiques, propres sur eux, souvent misogynes et qui parlent fort) – New York Post
  • Armée: Chelsea Manning sort de prison aujourd’hui. Elle avait été arrêté en 2010 après avoir fourni à Wikileaks des 700 000  câbles diplomatiques sur la guerre en Irak et en Afghanistan. Barack Obama a transformé a réduit sa peine de 35 ans de prison à seulement sept ans et un changement de sexe. – Reuters

 

Le kiosque du 14.05.17: ComeyGate & les Conservateurs; Spicer sur la sélette? Sessions veut emprisonner l’es US; Twin Peaks, le fais divers

 

Aujourd’hui, c’est a fête des mères aux Etats-Unis!
Bonne fête à toutes les mamans!

Au sommaire de ce dimanche 14 mai 2017

1. ComeyGate: Ce qu’en pensent les Républicains
2. ComeyGate: Ce qu’en pensent les médias conservateurs
3. ComeyGate: Ce qu’en pensent les supporters du président
4. La fin de Sean Spicer et des briefings de la White House?
5. Jeff Sessions: Vers une incarcération de masse?
6. Le fais divers qui a inspiré Twin Peaks

 

***

 

1. ComeyGate: Ce qu’en pensent les Républicains

  • Les conseillers du président se font très discrets en cette fin de semaine, surtout après la cacophonie qui a suivi le renvoi de James Comey: Le président a contredit son porte parole qui affirmait qu’il avait suivi les recommandations de l’adjoint du ministre de la Justice, Rod Rosenstein et affirmé qu’il avait pris la décision, seul, depuis longtemps car « Mr Comey ne faisait pas bien son travail » – celui de diriger l’enquête du FBI sur d’éventuelles collusions entre son entourage et les Russes qui étaient d’ailleurs invités en grande pompe avec leurs journalistes dans le bureau ovale mercredi.
    Seul Trump est apparu sur … Fox News hier soir.

 

  • Un silence très lourd des Républicains.
    Heureusement pour le président, les Représentants étaient retournés cette semaine dans leur circonscription, ce qui leur a permis de ne pas avoir à commenter sur l’actualité brûlante de leur leader.
    Si les figures du parti ont défendu le limogeage de James Comey mardi après midi, ils se sont tus sur la déconfiture qui a suivi le limogeage, les cafouillages de Sean Spicer et Sarah Huckabee, respectivement porte-parole et son adjoint, l’interview de Donald Trump dans lequel il a avoué avoir viré Comey pour sa gestion de l’enquête qui le concerne et menacé de supprimer les conférences de presse de la Maison Blanche.

 

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2. ComeyGate: Ce qu’en pensent les médias conservateurs 

 

  • Les médias conservateurs
    Les journalistes ont été les plus critiques sur le comportement du Commander-In-Chief et ses conséquences, sur Fox News, notamment.
    Chris Wallace, un vétéran de Washington et l’un des journalistes les plus respectés de la chaîne d’info parle de « la semaine la plus incroyable qu’il ait couverte » dans la capitale. Ce qui l’a le plus choqué: Les allégations du président selon lesquelles il enregistrerait tout ce qui se passe dans le bureau ovale, ces fameuses « tapes ».

    [Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, interrogé sur ces propos hier vendredi après midi en conférence de presse] aurait pu dire non.
    Il aurait pu dire oui.
    Il a dit qu’il n’avait rien à dire la-dessus. C’est le refus de démentir.
    Peut-être que le président fait marcher la presse et qu’il n’y a rien au bout du compte.
    Mais pourquoi faire cela?
    Pourquoi vouloir rabaisser la crédibilité de la Maison Blanche qui est déjà bien amochée.

     

     

    Charles Krauthammer, l’un des commentateurs conservateurs les plus respectés :

    [Il y avait la possibilité] d’une sortie en grâce (…)
    Au lieu de cela, nous avons eu ceci – un meurtre politique, brutal, même aux normes de Washington. Pas de dernière entrevue, ni de lettre de démission, de remerciements présidentiels, de séparation cordiale. Pourquoi?
    Trump s’inquiète de plus en plus de l’enquête sur l’ingérence russe durant les élections sous l’autorité du très médiatisé Comey.
    Si Trump a pensé qu’il allait étouffer l’affaire, ou la ralentir, il a fait la bévue du siècle.
    Virer Comey n’aurait pas pu attirer davantage d’attention sur le rôle de la Russie.
    Ca n’arrêtera pas l’enquête du FBI.
    Et les séances pour confirmer son successeur [devant le Sénat] vont devenir un forum télévisé sur les accusations de collusions, qui n’ont été jusqu’à présent qu’un scandale à la recherche d’un crime.
    Pourquoi a-t-il agi ainsi?
    On sait pourquoi: Le roi a demandé si quelqu’un pouvait se débarrasser de ce prêtre gênant, et incapable d’être patient, il l’a fait lui-même.


    Chris Stirewalt
    parle sur Fox News d’une « situation très inquiétante »:

    La plupart des supporters de Donald Trump semblent inconscients ou réticents à confronter la situation actuelle. Juste parce qu’on dit que le comportement des Démocrates face à Trump est hystérique ne signifie pas que Trump a raison (…) L’approche incohérente d’un scandale susceptible de mettre la présidence en danger n’est ni la faute de son staff, ni les mensonges de la presse, ni celle des Démocrates. C’est surtout la faute d’un président qui refuse fermement de soutenir son équipe, de montrer du respect pour la séparation des pouvoirs ou avoir de la patience.

    Les commentateurs de Fox news se contentaient eux de dénoncer l’hystérie des Démocrates.

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3. ComeyGate: Ce qu’en pensent les supporters du président

Data: SocialFlow; Chart: Andrew Witherspoon / Axios
  • En attendant, l‘affaire Comey semble avoir peu changer l’opinion de supporters de Trump, visiblement peu intéressés par les évènements de cette semaine: « Washington tremble et le pays de Trump baille ».
    Le scandale de la semaine a fait la une des journaux traditionnels mais est resté plutôt « froid » sur Facebook

    comparé à d’autres polémiques comme l’investiture du président, l’annulation de Trumpcare en mars dernier, la démission du général Flynn début février ou la « travel ban » – en trois mois seulement!

 

***

4. La fin de Sean Spicer et des briefings de la White House?

 

  • Autre conséquence de l’affaire Comey: Donald Trump menace de supprimer les conférences de presse quotidiennes de la Maison Blanche assurées par son porte-parole, Sean Spicer, et son adjointe, Sarah Huckabee, parce que les journalistes seraient trop hostiles envers eux.
    Il a confirmé ces propos lors d’une interview avec Jeanine Pirro sur Fox News diffusée samedi soir et proposerait de répondre aux questions des journalistes, lui-même, deux fois par mois.

 

  • Petite recap de cette folle semaine dans Saturday Night Live avec l’apparition de Donald Trump (Alec Baldwin), Sean Spicer (Melissa McCarthy) et même son adjointe Sarah Huckabee Aidy Bryant).


***

5. Jeff Sessions: Vers une incarcération de masse?

Jeff Sessions lors du Thank You tour en décembre 2016 à Mobile, Alabama.
AP Photo/Brynn Anderson
    • Les Républicains et Donald Trump l’avaient promis durant la campagne: Détruire autant que possible l’héritage de Barack Obama, que ce soit l’assurance santé, les mesures de protection de l’environnement ou encore la réforme de la justice.

 

    • Dans ce domaine, Trump a nommé l’un de ses proches et plus fervents supporters, Jeff Sessions, ancien gouverneur d’Alabama, qui a annoncé un retour du programme très controversé, inefficace et coûteux de « la guerre contre la drogue », mis en place durant les années 80 et 90, qui a condamné et envoyé en prison des centaines de milliers d’Américains, essentiellement afro-américains, pour des délits mineurs, notamment ceux liés à la drogue.

 

    • Eric Holder, ministre de la justice de Barack Obama (2009-2015) a réformé cette approche très agressive de la justice en limitant les peines encourues pour la consommation et détention de drogues douces et des délits mineurs et en insistant sur l’importance de la prévention par rapport à la répression systématique.

 

    • Le nouveau ministre de la justice a effectué un retour en arrière vendredi et demande désormais aux procureurs fédéraux d’appliquer la loi le plus fermement possible, quels que soient les délits, en utilisant les peines minimum obligatoires.
      Une décision plutôt bien accueillie par les magistrats mais critiquée par les associations de défense des libertés civiles (ACLU, Black Lives Matter), les Démocrates et même de nombreux conservateurs dont les très puissants frères Koch, grands donateurs du Parti Républicain.

 

  • Mr Holder était furieux du retrait de sa réforme appliquée depuis 2013 qui a permis de désengorger les prisons du pays – les Etats-Unis ont la première population carcérale au monde:

    La réforme annoncée aujourd’hui n’est pas plus dure envers la criminalité, elle est plus bête (…) C’est une approche idéologique destinée à réprimer qui n’a réussi à engendrer que des peines de justice longues injustes imposées à tort et à travers et qui n’ont rien apporter à long terme à la sécurité publique.

    * « Sessions moves to lengthen drug sentences » – Politico

 

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6. Le fais divers qui a inspiré Twin Peaks

 

 

    • Le meurtre remonte au mois de juillet 1908 dans la communauté balnéaire de Sand Lake, dans le nord de l’Etat de New York. La jeune Hazel Irene Drew a été vue pour la dernière fois seule à la tombée de la nuit sur une route isolée et retrouvée morte, le crâne fracturé, quatre jours plus tard dans le lac situé à proximité.
      Le meurtre a attiré à l’époque l’attention des médias du pays, notamment celle du Washington Post, mais n’a jamais été élucidé et aurait pu retomber dans l’oubli si Mark Frost, le créateur de Twin Peaks, n’avait passé ses vacances, enfant, dans le hameau de Taborton, à quelques kilomètres seulement de Sand Lake.

 

  • Ce dernier raconte que la mort de la jeune Hazel est rentré dans le folklore local comme un avertissement aux enfants de la région de ne pas aller dans les bois la nuit au risque de rencontrer le même sort.

    « J’ai entendu des histoires sur Hazel toute mon enfance car elle aurait hanté le lac » et « c’est un peu d’où vient l’histoire de Laura [Palmer, l’héroïne de Twin Peaks] ». L’idée que le corps de cette fille a été retrouvé à côté de l’eau, le mystère qui reste entier, les nombreux suspects, et tous ces gens qu’elles fréquentaient qui venaient d’horizons économiques et sociaux différents ».

    A l’époque, les enquêteurs avaient identifié plusieurs suspects mais n’ont jamais réussi à identifier l’assassin ou obtenir des aveux.

    Un sage m’a un jour dit que le mystère est l’un des plus importants ingrédients de la vie pour la raison suivante: le mystère créé l’enchantement qui provoque la curiosité, qui est le terrain propice qui et ce que nous sommes vraiment

    * « Hazel’s brutal murder was all but forgotten. Until she inspired « Twin Peaks » – The Washington Post

 

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L’info dans le reste du pays

  • Les Représentants républicains californiens font profil bas depuis le vote de l’American Health Care Act – tous ont voté pour – mais c’était sans compter leurs adversaires démocrates bien décidés à exploiter ce choix pour les battre aux élections de mi-mandat en 2018. Via Los Angeles Times

 

  • Le seul endroit aux Etats-Unis où l’on peut obtenir un Master en « Yoga Studies »? Los Angeles – Via Los Angeles Times

 

  • Recrudescence de requins en Californie mais qui sont plus facilement repérables grâce aux outils technologiques, genre drones, smartphones et caméras – The Orange County Register

 

  • Michelle Obama est très en colère contre la décision de Donald Trump d’annuler un programme fédéral destiné à offrir des repas plus équilibrés aux élèves des cantines scolaires. – Chicago Tribune

 

  • Une charter school de Boston a interdit à ses étudiantes de porter des extensions capillaires, les fameuses tresses africaines, des extensions très populaires dans la communauté afro-américaine. L’administration en a déjà suspendues plusieurs des équipes sportives de l’établissement ou encore de la fameuse « prom » de fin d’année. Une « hair policy » que les parents dénoncent comme raciste. – Boston Globe

 

  • L’appellation certifiée bio, dite « organic » aux Etats-Unis, aurait été donnée à des importations de maïs et de soja qui ne l’étaient pas – Washington Post

Le Kiosque du 12.05.17: Trump menace Comey; Seattle vs SF; un journaliste en prison; les médias libéraux: A Droite Toute!

 

Aujourd’hui dans le kiosque du vendredi 12 mai:

1. Trump menace Comey
2. Cette couverture du New Yorker
3. Seattle, San Francisco à visage humain
4. Un journaliste arrêté pour avoir fait son boulot
5. Les médias libéraux: A droite toute!
6. La ligue de soccer féminin en prime-time

 

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1. Trump menace Comey

Enième tweetstorm de Donald Trump ce matin:
 

  • Il a essayé de dissuader l’ancien directeur du FBI, James Comey, de parler à la presse en évoquant l’existence d’enregistrements de leurs conservations qui serait susceptible de contredire ses propos. Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche a refusé de donner davantage d’informations sur les propos du président cet après midi en conférence de presse.
     
    A chaque fois qu’il est pris au dépourvu, le président a tendance à évoquer des preuves, dont il a lui seul le secret, pour mieux intimider ses adversaires: Il a accusé son prédécesseur de l’avoir mis sur écoute et a tenté de discréditer l’ancienne Miss Univers, Alicia Machado, en évoquant des « sex tapes » que personne n’a jamais trouvé.
     
    La Maison Blanche craint des fuites d’information à son encontre de la part des certains agents du FBI qui souhaitent s’attend venger le limogeage de leur boss.
    Quant à Mr Comey, il a refusé l’invitation de la Commission de renseignement du Sénat à témoigner sur les circonstances de son limogeage.

     

    Pour tout comprendre sur la chronologie des évènements entourant le ComeyGate: Un très bon recap ICI

 

  • Le New York Times affirme que Donald Trump a renvoyé James Comey car ce dernier aurait refusé de lui prêter allégeance. Le président aurait fait la demande lors d’un dîner privé le 27 janvier dernier, au lendemain de l’entrevue entre Sally Yates et un conseiller de la Maison Blanche, Donald McGahan, au cours de laquelle la ministre de la justice par intérim a évoqué les mensonges du conseiller à la Sécurité Nationale, Michael Flynn, sur ses relations avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, et les risques de chantage dont il aurait pu faire l’objet.
     
    Impossible de savoir si le président est au courant que les agents du FBI prêtent serment à la Constitution des Etats-Unis et non pas au chef de l’Etat pour une raison simple:

     

    Un gouvernement qui repose sur des individus – qui peuvent être imprévisibles, faillibles et prompts à faire des erreurs – peut mener trop facilement à la tyrannie d’un côté et à l’anarchie de l’autre. Les pères fondateurs ont voulu éviter ces extrêmes en créant un gouvernement équilibré basé sur principes constitutionnels.

     

  • Il a ensuite menacé de supprimer les briefings quotidiens de la Maison Blanche, les rendez-vous désormais cultes de l’après midi avec Sean Spicer, pour les remplacer par des questions/réponses écrites.
    La raison? La porte parole adjointe, Sarah Huckabee, a affirmé aux journalistes que le limogeage du directeur du FBI était la conséquence directe des recommandations faites par l’adjoint du ministre de la Justice au président mardi. Explications contredites par l’intéressé, Donald Trump, dans une interview diffusée hier sur NBC dans laquelle il explique qu’il avait décidé depuis longtemps de renvoyer Mr Comey, quelles que soient les recommandations qu’il aurait reçu à ce propos.

     


    « Trump warns Comey and Says He May Cancel Press Briefings »
    – The New York Times

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2. Cette couverture du New Yorker

  • Et puis vous avez cette couverture du New Yorker du vendredi après midi qui vous ravie: Barry Blitt est le dessinateur attitré de tout ce qui touche à Donald Trump et il réussit un coup de génie dans son illustration du limogeage de James Comey, « Ejected »

 

 

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3. Seattle, San Francisco à visage humain

  • Seattle et la Silicon Valley/San Francisco sont des villes ultra connectées, riches et portées sur l’avenir mais ont une vision très différente de leur futur.
    Les deux régions de la côte Ouest des Etats-Unis situées à 1 300 km l’une de l’autre sont les deux pôles technologiques les plus importants du pays, connectés l’un à l’autre (Seattle serait devenue le « complément » de la Valley) qui partagent une histoire commune: Elles ont toutes les deux prospéré pendant la Ruée vers l’Or (au milieu du 19ème siècle) et accueilli ces dernières décennies les entreprises les plus dynamiques, créatrices et rentables de l’économie américaine.

 

  • Pourtant les deux villes sont bien distinctes non seulement par leur taille, par leur production – la Silicon Valley est remplie de start-ups, de grandes entreprises spécialisées dans la fabrication de petits pièces, genre micro-processeur, téléphones portables, applications tandis que Seattle accueille les géants de Boeing, Amazon et Microsoft, « des constructeurs d’importants centres de données » mais la scène start up est sous-développée – mais aussi par l’image qu’elles cultivent et qu’elles veulent renvoyer.
    « Les habitants de Seattle refusent de voir leur ville devenir comme San Francsico, dominée par des geeks fortunés » et veulent garder leur statut de seconde ville la plus économiquement intégrée des Etat-Unis – SF est 14ème du classement. »
    « C’est l’une des raisons, à côté des paysages naturels, des logements à bas prix, et de l’absence d’impôts locaux, pour laquelle les « Valleyites » fuient vers le nord. Une meilleure qualité de vie pour deux fois moins cher. »
    * « How America’s two tech hubs are converging » – The Economist

 

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4. Un journaliste arrêté pour avoir fait son boulot

 

  • Ca peut paraître anecdotique si ça n’était pas l’Amérique de Trump où la liberté de la presse est ouvertement et quotidiennement menacée par le gouvernement.
    Le journaliste Dan Heyman a été arrêté dans le Capitole de Virginie Occidentale à Charleston mardi soir après avoir tenté d’interviewer le Secrétaire d’Etat à la Santé Tom Price, emprisonné pendant sept heures et inculpé pour avoir « volontairement interrompu la bonne marche du gouvernement », un délit mineur dans cet Etat.
  •  

  • Le journaliste était présent en toute légalité dans le bâtiment qui sert de siège au Congrès où il a essayé d’arracher une réponse à Mr Price sur Trumpcare, à avoir si la violence domestique serait considérée comme un antécédent médical ou non. Il a tenté de se rapprocher de lui avant d’être écarté par la sécurité.
    Selon les autorités, le journaliste aurait tenté de se frayer un chemin entre les gardes du corps et enfreint les mesures de sécurité.

    Les journalistes un peu trop insistants sont généralement évacués sans risques de poursuites judiciaires; celles de Mr Heyman, demandées par la Mairie, sont conséquentes: une caution de 5 000 dollars et une amende de cent dollars et une peine maximum de six mois de prison pour « délit mineur ».
  •  

  • « Ces choses ne sont pas censées arriver dans une démocratie comme les Etats-Unis. Ce n’est pas ce que nous défendons », affirme l’avocat de Mr Heyman, qui explique que son client ne faisait que son boulot.
    Le Comité de protection des journalistes a quant à lui qualifié cette démarche « de pur affront envers la liberté de la presse ».

    L’histoire a été relayé dans le New York Times et le Washington Post
     
    * « Dan Heyman Interview » – Esquire

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5. Les médias libéraux: A droite toute!

  • Les médias dits « libéraux », ceux qui penchent à gauche et sont très critiques envers le président, qui représentent une grande majorité des médias mainstream aujourd’hui avec en chef de file le New York Times, le Washington Post ou la chaîne câblée MSNBC, profitent depuis la campagne présidentielle de l’effet Trump
    Le caractère peu orthodoxe du personnage fait beaucoup d’audience mais le critiquer est encore plus profitable: tous ces médias ont enregistré des taux records d’abonnements, revenus publicitaires en hausse et non jamais rassemblé autant de téléspectateurs.
  •  

  • Pourtant ces derniers ont décidé depuis les résultats inattendus de l’élection qu’aucun d’entre eux n’a su anticiper, de diversifier leur personnel en recrutant de nombreuses personnalités plus « conservatrices ». L’arrivée d’un climatosceptique, Bret Stephens, dans le comité éditorial du New York Times a choqué beaucoup de lecteurs tout comme celle de Hugh Hewitt au Washington Post. Ce dernier devrait d’ailleurs animer prochainement une émission politique sur … MSNBC, qui fait aujourd’hui sa pub en se targuant d’aller « trop à droite ».
    Quatre raisons selon Slate expliqueraient cette tendance:
       * Aller piquer des téléspectateurs de Fox News qui est en train de traverser la pire crise de jeune existence
       * Apporter davantage de pluralisme dans le traitement de l’information et avoir accès à ce que pensent les conservateurs – éclater autant que possible la bulle libérale qui a aidé Trump à être élu.
       * Coup de pub pour attirer davantage d’annonceurs.
       * Les conservateurs engagés par le Times, le Post ou MSNBC sont ceux qui ont refusé de soutenir Trump et dont l’avenir est dans l’opposition même s’ils restent à droite.
     
    * « Why are liberal media outlets on a conservative hiring spree? Five theories » – Slate

 

  • Les « libéraux » peuvent se rassurer, ils disposent encore de nombreux alliés dans les médias, souvent d’anciens proches de Clinton, mais la représentation de la branche plus « progressive », les proches de Sanders, est plus rare – ils n’ont d’ailleurs reçu aucun soutien durant les primaires démocrates et le reste des élections présidentielles.
    Pour l’Observer, ancienne propriété de Jared Kushner, gendre de Trump, qui penche à droite, l’explication est simple:

Plutôt que de recruter pour combler le manque de « progressistes » dans les médias, MSNBC, The New York Times et autres se sont recentrés vers la droite dans l’espoir de casser la suprématie de Fox News.
Ce changement s’inscrit dans une tendance plus large de l’establishment de la politique et des médias de taxer Bernie Sanders et ses supporters d’extrême gauche. Une catégorisation péjorative qui laisse entendre que les progressistes sont radicaux, en marge et ont peu de soutien.

 

 

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6. La ligue de soccer féminin en prime-time

  • La chaîne féminine Lifetime, spécialisée dans les téléfilms dramatiques, à l’eau de rose, ou « romcom » de seconde zone, et propriété du groupe A&E vient d’acquérir les droits de transmissions télé de la ligue féminine nationale de soccer (NWSL) et d’acheter des parts de la Ligue, ce qui devrait lui garantir davantage d’exposition médiatique pour les années à venir.
    Grâce à ce contrat, la National Women’s Soccer League aura ses matchs retransmis à la télé dans tout le pays, la condition sinequanone pour attirer spectateurs, supporters, et engranger des revenus.
  •  

  • On parle d’un investissement de plusieurs millions de dollars de la part de la part du réseau câblé qui pourrait toucher une audience d’environ cent millions de foyers, plus importante que ESPN, La chaîne sportive américaine.
  •  

  • La ligue féminine créée il y a quatre ans est la plus réussie depuis les échecs de la Women’s United Soccer Association (WUSA) en 2003 et la Women’s Professional Soccer (WPS) en 2011.
    Contrairement à l’équipe nationale très célèbre – la finale de la coupe du monde féminine en 2015 reste le match de football le plus regarde de la télé américaine – le championnat peine à attirer susciter l’intérêt du public et des sponsors. Grâce à une rencontre hebdomadaire diffusée sur Lifetime, la ligue et le réseau espèrent fidéliser davantage.
    Bonne Chance!

Le kiosque du 11.05.17: « ComeyGate » – Black Lives Matter à maturité – « Woke comedians » – Une espérance de vie: les écarts se creusent

 

 

Dans le kiosque du jeudi 11 mai 2017 – New York:

1. Tout savoir sur le ComeyGate
2. ComeyGate: Vers une crise constitutionnelle?
5. Black lives matter, une force politique
6. Les écarts d’espérance de vie se creusent aux Etats-Unis
7. « The Age of the Woke Late-Night Show Comedians »

 

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1. Tout savoir sur le ComeyGate

Voici ce qu’il faut retenir jeudi de la crise la plus importante que traverse la Maison Blanche cette semaine:
 

  • Mardi après midi, Donald Trump a signé le renvoi immédiat du directeur du FBI, sans prendre le soin de l’appeler – ce dernier a appris à la télé de Los Angeles – après avoir suivi les « recommandations » du ministre de la Justice, Jeff Sessions, et de son adjoint, Rod Rosenstein, en place depuis seulement deux semaines, qui ont conclu que Mr Comey n’avait pas bien dirigé l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton, close en juillet dernier et avait compromis l’intégrité de l’agence de renseignements, accusée de soutenir la candidate démocrate.
  •  

  • La Maison Blanche a affirmé mercredi que Trump comptait en fait renvoyer Comey depuis novembre et que les conclusions de Mr Rosenstein, prises en tout indépendance, avait précipité les démarches.
    Selon Maggie Haberman du New York Times, Donald Trump n’a pas supporté l’attitude « insoumise » de Comey à son égard ces derniers mois:
     

    • Contredire les accusations lancées début mars sur Twitter contre Barack Obama qui l’aurait mis sur écoute pendant la période de transition.
    • Reconnaître publiquement l’existence d’une enquête sur d’éventuels liens entre son entourage et les Russes pendant la campagne présidentielle.
    • Admettre la semaine dernière que l’idée de l’avoir aidé à remporter les élections – en rouvrant l’enquête sur les emails de Clinton à onze jours du scrutin – lui faisait mal au coeur.

       

      Pour un président obsédé par la loyauté, Mr Comey est apparu comme un agent sans scrupules en qu’il n’avait aucune confiance, encore moins pour diriger une enquête sur les relations de son entourage avec Russie pendant les élections. Pour un homme de loi obsédé par son indépendance, Mr Trump était l’électron libre capable de propos irresponsables sur Twitter qui aurait pu mettre en cause la crédibilité du bureau.

       

  •  


  •  
    Ce renvoi inattendu a pris de court la Maison Blanche
    qui avait du mal à s’entendre hier sur les raisons et le timing de cette décision: Pourquoi ne pas avoir viré Comey juste après les élections? Y a-t-il un rapport avec le cours de l’enquête du FBI?

    Sean Spicer s’est retrouvé caché mercredi soir dans les buissons de la White House pour essayer d’échapper aux journalistes à qui il a fini par répondre dans la nuit noire.
    Son adjointe, Sarah Huckabee, qui l’a remplacé en conférence de presse, et parlé des « atrocités » commises par Comey.
    Enfin on a le droit au retour de Kellyanne Conway, conseillère zélée du président, dont la prestation a fait une fois de plus le tour d’internet.
  •  

  • Trump a utilisé l’erreur de Mr Comey la semaine dernière – il a accusé la conseillère de Clinton, Huma Abedin, d’avoir forwardé des milliers de emails contenant des informations confidentielles à son mari alors qu’il ne s’agissait en fait que de deux chaînes de emails – pour le virer contre l’avis de ses plus proches conseillers.
    On sait que le président a appelé Jeff Sessions et Rod Rosenstein lundi pour préparer le mémo qui justifie le renvoi de Comey
  •  

  • Le président a été surpris du tollé de critiques provoqué par ce renvoi, surtout de la part des Démocrates qui, selon lui, auraient renvoyé directement Comey si Hillary Clinton avait été élu.
    Explication reprise en coeur par les proches du président et républicains hier après midi.
  •  

  • Pour rajouter un peu plus d’huile sur le feu, il a rencontré hier dans le bureau ovale le ministre des Affaires Etrangères russe et son ambassadeur à Washington, à la demande de Vladimir Poutine.
    Rencontre à laquelle était convié les journalistes russes mais interdite aux journalistes américains.

     
    The Wall Street Journal – Edition du jeudi 11 mai 2017

 

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2. ComeyGate: Vers une crise constitutionnelle?

Comment la Maison Blanche peut-elle sortir de ce pétrin?
 

  • Pour les Républicains et la Maison Blanche, la crise n’existe que dans la tête des Démocrates pour affaiblir le président car après tout « ni les Américains, ni les Parlementaires, ni même les employés du FBI n’avaient confiance en Comey » et il « avait urgence à rétablir l’honneur du Bureau ». 
    Le président rechercherait activement un nouveau directeur qui devra être confirmé par le Sénat. On voit mal le successeur de Comey être aussi agressif s’agissant de l’enquête du FBI sur l’entourage du président.
    De nombreux républicains et les proches du président continue d’affirmer qu’il « n’y a rien à voir » et qu’on « devrait passer à autre chose ».
    Charles Krauthammer, commentateur conservateur respecté demande Condolezza Rice
  •  

  • Une trentaine de parlementaires et sénateurs républicains ont pourtant exprimé des doutes sur les véritables intentions du président et une poignée a demandé la nomination d’un procureur pour poursuivre l’investigation, exigée par les Démocrates
  •  

  • Pour l’opposition, Trump a renvoyé Comey parce qu’il n’avait aucune intention d’arrêter l’enquête sur les liens entre son entourage et le Kremlin pendant la campagne: L’ancien directeur du FBI a d’ailleurs demandé lundi aux membres du Sénat et à Rod Rosenstein de moyens pour approfondir cette enquête.
    C’est Mr Rosenstein qui a « officiellement » demandé son renvoi mercredi.

    C’est le troisième haut fonctionnaire de la sphère judiciaire, après Sally Yates et Preet Bharara a être viré après s’être approché de trop des affaires de Trump avec la Russie, et qui ne fait que renforcer les soupçons.
  •  

  • Les Démocrates ont demandé au ministre adjoint de la justice, Rod Rosenstein (et non pas à Jeff Sessions qui s’est récusé de toute enquête sur la campagne du président) de nommer un procureur indépendant qui puirsuive le travail laissé par Comey. S’il refuse, on pourrait s’attendre à un regain de critiques et l’opposition et de la presse
  •  

  • Deux enquêtes sur l’ingérence russe en cours au Congrès américain dirigées par les commissions parlementaires et sénatoriales du Renseignements sous l’autorité des Républicains.
  •  

  • On devrait s’attendre a de nombreuses fuites du FBI sur l’administration Trump 

 

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3. Not good

Le dernier sondage de Quinnipiac University donne 36% d’opinions favorables au président Trump – et c’était avant le ComeyGate.

 

 

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4. Ou placer le renvoi de James Comey dans ces cent premiers jours?

Merci le New York Times!

Tous les actions du président Trump depuis son investiture

 

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5. Black lives matter, une force politique

blacklivesmatter.com
  • La répression sévère des forces de police et de la justice contre les manifestants, encouragée par la Nouvelle Administration a poussé le mouvement Black Lives Matter à réorganiser sa lutte: Moins de présence dans la rue et plus d’efforts sur le discours et la mobilisation politiques
  •  

  • D’autres groupes, immigrés, femmes et musulmans, devenus ces derniers mois la cible des politiques de Trump sont aujourd’hui défendus par Black Lives Matter qui essaye d’attirer le plus grand nombre de « progressistes » vers leur mouvement pour devenir une force électorale capable de combattre une administration, décidée à casser les efforts entrepris par Obama pour réformer les pratiques de la police et retourner à l’incarcération de masse.
    Leurs revendications intègrent également des thèmes plus sociaux et économiques comme le salaire minimum ou les droits des femmes.
  •  

  • Contrairement à « Occupy Wall Street », Black Lives Matter, un mouvement purement contestataire né lui aussi dans la rue est en train de devenir une force politique  qui compte aujourd’hui une cinquantaine d’antennes à travers le pays.
    « C’est à travers ce travail que les priorités d’un mouvement – comme l’usage obligatoire de caméra sur les gilets par balles – deviennent une norme nationale » et c’est de cette façon que les mouvements efficaces fonctionnent ».
  •  

  • * « Turning away from street protests, Black Lives Matter tries a new tactic in the age of Trump » – The Washington Post

 

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6. Les écarts d’espérance de vie se creusent aux Etats-Unis

  • Le JAMA Internal Medicine a publié lundi un rapport sur l’espérance de vie des Américains et noté des écarts de presque vingt ans entre certaines régions du pays: elle dépasse les 85 ans dans le milieu du Colorado, et les 80 ans sur la côte californienne, le nord est du pays, le nord du Midwest, le sud de la Floride.
    Elle peut tomber jusqu’à 70 voire 65 ans dans certains comtés du Dakota du Sud (réserves indiennes), le long du fleuve Mississipi (Mississipi, Arkansas, Louisiane), dans l’Alabama, le Kentucky et la Virginie Occidentale: des régions marquées par le chômage, le manque d’éducation, la pauvreté, un accès limité aux soins médicaux et des habitudes de vie qui n’arrangent rien, cigarette, manque d’exercice, et l’épidémie de drogues.
Espérance de vie à la naissance en 2014 aux Etats-Unis

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7. « The Age of the Woke Late-Night Show Comedians »

 

 

Les Late-Night Shows américains en feraient-ils trop contre Donald Trump et est-il possible aujourd’hui de faire rire sans s’attaquer au président?
 

  • L’élection de Donald Trump a changé en quelques mois le visage de l’Amérique et obligé de nombreux personnalités médiatiques, notamment à la télévision, à prendre parti pour ou contre le nouveau président – même la chaîne sportive ESPN est accusée de prosélytisme par les Conservateurs.
  •  

  • Ceux qui souhaitent rester neutre ou en dehors de la fièvre partisane le payent très cher à l’instar de Jimmy Fallon, le gentil bouffon de NBC qui a remplacé le légendaire et très conciliant Jay Leno dans l’un des programmes phares de la chaîne, « The Tonight Show » diffusé tous les soirs à 23h30.
    Depuis le 8 novembre dernier, ses parts d’audience ont chuté au profit d’autres Late-Night Shows bien plus politisés (Stephen Colbert, Jimmy Kimmel, Trevor Noah, Seth Meyers…).
    La raison est simple: Jimmy Fallon ennuie les téléspectateurs qui ont désormais besoin de leur shot quotidien de politique, si possible contre le président Trump. Face à ces exigences, le « gentil Fallon, pas compliqué et inoffensif » qui continue d’amuser la galerie et ses invités avec ses sketchs niais, devinettes et karaoké semble presque anachronique, voire désuet.
  •  

  • La présidence de Trump a inauguré l’ère des comédiens de fin de soirée « engagés » (« woke ») dans la vie publique et politique: Selon une étude de George Mason University, Trump durant les cent premiers jours aurait fait l’objet d’un milliers de blagues, d’attaques ou de sketchs sur le petit écran, un chiffre énorme surtout qu’il reste encore 41 mois à passer.
    Le divertissement très politisé porté par Jon Stewart depuis le début des années 2000 triomphe aujourd’hui sous la présidence de Trump contre celui plus potache de Jay Leno: Les « woke late-night show comedians » qui comptent en ce moment sont tous d’anciens acolytes de Stewart et politiquement agressifs: Stephen Colbert, Samantha Bee, John Oliver et Trevor Noah
  •  

  • * « Jimmy Fallon, Late Night’s least woke comedian » – Newsweek
    * « Joke’s on him Study shows Trump subject of most late night quips in early presidency »  – Politico

 

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8. Les unes des quotidiens mercredi 10 mai 2017

Pour comprendre le séisme politique du ComeyGate

le kiosque du 09.05.17: You’re fired!

 

 

  • Trump vire le directeur du FBI qui enquêtait l’ingérence russe pendant les élections présidentielles

    On en vient vraiment à se demander si Donald Trump ne prendrait pas les Démocrates et le reste de la population américaine pour des imbéciles et des ignorants.
     

    Lettre de renvoi du président Trump au directeur du FBI, James Comey

     
    Le président américain a viré mardi après midi le directeur du FBI après avoir « suivi » les recommandations de son ministre de la justice, Jeff Sessions, selon lesquelles il serait incapable de gérer efficacement l’agence de renseignements.
     
    James Comey tient, malgré lui, le haut de l’affiche depuis la campagne présidentielle lorsqu’il a d’abord suscité la colère des Républicains en disculpant Hillary Clinton dans l’enquête sur sa messagerie privée, puis provoqué la haine des Démocrates en décidant le 27 octobre 2016, 11 jours avant le scrutin, de rouvrir cette même enquête après la découverte de nouveaux emails dans l’ordinateur du bras droit de Clinton, Huma Abedin.
     
    Une démarche, saluée à l’époque par le candidat républicain, qui aurait provoqué la défaite de la candidate démocrate aux élections.

     
    James Comey a d’ailleurs défendu cette décision devant le comité judiciaire du Sénat américain la semaine dernière en expliquant que Mme Abedin aurait « forwardé » à son mari, Anthony Weiner, des milliers de emails susceptibles de contenir des informations confidentielles – Le Bureau a rectifié les propos de Comey en précisant qu’il ne s’agissait que de deux chaînes de emails.
     
    C’est cette erreur et la gestion globale de l’enquête sur Hillary Clinton – close l’année dernière – qui aurait convaincu l’administration de tourner la page de l’ère Comey.

     
    La décision rarissime de Jeff Sessions, qui s’est récusé début avril de toute investigation sur la campagne du président ou sur celle d’Hillary Clinton, de demander le renvoi du directeur du FBI qui enquête actuellement sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles, est un abus de pouvoir de l’administration qui peine à cacher l’ambition d’étouffer l’affaire – Trump insiste lourdement depuis plusieurs jours sur l’absence de preuve et qualifie cette enquête de « charade » aux frais du contribuable.

     



    Les Démocrates ont immédiatement demandé la mise en place d’une commission indépendante pour poursuivre l’enquête car « il est impossible de faire confiance à l’entourage du président. »
     
    Les Républicains ont été discrets comme d’habitude, ont soutenu le président et certains ont même demandé à ce que Hillary Clinton soit finalement inculpée.
    Quant aux agents et employés du FBI, ils ont été très surpris de la nouvelle apprise sur les chaînes d’info (comme leur directeur) – On pourrait d’ailleurs s’attendre à des fuites de la part du Bureau ces prochains jours contre le président et son entourage.

    Encore une fois, l’administration affirme qu’il n’y a rien à voir mais agit comme s’il y avait tout à cacher.

     

 

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  • « Yates we can »

    Sally Yates, ancienne procureure générale adjointe du président Obama, est à la une de tous les quotidiens aujourd’hui après une entrevue assez mouvementée devant le Sénat lundi après midi pour répondre à deux épisodes qui ont défavorablement marqué les premières semaines de l’administration Trump et lui ont coûté son renvoi précipité:
     
       * Quelques jours après l’investiture de Donald Trump, elle a prévenu le président que son conseiller à la Sécurité Nationale, Michael Flynn, avait menti au vice-président Mike Pence sur la nature de ses relations avec l’ambassadeur russe à Washington et qu’il aurait pu être l’objet d’un chantage des autorités russes, elles aussi au courant.
     
    Donald Trump n’a rien fait jusqu’à ce que les révélations de Mme Yates apparaissent en une du Washington Post, deux semaines plus tard, et poussent Flynn à la démission – fuites dont elle affirme ne pas être l’auteur.

    La justification de Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche mardi après midi sont édifiantes: ils n’auraient pas accordé d’intérêt « aux déclarations » (il s’agit des discussions ultra confidentielles impliquant la sécurité du pays) de Mme Yates parce qu’elle était démocrate.
    Le président Obama, qui a précipité le départ de Flynn de la Defense Intelligence Agency, l’une des agences du renseignement des Etats-Unis, en 2014, a conseillé au président-élu le lendemain de son élection se méfier de lui: Trump a répondu en offrant à Flynn l’une des plus importantes positions de son cabinet.
     
       * Yates a également défendu hier sa décision de ne pas soutenir le premier décret présidentiel sur l’immigration (la première « travel ban ») signé à la vite le 27 janvier 2017 car le président avait affirmé à plusieurs reprises qu’il s’agissait d’une « muslim ban » uniquement dirigée contre les populations musulmanes
     
       * Ce qu’on retient de cette audience de plus de trois heures, c’est le professionnalisme, l’éthique et l’intégrité de Mme Yates qui a su répondre calmement aux attaques parfois rudes des sénateurs républicains.

 

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  • EPA accueille des pollueurs.

    L’Agence de Protection de l’Environnement (EPA en anglais) dirigée par le climatosceptique Scott Pruitt, a viré vendredi la moitié des membres de l’un de ses plus importants comités scientifiques, « dernier signe de la volonté de l’administration Trump de limiter les capacités de l’Agence à réglementer sur l’environnement en réduisant le rôle de la recherche universitaire ». 
     
    Un porte parole de l’Agence a indiqué que Mr Pruitt voulait remplacer ces scientifiques par des représentants des industries polluantes, celles-là même que l’EPA est censée réguler: « Il pense que [l’Agence] devrait avoir au sein de son comité des gens qui comprennent l’impact de ses régulations sur la communauté ».
     
    Les Républicains reprochent aux scientifiques de privilégier l’environnement au détriment de la création d’emplois et de la bonne marche des certaines entreprises: la présence d’agents économiques au sein du comité, chargé d’évaluer les recherches scientifiques de l’Agence, devrait limiter la portée environnementale des études qu’elle fournit au
    gouvernement pour préparer les règles et restrictions sur tout ce qui est gestion des déchets jetés ou émissions de gaz à effet de serre qui favorisent le changement climatique.
     
    * « EPA Dismisses Members of Major Scientific Review Board » – The New York Times

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  • « The New Gold Rush »

    Ou comment la Silicon Valley est devenue la retraite doré de nombreux anciens conseillers politiques de Washington, qui mettent désormais leur expérience du pouvoir au service des compagnies high-tech.
     
    Le plus connu d’entre eux est sans doute Eric Holder, ancien ministre de la justice du président Obama (2009-2013) engagé par Uber en février pour enquêter sur les accusations de harcèlement sexuel au sein de la compagnie.
     
    La plupart d’entre eux ont travaillé dans les campagnes présidentielles de candidats, Barack Obama (2008 et 2012), John McCain (2008), Mitt Romney (2012), Hillary Clinton (2008 et 2016) ou au sein des Administrations et sont partis capitaliser leur carnet d’adresse, compétences politiques et relationnelles dans les riches entreprises de haute technologie:
     
    « D’une certaine manière, une campagne ressemble beaucoup à une start-up. Tu dois construire rapidement et être préparé à dépenser des millions de dollars pour persuader les gens que ton candidat a raison » explique Matt David, chef marketing de l’application Tinder.
    Ses propos rejoignent ceux de Travis Kalanick, le fondateur de Uber, lors d’une conférence: « Nous sommes en plein campagne électorale et le candidat est Uber et l’adversaire est connard appelé Taxi ».

     

    Uber, Lyft and Airbnb, des compagnies dont les créations ont outrepassé les lois existantes, sont les manuels scolaires de ce que les politiques sont à mêmes de combler

     
    Les méthodes employées en situation de crise sont par exemple les mêmes: Appel à l’action sur les réseaux sociaux, interpeller les élus politiques, et du porte à porte si nécessaire pour convaincre les citoyens, consommateurs et utilisateurs de se mobiliser pour la compagnie.
     
    L’arrivée de conseillers politiques venus de Washington correspond enfin à la fin de la campagne présidentielle qui a laissé nombre d’entre eux libres de se réorienter, Républicains et Démocrates confondus.

    * « Silicon Valley is ‘officially a retirement community for D.C. political vets starting fresh outside the nation’s capital » – The Los Angeles Times

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  • Les étudiants progressistes aussi intolérants que leurs confrères conservateurs?

    Oui à en croire les dernières échauffourées entre partisans et opposants de Donald Trump et de ses supporters dans les universités du pays, notamment celle libérale de UC Berkeley en Californie qui a été le théâtre de violentes émeutes déclenchées par la visite de personnalités conservatrices (Milo Yiannopoulos et Ann Coulter) et qui ont dû être annulées pour des questions de sécurité.
    Une situation dénoncée par les organisateurs républicains comme une violation de leur liberté d’expression et la preuve de l’intolérance de certains étudiants progressistes.

    Un argument qu’il est de plus en plus difficile de critiquer comme l’explique Politico:
     

    Pendant des années, les conservateurs ont été traités d’intolérants, souvent pour de bonnes raisons. Mais les conservateurs vous diront aujourd’hui que ce sont les progressistes qui sont intolérants, en utilisant notamment l’excuse du politiquement correct comme un moyen d’oppression. C’est d’ailleurs devenu un thème important de la campagne, et l’une des principales raisons invoquées par les électeurs de Trump.

     
    Des récentes recherches universitaires montrent que les préjugés et le degré d’intolérance s’équivalent entre les conservateurs et religieux et les progressistes et les Athées.
     
    Dans une étude intitulée « Predicting Ideological Prejudice » publiée dans la revue Psychological Science, Mark J.Brandt explique que les préjugés se fondent avant tout sur des oppositions idéologiques auxquelles se rattachent des considérations sociales et économiques: 
     

    Les supporters conservateurs sont censés s’opposer aux progressistes, gays et lesbiennes, transgenres, féministes, Athées, ceux qui reçoivent les aides de l’Etat, les immigrés en situation irrégulière, les noirs, les scientifiques, les Hispaniques, les syndicats, les bouddhistes, musulmans, hippies, hipsters, démocrates, les goths, immigrés, les plus défavorisés et les nerds.
    Les progressistes de l’autre côté ne devraient pas s’entendre avec les conservateurs, fondamentalistes chrétiens, aux riches, Tea Party, grandes entreprises, Chrétiens, Mormons, aux militaires, Catholiques, la police, hommes, blancs, Républicains, religieux, aux gens de milieux favorisés.

     
    Exemple: Parce que les policiers sont perçus généralement comme étant plutôt conservateurs, les progressistes auront peu de tolérance envers eux.

    Certains diront que l’intolérance des conservateurs est plus dommageable que celle des progressistes car elle cible des groupes plus vulnérables; mais les conservateurs répondront que les progressistes dominent culturellement la société, contrôlent les médias, les universités, Hollywood et l’éducation.

    L’un des moyens les plus efficaces pour entamer un dialogue entre les deux partis est de rentrer en contact avec son « adversaire » et de partager un objectif commun et « neutre » avec lui explique Mr Brandt.

    * « Why Liberals aren’t as tolerant as they think » – Politico

 

21.03.17: A la une des quotidiens américains

 

On vous a sélectionné les principaux éditoriaux de la presse américaine au lendemain des auditions du chef du FBI, James Comey et de la NSA, Mike Rogers qui ont démenti toute mise sur écoute de Trump pendant la campagne présidentielle mais reconnu l’existence d’une enquête sur la nature des relations entre la Russie et les conseillers du candidat républicain avant les élections.

Le seul à paraître un peu sceptique, c’est le Wall Street Journal qui se plaint que « Comey [didn’t] say much »

Le kiosque du 20 mars 2017: Le FBI assomme Trump – Des taupes dans les agences fédérales – Californie recrute dans l’EPA – Heaven’s Gate – March Madness – Hillary’s Back

 

 

  • Le premier jour de Printemps

    Et une mauvaise nouvelle pour la côte de popularité de Donald Trump qui est tombée à 37%, huit points de moins que la semaine dernière selon un sondage de l’institut Gallup, tandis que ceux qui désapprouvent sa politique ont atteint un record de 58%.

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  • Trump nerveux ce matin

    L’audition du directeur du FBI, James Comey, sur les accusations lancées par Trump contre Obama, qui l’aurait mis sur écoute pendant la campagne présidentielle, a eu lieu de matin devant la Commission parlementaire en charge du Renseignement.

    Ni le FBI, ni le Département de Justice n’ont trouvé de preuves soutenant les propos du président – visiblement nerveux sur Twitter.

    Mr Comey a également affirmé qu’une enquête était en cours sur l’ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle et les liens possibles qu’elle aurait pu entretenir avec des associés de Trump.

     

    Twitter

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  • Trump installe des taupes dans toutes les agences fédérales.

    Ce ne sont pas vraiment des taupes, ce sont des conseillers politiques installés par la Maison Blanche dans les agences fédérales pour être « les yeux et les oreilles de Trump ».

    La plupart des membres du cabinet de Trump qui n’ont toujours pas formés d’équipes autour d’eux ni de nominés pour leurs principaux conseillers. Mais ils ont une clique de conseillers installés par la Maison Blanche qui s’en chargent et surtout qui surveillent la loyauté des secrétaires

    Au moins seize d’entre eux ont été placés à l’Agence de Protection de l’Environnement, à la Défense, à l’Energie, à la Santé et même à la Nasa pour vérifier le comportement de leur dirigeants et le rapporter aux assistants du Chef de Cabinet de la Maison Blanche, Reince Priebus. 

    Ces « aides » agissent comme des intermédiaires sur les questions politiques entre les agences et la Maison Blanche. Ils sont également chargés de « surveiller les chefs des Départements et leurs principaux conseillers et vérifier qu’ils avancent bien le programme du président et ne s’éloignent pas trop du discours de la Maison Blanche.

    Trump n’a pas de relations continues ni de liens personnels avec la plupart des leaders de son cabinet. C’est pourquoi contrôler leur loyauté est si important.

    Ce qui n’est pas sans poser des problèmes pour les intéresser

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  • La Californie veut récupérer les employés de l’Agence de Protection de l’Environnement

    Dès le lendemain de la victoire de Donald Trump début novembre, les employés de l’EPA savaient leur Agence menacée par le prochain président, qui a mis à sa tête, Scott Pruitt, un climatosceptique assumé qui a longtemps milité contre les programmes de cette même agence. La semaine dernière, le budget « America First » proposé par l’administration prévoit de réduire de 31% le budget de l’agence qui compte 15 000 employés à travers tous les pays, dont plusieurs milliers devraient perdre leur emploi ces prochains mois – si le budget passe. 

    C’est là qu’entre en jeu la Californie, l’Etat le plus riche et le plus peuplé des Etats-Unis mais aussi le plus écolo!

    La Commission des Travaux Publics de Californie aimerait débaucher « les employés démoralisés qui vont devoir faire face à des coupes budgétaires importantes et un nouveau leadership très controversé » en leur offrant de travailler pour un gouvernement qui offre les défis environnementaux les plus ambitieux des Etats-Unis – dont celui de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2030.

    Le problème pour les employés de l’EPA situé dans la capitale, c’est le fait de devoir déménager de l’autre côté du pays, à Sacramento, San Francisco ou Los Angeles.

    La Californie et son gouverneur Jerry Brown figurent parmi les critiques les plus fervents de Donald Trump. Ce dernier avait promis après le 8 novembre que « si Trump décide de suspendre les satellites, la Californie lancera les siens! »

    * « California Wants to hire EPA Staff Workers who are sick of Trump »Mother Jones

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  • Hillary is « Back »

    C’est pas une blague.

    Elle a annoncé vendredi, dans un discours donné vendredi pour St Patrick’s Day en Pennsylvanie qu’elle était prête à « sortir des bois » et retourner sur le devant de la scène politique.

    Je suis comme beaucoup de mes amis ici.
    J’ai du mal à regarder les nouvelles, je dois vous avouer (…) Je suis prête à sortir des bois et aider à entretenir cette flamme qui éclaire déjà de nombreuses tables et dîners comme celui ci.

    * « Hillary Clinton says She’s ready to come out of the Woods »The New York Times

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  • Heaven’s Gate, vingt ans après 

    Il y a vingt ans ce mois-ci, 39 corps étaient découverts dans une ville cossue de Santa Fe, dans banlieue de San Diego en Californie: Tous étaient des disciples de la secte Heaven’s Gate (« les portes du Paradis »), un mélange de christianisme évangélique et de Science Fiction New Age, et avaient décidé de suivre leur gourou, Marshall Appelwhite, en quittant leur « enveloppe humaine ».

    Ils étaient convaincus d’atteindre un monde meilleur dans un vaisseau spatial lorsque la comète Hale-Bopp est apparue dans le ciel en mars 1997.
    Ils sont tous été retrouvés allongés sur des lits dans les mêmes combinaisons noires avec le blason “Heaven’s Gate Away Team” avec les mêmes chaussures Nike et recouverts d’une couverture violette.

    Ils se sont suicidés avec un mélange de barbituriques et d’alcool.

    C’est un ancien membre, prévenu par un colis reçu quelques jours plus tard expliquant leur départ, qui s’est rendu sur place et a trouvé les corps. La vidéo qu’il a filmée est assez impressionnante.

    S’en est suivi un cirque médiatique et surtout des moqueries qui ont commencé un peu partout dans les médias à cause de l’étrangeté de l’évènement.

    * « 20 years Later, Heaven’s Gate lives on – via Internet, scholarly debates »The San Diego Union-Tribune

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  • The Circus sur Showtime

    Pour ceux qui veulent revivre l’une des périodes politiques les plus mouvementés que les Etats-Unis n’aient jamais connu, la chaîne câblée Showtime diffuse en ce moment la seconde saison de la série documentaire: « Circus: inside the Biggest Story on Earth » qui promet d’aller « Beyond the headlines » et « Behind the Scenes ».

    La première saison de 26 épisodes diffusée de janvier 2016 à novembre suit la campagne présidentielle jusqu’au scrutin du 8 novembre. La seconde saison suit la victoire de Donald Trump, son investiture et les premiers jours de la Maison Blanche.
    La série est réalisée par deux journalistes de Bloomberg Businessweek, qui est aussi producteur avec ShowTime, Mark Halperin et John Heilemann

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  • Une défaite politique dans le tournoi universitaire.

    L’un des plus importants rendez-vous sportifs de l’année, la finale du tournoi universitaire de basket, appelé « March Madness », est connu pour ses « upsets » lorsqu’un favori est éliminé par un « underdog », une équipe bien moins forte.
    Hier, les spectateurs américains ont assisté à un « upset » important, l’élimination d’une des meilleures équipes, Les Blue Devils de Duke University face aux Gamecocks de Caroline du Sud (81-88).

    Une défaite sportive et politique puisque le match devait avoir lieu en Caroline du Nord, près de Duke University, censé apporter son lot de supporters, mais la NCAA, organisatrice du tournoi, a décidé de déplacer la rencontre pour protester contre la loi HB2 votée l’année dernière qui oblige les individus à utiliser les vestiaires et toilettes publiques qui correspondent à leur sexe de naissance et pas à celui à celui de leur choix.

    Le match a été finalement joué en Caroline du Sud, acquise aux Gamecoks, qui ont été portés toute la rencontre par un public survolté et qu’ils ont fini par gagner.

    Comme le notait ce weekend le Charlotte Observer, le principal quotidien de Caroline du Nord, « la loi, critiquée comme anti-LGBT, a coûté aux habitants de l’Etat des emplois, de l’argent, des rencontres sportifs et évènements, y compris le tournoi de basket de la NCAA »

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  • Kellyanne Conway en couverture du new York magazine

    Elle ne laisse pas indifférent, on le sait, elle agace parce qu’elle refuse de répondre aux questions des journalistes, et prête à sortir des « alternative facts » pour soutenir le président, elle n’a aucune véritable connaissance de ce qui se passe à la Maison Blanche mais on continue à lui offrir un traitement digne d’une star des médias.