Le kiosque du Labor Day weekend

 

1. HARVEY

  • L’ouragan Harvey a monopolisé médias et journalistes, autant sur les secours et l’étendue de la catastrophe – 48 morts, des dégâts estimés à 190 milliards de dollars, des centaines de milliers de Texans sans-abri et parfois sans assurances, une hausse du prix de l’essence dans tout le pays – que la singularité du désastre naturel – « a 1000-year flood event », susceptible de se reproduire plus souvent à cause du changement climatique.

 

  • Deux articles importants à retenir sur le sujet:
    • Il y a quelques mois, le Texas Tribune et ProPublica ont publié une longue enquête sur les risques encourus par Houston en cas de pluies diluviennes, en prenant notamment en compte les précédentes intempéries qui ont touché la ville et les solutions temporaires offertes par les autorités:
       

      La tempête qui a frappé la petite maison en briques de la famille Hammond – surnommée l’inondation du « Tax Day » parce qu’elle est tombée le jour de la date limite du dépôt des déclarations d’impôts [2016] – est survenue onze mois seulement après celle qui avait frappé la ville lors du Memorial Day weekend de 2015. Les deux inondations ont tué seize personnes, causé plus d’un milliard de dégâts et provoqué la colère des Houstoniens, dont quelques uns ont choisi de porter plainte contre la ville, incapable de gérer les problèmes d’inondations. Un mois après l’inondation dite du « Tax Day », une autre énorme tempête s’est abattue sur Houston, déversant près trente centimètres de pluies en 24 heures.

       

    • La cover story de Bloomberg Businessweek sur les problèmes de planification urbaine de Houston qui ont rendu la ville bien plus vulnérable aux risques de crues:
       

      Houston s’est considérablement agrandie sans un contrôle efficace des autorités et ce laissez-faire n’est pas le bon moyen de se préparer à une catastrophe (…) aucune ville n’aurait échappé à Harvey sans dégâts mais Houston s’est rendue bien plus vulnérable (…) Couler du béton dans des zones humides empêche le terrain d’absorber l’eau de pluie. Les réservoirs censés l’absorber étaient trop petits. Les normes de construction étaient inadéquats. Les routes sont devenues des rivières, et ont rendu les hôpitaux, restés ouverts, inaccessibles.

 


2. Les nouvelles influences de Washington

 

  • Il est rare de voir passer une semaine sans une couverture consacrée à Trump, qu’il l’ait cherché ou non. Cette semaine, le New York Times magazine s’intéresse à l’un de ses proches, Corey Lewandowski (« How to Get Rich in Trump’s Washington« ), manager de sa campagne pendant quelques semaines, devenu lobbyste après l’élection de son ancien boss tout en continuant de le conseiller en stratégie politique.
    C’est l’exemple typique de cette nouvelle génération de professionnels montés à Washington pour monnayer aux entreprises et particuliers leur accès privilégié au président:

    Le parcours de Lewandowski, d’obscure conseiller politique du New Hampshire à l’une des personnes les plus influentes de la capitale, est emblématique de la façon dont l’élection de Trump à bousculé les hiérarchies à Washington (…) Une personne a proposé 250 000 dollars à Lewandowski uniquement pour apparaître dans l’un des tweets du président.

     

  • Donald Trump avait pourtant promis pendant la campagne électorale de nettoyer le « marécage de Washington » – la formule « Drain the Swamp » lancée au mois d’octobre 2016 pour canaliser les effets catastrophiques de la diffusion de ses propos calamiteux lors de l’enregistrement de l’émission « Access Hollywood » a très bien marché. Mais les premiers mois chaotiques de l’administration ont finalement renforcé les lobbies traditionnels de Washington avec qui Lewandowski travaille désormais dans une nouvelle entreprise créée en juillet dernier, Strategic Advisors.
    Conclusion: « Lewandowski a intégré l’un des traits essentiels du marécage, la capacité à s’adapter ».

 


3. La malédiction des Kushner

  • En 2007, après un séjour en prison pour évasion fiscale et subornation de témoin, Charles Kushner, à la tête d’un empire immobilier dans le New Jersey, Kushner Co., décidait de conquérir New York City en y réalisant la plus importante transaction immobilière de l’époque (1,8 milliard de dollars), l’achat du 666 Fifth Avenue.
    Son fils, Jared, époux d’Ivanka Trump, devait gérer la propriété et si possible agrandir le parc immobilier dans le reste de la ville.
    Quelques mois plus tard a eu lieu la crise financière de 2008 et l’immeuble de 41 étages situé dans le quartier Midtown de Manhattan, est devenu un véritable un gouffre financier qui empoisonne la compagnie depuis maintenant une décennie.
    Businessweek a publié une longue enquête à ce sujet: 

    Le payement [ils doivent encore 600 millions de dollars] est dû dans dix huit mois et certains s’inquiètent que [Jared] Kushner utilise ou ait déjà utilisé sa position de pouvoir pour aider l’entreprise familiale même si conformément aux règles éthiques imposées par le gouvernement, il a cédé ses parts [de la compagnie] aux membres de sa famille. Les enquêteurs fédéraux enquêtent désormais sur les finances du Kushner et ses transactions commerciales, comme pour les autres proches de Trump dans le cadre d’une éventuelle collusion entre l’équipe de campagne du candidat républicain et la Russie. Kushner a déjà témoigné deux fois devant les commissions du Congrès et démenti avoir utilisé sa fonction au profit de l’entreprise familiale.

     

  • Depuis deux ans, les Kushner et autres représentants de l’entreprise parcourent le monde entier à la recherche de potentiels investisseurs: Banques et une compagnie d’insurance israéliennes, Bernard Arnault, un fond souverain sud-coréen, un développeur saoudien, un cheikh du Qatar et un groupe d’assurance chinois – sans succès.

 


4. Misère à Los Angeles

  • Reportage du Los Angeles Times dans les « ateliers de misère » de Los Angeles qui exploitent les ouvriers pour satisfaire les demandes toujours plus exigeantes des grandes marques de vêtements à bas prix, à l’instar de Century 21, et qui grâce à une législation obsolète de la ville, échappe à toutes poursuites légales ou/et financières.
     

    Forever 21 affirme inspecter nombre de ses usines de vêtements à l’étranger pour assumer « sa part de responsabilité dans la protection des employés » mais ne le fait pas à Los Angeles car en Californie c’est le Département du Travail qui est censé protéger les ouvriers, ce qui n’est pas le cas de ses usines dans certains autres pays.
    Aujourd’hui, devant la compétition toujours plus importante du commerce en ligne, le budget des marques comme Forever 21 demandent des prix toujours plus bas à leurs fournisseurs

     

  • Les ouvriers qui travaillent dans ces ateliers de misère, des « sweatshops » en anglais, gagnent moins que le salaire minimum en vigueur à Los Angeles – de dix dollars de l’heure, il est passé à 12 en juillet dernier – entre sept et cinq dollars de l’heure et jusqu’à 3,5 dollars!
    La plupart de ces ouvriers sont des travailleurs immigrés sans papiers.

    Ces usines et fournisseurs ont été condamnés à payer des centaines de milliers de dollars de dommages et intérêts à leurs ouvriers. Forever 21 n’a pas déboursé un centime (…) La compagnie bénéficie d’une loi vieille de 18 ans censée éradiquer les « sweatshops » qui permet aux ouvriers de récupérer leur salaire directement de leur patron ou de toutes compagnies pour laquelle il travaille. Or Century 21 est revendeur et non pas un fabricant, et n’a donc rien à voir légalement avec ces usines 

     

  • Une plongée assez terrifiante dans ces usines de couture où les travailleurs sont payés 90 centimes (de dollars) pour coudre un débardeur.

 


5. Inégalités

  • Pour comprendre l’inégalité croissante dans le monde du travail, Neil Irwin du New York Times a comparé la position d’un agent d’entretien d’une grande entreprise américaine dans les années 80 à celle d’aujourd’hui, et le constat est sans appel:
     

    « [Ces quatre dernières décennies], les entreprises américaines ont adopté une nouvelle stratégie de gestion [des employés] qui se concentre sur les compétences essentielles en sous-traitant tout le reste. Cette approche a rendu les compagnies plus flexibles et productives et engrangé des profits colossaux pour les actionnaires; mais elle a augmenté les inégalités et explique pourquoi beaucoup d’Américains de classe moyenne souffrent dans une économie en bonne santé.

    Dans l’économie actuelle, des millions de travailleurs américains ne sont plus considérés comme des atouts dans lesquels investissent des entreprises mais des coûts qui doivent être minimisés. »

 

 

Le Kiosque du 24.07.17

 

1. Les Démocrates ont enfin un programme: Redevenir populaires

 

  • Mieux vaut tard que jamais: Neuf mois après la cuisante défaite aux élections présidentielles américaines, les Démocrates ont dévoilé leur programme censé les aider à regagner une majorité à la Chambre des Représentants ou au Sénat aux élections de mi-mandat l’année prochaine: intitulé « A Better Deal » en référence au fameux « New Deal » de Franklyn Roosevelt, base idéologique du parti démocrate moderne, il redéfinit les priorités « populaires » du parti: Plus d’emplois et une augmentation des salaires, un système de santé plus abordable et limiter les abus de Wall Street.

 

  • Pour Chuck Schumer, chef des Démocrates au Parlement, il s’agit
     

    D’abord d’augmenter le salaire des Américains. Et réduire les dépenses quotidiennes, Enfin, fournir aux travailleurs les outils nécessaires pour l’économie du 21 ème siècle (…) Dans les mois qui arrivent, nous offrirons les idées pour reconstruire l’Amérique des campagnes, pour changer fondamentalement la régulation des activités commerciales pour qu’elles profitent aux travailleurs et non pas aux multinationales.

     

  • Tout en intégrant les erreurs du passé:
     

    Lors des deux dernières élections, les Démocrates, y compris au Sénat, n’ont pas réussi à formuler un programme économique solide et audacieux, favorable aux classes moyennes et ceux qui travaillent dur pour y arriver. Nous n’avons pas assez défendu nos valeurs et montrer que nous étions du côté du peuple, et non pas des groupes d’intérêts. Nous ne referons pas la même erreur. 

     

  • Vox vous explique tout en détail ici

2. L’horreur de l’immigration clandestine

 

  • Le scénario est digne d’un épisode de American Crime ou Bloodline: La police de San Antonio a découvert dimanche matin une quarantaine de personnes cachées dans une semi-remorque garée depuis la veille au soir sur le parking d’une grande surface. Huit d’entre eux étaient morts de déshydratation et une vingtaine a été transportée en urgence à l’hôpital dans un état très critique – deux sont décédés depuis.
    Les passagers sont restés des heures enfermés dans un camion sans air conditionné avec des températures extérieures avoisinant les 40 degrés. 
  •  

  • Pour les autorités, « cet exemple de trafic d’êtres humains qui a mal tourné » n’est pas un phénomène isolé.  – AP
     

    Un récent rapport suggère que la ligne dure sur le contrôle des frontières de l’administration Trump a poussé les immigrés à accepter davantage de risques dans des conditions de passage de la frontière de plus en plus dangereuses (…)
    L’objectif des immigrés qui réussissent à traverser la frontière est de s’en éloigner le plus possible. La plupart espère rejoindre les grandes villes américaines comme Chicago ou New York, où ils ont du travail et de la famille qui les attends. C’est là où les camions entrent en scène. Les passeurs savent qu’il existe des centaines voire des milliers d’immigrés qui essayent désespérément de quitter la zone frontalière. Ils savent combien ils peuvent gagner.
    Plus ils transportent de monde plus les profits seront importants.

     

San Antonio Express-News – Une du lundi 24 juillet 2017

 


3. Recherche Attention Désespérement

 

  • La surmédiatisation de la présidence de Trump a affaibli la visibilité des dirigeants, PDG et autres acteurs de la vie politique et économique américaine et les obligé leur stratégie de communication:
     

    Quand les Américains ont élu Donald Trump en novembre, ils ont provoqué la pénurie d’une denrée mondiale rare: l’attention [des gens].
    L’attention que Trump suscite – sur Twitter, à la télévision, dans la culture et l’imaginaire des citoyens américains, celui des alliés et ennemis du pays – balaye tout sur son passage: du lancement d’une nouvelle application aux nouveaux mouvements sociaux. L’attention est le moyen utilisé par tous ceux qui recherchent de la visibilité, des Kardashians à Amazon, mais aussi les génies qui en ont fait leur spécialité ces dix dernières années: des groupes terroristes comme Daech aux critiques de l’ordre social d’après guerre comme Julian Assange. 
    (…)
    « C’est difficile pour la plupart des produits et des gens de se faire entendre aujourd’hui » explique l’ancien attaché de presse de Mike Bloomberg, « les histoires un peu légères n’ont plus leur place dans l’environnement actuel.

     

  • La seule façon de se faire entendre aujourd’hui, surtout aux Etats-Unis, c’est parler plus fort, d’être plus vulgaire ou de répondre aux propos et provocations du président.
    Pour l’
    ancien directeur de la communication de Obama:

    Trump domine la conversation, ce qui est devenu en soi-même une sorte de prophétie auto-réalisatrice puisque tout le monde pense le seul moyen d’attirer l’attention, c’est de parler de Trump, donc ils parlent de Trump.

    ;
     
    * « How to break through in the Trump Era » – Buzzfeed News

 


4. The Atlantic, plus important que jamais

 

  • The Atlantic, magazine culturel américain fondé en 1857 aurait pû sombrer il y a dix ans, lorsque que 85% de ses profits, générés par la publicité et la vente, ont commencé à chuter, comme l’ensemble de la presse du pays.
    Au contraire, grâce à une entrée précoce dans le numérique [70% de ses revenus publicitaires en ligne sont aujourd’hui du « native advertising »], à l’organisation d’évènements et même du consulting, The Atlantic a augmenté ses profits, continue de se développer, d’embaucher et d’attirer toujours plus de lecteurs sur son site.

     

    Et puis il y a le journalisme. The Atlantic à bousculer l’idée que les internautes ne cherchaient que des sujets courts et tape-à-l’oeil – avec le mot Trump dedans.
    Il y a quelques semaines, le magazine a publié un article de 8 300 mots, qui est devenu viral, « My Family’s Slave » , a attiré plus de 12 millions de visiteurs, et déclenché débats et discussions à travers l’ensemble du pays.
    Un genre de buzz qui a des précédents avec d’autres « cover stories » ambitieuses comme celle de Jeffrey Goldberg, « The Obama Doctrine », sur la politique étrangère du 44ème président; celle désormais classique de Ta-Nehisi Coates, « The Case for Reparations », ou encore celle de Graeme Wood, « What ISIS really Wants »
    « The Atlantic est encore plus vital quand l’Amérique est divisée » explique Jeffrey Goldberg, le rédacteur en chef. Et effectivement dans cette période historique, il est nécessaire. 

     

  • « The Atlantic is ‘most vital when America is most fractured’ Good thing it soars today »Washington Post

 


5. La couverture du jour: « Joe & Mika »

 

  • La cover story du New York magazine est consacrée au power couple de Washington, Joe Scarborough et Mika Brzezinzki: lui est ancien Représentant républicain de Floride, devenu Indépendant le mois dernier, et elle, démocrate, est la fille de Zbigniew Brzezinski, directeur de la sécurité nationale de Jimmy Carter, et tous les deux présentent depuis près de dix ans l’émission « préférée de l’élite politique », « Morning Joe » de 6 à 9 le matin sur MSNBC.

 

  • Pendant la campagne présidentielle, Mika et Joe étaient proches du candidat républicain Donald Trump qui intervenait fréquemment dans leur émission – provoquant l’exaspération de leurs confrères – jusqu’à ce qu’il refuse de condamner l’été dernier le soutien de David Duke, ancien « wizard » du Ku Klux Klan.
    Dès lors, Trump n’a cessé de critiquer les deux présentateurs via Twitter qui lui rendent la pareille chaque matin, en questionnant souvent la santé mentale du président.
     

    Les cyniques avancent que l’opportunisme de Joe et Mika sur Donald Trump est une preuve d’intelligence et qu’ils savent précisément quand soutenir et lâcher une personnalité politique. Mais ils ont l’air vraiment sincères lorsqu’ils parlent de lui à l’antenne, avec des avis opposés: Scarborough reste confiant dans le système américain qui va survivre et défaire la menace que représente Trump, alors que Brzezinski, une démocrate, qualifie régulièrement le comportement de Trump de « dégoutant » et s’inquiète que la République disparaisse avec sa présidence.

    * « Donald Trump is not invited to the wedding »  – New York magazine

 

 


6. Le reste de l’actualité

 

  • Depuis la mise en place d’Obamacare en 2010, le total des revenus des PDGs de soixante dix compagnies d’assurance s’élève à près de 10 milliards de dollars – Axios  

 

  • « Désactive tes notifications » – Wired

    Ces dernières années, de plus en plus gens demandent à ce que la relation entre humains et smartphones soit réévaluée. Si les téléphones nous apportent énormément, la prise qu’il a sur notre attention, notre écoute et notre vie en général est problématique (…) Les smartphones ne sont pas le problème, c’est le bip, la sonnerie, qui nous ramène sans cesse vers lui. (…)
    Il existe une solution: Désactiver ses notifications. Toutes. Vous vous rendrez compte que les petits messages qui remplacent votre écran ne vous servent finalement à rien.

 

  • Le San Diego Union-Tribune revient sur le meurtre de Gianni Versace en 1997:

    La folie meurtrière de cet originaire de San Diego durant le printemps et l’été 1997 s’est soldée par l’assassinat de Gianni Versace sur le perron de sa villa de Miami Beach. Cunanan, 27 ans, est rapidement devenu une sorte de légende criminelle, un caméléon gay et insaisissable qui a suscité la peur et la fascination du public et entretenu une folie médiatique naissante nourrie de sexe, de célébrité et de meurtre.

     

  • Jared brise le silence
    Le fils prodige de la Maison Blanche a donné sa deuxième déclaration officielle et en public cet après midi après avoir été interrogé ce matin par la Commission du Renseignement du Sénat: Une intervention dans laquelle il a déclaré n’avoir eu « aucune collusion » avec les Russes pendant la campagne, ni lui, ni aucun membre de l’équipe du candidat. 

    Mais la démarche de lundi n’est pas sans risque. Il n’a pas témoigné sous serment quand il s’est adressé à la Commission du Sénat, mais mentir devant le Congrès est un crime fédéral. Sa déclaration est univoque, et ne lui laisse aucune marge de manoeuvre si de nouvelles preuves émergent pour contredire ses propos. – The New York Times

 


 

Le kiosque du 10.07.17

 

1. Trumplandia

 

  • 3 semaines avant la pause estivale 
    Ni Donald Trump, ni le gouvernement, ni la majorité républicaine au Parlement n’ont réussi à voter une loi majeure depuis le 21 janvier dernier alors que le vote sur la réforme de la santé, toujours critiquée par plusieurs Sénateurs républicains, pourrait être reportée à la fin du mois d’août.
    La réforme fiscale et le plan d’infrastructure d’un billion de dollars, les deux grandes législations du président pourraient être reportées à l’année prochaine
     
    Axios

    Comme le rappelle Axios:

    A chaque fois que vous entendez l’administration Trump ou le Congrès se battre contre la hausse des cotisations de l’Affordable Care Act – ou Obamacare – ils parlent des problèmes de 7% de la population, ceux qui ont choisi de s’assurer individuellement à travers le marché des assurances, ou le « non group » [21,8 millions de personnes].

 

***

 

  • Nouveau rebondissement avec la Russie
    Le « Blockbuster » du New York Times ce week-end – qui devrait faire l’actualité de ce début de semaine à Washington, c’est la rencontre entre Trump Jr, Jared Kushner et Paul Manafort, en juin 2016, moment crucial de la campagne, avec une avocate russe proche du Kremlin.
    Le fils du président a d’abord expliqué qu’il s’agissait d’une réunion sur la politique d’adoption entre les deux pays avant de confirmer qu’on leur avait promis des informations compromettantes sur la candidate démocrate.

 

  • Pour John Marshall de Talking Points Memo:
     

    Le détail le plus important de cette histoire, c’est la source.
    Le Times rapporte qu’ils ont eu l’information de trois conseillers de la Maison Blanche, au courant de cette rencontre (….) La seule raison pour laquelle des alliés du président agissent de la sorte, c’est soit que d’autres informations comme celles-ci sont à venir, soit ils essayent de préparer l’opinion publique à quelque chose de plus grave.

     

    Le fils Trump a eu son heure de gloire sur le site du NYTimes.com hier

 

***

 

  • Pendant ce temps là, dans le monde merveilleux de Fox News, on suit les directives de Trump et on fait diversion en créant le « scandale » James Comey, l’ancien directeur du FBI viré par Trump, dont certains mémos dévoilés à la presse pour dénoncer les tentatives d’obstruction du président dans son enquête, contenaient des informations confidentielles.
    C’est faux, et « huit heures plus tard, Fox News n’est pas encore revenu sur ses propos », ni le président.
     

 
 


2. Les ennemis du président

 

  • Une information qui rassure dans Politico

    Ca fait moins de six mois que Donald Trump est président et l’un des principes organisateurs de ses actions politiques est évident: La vengeance.
    En privé, Trump a parlé de dépenser dix millions de dollars de sa poche pour battre un sénateur de son propre parti, Jeff Flake d’Arizona, selon deux sources présents lors de la conversation l’automne dernier.
    Plus récemment, le président s’est félicité des attaques lancées par un groupe de soutien de la Maison Blanche contre un autre sénateur républicain, Dean Heller du Nevada, qui avait critiqué le président.

 

  • Les implications pour 2018

    Les machinations en coulisses donnent une idée de l’approche de Trump en politique et comment elle pourrait remodeler les élections de mi-mandat en 2018. L’obsession de Trump envers la loyauté et son penchant à se souvenir de tous les affronts dont il a fait l’objet détermine son attitude envers ses ennemis politiques et les candidats de son propre parti, quitte à affaiblir leurs chances de réélection

 

 

 


Jared Kushner et le Qatar

 

  • La semaine commence bien pour le gendre du président, qui a participé en juin 2016 à un entretien dans la Trump Tower avec son beau-frère et le chef de campagne de Trump pensant récupérer des infos à charge contre Hillary Clinton.
    C’est la troisième fois qu’il oublie de mentionner un contact avec des proches du Kremlin.

 

  • The Intercept affirme aujourd’hui que Jared Kushner et son père, magnat de l’immobilier, ont essayé de convaincre un homme d’affaires qatari d’investir un demi milliard de dollars dans leur immeuble de la Cinquième Avenue à New York, la plus importante transaction immobilière de l’époque réalisée par le jeune Jared, 25 ans, en 2008, peu avant la crise financière, et alors que son père était en prison. 
     

    Trump a essayé vainement de trouver des financements ces dernières années avec les Qataris, mais il est difficile de nier l’importance que représente l’investissement de 666 Fifth Avenue pour [Jared] Kushner, sa compagnie et l’image de la famille dans l’immobilier. Sans apport extérieur ou redressement du marché, l’investissement pourrait devenir une perte de 500 millions de dollars.  

 

  • Les implications de cette transaction entre le Qatar et les Kushner?
    Il y a un mois, plusieurs pays du Golfe (Arabie Saoudite, émirats arabes unis, Egypte et le Bahreïn) ont coupé les ponts avec leur voisin du Qatar sous prétexte que le pays finançait le terrorisme. La dispute a été encouragée par Donald Trump, et Kushner « aurait un joué un rôle clé dans les coulisses pour durcir la position des Etats-Unis envers la nation ».

     

    Les révélations d’une transaction de 500 millions de dollars pose une question d’éthique. Si les discussions ne sont pas entièrement closes, ça veut dire que Jared utilise d’un côté le pouvoir de la diplomatie américaine pour affaiblir une petite nation, en essayant d’obtenir de l’autre côté un énorme capital pour son entreprise en difficulté.
    Si le marché est mort, un moyen de mettre pression sur d’autres investisseurs au nom de Kushner Companies [la compagnie familiale]

 

 

 


« The Newspaper Industry » contre le duopole Facebook-Google

 

  • La guerre est déclarée contre « la dominance duopolistique » de Google et Facebook sur la publicité en ligne: Les deux plate-formes ne créent aucun contenu mais récupèrent la plupart des dividendes de ceux qui les créent, les médias, « ce qui pourrait leur faire bien plus de mal que tout ce que le président écrit sur [eux sur] Twitter ».
    Pour éviter que le journalisme de qualité meurt, la News Media Alliance (NMA) qui représente deux mille journaux aux Etats-Unis et au Canada a décidé d’agir.

 

  • Le problème:
     

    Google et Facebook continuent d’accaparer le marché de la publicité en ligne, récupèrent des profits qui servaient auparavant à financer du journalisme de qualité que Google et Facebook offrent désormais gratuitement (…) Malgré les efforts de Google et Facebook pour soutenir le journalisme en aidant les organes de presse à trouver de nouveaux revenus, au bout du compte, ce sont les rois de la cour. Ceux qui fournissent l’information de qualité sont les quémandeurs et les serfs.

  • La solution
     

    Donc ce qu’on appelle la « newspaper industry » – qui inclut beaucoup de sites en ligne – s’est regroupée pour modifier l’équilibre des pouvoirs (…) et gagner le droit de négocier collectivement avec ces importantes plate-formes digitales.

  • Bottom Line
     

    Il s’agit ici de préserver le journalisme de qualité – cher à produire, et sous pression économique comme jamais auparavant – dans une époque marquée par des « reportages » bidons et gratuits sur des millions de votes illégaux qui obtiennent assez de succès pour mettre en place des initiatives fédérales.

 

 

 


5. Playbook, le newsletter la plus influente de Washington

 

 

  • Playbook, la newsletter de Politico « sur ce qui motive quotidiennement Washington » créée il y a quelques années par Mike Allen, parti fonder son propre site d’info, Axios (et une nouvelle et excellente newsletter) l’année dernière, a été brillamment reprise par trois journalistes, Daniel Lippman, Jake Sherman et Anna Palmer qui l’ont rendu plus populaire (35% d’abonnés en plus), lui ont ajouté une édition en début d’après midi, un podcast, et viennent de signer un ouvrage les coulisses de Washington intitulé « A Hill to Die On »
  • Ils ont des abonnés dans tous les Etats du pays, chez tous les sénateurs et les Représentants et bien entendu à la Maison Blanche, et bien entendu le Kiosque!
  • Interview des trois journalistes dans Vanity Fair

 


6. Le reste de l’actualité

 

  • Reportage sur le gay rodeo en Pennsylvanie: « Ce n’est pas seulement du rodéo, c’est construire une communauté avec des gens qui ont les mêmes centres d’intérêts » – The Washington Post

 

  • La série « Ohio Matters » dans le The Plain Dealer examine les problèmes nationaux importants à travers les yeux des habitants de plusieurs comtés d’Ohio pour en comprendre le microcosme.

 

  • 58% des Républicains et Rep-Indépendants affirment que les universités ont un mauvais effet sur le pays [une hausse de 45% depuis l’année dernière]. 72% des Démocrates et Dem-Indépendants affirment le contraire – Pew Research Center

    Pew Research Center

Jared Kushner: le gendre idéal en eaux troubles

 

 

  • Jared Kushner, 35 ans, gendre de Donald Trump, ancien propriétaire de l’hebdomadaire The New York Observer et ancien président de l’entreprise familiale et immobilière, Kushner Companies, est devenu le conseiller politique le plus proche du président, dont les principales missions sont la paix au Moyen Orient et la modernisation du gouvernement fédéral américain.

 

  • Il est suspecté dans l’enquête du FBI sur d’éventuelles collusions entre les proches de Trump et les Russes pendant la campagne présidentielle à laquelle il a activement participé: Selon le Washington Post, il aurait demandé à l’ambassadeur russe début décembre 2016, d’instaurer un canal de communication secret entre l’équipe du président-élu et le Kremlin pour éviter d’être surveillé par les services de Renseignements américains.

 

  • L’image du gendre idéal, new yorkais libéral et modéré, qui avait les faveurs des médias est en train de se dissoudre au fur et à mesure des révélations et articles peu flatteurs:
    • Début mai, le Washington Post révèle que Kushner Companies essaye de convaincre des hommes d’affaires chinois d’investir dans un de leurs projets immobiliers du New Jersey en échange du « Golden Visa », un visa spécial offert à ceux qui investissent aux Etats-Unis. Le nom de Jared Kushner et Donald Trumps sont mentionnés durant le séminaire présenté par la soeur de Kushner à Pékin – et fermé aux journalistes.
    • Jared Kushner aurait gardé entre 167 et 569 millions d’actifs et propriétés au sein de Kushner Companies même s’il affirme avoir tout vendu avant d’entrer au gouvernement. Il en aurait effectivement vendu
    • « La carrière de Kushner dans le monde redoutable de l’immobilier new yorkais » est similaire à celle de Donald Trump: des banqueroutes, des connexions familiales et amicales qui le sauvent in extremis, des tactiques douteuses, et un appétit pour la vengeance.
      « Mais comme son beau-père, Jared est en train de se rendre compte que le monde des affaires est différent de celui de la politique et de Washington. »

 

  • Selon le New York Times, « la relation entre Kushner et Trump, la plus stable dans une West Wing très instable » est de plus en plus tendue pour différentes raisons:
    • C’est Jared Kushner qui aurait convaincu Trump de virer le directeur du FBI au mauvais moment, provoquant l’une des pires crises de la jeune présidence.
    • Les luttes d’influence entre Jared Kushner, le « globalist » et Steve Bannon, partisan du « nationalisme économique » au sein de la Maison Blanche ont alimenté les rumeurs et les fuites qui ont inondé les médias durant les premiers Cent Jours du président.
    • L’épisode de Pékin a « violé deux règles: Politiquement, en allant contre la politique d’immigration, et personnellement, car Kushner Companies a fait de l’argent sur le dos de Trump – un péché généralement d’une expulsion immédiate de son orbite. »
    • Le président n’a plus de problème à critiquer publiquement son gendre.

 

  • Les Démocrates ont demandé dimanche à ce que la « Security Clearance », l’habilitation à obtenir des informations confidentielles, lui soit retiré et ont demandé à l’interroger directement.

 

Le Kiosque du 23.05.17

 

 

Au sommaire de ce mardi 23 mai 2017

1. « New Foundation for American Greatness »: Un projet mort-né
2. Victoire pour le droit de vote aux USA
3. Op-Ed: « le Rêve de Roger Ailes était mon cauchemar »
4. Le premier président « Facebook »
5. les thèmes de prédilection de Facebook et Google
6. les pratiques douteuses de Kushnerland

 


1. « New Foundation for American Greatness »: Un projet mort-né

    • Le contenu de la proposition budgétaire est aussi ambitieux et intenable que le titre pompeux qui lui a été donné: « New Foundation for American Greatness ».
      Selon l’administration Trump, la grandeur de l’Amérique consiste à équilibrer le budget du gouvernement fédéral ces dix prochaines années en réduisant les impôts des plus riches, en limitant les subventions destinées aux populations les plus défavorisées – sauf Medicaid, le programme de santé pour les personnes âgées.
    • Rendre une minorité plus riche et une immense majorité plus pauvre devrait selon les calculs de l’administration, booster l’économie et atteindre un taux de croissance annuel de 3%.
    • Le républicain Paul Ryan, porte parole de la Chambre des Représentants, n’a pas souhaité commenter la « plausibilité » d’une telle croissance de 3%, qui n’a pas été atteinte depuis les années 1990 et qui selon le Congressional Budget Office (CBO) devrait plafonner à 1,9% d’ici à 2021.
    • Mr Mulvaney, directeur de l’Office du Management et du Budget, a défendu un projet soit disant « dédié aux contribuables » car il vise davantage à soulager ceux qui payent les taxes (ceux qui travaillent, cqfd) qu’à se concentrer sur ceux qui les reçoivent.
    • Les chiffres: 3,6 trillions de dollars de réductions des dépenses sur dix ans, dont 1,7 trillions en moins pour les plus défavorisés, et presque 800 milliards de dollars de dépenses en moins pour l’assurance maladie.

2. Victoire pour le droit de vote aux USA

    • Décision importante prise par la Cour Suprême des Etats-Unis lundi concernant le droit de vote aux Etats-Unis rendue possible grâce au ralliement de Clarence Thomas, le plus conservateur des juges à ses quatre confrères libéraux (Sotomayor, Kagan, Ginsburg et Breyer)
    • La Cour Suprême a confirmé l’annulation du découpage électoral de deux districts de Caroline du Nord qu’elle a jugé inconstitutionnel car reposant sur une logique raciale, celle de regrouper des électeurs afro-américains dans quelques districts pour diminuer leur pouvoir électoral sur l’ensemble de l’Etat
    • Le découpage ou « charcutage » électoral à des fins partisanes, ou « gerrymandering » aux Etats-Unis, permet tous les dix ans à la majorité en place dans les législatures d’Etats de redessiner les districts en fonction de l’évolution démographique: Tous les districts doivent avoir le même nombre d’électeurs pour garantir un équilibre électoral.
    • Si la Constitution tolère les logiques partisanes, elle vient d’interdire le découpage racial au nom du 14ème Amendement qui oblige les Etats à offrir les mêmes droits aux citoyens quels que soient leur origine
    • Des nombreux communautés afro-américaines des Etats du Sud ont souffert de ces découpages qui assurent aux Républicains d’assurer une majorité au sein de la législature même s’ils sont minoritaires en nombre d’électeurs.
    • C’est la deuxième victoire des Démocrates de Caroline du Nord après que la Cour Suprême a refusé une demande d’appel visant à renforcer les lois électorales, notamment les conditions d’identification des électeurs, qui touchent généralement les populations minoritaires et pauvres.

3. Op-Ed: « le Rêve de Roger Ailes était mon cauchemar »

  • Tribune de Monica Lewinsky dans le New York Times, qui n’est pas une nécrologie de Roger Ailes mais plutôt « de la culture qu’il a nourrie – une culture qui m’a affectée profondément et personnellement. »

    « Alors que les informations télévisées se transformaient en Colisée moderne, internet est arrivé et a aggravé cette culture de la honte et de haine.
    Rappelez-vous: L’histoire de ma relation n’est pas sortie du Washington Post, du New York Times, ou des réseaux câblés, mais en ligne tout droit sortie du Drudge Report.
    Les commentaires à la télévision et en ligne étaient insoutenables (…) Quelques jours après les révélations [de sa relation avec Bill Clinton], Fox News a demandé à ses téléspectateurs si Monica Lewinsky était une fille normale ou une jeune salope qui aimait les frissons »

     

  • La culture de l’humiliation, celle qui récompense ceux qui s’attaquent aux vulnérables pour rapporter des clics et de l’audience est née à cette époque, et l’affaire Lewinsky a permis à Fox News de se faire connaître des téléspectateurs américains  – elle n’avait que deux ans à l’époque.

    So, farewell to the age of Ailes. The late Fox chief pledged Americans fair and balanced news. Maybe now we’ll get it.

     

  • * « Monica Lewinsky: Roger Ailes Dream Was My Nightmare »The New York Times

4. Le premier président « Facebook »

    • Donald Trump

      « Trump est notre premier président Facebook.
      Son équipe a compris comment utiliser tous les outils marketing de Facebook, et de Google, les deux plus importantes plate-formes au monde pour réussir à vendre un candidat que la majorité des Américains ne voulait pas. »

    • Ils ont compris que certains nombres importaient davantage que d’autres – dans ce cas là, le nombre d’électeurs en colère, qui habitent les campagnes, et qui se sentent laisser pour compte et qui pourraient voter pour Trump – et que Facebook a offert des méthodes efficaces pour les trouver et les attirer vers eux. »
    • « Si cela représente l’avenir des campagnes électorales, ça représente également la façon de gouverner de Trump. »
      Au début des primaires, [le directeur de la campagne numérique de Trump, Brad] Parscale a lancé une opération numérique en achetant pour deux millions de dollars de publicités sur Facebook, la totalité de son budget de l’époque. Il a ensuite rentré tous les supporters connus de Trump dans la plate-forme publicitaire et en utilisant un outil Facebook qui permet de cibler certaines clientèles, a sélectionné les mêmes utilisateurs que ceux enregistrés, selon leur race, genre, ethnies, locations.
    • Grâce à Facebook, et à ses prix relativement bas, la campagne de Trump a été capable d’utiliser des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de différentes campagnes de pub.

5. les thèmes de prédilection de Facebook et Google

  • Facebook & Google dominent à eux deux le trafic internet: il est impossible pour un éditeur de toucher un public sans passer par eux même s’ils n’engrangent que 14% de leur revenus sur les deux plate-formes.
  • Les deux compagnies dominent dans des thèmes différentes:
    • Facebook domine les style de vie, le divertissement, les évènements locaux, les élections présidentielles, crimes, sécurité nationale
    • Google domine dans l’économie mondiale, politique locale, les sports, finances et business et offres d’emplois.



6. les pratiques douteuses de Kushnerland

    • Philip Montgomery for The New York Times

      JK2 Westminster est une société de gestion de biens immobilier qui possède huit mille appartements dans le Maryland, filiale d’une compagnie immobilière new yorkaise bien plus importante, Kushner Companies, dirigé par un jeune homme de 35 ans, Jared Kushner, qui l’a hérité de son père Charles, qui l’a lui-même hérité de son père, un survivant de l’holocauste, Joseph, qui a fait fortune dans cette industrie après son arrivée aux Etats-Unis à la fin de la guerre.

    • Comme Trump, la famille Kushner a commencé modestement: Joseph gérait de petites habitations abordables dans le New Jersey, Charles a investi dans des espaces industriels et commerciaux et enfin l’héritier, Jared, a déplacé ses intérêts vers New York à travers deux transactions immobilières très rentables à Manhattan et à Brooklyn en 2011.
    • Kushner Companies a décidé de continuer à investir dans de plus petits projets, plus abordables, dans une douzaine de villes de la Rust Belt et JK2 Westminster dispose aujourd’hui plus de 20 000 appartements.
    • Dans le Maryland, JK2 Westminster Management a déposé 548 plaintes en cours contre ses locataires pour impayés, dont certains précèdent l’acquisition de Kushner, sans compter celles qui ont été réglées.
      Neuf fois sur dix, les juges ont plaidé en faveur de la compagnie, et ces pratiques qui visent à collecter, parfois de manière injustifiée, des remboursements, sont utilisées dans d’autres complexes immobiliers des Kushner.
    • « Quel est l’intérêt pour les compagnies Kushner de poursuivre des centaines de personnes de manière si agressive pour quelques milliers de dollars, qui passent en frais d’avocats? Pour envoyer un message aux nouveaux locataires de ne pas essayer de ne pas payer.
    • La réaction des locataires ou anciens habitants en apprenant qu’il s’agit de Jared Kushner, le gendre du président: « Ce Jared Kushner? Oh mon dieu, et moi qui pensait que c’était le gentil »

Photos: La vie dans une capsule à remonter le temps

Article du Wall Street Journal sur cette tendance dans l’immobilier qui consiste à vendre des maisons dans l’état initial dans lequel elles ont été construites, pur produit des années 60 ou 70 avec la mode de l’époque.
De belles photos
* « Life Inside a Time Capsule » – The Wall Street Journal

Le kiosque du 07.05.17

 

  • Trumpcare: La chasse aux traîtres

    Le titre de l’article du site démocrate Daily Kos va droit au but:

     

    Vous voulez vous vengez contre les Représentants républicaines qui ont voté pour la destruction de l’assurance santé? Voici comment procéder

     

    Depuis le vote très controversé de l’American Health Care Act jeudi après midi avec une majorité de seulement quatre voix (217 contre 213), les Démocrates dénoncent la « trahison » des leurs confrères républicains qui ont voté pour une loi qu’ils n’ont même pas lu, qui ne ressemble en rien à la promesse faite par Donald Trump durant la campagne aux électeurs américains (Couverture universelle pour tous les Américains quels que soient leurs antécédents médicaux) et qui n’a eu pour but que de remporter une victoire électorale à la une de tous les quotidiens vendredi dernier.
     
    Trumpcare pourrait priver 24 millions d’Américains d’assurance maladie ces dix prochaines années (les plus âgés, pauvres ou malades) et 14 millions l’année prochaine.
     
    Les Démocrates s’attaquent aux Républicains les plus vulnérables, ceux dont les districts ont voté pour Hillary Clinton lors des élections présidentielles ou qui ont été élus de justesse et dont la réélection en novembre 2018 pourrait être problématique: Publicités dénonçant leur vote, appel à contribution pour soutenir le candidat démocrate.
     

     

    Il est trop tôt pour dire si les Républicains vont perdre le contrôle de la Chambre des Représentants – ou si Trumpcare va les affaiblir. La législation est certaine de changer au Sénat: Certains propositions controversées acceptées pour rallier la droite dure [les trente Représentants du Freedom Caucus] seront abandonnées ou modifiées.
    Le premier test qui mesurera l’impact politique de la législation est attendu aux prochaines élections de Représentants dans le Montana et en Géorgie où les Démocrates de récupérer des sièges républicains.

     
    Pour se défendre contre les assauts démocrates, American Action Network une super PAC conservatrice a investi deux millions de dollars dans la diffusion de publicités dans les districts où les Représentants républicains pourraient être affectés par le vote de l’American Health Care Act.
     

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  • Ces treize sénateurs qui réécrivent l’AHCA

    Après être passée devant la Chambre des Représentants, l’American Health Care Act doit être révisée par le Sénat bien plus modéré car sa majorité républicaine n’est pas l’otage d’un groupe d’extrême droite (le Freedom Caucus de la Chambre basse).
     

     
    Les révisions, qui devraient prendre plusieurs semaines, sont le travail de treize Sénateurs républicains, que des hommes blancs de plus de cinquante ans.
    Ni les femme et ni les minorités ne sont représentées alors qu’elles bénéficiaient avec Obamacare de nombreux services et remboursements (Planned Parenthood) qui ne seront plus obligatoire avec la reforme de l’assurance santé.

    Il existe également le problème très délicat des antécédents médicaux, laissés au libre arbitre des Etats qui imposeront ou non à leurs compagnies d’assurance de les intégrer dans les différents forfaits offerts aux citoyens: Là encore les femmes seraient les premières touchées puisque selon le Huffington Post, le viol pourrait être considéré comme une « pre-existing condition » au même titre que la dépression post-partum, l’accouchement, la césarienne ou encore le fait d’avoir subi des violences conjugales.
     
    La réponse de Mo Brooks, un Représentant d’Alabama, à la proposition inscrite dans l’American Health Care Act qui consiste à faire payer davantage ceux qui ont davantage de soins médicaux:

    Cela contribue à compenser tous ces coûts et réduire les cotisations de ceux qui mènent des « vies normales », qui sont en bonne santé et qui ont fait en sorte que leur corps restent sains. En ce moment, ce sont gens là qui ont pris les bonnes décisions les concernant qui voient leurs coûts augmenter.

     
    * « Under the New health Care Bill, Rape could be a pre-existing condition » Huffington Post

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  • « Gerrymandering » ou comment « voler les élections »

    Le « gerrymandering », la pratique du découpage électorale qui consiste à redessiner les frontières politiques d’un district pour donner à son parti un avantage sur l’adversaire a considérablement influencé la vie politique américaine ces dernières années et aidé les Républicains et Démocrates « à voler des élections ».
     

     
    Idéalement un découpage électoral traduit proportionnellement le rapport de force entre deux partis, mais il n’existe pas de représentation parfaite (exemple #1): soit le découpage électoral est « compact », géographiquement homogène, et injuste (exemple #2), soit il n’est ni compact, morcelé géographiquement, et injuste (exemple #3). Dans le dernier cas, un district majoritairement bleu ne peut avoir élu que des représentants rouges: C’est ce qu’on appelle « voler une élection ».

    Exemple: La Pennsylvanie ou les Démocrates ont remporté 51% des votes en n’obtenant que 5 des 18 sièges à la Chambre des Représentants. 

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  • La famille Kushner, en veux-tu en voilà

    One Journal Square – Kushner Companies

    La soeur de Jared Kushner, le mari d’Ivanka Trump et conseiller le plus proche du président, Nicole Kushner Meyer, qui travaille pour l’entreprise familiale de construction immobilière, Kushner Companies, a tenté de convaincre ce weekend à Pekin, une centaine de riches hommes d’affaires chinois d’investir 150 millions de dollars dans leur dernier projet de complexe immobilier, une tour de 79 étages estimée à un milliard de dollars, One Journal Square, située dans le New Jersey juste en face de Manhattan, en cours de construction.
     
    Selon le Washington Post, la contribution de 500 000 dollars demandé aux investisseurs chinois s’accompagne d’un visa d’entrepreneur, EB-5, qui leur permet d’aller vivre aux Etats-Unis et après quelques années d’obtenir une résidence permanente et pourquoi pas la citoyenneté.
    La brochure promotionnelle de l’évènement allait droit au but: « Investissez 500 000 dollars et immigrez aux Etats-Unis ».
     

    L’évènement souligne à quel point les intérêts privés de Kushner peuvent rentrer en conflit avec le rôle très important qu’il joue en tant que représentant de son beau-père à la Maison Blanche, particulièrement s’agissant de la Chine pour laquelle Kushner est devenu un relais diplomatique crucial entre Pékin et la nouvelle administration.

     
    Bloomberg News rapportait l’année dernière que Jared Kushner a déjà utilisé le visa d’investisseur comme argument de vente pour un autre projet immobilier et recueilli 50 millions de dollars.
    Certains journalistes, dont ceux du Washington Post ont été sommés hier de quitter la conférence pour ne pas « déstabiliser l’évènement ».
    Le visa EB-5 est considéré en Chine comme le « visa en or » par les élites économiques du pays, mais mal vu par le gouvernement qui dénonce les risques de fraude fiscale ou de blanchiment d’argent sale.
     
    * « In a Beijing Ballroom, Kushner family pushes $500 000 ‘investor visa’ to wealthy Chinese » – The Washington Post 

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  • Le New York Times en très bonne forme

    L’effet Trump ou le « Bump Trump » continue pour les médias, que ce soit les chaînes d’info, les Late Show (Stephen Colbert, Samantha Bee, Seth Meyers) ou encore les quotidiens, dont le New York Times qui a annoncé cette semaine plus 300 000 abonnés en ligne supplémentaires pour les trois premiers mois de l’année (pour un total de 2,2 millions): Le meilleur trimestre jamais réalisé par la Gray Lady, sachant que les deux précédents trimestres avaient également atteint des records.
    Au delà de l’effet Trump, Recode note le travail en amont depuis 2011 pour que ce soir les lecteurs et non pas les annonceurs qui payent pour leurs produits.
    Les revenus du quotidien qui provenaient majoritairement de la publicité (63% contre 27% pour les abonnements) à la fin des années 90, dépendent aujourd’hui de la contribution du lectorat.

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  • Gagnants et recalés du Congrès américain

    On a appris cette semaine que Alex Jones, le présentateur hystérique de Info Wars, un site d’extrême droite adepte des théories du complot et fervent supporter de Donald Trump avait reçu une accréditation permanente pour rentrer dans Capitol Hill, le Congrès américain, tout comme Lifezette, le site d’info de Laura Ingraham, figure des médias conservateurs, qui a diffusé des fake news sur Hillary Clinton lors de la campagne présidentielle.
    Les recalés? Breitbart News épinglé pour sa relation avec la famille Mercer, actionnaire du groupe, très proche de Steve Bannon, son ancien président et l’un des plus importants donateurs de la campagne de Donald Trump l’année dernière. 
    Sputnik, le site d’information financé par le gouvernement russe, n’a pas non rempli les conditions pour obtenir le fameux pass car il est précisément le « représentant d’un Etat étranger ».
    Obtenir un « congressional credentials » est la garantie d’une légitimité dans le paysage médiatique de Washington et permet de demander l’accès à la Maison Blanche et à la Cour Suprême.

Le kiosque du 11.04.17

 

  • New York, bientôt le premier Etat offrir l’université gratuite

    La proposition avait été lancée conjointement par Bernie Sanders et Andrew Cuomo en janvier dernier: Offrir une bourse d’études à tous les New Yorkais acceptés pour un cursus de quatre ans dans un « community college » ou une université d’Etat (CUNY and SUNY dans l’Etat de New York) et dont les familles gagnent moins de 125 000 dollars par an.
     
    C’est la bourse « Excelsior »  que l’Etat a accepté a inclus dans son budget de 153 milliards de dollars qui doit être voté prochainement dans la capitale, Albany.

     

    Cette bourse est l‘une des idées plus populaires du parti démocrate et promeut un mouvement bipartisan qui vise à réduire le coût de l’enseignement supérieur qui prend forme un peu partout dans le pays.

     
    Le programme commencerait en septembre prochain pour les familles qui gagnent en dessous de 100 000 dollars puis à la rentrée 2018 pour celles qui gagnent 110 000 dollars et enfin 2019 pour celles qui gagnent en dessous de 125 000 dollars.
    Presque un million de familles serait qualifiées pour ce programme.

    Le budget moyen d’une année dans un Community College de New York est de 4 350 dollars contre 6 470 dollars pour l’Université de New York.
    L’institut Upjohn a recensé 85 initiatives comme celles-ci notamment dans le Tennessee, Oregon et le Minnesota.
     
    * « NY Could become the largest state to offer tuition-free public higher education »  – The Washington Post

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  • Le plan d’infrastructures de Trump est mal parti?

    Certains CEO des plus grandes entreprises américaines ont tiré la sonnette d’alarme cette semaine sur la situation de l’économie américaine dont la croissance pourrait être la lente de celle des pays du G7 si le président n’agit pas rapidement et avec succès.

     
    Cette semaine le président s’attaque à un autre grand projet de son programme, celui des infrastructures dont le budget est estimé à un trillion de dollars et qui nécessite un soutien des Républicains et des Démocrates pour passer – ce sur quoi il a échoué pour l’American Health Care Act.
     
    L’idée est de « reconstruire l’Amérique » à travers les réseaux de communication en piteux état du pays: Routes, ponts, tunnels, chemins de fer et aéroports, le tout financé par le budget fédéral … dont la proposition finale devrait être présentée en mai.
    En attendant, le second grand projet du gouvernement rencontre différentes oppositions et interrogations

    • Les Démocrates craignent que le projet étalé sur dix ans soit d’abord  financé des réductions d’impôts aux entreprises avant d’être un stimulus pour la création d’emplois
      + Ils n’ont pas nécessairement besoin de coopérer avec lui étant donné sa faible popularité dans les sondages.
    • Les Républicains: Tout ce qui touche à des dépenses fédérales et une augmentation de la dette de l’Etat est sacrilège pour le Grand Old Party surtout que le Congrès à passé fin 2015 une « transportation bill » de 305 milliards de dollars.
    • Ou trouver l’argent? Rappelons qu’il faut déjà le mur …
    • Immigration vs Infrastructures: Les plus grands besoins en terme d’infrastructures sont dans les villes de New York, Los Angeles, Boston, Chicago, San Francisco, Baltimore, Washington qui se sont déclarées des « cités sanctuaires » et sont donc susceptibles de voir leurs subventions coupées.
       
      * « Why Trump’s $1 trilloin infrastructure plan could wind up in a ditch » – Politico
      * « Two of Wall Street’s Biggest Names Are Souding the Alarm on the U.S. Economy » – Bloomberg

     

 

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  • Breitbart interdit de critiquer Kushner

    Ce weekend, Donald Trump a tapé du poing sur la table et a exigé que ses deux plus proches conseillers, Steve Bannon, le populiste-nationaliste pro-« America First », et son gendre, le libéral new yorkais Jared Kushner arrêtent de se tirer dans les pattes et de s’agresser par médias interposés … sinon les jours de Steve Bannon seront comptés – On ne touche pas à la famille chez les Trump.
     
    Résultat? Selon Business Insider, la consigne aurait circulé dans la rédaction de Breitbart, dont Steve Bannon est l’ancien président, d’arrêter de critiquer Jared Kuchner, qui devenu la cible du site alt-right depuis plusieurs semaines.
    Même si le rédacteur en chef, Alex Marlow, affirme être rarement en contact avec Bannon, trop occupé à la Maison Blanche, il semblerait que la ligne éditoriale du site soit toujours sous sa coupe .

     
    * « Breitbart Editors tell Staffers to stop writing stories critical of Jared Kushner, sources say » – Business Insider

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  • Facebook, toujours plus à gauche

    Victoire de Donald Trump oblige, la résistance est passée à gauche ces cinq derniers mois, malgré une mobilisation toujours importante de la droite, et elle n’a jamais été aussi mobilisatrice comme en témoigne ce graphique des « engagements » recueillis par les pages plutôt à gauche (« left leaning ») comparées à celles plutôt à droite (« right leaning »)
     
    Les pages les plus populaires sont  Occupy Democrats (6 millions d’abonnés) puis Stand Up America (1 million d’abonnés), Numbers USA (6,7 millions d’abonnés) et The Other 98% (4,7 millions d’abonnés)
     

     
    Ces chiffres montrent également que les pages Facebook ont tendance à davantage rassembler les internautes que celles des médias.

    Selon Sara Fisher de Axios, c’est important car

     

    Facebook est un outil intéressant pour observer l’émergence de mouvements politiques. Son rôle dans le militantisme ne va cesser de grossir. Les nouveaux instruments, comme l’appel à l’action, l’appel de fonds, contacter des représentants élus, combiné avec les outils traditionnels, comme les invitations de masse, rend plus facile la prolifération de groupes politiques sur Facebook

     
    * « Left Rising on Facebook » – Axios

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  • Les résultats du Pulitzer

     

    Les journaux ont vraiment volé la vedette, des géants nationaux (3 pour le New York Times) et régionaux aux petits détracteurs locaus comme East Bay Times, The Charleston Gazette-Mail, The Salt Lake Tribune et The Storm Lake Times. C’est remarquable parce que non seulement parce que les lauréats de ces dernières années étaient en ligne, mais aussi parce que cela réaffirme le sens de la mission et l’importance que le papier représente durant cette présidence, après s’être battus pendant une décennie contre l’effondrement de leur modèle d’entreprises.

     

    • Public Service
      New York Daily News & ProPublica « pour avoir découvert les abus des règles d’évictions de la police pour virer des centaines de gens, la plupart des minorités« 
      Un ensemble d’articles qui s’étend de février à novembre 2016
    • Actualités
      East Bay Times de Oakland pour « sa couverture de l’incendie du « ghost fire » qui a tué 36 personnes dans une soirée, et l’enquête qui a montré l’échec de la ville à prendre des décision qui auraient prévenu de drame ».
      Reportages du 3 au 11 décembre 2016
    • Reportage d’investigations
      Eric Eyre de Charleston Gazette-Mail sur « l’enquête courageuse qui a exposé le flux d’opiacés qui a inondé la Virgine Occidentale et qui est devenu le comté avec le plus important taux de mortalité du pays »
      « 780M pills, 1 728 morts » + « Pill rules not enforced » + « Drug Firms fueled ‘pill mills’ in rural W.Va »
    • Enquête locale
      « The Salt Lake Tribune Staff pour ses reportages sur le traitement pervers, punitif et cruel donné aux victimes d’agressions sexuelles à Brigham Young University, l’une des institutions les plus puissantes de Virginie ». A lire ICI
    • Enquête Nationale
      David Fahrenthold du Washington Post pour son enquête sur les sommes que Trump n’a pas versé aux oeuvres de charité pendant la campagne présidentielle
    • Enquête Nationale
      Le New York Times pour son enquête sur Vladimir Poutine et ses projets d’influence à l’étranger
    • Photographie
      E.Jason Wambsgans du Chicago Tribune pour le portrait d’un jeune garçon de dix ans et de sa mère pour reprendre une vie normale
    • Breaking News Photography 
      Daniel Berehulak, photographe freelance pour son travail sur la répression du président Duterte aux Philippines.
    • Commentaires:
      Peggy Noonan, la journaliste conservatrice du Wall Street Journal qui a détecté très tôt la victoire de Trump.
      * « Here are the Winners of the Pulitzers Prizes » – Poynter

 

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Cover Roman Genn

le kiosque du 07.04.17

 

 

  • Trump, commander-in-chief

    En l’espace de trois jours, Donald Trump est passé d’une condamnation timide de l’attaque chimique attribuée au régime syrien à une offensive des forces aériennes américaines en Syrie contre les bases d’Assad – une première pour les Etats-Unis en six ans.
     
    59 missiles Tomahawk ont été lancés depuis la mer Méditerranée contre l’une des six bases aériennes du régime pour détruire avions et munitions.
     
    Six personnes auraient été tuées dans l’offensive.

    L’objectif final serait de renverser Bachar Al-Assad tout en conservant le régime syrien pour éviter le même désastre irakien.
     

    C’est aussi la première fois, au 77ème jour de sa présidence que la nation et le monde voient Donald Trump comme le Commandant-en-chef. Il a avancé de manière décisive et rapide, mais est devenu aujourd’hui un acteur central de ce que Fareed Zakaria [journaliste de CNN] à qualifié hier, « d’une des crises internationales les plus compliquées que j’ai vu dans ma vie ».

     
    Selon Mike Allen de Axios, Trump aurait prévenu, en privé, depuis des mois, une réponse particulièrement sévère contre une éventuelle agression syrienne.
     
    La démarche d’hier lui a permis également de se différencier de son confrère russe, Vladimir Poutine, qui avait défendu Assad cette semaine, et qui dénonce aujourd’hui une « agression contre la souveraineté d’un Etat en violation avec les normes de la loi internationale ».
     
    C’est une démonstration de force de l’administration Trump qui prévient également l’Iran et la Corée du Nord qu’elle est prête à l’action si nécessaire, et contrairement à son prédécesseur, Barack Obama.

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  • Une démarche risquée

    Il y avait beaucoup d’excitation hier soir et ce matin dans les rédactions et plateaux télé à l’annonce des frappes américaines en Syrie. Très vite pourtant les médias ont pointé les risques liés à cette attaque:
     
    * Celui de voir Poutine refuser une coopération avec les Etats-Unis pour garder la main-mise et ses bases militaires en Syrie et maintenir Assad.
     
    * Celui de perdre l’objectif principal des USA dans la région: Eliminer l’Etat Islamique. Si le régime syrien, et non pas Assad, s’effondre, l’organisation terroriste, qui recule en Irak, peut prétendre à un nouveau Califat en Syrie.
     
    * Donald Trump n’a pour le moment aucun plan précis pour l’avenir de la Syrie.
     
    Quant à Washington:

    La polémique tournait ce matin autour de la décision unilatérale de la Maison Blanche de déclencher une attaque aérienne sans avoir consulté le Congrès. Les Démocrates soutenaient majoritairement la décision de Trump mais ont tout de même insisté sur la nécessité de redonner cette prérogative au Congrès et de ne plus la laisser au président.

     
    Le sénateur McCain soutient la démarche du président Trump mais a parlé de « début de la fin » pour qualifier la position des Etats-Unis dans le conflit qui doivent maintenant trouver des solutions avec le reste de la communauté internationale, les Russes et surtout le régime syrien.
     
    Les Démocrates étaient également derrière Trump hier, à l’instar de Nancy Pelosi, la porte parole de la minorité démocrate à la Chambre des Représentants qui a parlé de « réponse proportionnelle à l’utilisation par le régime d’armes chimiques ».
     
    Hier soir l’administration est finalement entrée dans la coeur des grands.
     

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  • « Bannonistes » vs « Cuckservatives »

    Le départ de Steve Bannon du Conseil national de sécurité, annoncé mercredi, représente un tournant décisif et positif pour la présidence de Trump qui enchaîne depuis le 20 janvier revers politiques et polémiques jusque dans sa majorité – et dont il serait en partie responsable.
     
    L’ancien directeur de Breitbart News, arrivé sur le tard dans la campagne du candidat républicain, a certes aidé à sa victoire au mois de novembre mais il reste un « newcomer » dans l’orbite de Trump.
    Son départ de la Maison Blanche serait imminent mais difficile étant donné les alliés qu’il possède autour du président: Jeff Sessions, le ministre de la justice, Kellyanne Conway, Stephen Miller et Steve Mnuchin, Secrétaire au Trésor.

     
    Des fuites ont révélé cette semaine qu’il en « aurait marre de son job » et serait « prêt à abandonner » – des propos démentis à 100% par l’intéressé.
     

    Même pour cette Maison Blanche très belliqueuse, la mise sur le côté de Bannon a été brutale.
    De nombreux responsables ont incendié le conseiller du président auprès des médias, n’ont rien fait pour atténuer la perte de pouvoir de Bannon, et se sont délectés de voir Drudge [Report] et d’autres médias [de droite] commenter sa chute.

     
    La haine entre les « Bannonites » et les « modérés » menés par Jared Kushner et sa femme Ivanka, est intense et irréconciliable.

     
    Selon le Daily Beast, « les deux plus proches conseillers de Donald Trump se battent sans arrêt et souvent face-à-face, et ce serait même pire en privé ».
    Bannon aurait traité le gendre du président de « cocuservateur » (traduction de « cuckservative » = « cuckhold », ou cocu, et conservative) et de « mondialiste », les deux insultes préférées de l’alt-right.

     
    Un proche de Bannon aurait déclaré:
     

    Steve pense que Jared est pire qu’un démocrate (…) [Steve] a une vision précise de ce qu’il croit, et de ce qu’il partage avec Trump. Il voit depuis longtemps Jared comme un obstacle majeur à sa réussite.

     

    * « Steve Bannon calls Jared kushner a Cuck and Globalist behind his Back »Daily Beast

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  • O’Reilly, le boycott continue

    C’était le fil rouge de cette semaine: 57 annonceurs ont décidé de boycotter l’émission « The O’Reilly Factor » à la suite de l’article du New York Times paru le weekend dernier qui révélait les accusations de harcèlement sexuel dont le présentateur vedette de Fox News, Bill O’Reilly, a été l’objet, et les 13 millions de dollars que la chaîne a bien voulu payer pour acheter le silence des victimes.
     
    Malgré le soutien public du président et un démenti formel de l’intéressé, les compagnies ont décidé d’aller promouvoir leur produits sur d’autres émissions de la chaîne si bien que « The O’Reilly Factor » n’avait que 7 publicités hier soir contre 31 lundi – preuve que le boycott continue de grossir.
     
    La stratégie de la chaîne reste la même: ne rien dire pour
    1/ soit attendre que ça se passe,
    2/ soit garder les options ouvertes et l’éventualité d’un départ O’Reilly – tout de même peu probable.

     
    En attendant, la polémique est toujours vive sur les médias sociaux « où nombres de femmes partagent leur propre expérience de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail »: « Le hashtag #DropOReilly est devenu un forum de discussion pour les femmes »
     

    * « At Fox News, A Wall of Silence surrounds Bill O’ Reilly »The Washington Post 
    * « Uniting Agains BillO’Reilly, Women share stories of Workplace Harassment »The New York Times

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  • La guerre entre CNN et Fox News

    Les deux chaînes se sont affrontées cette semaine par scandales interposés:

    * CNN a très largement couvert l’affaire Bill O’Reilly, en a discuté longuement en début de semaine et tient même une liste de tous les annonceurs et les décisions pour lesquelles ils boycottent l’émission la plus regardée de la télé américaine, « The O’Reilly Factor ».
     
    La chaîne d’info en continu ne cesse d’évoquer le départ ou la fin du présentateur, a reçu l’une de ses accusatrices, la plupart des journalistes y sont allés de leurs commentaires, et l’un d’entre eux, Don Lemon a même interpellé O’Reilly dans « CNN Tonight »:
     

    Bill, nous avons parlé du scandale Susan Rice (…) Ca fait longtemps qu’on en parle dans cette émission. Et ce soir nous allons encore en parler. Il y a un autre scandale dont on va aussi parler ce soir, dans ce programme: les accusations de harcèlement sexuel contre toi. Alors allons-y

     
    De son côté Fox News accuse CNN de ne pas avoir accordé assez d’attention sur le rôle de Susan Rice, ancienne conseillère à la sécurité nationale de Barack Obama qui aurait déclassifié les noms des proches de Trump recueillis par les services de renseignements lors des écoutes réalisés dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles.
     
    Sean Hannity, l’un des « wackadoos » de Fox News a affirmé que « les médias de propagande alt-left décidés à détruire Trump » faisaient tout pour couvrir et déformer les preuves que l’ancienne conseillère d’Obama a utilisé des informations confidentielles à des fins politiques et réalisé des écoutes illégales sur des citoyens américains.
     
    A suivre.
     
    * « Fox and CNN go to war over O’Reilly »The Hill

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  • Couverture du Jour

28.03.17: Trump charbonne – « ConservaKids » – la Russie Again! – Raiders à Las Vegas – 60 Minutes vs Fake News

 

 

  • Trump détruit la politique environnementale de Barack Obama

    Trump va modifier aujourd’hui les lois mises en place par Barack Obama visant à limiter les émissions de gaz à effets de serre pour aider la production d’énergie du pays.
    Le message est clair: la protection de l’environnement n’est plus une priorité dans les prises de décision du gouvernement, contrairement à l’approche de on prédécesseur.

    Un conseiller de la Maison Blanche:

    Cette politique s’inscrit dans la volonté du président Trump de rendre les Etats-Unis indépendants en matière d’énergie. Sur les questions de changement climatique, on veut prendre notre propre direction et la suivre de notre forme et de notre façon

    Donald Trump est un climatosceptique, comme la plupart des Républicains, qui a promis à l’industrie du charbon de faire tout son possible pour les aider – et remporter leur suffrages aux dernières élections.

    Selon Bloomberg, il pourrait stabiliser les emplois des 75 000 qui restent aujourd’hui dans l’industrie du charbon mais ne peut pas faire repartir une industrie en déclin depuis plusieurs décennies.

    L’Agence de Protection de l’Environnement est en charge de réécrire ces nouvelles régulations, qui passe par le démentèlement du programme « Clean Power Plant » qui visait a réduire les émissions de gaz à effet de serre ces quinze prochaines années – les usines vont pouvoir davantage polluer. Les décrets de Trump vont mettre des années à appliquées et font face à des barrières légales importantes.

    * « Trump moves decisively to wipe out Obama’s climate change record »The Washington Post
    * « Can Trump Truly Revive Coal Jobs and Industry? »Bloomberg

 

  • Une enquête qui part à volo

    Imaginez un inspecteur de police qui rencontre secrètement les suspects d’une enquête dont il est en charge pour leur révéler des preuves confidentielles susceptibles de les innocenter – sans avoir la certitude que ces preuves sont vérifiables, et révéler ensuite l’existence de ces preuves à la presse.

    C’est ce qui passe en ce moment avec l’enquête, soit disant indépendante, de la Commission parlementaire en charge du renseignement, qui doit déterminer les éventuelles collusions entre des membres de l’équipe de Trump et la Russie pendant la campagne présidentielle. 

    Le Républicain Devin Nunes, président de cette Commission permanente et mixte a rencontré secrètement la semaine dernière à la Maison Blanche des conseillers du président qui lui ont présenté des documents prouvant que le président et d’autres auraient été victimes de surveillance après le 08 novembre 2016.
    Les agences de renseignements qualifient ces situations de « Improper surveillance » quand elles interceptent des communications entre des citoyens américains et des individus, souvent des officiels étrangers, qui sont mis sur écoute – comme pour Michaël Flynn, conseiller à la Sécurité nationale, qui s’est entretenu à plusieurs reprises avec l’ambassadeur russe des Etats-Unis, lui même, objet d’une surveillance des services de renseignements. Et qui a mené à sa démission.

    Le lendemain de cette visite à la Maison Blanche, Mr Nunes a convoqué la presse pour communiquer ces informations, sans en informer le reste de la Commission.

    Ses collègues ont demandé qu’il abandonne l’enquête mais ce dernier affirme n’avoir rien fait de mal et refuse de démissionner en expliquant hier sur Fox News que « les Démocrates veulent que j’abandonne parce qu’ils savent que je suis efficace quand il s’agit d’aller au fond du problème ».

    * « Nunes admits meeting with source of Trump surveillance documents on White House Ground »Washington Post

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  • La Russie, encore et encore

    Le problème entre Trump, ses conseillers et la Russie, c’est que chaque semaine apporte son nouveau lot de révélations, qui semblent avoir été volontairement passées sous silence par les intéressés.

    Jared Kushner a accepté de témoigner devant les sénateurs, également en charge d’enquêter sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles, pour avoir arrangé des rendez-vous entre des conseillers de son beau-père et l’ambassadeur russe aux Etats Unis, Sergey Kislyak, pendant la période de transition.

    Une information qu’il n’avait pas révélé jusqu’a ce qu’une fuite d’une agence de renseignement l’implique.

    Gardons cela en tête, la seule raison pour laquelle c’est un problème c’est parce que ces gens ne disent jamais toute l’histoire lorsqu’on leur demande. Une erreur qu’ils continuent à faire et refaire.

    Etant donné les responsabilités de Jared Kushner durant la campagne, « ses rencontres avec des officiels russes peuvent être tout à fait appropriées ».

    Sauf que l’on sait que Michael Flynn, le chef de la sécurité nationale a menti sur ses discussions avec l’ambassadeur russe fin décembre 2016 après les sanctions imposées par Obama et qui ont directement mené à sa démission.

    Dernière chose, le président a accusé hier Hillary Clinton de collusions avec la Russie, et qualifié les accusations à son égard, « Trump Russia Story » de « canular ».

    Twitter

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  • Les émissions grand public vulnérables face aux « fake news »

    L’émission d’information la plus connue aux Etats-Unis, « 60 minutes », fait parler d’elle cette semaine après la diffusion d’un reportage sur les « fake news » dans lequel elle a invité Mike Cernovitch, célébrité Twitter, défenseur de « l’identité mâle blanche » et supporter de Donald Trump – qui affirmait au New Yorker l’année dernière « utiliser les tactiques de trolling pour construire sa marque ».

    Durant l’interview, le journaliste de CBS s’est laissé déstabilisé par la rhétorique enfantine de Cernovitch, notamment à propos des rumeurs sur la santé d’Hillary Clinton pendant la campagne: « Je peux affirmer ce que je veux jusqu’à ce que tu m’apporte les preuves que c’est faux ».
    Un exercice périlleux qui a montré « comment est-ce que les médias grands publics ne sont pas préparés à la rhétorique des médias pro-Trump ».

    Comme l’explique Charlie Warzel dans Buzzfeed News:

    Tu ne peux pas confronter les médias pro-Trump, qui fonctionnent à l’envers, sans comprendre leur règle de base: Les nouveaux médias de droite ne sont pas seulement une force d’opposition – c’est une institution parallèle qui fonctionne dans la propre réalité.

    Cernovitch le dit lui-même en parlant de la maladie de Parkinson dont souffre Hillary:

    Je ne croirais à rien de ce que dit Hillary Clinton. Je ne crois pas un seul de ses mots. Les médias disent qu’ils ne prendront pas Donald Trump à la lettre.

    C’est pour cela que l’on vit dans deux univers différents.

    Cernovitch affirme avoir « massacré » le journaliste et sans doute convaincu d’autres téléspectateurs et internautes de la validité de ses positions.

    * « 60 minutes interview Shows How Unprepared The Mainstream Media is For Pro-Trump Media »Buzzfeed News
    * « Trolls for Trump »New Yorker

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  • « Enough of the Conservakids »

    Townhall, un site web d’information conservateur, en a ras la casquette des « Conservakids » comme Tomi Lahren, virée, MIlo Yiannopoulos, bani, ou encore ce jeune lycéen qui figurait la semaine dernière en une du Boston Globe pour ses vidéos pro-Trump

    Pour je ne sais quelle stupide raison, les conservateurs sont toujours très excités quand un connaisseur pubert qui sait à peu près s’exprimer arrive et répète un simulacre de doctrine conservatrice (…)

    Non pas que je critique les jeunes (…)  Ils ont des points de vue importants, surtout dans le monde unique dans lequel ils évoluent, comme les universités ou les entreprises (…) Mais c’est notre faute de les laisser nous représenter au monde.

    Et de prendre l’exemple de la fameuse Tomi Lahren, dont « le profil dans les médias et médias sociaux a explosé grâce à ses « vidéos très agressives » mais le fait d’être partout devant la caméra cache le fait qu’elle n’a pas encore mature dans sa pensée conservatrice. »

    Il n’y a rien de plus que la certitude qu’ont les Millenials de leur prétention à une supériorité morale, surtout combinés à des postures hilarantes et prétentieuses comme les véritables défenseurs de leurs principes et contre la pression d’ennemis imaginaires.

    * « Enough of the Precocious Conservakids »Townhall.com

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  • Les Raiders qui déménagent à Las Vegas

    Dévastés les supporters de Oakland d’apprendre le départ de leur équipe de football américain, les légendaires Raiders – le maillot le plus connu de la NFL – vers … Las Vegas.

    L’équipe était déjà partie de la Bay Area en 1982, pour s’installer à Los Angeles, sous la direction de Al Davis, le père de l’actuel propriétaire, Mike Davis, qui a son tour a suivi le chemin de l’argent.

    Lundi, la NFL a voté 31 contre 1 pour le transfert de la franchise à Sin City – une éventualité que personne n’imaginait il y a encore quelques années étant donné la réputation de la ville, une population limitée pour soutenir une équipe mais l’opportunité d’offrir un nouveau stade de 1,9 milliards – financé à hauteur de 750 millions de dollars par la ville – a clos le marché – et devrait être finit d’ici 2020.

    L’équipe restera donc au moins deux ou trois saisons à Oakland avant de déménager – un moindre mal pour les supporters, qui auront le temps de se préparer au départ.

    C’est la troisième équipe de NFL en moins de 14 mois à déménager, toutes ont quitté des villes moyennes (Les Rams de Saint Louis, Les Chargers de San Diego et les Riaders de Oakland) pour des villes plus riches qui offraient de plus grandes enceintes capables d’accueillir plus de monde et plus d’argent (respectivement Los Angeles pour les deux premières et Las Vegas pour la dernière) – sans être assurés de pouvoir fidéliser des supporters.

    * « NFL approves move of Raiders from Oakland » – The Los Angeles Times

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  • Couverture du Jour

    « Scary movie: Hightened Competition from small screen, flat attendance & early VOD Gambit puts Hollywood on edge » – Variety

    Les propriétaires de cinéma, responsables de studios, réalisateurs et cinéphiles sont de plus en plus inquiets (…) Les goûts et les demandes des consommateurs changent et Hollywood a du mal à s’adapter.
    Certains vétérans de l’industrie ne sont pas convaincus que le business peut s’en sortir.
    Structurellement, ces studios, les agences et les exposants qui les entourent sont trop éparpillés, lents et empêtrés dans un réseau vertigineux de pratiques et associations commerciales désuètes pour répondre de manière efficace à l’ère numérique

Mercredi 1er février 2017: Cour Suprême, Incompétence et « chaos volontaire »

  • Premier prime time de Donald Trump en direct de la Maison Blanche pour l’un des évènements majeurs de sa présidence, la nomination du neuvième juge de la Cour Suprême, vacant depuis la mort d’Anthony Scalia en février dernier, et au cours duquel il était détendu et plutôt conciliant.
    Son choix s’est porté sur Neil Gorsuch, 49 ans, le plus jeune prétendant à ce poste en 25 ans, diplômé de Columbia, Harvard et Oxford, présenté « l’un des universitaires les plus brillants au monde », l’héritier le plus fidèle du « grand Anthony Scalia » et l’homme « dont le pays a énormément besoin aujourd’hui. »
    Le rapport de force idéologique au sein Cour Suprême des Etats-Unis ne va pas changer par rapport à l’année dernière, avec quatre « conservateurs » contre quatre « démocrates » et un neuvième, Anthony Kennedy, qui penche le plus souvent vers les républicains mais a défendu le droit à l’avortement, l’Affirmative Action et les droits des homosexuels – encore faut-il que les Démocrates l’acceptent, et mardi soir, Nancy Pelosi, affirmait que l’opposition bloquerait la nomination de Gorsuch.
  • Le contenu et l’application de la « Travel Ban » ce weekend seraient révélateur, pour de nombreux médias et politiques, de l’incompétence » de la Maison Blanche.
    Donald Trump a laissé Stephen Miller, un jeune conseiller de trente deux ans, décider de ne pas informer le Conseil National de Sécurité, ni les agences gouvernementales concernées, ni le futur Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, celui de la Défense, Jim Mattis, et celui de la Sécurité Intérieure, John Kelly, sous prétexte qu’ils n’étaient pas dignes de confiance.
    La coopération entre la nouvelle administration et le cercle rapproché du président commence plutôt mal.

    Politico rapporte que messieurs Bannon et Miller ont demandé l’aide de conseillers travaillant à la Commission des Affaires Judiciaires de la Chambre des Représentants pour l’ébauche de la « Travel Ban » et leur auraient fait signer au préalable un contrat de confidentialité leur interdisant de prévenir leur supérieurs, le président de la Commission concernée, Bob Goodlatte, ni Paul Ryan. 
  • Le chaos provoqué cette semaine par la « Travel Ban » est volontaire explique le Washington Post: « Tout ce qu’on connait de Trump, l’homme d’affaires et le présentateur télé suggère qu’il excelle dans le chaos, qu’il croit que le chaos produit les résultats qu’il aime ». Regarder des épisodes de The Apprentice permet de comprendre sa tactique de jeu: Créer le chaos en provoquant tensions et incompréhensions entre participants puis arriver en tant que décideur ultime pour virer les plus faibles pour garder les plus forts.
  • Est-ce que Trump serait plus enclin à se laisser « trumper » par sa personnalité haute-en-couleur quand sa fille Ivanka et son gendre sont absents. Emily Jane Fox note dans Vanity Fair que les nombreux dérapages de Trump ont eu lieu le vendredi soir et samedi, lorsque le couple Kushner observe le Shabbat orthodoxe, et doit s’abstenir de travail et de technologie. C’est durant ces 24 heures qu’ont eu lieu les évènements « off-script » ces deux dernières semaines: l’appel passé aux Parcs Nationaux le lendemain de son investiture pour obtenir les chiffres de la mobilisation puis envoyer le porte parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, mentir aux journalistes sur la taille de la foule, après un discours bizarre devant la C.I.A. ou la semaine dernière, quand il a annoncé la « Travel Ban » et provoqué des manifestations dans tout le pays.
    Les dimanches seraient consacrés à des opérations de sauvetage en terme de communication.
  • Les fils Murdoch, Lachlan et James Murdoch, respectivement président et P.D.-G. de la 21st Century Fox, propriétaire de Fox News, ont diffusé lundi un memo interne décrivant « une compagnie menée par la créativité et l’innovation » qui reconnait « l’unique perspective offerte par les nombreux individus qui sont venus aux USA à la recherche d’opportunité de s’exprimer librement (…) Nous respectons profondément les valeurs de diversité et pensons que l’immigration est une part essentielle de la force des Etats-Unis ». Ils se sont engagés à défendre tous les employés et leur famille qui seraient touchés par la « Travel Ban ».
    Le New York Times et le Wall Street Journal ont fait de même. Mais « la plupart des sociétés de médias, y compris les chaînes ABC News, NBC News, CBS News et CNN n’ont pas publié de déclarations officielles » sur la question.
  • Selon The Hill, les Représentants républicains travaillent sur une législation qui prévoit l’abolition de l’Agence de Protection de l’Environnement. « Les règles et régulations promulguées par les bureaucrates non élus » de cette organisation seraient devenues « un obstacle extraordinaire pour le peuple américain et les petites entreprises » selon l’auteur de la proposition de loi, Matt Gaetz. Donald Trump avait souhaité la disparition de l’EPA, vieille de 46 ans, avant de reconnaître l’utilité de quelques unes de ses fonctions. A suivre…
  • La guerre continue entre Donald Trump et CNN puisque la Maison Blanche a interdit à son personnel d’intervenir sur le plateau de la chaîne d’informations considérée comme une antenne de « fake news par le président, lors de sa première conférence de presse post élections au début du mois de janvier
  • Sean Spicer « ne sait pas » si le président assistera le 29 avril prochain au White House Correspondant Dinner, l’une des plus importantes soirées de gala annuelles de Washington mais surtout l’une des plus médiatiques au cours de laquelle sont conviés journalistes et comédiens qui viennent gentiment « griller » le président. Reliable Sources rapporte que certains proches de Trump, dont l’animatrice radio, Laura Ingraham, l’encouragerait à boycotter l’évènement, pour se différencier de l’élite de la capitale et éviter de se faire harakiri en direct à la télé.
    Participation ou non, l’évènement aura lieu le 29 avril à l’Hotel Hilton.  
  • « Move over Friendsgiving. Galentine’s Day is on the Way »
    « Galentine’s Day », c’est le nom d’un épisode de la série Parc and Recreations, et le jour préféré de l’année pour son personnage principal, Leslie Knope (Amy Poehler) car dédié aux « filles qui célèbrent les filles », et célébré la veille de Valentine’s Day. Dans le climat délétère actuel et le formidable espoir insufflé par la Marche des Femmes, Galentine’s Day devrait avoir plus de succès cette année rapporte AP cette semaine.