Le Kiosque du 26 novembre 2016

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TRUMPLANDIA

Au moins il suit les news le Donald, son premier tweet en 48 hours, ce qui n’est sans jamais arrivé depuis la création de son compte en mars 2009. Un tweet suprenant qui a bien entendu suscité critiques et moqueries de la part de nombreux médias, surtout que la mort du leader cubain a été annoncée hier peu avant minuit.
S’il a été l’un des derniers à l’apprendre, il aurait pu au moins rester discret la dessus.

Le milliardaire et futur président intervient principalement via le réseau social sur lequel il a posté plus de 34 000 tweets, plus d’une dizaine par jours!
Il a 16 millions d’abonnés, et suit seulement 41 personnes et compte Twitter, dont ses enfants, Eric, Donald Jr, Ivanka et Tiffany, neuf des organisations, The Drudge Report et Fox news, des journalistes de Fox, et Vince McMahon, le président de World Wrestling Entertainment, milliardaire et lui même ancien catcheur.

 

No RIP for Fidel en Floride

On a assisté à des scènes de liesse en Floride à la suite de la mort de Fidel Castro. L’importante communauté cubaine a laissé exploser sa joie hier soir et jusque tard dans la nuit. Les festivités ont continué ce matin, surtout dans le sud de l’état et sa capitale où exilés cubains, leurs enfants et petits enfants chantaient, dansaient, pleuraient, en agitant les drapeaux de Cuba.
Parmi eux, Fabiola Santiago, journaliste au Miami Herald écrivait ce matin.

Le tyran est mort.
Il faut que je le dise pour le croire.
Al Fin
Finalement le eader de la guerilla qui est arrivé au pouvoir en promettant la justice sociale mais qui au lieu de cela a séparé des familles, éxécuté et persécuté des opposants, imposé une misère sans précédent sur le peuple cubain, est parti de cette terre.
J’ai attendu ce moment toute ma vie.
Finalement, le traitre dont le pouvoir communiste m’a déracinée de tout ce que je savais et aimait et qui m’a laissé sur ce littoral le coeur brisé est parti.
Le tyran est mort.
Il faut que je le répète pour le croire. (…)
Ne me jugez sévèrement, laissez moi profiter de ce moment. Notre exil est sa faute.
Il n’y a pas de RIP de notre part pour l’incarnation du diable dans notre histoire personnelle et collective.
(…)
Il n’y aura pas d’adieux Comandante de notre part, juste un bon débarras

Patrick Oppman, l’unique journaliste américain présent à Cuba, correspondant de CNN, s’est retrouvé hier soir à annoncer la nouvelle aux Cubains, puisque la chaîne du gouvernement n’a pas daigné changer ses programmes hier soir pour couvrir la mort de leur ancien leader.

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Jill Stein obtient le recompte des voix dans le Wisconsin

On n’aura jamais autant de Jill Stein que cette semaine, depuis qu’elle a réussi à récolter plus de 5 millions de dollars depuis mercredi pour demander au Wisconsin (10 grands électeurs) de recompter ses voix qui seront disponibles avant le 13 décembre prochain. La demande a été officiellement enregistrée hier avant 17 heures et la campagne de Hillary Clinton vient d’annoncer qu’elle y participera.
La date limite pour une demande recomptage des voix en Pennsylvanie (20 grands électeurs) est lundi et le 30 novembre pour le Michigan (16 électeurs pas encore adjugés).

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Obama restera en politique après le 21 janvier 2017

Pas content le New York Post après les déclarations de Barack Obama lors de son déplacement au Pérou sur son intention d’intervenir après son départ de la Maison Blanche pour défendre les valeurs et les idéaux du pays quand il le jugera utile. « Vous me verrez l’année prochaine, et on sera dans une position dans laquelle on va pouvoir commencer à de grandes choses ».
Le président tentait de rassurer des milloins d’Americains et de Démocrates effrayés par la future administration et son Commander-in-Chief.
Une démarche qui va à l’encontre de la tradition qui veut l’ancien président reste en dehors de la vie politique après ses mandats.

Dans un éditorial ce matin, le tabloïd newyorkais critique cette décision qui pourrait lui faire baisser sa côte de popularité auprès des Américains et empêcher une nouvelle génération de démocrates de prendre la relève.
Jamais un président n’a été aussi aimé à quelques mois de son départ, et beaucoup le regrettent déjà, surtout avec ce arrive ensuite

 

Le kiosque du 25 novembre 2016

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En espérant que tout le monde a passé un bon Thanksgiving ou Friendsgiving, le weekend sera slow aux Etats-Unis car la plupart des Américains profitent de la fête nationale pour prendre la fin de la semaine off et rentrer chez eux dans leur famille.

Aretha Franklyn

Les chanceux qui étaient devant leur poste de télé hier midi, lors de la rencontre de football entre les Detroit Lions et les Minnesota Vikings, ont sans doute eu des frissons en entendant l’hymne national chanté par Aretha Franklyn, dans le Ford Field Stadium de Detroit, d’où est originaire « la reine de la soul ».
Une performance exceptionnellement longue, plus de 4 minutes, qui en a ému plus d’un.

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Hillary remerciée par ses supporters

Une famille a du passer un Thanksgiving un peu plus triste que le reste du pays, c’est la famille Clinton dans leur résidence de Chappaqua dans l’état de New York. Heureusement des supporters avaient  préparé une surprise pour la candidate en installant des dizaines de pancartes le long de sa rue, hier matin. L’interessée les a directement remerciés via Twitter.

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TRUMPLANDIA

La Russie a essayé d’influencer les élections présidentielles américaines

On sait depuis des mois que la Russie allait tenter d’influencer les élections présidentielles américaines: en piratant le Comité National Démocrate au mois de juillet puis la messagerie du responsable de la campagne de Hillary Clinton, John Podesta, dont les contenus ont été diffusés par Wikileaks – le fondateur, Julian Assange, avait promis de tout faire pour empêcher une victoire de la candidate démocrate.
Des experts avaient alerté sur différentes modalités d’actions visant à « brouiller les pistes » chez les électeurs et avaient même envisagé le piratage de certaines machines électroniques ou registre de vote informatisés.

Selon le Washington Post, des équipes de chercheurs ont mis en évidence l’existence « d’une propagande russe dans la diffusion de fake news sur les réseaux » sans être capable d’affirmer dans quelle mesure cette propagande a réussi à influencer les élections. Des milliers de compte Facebook et des websites pro-conservateurs. pro-Trump et alt-right ont envahi internet les dernières semaines de campagne pour répandre toute sorte d’informations visant à discréditer la candidate démocrate, et son parti, à l’instar de ces sites russes qui opèrent en anglais: Next News Network sur youtube (56 millions de vidéos partagées au mois d’octobre), RT, ou Sputnik.

La quasi certitude de voir Clinton être élue a sans doute limité les inquiétudes vis-à-vis de l’ingérence de la Russie, mais c’était sans compter la réouverture de l’enquête du FBI à 11 jours du scrutin. Aujourd’hui, les supporters de Trump qui annonçaient des élections truquées se sont rétractés et ce sont les démocrates qui appellent à un nouveau décompte des votes

Hillary Clinton: Les médias, journalistes, supporters et Jill Stein veulent toujours y croire

  • La candidate, restée très discrète depuis son impensable défaite aux élections présidentielles, est revenue malgré elle, sur le devant de la scène cette semaine, après la publication d’un article du New York magazine évoquant la possibilité « d’une manipulation ou piratage » des résultats de votes dans certains comtés de trois états, le Wisconsin, la Pennsylvanie et le Michigan.
  • Clinton aurait été approchée par des experts et des avocats spécialisées dans la question de la fraude électorale depuis jeudi dernier mais n’avait fait suite en demandant un recompte.
    Entre temps, le futur président a annoncé qu’il ne poursuivrait les investigations sur la gestion de la messagerie privée de l’ancienne Secrétaire d’Etat, ni sur la Fondation Clinton.
  • Jill Stein, la candidate du Green Party, qui s’est violemment opposée à Clinton lors de la campagne présidentielle, a réussi à reunir 4,6 millions de dollars en depuis pour payer les frais nécessaires à un nouveau décompte des bulletins de vote dans les trois états – plus que l’ensemble des donations reçues lors de sa campagne présidentielle.
    La deadline pour le Wisconsin, ou Trump dévance Clinton de 27 000 voix seulement, est cet après midi avant 5 hrs et il semblerait selon le Wisconsin Journal Sentinel, que Jill Stein, dépose une requête pour un nouveau décompte.
  • Hillary Clinton a largement remporté le vote populaire avec de 2 millions de voix de plus que son adversaire Donald Trump, qui a réussi à remporter le collège électoral en remportant certains états avec une marge de quelques de dizaines de milliers d’électeurs.
    La raison pour laquelle de nombreux commentateurs et journalistes appellent les grands électeurs à ne pas se soumettre à la sagesse habituelle qui consiste à voter pour le candidat qui a remporté leur état. Rien ne les oblige dans la constitution à suivre cette démarche, et la campagne de 2016, avec les soupçons de fraude qui entourent le vote, la victoire du vote populaire par Hillary Clinton, devraient être l’occasion pour ces grands électeurs de choisir et ils ont été mis en place pour justement être capable de faire un tel choix.

 

Snowden demande la grâce d’Obama

Les opérations de secours ont commencé pour le lanceur d’alerte Edward Snowden, qui a demandé  cette semaine le pardon de Barack Obama alors que sort vendredi le film éponyme d’Oliver Stone et qu’une campagne de soutien vient d’être lancée pour sa clémence.

En 2013, Snowden, employé de la NSA, a fourni au Guardian et au Washington Post des documents relatifs aux programmes de surveillance des citoyens que l’agence de renseignement avait mis en place à leur insu – programmes qui seront suspendus avec L’USA Freedom Act en 2015.
Il est toujours aujourd’hui sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour actes d’espionnage et risque jusqu’à trente ans de prison dans son pays.

Snowden de Oliver Stone avec Joseph Gordon-Levitt sort aux Etats-Unis ce vendredi 16 Septembre 2016
Snowden de Oliver Stone avec Joseph Gordon-Levitt sort aux Etats-Unis ce vendredi 16 Septembre 2016

Coïncidence ou non, « l’homme le plus recherché de la planète » a profité de la campagne de pub très favorable du film qui lui est consacré pour en appeler à la grâce du président des Etats-Unis avant son départ de la Maison Blanche en janvier prochain.
Interrogé en direct hier, il a déclaré:

Sans ces divulgations, sans ces révélations, nous serions encore pires.
Oui il existe des lois qui établissent des règles, mais c’est aussi pourquoi il existe le pouvoir de pardonner vis-à-vis dans des situations exceptionnelles, pour des choses qui sont illégales d’un premier abord, mais qui moralement, au niveau éthique, et devant les résultats obtenus, se sont avérées nécessaires.

Snowden, réfugié en Russie depuis 2013, avait déjà évoqué le souhait de rentrer dans son pays, quitte à faire de la prison mais à condition de bénéficier d’un procès équitable et sans devenir un « symbole de dissuasion à l’encontre des autres whistleblowers du pays ».

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C’est un pari ambitieux que vient de lancer Snowden, considéré comme un héros à l’étranger et qui bénéficie d’une soutien plutôt favorable au sein de la population américaine et surtout chez les jeunes.
Beaucoup de médias soutiennent depuis plusieurs mois, voire  des années une solution à l’amiable pour le jeune informaticien de 33 ans: Dès 2014, la rédaction du New York Times a appelé à la clémence du gouvernement.

Des personnalités d’Hollywood (Susan Sarandon, Maggie Gyllenhaal, Daniel Radcliffe) de la musique (Michael Stipe), Michael Moore, Noam Chomsky ou encore le milliardaire George Soros se sont rangés derrière Snowden et signé une pétition disponible au public, pardonsnowden.org, pour demander sa clémence 

Eric Holder, qui était l’Attorney General lors des fuites en 2013 a été le premier politique de cette stature a affirmé que Snowden avait un « service public »  en ouvrant le débat sur les techniques de surveillance des citoyens américains.

C’est désormais au tour de Jill Stein, la candidate du Green Party, mais aussi Bernie Sanders , d’anciens membres des renseignements, d’appeler le président Obama à considérer un arrangement ou une clémence vis-à-vis du lanceur d’alerte.

pardonsnowden.org
pardonsnowden.org

Barack Obama avait appelé Snowden à se rendre à la justice en 2014 en expliquant qu’il aurait des lois avaient été mises en place pour protéger les lanceurs d’alerte à l’époque, et qu’il aurait les reporter à ses supérieurs plutôt que de les rendre directement public. Snowden avait alors indiqué qu’il avait suivi exactement le protocole sans obtenir de réponse.

La demande clémence de Snowden va être posée aux deux candidats qui devraient selon toute logique la refuser à moins qu’elle devienne un nouvel enjeu de cette campagne présidentielle – déjà marquée par l’intervention de l’autre whistlblower le plus recherché au monde, Julian Assange.
Il reste 127 jours à Barack Obama pour prendre une décision

Jill Stein, la candidate du Green Party, relève de Bernie Sanders?

Capture d'écran d'une photo d'un rassemblement de Jill Stein à Philadelphie où l'on ne voit que des Pancartes "Bernie" ou "Bernie or Bust" - Publiée sur le site 27 Juillet 2016
Capture d’écran d’une photo d’un rassemblement de Jill Stein à Philadelphie où l’on ne voit que des Pancartes « Bernie » ou « Bernie or Bust » – Publiée sur le site 27 Juillet 2016

L’élue du parti vert américain ne remportera pas les élections du 8 novembre mais se verrait bien influencer ses résultats en continuant, seule, la révolution initiée par Bernie Sanders  – au grand dam des démocrates.
Le Spoiler Effect
Fondé en 2001, le Green Party of the United States (GPUS) affilié à gauche exerce une influence toute relative sur les décisions politiques du pays, que ce soit à Washington ou au niveau des états – A l’exception des élections présidentielles américaines où les « Greens » tentent désormais de s’imposer comme une alternative au duel classique Démocrates-Républicains, souvent frustrant pour les électeurs.
Et cette cuvée 2016 pourrait apporter un succès critique à ce petit parti compte tenu de l’impopularité des deux candidats, Hillary Clinton et Donald Trump.

Une éventualité qui effraie les démocrates, encore traumatisés par les élections de 2000, perdues par Al Gore dans l’Etat de Floride à une centaine de voix près contre George Bush. Le candidat des Verts de l’époque, Ralph Nader, en refusant d’appeler ses électeurs à voter démocrate, en restant dans la compétition et collectant plus 95 000 voix aurait « gaché » toutes les chances de victoire du candidat démocrate.

Cette stratégie du « Spoiler Effect » qui fait toujours débat aujourd’hui est l’une des conséquences directe du système bipartisan: elle consiste en la participation au sein d’un même camp politique (la gauche ou la droite) d’un « spoiler candidate », un candidat secondaire, qui va concourir contre le principal candidat, et dès lors fragiliser ses chances de victoire au profit de leur rival politique.

« Jill not Hill »
Cette année, la candidate du GPUS et potentiel « Spoiler Candidate », Jill Stein, qui n’avait recueillie que 470 000 voix en 2012, a vu dans Bernie Sanders un allié de choix. A la recherche d’une collaboration avec le sénateur du Vermont, elle a proposé sa place à la tête du Green party après sa défaite aux primaires démocrates afin qu’il puisse poursuivre sa campagne et se présenter aux élections de Novembre.

Sanders n’a pas fait suite à son offre.

Résultat: début Juillet, la candidate a violamment critiqué le choix de Bernie Sanders de soutenir Hillary Clinton – sans même reconnaître les acquis que ce dernier a réussi à faire passer dans l’agenda démocrate. Elle a aussi saisi l’occasion pour aller courtiser ceux qui se sont sentis trahis par le ralliement de Sanders à l’establishment politique qu’il avant tant critiqué des mois durant.

Aujourd’hui elle veut rassembler tous ceux qui « veulent continuer le mouvement » et poursuivre la « révolution » avec ou sans Bernie Sanders.
Et le flot de supporteurs mécontents et désabusés venus prêter allégance n’a pas désempli depuis.
J’ai l’impression d’être un travailleur social, être présent ici et parler aux supporteurs de Bernie. Ils ont le coeur brisé. Il se sentent délaissés et trompés par le parti démocrate a-t-elle affirmé, selon les propos rapportés par The Atlantic ce matin.

Pour autant, Jill Stein n’a pas l’expérience de Sanders, et sa position reste avant tout contestataire comme l’explique le  Time qui l’a interviewé récemment:

Stein se présente davantage comme une dissisdente et pasionaria de la tribune plutôt qu’une politicienne. Elle appelle Clinton une Va-t-en-guerre, Donald Trump un fanatique et refuse de dire qu’elle est le pire des deux candidats (…) La semaine dernière, elle a affirmé à un blog libéral que Bernie Sanders foutaient ses supporteurs dans la merde en soutenant Clinton. La lutte qu’elle mène avec son armée de militants couverts de badges, microphones à la main en système plus qu’elle ne cherche à remporter des positions. Sa zone de prédilection, ce sont les rassemblements bruyants de libéraux dans les parcs plus que les couloirs du pouvoir politique 

Une tribune de choix à la Convention Démocrate
Lors de la convention démocrate, elle a tenu des meetings quotidiens dans les rues de Philadelphie, ou on pouvait des dizaines de pancartes « Bernie or Bust » et presque aucune dédiée au Parti des Verts. Mardi soir, elle a accompagné les dizaines de militants qui ont décidé de quitter la convention après que Sanders ait appelé à l’unité du parti et à voter Hillary Clinton.

Toute la légitimité de Jill Stein aujourd’hui repose sur le désenchantement d’électeurs qui découvrent, comme Bernie Sanders l’a signifié mardi, que la campagne, la politique et la démocratie sont une affaire de Compromis. Elle a néanmoins réussi à faire parler d’elle cette semaine à philadelphie – une stratégie essentiellement si elle veut comme le « troisième parti » aux élections de novembre

Il est difficile de quantifier aujourd’hui le nombre d’électeurs que pourrait récupérer Jill Stein des nombreuses défections qu’a reçu Bernie Sanders. Selon le site de sondage en ligne Yougov.com, elle récolterai  3% des intentions de vote, un score respectable qu’elle devrait sans doute augmenter d’ici le mois de novembre.

Rappelons enfin que la grande majorité des supporteurs de Sanders (90%) lui sont restés fidèles et suivront le mot d’ordre qu’il a répété à plusieurs reprises  sur la scène du Wells Fargo Center: voter démocrate.

 

Bernie se rallie finalement à Hillary

ENFIN!

Pour ceux qui suivent passionnément la campagne présidentielle américaine, il vient de se passer un évènement qu’on espérait ne plus voir venir.

Un mois après la victoire d’Hillary Clinton dans les Primaires californiennes, Bernie Sanders a finalement reconnu aujourd’hui qu’elle avait bien remporté la candidature démocrate aux élections de novembre prochain, et a annoncé qu’il lui apportait officiellement son soutien:

Je félicite la Secrétaire Clinton pour avoir remporté le processus de nomination démocrate. Elle sera la candidate démocrate à la présidence et je ferai tout mon possible pour qu’elle soit élue la prochaine présidente des Etats-Unis

Durant ces derniers jours de négociations avec l’équipe de Clinton et le parti démocrate, Sanders a réussi à faire passer beaucoup de points de son programme, notamment dans le domaine de l’éducation (prêts étudiants), du salaire minimum (fixé à $15/hr) et de l’assurance santé qui seront présentés conjointement lors de la convention nationale démocrate qui aura lieu à Philadelphie à la fin du mois de juillet.

C’est une victoire pour le clan Clinton car le soutien de Sanders représente un capital de plus de 13 millions d’électeurs démocrates et indépendants – si tant est qu’ils reportent leurs votes sur la candidate, ce qui est loin d’être certain.
C’est aussi une victoire pour Sanders qui avait réclamé que ses idées, bien plus à gauche que sa rivale, soient prises en compte par le parti et défendue par Clinton: 80% de ses exigences auraient été honorées – selon son directeur politique, Walter Gunnells, et il a obtenu un speech à la convention!

Enfin c’est une victoire pour le parti démocrate, qui fort d’une alliance Sanders-Clinton, peut se targuer désormais de rassembler les jeunes, les moins jeunes, les hispaniques, les noirs, les mécontents et devrait consolider son avance sur les Républicains et Donald Trump.

Cette alliance attendue depuis les arrangements politiques entre Bernie Sanders et le parti démocrate, en a frustré d’autres, à l’instar de Jill Stein, la candidate du parti des Verts, qui avait proposé de laisser sa candidature à la présidence à Sanders en échange qu’il prenne sa carte du parti:

« Si vous refusez de voter pour une belliciste ou un milliardaire raciste, il y a d’autres options. La révolution politique va continuer » a-t-elle tweeté ce matin avant de continuer « Beaucoup de coeurs qui battent pour Bernie se brisent en ce moment »

Effectivement, beaucoup de supporteurs de Sanders ont assez mal accepté ce ralliement. On peut voir sur Twitter les hashtags le traitant de #soldout (« Vendu ») ou voir réapparaître des #BernieOrBust, #NeverHillary pour ceux qui sont prêts à voter Trump plutôt que Clinton

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