17.10.17

 

1. #METOO

 

  • En France, c’est #BalanceTonPorc, aux Etats-Unis, c’est #METOO: Elles ont été très nombreuses sur les réseaux sociaux à raconter comment elles ont été harcelées, agressées, voire certaines d’entre elles violées.
     

 

  • Depuis deux ans, le licenciement de Roger Ailes, figure soi-disant indétrônable de Fox News, la parole des victimes s’est un peu plus libérée et a été écoutée: d’autres personnalités (Bill O’Reilly, Harvey Weinstein, Bill Cosby) ont été accusées, l’entreprise Uber s’est faite épinglée grâce au témoignage d’une ancienne employée provoquant un séisme dans la Silicon Valley. 
    L’immense indignation et mobilisation provoquées par le scandale Weinstein pourraient annoncer une nouvelle ère, une évolution des mentalités au sein de la gent masculine et une plus grande vigilance des entreprises face à ces abus que les femmes dénoncent tout de même depuis quarante ans.

 


2. Quarante ans de luttes

 

    • Le harcèlement sexuel a été formulé pour la première fois par une professeure de sociologie de Cornell, Lin Farley, qui s’est rendue compte dans l’un de ses cours (« les femmes et le travail ») que toutes ses étudiantes avaient été déjà été virées ou poussées à la démission après avoir refusé les avances sexuelles d’un patron.
      L’un des premiers procès a été intenté en 1978 par Mechelle Vinson, une employée de banque, victime des agressions sexuelles répétées de son supérieur qui la menaçait de la virer. L’affaire est remontée jusqu’à la Cour Suprême des Etats-Unis qui en 1986 a considéré le harcèlement sexuel comme une forme de discrimination sexuelle, donc illégale.
    •  

 

 


3. Trumplandia

 

  • Après avoir critiqué pendant des mois l’incapacité du chef de la majorité républicaine du Sénat à tuer et remplacer Obamacare, Trump a assuré hier en conférence de presse que ses relations avec Mitch McConnell n’avaient jamais été aussi bonnes. C’est faux mais Trump n’a pas d’autre choix que de jouer l’unité entre le gouvernement et sa majorité pour pouvoir s’accorder sur un budget et ensuite voter la réforme fiscale, l’un de ses grands projets. – Axios

 

  • Lors de cette conférence de presse, Trump a salué son ami Steve Bannon, ancien conseiller stratégique, qui s’est donné pour mission de détruire McConnell et le parti républicain avant les prochaines élections la semaine prochaine.
    Le président a également lancé quelques mensonges: Que les anciens présidents, et surtout Obama, n’appelaient jamais les familles des soldats morts en mission, que Obamacare était mort et qu’il n’y avait aucune collusion entre son équipe de campagne et les Russes pendant la campagne, …

 

  • La liste Forbes des 400 personnes les plus riches du pays vient de sortir et Trump a perdu 600millions e dollars depuis l’année dernière – elle n’est plus qu’à trois milliards – est descendu à la 248ème place.

 


4. La menace McCain

 

  • John McCain, ancien prisonnier de guerre, sénateur républicain d’Arizona depuis 1986, candidat malheureux contre Barack Obama aux élections de 2008, qui a annoncé être atteint d’un cancer du cerveau cet été, est aujourd’hui l’un des politiciens les plus admirés et respectés du pays, à gauche comme à droite.
    C’est aussi le conservateur le plus anti-Trump de Washington qui n’a pas sa langue dans sa poche, ni peur du président qu’il n’hésite à critiquer ouvertement sur Twitter – c’est aussi celui qui a fait vaciller la dernière loi sur la réforme de la santé.
  • Dans un discours « à la Lincoln » donné lundi soir à Philadelphie, McCain a mis en garde les Etats-Unis contre « un nationalisme bancal et fallacieux soutenus par des gens qui préfèrent des boucs émissaires que de résoudre les problèmes ». – AFP
  • Trump a riposté ce matin en suggérant directement à McCain d’être « prudent parce qu’à un moment il va riposter » et « ça va pas être beau » mais il n’a aucun intérêt à l’attaquer parce qu’il se mettrait à dos la plupart des Républicains, dont il a trop besoin de accomplir ses projets : un budget et la réforme fiscale. 

 


5. Naissance de la haine

 

  • Depuis plusieurs années, à la méconnaissance de sa famille, Mike Enoch tient le blog The Right Stuff et anime le podcast The Daily Shoah [en référence au Daily Show et à la Shoah] pour moquer la Shoah] parmi les plus lus et écoutés de la sphère d’extrême droite américaine.
    En janvier dernier après avoir été « doxé » par des militants anti-racistes – son identité a été révélée, des posters révélant ses passe-temps haineux affichés en bas de son immeuble de l’Upper East Side à Manhattan, et deux secrets inavouables: une femme juive et un demi-frère métis.
    Il a logiquement perdu son boulot et provoqué un drame dans sa famille, qui pensait que ce « gaucho contrarié », qui est passé de Chomsky à Trump, avait tourné le dos à la politique.
     

    « Billie [sa belle-mère] se demande comment annoncer la nouvelle aux amis et à la famille concernant Mike E. ‘Qu’est-ce que tu fais? T’envoies une lettre à tes cousins: Ca fait 20 ans qu’ont s’est pas parlé, j’espère que tout va bien, et oh, P.S. notre fils est un nazi? ». Elle s’inquiète de que les gens vont penser d’eux comme parents. ‘

  • S’il est resté anonyme toutes ces années, c’était pour protéger sa vie privée et sa future ex-femme, qui l’a quitté peu après les révélations, son père lui a demandé de légalement changer son nom, son demi-frère ne lui parle plus mais il continue de proférer sa haine sur son blog et podcast … à visage découvert.
    Portrait assez inquiétant qui vaut le détour.* « Birth of a White Supremacist »The New Yorker

 


6. Jared, le pire agent immobilier

 

  • Jared Kushner, le gendre de Trump, qui a mis en suspens sa carrière de développeur/agent immobilier pour aider le président à sauver le Moyen Orient, résoudre la crise des opiacés, réinventer le gouvernement « dans son entier » et repenser son infrastructure informatique serait sur le point de ruiner sa famille qui gère la compagnie éponyme, Kushner Companies.

 

  • En 2007, pendant que son père était en prison pour subornation de témoin, Jared a acheté un immeuble sur la Cinquième Avenue pour 1.8 milliards de dollars qui n’a jamais été rentable et leur a fait perdre des dizaines de millions de dollars.
    Leur projet å démolir l’immeuble pour y reconstruire une luxueuse tour n’a trouvé aucun investisseurs et la famille doit finir de payer le crédit de 1,2 milliards en février 2019. S’ils ne trouvent pas un accord avec leur partenaire qui possède 49,5% des parts de l’immeuble, ils pourrait perdre la propriété, le joyau de leur portfolio, et ruiner les désirs de conquête du marché immobilier new yorkais.* « Kushner’s Control of Family’s NYC Crown Jewel Is Now in Jeopardy »Businesweek

 


7. C’est les prix, crétin!

 

Amanda Northrop/Vox

 

  • Quels que soient les efforts déployés par les Républicains pour détruire Obamacare et les Démocrates pour la sauver, le problème de l’assurance santé et de la santé en général aux Etats-Unis, ce sont prix exorbitants fixés par les hôpitaux et les cliniques, qui sont souvent gardés secrets jusqu’à ce que les patients reçoivent la facture: 35 dollars pour tenir un bébé qui vient de naître dans les bras, 7 dollars pour le prix d’un simple pansement, ou 629 dollars pour qu’un docteur applique un pansement sur le doigt d’une petite fille.
     

    Ce genre de choses n’arrive qu’aux Etats-Unis et c’est la clé pour comprendre le dysfonctionnement de notre système de santé. Les prix élevés tuent les familles américaines et expliquent pourquoi les dettes concernant des soins médicaux sont la première cause de banqueroute aux Etats-Unis (…) Ils sont la raison pour laquelle les deux partis n’arrivent pas à réformer correctement le système de santé.

  • * « The problem is the price »Vox

 

 


8. On vit une époque formidable

 

  • « Gender Recognition Act »: La Californie a officiellement introduit un troisième genre pour ses résidents qui ne s’identifient ni à une femme, ni à un homme et qui sera disponible pour tous les papiers d’identité de l’Etat (permis de conduire, acte de naissance) et pas seulement limitées aux transsexuels mais à toute personne qui s’identifie comme « non-binaire » – The Sacramento Bee

 

  • Après la diffusion du reportage de CBS et du Washington Post sur la façon dont les industries pharmaceutiques et distributeurs de médicaments ont réussi à faire plier la DEA dans la lutte contre la crise des opiacés, un reportage suivi par 13 millions d’Américains, dont le président, Peter Marino, le représentant républicain qui a introduit la loi limitant le pouvoir de l’agence américaine, a décidé de ne pas accepter le poste de Tsar de l’anti-drogue, que Trump lui avait offer.

 


8. La Couverture du jour

 

  • Le roi Lebron James, légende vivante du basket américain qui a remporté le championnat sous deux maillots différents, les Miami Heat et les Cavaliers de Cincinnati.

 

22.09.17

 

1. McConnell perd pied

 

  • La proposition dite « Graham-Cassidy » qui vise à supprimer et remplacer Obamacare devait être votée la semaine prochaine au Sénat. C’est la dernière tentative du parti républicain pour tenir « une » promesse vieille de sept ans, pour prouver aux électeurs et au président qu’il est capable de voter une loi au Congrès; c’est aussi le moment de vérité de Mitch McConnell, leader de la majorité républicaine au Sénat:
     

    Il a été humilié par le président Donald Trump et ses manoeuvres politiciennes remises en question. Maintenant, Mitch McConnell a une chance de laisser derrière cet été cruel. La semaine prochaine, le leader de la majorité du Sénat  essayera une nouvelle fois de supprimer la réforme de la santé des Démocrates.
    Au même moment il joue sa réputation politique en Alabama, où son candidat, le sénateur Luther Strange affronte un anti-establishment Roy Moore dans une élection spéciale.
    McConnell, normalement prudent, prend dans les deux cas beaucoup de risques, et deviendra suivant les résultats, un héros ou un loser aux yeux du parti républicain …

    * « McConnell lays it on the line »Politico

 


2. McCain sauve encore Obamacare

 

  • C’était sans compter l’annonce faire par John McCain, héros de la résistance républicaine contre Trump et l’un des plus modérés, cet après midi: il votera contre la réforme de la santé proposée par son meilleur ami, Lindsey Graham car « une loi qui a un impact sur tant de vies mérite un accord bipartisan ».
     

 

  • Jimmy Kimmel, le comédien présentateur d’une émission de fin de soirée sur CBS, est devenu cette semaine l’un plus des ardents adversaires de la proposition, qu’il a critiqué à trois reprises dans des segments qui ont fait le tour d’internet et contribué à remettre la réforme de la santé au coeur des débats, à la télé, sur internet et les médias sociaux.

 


3. #DotardTrump

  • Une journée en Trumplandia via Twitter:
    Les mots doux du meilleur ami du président, Kim Jung Un, qui l’a traité de « Dotard »

     

     
    Après avoir été traité de « gâteux », Don avait besoin de rassurer son ego:
     

 


4. Vers un populisme pur

 

  • David Brooks, l’un des plus célèbres chroniqueurs du New York Times esquisse dans « The Coming War on Business » l’avenir du populisme aux Etats-Unis à travers la figure de Samuel Francis, mentor de Pat Buchanan, adversaire républicain de Bill Clinton aux élections présidentielles de 1992, au cours desquelles il a mené « la première campagne de ce qu’on appelle le « populisme trumpien »:
     

    Trump n’est pas un phénomène isolé; la vague nationaliste a émergé il y des années. Sa base lui reste fidèle car il ne s’agit pas que de lui; Il s’agit d’un mouvement qui se définit contre la soi-disant classe dirigeante. Les Républicains du Congrès s’emmêlent les pinceaux sur la réforme de la santé et d’autres problèmes parce qu’ils ne comprennent pas leurs électeurs. Trump n’est sans doute pas le point culminant, mais la transition vers un populisme encore plus pur.
    Trump est un pro-business. Le prochain populisme s’inspirera sans doute de son nationalisme ethnique et y ajoutera une couche anti-entreprises et anti-technologie. Google, Facebook, Amazon et Apple sont tout ce que Francis détestait – économiquement, culturellement, démographiquement, et « nationalistiquement ».
    Alors que les géants de la technologie sont de plus en plus présents dans nos vies quotidiennes et nos esprits, ils vont devenir un enjeu important de la politique américaine. Je ne serai pas surpris de voir émerger un nouveau démagogue, encore plus pur que Francis.

                                                           


5. « Sick Mind »

 


 
 

  • C’est l’un des plus gros gâchis de la NFL: Aaron Hernandez, ancienne star des New England Patriots, retrouvée mort en juin dernier à 27 ans dans sa cellule de prison. Il purgeait une peine à vie pour le meurtre d’un ami en 2013.
  • L’examen de son cerveau révèle que M. Hernandez souffrait d’un stage avancé de CTE (Encéphalopathie Traumatique Chronique), une maladie neuro-dégénérative provoquée par les commotions cérébrales répétées qui touche la plupart des joueurs de football américain – la maladie n’est détectable qu’une fois le patient décédé.
  • La famille a porté plainte contre la ligue de Football – déjà condamnée en 2013 à payer d’un milliard de dollars à ses anciens joueurs – et son ancienne équipe professionnelle, les Patriots, qui n’auraient rien fait pour le protéger. Elle réclame 20 millions de dollars de dommages et intérêts.
  • Malgré les risques reconnus du football américain, il reste le sport numéro des Américains: les joueurs continuent d’y jouer – et de gagner des millions de dollars – et les spectateurs continuent de le regarder.

 


6. La guerre des chaînes d’info

 

  • L’effet Trump a ravivé l’intérêt des Américains pour l’information et ce sont les trois grandes chaînes d’info, Fox News, CNN et MSNBC, désormais au coude à coude en terme d’audience, qui se partagent le gâteau: Fox News a réorganisé sa soirée après les départs de Megyn Kelly (sur NBC) et de Bill O’Reilly (par la petite porte) avec un line up pro-Trump entre huit et onze heures du soir: Tucker Carlson (8-9) puis Sean Hannity (9-10) puis la dernière recrue Laura Ingraham (10-11). Ils affronteront respectivement sur MSNBC, Chris Hayes, Rachel Maddow et Lawrence O’Donnell; et sur CNN, Anderson Cooper (8-9) et Don Lemon (10-12)
  • Les chaînes sont regardées par le président qui en parle souvent en bien ou en mal: elles ne relaient pas seulement l’information, elles font partie intégrante de l’actualité.

    « Morning Media » Politico

 


7. Les faux trublions de LA

 

  • Sean Adl-Tabatabai, 36 ans, et son mari/partenaire Sinclair Treadway, 24 ans, sont les créateurs du site Your News Wire, basé à Los Angeles, qui s’intéresse « aux informations qui ne sont pas données au public » comme le font déjà avec beaucoup d’efficacité Breitbart et InfoWars, et est considéré comme une source de fake news par Google et Snopes [le site qui identifie les sites de fake news].
    Sauf que les deux trublions, supporters de Bernie aux dernières élections, se définissent comme des « libéraux abandonnés » par une presse trop proche du pouvoir qui a sous estimé le sénateur du Vermont durant les Primaires démocrates et qui voient dans Trump, un bouffon et une figure anti-establishment élue pour « détruire le système »
  • Bottom Line: Tout le monde surfe sur la vague des fake news, de l’information alternative, d’une autre perception de la réalité, blablabla … ça attire l’attention des médias comme The Hollywood Reporter surtout quand les auteurs affirme être libéraux … Du grand vide.* « L.A. Alt-Media Agitator (not Breitbart » Clashes with Google, Snopes) » The Hollywood Reporter

 

 


8. A Voir: La guerre de la drogue aux Philippines

    • Reportage de NBC Left Field aux Philippines où la guerre sanglante menée par le président Duterte contre la drogue a fait depuis juin 2016 entre 7 000 et 12 000 victimes, souvent des trafiquants ou toxicomanes fichés et harcelés par la police qui les condamnent à mort s’ils ne cessent leur activité. « Si tu continues à te droguer, t’es mort » préviens un policier, fier de participer au « nettoyage » du pays, encouragé par un président qui n’a jamais été aussi populaire dans les sondages et plus curieux encore, par Donald Trump qui a salué la mission meurtrière du chef de l’Etat philippin.

                   

 


9. La couverture du Jour

 

  • L’industrialisation de la Chine s’accélère et le pays ne sera plus limité à la production de chaussettes et de briquets mais va être capable de produire des biens de haute technologie, du téléphone portable à des voitures sans conducteurs, et représenter un défi encore plus important pour les Etats-Unis.
     

Le Kiosque du 28.07.17: « The Scaramucci Show »

 

1. Obamacare reste « the law of the land »

 

 

  • Cette nuit le sénateur McCain et deux collègues républicaines, Susan Collins du Maine et Lisa Murkowski d’Alaska ont voté avec les 48 sénateurs démocrates contre le « skinny » Repeal d’Obamacare proposé par le chef de leur propre majorité, Mitch McConnell.
     

    Ce n’est pas la fin de la lutte autour de l’Affordable Care Act. C’est la fin de sept années de promesses des Républicaines qu’ils pourraient s’en débarrasser et recommencer à zéro.
    Ce n’est ni l’échec du président, ni celui de Mitch McConnell ou de Paul Ryan. C’est un échec collectif – car les Républicains ont eu sept pour décider ce qui remplacerait [Obamacare] et n’ont pas réussi à se mettre d’accord. – Axios

     

  • Vraisemblablement, Démocrates et Républicains devraient travailler ensemble pour « stabiliser les marchés de l’assurance » sans l’aide du président qui a répété cette nuit vouloir attendre que Obamacare s’effondre pour pouvoir agir.

 


2. The Anthony Scaramucci Show

 

 

Page d’accueil du Drudge Report hier après midi

 

  • Une semaine après avoir été pressenti comme directeur de la communication de la Maison Blanche, Anthony Scaramucci s’est donné comme principale mission de stopper par tous les moyens les fuites qui affaiblissent le président et son administration depuis six mois … quitte « à virer tout le monde ».
    Problème: « The Mooch » a une définition trèslarge du terme « fuite » et a accusé à tort certains membres du cabinet d’être à l’origine des révélations sur sa situation financière – information accessible à quiconque en fait l’autorisation.
    La paranoïa de Scaramucci est montée d’un cran mercredi.
  •  

  • Ce soir là, il a contacté un journaliste du New Yorker qui a révélé plus tôt qu’il avait dîné à la Maison Blanche avec le président et l’animateur de Fox News, Sean Hannity, pour savoir qui lui avait fourni l’information – ce que le reporter à bien entendu refuser de dire.
    Scaramucci a menacé de virer l’ensemble de son équipe pour tenter de soutirer l’information avant d’accuser directement le chef de cabinet, Reince Priebus, son ennemi juré, d’en être l’auteur:

    A partir de là, The Mooch est parti en vrille: Il pense Priebus était inquiet du dinner auquel il n’avait pas été invité.
    « Reince est un putain de schizophrène parano, c’est un paranoïaque,«  a affirmé Scaramucci (…)
    Scaramucci m’a aussi dit que, contrairement à d’autres membres du cabinet, il ne recherche pas l’attention des médias.
    « Je ne suis pas Steve Bannon, Je n’essaye pas de sucer ma propre bite », a-t-il dit en parlant du conseiller du président, « Je n’essaye pas de développer mon propre clan aux dépens de l’intégrité du président. Je suis ici pour servir le pays (…)
    Je dois y aller maintenant, je vais tweeter des horreurs pour essayer de le [Reince Priebus]  pousser à bout. « 

     

  • Les propos hallucinants de Scaramucci ont été défendus par … Sarah Sanders, la porte parole de la Maison Blanche, qui parlé de « langage coloré, parfois inapproprié » et Kellyanne Conway –  l’intéressé, plutôt que de s’excuser, a promis de continuer à se battre « passionnément » pour le président et a reconnu avoir « fait une erreur en faisant confiance à un journaliste ».

 

  • Pour The Daily Beast

    Le président se délecte des attaques de Scaramucci contre Priebus [qu’il accuse d’être responsable des nombreuses fuites de la Maison Blanche] – sur les chaînes de télévision, dans des tweets, dont certains ont été effacés – et est ravi de voir un membre de son cabinet s’enflammer autant contre des fuites qui l’irritent autant.



3. Les fuites vont continuer

 

  • Pour le consultant républicain Alex Conant interrogé par Politico, le langage grossier, vindicatif et menaçant de Scaramucci n’arrêtera pas les fuites:
     

    Partager illégalement d’informations en dehors d’une organisation va inévitablement la paralyser, ce qui va engendrer à davantage de dysfonctionnement et d’échecs. Le président a le droit d’être scandalisé par les fuites de la Maison Blanche.
    Mais essayer à tout prix d’identifier la taupe va créer d’autres taupes et d’autres fuites.

    La Maison Blanche ne fuit pas à cause de quelques personnes mal-intentionnées. C’est le manque d’unité au sein de l’équipe qui explique principalement les fuites. C’est d’ailleurs pourquoi les fuites concernent généralement les luttes internes à l’origine même de ces fuites.

    En affaires, les employés sont liés par l’objectif commun de maximiser les profits. Les organisations politiques n’ont pas cette finalité: les employés doivent s’unir autour d’une même vision et d’un même objectif.
    Pendant la campagne, Trump a réuni son équipe pour gagner une élection. Mais à la Maison Blanche, il n’a pas réussi à unifier cette équipe (et encore moins le peuple américain) autour d’un principe qui aille au-délà de la défense de sa seule réputation de président. Sans cet objectif commun, les clans sentent le besoin de balancer les uns sur les autres.

 


4. Dure semaine pour la communauté LGBT

 

  • Trump a voulu rassurer sa base électorale, après les critiques de nombreux médias et politiques de droite sur ses attaques contre Jeff Sessions, en utilisant la « guerre culturelle » contre à la communauté LGBT à qui il a « asséné trois coups en une seule journée »
     

    • La décision inattendue mercredi d’interdire toute activité de personnes transgenres dans l’armée américaine annoncée via Twitter a été prise, contrairement à ce qu’il a affirmé, sans consultation préalable des généraux et experts militaires – Vox
      * Les associations familiales et religieuses ont salué « la décision courageuse du président d’arrêter « d’utiliser nos militaires pour des expériences d’ingénierie sociale et au service du politiquement correct. – SPLC
      * Néanmoins, le Chef d’Etat-Major des armées, le général Joseph Dunford a affirmé hier qu’il n’appliquerait pas la mesure sans déclaration officielle du président. – Vox
    • Le département de Justice a déposé un mémo affirmant que le Civil Right Act de 1964 ne protège pas la communauté LGBT d’une discrimination à l’embauche – et pour offrir le droit aux patrons et entreprises de refuserer d’embaucher des personnes à cause de leur orientation sexuelle. – SPLC
    • Trump a annoncé mercredi qu’il nommait Sam Brownback, le gouverneur du Kansas et adversaire des droits des homosexuels, au poste d’ambassadeur de la liberté religieuse dans le monde – un département du Secrétariat d’Etat – qui vise à promouvoir la liberté religieuse comme partie de la politique étrangère – The New York Times

 

 


5. « Trump, le déloyal »

 

  • C’est l’une des contradictions du président: il exige une loyauté inconditionnelle, professionnelle et personnelle de ses proches, de sa famille, de ses associés mais lui en exempt, explique le magazine Politico:

    La vie de Donald Trump est une succession de trahisons.
    Son mentor et avocat Roy Cohn, qui a été le bras droit du sénateur [anti-communiste] McCarthy … Trump a beaucoup appris de lui, mais quand Cohn a contracté le Sida dans les années 80, Trump lui a tourné le dos, et engagé d’autres avocats. Lors de ses funérailles, Trump n’a prononcé aucun discours.
    Les ex-femmes de Trump pourraient sans doute dire la même chose si elles n’étaient pas retenues par un accord de confidentialité.
    Il a été particulièrement déloyal envers sa première femme, Ivana, la mère de Donald Jr, Ivanka et Eric. Lors de leur séparation, il a dit à un journaliste de Vanity Fair: « Quand un homme quitte sa femme, surtout quand il la quitte pour un autre coup – et un bon cul – la moitié de la population va préférer la femme délaissée.

    « Trump the Disloyalist: Why is anyone surprised by the president’s treatment of Jeff Sessions? »Politico magazine

 


6. Pourquoi les journalistes ne s’intéressent pas aux médias conservateurs?

 

L’expression de droite « Pajama Boy » vient de cette publicité sur Obamacare sortie en 2013

 

  • Poynter a interviewé Will Sommer, l’auteur de « Right Richter » la newsletter hebdomadaire consacrée aux médias conservateurs lancée il y a un peu plus d’un an pendant la campagne électorale par un féru des médias, qui travaille aujourd’hui pour le quotidien politique de Washington, The Hill, et notamment sur le manque d’intérêt des journalistes envers des médias conservateurs:
     

    Ils appellent cela la « clôture épistémique », l’idée que les médias conservateurs n’ont pas besoin de communiquer les autres médias [ils agissent en vase clos »] – ce qui est très intéressant. Par exemple, après l’agression de Greg Gianforte sur Ben Jacobs, un reporter du Montana – beaucoup de gens à la radio traitaient le reporter « « de pajama boy, Oh c’est un pajama boy! ».
    J’ai tweeté ça et je me suis rendu compte que les gens ne connaissaient pas cette expression qui caractérisent les jeunes hommes millenials et progressistes qui traînent en pijama [en référence à une publicité pour Obamacare diffusée en 2013].
    C’est un environnement culturel très marqué – et l’une des raisons pour lesquelles c’est aussi fascinant.

 

 

 


7. A regarder

  • Reportage de Vice News sur « cette femme qui paye les toxicomanes pour qu’elles n’aient pas d’enfants ».

Depuis 20 ans, Barbara Harris traverse le pays dans un camping-car pour promouvoir son association à but non lucratif auprès des alcooliques et toxicomanes.
Son organisation, Projet Prevention, paye celles et ceux qui ont des problèmes de drogue ou d’alcool $300 pour être fertilisés ou prendre des traitements contraceptifs à long terme, comme un implant ou un stérilet. Elle en a convaincu sept mille d’entre eux d’abandonner leur fertilité. Elle a créé Project Prevention après avoir adopté quatre enfants en quatre ans de la même mère toxicomane (…)
Elle reçoit jusqu’à un demi million de dollars de donations chaque année.

 

 

 

 


8. Couverture du Jour

 

  • Comment est-ce que Samsung a réussi à s’en sortir malgré le fiasco du Galaxy S7 et le scandale de corruption qui a ébranlé la compagnie en début d’année.

 

 


9. Le reste de l’actualité

 

  • La fertilité des Occidentaux n’est pas bonne: Selon une étude scientifique publiée cette semaine réalisée en Amérique du Nord, Europe, Australie et Nouvelle Zélande auprès de 43 000 individus, la concentration de sperme a baissé de 50% entre 1973 et 2011, soit 1,4% chaque année.
    Beaucoup de scientifiques réfutent les résultats de cette étude. – CNN

 

  • La MTA, Metropolitan Transport Authority, en charge du métro et bus new yorkais annoncé une série de réformes pour moderniser un système vieillissant qui prévoit davantage de wagons, l’allongement de la ligne C et le retrait de sièges dans certaines voitures pour laisser rentrer plus de monde – une aubaine pour les street dancers, de plus en plus nombreux à divertir les passagers. – New York Times

 

  • Victime de son succès: le premier épisode de la série Game of Thrones a été regardé illégalement en streaming 91 millions de fois. – Bloomberg Businessweek

 

  • Jeff Bezos, fondateur et PDG d’Amazon, est devenu le temps d’un après midi l’homme le plus riche du monde, devant Bill Gates, avec une fortune qui a atteint pendant quelques heures 92 milliards de dollars avant de redescendre – CNBC

 

  • « What Happened », c’est le titre du récit très attendu de Hillary Clinton sur la pire défaite de sa carrière, sur la pire défaite des Démocrates, sur la pire défaite de l’Amérique: La victoire de Donald Trump.
    Le livre peut être commandé en avance sur Amazon pour $24,98 – la sortie officielle est prévue le 12 septembre prochain – où un court extrait est disponible:
    Dans le passé, pour les raisons que je vais essayez d’expliquer, je me suis souvent retenue en public, comme si je marchais sur un fil sans protection. Aujourd’hui j’ai décidé de tout dire.

Le Kiosque du 20.07.17

 

1.Trumplandia: SIX MOIS, 991 tweets, zéro législation mais une interview extraordinaire

 

    • Le jeudi 20 juillet 2017 marque les six premiers mois de la présidence la plus folle, insensée, inattendue, excitante et fatigante de l’histoire du pays mais aussi une dure réalité, comme le souligne USA Today: « 991 tweets et aucune loi votée ».
    • Le président a donné sa seconde interview en moins d’un mois hier à son quotidien préféré détesté, le « failing New York Times »: la transcription et les extraits audio de l’entretien d’une cinquante de minutes sont hallucinantes et devraient rester dans les annales de Washington pour les années à venir.

 

  • Qu’est ce qu’on apprend:
    • Trump regrette d’avoir nommé Jeff Sessions comme ministre de la Justice depuis que ce dernier s’est récusé en mars dernier de toute enquête sur la campagne présidentielle de 2016 – au cours de laquelle il avait rencontré à deux reprises l’ambassadeur russe, Sergueï Kislyak, et omis de le préciser lors de sa confirmation devant le Sénat un mois plus tôt.
    • Trump est furieux qu’un procureur indépendant, Robert Mueller, dirige aujourd’hui l’enquête du FBI sur d’éventuels contacts entre son équipe de campagne et les Russes l’année dernière, mais cette nomination est la conséquence directe du renvoi du directeur du FBI décidé par Donald Trump au mois de mai.
    • « [Il n’a pas fait] d’argent avec la Russie »

 

 


2. John McCain malade

 

Une de l’Arizona Republic, jeudi 20 juillet 2017

 

  • John McCain, prisonnier de guerre du Vietnam, ancien candidat à la présidence du pays (contre Obama en 2008), sénateur républicain d’Arizona depuis 1982, a annoncé hier soir être atteint d’un cancer du cerveau. Le même genre de tumeur qui a entraîné le décès de Ted Kennedy et Beau Biden, le vice de l’ancien vice-président américain Joe Biden.
  • Toute la classe politique est sous le choc tant l’homme, le soldat, le politicien et père de famille est respecté à Washington et dans le reste du pays.
    A une époque où toutes les normes de la vie politique américaine ont été mis
  • McCain est l’un des sénateurs républicains les plus critiques à l’encontre de l’administration Trump: un éventuel retrait de la vie politique pourrait changer le rapport de force au sein du Sénat déjà très serré entre Démocrates (48 sénateurs) et Républicains (52).

 

 


3. De scientifique à lanceur d’alerte

 

  • Joel Clement, ancien haut responsable de la politique climatique du ministère de l’Intérieur des Etats-Unis a demandé cette semaine une autorisation de divulgation d’informations auprès de l’Office of Special Counsel sous prétexte que l’administration Trump menace selon lui « la santé publique et la sécurité du pays » en essayant de « réduire au silence des scientifiques comme lui ».
    Dans une tribune publiée dans le Washington Post, il explique:

     

    Je ne suis pas membre du « Deep State » et je n’appartiens au « big government ». Je suis un scientifique, un expert en politiques publiques, un fonctionnaire et un citoyen inquiet. A contrecoeur aujourd’hui, j’ai choisi d’être un lanceur d’alerte contre une administration qui préfère le silence à la science.
    Il y a sept ans, je suis venu travailler pour le Département de l’Intérieur [des Etats-Unis, qui contrôle et préserve la plupart des terres appartenant à l’État] où, entre autres, j’ai aidé les espèces menacées à se préparer et à s’adapter au changement climatique.
    Mais en juin dernier, j’ai fait partie des cinquante haut fonctionnaires à être réaffectés d’office. Sous prétexte de vouloir « améliorer le développement de talents, de la mission et de la collaboration », on m’a annoncé que j’étais réaffecté à un poste complètement différent qui consiste à recueillir les redevances des compagnies pétrolières.


    * « I’m a scientist. I’m blowing the whistle on the Trump Administration »Washington Post

 


4. Snapchat, le futur Netflix?

 

  • Quelques mois après une entrée fracassante à la Bourse de Wall Street grâce à une évaluation de 17 milliards de dollars, l’action de la messagerie mobile préférée des Millenials a perdu presque la moitié de sa valeur initiale et du revoir ses profits à la baisse.
     

    Investisseurs et spécialistes considèrent le stock trop « cher et instable »; un professeur de NYU a même noté que « investir dans Snapchat c’est comme conduire en état d’ébriété, ce qu’aucune personne responsable ne devrait faire » (…): c’est « confier son argent à une personne de 27 ans » – une référence à Evan Spiegel, le fondateur et PDG – « sans droit de vote »

     

  • Les défenseurs de la compagnie comparent les critiques auxquelles font face Snapchat avec Facebook, dont le stock avait perdu 60% dans les mois qui ont suivi son entrée en bourse en 2012 et qui est aujourd’hui évaluée à 485 milliards de dollars.
  •  

  • Pour la journaliste de Vanity Fair, comparer Facebook et Snapchat n’a pas de sens tant les deux compagnies diffèrent et il serait plus judicieux d’envisager les opportunités de Snapchat par rapport au développement d’une compagnie comme Netflix:
     

    En 1997, Netflix envoyait des DVD à domicile par la poste. Aujourd’hui, Netflix vaut 90 milliards de dollars et la société dépense 6 milliards par an dans la création de contenu de qualité, diffusé sur des millions d’appareils partout dans le monde.
    Netflix fonctionne toujours dans le domaine de la vidéo mais complètement différemment qu’il y a 20 ans. Certains analystes de la Silicon Valley affirment que Snapchat pourrait accomplir la même chose. Plutôt que d’essayer de concurrencer Facebook ou Instagram, Snapchat pourrait s’associer avec des créateurs de contenu grâce à la capacité de Spiegel à comprendre mieux que n’importe quel autre PDG de réseaux sociaux, ce que recherche le public.
    Cette semaine Snapchat a révélé qu’elle s’associait avec NBC News pour créer un bulletin d’informations deux fois par jour. Il travaille déjà avec MTV et autres plate-formes préférées des Millenials.

    * « Don’t panic Wall Street: Why you shouldn’t bet against Snpachat and Evan Spiegel » – Vanity Fair

 

 


 

5. Un discours physiquement violent?

 

  • Une enquête publiée récemment dans The New York Times, intitulé « When Speech is Violence »  associe directement les mots à de la violence physique:
  •  

    Si les mots peuvent créer du stress, et si à la longue, le stress peut vous endommager physiquement, on peut en déduire que certains types de discours sont une forme de violence (…)
    Il est raisonnable, scientifiquement parlant, de ne pas autoriser un provocateur comme Milo Yiannopoulos à donner des conférences dans les universités. Il fait partie de quelque chose de toxique, d’une campagne injurieuse. Il n’y a aucun intérêt à débattre avec lui car le débat n’est pas ce qu’il cherche à offrir.

 

  • Ce à quoi répondent Jonathan Haidt et Greg Lukianoff dans The Atlantic:

    L’idée qu’un discours est une forme de violence est dangereuse.
    C’est un message aux membres d’une génération déjà angoissée et déprimée que le monde est beaucoup plus violent et menaçant qu’il ne l’est déjà et que des conférenciers peuvent littéralement tuer.
    Pire encore: A une époque de polarisation politique exacerbée aux Etats-Unis, ça permet à des groupuscules de cette génération de justifier la violence politique. (…)
    La liberté d’expression, normalement comprise, n’est pas de la violence, c’est un remède contre la violence.

    * « Why is it bad to tell Students Words are Violence » The Atlantic

 


6. Comment faire confiance à des sources anonymes?

 

  • Les révélations des luttes internes, mensonges et réunions passées sous silence qui minent la Maison Blanche ces six derniers mois ont été possibles grâce à l’utilisation d’informations fournies par des « sources anonymes » – discrédités par le président et toute son administration comme mensongères car invérifiables car précisément anonymes.
     
  • Five Thirty Eight s’est penchée sur le problème et offre cinq conseils pour identifier la véracité de sources anonymes:
    • Quand dans un article, plusieurs sources affirment la même chose, « ça apporte un degré de précision qui rend l’histoire plus crédible »
    • « Faites confiance à une source qui affirme que quelque chose est arrivée, et non pas à quelque chose qui va arriver ». Il est impossible de prouver que quelque chose n’arrivera pas, c’est de la spéculation qui être volontairement insidieuse.
    • Plus le journaliste donne des précisions sur ses sources, leur fonction, rang, etc … mieux c’est.
    • Prêter attention au support dans lequel l’histoire est publiée et le journaliste qui en est à l’origine. 
    • Prêter également attention aux démentis « vagues ou imprécis » formulés contre ces sources qui signifient souvent qu’elle sont vraies.

 

 

 


 

7. « An Inconvenient Sequel » n’a pas convaincu

 

 

  • Hier avait lieu à Washington D.C. la première de la suite du documentaire sur l’environnement de Al Gore, « An Inconvenient Truth », oscarisé en 2006, et intitulé cette fois-ci « An Inconvenient Sequel: Truth to Power »
  • Axios rapporte les propos d’un spectateur présent à la séance: « Le film est une combinaison étrange d’auto-dérision et et de narcissisme climatique » et affirme:
     

    Malgré son titre, c’est le film qui ignore les difficultés auxquelles doivent faire face les défenseurs du changement climatique avec l’administration Trump. On voit la même chose qu’on a vu dans le premier, c’est-à-dire [Al] Gore et l’impact du changement climatique – qui a empiré.
    Le film, et la première à Washington, montrent combien le mouvement du « climat » est dehors de la réalité politique – les Républicains contrôlent le Congrès et la Maison Blanche est dirigée par un président qui ne reconnaît pas le changement climatique, et qui l’adresse encore moins.

 


 

8. Le reste de l’actualité

 

  • « Le hip-hop a dépassé le rock pour la première fois, grâce aux albums que personne n’achète » (…) le Hip-hop, y compris le R&B est désormais le genre musical le plus musical le plus écouté avec 25% de la consommation de musique contre seulement 23% pour le rock. – Quartz

 

  • Tomi Lahren, jeune conservatrice très agitée, anti-démocrate (qu’elle appelle les « melting snowflakes ») et pro-Trump, virée de The Blaze pour avoir défendu le droit à l’avortement est l’invitée toute cette semaine de l’émission de Sean Hannity sur Fox News pour peut-être décrocher un contrat avec la chaîne. – Daily Caller

 

 


8. La couverture du Jour

 

  • Couverture impressionnante du New York Times magazine sur la bataille de Mossoul remportée dernièrement par les forces alliées irakiennes contre Daesh et ce qu’il en reste aujourd’hui.

 

Mardi 31 janvier 2017: President Steve Bannon?

  • Sally Yates, ministre de la Justice intérimaire, a été virée hier soir par Donald Trump, après avoir ordonnée à son département, les tribunaux, juges et avocats représentants le gouvernement américain, de ne pas appliquer le décret de Donald Trump concernant la détention et déportation des réfugiés et citoyens originaires de sept pays musulmans. « Je ne suis pas convaincue que la défense du décret avec les responsabilités [du ministère de la justice], ni de la légalité de ce décret ».
    Sally Yates, nommée en 2015, assumait temporairement ses fonctions à la tête du département de Justice en attendant la confirmation par le Sénat de Jeff Sessions, choisi par Donald Trump. Elle a été remplacée par Dana Boente qui a expressément demandé lundi soir l’application de la « MuslimBan » par le département de Justice.
  • L’article du New York Times, intitulé « Président Steve Bannon? »
    Illustration by Selman Design; Photos by Damon Winter/The New York Times

    résume la situation actuelle de la présidence et du rapport d’influence autour de Donald Trump, sous la coupe de l’ancien directeur de Breitbart News
    « C’est comme si Barack Obama avait fait du rédacteur en chef de Buzzfeed News, son principal conseiller et lui avait donné une place plus importante que les principaux généraux et président des agences gouvernementales au Conseil National de Sécurité du pays » résumait hier un commentateur politique de « The 11th Hour » sur MSNBC
    Une crise gouvernementale inutile mais volontairement provoquée par Bannon qui entend « détruire l’establishment » comme il l’avait affirmé au Daily Beast en 2013.

  • Selon Axios, les conseillers les plus influents du président, Steve Bannon et Stephen Miller sont ravis de cette première semaine, des quinze décrets signés par Donald Trump et de l’application rapide et efficace la #MuslimBan. Les manifestations seraient un signe de réussite, les critiques de la désinformation des médias, qualifiés de nouveau « parti d’opposition » et n’ont que faire de celles des Républicains « qu’ils n’aiment pas et n’aimeront jamais ».
  • Les deux seuls sénateurs républicains les plus critiques envers la « MuslimBan », John McCain et Lindsey Graham, capables de faire vaciller la majorité républicaine du Sénat, forte de 52 Républicains, 48 Démocrates (dont deux Indépendants) représentent aujourd’hui la principale opposition au président au sein de la majorité.
  • Les décrets du président seraient décidés par un cercle très restreint, obsédé par d’éventuelles fuites, indépendamment des conseils de son cabinet » et en consultant s’ils le jugent nécessaires les leaders du Congrès, Paul Ryan et Mitch McConnell. 
  • Dans sa conférence de presse hebdomadaire, le porte parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a suggéré à la centaine de diplomates américains qui s’opposent à la Muslim Ban de se soumettre au décret ou de démissionner, au nom de la « sécurité de l’Amérique ».
    Diplomates et membres consulaires utilisent depuis 1983 un réseau qui leur est réservé, appelé « dissent channel » dans lequel ils peuvent exprimer leurs opinions ou conseils en opposition, ou non, avec la position de la Maison Blanche et sans risques de représailles.
    Sean Spicer ne connaissait peut-être pas son existence.
    Ils sont soixante dix mille Américains à travers le monde à avoir prêté serment de ne servir aucun parti, ni président mais le pays, et sont inquiets aujourd’hui des menaces de la Maison Blanche.
  • La veille, c’était au tour de Kellyanne Conway de demander le renvoi des tous les journalistes qui s’en sont pris à Donald Trump durant la campagne, et continuent d’essayer de saper sa présidence, sur Fox News, dans l’émission de Chris Wallace, visiblement surpris par ces déclarations:
    « Je suis allée sur trois chaînes différentes dimanche [dernier] et j’ai parlé pendant trente-cinq minutes. Et vous savez qu’est-ce qu’ils ont retenu? Le fait que j’ai utilisé le terme de « faits alternatifs »…et pas que je m’en sois pris à l’un des présentateurs pour lui dire qu’il ne couvrait pas les faits qui étaient importants. »
  • L’Association de Défense des Libertés Civiles, ACLU, aurait récoltée ce weekend 356 300 donations en ligne totalisant 24 millions de dollars après avoir réussi à obtenir l’interdiction de la déportation d’immigrés par un juge de Brooklyn samedi soir.
    Ils récoltent généralement quatre millions de dollars par an.
  • Les P.-D.G.s de l’industrie tech ont bien raison d’être inquiets des dernières mesures anti-immigration du président dont ils devraient être la prochaine cible. Le risque imminent concerne la restriction du programme de visas professionnels, H-1B, qui leur permet de recruter chaque année des dizaine de milliers d’ingénieurs venus du monde entier pour satisfaire une demande d’emplois qui ne désemplie pas. Donald Trump dans son programme « America First » veut donner la priorité aux travailleurs américains, et si appliqué, le décret présidentiel donnerait la priorité aux salaires les plus élevés. Une réforme qui obligerait des compagnies comme Microsoft, Apple ou Amazon a repensé les modalités de recrutement de leur main d’oeuvre et de ses compétences selon Bloomberg Businessweek.
  • Samantha Bee organisera un « évènement alternatif » en marge du diner de la White House Correspondents Association, celui au cours duquel l’ancien président Obama avait humilié l’actuel président Donald Trump en 2011, et qui, selon certains journalistes, l’aurait poussé à poursuive une carrière politique.

    Aucun doute que Bee, la comédienne la plus drôle de la télé américaine en ce moment, réussisse ce « counter-event » pour proprement « griller » le président. Elle pourrait attirer une foule de comédiens et journalistes tant les rapports de ces derniers avec l’administration sont tendus.
    Donald Trump pourrait également décider de ne pas assister au (vrai) gala, lui qui a refusé d’assister à celui du Alfalfa Club le week end dernier pour rester travailler à la Maison Blanche avec son acolyte, Steve Bannon.
  • Donald Trump annoncera demain son choix concernant le neuvième et dernier juge de la Cour Suprême des Etats-Unis. Trois prétendants ont été identifiés et tous seraient défavorables à l’avortement. Les sénateurs démocrates ont déjà annoncé qu’ils utiliseraient l’obstruction parlementaire pour empêcher sa nomination, en rappelant à leurs adversaires qu’ils n’ont pas pas même considéré le choix d’Obama, Merrick Garland, l’année dernière. Le leader de la majorité républicain au Sénat, Mitch McConnell a répondu que les choix des présidents Clinton, Ruth Bader et Stephen Breyer, avaient été acceptés comme ceux de Barack Obama, Sonia Sotomayor et Elena Kagan.
  • Les frères Koch, financiers du parti républicain qui sert leurs intérêts depuis des décennies, pourraient bien en résistance, via le « Koch Network » si l’administration Trump décidait d’aller à l’encontre de leurs positions « libertariennes » et venait à taxer les échanges avec l’extérieur. Le réseau de deux frères milliardaires est très puissant, riche et organisé par des activistes qui sont influents au sein chez électeurs républicains. Ils pourraient bien faire pression sur les parlementaires aux prochaines élections de mi-mandat en 2018 si Trump continuait sa politique de « nationalisme économique », et pour lesquelles ils ont prévu de dépenser entre 300 et 400 millions de dollars.

Le kiosque du lundi 30 janvier 2017

 

  • Des protestations ont eu lieu dans tout le pays dimanche contre la décision de Donald Trump de suspendre l’entrée de tous les réfugiés et des citoyens originaires de Libye, Syrie, Irak, Iran, Somalie, Soudan et Yemen sur le territoire américain pendant trois mois; considérée par ses détracteurs comme étant une #MuslimBan, une « interdiction des Musulmans » et que Rudolph Giuliani a d’ailleurs confirmé.
    Une quarantaine de rassemblements ont eu lieu dans les aéroports de New York, Washington, Boston, San Francisco, Dallas, Phoenix, …
  • Deux jours après sa signature et mise en place immédiate, l’administration Trump est incapable de définir précisément l’étendue de cette loi étant donné le manque de coordination avec les agences gouvernementales et les arrêts pris par trois juges fédéraux différents ce weekend. Les déportations ont été interdites mais pas l’entrée sur le territoire et aucun juge n’a tranché sur la constitutionnalité du décret présidentiel.
  • Donald Trump a réaffirmé hier sur la page Facebook que ce décret « [n’avait] rien à voir avec la religion. »

    Cela à avoir avec la terreur et la volonté de protéger notre pays. Il y a plus de quarante pays dans le monde entier peuplés majoritairement de musulmans qui ne sont pas affectés par cette loi. Nous continuerons à délivrer des visas à tous ces pays une fois que nous aurons décidé et mis en place des politiques plus sûres d’ici les trois prochains mois. »

  • Aucun ressortissant de ces pays n’a été impliqué dans un attentat sur le territoire américain ces quarante dernières années, contrairement à d’autres pays musulmans comme l’Egypte, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Arabie Saoudite, dans lesquels les Etats-Unis et Donald Trump ont des intérêts économiques et financiers.
  • Sur les 292 parlementaires républicains, vingt ont dénoncé le décret de président (qui les traités de « faibles »), quinze l’ont supporté et 257 ont préféré garder le silence, contrairement aux 202 parlementaires démocrates qui ont publiquement condamné la démarche de Trump, certains sont allés manifester dans les aéroports.
    Trente neuf seulement n’ont pas réagi.
    Tous devraient se réunir aujourd’hui devant la Cour Suprême des Etats-Unis, à Washington D.C., en signe de protestation.
  • De nombreux journaux dont le Los Angeles Times et le New York Times ont lancé des appels à témoins concernant les immigré(e)s touché(e)s par les mesures de Donald Trump afin partager leurs histoires.
    Les journaux télés et les réseaux sociaux donnaient hier des recommandations légales et pratiques aux centaines d’immigrés titulaires d’une Green Card qui sont toujours coincés dans les aéroports américains, face aux officiers de l’immigration et du Département de la Sécurité Intérieure, qui se sont engagés à appliquer les mesures de président et respecter les directives du Département de Justice
  • Les entreprises américaines ont réagi également ce week end à l’offensive de Trump contre les musulmans. Uber est boycottée après l’entrée de son co-fondateur, et actuel P.-D.G, Travis Kalanick dans le comité économique chargé de conseiller la nouvelle administration. Son concurrent Lyft a lui offert un million de dollars à ACLU, American Civil Liberties Union, qui a réussi à obtenir le premier revers de la #MuslimBan samedi soir ordonné par un juge de Brooklyn. L’association aurait récolté dix millions de dollars de donations ce weekend.
    Starbucks a annoncé vouloir engager dix mille réfugiés ces cinq prochaines années provenant des soixante quinze pays dans lesquels la compagnie est implantée et en commençant par tous ceux qui ont aidé l’armée américaine sur le terrain, comme les interprètes ou personnels de soutien.
  • #StopPresidentBannon
    Le président a réorganisé le Conseil National de Sécurité, une organisation administrative qui dépend directement de lui et qui le conseille sur des questions stratégiques de sécurité nationale, et dont l’influence est importante dans le domaine des Affaires Etrangères.
    Trump a décidé de remplacer le siège permanent de conseiller militaire, appartenant actuellement au Chef d’Etat-Major des armées, le général Joseph Dunford par son plus proche conseiller, l’ancien président de Breitbart News, le « Darth Vador » auto-proclamé de la Maison Blanche, auteur du discours d’investiture, de la plupart de ses décrets, et de la politique hostile envers la Chine et le Mexique, un ancien de la Navy et de Goldman Sachs qui haït la presse: Steve Bannon.
    L’influence qu’a pris cette figure du mouvement alt-right, et celle de son ami proche, Stephen Miller, dans la nouvelle administration, aux côtés du président inquiète les Démocrates et certains Républicains (John McCain). Bannon a commencé à collaborer il y a seulement cinq mois avec Donald Trump et ce dernier n’a aucune expérience sur les questions de sécurité. 
  • Le gouverneur démocrate de New York, Andrew Cuomo, a réagi hier soir à la première semaine de Donald Trump:« En tant que New Yorkais je suis musulman. En tant que New Yorkais je suis juif. En tant que New Yorkais je suis noir, gay, handicapé, une femme qui contrôle sa santé et ses choix. Parce en tant que New Yorkais, nous sommes une communauté – La communauté new yorkaise comprend tous ceux là. »

            

  • « Ca a pris trois ans à George W.Bush pour passer en dessous des 50% d’opinions favorables, ça a pris huit jours à Donald Trump ». Le président a commencé la présidence lundi dernier avec 51% de soutien dans les sondages et est tombé à 42% ce weekend. 
  • Michael Flynn Jr, le fils du conseiller à la Sécurité Nationale de Donald Trump, écarté de l’équipe de transition en décembre dernier après avoir défendu sur Twitter la théorie complotiste à l’origine du « pizzagate » – selon laquelle des suppôts de Hillary Clinton dirigeaient un réseau pédophile au sous-sol d’une pizzeria de Washington – a récidivé ce weekend en qualifiant le décret de Trump de « temporary #MuslimBan ».
    Une bourde qui l’a obligé à effacer son compte Twitter.

  • Hier soir à Los Angeles ont eu lieu les 23ème SAG Awards, les récompenses par le Screen Actors Guild, le syndicat des acteurs de cinéma et de télévision aux États-Unis, le second Roast de Donald Trump après l’officiel diffusé sur Comedy Central en 2011.
    Chacun a eu son mot à dire contre Donald Trump: le casting d’Orange is the New Black, Mahershala Ali de Moonlight, Julia Louis Dreyfus pour Veep, Ashton Kutcher, Brian Cranston, William H Macy, Kerry Washington, Emma Stone, le casting de Stranger Things.

    Le discours le plus drôle a été celui de Lily Tomin, introduite par Dolly Parton, qui a parlé de sa carrière, de ses ratés, de sa partenaire et de sa prochaine pancarte à la prochaine marche. Le plus Rock’n’Roll était celui du casting surexcité et révolté de Stranger Things, via les propos de l’acteur David Harbour et les mimiques de Winona Ryder Le plus émouvant était celui de Mahershala Ali, ci-dessous

Le kiosque du jeudi 12 janvier 2017

Les origines du rapport explosif sur Trump

Le président-élu a tenu une première conférence de presse houleuse hier à New York après la publication par Buzzfeed du rapport d’un ancien espion anglais, Christopher Steele, qui révélerait des liens compromettants entre Trump et la Russie.
Engagé par Fusion GPS, une firme de renseignements basée à Washington, Mr Steele a été mandaté l’été dernier pour trouver des informations compromettantes sur le candidat, et selon le New York Times, à la demande d’un donateur républicain opposé à Trump.

Le rapport, paru mémo par mémo, au fur et à mesure de l’enquête, a commencé à circuler dès le mois de juillet à Washington avant d’être donné dans sa version définitive au président Obama, aux leaders du Congrès et au directeur du FBI, des mains du sénateur républicain John McCain.
Les informations étaient également connues de certains journalistes qui ont refusé de les publier faute de pouvoir les recouper jusqu’à ce que Buzzfeed décide de diffuser le rapport dans son intégralité mercredi.

Donald Trump a affirmé n’avoir jamais été mis au courant de ce rapport, a dénoncé les méthodes « nazies » de ces diffamations, a qualifié Buzzfeed de « tas d’ordures » et refusé de répondre aux questions d’un journaliste de CNN qui répandrait « de la désinformation ».

Aujourd’hui, Buzzfeed News est accusé d’avoir sombré dans le côté obscur des « fake news » et d’avoir donné de l’eau au moulin de Donald Trump pour discréditer un peu plus la presse grand public aux yeux de la population.

Heureusement beaucoup de journalistes ont dénoncé les pratiques de la compagnie qui vient de donner une leçon à toutes les autres rédactions de ce qu’il ne faut pas faire en journalisme.

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Revanche des services de renseignement contre Trump?

Invité sur le plateau d’Anderson Cooper 360 sur CNN mercredi soir, Carl Bernstein, ancien journaliste du Washington Post, à l’origine des révélations du Watergate, notait que le fait que les services de renseignement américains ont enquêté sur les accusations contenues dans le fameux rapport était révélateur des doutes qui existent autour de l’intégrité du président-élu – et qu’ils auraient transmis ces informations à la presse pour se venger des attaques répétées de Trump envers la communauté du renseignement ces dernières semaines.

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Kellyanne Conway, « ministre de la propagande » Trump

 

Anderson Cooper et Kellyanne Conway mercredi sur CNN

Carl Bernstein a également dénoncé « la propagande » de Kellyanne Conway, ancienne manager de campagne de Trump, invitée quotidiennement sur les plateaux télés comme punching ball préféré des journalistes ou porte-parole officieuse de l’équipe de transition. Selon lui, elle serait « la plus grande source anonyme de notre époque » envoyée pour discréditer tous ceux qui critiquent le président-élu.
Qualifiée de « marionnette » par Rachel Maddow de MSNBC, Mme Conway est devenu une figure médiatique incontournable.


Les journalistes sont fascinés par la capacité de résistance et la répartie dont fait preuve cette femme de 44 ans qui « fait passer Donald Trump pour un humble serviteur de l’Américain moyen » et n’a pas hésité à narguer l’équipe de Clinton lors d’une réunion post-électorale à Harvard en décembre dernier.

Elle possède une maîtrise de la scène que Trump ne peut qu’apprécier. Je connais des dizaines de personnes qui méprisent sa politique mais sont bufflées par ses performances (…) Elle est l’emblème parfait de cette époque très divisée, dans laquelle aucune déclaration n’est assez risible ou dénonciation n’est plus ridicule que lorsqu’elle fait face à une opposition aussi sournoise. 

 

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Le Boycott de LL Bean

Breitbart appelle le boycott des marques qui soutiennent Donald Trump, une guerre des cultures, et cette fois-ci c’est le président-élu qui mène l’offensive en remerciant publiquement le soutien reçu par l’une marques de vêtements chasse et pêche les plus connues du pays, LL Bean, fabricant des célèbres chaussures en cuir à bout caoutchouté, implantée dans le Maine.

L’association Grab Your Wallet, qui recense toutes les compagnies soutenant Donald Trump, a découvert que Linda Bean, la petite-fille du fondateur Leon Leonwood Bean avait donné soixante mille dollars à la campagne du président-élu, et appelé depuis les consommateurs à boycotter la marque.

Linda Bean ne fait pourtant que siéger au conseil d’administration de la compagnie, en tant que membre de la famille et « ne reflète en aucun cas les positions de l’ensemble de l’entreprise familiale » selon un communiqué posté sur Facebook cette semaine.

Comme la plupart des grandes familles, les cinquante propriétaires de l’entreprise familiale ont des positions différentes et soutiennent des causes sur l’ensemble de l’échiquier politique, comme nos clients et nos employés. Tous les membres de la famille admettent qu’un seul individu ne peux parler au nom de l’entreprise, ni ne représente les valeurs que LL a construites.

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Cory Booker, l’étoile montante du parti démocrate

« United » – Cory Booker

La course semble être lancée pour les élections de 2020 dans le parti démocrate et une figure s’est détachée du lot ces dernières semaines: Cory Booker, ancien maire de Newark et actuel sénateur du New Jersey qui mène la lutte contre l’offensive des Républicains sur Obamacare.

Il est allé jusqu’à témoigner publiquement mercredi lors de l’audience de Jeff Sessions, devant un comité du Sénat pour appeler ses confrères à ne pas le confirmer au poste de ministre de la justice.

Booker a accusé Jeff Sessions d’être incapable d’appliquer l’un des mandats de sa position qui consiste à défendre les droits civils, l’égalité des droits et la justice pour tous les citoyens. C’est la première fois qu’un sénateur intervient publiquement contre l’un de ses collègues pour empêcher sa nomination. 
Les Républicains ont accusé Booker d’avoir utilisé l’audition d’un membre du futur cabinet présidentiel comme « plate forme de ses ambitions présidentielles« .

 

Le Kiosque du lundi 12 décembre

 

TRUMPLANDIA

Les conclusions « ridicules » de la CIA

Un weekend chargé: Il a qualifié de « ridicules » les conclusions du rapport de la CIA, révélées par le Washington Post vendredi, qui confirment que la Russie a voulu influencer les élections présidentielles américaines en faveur du candidat républicain.
La manager de campagne de Trump, Kellyanne Conway, devenue sa porte-parole, a défendu les propos de son patron, a affirmé qu’il respectait la communauté du renseignement (la CIA) mais a jugé « absurde » l’idée qu’une puissance étrangère aurait tenté de miner la campagne d’Hillary Clinton pour favoriser celle de Donald Trump, qu’il n’existait aucune preuve et que le Post n’avait pas de sources officielles sur lesquelles s’appuyer.

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Des Républicains agacés

Qu’en pensent les médias républicains, par ailleurs très excités par la tournure ultra conservatrice de la prochaine administration?
Dans le Wall Street Journal, les accusations d’une ingérence russe sont une « excuse de plus » – après le directeur du FBI James Comey, les fake news et le Collège Electoral – pour tenter de discréditer la légitimité de Donald Trump: « Cette nouvelle information est plus un jugement sur les motivations russes [de faire élire Trump] que du véritable renseignement ». En effet l’administration Obama avait publiquement accusé au mois de septembre des espions russes d’avoir piraté les emails du Comité Démocrate, diffusés par Wikileaks au mois de juillet. 
S’il existe des preuves d’une ingérence russe dans les élections américaines, il appartient aux agences de renseignements de les diffuser publiquement pour mettre un terme aux rumeurs.

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Une machination de l’Administration Obama?

John Bolton, actuel conseiller de Donald Trump et ancien ambassadeur américain aux Nations Unies avançait dimanche sur Fox News que les preuves selon lesquelles la Russie a tenté d’influencer les élections présidentielles auraient été fabriquées de toutes pièces par l’entourage de l’actuel président.
Toute cette histoire serait un « false flag », c’est-à-dire « une opération clandestine visant à apparaître comme si elle était menée par une autre personne que celle qui est en responsable »: L’administration Obama aurait piraté les ordinateurs du Comité National Démocrate et Républicain, et fabriqué des preuves pour accuser la Russie.
Selon Bolton, le fait que les services secrets américains ont des preuves que ce sont bien les Russes qui ont piraté les serveurs des Comités est LA preuve que les Russes ne peuvent pas être responsables – car ils ne se seraient jamais laissés prendre.

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La Déclaration conjointe de sénateurs républicains et démocrates

Devant ce scandale que beaucoup considèrent comme bien plus grave et dangereux que le Watergate – car il implique une puissance étrangère et pas n’importe laquelle – des sénateurs démocrates (Jack Reed de Rhode Island et Chuck Schumer de New York) et républicains (John McCain d’Arizona et Lindsey Graham de Caroline du Sud) ont réagit dimanche en publiant une déclaration commune et appelé à une enquête approfondie sur l’éventuelle ingérence russe.

Tout en protégeant les documents confidentiels, nous devons d’informer le public sur les récentes cyber-attaques qui ont frappé le coeur de notre société. Démocrates et Républicains doivent travailler ensemble, à travers les différentes juridictions du Sénat, pour examiner les récents incidents et formuler des solutions complètes pour prévenir et se défendre de nouvelles attaques. 
Cela ne doit pas devenir un problème partisan. Les enjeux sont trop importants pour notre pays. 

Politico rapporte ce matin que le représentant de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, celui là même qui avait refusé la mise en place d’une commission bi-partisane en septembre dernier pour enquêter sur les menaces de cyberattaques dénoncées par l’administration Obama, soutient désormais l’appel de ses collègues pour une enquête approfondie sur l’ingérence russe. « Evidemment, toute brèche étrangère dans nos mesures de cyber sécurité est inquiétant et je condamne fermement ce genre d’actions » a-t-il déclaré ce matin.

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Des grands électeurs veulent en savoir plus avant le 19 décembre prochain

Maintenant, c’est au tour des grands électeurs de demander toute la lumière sur les possibles liens entre la Russie et Donald Trump avant l’élection officielle du président lundi prochain. Huit grands électeurs démocrates et un républicain ont adressé ce matin une lettre à John Clapper, le directeur du renseignement national:

Les allégations selon lesquelles Donald Trump aurait reçu le soutien d’un pays étrangers pour gagner les élections remontent bien avant le jour du scrutin. Quand on lui a présenté des informations sur le fait que le gouvernement russe tentait de s’ingérer dans les élections, dans des réunions secrètes et dans des communiqués officiels, Donald Trump l’a rejeté, refusé de le condamner et continuer d’accepter leur aide. (…) La volonté de Trump de ne pas prendre en compte les conclusions faites par la communauté du renseignement et sa défense continuelle de la Russie et du président Vladimir Poutine demande l’attention et la délibération du Collège électoral.