Le kiosque du week-end: 19-20.08.17

 

 

Cette semaine, on part à la rencontre de Julian Assange dans un long article du New Yorker sur ses années d’isolement dans l’ambassade équatorienne de Londres, sur la semaine catastrophique de Trump; une analyse des « Angry White Boys » dans National Review et l’appel à l’action d’une journalisme américaine face au racisme; et enfin les éditions dominicales.

 

1. Bannon, le Barbare

 

 

  • C’est le dernier évènement (positif?) d’une nouvelle semaine – de vacances – catastrophique pour le président et son administration: Le départ de Steve Bannon, architecte de la victoire du candidat républicain et du programme « America First » et chef du clan des « nationalistes économiques » de la Maison Blanche, qui a annoncé dans la foulée retrouver la place qu’il occupait il y a tout juste un an, à la tête de Breitbart News.

 

  • Le lendemain de son départ, Steve Bannon a annoncé « partir en guerre pour Trump contre ses adversaires – à Washington, dans les médias et les grandes entreprises américaines » et surtout les « démocrates de la West Wing »: Ivanka Trump, son mari Jared, le conseiller économique Gary Cohn et Dina Powell, adjointe du conseiller à la sécurité nationale.
    Il compte, avec le soutien financier du milliardaire Bob Mercer, développer Breitbart et une nouvelle entreprise de média capable de concurrencer Fox News, qui selon Bannon, serait en train de virer centre droit sous l’influence des deux fils de Murdoch.

 

  • Donald Trump a salué le retour de Steve Bannon à Breitbart News où il sera plus utile à « attaquer les ‘fake médias’ [qui] ont besoin de concurrence. »
    Selon Mike Allen, « les discussions politiques au niveau national vont empirer, devenir de plus en plus toxiques, avec une lutte au sein de la droite qui pourrait être bien plus personnelle et âpre que les hostilités entre Républicains et Démocrates. »
    Si Trump ne supporte pas Bannon en ce moment, ce dernier va continuer à l’influencer car les deux hommes sont plus proches idéologiquement que le président ne l’est des « New Yorkais modérés » – Ivanka, Jared et Gary Cohn.

 

  • Dernière nouvelle: Sebastien Gorka, proche de Bannon, devrait lui aussi quitter la Maison Blanche

 


2. Julian Assange en exil

 

  • Julian Assange vient de passer les cinq dernières années de sa vie exilé et reclus dans l’ambassade équatorienne de Londres, surveillé 24 heures sur 24 par ses hôtes et les services secrets anglais, prêts à l’arrêter le jour où il sera obligé de sortir. Le journaliste du New Yorker, , qui le suit depuis ses premières aventures avec Wikileaks, en 2010, nous raconte le quotidien cauchemardesque de cet héros/vilain qui a tout sacrifié au nom d’une certaine conception de l’information.

L’univers d’Assange ces cinq dernières années s’est réduit à 30 mètres carrés qui se répartissent en une suite privée et quelques pièces qu’il partage avec le personnel équatorien. « C’est comme vivre dans une navette spatiale » l’un de ses amis m’explique. Pour des raisons de sécurité et parce que les paparazzi le guettent parfois en bas de l’immeuble, il ouvre rarement les rideaux durant la journée et se met rarement au balcon. Il vit dans un état de crainte permanente, celle de voir l’ambassade assiégée à tout moment. Après son arrivée [en 2012], les Anglais ont essayé de retirer les protections diplomatiques de l’ambassade pour l’appréhender de force. Ce à quoi le premier ministre équatorien a répondu: « Nous ne sommes pas une colonie britannique ».
Assange m’avait lors dit, certain d’une arrestation imminente, qu’il avait préparé une paire de menottes pour s’attacher physiquement au consul équatorien. Après cela, les officiers anglais sont restés stationnés dehors et le harcelaient en frappant contre les murs à 4 heures du matin, et pendant un moment il a dormi dans une chambre différente toutes les nuits.

  • Si « l’ange déchu » est entouré quotidiennement par une poignée de fidèles activistes, soutenu par des amis et autres célébrités – la dernière en date, Pamela Anderson à qui on lui a prêté une relation – l’enfermement l’a diminué physiquement et psychologiquement; et son intervention très controversée lors de la campagne présidentielle américaine – la diffusion des emails piratés du Comité National Démocrate et du président de la campagne d’Hillary Clinton qui ont fragilisé la campagne de la candidate – l’ont isolé un peu plus sur la scène internationale.

George Gittoes [un artiste australien et ami de Assange] a tenté de m’expliquer la complexité de son soutien pour Assange.
« Je n’arrive pas à comprendre sa vision de Trump mais je lui laisse le bénéfice du doute (…) La raison pour laquelle je supporte Julian et que je le considère comme une inspiration est très simple. Il prouve qu’un individu peut encore s’opposer à des pouvoirs vis-à-vis desquels nous nous sentons tous oppressés. »

  • Aujourd’hui Assange n’a pas d’autre choix que d’accepter ceux qui sont encore prêts à le défendre et le soutenir, y compris Sarah Palin, Sean Hannity et autres trolls de l’alt-right qu’il « est content de voir intéressés par le projet de Wikileaks ».

    « Julian Assange, A Man Without a Country » – Raffi Khatchadourian / New Yorker

 


3. « Angry White Boys »

 

  • Excellente et violente critique de Kevin Williamson dans la revue conservatrice – et anti-Trump – National Review sur les militants des groupuscules d’extrême droite qui ont manifesté à Charlottesville en Virginie la semaine dernière, des « nationalistes blancs » qui n’ont aucun autre message que la colère et la haine de l’autre:

    Les jeunes blancs en colère n’ont aucun programme politique sérieux. Ils n’ont aucune revendication comme les Teamsters [le syndicat des conducteurs routiers américains] ou PETA [People for the Ethical Treatment of Animals], ils n’ont pas doctrine idéologique comme les Communistes, bien que ce serait faux de dire qu’ils n’ont aucune idéologie. Leur programme, c’est leur colère, une colère difficile à comprendre (…) Ils aiment se faire passer pour des « alpha males » comme si ils appartenaient à une troupe de chimpanzés – mais ça ne leur vient jamais à l’idée de se considérer comme des hommes déchus et rejetés. (…)
    Ce sont les produits d’une société libérale et démocratique tolérante qu’ils détestent – et à laquelle ils dépendent à la fois. (…)
    Qu’est-ce que recherchent ces jeunes blancs en colère? Le fait qu’ils se rassemblent pour se déguiser – et jouer à des jeux de cowboys et d’indiens parfois meurtriers – apporte un semblant de réponse. Ils veulent être autre chose que ce qu’ils sont. C’est la grande ironie de la politique identitaire: ils sont à la recherche d’une identité au sein d’une tribu car ils ont échoué en tant qu’individus.

  • « Angry White Boys » – Kevin D. Williamson / National Review

 


4. « Leçons de vie »

  • Kim Kingsley – ancienne directrice de Politico – revient sur le racisme ordinaire qu’elle observe depuis toujours dans sa ville natale de Pennsylvanie et sur la nécessité, en tant que « blanche », de sortir de sa bulle pour essayer de comprendre l’origine de ces comportements et de ces préjugés et de les combattre.

    Les suprémacistes blancs, manifestants néo-nazis de ce weekend sont des gens que l’on connaît. On les rencontre chaque jour, ce sont parfois des proches, et bien plus intégrés dans les infrastructures culturelles, institutionnelles, et politiques de ce pays qu’on ne le pense. Mais on n’en parle pas. Certains pensent que ca va disparaitre d’un jour à l’autre, certains que ce n’est pas un problème à régler et enfin d’autres n’ont aucun problème avec cela (…)
    Ce que j’espère, c’est qu’on puisse aujourd’hui sortir de notre univers confortable et confronter une réalité qui l’est moins.(…)
    Observons autour de nous, essayons d’analyser la diversité sur notre lieu de travail et comment l’améliorer. Ce n’est pas à la poignée d’employés issus des minorités de militer pour davantage de diversité. Ce sont les employés « blancs », quelles que soient leur position au sein de l’entreprise, qui ont la responsabilité de créer un lieu de travail où il y ait davantage de diversité au sein du personnel et des opinions, et prouver les bénéfices que pourraient en tirer l’entreprise.

    « My Life Lessons in Rust Belt Racism » – Kim Kingsley / Medium

 


5. Les editions dominicales

 

  • « Wrong Way » – Enquête du Tampa Bay Times à St Petersburg en Floride, où Isaiah Battle comptabilise à 15 ans le plus grand nombre de vols de voiture du comté de Pinellas.

    [Le journal] a identifié 14 enfants arrêtés pour avoir volé au moins cinq voitures entre janvier 2015 et juin 2016 (…) Tous ces délinquants sont males. Douze sont noirs, un est asiatique et un est blanc (…) La majorité à été évincé au moins une fois; quelques familles comme celle d’Isaiah, ont été expulsés à trois reprises.Tous viennent de familles brisées. Les parents ont porté plainte les uns contre les autres sur des tests de paternité et la pension alimentaire. Certains sont partis vivre en foyer. L’un a fugué. Onze ont vécu la violence domestique, leur mère battues par leur petits-amis, parfois devant eux. Six ont été victimes d’abus ou de négligence (…) Neuf étaient suspectés dans des rapports de police avant leur quatorzième anniversaire.

 

  • L’édito de l’Indianapolis Star, « Let’s Stand Against Hate. Together », en première page est un appel de plus cette semaine de la part de nombreux médias après les évènements de Charlottesville:

    Dans un moment aussi difficile, il est tentant de passer à autre chose – laisse le temps et le renouvellement de l’information nous distraire d’une réalité difficile qui est ressortie ces derniers jours. Mais il est nécessaire de faire face aux profondes divisions sur la race, la religion et l’ethnicité. Il est nécessaire de commencer un travail de fond pour renverser ces divisions.

Le kiosque du 21.04.17: Prince 1 an plus tard – Une fille nommée Allah – Erdogan x Giuliani

 

 

 

  • Wikileaks à nouveau menacé

    Les procureurs du gouvernement débattent sur l’éventualité de déposer plainte contre des membres de Wikileaks concernant les fuites de câbles diplomatiques et documents militaires diffusées en 2010, et enquêtent également pour déterminer si le groupe a commis a un crime en révélant les outils de piratage de la CIA.
    Sous le président Obama, le Département de Justice avait décidé de ne pas poursuivre Wikileaks pour avoir révélé les documents ultra-secrets – une décision qui aurait pu mener le gouvernement à poursuivre en justice des organes de presse pour la publication d’informations confidentielles (…) On ne sait pas si les procureurs s’intéressent également au rôle joué par Wikileaks l’année dernière dans la publication des emails du Comité National Démocrate et du président de la campagne d’Hillary Clinton, John D. Podesta, qui ont été, selon les autorités américaines, ordonnés par le gouvernement russe.

     
    A retenir: La « bromance » entre Julian Assange et Donald Trump, qui a marqué les derniers mois de la campagne présidentielle est terminée. Contrairement à son prédécesseur, Barack Obama, qui avait été plutôt clément envers Wikileaks – pas Julian Assange – la nouvelle administration pourrait poursuivre l’organisation, et ouvrir le voie à la pénalisation d’autres organes de presse qui ont beaucoup travaillé ces dernières semaines grâce aux fuites de la Maison Blanche et des Agences de Renseignement.
     
    * « US again weighing Wikileaks charges » – The Washington Post

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  • Des parents autorisés à appeler leur enfant Allah

    Zalykha Graceful Lorraina Allah a finalement un nom.

    Après une bataille juridique de 23 mois, l’Etat de Géorgie à finalement publié un acte de naissance à ce nom, après avoir initialement rejeté la requête de la famille parce que le nom de famille ne correspondait ni à celui du père, ni à celui de la mère.
    Elizabeth Handy et Bilal Walk ont porté plainte contre l’Etat pour obtenir le droit d’appeler leur fille – née le 25 mai 2015 – comme ils l’entendent.
    L’Etat a finalement accepté.
    « C’était une revendication importante pour les droits des parents et une victoire amplement méritée pour Elizabeth et Bilal » explique la directrice de l’association ACLU de Georgie, Andrea Young.
    Young and Handy, qui vivent à Atlanta et ne sont pas musulmans, expliquent avoir choisi le prénom de ZalyKha pour sa noblesse – Les Musulmans seraient en effet offensés d’un tel choix.
    Un imam d’Atlanta, Plemon El-Amin a affirmé jeudi qu’aucun musulman n’appellerai sa fille « Allah », et a conseillé aux parents de ne pas le faire. Parce que les Musulmans pensent qu’il n’existe aucun autre dieu que Allah, tout prénom qui contient « Allah » doit être accompagné d’un préfixe de « serviteur ou création d’Allah » pour éviter la confusion et l’idée que quelqu’un prétende être dieu.

     
    * « Georgia relents, allows couple to name their young daughter ‘Allah’ «  – Atlanta Journal Constitution

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  • Giuliani a rencontré Erdogan

    Fin février, alors que les Etats-Unis et le reste du monde s’adaptaient au président Trump et que la Turquie travaillait à renforcer les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, ce dernier a accepté de rencontrer des visiteurs américains. Parmi les invités, Rudolph Giuliani, l’ancien maire de New York qui a représenté Mr Trump pendant sa campagne, et un autre avocat, Michael Mukasey, qui était ministre de la justice sous le président George W. Bush.Le but de la visite de Mr Giulinani et Mr Mukasey était extraordinaire: Ils espéraient obtenir un accord diplomatique à travers lequel la Turquie défendrait les intérêts américains dans la région. En échange, les Etats-Unis s’engageaient à relâcher deux clients, Reza Zarrab, un businessman turc emprisonné pour corruption à Manhattan, et un proche d’Erdogan. (…) Certains analystes ont suggéré que si Mr Zarrab était libéré et retournait en Turquie, Mr Erdogan serait plus enclin à se ranger derrière les intérêts américains dans la Moyen Orient. (…)Le problème Zarrab n’est pas une affaire d’Etat » explique Hasan Yalcin, directeur de recherches stratégique pour un think tank proche du gouvernement turc, « ce n’est pas un problème sur lequel l’Etat truc se concentre, et la relation entre l’Etat turc et Zarrab n’est que spéculation

     
    * « Why Giuliani was granted a Meeting with Turkey’s President » – The New York Times

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  • Prince, un an après


    Prince est mort il y a un an, et le quotidien de sa ville natale, le Star Tribune de Minneapolis, dans le Minnesota, lui a rendu hommage en une: « Il était l’un des nôtres et il le reste. C’est certain« 

    Ces 365 derniers jours, de superbes peintures murales, des marathons radio de 24 heures et un florilège d’hommages locaux ont essayé de remplir le vide. Mais la mort de Prince le 21 avril dernier a eu un impact émotionnel sur les Twin Cities [Minneapolis et Saint Paul] bien plus important que la victoire des Twin Cities aux World Series [Championnat américain de baseball] de 1991. Si c’était la jubilation, [la mort de Prince] est l’opposé. »C’est comme si une bombe avait explosé » raconte l’ancien batteur Michael Bland. « C’est difficile de quantifier la perte ici dans sa ville natale ».

     
    * « Never Letting Go » – Star Tribune

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  • Construction et Immigration à Los Angeles.

    Eddie Ybarra et Francisco Martinez ont tous les deux la quarantaine, travaillent côte à côte à la construction des murs des deux nouveaux condos dans le quartier de downtown à Los Angeles. Ils conduisent leur pickups pour aller travailler, le garent dans un parking adjacent et tous les deux prennent leur pause déjeuner autour de 10 heures du matin.

    C’est tout ce qu’ils ont en commun.

    Ybarra, né à L.A., mène le style de vie de la classe moyenne depuis plus de vingt ans, appartient à un syndicat de charpentiers, gagne 40 dollars de l’heure en plus d’une retraite, d’une assurance maladie et des congés payés.
    Martinez, né à Guadalajara au Mexique, travaille pour un contracteur qui n’est pas syndiqué, installe des panneaux de métal et autres pièces détachées pour 27,5 dollars de l’heure. Il n’a aucune retraite, sa couverture santé n’assura pas sa famille et dispose de cinq jours de congés payés par an.
    L’histoire de ces deux hommes montre le changement radical qui a placé la construction au centre du débat national sur le déclin des emplois ouvriers et la vision du président sur l’immigration.

     
    A retenir: A Los Angeles, les métiers du bâtiment, autrefois occupés aux deux tiers par des ouvriers blancs et syndiqués est devenu en quelques décennies un secteur dominé dont la plupart des ouvriers sont latino, non syndiqués et qui repose beaucoup sur l’immigration.
     
    * « Why L.A. construction work pays less today » – Los Angeles Times

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La unes des quotidiens

Le kiosque du mercredi 18 janvier 2017

INAUGURATION WEEK

« Comment atteindre Trump »

Trump n’a pas vraiment changé ses habitudes depuis qu’il a été élu, et préfère rester isolé dans son bureau du 26ème étage de la Trump Tower, quelques étages en dessous son penthouse où il s’endort toujours chaque nuit, dans son jet et à Mar-a-Lago, sa propriété Palm Beach.

« Trump est un homme isolé, de plus en plus éloigné de ses électeurs » explique en couverture le Washington Post aujourd’hui, mais qui réussit à « rester omniprésent dans la vie américaine » en twittant plusieurs fois par jour ses millions d’abonnés et en donnant beaucoup d’interviews, par téléphone ou en tête-à-tête. 

Trump semble bien plus confortable en communiquant à travers une scène ou un écran – la télévision, Twitter, le téléphone – qui servent d’intermédiaire entre lui et son public. Ces outils servent à la fois de mégaphone et de bouclier et lui permettent de délivrer ses messages tels quels. Comme il utilise rarement ses emails et surfe peu sur internet, ses coups de téléphone, ses apparences télévisées et la proximité physique sont les seuls moyens de l’atteindre.

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Manning sortie du trou

New York Post – Edition du 18 janvier 2017

Wikileaks, propulsée sur le devant de la scène internationale en 2010 grâce à la diffusion des câbles diplomatiques américains de la guerre d’Irak et d’Afghanistan, fournis par un jeune soldat du renseignement, Bradley (devenu Chelsea) Manning, s’est réjouit de la grâce présidentielle qu’elle a obtenu du président Obama. L’organisation mène une campagne pour sa libération depuis sa condamnation par une cour martiale en 2013 à trente cinq ans de prison.
Un soldat qui trahit son pays, change de sexe aux frais de l’Etat, qui plus est en prison, avant d’être gracié par le président sortant n’a certainement pas plu aux Républicains, ni au New York Post ce matin

 

Snowden, deux ans de plus en Russie

Edward Snowden n’a pas eu la même chance, malgré la pétition de plus d’un millions de signatures donnée à Barack Obama vendredi dernier et le soutien des associations de défense des droits civiques, Human Rights Watch, Amnesty International et ACLU.
Interrogé sur la question par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, Obama a expliqué que pardonner Snowden pourrait donner l’exemple d’autres techniciens du renseignement à devenir à leur tour des lanceurs d’alerte en attendant une grâce présidentielle. Maigre récompense, la Russie a bien voulu renouveler son visa pour les deux prochaines années

Assange qui rêve d’être jugé aux Etats-Unis

Julian Assange qui commence sa cinquième année réfugié dans l’ambassade équatorienne de Londres sous peine d’être arrêté par les autorités suédoises et anglaises, malgré la demande des Nations Unies de mettre fin à la détention arbitraire du hacker australien, voudrait être extradé aux Etats-Unis pour y être jugésous l’administration Trump. Il est sous le coup dune enquête du FBI et le Département de Justice depuis six ans après les premières diffusions par Wikileaks de documents diplomatiques et militaires américains.
Assange s’est dit désormais « confiant de gagner un procès équitable aux Etats-Unis » – ce qui n’était pas le cas sous l’administration Obama.

https://twitter.com/wikileaks/status/821505178549493760

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Betsy DeVos a peur des ours

C’était au tour de Betsy DeVos hier de passer l’oral devant un comité de sénateurs avant d’être confirmé (ou non) ministre de l’éducation. La milliardaire philanthrope origine du Michigan qui a dévoué sa carrière à promouvoir et développer les « charter schools«  et autres initiatives privées dans l’enseignement primaire a promis de ne pas toucher au financement de l’enseignement public.
Durant son audience, elle a admis avoir donné plus de deux cent millions de dollars au parti républicain et être une adepte des armes à feu! Elle a affirmé qu’il appartient aux Etats et aux mairies d’autoriser ou non leur présence à l’école, et quand on lui a demandé son opinion personnelle, elle y est favorable pour se protéger de la faune environnante, en citant l’exemple d’une école élémentaire du Wyoming qui a un jour été attaquée par des ours.

Remarque qui a bien rire la presse.

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Les pauvres interdits de Junk Food?

Carte de Food Stamps de l’Etat de New York

Un article du New York Times, a repris les conclusions d’un rapport du Départment de l’agriculture (USDA) qui affirme que les populations défavorisées dépenseraient 10% des 74 milliards de dollars d’aides alimentaires (food stamps) qu’il reçoivent chaque année dans les boissons sucrées.
Marion Nestle, professeure de nutrition à New York University, interrogé par le quotidien, s’est dit « choquée » que SNAP, le Programme d’aide supplémentaire à la nutrition, soit utilisé comme « une subvention de plusieurs milliards de dollars du contribuable à l’industrie du soda ».

SNAP aide quarante trois millions d’Américains à se nourrir mais depuis des années, « des douzaines de villes, d’Etats et de groupes médicaux » appellent à une restriction du choix des aliments qui peuvent être achetés, notamment la junk food et les boissons sucrées. Des mesures qui n’ont jamais pu passer à cause de la pression de l’industrie agro-alimentaire et que l’USDA a jugé discriminatoires étant donné que le reste population achète presque autant de boissons sucrées (7% de leur budget alimentaire).

Mother Jones a critiqué l’article du New York Times qui ne ferait que  renforcer les clichés contre les « mauvaises habitudes » des populations pauvres.
Effectivement des sites comme Breitbart l’ont récupérer pour dénoncer la hausse de 30% des bénéficiaires de food stamps durant l’ère Obama (soit 10 millions de personnes), pour appeler à un contrôle de leur l’utilisation et dénoncer les profits engrangés par les banques qui servent d’intermédiaires entre les individus et le gouvernement.

 

 

Le kiosque du jeudi 5 janvier 2016

Le retour en force de Bernie

https://democrats.senate.gov

La rentrée parlementaire a été marquée par l’offensive des Républicains contre Obamacare mais aussi par la détermination des Démocrates à protéger l’héritage d’Obama. Chuck Schumer, le représentant de la minorité démocrate au Sénat, a affirmé que le système de santé américain post-Obamacare « rendrait l’Amérique malade » – reprenant le célèbre slogan de la campagne de Donald Trump qui lui a valu d’être traité ce matin de « Clown en chef » par le président-élu.

Bernie Sanders a pris la parole hier au Sénat pour critiquer la loi, votée par la majorité, qui vise à abroger de l’Affordable Care Act, la structure légale d’Obamacare. Il est venu accompagné d’un poster géant sur lequel était imprimé un tweet du président-élu qui affirmait en mai 2015, alors simple candidat à la nomination républicaine, qu’il n’y aurait « aucune coupe budgétaire concernant la Sécurité Sociale, Medicare et Medicaid » – ce que prévoit justement la loi.

[Donald Trump] ne l’a pas dit au milieu de la nuit ou à l’occasion d’une interview, c’était un point central de sa campagne et ce pourquoi il a demandé à des millions de personnes âgées et aux classes ouvrières de voter pour lui. Donald Trump a conduit et remporté la présidence sur ces thèmes.

Le programme électoral de Donald Trump qu’il a twitté ces dix-huit mois et qui lui a permis de remporter la présidence, est aujourd’hui l’arme utilisée par l’opposition pour dénoncer les promesses non-tenues du président-élu.
Une stratégie qui devrait servir les Démocrates ces quatre prochaines années. 

 

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Les Républicains choisiront le neuvième juge de la Cour Suprême des Etats-Unis.

Nous le rapportions hier dans le Kiosque, Chuck Schumer a affirmé cette semaine que lui et ses quarante-sept autres confrères sénateurs bloqueraient systématiquement toute nomination du neuvième et dernier juge de la Cour Suprême, comme les Républicains l’ont fait avec Obama, à la suite de la mort brutale d’Anthony Scalia en février dernier, et quitte à laisser le siège vacant … indéfiniment.

Le représentant de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a critiqué cette décision en invoquant la « Biden Rule », mise en place en 1992, qui stipule que la nomination d’un juge de la Cour Suprême ne peut être entérinée avant une élection présidentielle, « mais qu’elle peut être votée le jour du scrutin et après »; ce qui les autorise donc aujourd’hui à nommer leur juge. 
Sauf que les Républicains n’ont jamais voulu entendre parler de la proposition d’Obama avant les élections, et que ce dernier avait décidé symboliquement d’annoncer, Merrick Garland.

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Donald Trump et Julian Assange, les nouveaux BFFs

Non content d’avoir essayé de saboter la campagne de la candidate démocrate et avec elle le pouvoir de la classe dirigeante de Washington, qui représente selon lui un danger plus important pour les Etats-Unis que la nouvelle administration Trump, Julian Assange continue d’attiser un peu plus les dissensions entre Démocrates et Républicains.

Il a affirmé cette semaine sur Fox News que le piratage de la messagerie privée de John Podesta, le directeur de la campagne d’Hillary Clinton était un jeu d’enfants, que la Russie n’y était pour rien et que les médias américains « avaient été malhonnêtes » d’accuser Poutine d’avoir voulu influencer les élections présidentielles américaines.
Du pain béni pour Donald Trump qui s’est empressé de retweeter les propos du fondateur de Wikileaks, devenu ces derniers mois le chouchou des Républicains pro-Trump.
Irait-on vers une grâce présidentielle de Julian Assange?

Après la Russie, Donald Trump prend une nouvelle la défense d’une organisation étrangère, Wikileaks, condamnée par l’Administration Obama pour avoir révélé des documents secrets sur la guerre en Irak et en Afghanistan qui auraient mis en danger « la sécurité nationale », aux dépens des agences de renseignements américaines.

Lorsque les médias dénoncent cette collusion, le président-élu se défend « d’être en accord avec Assange » et affirme « simplement déclarer ce que [Assange] a déclaré », et qu’il le fait « pour les Américains ».

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No Pants Subway Ride

Dimanche aura lieu à New York, et dans vingt-cinq autres villes du pays, la quinzième édition de la « No Pants Subway Ride« , une tradition annuelle qui consiste à porter des habits chauds sans pantalon, simplement vêtue d’une culotte ou un caleçon, dans le métro pour « faire réagir les autres passagers ». 

La première manifestation « No Pants Subway Ride » a été imaginée par Charlie Todd, le fondateur de Improv Everywhere, un collectif new yorkais « qui cause des scènes de chaos et de joie dans les lieux publics », en 2002.

Le premier trajet comprenait sept participants, tous des hommes. Un participant est entré dans la rame sans pantalon et a circulé sur sept stations consécutives. Ils prétendaient ne pas se connaître les uns les autres, et si on leur demandait ils disaient qu’ils avaient « simplement oublié » leur pantalon. Au huitième arrêt, quelqu’un est entré avec un duffle bad qui vendait des pantalons pour un dollar.

La dernière édition de 2016 (vidéo ci-dessous) a rassemblé quatre mille personnes et devrait attirer autant de monde cette année. Le dossier de presse encourage les journalistes intéressés par l’évènement à se joindre aux participants en enlevant leurs pantalons.

le Kiosque du lundi 21 novembre 2016

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TRUMPLANDIA

Pas mal d’évènements ont eu lieu ce weekend depuis la Trump Tower de New York

Trump University
Pour éviter un procès et une presse (encore) plus mauvaise, Donald Trump a décidé de régler l’affaire de Trump Univrsity dans laquelle trois plaintes ont été déposées à son encontre (deux en Californie et une à New York) au nom de plusieurs centaines de personnes qui ont dépensé des milliers de dollars pour suivre des cours de spéculations immobilières, inexistants ou sans réel intérêt. Trump a toujours rejeté ses accusations lors de la campagne et a promis de ne jamais abandonné.
Il a pourtant conclu ce weekend un accord de 25 millions de dollars de dommages et intérêts contre l’abandon de toutes les charges pour éviter toute « distraction » inutile avant son intronisation en janvier prochain

Hamilton
Trump est un génie pour manipuler les médias qui tombent à chaque fois dans ses pièges de communication – pour détourner l’attention de ses multiples scandales, ce weekend Trump University. Le vice-président Mike Pence s’est déplacé à Broadway vendredi soir pour une représentation de la comédie musicale de l’année Hamilton. Accueilli cous les huées, les acteurs se sont arrêtés en plein milieu du spectacle pour s’addresser directement au colistier de Trump: « Nous représentons une Amérique inquiète que la prochaine administration choisisse de ne pas nous protéger, ni nos enfants, ni nos parents, de ne pas nous défendre et de ne pas respecter nos droits ».
Les vidéos de cette rencontre ont été partagées sur les réseaux sociaux et suscité les commentaires du futur président, qui n’a pas apprécié du tout que « son merveilleux futur VP soit harcelé ».
Après avoir critiqué « un casting et des producteurs overreated« , il a demandé aux acteurs de présenter leurs excuses – ce que ces derniers n’ont bien entendu pas fait.

Saturday Night Live

Enfin, l’agitateur en chef s’est plaint, encore une fois hier du traitement reçu dans l’émission satirique Saturday Night Live sur NBC, qui présentait Trump comme un futur président inexpérimenté, incapable de tenir les promesses surréalistes tenues lors de sa campagne, la réouverture des mines de charbon, ou son plan d’attaque secret contre ISIS.

Un sketch réussi qu’il critiqué sur Twitter

Adam Yauch

Des centaines de New Yorkais se sont réunis hier dans un parc de Brooklyn rebaptisée en 2013, le Adam Yauch Park, en hommage au chanteur des Beastie Boys, décédé cette année là, et après qu’il ait été recouvert de graffitis antisémites la semaine dernière, accompagnés de « Go Trump »

 

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Bannon, le Darth Vader de la Maison Blanche

The Hollywood Reporter a eu l’exclusivité d’une première interview avec Steve Bannon, le bras droit de Trump à la Maison Blanche qui avait prédit au même journaliste deux mois plutôt, la victoire de son candidat. Réagissant à une presse très négative à son égard, ce dernier a affirmé: « L’obscurité est quelque chose de bien (….) Dick Cheney. Darth Vader. Satan. C’est le pouvoir. Ca ne peut que nous aider quand ils [les libéraux et les médias] ont tort. Quand ils ne comprennent pas qui nous sommes et ce que nous faisons ».
Ce qui s’est passé durant les derniers mois de la campagne au cours desquels le mainstream media et les démocrates se sont gargarisés d’une moralité supérieure vis-à-vis des « déplorables » qui les a, selon lui, aveuglés et finalement fait perdre les élections.
Réduire Steve Bannon au site ait-right Breitbart News est une erreur que l’opposition doit prendre en compte dans ses futurs rapports avec l’administration Trump: L’homme est bien trop intelligent pour être « l’ultime décadence du Trumpisme » mais plutôt « l’homme avec l’idée. Si le trumpisme doit représenter quelquechose de cohérent historiquement et intellectuellement, ce sera le travail de Bannon. »

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Le monde a toujours besoin de Wikileaks

Vendredi dernier, Sarah Harrison, membre de l’organisation de Julian Assange, a publié une tribune dans le New York Times, intitulée « Pourquoi le monde a besoin de Wikileaks«  qui revient sur l’implication de l’organisation dans les élections présidentielles américaines.
Elle réfute l’idée d’avoir aidé Donald Trump à gagner en publiant les emails piratés du Comité National Démocrate et du directeur de campagne de Hillary Clinton, John Podesta, « des informations précises et importantes pour le public ».
« Je peux comprendre la frustration, déplacée, des supporters de Clinton. Mais l’équipe de Wikileaks s’est engagée à poursuivre la mission de Mr Assange, et nous n’avons aucune intention d’arrêter, quelques soient les abus dont il est victime »
Elle insiste sur le faite que Wikileaks publie les informations reçues « non censurée et de manière à ce qu’elles ne puissent pas l’être » car elles font l’objet « d’un travail de recherche, de validation et de contextualisation ».

Wikileaks continuera de publier et de renforcer la transparence là où le secret domine. Alors que les menaces contre notre rédacteur s’accumulent, Mr Assange n’est pas seul, et ses idées continuent de nous inspirer et d’inspirer des gens à travers le monde

Le kiosque de la semaine: 23 – 29 octobre 2016

 

 

 

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Le Kiosque du mercredi 19 octobre

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Selon les dernières estimations de FiveThirtyEight, Clinton aurait 87.7% chances de gagner.

Five Thirty Eight - 19 octobre 2016
Five Thirty Eight – 19 octobre 2016

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Le cauchemar est bientôt terminé avec le troisième et dernier débat présidentiel qui se tient ce soir, à l’Université du Nevada, Las Vegas » qui sera modéré pour la première fois par un présentateur de Fox News, Chris Wallace, réputé et expérimenté. La chaîne a d’ailleurs promis un face-à-face « juste et équilibré » – un pied-de-nez aux précédents journalistes accusés par Trump de faire le jeu de sa rivale.
Les thèmes abordés devraient être la dette, l’immigration, l’économie, la Cour Suprême, la politique étrangère et les qualifications pour être président, si tant est que la politique est abordée ce soir.

Rupert Murdoch sera présent dans la salle pour la plus importante soirée télé de l’année pour Fox News qui acquiert ici une légitimité qui la place désormais aux rangs des autres grandes chaînes nationales (ABC, NBC, CBS et PBS). Un bol d’air frais pour la compagnie qui attend cette reconnaissance depuis vingt ans, date de création de la chaîne et après la période la plus mouvementée qu’elle ait jamais connu cet été avec le départ de Roger Ailes, et les dissensions entre ses journalistes sur le candidat républicain.

Personne ne veut de ce troisième débat

Les journalistes et les téléspectateurs américains n’ont aucune envie d’assister à  cette ultime rencontre qui pourrait être encore plus cauchemardesque que le second débat, au cours duquel le candidat républicain a insulté à plusieurs reprises la candidate, lui a tourné autour comme un rôdeur, et tenté de la déstabiliser en invitant trois femmes ayant accusé son mari de harcèlement sexuel et de viol.

On sait Clinton résistante mais la difficulté dans laquelle se trouve la campagne de Trump à moins de trois semaines des élections, pourrait bien le pousser dans ses retranchements injurieux, mensongers et agressifs.
Pour tenir le coup durant les 90 minutes, le Wall Street Journal propose un guide de yoga qui vise à calmer le stress des Démocrates sur « les perpétuels emails », « les discours de Wall Street » et des Républicains sur « les élections truquées », sur « la discussion de vestiaire » – des sujets qui vont faire grincer beaucoup de dents.

Wall Street Journal
Wall Street Journal

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« Drain the Swamp »

Trump a lui décidé de « transformer le débat en Jerry Springer Show » en invitant le demi-frère de Barack Obama, Malik, un citoyen de Washington, DC, qui partage sa vie entre les Etats-Unis et le Kenya. Il y aura aussi Pat Smith, la mère d’une victime de l’attaque de Benghazi qui avait déjà fait une intervention très solennelle lors de la convention républicaine au mois de juillet dernier.

Quant à ses attaques, elles sont désormais systématiquement dirigées contre Hillary Clinton: Chaque tweet du candidat contient le hashtag « Hillary Corrompu » (« Crooked Hillary »), « la candidate la plus corrompue » mais aussi celles des élites de Washington.
Le dernier slogan de la campagne, « Drain the Swamp » (littéralement « assécher le marais ») renvoie à une rhétorique bien connue des politiciens qui vise à « nettoyer la corruption » personnifiée par Clinton, et les élites de Washington.
Cette nouvelle formule est apparue après la nouvelle proposition faite par Trump d’un « Plan de Réformes Ethiques pour Washington D.C » en cinq points.

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La rédemption pour Trump?

Michael Goodwin du New York Post est confiant dans ce troisième débat où Trump qui « n’a plus rien à perdre » devrait « jouer l’humilité » et lancer un appel solennel à tous les Américains « à lui faire confiance avec leur vote et leur promettre de ne pas violer cet engagement, ni de les embarrasser ».
La performance du candidat ce soir est un « make-or-break » devant 50 millions de spectateurs qui pourrait bien renverser la campagne, et « c’est pourquoi l’humilité doit être au coeur de sa stratégie »

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Un piège pour Clinton?

Clinton a vécu une semaine agitée avec la diffusion des emails de sa messagerie privée par le FBI et ceux de son directeur de campagne, John Podesta, par Wikileaks, qui n’apportent pas de nouveaux éléments capables de faire inculper Clinton mais qui sont embrassants aux yeux de ses électeurs.
Heureusement pour elle, l’ambassade équatorienne a coupé la connexion internet de Julian Assange pour éviter qu’il intervienne dans le déroulement des élections présidentielles américaines.

En attendant, le magazine Vogue et le Miami Herald , The New Republic, la soutiennent officiellement, tout comme 70 Prix Nobel et les cinq derniers présidents sortants des Etats-Unis.
Michael Moore vient lui d’annoncer à la dernière minute la sortie d’un documentaire mercredi, Trumpland, qui selon les critiques, ressemble davantage à un plaidoyer pour Clinton qu’un brûlot contre le candidat républicain.
Le meilleur documentaire pour comprendre les candidats démocrates et républicains reste « The Choice » diffusé dans l’émission Frontline de PBS, disponible en ligne aux Etats-Unis, mais peut-être pas encore à l’étranger.

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La dynastie Sulzberger continue

Le New York Times vient de nommer Arthur Gregg Sulzberger, 36 ans, directeur adjoint du New York Times, une position qui devrait éventuellement lui donner les rênes du quotidien, actuellement tenus par son père, Arthur Sulzberger Jr, président et éditeur de la Gray Lady. C’est la cinquième génération de la famille Sulzberger qui garde le contrôle du journal mais aussi d’une majorité des parts de l’entreprise, The New York Times Company évaluée à 2 milliards de dollars.

Le Kiosque du 18 octobre 2016

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Wikileaks, interdit d’internet

Comble de l’ironie, Julian Assange se serait vu retirer sa connexion internet de l’ambassade du Venezuela où il est réfugié depuis déjà quatre ans, a annoncé Wikileaks hier, et ce depuis samedi après midi. Alors que le champion des lanceurs d’alerte s’apprête à tout faire pour torpiller la candidature d’Hillary Clinton à la présidence des Etats-Unis, les autorités vénézuéliennes auraient pris cette mesure après la diffusion d’autres emails du chef de campagne de la candidate démocrate, piratés selon les Etats-Unis, par Moscou.

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New  York Post - Edition du 18 octobre 2016
New York Post – Edition du 18 octobre 2016

Si Trump n’était pas embourbé dans ses problèmes de moeurs ou enclin à créer chaque jour de nouvelles polémiques, il aurait pu capitaliser les fuites qui lui a offert Wikileaks sur un plateau d’argent – il devrait sans doute les utiliser avant le dernier débat présidentiel de demain, qui sera modéré par un journaliste de Fox News.
Clinton aurait beaucoup de problèmes à justifier les révélations contenues dans les emails privés de son directeur de campagne, John Podesta qui révèlent à un public déjà sceptique, les manoeuvres, stratégies déployées durant toute sa campagne, son manque de naturel, son hyper-préparation, tout ce qu’un candidat préférerait que les électeurs ne sachent pas.
Il y a également les emails diffusés par le FBI, qui suggèrent que le Secrétariat d’Etat, ancien office de Hillary, aurait fait pression sur le Bureau pour faire « dé-confidentialiser » certains emails qui seraient passés par la messagerie privée de Clinton.

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Trump et l’après élection

Des rumeurs persistent depuis cet été selon lesquelles Trump aurait déjà un autre projet en cours que celui de la Maison Blanche en cas de défaite le 8 novembre prochain: La création d’un nouveau réseau câblé d’informations, sur le modèle de Fox News, très vraisemblablement intitulée Trump News.
La journaliste Sarah Ellison de Vanity Fair avait révélé l’info en juin dernier en expliquant que l’entourage de Trump « voulait capitaliser le soutien de ses supporteurs vers une nouvelle plateforme d’infos et de chaînes câblées ».
Selon le New York Times, Ivanka Trump et son mari, Jared Kushner à qui le projet aurait été confié, ont rencontré des représentants haut placé dans l’industrie.
Il est difficile de voir Donald Trump continuer avec le parti républicain s’il perd les élections, ni avec NBC, la chaîne qui accueillait son émission The Apprentice, et qui vient de virer Billie Bush, l’interlocuteur de Trump dans la vidéo où il tient des propos obscènes à l’encontre de la gente féminine.

Melania à la rescousse

« Melania prouve qu’elle est aussi répugnante que son mari dans une interview mielleuse avec CNN » commente Slate ce matin à propos de l’entretien entre Anderson Cooper et la femme du candidat républicain, qui a accuse Billie Bush (voir plus haut) d’avoir volontairement piégé son mari, et s’attendait à ce que cette video soit diffusée. Elle a excusé ses propos et mis toute cette fâcheuse histoire sur le compte des médias et de Clinton devant un interviewer très conciliant.

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Nomination du juge de la Cour Suprême

Même si Clinton remporte les élections présidentielles qui lui donnent le droit de nommer le neuvième juge de la Cour Suprême, qui doit remplacer Antonin Scalia décédé en février dernier, l’ancien candidat républicain à la présidence, John McCain a déjà annoncé le blocage illimité de cette nomination, jusqu’en 2020 si nécessaire.
Un choix « partisan » et radical » qui va à l’encontre de toute velléité de travail collectif entre les deux partis, promu par la candidate démocrate. Le parti républicain semble parti pour continuer la même stratégie suicidaire poursuivie ces huit dernières qui a consisté à bloquer systématiquement toutes les politiques proposées par l’administration Obama.

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Un billboard anti-Trump

Une immense affiche écrite en arabe à l’intention de Donald Trump a été placé sur une autoroute du Michigan, entre Detroit et Dearborn, et ce jusqu’au 8 novembre. Le message « Donald Trump, he can read this, but he is afraid of it » fait référence à un jeu de cartes américain, Cards Against Humanity, dans lequel un joueur tire une carte noire, à laquelle tous les autres joueurs doivent répondre avec la plus amusante des cartes blanches »
Le créateur du jeu est le fondateur de la super PAC « Nuisance Committee » à l’origine de cette immense affiche, et a créé également des éditions spéciales élections, Trump against Humanity en rupture de stock

The Nuisance Committee/Facebook
The Nuisance Committee/Facebook

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Amy Schumer gets political

Les Floridiens ne s’attendaient pas à entendre parler politique en allant voir Amy Schumer dimanche soir à l’Amalie Arena de Tampa. Elle n’y est pas allée de main morte puisqu’elle a provoqué le départ de 200 spectateurs mécontents sur les 10 000 présents ce soir là près avoir qualifié de Trump de « orange, sexual-assaulting, fake-college-starting monster. » – et sans avoir cherché à les retenir.

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Deux poids, deux mesures?

L’homme qui a tiré sur « la perpétuelle menace » George Zimmerman l’année dernière « en légitime défense » car effrayé de subir le même sort que Trayvon Martin, a été condamné à 20 ans de prison par un jury de Seminole County en Floride. Un verdict qui rompt avec l’acquittement dont avait bénéficié Zimmerman en 2014 pour le meurtre du jeune Martin.
La femme du condamné, interrogée par le Daily News s’est dite « dégoutée » du « système judiciaire devenu tellement injuste. »

 

Le kiosque du 15 octobre 2016

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Le New York Times et le Washington Post mènent la dance

La guerre est déclarée depuis longtemps entre Trump et les médias mais elle a pris une tournure dramatique ces deux dernières semaines entre la déclaration d’impôts de Trump publié par le New York Times et la vidéo de ses propos obscènes contre les femmes diffusée par le Washington Post. Cette semaine les deux quotidiens ont rapporté les témoignages de victimes de harcèlement et attouchements sexuels dont Trump aurait été l’auteur. « Deux bastions médiatiques qui prouvent le potentiel du traditionnel reportage » dans une période électorale sans précédent à l’encontre des deux candidats – Le Times est à l’origine du scandale de l’utilisation de la messagerie privée de Clinton qui est devenu l’un des talons d’Achille de sa campagne.
« le Times et le Post sont des institutions inestimables et le pays serait infiniment plus pauvre sans » a constaté David Remnick, le rédacteur en chef du New Yorker

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Trump est en train de saccager Trump

Cette semaine un journaliste du site conservateur The Blaze avançait que la campagne de Trump n’a jamais eu d’autre objectif que de servir son nom et sa marque plus que la présidence du pays. La preuve? A chaque fois qu’il est arrivé en tête contre Clinton, il a provoqué une polémique qui l’a fait reculer aussitôt. Si l’on recense le nombre de fois où le candidat a essayé de faire la promotion de ses hôtels, golfs, casinos, entreprises, cette théorie n’est pas infondée.
Mais les scandales de ces dernières semaines commencent sérieusement à endommager la marque Trump: « Avant la campagne, il y avait un équilibre entre la marque et l’individu » mais aujourd’hui « l’individu a pris le dessus sur la compagnie et toutes les polémiques qu’il provoque lui sont défavorables » selon Howard Puchin, directeur de création chez APCO Worldwide.
Le milliardaire Mark Cuban, propriétaire des Dallas Mavericks, et ennemi juré du candidat républicain, a même déclaré la semaine dernière sur Twitter que « Bernie Madoff [avait] une meilleure marque » que lui.
C’est peut-être l’une des raisons derrière le nom donné à la dernière aventure hôtelière de la compagnie, Scion, qui essaye d’attirer une foule plus jeune et aisée (calquée sur le W ou Soho House).

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Wikileaks réalise sa prophétie

Il y a dix ans, Julian Assange publiait un memo Conspiracy as Governance sur les objectif de sa nouvelle aventure Wikileaks dans lequel il décrivait comment s’attaquer à une certaine forme de complot, le parti politique:

Plus une organisation est secrète ou injuste, plus des fuites vont entraîner de la peur et de la paranoïa dans son leadership et dans la coterie qui le dirige. Il en résultera immanquablement un affaiblissement de ses mécanismes efficaces de communication interne (un alourdissement de la « taxe du secret » cognitive) et une détérioration cognitive systémique entraînant pour cette organisation une capacité moindre à conserver le pouvoir dans un contexte où l’environnement exige son adaptation (…)
Imaginez ce qui pourrait arriver si l’un de ces partis devait abandonner ses téléphones portables, fax et correspondance emails – sans compter les systèmes informatiques qui répertorient les donateurs, budgets, sondages, centres d’appels, et le courrier. Ils tomberaient immédiatement dans une « panique organisationnelle »

Ces propos étaient bien en avance sur leur époque et on peut y trouver les raisons de la diffusion des emails piratés du comité national démocrate et du président de campagne de Clinton, John podesta: Le parti démocrate est un immense machine dont la candidate cultive le secret, et dévoiler ses communications, en pleine période électorale a réussi à les fragiliser et pourraient contrarier leur chances de victoires.
Aucune mention dans le manifeste d’Assange de la participation d’une dictature dans le piratage de l’information, d’un acharnement à peine voilé contre les Démocrates, des facteurs non négligeables.

Ce qui revient The Guardian et beaucoup d’autres médias américains à se demander comment est-ce que Wikileaks est passé du « chouchou des libéraux de gauche et fléau de l’impérialisme américain à l’instrument de la campagne incendiaire de Trump »? Qui aurait pu pensé qu’un candidat républicain en vienne à soutenir « l’information incroyable fournie par Wikileaks » selon les propos du milliardaire américain sur Twitter.

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Les vertus du bisou

Le coach de l’équipe de football du l’université de Houston au Texas, Tom Herman, aurait trouvé un moyen révolutionnaire de donner confiance à ses joueurs avec chaque rencontre: un bisou sur la joue. Dans un sport réputé pour sa violence et virilité, le geste de l’entraîneur est un rituel inhabituel mais « pas de meilleur moyen pour exiger les douloureux sacrifices » que de « leur montrer de l’affection ».
Un comportement qui semble porter ses fruits puisque l’équipe n’a perdu qu’un match l’année dernière, sa meilleure saison de football depuis 1980 et ils sont réalisé un très bon de saison cette année.
A savoir maintenant si d’autres entraîneurs vont suivre?

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Les ravages de la drogue sur … Youtube

Après avoir diffusé la photo d’un couple inanimé dans une voiture avec un enfant à l’arrière pour sensibiliser aux ravages de la drogue, un père de famille est allé encore plus loin en filmant la réaction de son fils lorsqu’il apprend la mort de sa mère d’une overdose, et en la postant sur Youtube. L’homme, lui même ancien drogué, soit disant sobre depuis trois mois, a voulu témoigner des conséquences dramatique de l’addiction sur les familles provoquant l’effroi de pas mal d’internautes.
La vidéo a été vue plus de 33 millions de fois en quelques jours.

Le Kiosque du mercredi 5 octobre

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Les débat des VPs
Comme nous le rapportions hier soir, on a assisté à un « vrai » débat politique entre Mike Pence, le colistier de Trump et Tim Kaine, celui de Hillary.
Tous les commentateurs s’accordent sur la bonne prestation de Mike Pence qui est resté calme et posé, « comme un républicain traditionnel », devant les attaques de son adversaire qui s’est montré parfois agressif avec une fâcheuse tendance à couper la parole.
Mais le VP de Trump a eu plus de mal à défendre les propos et comportements de son candidat soit en affirmant qu’il n’en n’était pas l’auteur, soit en les justifiant sur le compte d’une personnalité plus grande que nature.
Selon FiveThirtyEight, les exégèses sur ce second débat ne devraient pas excéder un « cycle de news » qui retiendra certainement « les interruptions de Kaine et les réticences de Pence à défendre les déclarations controversées de son candidat ».

Le site du parti conservateur a été raillé hier pour avoir annoncé la victoire de Pence une heure et demie avant le début des hostilités – on y a trouvé une vidéo du ticket Trump-Pence qui accuse Obama et Clinton d’avoir rendu le monde « instable » et l’Amérique « vulnérable » aux attaques terroristes.


Wikileaks fête ses dix ans
Julian Assange a annoncé hier depuis l’ambassade équatorienne, à l’occasion des dix ans de Wikileaks, la diffusion imminente de « documents révélateurs » sur Google, la surveillance de masse, le pétrole, et les élections présidentielles américaines avant le 8 novembre – mais rien qui devrait inquiéter Hillary Clinton.

Old media contre new media?
Jeff Zucker, le président de CNN, qui a affirmé en août dernier que « Vice et Buzzfeed [n’étaient] pas des organes de presse sérieux » mais des « vendeurs de publireportages » a engagé cette semaine, le journaliste politique star de Buzzfeed, Andrew Kaczynski.
Vice produit effectivement beaucoup de contenus sponsorisés mais a prouvé depuis plusieurs années maintenant qu’il sait produire du bon journalisme, notamment à travers ses documentaires et émissions diffusés sur HBO. Buzzfeed a quant à lui ouvert « Buzzfeed News«  en 2012 et s’est doté depuis d’une sérieuse équipe de journalistes d’investigation.

Pardon chez les Amish
Reportage en noir et blanc sur la communauté religieuse américaine par l’un des siens, Zachary Tyler Roberts, qui est retourné dans sa ville natale de Lancaster County en Pennsylvanie pour témoigner de la vie de sa famille et des siens, marquée dix ans plus tôt par le massacre de 5 étudiantes Amish et du suicide de son auteur, Charles Roberts, le frère de Zachary. La communauté avait alors décidé de soutenir et de pardonner à la famille Roberts.

Merci Obama
Dans quelques mois, Barack quittera ses fonctions, et déjà les hommages commencent à arriver à l’instar de ce numéro spécial de New York magazine cette semaine sur ses huit ans de présidence.
The Guardian a publié les remerciements d’une journaliste américaine envers un président que beaucoup de ses compatriotes commencent déjà à regretter.

Les Simpsons à Boston
Les Simpsons voyagent à Boston cette semaine et l’épisode nous offre des références amusantes sur la ville, sa réputation, son équipe de football et son quarterback, Tom Brady, le mari de Gisèle Bundchen. A regarder le 9 octobre prochain sur Fox.