18.09.17

 

1. Twitter Man v Rocket Man

 

  • Sur le dossier nord-coréen, l’obsession de la Maison Blanche ces derniers jours, Susan Glasser  explique dans Politico:

    Qu’il le reconnaisse ou non, Trump a une ligne rouge – une décision que de nombreux représentants de la Défense américaine considèrent comme une escalade dangereuse et auto-infligée de la véritable crise qui a éclaté avec la Corée du Nord (…)
    « Le problème, c’est que l’administration fait croire que si la Corée du Nord finit de développer ses missiles balistiques intercontinentaux, et qu’un missile doté de l’arme nucléaire peut toucher les Etats-Unis, ça change tout. Ce n’est pas vrai et ça ne l’a jamais été » affirme Dennis Blair, ancien directeur du renseignement national.

    « Twitter Man v Rocket Man » – Politico

 

  • Le lauréat du Pulitzer 2017 pour son enquête sur les activités de charité de Trump, David Farenthold s’est récemment intéressé aux difficultés que rencontre son empire, notamment ses clubs et hôtels qui rapportaient beaucoup d’argent en accueillant réceptions, galas et même tournages et qui souffrent aujourd’hui des premiers mois très controversés de la présidence:

    La clientèle change. Les propriétés de Trump accueillent de nouveaux clients qui veulent profiter de lui ou du gouvernement. Mais elles perdent la clientèle sur laquelle elles se sont développées: des groupes non politisés qui veulent juste louer une chambre (…) Sur les deux cent groupes qui ont loué des chambres, conférences ou parcours de golf depuis 2014, 85 ne sont plus des clients de Trump, la plupart pour des raisons autres que politiques, mais une trentaine affirme être partie à cause de la carrière politique de Trump.

    « Trump’s divisive presidency reshapes a key part of his private business »The Washington Post

 

 

 

 


2. Emeutes à St Louis

 

  • Les manifestations, qui ont éclaté vendredi soir à St Louis, dans le Missouri, après l’annonce de l’acquittement de l’officier de police Jason Stockley, responsable de la mort d’un Afro-américain, Anthony Lamar Smith, en 2011, ont duré tout le week-end et nécessité l’intervention musclée de la police anti-émeute, responsable de l’arrestation de quatre vingt personnes.
     

    Comme dans d’autres affaires, [cet acquittement] prouve la difficulté de rendre la police responsable de la mort d’Afro-américains, quelles que soient les preuves. Mais ce qui inhabituel ici, c’est le verdict du juge après que Stockley ait renoncé à un procès, qui donne un aperçu du raisonnement derrière l’acquittement d’un homme qui a dit à son partenaire, en parlant de Smith, « On va tuer ce connard ».
    Le juge a conclu « que les gens disent toutes sortes de choses dans situations très stressantes », que les cinq coups de feu ont été tirés en même temps comme l’avance la défense – alors que l’accusation note un cinquième et dernier coup de feu mortel tiré à quelques centimètres de Smith; que Stockley n’a pas placé un revolver dans la voiture de Smith, après sa mort, pour justifier la légitime défense, malgré le témoignage des collègues de l’officier et ne comprend pas ce qui aurait poussé Stockley à assassiner un automobiliste.
    S’il y a une nouvelle leçon à retenir de cet épisode tragique, c’est cet aperçu de la logique douteuse, des rumeurs qui se transforment en faits et des justifications insensées qui permettent d’innocenter des officiers blancs malgré la preuve qu’ils ont assassiné des automobilistes noirs.

    « This Judge’s Excuses for Acquitting Jason Stockley of Murder are Pathetic »Slate

 

 


3. La communauté LGBT, reine des Emmys

 

  • Stephen Colbert l’annoncé en début de soirée, jamais les Emmys n’avaient nominé autant d’artisites issus des minorités, et les grands gagnants d’hier soir appartiennent à la communauté LGBT avec un second Emmy d’affilé pour Kate McKinnon, star de l’émission satirique Saturday Night Live, qui a remercié au passage Hillary Clinton – qu’elle a imité durant toute la campagne 2016; Lena Waithe, co-auteure avec Aziz Ansari de l’épisode « Thanksgiving » de la série Master of None, inspirée par son propre coming out: « le monde ne serait pas aussi beau si vous n’y étiez pas » a-t-elle lancé dans un discours émouvant. La série « Black Mirror » a remporté un Emmy pour l’épisode « San Junipero »  et enfin une interview exclusive de Stephen Colbert avec RuPaul, la drag queen la plus célèbre de la télévision américaine.
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  • Les autres gagnants de la soirée: les histoires de femmes (« The Handmaid Tale » avec cinq récompenses dont meilleur drame, « Big Little Lies » et « Veep ») et « Saturday Night Live » (neuf récompenses dont Alec Baldwin pour son rôle de Donald Trump, « Cet Emmy est pour vous Mr le président »)

 

  • L’autre évènement de cette soirée, c’était l’apparition de Sean Spicer pour confirmer la taille de la foule présente au Microsoft Theater de Los Angeles, une référence à sa première conférence de presse du 20 janvier à la suite de l’inauguration du président, qui avait poussé McCarthy à l’imiter dans « Saturday Night Live », qui a surpris tout le monde mais déçu beaucoup de journalistes.
    Déçu également, le New York Post, de voir qu’un show normalement consacré au divertissement soit devenu si politisé

 

  • Signe des temps qui changent: « Ces dix-sept dernières années, HBO a reçu le plus de nominations pour les Emmys que n’importe quelles chaînes de télévision ou du câble » et si elle arrive toujours en tête en 2017 avec 110 nominations, elle est directement menacée par Netflix, qui en a reçu 93, alors que la compagnie a commencé ses programmes originaux il y a à peine quatre ans.

    « Emmys 2017: HBO needs to watch its back » – Quartz

 


4. Rolling Stone à vendre

 

  • Créé dans un loft de San Francisco il y a cinquante ans par un jeune hippie passionné de musique, Jann S Wenner, qui en est toujours le rédacteur en chef et propriétaire, le magazine Rolling Stone, l’un des plus emblématiques de la contre-culture américaine dans les années 70, 80 et 90, est aujourd’hui à vendre.
     

    La vente potentielle de Rolling Stone souligne les difficultés du paysage médiatique actuel [pour une publication indépendante] marqué par une baisse de la publicité papier et de la circulation (…)
    La décision des Wenners [père et fils] est aussi le signe de la fin d’une époque marquée par de célèbres rédacteurs en chef. Plus tôt ce mois-ci, Graydon Carter, le rédacteur de Vanity Fair et star mondaine a annoncé son départ du magazine après 25 ans. Robbie Meyers, la rédactrice de Elle, Nancy Gibbs de Time magazine et Cindi Leive de Glamour ont également annoncé leur départ.

 

 


5. « The Cartoon Bank »

 

  • Ou comment Conde Nast a mis la pression financière sur les dessinateurs du New Yorker.
    En 1992, l’un dessinateur du magazine, Bob Mankoff, créé « the cartoon bank », une plate-forme qui rassemble et vend tous les dessins qui n’ont pas été sélectionnés par l’hebdomadaire – elle en compte aujourd’hui 85 000 – dont la plupart des profits étaient distribuées aux artistes.
    Quand Mankoff deivent responsable du service « illustrations » du New Yorker en 1997, il vend la banque de données à Conde Nast, propriétaire du magazine, mais continue d’en être le président jusqu’en 2008, date à laquelle la plate-forme réalise son plus important chiffre d’affaires, sept millions de dollars.

    Il y a une dizaine d’années, ces dessinateurs – des freelances qui se battent chaque semaine pour une quinzaine de dessins qui seront publiés dans le magazine papier – pouvaient compter sur des revenus supplémentaires [à travers ‘The Cartoon Bank’ qui protège et vend leurs illustrations via The New Yorker]. Certains recevaient des chèques de 8 000 dollars par mois, d’autres de 2 000. Aujourd’hui même ceux qui touchent le plus de royalties, ne reçoivent plus que centaines de dollars par mois.

    Depuis, Conde Nast a montré peu d’intérêt pour « The Cartoon Bank », les royalties des dessinateurs ont décliné, le site internet marche à moitié, le personnel qui le gère est inexpérimenté et Condé Nast a décidé de faire davantage de profits sur la vente des dessins (50/50 contre 70/30 pour les dessinateurs auparavant).

    « How Conde Nast Put the Squeeze on New Yorker Cartoonists » – Paste Magazine

 


6. Couverture du Jour

 

  • « Falling Beauty » de Gayle Kabaker dans le numéro automne du New Yorker
     

 

 

Le kiosque du 29.04.17: Les cent jours les plus longs

 

 

  • So loooooooong

    • Tous les médias s’accordent sur un même point: Les premiers cent jours de Donald Trump ont été les plus longs, les plus dramatiques, frustrants, improbables
      Cent jours de Trump, c’est mille jours de Barack Obama, et comme rappelait le sketch des Simpsons diffusé cette semaine, on en est seulement à 6% des quatre ans que compte le mandat de l’administration.
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    • Seule éclaircie au tableau: Donald Trump a reconnu à Reuters que l’exercice présidentiel était bien plus fatigant que ses anciennes responsabilités d’animateur de télé-réalité et de promoteur immobilier, donc il se pourrait qu’il renonce à un second mandat en 2020 – il aura alors 74 ans.
       

      J’aimais ma vie d’avant. J’avais tellement de choses à faire. C’est plus de travail qu’avant. Je pensais que ce serait plus facile

       

    • Pour avoir une idée précise de ce que Donald Trump a fait ces trois derniers mois, un bon résumé de Five Thirty Eight qui aborde les grands thèmes: l’assurance maladie, l’immigration, les politiques économiques, justice, l’environnement, la politique étrangère.
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    • Buzzfeed nous récapitule les cent mensonges des cent premiers jours de Trump.
      Le président a commencé fort le lendemain de son investiture avec pas moins d’une dizaine de mensonges lancés par l’intermédiaire de l’autre star de la Maison Blanche, son porte-parole, Sean Spicer, dont les briefings quotidiens font désormais plus d’audience que les soaps opéra des débuts d’après midi – merci Facebook Live.
    •  

    • The Daily News décrit les accomplissements, les nombreux échecs, décrets présidentiels, discours, tweets, la nomination du juge de la Cour Suprême qui ont marqué les Cent Premiers Jours.
    •  

    • CNN a compilé de son côté toutes les « news alert » depuis le 20 janvier, six cent au total, soit une moyenne de six par jours.
    •  

    • Le Washington Post nous offre les meilleurs moments des Late Night Comedy Shows, particulièrement pertinents et drôles ces trois derniers mois et essentiels pour traverser le climat très lourd de ce début d’année – Plus particulièrement Saturday Night Live, Samantha Bee et Stephen Colbert.
    •  

    • Axios récapitule les Tweets de Donald Trump, et le plus « aimé » d’entre tous (394 000 « J’aime ») est l’un des plus modérés jamais écrit sur la « Women March » du 21 janvier qu’il a qualifié de « marque de fabrique de la démocratie
       
      Et nous donne des chiffres:
      Discours et remarques: 145 (dont 28 à l’aide d’un prompteur)
      Conférences de presse: 9
      Interviews: 28 (dont neuf avec Fox)
      Parcours de golf: 17
      Rencontres avec des leaders étrangers: 17
      Vols sur Air Force One: 28 /  Vols sur Marine One: 30
      Voyage aux Etats-Unis: 15  /  Aucune voyage à l’étranger
      Etats visités: 17
      Visites à Mar-a-Lago: 7 (et 25 jours au total)
      Proposition de lois entérinées: 28
      Décrets présidentiels: 30
    •  

    • La version officielle de la Maison Blanche est un must-watch: Un ensemble de clips d’émissions télé, bien entendu toutes célébrant le travail, les accomplissements, le rythme effréné imposé par Donald Trump, sur fond de musique très profonde.
       
      * « Trump says he thought being president would be easier than his old life » – Reuters* « What Trump has Done » – Five Thirty Eight
      * « 100 days of Trump » – The Daily News
      * « Every Alert CNN sent in Trump’s First 100 days » – CNN
      * « 100 days of Joke » – The Washington Post 

 

 

  • Une illustration géniale des Cent Premiers Jours

    Steve Brodner for The Washington Post

    Merci Steve Brodner pour cette illustration.
    Tout y est: Le FBI et son directeur James Comey (7), Vladimir Poutine (1) et l’ambassadeur russe à Washington (12) qui a rencontré dans le plus grand Michael Flynn fin décembre 2016 (14) précipitant sa démission, mais aussi Jeff Sessions, le ministre de la Justice (11).

    Tous les proches de Trump, Sean Spicer (31), les enfants du président (30, 25, 26), Kellyanne Conway (29), Devin Nunes (8) sont présents tout comme les défis politiques qu’il a du affronter avec Bachar Al Assad (16) et les attaques aériennes sur la Syrie (4), la débâcle de l’American Health Care Act (20), les manifestations (19), la Corée du Nord (9), la rencontre avec le président Chinois (18), la nomination du juge Gorsuch (21) et les raids de l’ICE contre les immigrés en situation irrégulière.
     
    * « An Illustrated guide to president Trump’s first 100 days »Washington Post

 

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  • « Pourquoi les critiques de Trump devraient sourire »

    Le point de vue de Mike Allen dans sa newsletter de ce matin:

    Pour tous les lecteurs qui haïssent le président Trump et considèrent les cent premiers jours comme un échec sans nom, souvenez vous un instant du soir des élections. Vous êtes passés des larmes à la peur: Trump allait déporter des immigrés, bâtir un immense mur, remplir les agences fédérales de lèche-bottes. Il engagerait une guerre avec l’OTAN, et une guerre commerciale avec la Chine. L’Amérique comme on la connait aujourd’hui allait s’éteindre.
    Et bien, les cent premiers jours de Trump ont été un reality show sauvage, rempli de grandiloquence et d’intrigues. Mais si on sépare la rhétorique explosive des actions assez mitigées, les pires cauchemars n’ont pas eu lieu.
    America First ressemble davantage à du conservatisme conventionnel et ça aurait très bien pu être les cent premiers jours de Mike Pence. (…)
    Ceux qui devraient être les plus déçus de ces 100 premiers sont ceux qui espéraient des changements radicaux

     

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    • Les autres problèmes de Flint, Michigan

      Le tableau que rapport la journaliste Julie Bosman de la ville de Flint, dans le Michigan est plus que déprimante. Depuis trois ans, date à laquelle la ville a décidé de changer la source d’approvisionnement d’eau potable du Lac Huron à la rivière Flint, dont les tuyauteries rouillées au plomb, ont empoisonné pendant des mois la population, les problèmes n’ont cessé de s’accumuler.
      Il a fallu des mois à la ville pour avoir à nouveau de l’eau potable: Entre temps des centaines d’habitants ont déserté la ville, laissant derrière eux des maisons vides, vandalisées et/ou dévalisées, qui ont dépassé dans certains pâtés de maison le nombreux de logements habités: 20 000 habitations doivent être détruites par la mairie.
      La violence est quotidienne obligeant les habitants à rester chez eux le weekend et la nuit tombée par peur d’une balle perdu ou pire d’un vol à main armée. La police ne s’aventure même plus trop dans ces quartiers, et la violence se propager.

      La mauvaise réputation de la ville a fait fuir ses habitants et avec eux nombre de ses emplois, devenus rares, ce qui donne une raison de plus aux habitants de partir.
       
      * « On this block, Worries run deeper than Flint’s tainted Water » – The New York Times

     

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    • Un conservateur au new York Times

      Le départ de l’éditorialiste Bret Stephens, après seize ans au Wall Street Journal vers le New York Times a fait couler beaucoup d’encre.
      Pas à cause de la position anti-Trump de Mr Stephens, qui a remporté le Pulitzer de l’éditorial en 2013, ni sa capacité à parler de politique, de relations internationales, de culture et de business » mais parce que ses positions sont clairement à droite et plutôt polémiques: sur les risques du changement climatique, l’épidémie de viol dans les campus américains ou encore Black Lives Matter.

      Comme le rappelle Vox qui a interviewé Mr Stephens, l’ajout d’un élément de droite dans le comité éditorial du New York Times importe car « ses opinions définissent le cadre du débat national et ses membres tendent à y rester pendant des décennies. Donc les croyances de Stephens vont avoir un impact important sur le discours dans ce pays – même si son employeur promeut le quotidien comme l’avant garde de la résistance de Trump. »
      Ce sont les sujets de société qui divisent généralement les progressistes des conservateurs:

      * L’épidémie de viol dans les campus américains: Pour le journaliste, les statistiques selon lesquelles une étudiante sur cinq est agressée sexuellement dans les campus américains est « très douteux » et il existe une différence entre un baisé volé et un viol – donc le terme « épidémie » est employé à mauvais escient.
      * Concernant le changement climatique, Stephens reconnait que la hausse des températures (1,7 degrés depuis 1880) est la conséquence de l’activité humaine sur l’environnement, mais rien n’indique que cette tendance va continuer et il est dangereux d’exagérer les dangers du phénomène qui reste fondé sur des prédictions.
      Toutes les ressources humaines et financières ne devraient pas être dévouées à ce seul problème.

      * « La maladie de la mentalité arabe », c’est l’antisémitisme qui ronge le monde arabe, qu’il soit privé ou sponsorisé par les Etats, et dont on ne parle pas assez dans les médias.
      * Black Lives Matter: Il reprend l’argument traditionnel selon lequel « toutes les vies comptes », et bien entendu, celles des noirs et défend le « Ferguson Effect », l’idée selon laquelle le regain d’attention porté sur la police, à la suite de la mort de Michael Brown à Ferguson en 2014 dans le Missouri, a provoqué une recrudescence des crimes aux Etats-Unis, car les forces de l’ordre ne peuvent plus utiliser la force comme elles l’entendent, sous peine d’avoir les associations de défenses des droits civils derrière elles.
       
      * « The NYT’s new columnist defends his views on Arabs, Black Lives Matter, campus rape » – Vox
      *  « Let’s read New NYT Columnist Bret Stephens’ No Good, Very Bad Vox Interview » – Slate

     

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    • Kate MCKinnon: Star de Saturday Night Live

      Le site GQ revient sur le succès de la comédienne Kate McKinnon qui est devenue en quatre ans la vedette de Saturday Night Live, grâce notamment au personnage d’Hillary Clinton qui lui a valu un Emmy Award, a obtenu l’un des premiers rôles dans Ghostbusters de Paul Feig l’année dernière.
      Elle aussi bonne à jouer des personnages masculins (Jeff Sessions, Justin Bieber) que féminins (Kellyanne Conway), vieux et jeunes, et GQ nous offre une sélection des meilleurs sketchs de cette 42ème saison de SNL qui se termine à la fin du mois du mai, et qui restera la saison la plus réussie de ces vingt dernières années.
      * « Everytime Kate McKinnon was the MVP of of Saturday Night Live » – GQ

     

    • Les quotidiens du samedi 29 avril 2017

Le Kiosque de la semaine: 10 – 16 octobre 2016

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Les articles “A LIRE” de la semaine
 sélectionnés parmi les magazines présentés dans le diaporama

 

  1. « How the light gets in » – David Remnick / The New Yorker

    David Remnick, le rédacteur-en-chef du New Yorker nous offre nn portrait magnifique de Leonard Cohen, le chanteur de 82 ans, qui sort sont 14ème album, You Want It Darker.
    A LIRE D’URGENCE!

  2. « War Goes Viral » – Emerson Brooking & P. Singer / The Atlantic

    « Les médias sociaux ont aidé ISIS à recruter quelques 30 000 combattants étrangers dans plus de 100 pays, et les ramener jusqu’aux champs de bataille de Syrie et d’Irak ». L’organisation a annoncé l’invasion de l’Irak via Twitter avec le hashtag #AllEyesOnISIS et a bombardé la plateforme de célébrations de victoire et d’images choquantes de ceux qui ont osé les combattre, en direct, sans que les médias puissent vérifier aucun information: ISIS « est devenu le premier groupe terroriste à occuper physiquement et numériquement un territoire »
    « On a longtemps reconnu dans internet sa capacité à rassembler les gens, cette même technologie est aujourd’hui utilisée comme une arme (…) Les médias sociaux ont tout révolutionné, des affaires au dating en passant par la politique et maintenant, à la guerre, elle-même.

  3. « The Age of Fear » – Neil Strauss / Rolling Stone

    « Si on vit dans l’époque la plus sûre de notre Histoire, Pourquoi avons nous si peur? » Selon le sociologiste Barry Glassner, nous vivons dans la période la plus propice à la peur car il existe des gens et des organisations qui ont le pouvoir et l’argent pour véhiculer ces peurs: « les médias de masse, les compagnies d’assurance, l’industrie pharmaceutique, les groupes de pressions, avocats, politiciens » utilisent et manipulent la peur des gens pour engendrer des milliards de dollars.

  4. « Super Size – The Dizzling Grandeur of 21st-Century Agriculture » – Collectif / New York Times magazine

    Un reportage photos et vidéos sur le paysage agricole américain au 21ème siècle

    * « Big Food Strikes Back » – Michael Pollan: Pourquoi Obama a-t-il échoué avec l’agro-industrie
    *« Pie in the Sky » – Corby Kummer: Comment faire un pizza surgelée qui soit bonne pour la santé
    * « Brand the New Hue » – Malia Wollan: Comment fair eun M&M bleu?

  5. « The White Helmets of Syria » – Jared Malsin / Time magazine

    « Certains d’entre nous qui regardent le conflit depuis l’Occident ont constamment sous-estimé le  bain de sang qui touche la Syrie à empirer. on tend à penser que ça ne peut pas être pire. Et ça n’a jamais cessé d’empirer » Rapporte Noah Bonsey, spécialiste de la Syrie au International Crisis Group. Les 3 000 « casques blancs » sont les volontaires qui tentent aujourd’hui de sauver des vies dans les zones tenues par les rebelles qui sont touchés quotidiennement pas des tirs d’obus du régime ou de la Russie dans lesquelles les casques blancs sont eux-mêmes devenus des cibles

  6. « The Thirty-Year Coup » – Dexter Filkins / The New Yorker

    Le coup d’Etat manqué en Turquie cet été a été attribué par les autorités et son président Erdogan au dissident religieux Fethullah Gülen réfugié aux Etats-Unis depuis vingt ans après avoir échappé aux militaires. « Pour beaucoup en Occident, il représente une tendance positive de l’Islam, qui défend selon Bill Clinton, « les idées de tolérance et de dialogue entre communautés ».
    Il a participé au retour du religieux au moment où Erdogan a pris le pouvoir au début des années 2000, mais ses sermons pro-business, pro-science, et conciliateur envers Israel lui ont vite attiré les foudres des islamistes. Par ailleurs, le mouvement social et religieux qu’il a initié, aujourd’hui très influent dans les médias, les affaires, les syndicats, les écoles de Turquie est devenu une menace pour le régime de son ancien allié, Erdogan. Ce dernier l’accuse aujourd’hui d’être responsable depuis son exil américain du coup d’Etat qui a tenté de le renverser cet été, et qui lui a permis de procéder depuis à des milliers d’arrestations de ses militants en Turquie.

  7. « Saturday Night live’s Weirdo in Chief » – Alex Morris / Rolling Stone

    Reportage et interview de la comédienne Kate McKinnon qui vient de remporter son premier Emmy Award pour ses interprétations diverses, variées et hilarantes dans l’émission satirique de NBC Saturday Night Live, à l’affiche de Ghostbusters cet été, de Masterminds cet automne, et qui est très attendue ces prochaines semaines dans SNL où elle incarne Hillary Clinton à merveille.

  8. « Buzz Off » – Robert Kolker / Bloomberg Businessweek

    La communauté de la ville de Key Haven dans les Key West du sud de la Floride résiste depuis plusieurs années aux tentatives d’expérimentation d’une compagnie de biotechnologie, Oxitec, qui propose des solutions innovantes pour contrôler les moustiques porteurs de virus et du dernier ennemi en date, ZIKA. Mais la population refuse d’être le cobaye des frankenflies, ces moustiques mâles génétiquement modifiés qui agissent comme « des insecticides vivants » et qui doivent libérer par centaines de milliers dans les zones habitées.

  9. « The View from the Valley » – The Editors / The Atlantic

    Un sondage au coeur de la Silicon Valley de 50 tech executives qui répondent a toutes sortes questions d’actualité, de Trump à Peter Thiel, en passant Tulsa ou Marissa Meyer.

  10. « Patagonia » – Brad Wieners / Bloomberg Businessweek

    La marque de vêtements s’est lancé dans la vente de nourriture et boissons saines pour l’homme et la nature

Le kiosque du jeudi 29 septembre 2016

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Un veto qui veto

Sur toutes les unes aujourd’hui, le véto du Sénat américain qui annule un véto que Barack Obama avait imposé qui permettait aux familles des victimes d’attentats (et notamment celles du 11 Septembre 2001) de pouvoir poursuivre en justice des gouvernements étrangers pour d’éventuels dommages et intérêts – l’Arabie Saoudite dans le cas présent, dont est originaire Oussama Ben Laden.
C’est le premier des 12 vétos décidés par le président ces huit dernières années à être outrepassé, qui résonne et l’administration Obama n’a pas du tout apprécié: Selon l’attaché de presse de la Maison Blanche, c’est le geste le plus embarrassant que le Sénat américain ait fait depuis 1983 – date du veto imposé contre Ronald Reagan.

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Elections présidentielles américaines
Hillary Clinton a toujours du mal à convaincre les jeunes entre 18-29ans, dont 10% n’ont l’intention de voter pour aucun des deux candidats.
Un état d’esprit qui fait écho aux propos de Colin Kaepernick, le quarterback des San Francisco 49Ers, qui refuse depuis le début de la saison football américain, de saluer le drapeau en début de match, et pour lequel il a fait la une du Time la semaine dernière.
Ce dernier a qualifié Trump et Clinton de « menteurs avérés » et affirmé que cette élection revenait à choisir « le moins pire des deux » mais que cela restait quand même « le pire ».

Concernant les affaires extra-conjugales de son mari, Clinton doit préparer une ligne de défense contre un candidat qui pourrait s’en servir lors de deux prochains débats: « laisser-faire ou volonté de protéger la famille » se demande le Washington Post à propos de l’attitude de la candidate démocrate qui a toujours défendu son mari quitte à discréditer publiquement certaines femmes, dont les accusations, à l’encontre de Bill,  ont été plus tard confirmées.

Le troisième homme de ces élections, le libertarien Gary Johnson, a encore montré de sérieuses lacunes en politique étrangère hier en étant incapable de nommer un chef d’Etat étranger, même pas celui du Mexique voisin. Un passage vide qu’il a lui-même qualifié de « Aleppo moment » en référence à sa méconnaissance de la ville d’Alep, en Syrie, théâtre d’une guerre depuis plus de cinq ans.

Enfin selon Politico, 7% des électeurs ont perdu des amis à cause de ces élections pour le moins atypiques, et 65% pensent que le recours à un langage grossier en politique (a.k.a. Donald Trump) est inutile.

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Saturday Night Live revient samedi

Dans un autre registre, Alec Baldwin a été recruté par Saturday Night Live qui reprend samedi (Margot Robbie est l’invité et The Weeknd à la chanson) pour jouer le rôle de Donald Trump avec Hillary Clinton, incarnée par Kate McKinnon, fraichement récompensée d’un Emmy Award.

Un choix étonnant puisqu’un ancien acteur du même programme, Darrell Hammond, avait excellé dans son genre la saison dernière.
A vous de juger

Pour Politico, « SNL pourrait bien faire le boulot que les chaînes d’infos câblées ont refusé de faire durant toute la campagne », à savoir être un peu plus critique envers le candidat républicain.

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Le Show le plus cher de l’histoire sur Netflix
Intitulé « The Crown », la série raconte l’histoire de la monarchie anglaise d’Elizabeth II. Chaque saison se concentre sur une décennie de son règne et des personnes qui l’ont marqué et Netflix vient juste de diffuser une première bande annonce que voici.
Cette première saison aurait couté entre 100 et 130 millions de dollars.

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Vogue se révolte …
Contre les bloggeurs de mode qui ont investi les premiers rangs des défilés de mode aux côtés des célébrités et dont l’amateurisme, le manque de style, et la recherche d’attention agacent profondément les professionnels de la mode: « le désastre du street style » incarné par ce jeunes « femmes qui se pavanent devant les caméras dans des habits qu’ont leur a prêté, et c’est triste aussi de voir autant de marques y participer » souligne Nicole Phelps, directrice des défilés pour le magazine, à propos de la fashion week de Milan qui avait lieu du 21 au 26 septembre dernier.
Alessandra Codinha, rédactrice mode de vogue.com, évoque elle « le paradoxe de la bloggeuse » qui « n’est même plus techniquement un bloggeuse » et qui « se ridiculise en posant, remuant sur son siège obsédée par sa présence sur les médias sociaux (…) Les gens se rendront bientôt compte du caractère grossier qu’est devenu l’utilisation de ces présences rémunérées et de leurs vêtements empruntés »

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Trump en « Miss Sympathie » dans le prochain numéro du New Yorker!

The New Yorker - Edition du 10 Octobre 2016 - Barry Blitt "Miss Congeniality"
The New Yorker – Edition du 10 Octobre 2016 – Barry Blitt « Miss Congeniality »

La revue de presse du lundi 19 septembre

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Elections présidentielles américaines
Le cauchemar continue pour la campagne d’Hillary Clinton qui perd des votes chez l’électorat afro-américain, peine à renforcer sa main mise sur l’électorat latino, quand tous les journaux admettent aujourd’hui que Trump peut gagner et pousser davantage d’électeurs à aller voter le 08 novembre.

Comme le remarquait le New York Times, la semaine dernière, « Trump nous a montré combien il se fout des attentes que ce sont censées respecter les leaders américains. Non seulement il brise les normes politiques, mais lui et ses conseillers s’en moquent. »

Quant à Hillary Clinton, même avec les renforts de Barack, Michelle Obama, Bernie Sanders, elle peine à convaincre les minorités de se rallier à son programme, latinos et afro-américaines, et ce malgré les insultes répétées de son adversaire à leurs égards.
Aujourd’hui, elle mise sur les débats présidentiels pour faire repartir sa campagne, le premier aura lieu le 26 septembre prochain. Elle peut également miser sur le soutien des états démocrates (18 sur ces six dernières élections) qui totalisent avec le District of Columbia, 242 « grands électeurs » sur les 270 nécessaires pour gagner la présidence. En face les républicains peuvent s’appuyer sur 13 états qui totalisent seulement 102.
Si Clinton remporte la Floride, ou l’Ohio et la Virginie, en plus des 19 états attendus, elle devient présidente des Etats-Unis. Les chances de gagner restent donc encore viables.

Emmys Awards 
Cette année, les Emmys awards ont été un plébiscite pour HBO qui a remporté la meilleure comédie et meilleure actrice comique (VEEP et Julia Louis Dreyfus pour la cinquième année consécutive, on en vient à se demander l’intérêt même de cette catégorie) et le meilleur drame (Game of Thrones) – ce qui était attendu donc ne présente pas grand intérêt – et pour la série-fiction de FX, The people vs O.J.Simpson avec le Emmy offert à Sarah Paulson.

On se réjouit de voir Kate McKinnon, membre de la troupe de Saturday Night Live, récompensée pour ses imitations hilarantes d’Hillary Clinton et Ellen De Generes, qu’elle a d’ailleurs remercier sur scène, et que la candidate démocrate a félicité à son tour.

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Sa collègue Leslie Jones est aussi montée sur scène pour évoquer les insultes racistes, misogynes dont elle a été victime cet été sur Twitter. Très drôle également

Spécial dédicace au Cast de Stranger Things, qui ont délivré leur version de UpTown Funk avant le début de la cérémonie

Grosse déception en revanche pour The Americans qui auraient du remporter le meilleur drame contre Game of Thrones,


Photographie

A voir dans le New Yorker, cette série « RWR 1 » du photographe israélien, Michal Ronnen Safdie, prise en 2007 sur une plage « haredi » de Tel-Aviv exclusivement réservée aux femmes orthodoxes et leurs enfants. A VOIR ICI

 

Plus d’armes et moins de propriétaires
Selon The Guardian, seulement 3% des Américains posséderaient la moitié des 265 millions d’armes à feu en circulation aux Etats-Unis aujourd’hui. Qualifiés de « super owners », ces citoyens accumulent en moyenne 17 armes chacun.
Le stock d’armes à feu en circulation a augmenté de 70 millions ces vingt dernières années alors que le pourcentage d’Américains qui possèdent des armes, à lui baissé de 25% à 22%, mais la proportion de femmes a elle augmenté.
A voir ce document du Guardian intitulé « Gun Nation »