Le Kiosque du 02.08.17

 

 

1. « Les survivantes »

 

    • « A la Maison Blanche, ce sont les femmes qui survivent » notait Politico hier matin: « Un président très critiqué pour ses propos contre les femmes s’est entouré de plus solides » que les conseillers et autres porte-paroles qui ont démissionné (Michael Flynn, Sean Spicer, Michael Dubke), se sont fait virés (Reince Priebus, Anthony Scaramucci) ou ont publiquement été humiliés (Steve Bannon, Jeff Sessions) par Trump ces six derniers mois.

 

  • Kellyanne Conway, n’est pas la seule à avoir évité les pièges. Les survivants de cette Maison Blanche « extra-ordinaire » sont presque toutes des femmes qui servent dans son administration: « L’intouchable » Hope Hicks (conseillère en communication), Dina Powell (conseillère adjointe à la Sécurité Nationale), Nikky Haley (Ambassadrice à l’ONU), Sarah Huckabee Sanders (nouvelle porte parole de la Maison Blanche), Omarosa Manigault, qui s’est attirée les faveurs de Trump en jouant la méchante dans The Apprentice, et enfin la plus importante, Ivanka, sa fille.

    Ca semble ironique pour une administration dirigée par un misogyne prêt à dégainer tout ce qui bouge, de la présentatrice du « Morning Joe », Mika Brzezinski, à son ancienne rivale, Hillary Clinton – et qui a été accusé par plus d’une dizaine de femmes d’attouchements inappropriés. Mais la gente féminine de la Maison Blanche a été jusqu’ici la plus épargnée (…) On ne sait pas trop comment dans un environnement aussi hostile aux politiques pro-femmes, favorable à la suspension des financements de Planned Parenthood ou l’abrogation des régulations concernant l’égalité des salaires.

    * « In Trump’s White House, the Women are the Survivors »Politico

 

 


2. Présumée coupable

 

 

  • En 2009, Noura, a été condamnée à vingt ans de prison pour le meurtre de sa mère qu’elle a toujours nié, malgré l’absence de son ADN sur les lieux du crime et grâce au zèle d’une procureure sans scrupules, Weirich, prête à tout pour gagner, qui a dissimulé des preuves susceptibles de l’innocenter.

    Noura a appris que la Cour Suprême du Tennessee avait cassé le verdict un soir d’août 2014, depuis sa cellule.
    Elle y était enfermée depuis neuf ans et avait abandonné l’idée d’un éventuel appel. Depuis l’instauration de la loi Brady [en 1963 qui oblige le procureur à présenter toutes les preuves d’une enquête même si elles sont favorables à la défense], la Cour Suprême du Tennessee n’a cassé qu’un seul verdict à cause de la faute d’un procureur qui a oublié de présenter toutes les preuves [lors d’un de ses procès].
    Et là, devant la télévision sans son, Noura pouvait voir son nom défiler à l’écran.

 

  • Une « épidémie » d’erreurs?
    Selon un rapport du « National Registry of Exonerations » publié en mars dernier, 70 des 166 révisions de procès impliquent la responsabilité du gouvernement, et sont le plus souvent liées à la dissimulation de preuves – on compte 2 000 révisions de procès depuis 1989.

    Pour de nombreux procureurs, mentir est inacceptable, et des procureurs oublient parfois sans le vouloir de présenter des preuves, ou ne les ont tout simplement pas reçues de la police. Mais l’un des aspects les plus troublants de ce système, c’est qu’on ne pourra jamais savoir le nombre d’affaires où des preuves ont été dissimulées. « Le problème de [la loi Brady] c’est que tu dois prouver qu’ils cachent quelque chose pour déposer une plainte, et combien en a-t-on laissé passer?

     

    * « She was Convicted of Killing her Mother. Prosecutors Withheld the Evidence that could have freed her »The New York Times magazine

 


3. Le fabuleux destin des frères Collison

 

  • Comment deux frères originaires d’Irlande ont révolutionné le payement en ligne

    Chaque année, les Américains dépensent 1,2 milliards de dollars d’achats en ligne, un chiffre qui a doublé ces cinq dernières années, et qui devrait doubler les cinq prochaines si internet continue à dévorer le commerce traditionnel. C’est donc surprenant que l’infrastructure financière de la toile soit aussi vieille et lente.

    Pendant des années, l’explosion du e-commerce a devancé la technologie sur laquelle il s’appuyait  (…) En 2010, Patrick et John Collison, des frères de la campagne irlandaise, modernisent ce système. Leur compagnie, Stripe Inc., met en place un logiciel qui connecte directement les entreprises via leur site internet et applications à des institutions bancaires, et leur permet de recevoir des payements, sans intermédiaires. Leur produit cartonne auprès des start-ups de la Silicon Valley.

    Des entreprises comme Lyft, Facebook, DoorDash, et des milliers qui leur ressemblent utilisent Stripe pour la plupart de leurs opérations financières. La compagnie gère aujourd’hui des dizaines de milliards de transactions sur internet chaque année. La moitié des Américains qui ont acheté en ligne, sont passés sans la savoir par Stripe

    Leur dernier client? Le géant Amazon, et bientôt les géants de la grande distribution américaine.


    .* « How the Two Brothers Turned Seven Lines of Code into a $9,2 billion startup » – Bloomberg Businessweek

 

 


4. « The i-word »

 

    • Le Département de Justice américain utilise à nouveau dans ses déclarations officielles le terme d’immigrés clandestins, « illegal alien » en anglais, pour qualifier ceux rentrés illégalement sur le territoire – une expression qui avait disparu du langage officiel depuis 2009 remplacé par un terme plus politiquement correct de « étranger en situation irrégulière » ou « sans papiers » (« undocumented » en anglais) – Devant l’aggravation de la situation en 2014, ils ont commencé à différencier « demandeurs d’asile », « migrants » ou encore « mineurs non accompagnés ».

 

  • C’est Jeff Sessions, l’Attorney General, partisan d’un durcissement de la politique d’immigration qui a montré l’exemple en adoptant ce nouveau langage, notamment pour évoquer la répression (« crackdown’) contre les « cités sanctuaires »:

    « [Jeff Sessions] veut donner l’impression que tous les étrangers présents aux Etats-Unis sans autorisation sont des criminels (…) Les étrangers ont des droits, et même lorsqu’ils sont arrêtés, ont droit à un procès. Les lois sur l’immigration ne font qu’accélérer les procédures d’expulsion » explique le professeur Michael LeRoy »

     

  • Par ailleurs, les « Immigration and Nationality Acts » (INA) précisent que toute présence illégale sur le territoire américain est une violation du code civil mais certainement pas un crime, comme le sous-entend le terme d’immigré clandestin.
    De nombreuses associations de défense des libertés condamnent l’utilisation du « i-word », en référence au « n-word » et ont même réalisé des campagnes de sensibilisation sur le sujet

    * « Loaded ‘illegal alien’ phrase introduced in sanctuary cities crackdown » – Chicago Tribune

 


5. Kalanick prépare déjà son retour

  • « Ennemi public numéro un » de la Silicon Valley, Travis Kalanick, fondateur de Uber, viré de son poste de président le mois dernier par ses propres actionnaires serait déjà en train de fomenter son retour, par la force si nécessaire, dans sa compagnie.

    Puis il y a le coup de force dans où le conseil d’administration réussit à se débarrasser du PDG et en installe un nouveau. C’est arrivé dans les années 80 à Steve Jobs avec Apple, en 2008 à Jack Dorsey avec Twitter, et le mois dernier à Travis Kalanick avec Uber. Et bien entendu, le twist dans ce genre de situation, c’est que le PDG est souvent le fondateur de la compagnie, dont la réussite lui est vitale. C’est le genre de personnalités qui ne se déclarent jamais vaincues.
    Au contraire, elles vont faire tout ce qui est en leur pouvoir, et contre toute attente, pour préparer leur retour triomphant dans l’entreprise.
    Souvent ça marche [à l’instar de Jack Dorsey]

     

  • Selon ses proches, Kalanick préparerait un retour dans Uber « à la Steve Jobs », c’est-à-dire « épique ». Sauf que …

    Dorsey est retourné à Twitter après des années passées à réhabiliter son image dans la presse et à réussir [une nouvelle aventure] avec Square, sa compagnie de payement via mobile.
    Kalanick, de l’autre côté, n’a pas eu le temps de décompresser. Et surtout, il n’est pas aimé. Il est même détesté par certains médias, le gouvernement, les syndicats de taxi, et ces derniers mois, par certains employés les plus proches de Uber.
    « Pour Dorsey, c’était différent » affirme un proche de Kalanick, « ce n’était pas un lunatique qui insultait publiquement les gens. Il n’était pas l’ennemi public numéro un. »

    * « Inside Travis Kalanick’s fight to retake Uber »Vanity Fair

 


6. Le reste de l’actualité

 

  • True Crime
    Ils se sont faits passés pour les victimes d’une photographe sans scrupules qui refusait de leur donner les photos de leur mariage à cause d’un supplément impayé de 150 dollars. L’affaire a fait grand bruit à l’époque: Le couple est passé à la télé et la photographe a perdu son business. Sauf que de cela était vrai, et le jeune couple a tout inventé et se retrouve aujourd’hui condamné à 1 million de dollars de dommages et intérêts par un tribunal de Dallas. – The Washington Post

 


7. La couverture du Jour

 

  • Variety consacre sa une au dernier opus de la réalisatrice Kathryn Bigelow (Zero Dark Thirty), « Detroit » sur les émeutes de la ville au cours de l’été 1967 qui ont fait 43 morts, un millier de blessés, 7 000 arrestations

le kiosque du 15.05.17: Twin Falls assiégée par les fake news; les ennuis de Johnny Depp; Kellyanne déteste son job; SNL; Le Brexit influencé par un proche de Trump?

 

La revue de presse de ce lundi 15 mai 2017

1. Les Républicains en ont ras-le-bol de Trump
2. Kellyanne Conway déteste son job
3. Une ville assiégée par les « fake news »
4. Le Brexit influencé par un proche de Trump
5. Johnny Depp, la dernière chance?
6. Le reste de l’actualité

 

***

 

1. Les Républicains en ont ras-le-bol de Trump

  • « L’absence d’amour, de peur et de nécessité »: ce sont les mots utilisés par Mike Allen (Axios) ce matin en ouverture de sa newsletter pour décrire le sentiment des Républicains face au président: « En presque quatre mois, Trump a été incapable de prendre l’ascension sur son propre parti, surtout au Sénat et dans une moindre mesure à la Chambre des Républicains ».
     

    • Les sénateurs républicains n’ont pas besoin de lui, ils travaillent sur la réforme de l’assurance santé et veulent poursuivre leur enquête sur l’ingérence russe dans les élections.
    • La plupart des Républicains ne l’aiment pas: « Ils le tolèrent et votent en sa faveur parce que Trump soutient les idées du parti républicain. Mais la plupart pense qu’il est en train de tout faire sauter »
    • Personne n’a peur de lui: « Il n’y a pas si longtemps, les Républicains s’inquiétaient des tweets de Trump. Ce n’est plus le cas. Et les Démocrates ne craignent certainement pas un président qui est critiqué par la plupart des Américains. »

 

***

 

 

2. Kellyanne Conway déteste son job

  • Les deux animateurs de l’émission politique « Morning Joe », diffusée quotidiennement sur MSNBC, ont affirmé ce matin que la conseillère du président, Kellyanne Conway, critiquée pour défendre coûte que coûte son boss, quitte à répandre des fake news (« Bowling Green massacre) ou justifier des « faits alternatifs », déteste son travail qu’elle n’a accepté que pour l’argent et aurait même mentionné une fois « vouloir prendre une douche » après avoir parlé de Donald Trump tellement elle méprisait Donald Trump.
    Avant de travailler pour le candidate républicain, Mme Conway travaillait pour le sénateur Ted Cruz qui a abandonné sa campagne en mai 2016.

     

     
  • Mika Brzezinski a affirmé en février qu’elle n’accepterait plus Mme Conway dans son émission étant donné ses mensonges répétés et son ignorance de ce qui se passe à la Maison Blanche.
    Elle a réaffirmé sa position la semaine dernière en accusant CNN de faire du « porno politique » après invité à deux reprises Kellyanne Conway pour commenter le renvoi du directeur du FBI, James Comey

 

***

 

3. Une ville assiégée par les « fake news »

  • L’intox est tellement grosse et ses répercussions inquiétantes qu’elle fait la une du Los Angeles Times ce matin: Alex Jones, animateur hystérique de l’émission « InfoWars », supporter de Donald Trump, obnubilé par les théories du complot affirme depuis plusieurs mois que la ville de Twin Falls, dans l’Idaho, au Nord Ouest du pays « serait infiltrée par des terroristes musulmans qui répandent des maladies et commettent des crimes violents ».
  •  

  • Les commérages anti-immigrés ont commencé l’été dernier, en pleines élections présidentielles, lorsqu’un petite fille a été agressée par trois garçons un peu plus âgés appartenant à des familles réfugiées: L’affaire a été envenimée par l’extrême droite locale qui y rajouté la Syrie, un couteau, un viol et des actes de barbarie, etc … si bien que les autorités et la police ont dû intervenir pour rétablir les faits (une  sexuelle reconnue par les auteurs) et souligné au passage que les communautés immigrées étaient rarement associées à des activités criminelles.
  •  

  • Breitbart et InfoWars ont pourtant continué à propagé la peur en dénonçant la compagnie de yaourt Chobani, l’une des plus importantes usines de la région, qui s’est engagé à faire travailler les populations immigrées avec des titres comme « Le Yaourtier d’Idaho embauche des immigrés violeurs ».
  •  

  • Twin Falls, 50 000 habitants serait « un modèle d’accueil et d’intégration des réfugiés dans la communauté car elle fait cela depuis tellement longtemps et sa taille rend la transition plus facile pour les réfugiés et la communauté » affirme la directrice du programme de réfugiés du College of Southern Idaho. La ville accueille entre 150 et 300 réfugiés chaque année.
     
    Chobani a porté plainte en diffamation contre InfoWars fin avril.
  • « Idaho town besiged bu refugees? No, Fake News » – The Los Angeles Times

 

***

4. Le Brexit influencé par un proche de Trump


 

  • Le milliardaire américain Robert Mercer, actuel co-directeur de la Hedge Fund la plus rentable au monde, Renaissance Technologies (Voir « La fabrique de milliardaires » du 03.03.17) et l’un des plus importants donateurs de la campagne de Donald Trump a menacé de poursuivre en justice The Guardian après la diffusion d’un article ce weekend évoquant son implication dans la campagne anglaise en faveur du Brexit l’année dernière.
  •  

  • Loi électorale anglaise impose le principe d’équité entre les partis dont l’élément clé est le contrôle des dépenses de la campagne: les différentes campagnes ne peuvent fonctionner ensemble à moins qu’elles déclarent conjointement leurs dépenses. Une transparence qui est censée empêcher un parti d’acheter une élection.
  •  

  • The Guardian a mis la main sur un document confidentiel qui lie les deux campagnes du « Leave », celle menée par Nigel Farage et le parti indépendant (UKIP), « Leave.EU » et celle de Boris Johnson, « Vote Leave », l’ancien maire de Londres, pourtant ennemis jurés.
    Ce lien existe entre deux sociétés d’analyse de données, AggregateIQ (basée au Canada) et Cambridge Analytica (compagnie américaine basée à Londres) qui ont respectivement travaillé pour « Vote Leave » et « Leave.EU » sous la forme d’un accord « exclusif » et « mondial » et « perpétuel » qui donne à Cambridge Analytica, l’utilisation de toutes les données de AggregateIQ.
  •  

  • Les deux firmes ont des propriétaires différentes mais sont liées légalement entre elles et financées par Robert Mercer et auraient travaillé ensemble lors du référendum sur le Brexit en partageant la même banque de données. 
    En juin dernier, le directeur de Cambridge Analytica était Steve Bannon, et la compagnie a offert ses services au parti indépendant anglais, ce qui pourrait constituer un enfreint à loi britannique qui interdit l’apport de donations étrangères dans les élections du pays.
     
  • * « Follow the data: Does a legal document link Brexit campaigns to US Billionaire? » – The Guardian
    * « Robert mercer: The Big Data Billionaire waging war on mainstream media » – The Guardian

 

***

5. Johnny Depp, la dernière chance?

  • Le cinquième et dernier opus de la série « Pirates des Caraïbes », intitulé « Dead Men tell no Tales », qui sortira le 26 mai prochain, durant le très attendu Memorial Day Weekend, l’un des rares weekends de trois jours des Américains, qui marque le début de l’été, est le prochain grand test pour l’acteur Johnny Depp, dont la carrière et la vie personnelle ont été chaotiques ces dernières années.
  • Selon « The Hollywood Reporter », les studios Disney craignent que les problèmes de l’acteur viennent perturber la promotion du film:
     

    • Des finances catastrophiques: la fortune estimée à 650 millions de dollars se serait évaporée ces dernières années à cause des choix peu judicieux de Depp, des dépenses quotidiennes astronomiques, une famille à entretenir et un divorce coûteux, les frais d’avocats ainsi qu’un personnel d’une quarantaine de personnes.
      L’acteur dépenserait près de deux millions de dollars par mois.
    • Une vie personnelle exposée avec des beuveries excessives, un mariage raté, des accusations de violence domestique qui a d’ailleurs compliqué les conditions de tournage.
    • Une bataille juridique avec ses agents/avocats/comptables de la compagnie The Management Group qui lui réclament une commission pour le dernier « Pirates des Caraïbes », refusée par Depp qui les accuse de fraude et mauvaise gestion de son argent: « Une bataille juridique qui pourrait remettre en cause l’une des traditions les plus établies de Hollywood, celle de donner aux avocats un pourcentage des revenues de leur client sans contrat écrit ».
    • Il a viré l’agent de United Talent Artist avec qui il travaillait depuis presque trente ans, Tracey Jacobs, et a signé avec l’agence rivale, CAA, Creative Artist Agency,
      * « Johnny Depp: A Star in Crisis and the Insane Story of his Missing Millions » – The Hollywood Reporter

***

6. Le reste de l’actualité

  • Immigration: Le quotidien des agents fédéraux à la frontière mexicaine (« Border patrol), The San Diego Union-Tribune a passé 72 heures avec eux.
  • Sports: Au moins huit joueurs de la grande équipe de football américain des Miami Dolphins de 1972 souffrent de CTE, l’Encéphalopathie Traumatique Chronique, cette maladie neuro-dégénérative causée par les commotions cérébrales répétées subies lors des violents contacts entre joueurs. – Miami Herald 
  • Société: « Mai signifie aux Etats-Unis la saison des « proms ». Cette tradition sacrée des adolescents est une étude de contradictions. Alors que les jeunes semblent de plus en plus politisés et actifs à travers le pays, des millins dépensent toujours des centaines de dollars pour participer à ce qui ressemble à un bal des débutantes » – Quartz

 

***

La couverture du Jour

On en a parlé à plusieurs reprises dans le Kiosque: la formidable saison de Saturday Night Live cette année grâce à l’effet Trump, les élections présidentielles et une équipe d’acteurs talentueux et de guest stars extra
 

30.03.17: Bathroom Bill out! – Un président en guerre – Ryangate – Kellyanne Conway MVP – Une « apprentice à la Maison Blanche

 

 

  • Les Etats-Unis sont bien en guerre

    Depuis l’inauguration de Donald Trump, fin janvier dernier, les opérations militaires américaines se sont multipliées au Yemen, en Syrie et en Irak, en tuant au passage des centaines de civils, sans véritable projet politique précis rapporte aujourd’hui le New York Times.
     
    La nouvelle approche de l’administration, qui vise à lutter contre les extrémistes étrangers et éradiquer ISIS, semble privilégier le militaire sur le diplomatique – comme en témoigne le budget 2018, « America First », qui propose d’augmenter uniquement l’armée et la défense aux dépens d’autres administrations, dont le Département d’Etat. 
     
    Contrairement au président Obama réticent à engager les troupes américaines dans les conflits, l’armée peut décider d’intervenir plus rapidement sur le terrain, de lancer des offensives aériennes, sans attendre la permission des officiers supérieurs.
     
    Pour 
    certains critiques, davantage d’interventions dans les situations très complexes d’un Moyen Orient déstabilisé qui n’a pas vraiment de solutions est risqué.
     
    * « U.S. War Footprint Grows in Middle East, With no Endgame in Sight »The New York Times 

***

  • La Caroline du Nord veut abroger sa « Bathroom Bill » 

    Manifestation le 29 mars 2016 à Chapel Hill en Caroline du nord contre H.B.2

     
    Un an tout juste après avoir voté la très controversée « Bathroom Bill » ou « H.B.2 » qui, à côté d’autres mesures discriminatoires à l’encontre la communauté LGBT, oblige les transgenres à utiliser les vestiaires et toilettes publics selon leur sexe de naissance et non le sexe qu’ils ont choisi, le parlement républicain et le gouverneur démocrate de Caroline du Nord ont trouvé un accord pour l’abroger.
     
    Depuis sa signature, l’Etat a fait l’objet d’une campagne de protestation nationale, a été boycotté par la NBA, la ligue de basket américaine, de la NCAA, celle universitaire et d’autres évènements sportifs, culturels, musicaux provoquant un manque à gagner énorme que l’Associated Press a estimé à presque quatre milliards de dollars ces dix prochaines années.
     
    Le consensus ne satisfait pas complètement les associations de défense de la communauté LGBT, ni le gouverneur qui admet que la solution n’est pas « parfaite » mais a le mérite « de remplacer H.B.2 et de commencer à réparer notre réputation ».
     
    Les conservateurs avaient invoqué des soucis de sécurité pour faire avancer la « bathroom bill » l’année dernière après que la ville de Charlotte ait autorisé les transgenres à utiliser les toilettes de leur choix.

    La possibilité de futurs punitions [de la part de la NCAA] a mis la pression sur les parlementaires dans cet état obsédé par le basket, une pression exacerbée par le fait que l’équipe de basket masculine de l’Université de Caroline du Nord a atteint les demi-finales du tournoi universitaire américain [la semaine dernière] et rencontrera les Ducks de l’Université d’Oregon, dans l’Oregon [samedi].

    La Caroline du Nord aurait accueilli cette demi-finale si la NCAA n’avait décidé de boycotter l’Etat.
     
    La loi devrait être votée aujourd’hui à Charlotte.
     
    * « Lawmakers vote Thursday on deal to repeal HB2 »Charlotte Observer

***

 

  • Kellyanne Conway MVP

    L’American Association of Political Consultants, la plus grande organisation mondiale de consultants politiques et professionnels de la communication a remis le mois dernier son trophée annuel de MVP (« Most Valuable Player ») à Kellyanne Conway pour son travail de directrice de campagne du candidat républicain  dont elle est désormais la conseillère.
     
    Un choix très controversé puisque l’association maintient un code d’éthique professionnelle destiné à ses membres pour lequel Mr Conway semble avoir eu peu d’égards ces dernières semaines – faire la publicité de la fille du président sur Fox News, inventer des histoires pour valider ses arguments (« green bowling massacre), et les défendre en inventant des nouveaux concepts de communications (« Alternative facts »), insulter les journalistes qui mettent en cause son intégrité (« cover story » du New York magazine) et avant les élections.
     
    Kellyanne Conway est la première femme a avoir dirigé et remporté une campagne présidentielle qu’elle a intégré en juin 2016, après la démission de Ted Cruz, pour lequel elle travaillait.
    De nombreux détracteurs remettent en question son rôle durant la campagne, par rapport à Jared Kushner ou Steve Bannon, bien plus importants mais qui ont préféré rester dans l’ombre. Elle était omniprésente sur les plateaux télé les trois derniers mois de campagne pour défendre Donald Trump et faire du « damage control » sur les multiples controverses qu’il a pu initier.
     

    Code éthique de l’AAPC

     
    Selon Politico
     

    Donner la récompense à Conway a fait l’objet d’un intense débat parmi les membres de l’AAPC mais ils ont conclu que la campagne de Trump n’aurait sans doute pas gagné et n’a pas trouvé de preuves qu’elle avait menti « d’une manière grave » à la presse pendant la campagne ou commis d’autres violations. 

     

***

  • April Ryan & Sean Spicer

    Le « RyanGate » provoqué par les propos désobligeants (« Stop shaking your head ») du porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, contre la journaliste afro-américaine, April Ryan, mardi midi en conférence de presse a donné lieu à des moments de télé passionnés, notamment dans l’émission « CNN Tonight » qui accueillait deux intervenantes habillées en blanc pour l’occasion. Elles ont accusé Spicer d’attaquer « le travail d’une femme noire » provoquant l’ire de leur deux confrères masculins qui ont qualifié ces accusations de « ridicules » – le tout sous le regard émerveillé du présentateur.
     


     
    April Ryan a quant à elle déclaré que la presse « subissait les attaques de l’administration qui essayait de discréditer les journalistes ».
     
    Hier, Sean Spicer a montré un peu plus de respect envers la journaliste et lui a offert la première question de sa conférence de presse, provoquant l’hilarité de la briefing room.
     

     
    * « CNN panel clashes over Spicer’s admonition to April Ryan » CNN

 

***

  • Omarosa Manigault – « Plus qu’une Apprentice? »

    Washington Post

     
    On l’a surnommée l’ « alpha-female villain » après son passage dans la première saison de l’émission de télé-réalité de Donald Trump, « The Apprentice », il y a plus de dix ans, et elle a eu le flair de rester « fidèle au boss » toutes ces années, d’avoir été l’une des premières à soutenir sa campagne, dans laquelle elle a travaillé comme « directrice de liaison des affaires afro-américaines ».
     
    Elle a été nommée fin janvier « assistante du président et directrice de la communication de l’Office of Public Liaison« , qui sert à promouvoir ses actions.
    Elle est la personnalité afro-américaine la plus influente de l’administration mais la Maison Blanche semble incapable de décrire précisément son rôle au sein de l’administration.

    Un article très critique du Washington Post rapporte qu’elle est mal-aimée, inefficace et moquée sur les « médias sociaux comme l’excuse du président pour apparaître plus sympathique aux yeux de la communauté afro-américaine avec qui il a des relations tendues. »
     
    A part accompagner le président dans ses meetings avec la communauté afro-américaine et une promesse non tenue, la hausse de 10% des subventions allouées à l’HBCU (« Historically Black College and University ou « Universités traditionnellement noires ») nulle part où trouver dans la proposition de budget 2018, son bilan est peu convaincant.
     
    Comme le rappelle le commentateur dans une tribune au vitriol publié en février dernier, Manigault était une fervente supporter de Clinton (“I’m Ready for Hillary. Are you? #Hillary2016.” en avril 2015) jusqu’à ce que Trump se présente:

    [A Donald Trump] Vous répétez aux Américains que vous vous entourez des « personnes les plus compétentes » mais quand il s’agit de la communauté noire, vos standards sont à la baisse (…) Les charlatans ont leur place en politique, mais pas si vous voulez vous attirer le soutien de la communauté noire.


    Mais la loyauté de Manigault envers Trump « est plus remarquable » et ça, Donald Trump adore:

     

    Je vis le rêve américain grâce à Donald Trump (…) regarde ma carrière, ma richesse, l’attention que j’ai; c’est très difficile d’affirmer que Donald Trump n’aime pas les noirs et les femmes noires.

     
    * « Omoarosa Manigault is in Trump’s White House because of her loyalty. But What is she doing there? » The Washington post 

***

Mardi 14 mars: Trumpcare, le coup de grâce – Arrêtez cette Conwaymania! – Scandale chez les Marines

 

  • Coup de massue pour l’American Health Care Act

    La nouvelle a fait l’effet d’une bombe hier après midi: Le CBO, le « Congressional Budget Office », le bureau du Budget du Congrès américain, une agence fédérale non-partisane, a rendu lundi son rapport très attendu sur les retombées de l’American Health Care Act, le remplaçant d’Obamacare: 24 millions d’Américains perdraient leur couverture maladie avec Trumpcare d’ici 2024 et 14 millions ces dix prochains mois.

    Seule bonne nouvelle, c’est que le plan permettrait de réduire la dette du gouvernement de 356 milliards de dollars –  a peu près la moitié de la somme que les 0,1% d’Américains devraient recevoir en réductions d’impôts sur dix ans grâce à Trumpcare (600 milliards de dollars).

    * CBO Cost Estimate – American Health Care Act – 13 mars 2017

    (Sources: U.S. Census Bureau, Congressional Budget Office)

    Le CBO a également noté que la suppression pour un an des subventions fédérales de Planned Parenthood, le plus grand service de planning familial aux Etats-Unis, entraînerait des milliers de grossesses, surtout dans les foyers les plus défavorisés et les communautés qui n’ont aucune couverture maladie.
    Le gouvernement entend réduire les dépenses de Medicaid, le programme fédéral d’assurance santé destiné aux plus défavorisés, d’environ 178 millions de dollars en 2017 mais le coût des dizaines de milliers de naissances supplémentaires, couvertes par Medicaid, couteraient autant à l’Etat, qui devra également assurer la plupart des nouveaux nés.

    Les Conservateurs veulent supprimer les subventions de Planned Parenthood sous prétexte que l’organisation défend le droit à l’avortement et le finance – des services qui représentent seulement 2% du budget total de Planned Parenthood qui n’est pas financé par les subventions du gouvernement.

    * « CBO: Defunding Planned Parenthood would lead to Thousands more births » – Washington Post

***

  • Partager votre désastreuse expérience avec Obamacare

    Le principal argument de vente de Trumpcare, pour la Maison Blanche et les Républicains, c’est que le plan est censé remplacer quelque chose d’encore pire, Obamacare – ce, malgré les revendications de centaines de milliers d’Américains, pour la plupart des électeurs de Trump, partout dans le pays, qui veulent garder leur assurance maladie.
    La stratégie de la Maison Blanche est un matraquage publicitaire qui vise à discréditer Obamacare, « un échec complet », « un désastre ».

     

    Hier Donald Trump a reçu dans le bureau ovale des « victimes » du programme d’assurance santé mis en place par son prédécesseur.
    La Maison Blanche est même allée jusqu’à envoyer un email à ses abonnés en leur proposant de partager l’expérience désastreuse: « Obamacare a gonflé les prix et réduit les options pour des millions d’Américains. Comment avez été touchés? »
    Aucune mention des vingt millions d’Américains qui ont réussi à décrocher une couverture maladie grâce à Obamacare.

    Trumpcare devrait passer par la Chambre des Représentants d’ici la fin de la semaine mais a peu de chances d’être validée par le Sénat si des changements drastiques ne sont pas opérés sur le plan.

***

 

  • Arrêtez d’inviter Kellyanne Conway sur les plateaux!

    La « wackadoo » de la Maison Blanche, celle qui s’invite sur toutes les chaînes d’infos presque chaque semaine pour raconter n’importe quoi, créer le buzz, susciter l’indignation et moqueries des journalistes pour finir la journée à la tête des tendances de Twitter, est revenue à la charge hier.

     

    CNN

     

    Kellyanne est officiellement la conseillère de Donald Trump mais contrairement à Jared Kuchner ou Steve Bannon, ne participe ni aux meetings importants, encore mois aux prises de décisions, et n’a une connaissance que très limitée de ce qui se passe à la Maison Blanche.
    Dimanche et lundi matin, elle est passé sur ABC News, NBC News et CNN pour discuter des accusations très sérieuses lancées par Donald Trump contre Barack Obama.
    Ses réponses? vagues, absurdes (l’administration aurait pu utiliser des micro-ondes pour espionner Trump), hors sujet (elle répond souvent en bifurquant sur un autre sujet) avant de finalement reconnaître que « non elle n’a aucune preuve des allégations [du président].

    La semaine dernière, elle avait affirmé bec et ongles que les allégations selon lesquelles Trump avait été mis sur écoutes étaient basées sur des « renseignements » obtenus par la Maison Blanche.
    Lundi devant l’insistance de certains journalistes à lui faire son ignorance de la situation, Trump est partie la défendre

    Tweeter

    Ce genre de cirque médiatique hebdomadaire est difficile à comprendre, non pas de la part de Mme Conway qui fait son boulot mais des chaînes télé qui continuent à l’inviter sachant qu’elle n’apportera rien au débat. Ces émissions devraient prendre exemple sur Morning Joe diffusée le matin sur MSNBC qui décidé de ne plus la recevoir à cause de ses mensonges à répétition – quite à faire d’audience.

    * « Conway suggests Obama bugged Trump using microwaves. Things went downhill from there » – ThinkProgress

***

  • Aucune preuve des écoutes du président

    Donald Trump et même Mme Conway sont des manipulateurs hors pair, et ont presque réussi hier à noyer l’information principale: Le président n’a apporté aucune preuve sur les accusations de mise sur écoute dont il aurait été victime de la part de l’administration Obama pendant la campagne présidentielle.
    Comme la plupart des médias l’avaient dénoncé très tôt, c’était une tentative désespérée de détourner leur attention des relations problématiques entretenus par ses proches avec des officiels russes.
    Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche a essayé hier en conférence de presse de convaincre les journalistes présents que le président avait voulu dénoncer la « surveillance généralisée » mise en place par l’ancienne administration pendant la campagne présidentielle sur certains de ses proches et en parlant de « l’écoute de ses conversations téléphoniques ».
    Risible.

     

     

    Hier, le Département de Justice, qui n’avait jamais condamné les propos de Donald Trump, malgré les demandes officielles du FBI, a demandé un délai supplémentaire pour apporter à la commission parlementaire en charge du renseignement les preuves de ces accusations, qui seraient tout droit sorties d’un article de Breitbart.
    Cette dernière lui a donné une semaine.
    Un porte parole du député républicain Devin Nunes, président de cette commission, a suggéré que l’administration pouvait être assignée à comparaître si ces questions n’étaient pas résolues.

    * « Justice Department asks for more time to collect evidence on wiretap claims » – CNN
    * « Spicer: Trump didn’t mean wiretapping when he tweeted about wiretapping » – CNN

***

  • Scandale chez les Marines

    Samedi 4 mars, le site d’information militaire, The War Horse, a révélé l’existence d’une page privée Facebook « Marines United » utilisée par 30 000 abonnés pour partager des photos intimes de leurs collègues féminines – des clichés pris à leur insu, revenge porn – accompagnées de leurs noms, rangs et lieu de travail. Plusieurs centaines de ces Marines font aujourd’hui l’objet d’une enquête du Département de la Défense.
    Le partage de ces photos a commencé au début de l’année peu après le recrutement de femmes dans le Premier Régiment d’infanterie de Marines.

    Les représentants du Département de la Défense ont fermement condamné ces actions « qui entachent la réputation de l’ensemble des Marines ».

    Quelques uns des 55 Marines recensés par Thomas Brennan, le journaliste et ancien Marine qui a révélé l’affaire, ont été mis à pied mais par les 55 recensés. Ce dernier a depuis reçu des menaces de mort des membres du groupe Facebook selon le Washington Post.
    Le partage des photos a recommencé au mois de février sur une autre page Facebook, fermée à nouveau, puis sur une autre, alimentées par des Marines postés un peu partout dans le monde, qui n’éprouvent semble-t-il aucun regret, ni aucune crainte de sanctions/

    Malgré les appels à témoin de la direction du corps de Marines, soutenu par le Secrétaire de la Défense, Jim Mattis, seulement dix femmes auraient rapporté avoir été victimes de harcèlement sexuel.

    * « Hundred of Marines investigated for sharing photos of naked colleagues » – Reveal News
    * « How the Marine Corps’ widening nude photo scandal has spread throughout the military » – The Washington Post
    * « Harassed online, She remains Determined to Enlist in the Marines » – New York Times

***

Dimanche 26 février 2017: Tom Perez, président du DNC; Conway dans Elle; Chelsea Clinton Tweete; Facebook, plate forme de l’opposition + Oscars!

 

Un nouveau président pour le parti démocrate

Le protégé d’Obama, son ancien ministre du Travail, Tom Perez a remporté samedi à Atlanta la présidence du Comité National Démocrate, qui vient de passer une année 2016 difficile: coupable d’avoir favorisé Hillary Clinton aux dépens de Bernie Sanders – un indépendant devenu démocrate repassé indépendant – pendant les primaires démocrates, suscitant la fureur des supporters de Bernie, et provoquant la démission de la présidente, Debbie Wasserman le jour de l’inauguration de la Conférence Nationale Démocrate, et surtout responsable avec la candidate de la perte des élections présidentielles. 
Le rival de Perez, Keith Ellison, était soutenu par Bernie Sanders et ses militants, qui ont laissé éclater leur colère à l’annonce des résultats … et suscité l’ironie de Donald Trump, qui a accusé Hillary Clinton d’être derrière cette élection.
Keith Elisson a été nommé dans la foulée vice-président du DNC et les deux hommes ont annoncé vouloir travailler ensemble à unifier le parti entre les tendances progressistes (les jeunes et Bernie Sanders) et celles de l’establishment, accusé de défendre les intérêts des entreprises.

 

Kellyanne Conway dans Elle

Barry Blitt / New Yorker

Virée des plateaux télés pendant une semaine pour avoir enchaîné les faits alternatifs, interdite d’antenne sur Morning Joe qui questionne sa crédibilité, Kellyanne Conway est retournée en terrain conquis mercredi sur Fox News et fait l’objet d’un article plutôt sympathique dans Elle qui rappelle « son extraordinaire influence, et les liens personnels et idéologiques qui l’ont fait tenir pendant les pires moments. »
Première femme à gérer et remporter une campagne présidentielle – même si elle est arrivée sur le tard – Mme Conway prépare cette victoire depuis une vingtaine d’années, grâce à une longue liste de clients et de causes qu’elle a patiemment choyé et défendu, grâce son expérience des élections – elle a ouvert une agence The Polling Company/Woman Trend spécialisée dans les comportements électoraux de la gente féminine, et une attraction presque fatale pour les médias, surtout les plateaux télés.

Une nouvelle Chelsea Clinton

La fille de Bill et Hillary s’est faite remarquée ces dernières semaines sur Twitter où elle a lancé quelques bonnes attaques contre Donald Trump et la nouvelle administration – une attitude qui contraste avec la discrétion observée pendant toute la campagne présidentielle, avec de rares apparitions publiques et des discussions sur les « éléphants et l’hydratation » sur les réseaux sociaux. « Mais la défaite de Hillary Clinton et la victoire de Donald Trump nous ont offert une nouvelle Chelsea: Provocatrice, punchy et qui cherche pour la première l’attention sur la scène politique ».



Pour le New York Post, tout indique Chelsea Clinton a choisi de poursuivre la carrière de ses parents, peut être un poste au Congrès dans l’Etat de New York. Une occasion pour le tabloïd pro-Trump de critiquer la jeune femme de 34 ans: « C’est le problème. L’Amérique est fatiguée des dynasties politiques, et Chelsea est quand même prête a se présenter, avec les casseroles de ses parents: l’avidité, l’idée qu’elle puisse faire de la politique et le plus grand défaut de sa mère, son incapacité à connecter avec le peuple américain.
En attendant de se prononcer sur un quelconque avenir politique, Mme Clinton continue de travailler pour la fondation de ses parents, vient de co-publier un livre « Governing Global Heath » et donne des cours comme professeure adjointe à Columbia University.

« Chelsea Clinton lets loose on Twitter » de Anne Karni dans Politico 

 

Recrudescence de l’opposition anti-Trump sur Facebook

Après la multiplication des sites pro-Trump pendant la campagne présidentielle et ont l’influence qu’ils ont eu sur le résultat des élections, c’est au tour des sites de l’opposition d’utiliser la plate forme pour mobiliser les internautes.
« Le nombre de pages anti-Trump de gauche, la plupart inexistantes avant le 8 novembre, sont désormais aussi populaires que les publications présentes depuis des années ».

La page de Dan Rather, « News & Guts », qui offre une agrégation d’articles et d’informations anti-Trump introduits par des commentaires accrocheurs, a reçu près de un million d’abonnés en trois mois. « Je pense qu’on plaît parce qu’on essaye d’être candide et direct (…) On ne perd pas de temps à débattre sur les mots à utiliser. Je veux qu’on soit direct qu’un coup de poing en pleine figure. » explique l’ancien journaliste
Alors que la plupart des pages pro-Trump relayaient de l’intox, parfois à la limite du ridicule, celles anti-Trump s’appuient sur des sources sérieuses, les médias traditionnels – les fake news du président Trump – qui font l’objet d’un regain d’intérêt de la part des libéraux ces derniers mois – notamment avec une hausse record des abonnements. Les autre pages à suivre sont « Stand Up America » (983 000 abonnés) et « Donald Trump is not my President » (422 000 abonnés)

« Facebook Anti-Trump new surge » de P. Sterne & A. Weprin dans Politico

Le président snobe le White House Correspondant Dinner 

Donald Trump a tenu à annoncer personnellement qu’il ne participera pas au diner de la White House Correspondents’ Association qui a eu lieu tous les ans au mois d’avril – au cours duquel il avait été humilié par Barack Obama en 2011. Le vice-président Mike Pence et Reince Priebus devraient le remplacer.
L’association, fondée par des journalistes en 1914, est en charge des accréditations permettant l’accès aux conférences de presse de la Maison Blanche et du président. Sean Spicer, le porte parole de Maison Blanche a refusé arbitrairement vendredi l’accès de la briefing room à Politico, The New York Times et CNN.



Hier, Bloomberg LP a également annoncé l’annulation du gala d’après diner à l’ambassade française de Washington – l’une des soirées les plus courues, « équivalent des Oscars » de la capitale – prévu le 29 avril prochain.
Un porte parole de la compagnie a affirmé que le « peu d’intérêt suscité par cette soirée, cette année, avait poussé les organisateurs l’annuler » préférant se concentrer sur le dîner.
Vanity Fair s’était retiré de l’organisation du gala plus tôt ce mois-ci; le New York Times et CNN pourraient ne pas participer à la soirée, organisé pour allouer des bourses à des étudiants d’école de journalisme.
La réunion du gotha journalistique, politique et de Hollywood devrait pâle figure cette année, l’évènement n’a pas grand intérêt étant donné les mauvaises relations du président avec la presse.
Samantha Bee, elle, n’a pas encore annulé son « contre » dîner qui aura lieu à Washington le même soir.

Milo fauché par une canadienne de 16 ans

Milo Yiannopoulos, abhorré autant que célébré ces derniers mois pour ses provocations à l’encontre des Musulmans, des femmes et des minorités, a démissionné lundi du site d’infos alt-right Breitbart après la diffusion d’une vidéo datée de 2016 dans laquelle il défendait les relations entre jeunes adolescents et adultes. 
La fameuse vidéo a été retrouvée par une adolescente de 16 ans, originaire du Canada, après avoir appris la participation de Milo à la Conservative Political Action Conference, le rendez annuel des Républicains. Une décision controversée symptomatique selon elle de la dangereuse direction prise par les conservateurs – ces derniers ont expliqué avoir invité le journaliste anglais pour discuter de la liberté d’expression dans les universités.
« Milo incarne cette tendance atroce qu’est devenu ces dernières années, le Conservatisme des Millenials complètement différent du conservatisme traditionnel » qui consiste à attaquer la gauche plus qu’à défendre des principes » explique la jeune fille prénommée Julia.
Elle est tombée sur cette vidéo il y a plusieurs mois, l’a retrouvée et l’a transmise au site conservateur The Reagan Battalion pour davantage de publicité. La vidéo de cinq minutes postée dimanche dernier sur leur compte Twitter a provoqué la chute de Milo (le contrat avec la maison Simon & Schuster et sa présence à la Conservative Political Action Conference annulés) jusqu’à son départ du site ultra-conservateur annoncé en conférence de presse lundi dernier. 
Comme l’explique Vox, « beaucoup de critiques ont essayé et échoué à faire tomber Yiannopoulos, des féministes aux libéraux qui détestent ses messages de haine. Des efforts qui ont souvent eu l’effet contraire et renforcé les soutiens de sa base (…) Mais cette adolescente à réussi à faire tomber Yiannopoulos en énervant la gauche et la droite à la fois. »

The Oscars

Les Oscars devraient être politiques ce soir lors de la 89ème cérémonie du cinéma qui devrait récompenser les deux grands favoris: La La Land et Moonlight. 

Vanity Fair

 

Mardi 7 février 2017: Conway et Ivanka boycottées, les tech compagnies se rebellent, Trump privé de discours à Westminster et le retour de John Oliver

TRUMPLANDIA

  1. Donald Trump a donné un discours hier devant des représentants de l’armée sur une base de militaire de Tampa en Floride et affirmé que « les médias très très malhonnêtes ne couvraient pas certaines attaques terroristes. Ils ont leurs raisons que vous comprendrez ».
    Aucune idée de ce que le président insinuait …Peut être le Green Bowling Massacre, que Kellyanne Conway a d’ailleurs cité à plusieurs reprises avant l’incident de la semaine dernière.
  2. La parlement anglais a refusé de laisser Donald Trump s’exprimer dans le hall de Westminster lors de sa visite officielle prévue cet été, une invitation pourtant offerte à son prédécesseur, Barack Obama, en 2011. John Bercow, le porte parole de la Chambre des Communes a expliqué « que le discours d’un chef d’Etat étranger (…) n’est pas un droit automatique, mais plutôt un honneur qui doit se mériter »

    « Nous respectons notre relation avec les Etats-Unis (…) Mais, en ce qui concerne la Chambre des Communes, je pense sincèrement que notre opposition au racisme et au sexisme, le soutien pour l’égalité devant la loi et un pouvoir judiciaire indépendant sont très considérations très importantes (…) Avant la mise en place de la loi sur les immigrés, je m’opposais déjà à un éventuel discours du président Trump dans le Hall de Wesminster, et j’y suis encore plus opposé aujourd’hui.

  3. 130 « tech » compagnies dont Apple, Facebook, Google, Microsoft, Netflix, Twitter, Uber ont déposé une plainte dimanche contre le décret de Trump sur l’immigration auprès de la cour d’appel fédérale de San Francisco en charge de décider ou non de son « application immédiate ».
    Une démarche coordonnée rarissime, preuve du sentiment unanime de « l’industrie » contre une loi qui rendrait le recrutement « des meilleurs employés du monde » dans leurs entreprises plus « difficile » et plus « couteux » et qui nie « l’importance immigrés dans l’économie et la société américaine ».
    Le Département de Justice américain a réitéré hier sa remise en application immédiate.
    Les délibérations qui commencent cet après midi en Californie
     devant un panel de trois juges.
  4. La campagne #GrabYouWallet en charge du boycott des produits de la famille Trump depuis le mois d’octobre 2016 a poussé l’enseigne Nordstrom à abandonner la marque d’Ivanka Trump pas assez « performante » mais continuera d’écouler les invendus, chaussures et vêtements.
    La compagnie « lifestyle » a réagit par communiqué: « Nous pensons que la force d’une marque se mesure non seulement par les profits qu’elle génère mais par l’intégrité qu’elle maintient ».
    Après Neiman Marcus et Nordstrom, Macy’s pourrait être la prochaine chaîne de magasins à laisser tomber la marque de la fille du président.
  5. CNN boycotte Kellyanne Conway
    Dimanche, la chaîne d’infos a décliné une interview avec la conseillère de Donald Trump après s’être vu refusée un entretien avec le vice président Mike Pence, qui avait accepté d’apparaître sur CBS News, ABC News et NBC News .
    CNN a expliqué au New York Times avoir de « sérieux doutes concernant crédibilité » de Kellyanne Conway après le fameux épisode du « Bowling Green Massacre ». Un sentiment partagé par de nombreux journalistes et chaînes télé qui pourraient désormais se passer de ses « faits alternatifs ».
  6. La prestation hilarante de Melissa McCarthy en Sean Spicer survolté samedi soir dans Saturday Night Live n’a pas plu au président, et surtout le fait que le porte parole de la Maison Blanche soit incarné par une femme: « [il] n’aime pas les gens qui ont l’air faible » rapporte un proche du président. Aucune réaction du Commander-in-Chief sur Twitter dimanche, ni lundi, serait le signe du malaise qu’aurait provoqué l’émission satirique sur son entourage.
  7. Le retour de John Oliver!
    L’ancien acolyte de Jon Stewart revient pour sa quatrième saison avec une obsession: Eviter de faire de son show, un programme entièrement dédié à Trump, qui domine l’information depuis dix huit mois, « pour l’intérêt de son émission et pour ce que l’âme humaine peut endurer » .
    Il promet des reportages de fond qui n’ont rien à voir avec le président, parce que « il va tellement vite qu’il n’y a aucun intérêt à passer un mois sur l’un de ses propos ».
    Il sera de retour sur HBO le 12 février prochain.
  8. Hillary Clinton​ réagit sur la Marche des Femmes à Washington dans une vidéo inédite dans laquelle elle affirme que le  « Le futur est féminin »
  9. Vu dans le Gothamist:
    Dans cette période tourmentée, toutes les formes de résistance sont les bienvenues, à l’instar de ce restaurant de Brooklyn, Kiwiana, qui a rajouté sur ses additions le message suivant:
    « Immigrants make America great (they also cooked your food and served you today). »

  10. La couverture du jour: The Economist avec pour titre « An insurgent at the White House »

    The Economist – février 2017

Le kiosque du vendredi 27 janvier 2017

  • Donald Trump a donné une interview télévisée « surréaliste » diffusée mercredi soir sur ABCNews dans laquelle il a affirmé que:
    – Même s’il est favorable à la torture, notamment celle du waterboarding, il suivra les recommandations du General Mattis, Secrétaire à la Défense, qui s’y oppose.
    – Sur « ses » accusations de fraude électorale: Les trois à cinq millions de bulletins frauduleux auraient tous été en faveur de sa rivale Hillary Clinton. Il a demandé une enquête extraordinaire pour éviter d’éventuels dysfonctionnements aux prochaines élections, celles dites de « mi-mandat » qui auront lieu en novembre 2018.
    – Sur le 8 novembre 2016: « J’ai remporté une immense victoire, l’une des plus importantes jamais vues. Au niveau des districts, la plus importante ou presque. Quand tu regardes une carte, tout est rouge. Et le rouge c’est les Républicains. »
    Fox News serait la seule chaîne qui comprenne le président et ses discours.
  • The Hill rapportait hier que 42% électeurs de Trump pensent qu’il devrait être autorisé à utiliser un serveur de messagerie privé et 39% contre, selon l’institut de sondages PublicPolicyPollingUn résultat surprenant car Donald Trump a passé la campagne électorale a dénoncé Hillary Clinton et l’utilisation d’un serveur privée lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat, à l’origine du fameux slogan, « Lock her up » (« Enferme la »).
    Kellyanne Conway, Sean Spicer, Steve Bannon et Jared Kushner utiliseraient toujours des comptes e-mails privés appartenant au Comité National Républicain.
  • Steve Bannon, le « Darth Vador » autoproclamé de la Maison Blanche, et stratège en chef du président, a donné une rare interview au New York Times dans laquelle il a conseillé aux journalistes de « fermer leur gueule et d’écouter deux secondes » après leur défaite « embarrassante » et « humiliante » aux élections.

    Je veux que vous répétez ceci: Les médias sont le parti d’opposition. Ils ne comprennent rien à ce pays. Ils ne comprennent toujours pas pourquoi Donald Trump est président des Etats-Unis (…) Aucune des médias traditionnels n’a viré un des journalistes qui ont suivi notre campagne. Regarde leur compte Twitter, c’étaient les supporters officiels de Hillary Clinton.

    Il a exprimé à son mépris, voire sa haine à l’encontre de la presse généraliste (en nommant le New York Times et le Washington Post) qui n’a « aucune intégrité, aucune intelligence, et ne fournit aucun travail ».

  • « Breitbart le roi du mauvais goût », c’est le titre d’un article du Kiosque de New York paru sur Rue89 (disponible aujourd’hui sur L’Obs) en avril 2014 lors de l’ouverture de leurs bureaux en Californie. Il va falloir se donner un peu plus de mal s’ils ont l’ambition de devenir aussi grand public que leur nemesis du New York Times: Hier le site alt-right proposait sur sa page d’accueil une publicité pour leur t-shirt « Border Wall Construction Co. » en référence à la construction du mur entre le Mexique et les Etats-Unis, présenté sur un fil barbelé tenu par deux pinces à linge. 
  • Kellyanne Conway, La conseillère de Donald Trump, et poil-à-gratter de la presse, critique dans une interview au Washington Post le mouvement féministe qui serait l’otage des pro-avortements et d’un sexisme anti-hommes.

    Je me considère post-féministe. Je me considère comme l’une de ces femmes qui est un produit de ses propres choix et pas une victime de ses circonstances.

    Mme Conway a créé une entreprise de sondages en 1995, The Rolling Company/WomanTrend qui fournit aux candidats et compagnies, « des études et analyses sur les problèmes et aspirations des femmes ».
    C’est LA première manager de campagne à gagner une élection présidentielle.

  • Près de 1 500 journalistes américains nationaux et locaux ont adhéré à Slack,  une chaîne créée par le site MudRock, où ils peuvent partager leurs recherches, idées, questions et résultats sur la nouvelle administration et Donald Trump. Le site les aide également à déposer des requêtes liées à la Freedom Of Information Act – une loi qui oblige les agences fédérales à transmettre leurs documents, à quiconque en fait la demande, quelle que soit sa nationalité.
    Un autre exemple prometteur de collaboration entre journalistes après l’appel lancé par le Guardian mardi et l’initiative de l’ensemble des stations de la radio publique NPR de travailler ensemble sur les questions de gouvernement.
  • Une manifestation, la « Tax March », est prévue le 15 avril prochain à New York, veille de la date limite du payement des impôts aux Etats-Unis, pour demander au président Donald Trump, qui a reconnu ne payer que très peu impôts depuis des années (parce qu’il est « intelligent »), de les rendre public. Contrairement à ses propos, 74% des Américains voudraient savoir si lui aussi participe à l’effort financier et citoyen du pays. 
    La démarche à sa page Facebook, Twitter et son site internet
  • The Guardian a sélectionné cinq articles écrits par des journalistes ou commentateurs conservateurs sur le président Trump, qui valent le détour.* « President Trump, Be wary of the Mexican Backlash » by José Cardenas dans The National Review
    * « Trump New Culture War » de Richard Lowry dans The National Review, auquel nous avons consacré un article mardi ICI
    * « Trump inaugural Address » de Daniel Larison dans The American Conservative
    * « Maybe Trump isn’t Lying » de Jennifer rubin dans le Washington Post
    * « Trump should Shun the Iran Hawks » de Scott McConnell dans The National Interest

« alternative facts »: Les mensonges de la Maison Blanche

 Une conférence de press rock’n’roll

La blague de ce weekend, c’était la première conférence de presse très agitée de Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, qui a affirmé samedi que la cérémonie d’investiture de Trump avait réuni plus de monde que celles d’Obama en 2013 et 2009.

C’est le public le plus large qui ait jamais participé à une cérémonie d’inauguration point barre, en personnes et dans le reste du monde.

Il répondait aux nombreuses comparaisons faites par les journalistes vendredi matin qui comparaient les photos aériennes de Washington lors de l’investiture d’Obama, noires de monde et celles moins denses du 20 janvier 2017. Le ton était très agressif envers la presse accusée encore une fois de vouloir remettre en cause la popularité et la légitimité du nouveau président.
La star des éditorialistes conservateurs, Charles Krauthammer, a qualifié la prestation de « surréaliste » et Spicer est devenu en quelques heures la risée d’internet.

Même les médias conservateurs ont reconnu que les propos de Spicer étaient faux.
CNN a décidé de ne pas retransmettre la conférence de presse mais plutôt de la citer dans son contexte, tandis que Fox l’a diffusée en direct et dans son intégralité.
Les journalistes n’ont pas été autorisés à poser des questions. 

 

Bienvenue chez George Orwell

Interrogée hier matin par Chuck Todd dans l’émission dominicale Meet the Press sur NBC, Kellyanne Conway, « conseillère du président des Etats-Unis », a parlé de « faits alternatifs » pour caractériser les propos de Spicer, sans jamais reconnaître qu’ils étaient mensongers.
Une question de sémantique qui pose problème car la Maison Blanche ne représente pas le « intérêts de Donald Trump » mais « parle au nom de tous les Américains ».

Beaucoup de journalistes invoquaient George Orwell ce weekend, et le hashtag #alternativefacts dominait Twitter hier.

« Rien de cela ne devrait choquer » expliquait Margaret Sullivan dans le Washington Post ce matin:

« Les conférences de presse de la Maison Blanche sont du « journalisme d’accès », où les déclarations officielles – obtenues à la source [du pouvoir] – sont prises à leur juste valeur et rapportées comme de l’information. Tout cela est fini. Mort (…)
Les journalistes devront répondre en faisant leur travail avec responsabilité, avec justesse et sans avoir peur et au service du public »

La journaliste de citer Jessica Huseman de ProPublica

Les journalistes n’obtiendront aucune réponse de Spicer. On aura des réponses en creusant. En salissant nos mains. Allons y

Bannon veut renforcer le fossé entre la presse et Trump

Selon Brian Stelter, le journaliste de CNN, cette première conférence est une déclaration de guerre contre la presse.
Selon des sources, Steve Bannon, le « stratège en chef » de Donald Trump et auteur de son discours d’investiture, voudrait creuser le fossé entre le président et les médias grand public pour les affaiblir. « Il veut que son monde n’ait plus confiance en les médias ».

Le kiosque du jeudi 12 janvier 2017

Les origines du rapport explosif sur Trump

Le président-élu a tenu une première conférence de presse houleuse hier à New York après la publication par Buzzfeed du rapport d’un ancien espion anglais, Christopher Steele, qui révélerait des liens compromettants entre Trump et la Russie.
Engagé par Fusion GPS, une firme de renseignements basée à Washington, Mr Steele a été mandaté l’été dernier pour trouver des informations compromettantes sur le candidat, et selon le New York Times, à la demande d’un donateur républicain opposé à Trump.

Le rapport, paru mémo par mémo, au fur et à mesure de l’enquête, a commencé à circuler dès le mois de juillet à Washington avant d’être donné dans sa version définitive au président Obama, aux leaders du Congrès et au directeur du FBI, des mains du sénateur républicain John McCain.
Les informations étaient également connues de certains journalistes qui ont refusé de les publier faute de pouvoir les recouper jusqu’à ce que Buzzfeed décide de diffuser le rapport dans son intégralité mercredi.

Donald Trump a affirmé n’avoir jamais été mis au courant de ce rapport, a dénoncé les méthodes « nazies » de ces diffamations, a qualifié Buzzfeed de « tas d’ordures » et refusé de répondre aux questions d’un journaliste de CNN qui répandrait « de la désinformation ».

Aujourd’hui, Buzzfeed News est accusé d’avoir sombré dans le côté obscur des « fake news » et d’avoir donné de l’eau au moulin de Donald Trump pour discréditer un peu plus la presse grand public aux yeux de la population.

Heureusement beaucoup de journalistes ont dénoncé les pratiques de la compagnie qui vient de donner une leçon à toutes les autres rédactions de ce qu’il ne faut pas faire en journalisme.

***

Revanche des services de renseignement contre Trump?

Invité sur le plateau d’Anderson Cooper 360 sur CNN mercredi soir, Carl Bernstein, ancien journaliste du Washington Post, à l’origine des révélations du Watergate, notait que le fait que les services de renseignement américains ont enquêté sur les accusations contenues dans le fameux rapport était révélateur des doutes qui existent autour de l’intégrité du président-élu – et qu’ils auraient transmis ces informations à la presse pour se venger des attaques répétées de Trump envers la communauté du renseignement ces dernières semaines.

***

Kellyanne Conway, « ministre de la propagande » Trump

 

Anderson Cooper et Kellyanne Conway mercredi sur CNN

Carl Bernstein a également dénoncé « la propagande » de Kellyanne Conway, ancienne manager de campagne de Trump, invitée quotidiennement sur les plateaux télés comme punching ball préféré des journalistes ou porte-parole officieuse de l’équipe de transition. Selon lui, elle serait « la plus grande source anonyme de notre époque » envoyée pour discréditer tous ceux qui critiquent le président-élu.
Qualifiée de « marionnette » par Rachel Maddow de MSNBC, Mme Conway est devenu une figure médiatique incontournable.


Les journalistes sont fascinés par la capacité de résistance et la répartie dont fait preuve cette femme de 44 ans qui « fait passer Donald Trump pour un humble serviteur de l’Américain moyen » et n’a pas hésité à narguer l’équipe de Clinton lors d’une réunion post-électorale à Harvard en décembre dernier.

Elle possède une maîtrise de la scène que Trump ne peut qu’apprécier. Je connais des dizaines de personnes qui méprisent sa politique mais sont bufflées par ses performances (…) Elle est l’emblème parfait de cette époque très divisée, dans laquelle aucune déclaration n’est assez risible ou dénonciation n’est plus ridicule que lorsqu’elle fait face à une opposition aussi sournoise. 

 

***

Le Boycott de LL Bean

Breitbart appelle le boycott des marques qui soutiennent Donald Trump, une guerre des cultures, et cette fois-ci c’est le président-élu qui mène l’offensive en remerciant publiquement le soutien reçu par l’une marques de vêtements chasse et pêche les plus connues du pays, LL Bean, fabricant des célèbres chaussures en cuir à bout caoutchouté, implantée dans le Maine.

L’association Grab Your Wallet, qui recense toutes les compagnies soutenant Donald Trump, a découvert que Linda Bean, la petite-fille du fondateur Leon Leonwood Bean avait donné soixante mille dollars à la campagne du président-élu, et appelé depuis les consommateurs à boycotter la marque.

Linda Bean ne fait pourtant que siéger au conseil d’administration de la compagnie, en tant que membre de la famille et « ne reflète en aucun cas les positions de l’ensemble de l’entreprise familiale » selon un communiqué posté sur Facebook cette semaine.

Comme la plupart des grandes familles, les cinquante propriétaires de l’entreprise familiale ont des positions différentes et soutiennent des causes sur l’ensemble de l’échiquier politique, comme nos clients et nos employés. Tous les membres de la famille admettent qu’un seul individu ne peux parler au nom de l’entreprise, ni ne représente les valeurs que LL a construites.

***

Cory Booker, l’étoile montante du parti démocrate

« United » – Cory Booker

La course semble être lancée pour les élections de 2020 dans le parti démocrate et une figure s’est détachée du lot ces dernières semaines: Cory Booker, ancien maire de Newark et actuel sénateur du New Jersey qui mène la lutte contre l’offensive des Républicains sur Obamacare.

Il est allé jusqu’à témoigner publiquement mercredi lors de l’audience de Jeff Sessions, devant un comité du Sénat pour appeler ses confrères à ne pas le confirmer au poste de ministre de la justice.

Booker a accusé Jeff Sessions d’être incapable d’appliquer l’un des mandats de sa position qui consiste à défendre les droits civils, l’égalité des droits et la justice pour tous les citoyens. C’est la première fois qu’un sénateur intervient publiquement contre l’un de ses collègues pour empêcher sa nomination. 
Les Républicains ont accusé Booker d’avoir utilisé l’audition d’un membre du futur cabinet présidentiel comme « plate forme de ses ambitions présidentielles« .

 

Le kiosque du lundi 28 novembre 2016

Ce diaporama nécessite JavaScript.

TRUMPLANDIA

« En plus d’avoir largement gagné le collège Electoral, j’ai gagné le vote populaire si l’on déduit les millions qui ont voté illégalement ».
Donald Trump était très en colère hier contre recomptage des votes qui doit commencer cette semaine dans l’état du Wisconsin, « du temps et de l’argent perdu » a-t-il affirmé samedi.
Quand « aux millions de gens qui ont voté illégalement », on ne comprends pas trop à qui le futur président fait référence, mais cela ne ferait que confirmer les doutes de Jill Stein et des Démocrates sur d’éventuelles fraudes électorales.

Non seulement Trump s’enmèle les pinceaux dans ses arguments, mais en tant que futur président, il devrait éviter d’affirmer ce genre de propos irresponsables.
Il a ensuite expliqué qu’il « [aurait été] bien plus facile pour lui de gagner le soi-disant vote populaire que le collège électoral » car il aurait « fait campagne dans seulement trois ou quatre états plutôt que les 15 qu’il a visité. [Il] aurait gagné bien plus facilement. »

 

Kellyanne Conway vs Mitt Romney

Kellyanne Conway, l’ancienne directrice de campagne du futur président était l’invitée de différentes émissions politiques dimanche, où elle a publiquement pris parti contre la nomination de Mitt Romney aux Affaires Etrangères, le poste très convoité de Secrétaire d’Etat, en rappelant que l’ancien candidat républicain avait été l’un des plus vifs critiques de Trump durant sa campagne, en le qualifiant de « fraude », « hypocrite » et « malhonnête ».
Donald Trump serait furieux des propos Conway, qui aurait semble-t-il voulu suivre son propre agenda et celui de certains proches du futur président qui refusent de voir Mitt Romney dans la future administration.
Sur sa position, elle a affirmé qu’elle « pouvait avoir le job qu’elle voulait (…) Trump me veut à ses côtés ».

Professor Watchlist

Un site internet a été fondé la semaine dernière qui recense les noms des professeurs qui défendent des positions radicales dans leurs classes. Intitulé Professeur Watchlist, la plate-forme vise à dénoncer les enseignants « qui ont par le passé critiqué des étudiants pour leurs points de vue, les ont forcés à adopter une certaine perspective et/ou abuser des étudiants qui défendaient leurs croyances ». Chacun des deux cents professeurs listés à une page avec sa photo et ses prises de positions « de gauche », formulées dans leurs cours, sur leur compte Twitter, ou au sein du Campus.
L’organisation à l’origine de ce site internet, Turning Point USA vise à « enrichir les étudiants à travers les vraies valeurs de l’économie de marché ».
N’importe qui peut dénoncer un professeur, soit à cause d’une rumeur, d’un article ou de sa propre expérience, et expliquer pourquoi il mérite de figurer dans la liste.
Une démarche qui vise à faire taire les opinions au sein des universités mais que l’un de ses défenseurs qualifie de « bel exemple de liberté d’expression ».

 

Cards Against Humanity

Cards Against Humanity, un jeu de carte populaire aux Etats-Unis, a récolté près de 100 000 dollars vendredi dernier, Black Friday, pour financer le creusement d’un trou, appelé le « Holiday Hole ».
L’initiative n’a aucun autre but que celui de creuser un trou dans la terre et la vidéo est disponible sur le site