08.11.17

 

Il y a un an, Donald Trump battait Hillary Clinton aux élections présidentielles américaines.

 

1. « Tsunami Election »

 

 

Bill de Blasio, le maire démocrate de New York a été réélu facilement pour quatre ans hier avec 66% des voix contre Nicole Malliotakis, la candidate républicaine malgré une mobilisation très faible de 22%. Daily News

« Ce soir, New York a envoyé le message à la Maison Blanche. C’est le suivant: On ne peut pas s’en prendre aux valeurs de New York et gagner Mr le président. Si vous vous retournez contre les valeurs de votre ville natale, votre ville se défendra.

Le New York Post qui déteste de Blasio partageait son dépit ce matin.

 

 

En Virginie, la démocrate Danica Roem, 33 ans, est devenue la première transgenre à remporter un siège dans un parlement américain en battant Bob Marshall, réélu depuis 1992 et défenseur de la « bathroom bill » qui aurait interdit aux personnes comme Roem d’utiliser les toilettes de son choix. Washington Post

Un an après la pire défaite de leur histoire les Démocrates avaient le sourire aux lèvres hier après la large victoire de Ralph Northam au siège de gouverneur de Virginie contre le républicain Ed Gillespie, pourtant soutenu par le président.
Dans le New Jersey, c’est le démocrate Phil Murphy qui succédera au gouverneur républicain Chris Christie, détesté de tous – National Review

Dans ce scrutin qui a ouvert la voie aux élections de mi-mandat de 2018, les électeurs ont rejeté le président Trump et offert aux Démocrates une grande victoire dans un « swing state » qui leur donne l’espoir de regagner le pouvoir à Washington.

 

 

En Caroline du Nord, la ville de Charlotte vient d’élire la première maire démocrate afro-américaine Vi Lyles

 

 

A Manchester, dans le New Hampshire, la démocrate Joyce Craig sera la première femme de l’histoire de la ville à occuper le siège de maire. Elle a battu le maire sortant, Ted Gatsas.

 

 

2. Great Gun Divide

 

A chaque nouvelle tuerie, les Démocrates et médias libéraux du pays appellent à un renforcement du contrôle des armes, mais pour Jonah Goldberg de National Review, ces appels répétés n’aboutissent à rien car « les pro-armes veulent en faire une lutte au nom de la guerre culturelle alors que les anti prétendent que ça n’a rien à voir ».

Mais la principale raison pour laquelle rien ne change, c’est parce que la défense du Second Amendement est un enjeu politique majeur pour les Américains, et que la capacité de mobilisation, au niveau électoral notamment, des détenteurs d’armes à feu est bien plus importante que celle des partisans d’une régulation des armes à feu, pour qui ce thème n’est pas central dans leur choix de vote.

Selon Gallup, 76% des Américains sont contre l’interdiction de la possession d’armes à feu.

C’est une expérience intéressante  de se demander à quoi ressemblerait l’Amérique si les partisans du contrôle des armes à feu commençaient à confisquer les armes de propriétaires respectueux de la loi. A part des retombées financières catastrophiques pour la NRA, des millions d’Américains verraient leurs pires soupçons se confirmer, et le profond ressentiment ancré dans l’Amérique « rouge » ne ferait qu’empirer et au delà de tout ce qu’on a déjà vu. Peut être qu’il y aurait moins de tueries et moins de morts bien que je sois sceptique la dessus. Mais Je suis sûr que notre politique serait pire qu’elle ne l’est déjà aujourd’hui.

« The Great Gun Divide »National Review

 

 

 

3. Conflits d’intérêts

 

 

Le New York Times a publiquement rompu les liens hier avec son cabinet d’avocat, « Boies Schiller and Flexner » après la publication de la seconde enquête de Ronan Farrow dans le New Yorker cette semaine sur « les espions de Weinstein » qui décrit comment cette firme a essayé de cout-circuiter leurs recherches en engageant une agence spécialisée dans l’espionnage pour enquêter sur ses propres journalistes.

David Boies, un partenaire de la firme, affirme que le quotidien savait qu’il pouvait travailler avec des clients dont les intérêts sont contraires à ceux du Times.

David Boies est le deuxième grand avocat américain à voir sa carrière endommagée après avoir défendu Harvey Weinstein. La première, Lisa Bloom, a elle aussi du abandonner son client après l’accumulation et l’aggravation des accusations portés contre lui – Associated Press

 

 

4. Si vous avez le temps de lire:

 

 

 

  • Un reporter de Businessweek a dîné avec Al-Walid une semaine avant son arrestation par les autorités saoudiennes dans le cadre d’une « campagne contre la corruption ». Le journaliste revient sur sa relation avec l’homme d’affaires, qui comme le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a ordonné son arrestation, est favorable à une réforme des institutions du pays.
    * « I dined with Alwaleed in the Desert Days Before His Arrest »Businessweek

 

  • Pour les amoureux de New York et de presse magazine, New York magazine publie un livre de 482 pages pour ses cinquante ans, et ça à l’air génial. Vous pouvez y jeter un coup d’oeil ici ou

 

 

 

 

5. A Ecouter

 

« 2016: What I should have done differently ». Dernier épisode de la série de podcasts de Politico intitulée « Women Rule » qui interrogent cinq femmes ayant participé aux campagnes de Clinton, Cruz, Rubio, Sanders et Trump l’année dernière et « ce qu’elles ont appris, ce qu’elles auraient fait différemment, et quand est-ce qu’elles voient une femme à la Maison Blanche

 

 

 

6. On vit une époque formidable

 

  • La compagnie de divertissement Walt Disney Co. a refusé d’inviter le Los Angeles Times aux avant premières de ses films à cause d’une enquête polémique du quotidien californien sur Anaheim, la ville du comte de Orange, dans la grande banlieue de L.A. qui accueille Disneyland Park (« Is Disney paying its share in Anaheim? »).
    Devant la pression et le boycott de quotidiens (The New York Times), journalistes (WaPo) et associations de critiques, Walt Disney est revenu sur sa décisionThe Wrap
  • L’ironie de l’histoire, c’est que Disney, le premier groupe de divertissement au monde, est très présent dans l’industrie des médias (ABC News, ESPN, ESPN Magazine): En gros, c’est groupe de médias qui en a directement un autre. – Politico

 

  • Nike dans l’embarras: La compagnie américaine qui a remporté en 2015 un contrat de un milliard de dollars pour devenir l’équipementier officiel de la NBA pendant huit ans, à compter de cette année, doit revoir le design de ses maillots, trop légers et près du corps, qui n’arrêtent pas de déchirer sur les courtsESPN
    Par ailleurs, les grandes stars de basket qui ne sont pas sous contrat avec Nike, qui a été autorisé à mettre son logo sur les uniformes, font tout pour le cacher.  Business Insider

 

  • Barack Obama est en train de récolter des centaines de millions de dollars pour la construction du Barack Obama Presidential Center, un complexe de 80 000 m2 qui doit ouvrir dans le « South Side » de Chicago en 2021 qui ne fait pas que des heureux: Les habitants de ce quartier populaire de la « Wind City » craignent que « Obamaland », censé abrité un musée et une bibliothèque, ne fasse augmenter les prix de l’immobilier et les poussent éventuellement à partir.

 

  • La suppression du « home button » du dernier Iphone X est un cauchemar pour de nombreux utilisateurs de Apple. Des tutoriaux ont été créé pour leur venir en aide – Co.Design

 

 

7. Couv’ du Jour: Femmes et Marines, au delà de l’uniforme

 

 

  • Le Washington Post magazine consacre sa « cover story » à huit femmes actives ou retraités de l’unité d’élite de l’armée américaine, les Marines dont la réputation a été entachée au début de l’année par les révélations de l’existence d’une page Facebook, Marines United, forte de trente mille membres, où étaient partagées des photos explicites de leurs collègues féminines.
    Elles racontent leur expérience au sein des Marines (où elles ne représentent que 7% des effectifs) et la vie quotidienne en dehors, pourquoi elles ont choisi d’y entrer et dans quelles circonstances, elles l’ont quitté.
    « The Few, The Proud »Washington Post magazine

Le Kiosque du lundi 10 octobre

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Ryan quitte la campagne de Trump

Paul Ryan, le porte parole des Républicains à la Chambre des Représentants vient d’annoncer ce matin qu’il ne défendrait plus Donald Trump durant les 29 derniers jours de campagne pour tenter de conserver la majorité dans les deux chambres du Congrès américain.
Il n’a ni annoncé qu’il lui retirait son soutien, ni avancé la victoire de Clinton mais ça reste catastrophique pour la campagne du candidat qui espérait sans doute avoir rassuré ses confrères après le débat d’hier.

Je suis un « gentleman » qui « respecte les femmes »

Les échanges étaient directs, personnels, et parfois violents entre les deux candidats hier soir, et malgré les attaques de Trump contre Bill Clinton, la présence de trois femmes qui ont accusé l’ancien président de viol, et les insinuations selon lesquelles Hillary aurait « violente » à leur égard n’a pas réussi à déstabiliser la candidate démocrate qui est resté posée, souriante, et ferme.

The Washington Post
The Washington Post

« Une femme compétente qui débat avec un homme qui n’a pas idée de quoi il parle » résume Matthew Yglesias dans Vox, « Trump n’a aucune idée du fonctionnement du gouvernement américain ni des politiques publiques ».
Le journaliste de citer une vidéo de Trump durant les Primaires républicaines face à Marco Rubio au cours de laquelle il est incapable d’expliquer son programme de réformes de l’assurance maladie.

Il n’a aucune idée de quoi il parle mais a tout de même essayé de rassurer les téléspectateurs en affirmant « avoir beaucoup de respect pour les femmes. Personne n’a plus de respect pour les femmes que moi » et en déclarant que sa rivale n’avait « que de la haine dans son coeur »,

Jeter sa rivale en prison

Trump a également promis une commission d’enquête spéciale pour juger à nouveau Clinton et la jeter en prison s’il le faut des propos qui relevaient plus « d’une république bananière que d’une démocratie ».

New York Post - Edition du 10 octobre 2016
New York Post – Edition du 10 octobre 2016

 

Le format du débat, un jeu de questions-réponses avec un panel de citoyens permettait aux candidats de se déplacer sur le plateau, ce que Trump n’a pas arrêté de faire tout au long des 90 minutes du débat, se tenant parfois derrière Clinton, lorsqu’elle prenait la parole, la pointant du doigt à plusieurs reprises a parfois mis mal à l’aise, surtout après les propos orduriers prononcés à l’encontre des femmes dans la vidéo diffusée ce weekend par le Washington Post.

The Guardian termine son analyse du débat de cette manière: « L’histoire devra vraisemblablement juger la première femme président à accéder à la Maison Blanche en s’imposant contre l’un des derniers grands porcs machistes »

Donald Trump a sans doute rassuré sa base en faisant du Trump mais il n’a pas pu convaincre les indécis, ceux dont il a besoin pour gagner les élections comme l’a signalé le commentateur républicain Neil Newhouse

« Un moment profondément abject pour la politique américaine » selon le New York Times, « une grande victoire » pour Mike Pence, le colistier de Trump et ses supporteurs.

Pour le Los Angeles Times, un « débat médiocre » que le candidat républicain a terminé dans la « même mauvaise condition que celle où il avait commencé: Avec des Républicains inquiets de la trajectoire de sa campagne, et certains qui l’appellent à abandonner sa candidature ».
La décision de Paul Ryan de quitter la campagne de Trump ce matin ne fait que confirmer les inquiétudes du parti, et même si l’ancien colistier de Mitt Romney aux élections de 2012, a appelé ses collègues à « choisir ce qui est le mieux pour [eux] » d’autres parlementaires devraient vraisemblablement suivre sa décision.

Enfin un autre quotidien conservateur, le Birmingham News, le plus important d’Alabama, s’est rangé derrière Clinton:  »

Les élections de 2016 ne sont pas normales et Donald Trump n’est pas un candidat normal, c’est un homme qui n’est pas absolument pas fait pour être président et elle le seul moyen de l’en empêcher.

Revue du dimanche 25 septembre 2016

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Débat présidentiel: :The SuperBowl of politics

Le premier débat présidentiel, qualifié de « Superbowl de la politique », aura lieu demain avec Hillary Clinton et Donald Trump, au coude à coude dans les derniers sondages (Respectivement 46% et 44% sur une étude nationale), Impossible de prédire ce qui se passera, dans un duel qui s’annonce haut en couleur entre deux styles que tout oppose – espérons que le modérateur saura faire son travail.
Si Trump mène avec 18 points d’avance chez les « blancs », Clinton mène avec 16 points d’avance chez les femmes, un fossé pour le Houston Chronicle qui pourrait bien encore se creuser lundi soir.
Time magazine nous explique lui que si les deux candidats ne sont pas aimés des Américains, Trump l’est encore moins (61% d’opinions défavorables contre 34% favorables) que Hillary (56% d’opinions défavorables contre 39% favorables) – Des chiffres qui restent tout de même très alarmants.

Les critiques de nombreux quotidiens nationaux (ici, , mais aussi là, et là ) sur les mensonges de Trump depuis le début de la campagne ne semblent pas perturber ses supporters, plus fixés à haïr Clinton et la politique traditionnelle qu’elle représente. Mike Murphy, un conseiller républicain parle « d’une bulle imaginaire dans laquelle il s’est placé » qui lui permet de dire tout et n’importe quoi : 31 exactions relevées par le New York Times durant la semaine du 15 au 21 septembre.

Dernier exemple en date, Trump, qui essaye pourtant de se conduire en « homme politique » a menacé d’inviter une ancienne maîtresse de Clinton, Gennifer Flowers, à s’asseoir au premier rang du débat, lundi soir. Des rumeurs persistantes puisqu’elles ont été relayées, légitimement ou non, dans plusieurs journaux en ligne hier soir.

Les quotidiens qui soutiennent Clinton
Le New York Times, qui avait soutenu Clinton contre Bernie Sanders lors des primaires démocrates a réaffirmé samedi son soutien à la candidate, « un respect pour son intelligence, son expérience et son courage ».
Pareil pour le Los Angeles Times, pour qui Clinton « serait une présidente sobre, intelligente et pragmatique » alors que « Trump serait une catastrophe »
Pour The Cincinnati Enquirer, qui soutient des candidats républicains depuis plus de cent ans, « ça doit être Hillary Clinton ».
Dans The New Yorker, une belle tribune de Roger Angell, essayiste de 96 ans qui explique: « [avoir] voté pour la première fois durant la Seconde Guerre Mondiale mais ce n’était pas aussi important que mon vote cette année. Mon pays fait face à un grave danger: Donald Trump »

« A Dream Come True »
« A Dream Come True » titrait le Washington Post ce matin a la suite de l’ouverture du Musée national de l’histoire et la culture afro-américaine à Washington D.C. à laquelle ont assisté Barack et Michelle Obama ainsi que le couple Bush et qui a été inauguré par Ruth Bonner, 99 ans, la fille d’un esclave né dans le Mississipi.

Revue de presse du vendredi 09 Septembre

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Serena Williams perd en demi-finale de l’US Open pour la deuxième année consécutive, alors qu’elle avait réussi un début de tournoi très encourageant: Elle ne gagnera pas de 23ème tournoi en grand chelem et ne sera pas numéro un mondial avant la fin de la saison.
Aujourd’hui, le New York Times s’intéresse à la lutte que les Native Americans mènent dans le Dakota du Nord contre la Pipeline, cet immense projet de gazoduc estimé à 3,7 milliards de dollars qui doit passer par la réserve indienne de Standing Rock Sioux pour rejoindre le Mississippi.
Le gazoduc devrait s’étendre sur 1,900km et quatre différents états.
Un juge fédéral devrait se prononcer aujourd’hui sur le blocage ou non de la construction de cette partie de la Pipeline.
Cette semaine, Jill Stein est venu apporter son soutien aux familles auprès du Dakota Access Pipeline et a même tagué sur un bulldozer « I approve this message » en protestation.

Dans une campagne présidentielle rongée par les scandales, soupçons, mensonges et accusations en tout genre, le Washington Post en remet une couche ce matin avec le passé de Melania Trump, qui, on le sait, n’est pas arrivée de Slovénie au début des années 90 grâce à une bourse universitaire. Aurait-elle séjourné illégalement aux Etats-Unis, comme des millions de Mexicains, mais aussi d’Européens l’ont fait avant d’obtenir une régularisation, Mystère! C’est sans doute l’une des raisons pour laquelle, on ne la quasiment plus aperçu depuis sa prestation à la convention républicaine en Juillet dernier

Enfin revenons sur la condamnation de la banque Wells Fargo à payer 185 millions de d’amendes pour abus de confiance. La banque a poussé ses employés à ouvrir 2 millions de comptes en banque sans l’accord de leurs clients.

Commémorations de 09/11
Le NY Daily News remet en couverture l’une des photos les plus connues de 09/11, celle de ces pompiers qui dresse le drapeau américain sur les ruines encore fumantes du World Trade Center. Le drapeau avait été perdu et retrouvé et il repose aujourd’hui dans le musée consacré aux attentats à Ground Zero.
USA Today, le second quotidien du pays, revient sur les attentats, dont le souvenir est toujours  » très présent » chez ceux qui l’ont vu vécu au contraire des nouvelles générations, pour qui, « c’est de l’histoire, comme Pearl Harbor »


Must Read
Très beau reportage dans le Los Angeles Times sur Levi Shirley, un jeune américain obsédé par l’armée, refoulé des Marines pour un problème de vue, qui est partie seule rejoindre la lutte des rebelles kurdes, « faire quelque chose de noble pour une fois » a-t-il expliqué à sa mère. C’est elle qui l’a accompagné à l’aéroport en février 2015 pour rejoindre la Turquie, c’était son premier voyage à l’étranger.
Ils sont une centaine de volontaires américains à avoir rejoint la région pour combattre ISIS.
le 19 Juillet 2015, la mère de Levi a appris la mort de son fils, survenue cinq jours plutôt lors du bombardement d’un building dans lequel il s’était réfugié. Il aurait eu 25 ans cette année.

Los Angeles Times: « Piégée », une vengeance qui tourne au fiasco chez les « housewives »

« Framed, A Mystery in six parts » écrit par le journaliste Christopher Goffard, est paru ce weekend dans le Los Angeles Times: La réalité rejoint la fiction dans cette histoire de Desperate Housewife d’une banlieue chic de Californie, qui mêle vengeance, manipulation, égocentrisme et sentiment d’impunité et qui va provoquer la déchéance d’une famille toute entière.

 

  1. « L’appel »
    C’est l’histoire incroyable d’une « PTA Mom », PTA pour « Parents Teachers Association », ces mères de familles et femmes au foyer très impliquées dans l’éducation de leurs enfants et actives dans la vie associative de leur écoles.L’après midi du 16 Février 2011, Kelli Peters a été interpellée par la police sur son lieu de travail, à l’école élémentaire Plaza Vista, à côté de Newport Beach en Californie, où sont également scolarisés ses enfants.
    Le motif: le coup de téléphone reçu une heure plus tôt de la part d’un parent d’élève qui affirme l’avoir vue conduire dans un état second aux alentours de l’école, et signalé la présence de drogues à l’intérieur de la voiture. Il aurait reconnu la mère de famille volontaire à Plaza Vista, ainsi que sa voiture et même enregistré la plaque d’immatriculation.Effectivement, les policiers vont trouver dans la voiture de Kelli 17 grammes de Cannabis et des pilules de Vicodin et Percocet, des anti-douleurs très puissants uniquement disponibles sur prescription.
    Selon l’inculpé, ces drogues auraient volontairement été placés dans sa voiture.

    Ce soir là, il a fallu le flair d’un policier expérimenté pour donner raison à la mère de famille: Aucune trace physique de consommation ni de présence de drogues dans son appartement. Quant au coup de fil, le numéro laissé par l’interlocuteur s’est avéré être un faux.

    Interrogée sur l’origine des drogues, Kelly a signalé qu’elle avait eu des ennemis dans le passé, un jeune couple dynamique du voisinage, Kent et Jill Easter.

  2. Preuves trouvées par la police de Irvine, Californie, dans la voiture de Kelli Peters en Février 2011
    Preuves trouvées par la police de Irvine, Californie, dans la voiture de Kelli Peters en Février 2011
    Preuves trouvées par la police de Irvine, Californie, dans la voiture de Kelli Peters en Février 2011
    Preuves trouvées par la police de Irvine, Californie, dans la voiture de Kelli Peters en Février 2011

     

  3. Le « Power Couple »
    Un an plus tôt, Mme Peters a été la victime d’une campagne violente demandant son licenciement du PTA, pour lequel elle opérait depuis des années, et était appréciée des parents d’élèves, des élèves et du personnel.

    A l’origine de cette plainte, la mère d’un enfant que Kelli avait oublié par mégarde quelques minutes devant l’école, avant d’être ramené rapidement à ses parents, les Easter, auprès de qui elle s’est confondue en excuses.C’est là que l’affaire a commencé pour Jill Easter: mécontente du traitement humiliant, voire criminel subit par son fils, elle est allée se plaindre à la direction de l’établissement qui a pris fait et cause pour l’employé, puis à la police qui n’a rien trouvé de probant.
    L’inimitié a tourné au harcèlement lorsque cette dernière a essayé de convaincre d’autres parents de l’école de soutenir le renvoi de Peters, demandé une ordonnance de protection pour elle et son fils à son encontre et même essayé de lui intenter un procès, qu’elle a fini par abandonner.Le couple Easter avait globalement perdu sa campagne de dénigrement contre Kelly Peters, qui a entre temps été élue présidente du PTA.

    Kent et Jill Easter en 2012
    Kent et Jill Easter en 2012

     

  4. La déchéance
    Les policiers ont commencé à suivre le couple, dont l’un des téléphones portables avait été détecté près de la maison de Peters la veille de l’incident, et après avoir mis en examen le couple, ils ont trouvé dans la voiture du mari les mêmes pilules que celles collectées dans la voiture de Peters, avec l’ADN de deux époux dessus.

    Au moment des faits, l’épouse entretenait une aventure avec un pompier des environs, et dont elle s’est vengée lorsque ce dernier l’a quitté en allant tout raconter à sa femme, photos et emails à l’appui.
  5. Le procureur
    Il a fallu plus d’un an et l’arrivée d’un nouveau procureur en charge des affaires sensibles pour que le couple soit officiellement arrêté sans les précautions d’usage qui leur auraient évité une mise en examen très médiatique.Les deux ont été inculpés de complot pour avoir disposer des médicaments dans la voiture de Peters en vue de son arrestation. Si le paiement d’une caution les a rapidement libérés, les mugshots du couple ont fait la une des news locales.Kent Easter à perdu son job d’avocat à 40 000 dollars par mois.

    « Le pouvoir et la médiocrité des accusés comparés à la vulnérabilité de la victime a engendré une indignation qu’on a retrouvé dans peu d’autres affaires (…) Les Easter sont devenus le symbole de ce milieu obsédé, voire dérangé, par leur statut, les auteurs d’un crime inexplicable, à la croisée des chemins entre psychose de banlieue et privilèges de classe. »
  6. Le Procès
    Les Easter ont bénéficié d’un procès commun auquel a échappé l’épouse, qui a plaidé coupable du dépôt des drogues dans la voiture de Mme Peters a été condamnée pour tentative d’emprisonnement par tromperie, et radiée du barreau.Sa condamnation: 60 jours dans une prison du comté et 100 heures de travail d’intérêt général.Le procès de Kent Easter a débuté en Novembre 2013.
    Sa ligne de défense: Rejeter toute culpabilité sur Jill, les réprimandes, les mensonges et tromperies, le sentiment de culpabilité vis-à-vis de leur enfant.
    Le jury n’a pas trouvé de verdict.

    Le second procès a reconnu Kent Easter coupable de toutes les charges et passible de trois ans de prison finalement réduits à 180 jours d’emprisonnement dans un prison locale et 100 heures de travail d’intérêts général en Octobre 2014

    Entre temps, il a demandé le divorce. Sa femme elle, a changé de nom.

  7. La Ruine
    En février 2016, Kent Easter est passé devant un tribunal civil après que Kelly Peter ait demandé de millions de dollars de dommages et intérêts pour l’épreuve émotionnelle endurée quelques années plus tôt. » A 41 ans, Kent Easter était un homme cassé. Un diplômé de UCLA qui partageait son appartement avec ses parents. Ses économies de près d’un quart de million de dollars parties en frais d’avocats lors de ses deux procès. Interdit de conduire des Uber ou des Lyft à cause de sa condamnation et reposant sur l’aide de ses proches pour des petits boulots, tout en restant l’unique gagne-pain de ses trois enfants de 8, 10 et 12 ans »Il a été condamné à 5.7 millions de dollars de dommages et intérêts à verser à Kelley Peter pour lequel il a fait appel.
    Il pourrait réappliquer pour sa licence d’avocat après les cinq ans de suspension.

    « L’histoire qu’on ne connait c’est pourquoi est-ce que ces gens ont fait cela », commente le procureur, « tout le monde me demande mais je n’ai aucune réponse »

Une agression policière en une du LA Times

Couverture du Los Angeles Times du 23 Août 2016
Couverture du Los Angeles Times du 23 Août 2016

Hier, Le Los Angeles Times a publié en une trois clichés de l’arrestation violente subie par Clinton Alford, un citoyen afro-américain, il y a deux ansenregistrée par une caméra de surveillance. Le jeune de 22 ans était non armé et les quatre policiers impliqués avaient alors été suspendus en attendant leur jugement.

« Pendant deux ans la vidéo de cette arrestation d’Octobre 2014 a été citée à plusieurs reprises par la police et le procureur pour condamner les actions de Garcia, les punir et l’inculper pour coups et blessures. Mais le LAPD [Los Angeles Police Department] a toujours refusé de rendre public les enregistrements, même après l’accord conclu avec le procureur en Mai dernier qui a évité la prison à l’officier. »