27.09.17

 

 

1. Les partielles en Alabama

 

 

  • La victoire de Roy Moore, le candidat anti-establishment soutenu par Breitbart et Steve Bannon contre Luther Strange, le candidat du parti républicain, soutenu par Donald Trump est un mauvais signe pour les candidats du GOP aux élections de 2018 où toute une série de nouveaux prétendants et adversaires pourraient faire campagne contre eux.

 

  • Le candidat le plus proche des idées de Trump était Roy Moore mais le président a dû suivre la direction de son parti dont il a besoin au Congrès pour faire passer son programme … qui ne passe pas.

 

  • Tous les tweets d’encouragement de Trump, qui est même allé en meeting à Huntsville en Alabama vendredi dernier, destinés à Luther Strange ont mystérieusement disparu après sa défaite hier soir. Le président a depuis félicité Roy Moore, « un mec super qui a fait une belle campagne »
     

    L’establishment républicain est tellement faible que même avec le soutien Trump, il est incapable de battre les « Trumpers »

 

  • Morning Joe a rassemblé les propos les plus controversés de Roy Moore:
     

 

  • Breitbat a commenté sur cette victoire qui est aussi un peu la sienne
     

    La victoire de mardi a montré la force et l’attraction de Breitbat News et prouve que les résultats extraordinaires du site en 2016 n’étaient pas un hasard. Breitbart News a réussi à fidéliser son lectorat et préserver une marque authentique.
    Donc Breitbart et Bannon ne sont pas seulement les deux noms les plus haïs de Washington, ils sont aussi les plus craints. Et ça implique que le mouvement politique qui a élu Trump en 2016 sera encore plus bruyant.

     


2. Le Jones Act

 

  • Trump saluait hier en conférence de presse hier le travail formidable des autorités fédérales venues secourir les 3,5 millions de Puerto Ricains qui vivent pour la plupart sans eaux, ni électricité depuis le passage de l’ouragan Maria, il y a une semaine. Une situation calamiteuse qualifiée de crise humanitaire par le gouverneur de l’île.
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  • Le désastre naturel a eu le mérite d’évoquer le problème du Jones Act, une loi sur la marine marchande signée en 1920 par Wilson qui impose que les biens transportés entre les différents ports du pays, le soient uniquement par des bateaux américains, construits aux Etats-Unis et dont le propriétaire et l’équipage sont américains. Une mesure protectionniste qui augmente les coûts de tous les produits importés des Etats-Unis sur l’île et que Puerto Rico pourrait obtenir à un prix plus compétitif s’il elle l’achetait des îles voisines, comme la Jamaïque
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  • Le Department of Homeland Security a suspendu le Jones Act après les passages des ouragans Harvey et Irma, mais n’a pas encore décidé concernant l’ouragan Maria, provoquant la colère du sénateur de l’Arizona, John McCain:
     

    Il est inacceptable de forcer les gens de Puerto Rico à payer deux fois plus cher pour de la nourriture, de l’eau potable, des provisions et des infrastructures à cause des conditions imposées par le Jones Act alors que ces derniers se remettent juste d’un désastre.

     

  • Le Wall Street Journal a lui aussi dénoncé cette loi, l’une des pires du droit américain, qui fait de Puerto Rico, un « territoire de seconde zone »

 

 

 


3. Le retour des Crocs

 

  • Les chaussures les plus moches du monde, créées en 2002 en Floride pour remplacer la traditionnelle chaussure bateau, moins chère et plus commode que la Sebago, font un retour en force cette année sur les podiums, dans les magazines de mode et dans les rayons des supermarchés.
  • Malgré 300 millions de paires vendus et des profits supérieurs à un milliard de dollars ces six dernières années, la Croc, tombée en désuétude depuis 2010, a enregistré une hausse de 50% de ses profits cette année, grâce notamment au succès du modèle classique en mousse et anti-dérapant, vendu 35 dollars.
  • Un investissement de 200 millions de dollars, la fermeture de centaines de magazines peu rentables, des collections plus réduites avec nouvelles couleurs et imprimés, une campagne de publicité avec la star de catch, John Cena et Drew Barrymore et nous voilà envahis à nouveau par cette monstruosité. Heureusement l’hiver arrive.
  • Crocs surfe aussi sur la vague des vêtements dits de « athleisure » – la rencontre de l’athlétisme et du loisir – qui pousse les consommateurs à préférer le confort à l’esthétique comme les autres marques de chaussure moches comme UGG, Tevas, Birkenstocks* « Croc’s billion dollar strategy: Stay Ugly »Washington Post

 


4. Must Read: L’assassinat de Kim Jong Nam

 

  • Longue et passionnante enquête du magazine masculin GQ ce mois-ci sur l’assassinat de Kim Jong Nam, frère aîné de Kim Jung Un et ancien prétendant à la succession du Kim Jong-il, dans un aéroport de Kuala Lumpur en février dernier, par deux jeunes femmes payées pour réaliser un soi-disant canular filmé en caméra cachée.
    La vidéo de l’agression diffusée par la télévision japonaise qui a fait le tour du monde, attribuée très vite son jeune cadet, donne une idée de la sauvagerie du nouveau chef de la Corée du Nord qui a volontairement laissé les traces de son passage « pour tenter d’effrayer le reste de monde ».

     

    Ce que Siti comprendra quelques semaines plus tard, c’est que les Nord-Coréens ont minutieusement préparé chaque détail de son recrutement et de l’assassinat. James son recruteur, introduit comme Japonais était en réalité nord-coréen, a rencontré John, le chauffeur de taxi lors d’une course et lui a demandé de lui trouver des filles. Ce dernier lui a d’abord présenté une Philippine qui demandait trop d’argent, puis une vietnamienne (qui sera utilisé comme la fausse cible de Siti) avant de finalement rencontrer Siti. Dès lors, Siti a été coachée à travers le monde par des hommes entraîné spécialement pour cette mission.

    * « The Untold Storyof Kim Jong-nam’s Assassination » – GQ

 


5. Qu’est ce qui compte?

 

  • Essai intéressant paru dans le New York Times magazine sur l’évolution de ce que nous considérons comme important et ce qui ne l’est pas, dans une période où notre cerveau est constamment distrait par les nouvelles technologies et qui doit faire face à des changements politiques profonds.
     

    La distraction c’est notre arrêt de mort. C’est la façon dont le monde va s’éteindre, non avec une explosion mais une sonnerie, depuis notre Iphone. Jusqu’à récemment, ces distractions étaient faciles à repérer, tu savais les reconnaître immédiatement, et tout le monde était d’accord sur ce compte et ce qui importe moins (…) Mais depuis les élections 2016 – au fur et à mesure que le discours politique s’est envenimé, s’est divisé – on est devenu incapable de s’entendre sur ce qu’on peut prendre à la légère et ce qui importe davantage (…) De gauche comme de droite, c’est devenu un sujet récurrent dans les débats politiques d’appeler toute attaque contre la Maison Blanche une distraction, selon les propres termes de la Maison Blanche (…) La magie du mot « distraction » est qu’elle minimise et discrédite quelque chose sans avoir à se justifier (…) Il est donc de plus en difficile de s’accorder sur la direction vers laquelle doit se tourner notre attention et comment elle doit être utilisée

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  • * « What I care about is important. What you care about is a distraction » The New York Times magazine

 


6. NYT vs 538

 

    • C’est une petite broutille entre excellents journalistes libéraux américains mais qui révèle un an après la victoire surprise de Donald Trump aux élections présidentielles, le ressentiment de certains contre leurs collègues notamment quand il s’agit de Hillary Clinton et sa messagerie privée – qui lui a coûté selon elle, les élections. 
    •  

    • On a appris cette semaine que plusieurs représentants de l’administration Trump, dont son genre Jared Kushner, avaient utilisé une messagerie privée dans le cadre de leurs fonctions officielles. La même erreur qui a été martelé pendant la campagne contre la candidate démocrate lorsqu’elle était le Secrétaire D’Etat de Barack Obama.
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    • Maggie Haberman, journaliste star du New York Times a rapporté l’info mardi et reçu les foudres d’un ancien de la Gray Lady, le célèbre Nate Silver, qui l’accuse avec le Times d’avoir « continuellement abordé les emails d’Hillary Clinton et [d’en avoir] fait le centre d’intérêt de sa campagne ».
      Il rajoute: « Les emails de Clinton ne se sont pas transformés tout seuls en une histoire importante. Le New York Times a joué un rôle là-dedans. »
       
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    • Haberman a répondu en pointant les erreurs de 538 concernant les chances de victoire de Clinton, ce à quoi Nate Silver a répondu avoir reconnu ses erreurs tout en ayant fait eu une marge d’erreur moins importante que celle du New York Times. 
    • Haberman qui suivait Trump a vu sa carrière décoller depuis l’élection de Trump et est passé à d’autres quand d’autres journalistes, tout aussi talentueux restent 

 

 

 


7. Changement de carrière

  • Preet Bahara, procureur fédéral du Sud de l’Etat de New York, considéré depuis sa nomination par Barack Obama en 2009 comme l’un des « procureurs les plus agressifs et bruyants contre la corruption et le crime à Wall Street », viré manu-militari par Donald Trump en mars dernier après avoir refusé de démissionner, a trouvé une nouvelle lubie: Le podcast.
  • « Stay Tuned with Preet Bahara » qui a fait ses débuts sur la radio new yorkaise WNYC cartonne depuis une semaine

 


8. Séries télé: Less is more

 

  • « Chasing the Dragon »: Le succès mondial de la série « Game of Thrones » – dix-quinze millions de dollars par épisode – et « l’émergence de poids lourds du streaming qui n’ont pas les mêmes directives financières que les chaînes de télé traditionnelles, les coûts ont augmenté partout, du repérage des lieux de tournage à la location d’équipements et de studios de post-production. »
  • « Un nombre croissant de services demandent plus de temps et d’argent (…) Le coût des contenus sur des plate-formes à la demande se situe entre cinq et sept millions de dollars de l’heure contre 1,5 à trois millions pour les chaînes du câble » – même si ces chiffres ont déjà augmenté ces cinq dernières années
  • Les compagnies comme Netflix, Amazon ou encore Hulu, dont les budgets sont quasiment illimités sont présentés comme les grands vilains* « TV Series Budgets Hit the Breaking Point as Costs Skyrocket in Peak TV Era » – Variety
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  • « Alors que Hollywood et la Silicon Valley mettent des sommes de plus en plus importantes dans l’écosystème télévisuel, il est difficile de ne pas redouter la façon dont les milliards de dollars ont commencé à redéfinir les priorités et ses résultats (…) Le problème des excès – plus d’argent, plus de séries et plus de chaînes – c’est que toujours plus ne signifie toujours mieux« * « Will Out-of-control episode cost kill Peak TV » – Variety

 


9. Couverture du Jour

 

  • Un hommage au succès planétaire de Game of Thrones dan Variety qui y consacre sa cover story – voir plus haut
     

Le Kiosque du 29.06.17: Morning Joe vs Trump; Les libraires-secouristes; Iphone a 10 ans; #OscarsStillSoWhite; Roy Cohn

 

 

1. Trumplandia: Oeil pour oeil, dent pour dent

 

 

    • Hier, Donald Trump a attaqué le Washington Post, propriété du géant Amazon, après s’en être pris la veille à l’ensemble des « fake médias », y compris le New York Times, CNN et les grandes chaînes d’infos nationales (NBC, ABC, CBS) dans ce qui constitue une fois de plus « le plus grand dénigrement des médias depuis Nixon ».

 

  • L’attaque contre Jeff Bezos, le fondateur et PDG d’Amazon, aurait été provoquée par un article paru en une du Washington Post hier, qui affirme que les sénateurs républicains ne prendraient pas le président au sérieux, après la décision de Mitch McConnell, chef de la majorité du Sénat de retarder le vote sur la réforme de la réforme de l’assurance santé.

    « Plutôt que d’essayer de convaincre les Américains sur le vote de la réforme d’Obamacare, Trump passe son temps à vendre son mépris envers les médias » – CNNMoney

 

  • La vidéo filmée en caméra cachée par James O’Keefe, un activiste pro-Trump, dans laquelle un producteur de CNN affirme que sans preuve tangible l’affaire Trump-Russie pourrait bien être « du n’importe quoi » qui rapporte de l’audience à la chaîne, qualifiée de « disgrâce pour tous les médias et le journalisme », a été mise en ligne sur le compte Instagram du président mercredi et abondamment reprise par Fox News depuis.
    Comme l’explique Hadas Gold dans Politico, Donald Trump et ses alliés pensent désormais qu’il a gagné du terrain dans sa guerre contre les médias

 


2. Trumplandia: Des tweets qui touchent le fond

 

  • Pas si vite!
    Les tweets incendiaires de ce matin contre deux présentateurs, aujourd’hui fiancés, de l’émission politique « Morning Joe » sur MSNBC, autrefois confidents et aujourd’hui très critiques à l’encontre du président, ont dépassé les limites de la décence et ont été condamnés par la plupart de la classe politique et des médias (même de droite) mais salué par le présentateur star de Fox News, Sean Hannity ainsi que Breitbart et autres trolls sur internet.

    J’ai entendu que l’émission Morning Joe (que je ne regarde plus) me critique. Comment expliquer alors que la folle Mika [Brzezinski] avec son petit QI et Joe [Scarborough] le « psycho » soient venus à Mar-a-Lago trois soirs de suite lors du nouvel an pour me voir. Ce que j’ai refusé parce que son lifting saignait encore.

     

  • Melania Trump, la femme du président, qui s’est engagée contre le harcèlement en ligne (« cyber-bullying ») a justifié les propos de son mari, qui, « lorsqu’il est attaqué réplique dix fois plus fort » et Sarah Sanders, la porte parole adjoint de la Maison Blanche a également expliqué que son boss répondait avec la même agressivité contre ceux qui l’insultent.
  • Même le Daily Mail a qualifié ces propos de « coup très bas ».

 


3. Image du Jour

 

  • Le dessin du jour signé John Mavroudis paru sur le site du New Yorkerclin d’oeil au faux numéro du magazine Time avec Trump en couverture, accrochée selon le Washington Post, dans différents clubs de golf du milliardaire.

 

 

 

 

 


4. #OscarsStillSoWhite

 

Extrait de la couverture du LA Times ce matin

 

  • Comme l’Académie des Oscars s’était engagée à le faire l’année dernière après la polémique lancée en 2015 sur Twitter contre des #OscarsSoWhite, diversifier ses membres, majoritairement masculins, blancs et âgés, elle a accueilli cette année un record de 774 professionnels de l’industrie, contre 683 en 2016.

    La nouvelle promotion compte 298 femmes, ce qui augmente leur représentation de 27 à 28%.
    232 sont des gens de couleur, ce qui augmente la présence des minorités de 11 à 13%.
    En juillet dernier, le Times a estimé que l’Académie devait ajouter 85 personnes de couleurs et 395 femmes dans ses rangs chaque année pour atteindre ses objectifs.

     

  • L’Académie qui compte 6 687 membres semble tenir ses promesses énoncées dans son programme « A2020 », censé profondément diversifier l’Académie d’ici à 2020, mais elle est encore aujourd’hui très « blanche » (à 87%) et masculine (à 72%)Los Angeles Times

 

 


5.  Quand les bibliothécaires jouent les secouristes

 

  • « Ce n’est pas une secouriste. C’est juste une jeune bibliothécaire qui a sauvé six personnes depuis avril. C’est beaucoup pour une libraire. » explique le secouriste qui vient d’être appelé sur la scène d’une énième overdose dans le McPherson Square Park, situé dans l’un des quartiers difficiles de Philadelphie.
  • C’est là ou travaille Chera Kowalski, une bibliothécaire, témoin dans sa vie quotidienne de l’une des pires crises de santé publique de l’histoire des Etats-Unis: les overdoses liés à la consommation d’opioïdes et d’héroïne qui est devenu la principale cause de mort accidentelle dans le pays: Depuis avril, elle a sauvé la vie de six toxicomanes en leur administrant Narcan, un médicament miracle qui renverse les effets de l’overdose.
  • « Dans au moins trois grandes villes, Philadelphia, Denver et San Francisco – les employés de bibliothèque savent désormais, ou doivent apprendre, comment utiliser la drogue Naxolone (dit Narcan)  anti-overdoses » explique Julie Todaro, présidente de l’Association Américaine des Libraires: « On doit savoir quels sont les premières étapes à suivre pour aider à résoudre ce problème
  • « The Opiod epidemic is so bad that librarians are learning how to treat overdoses » – CNN

 

 


6. Le iphone a dix ans

 

Apple

 

  • En 2007, Steve Jobs présentait le smartphone qui allait révolutionner l’industrie du téléphone et des communications et à l’époque les journalistes avaient bien du mal à décrire cet objet ultra moderne, avec un seul bouton et ce nouvel écran digital:

    « C’est un iphone, un téléphone portable et serveur internet portatif réunit dans un tout petit paquet »

    Quartz a réuni les meilleures descriptions de l’époque

 

  • The Economist:

    Aucun produit n’a autant changé la vie des gens dans l’histoire récente. Sans le iphone, commander un taxi, partager des photos, envoyer des messages en direct et autres essentiels de la vie moderne seraient moins répandus. Si elle n’avait pas vendu plus de 1,2 milliards d’appareils et engrangé des revenus de plus d’un billion de dollars, Apple ne serait pas la plus importante entreprise au monde. Des milliers de développeurs de logiciels seraient plus pauvres, puisque les applications leur rapporte près de 20 milliards de dollars chaque année.

 


7. A lire

 

  • « Comment-est ce que la symbiose impitoyable entre Trump et Roy Cohn a changé l’Amérique »: Une enquête de Vanity Fair sur la relation entre l’un des avocats et défenseurs du maccarthisme et le jeune entrepreneur née à New York au début des années 80.

    Le pouvoir de Cohn provenait largement de sa capacité à effrayer d’éventuels adversaires avec des menaces bidons et des faux procès. Et le prix de ses services? Une loyauté à toute épreuve. Trump – qui est resté loyal envers Cohn pendant des années – aura été l’un des derniers bénéficiaires et les plus durables du pouvoir de Cohn. (…)L’essence de l’influence de Cohn sur Trump était la triade suivante:
    1. Ne jamais payer, ne jamais se rendre.
    2. Contre attaquer et porte plainte.
    3. Quoi qu’il se passe, même dans la pire des situations, crier victoire et ne jamais s’avouer vaincu.

     

  • « How Donald Trump and Roy Cohn’s Ruthless symbiosis changed America » – Vanity Fair

 

 

 


8 . A écouter

 

  • Maggie Haberman, journaliste star du New York Times a débuté au New York Post puis Politico qui suit depuis des années Donald Trump, qu’elle connait très bien – C’est l’une des plus connectées de Washington et ses articles apparaissent très en Page One de la « Grey Lady ».
    C’est le quotidien d’une journaliste qui couvre une présidence extraordinaire entre la capitale et New York. Passionnant.
  • « I Have to Ask: The Maggie Haberman » – Slate

 


9. La couverture du jour

 

  • La septième et avant dernière saison 7 de Game of Thrones débarque sur HBO le 16 juillet prochain.

 

 

Maggie Haberman, la journaliste star de Washington

 

  • Après un article élogieux de CNN le mois dernier, c’est au tour du magazine Elle de faire le portrait de la journaliste Maggie Haberman, l’une des correspondantes du New York Times à Washington, devenue ces derniers mois, l’une des journalistes politiques stars de la capitale et du pays grâce à ses révélations quasi-quotidiennes sur le président.

 

 

  • Elle est née à New York en 1973, a commencé sa carrière en bas de l’échelle: diplômée d’une petite université, elle a débuté comme « copy kid » en 1996 pour le tabloïd New York Post, puis est partie travailler chez son concurrent du NY Daily News, début 2000, a rejoint Politico en 2010 avant d’être engagée par le New York Times en 2015 pour suivre la campagne de Donald Trump – qu’elle suivait depuis une dizaine d’années.

 

  • Citation:

    [Donald Trump] était tout le temps dans « Page Six » [la page mondaine du New York Post] durant les années 80 et 90 et il était souvent la personne au bout du fil qui se faisait passer pour « la source » proche de Trump [et alimentait les rumeurs sur lui].

 

  • Elle est devenue en 2016 la journaliste la plus lue du prestigieux quotidien new yorkais car la plus connectée de la campagne électorale: Elle enchaîne avec son collègue Glenn Trush les articles en une du New York Times et fait figure de héroïne du quatrième pouvoir.

 

  • Selon elle, les journalistes et Washington devraient digérer l’élection de Trump plutôt que de s’exclamer à chaque nouveau tweet, le couvrir « normalement » comme le personnage qu’ils ont suivi pendant la campagne, et qui a 70ans, ne changera pas:
     

    Il est qui il est, et ça ne changera pas. Et certaines situations seront forcément tendues. Mais qui il est est aussi la raison pour laquelle il a gagné même après la fameuse vidéo de Access Hollywood

  •  

  • Elle compare sa présidence « au mandat d’un maire de New York à la fin des années 80, début des années 90 » et essaye de rester la plus objective possible quand il s’agit d’écrire ou de parler de Trump, sans tomber dans la critique facile.

 

  • Annie Karni, une ancienne collège du New York Post:

    « La magie de Maggie Haberman est qu’elle est la reporter la plus influente à Washginton, alors qu’elle n’y habite même pas. C’était la journaliste la plus importante de la campagne de Trump sans avoir voyagé avec lui.  Elle est tellement connectée et bien informée qu’elle n’en n’a pas besoin. »

 

  • Si Haberman et Trush agacent profondément le président, c’est eux à qui le président va parler quand il veut s’exprimer.

 

Le Kiosque du 10.04.17: Stephen Colbert cartonne + Maggie Haberman respectée + Neil Gorsuch #113 + Mc Connell a « brisé l’Amérique »

 

  • Quelle influence pour le nouveau juge de la Cour Suprême?

    Le 113 ème juge de la Cour Suprême, Neil Gorsuch, a finalement été nommé la semaine dernière avec une majorité simple de 54 sénateurs (dont trois démocrates) et grâce au passage en force des Républicains qui ont modifié l’une des prérogatives du Sénat et interdit désormais à la minorité d’utiliser l’obstruction parlementaire contre la nomination d’un juge de la SCOTUS (Supreme Court Of The United States).
     
    Le juge Gorsuch a prêté serment ce matin et devrait rapidement rejoindre la Cour pour les derniers mois de son terme qui a lieu en juin et lui redonner sa majorité conservatrice qu’elle disposait jusqu’à l’année dernière, avant la mort brutale du juge Anthony Scalia.
     

    Gorsuch a été soutenu par le lobby des armes, les organisations contre l’avortement, le monde des affaires et dénoncé par les défenseurs de l’environnement, les féministes et les syndicats. Ils n’auront pas à attendre longtemps pour savoir où se situe Gorsuch.

     

    Les prochaines grandes décisions se pencheront sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat (Trinity Lutherian Church of Columbia, Inc v. Pauley), le Sixième Amendement et les droits concernant les poursuites pénales (Weaver v. Massachusetts and Davila v. Davis) et sur la possibilité ou non de retirer la citoyenneté à un Américain naturalisé (Maslenjak v. U.S.).
     
    * « Immediate Impact: Gorsuch Could begin playing pivotal role on Supreme Court Starting next Week » – The Washington Post

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  • « L’homme qui a brisé l’Amérique: Mitch McConnell »

    La pierre tombale de Mitch McConnell devrait mentionner qu’il est responsable de la mort du Sénat.
    Et j’ajouterai une deuxième ligne: « Il a brisé l’Amérique »
    Aucune homme n’a autant travailler ces dernières années à miner le fonctionnement du gouvernement américain. Son rôle a marqué le summum d’un leadership sans principe, le triomphe des tactiques au service du pouvoir à court terme.

     
    Mr McConnell, sénateur du Kentucky a été porte parole de la minorité républicaine au Sénat sous le président Obama avant d’être celui de la majorité à partir de 2015.
    C’est un fier partisan du blocage et de l’obstruction parlementaire (« filibuster » et « gridlock ») qu’il a utilisé et promu ces vingt dernières années surtout contre le président Obama (« la chose la plus importante est qu’il n’achève qu’un seul mandat » a-t-il affirmé en 2010) en entretenant avec « délectation » sa « réputation de vilain ».
     

    Alors que certains Républicains ont été critiques envers les dérapages du président Trump, McConnell est resté silencieux. Alors que ses prédécesseurs ont cherché le compromis, McConnell ne possède pas ce genre de qualités. Mais le plus caractéristique chez McConnell, c’est sa tendance à changer de point de vue selon les exigences du moment (le salaire minimum, le retrait d’Irak, le droit des travailleurs) et son talent à revenir sur tout ce qu’il a fait: Opposer une loi sur l’immigration qu’il a soutenue, demander un vote sur le plafond de la dette et essayer de l’obstruer, pousser l’administration Obama à soutenir une commission mixte sur la dette puis voter contre.

     
    C’est de la politique politicienne à l’état pur sans idéologie, ni continuité dont le seul principe est de contrer l’opposition et gagner quels qu’en soient les moyens.
    C’est lui qui vient de modifier la loi qui permettait à la minorité du Sénat de bloquer la nomination d’un juge de la Cour Suprême

     
    * « The Man who broke American »The Washington Post

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  • La majorité oubliée: les Conservateurs

    La Maison Blanche est minée par leur rivalité: le soap opéra entre Jared Kushner, gendre du président, et Steve Bannon, les libéraux new yorkais contre les nationalistes-populistes qui fait les choux gras des médias et qui laisse la part belle à une troisième voie qui « calmement mais sûrement, façonne l’agenda domestique du président »: le mouvement conservateur mené par le Vice président Mike Pence, plutôt réactionnaire:
     

    « Leur priorités incluent des réductions importantes du budget national, l’élimination des subventions de Planned Parenthood, un décret présidentiel sur la liberté religieuse, le retrait d’Obamacare, et éliminer l’Agence de protection de l’environnement »

     
    * « Forgotten Thing: the Conservatives »Axios

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  • Maggie Haberman, la journaliste préférée de Trump

    Elle aura toujours une place spéciale auprès du président. C’est l’une des journalistes politiques les plus influentes, et c’est le New York Times. Peut être le « failing » New York Times, mais c’est la couronne de bijoux et il aime ça.

     
    Ce sont les propos d’un journaliste de Politico à propos de son ancienne collègue et actuelle journaliste du New York Times, Maggie Haberman, qui suit Donald Trump depuis des années et dispose d’un accès privilégié à la Maison Blanche depuis qu’il est président.
    Elle ne lui fait pas de cadeaux et c’est sans doute pour cela qu’il l’apprécie, elle est « dure » mais « juste »

     

    Il n’y a aucun journaliste que Trump respecte et craint autant que Haberman. Il peut s’en prendre au Times, et à elle mais il retourne tout le temps vers elle pour partager ses opinions et donner des interviews. Il le fait parce que, non seulement il la connaît depuis longtemps, il sait qu’elle est importante, et qu’elle le ne le traitera pas gentiment mais jamais de manière injuste, qu’elle force le respect de la communauté politique de Washington et New York.

     
    Un article très élogieux mais que tous ses confrères admettent comme honnête.
    « Je suis très étonnée de voir combien elle est attentive au fait d’être juste » explique un autre journaliste, Barbaro. « On traverse un moment de journalisme où beaucoup de gens peuvent être moins regardant avec les faits mais Maggie se lève chaque matin et se dit Je serai juste et elle l’est. Les gens apprécient beaucoup cette qualité. »
     

     
    * « The New York Times reporter Trump can’t quit » – CNN Media

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  • Les abonnés de Trump sur Twitter

    Si Trump est l’utilisateur le plus puissant et visible sur Twitter, les réponses qui apparaissent juste en dessous de son message doivent occuper l’un des emplacements les plus influents d’internet.

     
    Une enquête intéressante dans Bloomberg BusinessWeek sur les abonnés du compte Twitter de Donald Trump qui prennent soin de lui répondre: parmi les plus prolifiques, cinq seraient des robots qui tweetent automatiquement (18 000 tweets pour le plus actif @Trump2016_Fan en 2016) mais sur les 20 000 réponses que suscitent en moyenne un tweet du président, les journalistes ont réussi à isoler différentes catégories pour comprendre leurs motivations.
     
    1/ « The Bots »: Les comptes automatisés qui envoient des messages à intervalles régulières (chaque heure, demi-heure, jour, etc…) sur le compte de Trump: Il s’agit de publicités, messages politiques ou informations qui viennent de supporters ou détracteurs de Turmp
    2/ « The Loyalists » à l’instar de Scott Presler, 28 ans, qui « sait se promouvoir sur Twitter », est un fidèle de Trump, de Jeff Sessions ou Kellyanne Conway qui a vu le nombre de ses abonnés augmenter de 10 à 76 000 en un an et pourqui le but ultime est un intéraction avec @realDonaldTrump
    3/ « The Haters »: Ceux qui détestent Donald Trump
    4 « The Activists »
    5/ « The Comedians »
    6/ « The Eggs » ou ceux qui n’ont pas de photo de profil et représentent 7,5 millions, soit 28% du total de ses de ses abonnés.
    7/ The « Ragers », ceux qui n’ont jamais digérés le résultat des élections présidentielles.

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  • Comment Stephen Colbert a transformé le « Late Night Show »

    CBS

     

    Cinq mois [après les élections], The Late Show a fait l’impensable en une année: il est devenu l’émission la plus regardée des fins de soirée. Mr Colbert vient d’enchaîner neuf semaines consécutives en tête des audiences contre l’ancien « invincible » Jimmy Fallon (…)
    Au même moment l’année dernière, Mr Colbert perdait avec un million de téléspectateurs en moins que Mr Fallon et subissait la pression de CBS … Même si la victoire de Mr Trump semble avoir retourné la course de émissions satiriques du soir, la remontée de Mr Colbert est le produit de mois de travail méticuleux.

     
    Après six mois d’antenne et des résultats décourageants, Colbert a engagé un nouveau producteur (créateur du Morning Joe), Chris Licht, enchaîné les émissions en direct (dont celles très réussies des conventions républicaines et démocrates cette été) jusqu’à la fameuse soirée des élections, au cours de laquelle il a offert un discours improvisé salué par nombre de ses fans.
     

     
    Deux semaines après il dépassait Fallon, et n’a cessé de progresser depuis
     
    * « How Stephen Colbert Finally Found His elusive Groove » – The New York Times

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