Le Kiosque du 22.06.17: Dem:0-Rep:4 – Le Guardian US mal en point – Uber – Michael Moore & John Oliver

 

1. Démocrates 0 – Républicains 4

  • La défaite des Démocrates dans le 6ème disctrict de Géorgie et en Caroline du Nord mardi soir est le signe que les Républicains, malgré les déboires des premiers mois de présidence de Trump, ont toutes les chances de remporter les élections de mi-mandat en 2018 et pourquoi pas la réélection de Donald Trump en 2020 a affirmé Michael Bloomberg cette semaine sur CNN.
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  • Le milliardaire a prévenu les Démocrates: « Tout l’argent du monde ne peut acheter une élection » et si l’ancien maire de New York refuse de considérer cette élection comme un référendum sur la jeune présidence de Trump – les élections parlementaires comme celles-ci se jouent davantage sur des enjeux locaux – il leur conseille de se concentrer sur une victoire en 2020 plutôt qu’une résistance systématique de l’administration actuelle.
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  • Comme l’affirmait Michael Moore sur Twitter hier
     

     Celui qui pense que le parti qui a gagné le vote [populaire] dans six des sept dernières élections [présidentielles], qui ne dispose d’aucun pouvoir et qui a perdu quatre élections en 2017 va gagner l’année prochaine, n’a rien compris.
    Le Comité National Démocrate n’a aucune idée de comment gagner parce qu’ils n’ont aucun message, aucune stratégie, aucun leader, ne se battent pas et n’aiment pas la résistance.

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  • Les Démocrates  n’ont rien appris de leur défaite aux élections présidentielles de 2016, continuent à faire les mêmes erreurs en attendant des résultats différents, et le bouc émissaire est Nancy Pelosi, la porte parole de la minorité démocrate à la Chambre des Représentants.

 

 


2. Travis Kalanick, les dessous d’une disgrâce

 

The NEw York Times – Credit Chris Koehler

 

  • Comment une poignée d’actionnaires a réussi à se débarrasser du fondateur et directeur de la start-up la plus chère au monde:
     

    La décision de Travis Kalanick de démissionner de son poste de directeur général de Uber Technologies a choqué ses 12 000 employés et le reste de la Silicon Valley, mais c’est la culmination de semaine de machinations de la part des plus gros investisseurs pour virer le co-fondateur d’une compagnie évaluée à 70 milliards de dollars

     

  • Un véritable putsch de la société californienne Benchmark, l’un des plus gros investisseurs de Uber, qui a envoyé deux représentants surprendre Kalanick mardi à Chicago, en lui présentant une série d’exigences dont celle de sa démission immédiate, imposée par cinq grands actionnaires de la compagnie, et que le jeune entrepreneur de 40 ans a finalement accepté après un coup de fil passé à Arianna Huffington, l’une des membres du conseil d’administration, et des heures de négociations – il garde un siège au conseil des directeurs.

 

  • Ce sont les scandales (harcèlement sexuel, discrimination, vol de brevet, utilisation frauduleuse de software), l’incapacité de Kalanick à redresser l’image de la compagnie, et la difficulté de trouver un Directeur d’exploitation (COO) à cause la présence même de Kalanick dans l’entreprise qui a poussé les investisseurs à organiser ce coup.

    Le drame qui s’est déroulé dans l’hôtel n’avait rien de soudain. C’est le résultat de plusieurs au cours desquels à peu près tous les soutiens de Mr Kalanick se sont retournés contre lui. Un par un, les dirigeants, membres du conseil, investisseurs et même les amis proches ont pris leurs distances  devant la série de scandales éthiques et légales auxquels Uber a du faire face.

  • Les successeur potentiels de Uber dans Axios
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  • « How Uber Backers orchestrated Kalanick’s Ouster as CEO » – The Wall Street Journal
    « Inside Travis Kalanick Resignation as Uber’s CEO » – The NEw YOrk Times

 

 


3. John Oliver et HBO poursuivis

 

Youtube / Coal: Last Week Tonight with John Oliver (HBO)

 

  • Le présentateur de « Last Week Tonight » sur HBO a consacré sa dernière émission à l’industrie minière aux Etats-Unis, un thème de prédilection du président qu’il s’est promis de ressusciter en dépit de tout logique historique, économique et même sanitaire: Le secteur ne compte plus que 50 000 mineurs, est en déclin depuis des décennies à cause d’une baisse structurelle de la consommation au profit des énergies renouvelables et d’une robotisation de son exploitation, sans compter les problèmes de santé et de sécurité rencontrés par les mineurs.
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  • L’une des compagnies ciblées dans l’émission, Murray Energy Corporation, a prévenu à l’avance HBO que toute tentative de diffamation, et de harcèlement contre elle ou son dirigeant, Mr Murray, ferait l’objet d’une plainte a expliqué John Oliver dimanche soir.
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  • Ce qui a motivé John Oliver pour attaquer Mr Murray, « vieux Dr Evil », qu’il a accusé de maltraiter ses employés, de les mettre en danger et de dénoncer les plaintes systématiques de la compagnie contre les médias.
    Une plainte en diffamation a été déposée cette semaine contre HBO en Virginie Occidentale.
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  • « John Oliver, a giant squirrel and a defamation lawsuit by coal industry titan »Washington Post

 


4. Glow, le dernier programme glam rock 100% féminin de Netflix

 

 

  • La nouvelle « dramedie » en dix épisodes suit le parcours de jeunes actrices en difficulté qui acceptent de participer à des programmes de catch et s’inspire directement d’une émission populaire éponyme des années 80, G.L.O.W., pour the Georgeous Ladies of Wrestling.
  • Le programme hebdomadaire, diffusé le dimanche entre 1986 et 1990, « reste un phénomène extraordinaire à beaucoup d’égards en dépit de ses préjugés, de ses conditions de travail bizarres et ses risques d’accident »: les membres étaient aussi de jeunes actrices en difficulté, jolies, à qui des producteurs ont demandé de se battre sur un ring après leur avoir donné des noms loufoques comme MTV, Jailbait, Little Egypt, Babe the Farmer’s Daughter ou Ninotchka.      .
  • GLOW a eu beaucoup de succès auprès des enfants et adolescents (les « fratboys » américains) car si les actrices suivaient un scénario, les luttes étaient bien réelles et souvent improvisées: « esthétiquement aussi féministe que Charlie Angels mais bien plus valorisant » explique le New Yorker
  • Vous pouvez regarder le documentaire consacré au programme original “G.L.O.W.: The Story of the Gorgeous Ladies of Wrestling.” et disponible demain sur le Netflix américain.

 

 


5. Le Guardian US en eaux troubles

 

Campagne de publicité du Guardian US en 2013

 

  • Le Kiosque en parlait fin mars: L’édition américaine du Guardian est fragilisée comme le décrit cette semaine Buzzfeed News dans une longue enquête:
     

    La rédaction du Guardian US n’est pas devenue la voix de la gauche de Bernie pendant les élections. Elle n’a pas réussi à sortir des scoops importants durant la campagne. Des années après avoir gagné un Pulitzer pour l’histoire de Edward Snowden, le Guardian US a dû réduire ses coûts, laissant des employés inquiets concernant les problèmes de gestion, les lutte internes, l’accusation de harcèlement sexuel et des perspectives financières impossibles à atteindre. 

     

  • Le Guardian US est né en 2011 de la branche américaine du quotidien, Guardian America, qui rapportait déjà beaucoup de trafic, et a voulu atteindre public américain en adoptant un ton différent de celui des autres grands quotidiens du pays.
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  • L’affaire Snowden en 2013 qui lui a offert le Pulitzer en 2014 a imposé The Guardian US dans le champ médiatique, qui a triplé de volume et élargit sa ligne éditoriale avec l’apport de financements mais une pression supplémentaire pour rapporter plus de trafic et culminé à 42 millions de visiteurs mensuels en juin 2016. 
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  • Une restructuration de la compagnie mère et une baisse des revenus publicitaires en ligne en ont décidé autrement et la rédaction est passée en quelques mois de 140 à 80 employés avec des objectifs désormais inatteignables (32 millions de dollars de revenus pour 2016-17 soit deux fois plus que l’année précédente).
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  • Le Guardian n’a pas réussi à concurrencer le New York Times et le Washington Post qui enchaîne les scoops depuis des mois – une remarque qui s’applique d’ailleurs à tous les autres quotidiens et magazines américains – ni à utiliser la campagne électorale pour représenter et défendre la gauche progressiste américaine incarnée par Bernie Sanders, assez critiqué par le Times et le Post qui eux ont choisi Clinton. 
    Un constat un peu injuste puisque le Guardian été l’un des seuls grands médias à soutenir et couvrir la campagne du sénateur du Vermont, jusqu’à sa défaite en juin de l’année dernière
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  • « How the Guardian lost America » – Buzzfeed News

 


6. Couverture du jour

  • Le Time s’intéresse au procureur Robert Mueller qui a repris l’enquête du FBI sur les soupçons de collusions entre la Russie et l’équipe de Trump durant les élections présidentielles américaines, qu’il aurait élargi pour inclure d’éventuelles tentatives d’entrave à la justice du président – pour avoir viré James Comey.
     

    Mueller doit être prudent, mesuré, honnête et ouvert. S’il trouve des infractions, il doit les expliquer clairement. S’il n’en trouve aucune, il doit l’affirmer avec autant de transparence et de conviction. L’Amérique a besoin de leaders qui soient justes: Mueller peut aider en étant un exemple.

Accord de Paris: Aux USA, la colère gronde et la réaction s’organise

 

Le président américain a confirmé hier après midi depuis le Rose Garden de la Maison Blanche, le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, malgré les mises en garde de sa fille Ivanka, de nombreux chefs d’entreprise, des Démocrates et leaders du monde entier.
Comme l’ont souligné Barack Obama et Al Gore, ce sont désormais les Etats, les villes, les entreprises, les citoyens américains qui vont mener la lutte pour la protection de l’environnement, et selon le New York Times, la résistance est déjà en marche.

 

Le discours

  • Une promesse tenue: Donald Trump a tenu une fois de plus l’une de ses promesses de campagne, quels qu’en soient les conséquences nationales et internationales. Il a satisfait sa base électorale et une majorité de la droite américaine euro-sceptique.

    A partir d’aujourd’hui, les Etats-Unis vont cesser toute application de l’accord non obligatoire de Paris et les mesures draconiennes et financières qu’il impose sur notre pays.

  • La phrase à retenir:

    J’ai été élu pour représenter les citoyens de Pittsburg. Pas de Paris.

    Le maire démocrate de Pittsburg a répondu sur CNN que « la ville [avait] voté à 80% pour Hillary Clinton » et qu’il [s’engageait] à continuer de réduire les émissions de dioxyde de carbone.

  • Raisons du retrait:

    L’accord de Paris est très injuste pour les Etats-Unis.

    En accord avec son programme électoral « America First », l’économie, les emplois, les citoyens et les contribuables américains ne seront plus pénalisés par un accord international.

  • Trump s’est dit ouvert à des négociations visant à redéfinir « de manière plus juste » les termes de l’accord mais l’Allemagne, l’Italie et la France s’y sont opposés dans une déclaration commune.
  • Trump a égratigné au passage son prédécesseur:

    L’accord a été mal négocié par l’administration Obama

    Lui et les Républicains sont déterminés à détruire tout ce qu’il a entrepris et accompli et ils y arrivent.

 

Les Réactions

  • On s’y attendait mais le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris est un coup de massue et le discours réactionnaire, belliqueux et nationaliste du président américain n’a rien arrangé.
    Hier après midi, une partie de l’Amérique est sous le choc
  • Une autre partie célébrait la « réaffirmation de la souveraineté de l’Amérique » et la défense de ses intérêts vis-à-vis du reste du monde: Breitbart, Fox News, National Review, le Wall Street Journal, Paul Ryan, le porte parole de la Chambre des Représentants, le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell.
  • A la Maison Blanche, c’est une victoire pour Steve Bannon et les « nationalistes », qui regagne de l’influence contre les « modérés » représentés par Ivanka Trump, son mari Jared Kushner ou Gary Cohn.
    Scott Pruitt, directeur de l’Agence de Protection de L’environnement climatosceptique assumé et proche des industries polluantes, qui est intervenu après Trump hier après midi, est aussi l’un grand gagnant.

 

  • Elon Musk, le milliardaire fondateur des voitures électriques Tesla et Bob Iger, le président de Disney, ont décidé de quitter le conseil économique du président.
  • Barack Obama a dénoncé « un retour en arrière » de l’administration qui refuse d’admettre que le « secteur privé américain est majoritairement favorable aux énergies renouvelables ». Il appartient aujourd’hui aux Etats, villes et aux entreprises de montrer l’exemple.
  • Même constat pour Al Gore qui a qualifié la décision de Trump de « dangereuse et indéfendable » et appelé le peuple américain à continuer à défendre l’environnement.
  • Leonardo DiCaprio qui avait rencontré Ivanka Trump et le président-élu en novembre dernier pour tenter de prêcher la bonne parole à appelé à la résistance sur Facebook

 

Une première initiative « parallèle » ambitieuse

  • Selon le New York Times, une trentaine de maires, trois gouverneurs démocrates (Washington, New York, Californie), 80 présidents d’universités et une centaine d’entreprises et des entreprises américaines négocient avec les  Nations Unies pour atteindre les objectifs fixés dans l’accord de Paris sur le climat, malgré la décision de Trump.
  • Michael Bloomberg, l’ancien maire de New York, coordonne les efforts et affirme avec optimisme que les initiatives concertées des villes, des Etats et des industries peuvent surpasser l’objectif que s’étaient fixés les Etats-Unis de réduire de 25% d’ici 2025 les émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 2005:

    Un engagement parallèle qui transfère la gestion de la lutte contre le changement climatique du gouvernement fédéral aux niveaux inférieurs du gouvernement, aux Etats, au monde universitaire et à l’industrie.

  • Pour les entreprises qui ont soutenu le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, les bénéfices pourraient être bien moins importants que les critiques et le boycott des consommateurs, à l’intérieur du pays comme à l’étranger.

 

Le gouvernement vient de renoncer à l’accord de Paris pour des raisons purement électorales et d’affaiblir sa position de leader sur la scène international mais aussi à l’intérieur du pays où des acteurs politiques, associatifs, économiques et privés vont prendre la relève la lutte pour la protection de l’environnement.

« La guerre de noël »: Merry Christmas ou Happy Holidays?

Chaque année aux Etats-Unis, les célébrations de noël donnent lieu à la même polémique construite de toutes pièces par les Conservateurs qui accusent les « progressistes laïcs » de menacer la tradition chrétienne.
Au centre de la discorde, les partisans de « Joyeux Noël » menacent de boycott les enseignes et grands magasins qui lui préfèrent le terme plus neutre de « joyeuses fêtes ». 

Retour sur cette discorde qui a trouvé un allié de choix cette saison avec le président-élu, Donald Trump.

 

Bill O’Reilly et Fox déclarent la guerre aux « joyeuses fêtes »

A New York, au mois de décembre, il est rare de trouver une vitrine sans père noël, guirlande ou un magasin sans une odeur bougie à vanille qui ne passe en boucle des « Christmas carols »: Noël, c’est la fête commerciale de l’année avec des décorations et des célébrations jusqu’à l’écoeurement.
Mais pour certains cette mise-en scène n’est pas suffisante.

En 2004 un reportage intitulé « Noël Assiégé » dans l’émission « The O’Reilly Factor » sur Fox News accuse les établissements publics, la grande distribution et publicitaires de vouloir « laïciser » la fête chrétienne au nom du « politiquement correct » imposée par une société de plus en plus diversifiée et multiculturelle.
A l’époque, Fox News est devenue la chaîne d’infos la plus regardée du pays, l’antenne officielle du gouvernement Bush, et beaucoup d’Américains croient à leurs propos comme parole d’évangile.
Certains magasins et grandes surfaces du pays ont effectivement demandé à leurs employés d’utiliser « joyeuses fêtes » avec leurs clients plutôt que « joyeux noël » et le maire de New York, Michael Bloomberg, à parler des « sapin de fêtes » plutôt que de « sapin de noël » – au delà cela, rien d’anormal.

 

Le catalogue de la chaine de grandes surfaces Lowe qui parle de « family tree » plutôt que « christmas tree »


Pour O’Reilly, l’un des champions de cette polémique, « la guerre de noël » est une menace contre la tradition et la foi chrétienne partagée par une grande partie des Américains, dans un climat post-11 Septembre encore très sensible: 

« Les progressifs laïcs réalisent que l’Amérique d’aujourd’hui n’approuvera jamais le mariage gay, l’avortement partiel, l’euthanasie, la légalisation des drogues, la redistribution des revenus à travers l’impôt et d’autres approches progressives à cause l’opposition religieuse

L’American Family Association, considérée comme homophobe par le Southern Poverty Law Center, créé une liste annuelle des magasins considérés comme « naughty or nice » (« méchants ou gentils ») suivant l’effort qu’ils font pour célébrer « l’esprit » de noël. Une année, les centres commerciaux Lowe ont reçu une « Action Alert » par l’association pour s’être référés à « des arbres de famille » plutôt des « arbres de Noël » dans leurs catalogues – ils ont se sont excusés publiquement auprès de leurs clients.

La liste de l’American Family Association « naughty-or-nice » des magasins

 

D’une « guerre des cultures » à une farce télévisée

A partir de 2005, la polémique autour de « la guerre de noël » est devenue une « farce annuelle » entre programmes télé conservateurs et progressistes, un « moyen pour les producteurs de remplir les plages télés durant les vacances de fin d’année » et un moyen pour les associations religieux et familiales de se faire un peu de publicité.

La guerre de Noël est symbiotique, elle produit beaucoup d’effets sur les parts d’audience et sur le trafic sur internet: Les libéraux moquent les conservateurs et les Conservateurs se défendent d’être ridicules et de ne pas reconnaître la réalité de cette « guerre de noël ».

Une polémique qui a tourné en rond jusqu’à la fin des années 2000, quand les médias et le public ont commencé à s’en lasser, que Barack Obama est arrivé au pouvoir et a donné aux Conservateurs des soucis bien plus importants que cette guerre des symboles.

 

Mais rebelote l’année dernière quand Starbucks, la compagnie libérale de Seattle, cauchemar progressiste des Républicains, aurait relancé la guerre de noël en décidant de changer le motif de ses gobelets en papier « spécial fêtes ».

Gobelets de noël 2016 chez Starbucks

En 2015, le géant du café à emporter a décidé de remplacer les thèmes de noël sur fond rouge qui animaient les fins d’années depuis 1997 par un simple fond rouge avec l’emblème de la sirène.
Une décision qui a provoqué un tollé dans l’ensemble du pays, que certains ont vu comme un nouvel assaut contre la magie de noël, et une polémique à laquelle le président-élu ne pouvait se retenir de participer en appelant au boycott de la compagnie.

Impossible de savoir quelles ont été les retombées économiques de cette controverse mais cette année, Starbucks est revenu à des motifs traditionnels, treize différents qui ont été réalisés par des clients et amateurs de café.

Les très controversées gobelets de noël – version 2015

 

Bill O’Reilly: « On a gagné la guerre de noël »

Cette année, Jon Stewart n’est plus là pour « jouer l’ennemi » de O’Reilly et ce dernier a déclaré cette semaine, toujours sur Fox News, que « La guerre de noël avait été remportée par ‘les bons’ mais qu’il restait tout de même des insurgés »: la plupart des compagnies qui ont fait preuve de « non sens » dans le passé, dont Starbucks et Lowe, sont finalement rentrées dans le rang.

Il était satisfait de voir que Donald Trump « est lui aussi sur le coup ».
Lors d’un meeting de la tournée « USA Thank you Tour » dans le Michigan la semaine dernière, le président a promis à des supporters très enthousiastes qu’on allait « recommencer à dire joyeux noël ».
Il a prévenu que « ces magasins qui ont des cloches, des murs rouges, de la neige mais pas d’insignes ‘joyeux noël’ allaient s’y remettre rapidement » avant que O’Reilly rajoute avec humour, « ou ils seront déportés ». On a du mal à rire.

Noël reste le jour férié  (« federal holiday ») le plus suivi aux Etats-Unis puisque 90% des Américains le fêtent et y compris 80% des non religieux. La moitié de la population considère toujours cette fête comme religieuse tandis qu’un tiers seulement la voit comme une fête culturelle.

Il n’y a jamais vraiment eu de « guerre de noël » mais plus une paranoïa des Conservateurs et religieux du pays contre une société de plus en plus laïque et multiculturelle – Sauf peut-être pour cet écureuil de Seattle qui a volé toutes les lampes d’un sapin de noël, 150 au total, en espace de 24 heures, et d’autres rôdeurs ont attaqué les illuminations d’un des grands sapins de la ville de Boston – et la ville de Toronto est également victime des assauts répétés d’écureuils sur les décorations. 

 

Barack Obama: « Don’t boo, vote! »

Barack Obama, Joe Biden et MIchael Bloomberg mercredi 27 Juillet 2016, troisième jour de la Convention nationale du parti démocrate

Contrairement à son rival, Donald Trump, laissé pour compte par son propre parti, Hillary Clinton a élargit hier la liste de ses soutiens au sein des démocrates avec les interventions du vice-président Joe Biden, de Barack Obama, et celle de Mickael Bloomberg, l’ancien maire de New York, étiqueté « indépendant ».

La rhétorique visait à rassurer les électeurs sur la situation politique et économique du pays, sur la « grandeur » de la nation et « l’exceptionnalisme américain ». Des thèmes traditionnellement défendus par les républicains et que Trump a choisit de mettre de côté au profit d’une vision très noire des Etats-Unis

 

Le discours d’Obama était moins personnel et émouvant que celui de Michelle mais plus pragmatique dans ses attaques contre Donald Trump, et son tableau « pessimiste d’une Amérique fondée la colère, la haine et les divisions » dans laquelle « un seul homme » serait capable de changer les choses.
Les changements qui restent à accomplir doivent au contraire inclure l’ensemble des Américains.
Aux huées qui ont entouré l’évocation de Donald Trump, il a répondu avec une déjà phrase prononcée en 2008, et qu’on ré-entendra sans doute lors cette campagne: « Don’t boo, vote! » 

Sur les jugements répétés dont Hillary est fréquemment l’objet, le président les explique comme la conséquence de quarante années de vie publique et politique passées au peigne fin, et au cours desquelles si elle échoué, c’est parce qu’elle a d’abord essayé, et c’est l’un des raisons pour lesquelles elle reste « la plus qualifiée » au poste de Commander-In-Chief.

Confiant dans l’avenir de son pays, Obama a rappelé les conditions économiques dramatiques, la récession de 2008, de son début de présidence, au cours duquel il a quand même multiplié les succès (Obamacare, le nucléaire iranien, la détente avec Cuba, la mort de Ben Laden et le retrait d’Irak) et qui a rendu le pays plus fort et plus prospère que jamais:
America is already great! America is already strong!


Joe Biden
, le vice président, très à l’aise sur scène, a sans doute été le plus convaincant hier soir, en évoquant à travers la perte de son fils, Beau, des suites d’un cancer l’année dernière, les situations dramatiques (« Broken Places ») dans laquelle des millions de familles et d’individus peuvent tomber un jour. Il a salué le courage et la détermination des classes moyennes, « le coeur » et « l’âme » d’une Amérique « forte » et « unie »

Il s’est lui aussi attaqué à Trump, à son cynisme sans limite, son manque d’empathie et de compassion qui peuvent se résumer à cette expression dont il est le si fier et qui a fait sa gloire ‘Vous êtes viré!’ (…)
Cet homme n’a aucune idée de ce que c’est que la classe moyenne, il n’a aucune de la grandeur de l’Amérique, il n’a d’ailleurs aucune idée, point à la ligne.
(…) Jamais dans l’histoire des Etats-Unis, le candidat d’un parti national n’a eu aussi de connaissance et d’expérience concernant la sécurité du pays »


Enfin, l’invité surprise de cette convention, Michael Bloomberg , un ancien républicain devenu indépendant, a appelé les électeurs américains à faire front contre « un dangereux démagogue ». L’homme d’affaires new yorkais, lui aussi milliardaire, a pris parti pour celle qui « résout les problèmes » et plutôt que pour celui qui « les créé »: Moi aussi je suis new yorkais, et je sais reconnaitre un escroc quand j’en rencontre