Le Kiosque du 19.05.17: Les défis de Trump à l’étranger; Le fantôme de Flynn; Richard Spencer

 

Au sommaire, ce vendredi 19 mai 2017
Bon anniversaire à mes parents, Jean-Noël & Muriel pour leur 44 ans de mariage.

1. Comment Préparer Trump à l’étranger
2. Les défis du président pour son premier voyage officiel à l’étranger
3. Le fantôme de Flynn
4. Les supporters de Trump ne suivent pas l’actualité
5. The White Supremacist: Richard Spencer
6. Le reste de l’actualité

 

 


1. Comment Préparer Trump à l’étranger

  • Les médias américains sont inquiets pour le premier voyage à l’étranger de Donald Trump: huit jours, cinq pays (Israël, Arabie Saoudite, Italie, le Vatican et la Belgique) et des dizaines de réunions inquiètent les proches du président qui n’aime pas voyager et qui chérit ses habitudes, notamment celle de dormir à la Maison Blanche (ces quatre derniers mois), dans la Trump Tower ou dans l’un de ses hôtels.
  • Des précautions ont été mises en place pour rendre ses déplacements les moins pénibles possibles:

Quand le président va s’asseoir pour dîner en Arabie Saoudite, son repas favori – un steak avec du ketchup – sera servi aux côtés de plats locaux. A l’OTAN et pour le sommet du G7, les délégations étrangères savent que Trump préfère les présentations courtes avec des visuels. Pour chacune de ses étapes tout au long du voyage, son équipe a passé des semaines à trouver des moments de répit dans son emploi du temps surchargé.

« Worldwide effort st to keep Trump happy on 1st trip abroad » – AP

 

  • Des conseils pour les leaders étrangers:

Faites court, n’imaginez pas qu’il connaît l’histoire de votre pays ou ses problèmes majeurs. Complimentez-le sur sa victoire pour le vote du collège électoral, et comparez le favorablement par rapport à Barack Obama. N’abordez pas ce qu’il a dit durant la campagne. N’arrivez pas avec une liste de questions mais avec un marché facile à conclure.

* « Tips for Leaders Meeting Trump: Keep it Short and give him a Win » – The New York Times

 

 

 


2. Les défis du président pour son premier voyage officiel à l’étranger

  • Merci Axios pour un récapitulatif des objectifs du président Trump pour chaque étape de son voyage et les questions en suspens de Politico:
Axios
  • Arabie Saoudite (20-21 mai): Discours sur l »Islam + Rencontre avec le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud.
    Appel à la paix dans le monde musulman + lutte contre le terrorisme
    Est-ce qu’il utilisera le terme « terrorisme islamique radical »
  • Israel (22-23 mai): Visite du mur des Lamentations + Rencontre avec Netanyahou 
    Meilleur allié de Trump à l’étranger, Netanyahou n’était pas très content du partage d’informations confidentielles entre Trump et les Russes.
  • Territoires occupés (23 mai): Processus de paix israélo-palestinien + Rencontre avec Mahmoud Abbas.
    L’une des promesses de campagne de Trump: Résoudre le conflit israélo-palestinien avec l’aide de son gendre, Jared Kushner, un juif orthodoxe
  • Vatican (24 mai): Rencontre avec le pape François.
    Trump a qualifié le pape de « honteux » l’année dernière. Espérons qu’il représente un plus dignement les Etats-Unis
  • Belgique, Bruxelles (24/25 mai): Sommet de l’OTAN et réunion avec les 28 pays membres.
    Réaffirmer l’engagement des USA dans l’OTAN et demander aux pays de payer leur contribution
  • Italie (26/27 mai): Sommet du G7
    Réassurer les alliés sur la capacité de Donald Trump a être président.

 

 

 


3. Le fantôme de Flynn

PHOTO ILLUSTRATION BY ELIZABETH BROCKWAY/THE DAILY BEAST
  • Aucun proche de Donald Trump ne lui a donné autant de fil à retordre que Michael Flynn, ancien lieutenant général de armées et ancien patron de la Defense Intelligence Agency, d’où il a été viré par Barack Obama en 2013 à cause de ses problèmes managériaux et le peu d’égard donné aux faits – son surnom était « Flynn Facts ».

 

  • Trump a nommé Michael Flynn, conseiller à la Sécurité Nationale, l’un des postes les plus importants de son administration, sachant que ce dernier:
    • Avait fait du lobby fin 2016 pour une entreprise turque liée au gouvernement de Erdogan et empoché un demi million de dollars
    • Il était sous le coup d’une enquête fédérale à cet effet.
    • Il ne s’était pas enregistré comme « agent étranger » auprès du Département de la Justice.
    • Barack Obama avait vivement conseillé à Trump au lendemain de sa victoire de ne pas lui faire confiance pour un poste à responsabilités

 

  • Son mandat n’a duré que 24 jours mais les conséquences vont continuer à faire sentir pendant longtemps dans et en dehors de la Maison Blanche car:
    • Durant la période de transition (nov. 2016 et jan. 2017, le général Flynn s’est opposé à la demande de l’administration Obama de signer un plan visant à armer des forces syriennes kurdes pour prendre la ville de Raqqa aux mains de Daech – un choix semble-t-il influencé par le gouvernement turc qui refusait de voir les opposants kurdes se renforcer militairement contre Ankara.
    • Il a rencontré le ministre des affaires étrangères turc en septembre pour discuter la livraison d’un dissident turc exilé aux Etats-Unis Fethulah Gulen et écrit dans The Hill au lendemain de la victoire de Trump que Gulen était « mollah islamique louche » qui devait être livré à la Turquie.

 

  • Comme le rappelle le NYTimes, « les accusations de connivence entre des membres de la campagne de Trump et les espions russes ont compliqué la prise de décisions stratégiques sur la Russie » et en partie à cause de Michael Flynn
  • Le 29 décembre 2016, date à laquelle Barack Obama a imposé des sanctions contre la Russie pour son ingérence dans les élections présidentielles, Michael Flynn était au téléphone avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak en lui promettant qu’elles seraient rapidement levées.
  • Mr Flynn a publiquement menti sur le contenu de ses discussions au vice-président, malgré les alertes de la ministre de la justice par interim de l’époque, Sally Yates. Ce n’est que les révélations du Washington Post qui vont obliger le président à demander la démission de son ami, Michael Flynn.
  • Le lendemain de sa démission, Trump a demandé à Comey de laisser tomber l’enquête qui pourrait incriminer Flynn, et quelques semaines plus tard, lui a envoyé un mot soutien, « Sois fort! »

 

  • « The Ghost of Michael Flynn » – The Atlantic
    « Turkey stopped Military plan Turkey opposed after being paid as a Foreign Agent » – McClathyDC
    « The Damage Mike Flynn Has Done to American Foreign Policy » – The New York Times

 


4. Les supporters de Trump ne suivent pas l’actualité

Photograph by Charlie Neibergall / AP
  • « Les loyalistes de Trump disent qu’ils ne savent pas, ne croient pas ou se foutent des révélations explosives qui ont forcé le département de Justice à nommer un procureur spécial pour enquêter sur les possibles collusions entre la Russie et la campagne du candidat républicain. »

     

  • C’est la seule force et légitimité du président alors que 61% des Américains pensent être malhonnêtes: La loyauté et le soutien des supporters de Trump n’a pas vacillé depuis son élection et son investiture, quels que soient les scandales qui ont éclaboussé la Nouvelle Administration depuis presque quatre mois.

 

  • Tout le brouhaha médiatique n’a pas convaincu ces électeurs de New York, Iowa, Géorgie qui ont pris le parti de soutenir le président et attendent de lui qu’il applique son programme conservateur – au ralenti ces deux dernières semaines à cause du Comey Gate.
    Certains dénoncent l’irresponsabilité des médias à attaquer l’administration qui fragilise le pays tout entier.

 

  • Beaucoup de ces supporters sont toujours très remontés contre l’ancienne adversaire De Trump, Hillary Clinton, qui aurait un choix bien pire que le milliardaire new yorkais.

 

  • Vox qualifie cette attitude de « ignorance volontaire« , une « force très puissante dans la politique américaine » et l’une des clés pour comprendre pour est-ce que « le discours politique peut être aussi irrationnel »: La politique n’a rien avoir avec les faits mais repose sur le partage d’une même réalité et la tendance intellectuelle à protéger notre appartenance politique plutôt que d’aller rechercher les faits.

 

 

 

 


5. The White Supremacist: Richard Spencer

  • Il appartient à cette génération d’extrême droite qui connait un regain d’attention grâce au nouveau président, celle qui promeut sans complexe la supériorité de la race blanche d’origine et de culture européenne opposée au multiculturalisme et à la Démocratie.

 

  • La première fois qu’on a entendu parler de lui, c’était l’année dernière, peu après l’élection de Trump, lors d’un dîner organisé à New York où des participants ont été photographié en train de faire le salut fasciste.
    On l’a ensuite vu se faire taper dessus en marge de la cérémonie d’investiture à Washington le 20 janvier dernier: deux poings dans la figure à deux reprises qui ont fait le tour d’internet, et l’ont rendu un peu plus célèbre.

 

  • Il dirige un think tank d’un seul employé, lui-même, appelé « National Policy Institute » qui cache un programme dédié à la survivance et à la supériorité de la race blanche symbolisée par l’empire romain, qu’il voit comme le sanctuaire de tous les Européens du monde entier.

 

  • Il se considère aujourd’hui comme une figure médiatique grand public
  • Pour le magazine Jacobin il représente un phénomène ancien assez commun: le raciste bien éduqué et financièrement à l’abri, un mélange de racisme et d’élitisme blanc ».
  • « His Kampf » – The Atlantic

 

 

 


6. Le reste de l’actualité

  • Antarctique: Reportage multimédia époustouflant sur la fonte de la calotte glaciaire en Antarctique – The New York Times 
  • Implosion: Un rapport du « Shorenstein Center on Media, Politics and Public School » de Harvard conclut que 41% de la couverture médiatique des éditions imprimés du NYTimes, WSJ, WaPo, et les chaînes d’info CBS, CNN, Fox News et NBC étaient consacrées à Donald Trump durant les cent premiers jours, trois fois plus que les anciens président.
  • Washington: James Comey a essayé tant bien que mal d’éviter tout « contact inapproprié » avec Donald Trump pour le convaincre de laisser tomber l’enquête sur les collusions entre son équipe de campagne et les Russes: Le président a sorti le grand jeu, dîners, réunions et même une embrassade devant les caméras. – The New York Times
  • Médias: A lire l’hommage de Bill O’Reilly à Roger Ailes, ancien patron de Fox News, décédé hier matin. Les deux hommes ont construit le formidable succès de la chaîne d’information câblée pendant près de 20ans et les deux ont été virés pour des accusations de harcèlement sexuel à quelques mois d’intervalle. – USA Today
  • Le groupe de hackers « The Dark Overlord » collecte illégalement les informations de patients des cliniques médicales et dentaires du pays pour les vendre ou les diffuser sur internet – Birmingham News

Le Kiosque du 31.03.17

 

  • L’enquête sur l’ingérence russe n’en finit pas

    L’histoire semble redondante mais elle est déterminante pour comprendre l’embarras dans lequel se trouve aujourd’hui la Maison Blanche vis-à-vis de la Russie.
     
    * Il existe aujourd’hui deux enquêtes sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles et d’éventuelles collusions entre des associés de Trump et des agents russes:
    L’une menée par une commission mixte du Sénat, indépendante qui a assuré cette semaine l’intégrité de son enquête.
    Une commission parlementaire et permanente, en charge du renseignement enquête également sous la direction du Représentant républicain Devin Nunes.
     
    * Samedi 4 mars: Donald Trump accuse le président Obama de l’avoir mis illégalement sur écoute, lui et certains membres de son équipe de campagne durant la période de transition (9 novembre 2016 – 20 janvier 2017)
     
    * Lundi 20 mars: Le directeur du FBI, James Comey affirme qu’il n’existe aucune preuve que Obama aurait demandé la mise sur écoutes du président-élu.
     
    * Mardi 21 mars: Deux représentants de la Maison Blanche, fraichement nommés, organisent une réunion secrète avec Devin Nunes à la Maison Blanche et lui présentent des documents confidentiels, appelés « Incidental collection »: ce sont les communications de citoyens américains interceptées par les agences de renseignement lors d’écoutes réalisées sur des officiels étrangers.
    La Maison Blanche s’est volontairement impliquée dans une enquête soi-disant « indépendante » de la Commission parlementaire, dans laquelle plusieurs membres de l’administration sont des suspects potentiels, pour orienter les soupçons contre le président Obama et valider les accusations du président Trump.
     
    * Mercredi 22 mars: Devin Nunes va présenter ces informations au président et organise une conférence de presse devant la Maison Blanche dans laquelle il annonce avoir reçu des informations « alarmantes » sur le président de la part de sources « secrètes », des lanceurs d’alerte – le tout sans en informer les membres de la Commission parlementaire
    « White House Officials Helped Give Nunes Intelligence Reports »The New York Times
     
    * Lundi 28 mars: Ses collègues de la Commission demandent à Devin Nunes de se retirer de l’enquête, ce qu’il refuse, en recevant le soutien de la Maison Blanche et du porte parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan.
     
    * Jeudi 30 mars: Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale du président, accepte de témoigner (« J’ai des choses à raconter, et j’ai vraiment envie de les dire ») devant les deux commissions chargées d’enquêter sur les ingérences russes, en échange d’une immunité si .
    Mike Flynn avait affirmé à la télévision le 25 septembre dernier: « Quand on vous donne l’immunité, ça veut dire que vous avez probablement commis un crime »
    « Mike Flynn Offers to Testify in Exchange for Immunity »The Wall Street Journal
     
    Et ce matin le président continue à le défendre en affirmant que son ancien conseiller est victime d’une chasse aux sorcières de la part des médias et Démocrates

    « Flynn est un électron libre qui n’a rien à perdre. Le camp de Trump devrait s’inquiéter »

    Twitter

     
    * Cet excellent portrait de Michael Flynn dans le New Yorker: « Michael Flynn, General Chaos »New Yorker

     

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  • Jusqu’ici tout va bien, sauf pour la Maison Blanche

    La Russie est plus que jamais est au centre de toutes les discussions, et l’exécutif est chaque jour un peu plus fragilisé par les révélations quotidiennes des médias.
     
    Mais tous ces scandales ont été déclenchés par le président et certains de ses conseillers et Secrétaires qui n’ont cessé de mentir sur leurs relations avec des représentants russes – même lorsqu’il n’y avait rien à cacher.
     
    Plutôt que de se concentrer sur la mise en place de son très ambitieux programme, l’administration s’est engluée dans ses propres affaires qui devraient prendre des mois à être éclaircies et qui mobilisent d’importantes ressources au Congrès américain.

    Il existe d’autres menaces et problèmes de taille dans le monde auxquels doivent faire face les Etats-Unis – notamment la Corée du Nord.
     
    Autrement, Comme Joe Scarborough l’affirmait ce matin, les médias n’ont jamais été aussi solides et rentables, tout comme le pouvoir judiciaire et ses juges qui ont préservé leur intégrité et indépendance face aux attaques répétées de la Maison Blanche, et le pouvoir législatif qui vient d’obliger la Maison Blanche à retirer l’une de ses promesses phares de la campagne, l’American Affordable Care Act.

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  • Trump durcit le ton avec les rebelles

    The NEw York Post – Edition du 30 mars 2017

    Depuis le retrait de l’American Health Care Act, la Maison Blanche menace ceux qu’elle estime être responsables: Les Représentans républicains du Freedom Caucus, proches du Tea Party.
     
    * Il y a eu Steve Bannon, qui a tapé du poing sur la table durant les négociations en expliquant à ces élus qu’il n’avaient pas d’autres choix que de se ranger derrière le président et la majorité républicaine. Sans succès.
     
    * Le weekend dernier, le président a fait semblant d’être ouvert aux Démocrates et à l’idée d’une coalition politique pour faire passer son programme sans le soutien du Freedom Caucus. Aucune réaction des intéressés.
     
    * Il a remis le couvert hier, sur Twitter, en utilisant « une stratégie que les membres du Congrès redoutent », c’est cibler personnellement des élus:
     

    Si @Jim_Jordan et @Raul_Labrador s’étaient ralliés, on aurait un excellent système de santé et une réforme et des réductions d’impôts … Ou sont @RepMarkMeadows, @Jim_Jordan et @Raul_Labrador? #RepealANDReplace

     
    * Donald Trump s’est dit prêt à considérer les membres du Freedom Caucus comme des adversaires politiques au même titre que les Démocrates en prévision des élections de mi-mandat: Il mettrait tout l’appareil politique du parti républicain a disposition de candidats qui lui sont fidèles contre eux.
     

    Le Freedom Caucus va saper tout le programme républicain s’ils ne se rallient pas et vite. Nous devons les batters, et les Dems, en 2018

     
    Labrador, l’un des responsables du Freedom Caucus, a répondu hier après midi:
     

    « Le Freedom Caucus est resté à tes côtés quand les autres t’ont lâché (…) Souviens toi qui sont tes vrais amis. Nous essayons de t’aider ».

     
    Ces élus de la droite dure bénéficient d’une base électorale très fidèle mais qui soutient également le président: C’est une stratégie risquée pour l’administration que d’essayer de les isoler et de les dénoncer mais aussi pour ces élus d’avoir l’air de saper sa présidence et son programme.
     
    * « Trump goes after Freedom Caucus ringleaders »Politico

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  • Un département d’Etat vide

    Les premières semaines de Rex Tillerson comme Secrétaire d’Etat ne sont pas très rassurantes pour le Département et les fonctionnaires qu’il dirige avec qui il n’a eu presque aucun contact, préférant la compagnie et les conseils de son cercle restreint qui n’a aucune expérience en matière de gouvernement et de politique étrangère. Il n’a pas bronché devant les 30% de réductions budgétaires prévues par « America First » pour l’année 2018 – et qui a peu de chances de passer.
     

    Huit semaines après être devenu le premier diplomate du président Trump, l’ancien chef d’ExxonMobil est isolé, séparé du corps des bureaucrates du Département d’Etat à Washington et à travers le monde.
    Son style de gestion très distant a créé une confusion croissante chez les représentants étrangers qui ont du mal à comprendre où les Etats-Unis se situent sur des sujets clés.
    Il suscite la méfiance des employés de carrière du Département d’Etat (…)
    Une situation qui menace de saper le pouvoir et la portée du Département d’Etat, la cible d’une réduction budgétaire de 30% de la part de l’administration Trump.

     
    Comme la Maison Blanche, Tillerson se méfie de l’appareil bureaucratique et semble vouloir se passer le plus possible de leur participation et de leur conseils dans la gestion du Département d’Etat: Il a nommé peu de fonctionnaires aux postes clés qui seraient susceptibles de l’aider à Washington et dans ses déplacements à l’Etranger.
     
    Il refuse de communiquer, ni de voyager avec la presse (pour faire des économies).

     
    Il suit les mêmes habitudes que lorsqu’il travaillait pour Exxon Mobil sauf qu’il s’agit ici du Département d’Etat des Etats-Unis et que les citoyens ont le droit de savoir ce qu’il s’y passe.
     
    *  « Secretary of State Rex Tillerson spends his first weeks isolated from an anxious bureaucracy »The Washington Post

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  • Les cinquante meilleurs Podcast selon le Time

    Le Time nous a offert une sélection des meilleurs Podcasts:
     
    * S-Town, par les producteurs de Serial qui a l’air génial – Crime
    * Alice isn’t Dead, par les créateurs de Welcome to Night Vale – Fiction, mystère
    * Missing Richard Simmons, mal-aimé par le New York Times qui dénonce une violation de la vie privée
    * Pod Save America, par des « Obama Bros », c’est très orienté et free style mais intéressant.

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  • Article du Jour

    Superbe reportage du New York Times sur ces Juifs ultra-orthodoxes qui décident de quitter leur communauté, leurs familles et leurs amis, fermés au monde extérieur et l’unique association qui les accueille, « Foodsteps »
     
    * « The High Price of Leaving Ultra-Orthodox Life »The New York Times magazine

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  • Couverture du jour

    « La présidence Trump est dans un trou … et c’est mauvais pour l’Amérique et pour le monde »
     

    C’est tentant d’être soulagé que la présidence de Trump soit un fiasco. Pour ceux qui doutent de son programme et s’inquiètent de son manque de respect pour les institutions, leur meilleur espoir est aujourd’hui qu’il accomplisse quelque chose. Cette logique est séduisante mais mauvaise. Après des années de blocage, Washington doit avancer. Le sommet qui arrive avec Xi Jinping, le président chinois, prouve combien l’Amérique reste la nation indispensable. Une président vulnérable peut être dangereux

     
    * « The Presidency is in a hole. And that is bad for America – and the World »The Economist
     

Les unes – Samedi 11 mars 2017

 

A la une des quotidiens américains samedi 11 mars.

  • Un débat lycéen qui termine en procès

    Faut le lire pour le croire!
    Le débat dans les écoles et lycées américains est l’une des activités reines censées développer les capacités orales et discursives des élèves, utiliser les arguments à bon escient … Et l’exercice est pris très au sérieux, parfois un peu trop, surtout sur des sujets qui fâchent.


    Un débat sur la liberté d’expression « idéologique » entre groupes d’étudiants de Carmel High School dans l’Indiana autour l’avortement a dépassé les limites de l’exercice bonenfant.

    Cette fois-ci un groupe d’étudiants qui soutient le droit à l’avortement a déposé plainte à la cour fédérale de l’Etat contre Carmey Clay High School en affirmant que la direction de l’établissement avait violé le Premier Amendement [la sacro-sainte la liberté d’expression] en leur interdisant d’installer une bannière qui soutient le droit aux femmes à choisir.
    Les étudiants de « Voice United » sont scandalisés parce que l’administration a permis récemment à l’autre groupe d’étudiants, « Teens for Life » d’accrocher leur bannière dans la cafétéria.

    La direction avait d’abord refusé aux élèves de poster leur affiche « 3000 vies sont terminées chaque jour » en  se conformant aux règles de l’établissement, avant d’être menacée d’une action en justice par ces étudiants « pro Life », eux-mêmes soutenus par une association chrétienne.
    La bannière a finalement été autorisé pendant dix jours provoquant l’indignation du groupe adverse qui réclame désormais les mêmes droits.

    Les étudiants de Voices United sont représentés par ACLU (American Civil Liberties Union) de l’Indiana.
    La défense comprend le district scolaire, le lycée, et son principal.

    Carmel Teens for Life

    CONTRE

    Voice United

    * « An Ideological Battle Abortion erupts at Carmel High School » – Indianapolis Star

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  • Des centaines d’entreprises ont soumis leur candidature pour construire le mur

    Le Department of Homeland Security a officiellement placé une demande sur le site internet des Federal Business Opportunities au mois de février pour le « design et la construction de différents prototypes de structures murales à proximité de la frontière mexicaine ». 
    Même si le Mexique a affirmé de ne pas vouloir rembourser le mur et que la majorité des Américains n’en veulent pas, plus de six cent vendeurs se sont inscrits en ligne dont une centaine en Californie, des grands bureaux d’architecture à des petits contracteurs.
    Les délibérations devraient avoir lieu mi-avril.

     
    * « Vendors lining up to build wall on border » – The San Diego Union-Tribune 
    * « Lining up to build the wall Trump promised » – Los Angeles Times 

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  • La Maison Blanche était au courant que Michael Flynn était un agent étranger

    Michael Flynn, supporter de la première heure du candidat Trump, a violemment critiqué Hillary Clinton pendant la campagne présidentielle pour avoir compromis la sécurité et l’intégrité des Etats-Unis en recevant des donations des pays étrangers pour la Clinton Foundation lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat, et a même chanté « Lock Her Up » durant la convention nationale républicaine au mois de Juillet.
    Nommé conseiller à la sécurité nationale peu après l’investiture de Trump au mois de janvier, cet ancien lieutenant général a dû démissionner trois semaines plus tard après avoir menti au Vice Président sur ses meetings avec l’ambassadeur russe à Washington. 
    On a appris vendredi que Michael Flynn travaillait comme agent étranger pour un homme d’affaires turc alors qu’il faisait campagne et une fois en poste à la Maison Blanche – et que les avocats de la transition Trump étaient au courant de ces activités et n’ont rien dit: le plus proche conseiller du président en matière de relations internationales a touché 600 000 dollars pour avancer les intérêts d’un individu lié au pouvoir turc – sans aucun problème.
    Hallucinant.

    * « Flynn lobby links known » – The Denver Post

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  • Nouvelles victimes d’attaques racistes dans le pays

    La communauté indo-américaine est la dernière à souffrir des relents racistes provoqués par la nouvelle administration et son discours anti-étrangers et anti-immigration que beaucoup de « white angry male » associent à tous ceux qui ne sont pas blancs.
    Le mois dernier, l’un d’entre eux s’est attaqué à deux Américains d’origine indienne à Kansas City, leur a tiré dessus et en a tué un. Dans la banlieue de Seattle, un indien sikh et citoyen américain a été blessé par balles par un homme qui lui a sommé « de rentrer chez lui ».

    Depuis, les communautés indo-américaines vivent dans la crainte de nouvelles menaces et nouvelles attaques, comme dans le Minnesota, où ils sont plus de 50 000.


    « Display of hatred’ alarms Indian-American families » – Star Tribune

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  • Le Musée du chien déménage

    « The American Kennel Club Museum of the Dog » est le plus important musée consacrés aux chiens du pays, situé dans le comté de St Louis, Missouri, depuis trente ans va déménager au grand dam de la population locale qui profitait du tourisme de cette fameuse attraction. 
    Le musée dispose d’une collection de 4000 objets d’art (peintures, affiches,…)  et les chiens y sont bien entendu acceptés! Prochaine destination? New York, là ou il est né, et il devrait permettre de renflouer les caisses déficitaires ces dernières années.


    « Dog Gone » – St louis Post Dispatch

Jeudi 16 février 2017: « Un ouragan politique est en train de frapper Washington »

  1. Le problème russe
    La Maison Blanche a été mis au courant le 26 janvier par Sally Yates, alors ministre de la Justice, que Michael Flynn avait menti au vice-président et à la population américaine sur le contenu de ses discussions avec l’ambassadeur russe. L’administration n’a pris aucune mesure contre lui mais a viré Mme Yates pour avoir refusé d’appliquer la « travel ban ».
    Mr Flynn a gardé sa position pendant trois semaines malgré les craintes du Département de Justice d’un éventuel chantage russe à son encontre. L’ancien lieutenant général a été interdit hier par la Defense Intelligence Agency d’accéder à toutes informations confidentielles du gouvernement.
  2. Mike Pence et Donald Trump
    La démission tardive de Michael Flynn est un coup dur pour la Maison Blanche mais la position du vice président Mike Pence, tenu au secret jusqu’à jeudi dernier, est tout aussi dommageable pour l’image de la Maison Blanche: Difficile de trouver une telle défiance au sommet de l’exécutif moins d’un mois après l’inauguration de Donald Trump, entre le vice-président et le reste de l’administration.
    Si le Washington Post n’avait pas sorti l’affaire grâce aux fuites du Département de Justice, Michael Flynn serait sans doute toujours en poste, et Mike Pence toujours dans le noir comme le reste de la population du pays.
  3. Trump s’en prend aux fuites et aux médias
    Lors de la conférence avec Israël hier, Donald Trump a réaffirmé que Mr Flynn était « un homme formidable traité injustement par les médias, les « faux médias » qu’il accusé de vouloir « couvrir la défaite des Démocrates et de Hillary Clinton ».
    De nombreux Républicains ont minimisé les accointances du général Flynn avec l’ambassadeur russe mais sont alarmés par les fuites qui rongent la Maison Blanche et susceptibles de destabiliser la sécurité nationale

    Le New York Times critiquait mardi la réponse « irresponsable » du parti dans cette affaire:

    Les Républicains ont harcelé Hillary Clinton pendant presque deux ans pour avoir utilisé un serveur de messagerie privé, une erreur de jugement qui n’a pas mis en danger la nation. Et ils ont conduit huit enquêtes futiles sur le rôle de Mme Clinton lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat pendant l’attaque de Benghazi en 2012. Aujourd’hui, les mêmes Républicains semblent vouloir aider Trump à cacher la vérité en refusant d’enquêter sur le piratage russe et autres tentatives d’influencer les élections de 2016, ainsi que les connections de Trump avec la Russie et ses affinités pour Vladimir Poutine

  4. « Vous continuerez à mentir et on continuera à dénoncer vos mensonges »
    Donald Trump accuse les médias de traiter « injustement » les membres de son cabinet, mais c’est le président et ses proches conseillers qui sont à l’origine de ces scandales: Les tweets contre les sénateurs, une enseigne de vêtements, les médias, les agences de renseignements, les mensonges qu’il véhicule à propos de la fraude électorale, relayée en toute impunité par son jeune conseiller de 31 ans, Stephen Miller sur les plateaux télés; Kellyanne Conway qui dit tout et n’importe quoi pour satisfaire son boss. 
    Sans ces éléments, la présidence républicaine de Donald Trump serait plutôt normale et les médias s’intéresseraient à la politique de Washington.
  5. Kellyanne Conway boycottée par MSNBC
    L’émission politique Morning Joe, l’une des préférées du président, diffusée le matin sur MSNBC – qu’on vous recommande – a décidé de ne plus inviter Kellyanne Conway sur son plateau télé à cause de son manque de crédibilité. Ces dernières semaines, la conseillère du président n’a cessé de « désinformer » les journalistes et le public: entre faits alternatifs, le « green bowling massacre », la promotion de la marque Ivanka Trump ou que Michael Flynn avait toute la confiance du président lundi après midi quelques heures avant sa démission. Conway ne participe à aucun meeting important, est rarement au courant des décisions prises mais continue d’aller sur les plateaux télés et embarrasser la Maison Blanche.
  6. Andrew Puzder renonce au poste de ministre du travail
    La semaine très mouvementée pour la nouvelle administration, continue d’empirer avec la démission d’Any Puzder comme futur ministre du travail. L’audience du P.D.-G. des fastfoods Hardee’s et Carl’s devant le Sénat pour valider sa nomination ont été retardées à plusieurs reprises parce qu’il n’a pas rempli les formulaires éthiques et financiers requis pour tout membre de l’administration. 
    Très critiqué par les Démocrates, Mr Puzder est contre le salaire minimum, ses compagnies l’objet de nombreuses d’employés, et il a engagé une « nanny » sans papier. Mais le coup de massue est venue d’une vidéo fournie par Oprah Winfrey, la présentatrice star de la télé américaine, datée de 1990, dans laquelle avait témoigné l’ex-femme de Mr Puzder (1973-1988).
    Sujet du show: « Les femmes riches et battues. »

    Plusieurs sénateurs des deux partis ont visionné la vidéo.

    Twitter
  7. La Maison Blanche affiche les mauvais décrets présidentiels
    On a appris dans USA Today hier que la Maison Blanche a posté sur son site internet les mauvaises versions de certains décrets présidentiels signés par Trump: Au moins cinq d’entre eux apparaissent avec des fautes, des omissions et même des compléments de lois qui n’apparaissent pas dans la version définitive enregistrée par le Federal Register. Des confusions minimes mais symptomatiques de la précipitation dans laquelle ont été écrits et signés les décrets.
  8. « A Day without Immigrants »
    De nombreux restaurants de la capitale américaine ont décidé de fermer leurs

    Un tract en espagnol pour la « Journee sans immigrés » du 16 février 2017

    portes aujourd’hui en solidarité aux immigrés en situation irrégulière pour montrer l’impact de cette main d’oeuvre dans cette industrie au quotidien. L’opération « Day Without Immigrants » est partagée sur les médias depuis plusieurs semaines et une soixante d’établissements de D.C. s’y sont engagés.
    Le mouvement est devenu national et tous les commerces peuvent joindre la manifestation.
    L’administration veut s’attaquer aux villes sanctuaires qui protègent les immigrés sans papiers et les raids de l’Immmigration & Customs Enforcement, une agence fédérale, ont permis d’en arrêté des centaines, soi-disant criminels, la semaine dernière.

  9. Couverture du jour: Le New York Times magazine sur les difficultés qui attendent les Républicains pour réformer Obamacare, l’une des promesses de campagne de Donald Trump

    New York Times magazine

Mercredi 15 février 2017: « Le journalisme est mort, vive le journalisme »

  1. Le journalisme est mort, vive le journalisme
    Malgré les attaques répétées de Donald Trump contre les médias, ce sont bien eux qui sont à l’origine de la démission de Michael Flynn, lundi soir, de son poste de conseiller à la sécurité nationale. Le Washington Post a révélé jeudi dernier que Mr Flynn avait bien discuté au mois de décembre avec l’ambassadeur russe aux Etats-Unis de l’allègement des sanctions imposées par Barack Obama pour punir le Kremlin d’avoir tenté d’influencer les élections présidentielles américaines.
    L’ancien Lieutenant Général de l’armée américaine avait reconnu avoir discuté plusieurs fois avec Mr Kislyak, mais avait promis au vice-président n’avoir jamais abordé les sanctions américaines.
    Des affirmations contredites par le Département de Justice, au courant du contenu des communications, qui a prévenu il y a un mois la Maison Blanche des risques de chantage dont Mr Flynn pouvait être l’objet – de la part des Russes. 
    C’est sans doute en réaction au silence de la White House que l’information a été donnée au Washington Post.
  2. Des fuites de partout!
    Comme le rappelle Evan Osnos du New Yorker:

    Le scandale Flynn nous rappelle une vérité importante: le journalisme est bien vivant. Les fonctionnaires qui ont réussi à sortir à cette histoire sont héros cachés.

    Pour Joe Scarborough, journaliste de l’émission Morning Joe, hier matin sur MSNBC, ce sont les fonctionnaires des services de renseignements qui sont à l’origine des fuites et pour cause: le FBI, la CIA et le Département de Justice sont depuis des mois la cible des attaques de la Maison Blanche et de Mr Flynn et aujourd’hui, ces agences rendent la pareille à la nouvelle administration.
    Pour David Ignatius, rédacteur adjoint du WaPo, interrogé sur la même émission, c’est plus une « question de loyauté bafouée envers Mike Pence, l’une des personnes centrales de cette administration ».
    La nouvelle administration doit faire face aux fuites des services de renseignements, du Conseil National de Sécurité, du Département de Justice, des agences fédérales parce que Trump leur a déclaré la guerre dès son entrée en fonction.
    Le président s’en est plaint hier matin

    Et ce matin

    et plus tard dans la matinée

  3. La revanche de Sally Yates
    Ironie de l’histoire selon le WaPo, qui cite encore une fuite: C’est Sally Yates, la ministre de la Justice de Obama virée par Trump après sa motion de défiance contre la travel ban, qui a prévenu la Maison Blanche des mensonges de Mr Flynn à ses supérieurs il y a plus d’un mois.  « On ne sait pas ce que le conseiller de la Maison Blanche, Donald McGahn, a fait de cette information » mais un membre de l’administration affirme que « l’entourage du président était au courant du problème, et qu’ils « travaillaient dessus depuis plusieurs semaines ».
    Les questions qui se posent:
    Pourquoi le président a attendu un mois pour le virer?
    Qui était au courant des mensonges de Michael Flynn? Pourquoi le vice-président n’a pas été prévenu que le 9 février, quatre jours après être allé le défendre sur plusieurs plateaux télés?
    Il existe différentes sources de pouvoir au sein de la Maison Blanche révélatrices d’un problème de fonctionnement et d’un président qui ne contrôle pas efficacement son  cabinet.
  4. Vers un nouveau Watergate?
    Michael Flynn est très proche des russes – il était présent pour les dix ans de chaine anglophone du Kremlin, RT (anciennement Russian Today) et a donné de nombreux discours rémunérés devant des dignitaires moscovites. Il commence à travailler pour Donald Trump au mois de février 2016, en plein piratage du comité national démocrate (janvier 2015 – mai 2016) dont les fuites seront diffusées, via Wikileaks, à la veille de Convention du parti en juillet, et juste avant le hacking de la messagerie de John Podesta, le directeur de campagne de Hillary Clinton, qui a eu lieu en mars 2016, et dont la diffusion fera l’objet d’une campagne très agressive de Wikileaks contre les Démocrates, le mois précédent les élections. Il est toujours l’objet d’une enquête du FBI.
    Le New York Times révèle aujourd’hui que l’équipe de Donald Trump s’est entretenue à plusieurs reprises avec des agents du renseignement russe durant la campagne présidentielle, mais rien n’indique que les deux aient conspiré pour tenter d’influencer le résultat des élections. Sean Spicer a affirmé hier en conférence de presse « qu’aucun membre de la campagne du candidat républicain n’avait eu de contact avec des agents russes avant l’élection ».
    La Chronologie des évènements résumée par le WaPo.
  5. La couverture du jour:

Mardi 14 février 2017: Démission, illusions et réaction à la Maison Blanche

 

  1. Première victime de l’administration Trump
    La lettre de démission de Mr Flynn au président Trump lundi 13 février 2017

    L’ancien lieutenant général de l’armée américaine, Michael Flynn a démissionné hier soir de son poste de conseiller à la Sécurité Nationale. Ce dernier avait promis en décembre à l’ambassadeur russe des Etats-Unis, Sergey Kislyak, une levée des sanctions américaines imposées par Obama à la suite de l’ingérence du Kremlin dans les élections présidentielles américaines.
    Mr Flynn a d’abord nié s’être entretenu avec l’ambassadeur avant de reconnaître la discussion tout en assurant ne pas avoir pas abordé le sujet. Une défense reprise par le Vice Président Mike Pence et contredite par l’enquête du FBI qui parlait « de signal inapproprié et potentiellement illégal donné au Kremlin » sur un « allègement des sanctions » rapportait le Washington Post vendredi dernier.
    Il a reconnu avoir menti dans sa lettre de démission adressée au président hier soir. Son remplaçant provisoire est le Lieutenant général Joseph Keith Kellogg, un vétéran de la guerre du Vietnam.

  2. Mar-a-Lago, théâtre d’une crise diplomatique
    Instagram. Trump samedi 11 février 2017

    La scène, surréaliste, a été immortalisée par plusieurs clients venus dîner à Mar-a-Lago, le club très privé de Donald Trump à 200 000 dollars l’adhésion annuelle:
    Le dîner entre le président des Etats-Unis et le premier ministre japonais qui s’est transformé en réunion de crise internationale après le lancement d’un missile balistique nord coréen en mer du Japon
    . La veille, les deux chefs d’Etat avaient « fermement » demandé à la Corée du Nord d’arrêter son programme de missiles balistiques et nucléaire.
    La réponse concertée à la provocation de Pyongyang s’est déroulée sur la terrasse du restaurant de « la Maison Blanche d’hiver » sous les regards ébahis des clients et en direct sur les médias sociaux.
    Sur le cliché ci-dessous, Trump prend la pose aux coté de Mr Abe et on aperçoit en arrière plan, l’ancien conseiller à la Sécurité nationale, Michael Fynn et Steve Bannon. Une situation qui enfreint toutes les règles de sécurité concernant la gestion d’informations confidentielles et qui a poussé les Démocrates à demander la démission de Flynn hier.
    Encore une situation peu conventionnelle pour un président peu conventionnel.

  3. Steve Bannon, bouc émissaire!
    Pour le National Review, le conseiller du président, Steve Bannon, serait victime d’une chasse aux sorcières de la part des médias américains qui essaient désespérément de se débarrasser de lui. « Mais [leur] effort de faire passer Bannon pour un ennemi du peuple est en train de devenir une campagne de diffamation hystérique ».
    La raison? Cet article du New York Times paru ce weekend qui s’intéresse aux influences politiques de Bannon, et parmi elles, l’écrivain italien Julius Evola, qui a inspiré des générations de fascistes au siècle dernier. Une « référence parmi d’autres » relevée dans un discours prononcé par Bannon lors d’une conférence donnée au Vatican en 2014.
    « C’est incroyable de voir comment la référence à un philosophe obscur peut être utilisée contre un conseiller de la Maison Blanche. » se plaint le magazine.
    Sauf que Bannon n’a jamais fait dans la demi-mesure: la ligne éditoriale alt-right de Breitbart, sa haine des médias, son obsession contre l’islam et le choc des civilisations rend certaines influences, même minimes, inquiétantes.
  4. Trump n’a rien foutu depuis un mois
    Ca s’appelle « l’illusion du pouvoir ».
    De nombreux journalistes s’accordent à dire que les trois premières semaines de Trump au pouvoir ont duré des années tant la Maison Blanche à travailler à assommer la population et les médias de décrets, de nominations, tweets, conférence de presses, toutes aussi controversées les unes que les autres.
    Mais si on y regarde de plus près, « Trump n’a quasiment rien fait » remarque Z.Karabell dans Politico, contrairement aux propos très arrogants de son conseiller, Stephen Miller, qui affirmait dimanche à la télé américaine, qu’il « a plus fait en trois semaines » que certains autres présidents en quatre ans.


    Il y a eu 45 décrets présidentiels et un mémorandum signé (…) Mais à l’exception de la travel ban [suspendue], presque aucun n’a nécessité d’actions ni entraîné de changements des régulations en place. Jusqu’ici, Trump agit exactement comme il l’a fait toute sa carrière: Créer beaucoup d’attention et se présenter comme l’homme de la situation.


    L’utilisation des décrets est un moyen efficace de mettre en scène le pouvoir devant un parterre de journalistes et photographes qui relaient l’idée d’une activité intense à la Maison Blanche.

    Comprendre la différence entre ce que le président dit et ce qu’il fait est l’une des seules choses qui préservera le débat public de tomber plus profondément dans le salon des miroirs

  5. Oklahoma continue sa lutte contre l’avortement
    Pendant que Washington concentre l’attention politique et médiatique du pays, vingt cinq Etats américains dirigés par un gouverneur et un parlement républicain mettent en place des politiques très conservatrices à l’encontre des syndicats, du droit à l’avortement, de la retraite, ou de l’éducation.
    La semaine dernière, le comité parlementaire en charge de la santé publique l’Etat de l’Oklahoma, a refusé une proposition de loi, HB 1441, qui aurait obligé une femme enceinte à demander la permission du père biologique pour pouvoir avorter. L’auteur de la proposition, Mr Humphrey, a expliqué vouloir impliquer le père dès le début de la grossesse.

    Je pense que l’un des drames de cette société est d’exclure les hommes de ce genre de décision (…) Tu fais ce que tu veux avec ton corps et tu en es responsable. Mais une fois que vous avez été irresponsable, n’allez pas dire qu’il n’y a pas de problème et que vous pouvez faire ce que vous voulez à un autre corps alors que vous n’êtes celle qui porte ce corps et que c’est vous qui l’avez créé.

  6. Les Grammys, une institution raciste ou juste ringarde?
    Offrir à Adèle les principaux Grammys pour un album, « 25 », sorti il y un an et demi (octobre 2015), quasi-similaire à « 21 », pour lequel elle a reçu les mêmes récompenses en 2011, face à l’excellent « Lemonade » de Beyonce, un album et sa vidéo acclamés par toutes les critiques en 2016, en ont étonné plus d’un – et surtout l’intéressé, Adèle. Pour Time magazine, « la défaite de Lemonade renvoie à une tendance plus inquiétante qui affecte le show depuis ses débuts. Il sous estime constamment les artistes R&B, et plus récemment ceux du hip hop – surtout si ces derniers sont blacks. Seulement trois Afro-Américaines ont gagné l’Album de l’année en 59 éditions: Natalie Cole (1992), Whitney Houston (1994) et Lauryn Hill (1998). 
  7. La « Anna Wintour » du Moyen Orient
    Portrait dans l’édition « Spring Fashion » de New York magazine cette semaine de la princesse Deena Aljuhani Abdulaziz, saoudienne de 42 ans, née en Californie, qui a partage sa vie entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite et nouvelle rédactrice en chef de Vogue Arabia, qui sortira son premier numéro en mars prochain.

    Je n’a pas grandi avec mon propre Vogue (…) qui reflète mon identité, mes origines, ma région, mon authenticité. Donc participer à cela, c’est très, très émouvant.

    L’idée d’une publication de Condé Nast dans le Moyen Orient avait été rejetée il y a dix ans parce que « la compagnie n’avait aucun intérêt à imposer ses valeurs à une société qui ne les partage pas » et de peur  » de provoquer des réactions négatives, voire violentes »