Violence policières: « When Black lives stop mattering »

C’est le triste constat dressée par Roxane Gay dans une colonne du New York Times hier à la suite de la morte de Alton b. Sterling, mardi 6 juillet, sous les coups de feu des policiers de Baton Rouge, en Louisiane.
Comme Tamir Rice, Mickael Brown, Eric Garner auparavant les violences contre les noirs aux Etats-Unis deviennent une « routine » dont on devient presque « indifférent »: « La triste réalité est qu’il y aura toujours un nouveau nom à ajouter à cette liste. La vie des afro-américains compte, et puis d’un instant à l’autre, elles ne comptent plus »

Malgré la prise de conscience de ces violences, à travers notamment l’activisme du mouvement « Black Lives Matter » créé après les émeutes de Ferguson consécutives à la mort de Mickael Brown en 2014, les problèmes restent les mêmes explique la journaliste:

Comment peut-on espérer changer les choses si ceux qui reconnaissent l’injustice ne sont pas le problème. Les forces de sécurité, armées et indifférentes aux vies des noirs sont le problème, Les forces de sécurité qui voient les noirs comme des criminiels plus que comme des être humains dont la vie compte sont le problème. Malheureusement il arrive trop souvent que la résignation et l’apathie soient des réponses raisonnable au problème.

Hier soir, Philando Castile, un employé de Cafétéria de Saint Paul, Minnesota, a été abattu par un policier lors d’un contrôle de routine. Une fois encore, la mort du jeune du jeune homme a été filmée en direct sur Facebook live, par sa petite amie, présente dans la voiture arrêtée à un feu rouge.
La vidéo de Castile comme celle d’Alton Sterling a été relayé sur les réseaux sociaux, et commenté par l’ensemble des médias du pays et du monde entier.

Video de la mort de Philando Castile

 

 

Cour Suprême des Etats-Unis: Le coup de gueule de Sotomayor

Sonia Sotomayor

Justice Sonia Sotomayor - Supreme Court of the United States of America
Justice Sonia Sotomayor – Supreme Court of the United States of America

La Cour Suprême des Etats-Unis rendait aujourd’hui son verdict dans l’affaire Utah contre Strieff qui devait statuer de la constitutionnalité de preuves collectées sur des citoyens lors d’une fouille, justifiée ou non, de police.

En 1996, Edward Srieff avait été illégalement arrêté par la police qui avait trouvé de la drogue sur lui. Le 4ème amendement de la Constitution des Etats-Unis « Interdit les perquisitions et saisies déraisonnables et énonce les dispositions relatives aux mandats de recherche fondée sur des motifs probables » (Wikipedia). La cour de Justice de l’Utah avait alors annulé les charges contre Srieff expliquant que les preuves collectés sur l’individu étaient non recevables car l’arrestation injustifiée.

A 5 contre 3, les Justices ont donné raison à la police, les autorisant désormais à utiliser devant le juge toutes les preuves colléctées lors d’une arrestation, quelque soient les motifs de cette arrestation.
C’est un revers flagrant pour les droits civiques des américains et surtout vis-à-vis de la population afro-américaine qui fait face quotidiennement à des arrestations illégales ou tendancieuses. Les émeutes de Ferguson en 2014 après mort de Mickael Brown et celles de Baltimore en 2015 après celles de Freddie Gray sont encore dans tous les esprits, et cette décision de la Cour de la Cour de Justice ne devrait pas arranger la situation

La Justice Sonya Sotomayor (appointée par Barack Obama) a fait savoir son mécontentement dans une « plaidoirie » très critique de la société actuelle, rongée par un racisme rampant et des communautés fragilisées, que l’Instance Juridique du pays devrait protéger plutôt que de rendre encore plus vulnerables.

Surtout, et une fois n’est pas coutume, elle cite les écrits d’auteurs afro-américains qui ont marqué à l’instar de W.E.B Du Bois, James Baldwin ou encore de l’essayiste contemporain, Ta-Nehisi Coates et son excellent, Between the Wolrd and Me sorti en 2015

La cour aujourd’hui stipule que la découverte d’une contravention impayée justifie la violation par la police de vos droits liés au 4ème Amendement (…) Cette affaire autorise la police à vous arrêter dans la rue, à vous demander vos papier, à rechercher si vous avez des contraventions en cours – même si vous n’avez rien à vous reprocher. Si l’officer découvre que vous avez oublié de payer cette contravention, la cour excusera désormais cette arrestation illégale, et acceptera comme preuves tout ce qu’il pourra trouver sur vous, après vous avoir arrrêté au nom de cette contravention.


Le danger de cetté résolution est qu’elle autorise la police a arrêté les citoyens sous prétexte qu’il ont des mandats d’arrêts en cours (Outstanding Warrants). Or Sotomayor souligne que ces mandats sont « étonnamment communs » puisque 7.8 millions d’Américains seraient concernés, et pour des crimes mineurs.

De continuer:

Cette cour donne aux officiers un ensemble d’instruments pour vous fouiller et vous inspecter. Lorsque l’on laisse des officiers les utiliser sans raison valable, on les autorise à cibler n’importe quel pétion arbitrairement. On risque également de traiter certains membres de nos communautés comme des citoyens de seconde classe (…)
C’est un secret pour personne que les gens de couleur sont les principales victimes de ce type de contrôle. Depuis des générations, les parents black et brown ont cette discussion avec leurs enfants, celle de ne pas courir dans la rue, de garder ses mains à la vue de tous, de ne pas essayer de parler à un étranger, tout ça par peur qu’un officier armé ne le prenne en gripe

 

A lire aussi: L’éditorial du New York Times daté du 20 Juin 2016