Le kiosque du 29.04.17: Les cent jours les plus longs

 

 

  • So loooooooong

    • Tous les médias s’accordent sur un même point: Les premiers cent jours de Donald Trump ont été les plus longs, les plus dramatiques, frustrants, improbables
      Cent jours de Trump, c’est mille jours de Barack Obama, et comme rappelait le sketch des Simpsons diffusé cette semaine, on en est seulement à 6% des quatre ans que compte le mandat de l’administration.
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    • Seule éclaircie au tableau: Donald Trump a reconnu à Reuters que l’exercice présidentiel était bien plus fatigant que ses anciennes responsabilités d’animateur de télé-réalité et de promoteur immobilier, donc il se pourrait qu’il renonce à un second mandat en 2020 – il aura alors 74 ans.
       

      J’aimais ma vie d’avant. J’avais tellement de choses à faire. C’est plus de travail qu’avant. Je pensais que ce serait plus facile

       

    • Pour avoir une idée précise de ce que Donald Trump a fait ces trois derniers mois, un bon résumé de Five Thirty Eight qui aborde les grands thèmes: l’assurance maladie, l’immigration, les politiques économiques, justice, l’environnement, la politique étrangère.
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    • Buzzfeed nous récapitule les cent mensonges des cent premiers jours de Trump.
      Le président a commencé fort le lendemain de son investiture avec pas moins d’une dizaine de mensonges lancés par l’intermédiaire de l’autre star de la Maison Blanche, son porte-parole, Sean Spicer, dont les briefings quotidiens font désormais plus d’audience que les soaps opéra des débuts d’après midi – merci Facebook Live.
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    • The Daily News décrit les accomplissements, les nombreux échecs, décrets présidentiels, discours, tweets, la nomination du juge de la Cour Suprême qui ont marqué les Cent Premiers Jours.
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    • CNN a compilé de son côté toutes les « news alert » depuis le 20 janvier, six cent au total, soit une moyenne de six par jours.
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    • Le Washington Post nous offre les meilleurs moments des Late Night Comedy Shows, particulièrement pertinents et drôles ces trois derniers mois et essentiels pour traverser le climat très lourd de ce début d’année – Plus particulièrement Saturday Night Live, Samantha Bee et Stephen Colbert.
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    • Axios récapitule les Tweets de Donald Trump, et le plus « aimé » d’entre tous (394 000 « J’aime ») est l’un des plus modérés jamais écrit sur la « Women March » du 21 janvier qu’il a qualifié de « marque de fabrique de la démocratie
       
      Et nous donne des chiffres:
      Discours et remarques: 145 (dont 28 à l’aide d’un prompteur)
      Conférences de presse: 9
      Interviews: 28 (dont neuf avec Fox)
      Parcours de golf: 17
      Rencontres avec des leaders étrangers: 17
      Vols sur Air Force One: 28 /  Vols sur Marine One: 30
      Voyage aux Etats-Unis: 15  /  Aucune voyage à l’étranger
      Etats visités: 17
      Visites à Mar-a-Lago: 7 (et 25 jours au total)
      Proposition de lois entérinées: 28
      Décrets présidentiels: 30
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    • La version officielle de la Maison Blanche est un must-watch: Un ensemble de clips d’émissions télé, bien entendu toutes célébrant le travail, les accomplissements, le rythme effréné imposé par Donald Trump, sur fond de musique très profonde.
       
      * « Trump says he thought being president would be easier than his old life » – Reuters* « What Trump has Done » – Five Thirty Eight
      * « 100 days of Trump » – The Daily News
      * « Every Alert CNN sent in Trump’s First 100 days » – CNN
      * « 100 days of Joke » – The Washington Post 

 

 

  • Une illustration géniale des Cent Premiers Jours

    Steve Brodner for The Washington Post

    Merci Steve Brodner pour cette illustration.
    Tout y est: Le FBI et son directeur James Comey (7), Vladimir Poutine (1) et l’ambassadeur russe à Washington (12) qui a rencontré dans le plus grand Michael Flynn fin décembre 2016 (14) précipitant sa démission, mais aussi Jeff Sessions, le ministre de la Justice (11).

    Tous les proches de Trump, Sean Spicer (31), les enfants du président (30, 25, 26), Kellyanne Conway (29), Devin Nunes (8) sont présents tout comme les défis politiques qu’il a du affronter avec Bachar Al Assad (16) et les attaques aériennes sur la Syrie (4), la débâcle de l’American Health Care Act (20), les manifestations (19), la Corée du Nord (9), la rencontre avec le président Chinois (18), la nomination du juge Gorsuch (21) et les raids de l’ICE contre les immigrés en situation irrégulière.
     
    * « An Illustrated guide to president Trump’s first 100 days »Washington Post

 

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  • « Pourquoi les critiques de Trump devraient sourire »

    Le point de vue de Mike Allen dans sa newsletter de ce matin:

    Pour tous les lecteurs qui haïssent le président Trump et considèrent les cent premiers jours comme un échec sans nom, souvenez vous un instant du soir des élections. Vous êtes passés des larmes à la peur: Trump allait déporter des immigrés, bâtir un immense mur, remplir les agences fédérales de lèche-bottes. Il engagerait une guerre avec l’OTAN, et une guerre commerciale avec la Chine. L’Amérique comme on la connait aujourd’hui allait s’éteindre.
    Et bien, les cent premiers jours de Trump ont été un reality show sauvage, rempli de grandiloquence et d’intrigues. Mais si on sépare la rhétorique explosive des actions assez mitigées, les pires cauchemars n’ont pas eu lieu.
    America First ressemble davantage à du conservatisme conventionnel et ça aurait très bien pu être les cent premiers jours de Mike Pence. (…)
    Ceux qui devraient être les plus déçus de ces 100 premiers sont ceux qui espéraient des changements radicaux

     

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    • Les autres problèmes de Flint, Michigan

      Le tableau que rapport la journaliste Julie Bosman de la ville de Flint, dans le Michigan est plus que déprimante. Depuis trois ans, date à laquelle la ville a décidé de changer la source d’approvisionnement d’eau potable du Lac Huron à la rivière Flint, dont les tuyauteries rouillées au plomb, ont empoisonné pendant des mois la population, les problèmes n’ont cessé de s’accumuler.
      Il a fallu des mois à la ville pour avoir à nouveau de l’eau potable: Entre temps des centaines d’habitants ont déserté la ville, laissant derrière eux des maisons vides, vandalisées et/ou dévalisées, qui ont dépassé dans certains pâtés de maison le nombreux de logements habités: 20 000 habitations doivent être détruites par la mairie.
      La violence est quotidienne obligeant les habitants à rester chez eux le weekend et la nuit tombée par peur d’une balle perdu ou pire d’un vol à main armée. La police ne s’aventure même plus trop dans ces quartiers, et la violence se propager.

      La mauvaise réputation de la ville a fait fuir ses habitants et avec eux nombre de ses emplois, devenus rares, ce qui donne une raison de plus aux habitants de partir.
       
      * « On this block, Worries run deeper than Flint’s tainted Water » – The New York Times

     

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    • Un conservateur au new York Times

      Le départ de l’éditorialiste Bret Stephens, après seize ans au Wall Street Journal vers le New York Times a fait couler beaucoup d’encre.
      Pas à cause de la position anti-Trump de Mr Stephens, qui a remporté le Pulitzer de l’éditorial en 2013, ni sa capacité à parler de politique, de relations internationales, de culture et de business » mais parce que ses positions sont clairement à droite et plutôt polémiques: sur les risques du changement climatique, l’épidémie de viol dans les campus américains ou encore Black Lives Matter.

      Comme le rappelle Vox qui a interviewé Mr Stephens, l’ajout d’un élément de droite dans le comité éditorial du New York Times importe car « ses opinions définissent le cadre du débat national et ses membres tendent à y rester pendant des décennies. Donc les croyances de Stephens vont avoir un impact important sur le discours dans ce pays – même si son employeur promeut le quotidien comme l’avant garde de la résistance de Trump. »
      Ce sont les sujets de société qui divisent généralement les progressistes des conservateurs:

      * L’épidémie de viol dans les campus américains: Pour le journaliste, les statistiques selon lesquelles une étudiante sur cinq est agressée sexuellement dans les campus américains est « très douteux » et il existe une différence entre un baisé volé et un viol – donc le terme « épidémie » est employé à mauvais escient.
      * Concernant le changement climatique, Stephens reconnait que la hausse des températures (1,7 degrés depuis 1880) est la conséquence de l’activité humaine sur l’environnement, mais rien n’indique que cette tendance va continuer et il est dangereux d’exagérer les dangers du phénomène qui reste fondé sur des prédictions.
      Toutes les ressources humaines et financières ne devraient pas être dévouées à ce seul problème.

      * « La maladie de la mentalité arabe », c’est l’antisémitisme qui ronge le monde arabe, qu’il soit privé ou sponsorisé par les Etats, et dont on ne parle pas assez dans les médias.
      * Black Lives Matter: Il reprend l’argument traditionnel selon lequel « toutes les vies comptes », et bien entendu, celles des noirs et défend le « Ferguson Effect », l’idée selon laquelle le regain d’attention porté sur la police, à la suite de la mort de Michael Brown à Ferguson en 2014 dans le Missouri, a provoqué une recrudescence des crimes aux Etats-Unis, car les forces de l’ordre ne peuvent plus utiliser la force comme elles l’entendent, sous peine d’avoir les associations de défenses des droits civils derrière elles.
       
      * « The NYT’s new columnist defends his views on Arabs, Black Lives Matter, campus rape » – Vox
      *  « Let’s read New NYT Columnist Bret Stephens’ No Good, Very Bad Vox Interview » – Slate

     

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    • Kate MCKinnon: Star de Saturday Night Live

      Le site GQ revient sur le succès de la comédienne Kate McKinnon qui est devenue en quatre ans la vedette de Saturday Night Live, grâce notamment au personnage d’Hillary Clinton qui lui a valu un Emmy Award, a obtenu l’un des premiers rôles dans Ghostbusters de Paul Feig l’année dernière.
      Elle aussi bonne à jouer des personnages masculins (Jeff Sessions, Justin Bieber) que féminins (Kellyanne Conway), vieux et jeunes, et GQ nous offre une sélection des meilleurs sketchs de cette 42ème saison de SNL qui se termine à la fin du mois du mai, et qui restera la saison la plus réussie de ces vingt dernières années.
      * « Everytime Kate McKinnon was the MVP of of Saturday Night Live » – GQ

     

    • Les quotidiens du samedi 29 avril 2017

Vendredi 10 mars 2017: Trump 50ème Jour; semaine gagnante? Pas pour les « Greenies »; les impôts de Trump plus protégés que la CIA; le Daily News s’adoucit contre le président

 

  • Donald Trump: 50 ème jour au pouvoir.

    Mike Allen, l’un des journalistes les plus connectés de Washington, nous fait part des « knowns » et « unknowns »  du président depuis son inauguration.

    1. Trump est Trump.
    Le mec qui ne change pas est un milliardaire de 70 ans avec son nom sur des immeubles. Il y a six ans, il défendait la théorie conspirationniste du « birther » (selon laquelle Obama ne serait pas né aux Etats-Unis) et aujourd’hui il accuse l’ancien président de l’avoir mis sur écoute. 

    2. C’est un média junkie.
    Jamais un président n’a été aussi obsédé par les médias que lui, journaux (NYTimes) et chaînes d’infos (Fox News et l’émission politique « Morning Joe » sur MSNBC). Dans les années 80, c’est lui qui alimentait les rumeurs sur sa vie amoureuse dans les pages gossip du New York Post: il ne changera pas.

    3. Le Trump Show est d’abord une improvisation.
    Tout s’est bien passé lorsqu’il est resté collé à son texte lors de son discours devant le Congrès – considéré par la presse comme le meilleur discours de sa vie, et la barre n’est pas haute. A chaque fois qu’il improvise, c’est le dérapage assuré: Les mexicains qui violent, les insultes contre les femmes (Megyn Kelly et ses règles ou « nasty woman » contre Hillary Clinton), dernièrement les « évènements en Suède » ou encore « Paris n’est plus ce qu’elle était »

    4. « Le chaos n’est pas une théorie, c’est une façon de gouverner. »
    Monter les factions les unes contre les autres, répandre l’insécurité et la rivalité dans une sorte de reality show est ce à quoi nous devons nous attendre ces prochaines années.

    5. La Russie est un problème qui est parti pour rester.

    * Mike Allen’s Newsletter du 10 mars 2017Axios

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  • Une semaine victorieuse pour Trump – selon le National Review

    « Fatigué de toutes ces victoires? » nous demande Jim Gerarthy dans sa newsletter hebdomadaire du National Review, une publication conservatrice devenue pro-Trump en quelques mois, comme la plupart de la droite américaine par ailleurs.

    Part 1: « L’économie américaine a engendré 235 000 emplois en février selon le Labor Department. [Les chiffres] du chômage – auxquels ne croit pas Donald Trump – ont baissé pour atteindre 4,7% de la population active contre 10% en 2009″. Barack Obama a été le président entre 2009 et 2016 et c’est lui qu’on devrait remercier aujourd’hui.

    Part 2: Les arrestations à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis ont chuté de 44% au mois de février selon le Department of Homeland Security.
    23 500 ont été arrêtées le mois dernier contre 42 500 ce qui prouverait que l’obsession de Trump, et de ses conseillers Bannon et Miller contre l’immigration illégale porte ses fruits. Effectivement, selon le New York Times, les Mexicains sont plus réticents à s’aventurer de l’autre côté de la frontière.
    « Des immigrés qui voulaient se rendre aux Etats-Unis pour la sécurité et le travail cherchent autre part où aller, y compris le Mexique, Belize, Costa Rica, Panama ou même l’Amérique du Sud »

    Part 3: Les forces syriennes sont à « quelques semaines de Raqqa », en Irak, détenue par ISIS et bénéficient désormais du déploiement de 500 marines pour leur venir en aide. Sans le contrôle des territoires irakiens et syriens, l’idée du califat défendue par l’organisation terroriste ne tient plus et ne peut exister à travers des mouvements clandestins (comme Al Qaida).  

    Part 4: James Clapper, directeur de la National Intelligence qui supervise les agences de renseignements américaines jusqu’au 20 janvier dernier, affirme qu‘il n’existe jusqu’ici aucune preuve de collusions entre l’équipe de campagne de Trump et des agents russes; même son de cloche de la commission parlementaire en charge d’enquêter sur ces questions – même si les recherches ne sont pas terminées. Les Russes ont saboté avec succès la candidature d’Hillary Clinton mais c’est l’irresponsabilité de Donald Trump de ne pas condamner l’ingérence d’une puissance étrangère contre la démocratie américaine qui pousse désormais les Démocrates à chercher à le condamner à tout prix.

    * « Even before the Wall, Migrants find the U.S. Forbidding »The New York Times

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  • Le chef de l’EPA: Le dioxyde de carbone n’est pas la première cause

    Il fallait s’y attendre. Pour sa première télé en tant que chef de l’Agence de Protection de l’Environnement, Scott Pruitt a déclaré que le dioxyde de carbone n’est pas la cause principale du réchauffement climatique:

    Je pense que mesurer avec précision l’activité humaine sur le climat est quelque chose de très difficile à faire qu’il de nombreux désaccords sur le degré d’impact, donc je dirai que ce n’est pas le premier facteur du réchauffement climatique

    Les positions du climatosceptique diffèrent du consensus scientifique international ratifié dans le traité de Paris dans lequel 190 pays se sont engagés à baisser les émissions de CO2 qui provoquent le réchauffement de la planète.
    Selon un sondage du Pew Research Center, la majorité des Américains(48%) croient au changement climatique et 51% pensent les réductions des émissions de dioxyde de carbone sont la meilleure réponse pour limiter cette dynamique.

    Selon le Washington Post, une proposition de loi de la Maison Blanche réduirait le budget de l’Agence de la Protection de l’environnement de 24% et éliminerait 38 de ses programmes, dont celui de l’Energy Star.
    Créé en 1992, le programme gouvernemental est chargé de promouvoir les économies d’énergie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre sur les appareils électroniques domestiques (réfrigérateur, chauffage, Air Conditionné). 

    Le programme, qui n’est pas obligatoire, a permis d’économiser 430 milliards aux consommateurs américains et de réduire de 2,7 milliards de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre.
    L’Administration veut s’en débarrasser.

    * « The Energy Star Progam is good for the Climate and the economy. Trump wants to kill it anyway ». Washington Post

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  • L’IRS, une forteresse plus étanche que la CIA

    Tous les documents ultra-confidentiels, même l’arsenal de cyber-attaque de la CIA contre ses citoyens, qui vient d’être diffusé par Wikileaks, sont vulnérables au piratage informatique. Mais il existe aux Etats-Unis un « saint Graal » qui résiste à toutes les attaques: les déclarations d’impôts de Donald Trump.
    Ce dernier avait promis de les diffuser en cas de victoire, ce qu’il n’a bien entendu pas tenu en expliquant que de « toutes façons tous les Américains s’en foutent » – plus particulièrement les Républicains et sa base électorale.
    L’excuse? Ses compagnies font l’objet d’un audit de l’IRS (l’agence des impôts américaines) et ne peuvent être rendues publiques – propos démenties par l’intéressée.

    Ces déclarations d’impôts sont très importantes pour l’opposition démocrate car elles sont susceptibles de révéler les conflits d’intérêts du président avec des compagnies ou puissances étrangères – Donald Trump a rejeté ces accusations.
    D’après le New York Times, il y aurait très peu de chances pour qu’un cyber espion russe, des alliés de Wikileaks ou qu’un des 80 000 agents de l’IRS se procure ces déclarations de revenus.
    Le recours légal est l’unique option aujourd’hui pour obtenir un détail des finances du président et a été déposée par une association « Citizens for Responsibility and Ethics in Washington » qui affirme que le président viole la constitution en recevant de l’argent de gouvernements étrangers à travers ses compagnies – avec lesquelles il est toujours attaché même si ce sont deux fils qui les dirigent.

    * « Will a leak Reveal Trump’s Tax Returns? Don’t Hold your Breath »New York Times

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  • Le Daily News adoucit sa ligne contre Donald Trump

    Il a été l’un des plus vifs critiques de Donald Trump, surtout en couverture, durant la campagne présidentielle, avec une mission précise: dénoncer un candidat « clown » et sa rhétorique raciste, sexiste et mensongère. Et ça a marché, pendant les 18 mois qui ont précédé les élections, aucun tabloïd n’a autant fait parler de lui sur la scène nationale que le NY Daily News, jusqu’à l’impensable victoire du 8 novembre (« The House of Horrors »).
    Et alors que la plupart des médias traditionnels bénéficient aujourd’hui du « Bump Trump » en critiquant sans arrêt le président (journaux, télés), le même tabloïd, qui a changé entre temps de rédacteur en chef, a décidé d’adoucir son approche de la nouvelle administration – pour soi-disant limiter les chutes des ventes du quotidien, notamment auprès de ses lecteurs qui soutiennent Trump (Staten Island, Queens et Brooklyn) et au grand désarroi du reste de la rédaction, qui se sentait en mission durant cette période politique si mouvementée.
    Pour le nouveau rédacteur en chef, Arthur Browne, la campagne présidentielle a été une « aventure » excitante mais en tant que président, Donald Trump doit bénéficier d’une critique plus modérée, même si l’intéressé n’a pas lui changé d’un poil avant et après les élections.

    Le summum de cette tempérance, une humiliation pour beaucoup de journalistes de la rédaction, a été atteint le jour de l’investiture de Donald Trump quand le New York Post, dont le propriétaire, Murdoch est un supporter affiché de Trump, et le Daily News, son ennemi juré, ont publié en couverture la même photo avec le même intitulé: « Don of a New Day ».

    * « An Anti-Trump tabloid pulls back » – Politico

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  • La couverture du Jour

    Bien entendu celle de Time magazine, qui impressionne ces dernières semaines avec des choix redondants mais à la fois légitimes: Donald Trump, cette fois-ci contre Washington. On notera la longue cravate rouge.
    * « Inside Donald Trump’s War against the State » Time 

Le Kiosque du mercredi 11 janvier 2017

TRUMPLANDIA

Première Conférence de presse de Donald Trump

Donald Trump affirme avoir refusé un marché de deux milliards de dollars pour un projet de développement à Dubaï  « pour éviter des conflits d’intérêts » tout en continuant de dire qu’il est légalement autorisé à gouverner le pays et gérer la « Trump organization », ce qui est vrai, mais préfère transférer la gestion de ses affaires à ses deux garçons, Don Jr. et Eric, avec qui il a promis de ne jamais plus parler de la compagnie, ni de ses opérations financières.
Sherry Dillon, l’avocate de Trump, est intervenue pour expliquer que le président-élu n’était pas obligé de démanteler ou vendre la compagnie qu’il a construite mais qu’il allait démissionner de toutes les positions qu’il exerce au sein de la « Trump organization », tout comme sa fille, et que tous les actifs de la compagnie seraient mis dans un blind trust avant le 20 janvier prochain.
Elle a conclu que le président-élu n’aurait aucun conflit d’intérêts avec la « Trump organization ».

Concernant ses déclarations d’impôts, il a encore invoqué les audits de l’IRS (le fisc américain) comme excuse pour ne pas les diffuser et a accusé les journalistes d’être les seules intéressés par ces informations.

Le président-élu a reconnu le piratage russe du Comité National Démocrate, conformément à la position des services de renseignements du pays, mais a nié catégoriquement les accusations du rapport publié par Buzzfeed hier, selon lesquelles il aurait rencontré des prostituées au Ritz Carlton de Moscou et que le Kremlin avait des preuves.

« Je ne suis une personne très connue et je fais attention quand je me déplace à l’étranger, dans des hôtels et je préviens aussi mes gardes du corps de la présence de caméras. Il y a plein partout, qui sont invisibles à l’oeil nu et sans le savoir tu te retrouves à faire les unes des infos du soir. »

 

Il a accusé Buzzfeed d’être « un tas d’ordures » et « un blog de gauche »   qui essaye de manière « triste » et « pathétique » d’attirer « des clics » et CNN de colporter des fake News.

Enfin il a affirmé à nouveau n’avoir eu aucun rapport, lui et sa campagne, avec les agents ou les autorités russes pendant la campagne présidentielle.

 

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Buzzfeed irresponsable et McCain responsable

Le rapport, qui contient des preuves que la Russie aurait de quoi faire chanter le président-élu, circulait depuis des semaines à Washington et dans les agences de renseignement, a été publié hier par BuzzFeed et commenté la veille sur CNN, sans même que les informations qu’il contient aient été vérifiées.  

Le sénateur McCain, ancien candidat républicain à la présidence en 2008, et fervent critique de Donald Trump durant la campagne 2016, a avoué avoir reçu le rapport d’un ambassadeur anglais posté en Russie et l’avoir donné au FBI.
On ne sait pas comment les médias ont mis la main dessus, mais Donald Trump a parlé du régime nazi pour caractériser les méthodes des responsables de ces fuites.

Donald Trump a parlé de « chasse aux sorcières » sur Twitter, le Kremlin de « fabrication » tandis que McCain et les journalistes ont reconnu que le rapport est truffé d’erreurs.  Buzzfeed, qui a prévenu ses lecteurs que « les allégations n’étaient pas vérifiées », a décidé de les publier pour que « les Américains se fassent leur propre idée sur les allégations qui circulent autour du président-élu dans les plus hautes sphères du gouvernement ».

Une attitude irresponsable, aussi répréhensible que celles des sites d’intox et « alt-right » qui ont fait circuler des fausses informations sur les élections contre Hillary Clinton, pour la plupart des journalistes ce matin, à l’instar du Washington Post. Margaret Sullivan admet que beaucoup de rédactions ont eu accès à ce rapport et ont préféré ne pas le publier car elles étaient incapables de vérifier les informations qu’il contenait. Poynter note que le New York Times et le Daily Beast y ont fait allusion dans le passé mais ont été assez prudents de ne pas le diffuser.

 

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Mais ou était Sacha Obama?

Barack Obama a ému une partie de l’Amérique et du monde dans son discours d’adieu donné depuis Chicago dans lequel il a défendu son programme, et la situation du pays après huit ans de présidence, mis en garde les Américains contre les dérives de la démocratie lorsqu’elle est gouvernée par les extrêmes, et sur une touche plus personnelle, a remercié son BFF et vice-président depuis le début de l’aventure, Joe Biden et sa femme, Michelle Obama et enfin ses deux filles, représentées ce soir-là par Malia, la plus âgée, qui ne pouvait retenir ses larmes.

CNN

Tout le monde s’est demandé où était passé Sacha, la plus jeune des filles du couple Obama; elle serait restée à Washington parce qu’elle avait un examen important ce matin. Si c’est pas sérieux…

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Ivanka Trump disparait pour mieux réapparaitre

Après la nomination de son mari, Jared Kushner, au poste de conseiller à la Maison Blanche, Ivanka Trump, la fille du président-élu a refusé une position officielle à Washington, préférant s’occuper ces prochains mois de son déménagement dans la capitale, de ses trois enfants et de sa compagnie. 

Selon Axios, le nouveau groupe de presse de Mike Allen, elle reviendra sur la scène politique plus tard cette année pour « défendre l’émancipation économique et l’entrepreneuriat des femmes » comme elle a su le faire avec son entreprise éponyme de style et de bien-être. 

 

Le kiosque du mardi 10 janvier 2017

Axios, un nouveau groupe de presse

Mike Allen, journaliste politique et co-fondateur de Politico, a quitté le webzine après la victoire de Donald Turmp pour créer son propre groupe de presse, Axios.
Allen explique dans le manifeste que les médias actuels sont cassés – et trop souvent « une arnaque », avec des histoires « trop longues » ou « trop ennuyeuses » sur des sites qui sont devenus des labyrinthes d’informations « à rendre fou les lecteurs ».
La raison? « Les lecteurs et les annonceurs sont trop souvent délaissés. » Ils se « laissent avoir par des gros titres qui n’offrent rien » et sont harcelés par des pop-ups ou clics inutiles, tout cela pour faire de l’argent « en vendant des fausses controverses, et même de la désinformation ».

On se demande à quels sites d’informations se réfère Mike Allen en s’adressant aux anciens lecteurs de Politico. Peut-être souhaite-t-il élargir son public et convertir ceux friands de fakes news et de sites bidons?

Bref la nouvelle formule consiste à mettre le lecteur en avant, avec un « contenu sérieux » et « sans parti-pris », « de l’information résumée » pour ceux qui n’ont pas le temps et la version longue pour les plus curieux.

La grande nouveauté c’est l’absence de pub, pour être « reader-friendly » (les bannières et click-based pages) qui sera remplacée par du « native advertising », sorte de micro-publireportage qui s’assume en plein milieu d’un article ou sous la forme d’un article à part entière. 

Axios compte pour le moment cinquante journalistes avec des bureaux à Washington D.C., San Francisco, Chicago, Boston, ouvrir ses porte le 18 janvier prochain, en attendant vous pouvez adhérer à ses newsletters.

 

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Pour Bernie, la priorité, c’est sauver le système de santé

Bernie Sanders, redevenu indépendant après sa défaite aux Primaires démocrates, a fait de la protection du système de sécurité sociale américain le défi de ce début d’année menacé d’extinction par Les Républicains qui veulent se débarrasser d’Obamacare, et réduire dramatiquement les programmes de Medicare (pour les plus de 65 ans) et Medicaid (pour les plus défavorisés).

Après une première intervention remarquée au Sénat la semaine dernière, il a appelé « les membres démocrates du Congrès, les syndicats, les défenseurs du système de santé qui croient en la justice économique et sociale » à se réunir le 15 janvier pour prévenir les « Républicains qu’ils n’allaient pas s’en sortir aussi facilement. »

Il a tout prévu sur son site pour mener le combat et encourager les Millenials à y participer, avec des slogans (#OurFirstStand) à partager sur les réseaux sociaux, les listes des meetings et rallies auxquels assister, etc.
Selon Sanders, Trente millions d’Américains seraient amenés à perdre leur assurance maladie si Obamacare est révoqué, et pourrait engendre la mort de 36 000 Américains chaque année. 

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C’est le rush pour confirmer de l’administration Trump

Durant les huit ans de présidence de Barack Obama, les Républicains ont trouvé tous les moyens d’ennuyer, d’empêcher et même bloquer la bonne marche de l’administration et du pays par principe d’opposition, et une haine farouche du président. Un manuel de cynisme dont les Démocrates vont s’inspirer ces quatre prochaines années pour faire entendre leur voix, en commençant par Chuck Schumer, le leader de la minorité démocrate au Sénat.

Le Sénat doit confirmer aujourd’hui la nomination de l’administration Trump avant même que les résultats des contrôles de la part du FBI, du comité d’éthique, et autres interviews des choix du président-élu ait été rendus. La demande a été faite par Schumer hier qui n’a eu qu’à changer les noms et dates de la même requête qui avait été faite par Mitch McConnell en 2009, et qui est aujourd’hui le leader de la majorité républicaine au Sénat.

Les Républicains n’ont pas attendu que ces vérifications soient terminées, volontairement, étant donné les conflits d’intérêt de certains futurs Secrétaire d’Etat. Les Démocrates auraient pu utiliser l’obstruction parlementaire (qui oblige une majorité absolue de 60 voix sur 100) pour bloquer le processus mais ils l’ont interdite, sous Obama, concernant les nominations faites par le président, y compris celles de son cabinet. Avec une majorité de 52 sénateurs, les Républicains n’auront aucun mal à confirmer la nouvelle administration du pays.

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The Obama Media Empire Strikes Back

Barack Obama prononcera ce soir son discours d’adieux depuis Chicago, accompagné par sa femme et le vice-président et ami Joe Biden, qui met fin à sa carrière politique mais il compte bien continuer à exercer une influence sur la vie politique du pays grâce à une solide côte de popularité auprès des Démocrates et d’une grande partie de la population.
Selon Politico, le futur ancien président utilisera sa fondation et son organisation « Organizing for Actions » (OFA) pour « protéger son bilan et reconstruire le parti démocrate ».
OFA a été formée à partir de la structure de son ancienne campagne et sera dévouée à « entraîner les activistes » et « le recrutement de candidats » en rapport à la nouvelle administration et fort des leçons apprises de la défaite de Clinton. Les thèmes défendus sur le site sont le changement climatique, la réforme de l’immigration, les opportunités économiques, l’égalité, la prévention contre la violence des armes à feu, le système de santé et les femmes.