Le Kiosque du 28.07.17: « The Scaramucci Show »

 

1. Obamacare reste « the law of the land »

 

 

  • Cette nuit le sénateur McCain et deux collègues républicaines, Susan Collins du Maine et Lisa Murkowski d’Alaska ont voté avec les 48 sénateurs démocrates contre le « skinny » Repeal d’Obamacare proposé par le chef de leur propre majorité, Mitch McConnell.
     

    Ce n’est pas la fin de la lutte autour de l’Affordable Care Act. C’est la fin de sept années de promesses des Républicaines qu’ils pourraient s’en débarrasser et recommencer à zéro.
    Ce n’est ni l’échec du président, ni celui de Mitch McConnell ou de Paul Ryan. C’est un échec collectif – car les Républicains ont eu sept pour décider ce qui remplacerait [Obamacare] et n’ont pas réussi à se mettre d’accord. – Axios

     

  • Vraisemblablement, Démocrates et Républicains devraient travailler ensemble pour « stabiliser les marchés de l’assurance » sans l’aide du président qui a répété cette nuit vouloir attendre que Obamacare s’effondre pour pouvoir agir.

 


2. The Anthony Scaramucci Show

 

 

Page d’accueil du Drudge Report hier après midi

 

  • Une semaine après avoir été pressenti comme directeur de la communication de la Maison Blanche, Anthony Scaramucci s’est donné comme principale mission de stopper par tous les moyens les fuites qui affaiblissent le président et son administration depuis six mois … quitte « à virer tout le monde ».
    Problème: « The Mooch » a une définition trèslarge du terme « fuite » et a accusé à tort certains membres du cabinet d’être à l’origine des révélations sur sa situation financière – information accessible à quiconque en fait l’autorisation.
    La paranoïa de Scaramucci est montée d’un cran mercredi.
  •  

  • Ce soir là, il a contacté un journaliste du New Yorker qui a révélé plus tôt qu’il avait dîné à la Maison Blanche avec le président et l’animateur de Fox News, Sean Hannity, pour savoir qui lui avait fourni l’information – ce que le reporter à bien entendu refuser de dire.
    Scaramucci a menacé de virer l’ensemble de son équipe pour tenter de soutirer l’information avant d’accuser directement le chef de cabinet, Reince Priebus, son ennemi juré, d’en être l’auteur:

    A partir de là, The Mooch est parti en vrille: Il pense Priebus était inquiet du dinner auquel il n’avait pas été invité.
    « Reince est un putain de schizophrène parano, c’est un paranoïaque,«  a affirmé Scaramucci (…)
    Scaramucci m’a aussi dit que, contrairement à d’autres membres du cabinet, il ne recherche pas l’attention des médias.
    « Je ne suis pas Steve Bannon, Je n’essaye pas de sucer ma propre bite », a-t-il dit en parlant du conseiller du président, « Je n’essaye pas de développer mon propre clan aux dépens de l’intégrité du président. Je suis ici pour servir le pays (…)
    Je dois y aller maintenant, je vais tweeter des horreurs pour essayer de le [Reince Priebus]  pousser à bout. « 

     

  • Les propos hallucinants de Scaramucci ont été défendus par … Sarah Sanders, la porte parole de la Maison Blanche, qui parlé de « langage coloré, parfois inapproprié » et Kellyanne Conway –  l’intéressé, plutôt que de s’excuser, a promis de continuer à se battre « passionnément » pour le président et a reconnu avoir « fait une erreur en faisant confiance à un journaliste ».

 

  • Pour The Daily Beast

    Le président se délecte des attaques de Scaramucci contre Priebus [qu’il accuse d’être responsable des nombreuses fuites de la Maison Blanche] – sur les chaînes de télévision, dans des tweets, dont certains ont été effacés – et est ravi de voir un membre de son cabinet s’enflammer autant contre des fuites qui l’irritent autant.



3. Les fuites vont continuer

 

  • Pour le consultant républicain Alex Conant interrogé par Politico, le langage grossier, vindicatif et menaçant de Scaramucci n’arrêtera pas les fuites:
     

    Partager illégalement d’informations en dehors d’une organisation va inévitablement la paralyser, ce qui va engendrer à davantage de dysfonctionnement et d’échecs. Le président a le droit d’être scandalisé par les fuites de la Maison Blanche.
    Mais essayer à tout prix d’identifier la taupe va créer d’autres taupes et d’autres fuites.

    La Maison Blanche ne fuit pas à cause de quelques personnes mal-intentionnées. C’est le manque d’unité au sein de l’équipe qui explique principalement les fuites. C’est d’ailleurs pourquoi les fuites concernent généralement les luttes internes à l’origine même de ces fuites.

    En affaires, les employés sont liés par l’objectif commun de maximiser les profits. Les organisations politiques n’ont pas cette finalité: les employés doivent s’unir autour d’une même vision et d’un même objectif.
    Pendant la campagne, Trump a réuni son équipe pour gagner une élection. Mais à la Maison Blanche, il n’a pas réussi à unifier cette équipe (et encore moins le peuple américain) autour d’un principe qui aille au-délà de la défense de sa seule réputation de président. Sans cet objectif commun, les clans sentent le besoin de balancer les uns sur les autres.

 


4. Dure semaine pour la communauté LGBT

 

  • Trump a voulu rassurer sa base électorale, après les critiques de nombreux médias et politiques de droite sur ses attaques contre Jeff Sessions, en utilisant la « guerre culturelle » contre à la communauté LGBT à qui il a « asséné trois coups en une seule journée »
     

    • La décision inattendue mercredi d’interdire toute activité de personnes transgenres dans l’armée américaine annoncée via Twitter a été prise, contrairement à ce qu’il a affirmé, sans consultation préalable des généraux et experts militaires – Vox
      * Les associations familiales et religieuses ont salué « la décision courageuse du président d’arrêter « d’utiliser nos militaires pour des expériences d’ingénierie sociale et au service du politiquement correct. – SPLC
      * Néanmoins, le Chef d’Etat-Major des armées, le général Joseph Dunford a affirmé hier qu’il n’appliquerait pas la mesure sans déclaration officielle du président. – Vox
    • Le département de Justice a déposé un mémo affirmant que le Civil Right Act de 1964 ne protège pas la communauté LGBT d’une discrimination à l’embauche – et pour offrir le droit aux patrons et entreprises de refuserer d’embaucher des personnes à cause de leur orientation sexuelle. – SPLC
    • Trump a annoncé mercredi qu’il nommait Sam Brownback, le gouverneur du Kansas et adversaire des droits des homosexuels, au poste d’ambassadeur de la liberté religieuse dans le monde – un département du Secrétariat d’Etat – qui vise à promouvoir la liberté religieuse comme partie de la politique étrangère – The New York Times

 

 


5. « Trump, le déloyal »

 

  • C’est l’une des contradictions du président: il exige une loyauté inconditionnelle, professionnelle et personnelle de ses proches, de sa famille, de ses associés mais lui en exempt, explique le magazine Politico:

    La vie de Donald Trump est une succession de trahisons.
    Son mentor et avocat Roy Cohn, qui a été le bras droit du sénateur [anti-communiste] McCarthy … Trump a beaucoup appris de lui, mais quand Cohn a contracté le Sida dans les années 80, Trump lui a tourné le dos, et engagé d’autres avocats. Lors de ses funérailles, Trump n’a prononcé aucun discours.
    Les ex-femmes de Trump pourraient sans doute dire la même chose si elles n’étaient pas retenues par un accord de confidentialité.
    Il a été particulièrement déloyal envers sa première femme, Ivana, la mère de Donald Jr, Ivanka et Eric. Lors de leur séparation, il a dit à un journaliste de Vanity Fair: « Quand un homme quitte sa femme, surtout quand il la quitte pour un autre coup – et un bon cul – la moitié de la population va préférer la femme délaissée.

    « Trump the Disloyalist: Why is anyone surprised by the president’s treatment of Jeff Sessions? »Politico magazine

 


6. Pourquoi les journalistes ne s’intéressent pas aux médias conservateurs?

 

L’expression de droite « Pajama Boy » vient de cette publicité sur Obamacare sortie en 2013

 

  • Poynter a interviewé Will Sommer, l’auteur de « Right Richter » la newsletter hebdomadaire consacrée aux médias conservateurs lancée il y a un peu plus d’un an pendant la campagne électorale par un féru des médias, qui travaille aujourd’hui pour le quotidien politique de Washington, The Hill, et notamment sur le manque d’intérêt des journalistes envers des médias conservateurs:
     

    Ils appellent cela la « clôture épistémique », l’idée que les médias conservateurs n’ont pas besoin de communiquer les autres médias [ils agissent en vase clos »] – ce qui est très intéressant. Par exemple, après l’agression de Greg Gianforte sur Ben Jacobs, un reporter du Montana – beaucoup de gens à la radio traitaient le reporter « « de pajama boy, Oh c’est un pajama boy! ».
    J’ai tweeté ça et je me suis rendu compte que les gens ne connaissaient pas cette expression qui caractérisent les jeunes hommes millenials et progressistes qui traînent en pijama [en référence à une publicité pour Obamacare diffusée en 2013].
    C’est un environnement culturel très marqué – et l’une des raisons pour lesquelles c’est aussi fascinant.

 

 

 


7. A regarder

  • Reportage de Vice News sur « cette femme qui paye les toxicomanes pour qu’elles n’aient pas d’enfants ».

Depuis 20 ans, Barbara Harris traverse le pays dans un camping-car pour promouvoir son association à but non lucratif auprès des alcooliques et toxicomanes.
Son organisation, Projet Prevention, paye celles et ceux qui ont des problèmes de drogue ou d’alcool $300 pour être fertilisés ou prendre des traitements contraceptifs à long terme, comme un implant ou un stérilet. Elle en a convaincu sept mille d’entre eux d’abandonner leur fertilité. Elle a créé Project Prevention après avoir adopté quatre enfants en quatre ans de la même mère toxicomane (…)
Elle reçoit jusqu’à un demi million de dollars de donations chaque année.

 

 

 

 


8. Couverture du Jour

 

  • Comment est-ce que Samsung a réussi à s’en sortir malgré le fiasco du Galaxy S7 et le scandale de corruption qui a ébranlé la compagnie en début d’année.

 

 


9. Le reste de l’actualité

 

  • La fertilité des Occidentaux n’est pas bonne: Selon une étude scientifique publiée cette semaine réalisée en Amérique du Nord, Europe, Australie et Nouvelle Zélande auprès de 43 000 individus, la concentration de sperme a baissé de 50% entre 1973 et 2011, soit 1,4% chaque année.
    Beaucoup de scientifiques réfutent les résultats de cette étude. – CNN

 

  • La MTA, Metropolitan Transport Authority, en charge du métro et bus new yorkais annoncé une série de réformes pour moderniser un système vieillissant qui prévoit davantage de wagons, l’allongement de la ligne C et le retrait de sièges dans certaines voitures pour laisser rentrer plus de monde – une aubaine pour les street dancers, de plus en plus nombreux à divertir les passagers. – New York Times

 

  • Victime de son succès: le premier épisode de la série Game of Thrones a été regardé illégalement en streaming 91 millions de fois. – Bloomberg Businessweek

 

  • Jeff Bezos, fondateur et PDG d’Amazon, est devenu le temps d’un après midi l’homme le plus riche du monde, devant Bill Gates, avec une fortune qui a atteint pendant quelques heures 92 milliards de dollars avant de redescendre – CNBC

 

  • « What Happened », c’est le titre du récit très attendu de Hillary Clinton sur la pire défaite de sa carrière, sur la pire défaite des Démocrates, sur la pire défaite de l’Amérique: La victoire de Donald Trump.
    Le livre peut être commandé en avance sur Amazon pour $24,98 – la sortie officielle est prévue le 12 septembre prochain – où un court extrait est disponible:
    Dans le passé, pour les raisons que je vais essayez d’expliquer, je me suis souvent retenue en public, comme si je marchais sur un fil sans protection. Aujourd’hui j’ai décidé de tout dire.

Le kiosque du 19.07.17

 

1. Trumplandia: Trouble in Trump Paradise?

 

La page d’accueil du Drudge Report ce matin

 

  • La plupart des médias américaines dénoncent ce matin le fiasco du parti républicain et du leader Mitch McConnell incapables de faire passer le « Repeal et Replace » d’Obamacare après la défection de quatre de ses sénateurs contre la troisième version de la réforme de l’assurance santé présentée la semaine dernière, le « Better Care Reconciliation Act » – et qui plus est, leur seule et unique obsession depuis ces sept dernières années.

 

  • Les médias pro-Trump ont été les plus virulents sur ce « désastre » du parti au pouvoir: L’un des présentateurs de « Fox & Friends », la matinale de Fox News et programme préféré du président a suggéré que les quatre rebelles n’étaient peut-être pas fidèles à leur pays et conseillé le président « de ne pas prendre [cet échec] personnellement »: Il « peut être déçu mais ce n’est pas de sa faute » – CNN
    Même son de cloche dans le Drudge Report,  Breitbart, The Gateaway Pundit, dans le programme de Sean Hannity (Fox News) ou encore celui de Rush Limbaugh qui fustige au passage « le pouvoir des trois sénatrices gauchistes du groupe républicain » qui ont empêché l’abrogation (« Repeal ») proposée en dernier recours par Mitch McConnell hier.

 

  • Depuis le 29 juin dernier, la Maison Blanche refuse de donner des conférences de presse filmées, jusqu’ici très suivies en direct sur les chaînes câblées et les médias sociaux. Hier un journaliste de Fox News a quitté la conférence présidée par Sarah Huckabee pour protester contre cette politique

 

  • On a appris hier soir que Donald Trump a eu la bonne idée de s’entretenir une seconde fois « off the record » avec le président russe Vladimir Poutine lors d’un dîner du G20 de Hambourg qui a suscité l’étonnement de la plupart des autres chefs d’Etat présents.
     

    Ca enfreint le protocole de sécurité nationale d’avoir un président américain qui rencontre son homologue russe avec seulement un traducteur russe présent: ce dernier pourrait mal interprété les propos de Trump envers Poutine. Et les Etats-Unis n’ont aucun enregistrement de ce qu’il a dit. Poutine plus expérimenté, a dû conduire la conversation. Axios

    Il n’y a rien d’illégal à cela mais ça pousse évidemment les médias à s’interroger sur le contenu de cette entrevue avec président qui a tenté d’influencer le résultat des élections présidentielles en sa faveur – Trump a encore joué la victime des fake news sur Twitter.


    Mais n’en parlez à USA Today et son réseau de quotidiens régionaux qui critiquent aujourd’hui l’obsession des grands médias nationaux sur Trump et la Russie qui les détourne d’autres problèmes importants comme l’assurance santé ou l’immigration. Une lassitude qui serait ressentie par les sympathisants de droite et de gauche.

     

    The Detroit Free Press – Edition du 19 juillet 2017

     

 

  • Trump a nommé l’ambassadeur américain en Russie, il s’agit de Jon Huntsman, qui était ambassadeur américain en Chine sous Barack Obama et de Singapour sous George W Bush. – Reuters

 


2. Une famille en enfer?

 

  • People magazine consacre sa une à la famille Trump et le tableau qui nous est offert est moribond.
     

    Ceux qui connaissent et ont étudié Donald Trump Sr et ses enfants, à la tête de son empire pendant qu’il est président – Don Jr, Ivanka et Eric – affirment que la famille est guidée par le credo du père, gagner à tous les coûts et de ne jamais admettre la défaite.

 

  • Selon des proches des deux frères Trump, Don Jr et Eric:
     

    Don Jr ne peut conclure aucun marché parce que tout le monde le surveille. Chaque jour, Il part travailler dans un état misérable … Tu ne peux pas critiquer ceux qui te nourrissent, mais Don Jr n’attends qu’une chose, la fin des quatre prochaines années.

 

 

 


3. Les tweets de Trump

 

  • C’est une récurrence dans les médias depuis deux ans, date de son entrée dans la campagne présidentielle: les fameux tweets de Donald Trump qui, de son propre aveu et de ceux de tous les analystes, l’ont aidé à remporter la candidature républicaine puis les élections présidentielles.
  •  

  • Le New York Times a analysé les tweets de ces 24 derniers mois et noté que Trump « est plus bien efficace à cataloguer ses adversaires qu’à défendre des politiques.
     

    Il a promis « un superbe assurance santé », un « remarquable assurance santé », un « grand programme », et une assurance santé « qui va bientôt être superbe ». Mais pour un politicien qui est habile à noyer ses arguments dans des slogans compacts – « fake news », « witch hunt », « Crooked Hillary » – ses discours sur l’assurance santé ne sont pas très convaincants par rapport aux refrains cinglants et mémorables qui ont influencé des millions d’Américains sur comment interpréter Washington.

     

  • Non seulement il « essentialise » ses adversaires en utilisant des diminutifs: Non pas « Hillary is a crook » mais « Crooked Hillary », « Lyin’ Ted [Cruz] », « Goofy Elizabeth Warren », « lightweight Marco [Rubio] », « failing NYTimes » mais « c’est aussi la répétition qui est importante. La simplicité et la consistance, le b.a.-ba du marketing ».* « Trump seems Much Better a Branding Opponents than Marketing Policies » – New York Times

 


4. Actualité locale recherche médias locaux

 

  • La question du Washington Post est simple: « Qu’arrive-t-il à l’actualité locale quand il n’existe aucun média pour la couvrir? »
     

    Palo Alto en Californie est un « désert d’informations », une communauté oubliée, voire entièrement ignorée par les médias. C’est l’une des mille villes des Etats-Unis dans laquelle l’actualité locale se réduit et parfois disparait. Le plus important facteur de ce phénomène, selon une étude de l’Université de Caroline du Nord: Les coupes budgétaires, la consolidation et fermetures des quotidiens et hebdomadaires, l’élément vital traditionnel de la presse locale de l’Amérique avant même sa fondation. Le disparition de centaines de quotidiens et hebdomadaires a réduit les emplois de ce secteur de moitié entre 2001 et 2016 selon les Ministère du Travail. L’impact a été ressenti dans une étude locale en 2001 qui conclut: « Un défaut d’information se manifeste de plusieurs manières: Des histoires qui ne sont pas racontées, les erreurs du gouvernement qui ne sont pas révélées, les dangers sanitaires qui ne sont pas identifiés, des élections locales avec des candidats que personne ne connaît.


5. Must Read: « The Lawyer, the Addict »The New York Times magazine

 

  • Eilene Zimmerman évoque la descente aux enfers de son ancien mari, avocat réputé de la Silicon Valley, tombé dans la toxicomanie pour pouvoir relever les défis d’une carrière exemplaire dans un milieu ultra-compétitif (soixante heures de travail hebdomadaires pendant vingt ans) et qui lui a été fatale.
     

    Peter, l’une des personnes les plus brillantes que je n’ai jamais connu, a succombé à sa toxicomanie, abattu par une infection bactérienne généralisée, commune aux utilisateurs de drogue intraveineuse.
    De tous les détails les plus déchirants, celui qui me hante le plus est le suivant: L’historique des appels sur son téléphone portable montre que le dernier a été donné à son travail. Peter, qui vomissait, incapable de s’asseoir, à moitié inconscient a réussi, je ne sais comment, à avoir une conférence téléphonique.

 


6. A regarder: « Life on Parole »

 

  • Le documentaire de l’excellent programme de la chaîne publique, PBS, « Frontline » qui s’intéresse en collaboration avec le New York Times à ces détenus en liberté conditionnelle, qui effectuent la fin de leur peine au sein de la société mais avec d’immenses restrictions et le risque imminent de retourner en prison.
  • Le documentaire intitulé « Life on Parole » a suivi pendant deux ans quatre prisonniers libérés dans le Connecticut, un Etat qui tente de désengorger les prisons en redonnant une semi-liberté et une chance de réintégration aux détenus.

 


7. Le reste de l’actualité

 

 

  • Hillary toujours aussi mal-aimée – Washington Post
     

    « La plupart du temps, le candidat qui perd les élections présidentielles a un prix de consolation: le respect du public (…) Hillary Clinton, [est] la première candidate moderne à casser cette règle. Selon un sondage de Bloomberg, seulement 39% des Américains la voient favorablement (…) Pourquoi? Tout simplement parce que beaucoup de gens, y compris le président des Etats-Unis refusent de refermer l’épisode des élections de 2016 »

     

  • « Netflix veut rendre les salles de cinéma obsolètes » affirme le Washington Post qui précise que le géant de la vidéo en ligne va sortir 40 films cette année contre 16 seulement en 2016.
  •  

  • Les responsables des quartiers sensibles de Baltimore – la ville la plus violente du pays – appellent à un cessez-le-feu le premier week-end d’août: une pause de 72 heures au cours desquelles « personne ne doit être tuée ». La ville a recensé 188 morts depuis le début de l’année  – Baltimore Sun

 


8. La couverture du jour

 

  • Toutes les chaînes TV américaines seront demain à Las Vegas pour suivre l’audition de demande de liberté conditionnelle d’O.J. Simpson, l’ancien joueur de football américain, reconverti acteur avant d’être acquitté du double de sa femme et de l’un de ses amies dans le procès du siècle il y a plus de 25 ans.
    Simpson est incarcérée dans une prison de Las Vegas depuis huit ans pour avoir volé des objets de collection dans un casino en 2007. Variety et NY Daily News

 

  • Couverture du Daily News du 19 juillet 2017

Un parti républicain misérable

 

 

« Qu’est-ce qui est encore moins populaire que Donald Trump? A peu près tout ce que font Paul Ryan et Mitch McConnell » commente cette semaine Jonathan Chait dans une tribune du New York magazine.

 

Très critiques à l’égard du candidat républicain pendant les Primaires et la campagne de 2016, Paul Ryan, porte parole de la Chambre de Représentants, et Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, sont devenus en quelques mois, les avocats de la nouvelle administration et les complices de son programme « nationaliste économique », « America First ».

 

L’année dernière, Donald Trump a réussi le pari fou, sans aucune expérience politique et avec un passé démocrate, de remporter la candidature républicaine et gagner les élections présidentielles.
Une aubaine pour le Grand Old Party, après huit ans dans l’opposition, de mettre enfin en place un programme conservateur avec l’aide du président, d’une majorité au Congrès, d’une trentaine de législatures et de gouverneurs à travers le pays: l’abolition et le remplacement d’Obamacare (leur unique obsession depuis 2010), la réforme fiscale et la dérégulation de Wall Street

 

Sauf que Donald Trump a passé les quatre premiers mois de présidence à remplir son propre agenda, « America First », à coups de décrets présidentiels plus polémiques les uns les autres, pour satisfaire sa base électorale, la seule légitimité du président le plus mal-aimé de l’histoire du pays, dont l’administration est minée par les scandales et les critiques.
Et aucune importante législation n’a été votée par le Congrès.

 

Entre temps, les leaders du GOP ont tout accepté pour pouvoir faire avancer leur programme, quitte à remettre en cause les principes conservateurs et malgré les oppositions au sein de leur propre majorité.

 

Paul Ryan a affirmé que la travel ban contre les ressortissants musulmans « n’était pas une loi contre la religion », a précipité le passage de l’American Health Care Act devant la Chambre de Représentants sans attendre les conclusions du Comité du budget et a défendu « A New Foundation for American Greatness », la proposition fantaisiste et erronée du budget 2018 qui n’a rien à voir avec le conservatisme fiscal.

 

Mitch McConnell faisait lui partie des 22 sénateurs républicains, dont les campagnes sont financées par l’argent de l’industrie du pétrole et du gaz, qui ont envoyé une lettre ouverte au président fin mai, en lui demandant de se retirer de l’accord de Paris sur le climat.

 

Le GOP contemporain est aujourd’hui le seul parti majoritaire d’une démocratie occidentale à rejeter les conclusions de la science sur le changement climatique et à « s’opposer à l’assurance-maladie, comme principal bénéfice de la citoyenneté ».

 

Certes, le parti doit faire face à la réalité de la présidence de Trump et à l’importance de sa popularité auprès des électeurs républicains. Certes, comme l’avance Charlie Sykes, « le conservatisme américain est devenu anti-libéral, uni par la haine des médias et de la gauche ».

 

Mais que dire du renvoi du directeur du FBI, James Comey, de Sally Yates, la ministre de la justice par interim, des attaques incessantes contre les médias, contre la décision des juges de la cour d’appel fédéral (la travel ban), les critiques envers les pays alliés, notamment européens, l’Otan, le soutien sans failles à la Russie, le partage d’informations confidentielles avec des officiels russes dans le bureau ovale?

 

Comme en conclut Charles P Pierce dans Esquire:

Aujourd’hui, aucune personnalité influente du parti républicain n’est prête à dénoncer les désillusions de l’abruti dans son bureau ovale. (Rappelez vous son discours de jeudi, quand il a parlé de sa réforme fiscale qui passait facilement au Congrès? Il n’y a pas de réforme fiscale. Est-ce que quelqu’un lui a rappelé?). La réponse à ce genre de comportement à été jusqu’ici d’être complice des fictions de la Maison Blanche. Notre république est vraiment devenue bananière.

Le Kiosque du 10.04.17: Stephen Colbert cartonne + Maggie Haberman respectée + Neil Gorsuch #113 + Mc Connell a « brisé l’Amérique »

 

  • Quelle influence pour le nouveau juge de la Cour Suprême?

    Le 113 ème juge de la Cour Suprême, Neil Gorsuch, a finalement été nommé la semaine dernière avec une majorité simple de 54 sénateurs (dont trois démocrates) et grâce au passage en force des Républicains qui ont modifié l’une des prérogatives du Sénat et interdit désormais à la minorité d’utiliser l’obstruction parlementaire contre la nomination d’un juge de la SCOTUS (Supreme Court Of The United States).
     
    Le juge Gorsuch a prêté serment ce matin et devrait rapidement rejoindre la Cour pour les derniers mois de son terme qui a lieu en juin et lui redonner sa majorité conservatrice qu’elle disposait jusqu’à l’année dernière, avant la mort brutale du juge Anthony Scalia.
     

    Gorsuch a été soutenu par le lobby des armes, les organisations contre l’avortement, le monde des affaires et dénoncé par les défenseurs de l’environnement, les féministes et les syndicats. Ils n’auront pas à attendre longtemps pour savoir où se situe Gorsuch.

     

    Les prochaines grandes décisions se pencheront sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat (Trinity Lutherian Church of Columbia, Inc v. Pauley), le Sixième Amendement et les droits concernant les poursuites pénales (Weaver v. Massachusetts and Davila v. Davis) et sur la possibilité ou non de retirer la citoyenneté à un Américain naturalisé (Maslenjak v. U.S.).
     
    * « Immediate Impact: Gorsuch Could begin playing pivotal role on Supreme Court Starting next Week » – The Washington Post

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  • « L’homme qui a brisé l’Amérique: Mitch McConnell »

    La pierre tombale de Mitch McConnell devrait mentionner qu’il est responsable de la mort du Sénat.
    Et j’ajouterai une deuxième ligne: « Il a brisé l’Amérique »
    Aucune homme n’a autant travailler ces dernières années à miner le fonctionnement du gouvernement américain. Son rôle a marqué le summum d’un leadership sans principe, le triomphe des tactiques au service du pouvoir à court terme.

     
    Mr McConnell, sénateur du Kentucky a été porte parole de la minorité républicaine au Sénat sous le président Obama avant d’être celui de la majorité à partir de 2015.
    C’est un fier partisan du blocage et de l’obstruction parlementaire (« filibuster » et « gridlock ») qu’il a utilisé et promu ces vingt dernières années surtout contre le président Obama (« la chose la plus importante est qu’il n’achève qu’un seul mandat » a-t-il affirmé en 2010) en entretenant avec « délectation » sa « réputation de vilain ».
     

    Alors que certains Républicains ont été critiques envers les dérapages du président Trump, McConnell est resté silencieux. Alors que ses prédécesseurs ont cherché le compromis, McConnell ne possède pas ce genre de qualités. Mais le plus caractéristique chez McConnell, c’est sa tendance à changer de point de vue selon les exigences du moment (le salaire minimum, le retrait d’Irak, le droit des travailleurs) et son talent à revenir sur tout ce qu’il a fait: Opposer une loi sur l’immigration qu’il a soutenue, demander un vote sur le plafond de la dette et essayer de l’obstruer, pousser l’administration Obama à soutenir une commission mixte sur la dette puis voter contre.

     
    C’est de la politique politicienne à l’état pur sans idéologie, ni continuité dont le seul principe est de contrer l’opposition et gagner quels qu’en soient les moyens.
    C’est lui qui vient de modifier la loi qui permettait à la minorité du Sénat de bloquer la nomination d’un juge de la Cour Suprême

     
    * « The Man who broke American »The Washington Post

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  • La majorité oubliée: les Conservateurs

    La Maison Blanche est minée par leur rivalité: le soap opéra entre Jared Kushner, gendre du président, et Steve Bannon, les libéraux new yorkais contre les nationalistes-populistes qui fait les choux gras des médias et qui laisse la part belle à une troisième voie qui « calmement mais sûrement, façonne l’agenda domestique du président »: le mouvement conservateur mené par le Vice président Mike Pence, plutôt réactionnaire:
     

    « Leur priorités incluent des réductions importantes du budget national, l’élimination des subventions de Planned Parenthood, un décret présidentiel sur la liberté religieuse, le retrait d’Obamacare, et éliminer l’Agence de protection de l’environnement »

     
    * « Forgotten Thing: the Conservatives »Axios

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  • Maggie Haberman, la journaliste préférée de Trump

    Elle aura toujours une place spéciale auprès du président. C’est l’une des journalistes politiques les plus influentes, et c’est le New York Times. Peut être le « failing » New York Times, mais c’est la couronne de bijoux et il aime ça.

     
    Ce sont les propos d’un journaliste de Politico à propos de son ancienne collègue et actuelle journaliste du New York Times, Maggie Haberman, qui suit Donald Trump depuis des années et dispose d’un accès privilégié à la Maison Blanche depuis qu’il est président.
    Elle ne lui fait pas de cadeaux et c’est sans doute pour cela qu’il l’apprécie, elle est « dure » mais « juste »

     

    Il n’y a aucun journaliste que Trump respecte et craint autant que Haberman. Il peut s’en prendre au Times, et à elle mais il retourne tout le temps vers elle pour partager ses opinions et donner des interviews. Il le fait parce que, non seulement il la connaît depuis longtemps, il sait qu’elle est importante, et qu’elle le ne le traitera pas gentiment mais jamais de manière injuste, qu’elle force le respect de la communauté politique de Washington et New York.

     
    Un article très élogieux mais que tous ses confrères admettent comme honnête.
    « Je suis très étonnée de voir combien elle est attentive au fait d’être juste » explique un autre journaliste, Barbaro. « On traverse un moment de journalisme où beaucoup de gens peuvent être moins regardant avec les faits mais Maggie se lève chaque matin et se dit Je serai juste et elle l’est. Les gens apprécient beaucoup cette qualité. »
     

     
    * « The New York Times reporter Trump can’t quit » – CNN Media

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  • Les abonnés de Trump sur Twitter

    Si Trump est l’utilisateur le plus puissant et visible sur Twitter, les réponses qui apparaissent juste en dessous de son message doivent occuper l’un des emplacements les plus influents d’internet.

     
    Une enquête intéressante dans Bloomberg BusinessWeek sur les abonnés du compte Twitter de Donald Trump qui prennent soin de lui répondre: parmi les plus prolifiques, cinq seraient des robots qui tweetent automatiquement (18 000 tweets pour le plus actif @Trump2016_Fan en 2016) mais sur les 20 000 réponses que suscitent en moyenne un tweet du président, les journalistes ont réussi à isoler différentes catégories pour comprendre leurs motivations.
     
    1/ « The Bots »: Les comptes automatisés qui envoient des messages à intervalles régulières (chaque heure, demi-heure, jour, etc…) sur le compte de Trump: Il s’agit de publicités, messages politiques ou informations qui viennent de supporters ou détracteurs de Turmp
    2/ « The Loyalists » à l’instar de Scott Presler, 28 ans, qui « sait se promouvoir sur Twitter », est un fidèle de Trump, de Jeff Sessions ou Kellyanne Conway qui a vu le nombre de ses abonnés augmenter de 10 à 76 000 en un an et pourqui le but ultime est un intéraction avec @realDonaldTrump
    3/ « The Haters »: Ceux qui détestent Donald Trump
    4 « The Activists »
    5/ « The Comedians »
    6/ « The Eggs » ou ceux qui n’ont pas de photo de profil et représentent 7,5 millions, soit 28% du total de ses de ses abonnés.
    7/ The « Ragers », ceux qui n’ont jamais digérés le résultat des élections présidentielles.

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  • Comment Stephen Colbert a transformé le « Late Night Show »

    CBS

     

    Cinq mois [après les élections], The Late Show a fait l’impensable en une année: il est devenu l’émission la plus regardée des fins de soirée. Mr Colbert vient d’enchaîner neuf semaines consécutives en tête des audiences contre l’ancien « invincible » Jimmy Fallon (…)
    Au même moment l’année dernière, Mr Colbert perdait avec un million de téléspectateurs en moins que Mr Fallon et subissait la pression de CBS … Même si la victoire de Mr Trump semble avoir retourné la course de émissions satiriques du soir, la remontée de Mr Colbert est le produit de mois de travail méticuleux.

     
    Après six mois d’antenne et des résultats décourageants, Colbert a engagé un nouveau producteur (créateur du Morning Joe), Chris Licht, enchaîné les émissions en direct (dont celles très réussies des conventions républicaines et démocrates cette été) jusqu’à la fameuse soirée des élections, au cours de laquelle il a offert un discours improvisé salué par nombre de ses fans.
     

     
    Deux semaines après il dépassait Fallon, et n’a cessé de progresser depuis
     
    * « How Stephen Colbert Finally Found His elusive Groove » – The New York Times

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Le kiosque du jeudi 5 janvier 2016

Le retour en force de Bernie

https://democrats.senate.gov

La rentrée parlementaire a été marquée par l’offensive des Républicains contre Obamacare mais aussi par la détermination des Démocrates à protéger l’héritage d’Obama. Chuck Schumer, le représentant de la minorité démocrate au Sénat, a affirmé que le système de santé américain post-Obamacare « rendrait l’Amérique malade » – reprenant le célèbre slogan de la campagne de Donald Trump qui lui a valu d’être traité ce matin de « Clown en chef » par le président-élu.

Bernie Sanders a pris la parole hier au Sénat pour critiquer la loi, votée par la majorité, qui vise à abroger de l’Affordable Care Act, la structure légale d’Obamacare. Il est venu accompagné d’un poster géant sur lequel était imprimé un tweet du président-élu qui affirmait en mai 2015, alors simple candidat à la nomination républicaine, qu’il n’y aurait « aucune coupe budgétaire concernant la Sécurité Sociale, Medicare et Medicaid » – ce que prévoit justement la loi.

[Donald Trump] ne l’a pas dit au milieu de la nuit ou à l’occasion d’une interview, c’était un point central de sa campagne et ce pourquoi il a demandé à des millions de personnes âgées et aux classes ouvrières de voter pour lui. Donald Trump a conduit et remporté la présidence sur ces thèmes.

Le programme électoral de Donald Trump qu’il a twitté ces dix-huit mois et qui lui a permis de remporter la présidence, est aujourd’hui l’arme utilisée par l’opposition pour dénoncer les promesses non-tenues du président-élu.
Une stratégie qui devrait servir les Démocrates ces quatre prochaines années. 

 

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Les Républicains choisiront le neuvième juge de la Cour Suprême des Etats-Unis.

Nous le rapportions hier dans le Kiosque, Chuck Schumer a affirmé cette semaine que lui et ses quarante-sept autres confrères sénateurs bloqueraient systématiquement toute nomination du neuvième et dernier juge de la Cour Suprême, comme les Républicains l’ont fait avec Obama, à la suite de la mort brutale d’Anthony Scalia en février dernier, et quitte à laisser le siège vacant … indéfiniment.

Le représentant de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a critiqué cette décision en invoquant la « Biden Rule », mise en place en 1992, qui stipule que la nomination d’un juge de la Cour Suprême ne peut être entérinée avant une élection présidentielle, « mais qu’elle peut être votée le jour du scrutin et après »; ce qui les autorise donc aujourd’hui à nommer leur juge. 
Sauf que les Républicains n’ont jamais voulu entendre parler de la proposition d’Obama avant les élections, et que ce dernier avait décidé symboliquement d’annoncer, Merrick Garland.

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Donald Trump et Julian Assange, les nouveaux BFFs

Non content d’avoir essayé de saboter la campagne de la candidate démocrate et avec elle le pouvoir de la classe dirigeante de Washington, qui représente selon lui un danger plus important pour les Etats-Unis que la nouvelle administration Trump, Julian Assange continue d’attiser un peu plus les dissensions entre Démocrates et Républicains.

Il a affirmé cette semaine sur Fox News que le piratage de la messagerie privée de John Podesta, le directeur de la campagne d’Hillary Clinton était un jeu d’enfants, que la Russie n’y était pour rien et que les médias américains « avaient été malhonnêtes » d’accuser Poutine d’avoir voulu influencer les élections présidentielles américaines.
Du pain béni pour Donald Trump qui s’est empressé de retweeter les propos du fondateur de Wikileaks, devenu ces derniers mois le chouchou des Républicains pro-Trump.
Irait-on vers une grâce présidentielle de Julian Assange?

Après la Russie, Donald Trump prend une nouvelle la défense d’une organisation étrangère, Wikileaks, condamnée par l’Administration Obama pour avoir révélé des documents secrets sur la guerre en Irak et en Afghanistan qui auraient mis en danger « la sécurité nationale », aux dépens des agences de renseignements américaines.

Lorsque les médias dénoncent cette collusion, le président-élu se défend « d’être en accord avec Assange » et affirme « simplement déclarer ce que [Assange] a déclaré », et qu’il le fait « pour les Américains ».

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No Pants Subway Ride

Dimanche aura lieu à New York, et dans vingt-cinq autres villes du pays, la quinzième édition de la « No Pants Subway Ride« , une tradition annuelle qui consiste à porter des habits chauds sans pantalon, simplement vêtue d’une culotte ou un caleçon, dans le métro pour « faire réagir les autres passagers ». 

La première manifestation « No Pants Subway Ride » a été imaginée par Charlie Todd, le fondateur de Improv Everywhere, un collectif new yorkais « qui cause des scènes de chaos et de joie dans les lieux publics », en 2002.

Le premier trajet comprenait sept participants, tous des hommes. Un participant est entré dans la rame sans pantalon et a circulé sur sept stations consécutives. Ils prétendaient ne pas se connaître les uns les autres, et si on leur demandait ils disaient qu’ils avaient « simplement oublié » leur pantalon. Au huitième arrêt, quelqu’un est entré avec un duffle bad qui vendait des pantalons pour un dollar.

La dernière édition de 2016 (vidéo ci-dessous) a rassemblé quatre mille personnes et devrait attirer autant de monde cette année. Le dossier de presse encourage les journalistes intéressés par l’évènement à se joindre aux participants en enlevant leurs pantalons.

Le Kiosque du lundi 12 décembre

 

TRUMPLANDIA

Les conclusions « ridicules » de la CIA

Un weekend chargé: Il a qualifié de « ridicules » les conclusions du rapport de la CIA, révélées par le Washington Post vendredi, qui confirment que la Russie a voulu influencer les élections présidentielles américaines en faveur du candidat républicain.
La manager de campagne de Trump, Kellyanne Conway, devenue sa porte-parole, a défendu les propos de son patron, a affirmé qu’il respectait la communauté du renseignement (la CIA) mais a jugé « absurde » l’idée qu’une puissance étrangère aurait tenté de miner la campagne d’Hillary Clinton pour favoriser celle de Donald Trump, qu’il n’existait aucune preuve et que le Post n’avait pas de sources officielles sur lesquelles s’appuyer.

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Des Républicains agacés

Qu’en pensent les médias républicains, par ailleurs très excités par la tournure ultra conservatrice de la prochaine administration?
Dans le Wall Street Journal, les accusations d’une ingérence russe sont une « excuse de plus » – après le directeur du FBI James Comey, les fake news et le Collège Electoral – pour tenter de discréditer la légitimité de Donald Trump: « Cette nouvelle information est plus un jugement sur les motivations russes [de faire élire Trump] que du véritable renseignement ». En effet l’administration Obama avait publiquement accusé au mois de septembre des espions russes d’avoir piraté les emails du Comité Démocrate, diffusés par Wikileaks au mois de juillet. 
S’il existe des preuves d’une ingérence russe dans les élections américaines, il appartient aux agences de renseignements de les diffuser publiquement pour mettre un terme aux rumeurs.

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Une machination de l’Administration Obama?

John Bolton, actuel conseiller de Donald Trump et ancien ambassadeur américain aux Nations Unies avançait dimanche sur Fox News que les preuves selon lesquelles la Russie a tenté d’influencer les élections présidentielles auraient été fabriquées de toutes pièces par l’entourage de l’actuel président.
Toute cette histoire serait un « false flag », c’est-à-dire « une opération clandestine visant à apparaître comme si elle était menée par une autre personne que celle qui est en responsable »: L’administration Obama aurait piraté les ordinateurs du Comité National Démocrate et Républicain, et fabriqué des preuves pour accuser la Russie.
Selon Bolton, le fait que les services secrets américains ont des preuves que ce sont bien les Russes qui ont piraté les serveurs des Comités est LA preuve que les Russes ne peuvent pas être responsables – car ils ne se seraient jamais laissés prendre.

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La Déclaration conjointe de sénateurs républicains et démocrates

Devant ce scandale que beaucoup considèrent comme bien plus grave et dangereux que le Watergate – car il implique une puissance étrangère et pas n’importe laquelle – des sénateurs démocrates (Jack Reed de Rhode Island et Chuck Schumer de New York) et républicains (John McCain d’Arizona et Lindsey Graham de Caroline du Sud) ont réagit dimanche en publiant une déclaration commune et appelé à une enquête approfondie sur l’éventuelle ingérence russe.

Tout en protégeant les documents confidentiels, nous devons d’informer le public sur les récentes cyber-attaques qui ont frappé le coeur de notre société. Démocrates et Républicains doivent travailler ensemble, à travers les différentes juridictions du Sénat, pour examiner les récents incidents et formuler des solutions complètes pour prévenir et se défendre de nouvelles attaques. 
Cela ne doit pas devenir un problème partisan. Les enjeux sont trop importants pour notre pays. 

Politico rapporte ce matin que le représentant de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, celui là même qui avait refusé la mise en place d’une commission bi-partisane en septembre dernier pour enquêter sur les menaces de cyberattaques dénoncées par l’administration Obama, soutient désormais l’appel de ses collègues pour une enquête approfondie sur l’ingérence russe. « Evidemment, toute brèche étrangère dans nos mesures de cyber sécurité est inquiétant et je condamne fermement ce genre d’actions » a-t-il déclaré ce matin.

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Des grands électeurs veulent en savoir plus avant le 19 décembre prochain

Maintenant, c’est au tour des grands électeurs de demander toute la lumière sur les possibles liens entre la Russie et Donald Trump avant l’élection officielle du président lundi prochain. Huit grands électeurs démocrates et un républicain ont adressé ce matin une lettre à John Clapper, le directeur du renseignement national:

Les allégations selon lesquelles Donald Trump aurait reçu le soutien d’un pays étrangers pour gagner les élections remontent bien avant le jour du scrutin. Quand on lui a présenté des informations sur le fait que le gouvernement russe tentait de s’ingérer dans les élections, dans des réunions secrètes et dans des communiqués officiels, Donald Trump l’a rejeté, refusé de le condamner et continuer d’accepter leur aide. (…) La volonté de Trump de ne pas prendre en compte les conclusions faites par la communauté du renseignement et sa défense continuelle de la Russie et du président Vladimir Poutine demande l’attention et la délibération du Collège électoral.