Le Kiosque du 24.07.17

 

1. Les Démocrates ont enfin un programme: Redevenir populaires

 

  • Mieux vaut tard que jamais: Neuf mois après la cuisante défaite aux élections présidentielles américaines, les Démocrates ont dévoilé leur programme censé les aider à regagner une majorité à la Chambre des Représentants ou au Sénat aux élections de mi-mandat l’année prochaine: intitulé « A Better Deal » en référence au fameux « New Deal » de Franklyn Roosevelt, base idéologique du parti démocrate moderne, il redéfinit les priorités « populaires » du parti: Plus d’emplois et une augmentation des salaires, un système de santé plus abordable et limiter les abus de Wall Street.

 

  • Pour Chuck Schumer, chef des Démocrates au Parlement, il s’agit
     

    D’abord d’augmenter le salaire des Américains. Et réduire les dépenses quotidiennes, Enfin, fournir aux travailleurs les outils nécessaires pour l’économie du 21 ème siècle (…) Dans les mois qui arrivent, nous offrirons les idées pour reconstruire l’Amérique des campagnes, pour changer fondamentalement la régulation des activités commerciales pour qu’elles profitent aux travailleurs et non pas aux multinationales.

     

  • Tout en intégrant les erreurs du passé:
     

    Lors des deux dernières élections, les Démocrates, y compris au Sénat, n’ont pas réussi à formuler un programme économique solide et audacieux, favorable aux classes moyennes et ceux qui travaillent dur pour y arriver. Nous n’avons pas assez défendu nos valeurs et montrer que nous étions du côté du peuple, et non pas des groupes d’intérêts. Nous ne referons pas la même erreur. 

     

  • Vox vous explique tout en détail ici

2. L’horreur de l’immigration clandestine

 

  • Le scénario est digne d’un épisode de American Crime ou Bloodline: La police de San Antonio a découvert dimanche matin une quarantaine de personnes cachées dans une semi-remorque garée depuis la veille au soir sur le parking d’une grande surface. Huit d’entre eux étaient morts de déshydratation et une vingtaine a été transportée en urgence à l’hôpital dans un état très critique – deux sont décédés depuis.
    Les passagers sont restés des heures enfermés dans un camion sans air conditionné avec des températures extérieures avoisinant les 40 degrés. 
  •  

  • Pour les autorités, « cet exemple de trafic d’êtres humains qui a mal tourné » n’est pas un phénomène isolé.  – AP
     

    Un récent rapport suggère que la ligne dure sur le contrôle des frontières de l’administration Trump a poussé les immigrés à accepter davantage de risques dans des conditions de passage de la frontière de plus en plus dangereuses (…)
    L’objectif des immigrés qui réussissent à traverser la frontière est de s’en éloigner le plus possible. La plupart espère rejoindre les grandes villes américaines comme Chicago ou New York, où ils ont du travail et de la famille qui les attends. C’est là où les camions entrent en scène. Les passeurs savent qu’il existe des centaines voire des milliers d’immigrés qui essayent désespérément de quitter la zone frontalière. Ils savent combien ils peuvent gagner.
    Plus ils transportent de monde plus les profits seront importants.

     

San Antonio Express-News – Une du lundi 24 juillet 2017

 


3. Recherche Attention Désespérement

 

  • La surmédiatisation de la présidence de Trump a affaibli la visibilité des dirigeants, PDG et autres acteurs de la vie politique et économique américaine et les obligé leur stratégie de communication:
     

    Quand les Américains ont élu Donald Trump en novembre, ils ont provoqué la pénurie d’une denrée mondiale rare: l’attention [des gens].
    L’attention que Trump suscite – sur Twitter, à la télévision, dans la culture et l’imaginaire des citoyens américains, celui des alliés et ennemis du pays – balaye tout sur son passage: du lancement d’une nouvelle application aux nouveaux mouvements sociaux. L’attention est le moyen utilisé par tous ceux qui recherchent de la visibilité, des Kardashians à Amazon, mais aussi les génies qui en ont fait leur spécialité ces dix dernières années: des groupes terroristes comme Daech aux critiques de l’ordre social d’après guerre comme Julian Assange. 
    (…)
    « C’est difficile pour la plupart des produits et des gens de se faire entendre aujourd’hui » explique l’ancien attaché de presse de Mike Bloomberg, « les histoires un peu légères n’ont plus leur place dans l’environnement actuel.

     

  • La seule façon de se faire entendre aujourd’hui, surtout aux Etats-Unis, c’est parler plus fort, d’être plus vulgaire ou de répondre aux propos et provocations du président.
    Pour l’
    ancien directeur de la communication de Obama:

    Trump domine la conversation, ce qui est devenu en soi-même une sorte de prophétie auto-réalisatrice puisque tout le monde pense le seul moyen d’attirer l’attention, c’est de parler de Trump, donc ils parlent de Trump.

    ;
     
    * « How to break through in the Trump Era » – Buzzfeed News

 


4. The Atlantic, plus important que jamais

 

  • The Atlantic, magazine culturel américain fondé en 1857 aurait pû sombrer il y a dix ans, lorsque que 85% de ses profits, générés par la publicité et la vente, ont commencé à chuter, comme l’ensemble de la presse du pays.
    Au contraire, grâce à une entrée précoce dans le numérique [70% de ses revenus publicitaires en ligne sont aujourd’hui du « native advertising »], à l’organisation d’évènements et même du consulting, The Atlantic a augmenté ses profits, continue de se développer, d’embaucher et d’attirer toujours plus de lecteurs sur son site.

     

    Et puis il y a le journalisme. The Atlantic à bousculer l’idée que les internautes ne cherchaient que des sujets courts et tape-à-l’oeil – avec le mot Trump dedans.
    Il y a quelques semaines, le magazine a publié un article de 8 300 mots, qui est devenu viral, « My Family’s Slave » , a attiré plus de 12 millions de visiteurs, et déclenché débats et discussions à travers l’ensemble du pays.
    Un genre de buzz qui a des précédents avec d’autres « cover stories » ambitieuses comme celle de Jeffrey Goldberg, « The Obama Doctrine », sur la politique étrangère du 44ème président; celle désormais classique de Ta-Nehisi Coates, « The Case for Reparations », ou encore celle de Graeme Wood, « What ISIS really Wants »
    « The Atlantic est encore plus vital quand l’Amérique est divisée » explique Jeffrey Goldberg, le rédacteur en chef. Et effectivement dans cette période historique, il est nécessaire. 

     

  • « The Atlantic is ‘most vital when America is most fractured’ Good thing it soars today »Washington Post

 


5. La couverture du jour: « Joe & Mika »

 

  • La cover story du New York magazine est consacrée au power couple de Washington, Joe Scarborough et Mika Brzezinzki: lui est ancien Représentant républicain de Floride, devenu Indépendant le mois dernier, et elle, démocrate, est la fille de Zbigniew Brzezinski, directeur de la sécurité nationale de Jimmy Carter, et tous les deux présentent depuis près de dix ans l’émission « préférée de l’élite politique », « Morning Joe » de 6 à 9 le matin sur MSNBC.

 

  • Pendant la campagne présidentielle, Mika et Joe étaient proches du candidat républicain Donald Trump qui intervenait fréquemment dans leur émission – provoquant l’exaspération de leurs confrères – jusqu’à ce qu’il refuse de condamner l’été dernier le soutien de David Duke, ancien « wizard » du Ku Klux Klan.
    Dès lors, Trump n’a cessé de critiquer les deux présentateurs via Twitter qui lui rendent la pareille chaque matin, en questionnant souvent la santé mentale du président.
     

    Les cyniques avancent que l’opportunisme de Joe et Mika sur Donald Trump est une preuve d’intelligence et qu’ils savent précisément quand soutenir et lâcher une personnalité politique. Mais ils ont l’air vraiment sincères lorsqu’ils parlent de lui à l’antenne, avec des avis opposés: Scarborough reste confiant dans le système américain qui va survivre et défaire la menace que représente Trump, alors que Brzezinski, une démocrate, qualifie régulièrement le comportement de Trump de « dégoutant » et s’inquiète que la République disparaisse avec sa présidence.

    * « Donald Trump is not invited to the wedding »  – New York magazine

 

 


6. Le reste de l’actualité

 

  • Depuis la mise en place d’Obamacare en 2010, le total des revenus des PDGs de soixante dix compagnies d’assurance s’élève à près de 10 milliards de dollars – Axios  

 

  • « Désactive tes notifications » – Wired

    Ces dernières années, de plus en plus gens demandent à ce que la relation entre humains et smartphones soit réévaluée. Si les téléphones nous apportent énormément, la prise qu’il a sur notre attention, notre écoute et notre vie en général est problématique (…) Les smartphones ne sont pas le problème, c’est le bip, la sonnerie, qui nous ramène sans cesse vers lui. (…)
    Il existe une solution: Désactiver ses notifications. Toutes. Vous vous rendrez compte que les petits messages qui remplacent votre écran ne vous servent finalement à rien.

 

  • Le San Diego Union-Tribune revient sur le meurtre de Gianni Versace en 1997:

    La folie meurtrière de cet originaire de San Diego durant le printemps et l’été 1997 s’est soldée par l’assassinat de Gianni Versace sur le perron de sa villa de Miami Beach. Cunanan, 27 ans, est rapidement devenu une sorte de légende criminelle, un caméléon gay et insaisissable qui a suscité la peur et la fascination du public et entretenu une folie médiatique naissante nourrie de sexe, de célébrité et de meurtre.

     

  • Jared brise le silence
    Le fils prodige de la Maison Blanche a donné sa deuxième déclaration officielle et en public cet après midi après avoir été interrogé ce matin par la Commission du Renseignement du Sénat: Une intervention dans laquelle il a déclaré n’avoir eu « aucune collusion » avec les Russes pendant la campagne, ni lui, ni aucun membre de l’équipe du candidat. 

    Mais la démarche de lundi n’est pas sans risque. Il n’a pas témoigné sous serment quand il s’est adressé à la Commission du Sénat, mais mentir devant le Congrès est un crime fédéral. Sa déclaration est univoque, et ne lui laisse aucune marge de manoeuvre si de nouvelles preuves émergent pour contredire ses propos. – The New York Times

 


 

Le kiosque du 30.06.17

 

 

1. « We’re OK, the Country’s not »

 

  • L’info de la semaine à Washington, ce sont les tweets incendiaires et sexistes de Donald Trump à l’encontre de la présentatrice de l’émission politique de MSNBC « Morning Joe », Mika Brzezinski, qui s’était moquée jeudi matin de la fausse couverture du magazine Time – sur laquelle apparaît Trump – accrochée dans plusieurs clubs de golf du président.
  •  

  • Vendredi, les deux présentateurs ont dénoncé dans le Washington Post « la constante obsession de Trump avec le sang des femmes » en référence aux remarques désobligeantes du candidat républicain contre Megyn Kelly en 2015.
  •  

  • Dans leur émission ce matin, ils ont affirmé que trois conseillers du président, dont Jared Kushner, leur auraient conseillé il y a quelques mois, de supplier le président de demander à son ami, le patron du tabloïd The National Enquirer, de ne pas diffuser un article révélant leur relation – ce qu’ils ont refusé de faire.
  •  

  • La plupart des Démocrates et quelques Républicains ont condamné les propos défendus bec et ongle par une Maison Blanche qui agit de plus en plus comme une forteresse assiégée par « les médias libéraux et les élites du pays ».
  •  

  • Encore une fois: Si n’importe quel politique ou journaliste, présentateur, entrepreneur avait insulté le « petit QI » d’une collègue ou d’une employé et s’était moqué de « son lifting », il aurait été critiqué, forcé de s’excuser et peut-être même viré.
    Pas Donald Trump.
  •  

  • Le tabloïd new yorkais Daily News y a consacré sa couverture ce matin avec l’aigle américain en berne et le titre « Humiliation »

 

 


2. Mac vs Apple

 

  • Monkey Survey, le site de sondages en ligne, qui a correctement prévu la débâcle des conservateurs anglais début juin, s’est demandé quels auraient été les résultats des élections présidentielles américaines si les électeurs américains avaient été remplacés par des utilisateurs de Windows ou Mac, ou iOS ou Android?
  • Les utilisateurs de Windows auraient fait gagner Trump et ceux du Mac auraient encore plus largement fait gagner Hillary Clinton.

 

 

surveymonkey.com

 


3. Les fédéraux à Chicago

 

Couverture du Chicago Sun-Times le 30 juin 2017

 

  • Chose promise, chose due: Trump menaçait depuis des mois (pendant la campagne présidentielle, après son élection et en janvier) d’envoyer les « fédéraux » à Chicago si les autorités locales, le Chicago Police Department et le maire démocrate, Rahm Emanuel, étaient incapables d’arrêter le « carnage » qui ravage la ville.
  •  

  • En 2016, Chicago a recensé 762 homicides, « plus que les décès par armes à feu de New York et Los Angeles réunis, les deux autres plus grandes villes d’Amérique » et les problèmes de violence et de criminalité continuent à la même cadence cette année avec jusqu’ici 333 homicides et 1 760 fusillades.
  •  

  • Le Département de Justice américain a annoncé aujourd’hui l’envoi de vingt agents de l’ATF (Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives) qui vont faire équipe avec la police locale dans d’une unité spéciale, la « Chicago Crime Gun Strike Force » qui sera opérationnelle dès demain pour le début du long week-end du 4 juillet, fête de l’indépendance, et chaque année,  l’un des plus meurtriers de la « Wind City »

 


4. La Chine à la rescousse des Etats-Unis?

 

  • Malgré la récente déconvenue de Donald Trump avec la Chine, incapable de détendre son voisin nord-coréen, et l’aversion du président américain pour la mondialisation, obnubilé par son programme nationaliste économique « America First », le géant du milieu continue d’investir massivement chez les Yankees:
     

    En 2016, les entreprises chinoises ont dépensé 46 milliards de dollars d’investissement direct à l’étranger aux Etats-Unis, trois fois plus que les 15 milliard dépensés en 2015 (…) Les entreprises chinoises emploient 140 000 travailleurs dans tout le pays, neuf fois plus qu’en 2009 (…)
    La plupart de l’activité économique générée à travers les Etats-Unis est produit de la mondialisation, qui a aidé a booster des économies partout dans le monde, y compris en Chine, et qui permet désormais à une classe de gens et d’entreprises fortunés de ces économies d’investir aux Etats-Unis, en créant des emplois dans des régions en difficulté comme dans l’Ohio. (…)
    Des centaines de représentants chinois y travaillent [dans l’Ohio], ont ramené leur famille de Chine, achètent des maisons et des voitures et inscrivent leurs enfants dans les écoles locales..

  •  

  • « Will China save the American Economy? »The Atlantic

 

 


5. Le nouveau Martin Luther King?

 

Page One du New York Times, le 11 juin 2017

 

  • Il a fait la couverture de l’édition dominicale du New York Times au début du mois, le révérend William Barber, qui officie dans la petite église de Goldsboro en Caroline du Nord, est l’une des personnalités religieuses les plus influentes et politisées du pays – et de gauche.
     

    Le mélange de piété et de politique offert par Barber pourrait apporter un nouveau souffre de vie et de direction à la gauche politique américaine pour s’opposer au programme de Trump.

     

  • L’ ancien amateur de football américain à la carrure imposante est souvent comparé à Martin Luther King, grâce à des sermons « qui mélangent les principes d’amour, de justice et de compassion avec une vision américaine de la morale inscrite dans la constitution » et capables de « surpasser les valeurs morales longtemps revendiquées par les conservateurs. »
  •  

  • Avec son mouvement de désobéissance civile, « Moral Mondays », créé en 2013 pour protester contre le programme du gouverneur républicain de Caroline du Nord, Pat McCroy, il veut former « une armée d’activistes dans les Etats les plus conservateurs et mettre le problème de la pauvreté au centre de la politique américaine », une sorte de continuation du travail inachevé de Martin Luther King, assassiné en 1968, peu après avoir annoncé le lancement d’une campagne pour améliorer la vie des pauvres.
     

    Barber porte son message à travers le pays, depuis des chaires, devant des syndicats et des militants « millenial », dialogue sur le podcast de Bernie Sanders et est souvent l’invité de la chaîne libérale MSNBC. Sa plus grande prestation a été celle de la convention nationale démocrate au cours de laquelle il a reçu une standing ovation lorsqu’il a appelé une « armée de défibrillateurs moraux » à « choquer le coeur de la nation »

     

  • « Rev. William Barber builds a moral movement »The Washington Post
    « Religious liberals sat out of politics for 40 years. Now they want in the game »The New York Times

 


6. La vidéo du Jour

 

  • La dernière campagne publicitaire de la National Rifle Association joue sur les profondes divisions idéologiques dont souffre le pays depuis l’élection de Trump pour recruter de nouveaux membres.
  • On y voit une Amérique en quasi-guerre civile, dans laquelle « les médias, les écoles, les élites d’Hollywood et le président Obama » sont responsables des violences contre le président Trump et ses supporters, et « le seul moyen d’arrêter ça, c’est de combattre cette violence de mensonges avec le poing fermé de la vérité ».


 

 

 


7. Le reste de l’actualité

 

  • Neil Gorsuch, juge de la Cour Suprême des Etats-Unis nommé il y a quelques mois par le nouveau président pour remplacer le conservateur Anthony Scalia, est très à droite sur la religion, les armes et les droits des homosexuels. Il avait pourtant affirmé lors de son audition devant le Sénat qu’il n’existait pas de juge démocrate ou républicain. – The Los Angeles Times
  •  

  • Consommation d’opioïdes: la police de Dayton dans l’Ohio affirme avoir utilisé de la Naxolone, le médicament miracle qui renverse le effets de l’overdose, à vingt reprises sur le même toxicomane. Un abus dénoncé par un politicien de Middletown qui suggère que les forces devraient arrêter de répondre aux overdoses d’opioïdes pour éviter de gâcher les ressources de la police. – Dayton Daily News

 

 


8. La couverture du Jour

 

  • Difficile d’énumérer les couvertures qu’a fait Trump ces dix-huit derniers mois. Cette semaine, il est en couverture de New York magazine et The Economist.
  • Qu’apprend-on de nouveau? Trop rien si ce n’est que Trump exploite les divisions (villes contre campagnes, travailleurs contre étudiants) pour satisfaire sa base électorale très loyale et les scandales de la Maison Blanche, jusqu’ici relayés et limités à Washington devraient bientôt se répandre dans le reste du pays.

 

Le Kiosque du 29.06.17: Morning Joe vs Trump; Les libraires-secouristes; Iphone a 10 ans; #OscarsStillSoWhite; Roy Cohn

 

 

1. Trumplandia: Oeil pour oeil, dent pour dent

 

 

    • Hier, Donald Trump a attaqué le Washington Post, propriété du géant Amazon, après s’en être pris la veille à l’ensemble des « fake médias », y compris le New York Times, CNN et les grandes chaînes d’infos nationales (NBC, ABC, CBS) dans ce qui constitue une fois de plus « le plus grand dénigrement des médias depuis Nixon ».

 

  • L’attaque contre Jeff Bezos, le fondateur et PDG d’Amazon, aurait été provoquée par un article paru en une du Washington Post hier, qui affirme que les sénateurs républicains ne prendraient pas le président au sérieux, après la décision de Mitch McConnell, chef de la majorité du Sénat de retarder le vote sur la réforme de la réforme de l’assurance santé.

    « Plutôt que d’essayer de convaincre les Américains sur le vote de la réforme d’Obamacare, Trump passe son temps à vendre son mépris envers les médias » – CNNMoney

 

  • La vidéo filmée en caméra cachée par James O’Keefe, un activiste pro-Trump, dans laquelle un producteur de CNN affirme que sans preuve tangible l’affaire Trump-Russie pourrait bien être « du n’importe quoi » qui rapporte de l’audience à la chaîne, qualifiée de « disgrâce pour tous les médias et le journalisme », a été mise en ligne sur le compte Instagram du président mercredi et abondamment reprise par Fox News depuis.
    Comme l’explique Hadas Gold dans Politico, Donald Trump et ses alliés pensent désormais qu’il a gagné du terrain dans sa guerre contre les médias

 


2. Trumplandia: Des tweets qui touchent le fond

 

  • Pas si vite!
    Les tweets incendiaires de ce matin contre deux présentateurs, aujourd’hui fiancés, de l’émission politique « Morning Joe » sur MSNBC, autrefois confidents et aujourd’hui très critiques à l’encontre du président, ont dépassé les limites de la décence et ont été condamnés par la plupart de la classe politique et des médias (même de droite) mais salué par le présentateur star de Fox News, Sean Hannity ainsi que Breitbart et autres trolls sur internet.

    J’ai entendu que l’émission Morning Joe (que je ne regarde plus) me critique. Comment expliquer alors que la folle Mika [Brzezinski] avec son petit QI et Joe [Scarborough] le « psycho » soient venus à Mar-a-Lago trois soirs de suite lors du nouvel an pour me voir. Ce que j’ai refusé parce que son lifting saignait encore.

     

  • Melania Trump, la femme du président, qui s’est engagée contre le harcèlement en ligne (« cyber-bullying ») a justifié les propos de son mari, qui, « lorsqu’il est attaqué réplique dix fois plus fort » et Sarah Sanders, la porte parole adjoint de la Maison Blanche a également expliqué que son boss répondait avec la même agressivité contre ceux qui l’insultent.
  • Même le Daily Mail a qualifié ces propos de « coup très bas ».

 


3. Image du Jour

 

  • Le dessin du jour signé John Mavroudis paru sur le site du New Yorkerclin d’oeil au faux numéro du magazine Time avec Trump en couverture, accrochée selon le Washington Post, dans différents clubs de golf du milliardaire.

 

 

 

 

 


4. #OscarsStillSoWhite

 

Extrait de la couverture du LA Times ce matin

 

  • Comme l’Académie des Oscars s’était engagée à le faire l’année dernière après la polémique lancée en 2015 sur Twitter contre des #OscarsSoWhite, diversifier ses membres, majoritairement masculins, blancs et âgés, elle a accueilli cette année un record de 774 professionnels de l’industrie, contre 683 en 2016.

    La nouvelle promotion compte 298 femmes, ce qui augmente leur représentation de 27 à 28%.
    232 sont des gens de couleur, ce qui augmente la présence des minorités de 11 à 13%.
    En juillet dernier, le Times a estimé que l’Académie devait ajouter 85 personnes de couleurs et 395 femmes dans ses rangs chaque année pour atteindre ses objectifs.

     

  • L’Académie qui compte 6 687 membres semble tenir ses promesses énoncées dans son programme « A2020 », censé profondément diversifier l’Académie d’ici à 2020, mais elle est encore aujourd’hui très « blanche » (à 87%) et masculine (à 72%)Los Angeles Times

 

 


5.  Quand les bibliothécaires jouent les secouristes

 

  • « Ce n’est pas une secouriste. C’est juste une jeune bibliothécaire qui a sauvé six personnes depuis avril. C’est beaucoup pour une libraire. » explique le secouriste qui vient d’être appelé sur la scène d’une énième overdose dans le McPherson Square Park, situé dans l’un des quartiers difficiles de Philadelphie.
  • C’est là ou travaille Chera Kowalski, une bibliothécaire, témoin dans sa vie quotidienne de l’une des pires crises de santé publique de l’histoire des Etats-Unis: les overdoses liés à la consommation d’opioïdes et d’héroïne qui est devenu la principale cause de mort accidentelle dans le pays: Depuis avril, elle a sauvé la vie de six toxicomanes en leur administrant Narcan, un médicament miracle qui renverse les effets de l’overdose.
  • « Dans au moins trois grandes villes, Philadelphia, Denver et San Francisco – les employés de bibliothèque savent désormais, ou doivent apprendre, comment utiliser la drogue Naxolone (dit Narcan)  anti-overdoses » explique Julie Todaro, présidente de l’Association Américaine des Libraires: « On doit savoir quels sont les premières étapes à suivre pour aider à résoudre ce problème
  • « The Opiod epidemic is so bad that librarians are learning how to treat overdoses » – CNN

 

 


6. Le iphone a dix ans

 

Apple

 

  • En 2007, Steve Jobs présentait le smartphone qui allait révolutionner l’industrie du téléphone et des communications et à l’époque les journalistes avaient bien du mal à décrire cet objet ultra moderne, avec un seul bouton et ce nouvel écran digital:

    « C’est un iphone, un téléphone portable et serveur internet portatif réunit dans un tout petit paquet »

    Quartz a réuni les meilleures descriptions de l’époque

 

  • The Economist:

    Aucun produit n’a autant changé la vie des gens dans l’histoire récente. Sans le iphone, commander un taxi, partager des photos, envoyer des messages en direct et autres essentiels de la vie moderne seraient moins répandus. Si elle n’avait pas vendu plus de 1,2 milliards d’appareils et engrangé des revenus de plus d’un billion de dollars, Apple ne serait pas la plus importante entreprise au monde. Des milliers de développeurs de logiciels seraient plus pauvres, puisque les applications leur rapporte près de 20 milliards de dollars chaque année.

 


7. A lire

 

  • « Comment-est ce que la symbiose impitoyable entre Trump et Roy Cohn a changé l’Amérique »: Une enquête de Vanity Fair sur la relation entre l’un des avocats et défenseurs du maccarthisme et le jeune entrepreneur née à New York au début des années 80.

    Le pouvoir de Cohn provenait largement de sa capacité à effrayer d’éventuels adversaires avec des menaces bidons et des faux procès. Et le prix de ses services? Une loyauté à toute épreuve. Trump – qui est resté loyal envers Cohn pendant des années – aura été l’un des derniers bénéficiaires et les plus durables du pouvoir de Cohn. (…)L’essence de l’influence de Cohn sur Trump était la triade suivante:
    1. Ne jamais payer, ne jamais se rendre.
    2. Contre attaquer et porte plainte.
    3. Quoi qu’il se passe, même dans la pire des situations, crier victoire et ne jamais s’avouer vaincu.

     

  • « How Donald Trump and Roy Cohn’s Ruthless symbiosis changed America » – Vanity Fair

 

 

 


8 . A écouter

 

  • Maggie Haberman, journaliste star du New York Times a débuté au New York Post puis Politico qui suit depuis des années Donald Trump, qu’elle connait très bien – C’est l’une des plus connectées de Washington et ses articles apparaissent très en Page One de la « Grey Lady ».
    C’est le quotidien d’une journaliste qui couvre une présidence extraordinaire entre la capitale et New York. Passionnant.
  • « I Have to Ask: The Maggie Haberman » – Slate

 


9. La couverture du jour

 

  • La septième et avant dernière saison 7 de Game of Thrones débarque sur HBO le 16 juillet prochain.

 

 

Le kiosque du mardi 21 mars 2017: Un nuage noir sur la Maison Blanche – Ivanka débarque – Thinx mal en point – Morning Joe – Tomi « pro Choice »

 

 

  • « The Presidency under a cloud »

    L’audition du chef du FBI, James Comey, et de la NSA, Mike Rogers, hier par une commission parlementaire pour répondre aux allégations lancées par le président sur Twitter il y a deux semaines, s’est finalement retourné contre lui: Non seulement la Bureau n’a trouvé aucune preuve que l’ancien président aurait mis sur écoute le candidat républicain en 2016 (« Aucun président n’a le droit de faire cela ») mais les deux hommes ont confirmé l‘existence d’une enquête sur les relations entre la Russie et les aides de Trump pendant la campagne présidentielle.

    De Richard Nixon à Bill Clinton, l’histoire suggère que ça n’est jamais une bonne chose pour un président d’avoir le FBI, et ses ressources illimitées et larges pouvoirs d’investigations, derrière lui.

    Dans une tribune intitulée « All the President Lies » publiée dans le New York Times, David Leonhardt dénonce les mensonges du président, « the L-Word » que le Wall Street Journal refuse toujours aujourd’hui d’utiliser pour laisser au lecteur le choix de croire ce qu’il veut.

    La neuvième semaine du président a débuté par le FBI qui vient de le traiter de menteur.
    J’ai déclaré auparavant que tout ce qui n’est pas vrai ne devrait pas être interprété comme le « L-Word », parce que ça connote une intention et quelqu’un peut déclarer quelque chose de faux sans le faire volontairement. (…)
    Mais l’actuel président des Etats-Unis ment.
    Il ment comme jamais aucun autre politicien américain ne l’a fait avant lui (…) Il dit tellement de contre-vérités qu’il est inutile d’essayer de savoir lesquelles doivent être débattues ou non – tout autant que cette idée selon laquelle la plupart des supporters de Trump aiment le voir mentir.
    Trump trompe volontairement les gens. Comme il l’a dit il joue avec leurs fantasmes.

     

    Nous y reviendrons aujourd’hui dans « A la une des quotidiens »

    * « How the FBI tailing Trump could dog his presidency »Politico
    *
    « All The President Lies »New York Times 

***

  • Mais qui est Roger Stone?

    Roger Stone, un confident de Donald Trump depuis des années (voir l’excellent documentaire de Frontline, « The Choice ») s’est targué pendant la campagne présidentielle d’être en relation avec Julian Assange, le fondateur de Wikileaks: il a annoncé dès le mois d’août dernier que John Podesta serait sa prochaine cible de l’organisation, et mi-septembre qu’elle diffuserait très bientôt de nouveaux documents accablants contre Hillary Clinton.

    Wikileaks a révélé quotidiennement durant le dernier mois de campagne les emails de Mr Podesta.
    Il a également affirmé avoir été en communication avec le hacker Guccifer 2.0 qui se serait procuré ces documents avant de les offrir à Wikileaks.

    L’intéressé a nié depuis tout contact avec l’organisation, et l’organisation nié tout contact avec Stone.

    Mais les différentes déclarations de Stone ont alimenté les suspicions selon lesquelles des individus dans l’orbite de Trump ont joué un rôle dans la diffusion des emails piratés du Comité National Démocrate et du président de la campagne d’Hillary Clinton, John Podesta.

    Aujourd’hui, c’est le FBI qui s’intéresse à cette personne excentrique qui vient d’ailleurs de sortir un ouvrage sur la victoire de Trump le 8 novembre dernier. 

***

  • Ivanka Trump rentre à la Maison Blanche

    On la savait influente, elle aura désormais son bureau dans la West Wing de la Maison Blanche aux côtés de celui de Dina Powell, récemment promue conseiller adjoint à la sécurité nationale, pour promouvoir les initiatives qu’elle défend depuis plusieurs … mois: La législation sur les congés parentaux et d’autres problèmes qui affectent l’équilibre des femmes entre leur travail et la maison.

    Elle n’a pas de titre officiel mais disposera d’un office, de matériels de communication fournis par le gouvernement et d’un accès à des informations confidentielles.

    Ivanka Trump gérait jusqu’ici sa marque de vêtements et lifestyle, Ivanka Trump, dont elle s’est retirée après l’élection de son père et pour laquelle elle possède toujours intérêts financiers.

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  • « Touches pas à mes flingues et touches à mon corps non plus »

    Tomi Fahren

    La jeune commentatrice de 24 ans, star des réseaux sociaux vient d’être suspendue une semaine du site d’infos conservateur The Blaze, créé en 2011 par Glenn Beck, dans laquelle elle présente une émission pour avoir affirmée être … « pro-choice » dans un programme de grande écoute sur une chaîne concurrente la semaine dernière – une position contraire à la grande majorité des conservateurs qu’elle a qualifiés au passage d’hypocrites.

     

    Je suis une « constitutionnelle », quelqu’un qui aime la Constitution. Je suis pour un gouvernement limité. Donc je ne peux pas être assise avec vous aujourd’hui et être une hypocrite et dire que je soutiens un gouvernement limité et que je pense que ce gouvernement devrait décider ce que les femmes font de leur corps.
    Je suis assise avec vous, et je vous dis qu’en tant que Républicaine, je suis pour un gouvernement limité, touches pas mes flingues et touche pas non plus a mon corps.

     

    Glenn Beck, le fondateur de The Blaze, qui a engagé Lahren il y a deux ans, a affirmé qu’elle souffrait « d’honnêteté intellectuelle ».
    Effectivement, il y a trois mois, Tomi Lahren déclarait que les avortements étaient des meurtres, et celles qui les subissaient, des tueurs d’enfants – en s’en prenant au passage à Lena « Freakin' » Dunham.

    * « Glenn Beck publicly battles Tomi Lahren, his most Famous Employee » – The Daily Beast

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  • Morning Joe vs Trump: La guerre est déclarée

     

    NEW YORK, NY – December 12, 2016: Co-hosts Mika Brzezinski and Joe Scarborough of MSNBC’s « Morning Joe » in the studio in New York on December 12, 2016.

    Le magazine Variety diffuse aujourd’hui une interview du power couple des  journalistes télé, Joe Scarborough and Mika Brzezinski (plutôt libérale) du Morning Joe (conservateur assumé), qui fut ces dernières années, l’émission préférée de Donald Trump et bénéficié d’un accès privilégié dans la Trump Tower.

    Mais depuis l’investiture du 20 janvier, et les débuts catastrophiques de Trump à la Maison Blanche, l’entente cordiale, parfois critiquée et enviée par d’autres journalistes, a tourné au vinaigre.

    Le président ne suit plus Mr Scarborough sur Twitter (« ce qui est plus saint ») et Morning Joe n’a pas loupé le président sur chacun de ses dérapages; Ils ont effectivement les critiques les plus dures envers le nouveau président et son dministration – notamment Steve Bannon et Stephen Miller.

    La journaliste Mika Brzezinski a d’ailleurs été la première a annoncé, il y a un mois ne plus vouloir recevoir Kellyanne Conway dans l’émission et depuis la conseillère s’est fait plus rare sur les plateaux télés

    * « MSNBC’s Joe Scarborough, Mika Brzezinski on Trump and why ‘everyone sjould ban Kellyanne Conway from TV’  » – Variety

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  • Thinx dans la tourmente.

    New York magazine

    On a eu droit à une campagne de pub assez agressive dans la station de métro de Bedford à Williamsburg et le sud de Manhattan l’année dernière pour le lancement très politisé de Thinx, ce sous-vêtement féminin utilisée pendant les règles qui permet se débarrasser des tampons et serviettes hygiéniques, pour « casser les tabous du corps féminin ». Le produit a fait le tour des magazines féminins tout comme sa co-fondatrice, la très engagée, Miki Agrawal, accusée aujourd’hui … de harcèlement sexuel contre ses employées.

    Selon New York magazine, qui l’a interviewée l’année dernière, l’une des activités préférées de Mme Agrawal, c’est de briser les tabous, de « parler de choses dont elle n’est pas supposée parler ».

    Selon une plainte déposé par une ancienne employée, ces discussions se seraient orientées vers la taille de sa poitrine la boss, ses piercings sur les seins, ses exploits sexuels, aurait fait des avances à ses employés, verbales et physiques, et se serait exposées à plusieurs reprises, nues, devant eux.

    Non seulement la plupart des employées étaient mal payées (10 sur les 35 que compte la compagnie sont parties depuis janvier selon Racked) mais les deux seuls avoir réussi à négocier leur salaire à la hausse auraient deux hommes.

    Mme Agrawal a quitté son poste de CEO la semaine dernière tout en affirmant qu’elle restait la « She-eo » et publié un droit de réponse sur les récentes allégations de Jezebel qui décrivaient les conditions très difficiles de travailler avec elle, intitulé « My Think Ride » dans lequel elle admet avoir faits « des tonnes d’erreurs » mais à la fois réussi à « bâtir une entreprise qui aide aujourd’hui des millions de femmes. »

    * « Sexual Harrassment Claims against She.E.O » – New York magazine

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  • Un Iphone Rouge

    Apple lance aujourd’hui le iphone 7 rouge en collabration avec RED pour collecter des fonds au profit de la recherche contre le Sida, à laquelle est associée la compagnie californienne depuis plusieurs années, mais c’est la première fois qu’un iphone est complètement recouvert de rouge.

    Il sera disponible chez Apple à partir du vendredi 24 mars pour 750 dollars.

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  • Couverture du Jour

    Très belle couverture de New Yorker dans une étagère de l’artiste, « Shelf Life » de Lucy Giuterriez

Jeudi 23 février 2017: « Bathroom Guidance »; Miller et la 2nd Travel Ban; Breitbart en UE et les Républicains face à Trump.

 

 

  1. Trump suspend les mesures anti-discrimination contre les étudiants transgenres.

    Mercredi, le président Trump a annulé une loi fédérale permettant aux étudiants transgenres d’utiliser les toilettes qui correspondent à l’identité de leur choix, différente de leur identité sexuelle.
    Le président Obama avait statué sur cette question qui divisait Républicains et Démocrates l’année dernière en imposant une « Bathroom Guidance » contestée dans une douzaine d’Etats du pays.
    Jeff Sessions
    , l’ancien gouverneur d’Alabama, dont la nomination comme ministre de la justice a été l’une des plus difficiles de l’administration Trump, est à l’origine de cette décision, qui met Betsy DeVos, nouvelle Secrétaire à l’Education, dans une situation délicate. 

    C’est la première atteinte aux droits civils mis en place par Obama qui seraient, semble-t-il, la cible de Jeff Sessions et une victoire pour les conservateurs.
    Début février la Maison Blanche avait pourtant annoncé que « le président Donald Trump est déterminé à protéger les droits des Américains, y compris la communauté LGBTQ (…) et continue de soutenir les droits LGBTQ, comme il l’a été durant les élections.

  2. La travel ban #2 aura les mêmes résultats que la travel ban #1

    Stephen Miller est finalement réapparu sur les plateaux télés, Fox News, pour discuter de la seconde « Travel ban » qui sera dévoilée la semaine prochaine au public américain. Comme à son habitude, le jeune conseiller du président, 32 ans, a attaqué la décision de la Cour d’appel de San Francisco en affirmant que la première version n’avait aucune erreur et que la nouvelle version aurait les mêmes conséquences politiques pour le pays. Affirmer que les deux décrets anti-immigration sont les mêmes et les différences purement techniques donnent à l’opposition (ACLU) et aux cours d’appel fédérales une excuse parfaite pour suspendre « travel ban #2 » si elle devait être contestée – ce qui a des grandes chances d’arriver.


  3. Sur la radicalisation de Stephen Miller.

    Dans le dernier numéro de New York magazine, le célèbre journaliste atypique, Andrew Sullivan (homosexuel, catholique et conservateur) écrit sur Miller:

    « J’ai l’impression de connaître Stephen Miller … j’ai l’impression de le connaître parce que j’ai été un peu comme lui.
    C’est le type classique: un garçon renfermé de centre droit dont le conservatisme a été radicalisé par des gauchos du système éducatif.
    Je ne blâme pas les libéraux pour le fanatisme inébranlable de Miller.
    Les étudiants de droite sont souvent moqués, isolés et critiqués dans les campus et malheureusement, leur réponse est souvent d’affirmer un peu plus leur haine envers les progressistes. Rapidement, ils adoptent des positions détestables juste pour agacer leurs pairs et professeurs. Après un bout de temps, tu ne défends même plus le conservatisme que tu ne t’attaques à la gauche, et au bout du compte, les questions s’effacent et c’est la haine qui reste. »

    A lire ici sur New York magazine, « The White House Mole » de Nadrew Sullivan

  4. Explosion des sites d’infos de droite 

    Axios a recensé les sites d’infos traditionnels, de gauche et de droite créé depuis les débuts d’internet en 1993.
    La présidence de Bush a été marqué par une croissance des sites plutôt libéraux, surtout autour de l’invasion de l’Irak en 2003, et la tendance s’est confirmée avec la création de nombreux sites conservateurs durant la période Obama.
    Entre 2009 et 2016, les médias traditionnels ont été accusés de ne pas couvrir assez les scandales de l’administration Obama et certains journalistes ont flairé l’opportunité et créé des sites d’infos conservateurs capables d’offrir l’actualité sous un nouvel angle – en dehors de Fox News.

    Conclusion: La plupart des sites d’infos ouverts ces vingt dernières années sont politiquement orientés, et les médias sociaux tendent à polariser davantage l’information offertes aux internautes à travers leurs systèmes d’algorithmes.
    La technologie numérique a facilité l’exploitation des divisions politiques

  5. Breibart privé de continent européen

    Après la victoire inattendue du Brexit en juin dernier puis celle de Donald Trump cinq mois plus tard, deux causes défendues et remportées par le site alt-right, le rédacteur en chef américain de Breitbart, Alex Marlow, avait annoncé l’ouverture de bureaux en France et en Allemagne, en prévision des élections présidentielles de mai prochain dans l’hexagone, et celles d’outre-Rhin en septembre prochain.
    Deux évènements politiques déterminants pour l’avenir de l’Europe, une « hérésie » politique pour Steve Bannon, qui verrait bien Marine Le Pen remporter les élections et Angela Merkel perdre un quatrième mandat. Le rédacteur en chef de Breibart UK depuis trois ans, Raheem Kassam, était en charge du projet.

    Mais selon Politico, « les difficultés à recruter des journalistes, les questions de la langue à utiliser, et le désir d’avoir un impact important lors du lancement ont ralenti les efforts pour mettre en place les éditions françaises et allemandes »: Si Breitbart veux percer dans ces deux pays, ils doivent s’exprimer dans la langue natale et il existe déjà, en France en tout cas, des journaux et sites internet d’extrême droite qui font diligemment leur travail (Valeurs Actuelles, Minute, Egalité et Réconciliation, Boulevard Voltaire).

  6. Video du jour

    L’un des meilleurs journalistes de la télé américaine, avocat de formation, ancien républicain de la Chambre des Représentant et présentateur depuis dix ans de l’émission politique matinale Morning Joe sur MSNBC , Joe Scarborough était l’invité de Stephen Colbert sur CBS mardi soir pour discuter du président.
    Donald Trump est un fervent téléspectateur de l’émission depuis ses débuts, et aujourd’hui Mr Scarborough jouit d’un accès privilégié à la Maison Blanche – tout en restant critique lorsqu’il le juge nécessaire – c’est à dire quotidiennement ces trois dernières semaines.

    Interrogé sur le président:

    « Je suis un républicain et un conservateur [comme Stephen Colbert] mais je suis un Américain avant tout (…) C’est aujourd’hui la responsabilité des Américains, et surtout des Républicains, et surtout de tous les républicains du Sénat, de s’opposer à un président qui remet en question l’autorité judiciaire [ pour la travel ban] et la légitimité d’un juge fédéral et de dire « ce n’est pas normal et nous devons le dénoncer »,  quand il critique la liberté d’expression et le Premier Amendement et les groupes de presse qui font leur travail.
    Il tient a mon parti en particulier de s’opposer et de prendre la parole parce que vous pensez être le centre du monde? Cette position ne vous appartient pas, vous l’occupez le temps d’une présidence grâce aux Américains.
    Le parti républicain doit savoir qu’il y aura un après Donald Trump et ce dernier sera jugé sur les cinquante prochaines années sur leur gestion des problèmes actuels. »

  7. La phrase du jour:

    Sean Spicer interrogé sur les électeurs américains qui envahissent les conseils municipaux pour protester contre le « Repeal & Replace » d’Obamacare:
    « Ce n’est pas parce qu’ils font du bruit qu’ils sont nécessairement nombreux. »
    L’état d’esprit de la majorité républicaine envers les Américains inquiets de perdre leur assurance maladie: « il y a des gens en colère mais il y a aussi beaucoup de manifestants professionnels (…) qui veulent attirer l’attention des médias. »

  8. A ne pas lire: « How to survive the next Four Years like a French Woman »

    Le 150 000 ème article sur la femme française qui fait mieux que tout le monde, et cette fois-ci c’est résister avec élégance dans le New Yorker: « Acheter des habits de qualité », « Flirter constamment », « Toujours garder un parfum à portée de main », « Garder un air mystérieux », « Assumer vos imperfections »

  9. Couverture du Jour:

    L’édition « The Future of Work » sur la nouvelle « working class » américaine à lire ici

    The New York Times magazine – Edition du 26 février 2017

 

 

« Muslim Ban »: Influence, inexpérience et imbroglio à la Maison Blanche

Le chaos provoqué par la « Muslim Ban«  est la preuve de son succès.
Ce sont les propos de Stephen Miller, 32 ans, l’auteur de la « Muslim Ban », conseiller du président et proche de Steve Bannon, qui a provoqué une crise à Washington et des manifestations dans tout le pays, la détention de centaines d’immigrés, après avoir passé agit seul, indépendamment du contrôle et des conseils toutes les agences gouvernementales concernées.

  • Contrairement aux informations qui circulaient dimanche concernant le Conseil National de Sécurité, une organisation administrative qui dépend directement du président, le conseille sur des questions stratégiques de sécurité nationale, dont l’influence est critique dans le domaine des Affaires Etrangères, Trump a décidé de garder le siège permanent de conseiller militaire, appartenant actuellement au Chef d’Etat-Major des armées, le général Joseph Dunford et rajouté un siège pour son conseiller le plus proche, Steve Bannon. 
  • On l’a appris sur l’émission politique de MSNBC, Morning Joe ce matin, la décision d’interdire l’entrée des réfugiés et citoyens originaires de sept pays musulmans aux Etats-Unis, « la Muslim Ban », a été prise en petit comité vendredi à la Maison Blanche sous l’autorité de Stephen Miller, 32 ans, engagé par son ami et mentor, Steve Bannon, le conseiller le plus influent du président.
    Le Conseil National de Sécurité n’en n’a pas été informé.
  • Joe Scarborough, l’un des co-présentateurs, s’est entretenu avec Donald Trump, ses conseillers et les anciens de Barack Obama, ce weekend:

    Stephen était vendredi à la Maison Blanche [pour discuter de la « Muslim Ban »] et aurait refusé d’aller consulter les autres agences fédérales ou des avocats, et a voulu faire cela tout seul (…)
    Tu as une très jeune personne à la Maison Blanche assoiffée de pouvoir qui pense pouvoir écrire un décret présidentiel et aller dire à toutes les autres agences gouvernementales d’aller au diable.
    Washington est horrifié ce matin de savoir que Stephen Miller était prêt à agir en dehors du processus de coopération des agences.

    L’essentiel à retenir de toutes les discussions vient du comité charge des Affaires Etrangères qui espère que la jeune équipe de la Maison Blanche s’est bien amusée en essayant de faire des politiques dans leur coin sans les prévenir parce que cela n’arrivera plus jamais.
    La chaîne [de commande] se resserre rapidement (…)

Donald Trump n’aurait pas reconnu au téléphone avoir fait une erreur, mais tous ses conseillers reconnaissent que l’opération s’est très mal passée, au niveau du manque de communication et d’explication avec les médias, et surtout sans aucun contrôle des agences gouvernementales.

L’une des premières erreurs de Donald Trump, inexpérimenté en politique qui pense qu’il peut mettre en place une promesse de campagne sans consulter l’appareil gouvernemental.

Stephen Miller s’est défendu ce matin sur CBS d’avoir mis en place « quelque chose de très réussi qui défit la vieille orthodoxie », s’est félicité de la mise en place « efficace » du décret et a remercié « au nom de la Maison Blanche, les agents des douanes qui ont appliqué la loi. »

L’influence d’un jeune conseiller dans les plus hautes sphères du pouvoir qui a été capable de faire passer une loi aussi importante sans passer par les agences de contrôle montre son inexpérience, et celle du président, et l’influence dont fait l’objet aujourd’hui le Commander-in-Chief, de la part de Steve Bannon, et sa dangerosité.

 

 

 

 

Le Kiosque du mardi 6 décembre 2016

TRUMPLANDIA

Un adepte des fake news à la sécurité nationale

Michael Flynn, le conseiller à sécurité nationale du président-élu, ancien lieutenant général de l’Armée américaine est un adepte des fake news et autres théories du complot qui se sont répandues comme une trainée de poudre ces derniers mois sur des sites d’infos bidons ou pro-Trump et qui ont mené à un accès de violence inédit de la part d’un jeune homme de 28 ans à Washington dimanche soir.
Si Flynn n’a jamais explicitement évoqué le « pizzagate », son fils, Michael Jr Flynn, continuait dimanche soir, à considérer les accusations faites à l’encontre d’une pizzeria de la capitale qui servirait de couverture à un réseau pédophile gérée par Hillary Clinton et son ancien chef de campagne, John Podesta, restait valable « jusqu’à ce qu’on prouve que c’est faux ».
Un professeur de science politique de l’université de Miami, Joseph Uscinski, se veut rassurant en expliquant à Politico qu’il « y a eu beaucoup de leaders dans l’histoire des Etats-Unis qui croyaient à des théories du complot mais personne ne le savait car il n’avaient pas de compte Twitter ».

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Morning Joe, les copains de Trump?

Trump a fait de rares apparitions publiques depuis son élection, sauf pour prendre des bains de foule lors de sa tournée de remerciements, le USA Thank you Tour, mais deux journalistes ont réussi à nouer des relations privilégiées depuis le début de la campagne avec le président-élu, Joe Scarborough et Mika Brzezinski, présentateurs d’une matinale politique « Morning Joe » sur la chaîne libérale MSNBC. Depuis sa victoire aux présidentielles, Trump et son staff serait en constante communication avec le duo, et Brzezinski s’est même rendue à la Trump Tower la semaine dernière pour rencontrer Ivanka. L’émission Morning Joe est devenue le véritable « porte parole de la transition » selon un journaliste envieux de CNN, Chris Cuomo – ce dernier a d’ailleurs retweeté les extraits d’un passage du livre de Trump :

« L’élément brillant de MSNBC est Joe Scarborough et Mika Brzezinski dans leur programme Morning Joe. Je ne suis pas forcément tout le temps d’accord avec ceux qu’ils disent mais c’est un show dynamique et divertissant. Ils ont un futur prometteur à la télévision ou quoi qu’ils fassent. »

Aucun des deux présentateurs n’a jamais officiellement supporté Trump, et ont plutôt été très critiques à son égard et on devra compter sur eux dans les prochains mois pour en savoir un peu plus sur l’univers et les ambitions du futur président.

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Un rebel chez les grands électeurs républicains

Christopher Suprun, un des 38 grands électeurs républicains du Texas sera amené avec cinq cents autres de ses collègues à choisir le président des Etats-Unis le 19 décembre prochain. Il a décidé de ne voter pour Donald Trump non pas parce que Hillary Clinton a remporté le vote populaire avec plus de 2,5 millions de voix d’avance, ni parce qu’il n’adhère pas à la politique de Trump, mais plus simplement parce « qu’il n’est pas qualifié pour cette fonction ».

« J’ai consacré je ne sais plus combien d’heures à servir le parti de Lincoln et élire ses candidats. J’en consacrerai encore plus à être fidèle à mon parti et plus beaucoup que certains dans son leadership. Mais je ne dois rien à un parti. Je dois à mes enfants de laisser une nation en laquelle ils peuvent avoir confiance.
(…)
L’élection du prochain président n’est pas encore scellée. Les électeurs qui ont une conscience peuvent faire le bon choix pour leur pays. ceux qui élisent le président ont légalement le droit et le devoir de voter en leur conscience. Je pense que ces électeurs devraient s’unir derrière un autre candidat républicain, un homme honorable et qualifié comme le gouverneur de l’Ohio, John Kasich. Je prie pour que mes camarades électeurs fassent fassent leur travail (…) »

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Le gouverneur Kasich, le choix des « faithless electors »

On appelle un « faithless elector » un grand électeur qui a choisit de ne pas voter pour le candidat de son parti. Ca arrive rarement lors d’une élection, et ce ou ces électeurs sont généralement des cas isolés.
Ces élections sont différents et certains grands électeurs démocrates tentent de convaincre leurs collègues et ceux du parti républicain de choisir une alternative à Donal Trump, non pas Hillary Clinton, mais le « candidat du compromis », John Kasich, malheureux aux Primaires républicaines, pressenti un moment pour devenir le Vice-président avant l’offensive réussie de Mike Pence et considéré comme « le républicain le plus acceptable » rapporte Politico.
Ces « faithless electors » se sont regroupés dans une organisation, les « Hamilton Electors« , qui parcourent le pays depuis des semaines pour essayer de convaincre leurs confrères, et ils sont désormais huit: sept démocrates et un seul républicain, Christopher Suprun.
Un nombre très insuffisant devant l’importante majorité remportée par Trump aux élections, 306 grands électeurs contre 232 pour Hillary Clinton. Cette dernière est restée en dehors de ces tractations, même si elle s’est engagée à participer au recompte des voix dans la Michigan et le Wisconsin.

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