Le kiosque de la semaine: 3 au 9 janvier 2017

 

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C’est la reprise du Kiosque de la semaine avec une sélection des meilleurs articles publiés dans la presse magazine cette semaine: Les entreprises qui vendent des logiciels de piratage informatique, les intellectuels qui tentent de définir le « Trumpisme » en dépit de son représentant, un lycée de Floride qui est en train d’assurer l’avenir du football américain, une expérience de « radicale empathie » entre critiques et défenseurs du contrôle des armes à feu, les meilleurs mêmes de l’année et une comédie musicale dédiée à Bernie Sanders!

 

  • « The @-Bomb » – by Mattathias Schwartz – The New York Times magazine

     

    Photo illustration by Jamie Chung pour le NYTimes magazine

    En pleine polémique sur le piratage des serveurs informatiques du Comité National Démocrate et de John Podesta lors de la campagne présidentielle américaine, l’enquête du New York Times magazine s’intéresse à la croissance de ces entreprises privées spécialisées dans la vente de logiciels de surveillance informatique qui sont utilisées par les clients comme des armes politiques.
    Une douzaine de compagnies (implantées en Italie, Allemagne ou encore Israël) sont accusées aujourd’hui de vendre des « programmes malveillants » à des gouvernements, à des partis politiques, profitant du manque de législation internationale dans ce domaine.

    Citizen Lab, un laboratoire de recherches de l’Université de Toronto spécialisé dans les technologies de la communication et de l’information, des Droits de l’homme et de la sécurité, a accusé une de ces entreprises, Hacking Team, de ne se soucier que des profits
    sans contrôler les abus liés a l’utilisation de ses produits; selon le groupe de recherches, son logiciel aurait permis à un parti politique mexicain de mener, avec succès, une campagne de déstabilisation politique contre ses adversaires – ce que l’intéressée à toujours nié.

    Le piratage de Hacking Team et la diffusion de tous ses documents, emails et logiciels sur son propre compte Twitter au cours de l’été 2015, a révélé que la compagnie avait vendu son  logiciel, Remote Control System, capable d’accéder à toutes les données d’un ordinateur ou d’un téléphone (caméra, appareils photo, localisation, textos et communications) au FBI, à la DEA, aux services secrets russes, à un parti politique mexicain (celui-là même que Citizen Lab avait accusé) et certains gouvernements parmi les plus répressifs (Honduras, Ethiopie, Bahrein, Turquie ou Ouzbékistan).

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  • « Intellectuals for Trump » by Kelefa Sanneh – The New Yorker

    Barry Blitt – New Yorker

    Pour certains intellectuels, la victoire de Donald Trump coïncide avec « un moment de libération conservatisme, une répudiation des élites et de l’orthodoxie conservatrice » représentée par le parti Républicain, défiant à l’égard de son candidat durant toute la campagne.

    Le « Trumpism » existe, c’est un mouvement plus consistant que les tweets incendiaires du président-élu, qui a été pensé et discuté par des anonymes, bloquer et universitaires, sur le blog Journal of American Greatness durant les élections et qui a remporté un formidable succès.
    L’un d’entre eux a écrit l’un des articles (de soutien à Donald Trump) les plus lus des sites conservateurs, « The Flight 93 Election » – dont Le Kiosque a fait un compte rendu au mois de septembre dans les Carnets de Campagne de Libération.

    Le « Trumpism » fait écho aux mouvements d’extrême droite européens qui consiste à « renforcer les frontières », favoriser le « nationalisme économique » et défendre « une politique étrangère basée sur les intérêts américains ». Le mouvement se distingue du parti Républicain en insistant sur moins d’intervention à l’étranger, moins de « laisser faire économique » et plus de restrictions sur l’immigration.

    « La relation entre Trump et les intellectuels « trumpistes » est profondément asymétrique puisque ces derniers doivent formuler une doctrine sans grande assistance de son représentant. La marque politique de Trump est celle de quelqu’un qui n’a pas besoin d’essayer de s’expliquer à un groupe de chercheurs, quel que soit leur soutien »

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  • « Can football be saved? » by Nicholas Schmidle – The New Yorker

    Photograph by Thomas Prior for The New Yorker

    Le New Yorker part à la rencontre de l’une des meilleures équipes lycéennes de football américain, en Floride, qui   expérimente et développe des nouvelles méthodes d’entrainement destinées à éviter les chocs et traumatismes crâniens qui mettent en danger la santé des adolescents. 

    Les entraînements sont des moments propices aux contacts parfois très violents entre joueurs, le plus dangereux d’entre eux arrive lorsque deux casques rentrent se rentrent dedans (« helmet on helmet collision ») est désormais interdit en ligue professionnelle et universitaire. Le coach des Raiders du lycée St Thomas d’Aquin de Fort Lauderdale entraîne ses joueurs sans contact en utilisant des robots ultra-perfectionnés et utilise la dernière technologie de casques Ridell pour mieux protéger ses joueurs.

    Des mesures nécessaires pour l’avenir du sport préféré des Américains qui souffre depuis plusieurs années d’une baisse des adhérents et des téléspectateurs refroidis par les polémiques autour de la dangerosité de sa pratique, quels que soient les âges.

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  • « An Experiment in Empathy » by Lisa Miller – New York magazine

    Partisans et opposants au « contrôle des armes » ont souvent des positions irréconciliables qui empêchent tout dialogue capable de proposer des solutions contre les ravages des armes à feu aux Etats-Unis, à l’instar de la tuerie de Fort Lauderdale qui a fait cinq morts la semaine dernière.

    New York magazine a réuni des opposants et des défenseurs du contrôle des armes, mais qui ont tous un lien personnel avec. Des « gun owners » passionnés, des citoyens soucieux de leur sécurité, responsables d’armurerie, adhérents de la NRA ont partagé leur expérience avec celles de victimes d’armes à feu, deux mères qui ont perdu un enfant lors d’une tuerie, celle de Fort Lauderdale en 2007 et de l’école élémentaire de Sandy Hook en 2012, une officier de police de Baltimore blessée par balles lors de sa première année de service, un conseiller éducatif dont le cousin a été tué par la police, etc…
    Le projet se base sur l’expérience de « Radical Empathie » qui consiste à pousser les gens qui ont des opinions opposés à se mettre à la place de l’autre. Même si cette technique est critiquée par la communauté scientifique, elle offre ici une ouverture émouvante à l’empathie et au 
    dialogue.

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  • « Bernie, the musical » by Michael Appler – Village Voice

    Illustration by Taylor Callery – Village Voice

    Malgré la défaite de leur candidat aux primaires démocrates en juin dernier et la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles, certains habitants de Burlington, la ville dont Bernie Sanders a été maire durant huit ans (1981-89) continue de célébrer le succès et l’inspiration qu’il a su initier aux Etats-Unis, parmi les jeunes, les Démocrates, les travailleurs. Pour revivre cette campagne exceptionnelle, rien de telle qu’une comédie musicale qui lui est dédiée, « Feel the Bern, a Musical of the people, By the people and For the people.

    Le spectacle, imaginé par l’activiste, Meira Marom, nous transporte en 2132, durant les fêtes de fin d’année, à Cleveland où sont réfugiés de supporters de Bernie Sanders, évacués de la côte Est américaine qui a été balayée par le réchauffement climatique. On ne fête plus Noël mais « NotmeUs » un festival dédié à Bernie Sanders qui est retourné sur la terre en Père Bernie et au cours duquel les participants évoquent le monde idyllique (écologique et prospère) qu’aurait pu devenir les Etats-Unis si les Américains avaient voté pour le sénateur du Vermont en 2016. Le paroxysmes de la pièce intervient lors de la convention nationale démocrate de 2016, lorsque « les protecteurs de la Révolution » sont trahis par les néo-libéraux, qui précipitent la chute du pays; la victoire de Trump n’étant qu’une conséquence de cette trahison.

     

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  • « The Approval Matrix » – New York magazine

    New York magazine – Edition du

 

« Reasons to love New York – Right now »

New York City est plus qu’un ville, c’est une bulle de huit millions d’habitants avec son rythme effréné, une activité qui ne s’arrête jamais, ses délis ouverts 24/7, une population multiculturelle et multi-ethnique, très riche et très pauvre à la fois, et ses 80% d’électeurs qui ont choisi Hillary Clinton le 8 novembre dernier aux dépens d’un des leurs, Donald Trump.
On est New Yorkais avant d’être Américain.

Pour nous aider à comprendre cette relation unique qui lie les New Yorkais à leur ville, New York magazine, l’une des publications phares de Gotham, réalise chaque année depuis 2005 un classement des « raisons d’aimer New York » – généralement accompagné d’une très belle couverture.
Une sélection faite par ceux qui y habitent pour ceux qui y habitent dont on a gardé le meilleur
, histoire de comprendre la magie et la force entre une ville et ses habitants – à l’aube d’une des présidences les controversées de l’histoire du pays.

 

2016 – Douzième édition

  • 1. Parce que Trump a peut–être remporté l’Amérique, mais la ville nous appartient 
  • 2. Parce même nos manifestants sont jeunes
  • 3. Parce que la rue met au défit les dictateurs
  • 4. Parce qu’on sait où Trump habite
  • 5. Et parce qu’un complexe immbilier de l’Upper West Side a retiré son logo 
  • 6. Parce que le maire à finalement trouvé un adversaire à sa taille
  • 7. Parce que trois anciens élèves du lycée James Madison vont aider l’Amérique à traverer cela – Bernie Sanders, Chuck Shumer et Ruth Barder Ginsburg
  • 8. Parce que seul un homme marrié trois fois, accro au sex, élevé aux tabloïds, ancien patron de casino, vendeurs d’appartements, qui joue au capitaliste darwinien, au milliardaire immobilier et au présentateur de télé réalité, qui a besoin d’être aimé, qui ne prend aucune responsabilité, ne s’excuse jamais, a réussi à convaincre la moitié de l’Amérique, essentiellement via Twitter, qu’il a son franc parler, qu’il est proche de  l’Américain moyen, prêt à lutte contre la corruption, avec des solutions encore à dévoiler pour rendre l’Amérique plus forte, au moins pour les gens comme eux, pourrait choquer même le plus blasé des New Yorkais
  • 9. Parce que Kate McKinnon a pris le rôle d’Hillary Clinton au sérieux
  • 10. Parce que Alex Baldwin est assez Trump pour pouvoir se moquer de Trump
  • 11. Parce que Leonardo di Caprio utilise le City Bike
  • 15. Parce que bien sûr les kiosques internet gratuits ont été utilisés pour regarder du porno
  • 17. Parce que Bill Cunnigham les a tous photographiés
  • 24. Parce que New York n’aurait jamais rêvé construire un mur

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2014

2015 – Onzième édition

 

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2014
Picture by Humza Deas

2014 – Dixième édition

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2013

 

2013 – Neuvième édition

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2011
Illustration Paul Sahre

2012 – Huitième édition

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New York Magazine – Reasons to love New York 2011
Photographie par Danny Kim

2011 – Septième édition

 

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2010

2010 – Sixième édition

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New York Magazine – Reasons to love New York 2009 – Photographie par Mitchell Funk

2009 – Cinquième édition

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2008 – Illustration Rodrigo Corral

2008 – Quatrième édition

 

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2007

2007 – Troisième édition

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2006

2006 – Deuxième édition

 

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2005 – Première édition

New York Magazine – Reasons to love New York 2005
  • Parce qu’on peut boire jusqu’à 4 heures du matin
  • Parce qu’on peut se faire livrer de la drogue directement chez nous
  • Parce qu’on peut pousser les touristes si on est retard au boulot
  • Parce que Tompkins Square abrite encore des junkies
  • Parce que « fuck » est intrinsèque à notre dialecte
  • Parce que tout le monde est gay
  • Parce que nos tabloïds sont considérés comme des journaux
  • Parce que Woody Allen est permis
  • Parce que si tu veux un chat, t’as qu’à aller au déli du coin pour en voler un.

 

 

Le kiosque du 25 novembre 2016

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En espérant que tout le monde a passé un bon Thanksgiving ou Friendsgiving, le weekend sera slow aux Etats-Unis car la plupart des Américains profitent de la fête nationale pour prendre la fin de la semaine off et rentrer chez eux dans leur famille.

Aretha Franklyn

Les chanceux qui étaient devant leur poste de télé hier midi, lors de la rencontre de football entre les Detroit Lions et les Minnesota Vikings, ont sans doute eu des frissons en entendant l’hymne national chanté par Aretha Franklyn, dans le Ford Field Stadium de Detroit, d’où est originaire « la reine de la soul ».
Une performance exceptionnellement longue, plus de 4 minutes, qui en a ému plus d’un.

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Hillary remerciée par ses supporters

Une famille a du passer un Thanksgiving un peu plus triste que le reste du pays, c’est la famille Clinton dans leur résidence de Chappaqua dans l’état de New York. Heureusement des supporters avaient  préparé une surprise pour la candidate en installant des dizaines de pancartes le long de sa rue, hier matin. L’interessée les a directement remerciés via Twitter.

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TRUMPLANDIA

La Russie a essayé d’influencer les élections présidentielles américaines

On sait depuis des mois que la Russie allait tenter d’influencer les élections présidentielles américaines: en piratant le Comité National Démocrate au mois de juillet puis la messagerie du responsable de la campagne de Hillary Clinton, John Podesta, dont les contenus ont été diffusés par Wikileaks – le fondateur, Julian Assange, avait promis de tout faire pour empêcher une victoire de la candidate démocrate.
Des experts avaient alerté sur différentes modalités d’actions visant à « brouiller les pistes » chez les électeurs et avaient même envisagé le piratage de certaines machines électroniques ou registre de vote informatisés.

Selon le Washington Post, des équipes de chercheurs ont mis en évidence l’existence « d’une propagande russe dans la diffusion de fake news sur les réseaux » sans être capable d’affirmer dans quelle mesure cette propagande a réussi à influencer les élections. Des milliers de compte Facebook et des websites pro-conservateurs. pro-Trump et alt-right ont envahi internet les dernières semaines de campagne pour répandre toute sorte d’informations visant à discréditer la candidate démocrate, et son parti, à l’instar de ces sites russes qui opèrent en anglais: Next News Network sur youtube (56 millions de vidéos partagées au mois d’octobre), RT, ou Sputnik.

La quasi certitude de voir Clinton être élue a sans doute limité les inquiétudes vis-à-vis de l’ingérence de la Russie, mais c’était sans compter la réouverture de l’enquête du FBI à 11 jours du scrutin. Aujourd’hui, les supporters de Trump qui annonçaient des élections truquées se sont rétractés et ce sont les démocrates qui appellent à un nouveau décompte des votes

Hillary Clinton: Les médias, journalistes, supporters et Jill Stein veulent toujours y croire

  • La candidate, restée très discrète depuis son impensable défaite aux élections présidentielles, est revenue malgré elle, sur le devant de la scène cette semaine, après la publication d’un article du New York magazine évoquant la possibilité « d’une manipulation ou piratage » des résultats de votes dans certains comtés de trois états, le Wisconsin, la Pennsylvanie et le Michigan.
  • Clinton aurait été approchée par des experts et des avocats spécialisées dans la question de la fraude électorale depuis jeudi dernier mais n’avait fait suite en demandant un recompte.
    Entre temps, le futur président a annoncé qu’il ne poursuivrait les investigations sur la gestion de la messagerie privée de l’ancienne Secrétaire d’Etat, ni sur la Fondation Clinton.
  • Jill Stein, la candidate du Green Party, qui s’est violemment opposée à Clinton lors de la campagne présidentielle, a réussi à reunir 4,6 millions de dollars en depuis pour payer les frais nécessaires à un nouveau décompte des bulletins de vote dans les trois états – plus que l’ensemble des donations reçues lors de sa campagne présidentielle.
    La deadline pour le Wisconsin, ou Trump dévance Clinton de 27 000 voix seulement, est cet après midi avant 5 hrs et il semblerait selon le Wisconsin Journal Sentinel, que Jill Stein, dépose une requête pour un nouveau décompte.
  • Hillary Clinton a largement remporté le vote populaire avec de 2 millions de voix de plus que son adversaire Donald Trump, qui a réussi à remporter le collège électoral en remportant certains états avec une marge de quelques de dizaines de milliers d’électeurs.
    La raison pour laquelle de nombreux commentateurs et journalistes appellent les grands électeurs à ne pas se soumettre à la sagesse habituelle qui consiste à voter pour le candidat qui a remporté leur état. Rien ne les oblige dans la constitution à suivre cette démarche, et la campagne de 2016, avec les soupçons de fraude qui entourent le vote, la victoire du vote populaire par Hillary Clinton, devraient être l’occasion pour ces grands électeurs de choisir et ils ont été mis en place pour justement être capable de faire un tel choix.

 

Clinton peut-elle encore gagner les élections?

C’est ce qu’a laissé entendre hier soir le New York magazine en révélant qu’un « groupe d’informaticiens et d’avocats » avait contacté l’équipe de campagne de Clinton pour la pousser à demander un nouveau décompte des votes dans trois états dans lesquels ils auraient des doutes sur une éventuelle manipulation ou piratage des résultats: le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie.

Une véritable breaking news à la veille du weekend de Thanksgiving, alors que la date de limite de ce type de requêtes expire vendredi dans le Wisconsin, lundi en Pennsylvanie et mercredi prochain dans le Michigan.
Selon ces experts, qui sont rentrés en contact jeudi dernier avec les proches de Clinton, la candidate aurait reçu « 7% de votes en moins dans les comtés qui utilisent des machines de votes électroniques comparés à ceux qui s’appuient sur des scanners optiques ou des bulletins de vote. »
La journaliste insiste néanmoins sur le fait qu’aucune preuve de piratage ni de manipulation n’a été détectée et que seule une étude indépendante pourrait lever le voile sur « ces modèles suspicieux ».

Rappelons que le président Obama a accusé durant la campagne présidentielle le gouvernement russe d’avoir piraté le Comité Démocrate National alors que le candidat républicain avait insisté sur les défaillances du système électoral américain en affirmant que les élections étaient truquées – ce que sa rivale a d’ailleurs toujours critiqué.

Aujourd’hui, Trump accumule 290 grands électeurs contre 232 pour Clinton, une marge relativement importante même si le Michigan (16 grands électeurs) n’a pas encore déclaré de vainqueur à cause de résultats trop serrés.
Le Wisconsin a été remporté avec une marge de 27 000 voix seulement par le candidat républicain et la Pennsylvanie avec une avance de 68 000 voix. Si le Michigan penche finalement pour Clinton et qu’un nouveau décompte des voix dans les deux états donnaient une majorité à la candidate démocrate, elle remporterait le collège électoral.
Une éventualité incroyable au terme d’une campagne déjà mémorable, pour toutes les mauvaises raisons.

Hillary Clinton a concédé la victoire à son rival il y a tout juste deux semaines, et malgré le traumatisme de ces résultats, le pays, la Maison Blanche et la nouvelle majorité ont déjà commencé une transition que « le président souhaiterait la plus douce possible ».
Quant au futur Commander-in-Chief, il a affirmé aujourd’hui, par l’intermédiaire de Kellyanne Conway puis au New York Times, qu’il ne comptait pas poursuivre d’enquêtes sur la Fondation Clinton et sur la gestion de la messagerie privée de l’ancienne Secrétaire d’Etat.
Il affirmé « vouloir passer à autre chose » en affirmant que son adversaire « avait déjà assez souffert » et qu’il « n’avait aucune envie de s’en prendre aux Clintons ».
Un message qui contraste avec l’un de ses fameux slogans de campagnes, « lock her up », l’un des préférés de ses supporters qui n’ont pas apprécié  ce revirement et l’ont fait savoir hier – 17 000 commentaires sont parus à la suite de l’article paru sur Breitbart News en une après midi.

Si l’ancienne candidate démocrate demandait un nouveau décompte des voix, elle ouvrirait une boîte de Pandore qu’il serait difficile de refermer.

L’article du New York magazine a provoqué la réaction de plus 30 000 internautes sur Facebook et partagé près de 12 000 fois en quelques heures seulement, et a sans doute du raviver l’espoir chez de nombreux supporters de Clinton.

En vain?

Vox a rapidement noté les limites des explications apportées par le groupe de scientifiques. Concernant les différences de votes entre machines électroniques et celles qui utilise du papier (bulletin ou scanner): « C’est tout à fait possible que les machines électroniques soient utilisées dans les comtés qui favorisent Trump – par exemple, ceux avec beaucoup d’électeurs blancs des zones rurales, qui ont massivement soutenu Trump un peu partout dans le pays ».
Les autres raisons d’être sceptique sur ces allégations, c’est que le Wisconsin appartient au Midwest qui a largement voté pour Trump aux élections, que le Michigan utilise des bulletins de vote, et pour lequel les experts n’ont pas expliqué la légitimité d’un nouveau décompte, et enfin et surtout, le fait que les proches de Clinton, prévenu il y a plus de cinq jours, n’ont entrepris aucune démarche.
Même constat pour Nate Silver de 538 qui qualifie ces allégations de BullShit

et Nate Cohn du New York Times,

L’info était reprise ce soir par Breitbart News, qui laissait entendre que l’équipe de campagne de Clinton venait de rencontrer ces experts – ce qui n’a été confirmé par aucun des parties.
Clinton a concédé l’élection et avait affirmé lors du dernier débat présidentiel, au cours duquel Trump avait menacé de ne pas reconnaître les résultat du vote, que c’était contraire à la tradition politique américaine.
L’ancienne candidate devrait sans doute en rester là.

Le Kiosque de la semaine: 30 oct. – 5 nov.

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Les articles “A LIRE” de la semaine sélectionnés parmi les magazines présentés dans le diaporama

 

  1. « Inside the Bunker, with Days to Go » – Joshua Green & Sasha Issenberg / Bloomberg Businessweek

    Bloomberg Businessweek - Trump's plan B
    Bloomberg Businessweek – Trump’s plan B

    Dans l’immédiat et pour remporter l’élection, « ni la campagne de Trump, ni la Convention Nationale Républicaine ne s’est concentrée sur la mobilisation de 47 millions d’électeurs blancs sans diplôme qui sont la source la plus évidente de nouveaux votes (…) Au contraire, la campagne de Trump a conçu une autre stratégie, par la négative. Au lieu d’élargir l’électorat, Bannon et son équipe essayent de le rétrécir. « On a trois opérations en cours qui visent à décourager l’électorat. (…) Trois groupes que Clinton a besoin de remporter largement: Les libéraux blancs idéalistes, les jeunes femmes, les afro-américains »
    Pour ceux qui ont suivi le dernier débat présidentiel, Trump y a évoqué les emails de Wikileaks et le Traité Trans-pacifique (destinés aux libéraux blancs idéalistes), les accusations des femmes à l’encontre de Bill Clinton (destinés aux jeunes femmes) et les « super prédateurs » (destinés aux Afro-Américains).
    Des attaques ciblées qui visent à démoraliser les électeurs de Clinton: publicités télés, radios et sur les médias sociaux qui n’effectuent aucune censure sur le contenu posté et même s’il s’agit de désinformation.

  2. « Kesha Interrupted » – Taffy Brodesser-Akner / New York Times magazine

    En couverture du New York magazine la semaine dernière, l’histoire de Kesha, cette chanteuse cvszsvewiaeyzsq-1originaire de Los Angeles qui a explosé en 2010 grâce à son premier album, Animal, enregistré avec le producteur à succès Dr Luke, qu’elle a depuis accusé de viol et harcèlement moral.
    Liée par contrat pour encore trois albums « dont le style et le concept doivent rester en accord avec le style et concept artistiques originaux », Kesha n’a pas été autorisée légalement à se libérer de son mentor, soutenu par sa maison de disques SONY.
    Ca fait donc trois ans que la chanteuse, dont les aspirations musicales et artistiques ont bien évoluées, est condamnée au silence car elles different du concept original de ses premiers succès. Son troisième album est prêt, encore faut-il qu’elle puisse le sortir.

  3. « Fox News, a Melodrama » – Emily Nussbaum / the New Yorker

    Fox News aura été l’un des dommages collatéraux de cette campagne présidentielle moribonde et

    the New Yorker / Ben Kirchner
    the New Yorker / Ben Kirchner

    pour toutes les mauvaises raisons: Donald Trump a trouvé pire que la chaîne de Murdoch qui fait office de bras armée du parti Républicain depuis 20 ans, et dont le chef d’orchestre, Roger Ailes a été renvoyé cet été à la suite d’accusations de harcèlement sexuel de la part de ses employées.
    Le sexisme et la misogynie dont a fait preuve sans fard Donald Trump ces derniers mois a poussé de nombreuses femmes à prendre la parole et dénoncer les abus dont elles ont fait l’objet – même chez Fox News. La preuve avec Megyn Kelly, présentatrice vedette de la chaîne, républicaine assumée, violemment critiquée par Trump lors des Primaires républicaines avant une réconciliation télé au printemps, sous l’égide de Ailes, qui n’a pas porté ses fruits.
    Vexé, Trump est allé se réfugier dans les bras du site alt-right, Breitbart News, dont le rédacteur en chef, Steve Bannon est devenu le directeur de campagne du candidat républicain.
    En l’espace de quelques mois, Fox a perdu les faveurs de Trump et d’une partie de son électorat, et sans le mainmise de Ailes, a exposé ses guerres fratricides sur Twitter et en live.

  4. Final Days – Gabriel Sherman / New York magazine

    « Les élections ont à voir avec le peuple, pas avec toi » a déclaré un jour Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Trump au candidat. Selon ses conseillers, Donald Trump « finit la course de la même façon qu’il l’a commencée:

    Photograph by Mark Peterson - New York magazine
    Photograph by Mark Peterson – New York magazine

    « En s’inquiétant peu du futur et refusant d’écouter ses proches », en restant « un candidat incontrôlable qui ne comprend toujours pas le pouvoir du mouvement qu’il a initié et qui le dépasse complètement ». S’il avait écouté dès le début les conseils de ses proches de faire profil bas pour que les médias se concentrent sur Clinton, pendant qu’eux essayent de canaliser tous les dossiers susceptibles de sortir sur leur candidat, il aurait sans doute gagner déjà gagné la présidence. Mais « demander à Trump de ne pas être le centre d’attention, c’est comme lui demander d’arrêter de respirer. Son ego ne le supporte pas. »
    Quand au paradoxe de cette campagne, c’est que « la marque politique et commerciale de Trump sont presque opposées l’une à l’autre »: Ceux qui sont fascinés par sa marque ne peuvent pas se la payer et ceux qui peuvent ne veulent pas être associés à lui ».

  5. « In Case of Low Revenue » – Benjamin Elgin & Peter Robison / Bloomberg Businessweek

    Illustration: 731 for Bloomberg Businessweek
    Illustration: 731 for Bloomberg Businessweek

    Les 500 millions de tweets postés chaque jour sur le réseau social qualifié de firehose, “tuyau d’incendie”, représentent une banque d’informations immense pour les compagnies, qu’elles achètent et revendent aux agences de renseignement et force de police et gouvernement étrangers qui l’utilisent pout surveiller les comportements de ses citoyens.
    Retour sur un business en pleine expansion qui met en danger la liberté d’expression d’une communauté numérique mondiale que Twitter a pourtant contribué à construire.
    L’enquête s’intéresse à cet immense de contenu et d’information qui est diffusé et enregistré par Twitter pour être ensuite vendu à des sociétés qui iront y trouver les renseignements nécessaires pour figurer ou anticiper les nouvelles tendances et comportements des consommateurs.
    En septembre dernier, l’American Civil Liberties Union de Californie a révélé que les agences de police s’étaient dotées un peu partout dans l’état de logiciels capables d’espionner les médias sociaux pour essayer de se débarrasser de certains les activistes grâce un réseau de surveillance numérique – en utilisant par exemple les hashtags #Blacklivesmatter, #Don’tShoot, #I’munarmed, lorsqu’une manifestation contre les brutalités policières ou à l’initiative de Black Lives Matter est organisée
    Voir l’article en entier sur le Kiosque

  6. Holidays Food – Gillian Duffy – New York magazine

    Saucisson à l’ail. Photo: Bobby Doherty/New York Magazine
    Saucisson à l’ail. Photo: Bobby Doherty/New York Magazine

    Des chefs américains (Liz Johnson, Georgette Farkas, Daniel Rose) propriétaires de restaurants français (Mimi, Rotisserie Georgette et Le Coucou) qui préparent trois repas traditionnel de l’hexagone pour respectivement 18 personnes, 8 personnes et enfin un duo, avec des recettes faciles à répliquer et des superbes photos pour vous donner envie: Des rillettes de porc, saucisson à l’ail, gratin dauphinois, Venison (Cuisse de chevreuil) cuit au foin, haricots verts sauce rémoulade et Far breton aux pruneaux, et encore beaucoup d’autres!
    C’est ICI

  7. « Gospel of the Climate Deniers » – Andy Kroll / Rolling Stone

    Les Etats-Unis sont l’un des derniers pays au monde où les politiques nient ouvertement la science du changement climatique, plus particulièrement, un parti, le Grand Old Party. Le programme des quatre prochaines années proposé par Trump cet été à la Convention républicaine est un cauchemar environnemental: Construire la Keystone Pipeline XL rejetée par Obama en 2015, supprimer le Clean power Plan, neutraliser l’Agence de Protection de l’Environnement et lui interdire de limiter de dioxide de carbone, et arrêter toutes les limitations sur le fracking.

Trump News, info ou intox?

Depuis cet été, de nombreuses rumeurs affirment que Donald Trump envisagerait de créer son propre réseau d’information, Trump News, pour concurrencer directement les grandes chaînes nationales et Fox News … dans l’éventualité d’une victoire le 8 novembre prochain.

L’idée était de faire avancer le programme de l’administration Trump à travers une chaîne de télé qui lui soit dévoué. Un projet très ambitieux qui nécessite non seulement un immense investissement financier mais aussi l’accord des réseaux câblés pour accueillir la chaîne et la création de programmes quotidiens capables de faire de l’audience.
Trump aurait confié ce projet long et coûteux à sa fille, Ivanka, et son gendre, Jared Kushner, propriétaire du New York Observer.

Le semaine dernière, le New York Times a rapporté que ce dernier avait « discuté la possibilité d’un réseau de télévision appartenant à la marque Trump avec un professionnel aguerri à ce genre de marché ».

Même s’il a affirmé au Washington Post en septembre dernier ne pas y être intéressé, Trump pourrait se lancer dans cette aventure en comptant sur la fidélité des millions d’électeurs et de citoyens américains qui l’ont élu face aux cadors du parti républicain.

Homme de télé à succès, Trump est très à l’aise sur scène et le mouvement populaire qu’il a enclenché devrait se prolonger au-delà des élections qu’il perde ou qu’il gagne – ce qu’il a laissé entendre au dernier débat en « entretenant le suspens » sur sa décision ou non d’accepter le résultat des élections.
Le lendemain du dernier débat, Jonah Goldberg, du journal conservateur National Review, a qualifié cette instance « d’horrible » et de « stratégiquement stupide – à moins que le but soit d’aliéner ses supporters des médias grand public pour créer un réseau télé pour les laisser-pour-compte »

Pour le New York magazine,

« Cette théorie expliquerait pourquoi Trump a donné le contrôle de sa campagne à un media mogul, Steve Bannon, [ancien directeur en chef du site d’extrême-droite Breitbart News au mois d’août], pourquoi est-ce qu’il a inutilement attaqué les membres de son propre parti, et pourquoi est-ce qu’il a failli démoraliser ses propres électeurs en leur répétant que les élections étaient truquées. Ce sont des décisions logiques si le but final est de récupérer la loyauté d’une large minorité du pays aux dépens des organes républicains et la regrouper autour d’une enseigne médiatique qu’il peut contrôler

 

Qu’en est-il de Fox News, la chaîne de Rupert Murdoch qui a pris fait et cause pour le candidat républicain depuis le début de sa candidature et dont l’ancien président, a rejoint son équipe de campagne après s’être viré cet été pour des accusations de harcèlement sexuel?

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Selon le site Salon, Roger Ailes aurait réussi à « détourner les Républicains » et supporters de Trump de « leur chaîne préférée » qui n’est plus digne de confiance selon un dernier sondage réalisé auprès de citoyens conservateurs.

Les relations entre la chaîne et le candidat ont été plus que houleuses depuis les primaires Républicaines, notamment à cause de sa présentatrice vedette, Megyn Kelly, insultée à plusieurs reprises par Trump l’année dernière, accusée par ses confrères journalistes de défendre Clinton pour avoir critiqué Trump à plusieurs reprises et hier encore, attaquée par Newt Gringich pour avoir aborder les accusations faites par 11 femmes à l’encontre du candidat.

« Si vous êtes fatigués du parti pris des médias grand public (autrement dit la super PAC de Hillary la corrompue) connectez vous sur mon programme Facebook en direct » a annoncé Trump à la veille du dernier débat présidentiel – modéré par un Chris Wallace, un journaliste de Fox News.
Selon The Fiscal Times, 8,9 millions d’internautes se seraient branchés sur le compte Facebook de Donald Trump ce soir là, et que beaucoup ont comme les prémices de sa future aventure post-électorale.

Depuis lundi, il a d’ailleurs lancé sur le réseau social, Trump Tower Live, une émission quotidienne  et en direct de 30 minutes jusqu’au jour des élections, programmée avant chacun de ses meetings, également retransmis « pour contourner les médias libéraux ».
La première diffusée lundi a été vue plus d’un million et demi de fois, et ridiculisée par le New York Times pour son amateurisme et sa propagande pro-Trump.

 

 

JonBenét Ramsay: le fais divers qui fascine toujours l’Amérique

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A l’occasion des vingt ans de l’affaire qui a passionné l’Amérique, les chaînes télé nous ont offert le pire en matière de thriller documentaire sans réussir à apporter de nouveaux éléments au meurtre de JonBenét Ramsey qui reste encore aujourd’hui un mystère

Les faits
Jeudi 26 décembre 1996, à 6 heures du matin, Patsy Ramsey appelle la police pour reporter la disparition de sa fille et la découverte d’une lettre de rançon signé par une « petite faction étrangère » appelé S.B.T.C
Les policiers arrivent quelques minutes plus tard et effectuent une première fouille de la propriété sans rien trouver et recommencent plus tard dans la matinée avec l’aide de John Ramsey, le père de JonBenét, qui découvre son corps inanimée au sous-sol dans une pièce jusque là restée fermée.

La disparition devient un meurtre et le travail de la police est compliqué la contamination de la scène de crime et les va-et-vient de la famille, des amis et de la police, sur place depuis plusieurs heures.
L’autopsie pratiquée le lendemain révèle que la fillette a reçu un coup fatal à la tête, et a été également étranglée à l’aide d’un garrot retrouvé à côté de son cadavre.

Aucune trace d’infraction n’est relevée, si ce n’est un vitre cassée depuis plusieurs mois au sous-sol de la résidence, ce qui exclut la piste de l’intrus entré par effraction, et se resserre sur les trois membres restants de la famille, qui refuse de coopérer avec la police, et préfère témoigner sur CNN, dans une interview exclusive quelques jours après le meurtre.
Le couple Ramsey acceptera de parler aux policiers à la fin du mois d’Avril 1997, soit quatre mois après le drame pour se défendre des accusations dont ils sont alors victimes de la part des journalistes, tabloïds et une partie de la population.

La police a les longtemps soupçonné d’avoir inventé l’histoire de la rançon et maquillé une mort probablement accidentelle en un meurtre par strangulation mais n’a jamais réussi à convaincre le procureur d’inculper les parents, même après les recommandations d’un grand jury réunit pour l’occasion en 1999.

Les parents seront totalement exonérés en 2008, deux ans après la mort de Patsy Ramsey des suites d’un cancer des ovaires, après qu’un ADN masculin inconnu soit trouvé sur les sous vêtements de la petite et l’affaire devient une « cold case »

La demande de rançon de trois pages retrouvée le matin du drame dans la maison des Ramsey.
La demande de rançon de trois pages retrouvée le matin du drame dans la maison des Ramsey.

 

Les raisons d’une fascination
Le fais divers, finalement assez banal, est devenu l’une des crime stories les plus fascinantes du pays, non seulement qu’elle reste non élucidée, mais aussi parce qu’elle est symptomatique d’une époque où la justice criminelle tient le haut de l’affiche. Un an après l’acquittement de O.J.Simpson et de ce que les médias ont qualifié de « procès du siècle », les américains sont fascinés par les « real crime stories » et les chaînes d’infos, qui commencent à retransmettre 24 hrs sur 24 hrs, n’attendent qu’une nouvelle affaire.

L’histoire d’une fillette retrouvée morte dans le sous-sol de sa maison, par ses propres parents, le lendemain de noël, une période assez calme en termes d’informations, est une aubaine pour les chaînes télés, quotidiens et journalistes qui envahissent en quelques jours la petite ville de Boulder dans le Colorado.
Et lorsque les parents décident de donner une interview exclusive à CNN, le 31 décembre 1996, l’affaire JonBenét Ramsey devient l’affaire de l’Amérique.

Capture d'écran de l'interview donné par les parents de JonBennet Ramsay à CNN cinq après sa mort.
Capture d’écran de l’interview donné par les parents de JonBennet Ramsay à CNN cinq après sa mort.

La fascination qu’exerce ce crime sur le public tient également au mystère qui entoure la famille Ramsey.
Le couple et leurs deux enfants, qui ont quitté la Géorgie pour le Colorado quelques années auparavant et donnent l’image d’une famille parfaite vont vite déchanter devant les soupçons grandissants de la police et de la population.
La plupart des photos et vidéos de la fillette toutes prises lors de concours de beauté, et sur lesquelles elle ressemble plus à une adolescente qu’à une enfant de six ans, attirent beaucoup de critiques, vis-à-vis de la mère notamment, elle-même ancienne reine de beauté.


Des docu-séries qui tentent de résoudre l’affaire, par tous les moyens

Entre temps, fort des succès de « The Jinx » sur HBO, « Making a Murderer » sur Netflix ou encore le pod-cast Serial, les docu-séries envahissent les écrans télé et radios, avec la même ambition de faire avancer l’enquête.
Dans le cas JonBenét, les éditions spéciales de CBS, « The Case of: Jonbenét Ramsey« , A&E, « the Killing of JonBenét, the Truth uncovered« , Investigation Discovery, « JonBenét: An American Murder Mystery« , et Dateline NBC, « Who Killed JonBenét?« , qui ont toutes fait un carton, n’ont que deux conclusions possibles, soit le crime a été commis par un membre de la famille ou une personne rentrée par effraction, et aucune ne fait l’unanimité.

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Alors que A&E, Investigation Discovery et NBC penchent pour l’idée d’une attaque venue de l’extérieur qui disculpe toute implication de la famille, CBS a annoncé depuis cet été tenir un suspect sérieux à la suite d’une nouvelle enquête menée par certains agents de l’époque, une équipe de scientifiques, et soutenu par une production qui a même tenu à reconstruire certaines pièces de la maison des Ramsey.

Selon ces experts, c’est le fils Burke, qui dans un accès de colère aurait tué JonBenét avec une lampe de poche après dans la cuisine. En découvrant la fillette sans vie, les parents ont tenté de maquiller le crime en tentative d’enlèvement puis de meurtre par strangulation. La mère serait à l’origine de l’improbable lettre de rançon retrouvée dans les escaliers.

Elle aurait ensuite passé le fameux coup de fil à la police, au cours duquel on peut entendre les trois membres de la famille parler, y compris Burke, le frère aîné de JonBenét, qui avait pourtant expliquer aux policiers avoir dormi profondément cette nuit là.
Le « cover-up » des parents expliquerait leur volonté de communiquer le moins possible avec la police.

Une conclusion qui « reste l’un des scénarios possibles de ce mystère » explique CBS qui encourage ses lecteurs à « se faire leur propres opinions » mais une véritable « chasse aux sorcières » pour Rolling Stone qui a jugé le documentaire complètement subjectif et reposant sur des interprétations plus que faillibles.
Même son de cloche dans New York magazine qui qualifie le programme d’un « des moments de télévision les plus morbides et répugnants de ces dernières années » et signale peut-être la fin d’un genre qui tend désormais vers le « grotesque ».
Les principales critiques pointent vers le manque de preuves supplémentaires apportées par l’enquête qui ne fait que réinterpréter des faits qui peuvent servir une autre conclusion.

Le mystère et le complot entourant la mort de JonBenét l’a transformé en une figure de fascination culturelle, bien plus que celle de victime d’un terrible crime. Elle reflète nos propres idées sur les enfants, la famille, et l’humanité. 20 ans plus tard, ce pas une surprise que le meurtre de JonBenét – qui toujours non élucidé – ait inspiré quatre éditions spéciales et renouvelé l’intérêt pour cette affaire.

Jusqu’à l’indécence

Revue de presse du mardi 20 septembre 2016

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Ahmad Khan Rahami
Difficile de ne pas évoquer l’arrestation sanglante du suspect numéro un des attaques de Chelsea et du New Jersey, Ahmad Khan Rahami, en une de tous les quotidiens.
Alors que peu de détails sont connus sur les motivations et possibles complicités du jeune homme, les deux candidats s’opposaient hier sur la gestion de ce genre de crise, Hillary Clinton appelant au calme et Trump fustigeant une politique d’immigration trop laxiste: Ainsi, le New York Post, Breitbart News et Fox News reportaient à l’unisson que quelques 858 immigrés, en instance de déportation et provenant de pays dits « à risques » avaient acquis la nationalité par erreur, selon un rapport interne Department of Homeland Security.
Ahmad Khan Rahami a été naturalisé après son arrivée d’Afghanistan, en 1988.

Des soucis pour Trump
Donald Trump pourrait rencontrer des problèmes vis-à-vis de l’utilisation de l’argent d’oeuvres caritatives à des fins personnelles, quelques $258 000 rapportait aujourd’hui le Washington Post. On ne sait pas si ce sera La prochaine polémique de la campagne, en tout cas les médias s’y intéressent.

Le candidat républicain a décidé de soutenir l’un de ses plus fidèles alliés, Chris Christie, le gouverneur du New Jersey, et l’un des hommes politiques les plus détestés du pays, qui est impliqué dans le scandale du BridgeGate dont le procès s’est ouvert hier.
En 2013, l’une des voies du George Washington bridge qui relie Manhattan à l’état du New Jersey a été volontairement fermée pour créer des embouteillages monstres dans la ville de Fort Lee, tenu par un démocrate, qui refusait de soutenir la réélection de Christie. Un chantage au trafic automobile dans lequel le gouverneur du New Jersey a été mis en cause.

A voir cette vidéo amusante sur les « Trumpisms » du candidat républicain: Un schéma qu’il suit dans chacun de ses discours qui consiste « dire quelque chose, le répéter, et le dire encore une fois »

Tous à la rescousse d’Hillary
Du côté des démocrates et des médias « libéraux », l’inquiétude grandit devant la possible élection de Trump, et ce sont les journalistes et commentateurs qui ordonnent désormais aux électeurs de faire le bon choix: Paul Krugman hier dans le New York Times critiquait les 29% d’américains qui veulent voter pour Gary Johnson, le libertarien, sans vraiment savoir quel est son programme: « J’aimerai lancer un appel aux jeunes américains: Votre vote compte, donc prenez le sérieusement ».
« Est-ce que Bernie peut fixer les dommages commis sur Hillary Clinton » se demande le New York magazine, notamment vis-à-vis des Millenials, qui ont largement supporté le sénateur du Vermont, et qui sont très hostiles à Clinton.
Elle peut en tout compter sur le vote de George Bush senior, nous indique Politico.

Entre temps, l’équipe de la candidate nous a offert une nouvelle publicité contre Trump, cette fois-ci sur ses attaques à répétition contre les anciens soldats, et notamment l’ancien candidat républicain, John McCain.

JonBenet Ramsay
L’un des crimes non résolus qui hante toujours l’Amérique est celui du meurtre de JonBenet Ramsay, cette fillette de six ans, férue des concours de beauté, qui a été retrouvé morte le lendemain de noël 1996, dans le sous-sol de sa maison. Les parents ont longtemps été suspectés mais jamais inculpés et selon la chaîne CBS qui diffusait un documentaire the Case of: JonBenet Ramsay sur le fais divers hier, ce serait le frère aîné de JonBenet qui l’aurait tué pour une broutille entre frère et soeur. Les parents auraient tenté de maquillé le crime en tentative de kidnapping et rédigé la demande de rançon qui a été retrouvé dans la cuisine le matin du drame, et dont l’auteur n’a jamais été identifié.

Capture d'écran du documentaire de CBS sur JonBenet Ramsay
Capture d’écran du documentaire de CBS sur JonBenet Ramsay

Potins
Angeline Jolie et Brad Pitt divorcent. C’est le site TMZ qui le rapporte ce matin, et c’est Angelina qui aurait fait le premier pas, citant des différences irréconciliables et surtout demandant la garde seule des six enfants, laissant à son futur ex-époux des droits de visite.

Revue de presse: Vendredi 16 Septembre 2016

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Elections présidentielles américaines
L’information du jour, c’est bien entendu le retour en campagne d’Hillary Clinton après quatre jours de repos avec un bulletin médical en bonne et due forme et l’ambition de reprendre la tête de la course alors que les deux candidats sont au coude-à-coude dans les sondages.
La faute aux millenials, selon James Kirchick du Daily Beast, qui n’ont aucune confiance en Hillary et rejettent massivement Donald, pour aller vers les autres candidates, Jill Stein du Green Party et le libertarien Gary Johnson.

« Président Barack Obama est né aux Etats-Unis, point à la ligne »: Donald Trump a enfin reconnu aujourd’hui que Barack Obama était né aux Etats-Unis, et de fait était américain. Il met fin à des années de polémiques dite de « birther campaign » qui s’est largement inspirées de théories du complot de l’extrême droite américaine que le candidat républicain avait promu, notamment lors de la sa réélection en 2012.
A lire, le Borowitz Report aborde le sujet avec humour ICI

Le Washington Post révèle que Trump avait des contacts avec les milieux mafieux new yorkais dans les années 80 pour assurer la bonne marche de ses affaires, les casinos et constructions immobilières, ce qui contredit les propos du candidat qui assurait avoir toujours travaillé dans la légalité.

Pour comprendre les programmes des deux candidats sur les questions décisives, le Wall Street Journal offre un résumé intéressant et compréhensible.

Jimmy Fallon a reçu Donald Trump hier sur le plateau de son Late Night, et comme le rappelait une journaliste du Huffington Post, il n’est pas journaliste, mais comédien, et a donc offert à son invité une interview plus que consensuelle, avec des rires parfois poussés, qui laisse songeur.

Agressions Sexuelles
A la suite de la libération de Brock Turner, cet ancien étudiant de Stanford condamné à six mois de prison pour agressions sexuelles sur une jeune fille inconsciente en 2015, et qui est sorti il y a deux semaines après trois mois seulement d’incarcération, une étudiante de l’Université d’Ithaca, a réalisé une série de photos assez graphiques sur l’agression sexuelle. « It Happens. Help Stop sexual assault Today » , le titre du projet, vise à montrer que ces agressions peuvent arriver à tout le monde, n’importe où et avec n’importe qui.

Washington
The National Museum of African American History and Culture, le musée dédié à l’histoire « noire » américaine ouvrira ses portes au coeur de Washington le 24 septembre prochain. Le musée, dont la construction a été votée par le Congrès et Georges en 2003, est « un endroit où tous les Américains peuvent apprendre la richesse et la diversité de l’histoire afro-américaine (…) Un lieu qui transcende les frontières de la race et de la culture qui nous sépare, et devient le miroir d’une histoire qui nous unit tous ». The New York Times nous offre un reportage interactif sur l’histoire du musée, de ses collections (plus de 37 000 objets)
Le bâtiment, un imposant carré de 4 000 m2, situé à côté du Washington Monument, construit sur trois étages, comme superposés les uns sur les autres, a été conçu par l’architecte anglais David Adjaye.
On peut lire dans le New York magazine: « Le nouveau musée rend visible ce que Ta-Nehisi Coates avance avec une éloquence déterminée dans Between the World an Me, à savoir que la prospérité américaine est basée sur l’exploitation des afro-américains, et que nous profitons toujours des fruits de la misère qu’on leur a infligé ».

 

Revue de presse: Mercredi 14 Septembre 2016

 

Elections présidentielles
Donald Trump aura bénéficié cette semaine de quatre jours d’exposition quasi-permanente pendant que sa rivale se soigne d’une pneumonie – elle est censée repartir demain en campagne.
Il a donné bonne impression en refusant d’aborder les problèmes de santé de sa rivale, a fait des apparitions contrôlées, digne d’un « présidentiable » selon le Wall Street Journal et a même suggéré 6 semaines de congé de maternité, hier lors d’un meeting dans le très prisé état de Pennsylvanie, où beaucoup de démocrates se seraient prêts à voter Trump.
Un mois de travail à réhabiliter la campagne des républicains grâce à l’arrivée de Steve Bannon, l’ancien rédacteur-en-chef de Breitbart News, et l’aide tacite de Roger Ailes, récemment viré de Fox News pour des accusations de harcèlement.

Un revirement qui n’est pas du goût des démocrates, et du président Obama qui donné hier, et en Pennsylvanie également, un discours très critique contre Trump, ses éloges du président russe, son refus de rendre public ses déclarations de revenus, et sa volonté de « monter les américains les uns contre les autres »

Pas de nouvelles théories sur le double, les maladies ou la mort de Clinton, ce qui est rassurant pour sa campagne qui a bien souffert ces deux dernières semaines.

La bannière étoilée qui fait débat
La polémique ne désemplit pas autour de Colin Kaepernick et d’autres joueurs de NFL qui ont choisi ce weekend d’honorer le drapeau un genou à terre pour protester contre les violences policières aux Etats-Unis. En première page, The Press Register rappelle que ce n’est pas la première fois que la Bannière Etoilée (The Star Spangled Banner), le nom de l’hymne national américain est sujet de discorde, sauf qu’ici elle est partie pour durer.
La polémique s’est même invitée dans la nouvelle saison de South Park,


Il faut croire que la Miss Météo du Grand Journal a réussi sa rentrée avec l’interview catastrophique de Jonah hill qui fait la homepage du site internet du Daily News ce matin

 

Capture d'écran du site dailynews.com mercredi 14 Septembre 2016
Capture d’écran du site dailynews.com mercredi 14 Septembre 2016


Dans la rubrique fais divers
, trois histoires intéressantes parues dans New York Magazine, sur ce professeur de théâtre très apprécié de ses étudiants jusqu’à ce que l’un d’entre eux prévienne la police de ses agissements déplacés – A Popular Teacher, Then Sexual-Assault Charges
The Daily Beast revient lui une cold case: la disparition d’une adolescente en 1996 à Los Angeles, Kristin Smart dont le corps n’a jamais été retrouvé, malgré les soupçons des enquêteurs sur un étudiant, qui avait été vu pour la dernière fois avec la victime. L’homme n’a jamais été inculpé. – Is Kristin Smart Buried in this Backyard? Neighbors and a Wonder Dog Say Yes
Esquire s’intéresse lui à l’histoire Tiffany Whitton, l’une des 70 000 femmes qui disparaissent chaque année aux Etats-Unis » qui a disparu sur le parking d’un Walmart après avoir tenté échappé à une fouille à la sortie du magasin.
Trois ans après la mère n’a plus reçu de nouvelles et l’enquête de la police piétine. – Missing: the Curious Anomaly of Tiffany Whitton’s Disappearance