Jeudi 2 février 2017: « WSJ fragilisé, Breitbart hué, les bienfaits de Trump et Hillary qui revient »

  • Après avoir avisé sa rédaction de ne pas utiliser le terme « mensonge » pour qualifier certaines allégations « erronées » du président et de ses conseillers, sous prétexte que le mot sous entend une « intention morale », le rédacteur en chef du Wall Street Journal a fait passer une directive lundi demandant à ses journalistes d’emprunter un autre terme que « sept pays à majorité musulmane » pour se référer à la « Travel Ban ».
    L’explication? « C’est trop chargé ».
    Gerard Baker préfère « sept pays que les Etats-Unis ont désigné comme des Etats qui posent des risques significatifs ou élevés de terrorisme » en référence à Barack Obama qui avait placé ces Etats sur un liste de pays à risques.

    Une décision qui n’a pas plu à beaucoup de journalistes du quotidien économique et qui s’inscrit dans une ligne éditoriale très consensuelle à l’égard du nouveau président. Mr Baker a depuis justifié dans une déclaration expliquant que le journal couvrait l’administration Trump « de manière agressive ».
  • Le Wall Street Journal, et la compagnie parente Dow Jones & Co. a annoncé cette semaine le licenciement de plusieurs douzaines d’employés à l’étranger et la fermeture de certains offices internationaux à la suite d’une chute de 20% des revenus publicitaires sur le territoire américain, enregistrée au troisième trimestre de l’année 2016.
  • Bel article dans le Washington Post sur Katy Tur, 34 ans, une jeune journaliste de NBC News qui a suivi Donald Trump depuis l’annonce de sa candidature en juin 2015. Ce jour là, Donald Trump, qu’elle rencontre pour la première fois, l’interpelle par son nom, et s’en suit dix huit mois de campagne au cours desquels le candidat et la journaliste vont apprendre à se connaître mais pas forcément à s’entendre. « Tout le long, et parfois de manière inappropriée, elle est devenue un symbole de l’hostilité de Trump contre les médias d’information« . Peu de journalistes ont été autant la cible de Trump que Katy Tur, qualifiée d’« incompétente », de « malhonnête », « de reporter de troisième zone » sur Twitter et accusée nommément dans les meetings au milieu d’une foule hostileNBC a dû lui assigner un garde du corps vers la fin de la campagne devant les menaces des supporters de Trump.
    Sa grande force? « Elle est restée digne sans jamais répondre aux attaques et en continuant à faire son travail » et aujourd’hui c’est l’une des journalistes star de MSNBC qui va écrire un livre sur la campagne. 
  • Steve Bannon avait annoncé cet été l’ouverture d’un bureau Breitbart France à l’occasion des élections présidentielles de mai prochain pour soutenir Marine Le Pen mais un activiste, « Antonin », a acheté le nom de domaine Breitbart.fr après les élections américaines « pour limiter l’influence du site d’infos » et compte aujourd’hui orienter son site vers des associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme.
    Même problème en Allemagne où le domaine Breitbart.de est déjà utilisé.
    Dans les deux cas, aucun des propriétaires n’a été contacté par le site alt-right américain qui pourrait tout simplement ouvrir les sites français et allemands en utilisant l’extension « Breitbart.com/ » comme ils l’ont fait pour le Royaume-Uni et Israël.
  • Le Washington Post a publié un sondage dans lequel 43% des Démocrates de moins de cinquante ans et 40 % des femmes démocrates affirment vouloir s’engager davantage politiquement en 2017 contre 21% chez les Indépendants et les Républicains. La marche des femmes, qui a réuni des centaines de milliers de manifestants dans les grandes villes des Etats-Unis au lendemain de l’investiture de Donald Trump, serait donc plus qu’un sursaut activiste et pourrait devenir une plate forme d’opposition similaire à celle du Tea Party qui s’est organisée au lendemain de la victoire de Barack Obama en 2009; un mouvement « efficace » qui a entraîné deux ans plus tard une victoire des Républicains aux élections de mi-mandat de 2010.

 

  • Melania Trump pourrait ne jamais aller s’installer à la Maison Blanche et rester habiter dans la Trump Tower avec Barron, 10 ans, le fils qu’elle a eu avec Trump. Initialement, ils devaient partir à Washington à la fin de l’année scolaire, mais rien n’est plus sûr, et la décision sera faite dans l’intérêt du plus jeune fils du président, rapportait hier le magazine people US Weekly hier.
    Une mauvaise nouvelle pour les habitants du quartier de Midtown à Manhattan, où est située la Trump Tower, bloqué par des cordons de sécurité depuis le 08 novembre dernier, qui coûtent un demi million de dollars chaque jour à la ville.
  • Les habitants du « borough oublé » de New York, Staten Island, le seul des cinq quartiers de la ville à avoir voté Trump (57% contre 40%) – contre respectivement 75%, 80%, 87% et 88% de votes en faveur de Clinton dans le Queens, Brooklyn, Manhattan et Harlem – sont satisfaits des dix premiers jours de celui qu’ils surnomment « le cocktail molotov » et voient dans le torrent de mesures prises ces derniers jours, la volonté du président de tenir ses promesses. Dans cette petite île du sud de Manhattan, ancien dépotoir de la ville, la peur et les stéréotypes promus par Donald Trump ont fait effet et la plupart de ses électeurs défendent la « Travel Ban », assimilent réfugiés syriens et terroristes d’ISIS et sont très enthousiastes quant à l’avenir du pays.
  • « Hillary Clinton prépare son retour » nous annonce le New York Post: elle a signé avec l’agence Harry Walker où « elle touchait généralement deux cent mille dollars ou plus par discours ». Elle prononcera le discours de la remise des diplômes du Wellesley College en juin prochain, son alma-mater où elle a été la première étudiante à prononcer un discours de fin d’année en 1969.

    Elle travaille également sur un recueil d’essais, dont certains porteront sur la campagne électorale, a annoncé sa maison d’éditions, Simon & Schuster, la même qui va publier au mois de mars « Dangerous »l’autobiographie de Milo Yiannopoulos, le journaliste d’extrême droite de Breitbart. On ne sait pas le montant que touchera l’ancienne candidate pour cet ouvrage mais elle n’a pas pris example sur Roxanne Gay, écrivaine féministe, qui a décidé de quitter la même maison d’éditions après l’embauche de Mr Yiannopoulos.
  • Le discours de Milo Yiannopoulos prévu à l’Université de UC Berkeley en Californie a été annulé hier soir à la suite de manifestations violentes de mille cinq cent étudiants sur le campus qui avaient demandé à plusieurs reprises l’annulation de l’évènement. Yiannopoulos, invité par les étudiants républicains de Berkeley, devait lancer sa tournée contre les 
    « universitaires sanctuaires » accusées de faire la propagande des idées progressistes et libérales aux Etats-Unis. Il a été bien reçu! 
  • La couverture du jour, c’est celle du Village Voice avec la signature de Donald Trump sur un décret et intitulé « 48 Hours in the Life of the Immigration Ban »

 

San Bernardino, un an après.

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Le 2 décembre 2015, Syed Rizwan Farook et Tashfeen Malik, mariés et parents d’une petite fille tuaient 14 personnes à San Bernardino, dans le sud de la Californie, avant d’être abattus par les forces de police.
Retour un an après sur l’attaque terroriste la plus sanglante de ces quinze dernières années.
Les auteurs

 

Photo prise à la douane de Tashfeen Malik et Syed Rizwan Farook en 2014
Photo prise à la douane de Tashfeen Malik et Syed Rizwan Farook en 2014

Syed Rizwan Farook, agé de 28ans, né à Chicago, a grandit en Californie, avant d’entrer à l’université d’état de Californie où il a obtenu une licence dans la Santé et de l’environnement. Il était inspecteur d’hygiène pour le département de santé publique du comté de San Bernardino. Musulman pratiquant, il avait effectué différents voyages en Arabie Saoudite, et a recontré sa future femme, sur une site de rencontres réservés aux Musulmans.

Tashfeen Malik est née au Pakistan, a passé son enfance et adolescence entre l’Arabie Saoudite et son pays d’origine, où elle a finalement intégrer une académie religieuse reservée aux femmes, qui suit les préceptes très strictes du Wahabbisme et dans laquelle elle aurait appris le Coran.

Elle quitte le Pakistan en 2014 pour se marier avec Farouk, un mois après leur rencontre, et ont officialisé leur union aux Etats-Unis au mois d’août de la même année.
Ils ont eu une fille qui est née en avril 2015.

Les faits

Le matin du 2 décembre 2015, Farouk dépose sa fille chez sa mère en prétextant un rendez-vous chez le docteur avec sa femme dans la matinée. Il se rend ensuite au Inland Regional Center, centre public d’aide pour les handicapés, où a lieu une séance de formation qui doit être suivie par une petite fête de noël entre employés.
Réunis dans une salle de conférence, Farouk décide de quitter la séance et reviens quelques minutes plus tard – après avoir tué deux personnes à l’entrée du bâtiment – accompagné de sa femme et tous les deux lourdement armés. Masqués, ils tirent une centaine de fois sur les quatre-vingt individus présents, avant de fuir en voiture, et laissent derrière eux un sac-à-dos d’explosifs qui sera récupéré quelques heures plus tard par une équipe du SWAT.
La tuerie a duré trois minutes, tuant au total quatorze personnes et en blessant grièvement vingt-deux .

Malik a ensuite revendiqué l’attentat au nom de Abu Bakr al-Baghdadi, le chef proclamé d’ISIS, après avoir cherché son nom internet, expliquera dans son enquête, le FBI. C’est vers 15 heures qu’ils ont été repérés près de leur résidence et pris en chasse par la police. Une fusillade éclate alors en pleine rue au cours de laquelle Farouk puis Malik sont tués et deux policiers blessés.
Les autorités déclareront plus tard que le couple était radicalisé, et avaient prévu une attaque terroriste de longue date – Farouk était parti s’entraîner au centre de tirs deux jours avant le massacre.

Twitter / @patkiernan
Twitter / @patkiernan
La couverture médiatique

Les médias ont été assez prudents dans les premiers jours qui ont succédé le massacre en évitant des conclusions hâtive sur les motivations des tueurs. « Le FBI considère le massacre comme un acte terroriste » avait titré le New York Times le 5 décembre, en consacrant son éditorial au problème des armes à feu. Le New York Post avait lui au contraire décidé de prendre parti en changeant le titre de son édition de « Murder Mission » à « Muslim Killers » provoquant bien évidemment un tollé dans l’opinion publique.

Une émission de télé américaine avait réussi à s’introduire dans l’appartement du couple meurtrier après le passage du FBI, rejoint rapidement par d’autres chaînes nationales qui ont pu filmé l’intimité du couple, les documents, photos, chambres à coucher sans le moindre de scrupules, en y consacrant des dizaines de reportages télés. Une attitude très critiqué par certains journalistes.

Les zones d’ombre
  • Le/les motif(s)
    Pour la police de San Bernardino, l’attaque aurait été déclenché par la fête de noël qui devait avoir lieu après la séance de formation, à laquelle, Farouk, un musulman très pratiquant, était obligé de participer. Elle tire cette conclusion d’une communication de Malik qui affirmait qu’un « musulman ne devait pas avoir à participer à une fête non-musulmane« .
    Pourtant, l’année d’avant, Malik avait participé à la même fête de noël et tout s’était bien passé. Le fait que le meurtrier connaisse les lieux a sans doute facilité leur choix.
  • Le lieu du massacre
    Là encore, les autorités n’ont pas de réponse définitive sur le choix du lieu, le Inland Regional Center qui n’était pas le lieu de travail de Farouk mais là où lui et ses collègues devaient passer une partie de la journée.
  • Le laps de temps de quatre heures entre le massacre et la fusillade est encore un mystère pour les policiers.
Plus de lectures

On vous conseille l’excellent reportage du New Yorker paru l’année dernière, intitule « Last Days » de William Finnegan  sur les jours qui ont précédé l’attaque de San Bernardino

 

Comment gérer les tweets du futur président?

Quelle attitude adopter devant les tweets toujours plus provocateurs du futur président? De l’importance et passer les quatre prochaines années à décortiquer ses propos infantilisants ou l’ignorance, quitte à ne pas ne dénoncer ses actes?

 

Ce matin, Donald Trump a fermement condamné ceux qui brûlaient les drapeaux américains et affirmé qu’ils devraient « peut-être perdre la citoyenneté ou faire une année de prison. »

Les propos ont été retweetés plus de 50 000 fois, ont reçu près de 160 000 likes mais ont provoqué une fois de plus les moqueries et les critiques de nombreux internautes, qui ont envahi le mur de @realdonaldtrump de toutes les utilisations possibles du drapeau américain (poncho, maillot de bain) et ont invoqué le premier Amendement de la Constitution américaine qui autorise cette pratique.

nytimes.com
nytimes.com

Selon le site Mediaite, il aurait (sur)réagit aux protestations d’une poignée d’étudiants du Massachusetts qui ont mis le feu à la bannière étoilée quelques jours après les élections.
Donald Trump a dû agir seul – il était presque 7 heures du matin – et encore une fois, il a eu tort sur des propos très controversés: L’emprisonnement de citoyens américains pour ce genre d’action enfreint la liberté d’expression, et fait référence à des plus totalitaires que démocratiques.

Rappelons au passage que l’un de ses juges préférés de la Cour Suprême du pays, Anthony Scalia, décédé en février dernier, avait voté en 1989 pour la protection de ceux qui décident de brûler leur drapeau.

Une question se pose aujourd’hui pour beaucoup de journalistes: quelle attitude tenir envers les dérapages quasi-quotidiens du futur président de la première démocratie au monde, qui semble ne pas avoir encore compris les conséquences de ses actes ?
Va-t-on réduire l’actualité du pays aux tweets infantilisants d’un homme qui va occuper l’une des positions les plus influentes au monde?

Le New York Times abordait le tweet de Trump sur sa homepage cet après midi, même chose pour le Washington Post, qui publiait un article annonciateur ce matin intitulé « Pourquoi nous ne pouvons et ne devrions pas ignorer les Tweets de Donald Trump ». Le journaliste reprenait les propos controversés de Trump postés dimanche sur les accusations de fraude électorale de millions d’électeurs (illégaux) qui expliqueraient sa défaite dans le vote populaire.

washingtonpost.com
washingtonpost.com

Il existe une théorie selon laquelle Trump tenterait de divertir les médias avec ses tweets controversés pour les empêcher de prêter attention à des sujets plus graves, comme ses conflits d’intérêts en tant que businessman et futur président ou certaines accusations de corruption.

Jack Shafer, un journaliste de Politico appelle ses confrères à « ne pas être le pigeon du Twitter de Trump ».

L’attitude des médias républicains et conservateurs est elle bien plus relax, comme le Wall Street Journal qui aborde l’info de manière plutôt légère dans une de ses pages Opinion intitulée « The Best of The Web ».

Le site Breitbart News a juste rapporte également le tweet sans trop le commenter – contrairement aux 7 000 commentaires des lecteurs, dont la plupart reconnaissent la légitimité du Premier Amendement sur ce genre d’exactions.

Mais ni The National Review, ni le New York Post, ni The Washington Times, ni The Drudge Report ou encore Fox News n’abordaient pas la polémique cet après.

Serait-ce finalement l’attitude à avoir ces quatre prochaines années si chaque jour, le futur président créer des polémiques inutiles – à moins que Jack Dorsey prenne la bonne initiative de supprimer son compte sachant qu’il est désormais bien plus dangereux que tous les trolls alt-right qu’il a su réunir autour de lui ces derniers mois.

Le kiosque du mardi 22 novembre

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TRUMPLANDIA

Hillary Clinton sauvée des eaux

Doit-on y voir une certaine empathie du futur président contre son ancienne rivale, humiliée dans l’une des pires défaites subies par le parti démocrate? Kellyanne Conway a affirmé ce matin que la future administration n’envisagerait pas de continuer les poursuites contre la candidate déchue, ni sur la gestion de sa messagerie privée, ni sur la Fondation Clinton.
Une décision qui rompt avec son programme de campagne et l’un des moments les plus glaçants des élections présidentielles lors du second débat entre les deux candidats lorsque Trump avait promis de « l’enfermer » en cas de victoire.
A savoir maintenant quelle sera la réaction des supporters de Trump, dont certains vouent une haine contre l’ancienne First Lady

« Culture War » chez Starbucks

Non contents d’avoir élu un raciste misogyne inexpérimenté à la tête de leur pays, certains supporters de Trump aiment faire souffrir ceux qui ne l’ont pas choisi avec des techniques très élaborées à l’instar de cette démarche qui consiste à aller chez Starbucks, commmander une boisson sous le nom de trump afin qu’il soit écrit le gobelet. De cette façon, les baristas sont obligés de crier Trump pour prévenir leur clients que leur boisson est prête.

De nombreux consommateurs ont donc fièrement pris des selfies avec leur boisson appelée Trump et l’ont posté sur les médais sociaux avec le hashtag #TrumpCup. Sauf que certains baristas, sans doute peu inspirés par l’élection d’un « anus orange » – dixit Rosie O’Connell – ont refusé de jouer le jeu provoquant la colère de certains consommateurs qui se sont plains en filmant leur confrontation.
L’un des instigateurs de cette opération parle de « guerre de cultures » et entend défendre son 1er Amendement – Donald Trump avait déjà esayé de boycotter Starbucks l’année dernièr après la décision de la compagnie de changer d’enlever les motifs de noël sur leurs gobelets durant la Holidays Season.

Ces mêmes supporters ont également appelés au boycott de la comédie musicale Hamilton, dont le casting a interpellé en pleine représentation le futur vice-président Mike Pence qui était présent dans le public vendredi dernier – Sauf que le show est au complet, et on voit mal des supporters de Trump avoir même l’idée d’aller voir ce spectacle.

Cette jeune femme a résumé en mois de 160 caractères l’absurdité de ces démarches: « #Trumpcup, une protestation contre Starbucks en achetant des Starcbucks. #BoycottHamilton en étant incapable d’acheter des tickets qui sont tous vendus. »

Donald Trump coûte cher

En décidant de rester dans sa tour dorée de la cinquième avenue de New York avec femme et enfants, Donald Trump a rendu le Midtown de Manhattan impratiquable pour les voitures et de nombreux touristes. La sécurité du futur président coûte très cher à la ville, presque un million de dollars par jour selon le site CNN Money et la situation ne devrait pas changer dans les mois qui viennent puisque Melania a décidé de rester à New York jusqu’à la fin de l’année scolaire de son fils Barron.
Donald Trump a également quatre autre enfants et petits enfants qui sont tous susceptibles de recevoir la protection des services de sécurité de la ville. Bill de Blasio a réaffirmé l’engagement du New York Police Department dans cette tache mais a également appelé à une aide financière du gouvernement fédéral pour compenser l’immense coût de ces opérations.


Trump et les chaînes télés: la guerre est déclarée

Lundi soir, Donald Trump a invité les présentateurs et responsables des programmes d’infos télé à un meeting off-the-record au cours duquel il les a violemment critiqué, en interpellant certains directement. « Ceux présents ici ce soir sont des malhonnêtes, des menteurs qui ont eu tout faux » s’est plaint le futur président en comparant notamment avec le président Obama, avec qui les médias auraient été bien plus cléments.
Kellyanne Conway a parlé « d’un meeting excellent » sur lequel les participants, ressortis « stupéfaits », avaient accepté de ne pas commenter. David Remnick dans une tribune publiée cette nuit dans le New Yorker rapporte la colère et l’effroi de certains journalistes à la sortie à cette réunion
Beaucoup considèrent cette entrevue comme une tentative d’intimidation, saluée par les médias proches de Trump, à l’instar du New York Post qui parlait hier soir « de putain de peloton d’exécution » contre les chaînes télés, repris en coeur par Breitbart News.


SNL allume ces mêmes médias

Saturday Night Live est devenu ces six derniers mois la bête noire de Donald Trump à cause des moqueries dont il a fait l’objet durant les élections présidentielles et qui devraient sans doute continuer durant sa présidence grâce à la participation d’Alex Baldwin.
Mais le programme est également très bon pour déchiffrer le comportement problématique du mainstream media face au futur président. Dans un sketch diffusé samedi soir, on voit des commentateurs et présentateurs télé s’insurger de manière mécanique contre les élucubrations toujours plus scandaleuses de Trump et qui à force de répéter toujours les mêmes critiques, finissent par perdre toute crédibilité.
Pour Slate, c’est précisément le schéma utilisé par Trump pour « éviter les conséquences de ses actes (…) en faisant toujours quelquechose de pire ».

 

Des médias hystériques

Le New York Post est furieux qu’on attaque sans arrêt aux moindres faits et gestes du futur président.
Pour l’un de ses chroniqueurs, « continuer à crier au loup contre Trump, et personne n’écoutera quand il y aura une crise sérieuse ». Selon lui, « cette hystérie pousse les organes de presse à mélanger information avec opinion comme jamais auparavant » en citant cet article très contradictoire publié par le New York Times selon laquelle l’équipe de transition était la semaine dernière « en désarroi total » avant de conclure, « l’ère Trump n’a pas encore commencé, les médias devraient attendre que quelquechose arrive avant qu’ils déclarent la fin du monde ».

Des arguments qui ont été repris par Vox, hier, qui s’inquiétait de l’éventuel « retour de bâton » de la lutte contre la « normalisation » de Donald Trump: Effectivement les médias doivent rester très vigilants des abus que pourrait commettre le futur président et de son administration à l’encontre de la démocratie, de ses instituions, des minorités et de leurs droits, la protection de l’environnement, etc…
« Mais si la réalité d’une administration Trump se révèle ne pas être le pire scénario » alors qu’une frange de la population s’attend à une destruction de la démocratie, tout ce qui n’atteint pas cette apocalypse politique est finalement acceptable, qui pourrait au bout du compte se révéler tout aussi dommageable pour le pays.

 

Le Kiosque du lundi 24 octobre

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      • Elections présidentielles américaines

        FiveThirtyEight
        FiveThirtyEight – lundi 24 octobre 2016

        Le Washington Post affirme que les chances de gagner de Dontal Trump sont presque à zéro

      • Donald Trump obtient son premier soutien officiel du Las Vegas Review-Journal

        Après le New York Post, le New York Observer (le rédacteur en chef et propriétaire du journal est marié à Ivanka Trump, la fille du candidat), The National Enquirer, et le Santa Barbara News Press, c’est au tour du Las Vegas Review-Journal de soutenir officiellement le candidat républicain,

        De son côté le New York times a consacre une double page dans son édition d’aujourd’hui sur toutes les insultes proférées par Trump contre 281 individus, compagnies, lieux et choses

        The New York Times - Edition du lundi 24 octobre 2016
        The New York Times – Edition du lundi 24 octobre 2016
      • Assange, l’ennemi public #3 des USA

        Ces dernières semaines, Julian Assange le porte-drapeau des whistleblowers du monde entier est devenu l’ennemi public numéro trois, après Donald Trump et Vladimir Poutine.
        Même Glenn Greenwald, fondateur de The Intercept, meilleur ami de Laura Poitras, réalisatrice de l’excellent Citizen Four, elle-même très proche d’Edward Snowden, l’a qualifié de « sociopathe » pour avoir diffusé les emails privés de John Podesta, le directeur de campagne de Clinton contenant des informations confidentielles d’individus qui n’ont rien à voir avec les élections.

        Pendant ce temps, Wikileaks continue de diffuser les emails incriminés et vient de rendre disponible le 17ème batch de la correspondance de Podesta (estimée à 30 000 emails) ce matin mais selon RealClearPolitics,

        « ces attaques n’ont pas eu les effets escomptés que de révéler au monde entier que Wikileaks essayait de démolir une candidate avec des emails privés embarrassants, et a échoué (…)L’incapacité à transformer des machinations politiques internes en un immense scandale, Wikileaks a malgré elle élever les conditions de la réussite d’une cyberguerre politique. Si ce que tout ce piratage a réussi à accomplir, c’est l’embarras temporaire de conseillers politiques qui serviront dans els cocktails parties de Washington, les minutions sont assez faibles »

      • John Oliver offre son Emmy Award à Donald Trump

        S’il accepte le résultat des élections le 8 novembre prochain
        Donald Trump a affirme lors du dernier débat présidentiel qu’il méritait de gagner un Emmy Awards pour son émission The Celebrity Apprentice, qu’il a loupé à plusieurs reprises: « Biensur qu’il veut un Emmy! C’est une femme, c’est en or, et c’est proportionné à ses petites mains … le partenaire idéal de Trump en fait » affirme John Oliver.

        ***

      • Google fête le 384ème anniversaire de Antonie van Leeuwenhoek, le père de la microbiologie

        Google - 384ème anniversaire de Antoni van Leeuwenhoek
        Google – 384ème anniversaire de Antoni van Leeuwenhoek

        ***

      • « Love in the time of Zika »

        Miami Herald - Edition du lundi 24 octobre 2016
        Miami Herald – Edition du lundi 24 octobre 2016

        Comment se protéger du virus Zika, transmis pas les moustiques, lorsqu’on habite les zones contaminées de Floride – pour l’instant limitées aux quartiers de Wynwood et Miami Beach autour de Miami – et que l’on est enceinte?
        Réponse dans la Miami Herald qui consacre sa une à Sloanne Borr: Cette jeune femme de 29 ans censée accoucher au mois de mars prochain n’a pris la décision, comme beaucoup d’autres couples de partir le temps de la grossesse en Caroline du Nord, une zone qui n’a pas été touchée par le virus.
        Elle et son mari ont décidé de rester et pris les précautions nécessaires: Porter une combinaison Hazmat pour toutes sorties à l’extérieur et le recours à tout ce qui peut éloigner les moustiques: les pesticides souvent inutiles, moustiquaires, lampes anti-moustiques, tapettes électriques, …
        110 femmes enceintes auraient été contaminées jusqu’ici dans l’état de Floride et dont les foetus sont désormais exposés à d’éventuellesla microcéphalie congénitales à l’origine des retards mentaux et physiques: »La menace du virus a ruiné ce qui est supposé être une belle expérience » explique Mme Borr « Zika m’a vraiment enlevé la joie d’être enceinte »

      • Tartuffe s’invite aux élections présidentielles

        Tampa Bay Times - Edition du lundi 24 octobre 2016
        Tampa Bay Times – Edition du lundi 24 octobre 2016


        Une « adaptation du Tartuffe » par l’American Stage Theatre Company
         rappelle à bien des égards la campagne présidentielle américaine et notamment les accusations dont fait l’objet Donald Trump note le Tampa Bay Times en une ce matin : « Un homme aux idées arrêtées aussi bien détesté qu’adoré fait des avances incongrues. Quand la femme refuse, il l’accuse d’être jolie et de le tenter. Quand confronté par un témoin, il clame son innocence et dénonce son accusatrice. »
        Le choix de cette pièce de Molière ne doit rien au hasard et pour Stephanie Gularte, la directrice artistique qui a mis en place cette adaptation, « c’est l’opportunité pour les gens d’utiliser ce qui se passe en ce moment comme une forme de catharsis » et sur l’histoire de la pièce elle-même, « C’était l’idée d’approcher la passion fanatique et la nature de la démagogie, et notamment, l’absurdité des gens qui continuent à la supporter, quelque soit ce qu’ils sont et ce qu’ils représentent.

 

      • Les votes anticipés

        Houston Chronicle - Edition du lundi 24 octobre 2016
        Houston Chronicle – Edition du lundi 24 octobre 2016

        Les votes anticipés sans justificatif sont autorisés dans 33 états des Etats-Unis et Washington D.C. qui varient entre les états entre cinquante et quatre jours avant les élections, que ce soit en ligne, en personne ou par courrier. Au Texas, les votes anticipés sont ouverts à partir d’aujourd’hui, et selon le Houston Chronicle, de nombreux Texans sont toujours « confus sur les conditions d’identification des électeurs et sur les possibilités de trucage des élections, scandées par Donald Trump » alors que les derniers sondages montrent que la candidate démocrate est au coude-à-coude avec son rival dans le Lone Star. Quand aux démocrates locaux, ils se préparent à être présents le jour des élections pour anticiper tout dérapage et veiller à la bonne marche des votes.

      • A Flint, dans le Michigan, c’est toujours la crise

        La crise sanitaire qui touché l’ensemble du système d’eau potable de la ville de Flint dans le Michigan l’année dernière, contaminé par du plomb à cause de coupes budgétaires empoisonne encore la vie de nombreux habitants qui continuent aujourd’hui à utiliser des bouteilles d’eau pour boire, cuisiner et se laver rapporte le Washington Post ce weekend.
        « La crise continue a dicté la vie quotidienne » se résignent aujourd’hui les riverains.
        Douze personnes sont décédées de la maladie du légionnaire, depuis que les autorités de la ville ont changé la ressource d’approvisionnement d’eau de la commune, autrefois qui provient depuis Avril 2014 de la rivière Flint.
        La crise a laissé une population traumatisée par le manque de réaction des autorités, qui ont mis des mois à identifié et reconnaitre leur responsabilité dans la crise et qu’ils n’ont toujours pas résolu.

      • Un interview de Slavoj Žižek pour la sortie de son dernier livre

        Le slovène Slavoj Žižek, « philosophe », « phénomène international », » théoricien de la culture », auteur de 40 livres qui a joué dans quatre films, et possède un journal académique, International Journal of Žižek Studies, est considéré par The New Republic comme « le philosophe de plus dangereux de l’Occident » et « l’un des intellectuels les plus connus au monde » par le New York Review of Books.
        Mother Jones 
        nous offre une interview de lui à l’occasion de la sortie de son dernier bouquin, Refugees, Terror and Other Troubles With the Neighbors, qui est un « diagnostic urgent et divertissant de la crise des réfugiés et de la menace de terreur mondiale, qui éclaire les contradictions sur notre attitude et nos actions »

 

 

 

 

De Blasio vs New York Post

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Guerre entre de Blazio et le New York Post

Deux ans et demi après son investiture à la mairie de New York, Bill de Blasio s’en est pris hier au tabloïd local, le New York Post, en pleine conférence de presse.
Il l’a qualifié de “serpillère de droite” qui n’écrit que de la “propagande” et même allé jusqu’à ignorer les questions d’un de ses journalistes, Yoav Gonen.

 

The New York Post - Edition du 7 octobre 2016
The New York Post – Edition du 7 octobre 2016


Ce n’est pas la première fois que de Blasio s’attaque au Post, “une présence” qu’il a publiquement jugé “négative” pour la ville.

Le quotidien se régalait ce matin de l’incident d’hier qui ne fait que « prouver la personnalité à fleur de peau » du maire.

De Blasio est l’une des cibles privilégiées du tabloïd qui l’accuse souvent de manque de transparence dans la gestion de son administration et autres problèmes et scandales auxquels elle doit faire face, la dernière en date étant une enquête de la police à la suite d’une éventuelle négligence des services sociaux dans la mort accidentelle d’un jeune garçon.

Depuis son élection en novembre 2013, le journal de Rupert Murdoch n’a pas arrêté ses attaques parfois désobligeantes contre de Blasio et sa famille: accusé d’être un communiste parce qu’il a voyagé en Union soviétique quand il était jeune, qualifié lui et sa famille « de seconde zone » lorsqu’il est comparé au précédent maire, le milliardaire Mickael Bloomberg.

Toutes les occasions on été bonnes pour le critiquer et l’humilier ce qui ne justifie pas son comportement d’hier. Un journaliste du Wall Street Journal – lui aussi propriété de Murdoch – a d’ailleurs fini par interpeller le maire: « Accepter des questions une fois par semaine et insulter les journaux et autres organes de presse – Comment est-ce que vous pensez que cela vous aide? »

« Je n’ai pas besoin d’aide, et ça n’est pas censé m’aider » a répondu de Blasio. « Je dis ce que je pense être vrai. Je pense que beaucoup de gens partagent mon point de vue »

 

Le Kiosque du vendredi 7 octobre 2016

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Ouragan Matthew: « Vous allez tous mourir » et la faute à Hillary

L’ouragan Matthew qui s’est renforcé jeudi pour atteindre la catégorie 5, le plus violent à s’abattre sur les côtes de Floride depuis douze ans, était à la une des quotidiens, flashs spéciaux du pays après les 300 morts qu’il a laissé derrière lui en Haïti.
Les autorités de Floride, de Caroline du Nord, du Sud et de Géorgie ont appelé les habitants à évacuer les zones les plus proches du littoral provoquant le départ précipité de près deux millions d’Américains et des encombrements monstres le long des côtes atlantiques.
Pour convaincre les téléspectateurs des risques de catastrophe, certains journalistes n’ont eu aucune limite, à l’instar de Shepard Smith sur Fox News, qui annonce sourire aux lèvres aux habitants de « West Palm Beach, Melbourne, Daytona Beach et Jacksonville (…) Vous et tous les gens que vous connaissez, vous êtes morts, aucune d’échapper à cet ouragan, sauf si vous êtes chanceux … Et vos enfants aussi vont mourir »

Malheureusement pour Shepard Smith, l’ouragan a baissé en intensité ce matin, et les dégâts devraient être moins importants que prévus.

Quant au Drudge Report, le site conservateur, il a contredit les prévisions des météorologues et autorités sur la dangerosité de l’ouragan, en incitant les familles à rester chez elle, puis a accusé le gouvernement de grossir le phénomène pour promouvoir le concept de changement climatique, l’un des points du programme défendu par Hillary Clinton lors de ces élections présidentielles:

Les déplorables comment à se demander si le gouvernement ne leur a pas menti à propos de l'intensité de Matthew pour faire avancer la cause du changement climatique
Les déplorables comment à se demander si le gouvernement ne leur a pas menti à propos de l’intensité de Matthew pour faire avancer la cause du changement climatique

Certains conservateurs, comme Rush Limbaugh, ont régulièrement considéré les ouragans comme des arguments politiques qui viennent servir les arguments des démocrates pour lutter contre le réchauffement climatique, ce malgré les études scientifiques et autres catastrophes naturelles qui s’abattent un peu partout dans le monde depuis une dizaine d’années. The National Weather Service, l’équivalent américain de Météo France, serait l’un des agents de cette conspiration.

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Elections présidentielles américaines
Rudolph Giulani, l’un des plus ardents défenseurs de Trump, qui a crié au génie après que le New York Times ait révélé qu’il avait réussi à économiser 50 millions de dollars d’impôts en 1995, a dû rire jaune hier en apprenant que sa fille, Caroline Rose, a décidé de soutenir Hillary via Twitter hier.

Mike Pence a tellement impressionné ses confrères républicains en essayant de calmement défendre l’indéfendable mardi dernier, lors du débat des VP’s qu’il est déjà pressenti comme candidat à la présidence en 2020.

Quant à Ted Cruz, le candidat malheureux des Primaires républicaines, qui avait appelé à grand fracas les électeurs américains à voter « en leur âme et conscience » lors de la Convention républicaine avant de se rétracter il y a quelques semaines, a été aperçu hier par le Dallas Morning News en train de faire du volontariat téléphonique pour appeler les électeurs à voter. Le sénateur n’a pas précisé qui.
La vidéo de Cruz, téléphone à la main qui récite le plus vite possible un texte tout sauf convaincant à des citoyens du Texas a été moquée sur internet hier.

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Implosion à Fox News

Rien ne va plus sur la première chaîne câblée du pays depuis que son père fondateur, Roger Ailes, a été mis à la porte cet été – à la suite de plusieurs plaintes pour harcèlement sexuel – notamment sur l’attitude à avoir vis-à-vis du candidat républicain.
La journaliste star, Megyn Kelly, a affirmé dans son show que les deux candidats s’étaient chacun rangés derrière « leur propre version du programme de protection présidentiel » qui consiste à ne faire des apparitions télévisées qu’en terrain conquis, et pour Trump, il s’agissait de son collègue, Sean Hannity.
Ce dernier l’a alors accusée de soutenir Clinton, provoquant un mini-scandale qui ne fait qu’affaiblir un peu la chaîne aux yeux du public et de ses concurrents.
Ci dessous, Megyn Kelly, pourtant affiliée à droite, qui ne peut se retenir de rire après un discours de Donald Trump en août dernier.

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The New York Post - Edition du 7 octobre 2016
The New York Post – Edition du 7 octobre 2016

Guerre entre de Blazio et le New York Post
Deux ans et demi après son investiture à la mairie de New York, le maire Bill de Blasio s’en est pris hier au tabloïd local, le New York Post, en pleine conférence de presse. Il l’a qualifié de « serpillère de droite » qui ne faisait que de la « propagande » et même allé jusqu’à ignorer les questions de l’un de ses journalistes, Yoav Gonen. Ce n’est pas la première fois que de Blasio s’attaque au Post, « une présence » qu’il juge « négative » pour la ville.
De Blasio est l’une des cibles privilégiées du tabloïd qui l’accuse souvent de manque de transparence dans la gestion de son administration.

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Annie Leibovitz 
Le New York Times s’intéresse au projet de la célèbre photographe Annie Leibovitz, Women, commencé en 1999 avec sa partenaire depuis décédée, Susan Sontag, qu’elle a récemment repris avec l’aide d’un nouveau mentor, la militante de 82 ans, Gloria Steinem, qui s’intitule désormais, Women: New Portraits, qui s’intéresse davantage « à la personnalité qu’à la beauté » de ses modèles, « La représentation doit rattraper celle des hommes » explique la photographe depuis son studio de Chelsea. Ses photos seront exposées à New York du 18 novembre au 11 décembre à the Bayview Correctional Facility, un ancienne prison pour femmes, avec la participation de UBS.

Débat présidentiel: Les médias conservateurs entre colère et parano

Alors qu’une partie de la population américaine pousse un ouf de soulagement après un premier débat présidentiel remporté haut la main par Hillary Clinton, les médias conservateurs oscillent entre colère et paranoïa.

« un Titanic politique »
John Podhoretz dans le New York Post reconnaît « l’incompétence » dont a fait preuve Trump, qui s’est vanté au passage de ne pas avoir préparé son duel, « un gifle » pour tous ses supporters, dont il fait lui-même partie.

« Au bout de la de la 95 ème minute, Trump était réduit à de la bouillie crépitante, qui déblatairait sur Rosie O’Donnell et sur le fait qu’il n’avait pas encore proféré contre Hillary méchancetés qu’il avait dans la tête (…) Ses supporters devraient être furieux contre lui, et le public en général.
Afficher tant d’incompétence par refus de se préparer sérieusement à ce duel, en refusant d’apprendre à tirer de sa posture populiste contre Clinton, il n’a montré que du mépris pour des gens qui l’ont amené aussi loin – et pour les Américains qui vont avoir à prendre une très importante décision le 8 Novembre prochain. »

 

New York Post - Edition du mardi 27 septembre 2016
New York Post – Edition du mardi 27 septembre 2016

Même constat de David French dans The National Review qui résume bien l’état d’esprit de beaucoup de Républicains lundi soir, « Donald Trump est de pire en pire »:

« A la fin du débat, il était complètement désorienté, sur la défensive sur presque tous les sujets. Pourquoi n’a-t-il pas eu de meilleure réponse sur la polémique du birther? N’a-t-il pas encore fait ses devoirs en politique étrangère? J’ai eu l’impression d’être devant un Titanic politique qui fonçait dans l’iceberg, se retirait, fonçait à nouveau dedans, juste pour s’amuser.

Peu le savent mais Donald Trump s’est proclamé vainqueur ce matin, en tweetant une sélection de sondages en ligne mises en place par plusieurs sites d’infos la veille.

Twitter / @readDonaldTrump
Twitter / @readDonaldTrump

Des sondages, selon The Daily Dot, que les supporters de Trump auraient « manipulé artificiellement » pour « créer une fausse narration » selon laquelle il aurait gagné.

#trumpwon était d’ailleurs l’une des tendances d’hier sur Twitter.

Et si on s’intéresse aux médias Alt-Right, on retrouve le thème souvent du complot des médias libéraux, dont Lester Holt serait une des marionnettes

Facebook / Breitbart
Facebook / Breitbart

Breitbart News, le bras armé de Trump, depuis que son ancien rédacteur-en-chef à pris les rênes de sa campagne au mois d’Août dernier, a immédiatement dénoncé « un débat truqué »

Le site « trash-conservateur » a dénoncé les questions « très amicales » posées par Lester Holt à Hillary Clinton contre celles « hostiles » à l’encontre de Donald Trump. Le modérateur aurait subi des fortes pressions des Démocrates et de l’ensemble des médias libéraux pour attaquer Trump – même si le présentateur de NBC est enregistré comme un Républicain dans l’état de New York.

Revue de presse du mardi 20 septembre 2016

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Ahmad Khan Rahami
Difficile de ne pas évoquer l’arrestation sanglante du suspect numéro un des attaques de Chelsea et du New Jersey, Ahmad Khan Rahami, en une de tous les quotidiens.
Alors que peu de détails sont connus sur les motivations et possibles complicités du jeune homme, les deux candidats s’opposaient hier sur la gestion de ce genre de crise, Hillary Clinton appelant au calme et Trump fustigeant une politique d’immigration trop laxiste: Ainsi, le New York Post, Breitbart News et Fox News reportaient à l’unisson que quelques 858 immigrés, en instance de déportation et provenant de pays dits « à risques » avaient acquis la nationalité par erreur, selon un rapport interne Department of Homeland Security.
Ahmad Khan Rahami a été naturalisé après son arrivée d’Afghanistan, en 1988.

Des soucis pour Trump
Donald Trump pourrait rencontrer des problèmes vis-à-vis de l’utilisation de l’argent d’oeuvres caritatives à des fins personnelles, quelques $258 000 rapportait aujourd’hui le Washington Post. On ne sait pas si ce sera La prochaine polémique de la campagne, en tout cas les médias s’y intéressent.

Le candidat républicain a décidé de soutenir l’un de ses plus fidèles alliés, Chris Christie, le gouverneur du New Jersey, et l’un des hommes politiques les plus détestés du pays, qui est impliqué dans le scandale du BridgeGate dont le procès s’est ouvert hier.
En 2013, l’une des voies du George Washington bridge qui relie Manhattan à l’état du New Jersey a été volontairement fermée pour créer des embouteillages monstres dans la ville de Fort Lee, tenu par un démocrate, qui refusait de soutenir la réélection de Christie. Un chantage au trafic automobile dans lequel le gouverneur du New Jersey a été mis en cause.

A voir cette vidéo amusante sur les « Trumpisms » du candidat républicain: Un schéma qu’il suit dans chacun de ses discours qui consiste « dire quelque chose, le répéter, et le dire encore une fois »

Tous à la rescousse d’Hillary
Du côté des démocrates et des médias « libéraux », l’inquiétude grandit devant la possible élection de Trump, et ce sont les journalistes et commentateurs qui ordonnent désormais aux électeurs de faire le bon choix: Paul Krugman hier dans le New York Times critiquait les 29% d’américains qui veulent voter pour Gary Johnson, le libertarien, sans vraiment savoir quel est son programme: « J’aimerai lancer un appel aux jeunes américains: Votre vote compte, donc prenez le sérieusement ».
« Est-ce que Bernie peut fixer les dommages commis sur Hillary Clinton » se demande le New York magazine, notamment vis-à-vis des Millenials, qui ont largement supporté le sénateur du Vermont, et qui sont très hostiles à Clinton.
Elle peut en tout compter sur le vote de George Bush senior, nous indique Politico.

Entre temps, l’équipe de la candidate nous a offert une nouvelle publicité contre Trump, cette fois-ci sur ses attaques à répétition contre les anciens soldats, et notamment l’ancien candidat républicain, John McCain.

JonBenet Ramsay
L’un des crimes non résolus qui hante toujours l’Amérique est celui du meurtre de JonBenet Ramsay, cette fillette de six ans, férue des concours de beauté, qui a été retrouvé morte le lendemain de noël 1996, dans le sous-sol de sa maison. Les parents ont longtemps été suspectés mais jamais inculpés et selon la chaîne CBS qui diffusait un documentaire the Case of: JonBenet Ramsay sur le fais divers hier, ce serait le frère aîné de JonBenet qui l’aurait tué pour une broutille entre frère et soeur. Les parents auraient tenté de maquillé le crime en tentative de kidnapping et rédigé la demande de rançon qui a été retrouvé dans la cuisine le matin du drame, et dont l’auteur n’a jamais été identifié.

Capture d'écran du documentaire de CBS sur JonBenet Ramsay
Capture d’écran du documentaire de CBS sur JonBenet Ramsay

Potins
Angeline Jolie et Brad Pitt divorcent. C’est le site TMZ qui le rapporte ce matin, et c’est Angelina qui aurait fait le premier pas, citant des différences irréconciliables et surtout demandant la garde seule des six enfants, laissant à son futur ex-époux des droits de visite.

Weiner: Oops, I did it again, and again, and again

C’est la troisième fois en cinq ans qu’Anthony Weiner, ancien député démocrate et prétendant à la mairie de New York, expert en sabordage politique, et accessoirement époux d’Huma Abedin, la conseillère la plus proche d’Hillary Clinton, se retrouve au coeur d’un scandale de « sexting ».

Couverture du New York Post du 29 Août 2016: "op Goes the Weiner"
Couverture du New York Post du 29 Août 2016: « Pop Goes the Weiner »

Scandale de Sexting dans la campagne démocrate
Cette fois-ci, ça tombe très mal, à moins de trois mois des élections présidentielles américaines avec Hillary Clinton confortablement en tête des sondages.
Ce qui explique sans doute la réaction quasi-immédiate de Huma Abedin qui a annoncé ce matin, dans un communiqué officiel, sa séparation avec Anthony Weiner.
Une décision qui aura le mérite de faire taire ceux qui avaient critiqué le soutien « aveugle » de Abedin aux côtés de son mari lors de ses deux derniers scandales.

L’affaire a été révélée hier soir par le New York Post qui en fait sa une ce matin, une sorte de tradition pour le tabloïd new yorkais qui activement participé aux révélations des infidélités « virtuelles » de l’homme politique en 2011 et 2013.

La campagne d’Hillary Clinton ne devrait pas en souffrir étant donné la discrétion légendaire de sa conseillère, Huma Abedin, dont on a pu découvrir la personnalité dans l’excellent documentaire Weiner, sorti en Mai dernier, sur la débâcle de la campagne de son mari en 2013 à la mairie de New York.
La candidate démocrate a pris ses distances avec l’ancien « congressman » dès 2011 et ne s’est plus affichée depuis à ses côtés.

"Weiner", le documentaire sorti le 20 mai 2016 Elyse Steinberg , Josh Kriegman
« Weiner », le documentaire sorti le 20 mai 2016 Elyse Steinberg , Josh Kriegman

Les Républicains se sont montrés plutôt discrets vis-à-vis de ces révélations: Donald Trump, lui aussi la cible d’attaques du New York Post il y a quelques semaines à travers la publication de photos nues de sa femme, a choisi le communiqué officiel en saluant « la sage décision d’Abedin » et en critiquant au passage le « manque de jugement d’Hillary Clinton »


Weiner « laisse filer sa seconde chance à la seconde chance »

Anthony Weiner, 42 ans, était l’un des politiciens les plus prometteurs de sa génération. Membre du parti démocrate, il a obtenu un siège au Congrès américain dès 2008, et promis à un avenir en or quand il a épousé Huma Abedin, déjà conseillère d’Hillary, sous les auspices de Bill Clinton, en 2010.
Ils ont un garçon en 2011.

C’est cette année là que Andrew Breitbart, créateur du site d’info conservateur Breibart News, révèle des photos très graphiques que Weiner aurait posté par erreur puis rapidement effacé de son compte Twitter.
Après avoir laborieusement avoué être à l’origine des clichés, il a démissionné de son poste de député, s’est retiré des médias sociaux et promis à sa femme et ses supporteurs de ne plus jamais recommencé.

Son crime? Envoyer des photos, parfois explicites de son sexe à des jeunes groupies qui le suivent sur Twitter.

 

Couverture du New York Times magazine du 14 Avril 2013 avec Huma Abedin et Anthony Weiner en couverture
Couverture du New York Times magazine du 14 Avril 2013 avec Huma Abedin et Anthony Weiner en couverture


Deux ans plus tard, à la faveur d’un article trop favorable du New York Times magazine sur la solidité du « power couple » Abedin-Weiner, ce dernier a annonce son retour en politique et le début de sa campagne à la mairie de New York – là où commence le documentaire Weiner.

Une campagne plutôt réussie puisqu’il est largement en tête des sondages à quelques semaines des élections jusqu’à ce qu’un nouveau scandale de sexting éclate en Juillet, où il reconnaitra avoir texté de nouvelles photos de son penis sous le pseudo « Carlos Danger ».
Il décide néanmoins de poursuivre sa campagne qu’il perd avec 5% des voix.

C’est donc le troisième scandale qui touche Weiner, dont l’homonyme « wiener » signifie penis en anglais, et cette redondance donne à ces dernières révélations des air des « déjà vu » qui limiteront les conséquences sur la suite de la campagne présidentielle.

Toute éventualité de retour en politique de Weiner semble désormais improbable.