Le kiosque du 03.07.17

 

1. « Des coups, aucune politique »

 

  • L’information de ce week-end, c’était bien entendu la vidéo postée par le président américain sur son compte Twitter où il fait semblant de tabasser un homme, dont le visage est caché par le logo CNN: Une énième façon de prouver son amour pour la chaîne d’info rebaptisée à l’occasion #FNN, pour « Fake News Network ».
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  • C’est Dan Scavino, responsable des médias sociaux de la Maison Blanche, ancien caddy du président, et Trump qui auraient eu l’idée de cette  « blague ».
    A comprendre maintenant comment est-ce que ce meme, postée par un troll d’extrême droite sur Reddit, leur site préféré, a-t-il pu atterrir sur le compte personnel de l’homme le plus puissant du monde.
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  • Comme l’indique USA Today en couverture ce matin, la présidence de Trump est à l’image de ses tweets, « des coups » contre les médias (63 références aux fake news), contre les Démocrates et Obama (46 références à « Obamacare ») mais « aucune politique ».
     
  • Le président est bien plus intéressé à discréditer les médias qu’à essayer de faire passer son programme … comme la réforme de la santé qui en est au point mort.

 

 


2. La fraude électorale ne convainc pas

 

  • Si le président américain a largement perdu le vote populaire face à Hillary Clinton aux dernières élections avec 2,8 millions de voix en moins, c’est à cause de la fraude électorale répandue dans la plupart des Etats démocrates qui a permis à des millions d’immigrés de voter illégalement contre sa rivale.
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  • Aucune preuve de ces accusations n’a jamais été avancée mais Donald Trump est bien décidé à les trouver et mis en place la « Presidential Advisory Commission on Election Integrity » dirigée par le vice président Mike Pence et le Secrétaire d’Etat du Kansas, Kris Kobach, pour soi-disant « renforcer l’intégrité du système électoral » et « protéger et préserver les principes d’une personne, une voix ».
     

    La Maison Blanche a affirmé que la Commission va opérer un « examen complet des problèmes d’inscription et de vote pour les élections fédérales » mais les experts et défenseurs du droit de vote ridiculisent les allégations de Trump concernant la fraude électorale, que ni les Etats, ni aucune étude n’a pu mettre en évidence.
    Ils craignent que cette Commission soit utilisée pour limiter le droit de vote.

     

  • Mercredi dernier, la Commission a demandé aux cinquante Etats et à D.C. de leur fournir toutes les informations disponibles sur leurs électeurs, « y compris les noms, dates de naissance, l’historique de leurs choix électoraux et leur appartenance ou non à un parti » – ce que la moitié d’entre eux a fermement refusé au nom de la protection de la privée et de la méfiance que suscite cette commission.
     
  • D’où la réaction agacée du président ce week-end:

 

 

 
 


3. Les Etats républicains contre leurs villes démocrates

 
 

  • Le territoire américain est divisé politiquement entre les côtes démocrates, de part et d’autre du pays, et l’intérieur républicain, entre les grandes villes pro-Hillary et les zones rurales pro-Trump … et désormais à l’intérieur des Etats, entre les gouvernements conservateurs et leurs villes, dites « sanctuaires ».
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  • Au Texas, par exemple, le parlement et le gouverneur républicains s’inquiètent du « comportement socialiste » des villes libérales et veulent les forcer à se soumettre à législation de l’Etat sous peine d’être privées de subventions fédérales.
     

    Le « Lone Star » State représente l’exemple le plus dramatique de ces relations de plus en plus conflictuelles entre les représentants des « Red States » [républicains] et les centres urbains démocrates, qui ont imposé des régulations environnementales et des programmes sociaux souvent à leur encontre.

     

  • La « Bathroom Bill » votée en 2016 par le parlement républicain de Caroline du Nord – qui oblige tout individu à utiliser les toilettes et vestiaires publics conformément à son sexe de naissance – et partiellement annulée cette année, visait à saper les efforts de Charlotte, la plus grande ville démocrate de l’Etat, pour élargir les droits civils des homosexuels.
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  • L’un des principaux sujets de discorde tourne aujourd’hui autour de la politique anti-immigration de l’administration Trump qui veut obliger les forces de l’ordre locales à coopérer avec les agents fédéraux de l’immigration, notamment à travers l’arrestation et la détention des immigrés en situation irrégulière. Ce que les villes sanctuaires ont toujours refusé de faire.
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  • Le gouverneur du Texas, Greg Abbott vient de passer l’une des lois les plus stricts contre les villes sanctuaires »refuges » qui condamne les forces de l’ordre à des contraventions, voire des peines de prison en cas de désobéissance.

 
 


4. Scandales sexuels chez les Protestants évangéliques

 

  • Longue enquête de The New Republic sur l’Association of Baptists for World Evangelism, une organisation chrétienne évangélique comme il en existe des milliers aux Etats-Unis, qui a couvert pendant plusieurs décennies les agressions sexuelles d’un de leur missionnaires, en poste au Bangladesh, et réduit au silence ses victimes.
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  • Comme chez les Catholiques, l’obéissance à l’autorité religieuse, le tabou autour du sexe, exposent ces fidèles à des risques d’abus sexuels au sein de leur communauté.
     

    Ces cinq dernières années, il est devenu évident – même pour les Chrétiens conservateurs – que les églises « fondamentalistes » font face à une recrudescence d’abus sexuels et de déni institutionnel qui pourraient impliquer davantage de victimes que les scandales de pédophilie qui ont touché l’église catholique (…)
    L’échelle du scandale pourrait être immense. Les Protestants évangéliques sont bien plus nombreux que les Catholiques avec plus de 280 000 églises, écoles religieuses et organisations affiliées.
    En 2007, les trois principales compagnies d’assurance qui couvrent les institutions protestantes affirmaient recevoir chaque année 260 cas d’abus sexuels d’enfants commis par leurs responsables et membres. En comparaison, l’Eglise catholique rapportait 228 « accusations crédibles »..

  • « The Silence of the Lambs »The New Republic

 


5. Une agoraphobe globe trotter

 
 

 

  • Jacqui Kenny, originaire de Nouvelle Zélande, vit à Londres, et souffre de crises d’angoisse qui l’empêchent souvent de sortir de chez elle et encore moins de voyager à travers le monde. Partant de ce constat, elle a commencé à explorer le monde sur Google Street View.
     

    Au départ, elle choisissait des endroits au hasard, les rues de villes très lointaines et faisaient des captures d’écrans des plus beaux paysages. Ensuite elle a commencé à rechercher des endroits précis: régions arides avec des horizons dégagées; des latitudes où elle remarquait que le soleil se couchait penché. Très vite, elle a passé des heures sur le projet, qui est devenu une sorte de retraite  (…) Un an après, elle a accumulé près de 26 000 photos

     

  • Ces photos sont disponibles sur un superbe compte Instagram appelé « Agoraphobic Traveller »
  • « An Agoraphobic photographer’s virtual travels, on Google Street View »The New Yorker

 


6. A voir: Les hommes de Fire Island Pines

 

 

  • Tom Bianchi a photographié la communauté gay de Fire Island Pines de 1975 à 1983, un petit hameau de Long Island, à deux heures de New York, qui a accueilli jusqu’à dix mille homosexuels tous les week-ends pendant plusieurs années, avant que l’épidémie de Sida ne décime la communauté homosexuelle.
  • A voir dans le Washington Post

 


7. Le reste de l’actualité

 

  • Le gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie, l’un des plus mal-aimé du pays, aime utiliser les lieux publics pour faire pression contre ses adversaires politiques – il est impliqué dans le « BridgetGate » de 2013 qui a envoyé deux de ses conseillers en prison.
    Après un désaccord sur le budget qui a entraîné l’arrêt de toutes les activités gouvernementales, les plages publiques du New Jersey sont fermées pour la fête nationale – il fait 30 degrés … mais pas pour son gouverneur, qui profitait hier d’un littoral désert avec famille et amis. 
    D’où ce titre inspiré du Daily Mail

 

  • Steve Bannon, l’un des plus proches conseillers de Trump, auto-proclamé « nationaliste économique », voudrait augmenter les impôts des plus riches – dépasser la barre des 40% d’imposition pour ceux qui gagnent $418 000 ou plus – un anathème pour le parti républicain – mais qui vise à baisser les impôts des classes moyennes et défavorisées. Pour une fois! – Axios

 

  • Planned Parenthood a fermé quatre de ses cliniques dans l’Iowa après la décision du gouverneur de supprimer les subventions envers l’association, soutenue par près de 77% de la population: Les menaces des Républicains d’éliminer Planned Parenthood sont mises à exécution. Washington Post

Mardi 14 mars: Trumpcare, le coup de grâce – Arrêtez cette Conwaymania! – Scandale chez les Marines

 

  • Coup de massue pour l’American Health Care Act

    La nouvelle a fait l’effet d’une bombe hier après midi: Le CBO, le « Congressional Budget Office », le bureau du Budget du Congrès américain, une agence fédérale non-partisane, a rendu lundi son rapport très attendu sur les retombées de l’American Health Care Act, le remplaçant d’Obamacare: 24 millions d’Américains perdraient leur couverture maladie avec Trumpcare d’ici 2024 et 14 millions ces dix prochains mois.

    Seule bonne nouvelle, c’est que le plan permettrait de réduire la dette du gouvernement de 356 milliards de dollars –  a peu près la moitié de la somme que les 0,1% d’Américains devraient recevoir en réductions d’impôts sur dix ans grâce à Trumpcare (600 milliards de dollars).

    * CBO Cost Estimate – American Health Care Act – 13 mars 2017

    (Sources: U.S. Census Bureau, Congressional Budget Office)

    Le CBO a également noté que la suppression pour un an des subventions fédérales de Planned Parenthood, le plus grand service de planning familial aux Etats-Unis, entraînerait des milliers de grossesses, surtout dans les foyers les plus défavorisés et les communautés qui n’ont aucune couverture maladie.
    Le gouvernement entend réduire les dépenses de Medicaid, le programme fédéral d’assurance santé destiné aux plus défavorisés, d’environ 178 millions de dollars en 2017 mais le coût des dizaines de milliers de naissances supplémentaires, couvertes par Medicaid, couteraient autant à l’Etat, qui devra également assurer la plupart des nouveaux nés.

    Les Conservateurs veulent supprimer les subventions de Planned Parenthood sous prétexte que l’organisation défend le droit à l’avortement et le finance – des services qui représentent seulement 2% du budget total de Planned Parenthood qui n’est pas financé par les subventions du gouvernement.

    * « CBO: Defunding Planned Parenthood would lead to Thousands more births » – Washington Post

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  • Partager votre désastreuse expérience avec Obamacare

    Le principal argument de vente de Trumpcare, pour la Maison Blanche et les Républicains, c’est que le plan est censé remplacer quelque chose d’encore pire, Obamacare – ce, malgré les revendications de centaines de milliers d’Américains, pour la plupart des électeurs de Trump, partout dans le pays, qui veulent garder leur assurance maladie.
    La stratégie de la Maison Blanche est un matraquage publicitaire qui vise à discréditer Obamacare, « un échec complet », « un désastre ».

     

    Hier Donald Trump a reçu dans le bureau ovale des « victimes » du programme d’assurance santé mis en place par son prédécesseur.
    La Maison Blanche est même allée jusqu’à envoyer un email à ses abonnés en leur proposant de partager l’expérience désastreuse: « Obamacare a gonflé les prix et réduit les options pour des millions d’Américains. Comment avez été touchés? »
    Aucune mention des vingt millions d’Américains qui ont réussi à décrocher une couverture maladie grâce à Obamacare.

    Trumpcare devrait passer par la Chambre des Représentants d’ici la fin de la semaine mais a peu de chances d’être validée par le Sénat si des changements drastiques ne sont pas opérés sur le plan.

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  • Arrêtez d’inviter Kellyanne Conway sur les plateaux!

    La « wackadoo » de la Maison Blanche, celle qui s’invite sur toutes les chaînes d’infos presque chaque semaine pour raconter n’importe quoi, créer le buzz, susciter l’indignation et moqueries des journalistes pour finir la journée à la tête des tendances de Twitter, est revenue à la charge hier.

     

    CNN

     

    Kellyanne est officiellement la conseillère de Donald Trump mais contrairement à Jared Kuchner ou Steve Bannon, ne participe ni aux meetings importants, encore mois aux prises de décisions, et n’a une connaissance que très limitée de ce qui se passe à la Maison Blanche.
    Dimanche et lundi matin, elle est passé sur ABC News, NBC News et CNN pour discuter des accusations très sérieuses lancées par Donald Trump contre Barack Obama.
    Ses réponses? vagues, absurdes (l’administration aurait pu utiliser des micro-ondes pour espionner Trump), hors sujet (elle répond souvent en bifurquant sur un autre sujet) avant de finalement reconnaître que « non elle n’a aucune preuve des allégations [du président].

    La semaine dernière, elle avait affirmé bec et ongles que les allégations selon lesquelles Trump avait été mis sur écoutes étaient basées sur des « renseignements » obtenus par la Maison Blanche.
    Lundi devant l’insistance de certains journalistes à lui faire son ignorance de la situation, Trump est partie la défendre

    Tweeter

    Ce genre de cirque médiatique hebdomadaire est difficile à comprendre, non pas de la part de Mme Conway qui fait son boulot mais des chaînes télé qui continuent à l’inviter sachant qu’elle n’apportera rien au débat. Ces émissions devraient prendre exemple sur Morning Joe diffusée le matin sur MSNBC qui décidé de ne plus la recevoir à cause de ses mensonges à répétition – quite à faire d’audience.

    * « Conway suggests Obama bugged Trump using microwaves. Things went downhill from there » – ThinkProgress

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  • Aucune preuve des écoutes du président

    Donald Trump et même Mme Conway sont des manipulateurs hors pair, et ont presque réussi hier à noyer l’information principale: Le président n’a apporté aucune preuve sur les accusations de mise sur écoute dont il aurait été victime de la part de l’administration Obama pendant la campagne présidentielle.
    Comme la plupart des médias l’avaient dénoncé très tôt, c’était une tentative désespérée de détourner leur attention des relations problématiques entretenus par ses proches avec des officiels russes.
    Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche a essayé hier en conférence de presse de convaincre les journalistes présents que le président avait voulu dénoncer la « surveillance généralisée » mise en place par l’ancienne administration pendant la campagne présidentielle sur certains de ses proches et en parlant de « l’écoute de ses conversations téléphoniques ».
    Risible.

     

     

    Hier, le Département de Justice, qui n’avait jamais condamné les propos de Donald Trump, malgré les demandes officielles du FBI, a demandé un délai supplémentaire pour apporter à la commission parlementaire en charge du renseignement les preuves de ces accusations, qui seraient tout droit sorties d’un article de Breitbart.
    Cette dernière lui a donné une semaine.
    Un porte parole du député républicain Devin Nunes, président de cette commission, a suggéré que l’administration pouvait être assignée à comparaître si ces questions n’étaient pas résolues.

    * « Justice Department asks for more time to collect evidence on wiretap claims » – CNN
    * « Spicer: Trump didn’t mean wiretapping when he tweeted about wiretapping » – CNN

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  • Scandale chez les Marines

    Samedi 4 mars, le site d’information militaire, The War Horse, a révélé l’existence d’une page privée Facebook « Marines United » utilisée par 30 000 abonnés pour partager des photos intimes de leurs collègues féminines – des clichés pris à leur insu, revenge porn – accompagnées de leurs noms, rangs et lieu de travail. Plusieurs centaines de ces Marines font aujourd’hui l’objet d’une enquête du Département de la Défense.
    Le partage de ces photos a commencé au début de l’année peu après le recrutement de femmes dans le Premier Régiment d’infanterie de Marines.

    Les représentants du Département de la Défense ont fermement condamné ces actions « qui entachent la réputation de l’ensemble des Marines ».

    Quelques uns des 55 Marines recensés par Thomas Brennan, le journaliste et ancien Marine qui a révélé l’affaire, ont été mis à pied mais par les 55 recensés. Ce dernier a depuis reçu des menaces de mort des membres du groupe Facebook selon le Washington Post.
    Le partage des photos a recommencé au mois de février sur une autre page Facebook, fermée à nouveau, puis sur une autre, alimentées par des Marines postés un peu partout dans le monde, qui n’éprouvent semble-t-il aucun regret, ni aucune crainte de sanctions/

    Malgré les appels à témoin de la direction du corps de Marines, soutenu par le Secrétaire de la Défense, Jim Mattis, seulement dix femmes auraient rapporté avoir été victimes de harcèlement sexuel.

    * « Hundred of Marines investigated for sharing photos of naked colleagues » – Reveal News
    * « How the Marine Corps’ widening nude photo scandal has spread throughout the military » – The Washington Post
    * « Harassed online, She remains Determined to Enlist in the Marines » – New York Times

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Les unes – Jeudi 9 mars 2017

 

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  • Les manifestations dans tout le pays pour la Journée Internationale des Droits de la Femme célébrée cette année à travers « A Day Without Women »

 

  • Le plus haut barrage des USA a failli s’effondrer
    Les intempéries qui ont touché le nord de la Californie cet hiver ont provoqué la cru du lac artificiel d’Oroville, retenu par le plus haut barrage des Etats-Unis et obligé le Department of Water Resources à évacuer des millions de mètres cube d’eau par le déversoir principal qui s’est fendu sous la pression hydraulique. L’eau a du être évacué en urgence par un déversoir de fortune sur le flanc d’une colline – jamais été utilisé auparavant. 
    L’érosion de cette colline aurait endommagé directement le barrage et a entraîné l’évacuation, par précaution, de 200 000 habitants situés le long de la Feather River, en aval.
    « What happened at Lake Oroville? »San Francisco Chronicle

 

 

  • Planned Parenthood californien en danger
    Les 115 centres de Planned Parenthood en Californie, la plus forte concentration du pays pour l’Etat le plus peuplé (38 millions d’habitants) reçoit la moitié des subventions du gouvernement fédérales annuelles de l’organisation, environ 250 millions de dollars.
    Si la majorité républicaine de la Chambre des Représentants réussit à passer le programme de remplacement d’Obamacare, « Trumpcare », les subventions de Planned Parenthood, qui correspondent au remboursement des soins offerts par Medicaid [le programme de santé fédéral qui vient en aide aux plus défavorisés] seront gelées pendant un an. Les centres de planning familial perdront 174 millions de dollars, dont 22,5 millions vont aux cliniques du nord de la Californie, et nombre d’entre eux devront fermer et la plupart des 1,5 millions de femmes qui visitent chaque année ces centres devront aller se faire soigner ailleurs.
    « Planned Parenthood fights GOP push to end federal funding »San Francisco Chronicle

    Source: planned Parenthood

     

 

  • Des électeurs afro-américains interdits de vote en Géorgie

    Des groupes de défense des droits civils ont annoncé un accord avec le county de Hancock sur des allégations selon lesquelles des agents municipaux avaient retiré des électeurs africain-américains des listes électorales à la veille d’une élection locale très serrée (…) La plainte a été déposée après que le conseil des élections et d’Inscription du comté, majoritairement blanc, ait tenu une douzaine d’audiences avant le scrutin pour retirer 174 des 988 électeurs enregistrés dans la ville de Sparte. La plupart était noirs…

    « Groups settle Ga. suit black voters wrongfully disqualified »Atlanta journal Constitution

 

  • Chicago …
    Un chef de gang accusé à tort de meurtre, libéré avec un pactole de 25 millions de dollars à la clé, aurait pu rentrer utiliser cette deuxième chance en or pour rentrer dans le droit chemin et mener une vie normale … Mais non.
    Thaddeus Jimenez a utilisé sa fortune pour reformer son gang en attirant de nouveaux membres avec milliers de dollars et voitures de luxe. Il a été arrêté à nouveau pour avoir tiré dans la jambe d’un ancien collègue, le tout filmé par un de ses acolytes.
    « Cleared gang boss faces prison again »Chicago Tribune

 

  • Les nouvelles running shoes de Nike avantagent-elles les coureurs?
    La dernière création de Nike dans la catégorie des running shoes, The Zoom Vaporflies Elite, a été portée par les trois médaillés du marathon olympique cet été à Rio et les vainqueurs des marathons de Berlin, Chicago et New York cet automne.
    Le design de ces chaussures ont produit des temps record et des résultats impressionnants dans les courses internationales. Mais elles ont également provoqué un débat sur l’avancée de la technologie et sur cette zone floue où l’innovation n’a aucune règle sur ce qui peut être considéré comme une amélioration injuste de la  performance.
    « Do Nike’s new Shoes give runners an unfair advantage in speed? » The Seattle Times 

Mardi 7 mars: « Viral Deception » x « Silent Coup »; Echapper à la bulle Facebook; Planned Parenthood résiste + Retour sur Andrew Breitbart

 

1. »Viral Deception »

Pour essayer de détourner l’attention des relations entretenues par certains membres de son cabinet avec des officiels russes, le président des Etats-Unis a utilisé la théorie conspirationniste d’un avocat, animateur radio et auteur conservateur Mark Levin, reprise dans Breitbart vendredi dernier, et accusé publiquement l’ancien président de l’avoir illégalement mis sur écoute pendant la campagne présidentielle – encore une fois sans aucune preuve à l’appui.
Sa « tweetstorm » de samedi matin a eu l’effet escompté: Tous les médias des Etats-Unis et du monde entier ont repris les accusations sans fondement de Donald Trump – la plupart pour les critiquer – mais pendant un weekend, l’attention s’est effectivement détournée des problèmes de la nouvelle administration.
Comme le résume le général Michael Hayden, ancien chef de la CIA, hier dans l’émission politique Morning Joe:

« Donald Trump essaye de couper court à un cycle d’informations embarrassant pour son administration – ses liens avec la Russie – en remettant en question sa réputation, la réputation de son prédécesseur et en mettant en danger la nation. »

 

Le chef du FBI, James Comey a officiellement demandé au Département de Justice, sous lequel il officie, de dénoncer les accusations du président contre son prédécesseur – en vain.
Ni Donald Trump, ni le Département  de Justice sont aujourd’hui prêts à revenir sur les propos de ce weekend qui discréditent l’intégrité du Federal Bureau of Investigation.

Dans les semaines à venir, les agences de renseignements devraient tout faire pour défendre leur institution et contredire les propos du président – sans doute à travers la diffusion de nouvelles fuites et scandales.

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2. Brian Stelter vs Mark Levin

Mark Levin, l’animateur radio conservateur, dont l’opinion a été relayée dans un article de Breitbart provoquant la colère du président vendredi, est un fervent supporter du « Silent Coup » – cette théorie conspirationniste qui a fait l’objet d’un livre éponyme « Silent Coup: The Removal of a President » écrit par Len Colodny et Reobert Gettlin en 1992 qui affirme que le scandale du Watergate en 1972 aurait été organisé par un conseiller de Nixon avec l’aide du « parti de la sécurité nationale » opposé à sa politique étrangère.
Mark Levin a utilisé la théorie du « Silent Coup » pour dénoncer les exactions d’Obama, en 2015, en l’accusant d’avoir imposé la loi martiale dans le pays à travers l’immigration, les sois de santé et le maintien de l’ordre.

Rebelote jeudi dernier quand il a accusé le Département de Justice de Barack Obama d’avoir mené illégalement des écoutes sur les proches de Trump lorsqu’il enquêtait sur l’ingérence russe dans les élections.

Breitbart a ensuite grossit les accusations de Mark Levin en parlant de la « police d’Etat » de l’ancien président et en appelant à la mise en place d’une enquête parlementaire.

Ce dernier a publié une tribune hier dans Breitbart en expliquant qu’il n’avait affirmé que Obama était à l’origine des écoutes du président « mais ça ne veut pas dire qu’il n’était pas au courant des activités de surveillance de ses départements », notamment le Département de Justice et le FBI qui sont présents lors de ses briefings quotidiens.

* « Mark Levin: Open Letter to CNN’s Brian Stelter »Breitbart
* « Mark Levin has warned beofre of Obama’s Silent Coup » Washington Post

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3. « Comment échapper à la bulle Facebook »

C’est un thème récurrent depuis les élections présidentielles américaines, et la victoire surprise de Donald Trump: La tendance des médias sociaux à nourrir les internautes d’informations et posts qui renforcent leurs croyances, leur style de vie en évitant soigneusement tout ce qui contrarier leur façon de voir le monde – et dont l’une des conséquences à été d’entretenir les fantasmes politiques de 65 millions d’Américains qui s’attendaient à une première femme présidente des Etats-Unis.
Des outils numériques ont été pensés ces derniers mois pour aider les internautes à rester ouvert d’esprit et à sortir de leur « bulle partisane » (« filter bubble »)?
La dernière invention vient de Google, c’est une extension du serveur internet Chrome appelé PolitEcho qui effectue un diagnostic de votre « partisan » de votre profil et celui de vos amis par rapport a ce qu’ils aiment (New York Times tendance libérale et Breitbart sera plutôt conservateur)

Les tendances politiques de mes amis sur Facebook
Ma bulle politique est complètement bleu – ce qui n’est pas un bon exemple

PBS offre un quiz « Do you live in a bubble? » préparé par le libertarien Charles Murray qui vous dira si vous êtes « complètement déconnecté de l’Américain blanc moyen et la culture américaine en général ».
Il existe également FlipFeed sur Twitter, l’application « Read Accross the Aisle » sur Iphone, Buzzfeed a récemment poussé ses lecteurs à regarder ce qu’il se passait ailleurs grâce à « Outside your Bubble« .

Une newsletter « Right Richter » consacrée aux « perspectives de droite » destiné à un public plutôt de gauche et Slate offre une quotidienne, « Today on Conservative Media » 

* « How to escape your political bubble for a clearer view » New York Times

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4. Khirz Khan assigné à résidence

Khirz Khan, le père du soldat mort en Irak, qui avait critiqué Donald Trump lors de la convention nationale démocrate, n’a pas été autorisé à voyager au Canada cette semaine parce que l’immigration était en train de « revoir » les « privilèges » de son statut.
Mr Khan est citoyen américain depuis trente ans, son fils, Humayun, un capitaine de l’armée américaine, musulman, né aux Etats-Unis, est décédé en 2004 en Irak et récompensé comme le veut la tradition par la Bronze Star et le Purple Heart.

*« Khirz Khan claims travel privileges under review »Politico

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5. Tous les décrets présidentiels signés par le président

Depuis son investiture, Donald Trump a essayé de tenir ses promesses de campagne en signant 16 décrets présidentiels:
Trois sur l’immigration dont la Travel Ban #1 (suspendue) et la « Travel Ban Lite » (#2) signé hier et une sur « la sécurité aux frontières » (la fameuse construction du mur). Une sur l’assurance maladie (contre Obamacare signée le jour de l’investiture), deux contre l’environnement, et le reste concerne essentiellement la sécurité et des régulations financières.

Sources: Federal Register – White House

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6. Planned parenthood persiste et signe

Planned Parenthood, le planning familial américain qui offre chaque année à des millions de femmes un accès aux soins de la santé, à la contraception, à la prévention contre le cancer et contre les maladies sexuellement transmissibles, reçoit chaque année 500 millions de dollars du gouvernement fédéral. 
C’est aussi l’une des cibles traditionnelles des Républicains qui l’accusent de promouvoir et de financer l’avortement: Planned Parenthood est effectivement « pro choice » mais affirme qu’aucune des subventions reçues par l’Etat fédéral n’est utilisé pour financer les interruptions volontaires de grossesse – des dons privés financeraient, selon la direction, ces opérations qui représentent seulement 2% de ses activités.
Il n’empêche: la Maison Blanche a proposé à l’organisation de continuer de les financer si elle arrêtait définitivement d’offrir l’avortement parmi ses services.
Ce que Planned Parenthood a refusé expliquant:

« Soyons clair: les subventions fédérales ne financent pas les avortements. Offrir de l’argent à Planned Parenthood pour abandonner nos patientes et nos valeurs est un contrat que nous n’accepterons jamais. Fournir des soins médicaux nécessaires à des millions d’Américaines n’est pas négociable.

C’est un sujet sensible pour la base conservatrice du président, clairement opposée à l’avortement, et généralement défavorables à la subvention d’une organisation comme celle-ci qui s’oppose à la vision plus progressive d’Ivanka Trump, qui a fait de la défense des femmes, son cheval de bataille.

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7. En souvenir de Andrew Breitbart

Peu d’Américains le savent mais le site alt-right Breitbart a été fondé par Andrew Breitbart, un journaliste, éditeur, présentateur télé et radio, provocateur et conservateur, décédé brutalement d’une crise cardiaque il y a cinq ans, à l’âge de 43 ans. Fervent admirateur du Drudge Report – l’un des premiers sites conservateurs créé en 1995 – il a aidé à la création du Huffington Post quand Ariana Huffington était encore à droite, avant de lancer le site d’infos Breitbart News en 2007.
Larry Solov, l’un de ses business partners se souvient:

Une nuit à Jerusalem, nous allions dîner quand Andrew s’est tourné vers moi et m’a demandé si je voulais quitter le cabinet d’avocats de 800 personnes dans lequel je travaillais pour devenir son business partner. Il a dit qu’il avait besoin de moi pour créer une groupe de presse. Il avait besoin de moi pour changer le monde

Selon le journaliste de Fox News, Greg Gutfeld, « Andrew était le coeur et l’âme du Tea Party (…) C’était un homme qui pouvait rassembler des milliers de personnes et introduire l’Américain moyen à une nouvelle forme d’activisme politique ».
L’un des faits d’armes d’Andrew Breitbart est d’avoir révélé en 2011 le premier des trois scandales de sextos impliquant Anthony Weiner – ce parlementaire démocrate de New York, partenaire de Uma Abedin, conseillère de Hillary Clinton – et d’avoir crashé l’une de ses conférences de presse.

* « Breitbart News Network: Born in the USA, conceived in Israel »Breitbart
* « Greg Gutfeld: Remembering Andrew Breitbart » Fox News

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8. Couverture du jour

The New Yorker – « Opening Night » de Carter Goodrich 

« J’ai dessiné cela après être rentrée d’une galerie » explique l’artiste, qui a voulu dépeindre une scène « curieuse et familière » pour tous ceux qui vont à Chelsea le jeudi soir: les invités qui sont davantage intéressés par les uns et autres que par l’art. Une comédie qui se répète, encore et toujours ».

La Marche de Washington: Get on that Bus!

Tout ce qu’il faut savoir sur la Marche des Femmes sur Washington, attendue comme l’un des plus grands rassemblements de l’histoire du pays.

 

L’investiture du président? Jamais entendu parler …
En revanche, Le Kiosque sera samedi à Washington où sont attendus des centaines de milliers de femmes et d’hommes qui serviront de comité d’accueil pacifique mais bien déterminé au président des Etats-Unis et sa nouvelle administration.  

Le 21 janvier sera l’occasion de montrer à la nouvelle majorité que les 65 millions d’électeurs qui n’ont pas choisi leur président et tous ceux dont les droits pourraient être remis en question ces quatre prochaines années (et pas huit comme Trump se targue déjà) ne resteront pas silencieux mais vigilants et prêts à défendre leurs acquis. 

250 000 manifestant(e)s sont attendu(e)s.

La manifestation commencera à 10 heures du matin par un rassemblement à côté du Capitol et la marche commencera à treize heures jusqu’à cinq heures du soir, à la tombée de la nuit.
Le programme est ici.

L’organisation a son propre site, une application, des tips pour se rendre à Washington (un car part même d’Alaska!), pour acheter les metrocards en avance et éviter les longues files dans le métro. Elle vend aussi des T-shirts (« all made and printed in USA ») qui ne seront pas disponibles avant la marche mais dont les ventes seront reversées à l’association « Women’s March on Washington » .

 

http://www.nipnlg.org

Le site womenmarch.com offre également des conseils aux immigrés qui sont attendus en nombre, en cas d’arrestation et de détention; une carte « Know your Rights! » peut être imprimée et donnée aux autorités en cas de problème.

Tout a été prévu, même une carte des toilettes publiques accessibles autour de la marche.

Des dizaines de sites offrent toutes sortes de conseils pour rester confortable et au chaud toute la journée de samedi: chaussettes chaudes, collants, gants, bonnets, doudoune, le chargeur portatif pour recharger les portables « on the spot », baume à lèvres et même les culottes « period-proof » Thinx, qui ont envahi les panneaux publicitaires des stations de métro new yorkaises…
Le temps devrait être nuageux mais pas froid (températures entre 9 et 13 degrés)

Pour le moment, d’après le site officiel, les Etats qui n’offrent aucun bus pour se rendre à D.C. ont leurs manifestations locales, des « sisters marches »: Hawaï (à O’ahu), le Dakota du Nord (Bismarck)  et du Sud (Sioux Falls), le Montana (à Helena), Idaho (Boise), Nevada, Utah, Arizona – qui organisent des marches locales.

Ca pourrait être l’une des plus grandes manifestations de l’histoire du pays, et on est très impatient d’y aller! Il y aurait 616 manifestations de ralliement à celles de Washington, dans le reste du pays (celles de New York et de Los Angeles devraient attirer pas mal de monde) et partout dans le monde (Canada, France, Allemagne).

Les slogans qu’on devrait entendre: « Women’s Rights = Human Rights », « Love Trumps Hate » (le fameux de Hillary Clinton) et une spéciale dédicace à Donald Trump, « Nasty Women & Bad Hombres » propos qu’il a réellement prononcé lors d’un des débats présidentiels.

Les autres conseils qu’on a pu trouver sur les différents sites:

  • Une bonne playlist avec des chansons thématiques du style, « Respect », « You don’t own Me », « Rebel Girl », le répertoire de Beyoncé,
  • Les habitants de Washington sont appelés à commander des pizzas et les faire livrer le jour J aux manifestants.

 

Le mouvement Women’s March est une plate forme progressive avec un agenda précis qu’il défendra après le 21 janvier: « Les organisateurs proposent une « vision radicale et progressive de la justice aux Etats-Unis qui se place dans le contexte d’anciens et de mouvements actuels pour l’égalité » explique Christina Cauterucci dans Slate.
Quant aux féministes anti-avortement qui ont voté Trump et désirent participer à la manifestation, elles sont aussi les bienvenues dans la manifestation, mais on leur a refusé d’être partenaires – le plus important sponsor de la manifestation est Planned Parenthood!

 

 

 

 

 

Le kiosque du vendredi 6 janvier 2017

Le mois de la Trumprésistance à New York

New York est entré dans une ère de Trumprésistance ce mois-ci avec l’organisation de dizaines d’évènements de protestations contre le président-élu et de soutien aux organisations dans la ligne de mire des Républicains: des spectacles au profit de Planned Parenthood dont une soirée « Nasty Women Bad Hombres« , des manifestations le jour de l’investiture de Trump, dont la Women’s March on NYC, et avant, des expositions, des cercles de poésie, et autres charités pour soutenir les communautés immigrées.
La liste complète est disponible sur le Gothamist.

Parmi les manifestations anti-Trump, la plus importante, la « Women’s March on Washington », aura lieu le lendemain de l’investiture du président-élu, le samedi 21 janvier, autour du Lincoln Memorial de Washington D.C.
Une initiative née d’un post Facebook mis en ligne le lendemain de la victoire du candidat républicain et qui devrait 150 000 femmes après avoir reçu les permis nécessaires pour pouvoir se rassembler dans la capitale.

La quotidien local et gratuit du Washington Post, Express, a consacré son édition d’hier aux origines du mouvement de cette fameuse « Women’s March on Washington » et illustré en une, des manifestants qui forment le symbole … masculin.
Ils se sont rendus compte de leur erreur le matin-même, se sont immédiatement excusés sur Twitter, avant de corriger leur erreur et d’imprimer les bonnes copies.

Express – Edition du 5 janvier 2017

Les lecteurs se sont moqués de cette erreur aussi grosse mais ont appelé la direction du journal à être clément avec les responsables.

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Planned Parenthood en danger

La mise à mort d’Obamacare va impliquer des coupes budgétaires immenses de la part de l’Etat Fédéral envers de nombreuses associations et organisations de la santé, notamment Planned Parenthood, le planning familial américain, a annoncé hier le porte parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, depuis le Capitol Hill.
L’organisation reçoit chaque année deux cent millions de dollars d’aides fédérales utilisées dans des centres qui offrent aux plus démunies des tests dépistages de maladies sexuellement transmissibles, de cancer de l’uterus, et examens gynécologiques, tous gratuits.

Paul Ryan était incapable d’expliquer hier ce qui remplacerait Obamacare parce « qu’ils attendent que l’administration Trump soit mise en place, que Tom Price soit confirmé et devienne le Secrétaire d’Etat à la Santé » et il n’en sait pas davantage le temps que prendront la mise en place et l’adaptation des marchés de l’assurance maladie aux nouvelles mesures. Donc vingt-deux millions d’Américains sont condamnés à perdre leur assurance santé, sans savoir quand ils pourront en souscrire une autre et surtout s’ils auront les moyens de le faire.
La seule certitude aujourd’hui, c’est la course effrénée des Républicains pour se débarrasser de la réforme de la santé d’Obama, quelles qu’en soient les conséquences.

 

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Vanity Fair continue la provoc avec Trump

Ce n’est pas la photo torse nu de Chris Pratt qui a retenu l’attention des lecteurs de Vanity Fair dans leur dernier numéro de février sorti cette semaine mais le tweet incendiaire de Trump à l’encontre du magazine qui a été mis en couverture, à côté des aisselles de l’acteur. Trump avait critiqué le magazine après qu’il ait publié une critique gastronomique catastrophique sur le restaurant Trump Grill de la Trump Tower de New York, « peut-être l’un des pires restaurants des Etats-Unis ».

Est-ce que quelqu’un s’est intéressé aux très mauvais résultats du magazine Vanity Fair. En chute libre, des gros problèmes, mort! Graydon Carter [le rédacteur en chef] aucun talent, il va se faire viré!

Ce n’est pas la première fois que Vanity Fair honore les tweets de Trump. En mai 2016, ils avaient déjà publié l’une de ses attaques, cette fois-ci au creux de l’aisselle d’Amy Schumer:

Le magazine Vanity Fair ne va pas du tout bien. C’est devenu de pire en pire au fil des ans et il a perdu presque toute son [sic] ancienne allure

 

La querelle entre le milliardaire new yorkais et le rédacteur en chef, Graydon Carter remonte selon Eater aux années 80 lorsque ce dernier a commencé à surnommer Trump, un « rustre aux petits doigts » dans les pages du magazine satirique Spy puis à Vanity Fair où il est entré en 1992 – Trump n’a jamais fait la couverture du célèbre magazine.
La relation se serait envenimée après les critiques de Trump sur les « bad food restaurants » dont a été propriétaire Carter, le Waverly Inn, le Monkey Bar et le Beatrice, des restaurants speakeasy du tout-Manhattan.

Les assauts de Trump ont été provoqué par une série de moqueries publiées dans Vanity Fair en 2013 sur les cheveux de l’homme d’affaires, l’un de ses points sensibles.

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Donald Trump trash son propre show

Les tweets de Donald Trump sont comme un livre ouvert, ils mettent à nu le président-élu des Etats-Unis d’Amérique, et montrent combien il est préoccupé par sa célébrité et par ce que les gens influents pensent de lui.
Il peut être également être vicieux s’il se sent trahi, comme il l’a fait ce matin avec Arnold Schwarzenegger, le nouveau présentateur de The Celebrity Apprentice, l’émission dont Donal Trump est toujours le producteur et qui l’a propulsé au rang de star au cours des quatorze saisons qu’il a animé sur NBC.
Les critiques n’ont pas aimé la prestation de Schwarzie, et Donald Trump a bien entendu réagit en essayant de défendre la prestation de l’ancien acteur comparée à la sienne, « une machine à audience » avant de le laisser tomber parce qu’il a voté pour Hillary et Kasich.
Belle leçon de courage.

Le Kiosque du 30 décembre 2016

Une sélection de ce qui s’est passé depuis notre dernière revue de presse, la semaine dernière.

 

Alliance des extrêmes contre le « Trumpism »

Samantha Bee, la comédienne qui présente une émission hebdomadaire satirique sur PBS a reçu la semaine dernière Glenn Beck, ancien chouchou du Tea Party, l’un des présentateurs télé ultra-conservateurs les plus virulents et polémiques de l’ère Obama.
Pourtant, depuis le début de l’année, cet ancien de Fox News, désormais à la tête de son propre réseau d’information, The Blaze, a adopté un ton bien plus modéré. Surtout, il a été l’un des rares conservateurs à oser critiquer Donald Trump allant même jusqu’à souhaiter l’élection de sa rivale, Hillary Clinton, provoquant la fureur et les critiques de ses confrères.
Il s’est aussi excusé d’avoir insulté Barack Obama et les Démocrates et a même publié une tribune dans le New York Times pour défendre Black Lives Matter mais paye le prix fort pour cette rédemption: Non seulement il est haï par ses anciens confrères, il risque de perdre l’empire que son zèle ultra-conservateur avait aidé à construire.

Lors de sa rencontre avec Samantha Bee, ce dernier a réitéré la nécessité de rester uni pour efficace contre Donald Trump et insisté sur les dangers d’une trop grande polarisation de la population et des médias autour de Trump – y compris les propos de Full Frontal à ce sujet:

Je ne pense pas que tu aies l’intention de faire du mal. J’ai déjà causé du mal et je n’ai aucune intention de recommencer. Je sais ce que j’ai fait. J’ai aidé à diviser la population. Et s’il te plaît, ne fais pas les mêmes erreurs que j’ai faites.

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Quel avenir pour « Pantsuit Nation »?

Le mouvement pro-Hillary créé par Libby Chamberlain sur Facebook au mois d’octobre a rassemblé plus de quatre millions d’abonnés qui ont pu partager pendant des semaines et en « privé » leur enthousiasme et leurs espoirs en attendant la victoire de leur candidate et jusqu’à son improbable défaite.
En l’espace d’une journée, la page est devenue le refuge de tous les déceptions, les craintes et les peurs de cette « nation de tailleur pantalons » avant de se transformer en plate forme de protestation et de solidarité.

Mais l’avenir de cette communauté est remis en cause depuis que sa fondatrice a annoncé sur le réseau social qu’elle publierait en mai 2017 une sélection des meilleurs commentaires:

Comme je l’ai répété à plusieurs reprises, je crois que « Pantsuit Nation » est devenu plus important le matin du 9 novembre qu’il ne l’était le matin du 8 novembre. Notre prochaine mission vise à changer le cours de l’histoire. Nous le ferons à travers vos histoires.

Un choix peu apprécié par les centaines de milliers de membres du groupe qui n’avaient pas prévu que leur commentaires soient publiés, sans leur consentement, pour un projet auquel elles n’ont jamais adhéré – d’autant que le groupe Facebook était privé et accessible uniquement sur invitation. Chamberlain a depuis promis qu’elle demanderait à chacun des commentaires sélectionnés, l’accord de leur auteure.

 

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Milo Yiannopoulos sort un bouquin

The Hollywood Reporter a annoncé cet après midi que le « hater » en chef, et accessoirement, l’un des rédacteurs du site alt-right Breibart, avait signé un contrat avec la maison d’éditions Simon & Schuster pour la sortie en 2017 d’un ouvrage autobiographique intitulé « Dangerous » pour lequel il aurait reçu une avance de 250 000 dollars.

L’annonce a propulsé le journaliste britannique en tête des tendances sur Twitter cet hier après midi, alors même qu’il a été interdit à vie de s’y exprimer cet été à la suite d’une campagne raciste et misogyne lancé à l’encontre de l’actrice afro-américaine Leslie Jones.
Milo a expliqué à l’hebdo cinéma qu’il « pouvait dominer Twitter sans même y avoir un compte » et que plutôt que de saper sa carrière, la mesure drastique prise par Jack Dorsey lui a donné d’autant plus d’exposition médiatique:

« Est-ce Madonna a souffert d’être bannie de MTV dans les années 90?
Est-ce que toute la presse négative autour de Trump l’a empêchée d’être élu? (…)
Tous les angles d’attaques que les forces du « politiquement correct » ont initié contre moi ont lamentablement échoué. Je suis plus puissant, plus influent, et plus fabuleux que jamais et ce livre est le moment pour Milo de devenir mainstream.
Les guerriers de la justice sociale devraient avoir peur, très peur »

Le livre est déjà disponible en pré-vente sur Amazon, sans savoir quel sera son contenu.

Le Chicago Review of Book a annoncé dans la foulée qu’il ne publierait aucune critique des ouvrages de la maison d’édition en 2017, « en réponse à cette validation de haine » – une position immédiatement dénoncée par Breitbart comme « une guerre des discours ».

 

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The Intercept accuse le Guardian et le Washington Post de propager des fake news

Ces derniers jours, dans un article publié sur son site, The Intercept et une interview dans l’émission du très conservateur Tucker Carlson sur Fox News, le journaliste-militant, Glenn Greenwald a affirmé que le Washington Post et le Guardian propageaient des fake news. Une accusation lourde pour un personnage respecté dans le monde des médias malgré ses positions anti-gouvernementales et pro-lanceurs d’alerte.

La semaine dernière, Glenn Greenwald s’est attaqué au Washington Post sur Fox News. Le quotidien a révélé début décembre que le FBI et la CIA avaient conclu que les piratages russes du Comité National Démocrate et de John Podesta – et leur diffusion par Wikileaks – visaient non seulement à déstabiliser la campagne présidentielle mais l’influencer en faveur de Trump.

Greenwald a affirmé qu’il fallait prendre ces accusations avec beaucoup de précautions étant donné le manque de preuve – si elles existent, elles n’ont pas été rendues publiques par les agences de renseignement par « peur d’exposer leurs sources et leurs méthodes ». Dès lors, accuser la Russie n’est qu’un stratège politique des démocrates pour discréditer le prochain président – des propos que Tucker Carlson a accepté avec un grand sourire.

Dans article publié hier matin, il a accusé The Guardian d’avoir menti sur des propos qu’aurait tenu Julian Assange et a souligné comment « ces fausses déclarations – des fabrications – se sont propagées un peu partout sur internet par des journalistes, qui ont poussé des centaines de milliers de gens (voire des millions) à consommer de l’intox »

Capture d’écran de l’article de Julian Assange dans le Guardian, le 24 décembre 2016

. Une dénonciation qui visa à « souligner, une fois de plus, que ceux qui dénoncent avec véhémence les fausses informations, et veulent que Facebook et d’autres géants de la technologie suppriment du contenu pour mieux les combattre, sont souvent les auteurs les plus agressifs et intéressés ».

L’article du Guardian reprend l’interview qu’a eu une journaliste italienne de La Reppublia avec Assange. Ce dernier y affirme que « l’élection de Clinton aurait été une consolidation du pouvoir en place pour la classe existante aux Etats-Unis » tandis que la « nouvelle structure » plus « fragile » qui déstabilise les réseaux de pouvoir existants, est :susceptible d’apporter de nouvelles opportunités de changement aux Etats-Unis », pour le meilleur ou pour le pire. 

Ce que le journaliste du Guardian a interprété comme une éloge d’Assange et une attaque contre Clinton.

Une fraude journalistique pour Glenn Greenwald, reprise par le site pro-russe RT et Breitbart, le site alt-right dont il a par ailleurs salué « l’intégrité » car il a « donné la voix aux gens qui en sont normalement démunis » et qui a eu « plus de succès que les médias libéraux à trouver de nouveaux moyens de défier l’establishment ».

 

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Comment aider Planned Parenthood avec humour?

En achetant ce tote disponible sur le site Power and Light Press pour la modique somme de quinze dollars et dont les recettes seront reversées à Planned Parenthood, directement menacé par la prochaine administration Trump.
Le sac en toile a le mérite de rappeler les différents services gratuites offerts par l’association un peu partout à travers le pays, avec les hashtags #standwithplannedparenthood et #wewontgoback:

« mammograme, frottis, examen gynécologique, test et traitement de maladies sexuellement transmissibles. Information et conseil sur la santé sexuelle et reproductive, test de dépistage du cancer, test de grossesse. Services prénatales, et accès abordable aux moyens de contraception. »

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Mort du père de la « Red Solo Cup »

Solocup.com

La « red Solo Cup » est aux Américains ce que le ballon (de rouge) est aux Français, un large gobelet en plastique qui a accompagné les fêtes arrosés de millions d’adolescents et d’étudiants.

Le créateur de ce verre jetable, Robert Leo Hulseman, est mort la semaine dernière à 84 ans, près de quarante ans après la mise sur le marché de ce qui deviendra le produit phare de The Solo Cup Company, une entreprise familiale créée par son père en 1936.

Son succès? Il est large, résistant (en polystyrène) et pas cher – disponible dans tous les délis et « 99 cents » store des Etats-Unis, et « bien sûr, sa couleur rouge, qui cache ce que l’on boit vraiment » – Boire dans la rue, parcs et plages est interdit aux Etats-Unis.
La compagnie est spécialisé dans tous les containers à emporter (plastique et papier) mais la red cup reste le best-seller incontesté et a même fait l’objet d’une chanson.

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Le kiosque du mardi 15 novembre 2016

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Voilà une semaine que la première démocratie mondiale a décidé de confier son avenir à businessman milliardaire, star de télé-réalité, inexpérimenté en politique pour succéder à ce que beaucoup de commentateurs – libéraux – retiendront comme l’un des présidents les plus prolifiques et appréciés que le pays ait connu.

Après l’incompréhension, l’effroi, la tristesse, retour à la réalité avec une transition politique qui s’accompagne de différentes protestations devant la formation d’une administration poussiéreuse (Giuliani, Newt Gingrinch) et d’un cabinet déjà très critiqué.

Le problème Steve Bannon

Le problème le plus inquiétant de cette nouvelle administration est la nomination de Steve Bannon, un raciste notoire anti-immigrés et misogyne assumé à l’un des postes les plus importants de la Maison Blanche, le Chief Strategist du président.
Le Wall Street Journal a finalement adressé la légitimité d’un supporter du mouvement alt-right mouvement au sein d’une nouvelle administration qui s’est donnée pour but d’unifier l’ensemble du pays.
Le quotidien a mentionné les headlines les plus controversées publiées sur le site Breitbart News, dont Steve Bannon était l’ancien rédacteur en chef avant d’être nommé directeur de la campagne de Trump et les critiques qu’il suscite dans la majorité alors que d’autres Républicains, dont le nouveau chef de cabinet de Trump, Reince Priebus, Kellyanne Conway et Mike Huckabee ont vigoureusement défendu le choix du nouveau président.

 

Des tensions un peu partout dans le pays

Ce weekend, un supporter a frappé une cliente dans un restaurant français de Brooklyn, Bar Tabac, parce qu’elle soutenait Hillary Clinton. Le Maire de Blasio est intervenu en personne sur l’incident via Twitter en appelant toute personne victime de violences à contacter le NYPD

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Pamela Ramsay Taylor, représentante de Clay, une petite ville à côté de Charleston, en Caroline du Sud, a commenté la transition entre Michelle Obama et Melania Trump comme « rafraichissante d’avoir une First Lady 571113-1479149918-wideclassique, élégante, et digne de retour à la Maison Blanche. Je suis fatiguée de voir un singe sur talons ».
Ce sur quoi la maire a commenté « Vous remplissez ma journée Pam! ».
Les commentaires ont été ensuite été effacés, les comptes Facebook annulés et une pétition a été lancée pour la démission de ces deux femmes à la tête d’offices publics qui a récolté jusqu’ici 99 171 signatures sur les 100 000 nécessaires.
Selon le Washington Post, les deux femmes se seraient excusées pour leur commentaires « qui n’avaient pas l’intention d’être racistes » explique Mme Taylor qui se plaint aujourd’hui d’être accusée de crime raciste et d’avoir reçu des menaces de mort – elle a été démis de ses fonctions.

Des manifestations ont eu lieu en Californie hier, des étudiants ont défilé pacifiquement dans les rues de Los Angeles, dans la Bay Area, à San Francisco et Oakland et à Portland dans l’Oregon contre le nouveau président

L’aide aux associations

La résistance s’organise un peu partout dans le pays, notamment à travers le soutien financier d’associations et organismes indépendants prêts à dénoncer et lutter contre l’agenda défendu par Trump pendant sa campagne contre les immigrés, le droit à l’avortement, etc…
John Oliver a fait un appel spécial aux dons lors de son dernier show dimanche soir

Parmi elles, ACLU (American Civil Liberties Union) qui s’est directement adressée à Donald Trump au lendemain des élections pour lui signifier qu’elle « restera vigilante chaque jour de [sa] présidence ».
L’organisation a depuis reçu 120 000 donations pour un total de 7.2 millions de dollars, « la plus grande levée de fonds depuis sa création il y a cent ans » en plus de l’aide de « dizaines de milliers de personnes [qui] se sont portées volontaires pour offrir leur temps et leurs services ».

sPlanned Parenthood, sorte de planning familial français a lui reçu 80 000 donations la semaine dernière de particuliers, d’associations et d’initiatives plus originales comme ce magazine de chaussures de Williamsburg, qui reverse 10% de ses profits à l’association.
Un communiqué a également été diffusé le 9 novembre dernier sur son site internet dans lequel PP met les choses au clair: « Nous ne retournerons jamais en arrière et nous n’arrêterons jamais de nous battre pour s’assurer que [nos] patients ont accès aux soins nécessaires, et apporter notre soutien aux gens de toutes les communautés qui en ont besoin – immigrés, gens de couleurs, la communauté LGBT, les gens de foi, et d’autres ».

Le boycott de tous les produits Trump

A la suite de la diffusion de la fameuse video « de discussion de vestiaire », New York magazine rapporte que Shannon Coulter, une spécialiste en médias et marketing a créé un nouvel hashtag #GrabYourWallet (prend ton porte-monnaie) « pour encourager les consommateurs à boycotter la marque de vêtements et de bijoux de Ivanka Trump ».
Une liste a été mise à disposition des consommateurs où sont recensés tous les revendeurs (Century 21, Macy’s, Nordstrom, Bloomingdale’s, …) de toutes les marques associées à la famille Trump et celles qui ont officiellement soutenu le nouveau président durant la campagne.

Google et Facebook réagissent aux critiques

Après avoir nié l’évidence dénoncée depuis des semaines par certains quotidiens et watchdogs de la prolifération de faux sites d’informations dans le seul but de pouvoir influencer le résultat des élections, dont on ne peut aujourd’hui mesurer clairement l’influence, mais qui a certainement joué un rôle dans la victoire de Trump, les géants d’internet et des réseaux sociaux commencent à réagir.
Selon Reuters, Google et Facebook ont annoncé hier des mesures visant à limiter la propagation de fausses informations sur internet en interdisant aux sites « louches » de faire leur pub sur leurs réseaux.