05 Sept. 2017

 

1. Les « Dreamers » en sursis

  • Ce matin, Jeff Sessions, ministre de la justice, a annoncé l’une des dernières mesures phares de sa politique anti-immigration: la fin du programme DACA Deferred Action for Childhood Arrivals – mis en place par Barack Obama en 2012 qui offrait aux enfants entrés illégalement sur le territoire américain, la possibilité d’y étudier et d’y travailler légalement.
    Une décision évidemment controversée qui pourrait forcer 800 000 jeunes « DREAMers » à quitter un pays dans lequel ils ont grandi, étudié, travaillé et dans certains cas fondé une famille mais qui ne « sera pas appliquée avant six mois » pour laisser le temps au Congrès d’apporter sa propre législation« Faites votre travail » a lancé ce matin le président, en affirmant vouloir « mettre l’intérêt des citoyens américains avant tout ».

 

  • Trump essaye une fois de plus de courtiser sa base électorale – « les oubliés qui ne le sont plus » – à défaut de pouvoir lui offrir un mur.
    Pour Ben Smith de Buzzfeed, Trump « isolé, affaibli et incapable d’utiliser les leviers habituels du pouvoir présidentiel a adopté la pire stratégie pour quelqu’un qui essaye d’exercer le métier le plus important au monde: Tirer sur les otages ». Il ne s’agit pas d’une « stratégie » mais d’un « geste de panique ». 
  • La décision devrait provoquer l’opposition ferme des Démocrates et de la plupart des leaders républicains, les plaintes des associations de défense des libertés et les décisions des juges des cours fédérales et une immense panique et un sentiment d’injustice profond chez les DREAMers.

 

  • Comme l’a avancé Mark Zuckerberg dans un post sur Facebook quelques minutes après la déclaration de Sessions, la seule solution est une proposition conjointe des Démocrates et Républicains modérés, susceptible de provoquer une véritable guerre civile au sein du GOP.

 


2. Le « briseur de rêves »

 

 

  • Alors que son concurrent, le New York Post a choisi d’attaquer sa cible favorite, le maire de New York, Bill de Blasio, le NY Daily News critique en une la décision de Trump de briser le rêve de centaines de milliers de jeunes immigrés.

 

  • Autre annonce: le rachat du tabloid new yorkais par Tronc, qui est aussi propriétaire du Los Angeles Times et du Chicago Tribune pour un dollar symbolique et trente millions de dollars de dettes.

 

 


3. Houston: les travaux de nettoyage et de reconstruction compromis

 

  • Houston a l’argent mais n’a pas la main d’oeuvre suffisante pour l’immense effort nécessaire au nettoyage, à la réparation et la reconstruction de près de deux cent mille maisons pour une raison simple: Entre un quart et la moitié des ouvriers en bâtiment de la région sont en situation irrégulière et les cibles de la politique anti-immigration de Trump, et de l’un de ses fidèles supporter, le gouverneur du Texas, Greg Abbott qui a d’ailleurs été l’un des fers-de-lance de l’annulation du programme des DREAMers.

 

  • Il y a douze ans, explique le Washington Post après l’ouragan Katrina, George W Bush avait cédé à la pression les entreprises du Bâtiment et Travaux Publics et facilité l’emploi de travailleurs en situation irrégulière qui ont représenté un quart de la main d’oeuvre utilisée pour nettoyer et reconstruire la région.

 

  • Aucun mesure n’a été proposé par Trump et l’industrie a déjà tiré la sonnette d’alarme sur une éventuelle pénurie de travailleurs nés aux Etats-Unis pour reconstruire dans les plus brefs délais.

 


4. Cinquante idées qui bousculent Washington

 

  • C’est le classement annuel réalisé par Politico sur les cinquante idées (et les individus derrière elles) qui bousculent Washington et on trouve sans surprise beaucoup de personnalités des médias avec:
    • #1: Steve Bannon et sa machine de guerre alt-right, Breitbart News;
    • #2: Un couple de Texans, Sarah Greenberg et Ezra Levin, qui s’inspire des méthodes d’action du Tea Party pour organiser la résistance des Démocrates et progressistes contre Trump dans leur organisation: Indivisible.
    • #8: Susan Fowler pour avoir exposé dans un post de blog au début de cette année le sexisme rampant dans les industries de haute technologie de la Silicon Valley, à travers son expérience chez Uber où elle a travaillé pendant plusieurs mois.
    • #16: Rebekah Mercer, fille du multi-milliardaire Robert Mercer, la « méga-donatrice » de la droite, qui a finance Breitbart depuis qu’il est dirigé par Bannon et a soutenu financièrement la campagne de Donald Trump. 
    • #17: Masha Gessen du New York Review of Books pour avoir alerté sur les dérives autocratiques de la démocratie après la victoire de Trump en s’inspirant de sa Russie natale dans un essai, « Autocracy: Rules for Survival »

 


5. »Trumped up Cards »

 

  • « Reid Hoffman [le co-fondateur de LinkedIn] a des milliards de dollars et l’un des réseaux les plus connectés de la Silicon Valley. Voila comment est-ce qu’il compte les utiliser contre Trump » explique le journaliste Tony Romm dans Recode. 
  • Ca a commencé par un jeu de cartes, « Trumped up Cards », similaire à celui de « Cards Against Humanity » – dans lequel « les joueurs finissent des énoncés complets en utilisant des mots ou phrases généralement considérés comme offensantes ou politiquement incorrectes présentées sur des cartes à jouer »  (Wikipedia) – mais consacrés uniquement au milliardaire américain, pour « aider les gens à comprendre l’absurdité de la présidence de Trump

 

 

  • Hoffman est prêt à dépenser des centaines de millions de dollars dans des campagnes, des candidats et causes qui soutiennent la vision d’un futur plus favorable au pays.

    Comme beaucoup dans la Silicon Valley, l’opposition de Hoffman à la Maison Blanche a commencé immédiatement après les élections. Et les divisions entre Trump et le secteur des hautes Technologies devraient empirer mardi, quand le président va annoncer l’annulation du programme DACA (…) Les rumeurs concernant la fin du programme de protection a poussé Hoffman et plus de trois cent autres chefs d’entreprises à condamner publiquement la Maison Blanche le week-end dernier.

 


6. Vers une guerre culturelle totale

 

  • Regnery Publishing, La maison d’édition consacrée aux auteurs et aux ouvrages conservateurs tels que Mark Levin, Laura Ingraham ou Ann Coulter a annoncé qu’elle coupait les ponts avec le New York Times et sa célèbre liste de best-sellers, la référence du milieu de l’édition, sous prétexte que le quotidien favoriserai des ouvrages dits « libéraux » et « progressistes » aux dépens de ceux plus « conservateurs ». Elle utilisera comme nouvelle liste des ventes, celle publiée par Publishers Weekly

 

  • En ligne de mire, le livre « The Big Lie: Exposing the Nazi Roots of the American Left » place en 7ème position de la liste du New York Times alors que d’autres listes le placent numéro un. Même problème selon Regnery Publishing pour l’ouvrage “No Go Zones: How Sharia Law is Coming to a Neighborhood Near You” selon Associated Press.

 

  • Le New York Times a qualifié les accusations de manipulation des chiffres des ventes de son classement de « ridicules » en notant au passage que de nombreux ouvrages conservateurs apparaissaient généralement dans cette même liste.
    Une nouvelle division de franchie entre le monde des conservateurs et celui des libéraux.

 


7. Mannequins: Nouvelle génération

 

  • « Pendant des décennies, le mannequinat a été une activité silencieuse dans laquelle les femmes étaient être vues et jamais entendues » mais une succession d’incidents cette année ont mis en avant les problèmes qui minent encore cette industrie, notamment les conditions de travail, le harcèlement sexuel, l’humiliation physique ou encore le racisme.

 

  • Aujourd’hui, les mannequins, même peu connus dans l’industrie, peuvent utiliser les médias sociaux pour s’exprimer et avoir de l’influence en s’attirant de nombreux abonnés.
    Le New York Times est allé à la rencontre des modèles féminins à différentes étapes de leur carrière pour partager leur expérience: ICI

 


8. Le retour de certaines maladies infectieuses des Etats-Unis

 

  • Les régions les plus pauvres des Etats-Unis sont marquées par la résurgence de maladies infectieuses dignes des pays les plus pauvres de la planète: En Alabama un tiers des individus vivant dans le comté très défavorisé de Lowndes, ont été testés positifs à l’ankylostome, un parasite intestinal éradiqué depuis des décennies du pays depuis les années 80 et qu’on trouve dans les zones pauvres tropicales africaines et asiatiques.
    L’étude [réalisée par l’université de Baylor et l’Alabama Center for Rural Enterprise, ACRE] résumée dans le Guardian révèle que l’ankylostome ne survit que dans les communautés qui n’ont aucune hygiène de base, notamment à travers des problèmes de gestion et de traitement des ordures et eaux usées.

 


9. Les couvertures du jour

 

  • Ce sont celles de Sport Illustrated consacrées à la reprise de la saison de football américain cette semaine: Quatre couvertures différentes avec:
    • Le quarterback des New England Patriots, Tom Brady 
    • Le defensive end des Houston Texans, J.J. Watt
    • Le quarterback des Green Bay Packers, Aaron Rodgers
    • Le running back des Arizona Cardinals, David Johnson

Le kiosque du 10.07.17

 

1. Trumplandia

 

  • 3 semaines avant la pause estivale 
    Ni Donald Trump, ni le gouvernement, ni la majorité républicaine au Parlement n’ont réussi à voter une loi majeure depuis le 21 janvier dernier alors que le vote sur la réforme de la santé, toujours critiquée par plusieurs Sénateurs républicains, pourrait être reportée à la fin du mois d’août.
    La réforme fiscale et le plan d’infrastructure d’un billion de dollars, les deux grandes législations du président pourraient être reportées à l’année prochaine
     
    Axios

    Comme le rappelle Axios:

    A chaque fois que vous entendez l’administration Trump ou le Congrès se battre contre la hausse des cotisations de l’Affordable Care Act – ou Obamacare – ils parlent des problèmes de 7% de la population, ceux qui ont choisi de s’assurer individuellement à travers le marché des assurances, ou le « non group » [21,8 millions de personnes].

 

***

 

  • Nouveau rebondissement avec la Russie
    Le « Blockbuster » du New York Times ce week-end – qui devrait faire l’actualité de ce début de semaine à Washington, c’est la rencontre entre Trump Jr, Jared Kushner et Paul Manafort, en juin 2016, moment crucial de la campagne, avec une avocate russe proche du Kremlin.
    Le fils du président a d’abord expliqué qu’il s’agissait d’une réunion sur la politique d’adoption entre les deux pays avant de confirmer qu’on leur avait promis des informations compromettantes sur la candidate démocrate.

 

  • Pour John Marshall de Talking Points Memo:
     

    Le détail le plus important de cette histoire, c’est la source.
    Le Times rapporte qu’ils ont eu l’information de trois conseillers de la Maison Blanche, au courant de cette rencontre (….) La seule raison pour laquelle des alliés du président agissent de la sorte, c’est soit que d’autres informations comme celles-ci sont à venir, soit ils essayent de préparer l’opinion publique à quelque chose de plus grave.

     

    Le fils Trump a eu son heure de gloire sur le site du NYTimes.com hier

 

***

 

  • Pendant ce temps là, dans le monde merveilleux de Fox News, on suit les directives de Trump et on fait diversion en créant le « scandale » James Comey, l’ancien directeur du FBI viré par Trump, dont certains mémos dévoilés à la presse pour dénoncer les tentatives d’obstruction du président dans son enquête, contenaient des informations confidentielles.
    C’est faux, et « huit heures plus tard, Fox News n’est pas encore revenu sur ses propos », ni le président.
     

 
 


2. Les ennemis du président

 

  • Une information qui rassure dans Politico

    Ca fait moins de six mois que Donald Trump est président et l’un des principes organisateurs de ses actions politiques est évident: La vengeance.
    En privé, Trump a parlé de dépenser dix millions de dollars de sa poche pour battre un sénateur de son propre parti, Jeff Flake d’Arizona, selon deux sources présents lors de la conversation l’automne dernier.
    Plus récemment, le président s’est félicité des attaques lancées par un groupe de soutien de la Maison Blanche contre un autre sénateur républicain, Dean Heller du Nevada, qui avait critiqué le président.

 

  • Les implications pour 2018

    Les machinations en coulisses donnent une idée de l’approche de Trump en politique et comment elle pourrait remodeler les élections de mi-mandat en 2018. L’obsession de Trump envers la loyauté et son penchant à se souvenir de tous les affronts dont il a fait l’objet détermine son attitude envers ses ennemis politiques et les candidats de son propre parti, quitte à affaiblir leurs chances de réélection

 

 

 


Jared Kushner et le Qatar

 

  • La semaine commence bien pour le gendre du président, qui a participé en juin 2016 à un entretien dans la Trump Tower avec son beau-frère et le chef de campagne de Trump pensant récupérer des infos à charge contre Hillary Clinton.
    C’est la troisième fois qu’il oublie de mentionner un contact avec des proches du Kremlin.

 

  • The Intercept affirme aujourd’hui que Jared Kushner et son père, magnat de l’immobilier, ont essayé de convaincre un homme d’affaires qatari d’investir un demi milliard de dollars dans leur immeuble de la Cinquième Avenue à New York, la plus importante transaction immobilière de l’époque réalisée par le jeune Jared, 25 ans, en 2008, peu avant la crise financière, et alors que son père était en prison. 
     

    Trump a essayé vainement de trouver des financements ces dernières années avec les Qataris, mais il est difficile de nier l’importance que représente l’investissement de 666 Fifth Avenue pour [Jared] Kushner, sa compagnie et l’image de la famille dans l’immobilier. Sans apport extérieur ou redressement du marché, l’investissement pourrait devenir une perte de 500 millions de dollars.  

 

  • Les implications de cette transaction entre le Qatar et les Kushner?
    Il y a un mois, plusieurs pays du Golfe (Arabie Saoudite, émirats arabes unis, Egypte et le Bahreïn) ont coupé les ponts avec leur voisin du Qatar sous prétexte que le pays finançait le terrorisme. La dispute a été encouragée par Donald Trump, et Kushner « aurait un joué un rôle clé dans les coulisses pour durcir la position des Etats-Unis envers la nation ».

     

    Les révélations d’une transaction de 500 millions de dollars pose une question d’éthique. Si les discussions ne sont pas entièrement closes, ça veut dire que Jared utilise d’un côté le pouvoir de la diplomatie américaine pour affaiblir une petite nation, en essayant d’obtenir de l’autre côté un énorme capital pour son entreprise en difficulté.
    Si le marché est mort, un moyen de mettre pression sur d’autres investisseurs au nom de Kushner Companies [la compagnie familiale]

 

 

 


« The Newspaper Industry » contre le duopole Facebook-Google

 

  • La guerre est déclarée contre « la dominance duopolistique » de Google et Facebook sur la publicité en ligne: Les deux plate-formes ne créent aucun contenu mais récupèrent la plupart des dividendes de ceux qui les créent, les médias, « ce qui pourrait leur faire bien plus de mal que tout ce que le président écrit sur [eux sur] Twitter ».
    Pour éviter que le journalisme de qualité meurt, la News Media Alliance (NMA) qui représente deux mille journaux aux Etats-Unis et au Canada a décidé d’agir.

 

  • Le problème:
     

    Google et Facebook continuent d’accaparer le marché de la publicité en ligne, récupèrent des profits qui servaient auparavant à financer du journalisme de qualité que Google et Facebook offrent désormais gratuitement (…) Malgré les efforts de Google et Facebook pour soutenir le journalisme en aidant les organes de presse à trouver de nouveaux revenus, au bout du compte, ce sont les rois de la cour. Ceux qui fournissent l’information de qualité sont les quémandeurs et les serfs.

  • La solution
     

    Donc ce qu’on appelle la « newspaper industry » – qui inclut beaucoup de sites en ligne – s’est regroupée pour modifier l’équilibre des pouvoirs (…) et gagner le droit de négocier collectivement avec ces importantes plate-formes digitales.

  • Bottom Line
     

    Il s’agit ici de préserver le journalisme de qualité – cher à produire, et sous pression économique comme jamais auparavant – dans une époque marquée par des « reportages » bidons et gratuits sur des millions de votes illégaux qui obtiennent assez de succès pour mettre en place des initiatives fédérales.

 

 

 


5. Playbook, le newsletter la plus influente de Washington

 

 

  • Playbook, la newsletter de Politico « sur ce qui motive quotidiennement Washington » créée il y a quelques années par Mike Allen, parti fonder son propre site d’info, Axios (et une nouvelle et excellente newsletter) l’année dernière, a été brillamment reprise par trois journalistes, Daniel Lippman, Jake Sherman et Anna Palmer qui l’ont rendu plus populaire (35% d’abonnés en plus), lui ont ajouté une édition en début d’après midi, un podcast, et viennent de signer un ouvrage les coulisses de Washington intitulé « A Hill to Die On »
  • Ils ont des abonnés dans tous les Etats du pays, chez tous les sénateurs et les Représentants et bien entendu à la Maison Blanche, et bien entendu le Kiosque!
  • Interview des trois journalistes dans Vanity Fair

 


6. Le reste de l’actualité

 

  • Reportage sur le gay rodeo en Pennsylvanie: « Ce n’est pas seulement du rodéo, c’est construire une communauté avec des gens qui ont les mêmes centres d’intérêts » – The Washington Post

 

  • La série « Ohio Matters » dans le The Plain Dealer examine les problèmes nationaux importants à travers les yeux des habitants de plusieurs comtés d’Ohio pour en comprendre le microcosme.

 

  • 58% des Républicains et Rep-Indépendants affirment que les universités ont un mauvais effet sur le pays [une hausse de 45% depuis l’année dernière]. 72% des Démocrates et Dem-Indépendants affirment le contraire – Pew Research Center

    Pew Research Center

Jeudi 16 mars 2017: Une morgue ambulante – Parano à la Maison Blanche – Richard Simmons a disparu – Trump & Twitter –

  • Révisée, soumise à nouveau et rejetée une nouvelle fois

    Un juge de Hawaï a suspendu une nouvelle fois, la seconde Travel Ban proposée par la Maison Blanche après la suspension en février dernière de la première version par la cour fédérale de San Francisco.
    Un revers de plus contre la politique anti-immigration de l’administration Trump qui prévoyait l’interdiction d’entrée sur le territoire américain de tous les réfugiés pendant un an, de tous les ressortissants de six pays musulmans pendant trois mois – à l’exception de ceux détenteurs de visas ou de carte verte. Le juge a déclaré que le décret de Trump violait la clause religieuse de la Constitution américaine. L’intéressé a déclaré dans un meeting dans le Tennessee hier qu’il s’agissait « d’un abus sans précédent du pouvoir judiciaire » sur le pouvoir exécutif

    Aucun idée si la Maison Blanche compte persévérer et offrir une troisième version encore plus « diluée »?

***

  • Trump discute Twitter sur Fox News –

    Lors d’une interview diffusée hier soir sur sa chaîne préférée, Fox News, le journaliste Tucker Carlson a demandé au président s’il était avisé par un conseiller avant de tweeter, ce à quoi le président a répondu:

    Je pense que je ne serai pas ici si c’était grâce à Twitter, parce qu’il y a tellement de fausse presse autour de moi, de presse malhonnête. Si vous regardez – je n’inclus pas Fox News parce qu’ils ont été assez justes avec moi, mais si vous regardez CNN, et ces autres réseaux, NBC – j’ai rapporté une fortune à NBC avec « The Apprentice ».
    Je suis arrivé quand ça ne marchait pas du tout, et je l’ai transformé en l’un des reality shows les plus connus de tous les temps. J’ai fait 14 saisons. Et vous avez vu ce qu’il se passe quand je n’y suis plus? [le show a été repris par Schwarzenegger puis annulé la semaine dernière]
    Vous avez vu que le show était un désastre.
    J’ai aidé NBC et ils sont horribles avec moi. La façon dont ils me traitent est horrible. CNN, ABC, regardez ce qu’il se passe. Ces faux médias, cette fausse presse. C’est une honte

    La plupart des infos sont malhonnêtes. Donc quand j’ai cent millions de personnes qui me suivent sur Twitter, Facebook, Instagram, POTUS, et plein d’autres choses, c’est comme si j’avais ma propre forme de médias. 
    Donc si je tweete deux ou trois ou quatre ou cinq fois par jour, et que la plupart sont positifs – et je veux que la plupart soient positifs – mais si je fais une erreur par mois, celle-ci [Accuser Obama de l’avoir mis sur écoute], je pense pas que cela prouve que ce soit une erreur en général.

     

    Donc, Trump utilise les médias sociaux comme sa propre source d’information et il a reconnu avoir fait une erreur en accusant Barack Obama de l’avoir mis sur écoute.

***

  • Parano à la Maison Blanche

    Rien ne va plus à la Maison Blanche.
    Non pas que la situation n’ait jamais été normale mais les fuites qui inondent 1600 Pennsylvania Avenue rendent tout le monde parano rapporte hier le magazine Politico:

     

    « Une culture de la paranoïa est en train d’envahir l’administration Trump, avec des équipes de plus en plus préoccupées par ceux qu’ils perçoivent comme leurs ennemis – au sein de leur propre gouvernement ».

    L’administration est rongée par les suspicions entre factions rivales autour du président (les outsiders comme Steve Bannon et Stephen Miller contre les « Républicains » comme Reince Priebus ou Sean Spicer), contre le « Deep State », ces agents militaires et du renseignement accusés de vouloir détruire Donald Trump, ou vis-à-vis des simples fonctionnaires de carrière…

    Les téléphones professionnels sont soupçonnés d’être mis sur écoute et ceux personnels laissés à la maison par crainte d’être l’objet d’un contrôle inopiné – même si Sean Spicer a démenti mardi ce genre de pratiques.
    Un climat toxique qui empêche une atmosphère de travail normal et le recrutement de nouveaux agents qui pourraient être soupçonnés de travailleur contre le président.
    La CIA est ligne de mire de ces accusations d’espionnage, de mises sur écoute et de fuites contre Donald Trump, surtout après les fuites de Wikileaks qui ont révélé l’étendue de l’appareil de cyber-espionnage.
    Quand à la presse, il est formellement interdit de communiquer avec elle, sous peine d’être viré sur le champ.

    * « People are scared: paranoïa seizes Trump’s White House »Politico

***

  • Le Podcast déjà culte « Missing Richard Simmons »

    Richard Simmons, c’est un peu l’équivalent de Veronique et Davina si elles avaient continué leur cours de fitness jusqu’à aujourd’hui: Une célébrité hollywoodienne depuis plusieurs décennies, grâce à ses célèbres cours de fitness à 12 dollars de l’heure qu’il donnait dans son studio Slimmons de Beverly Hills, fermé en novembre 2016.

    Voici l’introduction du Podcast, assez alléchante:

    Le 15 février 2014, le gourou du fitness Richard Simmons a disparu.
    Il a arrêté de donner ses cours d’exercice à Slimmons, n’a plu contacté ses amis les plus proches, et s’est retiré du monde après avoir été considéré pendant des années comme l’une des stars les plus accessibles au monde.
    Plus personne n’a entendu parler de lui – et personne ne sait pourquoi est-ce qu’il est parti.
    Le réalisateur Dan Taberski était un ami de Simmons et client régulier à Slimmons.
    Missing Richard Simmons est l’enquête effectué par Dan pour retrouver Richard – et plus il creuse, plus ça devient étrange.

    Le Podcast remporte un succès fou et a même été comparé au fameux Serial, cette enquête très sérieuse sur une possible erreur de justice, qui a entraîné la réouverture du procès de Adnan Syed.
    Sauf qu’ici, Richard Simmons est bien vivant, il a juste décidé de changer de vie et un réalisateur s’obstine aujourd’hui à savoir pourquoi – les rumeurs sont allées bon train depuis des années.
    Une démarche « moralement douteuse » pour le New York Times qui se demande qu’est ce que ça peut apporter à Mr Taberski de savoir ce qui arrive à Richard Simmons, qui a clairement fait comprendre qu’il voulait préserver son anonymat. De la curiosité mal placée? En tout cas ça cartonne!

    * « Missing Richard Simmons, the Morally Suspect Podcast » New York Times

***

  • Une morgue ambulante dans l’Ohio pour faire à l’épidémie d’héroïne

    La morgue d’un comté de l’Ohio, en pleine coeur de l’épidémie d’héroïne qui frappe le pays, n’a plus les moyens logistiques d’accueillir davantage de cadavres et a recours en attendant à une « morgue mobile » fourni par le département de la Santé de l’Etat.
    La plupart des décès sont provoqués par des overdoses d’héroïne (20% de plus que l’année précédente), après les accidents de voiture et suicides. 
    C’est la quatrième morgue mobile utilisée dans le comté de Stark, peuplé de 375 000 habitants et d’autres Etats du pays doivent utiliser ces mesures d’urgence pour faire face à cette épidémie. 
    Cinq états avaient un taux de mortalité par overdoses plus élevé que l’Ohio en 2015: La Virginie Occidentale, Le New Hampshire, Kentucky, Ohio et Rhode Island selon le Center for Disease Control and Prevention

***

  • Couverture du jour

    Bloomberg Businessweek se penche cette semaine sur l’empire Domino’s Pizza avec cette couverture tonitruante et un reportage passionnant sur une compagnie évaluée à 9 milliards de dollars.

Mercredi 15 mars: Breitbart vs Ryan – Visas en danger – Steve Bannon hait l’Europe – WaPo & NYTimes cartonnent

 

  • Les déclarations d’impôts de Trump: des fuites mais toujours pas le Saint Graal

    Déçus les journalistes américains qui ont dû écouter pendant vingt minutes à écouter la longue et ennuyeuse introduction de Rachel Maddow, présentatrice d’une émission politique sur MSNBC, avant de découvrir les très attendues déclarations d’impôts du président.
    Rien de très intéressant dans ces deux pages qui ont atterri dans la boite aux lettres d’un « obscure » (dixit Trump) journaliste de Washington, David Cay Johnston et qui révèlent que Donald Trump a bien payé des taxes en 2005 – 38 millions sur 150 millions revenus.

    L’info importante, c’est qu’il existe des informateurs capables de se procurer ces documents ultra-confidentiels, et qu’on devrait sans doute s’attendre à de nouvelles révélations dans les prochaines semaines.
    Dean Baquet, le rédacteur en chef du New York Times est même prêt à aller en prison pour décrocher « le Saint Graal » et les diffuser!
    Seul problème, il n’y a rien à redire sur les fiches d’imposition publiées hier, tout est en règle, pourquoi donc s’obstiner à ne pas les diffuser?
    Le mystère reste entier.

     

    « This 2005 Donald Trump  tax return is a total nothingburger » – Chris Cilliza

***

 

  • Ryan, la nouvelle cible de Breitbart

    Breitbart n’aime pas Trumpcare, il préfère appeler « Obamacare 2.0 », et a lancé l’offensive contre son architecte et principal avocat, le porte parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, qu’il avait violemment attaqué durant la campagne présidentielle pour exprimer son mépris envers l’establishment du parti républicain.

     

    Depuis plusieurs jours les articles pleuvent à son encontre« Il est plus impopulaire que Trump », « certains conservateurs demandent sa démission« , « la lune de miel est terminée » et lundi le site alt-right a diffusé un enregistrement très embarrassant pour le Représentant du Wisconsin.
    Enregistré en octobre dernier, avant les élections et après la diffusion de la vidéo Access Hollywood, il annonce devant un parterre de Représentants républicains ne plus soutenir le candidat Trump.


    Je ne vais plus défendre Donald Trump – pas maintenant et pas dans le futur.

     

    Selon BreitbartPaul Ryan aurait manipulé le président en lui faisant croire que l’American Health Care Act remplacerait Obamacare – ce qui n’est pas le cas – c’est une version allégée de l’Affordable Care Act – et en affirmant que la loi passerait facilement devant le Congrès alors qu’elle n’a visiblement aucune chance devant le Sénat.

     

    C’est la première initiative majeure sur laquelle Trump travaille avec Ryan et le fait que ça se passe aussi mal nous inquiète sur les capacités du porte parole et candidat malheureux à la vice présidence des Etats-Unis en 2012, qui a n’a quasiment pas soutenu Trump en 2016, à comprendre comment est-ce que Trump a gagné et comment gagner en général.

     

     

    Aujourd’hui, Trump et la Maison Blanche sont plus ouverts au dialogue sur d’éventuelles modifications de l’American Health Care act (dans la structure, les moyens, et la mise en place) pour satisfaire les critiques des conservateurs que Paul Ryan ne l’est avec sa majorité républicaine.
    Breitbart annonce (et soutient déjà) que de nombreux Représentants républicains aimeraient non seulement remplacer Obamacare mais aussi Paul Ryan comme porte parole de la Chambre des Représentants.

     


    « Audio emerges of when Paul Ryan abandoned Donald Trump: I’m not going to defend Donald Trump » – Breitbart

***

 

  •  Visas de travail et green cards: les prochaines cibles du gouvernement

    « Selon Goldmans Sachs, un million de travailleurs étrangers sous visa de travail H-1B sont employés dans des positions correspondant à un niveau de diplôme universitaire américain » affirme Breitbart, le site d’info alt-right obsédé par tout ce qui concerne l’immigration, en citant l’étude réalisée par l’Economic Policy Institute (EPI) sur les chiffres de 2013… « Alors que la plupart des médias affirment que le gouvernement ne délivre que 85 000 visas chaque année, et que d’autres programmes offerts par l’immigration permettent à 470 000 étrangers diplômés de travailler aux Etats-Unis. »

     

    C’est la propagande anti-immigration qu’on peut lire chaque jour sur ce média lu par des millions d’Américains: Un visa H-1B dure trois ans et peut être renouvelé pour trois autres années: Aux 85 000 nouveaux H-1B délivrés chaque année s’ajoutent ceux des années précédentes. Forcément les nouveaux titulaires d’un visa s’ajoutent à ceux déjà installés.

     

    460 000 travailleurs étrangers sont en réalité présents aux Etats-Unis sous un visa H-1B sans compter, nous rappelle Breitbart, ceux qui postulent « rapidement » pour une carte verte. Rapidement? Il faut rester six ans sur le territoire américain avant de pouvoir appliquer pour une « résidence permanente » … sans compter « les femmes et enfants » qui peuvent se greffer à chaque immigré légal.
    Enfin ces 1,4 millions (en réalité un million) de travailleurs étrangers qualifiés (« white collar ») représentent l’ensemble des étudiants américains diplômés en 2015 et 2016.

     

    Le message est clair: le système de visa de travail alloués aux étrangers, surtout ceux qualifiés, est injuste pour les travailleurs américains, leur enlève d’importantes opportunités professionnelles et salariales.
    Attendons nous dans ces prochains à voir ces programmes considérablement diminués.

     

    « Goldman Sachs; Almost one million H-1B foreign Workers hold University level Jobs here » – Breitbart

***

  • Compétition positive entre le New York Times et le Washington Post

    Invité du festival SXSW le weekend dernier, Dean Baquet, rédacteur en chef du New York Times s’est félicité de la compétition entre son quotidien et le Washington Post tout en se moquant au passage du dernier slogan choisi par son rival, « Democracy Dies in Darkness » qu’il a comparé au « titre du prochain film de Batman ».

     

    Les deux quotidiens ont offert les scoops les plus importants de la campagne et du début de présidence de Donald Trump – avec CNN également – grâce à une mobilisation sans précédent des ressources et des idées innovantes: Davantage de moyens et de façons de couvrir la Maison Blanche, 24heures sur 24, renforcer les équipes d’investigation, le lancement d’une « tips page » par les deux quotidiens, et également plus de promotion.

     

    Contrairement aux années précédentes, quand les journaux rivaux étaient obsédés à comparer la taille de leur audience, ni le Post, ni le Times ne cherche à supplanter l’un et l’autre. Les deux ont leurs yeux fixés sur la Maison Blanche qui a offert plein de cibles pour les journalistes d’investigation ces dernières semaines.
    Et malgré les affirmations de Trump selon lesquelles le New York Times « is failing » et que le Washington Post perd une « fortune », les deux publications ont les moyens de continuer à publier un journalisme antagoniste ces quatre ou prochaines années

     

    « The New York Times and The Washington post are at War, and everyone’s is winning » – Poynter

***

  • Article du Jour: Bannon veut détruire l’Europe

    Le journaliste Michael Crowley de Politico s’est penché sur le cas Bannon et sa vision de l’Occident.
    L’ancien président de Breitbart est un nationaliste dont le projet va au delà de « Make America Great Again » et vise directement l’Europe, plutôt le projet européen qu’il déteste et considère comme « un instrument de la mondialisation – à l’opposé d’un instrument du renforcement de la civilisation occidentale » selon Ben Shapiro un ancien collègue.

     

    Un bureau anglais a été mis en place en 2014 pour critiquer l’Union européenne (« The EU is Dead, It just refuses to lie down ») qui a soutenu et accueillit avec beaucoup d’espoir le Brexit.
    Saura-t-il avancer son programme auprès du président Trump, dont il est le plus proche conseiller et contre la position de la classe politique américaine, fervente supporter de l’Europe?

     

    * « The Man who Wants to unmake the West » – Michael Crowley

***

 

Le kiosque du mardi 10 janvier 2017

Axios, un nouveau groupe de presse

Mike Allen, journaliste politique et co-fondateur de Politico, a quitté le webzine après la victoire de Donald Turmp pour créer son propre groupe de presse, Axios.
Allen explique dans le manifeste que les médias actuels sont cassés – et trop souvent « une arnaque », avec des histoires « trop longues » ou « trop ennuyeuses » sur des sites qui sont devenus des labyrinthes d’informations « à rendre fou les lecteurs ».
La raison? « Les lecteurs et les annonceurs sont trop souvent délaissés. » Ils se « laissent avoir par des gros titres qui n’offrent rien » et sont harcelés par des pop-ups ou clics inutiles, tout cela pour faire de l’argent « en vendant des fausses controverses, et même de la désinformation ».

On se demande à quels sites d’informations se réfère Mike Allen en s’adressant aux anciens lecteurs de Politico. Peut-être souhaite-t-il élargir son public et convertir ceux friands de fakes news et de sites bidons?

Bref la nouvelle formule consiste à mettre le lecteur en avant, avec un « contenu sérieux » et « sans parti-pris », « de l’information résumée » pour ceux qui n’ont pas le temps et la version longue pour les plus curieux.

La grande nouveauté c’est l’absence de pub, pour être « reader-friendly » (les bannières et click-based pages) qui sera remplacée par du « native advertising », sorte de micro-publireportage qui s’assume en plein milieu d’un article ou sous la forme d’un article à part entière. 

Axios compte pour le moment cinquante journalistes avec des bureaux à Washington D.C., San Francisco, Chicago, Boston, ouvrir ses porte le 18 janvier prochain, en attendant vous pouvez adhérer à ses newsletters.

 

***

Pour Bernie, la priorité, c’est sauver le système de santé

Bernie Sanders, redevenu indépendant après sa défaite aux Primaires démocrates, a fait de la protection du système de sécurité sociale américain le défi de ce début d’année menacé d’extinction par Les Républicains qui veulent se débarrasser d’Obamacare, et réduire dramatiquement les programmes de Medicare (pour les plus de 65 ans) et Medicaid (pour les plus défavorisés).

Après une première intervention remarquée au Sénat la semaine dernière, il a appelé « les membres démocrates du Congrès, les syndicats, les défenseurs du système de santé qui croient en la justice économique et sociale » à se réunir le 15 janvier pour prévenir les « Républicains qu’ils n’allaient pas s’en sortir aussi facilement. »

Il a tout prévu sur son site pour mener le combat et encourager les Millenials à y participer, avec des slogans (#OurFirstStand) à partager sur les réseaux sociaux, les listes des meetings et rallies auxquels assister, etc.
Selon Sanders, Trente millions d’Américains seraient amenés à perdre leur assurance maladie si Obamacare est révoqué, et pourrait engendre la mort de 36 000 Américains chaque année. 

***

C’est le rush pour confirmer de l’administration Trump

Durant les huit ans de présidence de Barack Obama, les Républicains ont trouvé tous les moyens d’ennuyer, d’empêcher et même bloquer la bonne marche de l’administration et du pays par principe d’opposition, et une haine farouche du président. Un manuel de cynisme dont les Démocrates vont s’inspirer ces quatre prochaines années pour faire entendre leur voix, en commençant par Chuck Schumer, le leader de la minorité démocrate au Sénat.

Le Sénat doit confirmer aujourd’hui la nomination de l’administration Trump avant même que les résultats des contrôles de la part du FBI, du comité d’éthique, et autres interviews des choix du président-élu ait été rendus. La demande a été faite par Schumer hier qui n’a eu qu’à changer les noms et dates de la même requête qui avait été faite par Mitch McConnell en 2009, et qui est aujourd’hui le leader de la majorité républicaine au Sénat.

Les Républicains n’ont pas attendu que ces vérifications soient terminées, volontairement, étant donné les conflits d’intérêt de certains futurs Secrétaire d’Etat. Les Démocrates auraient pu utiliser l’obstruction parlementaire (qui oblige une majorité absolue de 60 voix sur 100) pour bloquer le processus mais ils l’ont interdite, sous Obama, concernant les nominations faites par le président, y compris celles de son cabinet. Avec une majorité de 52 sénateurs, les Républicains n’auront aucun mal à confirmer la nouvelle administration du pays.

***

The Obama Media Empire Strikes Back

Barack Obama prononcera ce soir son discours d’adieux depuis Chicago, accompagné par sa femme et le vice-président et ami Joe Biden, qui met fin à sa carrière politique mais il compte bien continuer à exercer une influence sur la vie politique du pays grâce à une solide côte de popularité auprès des Démocrates et d’une grande partie de la population.
Selon Politico, le futur ancien président utilisera sa fondation et son organisation « Organizing for Actions » (OFA) pour « protéger son bilan et reconstruire le parti démocrate ».
OFA a été formée à partir de la structure de son ancienne campagne et sera dévouée à « entraîner les activistes » et « le recrutement de candidats » en rapport à la nouvelle administration et fort des leçons apprises de la défaite de Clinton. Les thèmes défendus sur le site sont le changement climatique, la réforme de l’immigration, les opportunités économiques, l’égalité, la prévention contre la violence des armes à feu, le système de santé et les femmes.

Le Kiosque du lundi 12 décembre

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

TRUMPLANDIA

Les conclusions « ridicules » de la CIA

Un weekend chargé: Il a qualifié de « ridicules » les conclusions du rapport de la CIA, révélées par le Washington Post vendredi, qui confirment que la Russie a voulu influencer les élections présidentielles américaines en faveur du candidat républicain.
La manager de campagne de Trump, Kellyanne Conway, devenue sa porte-parole, a défendu les propos de son patron, a affirmé qu’il respectait la communauté du renseignement (la CIA) mais a jugé « absurde » l’idée qu’une puissance étrangère aurait tenté de miner la campagne d’Hillary Clinton pour favoriser celle de Donald Trump, qu’il n’existait aucune preuve et que le Post n’avait pas de sources officielles sur lesquelles s’appuyer.

***

Des Républicains agacés

Qu’en pensent les médias républicains, par ailleurs très excités par la tournure ultra conservatrice de la prochaine administration?
Dans le Wall Street Journal, les accusations d’une ingérence russe sont une « excuse de plus » – après le directeur du FBI James Comey, les fake news et le Collège Electoral – pour tenter de discréditer la légitimité de Donald Trump: « Cette nouvelle information est plus un jugement sur les motivations russes [de faire élire Trump] que du véritable renseignement ». En effet l’administration Obama avait publiquement accusé au mois de septembre des espions russes d’avoir piraté les emails du Comité Démocrate, diffusés par Wikileaks au mois de juillet. 
S’il existe des preuves d’une ingérence russe dans les élections américaines, il appartient aux agences de renseignements de les diffuser publiquement pour mettre un terme aux rumeurs.

***

Une machination de l’Administration Obama?

John Bolton, actuel conseiller de Donald Trump et ancien ambassadeur américain aux Nations Unies avançait dimanche sur Fox News que les preuves selon lesquelles la Russie a tenté d’influencer les élections présidentielles auraient été fabriquées de toutes pièces par l’entourage de l’actuel président.
Toute cette histoire serait un « false flag », c’est-à-dire « une opération clandestine visant à apparaître comme si elle était menée par une autre personne que celle qui est en responsable »: L’administration Obama aurait piraté les ordinateurs du Comité National Démocrate et Républicain, et fabriqué des preuves pour accuser la Russie.
Selon Bolton, le fait que les services secrets américains ont des preuves que ce sont bien les Russes qui ont piraté les serveurs des Comités est LA preuve que les Russes ne peuvent pas être responsables – car ils ne se seraient jamais laissés prendre.

***

La Déclaration conjointe de sénateurs républicains et démocrates

Devant ce scandale que beaucoup considèrent comme bien plus grave et dangereux que le Watergate – car il implique une puissance étrangère et pas n’importe laquelle – des sénateurs démocrates (Jack Reed de Rhode Island et Chuck Schumer de New York) et républicains (John McCain d’Arizona et Lindsey Graham de Caroline du Sud) ont réagit dimanche en publiant une déclaration commune et appelé à une enquête approfondie sur l’éventuelle ingérence russe.

Tout en protégeant les documents confidentiels, nous devons d’informer le public sur les récentes cyber-attaques qui ont frappé le coeur de notre société. Démocrates et Républicains doivent travailler ensemble, à travers les différentes juridictions du Sénat, pour examiner les récents incidents et formuler des solutions complètes pour prévenir et se défendre de nouvelles attaques. 
Cela ne doit pas devenir un problème partisan. Les enjeux sont trop importants pour notre pays. 

Politico rapporte ce matin que le représentant de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, celui là même qui avait refusé la mise en place d’une commission bi-partisane en septembre dernier pour enquêter sur les menaces de cyberattaques dénoncées par l’administration Obama, soutient désormais l’appel de ses collègues pour une enquête approfondie sur l’ingérence russe. « Evidemment, toute brèche étrangère dans nos mesures de cyber sécurité est inquiétant et je condamne fermement ce genre d’actions » a-t-il déclaré ce matin.

***

Des grands électeurs veulent en savoir plus avant le 19 décembre prochain

Maintenant, c’est au tour des grands électeurs de demander toute la lumière sur les possibles liens entre la Russie et Donald Trump avant l’élection officielle du président lundi prochain. Huit grands électeurs démocrates et un républicain ont adressé ce matin une lettre à John Clapper, le directeur du renseignement national:

Les allégations selon lesquelles Donald Trump aurait reçu le soutien d’un pays étrangers pour gagner les élections remontent bien avant le jour du scrutin. Quand on lui a présenté des informations sur le fait que le gouvernement russe tentait de s’ingérer dans les élections, dans des réunions secrètes et dans des communiqués officiels, Donald Trump l’a rejeté, refusé de le condamner et continuer d’accepter leur aide. (…) La volonté de Trump de ne pas prendre en compte les conclusions faites par la communauté du renseignement et sa défense continuelle de la Russie et du président Vladimir Poutine demande l’attention et la délibération du Collège électoral.

 

Le Kiosque du mardi 6 décembre 2016

Ce diaporama nécessite JavaScript.

TRUMPLANDIA

Un adepte des fake news à la sécurité nationale

Michael Flynn, le conseiller à sécurité nationale du président-élu, ancien lieutenant général de l’Armée américaine est un adepte des fake news et autres théories du complot qui se sont répandues comme une trainée de poudre ces derniers mois sur des sites d’infos bidons ou pro-Trump et qui ont mené à un accès de violence inédit de la part d’un jeune homme de 28 ans à Washington dimanche soir.
Si Flynn n’a jamais explicitement évoqué le « pizzagate », son fils, Michael Jr Flynn, continuait dimanche soir, à considérer les accusations faites à l’encontre d’une pizzeria de la capitale qui servirait de couverture à un réseau pédophile gérée par Hillary Clinton et son ancien chef de campagne, John Podesta, restait valable « jusqu’à ce qu’on prouve que c’est faux ».
Un professeur de science politique de l’université de Miami, Joseph Uscinski, se veut rassurant en expliquant à Politico qu’il « y a eu beaucoup de leaders dans l’histoire des Etats-Unis qui croyaient à des théories du complot mais personne ne le savait car il n’avaient pas de compte Twitter ».

***

Morning Joe, les copains de Trump?

Trump a fait de rares apparitions publiques depuis son élection, sauf pour prendre des bains de foule lors de sa tournée de remerciements, le USA Thank you Tour, mais deux journalistes ont réussi à nouer des relations privilégiées depuis le début de la campagne avec le président-élu, Joe Scarborough et Mika Brzezinski, présentateurs d’une matinale politique « Morning Joe » sur la chaîne libérale MSNBC. Depuis sa victoire aux présidentielles, Trump et son staff serait en constante communication avec le duo, et Brzezinski s’est même rendue à la Trump Tower la semaine dernière pour rencontrer Ivanka. L’émission Morning Joe est devenue le véritable « porte parole de la transition » selon un journaliste envieux de CNN, Chris Cuomo – ce dernier a d’ailleurs retweeté les extraits d’un passage du livre de Trump :

« L’élément brillant de MSNBC est Joe Scarborough et Mika Brzezinski dans leur programme Morning Joe. Je ne suis pas forcément tout le temps d’accord avec ceux qu’ils disent mais c’est un show dynamique et divertissant. Ils ont un futur prometteur à la télévision ou quoi qu’ils fassent. »

Aucun des deux présentateurs n’a jamais officiellement supporté Trump, et ont plutôt été très critiques à son égard et on devra compter sur eux dans les prochains mois pour en savoir un peu plus sur l’univers et les ambitions du futur président.

***

Un rebel chez les grands électeurs républicains

Christopher Suprun, un des 38 grands électeurs républicains du Texas sera amené avec cinq cents autres de ses collègues à choisir le président des Etats-Unis le 19 décembre prochain. Il a décidé de ne voter pour Donald Trump non pas parce que Hillary Clinton a remporté le vote populaire avec plus de 2,5 millions de voix d’avance, ni parce qu’il n’adhère pas à la politique de Trump, mais plus simplement parce « qu’il n’est pas qualifié pour cette fonction ».

« J’ai consacré je ne sais plus combien d’heures à servir le parti de Lincoln et élire ses candidats. J’en consacrerai encore plus à être fidèle à mon parti et plus beaucoup que certains dans son leadership. Mais je ne dois rien à un parti. Je dois à mes enfants de laisser une nation en laquelle ils peuvent avoir confiance.
(…)
L’élection du prochain président n’est pas encore scellée. Les électeurs qui ont une conscience peuvent faire le bon choix pour leur pays. ceux qui élisent le président ont légalement le droit et le devoir de voter en leur conscience. Je pense que ces électeurs devraient s’unir derrière un autre candidat républicain, un homme honorable et qualifié comme le gouverneur de l’Ohio, John Kasich. Je prie pour que mes camarades électeurs fassent fassent leur travail (…) »

***
Le gouverneur Kasich, le choix des « faithless electors »

On appelle un « faithless elector » un grand électeur qui a choisit de ne pas voter pour le candidat de son parti. Ca arrive rarement lors d’une élection, et ce ou ces électeurs sont généralement des cas isolés.
Ces élections sont différents et certains grands électeurs démocrates tentent de convaincre leurs collègues et ceux du parti républicain de choisir une alternative à Donal Trump, non pas Hillary Clinton, mais le « candidat du compromis », John Kasich, malheureux aux Primaires républicaines, pressenti un moment pour devenir le Vice-président avant l’offensive réussie de Mike Pence et considéré comme « le républicain le plus acceptable » rapporte Politico.
Ces « faithless electors » se sont regroupés dans une organisation, les « Hamilton Electors« , qui parcourent le pays depuis des semaines pour essayer de convaincre leurs confrères, et ils sont désormais huit: sept démocrates et un seul républicain, Christopher Suprun.
Un nombre très insuffisant devant l’importante majorité remportée par Trump aux élections, 306 grands électeurs contre 232 pour Hillary Clinton. Cette dernière est restée en dehors de ces tractations, même si elle s’est engagée à participer au recompte des voix dans la Michigan et le Wisconsin.

cy-rfa1weaag44i

 

Le Kiosque du mercredi 26 octobre 2016

Ce diaporama nécessite JavaScript.

ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

Les prévisions de FiveThirtyEight mercredi 26 octobre 2016
Les prévisions de FiveThirtyEight mercredi 26 octobre 2016

L’obsession et le cauchemar de Trump

Le New York Times a diffusé hier une interview de Donald Trump dans laquelle il éviscère Arsenio Hall, un ancien acteur comique, aujourd’hui disparu des écrans, parce qu’il a « souffert la plus grave forme d’humiliation publique: Le déclin de sa célébrité. La perte de son statut de star. Et c’est en fait, le pire cauchemar de Trump »

Les enregistrements révèlent un homme obnubilé par sa propre célébrité, inquiet de perdre son statut et méprisant envers ceux qui tombent en disgrâce. Ils capturent le plaisir viscéral qu’il prend à se battre, son manque d’intérêt pour l’histoire, le refus de se remettre en question et l’idée que peu de gens méritent son respect

Son étoile vandalisée

On se demande qu’est ce qu’il a du ressentir en apprenant que son étoile sur le Hollywood Walk of Fame,reçue en 2007 pour son émission The Apprentice, a été vandalisée tôt ce matin.
Ce n’est pas la première fois que celle-ci est attaquée depuis le début de sa candidature, on se souvient notamment d’un swastika peinte fin janvier, puis la touche « silencieux’ en juin et un mur placé tout autour de la dalle de marbre en septembre;
Une pétition a même été lancée pour retirer l’étoile de Trump mais refusée par le Hollywood Historic Trust.

Trump a encore des chances de gagner

C’est ce que constate le dernier sondage publié par Bloomberg Politics en Floride qui donne un avantage de deux points à Donald Trump dans ce must-win state qui avait été remporté par Obama en 2012 avec une marge de moins de 1%.
Il reste treize jours avant les élections et les deux candidats doivent entretenir la flamme des électeurs après l’excitation du dernier débat pour lequel Clinton et Trump se sont tous les deux déclarés vainqueurs.
Tout peut arriver ces deux prochaines semaines, de nouvelles révélations de Wikileaks, des nouvelles polémiques autour des candidats qui vont faire du terrain dans les états très disputés de Pennsylvanie, de Floride, et d’Ohio.

Megyn Kelly vs Newt Gingrich vs Bill Clinton.

Megyn Kelly a mené une interview très houleuse avec Newt Gingrich hier soir dans son émission The Kelly Files dans laquelle l’ancien porte-parole de la Chambre des Représentants a accusé la présentatrice star de Fox News « d’être fascinée par le sexe plutôt que la politique ».
« Je ne suis pas fascinée par le sexe mais je suis fascinée par la protection des femmes et comprendre ce qui peut nous arriver à la Maison Blanche et que les électeurs américains aimeraient savoir qui ils vont élire » a-t-elle répondu.
Gingrich s’en est ensuite pris à Bill Clinton en pressant Kelly de reconnaître qu’il « était un prédateur sexuel ».

 

Al-Jazeera défend Wikileaks

Wikileaks, accusée par la presse américaine de faire le jeu de Trump avec ses attaques répétées contre Clinton peut compter sur le soutien de nombreux médias conservateurs et d’extrême droite, mais aussi sur celui de Al-Jazeera, qui défend l’organisation de tout parti pris contre les démocrates.
Le site s’intéresse au contraire à la connivence des médias libéraux avec Clinton, révélés dans certains emails « problématiques », notamment un article de Politico qui aurait été envoyé à Podesta, le directeur de campagne de la candidate démocrate, avant publication – une « erreur » admise par Politico cet été.
L’auteur de l’article prend soin de citer les propos d’autres sites d’infos dits « libéraux » (Vox, Salon) mais parle quand même de « corruption politique au coeur du comité national démocrate » qui a favorisé son leader, Clinton, aux dépens de l’outsider et ancien indépendant, Sanders, durant les Primaires démocrates.
Wikileaks n’aura finalement que confirmer « le manque de confiance du public américain envers les médias (…) un signe de leur méfiance vis-à-vis du système politique dans son ensemble ».

 

Le kiosque du jeudi 29 septembre 2016

Ce diaporama nécessite JavaScript.


Un veto qui veto

Sur toutes les unes aujourd’hui, le véto du Sénat américain qui annule un véto que Barack Obama avait imposé qui permettait aux familles des victimes d’attentats (et notamment celles du 11 Septembre 2001) de pouvoir poursuivre en justice des gouvernements étrangers pour d’éventuels dommages et intérêts – l’Arabie Saoudite dans le cas présent, dont est originaire Oussama Ben Laden.
C’est le premier des 12 vétos décidés par le président ces huit dernières années à être outrepassé, qui résonne et l’administration Obama n’a pas du tout apprécié: Selon l’attaché de presse de la Maison Blanche, c’est le geste le plus embarrassant que le Sénat américain ait fait depuis 1983 – date du veto imposé contre Ronald Reagan.

***

Elections présidentielles américaines
Hillary Clinton a toujours du mal à convaincre les jeunes entre 18-29ans, dont 10% n’ont l’intention de voter pour aucun des deux candidats.
Un état d’esprit qui fait écho aux propos de Colin Kaepernick, le quarterback des San Francisco 49Ers, qui refuse depuis le début de la saison football américain, de saluer le drapeau en début de match, et pour lequel il a fait la une du Time la semaine dernière.
Ce dernier a qualifié Trump et Clinton de « menteurs avérés » et affirmé que cette élection revenait à choisir « le moins pire des deux » mais que cela restait quand même « le pire ».

Concernant les affaires extra-conjugales de son mari, Clinton doit préparer une ligne de défense contre un candidat qui pourrait s’en servir lors de deux prochains débats: « laisser-faire ou volonté de protéger la famille » se demande le Washington Post à propos de l’attitude de la candidate démocrate qui a toujours défendu son mari quitte à discréditer publiquement certaines femmes, dont les accusations, à l’encontre de Bill,  ont été plus tard confirmées.

Le troisième homme de ces élections, le libertarien Gary Johnson, a encore montré de sérieuses lacunes en politique étrangère hier en étant incapable de nommer un chef d’Etat étranger, même pas celui du Mexique voisin. Un passage vide qu’il a lui-même qualifié de « Aleppo moment » en référence à sa méconnaissance de la ville d’Alep, en Syrie, théâtre d’une guerre depuis plus de cinq ans.

Enfin selon Politico, 7% des électeurs ont perdu des amis à cause de ces élections pour le moins atypiques, et 65% pensent que le recours à un langage grossier en politique (a.k.a. Donald Trump) est inutile.

***


Saturday Night Live revient samedi

Dans un autre registre, Alec Baldwin a été recruté par Saturday Night Live qui reprend samedi (Margot Robbie est l’invité et The Weeknd à la chanson) pour jouer le rôle de Donald Trump avec Hillary Clinton, incarnée par Kate McKinnon, fraichement récompensée d’un Emmy Award.

Un choix étonnant puisqu’un ancien acteur du même programme, Darrell Hammond, avait excellé dans son genre la saison dernière.
A vous de juger

Pour Politico, « SNL pourrait bien faire le boulot que les chaînes d’infos câblées ont refusé de faire durant toute la campagne », à savoir être un peu plus critique envers le candidat républicain.

***

Le Show le plus cher de l’histoire sur Netflix
Intitulé « The Crown », la série raconte l’histoire de la monarchie anglaise d’Elizabeth II. Chaque saison se concentre sur une décennie de son règne et des personnes qui l’ont marqué et Netflix vient juste de diffuser une première bande annonce que voici.
Cette première saison aurait couté entre 100 et 130 millions de dollars.

***

Vogue se révolte …
Contre les bloggeurs de mode qui ont investi les premiers rangs des défilés de mode aux côtés des célébrités et dont l’amateurisme, le manque de style, et la recherche d’attention agacent profondément les professionnels de la mode: « le désastre du street style » incarné par ce jeunes « femmes qui se pavanent devant les caméras dans des habits qu’ont leur a prêté, et c’est triste aussi de voir autant de marques y participer » souligne Nicole Phelps, directrice des défilés pour le magazine, à propos de la fashion week de Milan qui avait lieu du 21 au 26 septembre dernier.
Alessandra Codinha, rédactrice mode de vogue.com, évoque elle « le paradoxe de la bloggeuse » qui « n’est même plus techniquement un bloggeuse » et qui « se ridiculise en posant, remuant sur son siège obsédée par sa présence sur les médias sociaux (…) Les gens se rendront bientôt compte du caractère grossier qu’est devenu l’utilisation de ces présences rémunérées et de leurs vêtements empruntés »

***

Trump en « Miss Sympathie » dans le prochain numéro du New Yorker!

The New Yorker - Edition du 10 Octobre 2016 - Barry Blitt "Miss Congeniality"
The New Yorker – Edition du 10 Octobre 2016 – Barry Blitt « Miss Congeniality »

L’effet Trump, une réaction contre les années Obama?

 

Peut-être que le pays n’est pas ce qu’ils en pensaient, peut-être que cette résistance à Obamacare, au mariage gay et au progrès dont ils sont si fiers est plus importante qu’une minorité criarde qu’ils ont toujours rejeté. Peut-être que, et les anciens et actuels conseillers du président l’avouent aujourd’hui, ils devront vivre avec Donald Trump comme président à cause d’une violente réaction contre Obama

C’est le triste constat de Politico ce matin, quelques heures avant le premier débat présidentiel entre Hillary Clinton et Donald Trump, qui reflète les inquiétudes de l’administration Obama et les aides de campagnes de la candidate démocrate: Et si Trump n’était pas une exception, mais la réaction d’une partie de la population américaine contre leur président actuel?

Twitter / Raja Sandhu
Twitter / Raja Sandhu

L’actuel président s’est d’abord moqué de l’auto-destruction du parti républicain littéralement hacké par un démagogue sans expérience politique et issu de la télé-réalité.
Une revanche pour un homme qui a dû affronter pendant ses deux mandats, l’opposition systématique, parfois kamikaze des républicains contre son programme – jusqu’à mettre le pays en faillite – et qui aurait du « normalement » se terminer avec le raz de marée électoral de Clinton.

Rien n’est moins sûr aujourd’hui. Au contraire

Obama l’a dit plusieurs fois, cette élection est aussi un plébiscite de ses deux présidences et la victoire, impensable il y a encore quelques semaines de Trump, serait interprétée comme un vote de défiance à son égard.

« Le président se demande qu’est ce qu’il aurait pu faire différemment pour que les gens qui profitent de ses politiques qu’il a mis en place, comme Obamacare, soutiennent les Démocrates (…) Même si Clinton gagne, Les Républicains ont montré que non seulement le pays est divisé entre le rouge et le bleu mais qu’il existe une Amérique qu’Obama n’a su toucher. »

Comment les Américains, qui ont élu le premier président afro-américain il y a huit ans, dont le bilan politique est l’un des plus prolifiques que le pays ait jamais connu, pourraient se tourner aujourd’hui vers l’opposé de ce qu’il représente: Une personne raciste, sexiste, xénophobe, qui joue sur la peur et qui cherche à diviser la population?

Tous les efforts qu’Obama a mis en place pour pousser les gens à s’opposer dans le respect, comme le président le rappelle, Trump a détruit tout cela explique Tommy Vietor [l’ancien porte-parole du président]. Il a rapporté une façon de faire en politique qui consiste à donner des coups de poing à son adversaire, peu importe que ce soit un coup bas ou que ce soit fondé. C’est une terrible leçon à apprendre« 

Obama a toujours souhaité négocier avec les Républicains qui ne l’ont jamais entendu de cette manière, et l’éventualité de voir Trump à la Maison Blanche est aussi l’une des conséquences de cet échec.
Hillary Clinton qui affronte Trump ce soir devrait garder cela en tête.