Le Kiosque du 28.06.17: La débâcle CNN; Faux Time; Sean Heller & « The Last Shot »

1. Du pain béni pour la Maison Blanche

    • Trois journalistes de CNN ont démissionné lundi après la publication d’un article qui affirmait, selon une source anonyme qui n’a pu être confirmée, que des sénateurs enquêtaient sur des liens entre un associé de Trump, Anthony Scaramucci et un fond d’investissement russe.

 

    • Publié jeudi dernier, l’article a été retiré vendredi avec les excuses de la chaîne d’info, acceptées par Scaramucci.
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      La plupart des journalistes de gauche comme de droite, ont salué cette décision, « impressionnante et décisive » pour la crédibilité du médium, affirme John Podoretz du New York Post et « Crier aux fake news », en reprenant les propos du président est « injuste ».

 

 

    • Hier en conférence de presse télévisée, la porte parole de la Maison Blanche a réitéré les accusations du président sur les informations erronées d’une presse « malhonnête », qui utilise des sources « anonymes » invérifiables, et provoqué la frustration du journaliste Brian Karem qui dénoncé des propos « incendiaires » visant à saper l’influence et le travail des journalistes « qui ne font que leur boulot ».

 

    • Sarah Sanders a également encouragé « tous les Américains à travers le pays » à regarder la vidéo, « peut-être vraie ou non, je ne sais pas », filmée en caméra cachée, d’un producteur de CNN qui affirme n’avoir aucune preuve de la collusion entre Trump et la Russie.

 

  • Il s’agit d’une « stratégie préméditée » de la Maison Blanche qui vise à discréditer le quatrième pouvoir auprès de ses supporters et qui a plutôt bien réussi jusqu’ici.

 

 


2. Aucun droit à l’erreur

 

Twitter / Graphique retwetté par Donald Trump

 

    • Comme l’explique Paul Fahri du Washington Post, « la débâcle de CNN arrive au pire moment pour la chaîne » qui a dû virer la comédienne Kathy Griffin il y a un mois après avoir posé avec la « fausse » tête coupée de Trump, qui s’est trompé sur le témoignage de James Comey devant le Sénat, …

 

    • Plus que jamais les médias accusés de répandre des « fake news » par le président n’ont aucun droit à l’erreur.

 

  • Ces erreurs sont aussi le symptôme d’une chasse au scoop qui oblige les rédactions à agir toujours plus vite et plus fort, parfois aux dépens de l’information:

    Comme tous les organes de presse, CNN doit produire des scoops qui rapportent de l’audience et du trafic sur internet, et rester en concurrence avec le New York Times et le Washington Post, qui dominent sur le thème de Trump et de la Russie

 

    • Trump ne s’est jamais attaqué à Fox News lorsque la chaîne a relayé des théories conspirationnistes comme celle de Seth Rich, ce jeune démocrate assassiné à Washington l’année dernière, qui a pris une telle ampleur que les parents du jeune homme ont demandé publiquement ce que la chaîne arrête d’utiliser la mort de leur fils à des fins politiques. – Think Progress

 

  • Fox News a mis une semaine à retirer l’article largement partagé sur internet et les réseaux sociaux, sans s’excuser, sans démission de journalistes, et son présentateur star, Sean Hannity, continue de promouvoir cette histoire dans son émission. – Red State
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3. Trump et sa fausse couverture du Time

 

  • David Fahrenthold, journaliste de Washington Post et récent lauréat du Pulitzer pour ses recherches sur la « générosité de Donald Trump envers les oeuvres de charité », a révélé qu’une « vraie » fake news, était accrochée dans plusieurs clubs de golf du président: Une couverture bidon de Time magazine datée de mars 2009 qui salue le succès du milliardaire « sur tous les fronts », notamment à la télévision.

    Comment est-ce que Trump – qui a passé toute sa campagne et la plupart de sa présidence à accuser les médias mainstream de produire des fake news – a fini par décorer ses propriétés avec un exemple parfait de journalisme bidon?

Vrai et fausse couverture de Time magazine

 


4. Un sénateur républicain attaqué par des pro-Trump

 

 

    • Le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, a décidé hier de retarder le vote de la réforme d’Obamacare, faute d’une majorité suffisante – cinq sénateurs républicains se sont prononcés contre, dont Dean Heller, du Nevada.

 

    • American First Policies, une organisation d’anciens conseillers de Trump dévoués à promouvoir et défendre son programme présidentiel, a lancé mardi une campagne radio et télé dans l’Etat du Nevada pour dénoncer les positions de Mr Heller sur la réforme de l’assurance santé. – Politico

      Des représailles incroyables contre un membre du parti du président et politiquement vulnérable (…) Une attaque destinée à prévenir tous ceux qui refuseraient de s’aligner sur l’agenda du président.

 

    • L’organisation avait menacé ce week-end le sénateur s’il ne retirait pas ses propos et malgré les demandes répétées de plusieurs sénateurs républicains dont leur leader, Mitch McConnell, d’arrêter ce chantage, American First Policies s’est exécutée hier après midi: Preuves des frustrations grandissantes entre le président et le parti républicain.

 

  • Devant les critiques de l’ensemble du parti, le groupe a finalement décidé de suspendre la campagne

 

 


5. « The Last Shot »

 

Propublica

 

    • Enquête de Propublica sur un nouveau traitement de substitution aux opiacés, appelé Vivitriol, révolutionnaire car administré une seule fois par mois par injection, qui est censé arrêter immédiatement les effets de la dépendance: un médicament miracle pour un pays qui fait face à la pire épidémie de drogues de son histoire.

 

    • Snobé par les médecins et patients, le médicament produit par Alkermes a trouvé un marché plus restreint mais en pleine croissance, « où les consommateurs n’ont pas forcément le choix », celui des tribunaux de traitement de la toxicomanie (« drug courts ») qui proposent aux détenus le traitement ou la prison. 

 

    • Créés durant la « guerre contre la drogue » pour désengorger les prisons, il existe aujourd’hui trois mille tribunaux de la sorte répartis dans la moitié des comtés du pays.

      Grace à ces juges et une épidémie qui s’accélère, 30 000 personnes reçoivent aujourd’hui des piqûres de Vivitriol. Les ventes du médicament ont atteint 58 millions de dollars durant le premier trimestre 2017 et pourraient atteindre 800 millions de dollars d’ici à 2020.

 

    • Mais pour remporter le marché des « drug courts », Alkermes doit convaincre juges, médecins et politiques de la plus grande efficacité de leur produit face à la compétition et ils n’ont pour le moment aucune preuve scientifique pour soutenir cet argument.

 

 

 


6. Couverture du Jour

  • Couverture impressionnante de Vanity Fair avec Serena Williams, photographiée nue et enceinte, par Annie Leibovitz, mais qui n’est pas du goût de Robin Givhan, qui s’alarme dans le Washington Post qu’aucune célébrité ne peut échapper aujourd’hui à ce rituel de poser nue et enceinte, qui est devenu un « moment instagrammable » et un autre moyen de faire de l’argent: Au lieu de promouvoir un film ou un album ou une ligne de vêtements, ils font de la pub pour la grossesse » – Washington Post

« alternative facts »: Les mensonges de la Maison Blanche

 Une conférence de press rock’n’roll

La blague de ce weekend, c’était la première conférence de presse très agitée de Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, qui a affirmé samedi que la cérémonie d’investiture de Trump avait réuni plus de monde que celles d’Obama en 2013 et 2009.

C’est le public le plus large qui ait jamais participé à une cérémonie d’inauguration point barre, en personnes et dans le reste du monde.

Il répondait aux nombreuses comparaisons faites par les journalistes vendredi matin qui comparaient les photos aériennes de Washington lors de l’investiture d’Obama, noires de monde et celles moins denses du 20 janvier 2017. Le ton était très agressif envers la presse accusée encore une fois de vouloir remettre en cause la popularité et la légitimité du nouveau président.
La star des éditorialistes conservateurs, Charles Krauthammer, a qualifié la prestation de « surréaliste » et Spicer est devenu en quelques heures la risée d’internet.

Même les médias conservateurs ont reconnu que les propos de Spicer étaient faux.
CNN a décidé de ne pas retransmettre la conférence de presse mais plutôt de la citer dans son contexte, tandis que Fox l’a diffusée en direct et dans son intégralité.
Les journalistes n’ont pas été autorisés à poser des questions. 

 

Bienvenue chez George Orwell

Interrogée hier matin par Chuck Todd dans l’émission dominicale Meet the Press sur NBC, Kellyanne Conway, « conseillère du président des Etats-Unis », a parlé de « faits alternatifs » pour caractériser les propos de Spicer, sans jamais reconnaître qu’ils étaient mensongers.
Une question de sémantique qui pose problème car la Maison Blanche ne représente pas le « intérêts de Donald Trump » mais « parle au nom de tous les Américains ».

Beaucoup de journalistes invoquaient George Orwell ce weekend, et le hashtag #alternativefacts dominait Twitter hier.

« Rien de cela ne devrait choquer » expliquait Margaret Sullivan dans le Washington Post ce matin:

« Les conférences de presse de la Maison Blanche sont du « journalisme d’accès », où les déclarations officielles – obtenues à la source [du pouvoir] – sont prises à leur juste valeur et rapportées comme de l’information. Tout cela est fini. Mort (…)
Les journalistes devront répondre en faisant leur travail avec responsabilité, avec justesse et sans avoir peur et au service du public »

La journaliste de citer Jessica Huseman de ProPublica

Les journalistes n’obtiendront aucune réponse de Spicer. On aura des réponses en creusant. En salissant nos mains. Allons y

Bannon veut renforcer le fossé entre la presse et Trump

Selon Brian Stelter, le journaliste de CNN, cette première conférence est une déclaration de guerre contre la presse.
Selon des sources, Steve Bannon, le « stratège en chef » de Donald Trump et auteur de son discours d’investiture, voudrait creuser le fossé entre le président et les médias grand public pour les affaiblir. « Il veut que son monde n’ait plus confiance en les médias ».

Le kiosque du lundi 23 janvier 2017

Une conférence de press rock’n’roll

La blague de ce weekend, c’était la première conférence de presse très agitée de Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, qui a affirmé samedi que la cérémonie d’investiture de Trump avait réunit plus de monde que celles d’Obama en 2013 et 2009.

C’est le public le plus large qui ait jamais participé à une cérémonie d’inauguration point barre, en personnes et dans le reste du monde.

Il répondait aux nombreuses comparaisons faites par les journalistes vendredi matin qui comparaient les photos aériennes de Washington lors de l’investiture d’Obama, noires de monde et celles moins denses du 20 janvier 2017. Le ton était très agressif envers la presse accusée encore une fois de vouloir remettre en cause la popularité et la légitimité du nouveau président.
La star des éditorialistes conservateurs, Charles Krauthammer, a qualifié la prestation de « surréaliste » et Spicer est devenu en quelques heures la risée d’internet.

Même les médias conservateurs ont reconnu que les propos de Spicer étaient faux.
CNN a décidé de ne pas retransmettre la conférence de presse mais plutôt de la citer dans son contexte, tandis que Fox l’a diffusée en direct et dans son intégralité.
Les journalistes n’ont pas été autorisés à poser des questions. 

 

Bienvenue chez George Orwell

Interrogée hier matin par Chuck Todd dans l’émission dominicale Meet the Press sur NBC, Kellyanne Conway, « conseillère du président des Etats-Unis », a parlé de « faits alternatifs » pour caractériser les propos de Spicer, sans jamais reconnaître qu’ils étaient mensongers.
Une question de sémantique qui pose problème car la Maison Blanche ne représente pas le « intérêts de Donald Trump » mais « parle au nom de tous les Américains ».

Beaucoup de journalistes invoquaient George Orwell ce weekend, et le hashtag #alternativefacts dominait Twitter hier.

« Rien de cela ne devrait choquer » expliquait Margaret Sullivan dans le Washington Post ce matin:

« Les conférences de presse de la Maison Blanche sont du « journalisme d’accès », où les déclarations officielles – obtenues à la source [du pouvoir] – sont prises à leur juste valeur et rapportées comme de l’information. Tout cela est fini. Mort (…)
Les journalistes devront répondre en faisant leur travail avec responsabilité, avec justesse et sans avoir peur et au service du public »

La journaliste de citer Jessica Huseman de ProPublica

Les journalistes n’obtiendront aucune réponse de Spicer. On aura des réponses en creusant. En salissant nos mains. Allons y

Bannon veut renforcer le fossé entre la presse et Trump

Selon Brian Stelter, le journaliste de CNN, cette première conférence est une déclaration de guerre contre la presse.
Selon des sources, Steve Bannon, le « stratège en chef » de Donald Trump et auteur de son discours d’investiture, voudrait creuser le fossé entre le président et les médias grand public pour les affaiblir. « Il veut que son monde n’ait plus confiance en les médias ».

 

Le coup de poing qui fait du bien

Le Kiosque est pacifiste et ne soutient aucune forme de violence, mais ce coup le coup de poing reçu par Richard Spencer vendredi dernier en marge de l’investiture de Donald Trump a eu des effets cathartiques pour de nombreux internautes sur Twitter.
Richard Spencer est « nationaliste blanc » qui avait fait le tour des médias en novembre dernier quand des saluts nazis avaient été filmés à l’une des conférences. Avec le lancement de son nouveau site altright.com, il espère populariser ses idées extrémistes et est venu en faire la promotion à Washington, à ses dépens, puisqu’il a été frappé violemment par un manifestant cagoulé.
Le tout filmé.
La vidéo a été reprise sur Twitter, et mise en scène avec des chansons, et ça donne ça:

Bruce Springsteen

ou Phil Collins

 

Wikileaks « trumpé »?

Kellyanne Conway, la porte parle du président, a annoncé dimanche comme on pouvait s’y attendre que Donald Trump ne diffusera pas ses déclarations de revenus – une promesse qu’il avait faite en cas de victoire.
Une organisation semble étonnée de ce revirement, Wikileaks, qui a dénoncé la « fausse promesse » du président dans un tweet dimanche et appelé ses abonnés a les lui fournir.
Preuve que l’organisation n’étaient pas en leur possession comme de nombreux Démocrates ont pu l’affirmer après les élections, en accusant l’organisation d’avoir favorisé Trump.