27.09.17

 

 

1. Les partielles en Alabama

 

 

  • La victoire de Roy Moore, le candidat anti-establishment soutenu par Breitbart et Steve Bannon contre Luther Strange, le candidat du parti républicain, soutenu par Donald Trump est un mauvais signe pour les candidats du GOP aux élections de 2018 où toute une série de nouveaux prétendants et adversaires pourraient faire campagne contre eux.

 

  • Le candidat le plus proche des idées de Trump était Roy Moore mais le président a dû suivre la direction de son parti dont il a besoin au Congrès pour faire passer son programme … qui ne passe pas.

 

  • Tous les tweets d’encouragement de Trump, qui est même allé en meeting à Huntsville en Alabama vendredi dernier, destinés à Luther Strange ont mystérieusement disparu après sa défaite hier soir. Le président a depuis félicité Roy Moore, « un mec super qui a fait une belle campagne »
     

    L’establishment républicain est tellement faible que même avec le soutien Trump, il est incapable de battre les « Trumpers »

 

  • Morning Joe a rassemblé les propos les plus controversés de Roy Moore:
     

 

  • Breitbat a commenté sur cette victoire qui est aussi un peu la sienne
     

    La victoire de mardi a montré la force et l’attraction de Breitbat News et prouve que les résultats extraordinaires du site en 2016 n’étaient pas un hasard. Breitbart News a réussi à fidéliser son lectorat et préserver une marque authentique.
    Donc Breitbart et Bannon ne sont pas seulement les deux noms les plus haïs de Washington, ils sont aussi les plus craints. Et ça implique que le mouvement politique qui a élu Trump en 2016 sera encore plus bruyant.

     


2. Le Jones Act

 

  • Trump saluait hier en conférence de presse hier le travail formidable des autorités fédérales venues secourir les 3,5 millions de Puerto Ricains qui vivent pour la plupart sans eaux, ni électricité depuis le passage de l’ouragan Maria, il y a une semaine. Une situation calamiteuse qualifiée de crise humanitaire par le gouverneur de l’île.
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  • Le désastre naturel a eu le mérite d’évoquer le problème du Jones Act, une loi sur la marine marchande signée en 1920 par Wilson qui impose que les biens transportés entre les différents ports du pays, le soient uniquement par des bateaux américains, construits aux Etats-Unis et dont le propriétaire et l’équipage sont américains. Une mesure protectionniste qui augmente les coûts de tous les produits importés des Etats-Unis sur l’île et que Puerto Rico pourrait obtenir à un prix plus compétitif s’il elle l’achetait des îles voisines, comme la Jamaïque
  •  

  • Le Department of Homeland Security a suspendu le Jones Act après les passages des ouragans Harvey et Irma, mais n’a pas encore décidé concernant l’ouragan Maria, provoquant la colère du sénateur de l’Arizona, John McCain:
     

    Il est inacceptable de forcer les gens de Puerto Rico à payer deux fois plus cher pour de la nourriture, de l’eau potable, des provisions et des infrastructures à cause des conditions imposées par le Jones Act alors que ces derniers se remettent juste d’un désastre.

     

  • Le Wall Street Journal a lui aussi dénoncé cette loi, l’une des pires du droit américain, qui fait de Puerto Rico, un « territoire de seconde zone »

 

 

 


3. Le retour des Crocs

 

  • Les chaussures les plus moches du monde, créées en 2002 en Floride pour remplacer la traditionnelle chaussure bateau, moins chère et plus commode que la Sebago, font un retour en force cette année sur les podiums, dans les magazines de mode et dans les rayons des supermarchés.
  • Malgré 300 millions de paires vendus et des profits supérieurs à un milliard de dollars ces six dernières années, la Croc, tombée en désuétude depuis 2010, a enregistré une hausse de 50% de ses profits cette année, grâce notamment au succès du modèle classique en mousse et anti-dérapant, vendu 35 dollars.
  • Un investissement de 200 millions de dollars, la fermeture de centaines de magazines peu rentables, des collections plus réduites avec nouvelles couleurs et imprimés, une campagne de publicité avec la star de catch, John Cena et Drew Barrymore et nous voilà envahis à nouveau par cette monstruosité. Heureusement l’hiver arrive.
  • Crocs surfe aussi sur la vague des vêtements dits de « athleisure » – la rencontre de l’athlétisme et du loisir – qui pousse les consommateurs à préférer le confort à l’esthétique comme les autres marques de chaussure moches comme UGG, Tevas, Birkenstocks* « Croc’s billion dollar strategy: Stay Ugly »Washington Post

 


4. Must Read: L’assassinat de Kim Jong Nam

 

  • Longue et passionnante enquête du magazine masculin GQ ce mois-ci sur l’assassinat de Kim Jong Nam, frère aîné de Kim Jung Un et ancien prétendant à la succession du Kim Jong-il, dans un aéroport de Kuala Lumpur en février dernier, par deux jeunes femmes payées pour réaliser un soi-disant canular filmé en caméra cachée.
    La vidéo de l’agression diffusée par la télévision japonaise qui a fait le tour du monde, attribuée très vite son jeune cadet, donne une idée de la sauvagerie du nouveau chef de la Corée du Nord qui a volontairement laissé les traces de son passage « pour tenter d’effrayer le reste de monde ».

     

    Ce que Siti comprendra quelques semaines plus tard, c’est que les Nord-Coréens ont minutieusement préparé chaque détail de son recrutement et de l’assassinat. James son recruteur, introduit comme Japonais était en réalité nord-coréen, a rencontré John, le chauffeur de taxi lors d’une course et lui a demandé de lui trouver des filles. Ce dernier lui a d’abord présenté une Philippine qui demandait trop d’argent, puis une vietnamienne (qui sera utilisé comme la fausse cible de Siti) avant de finalement rencontrer Siti. Dès lors, Siti a été coachée à travers le monde par des hommes entraîné spécialement pour cette mission.

    * « The Untold Storyof Kim Jong-nam’s Assassination » – GQ

 


5. Qu’est ce qui compte?

 

  • Essai intéressant paru dans le New York Times magazine sur l’évolution de ce que nous considérons comme important et ce qui ne l’est pas, dans une période où notre cerveau est constamment distrait par les nouvelles technologies et qui doit faire face à des changements politiques profonds.
     

    La distraction c’est notre arrêt de mort. C’est la façon dont le monde va s’éteindre, non avec une explosion mais une sonnerie, depuis notre Iphone. Jusqu’à récemment, ces distractions étaient faciles à repérer, tu savais les reconnaître immédiatement, et tout le monde était d’accord sur ce compte et ce qui importe moins (…) Mais depuis les élections 2016 – au fur et à mesure que le discours politique s’est envenimé, s’est divisé – on est devenu incapable de s’entendre sur ce qu’on peut prendre à la légère et ce qui importe davantage (…) De gauche comme de droite, c’est devenu un sujet récurrent dans les débats politiques d’appeler toute attaque contre la Maison Blanche une distraction, selon les propres termes de la Maison Blanche (…) La magie du mot « distraction » est qu’elle minimise et discrédite quelque chose sans avoir à se justifier (…) Il est donc de plus en difficile de s’accorder sur la direction vers laquelle doit se tourner notre attention et comment elle doit être utilisée

  •  

  • * « What I care about is important. What you care about is a distraction » The New York Times magazine

 


6. NYT vs 538

 

    • C’est une petite broutille entre excellents journalistes libéraux américains mais qui révèle un an après la victoire surprise de Donald Trump aux élections présidentielles, le ressentiment de certains contre leurs collègues notamment quand il s’agit de Hillary Clinton et sa messagerie privée – qui lui a coûté selon elle, les élections. 
    •  

    • On a appris cette semaine que plusieurs représentants de l’administration Trump, dont son genre Jared Kushner, avaient utilisé une messagerie privée dans le cadre de leurs fonctions officielles. La même erreur qui a été martelé pendant la campagne contre la candidate démocrate lorsqu’elle était le Secrétaire D’Etat de Barack Obama.
    •  

    • Maggie Haberman, journaliste star du New York Times a rapporté l’info mardi et reçu les foudres d’un ancien de la Gray Lady, le célèbre Nate Silver, qui l’accuse avec le Times d’avoir « continuellement abordé les emails d’Hillary Clinton et [d’en avoir] fait le centre d’intérêt de sa campagne ».
      Il rajoute: « Les emails de Clinton ne se sont pas transformés tout seuls en une histoire importante. Le New York Times a joué un rôle là-dedans. »
       
    •  

    • Haberman a répondu en pointant les erreurs de 538 concernant les chances de victoire de Clinton, ce à quoi Nate Silver a répondu avoir reconnu ses erreurs tout en ayant fait eu une marge d’erreur moins importante que celle du New York Times. 
    • Haberman qui suivait Trump a vu sa carrière décoller depuis l’élection de Trump et est passé à d’autres quand d’autres journalistes, tout aussi talentueux restent 

 

 

 


7. Changement de carrière

  • Preet Bahara, procureur fédéral du Sud de l’Etat de New York, considéré depuis sa nomination par Barack Obama en 2009 comme l’un des « procureurs les plus agressifs et bruyants contre la corruption et le crime à Wall Street », viré manu-militari par Donald Trump en mars dernier après avoir refusé de démissionner, a trouvé une nouvelle lubie: Le podcast.
  • « Stay Tuned with Preet Bahara » qui a fait ses débuts sur la radio new yorkaise WNYC cartonne depuis une semaine

 


8. Séries télé: Less is more

 

  • « Chasing the Dragon »: Le succès mondial de la série « Game of Thrones » – dix-quinze millions de dollars par épisode – et « l’émergence de poids lourds du streaming qui n’ont pas les mêmes directives financières que les chaînes de télé traditionnelles, les coûts ont augmenté partout, du repérage des lieux de tournage à la location d’équipements et de studios de post-production. »
  • « Un nombre croissant de services demandent plus de temps et d’argent (…) Le coût des contenus sur des plate-formes à la demande se situe entre cinq et sept millions de dollars de l’heure contre 1,5 à trois millions pour les chaînes du câble » – même si ces chiffres ont déjà augmenté ces cinq dernières années
  • Les compagnies comme Netflix, Amazon ou encore Hulu, dont les budgets sont quasiment illimités sont présentés comme les grands vilains* « TV Series Budgets Hit the Breaking Point as Costs Skyrocket in Peak TV Era » – Variety
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  • « Alors que Hollywood et la Silicon Valley mettent des sommes de plus en plus importantes dans l’écosystème télévisuel, il est difficile de ne pas redouter la façon dont les milliards de dollars ont commencé à redéfinir les priorités et ses résultats (…) Le problème des excès – plus d’argent, plus de séries et plus de chaînes – c’est que toujours plus ne signifie toujours mieux« * « Will Out-of-control episode cost kill Peak TV » – Variety

 


9. Couverture du Jour

 

  • Un hommage au succès planétaire de Game of Thrones dan Variety qui y consacre sa cover story – voir plus haut
     

26.09.17

 

1. Obamacare survit

  • Le porte parole de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell a annoncé cet après midi qu’il retirait la dernière proposition de réforme de l’assurance santé préparée par Bill Cassidy et Lindsey Graham après l’annonce hier soir que leur collègue du Maine, Susan Collins voterait contre.
    Incapable d’assurer une majorité de 51 voix derrière la proposition, c’est la cinquième tentative ratée de supprimer Obamacare devant le Sénat.

 

  • Un coup dur pour le président qui en a fait l’une des promesses de son programme de campagne, mais surtout pour les Républicains, dont c’est l’obsession politique depuis son vote en 2010.
    Les Républicains ont le président, les deux majorités au Congrès et sont incapables de faire passer l’un des grands projets de leur parti.

 

  • Mitch McConnell n’a pas annoncé de nouvelle proposition de réforme et le prochain projet du Sénat devrait être la réforme fiscale

 


2. Pourquoi Obamacare survit

 

  • Charles Krauthammer, journaliste américain, célèbre pour ses chroniques politiques conservatrices, expliquait en mars dernier dans le Washington Post pourquoi est ce qu’il est difficile de supprimer un programme comme Obamacare:

    Une fois que quelque chose vous est donnée – par exemple l’assurance maladie pour vingt millions de personnes – vous pouvez l’enlevez mais à vos risques et périls. C’est pareil pour n’importe quelle aide du gouvernement, mais surtout pour l’assurance maladie.
    Il y a bien une raison pour laquelle aucune démocratie occidentale dotée d’un système nationale de santé ne l’a jamais abolit.
    Le génie de la gauche a été de continuer à élargir les aides de l’Etat en créant des nouvelles offres qui sont politiquement impossibles à supprimer (…)
    Les gens détestaient Obamacare pour son « autoritarisme », son incompétence et son coût. Mais en même temps, ses rédacteurs ont pris grand soin de créer de nouveaux bénéficiaires et de nouvelles attentes. Ce qui rend son retrait très compliqué. (…)
    L’idée qu’on puisse éradiquer les racines et les branches d’Obamacare est fantaisiste. Pour tous ses défauts catastrophiques, Obamacare a changé les attentes des gens. Il n’y a rien de gratuit.
    La ligne dure du parti républicain doit accepter que les Américains sont habitués à des aides en matière d’assurance santé, tout comme les modérés doivent accepter les histoires de ceux qui vont inévitablement y perdre dans cette réforme, C’est le prix politique à payer pour remplir cette promesse de sept ans d’abolir et de remplacer Obamacare

    « The Real World of Obamacare Repeal » – The Washington Post


3. Elections 2018: Guerre civile à droite

 

  • Le président a enchaîné les échecs aujourd’hui avec la défaite de Luther Strange, le candidat républicain qu’il avait soutenu pour remplacer Jeff Sessions parti à la justice. Le vainqueur est Roy Moore, soutenu par Breitbart, Steve Bannon, Sarah Palin et même Nigel Farage, l’ancien affreux du parti indépendant anglais et partisan du Brexit.
    Il affrontera le démocrate Doug Jones dans les urnes le 12 décembre prochain

 

  • Les résultats de cette élection sont importants pour plusieurs raisons:
    • La victoire d’un candidat anti-establishment soutenu par l’alt-right pourrait booster les ambitions de nombreux candidats pour les élections de mi-mandat en 2018 et aggraver les tensions à droite entre pro-GOP et anti-GOP
    • C’est un nouvel échec pour l’establishment du parti républicain, et notamment de Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, qui ont investi des millions de dollars dans la campagne pour aider Luther Strange et « rassurer ses collègues qu’ils pourraient survivre l’ère Trump »
    • L’influence de Trump sur les électeurs de droite a ses limites: ses électeurs n’ont pas respecté sa consigne de vote malgré un meeting haut-en-couleur en Alabama la semaine dernière. Trump a gagné la candidature républicaine et les élections présidentielles en s’imposant comme un outsider anti-establishment – une posture qu’il a dû abandonner depuis qu’il est président pour faire passer son programme … qui ne passe pas, et qui pourrait lui poser problème lors des futures élections.

      * « After Alabama, GOP anti-establishment wing declares all-out war in 2018 »Washington Post 

 


4. Espionnage légal

 

  • Le Department of Homeland Security en charge de toutes les questions d’immigration a publié une nouvelle mesure dans le « Federal Register », le Journal Officiel américain, concernant les immigrés vivant aux Etats-Unis et ceux naturalisés américains, qui autorise à partir du 18 octobre prochain la collecte de toutes les informations disponibles sur leurs médias sociaux nécessaires à leur « fichier d’immigration ».

 

  • Il s’agit non seulement d’une violation de la vie privée, une entrave à la liberté d’expression et la porte ouverte à une éventuelle discrimination idéologique pour ceux qui aspirent à venir habiter aux Etats-Unis – Ou comment les médias sociaux peuvent être utilisés par le gouvernement au détriment de ses utilisateurs au nom d’une lutte contre le terrorisme qui n’a jamais encore fait ses preuves.* « People are worried about DHS Plans to Gather Social Media Info »Buzzfeed

 


5. Puerto Rico est une île et américaine

 

  • « Est-ce que Trump vient d’apprendre que Puerto Rico est américaine? » se demande sérieusement ce matin Jennifer Rubin dans le Washington Post devant le silence du président sur les ravages causés par l’ouragan Maria sur l’île des Caraïbes qui survit depuis est sans eau, ni électricité et dont 80% des terres cultivées sont aujourd’hui détruites.
  • Trump s’est réveillé hier soir après dîner, en évoquant la situation catastrophique de l’île, « qui souffrait déjà de mauvais infrastructures et d’une dette importante », « de milliards de dollars empruntés à Wall Street et aux banques et qui doivent être réglés ». Une référence à la crise économique à laquelle fait face l’île depuis plusieurs années mais qui n’a rien à voir avec la lenteur des secours face à la crise humanitaire.
  • Interrogé cet après midi sur la question, le président a affirmé que le gouverneur de l’île l’avait remercié pour l’excellent travail des autorités fédérales malgré les défis que posent l’envoi des secours sur une île, « au milieu de l’océan, qu’il est impossible d’atteindre en conduisant son camion »

 

 


6. Must Read: Mensonges à Twin Falls

 

Les articles des sites d’extrême droite sur l’affaire d’agression sexuelle

 

  • Durant l’été 2016, dans la ville de Twin Falls dans l’Idaho, l’agression sexuelle d’une jeune mineure blanche par deux jeunes réfugiés musulmans, également mineurs, a provoqué une vague de haine et de paranoïa sans précédent au sein de la population, à l’encontre des Musulmans, exacerbée la désinformation des médias d’extrême droite, le silence des autorités, la rhétorique raciste du candidat républicain, et même les publicités russes sur Facebook.
    « Ils sont incompatibles avec notre culture » a-t-elle affirmé. « Ils nous détestent. Ils ne veulent pas devenir Américains. Ils refusent de s’assimiler. Qu’est ce qu’il y a d’autre à voir? Quelle preuve de plus à apporter »
    C’était un meeting assez particulier mais Brown n’était davantage surpris. Quelques mois plus tôt, quand les militants anti-réfugiés ont commencé à s’organiser, il a essayé de comprendre leur point de vue. Il a lu Ann Coulter et a commencé à suivre des blogs anti-réfugiés. Ce soir là, tout ce qu’il avait lu, il l’entendait sortir de la bouche des voisins »

 

  • Les médias comme Breitbart se sont emparés du sujet pour mieux l’exploiter et servir leur idéologie raciste et anti-immigration laissant une communauté profondément divisée derrière elle et un journal local qui a sauvé la dignité de la ville. * « How Fake News Turned a Small Town Upside Down » – The New York Times magazine

 

 


7. Les news vont bien!

  • ABC, NBC et CNN crient victoire depuis la diffusion des audiences annuelles de leur programmes d’actualités s’en sont même vanté dans le Washington Post et le New York Times
  • Axios, le site d’informations spécialisé en politique et affaires lancé au début de l’année 2017 par l’un des anciens fondateurs de Politico, Jim VandeHei, et plusieurs de ses journalistes stars, Roy Schwartz, Mike Allen, Jonathan Swan, a décidé de retarder la mise en place de son abonnement annuel de dix mille dollars pour se concentrer sur la construction de la marque et la fidélisation des lecteurs.

    Schwartz n’a pas révélé quand l’abonnement serait lancé et quel genre d’informations il offrirait. Le défi pour l’éditeur est de trouver des informations assez uniques pour que des professionnels poussent leur entreprises à dépenser une telle somme.

    Axios compte 85 employés dont 40 dans la rédaction.

 

  • Le Washington Post profite de l’effet Trump et vient de dépasser le million d’abonnés en ligne, trois fois plus que les chiffre de l’an dernier.

 


8. IT, seconde partie

  • New Line, le label des studios Warner Bros, qui vient de réaliser la plus importante sortie jamais réalisée par un film (IT) lors d’un week-end de septembre (218 millions de dollars) a annoncé la sortie de la seconde partie en septembre 2019 sous la direction de Andy Muschietti.

9. La couverture du Jour

 

  • De Sports Illustrated sur la dernière polémique made-in-Trumplandia

25.09.17

 

1. Marionnettes

 

  • Les journalistes, commentateurs, internautes, et médias internationaux n’avaient qu’un seul mot à la bouche ce week-end: les propos incendiaires du président contre les « fils de pute » de joueurs qui osent mettre un genou à terre pendant l’hymne national et les témoignages de solidarité des joueurs hier sur le terrain.

 

  • Vendredi soir, Trump, en meeting en Alabama pour soutenir un candidat de l’establishment républicain, Luther Strange contre le favori, Roy Moore, soutenu par Breitbart et l’extrême droite américaine [pour remplacer le siège de sénateur de Jeff Sessions], a donné de « la viande rouge sanguinolente à un troupeau de Déplorables affamés qui l’a dévoré » provoquant la réaction au quart de tour des médias, médias sociaux et de l’opinion publique. Nouvelle démonstration de la facilité avec laquelle Trump manipule les médias et l’opinion publique, et qui n’a eu pour effet que de renforcer les opinions des libéraux et des conservateurs autour de cette pseudo-guerre culturelle sur la liberté d’expression et le patriotisme.

 

  • Dans son éditorial ce matin, le Wall Street Journal s’inquiète de cette « politisation de tout »:

    Les démocraties saines aiment débattre de politique mais laissent une plus grande place à la société civile et la culture qui rassemblent plus qu’elles ne divisent. Avec la politisation de la Ligue Nationale de Football et de l’hymne national, les Etats Divisés d’Amérique affichent un niveau toxique de polarisation et de défiance.

    Et la faute à qui? Au président, qui plutôt de rester au-dessus des débats politiques en cherchant à unifier le pays, ne fait que le diviser pour rassurer sa base de déplorables et détourner l’attention des médias de ses échecs législatifs.

 


2. Et tout le monde en profites

 

  • Les unes des journaux américains ce matin revenaient tous ce matin sur cette épisode d’unité visible chez les joueurs de football et leur équipe: Les témoignages de solidarité ont côtoyé les nombreux éditos enflammés sur la défense de la liberté d’expression, les valeurs de l’Amérique, la beauté du sport,…

 

  • Mention spécial à la une du Chicago Sun-Times dédié au premier Amendement de la constitution

 

  • Comme le note Michael Calderone dans sa newsletter « Morning Media » publié par Politico, ce n’est pas la première fois que l’administration Trump demande à des entreprises privées de condamner les propos de leurs employés. La porte parle de la Maison Blanche avait appelé ESPN à virer sa journaliste afro-américaine Jemele Hill à près avoir traité le président de suprémaciste blanc.

 


3. Le drame de Puerto Rico

 

  • Le président a twitté 17 fois sur la polémique qu’il a remis à jour vendredi soir contre les jours de NFL qui ne respectaient pas l’hymne national mais rien sur l’île américaine de Puerto Rico, ravagée par l’ouragan Irma puis Maria, encore plus destructeur la semaine dernière. Beaucoup des 3,4 millions de résidents de l’île des Caraïbes n’ont plus d’eau, ni électricité, et la nourriture manque – Selon le New York Times, 80% des terres agricoles ont été ravagées.
    Les dégâts matériels et physiques empêchent l’accès aux moyens de communication, et beaucoup sont incapables de prévenir leur proche car les réseaux cellulaires sont en panne. Le gouverneur de Puerto Rico a demandé davantage de moyens ce week-end de la part du gouvernement fédéral qui n’ont pas encore été distribués.


    « Puerto Ricans describe horror in the streets after Hurricane Maria » – HuffPost

 


4. Recherche Reforme désespérément

 

  • Les Démocrates et Conservateurs savent que la dernière proposition dite « Graham-Cassidy » visant à supprimer et remplacer Obamacare est une fraude qui n’a pour but que de rassurer la majorité sur sa capacité à faire passer une mesure majeure: Sans même avoir reçu les chiffres du Comité du Congrès sur le Budget, vingt millions d’Américaines perdraient leur assurance à travers la suspension de subventions destinés à Medicaid (le programme d’aide aux plus défavorisés) et aux assurances privées.
  • Pour convaincre les sénateurs républicains indécis, Lindsey Graham et Bill Cassidy ont révisé leur copie ce week-end et décidé de leur donner davantage de subventions à leur Etat, pour rassurer les électeurs et les empêcher d’en payer le prix aux prochaines élections du mi-mandat l’année prochaine – On parle dont de l’Arizona (John McCain),du Kentucky (Rand Paul), de l’Alaska (Lisa Murkowski) et le Maine (Susan Collins)

 

  • Problème: selon le Washington Post, ces derniers seraient toujours aussi sceptiques à l’encontre d’une proposition qu’il n’aime guère « fondamentalement »

 

  • Ce soir, débat télévisé sur CNN entre Cassidy, Graham d’un côté et les sénateurs indépendants, Bernie Sanders et Amy Kobluchar du Minnesota.

 


5. L’Amérique laissée pour compte

 

  • Pour Mike Allen de Axios c’est l’un des rapports les plus déconcertant de ces derniers mois, celui publié aujourd’hui par Economic Innovation Group qui montre que si les Etats-Unis continuent de s’enrichir, c’est au profit d’une minorité située dans des enclaves géographiques bien délimitées (par le code postal « zip codes ») et au détriment du reste du pays – les « laisser pour compte » si chers à Donald Trump.
  • Les zones favorisées accueillent la plupart des emplois, de la croissance, des travailleurs diplomés en meilleure santé – Seattle, San Francisco, Austin ou plus petites comme Gilbert en Arizona ou Plano au Texas. Les deux tiers des investissements en capitaux sont destinés à la Californie, New York et le Massachusetts.

    Aujourd’hui la plupart des emplois reviennent aux gens diplômés qui habitent dans des communautés dynamiques: C’est un cycle qui s’auto-renforce.

  • Les conditions économiques et sociales des régions défavorisées ne font qu’empirer, surtout dans les anciennes régions industrielles du MidWest et Nord Est – celles qui ont « swingé » pour Donald Trump lors des dernières élections.

    « Ce n’est pas un problème républicain ou démocrate, les deux partis représentent ces régions en difficulté. Mais les disparités financières entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas renforcent les clivages politiques, et aucune solution n’a été proposée jusqu’ici pour remédier à cela. »

 

 

 


6. Rentabilité oblige

 

  • Le New York Times a réalisé un classement des 50 entreprises américaines les plus rentables entre 1926 et 2016 et sans grande surprise, Apple, l’une des plus jeunes, arrive en première position devant Exxon Mobil, Microsoft, General Electric, IBM … Amazon est 14ème, Coca-Cola 15ème, Facebook (la plus jeune) est 28ème et McDonalds est 31ème.

 

 


7. « Carlos Danger » en taule

 

  • C’était l’une des étoiles montantes du Parti Démocrate, marié à Huma Abedin – la conseillère de Hillary Clinton – l’un des plus jeunes parlementaires du pays, candidat à la mairie de New York …  qui a tout perdu en sextant des mineurs.
    L’un des traits de caractère d’Anthony Weiner, c’est sa pugnacité, que ce soit en politique (l’excellent doc Weiner sur le personnage) ou au coeur du scandale: il ne se laisse jamais abattre.

 

  • Non content d’une première humiliation publique – révélée par Andrew Breitbart, le père du site d’infos – qui l’a fait démissionner du Congrès américain en 2011, il a continué à sexter des mineurs et leur envoyer des photos de ses parties intimes, cette fois-ci sous le pseudo « Carlos Danger » qui a ruiné sa campagne plutôt réussie à la mairie de New York, en 2013 – après avoir juré être guéri en couverture du New York Times magazine.
    Ce n’est pas fini.
    Il a continué ses activités salaces durant la campagne présidentielle de 2016, a été dénoncé et c’est le FBI qui s’en est mêlé et a effectué une perquisition dans l’appartement du couple, où les disques durs des ordinateurs ont été réquisitionnés, et dans lesquels les agents ont trouvé des emails entre Clinton et Abedin. C’est cette découverte qui a poussé James Comey à écrire au Congrès dix jours avant le scrutin pour les informer de l’éventualité de la réouverture d’une enquête sur la messagerie privée de Clinton – un geste qui lui aurait soi-disant coûté les élections.

 

  • Anthony Weiner, 53 ans, vient d’écoper de 21 mois de prison aujourd’hui, dix mille dollars d’amende, sera fiché comme délinquant sexuel pendant trois après la fin de sa détention.
    Le seul content dans cette histoire, c’est le New York Post qui déteste encore plus Weiner que l’actuel maire de la ville, Bill de Blasio.

 


8. The Opposition

  • La dernière émission de la chaîne câblée Comedy Central, intitulée « The Opposition », présentée par Jordan Klepper, devrait être l’équivalent pour la droite alternative de ce que le Colbert Report avait été pour les Républicains. Le comédien reprendra le rôle de reporter qu’il a tenu trois ans dans The Daily Show (avec Trevor Noah) mais cette fois-ci pour dénoncer, à la manière des trolls d’internet, les mensonges et manipulations du pouvoir, des médias grand public, de la classe dirigeante à travers théories du complot, fake news et autres absurdités inspirées par les programmes de vraies célébrités alt-right Alex Jones, Breitbart ou Rush Limbaugh.
    Il sera entouré des chroniqueurs qui joueront les bloggers et animateurs radio racistes tels que Tomi Lahren, Dana Loesch, Milo Yiannopoulos.