26.09.17

 

1. Obamacare survit

  • Le porte parole de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell a annoncé cet après midi qu’il retirait la dernière proposition de réforme de l’assurance santé préparée par Bill Cassidy et Lindsey Graham après l’annonce hier soir que leur collègue du Maine, Susan Collins voterait contre.
    Incapable d’assurer une majorité de 51 voix derrière la proposition, c’est la cinquième tentative ratée de supprimer Obamacare devant le Sénat.

 

  • Un coup dur pour le président qui en a fait l’une des promesses de son programme de campagne, mais surtout pour les Républicains, dont c’est l’obsession politique depuis son vote en 2010.
    Les Républicains ont le président, les deux majorités au Congrès et sont incapables de faire passer l’un des grands projets de leur parti.

 

  • Mitch McConnell n’a pas annoncé de nouvelle proposition de réforme et le prochain projet du Sénat devrait être la réforme fiscale

 


2. Pourquoi Obamacare survit

 

  • Charles Krauthammer, journaliste américain, célèbre pour ses chroniques politiques conservatrices, expliquait en mars dernier dans le Washington Post pourquoi est ce qu’il est difficile de supprimer un programme comme Obamacare:

    Une fois que quelque chose vous est donnée – par exemple l’assurance maladie pour vingt millions de personnes – vous pouvez l’enlevez mais à vos risques et périls. C’est pareil pour n’importe quelle aide du gouvernement, mais surtout pour l’assurance maladie.
    Il y a bien une raison pour laquelle aucune démocratie occidentale dotée d’un système nationale de santé ne l’a jamais abolit.
    Le génie de la gauche a été de continuer à élargir les aides de l’Etat en créant des nouvelles offres qui sont politiquement impossibles à supprimer (…)
    Les gens détestaient Obamacare pour son « autoritarisme », son incompétence et son coût. Mais en même temps, ses rédacteurs ont pris grand soin de créer de nouveaux bénéficiaires et de nouvelles attentes. Ce qui rend son retrait très compliqué. (…)
    L’idée qu’on puisse éradiquer les racines et les branches d’Obamacare est fantaisiste. Pour tous ses défauts catastrophiques, Obamacare a changé les attentes des gens. Il n’y a rien de gratuit.
    La ligne dure du parti républicain doit accepter que les Américains sont habitués à des aides en matière d’assurance santé, tout comme les modérés doivent accepter les histoires de ceux qui vont inévitablement y perdre dans cette réforme, C’est le prix politique à payer pour remplir cette promesse de sept ans d’abolir et de remplacer Obamacare

    « The Real World of Obamacare Repeal » – The Washington Post


3. Elections 2018: Guerre civile à droite

 

  • Le président a enchaîné les échecs aujourd’hui avec la défaite de Luther Strange, le candidat républicain qu’il avait soutenu pour remplacer Jeff Sessions parti à la justice. Le vainqueur est Roy Moore, soutenu par Breitbart, Steve Bannon, Sarah Palin et même Nigel Farage, l’ancien affreux du parti indépendant anglais et partisan du Brexit.
    Il affrontera le démocrate Doug Jones dans les urnes le 12 décembre prochain

 

  • Les résultats de cette élection sont importants pour plusieurs raisons:
    • La victoire d’un candidat anti-establishment soutenu par l’alt-right pourrait booster les ambitions de nombreux candidats pour les élections de mi-mandat en 2018 et aggraver les tensions à droite entre pro-GOP et anti-GOP
    • C’est un nouvel échec pour l’establishment du parti républicain, et notamment de Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, qui ont investi des millions de dollars dans la campagne pour aider Luther Strange et « rassurer ses collègues qu’ils pourraient survivre l’ère Trump »
    • L’influence de Trump sur les électeurs de droite a ses limites: ses électeurs n’ont pas respecté sa consigne de vote malgré un meeting haut-en-couleur en Alabama la semaine dernière. Trump a gagné la candidature républicaine et les élections présidentielles en s’imposant comme un outsider anti-establishment – une posture qu’il a dû abandonner depuis qu’il est président pour faire passer son programme … qui ne passe pas, et qui pourrait lui poser problème lors des futures élections.

      * « After Alabama, GOP anti-establishment wing declares all-out war in 2018 »Washington Post 

 


4. Espionnage légal

 

  • Le Department of Homeland Security en charge de toutes les questions d’immigration a publié une nouvelle mesure dans le « Federal Register », le Journal Officiel américain, concernant les immigrés vivant aux Etats-Unis et ceux naturalisés américains, qui autorise à partir du 18 octobre prochain la collecte de toutes les informations disponibles sur leurs médias sociaux nécessaires à leur « fichier d’immigration ».

 

  • Il s’agit non seulement d’une violation de la vie privée, une entrave à la liberté d’expression et la porte ouverte à une éventuelle discrimination idéologique pour ceux qui aspirent à venir habiter aux Etats-Unis – Ou comment les médias sociaux peuvent être utilisés par le gouvernement au détriment de ses utilisateurs au nom d’une lutte contre le terrorisme qui n’a jamais encore fait ses preuves.* « People are worried about DHS Plans to Gather Social Media Info »Buzzfeed

 


5. Puerto Rico est une île et américaine

 

  • « Est-ce que Trump vient d’apprendre que Puerto Rico est américaine? » se demande sérieusement ce matin Jennifer Rubin dans le Washington Post devant le silence du président sur les ravages causés par l’ouragan Maria sur l’île des Caraïbes qui survit depuis est sans eau, ni électricité et dont 80% des terres cultivées sont aujourd’hui détruites.
  • Trump s’est réveillé hier soir après dîner, en évoquant la situation catastrophique de l’île, « qui souffrait déjà de mauvais infrastructures et d’une dette importante », « de milliards de dollars empruntés à Wall Street et aux banques et qui doivent être réglés ». Une référence à la crise économique à laquelle fait face l’île depuis plusieurs années mais qui n’a rien à voir avec la lenteur des secours face à la crise humanitaire.
  • Interrogé cet après midi sur la question, le président a affirmé que le gouverneur de l’île l’avait remercié pour l’excellent travail des autorités fédérales malgré les défis que posent l’envoi des secours sur une île, « au milieu de l’océan, qu’il est impossible d’atteindre en conduisant son camion »

 

 


6. Must Read: Mensonges à Twin Falls

 

Les articles des sites d’extrême droite sur l’affaire d’agression sexuelle

 

  • Durant l’été 2016, dans la ville de Twin Falls dans l’Idaho, l’agression sexuelle d’une jeune mineure blanche par deux jeunes réfugiés musulmans, également mineurs, a provoqué une vague de haine et de paranoïa sans précédent au sein de la population, à l’encontre des Musulmans, exacerbée la désinformation des médias d’extrême droite, le silence des autorités, la rhétorique raciste du candidat républicain, et même les publicités russes sur Facebook.
    « Ils sont incompatibles avec notre culture » a-t-elle affirmé. « Ils nous détestent. Ils ne veulent pas devenir Américains. Ils refusent de s’assimiler. Qu’est ce qu’il y a d’autre à voir? Quelle preuve de plus à apporter »
    C’était un meeting assez particulier mais Brown n’était davantage surpris. Quelques mois plus tôt, quand les militants anti-réfugiés ont commencé à s’organiser, il a essayé de comprendre leur point de vue. Il a lu Ann Coulter et a commencé à suivre des blogs anti-réfugiés. Ce soir là, tout ce qu’il avait lu, il l’entendait sortir de la bouche des voisins »

 

  • Les médias comme Breitbart se sont emparés du sujet pour mieux l’exploiter et servir leur idéologie raciste et anti-immigration laissant une communauté profondément divisée derrière elle et un journal local qui a sauvé la dignité de la ville. * « How Fake News Turned a Small Town Upside Down » – The New York Times magazine

 

 


7. Les news vont bien!

  • ABC, NBC et CNN crient victoire depuis la diffusion des audiences annuelles de leur programmes d’actualités s’en sont même vanté dans le Washington Post et le New York Times
  • Axios, le site d’informations spécialisé en politique et affaires lancé au début de l’année 2017 par l’un des anciens fondateurs de Politico, Jim VandeHei, et plusieurs de ses journalistes stars, Roy Schwartz, Mike Allen, Jonathan Swan, a décidé de retarder la mise en place de son abonnement annuel de dix mille dollars pour se concentrer sur la construction de la marque et la fidélisation des lecteurs.

    Schwartz n’a pas révélé quand l’abonnement serait lancé et quel genre d’informations il offrirait. Le défi pour l’éditeur est de trouver des informations assez uniques pour que des professionnels poussent leur entreprises à dépenser une telle somme.

    Axios compte 85 employés dont 40 dans la rédaction.

 

  • Le Washington Post profite de l’effet Trump et vient de dépasser le million d’abonnés en ligne, trois fois plus que les chiffre de l’an dernier.

 


8. IT, seconde partie

  • New Line, le label des studios Warner Bros, qui vient de réaliser la plus importante sortie jamais réalisée par un film (IT) lors d’un week-end de septembre (218 millions de dollars) a annoncé la sortie de la seconde partie en septembre 2019 sous la direction de Andy Muschietti.

9. La couverture du Jour

 

  • De Sports Illustrated sur la dernière polémique made-in-Trumplandia

25.09.17

 

1. Marionnettes

 

  • Les journalistes, commentateurs, internautes, et médias internationaux n’avaient qu’un seul mot à la bouche ce week-end: les propos incendiaires du président contre les « fils de pute » de joueurs qui osent mettre un genou à terre pendant l’hymne national et les témoignages de solidarité des joueurs hier sur le terrain.

 

  • Vendredi soir, Trump, en meeting en Alabama pour soutenir un candidat de l’establishment républicain, Luther Strange contre le favori, Roy Moore, soutenu par Breitbart et l’extrême droite américaine [pour remplacer le siège de sénateur de Jeff Sessions], a donné de « la viande rouge sanguinolente à un troupeau de Déplorables affamés qui l’a dévoré » provoquant la réaction au quart de tour des médias, médias sociaux et de l’opinion publique. Nouvelle démonstration de la facilité avec laquelle Trump manipule les médias et l’opinion publique, et qui n’a eu pour effet que de renforcer les opinions des libéraux et des conservateurs autour de cette pseudo-guerre culturelle sur la liberté d’expression et le patriotisme.

 

  • Dans son éditorial ce matin, le Wall Street Journal s’inquiète de cette « politisation de tout »:

    Les démocraties saines aiment débattre de politique mais laissent une plus grande place à la société civile et la culture qui rassemblent plus qu’elles ne divisent. Avec la politisation de la Ligue Nationale de Football et de l’hymne national, les Etats Divisés d’Amérique affichent un niveau toxique de polarisation et de défiance.

    Et la faute à qui? Au président, qui plutôt de rester au-dessus des débats politiques en cherchant à unifier le pays, ne fait que le diviser pour rassurer sa base de déplorables et détourner l’attention des médias de ses échecs législatifs.

 


2. Et tout le monde en profites

 

  • Les unes des journaux américains ce matin revenaient tous ce matin sur cette épisode d’unité visible chez les joueurs de football et leur équipe: Les témoignages de solidarité ont côtoyé les nombreux éditos enflammés sur la défense de la liberté d’expression, les valeurs de l’Amérique, la beauté du sport,…

 

  • Mention spécial à la une du Chicago Sun-Times dédié au premier Amendement de la constitution

 

  • Comme le note Michael Calderone dans sa newsletter « Morning Media » publié par Politico, ce n’est pas la première fois que l’administration Trump demande à des entreprises privées de condamner les propos de leurs employés. La porte parle de la Maison Blanche avait appelé ESPN à virer sa journaliste afro-américaine Jemele Hill à près avoir traité le président de suprémaciste blanc.

 


3. Le drame de Puerto Rico

 

  • Le président a twitté 17 fois sur la polémique qu’il a remis à jour vendredi soir contre les jours de NFL qui ne respectaient pas l’hymne national mais rien sur l’île américaine de Puerto Rico, ravagée par l’ouragan Irma puis Maria, encore plus destructeur la semaine dernière. Beaucoup des 3,4 millions de résidents de l’île des Caraïbes n’ont plus d’eau, ni électricité, et la nourriture manque – Selon le New York Times, 80% des terres agricoles ont été ravagées.
    Les dégâts matériels et physiques empêchent l’accès aux moyens de communication, et beaucoup sont incapables de prévenir leur proche car les réseaux cellulaires sont en panne. Le gouverneur de Puerto Rico a demandé davantage de moyens ce week-end de la part du gouvernement fédéral qui n’ont pas encore été distribués.


    « Puerto Ricans describe horror in the streets after Hurricane Maria » – HuffPost

 


4. Recherche Reforme désespérément

 

  • Les Démocrates et Conservateurs savent que la dernière proposition dite « Graham-Cassidy » visant à supprimer et remplacer Obamacare est une fraude qui n’a pour but que de rassurer la majorité sur sa capacité à faire passer une mesure majeure: Sans même avoir reçu les chiffres du Comité du Congrès sur le Budget, vingt millions d’Américaines perdraient leur assurance à travers la suspension de subventions destinés à Medicaid (le programme d’aide aux plus défavorisés) et aux assurances privées.
  • Pour convaincre les sénateurs républicains indécis, Lindsey Graham et Bill Cassidy ont révisé leur copie ce week-end et décidé de leur donner davantage de subventions à leur Etat, pour rassurer les électeurs et les empêcher d’en payer le prix aux prochaines élections du mi-mandat l’année prochaine – On parle dont de l’Arizona (John McCain),du Kentucky (Rand Paul), de l’Alaska (Lisa Murkowski) et le Maine (Susan Collins)

 

  • Problème: selon le Washington Post, ces derniers seraient toujours aussi sceptiques à l’encontre d’une proposition qu’il n’aime guère « fondamentalement »

 

  • Ce soir, débat télévisé sur CNN entre Cassidy, Graham d’un côté et les sénateurs indépendants, Bernie Sanders et Amy Kobluchar du Minnesota.

 


5. L’Amérique laissée pour compte

 

  • Pour Mike Allen de Axios c’est l’un des rapports les plus déconcertant de ces derniers mois, celui publié aujourd’hui par Economic Innovation Group qui montre que si les Etats-Unis continuent de s’enrichir, c’est au profit d’une minorité située dans des enclaves géographiques bien délimitées (par le code postal « zip codes ») et au détriment du reste du pays – les « laisser pour compte » si chers à Donald Trump.
  • Les zones favorisées accueillent la plupart des emplois, de la croissance, des travailleurs diplomés en meilleure santé – Seattle, San Francisco, Austin ou plus petites comme Gilbert en Arizona ou Plano au Texas. Les deux tiers des investissements en capitaux sont destinés à la Californie, New York et le Massachusetts.

    Aujourd’hui la plupart des emplois reviennent aux gens diplômés qui habitent dans des communautés dynamiques: C’est un cycle qui s’auto-renforce.

  • Les conditions économiques et sociales des régions défavorisées ne font qu’empirer, surtout dans les anciennes régions industrielles du MidWest et Nord Est – celles qui ont « swingé » pour Donald Trump lors des dernières élections.

    « Ce n’est pas un problème républicain ou démocrate, les deux partis représentent ces régions en difficulté. Mais les disparités financières entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas renforcent les clivages politiques, et aucune solution n’a été proposée jusqu’ici pour remédier à cela. »

 

 

 


6. Rentabilité oblige

 

  • Le New York Times a réalisé un classement des 50 entreprises américaines les plus rentables entre 1926 et 2016 et sans grande surprise, Apple, l’une des plus jeunes, arrive en première position devant Exxon Mobil, Microsoft, General Electric, IBM … Amazon est 14ème, Coca-Cola 15ème, Facebook (la plus jeune) est 28ème et McDonalds est 31ème.

 

 


7. « Carlos Danger » en taule

 

  • C’était l’une des étoiles montantes du Parti Démocrate, marié à Huma Abedin – la conseillère de Hillary Clinton – l’un des plus jeunes parlementaires du pays, candidat à la mairie de New York …  qui a tout perdu en sextant des mineurs.
    L’un des traits de caractère d’Anthony Weiner, c’est sa pugnacité, que ce soit en politique (l’excellent doc Weiner sur le personnage) ou au coeur du scandale: il ne se laisse jamais abattre.

 

  • Non content d’une première humiliation publique – révélée par Andrew Breitbart, le père du site d’infos – qui l’a fait démissionner du Congrès américain en 2011, il a continué à sexter des mineurs et leur envoyer des photos de ses parties intimes, cette fois-ci sous le pseudo « Carlos Danger » qui a ruiné sa campagne plutôt réussie à la mairie de New York, en 2013 – après avoir juré être guéri en couverture du New York Times magazine.
    Ce n’est pas fini.
    Il a continué ses activités salaces durant la campagne présidentielle de 2016, a été dénoncé et c’est le FBI qui s’en est mêlé et a effectué une perquisition dans l’appartement du couple, où les disques durs des ordinateurs ont été réquisitionnés, et dans lesquels les agents ont trouvé des emails entre Clinton et Abedin. C’est cette découverte qui a poussé James Comey à écrire au Congrès dix jours avant le scrutin pour les informer de l’éventualité de la réouverture d’une enquête sur la messagerie privée de Clinton – un geste qui lui aurait soi-disant coûté les élections.

 

  • Anthony Weiner, 53 ans, vient d’écoper de 21 mois de prison aujourd’hui, dix mille dollars d’amende, sera fiché comme délinquant sexuel pendant trois après la fin de sa détention.
    Le seul content dans cette histoire, c’est le New York Post qui déteste encore plus Weiner que l’actuel maire de la ville, Bill de Blasio.

 


8. The Opposition

  • La dernière émission de la chaîne câblée Comedy Central, intitulée « The Opposition », présentée par Jordan Klepper, devrait être l’équivalent pour la droite alternative de ce que le Colbert Report avait été pour les Républicains. Le comédien reprendra le rôle de reporter qu’il a tenu trois ans dans The Daily Show (avec Trevor Noah) mais cette fois-ci pour dénoncer, à la manière des trolls d’internet, les mensonges et manipulations du pouvoir, des médias grand public, de la classe dirigeante à travers théories du complot, fake news et autres absurdités inspirées par les programmes de vraies célébrités alt-right Alex Jones, Breitbart ou Rush Limbaugh.
    Il sera entouré des chroniqueurs qui joueront les bloggers et animateurs radio racistes tels que Tomi Lahren, Dana Loesch, Milo Yiannopoulos.

 

 

22.09.17

 

1. McConnell perd pied

 

  • La proposition dite « Graham-Cassidy » qui vise à supprimer et remplacer Obamacare devait être votée la semaine prochaine au Sénat. C’est la dernière tentative du parti républicain pour tenir « une » promesse vieille de sept ans, pour prouver aux électeurs et au président qu’il est capable de voter une loi au Congrès; c’est aussi le moment de vérité de Mitch McConnell, leader de la majorité républicaine au Sénat:
     

    Il a été humilié par le président Donald Trump et ses manoeuvres politiciennes remises en question. Maintenant, Mitch McConnell a une chance de laisser derrière cet été cruel. La semaine prochaine, le leader de la majorité du Sénat  essayera une nouvelle fois de supprimer la réforme de la santé des Démocrates.
    Au même moment il joue sa réputation politique en Alabama, où son candidat, le sénateur Luther Strange affronte un anti-establishment Roy Moore dans une élection spéciale.
    McConnell, normalement prudent, prend dans les deux cas beaucoup de risques, et deviendra suivant les résultats, un héros ou un loser aux yeux du parti républicain …

    * « McConnell lays it on the line »Politico

 


2. McCain sauve encore Obamacare

 

  • C’était sans compter l’annonce faire par John McCain, héros de la résistance républicaine contre Trump et l’un des plus modérés, cet après midi: il votera contre la réforme de la santé proposée par son meilleur ami, Lindsey Graham car « une loi qui a un impact sur tant de vies mérite un accord bipartisan ».
     

 

  • Jimmy Kimmel, le comédien présentateur d’une émission de fin de soirée sur CBS, est devenu cette semaine l’un plus des ardents adversaires de la proposition, qu’il a critiqué à trois reprises dans des segments qui ont fait le tour d’internet et contribué à remettre la réforme de la santé au coeur des débats, à la télé, sur internet et les médias sociaux.

 


3. #DotardTrump

  • Une journée en Trumplandia via Twitter:
    Les mots doux du meilleur ami du président, Kim Jung Un, qui l’a traité de « Dotard »

     

     
    Après avoir été traité de « gâteux », Don avait besoin de rassurer son ego:
     

 


4. Vers un populisme pur

 

  • David Brooks, l’un des plus célèbres chroniqueurs du New York Times esquisse dans « The Coming War on Business » l’avenir du populisme aux Etats-Unis à travers la figure de Samuel Francis, mentor de Pat Buchanan, adversaire républicain de Bill Clinton aux élections présidentielles de 1992, au cours desquelles il a mené « la première campagne de ce qu’on appelle le « populisme trumpien »:
     

    Trump n’est pas un phénomène isolé; la vague nationaliste a émergé il y des années. Sa base lui reste fidèle car il ne s’agit pas que de lui; Il s’agit d’un mouvement qui se définit contre la soi-disant classe dirigeante. Les Républicains du Congrès s’emmêlent les pinceaux sur la réforme de la santé et d’autres problèmes parce qu’ils ne comprennent pas leurs électeurs. Trump n’est sans doute pas le point culminant, mais la transition vers un populisme encore plus pur.
    Trump est un pro-business. Le prochain populisme s’inspirera sans doute de son nationalisme ethnique et y ajoutera une couche anti-entreprises et anti-technologie. Google, Facebook, Amazon et Apple sont tout ce que Francis détestait – économiquement, culturellement, démographiquement, et « nationalistiquement ».
    Alors que les géants de la technologie sont de plus en plus présents dans nos vies quotidiennes et nos esprits, ils vont devenir un enjeu important de la politique américaine. Je ne serai pas surpris de voir émerger un nouveau démagogue, encore plus pur que Francis.

                                                           


5. « Sick Mind »

 


 
 

  • C’est l’un des plus gros gâchis de la NFL: Aaron Hernandez, ancienne star des New England Patriots, retrouvée mort en juin dernier à 27 ans dans sa cellule de prison. Il purgeait une peine à vie pour le meurtre d’un ami en 2013.
  • L’examen de son cerveau révèle que M. Hernandez souffrait d’un stage avancé de CTE (Encéphalopathie Traumatique Chronique), une maladie neuro-dégénérative provoquée par les commotions cérébrales répétées qui touche la plupart des joueurs de football américain – la maladie n’est détectable qu’une fois le patient décédé.
  • La famille a porté plainte contre la ligue de Football – déjà condamnée en 2013 à payer d’un milliard de dollars à ses anciens joueurs – et son ancienne équipe professionnelle, les Patriots, qui n’auraient rien fait pour le protéger. Elle réclame 20 millions de dollars de dommages et intérêts.
  • Malgré les risques reconnus du football américain, il reste le sport numéro des Américains: les joueurs continuent d’y jouer – et de gagner des millions de dollars – et les spectateurs continuent de le regarder.

 


6. La guerre des chaînes d’info

 

  • L’effet Trump a ravivé l’intérêt des Américains pour l’information et ce sont les trois grandes chaînes d’info, Fox News, CNN et MSNBC, désormais au coude à coude en terme d’audience, qui se partagent le gâteau: Fox News a réorganisé sa soirée après les départs de Megyn Kelly (sur NBC) et de Bill O’Reilly (par la petite porte) avec un line up pro-Trump entre huit et onze heures du soir: Tucker Carlson (8-9) puis Sean Hannity (9-10) puis la dernière recrue Laura Ingraham (10-11). Ils affronteront respectivement sur MSNBC, Chris Hayes, Rachel Maddow et Lawrence O’Donnell; et sur CNN, Anderson Cooper (8-9) et Don Lemon (10-12)
  • Les chaînes sont regardées par le président qui en parle souvent en bien ou en mal: elles ne relaient pas seulement l’information, elles font partie intégrante de l’actualité.

    « Morning Media » Politico

 


7. Les faux trublions de LA

 

  • Sean Adl-Tabatabai, 36 ans, et son mari/partenaire Sinclair Treadway, 24 ans, sont les créateurs du site Your News Wire, basé à Los Angeles, qui s’intéresse « aux informations qui ne sont pas données au public » comme le font déjà avec beaucoup d’efficacité Breitbart et InfoWars, et est considéré comme une source de fake news par Google et Snopes [le site qui identifie les sites de fake news].
    Sauf que les deux trublions, supporters de Bernie aux dernières élections, se définissent comme des « libéraux abandonnés » par une presse trop proche du pouvoir qui a sous estimé le sénateur du Vermont durant les Primaires démocrates et qui voient dans Trump, un bouffon et une figure anti-establishment élue pour « détruire le système »
  • Bottom Line: Tout le monde surfe sur la vague des fake news, de l’information alternative, d’une autre perception de la réalité, blablabla … ça attire l’attention des médias comme The Hollywood Reporter surtout quand les auteurs affirme être libéraux … Du grand vide.* « L.A. Alt-Media Agitator (not Breitbart » Clashes with Google, Snopes) » The Hollywood Reporter

 

 


8. A Voir: La guerre de la drogue aux Philippines

    • Reportage de NBC Left Field aux Philippines où la guerre sanglante menée par le président Duterte contre la drogue a fait depuis juin 2016 entre 7 000 et 12 000 victimes, souvent des trafiquants ou toxicomanes fichés et harcelés par la police qui les condamnent à mort s’ils ne cessent leur activité. « Si tu continues à te droguer, t’es mort » préviens un policier, fier de participer au « nettoyage » du pays, encouragé par un président qui n’a jamais été aussi populaire dans les sondages et plus curieux encore, par Donald Trump qui a salué la mission meurtrière du chef de l’Etat philippin.

                   

 


9. La couverture du Jour

 

  • L’industrialisation de la Chine s’accélère et le pays ne sera plus limité à la production de chaussettes et de briquets mais va être capable de produire des biens de haute technologie, du téléphone portable à des voitures sans conducteurs, et représenter un défi encore plus important pour les Etats-Unis.
     

21.09.17

 

1. « Ce qui est mort ne saurait jamais mourir »

 

  • La suppression et le remplacement de Obamacare, encore tabou il y a deux semaines, a fait un retour en force cette semaine au Sénat grâce à la persévérance des sénateurs républicains Graham et Cassidy qui ont offert un nouveau projet de loi, assez similaire aux précédents, qui devrait être voté la semaine prochaine, avant la date limite du 30 septembre, date à laquelle les Sénateurs ne seront plus autorisés à voter une loi avec une majorité simple de 51 voix – mais une majorité absolue de 60.
  • Les sénateurs républicains, John McCain et Lisa Murkowski, n’ont pas encore pris leur décision et un vote ne sera demandé par le chef de la majorité, Mitch McConnell uniquement si la proposition a des chances de passer – Ce dernier est devenu le bouc-émissaire de Trump après les tentatives ratées de « Repeal and Replace » ces derniers mois.
  • Lindsey Graham, co-auteur de la proposition est l’un des meilleurs amis de John McCain, dont le vote sera décisif.
  • Les Démocrates n’ont d’autres solutions que de proposer des amendements pour retarder le vote autant que possible après le 30 septembre.

 

  • Les autres problèmes de la proposition de loi: 
    • Les conservateurs pensent que la loi est toujours trop généreuse avec Planned Parenthood
    • De nombreux parlementaires républicains appartenant à des Etats démocrates (New York et la Californie) pourraient être poussées à voter contre
    • Aucune estimation du Congressional Budget Office sur le coût de cette nouvelle proposition et son impact sur les Américains n’est disponible.

 

 

  • Mardi, le comédien Jimmy Kimmel a publiquement critiqué Bill Cassidy, co-auteur de la dernière proposition de réforme de la santé parce qu’il n’a pas respecté les promesses qu’il lui avait faites sur son plateau en mai dernier – que toute nouvelle proposition n’impose aucune limite de remboursement aux patients et accepte ceux ayant des antécédents médicaux – et il est revenu à la charge hier contre le sénateur de Louisiane, qui l’a accusé de « ne rien comprendre », en affirmant qu’il « défendait l’indéfendable » et que « soit il ne comprenait pas sa propre loi, soit il lui avait menti ».
    Pari réussi pour le présentateur-comédien qui a réussi à ce que les médias sociaux s’emparent à nouveau du sujet de la réforme de la santé.

 


2. A quoi joue Zuckerberg?

 

  • Il a passé une mauvaise année et un mois de septembre pourri: Zuckerberg et Facebook sont devenus ces derniers mois la cible des compagnies de médias, des Démocrates, des Républicains, des Russes, du procureur indépendant Bob Mueller, de Hillary Clinton … et des internautes qui s’en méfient de plus en plus.
  • « C’est pas facile d’être Mark Zuckerberg en ce moment » titre en couverture cette semaine le magazine d’affaires Businessweek:
     

    L’enquête sur la Russie complique les efforts déployés par Zuckerberg pour défendre Facebook après des élections aussi disputées. Même si la compagnie enregistre des profits record – sa valeur a plus que doublé depuis 2015, en atteignant 500 milliards de dollars et en faisant de Zuckerberg la cinquième personne la plus riche du monde – Facebook doit faire face à des critiques pour avoir diffusé de la propagande pro-Trump pendant les élections 2016 et polariser un peu plus le climat politique délétère. (…) 
    Grâce à un ensemble d’actions dotées d’un droit de vote supérieur, il possède 14% de Facebook mais dispose du contrôle des votes de la compagnie … Lors du meeting annuel l’année dernière, il a proposé, et en tant que actionnaire majoritaire de Facebook, a créé une autre classe d’actions qui lui permettrait de garder le contrôle de l’entreprise même s’il vend la plupart de ses actions … La proposition contient une provision qui le maintient à la tête de la compagnie s’il devait rentrer dans le gouvernement. Zuckerberg est réticent à expliquer cette provision, a démenti des objectifs présidentiels mais se verrait travailler au service de la technologie dans un poste du gouvernement.

    * « Mark Zuckerberg Political Awakening »Bloomberg Businessweek.

 


3. Journalistes Stars

 

  • L’élection de Donald Trump a mis en avant certains journalistes de la presse écrite et télé, qui ont suivi le candidat républicain depuis sa candidature en juin 2015 jusqu’à sa victoire et son entrée à la Maison Blanche: Parmi eux, Katy Tur, correspondante de NBC News qui vient de sortir un bouquin sur la campagne, Maggie Haberman et Glen Trush, les stars du New York Times qui viennent de signer l’écriture d’un ouvrage sur le président, David Fahrenthold du Washington Post et Lauréat du Pulitzer 2017.
  •  

  • La conférence de presse quotidienne du porte parole de la Maison Blanche, devenue grâce à Sean Spicer Le rendez vous télé de l’après midi, a elle aussi rendu célèbre certains correspondants de Washington:  April Ryan (American Urban Radio) parce qu’elle a secoué la tête au mauvais moment, Brian Karem du Sentinel qui s’est emporté contre Sarah Sanders mais le préféré serait Jim Acosta, correspondant de CNN:
     

    Pour Acosta, 46 ans, le ton méprisant et solennel à la fois est devenu une véritable signature sous l’administration Trump. Ca n’a jamais été plus apparent que lorsque Acosta s’est pris le bec avec le conseiller de la Maison Blanche, Stephen Miller … Des fans laissent du bourbon dans boite aux lettres, l’arrêtent dans la rue pour le remercier de s’opposer à la politique de Trump et à la critique systématique des médias. Après le départ de Miller du podium, ses collègues lui ont tapé dans la main.

    « Jim Acosta is the White House’s Favorite Reporter » – Politico

 


4. Les malheurs de Flint

 

  • Flint, c’est cette ville du Michigan, placée en état d’urgence financière par l’Etat en 2011 sous la direction d’un responsable des finances qui, pour économiser l’argent de la ville, a changé au printemps 2014 le lieu d’approvisionnement en eau potable de la ville, qui dépendant de l’agglomération Detroit avant d’être rattaché à la rivière Flint, dont les tuyaux d’alimentation étaient contaminées au plomb.
    Pendant dix huit mois, les cent mille habitants de Flint ont bu de l’eau impropres à la consommation et ce n’est qu’en septembre 2015 que le gouverneur Rick Snydey a reconnu l’état de crise sanitaire.
    Selon le Detroit Free Press, le taux de fertilité des habitantes a baissé de 12% et les morts foetales augmenté de 58%.
    L’Etat a également confirmé 91 cas de graves contamination, y compris 12 décès liés à la maladie du légionnaire

 


5. Canada Brain

 

  • C’était la menace de nombreux citoyens et célébrités américaines pendant les élections présidentielles 2016: « Si Trump gagne, je déménage au Canada ».
  • Onze mois plus tard, la plupart des menaces sont restées vaines mais pas dans le secteur de la haute technologie: des centaines d’employés américains et étrangers ont quitté la Silicon Valley pour aller travailler à Toronto qui vient de construire MaRS, un immense incubateur de start-ups de 140 000 m2 en plein coeur de la ville.
    « C’est la première preuve concrète que la ligne dure du président sur l’immigration influence la course aux cerveaux à travers le monde » d’autant que le Canada n’est pas le seul à essayer d’attirer les scientifiques américains: la France et la Chine sont aussi dessus.* « Canada’s « reverse brain drain » in the age of Trump »  – Axios

 


6. La transsexualité chez les maternelles

  • Après des mois de débats et polémiques, une maternelle de Californie vient d’autoriser la présence de livres évoquant la transsexualité dans ses classes. Si certains parents acceptent la décision, d’autres pensent que ce sujet controversé n’a pas sa place dans un cours destiné aux enfants de quatre ans. 
  • Un polémique sur mesure pour les conservateurs scandalisés que les parents n’aient pas été prévenus à l’avance qu’un sujet aussi tabou, surtout quand il touche les enfants, soit abordée en classe. La direction de l’école leur a donné raison et les parents seront désormais prévenus si le sujet être à nouveau abordé, mais elle a refusé que ces derniers enlèvent leurs enfants des classes au cours desquelles le sujet pourrait être évoqué.

    * « Rocklin Charter Schools OK transgender books in elementary school »The Sacramento Bee

 


7. Village Voice – Vol. LXII, No. 37

 

 

  • Le dernier numéro de Village Voice (176 pages de souvenirs, colonnes et articles qui ont marqué ses 62 ans d’histoire imprimée) est sorti hier, mercredi 20 septembre, avec Bob Dylan en couverture.
    Un choix qui a fait couler beaucoup d’encre chez les lecteurs et journalistes de Voice, non seulement parce que le journal est emblématique de East Village et non pas Greenwich Village, dont Dylan est une icône, le chanteur a déjà fait la couverture il y a un mois à peine, et qu’on se serait attendu à quelque chose de plus original et pertinent compte tenu du climat actuel – et des articles au vitriol publiés dans les années 80 sur Donald Trump.
    Dommage
  • Le Village Voice continue de publier mais uniquement en ligne.* « A Scrappy newspaper’s final cover lacks Voice » – CJR

 


8. Couverture du jour

 

  • Piqûre de rappel en couverture de Time magazine destinés aux Démocrates a treize mois des élections de mi-mandat:
     

    Après huit mois de présidence Trump, le parti est au plus depuis la victoire de Reagan dans 49 Etats en 1984 (…) Sur les 98 législatures américaines, les Républicains en contrôlent 67. Pendant la présidence de Barack Obama, les Démocrates y ont perdu 970 sièges (…) L’âge moyen des parlementaires démocrates est de 67 ans, et la plupart des candidats des prochaines élections auront passé les 70 en 2020.