31.10.17

 

 

1. « ACTE TERRORISTE » A NYC

 

  • Cet après midi, Sayfullo Saipov, un Ouzbek âgé de 29 ans, entré sur le territoire américain en 2010 et titulaire d’une carte verte, s’est engagé au volant d’un pickup sur la piste cyclable le long de l’Hudson River, renversé des dizaines de pétions et cyclistes sur plus d’un kilomètre et fini par s’encastrer dans un bus scolaire près de Battery Park: Huit personnes sont mortes, dont six sur le coup et une quinzaine ont été blessées.
    Il a réussi à s’échapper, deux armes factices à la main, en criant « Allah Akbar »
    avant d’être b
    lessé par la police et transporté à l’hôpital où il serait actuellement dans un état critique.

 

  • Selon le New York Post, les policiers auraient retrouvé dans la camionnette du suspect une note manuscrite dans laquelle il prête allégeance à l’Etat Islamique et un drapeau de l’organisation terroriste. Si les autorités n’ont encore rien confirmé, le maire de la ville, Bill de Blasio a parlé « d’acte de terrorisme » et Trump a immédiatement annoncé un renforcement du contrôle des étrangers voulant rentrer aux Etats-Unis.
    Le New York Times affirme que Saipov, un conducteur de Uber, aurait déjà été surveillé par les autorités fédérales américaines sans en préciser les raisons. 
    Parmi les victimes, cinq touristes argentins venus fêter leur fin d’études et un belge.

 

  • L’attaque a eu lieu le jour de Halloween, et a quelques pâtés de maison du World Trade Center: Il y aurait pu avoir beaucoup plus de victimes.
    La parade annuelle s’est tout de même déroulée quelques heures plus tard sous une surveillance policière renforcée mais l’ambiance était assez tendue hier soir et on a rarement vu aussi peu de gens dans les rues, un soir d’Halloween.

 

 

2. « SMASHING TRUMPKINS »

 

  • Soyons honnêtes: Oui, Robert Mueller a frappé fort avec l’inculpation de trois proches de Trump qui ont participé à la campagne électorale du candidat mais à part le « jeune volontaire nommé George [Papadopoulos] » qui a reconnu avoir menti au FBI et cherché des informations incriminant Hillary Clinton auprès d’agents proches du Kremlin, les inculpations de Manafort et Gates n’ont rien à voir avec l’ingérence russe en 2016. Le fantasme des Démocrates de voir Trump destitué pour avoir fomenté avec l’ennemi russe pourrait bien rester un fantasme …

 

  • En attendant, c’est Trump qui « a décidé d’engager son prochain scandale » en mars 2016, sachant tous les soupçons de corruption qui entouraient déjà Manafort à l’époqueBloomberg View (avril 2016)
    C’est tout le danger de cette enquête « très large » de Mueller qui pourrait menacer Trump, non pas sur des soupçons de trahison, mais sur du blanchiment d’argent et de la fraude fiscale, « et c’est ce que le président craint le plus. Une enquête sur les affaires et les finances du milliardaire et celles de certains membres de la famille comme Jared Kushner – et ses trois enfants – est potentiellement la plus dangereuse, légalement, pour lui. – Bloomberg View 

 

  • Aucune fuite n’a circulé sur l’arrestation de Papadopoulos depuis son arrestation il y a trois mois et sa coopération avec Mueller, une exception pour Washington – qui laisserait croire que le procureur a encore beaucoup d’informations à révéler. – Reliables Sources

    Selon le très connecté Washington Post, Trump a regardé avec « exaspération et dégoût » Mueller accaparer l’actualité dominée ces derniers jours par les accusations des médias conservateurs contre le clan Clinton qui a financé le rapport Steele – The Atlantic.

    Pour un président qui aime savoure le chaos qu’il provoque, il était incapable de contrôler la tempête politique de lundi – The Washington Post

     

  • A retenir:

    « Il n’y a aucun doute – et plein de nouvelles preuves – que la Russie a manipulé les élections. La prochaine phase va consister à prouver si Trump était au courant ou impliqué, où est-ce qu’il a eu un intérêt la dedans – et combien les compagnies américaines les plus puissantes [Facebook, Google et Twitter doivent témoigner aujourd’hui et demain devant des commissions du Congrès] ont permis cette manipulation de masse – Axios

 

 

3. LE MONDE PARALLELE DE MURDOCH

 

Fox News

 

  • Hier toute la journée, les médias pro-Trump – essentiellement ceux de Rupert Murdoch – ont évoqué le « vrai scandale » sur la Russie: le dossier Steele, une enquête menée par la firme Fusion GPS pour l’équipe de campagne de Clinton après que le site conservateur The Washington Free Beacon, qui l’avait originellement commandé début 2015 pour trouver des informations compromettantes contre des candidats républicains, dont Trump, ait arrêté de le financer. C’est donc Hillary Clinton qui aurait comploté avec les Russes pour essayer de discréditer son adversaire – alors que c’est le Comité National Démocrate et la messagerie de John Podesta, le président de la campagne démocrate, qui ont été piraté et les correspondances données à Wikileaks qui les a diffusé à des moments cruciaux des élections.
    Le rapport sur cette enquête a circulé à Washington fin 2016 et publié par Buzzfeed.

 

  • Ce week-end, le Wall Street Journal a publié un éditorial appelant à la démission de Robert Mueller et un autre dimanche après midi qui conseille à Trump de pardonner tous ceux qui seraient impliqués par Mueller. Même son de cloche dans un éditorial du New York Post la semaine dernière en faveur du départ de Mueller. – Politico
    C’est la couverture du New York Post ce matin avec une mention en bas de page de l’un des évènements politiques les plus significatifs depuis l’investiture de Trump.

 
 
 
 

4. LA GUERRE CIVILE DES ANTIFAS 

 

 

  • La dernière théorie fumeuse de l’alt-right: le massacre des parents blancs par les AntiFas, le groupe « terroriste » d’extrême gauche, le 4 novembre prochain. Les menaces étaient en une du blog d’extrême droite, The Gateway Pundit, toute la journée d’hier, avant d’expliquer qu’il s’agissait d’une blague de leurs adversaires.
    Selon Will Sommers, l’auteur de la newsletter spécialisée dans les médias de droite, les Antifas ont prévu depuis plusieurs semaines de défiler samedi dans certaines villes des Etats-Unis pour tenter un nouvel « Occupy Wall Street » susceptible de faire tomber le président.

    C’était sans compter la crédulité de Jordan Peltz, un supporter blanc de Trump féru d’armes et d’uniformes, qui a posté le 30 août dernier une vidéo dans laquelle il met en garde contre la « guerre civile des antifas » qui aura lieu en novembre contre les officiers de police, et tous ceux qui sont en uniforme.

 

  • Will Sommers, avait déjà évoqué le langage propre aux mouvances alt-right et illisible pour le commun des mortels. Quartz s’est penché sur la question et nous offre un lexique du dialecte des conspirationnistes, anti-féministes, nationalistes blancs, et autres supporters de Donald Trump qui consiste en des insultes politiques et/ou sexistes utilisées sur Reddit ou 4Chan. « Femoïds » qui désigne les femmes (« female ») comme des robots, pas humains; « SJW’s » pour « Social Justice Warriors » ceux qui croient en la justice sociale; « WrongThink » qui décrit une idée vraie mais discréditée par la gauche « intolérante ». « Goolag » pour caractériser le monopole de la pensée progressiste incarnée par Google qui ne respecte pas d’autres points de vue. « Chad », c’est l’homme qui plaît aux femmes et « Meeks », c’est le bad guy qui plaît aux femmes, … Instructif!
    * « The alt-right is creating its own dialect. Here’s the dictionary »Quartz

 

  • Dessin humoristique trouvé sur InfoWars avec tous les monstres démocrates et autres ennemis de Trump pour Halloween. Saurez vous reconnaître Barack Obama, Al Franken, Karl Marx, Bill & Hillary Clinton, George Soros, Harvey Weinstein, Nancy Pelosi, Georges Soros, Bob Mueller, Frederica Wilson, …
    Ben Garrison / InfoWars

     

  • C’est la photo officielle de Trump et Pence que les offices publics et administrations du pays attendaient depuis neuf mois! 

 

 

5. ON VIT UNE EPOQUE FORMIDABLE

 

  • Le Guide Michelin américain est sorti hier et grosse déception pour l’une des institutions de la capitale, Jean Georges qui vient de perdre pour la première fois depuis 2005, ses trois étoiles. San Francisco est passé devant NYC avec sept restaurants cinq étoiles contre cinq pour la City – Bloomberg Pursuits

 

  • L’autre scandale révélé par Fox News lundi c’était le burger émoji de Google qui place la tranche de fromage sur le pain en dessous le steak. Une erreur culinaire qui a fait le tour des réseaux sociaux et obligé le CEO de Google, Sundar Pichai à intervenir personnellement pour modifier leur burger. – BBC

 

 

  • Le fondateur de l’ancien site de gossip et d’actualités, Gawker, note sur Medium que les accusations de harcèlement et agressions sexuelles contre Harvey Weinstein, Terry Richardson, James Toback et Kevin Spacey sont parus il y a bien longtemps sur GawkerMedium

 

  • Comment discréditer les joueurs de NFL qui protestent un genou à terre durant l’hymne national? En montant les pauvres travailleurs blancs contre les riches athlètes afro-américains qui n’ont aucun droit de se plaindre. The Washington Post

 

 

6. A VOIR

  • Nouvelle série documentaire de CNN intitulée « Divided We Code » sur les problèmes inhérents de la Tech Industry, de « cette culture de pouvoir et d’influences toujours plus importants, de politiques et de peurs, et du sexisme dans l’une des industries les plus influentes au monde »
     

    Quand j’ai [Laurie Segall] commencé à couvrir la technologie, les questions étaient simples: D’où vient le nom Twitter? Comment est-ce que les médias sociaux démocratisent l’information? C’était à l’époque où Facebook faisait l’actualité en réunissant des familles, où les gens étaient fascinés par l’innovation de Uber plutôt que les scandales de harcèlement sexuel qui ont miné la compagnie. Projetons nous en 2017 où les problèmes de la Silicon Valley ont éclaté au grand jour. Entre les révélations de sexisme et les fermes de trolls russes qui ont cherché à influencé les élections, l’industrie Tech est critiquée de toutes parts.

 

7. COUV DU JOUR

  • Celle du New Yorker réalisé par John Cuneo pour fêter l’automne:
     

30.10.17

 

1.  KEVIN SPACEY

 

  • Hier Buzzfeed News a révélé qu’en 1986, Kevin Spacey a fait des avances à un jeune acteur de 14 ans, Anthony Rapp, après une soirée arrosée. La star de « House of Cards » a répondu sur Twitter être était horrifié par les accusations, n’avoir aucun souvenir de l’incident vieux de trente ans, que d’autres accusations de ce genre allaient être lancées contre lui et … qu’il était gai.
    Beaucoup d’internautes et de célébrités ont critiqué le choix de faire son coming out à un moment aussi inapproprié et par rapport à des faits aussi graves. Buzzfeed News

    Netflix vient d’annoncer que la série « House of Cards », son premier Blockbuster, se terminera à la fin de la sixième saison, diffusée l’année prochaine. Business Insider

 

  • Les responsables de Facebook, Twitter et Google vont témoigner mardi et mercredi devant trois sous-comités du Congrès sur le rôle qu’ont joué leurs plateformes dans l’ingérence russe pendant la campagne présidentielle (les publicités payées pour évoquer des sujets qui fâchent, des évènements organisés contre les musulmans, pour la défense de la police ou contre les violences policières) et comment éviter que cela se reproduise dans le futur.Axios
    Facebook devrait annoncer demain que 126 millions d’Américains ont eu accès des posts payés par le Russes, soit 40% des utilisateurs du réseau social aux Etats-Unis. 80 000 articles, photos ont atteint 29 millions de personnes, qui en les partageant ont atteint 97 millions d’autres entre janvier 2015 et août 2017 – The Verge
    Google aurait identifié 18 chaînes YouTube liées à des agents russes qui auraient diffusé plus d’un millier de vidéos vues par 300 000 personnes sur la même période. Enfin Twitter a recensé 36 000 comptes automatiques ayant généré 1,4 millions de tweets qui ont été vus 280 millions de fois – un petit nombre par rapport `a l’ensemble de tweets sur les élections présidentielles – The New York Times

 

  • Puerto Rico a annoncé la rupture du contrat de trois cent millions de dollars avec Whitefish Energy, cette petite entreprise de deux personnes basées dans le Montana, engagée pour la reconstruction du réseau électrique de l’île après le passage de l’Ouragan Maria.

 

 

 

2. TRUMPLANDIA: UNE SEMAINE HISTORIQUE

 

  • Ce matin, Robert Mueller, le procureur en charge d’enquêter sur d’éventuelles collusions entre l’équipe de campagne de Trump et les Russes pendant la campagne présidentielle de 2016, a inculpé trois personnes:
    • George Papadopoulos qui a reconnu avoir menti au FBI sur sa rencontre avec un proche du gouvernement russe, pour tenter d’obtenir des emails appartenant à Hillary Clinton, lorsqu’il était en charge des questions de politique étrangère pendant la campagne, et qui collabore depuis l’été dernier sur cette enquête.
    • Paul Manafort, ancien président de la campagne de Trump qui avait démissionné en juin 2016 après les révélations sur ses liens avec l’ancien président ukrainien pro-russe, Yanukovitch. Il est accusé avec son associé Rick Gates, d’avoir reçu 18 millions de dollars du Parti des régions ukrainiens, qu’il n’a jamais déclaré à l’IRS, les impôts américains, et de complot contre les Etats-Unis
      Les deux ont plaidé non coupable cet après midi – New York Post
    • Comme l’a affirmé aujourd’hui Trump, il n’y a aujourd’hui encore aucune preuve de collusions entre son équipe de campagne et les Russes, même si le candidat républicain a engagé dans son équipe de campagne un ami, qui était sous surveillance du FBI et dont les liens troubles avec la Russie et certains pays de l’Est étaient bien connus – Buzzfeed News 
    • Rappelons également que son fils, Donald Jr, son gendre, Jared Kushner, et Manafort ont rencontré une avocate russe au cours de l’été 2016 pour tenter de se procurer des emails de Hillary Clinton, les trente mille que le candidat Trump a demandé à la Russie de « retrouver » lors d’un meeting en Floride en juillet de la même année.Certains affirment que l’inculpation de Manafort, passible de vingt ans de prison est un moyen pour Mueller de le faire coopérer, notamment sur ce qui s’est dit lors de ce fameux meeting dans la Trump Tower avec l’avocate russeNY Daily NewsPour le Wall Street Journal, l’enquête de Mueller transforme la justice criminelle en une arme politique contre Trump, c’est pourquoi, le président devrait virer Mueller et laisser l’enquête au Congrès … républicain. 

 

  • Steve Bannon, chef de Breitbart News qui veut détruire l’establishment du parti républicain, virer les candidats officiels du parti critiques envers Trump et « America First », qui rêve de se débarrasser du chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a trouvé une nouvelle cible: L’un des plus importants donateurs du parti, Paul Singer, milliardaire derrière le site conservateur Washington Free Beacon qui a engagé durant la campagne présidentielle, la société Fusion GPS pour enquêter sur Donald Trump et qui est à l’origine du fameux dossier publié par Buzzfeed début janvier qui accuse le candidat républicain d’avoir fomenté avec les Russes pour remporter les élections et d’avoir pris un « golden shower » avec des prostituées russes dans un hôtel de Moscou – un dossier qui a été repris puis financé par les Démocrates. – Axios

 

  • Le copain de Trump, Roger Stone, « agent provocateur » et figure haute en couleur du parti républicain, a été banni à vie de Twitter pour s’en être pris vendredi à un présentateur de CNN, Don Lemon, qu’il a généreusement insulté. Ce dernier pourrait porter plainte contre Twitter pour tenter d’y retrouver sa voix. – TechCrunch

 

  • Une Cour de Justice fédérale américaine a interdit à Trump de changer les règles concernant le recrutement des transsexuels dans l’armée américaine. Un nouveau revers pour une décision prise sans avoir consulté l’Etat-Major et dans le seul but de satisfaire sa base de « déplorables ».
    Dans son jugement, la juge a fait des captures d’écran des tweets du président – Bloomberg Law

 

 

 

4. POURQUOI LA LUTTE CONTRE l’EPIDEMIE DES OPIACES DOIT ETRE POLITIQUE?

 

  • Si ActUp a réussi à combattre l’épidémie du SIDA, à marquer les consciences d’une société et de sa classe politiques avec des actions coup de poings, la même chose devrait être faite pour tenter de lutter contre la crise des opiacés, qui fait plus de 60 000 morts par an aux Etats-Unis. Le pays n’a pas les infrastructures et le personnel nécessaires, ni les traitements adéquats, ni les lois et un système de santé beaucoup trop cher pour réussir à combattre la pire épidémie que le pays ait connu explique Zachary Siegel, un ancien toxicomane dans Slate.
    Trump a affirmé que cette épidémie était une urgence de santé publique mais aucun fond supplémentaire indispensable – on parle de 9 milliards de dollars – n’ont été ajoutés ce qui rend le travail difficile.
  • A lire, cette longue enquête en onze chapitres de Glamour sur les femmes et la crise des opiacés: « Women and Opioids: Inside the Deadliest Drug Epidemic in American History »

 

 

 

7. LA COUV DU JOUR

  • Comme Jimmy Fallon, Jimmy Kimmel est resté discret dans ses critiques contre le président et son administration jusqu’à la naissance, au printemps dernier, de son fils atteint d’une malformation du coeur, qui l’a poussé à défendre le système de santé américain dans une monologue assez émouvant. Il a également réagi à la tuerie de Las Vegas, sa ville natale, et condamné l’inaction des politiques envers le contrôle des armes. Depuis, Jimmy Kimmel est passé du côté des activistes, un rôle qu’il n’a pas vraiment choisi et avec lequel il est peu à l’aise.

    La chose la plus proche à laquelle je peux comparer [l’élection de Trump], c’est quand O.J. a été acquitté. Je n’ai jamais pensé que ça puisse arriver. Il y avait tellement de preuves que O.J. était coupable, et tu fais confiance au système judiciaire américain. Tu penses que si quelqu’un est coupable, il va aller en prison pour cela. On est dans une situation similaire.

Le Kiosque du 22.06.17: Dem:0-Rep:4 – Le Guardian US mal en point – Uber – Michael Moore & John Oliver

 

1. Démocrates 0 – Républicains 4

  • La défaite des Démocrates dans le 6ème disctrict de Géorgie et en Caroline du Nord mardi soir est le signe que les Républicains, malgré les déboires des premiers mois de présidence de Trump, ont toutes les chances de remporter les élections de mi-mandat en 2018 et pourquoi pas la réélection de Donald Trump en 2020 a affirmé Michael Bloomberg cette semaine sur CNN.
  •  

  • Le milliardaire a prévenu les Démocrates: « Tout l’argent du monde ne peut acheter une élection » et si l’ancien maire de New York refuse de considérer cette élection comme un référendum sur la jeune présidence de Trump – les élections parlementaires comme celles-ci se jouent davantage sur des enjeux locaux – il leur conseille de se concentrer sur une victoire en 2020 plutôt qu’une résistance systématique de l’administration actuelle.
  •  

  • Comme l’affirmait Michael Moore sur Twitter hier
     

     Celui qui pense que le parti qui a gagné le vote [populaire] dans six des sept dernières élections [présidentielles], qui ne dispose d’aucun pouvoir et qui a perdu quatre élections en 2017 va gagner l’année prochaine, n’a rien compris.
    Le Comité National Démocrate n’a aucune idée de comment gagner parce qu’ils n’ont aucun message, aucune stratégie, aucun leader, ne se battent pas et n’aiment pas la résistance.

  •  

  • Les Démocrates  n’ont rien appris de leur défaite aux élections présidentielles de 2016, continuent à faire les mêmes erreurs en attendant des résultats différents, et le bouc émissaire est Nancy Pelosi, la porte parole de la minorité démocrate à la Chambre des Représentants.

 

 


2. Travis Kalanick, les dessous d’une disgrâce

 

The NEw York Times – Credit Chris Koehler

 

  • Comment une poignée d’actionnaires a réussi à se débarrasser du fondateur et directeur de la start-up la plus chère au monde:
     

    La décision de Travis Kalanick de démissionner de son poste de directeur général de Uber Technologies a choqué ses 12 000 employés et le reste de la Silicon Valley, mais c’est la culmination de semaine de machinations de la part des plus gros investisseurs pour virer le co-fondateur d’une compagnie évaluée à 70 milliards de dollars

     

  • Un véritable putsch de la société californienne Benchmark, l’un des plus gros investisseurs de Uber, qui a envoyé deux représentants surprendre Kalanick mardi à Chicago, en lui présentant une série d’exigences dont celle de sa démission immédiate, imposée par cinq grands actionnaires de la compagnie, et que le jeune entrepreneur de 40 ans a finalement accepté après un coup de fil passé à Arianna Huffington, l’une des membres du conseil d’administration, et des heures de négociations – il garde un siège au conseil des directeurs.

 

  • Ce sont les scandales (harcèlement sexuel, discrimination, vol de brevet, utilisation frauduleuse de software), l’incapacité de Kalanick à redresser l’image de la compagnie, et la difficulté de trouver un Directeur d’exploitation (COO) à cause la présence même de Kalanick dans l’entreprise qui a poussé les investisseurs à organiser ce coup.

    Le drame qui s’est déroulé dans l’hôtel n’avait rien de soudain. C’est le résultat de plusieurs au cours desquels à peu près tous les soutiens de Mr Kalanick se sont retournés contre lui. Un par un, les dirigeants, membres du conseil, investisseurs et même les amis proches ont pris leurs distances  devant la série de scandales éthiques et légales auxquels Uber a du faire face.

  • Les successeur potentiels de Uber dans Axios
  •  

  • « How Uber Backers orchestrated Kalanick’s Ouster as CEO » – The Wall Street Journal
    « Inside Travis Kalanick Resignation as Uber’s CEO » – The NEw YOrk Times

 

 


3. John Oliver et HBO poursuivis

 

Youtube / Coal: Last Week Tonight with John Oliver (HBO)

 

  • Le présentateur de « Last Week Tonight » sur HBO a consacré sa dernière émission à l’industrie minière aux Etats-Unis, un thème de prédilection du président qu’il s’est promis de ressusciter en dépit de tout logique historique, économique et même sanitaire: Le secteur ne compte plus que 50 000 mineurs, est en déclin depuis des décennies à cause d’une baisse structurelle de la consommation au profit des énergies renouvelables et d’une robotisation de son exploitation, sans compter les problèmes de santé et de sécurité rencontrés par les mineurs.
  •  

  • L’une des compagnies ciblées dans l’émission, Murray Energy Corporation, a prévenu à l’avance HBO que toute tentative de diffamation, et de harcèlement contre elle ou son dirigeant, Mr Murray, ferait l’objet d’une plainte a expliqué John Oliver dimanche soir.
  •  

  • Ce qui a motivé John Oliver pour attaquer Mr Murray, « vieux Dr Evil », qu’il a accusé de maltraiter ses employés, de les mettre en danger et de dénoncer les plaintes systématiques de la compagnie contre les médias.
    Une plainte en diffamation a été déposée cette semaine contre HBO en Virginie Occidentale.
  •  

  • « John Oliver, a giant squirrel and a defamation lawsuit by coal industry titan »Washington Post

 


4. Glow, le dernier programme glam rock 100% féminin de Netflix

 

 

  • La nouvelle « dramedie » en dix épisodes suit le parcours de jeunes actrices en difficulté qui acceptent de participer à des programmes de catch et s’inspire directement d’une émission populaire éponyme des années 80, G.L.O.W., pour the Georgeous Ladies of Wrestling.
  • Le programme hebdomadaire, diffusé le dimanche entre 1986 et 1990, « reste un phénomène extraordinaire à beaucoup d’égards en dépit de ses préjugés, de ses conditions de travail bizarres et ses risques d’accident »: les membres étaient aussi de jeunes actrices en difficulté, jolies, à qui des producteurs ont demandé de se battre sur un ring après leur avoir donné des noms loufoques comme MTV, Jailbait, Little Egypt, Babe the Farmer’s Daughter ou Ninotchka.      .
  • GLOW a eu beaucoup de succès auprès des enfants et adolescents (les « fratboys » américains) car si les actrices suivaient un scénario, les luttes étaient bien réelles et souvent improvisées: « esthétiquement aussi féministe que Charlie Angels mais bien plus valorisant » explique le New Yorker
  • Vous pouvez regarder le documentaire consacré au programme original “G.L.O.W.: The Story of the Gorgeous Ladies of Wrestling.” et disponible demain sur le Netflix américain.

 

 


5. Le Guardian US en eaux troubles

 

Campagne de publicité du Guardian US en 2013

 

  • Le Kiosque en parlait fin mars: L’édition américaine du Guardian est fragilisée comme le décrit cette semaine Buzzfeed News dans une longue enquête:
     

    La rédaction du Guardian US n’est pas devenue la voix de la gauche de Bernie pendant les élections. Elle n’a pas réussi à sortir des scoops importants durant la campagne. Des années après avoir gagné un Pulitzer pour l’histoire de Edward Snowden, le Guardian US a dû réduire ses coûts, laissant des employés inquiets concernant les problèmes de gestion, les lutte internes, l’accusation de harcèlement sexuel et des perspectives financières impossibles à atteindre. 

     

  • Le Guardian US est né en 2011 de la branche américaine du quotidien, Guardian America, qui rapportait déjà beaucoup de trafic, et a voulu atteindre public américain en adoptant un ton différent de celui des autres grands quotidiens du pays.
  •  

  • L’affaire Snowden en 2013 qui lui a offert le Pulitzer en 2014 a imposé The Guardian US dans le champ médiatique, qui a triplé de volume et élargit sa ligne éditoriale avec l’apport de financements mais une pression supplémentaire pour rapporter plus de trafic et culminé à 42 millions de visiteurs mensuels en juin 2016. 
  •  

  • Une restructuration de la compagnie mère et une baisse des revenus publicitaires en ligne en ont décidé autrement et la rédaction est passée en quelques mois de 140 à 80 employés avec des objectifs désormais inatteignables (32 millions de dollars de revenus pour 2016-17 soit deux fois plus que l’année précédente).
  •  

  • Le Guardian n’a pas réussi à concurrencer le New York Times et le Washington Post qui enchaîne les scoops depuis des mois – une remarque qui s’applique d’ailleurs à tous les autres quotidiens et magazines américains – ni à utiliser la campagne électorale pour représenter et défendre la gauche progressiste américaine incarnée par Bernie Sanders, assez critiqué par le Times et le Post qui eux ont choisi Clinton. 
    Un constat un peu injuste puisque le Guardian été l’un des seuls grands médias à soutenir et couvrir la campagne du sénateur du Vermont, jusqu’à sa défaite en juin de l’année dernière
  •  

  • « How the Guardian lost America » – Buzzfeed News

 


6. Couverture du jour

  • Le Time s’intéresse au procureur Robert Mueller qui a repris l’enquête du FBI sur les soupçons de collusions entre la Russie et l’équipe de Trump durant les élections présidentielles américaines, qu’il aurait élargi pour inclure d’éventuelles tentatives d’entrave à la justice du président – pour avoir viré James Comey.
     

    Mueller doit être prudent, mesuré, honnête et ouvert. S’il trouve des infractions, il doit les expliquer clairement. S’il n’en trouve aucune, il doit l’affirmer avec autant de transparence et de conviction. L’Amérique a besoin de leaders qui soient justes: Mueller peut aider en étant un exemple.

Le Kiosque du 16.06.17: Trump en mode auto-destruction – Les « Dreamers » sains & saufs – « The Invisibles » – Sale semaine pr les journalistes –

 

1. Trump attaque son Département de Justice

    • Rod Rosenstein, l’adjoint du ministre de la justice Jeff Sessions, est celui qui a « recommandé » par écrit au président le renvoi du directeur du FBI, James Comey, en mai dernier, et nommé le procureur indépendant Robert Mueller pour reprendre l’enquête du FBI sur les soupçons d’ingérence russe dans les élections présidentielles américaines – Jeff Sessions s’étant récusé de toute enquête sur le sujet en mars dernier.

 

    • Hier, Rod Rosentein a officiellement mis en garde « les Américains » sur la véracité des fuites révélées dans les médias en les poussant « à être sceptiques vis-à-vis de ces sources anonymes »: Une tentative de discrédit contre les informations relayées dans les journaux, généralement utilisée par Donald Trump, qui visait clairement à démentir le scoop du Washington Post qui affirme que le FBI sur le président.
      C’est la première fois que le Département de Justice publie un tel communiqué.

 

    • Dans une série de tweets particulièrement agressifs, Donald Trump s’en est pris ce matin à Rod Rosenstein, dont il a questionné l’intégrité:

      L’homme qui m’a poussé à virer le directeur du FBI enquête sur moi pour avoir viré le directeur du FBI!
      C’est une chasse aux sorcières.

 

    • Un énième tweet qui met le président dans l’embarras car:
      • Donald Trump reconnaît qu’il est l’objet d’une enquête qui vise à déterminer s’il a tenté d’entraver l’exercice de la justice.
      • Donald Trump contredit les explications données le mois dernier à un journaliste de NBC News sur les raisons du renvoi de James Comey: « Je l’aurai viré quelles que soient les recommandations [de Rod Rosenstein] ».

 

  • Les attaques du président visent autant Mueller que contre le Département de Justice, Jeff Sessions et son adjoint.

 

 


2. Une spirale infernale

  • Politico rapporte les inquiétudes croissantes de l’entourage de Trump sur son comportement:

    La plus grande menace pour Trump et sa présidence sont sa conduite et son comportement obsessionnel depuis qu’il est entré à la Maison Blanche. Le Parlement et le FBI peuvent prouver que Trump et son équipe ont enfreint la loi avant son investiture, mais ses conseillers sont inquiets que les actions qu’il a prises depuis soient considérées comme une entrave à la justice.

     

  • Le sénateur républicain Lindsey Graham:

    Il pourrait être le premier président de l’histoire à tomber parce qu’il ne peut s’empêcher de parler correctement d’une enquête, qui pourrait très bien l’innocenter s’il restait en dehors.

     

  • S’en prendre directement et aussi rapidement au procureur indépendant, Robert Mueller, « qui n’a même pas fini de réunir son équipe, ni d’installer ses bureaux en dehors du Département de Justice » est un signe de fébrilité et de nervosité du président rapporte le New York Times:

    « C’est un peu tôt pour commencer à critiquer le procureur » affirme Philip Allen Lacorava, un procureur du Watergate et Républicain. « C’est une attaque nucléaire préventive. Si tu as peur de ce que les procureurs vont trouver, tu essayes de discréditer à l’avance tout ce qu’il vont rapporter en les attaquant.

 


3. Les « Dreamers » sains et saufs

 

NBC Chicago

 

    • Lorsque l’administration Trump annonce une bonne nouvelle – qui ne consiste à pas à détruire l’héritage de son prédécesseur, Barack Obama – c’est généralement une promesse de campagne qu’il ne tiendra pas. 

 

    • Le département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) a annoncé hier qu’il ne déportera pas les « Dreamers », ces jeunes immigrés arrivés sans papiers sur le sol américain lorsqu’ils étaient enfants, souvent accompagnés de leur parents, et légalement autorisés à y rester et travailler grâce au programme mis en place sous Obama, le DACA (« Deferred Action for Childhood Arrivals »).

 

    • C’est une victoire pour les défenseurs des droits des immigrés et des libertés civiles qui militent depuis des mois contre les politiques anti-immigration du président.

 

    • C’est une défaite pour les supporters de Trump et partisans d’une rhétorique anti-immigration qui considèrent le DACA comme une « accès illégal vers l’amnistie » et qui s’étaient vus promettre le contraire par le président.

 

    • Explications:

      Menacer un certain groupe apprécié de la plupart des Américains d’expulsion est un risque politique majeur. Dans certains cas, ces immigrés n’étaient pas au courant qu’ils étaient entrés illégalement sur le territoire. Beaucoup fréquentent des établissements scolaires américains depuis la maternelle

 

 


4. Vivre sans carte d’identité

    • Super enquête du Washington Post sur « The Invisibles », cette population défavorisée qui ne possède aucune pièce d’identité (« ID »): pas de acte de naissance, ni carte de sécurité sociale ou de permis de conduire – la carte d’identité nationale telle qu’on la connaît en France n’existe pas, et peu d’Américains disposent d’un passeport.

 

    • 11% des adultes américains ne possèdent aucun papier d’identité:

      Pour les pauvres Américains, les « IDs » sont quelque chose de vital – un moyen d’obtenir services et des opportunités, du logement social à l’éducation. Dans les Etats qui obligent leurs habitants à disposer d’une « ID » pour voter, ils ne peuvent pas exercer leur droit. « C’est un grand problème pour les populations qui sont sans domicile fixe et pauvres. Sans ID, tu n’existes pas » explique Maria Foscarinis, directrice du « National Law Center on Homelessness & Poverty »

       

    • Les démarches administratives pour obtenir une identification sont très longues et compliquées et contribuent à mettre au ban de la société des centaines de milliers de citoyens en grande difficulté.

 

 

 


5. Dure semaine pour les journalistes

    • Yahoo, le portail internet des années 90, qui n’a pour seule légitimité que les boites emails de centaines de millions d’internautes – piratées à deux reprises sous la direction de Marissa Meyer qui vient d’annoncer son départ – a été rachetée par le géant de la téléphonie mobile, Verizon, et va en devenir l’unité digitale, rebaptisée Oath: (le voeux)
      • Les conséquences de cette méga-fusion pour Yahoo: 2 100 de licenciements
      • Parmi eux, 39 employés du HuffPost, propriété de AOL, elle-même propriété de Verizon. Le HuffPost vient de subir un rebranding complet sous la direction de Lydia Polgreen, rédactrice en chef depuis le début de l’année, après le départ de Ariana Huffington en août

 

    • Vocativ, le site internet « qui utilise la technologie intelligente, d’excellents journalistes et la sagesse du public pour trouver des histoires originales » dans le « deep web » fondé en 2013 a viré toute sa rédaction pour « se concentrer uniquement sur la vidéo qui sera distribuée sur les médias sociaux et autres plate-formes » a annoncé son un porte parole mercredi.

 

  • Time Inc, dont le célèbre magazine vieux de 90 ans est publié à trois millions d’exemplaire chaque semaine, a également du se séparer de trois cent employés dans les rédactions du Time, Sports Illustrated et Fortune, et se concentrent également sur le numérique et la vidéo, le contenu qui se partage le plus facilement sur les réseaux sociaux
  • « Why So Many journalists Got Laid Off at HuffPost et Vocativ » – The Daily Beast

 

 


6. Le reste de l’actualité

  • Alex Jones vient de diffuser un enregistrement secret de l’interview controversé qu’il a donné avec Megyn Kelly censé être diffusé dimanche soir sur NBC News. Une version plus courte de cette entrevue avec le conspirationniste sera offerte et l’émission donnera la parole aux familles des victimes du massacre de Sandy Hook, que Alex Jones qualifie de « inside job ». – The New York Post

 

  • Fox News vient de changer son slogan « Fair and Balanced » (« Juste et modéré »), un objectif que la chaîne a semble-t-il eu du mal à atteindre, pour un slogan plus proche d’une réthorique « trumpienne », « Most Watched. Most Trusted. » – Politico

 

  • Jeff Bezos est devenu l’homme le plus riche du monde et sa compagnie Amazon vient de racheter les chaînes de supermarchés Whole Food pour 13,7 milliards de dollars – The Wall Street Journal

 

  • L’audition de James Comey a réuni 19 millions d’Américains la semaine dernière contre seulement 12 millions pour Jeff Sessions mardi. Politico

 

  • Le président Trump a offert à Lynne Patton la gestion de l’agence gouvernementale en charge du logement pour l’Etat de New York et du New Jersey; elle travaille pour le milliardaire et sa famille depuis 2009, a organisé certains de ses tournois de golf, et s’est occupée du mariage du fils, Eric Trump. – Daily News

 


7. Couverture du Jour

  • Rachel Maddow est devenue la star de l’info ces derniers mois avec son émission quotidienne sur MSNBC, The Rachel Maddow Show, malgré un style parfois ennuyeux.
  • Elle profite bien entendu du « Trump Bump » mais elle est l’une des journalistes les plus respectées de la télé américaine, qui ne cache pas son aversion pour le président.
  • Son portrait dans le Rolling Stone de cette semaine:

Le kiosque du 13.06.17: Un cabinet de louanges – #SessionsDay – Megyn Kelly boycottée –

 

Ce n’est pas normal

 

Le président et son cabinet à la Maison Blanche lundi 12 juin 2017

 

  • Mike Allen de Axios dans sa newsletter ce matin:

    Ca fait dix huit que je couvre les présidents américains, et je n’ai jamais assisté à un conseil comme celui d’hier

    Le premier meeting au complet de l’administration Trump a eu lieu hier devant des dizaines de photographes et de caméras et a commencé par onze minutes de louanges adressées au président – le plus impopulaire de l’histoire des Etats-Unis – par plusieurs membres du cabinet, et qui a laissé tous les témoins hallucinés.

  •  

  • Le New York Times s’en amuse en Page One aujourd’hui:
     

    Un par un, ils ont encensé le président, chacun leur tour ils ont salué son intégrité, sa force, ses politiques. Leur leader assis, souriant, qui approuve (…)
    Le Commandant en Chef, dont on sait depuis des décennies qu’il aime être flatté et qui parle de lui-même en superlatifs, s’est permis de se féliciter. Il a déclaré être l’un des présidents les plus productifs de l’histoire de l’Amérique – proche de Franklin Delano Roosevelt – et affirme avoir enchaîné les succès à une vitesse record.

     

    • Mike Pence, vice président:

      Le plus privilège de ma vie est d’être le vice-président d’un président qui tient ses promesses envers le peuple américain.

    •  

    • Reince Priebus, chef de cabinet et sur la sellette, a été le plus loin:

      Au nom de l’ensemble de l’équipe, Mr le président, nous voulons vous remercier pour l’opportunité et la bénédiction que vous nous avez offert afin de servir votre agenda et le peuple américain.

 

  • Et Mike Allen de nous offrir cette piqûre de rappel:
     

    Souvenez vous que nous vivons une époque qui sera étudiée et débattue jusqu’à la fin des temps. Beaucoup de supporters de Trump, aussi bien les fervents que les réticents, savourent la destruction des normes et se plaignent de la couverture médiatique très critique à l’égard de sa présidence.
    Mais n’oublions pas que nous sommes les témoins quotidiens de comportements et d’actions sans précédent.

 


Jeff Sessions in the hot Seat

 

Source: Chip Somodevilla/Getty Images

 

 

  • Après #ComeyWeek, c’est #SessionsDay aujourd’hui: le ministre de la justice, Jeff Sessions, ancien sénateur d’Alabama et l’un des premiers supporters de Donald Trump lors de la campagne présidentielle a annoncé lundi vouloir témoigner en public devant la commission du renseignement du Sénat sur ses relations avec les représentants russes l’année dernière.
  •  

  • En mars, le Washington Post révèle que Jeff Sessions a rencontré à deux reprises l’ambassadeur russe aux Etats-Unis, Sergueï Kislyak, pendant la campagne présidentielle: Rencontres qu’il a formellement nié lors de sa confirmation devant le Sénat quelques semaines plus tôt et qui l’obligent alors à se retirer de toute enquête sur les présidentielles de 2016. 
  •  

  • Depuis, les relations entre le président et Jeff Sessions sont très tendues et le ministre de la Justice a même proposé fin mai de donner sa démission.
  •  

  • Selon Mike Allen de Axios, « les risques sont très importants » et les « résultats ne peuvent être que dommageables » pour l’administration:
     

    • C’est la Commission qui a obligé Jeff Sessions à témoigner en public et il a déclaré après vouloir « dire la vérité au public américain ».
    • James Comey a affirmé la semaine dernière que Sessions aurait rencontré une troisième fois l’ambassadeur russe en avril 2016. Il aurait donc menti une nouvelle fois.
    • Il peut plaider un « executive privilege » pour éviter de répondre à certaines questions d’ordre confidentiel mais a tout intérêt a être plus honnête possible pour clore ce chapitre.
    • L’audition ne devrait pas arranger les affaires de Sessions auprès du président qui suivra de près la séance qui débute à 14 hrs cet après midi.

 


Mueller bientôt viré?

  • C’est la dernière rumeur à Washington: le procureur indépendant Robert Mueller, ancien directeur du FBI (2001-2013), nommé par le Département de la Justice américaine le 17 mai dernier pour reprendre l’enquête du FBI après le renvoi de James Comey pourrait être viré par le président.
  •  

  • La rumeur a été lancée lundi par un ami de Donald Trump, Christopher Rudy, le P.-D.G. de Newsmax
  • Comme nous l’expliquions hier, Robert Mueller a assemblé une équipe d’avocats spécialisés en droit pénal parmi les plus réputés du pays pour conduire l’enquête sur l’entourage de Trump: Il représente une menace directe pour l’administration et le président.
  •  

  • Virer Bob Mueller serait catastrophique pour l’image et la crédibilité du président, et s’il prend cette décision, ce sera contre l’avis de ses avocats, de ses conseillers et de toute personne censée à la Maison Blanche – Mais, Donald Trump a déjà fait l’erreur de virer James Comey, et il n’écoute que lui-même et ses instincts.
     
    A suivre.
  • « How the Mueller Threat Came off » – Axios

 

 


NBC défend Megyn Kelly

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  • Ancienne journaliste star de Fox News qui s’est rendue célèbre en critiquant ouvertement le candidat Donald Trump l’année dernière, Megyn Kelly débarque sur NBC News avec une émission dominicale, « Sunday Night with Megyn Kelly » qui a commencé sur les chapeaux de roue la semaine dernière avec une interview de Vladimir Poutine.

  •  

  • L’invité de cette semaine est le présentateur de l’émission « InfoWars », le fou furieux Alex Jones, supporter invétéré de Donald Trump, champion des théories du complot, qui pense que le massacre de Sandy Hook en 2012, au cours duquel une vingt écoliers et six éducateurs sont morts, aurait été organisé par des « forces hostiles au Second Amendement » – le droit de porter des armes
  •  

  • Les familles des victimes de Sandy Hook ont dénoncé « cette nouvelle plate forme » offerte à un personnage aussi controversé à une heure de grande écoute – elles qui « subissent le harcèlement et les menaces des conspirationnistes depuis des années ».
    Certains internautes appellent au boycott de la chaîne (#ShameonNBC) et de l’émission (#BoycottMegynKelly) mais NBC a choisi de défendre les choix de sa présentatrice.
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  • Megyn Kelly s’est défendue de vouloir faire « la lumière » sur un personnage qui a reçu Donald Trump dans son émission, et que le président a personnellement remercié de son soutien après sa victoire aux élections présidentielles.

    Twitter

 


Couverture du Jour

  • Variety revient cette semaine sur le Trump Bump, « l’effet Trump »: cet intérêt accru des Américains pour la politique qui se traduit par une audience et une circulation en hausse pour les émissions et les médias d’actualité.
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  • Grâce à un président et une administration haute en couleur, le Trump Bump est toujours aussi important huit mois après les élections présidentielles et redéfinit la compétition entre les chaînes d’info (MSNBC, CNN et Fox News) et les présentateurs/journalistes (Anderson Cooper, Rachel Maddow et Sean Hannity en couverture)
  •  

  • L’actualité brulante quasi-quotidienne relayée dans les émissions d’actualité et politiques attire toujours plus de téléspectateurs et d’internautes mais fragilisent les programmes de divertissement sur les grandes chaînes nationales (ABC, NBC, CBS, FOX)
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Le kiosque du 12.06.17: Orlando – la « Dream Team » de Mueller – Le « mini-me » de Trump – Ivanka traumatisée – Uber sans tête – Lily

 

1. Le massacre d’Orlando, un an après

  • Le 12 juin 2016, Omar Mateen, un gardien de sécurité de 29 ans, est entré armé dans un club gay de Orlando en Floride et tué 49 personnes et blessé 58 autres considéré comme un attaque terroriste et un crime haineux: C’est le pire massacre que l’Amérique ait connu et le pire acte de violence envers la communauté homosexuelle.
  • Des commémorations ont lieu très tôt ce matin et toute la journée dans la ville d’Orlando.

 


2. Mueller assemble une Dream Team

    • Robert Mueller, le procureur indépendant en charge de l’enquête du FBI sur d’éventuelles collusions entre l’équipe de Donald Trump et les Russes pendant la campagne présidentielle vient de s’entourer d’avocats spécialisés en droit pénal les plus réputés, expérimentés et respectés du pays, preuve du sérieux avec lequel il entend conduire ses recherches.

 

  • Fox News ne l’entend pas de cette manière: la chaîne d’info est furieuse que ce soit Bob Mueller, un « pote » de trente ans de Jamey Comey, qui reprenne la direction de l’enquête – même si la décision a été prise par le ministre adjoint de la justice, en toute indépendance.

    C’est dangereux, surtout si tu regardes l’expérience des avocats qu’il a recruté. Ce mec a rassemblé une série d’avocats spécialisés dans des affaires criminelles pour enquêter sur l’administration Trump.

     

   

 

 

 


3. Dan Scavino, le « mini-me » de Trump

 

Twitter

 

    • Il est méconnu du public mais on peut le lire tous les jours sur les réseaux sociaux officiels de la Maison Blanche et du président: Dan Scavino, officiellement « responsable des médias sociaux de la Maison Blanche et assistant du président » et … son ancien caddie.

 

    • C’est un proche de Donald Trump depuis presque trente ans, qui a participé à toute la campagne électorale, dans laquelle il tenait également les reines des médias sociaux pour le candidat – autant dire qu’il l’a aidé à être élu, en enchaînant notamment les polémiques – il est l’auteur de ce tweet malheureux qui présentait une étoile de David à côté du visage d’Hillary Clinton au dessus de la mention « candidate la plus corrompue »

 

    • Il est le seul à la Maison Blanche à encourager aujourd’hui son boss à twitter tout ce qui lui passe par la tête, et quand le président décide d’être discret, c’est son lieutenant qui prend la relève sur son compte Twitter professionnel, et de manière plus agressive sur son compte personnel

 

    • Il est le seul à taper les tweets du président si besoin est – on peut reconnaître les similitudes entre les tweets du président et celui de son ancien caddie.
      Surtout il est l’auteur de ces vidéos parfois très simplistes et dramatiques sur les programmes, argumentaires et les succès de la Maison Banche postées sur les comptes officiels.

 

    • Il a été reconnu coupable de violation du Hatch Act, qui interdit toute activité politique d’un officiel de la Maison Blanche, en souhaitant la défaite de Justin Amash dans les primaires républicaines du 3ème district de l »Etat du Michigan début avril.

 

 

 


4. Ivanka traumatisée et Donald Jr « Trumpé »

 

The Drudge Report

 

    • Son père en a fait la pub ce matin sur Twitter: Sa fille Ivanka était l’invitée de l’émission matinale préférée de la Maison Blanche, Fox & Friends, sur l’inévitable Fox News pour se plaindre de Washington et des attaques dont était l’objet l’administration Trump:

      C’est difficile et je ne m’attendais pas à autant de méchanceté.
      C’est une expérience très intense même si je sais que ça n’allait pas être facile. Mon père et son administration veulent transformer les choses en plus grand, en plus audacieux, et on veut bousculer le statu quo. Donc je ne m’attendais pas à quelque chose de facile, mais j’ai été choquée personnellement par le flot et l’intensité des attaques.
      Mais j’essaye de rester concentrée et de ne pas écouter les rumeurs.

       

    • Concernant l’audition de James Comey, elle adopte la ligne familiale qui consiste à répéter – jusqu’à ce que les gens y croient – que le directeur du FBI a disculpé le président jeudi dernier, même s’il l’a traité de « menteur »

 

  • Son frère, Donald Jr, invité du juge Jeannine Pirro sur Fox News hier, a involontairement corroboré les propos de James Comey:

    Vous connaissez mon père depuis longtemps et quand il vous dit de faire quelque chose, il n’y a pas de place au doute. C’est pas: « J’espère parce que nous amis. C’est j’espère que ça arrive, mais il faut que tu le fasses! C’est exactement ce qu’il a dit à Comey;

 


5. Uber sans tête?

    • Partira, Partira pas? Le conseil d’administration de Uber doit discuter cette semaine de la suspension provisoire du fondateur et actuel CEO, Travis Kalanick, 40 ans, qui est devenu en quelques mois le chef d’entreprise le plus détesté des Etats-Unis, et qui a entraîné avec lui sa compagnie, évaluée à 68 milliards de dollars.

 

    • Les articles et portraits du CEO qui se succèdent dans la presse ces dernières semaines offrent un visage détestable de l’entrepreneur. 

 

  • La compagnie et son fondateur enchaînent les déboires et crises depuis des mois, souvent auto-infligées:
    • En février dernier, une ancienne employée de Uber, Susan J. Fowler publie sur son blog le récit de son « année très, très étrange » passée à Uber, le harcèlement sexuel dont elle a été victime et que « la direction a systématiquement ignoré » malgré les plaintes.
    • Le New York Times a révélé en mars dernier l’utilisation d’un logiciel pour échapper aux autorités et aux régulateurs et pénétrer un nouveau marché où leurs services étaient interdits et qui a déclenché Une enquête fédérale
    • Une vidéo de Kalanick qui réprimande l’un de ses chauffeurs a fait le tour d’internet
    • Google a porté plainte en février contre Uber pour vol de technologies utilisées dans ses voitures sans chauffeurs.
    • La semaine dernière, Recode a révélé que Eric Alexander, le chef des opérations en Asie, avait été viré après avoir obtenu le dossier médical d’une cliente violée par un chauffeur de la compagnie en Inde en 2014 qu’il a partagé avec Kalanick. Ces derniers pensaient que l’agression avait été orchestrée par le rival de Uber en Inde, Ola.
    • Recode a également publié un email de Kalanick daté de 2013 dans lequel il encourage se employés à la débauche lors d’un séjour d’entreprises à Miami.
    • Enfin Uber a perdu trois milliards de dollars l’année dernière

     

  • La compagnie n’a ni COO (Chief Operating Officer), ni CFO (Chief Financial Officer), ni CMO (Chief Marketing Officer) alors que beaucoup de dirigeants sont épuisés et certains vont être virés après les résultats de l’enquête de Eric Holder sur l’entreprise, approuvée par le conseil d’administration.
    • Rachel Holt, la directrice des opérations pour l’Amérique du nord pourrait prendre la relève
    • Le conseil pourrait également décider de mettre en place un comité chargé de gérer la compagnie plutôt qu’une seule personne
    • Certains membres du conseil d’administration pourraient prendre temporairement les rênes, comme Arianna Huffington par exemple

 


6. Première pour Lily

 

 

 

    • The Lily, en référence au premier quotidien américain féministe créée en 1849 par Amelia Bloomer, est le dernier projet du Washington Post pour attirer les « Millenials ». Il s’agit d’un site internet d’actualités, thelily.com écrit par des jeunes femmes et qui leur est destiné (également disponible sur Medium), d’une newsletter féministe en début et fin de semaine « intelligente, rigolote et originale » dont la première a été envoyée ce matin, d’une page Facebook (près de 190 000 abonnés) et d’un compte Instagram

 

    • Le graphisme du site est élégant, en noir et blanc, et aborde des sujets féminins, dans le but « d’informer et d’inspirer, d’offrir des voix et des perspectives différentes sur tous les sujets d’actualité, de politique, de genre, d’égalité, de santé, de culture et témoignages.
      On trouve pas mal de sujets pratiques concernant le travail, la maternité, la santé (les femmes et l’alcool, la dépression) pour les jeunes femmes actives.

 

    • Les quatre journalistes et deux directrices artistiques ont été recrutées en interne au sein du Washington Post et publient une dizaine d’articles par jour avec chacune une illustration spécifique, également utilisé par l’unique sponsor du site, JP Morgan Chase, mentionné en tête du site et dans des « native ads ».

 

  • Pour plus d’infos, voir l’article de Digiday

 

 


Le reste de l’actualité

    • Gianforte, le nouveau Représentant républicain du Montana qui a tabassé un journaliste du Guardian la veille de son élection (et de sa victoire) a été condamné à quatre jours de prison en quarante heures de travaux d’intérêts général.

 

    • Jeff Sessions, le ministre de la justice américain témoignera demain en public devant le Senate Intelligence Committee en public pour répondre aux questions concernant ses contacts avec des représentants russes pendant la campagne présidentielle. – Politico

 

  • Le président Trump donne à Priebus [son secrétaire de cabinet] jusqu’au 4 juillet pour résoudre les problèmes de la Maison Blanche sans quoi « il sera remplacé par du sang neuf » affirme Politico hier soir.Les propos ont été bien évidemment démentis par le porte parole, Sean Spicer.

 

 


Couverture du Jour

    • Celle du Foreign Affairs consacrée à la politique étrangère américaine, bouleversée par la nouvelle administration qui adopte désormais la ligne dite « America First »: la recherche de l’intérêt du pays avant celui des autres ou d’un ordre international.

 

    • Certes, les promesses de campagne dans le domaine sont plus conventionnelles mais pour achever des succès diplomatiques, les Etats-Unis ont besoin d’une stratégie mondiale et régionale et pas des improvisations de dernières minutes ou ni des tweets controversés.