30.10.17

 

1.  KEVIN SPACEY

 

  • Hier Buzzfeed News a révélé qu’en 1986, Kevin Spacey a fait des avances à un jeune acteur de 14 ans, Anthony Rapp, après une soirée arrosée. La star de « House of Cards » a répondu sur Twitter être était horrifié par les accusations, n’avoir aucun souvenir de l’incident vieux de trente ans, que d’autres accusations de ce genre allaient être lancées contre lui et … qu’il était gai.
    Beaucoup d’internautes et de célébrités ont critiqué le choix de faire son coming out à un moment aussi inapproprié et par rapport à des faits aussi graves. Buzzfeed News

    Netflix vient d’annoncer que la série « House of Cards », son premier Blockbuster, se terminera à la fin de la sixième saison, diffusée l’année prochaine. Business Insider

 

  • Les responsables de Facebook, Twitter et Google vont témoigner mardi et mercredi devant trois sous-comités du Congrès sur le rôle qu’ont joué leurs plateformes dans l’ingérence russe pendant la campagne présidentielle (les publicités payées pour évoquer des sujets qui fâchent, des évènements organisés contre les musulmans, pour la défense de la police ou contre les violences policières) et comment éviter que cela se reproduise dans le futur.Axios
    Facebook devrait annoncer demain que 126 millions d’Américains ont eu accès des posts payés par le Russes, soit 40% des utilisateurs du réseau social aux Etats-Unis. 80 000 articles, photos ont atteint 29 millions de personnes, qui en les partageant ont atteint 97 millions d’autres entre janvier 2015 et août 2017 – The Verge
    Google aurait identifié 18 chaînes YouTube liées à des agents russes qui auraient diffusé plus d’un millier de vidéos vues par 300 000 personnes sur la même période. Enfin Twitter a recensé 36 000 comptes automatiques ayant généré 1,4 millions de tweets qui ont été vus 280 millions de fois – un petit nombre par rapport `a l’ensemble de tweets sur les élections présidentielles – The New York Times

 

  • Puerto Rico a annoncé la rupture du contrat de trois cent millions de dollars avec Whitefish Energy, cette petite entreprise de deux personnes basées dans le Montana, engagée pour la reconstruction du réseau électrique de l’île après le passage de l’Ouragan Maria.

 

 

 

2. TRUMPLANDIA: UNE SEMAINE HISTORIQUE

 

  • Ce matin, Robert Mueller, le procureur en charge d’enquêter sur d’éventuelles collusions entre l’équipe de campagne de Trump et les Russes pendant la campagne présidentielle de 2016, a inculpé trois personnes:
    • George Papadopoulos qui a reconnu avoir menti au FBI sur sa rencontre avec un proche du gouvernement russe, pour tenter d’obtenir des emails appartenant à Hillary Clinton, lorsqu’il était en charge des questions de politique étrangère pendant la campagne, et qui collabore depuis l’été dernier sur cette enquête.
    • Paul Manafort, ancien président de la campagne de Trump qui avait démissionné en juin 2016 après les révélations sur ses liens avec l’ancien président ukrainien pro-russe, Yanukovitch. Il est accusé avec son associé Rick Gates, d’avoir reçu 18 millions de dollars du Parti des régions ukrainiens, qu’il n’a jamais déclaré à l’IRS, les impôts américains, et de complot contre les Etats-Unis
      Les deux ont plaidé non coupable cet après midi – New York Post
    • Comme l’a affirmé aujourd’hui Trump, il n’y a aujourd’hui encore aucune preuve de collusions entre son équipe de campagne et les Russes, même si le candidat républicain a engagé dans son équipe de campagne un ami, qui était sous surveillance du FBI et dont les liens troubles avec la Russie et certains pays de l’Est étaient bien connus – Buzzfeed News 
    • Rappelons également que son fils, Donald Jr, son gendre, Jared Kushner, et Manafort ont rencontré une avocate russe au cours de l’été 2016 pour tenter de se procurer des emails de Hillary Clinton, les trente mille que le candidat Trump a demandé à la Russie de « retrouver » lors d’un meeting en Floride en juillet de la même année.Certains affirment que l’inculpation de Manafort, passible de vingt ans de prison est un moyen pour Mueller de le faire coopérer, notamment sur ce qui s’est dit lors de ce fameux meeting dans la Trump Tower avec l’avocate russeNY Daily NewsPour le Wall Street Journal, l’enquête de Mueller transforme la justice criminelle en une arme politique contre Trump, c’est pourquoi, le président devrait virer Mueller et laisser l’enquête au Congrès … républicain. 

 

  • Steve Bannon, chef de Breitbart News qui veut détruire l’establishment du parti républicain, virer les candidats officiels du parti critiques envers Trump et « America First », qui rêve de se débarrasser du chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a trouvé une nouvelle cible: L’un des plus importants donateurs du parti, Paul Singer, milliardaire derrière le site conservateur Washington Free Beacon qui a engagé durant la campagne présidentielle, la société Fusion GPS pour enquêter sur Donald Trump et qui est à l’origine du fameux dossier publié par Buzzfeed début janvier qui accuse le candidat républicain d’avoir fomenté avec les Russes pour remporter les élections et d’avoir pris un « golden shower » avec des prostituées russes dans un hôtel de Moscou – un dossier qui a été repris puis financé par les Démocrates. – Axios

 

  • Le copain de Trump, Roger Stone, « agent provocateur » et figure haute en couleur du parti républicain, a été banni à vie de Twitter pour s’en être pris vendredi à un présentateur de CNN, Don Lemon, qu’il a généreusement insulté. Ce dernier pourrait porter plainte contre Twitter pour tenter d’y retrouver sa voix. – TechCrunch

 

  • Une Cour de Justice fédérale américaine a interdit à Trump de changer les règles concernant le recrutement des transsexuels dans l’armée américaine. Un nouveau revers pour une décision prise sans avoir consulté l’Etat-Major et dans le seul but de satisfaire sa base de « déplorables ».
    Dans son jugement, la juge a fait des captures d’écran des tweets du président – Bloomberg Law

 

 

 

4. POURQUOI LA LUTTE CONTRE l’EPIDEMIE DES OPIACES DOIT ETRE POLITIQUE?

 

  • Si ActUp a réussi à combattre l’épidémie du SIDA, à marquer les consciences d’une société et de sa classe politiques avec des actions coup de poings, la même chose devrait être faite pour tenter de lutter contre la crise des opiacés, qui fait plus de 60 000 morts par an aux Etats-Unis. Le pays n’a pas les infrastructures et le personnel nécessaires, ni les traitements adéquats, ni les lois et un système de santé beaucoup trop cher pour réussir à combattre la pire épidémie que le pays ait connu explique Zachary Siegel, un ancien toxicomane dans Slate.
    Trump a affirmé que cette épidémie était une urgence de santé publique mais aucun fond supplémentaire indispensable – on parle de 9 milliards de dollars – n’ont été ajoutés ce qui rend le travail difficile.
  • A lire, cette longue enquête en onze chapitres de Glamour sur les femmes et la crise des opiacés: « Women and Opioids: Inside the Deadliest Drug Epidemic in American History »

 

 

 

7. LA COUV DU JOUR

  • Comme Jimmy Fallon, Jimmy Kimmel est resté discret dans ses critiques contre le président et son administration jusqu’à la naissance, au printemps dernier, de son fils atteint d’une malformation du coeur, qui l’a poussé à défendre le système de santé américain dans une monologue assez émouvant. Il a également réagi à la tuerie de Las Vegas, sa ville natale, et condamné l’inaction des politiques envers le contrôle des armes. Depuis, Jimmy Kimmel est passé du côté des activistes, un rôle qu’il n’a pas vraiment choisi et avec lequel il est peu à l’aise.

    La chose la plus proche à laquelle je peux comparer [l’élection de Trump], c’est quand O.J. a été acquitté. Je n’ai jamais pensé que ça puisse arriver. Il y avait tellement de preuves que O.J. était coupable, et tu fais confiance au système judiciaire américain. Tu penses que si quelqu’un est coupable, il va aller en prison pour cela. On est dans une situation similaire.

Le Kiosque du 18.05.17

 

 

La mort de Roger Ailes

  • « L’homme le plus influent de la politique et des médias américains », « le père du conservatisme moderne »: les personnalités du monde médiatique et politique rendaient hommage ce matin à la mort de Roger Ailes, à l’âge de 77 ans, annoncée plus tôt par le Drudge Report
  • Roger Ailes a fondé Fox News avec Rupert Murdoch en 1996, qui est rapidement devenu la première chaîne d’information câblée du pays, et l’antenne officielle des Républicains, de George Bush, et plus récemment celle de Donald Trump pendant la campagne présidentielle et sa présidence
  • Il a été écarté de la chaîne cet été à la suite d’accusations de harcèlement sexuel de la part d’autres employées, et notamment de Megyn Kelly qui est passée depuis sur NBC.
  • Une enquête du ministère de la justice est toujours en cours pour déterminer le rôle des dirigeants de Fox News dans la gestion de l’affaire Roger Ailes.
  • * « La chute-éclair de Roger Ailes, le patron de Fox News et de la droite américaine » – Le Kiosque de New York

 

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La Maison Blanche est épuisée

  • A l’annonce des cent jours de Donald Trump, beaucoup de journalistes à Washington comparaient ces trois premiers mois à des années tellement l’enchaînement des affaires, scandales, décrets présidentiels et tweets a inondé quotidiennement l’actualité – même le weekend!
  • Le Washington Post rapporte que « le pire job à Washington en ce moment, c’est de travailler pour Trump »: Le stress des journalistes, même ceux présents dans la briefing room n’est rien comparé à la pression exercée sur ceux qui travaillent à la Maison Blanche qui vient d’essuyer deux semaines d’intenses critiques de la part des médias et de la classe politique.
    L’annonce hier de la nomination d’un procureur indépendant pour poursuivre le travail de James Comey n’a pas détendu l’atmosphère dans « la forteresse assiégée du président ».

    Des employés de la Maison Blanche plaisantent désormais sur les risques de destitution. D’autres moins haut placés ont commencé à contacté des consultants et leur ont laissé leur CV. Un conseiller de premier rang a commencé à parler en privé à ses amis d’un emploi en dehors de la Maison Blanche.

  • Le voyage de Trump à l’étranger qui commence demain devrait détendre l’atmosphère à Washington mais les problèmes sont loin d’être résolus car l’affaire Comey ne fait que commencer – d’autres fuites devraient suivre inspirés par les « mémos » de l’ancien directeur du FBI, et parce que Donald Trump refuse de reconnaître toute responsabilité dans la terrible gestion du ComeyGate/TrumpLeaks/ComeyMemos et continue de rejeter la faute sur ses conseillers.
  • * « The Worst job in Washington right now: Working for Trump » – The Washington Post

 

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Les jours de Sean Spicer sont comptés

  • Pour les commentateurs de journalistes de Washington, Sean Spicer occupe le job le plus difficile de la capitale: Porte parole de la Maison Blanche.
    Il a commencé sur les chapeaux de roue au lendemain de l’inauguration de Trump en mentant sur les chiffres de la mobilisation, malgré toutes évidences. Un premier mensonge qui a scellé ses relations très tendues avec la presse, qui lui a rapidement valu les moqueries de « Saturday Night Live » et Melissa McCarthy et une célébrité éclair qui a ravi le boss … jusqu’à un certain point.

    Les conférences de presse sont devenues le rendez vous incontournable des après-midi de la télé américaine raflant d’avantage d’audience que les soap-opéras traditionnels.
  • Mais les jours de Spicer seraient en danger selon Politico et le New York Times: Trump, qui a prévu des changements au sein de son administration, ne veut plus que Spicer défende ou explique publiquement ses choix et sa présence publique et médiatique devrait être limitée à la Maison Blanche.
  • Trump n’est pas content du travail de son équipe de communication avec qui il s’est retrouvé plusieurs fois en contradiction ces dernières semaines et l’utilise souvent comme son bouc émissaire pour ses propres bourdes – la dernière sur les raisons du limogeage de James Comey.
  • Sarah Huckabee devrait le remplacer.
  • * « Will Sean Spicer be fired? » – Politico

 

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« Get me Roger Stone »

  • On vous conseille l’excellent documentaire de Netflix sur Roger Stone, monument de la politique américaine qu’il a considérablement influencé ces quarante dernières années en introduisant les « dirty tricks » et en manipulant à sa guise les médias et ses confrères républicains.
    Conseiller de Nixon, son idole dont il a le portrait tatoué dans le dos, puis de Reagan et de Bush senior, il a été l’un des premiers à capitaliser et monnayer son carnet d’adresse et son influence auprès du pouvoir, à travers notamment la création des PAC, « Political Action Committee », et le rôle croissant des lobbys.
  • il aurait pu avoir une carrière politique à la Maison Blanche s’il n’avait pas trop tiré sur la corde médiatique qui lui est retombée dessus – un scandale sexuel avec sa femme en 1996 qui a fait la une du National Enquirer l’a obligé à se retirer de la vie politique pour un bon bout de temps.
  • Il est le conseiller politique et ami de Donald Trump depuis une trentaine d’années et c’est lui qui l’a poussé à se lancer dans chacune de ses courses présidentielles.
  • Le Trailer du documentaire

 

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Le reste de l’actualité

  • Parti Républicain: Le représentant républicain de l’Utah, Jason Chaffetz, parmi les hommes politiques les plus influents au Congrès et à Washington annonce son retrait de la vie politique et devrait prendre le rôle de commentateur à Fox News – Politico
  • Washington: La famille de l’employé du comité national démocrate assassiné cet été à Washington, Seth Rich, demandent à Fox News et la compagnie mère, 21st Century Fox, de retirer les théories du complot qu’elle a défendu cette semaine pour expliquer sa mort « suspecte » et de s’excuser – CNN & Le Kiosque
  • Fake News: Alex Jones, le présentateur hystérique d’InfoWars s’est excusé auprès du propriétaire des yaourts Chobani, un kurde installé aux Etats-Unis depuis 25 ans, qu’il avait accusé d’employer des « violeurs immigrés » dans ses usines de Twin Falls dans l’Idaho.
    Hamdi Ulukay a porté plainte contre Jones fin avril et l’affaire a été réglée. CNN & Le Kiosque

 

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La couverture du Jour

Wikileaks fait-il le jeu de Donald Trump?

Julian Assange lors de son passage sur HBO en Août 2016 - HBO
Julian Assange lors de son passage sur HBO en Août 2016 – HBO

Wikileaks s’est invité aux élections présidentielles américaines le mois dernier avec la diffusion de milliers de emails appartenant au Comité National Démocrate, la veille de l’ouverture de la conférence du parti, entraînant la démission de sa présidente, Debbie Wasserman Schultz.
Si Bernie Sanders a obtenu la preuve que le parti démocrate a bien essayé de favoriser leur leaderHillary Clinton, à ses dépens, on retiendra de ces fuites la très probable implication des services secrets russes dans ce piratage et la volonté manifeste de Julian Assange d’affaiblir le parti.

Julian Assange, réfugié depuis quatre ans dans l’ambassade équatorienne à Londres, affirme depuis plusieurs semaines qu’il possède d’autres preuves capable de faire inculper Hillary Clinton, notamment sur les rapports d’influence qu’elle aurait exercé en tant que Secrétaire d’Etat au profit de la fondation Clinton et qu’il a promis de diffuser avant le 08 Novembre prochain.

Les démocrates redoutent depuis « une surprise d’Octobre » capable de ruiner leurs chances de victoire face à Donald Trump. Les médias américains, également inquiets de cette éventualité, s’interrogent eux sur les motivations personnelles de Julian Assange et sur l’ambition de Wikileaks dans ces élections présidentielles.

Un tweet de Wikileaks célèbre l'avancée en tête de s sondages de Trump sur Clinton après les fuites du Comité national Démocrate
Un tweet de Wikileaks célèbre l’avancée en tête de s sondages de Trump sur Clinton après les fuites du Comité national Démocrate

« Ces derniers mois, les tweets de Wikileaks font plus penser à ceux d’un centre de recherche chargé de saper Hillary Clinton que les mises-à-jour d’une plateforme non-partisane de lanceurs d’alerte » notait la semaine dernière The Intercept.

La publication en ligne, lancée par Glenn Greenwald en 2014 et spécialisée dans le « Whistle-blowing », a également dénoncé le manque de précaution de Wikileaks dans la diffusion des emails du Comité National Démocrate, dont certains contenaient numéros de sécurité sociale, téléphone, et cartes de crédit des donateurs du parti.
Des critiques partagées par Edward Snowden, le lanceur d’alerte qui a révélé en 2013 l’immense entreprise d’espionnage de la NSA sur les citoyens Américains et qui est depuis exilé en Russie.

Julian Assange a critiqué Edward Snowden de vouloir s’attirer les faveurs de Clinton. Il a également impliqué la candidate démocrate, pour laquelle il n’a jamais caché son inimitié, dans le meurtre d’un membre de son parti, Seth Rich, tué le 10 juillet dernier à Washington D.C., qui serait à l’origine des fuites du Comité National Démocrate.
La police n’a arrêté aucun suspect, la famille a condamné les rumeurs d’Assange et aujourd’hui beaucoup de médias conservateurs prennent fait et cause pour Wikileaks: Breitbart.com ou The National Review qui est allée jusqu’a la surnommer « le meilleur ami de Trump« .

Si Assange a publiquement menacé Hillary Clinton, il est resté plutôt discret vis-à-vis de Trump: Lors d’un passage sur HBO, il a déclaré travailler sur le piratage de ses impôts (« tax return ») que le milliardaire américain refuse de divulguer, avant de se rétracter le lendemain, en évoquant une simple plaisanterie.
Roger Stone
, le conseiller occulte de Donald Trump a affirmé cette semaine être entré directement en contact avec Julian Assange pour discuter de la diffusion progressive des emails de Clinton – des propos qui n’ont pas été confirmés par ce dernier

Interrogé sur les deux candidats à la présidentielle, le fondateur de Wikileaks a refusé de prendre parti, indiquant que c’était comme « choisir entre le choléra et la blennorragie » – une maladie sexuellement transmissible.
Un argument également partagé par Jill Stein, la candidate du Green Party, pour qui Julian Assange a donné une conférence depuis Londres la semaine dernière, et qui se verrait bien jouer les trouble-fêtes en Novembre prochain.

« Peut-on faire confiance à Julian Assange et Wikileaks? » s’interrogeait dans une tribune le New York Times lundi, aujourd’hui rien n’est moins sûr.