Le Brexit ou les conséquences anti-démocratiques du referendum?

 

Le Referendum est la pratique électorale par excellence de la démocratie directe: Il interroge l’ensemble de la population en âge de voter sur une question simple à laquelle l’électeur répondra par oui ou par non.

Le problème posé par le referendum du Brexit est que personne n’a vraiment envisagé qu’il soit voté, et dès l’annonce des résultats, de nombreux électeurs ayant voté en faveur du non, ont commencé à regretter leur choix. Ce que les médias anglo-saxons ont appelé le « regrexit »

Comment expliquer une telle réaction alors que déjà 3 millions de signatures ont été cumulé depuis 5 jours dans le pays pour un nouveau referendum?
Certes les résultats ont été très serrés et le Leave avec 51.9% des suffrages ne l’a emporte que de 1,3 millions sur les 33,5 millions de britanniques ayant voté ce jour là.
Certes les médias avaient tous indiqué, et Nigel Farage le grand partisan du Leave, que le In gagnerait.

Emily Badger nous explique dans le Washington Post que beaucoup d’électeurs n’ont pas compris les enjeux d’un tel vote, surtout lorsque l’on sait les mensonges des partisans du Leave – qui le reconnaissent aujourd’hui sur tous les télés – relayés par de nombreux médias et tabloids dans l’une des pires campagnes politiques du Royaume Uni.
Elle reprends les propos de David A. Bell, un historien du Princeton, qui mettait en garde en 2011 dans The New Republic le premier ministre grec Papandreou sur la tenue d’un referendum sur le sort de la de la Grèce en Europe dont le résultat peut souvent apparaître « comme anti-démocratique« :

Cette tendance n’est pas fortuite, elle est presque inévitable étant donné le mécanisme même du referendum: D’abord, il prend des problèmes assez techniques normalement attachés aux législateurs qui ont le temps et l’expertise pour pouvoir les comprendre, et les donnent aux électeurs qui n’en n’ont pas. Ensuite, et surtout lorsqu’il s’agit de mesures constitutionnelles, le referedum noue les mains des législateurs de manière parfois destructive. Enfin et c’est le plus important, il limite la légitimité des politiques en en subjuguant leur travail au véto populaire, et en le présentant comme une expression de la souveraineté populaire – en dépis du fait que le fonctionnement routinier d’une consitution démocratique est l’expression la plus importante de cette souveraineté

Ce dernier effet est encore pire quand ce sont les politiques eux-mêmes qui proposent des referendums. En théorie, encore, les intentions sont toujours honorables, et s’accordent avec la tradition et une politique progressive. En pratique, les politiques dans cette position reourent à une tradition parlementaire bien connue, qui les empiechent de statuer sur des décisions difficiles. Si des politiqeus décident d’un vote populaire pour prendre des mesures, alors qu’un parlement pourrait suffire, il ou elle remet en question l’autorité démocratique du parlement.

Presque exactement ce qui vient de se passer au Royaume-Uni

Pour Le Guardian, Cameron est le big loser du Brexit

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Grand partisan du IN, Le Guardian enchaîne depuis hier les articles au vitriol à l’encontre de celui qui a permis l’impensable, le départ du Royaume-Uni de l’Europe. Après l’annonce de sa résignation, il laisse derrrière un héritage catastrophique pour le pays, pour le continent et pour les générations de jeunes anglais à grande majorité europhiles

« Un membre né dans la classe dirigeante incapable de gouverner »

« Souvenez vous bien, à l’heure où la pound est en train de s’effondrer et les marchés de glisser que ce référendum a été demandé par David Cameron pour se débrasser de Nigel Farage et ses Tories extrémistes. Personne n’a jamais réclamé ces élections mais des régles des problèmes internes de son parti, il en a demandé un. Il parié sur l’avenir de la Grande Bretagne et de l’Europe pour assurer sa propre position. Avec toute l’arrogance d’un membre de la promo étolienne, il pensait pouvoir gagner. Au contraire, il s’est écrasé d’une telle manière que les répercussions vont durer des années et bousculer la vie de dizaines de millions de vies à travers le continent »

Le ton est donné.

Maintenant qu’il a perdu son immense pari, il a perdu son job – sauf que c’est le reste du pays qui paye le prix. Il na jamais été, juste prétentieux. Ca n’a jamais été de la chance, juste du téflon, désormais usagé

Plus pragmatique, Martin Kettle note que ‘l’euroscepticisme modéré » de Cameron ne l’a « jamais aidé à trouver des réponses aux critiques de l’Europe, boostés ces dernières années par l’austérité et l’immigration ». Bien qu’il ait milité pour le maintien, au sein de son propre parti a majorité favorable au départ, « il n’a pas réussi a défendre la participation du Royaume Uni dans l’Europe jusqu’a la denrière minute »