Le Kiosque du 19.05.17: Les défis de Trump à l’étranger; Le fantôme de Flynn; Richard Spencer

 

Au sommaire, ce vendredi 19 mai 2017
Bon anniversaire à mes parents, Jean-Noël & Muriel pour leur 44 ans de mariage.

1. Comment Préparer Trump à l’étranger
2. Les défis du président pour son premier voyage officiel à l’étranger
3. Le fantôme de Flynn
4. Les supporters de Trump ne suivent pas l’actualité
5. The White Supremacist: Richard Spencer
6. Le reste de l’actualité

 

 


1. Comment Préparer Trump à l’étranger

  • Les médias américains sont inquiets pour le premier voyage à l’étranger de Donald Trump: huit jours, cinq pays (Israël, Arabie Saoudite, Italie, le Vatican et la Belgique) et des dizaines de réunions inquiètent les proches du président qui n’aime pas voyager et qui chérit ses habitudes, notamment celle de dormir à la Maison Blanche (ces quatre derniers mois), dans la Trump Tower ou dans l’un de ses hôtels.
  • Des précautions ont été mises en place pour rendre ses déplacements les moins pénibles possibles:

Quand le président va s’asseoir pour dîner en Arabie Saoudite, son repas favori – un steak avec du ketchup – sera servi aux côtés de plats locaux. A l’OTAN et pour le sommet du G7, les délégations étrangères savent que Trump préfère les présentations courtes avec des visuels. Pour chacune de ses étapes tout au long du voyage, son équipe a passé des semaines à trouver des moments de répit dans son emploi du temps surchargé.

« Worldwide effort st to keep Trump happy on 1st trip abroad » – AP

 

  • Des conseils pour les leaders étrangers:

Faites court, n’imaginez pas qu’il connaît l’histoire de votre pays ou ses problèmes majeurs. Complimentez-le sur sa victoire pour le vote du collège électoral, et comparez le favorablement par rapport à Barack Obama. N’abordez pas ce qu’il a dit durant la campagne. N’arrivez pas avec une liste de questions mais avec un marché facile à conclure.

* « Tips for Leaders Meeting Trump: Keep it Short and give him a Win » – The New York Times

 

 

 


2. Les défis du président pour son premier voyage officiel à l’étranger

  • Merci Axios pour un récapitulatif des objectifs du président Trump pour chaque étape de son voyage et les questions en suspens de Politico:
Axios
  • Arabie Saoudite (20-21 mai): Discours sur l »Islam + Rencontre avec le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud.
    Appel à la paix dans le monde musulman + lutte contre le terrorisme
    Est-ce qu’il utilisera le terme « terrorisme islamique radical »
  • Israel (22-23 mai): Visite du mur des Lamentations + Rencontre avec Netanyahou 
    Meilleur allié de Trump à l’étranger, Netanyahou n’était pas très content du partage d’informations confidentielles entre Trump et les Russes.
  • Territoires occupés (23 mai): Processus de paix israélo-palestinien + Rencontre avec Mahmoud Abbas.
    L’une des promesses de campagne de Trump: Résoudre le conflit israélo-palestinien avec l’aide de son gendre, Jared Kushner, un juif orthodoxe
  • Vatican (24 mai): Rencontre avec le pape François.
    Trump a qualifié le pape de « honteux » l’année dernière. Espérons qu’il représente un plus dignement les Etats-Unis
  • Belgique, Bruxelles (24/25 mai): Sommet de l’OTAN et réunion avec les 28 pays membres.
    Réaffirmer l’engagement des USA dans l’OTAN et demander aux pays de payer leur contribution
  • Italie (26/27 mai): Sommet du G7
    Réassurer les alliés sur la capacité de Donald Trump a être président.

 

 

 


3. Le fantôme de Flynn

PHOTO ILLUSTRATION BY ELIZABETH BROCKWAY/THE DAILY BEAST
  • Aucun proche de Donald Trump ne lui a donné autant de fil à retordre que Michael Flynn, ancien lieutenant général de armées et ancien patron de la Defense Intelligence Agency, d’où il a été viré par Barack Obama en 2013 à cause de ses problèmes managériaux et le peu d’égard donné aux faits – son surnom était « Flynn Facts ».

 

  • Trump a nommé Michael Flynn, conseiller à la Sécurité Nationale, l’un des postes les plus importants de son administration, sachant que ce dernier:
    • Avait fait du lobby fin 2016 pour une entreprise turque liée au gouvernement de Erdogan et empoché un demi million de dollars
    • Il était sous le coup d’une enquête fédérale à cet effet.
    • Il ne s’était pas enregistré comme « agent étranger » auprès du Département de la Justice.
    • Barack Obama avait vivement conseillé à Trump au lendemain de sa victoire de ne pas lui faire confiance pour un poste à responsabilités

 

  • Son mandat n’a duré que 24 jours mais les conséquences vont continuer à faire sentir pendant longtemps dans et en dehors de la Maison Blanche car:
    • Durant la période de transition (nov. 2016 et jan. 2017, le général Flynn s’est opposé à la demande de l’administration Obama de signer un plan visant à armer des forces syriennes kurdes pour prendre la ville de Raqqa aux mains de Daech – un choix semble-t-il influencé par le gouvernement turc qui refusait de voir les opposants kurdes se renforcer militairement contre Ankara.
    • Il a rencontré le ministre des affaires étrangères turc en septembre pour discuter la livraison d’un dissident turc exilé aux Etats-Unis Fethulah Gulen et écrit dans The Hill au lendemain de la victoire de Trump que Gulen était « mollah islamique louche » qui devait être livré à la Turquie.

 

  • Comme le rappelle le NYTimes, « les accusations de connivence entre des membres de la campagne de Trump et les espions russes ont compliqué la prise de décisions stratégiques sur la Russie » et en partie à cause de Michael Flynn
  • Le 29 décembre 2016, date à laquelle Barack Obama a imposé des sanctions contre la Russie pour son ingérence dans les élections présidentielles, Michael Flynn était au téléphone avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak en lui promettant qu’elles seraient rapidement levées.
  • Mr Flynn a publiquement menti sur le contenu de ses discussions au vice-président, malgré les alertes de la ministre de la justice par interim de l’époque, Sally Yates. Ce n’est que les révélations du Washington Post qui vont obliger le président à demander la démission de son ami, Michael Flynn.
  • Le lendemain de sa démission, Trump a demandé à Comey de laisser tomber l’enquête qui pourrait incriminer Flynn, et quelques semaines plus tard, lui a envoyé un mot soutien, « Sois fort! »

 

  • « The Ghost of Michael Flynn » – The Atlantic
    « Turkey stopped Military plan Turkey opposed after being paid as a Foreign Agent » – McClathyDC
    « The Damage Mike Flynn Has Done to American Foreign Policy » – The New York Times

 


4. Les supporters de Trump ne suivent pas l’actualité

Photograph by Charlie Neibergall / AP
  • « Les loyalistes de Trump disent qu’ils ne savent pas, ne croient pas ou se foutent des révélations explosives qui ont forcé le département de Justice à nommer un procureur spécial pour enquêter sur les possibles collusions entre la Russie et la campagne du candidat républicain. »

     

  • C’est la seule force et légitimité du président alors que 61% des Américains pensent être malhonnêtes: La loyauté et le soutien des supporters de Trump n’a pas vacillé depuis son élection et son investiture, quels que soient les scandales qui ont éclaboussé la Nouvelle Administration depuis presque quatre mois.

 

  • Tout le brouhaha médiatique n’a pas convaincu ces électeurs de New York, Iowa, Géorgie qui ont pris le parti de soutenir le président et attendent de lui qu’il applique son programme conservateur – au ralenti ces deux dernières semaines à cause du Comey Gate.
    Certains dénoncent l’irresponsabilité des médias à attaquer l’administration qui fragilise le pays tout entier.

 

  • Beaucoup de ces supporters sont toujours très remontés contre l’ancienne adversaire De Trump, Hillary Clinton, qui aurait un choix bien pire que le milliardaire new yorkais.

 

  • Vox qualifie cette attitude de « ignorance volontaire« , une « force très puissante dans la politique américaine » et l’une des clés pour comprendre pour est-ce que « le discours politique peut être aussi irrationnel »: La politique n’a rien avoir avec les faits mais repose sur le partage d’une même réalité et la tendance intellectuelle à protéger notre appartenance politique plutôt que d’aller rechercher les faits.

 

 

 

 


5. The White Supremacist: Richard Spencer

  • Il appartient à cette génération d’extrême droite qui connait un regain d’attention grâce au nouveau président, celle qui promeut sans complexe la supériorité de la race blanche d’origine et de culture européenne opposée au multiculturalisme et à la Démocratie.

 

  • La première fois qu’on a entendu parler de lui, c’était l’année dernière, peu après l’élection de Trump, lors d’un dîner organisé à New York où des participants ont été photographié en train de faire le salut fasciste.
    On l’a ensuite vu se faire taper dessus en marge de la cérémonie d’investiture à Washington le 20 janvier dernier: deux poings dans la figure à deux reprises qui ont fait le tour d’internet, et l’ont rendu un peu plus célèbre.

 

  • Il dirige un think tank d’un seul employé, lui-même, appelé « National Policy Institute » qui cache un programme dédié à la survivance et à la supériorité de la race blanche symbolisée par l’empire romain, qu’il voit comme le sanctuaire de tous les Européens du monde entier.

 

  • Il se considère aujourd’hui comme une figure médiatique grand public
  • Pour le magazine Jacobin il représente un phénomène ancien assez commun: le raciste bien éduqué et financièrement à l’abri, un mélange de racisme et d’élitisme blanc ».
  • « His Kampf » – The Atlantic

 

 

 


6. Le reste de l’actualité

  • Antarctique: Reportage multimédia époustouflant sur la fonte de la calotte glaciaire en Antarctique – The New York Times 
  • Implosion: Un rapport du « Shorenstein Center on Media, Politics and Public School » de Harvard conclut que 41% de la couverture médiatique des éditions imprimés du NYTimes, WSJ, WaPo, et les chaînes d’info CBS, CNN, Fox News et NBC étaient consacrées à Donald Trump durant les cent premiers jours, trois fois plus que les anciens président.
  • Washington: James Comey a essayé tant bien que mal d’éviter tout « contact inapproprié » avec Donald Trump pour le convaincre de laisser tomber l’enquête sur les collusions entre son équipe de campagne et les Russes: Le président a sorti le grand jeu, dîners, réunions et même une embrassade devant les caméras. – The New York Times
  • Médias: A lire l’hommage de Bill O’Reilly à Roger Ailes, ancien patron de Fox News, décédé hier matin. Les deux hommes ont construit le formidable succès de la chaîne d’information câblée pendant près de 20ans et les deux ont été virés pour des accusations de harcèlement sexuel à quelques mois d’intervalle. – USA Today
  • Le groupe de hackers « The Dark Overlord » collecte illégalement les informations de patients des cliniques médicales et dentaires du pays pour les vendre ou les diffuser sur internet – Birmingham News

le Kiosque du 16.05.17: « Trumpleaks »; Trump & « fake news »; L’univers parallèle de FoxNews & Breitbart; La fraude électorale; « ATTN: »

Au sommaire du kiosque du mardi 16 mai – 23 degrés à New York

1. Les #TrumpLeaks
2. Fox News dans un univers parallèle
3. Comment Trump obtient ses « Fake News »?
4. Un choix très controversé pour lutter contre la fraude électorale
5. ATTN:, le média militant qui monte qui monte
6. Le reste de l’actualité

 

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1. Les TrumpLeaks

Washington Post – Edition du mardi 16 mai 2017

 

    • La bourde commise par Donald Trump la semaine dernière en révélant au ministre des Affaires étrangères russe et son ambassadeur à Washington dans le bureau ovale, en présence de journalistes russes, des informations ultra-confidentielles a plongé une nouvelle fois la Maison Blanche dans une crise sans précédent.

 

    • Le président aurait évoqué des renseignements fournis par Israël sur les menaces de Daech, l’organisation terroriste, et qu’il n’était pas autorisé à révéler et encore moins pas aux Russes, accusés d’avoir essayé d’influencer les élections présidentielles américaines.
      Hier après midi, le général McMaster, conseiller à la sécurité nationale a démenti les fuites du Washington Post (J’étais présent et ça n’est pas arrivé) avant d’être discrédité par le président lui-même ce matin: Donald Trump a confirmé avoir discuté de questions de sécurité et de terrorisme pour des « raisons humanitaires » et s’est défendu d’en « avoir le droit absolu » en tant que président.

 

    • Comme la semaine dernière pour le renvoi de James Comey, directeur du FBI, les explications de l’entourage du président ont été contredites par l’intéressé et leur réputation un peu plus discrédité aux yeux des journalistes, des Américains et du reste du monde.

      Twitter
    • Selon le New York Times, Israël aurait fourni aux Etats-Unis ces renseignements, ce qui n’arrange pas les affaires du président et ses relations avec l’Etat Juif puisque la Russie est un pays allié de l’Iran, leur principal adversaire au Moyen Orient.

 

    • Quant au scoop lui-même,  « il restera comme l’un des moments de pure et bouleversante gloire journalistique. Il est difficile d’exagérer combien cette histoire est énorme. Le scoop est encore plus important que la vidéo « grab the pussy » révélée par David Farenthold le 08 octobre dernier » qui avait attiré en quelques minutes des dizaines de milliers d’internautes.

 

    • Comme prévu, le scoop est une fuite qui est parvenue au Washington Post et confirmée rapidement hier après midi par d’autres médias, avant d’être dénoncée par le président et Fox News comme le véritable problème à résoudre aujourd’hui pour la Maison Blanche

 

 

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2. Fox News & Breitbart, dans un univers parallèle

  • FoxNews

    Pendant ce temps, dans le monde parallèle de Fox News et Breitbart, les théories du complot vont bon train, et coïncidence ou non, les deux médias sont revenus hier et ce matin sur un fais divers qui a marqué la campagne démocrate l’année dernière durant les élections présidentielles: La mort mystérieuse de Seth Rich, un membre du Comité National Démocrate le 10 juillet dernier à Washington D.C., tué par armes en rentrant d’un bar, quelques jours avant l’ouverture de la convention démocrate.

  • L’alt right avait accusé, sans preuves, le parti démocrate d’avoir commandité sa mort. L’affaire repart de plus belle aujourd’hui selon Fox News qui affirme que le jeune homme aurait bien été en contact avec Wikileaks, à en croire la correspondance retrouvée sur son ordinateur portable aux mains du FBI – la police n’a pas confirmé les propos de la chaîne d’info et NBC les a qualifié de « théories du complot ».
  • Rebelote mardi soir, après les révélations de l’existence d’un mémo de James Comey qui affirme que Trump lui aurait demandé d’abandonner l’enquête sur son ami Flynn: Fox News a discrédité le rapport de Comey (« c’est un faux scandale ») et a critiqué les journalistes à l’origine de ces révélations.
    Une stratégie dangereuse pour la chaîne de Murdoch, en baisse constante depuis trois mois, notamment chez les 25-54 ans.

    * « Fox News: Seth Rich, murdered DNC staffer, leaked Thousands of internal emails to Wikileaks » Breitbart
    * « What Fox covered instead of the Comey memo » Axios

 

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3. Comment Trump obtient ses « Fake News »?

 

  • L’épisode rapporté par Politico est édifiant: Le chef de cabinet du président, Reince Priebus, cherche désespérément à filtrer tous les documents qui tombent aux mains du président dans le bureau ovale pour éviter tout dérapage ou tweet impromptu.
    En cause? L’initiative de K.T. McFarlan, conseillère adjointe à la sécurité nationale, qui a fait parvenir au président deux exemplaires de Time magazine sur l’imminence de « l’Age de Glace », l’un, faux, publié dans les années 70 et l’autre, vrai, en 2008. La manipulation
     circule depuis plusieurs années chez les amateurs de théories du complot.
    McFarlan a été prise au piège et les conséquences auraient être bien prises si les documents n’avaient pas été récupérés à temps.

    • L’épisode illustre l’impossible mission de gérer une Maison Blanche dirigée par un président impulsif qui a résisté aux structures et aux critiques toute sa vie.

     

  • Trump aime avoir le bureau ovale ouvert aux délégués et conseillers qui partagent et échangent leurs idées et tentent également de défendre leurs positions – ce qui laisse le président vulnérable à des fake news qui pourraient déclencher chez lui des réactions inattendues. Reince Priebus aurait même demandé à ce qu’une liste des appels donnés aux présidents soit mise en place.
  • Quand à l’actualité, Trump lit le New York Times, le New York Post, le Washington Post et Wall Street Journal tous les matins en même temps qu’il regarde les matinales de Fox News, CNN et MSNBC mais la meilleure façon de capter son attention est de lui rapporter la nouvelle face-à face, ce qui peut être a double tranchant si le président est de mauvaise humeur ou si l’info ne lui plait pas.

    * « How Donald Trump gets his fake news » – Politico

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4. Un choix très controversé pour lutter contre la fraude électorale

    • Pour éviter la nouvelle déconvenue électorale de 2016 qui a permis à trois millions d’illégaux de voter en faveur de la candidate démocrate et de faire perdre à Donald Trump le vote populaire (66 millions pour Clinton contre 63 millions pour le candidat républicain), le président a mis en place une Commission Consultative sur l’Intégrité des Elections chargée de lutter contre la fraude électorale, considérée par les Républicains comme « un cancer de la démocratie » et par leurs adversaires comme un moyen de décourager les populations pauvres, minorités et les électeurs démocrates de voter.

 

    • Le président vient de nommer comme vice président de cette commission Kris W. Kobach, le Secrétaire d’Etat du Kansas, fervent supporter d’une restriction du droit de vote et de l’immigration, et cible régulière des associations de défense des droits civils.

 

    • Le Kansas City Star a décrit ce mois-ci Mr Kobach comme « le Javert de la fraude électorale » qui dépense l’argent du contribuable pour résoudre un problème qui n’existe pas: 125 personnes ont été arrêtées depuis 2015 sur les 1,8 millions d’électeurs que compte le Kansas – un chiffre qui ne représente que la partie immergée de l’iceberg selon l’intéressé.

 

    • Pour ses détracteurs, Mr Kobach est un raciste, voire xénophobe, contre l’immigration, qui a consacré sa carrière politique a s’attaquer aux immigrés en situation irrégulière et sa carrière d’avocat à défendre des groupes d’extrême droite. 

 

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5. ATTN:, le média militant qui monte qui monte

    • Grâce à Donald Trump, être militant est devenu très à la mode et peut rapporter beaucoup d’argent – comme le font les chaînes télés ces derniers mois avec les Late Night Shows, ces divertissements engagés et pour la plupart anti-Trump.

 

    • Celui qui cartonne ces derniers mois est un pur produit militant, cool et jeune, « ATTN: », créé à Los Angeles en 2014, dont la mission est de créer « du contenu à partager sur les smartphones seulement » et qui « produit quotidiennement des vidéos, articles et opinions sur des histoires qui méritent votre attention ».

      La mission de « ATTN: » est d’informer les gens pour avoir un impact social, les faire « participer davantage à la vie de la communauté, de la politique et du monde autour de nous » à travers des « vidéos, graphiques, animations, et des bons articles ».

    • Dernière recrue prestigieuse: Valerie Jarett, avocate, femme d’affaires et ancienne conseillère de Barack Obama qui « espère être un intermédiaire pour les parlementaires qui voudraient toucher davantage de monde » 

 

  • La vidéo de présentation:

 

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6. Le reste de l’actualité

  • Sports: « Les 74 pages qui ont créé le baseball professionnel sont à vendre 3 millions de dollars »: les documents officiels de la première National League américaine signée en février 1876 par huit propriétaires d’équipes – The Orange County Register
  • Politique: Paul Ryan, le porte parole de la Chambre des Représentants st parti défendre Trumpcare dans le 6ème district de Géorgie qui doit élire son représentant en juin prochain après le départ de Tom Price dans l’administration Trump. L’élection, très serrée, qui est l’objet d’une attention nationale des médias et des partis républicains et démocrates à vu Jon Ossoff, un jeune démocrate de trente remporter le premier tour. The Atlanta Journal Constitution
  • Médias: Le Chicago Sun-Times et son rédacteur en chef, Jim Kirk, annoncent en une ce matin être à la recherche d’un nouveau propriétaire pour le quotidien qui s’engage à continuer à assurer sa publication en toute indépendance. C’est le plus ancien journal de la région de Chicago (1844). Le propriétaire de Tribune qui possède le quotidien rival Chicago Tribune, est intéressé. 

Le Kiosque du 24 mars: Trumpcare: #PassTheBill! – Dernières news de Russie – Gawker/Hogan/Thiel – Le Guardian renonce à Brooklyn

  • « The Art of the Deal » a dû mal avec Trumpcare (#PassTheBill)

    Les Républicains ont préféré reculer le vote sur Trumpcare/Ryancare à aujourd’hui devant les divisions affichées encore hier par les 29 conservateurs du Freedom Caucus, proches du Tea Party, qui veulent se débarrasser des vestiges d’Obamacare et ont promis de voter contre la loi, s’ils n’étaient pas écoutés.

    La couverture de Breitbart sur Ryancare – Jeudi 23 mars 2017

    Le président les a rencontrés et tous ont travaillé contre la montre jeudi pour amender l’American Health Care Act, dans le plus grand secret, afin de rallier les derniers réticents.

    Le vote devrait avoir lieu à 15 heures cet après midi

    Quand Obama a mis presque un an à faire voter l’Affordable Care Act, les Républicains font tout pour passer cette loi, extrêmement importante, en quelques semaines seulement.

    Selon le New York Times, Trump et ses conseillers regrettent déjà la stratégie adoptée par la majorité républicaine du Congrès, menée par Paul Ryan qui a d’abord voulu faire voter la réforme du l’assurance maladie puis celle du budget.

    Une erreur semble-t-il étant donné les divisions flagrantes des Républicains autour l’American Health Care Act, qui plus est, impopulaire auprès de la base électorale du président: il aurait été plus facile de trouver un accord sur le budget puis s’attaquer au moins populaire ensuite. Cette initiative pourrait coûter cher politiquement au président et à Paul Ryan.  24 millions de personnes vont perdre leur assurance maladie.


    Si elle passe aujourd’hui, l’AHCA devrait de toutes façons mourir au Sénat.

    * « Trump Tells G.O.P. It’s now or Never, Demanding House Vote on Health Bill »New York Times
    * « Trump the Dealmaker Projects Bravado, but Behind the Scenes, Faces Rare Self Doubt »New York Times
    * « 
    A Postponed health-care vote, a big GOP embarrassment and no good options ahead »The Washington Post

 

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  • Dernières nouvelles de Russie

    Il s’est passé beaucoup de choses cette semaine sur le dossier le plus brûlant de la jeune présidence de Trump – à côté de Trumpcare.

    * Lundi, le directeur du FBI, James Comey, a témoigné devant une commission du Sénat et affirmé, aux côtés du directeur de la NSA, Mike Rogers, qu’il n’y avait aucune preuve que Barack Obama avait mis sur écoutes Trump, ni ses associés pendant la campagne présidentielle mais a confirmé l’existence d’une enquête du FBI sur d’éventuelles relations entre ces derniers et la Russie pendant les élections.

    * La Maison Blanche est restée campée sur ses positions contre l’ancien président et son programme de surveillance

    * Mercredi, Associated Press a révélé que l‘ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, avait travaillé auparavant pour un milliardaire russe, Oleg Deripaska, sur un « projet secret visant à influencer positivement la politique, les affaires et la couverture médiatique de Vladimir Poutine dans et en dehors des Etats-Unis, pour un contrat de dix millions de dollars.
    Paul Manafort a démissionné de l’équipe de campagne de Donald Trump au mois d’août dernier après les révélations de ses relations avec l’ancien président ukrainien pro-russe, Viktor Yanukovych.

    * Mercredi après midi, le président de la Commission parlementaire en charge de la surveillance des Agences de renseignements américaines, le Représentant républicain Devin Nunes, a obtenu des fuites indiquant que la « communauté du renseignement aurait intercepté des conversations de citoyens américains appartenant à l’équipe de Transition de Trump » après sa victoire en novembre.
    Il a décidé, alors qu’il est en charge de l’enquête « objective », en cours, sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle, de révéler ces fuites aux médias et d’aller personnellement en informer le président – sans demander l’avis de ses autres collègues de la commission, dont certains démocrates.
    Il s’est excusé depuis auprès de ses collègues mais tout en réitérant hier soir sur Fox News l’importance d’alerter le président, « cible des médias depuis plusieurs semaines ».

    * Mercredi soir, CNN a révélé le scoop sans doute le plus important: le FBI avait des informations selon lesquelles des associés de Trump se seraient entendus avec des officiels russes pour diffuser le matériel piraté afin de miner la campagne de Hillary Clinton.

    * Le résumé de Mike Allen sur Axios:

    Le Watergate a tenté de couvrir un cambriolage.
    Ca pourrait être ici la dissimulation de la nemesis américaine, dotée de l’arme nucléaire, qui a infiltré notre politique avec le but spécifique de saper la fondation de notre démocratie – les élections présidentielles – et réussi en faisant élire le candidat de son choix et offrant le total contrôle à un parti qui pourrait décimer l’opposition pendant des années.

    * Nick Kristof dans le New York Times:

    La question fondamentale aujourd’hui, ce ne sont pas les mensonges de Trump, les fuites des Renseignements, ou l’interception de communications de Trump. La question cruciale est aussi monumentale que simple: Y-a-t-il eu trahison?

    * « Before Trump Job, Manafort worked to aid Putin » – AP
    * « David Nunes created his own « big, gray cloud » – Axios
    * « Trump: I feel somewhat vindicated by Nunes claims » – Axios
    * « US Officials: info suggest Trump associates may have coordinated with Russians » – CNN
    * ‘A Smell of Treason in the Air,’ – New York Times

     

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  • The Guardian US en difficulté

    Le Guardian, dont le site internet entièrement gratuit, a réussi a convaincre près de deux cent mille lecteurs de devenir des membres du quotidien (et non pas de simples abonnés) en échange d’une contribution financière et reçu les donations de 160 000 autres, mais la direction a annoncé cette semaine des réductions budgétaires et licenciements dans les mois à venir, notamment dans les bureaux américains.
    Selon les CEO, David Pemsel, les « coûts opérationnels restent trop élevés, et les réductions des coûts sont nécessairespour équilibrer le budget d’ici 2018/19 ».

    L’annonce a été faite après que la branche américaine ait décidé de ne plus emménager dans leurs nouveaux bureaux de Brooklyn, qui appartiennent à la famille Kushner dont le fils Jared, 35 ans, est le gendre de Donald Trump, et son conseiller le plus proche.
    Une décision après une « révolte de la newsroom » qui craignait que « leurs sources n’aient plus confiance et ne veuillent plus communiquer avec les journalistes ».
    La compagnie devrait déménager Midtown au moi de mai, mais a perdu près de 250 000 dans cette déconvenue.

    * « Guardian Ditches Move to Kushner Building after Newsroom Revolt » – Buzzfeed News 
    * « Guardian announces Cuts After $250,000 Kushner Lease Debacle » – Buzzfeed News 

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  • Le fondateur de Gawker, enfin sorti du pétrin

    Nick Denton, fondateur du site d’infos/Gossip Gawker, a laissé éclater sa joie mercredi soir sur Twitter en annonçant qu’il était finalement sorti de la banqueroute, « et que sa relation de dix ans avec Peter Thiel [était] enfin terminée.
    D’autres journalistes peuvent reprendre désormais ce cadeau empoisonné ».

    L’un des pure players d’information et de ragots les plus anciens et populaires a fermé ses portes l’année dernière pour banqueroute après avoir été condamné à payer 140 de millions de dollars de dommages et intérêts à l’ancienne star de catch Hulk Hogan, dont il avait diffusé la sex tape quelques années auparavant.
    C’est Peter Thiel, proche de Trump, co-fondateur de Paypal, et l’un des rares milliardaires de la Silicon Valley a avoir soutenu le candidat républicain, qui a secrètement financé toute la procédure légale (et les frais) de Hulk Hogan, révélées par Forbes au printemps dernier.
    Peter Thiel a avoué vouloir détruire Gawker qui l’avait été « outé » en 2007.

    Nick Denton a dû fermer Gawker et revendre les sites affiliés, Deadspin et Jezebel à Univision pour 135 millions de dollars, a déjà payé 31 millions de dollars à Hogan et devrait reparti avec 16 millions de dollars en liquide.
    Denton, Thiel et Hogan veulent maintenant passer à autre chose.
    * « Gawker founder Nick Denton to Leave Bankruptcy »The Wall Street Journal
    * Toute l’histoire: « Nick Denton, Peter Thiel and the Plot to Murder Gawker »Vanity Fair

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  • Les meilleurs leaders selon Fortune

     

    Le magazine a révélé aujourd’hui la liste annuelle des « Greatest World Leaders » qui transforment et inspirent le monde:

    1. Theo Epstein – Président des Cubs de Chicago qui ont remporté les World Series, le championnat de baseball américain en novembre dernier.
    2. Jack Ma – Président et fondateur de Alibaba, Un habitué des classements
    3. Pape François
    4. Melinda Gates, Co-présidente de la Bill et Melinda Gates Foundation
    5. Jeff Bezos – Président et fondateur de Amazon
    6. Ava DuVernay – Réalisatrice de « Selma », nommé aux Oscars l’année dernière et du documentaire choc de Netflix, « 13th »
    19. Samantha Bee!

    Il n’y a aucun français.

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  • Couverture du Jour

    Bloomberg BusinessWeek

    Une couverture choc sur les ravages des usines de pièces automobiles qui ont revigoré l’économie des certaines Etats du sud, Alabama Tennessee, Géorgie, mais souvent aux dépens de ses travailleurs, qui souffrent des conditions de travail longues, difficiles et dangereuses, similaires à leurs homologues asiatiques ou encore mexicains.

 

Ingérence russe dans les présidentielles américaines: Et si c’était de l’intox?

Les sanctions très sévères prises par Barack Obama à l’encontre de la Russie, accusée d’avoir piraté le Parti Démocrate durant la campagne présidentielle pour favoriser Donald Trump aux dépens de Hillary Clinton, sans avoir offert de preuves tangibles, met aujourd’hui les médias americains dans une situation délicate.
Certains journalistes évoquent le scandale des armes de destruction massive: un mensonge orchestré par l’administration Bush, appuyé à l’époque par l’enquête d’une journaliste du New York Times, qui avait justifié l’intervention de l’armée américaine en Irak.
Parmi eux, Glenn Greenwald et Matt Taïbbi mettent aujourd’hui en garde leurs confrères contre l’éventualité d’un nouveau fiasco.

 

Le renvoi de 35 dignitiares russes liés aux services de renseignements du sol américain et la réponse stratégique de Poutine de ne pas envenimer la situation en attendant l’investiture de Donald Trump, ferait presque passer Barack Obama pour l’agresseur et son confrère russe pour une oie blanche.

La plupart des quotidiens du pays consacraient leur une hier à la décision dramatique du gouvernement américain en considérant comme acquise la culpabilité du Kremlin dans cette affaire de piratage. Rares ont été ceux à admettre qu’il n’existe pourtant aucune preuve tangible aujourd’hui que le gouvernement russe est à l’origine du « hackage » du Parti Démocrate si ce n’est le rapport de la CIA et du FBI, publié jeudi, qui reste très flou sur les méthodes employées et les acteurs engagés dans ces actes criminels.

Comme le constate Matt Taïbbi dans Rolling Stone hier, ce rapport ne livre aucune indice sur ce qui a mené les services de renseignements à déterminer que:

  • Le gouvernement russe était le commanditaire du piratage 
  • Le piratage était destiné à influencer les élections présidentielles, qui plus est, en faveur de Donald Trump.


Comme les médias conservateurs l’avancent, personne, ni Poutine, ni le parti Républicain, ni même sans doute Trump, avaient prévu la victoire de leur candidat.

Le problème avec cette histoire, c’est que comme dans la débâcle de celle des armes de destruction massive en Irak, elle s’inscrit dans un environnement extrêmement politisé dans lequel les motifs de tous les acteurs impliqués sont suspects. Rien n’est logique ici.

La seule façon d’y voir plus clair serait de fournir des preuves que l’administration Obama et les services de renseignements refusent de révéler « par peur d’exposer leurs sources et leurs méthodes » – malgré les demandes répétées des journalistes, conservateurs et libéraux depuis des semaines.

Plus inquiétant, pour certains supporters de Clinton, l’idée que « la Russie a piraté les élections » renvoie au piratage des votes le jour des élections – des suspicions levées après le recomptage des voix dans le Michigan et le Wisconsin, qui ont confirmé la victoire de Trump dans ces Etats. 
Selon le site Yougov, la moitié des électeurs démocrates pensent que le gouvernement russe aurait modifié les résultats du scrutin le 8 novembre – « un nombre aussi inquiétant que les 62% d’électeurs de Trump qui croient les propos d’Alex Jones, un présentateur télé conspirationniste, selon lesquels des millions de sans papiers auraient voté illégalement aux élections présidentielles.

Cette affaire a également des enjeux partisans, et l’intervention de Glenn Greenwald, la semaine dernière sur le plateau de Tucker Carlson, sur Fox News, pour dénoncer les accusations du gouvernement américain contre les agissements russes, a été critiquée par certains médias libéraux qui l’accusent de prendre la parti de Trump et de Poutine. 

Le fondateur de The Intercept en a conclu qu’accuser la Russie d’ingérence n’était finalement qu’un stratège politique des démocrates pour discréditer le prochain président.

Il n’existe aucune preuve tangible pour appuyer les accusations du FBI, de la CIA et du gouvernement américain, et en tout état de cause, il est impossible de tirer de conclusion définitive sur l’ingérence de Vladimir Poutine et du gouvernement russe dans les élections présidentielles américaines – une précaution que beaucoup de journalistes et de rédactions n’ont pas prise.  

Comme le rappelle Matt Taïbbi en conclusion de son article:

Nous devrions avoir appris de l’épisode Judith Miller [journaliste du New York Times qui a révélé l’existence d’armes de destruction massive en Irak avant de reconnaître que ses sources l’avaient manipulée].
Non seulement les gouvernements mentent, mais ils n’hésiteront pas à ruiner les agences de presse au passage. Ils utiliseraient n’importe quel pigeon pour arriver à leur fin.
Je n’ai aucun problème à penser que Vladimir Poutine a tenté d’influencer les élections américaines.
C’est un gangster de bas étage qui est capable de tout. Et pareil pour Donald Trump qui s’est rabaissé durant la campagne jusqu’à aller demander aux Russes de rendre publique les emails de Hillary Clinton. Donc tout est possible.
Mais on s’est déjà trompés dans des histoires similaires, qui ont eu des effets désastreux. Ce qui rend encore plus surprenant le fait qu’on n’essaye pas un peu plus d’éviter de se faire avoir à nouveau.

 

Le Kiosque du lundi 12 décembre

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TRUMPLANDIA

Les conclusions « ridicules » de la CIA

Un weekend chargé: Il a qualifié de « ridicules » les conclusions du rapport de la CIA, révélées par le Washington Post vendredi, qui confirment que la Russie a voulu influencer les élections présidentielles américaines en faveur du candidat républicain.
La manager de campagne de Trump, Kellyanne Conway, devenue sa porte-parole, a défendu les propos de son patron, a affirmé qu’il respectait la communauté du renseignement (la CIA) mais a jugé « absurde » l’idée qu’une puissance étrangère aurait tenté de miner la campagne d’Hillary Clinton pour favoriser celle de Donald Trump, qu’il n’existait aucune preuve et que le Post n’avait pas de sources officielles sur lesquelles s’appuyer.

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Des Républicains agacés

Qu’en pensent les médias républicains, par ailleurs très excités par la tournure ultra conservatrice de la prochaine administration?
Dans le Wall Street Journal, les accusations d’une ingérence russe sont une « excuse de plus » – après le directeur du FBI James Comey, les fake news et le Collège Electoral – pour tenter de discréditer la légitimité de Donald Trump: « Cette nouvelle information est plus un jugement sur les motivations russes [de faire élire Trump] que du véritable renseignement ». En effet l’administration Obama avait publiquement accusé au mois de septembre des espions russes d’avoir piraté les emails du Comité Démocrate, diffusés par Wikileaks au mois de juillet. 
S’il existe des preuves d’une ingérence russe dans les élections américaines, il appartient aux agences de renseignements de les diffuser publiquement pour mettre un terme aux rumeurs.

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Une machination de l’Administration Obama?

John Bolton, actuel conseiller de Donald Trump et ancien ambassadeur américain aux Nations Unies avançait dimanche sur Fox News que les preuves selon lesquelles la Russie a tenté d’influencer les élections présidentielles auraient été fabriquées de toutes pièces par l’entourage de l’actuel président.
Toute cette histoire serait un « false flag », c’est-à-dire « une opération clandestine visant à apparaître comme si elle était menée par une autre personne que celle qui est en responsable »: L’administration Obama aurait piraté les ordinateurs du Comité National Démocrate et Républicain, et fabriqué des preuves pour accuser la Russie.
Selon Bolton, le fait que les services secrets américains ont des preuves que ce sont bien les Russes qui ont piraté les serveurs des Comités est LA preuve que les Russes ne peuvent pas être responsables – car ils ne se seraient jamais laissés prendre.

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La Déclaration conjointe de sénateurs républicains et démocrates

Devant ce scandale que beaucoup considèrent comme bien plus grave et dangereux que le Watergate – car il implique une puissance étrangère et pas n’importe laquelle – des sénateurs démocrates (Jack Reed de Rhode Island et Chuck Schumer de New York) et républicains (John McCain d’Arizona et Lindsey Graham de Caroline du Sud) ont réagit dimanche en publiant une déclaration commune et appelé à une enquête approfondie sur l’éventuelle ingérence russe.

Tout en protégeant les documents confidentiels, nous devons d’informer le public sur les récentes cyber-attaques qui ont frappé le coeur de notre société. Démocrates et Républicains doivent travailler ensemble, à travers les différentes juridictions du Sénat, pour examiner les récents incidents et formuler des solutions complètes pour prévenir et se défendre de nouvelles attaques. 
Cela ne doit pas devenir un problème partisan. Les enjeux sont trop importants pour notre pays. 

Politico rapporte ce matin que le représentant de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, celui là même qui avait refusé la mise en place d’une commission bi-partisane en septembre dernier pour enquêter sur les menaces de cyberattaques dénoncées par l’administration Obama, soutient désormais l’appel de ses collègues pour une enquête approfondie sur l’ingérence russe. « Evidemment, toute brèche étrangère dans nos mesures de cyber sécurité est inquiétant et je condamne fermement ce genre d’actions » a-t-il déclaré ce matin.

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Des grands électeurs veulent en savoir plus avant le 19 décembre prochain

Maintenant, c’est au tour des grands électeurs de demander toute la lumière sur les possibles liens entre la Russie et Donald Trump avant l’élection officielle du président lundi prochain. Huit grands électeurs démocrates et un républicain ont adressé ce matin une lettre à John Clapper, le directeur du renseignement national:

Les allégations selon lesquelles Donald Trump aurait reçu le soutien d’un pays étrangers pour gagner les élections remontent bien avant le jour du scrutin. Quand on lui a présenté des informations sur le fait que le gouvernement russe tentait de s’ingérer dans les élections, dans des réunions secrètes et dans des communiqués officiels, Donald Trump l’a rejeté, refusé de le condamner et continuer d’accepter leur aide. (…) La volonté de Trump de ne pas prendre en compte les conclusions faites par la communauté du renseignement et sa défense continuelle de la Russie et du président Vladimir Poutine demande l’attention et la délibération du Collège électoral.

 

Le kiosque du 25 novembre 2016

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En espérant que tout le monde a passé un bon Thanksgiving ou Friendsgiving, le weekend sera slow aux Etats-Unis car la plupart des Américains profitent de la fête nationale pour prendre la fin de la semaine off et rentrer chez eux dans leur famille.

Aretha Franklyn

Les chanceux qui étaient devant leur poste de télé hier midi, lors de la rencontre de football entre les Detroit Lions et les Minnesota Vikings, ont sans doute eu des frissons en entendant l’hymne national chanté par Aretha Franklyn, dans le Ford Field Stadium de Detroit, d’où est originaire « la reine de la soul ».
Une performance exceptionnellement longue, plus de 4 minutes, qui en a ému plus d’un.

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Hillary remerciée par ses supporters

Une famille a du passer un Thanksgiving un peu plus triste que le reste du pays, c’est la famille Clinton dans leur résidence de Chappaqua dans l’état de New York. Heureusement des supporters avaient  préparé une surprise pour la candidate en installant des dizaines de pancartes le long de sa rue, hier matin. L’interessée les a directement remerciés via Twitter.

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TRUMPLANDIA

La Russie a essayé d’influencer les élections présidentielles américaines

On sait depuis des mois que la Russie allait tenter d’influencer les élections présidentielles américaines: en piratant le Comité National Démocrate au mois de juillet puis la messagerie du responsable de la campagne de Hillary Clinton, John Podesta, dont les contenus ont été diffusés par Wikileaks – le fondateur, Julian Assange, avait promis de tout faire pour empêcher une victoire de la candidate démocrate.
Des experts avaient alerté sur différentes modalités d’actions visant à « brouiller les pistes » chez les électeurs et avaient même envisagé le piratage de certaines machines électroniques ou registre de vote informatisés.

Selon le Washington Post, des équipes de chercheurs ont mis en évidence l’existence « d’une propagande russe dans la diffusion de fake news sur les réseaux » sans être capable d’affirmer dans quelle mesure cette propagande a réussi à influencer les élections. Des milliers de compte Facebook et des websites pro-conservateurs. pro-Trump et alt-right ont envahi internet les dernières semaines de campagne pour répandre toute sorte d’informations visant à discréditer la candidate démocrate, et son parti, à l’instar de ces sites russes qui opèrent en anglais: Next News Network sur youtube (56 millions de vidéos partagées au mois d’octobre), RT, ou Sputnik.

La quasi certitude de voir Clinton être élue a sans doute limité les inquiétudes vis-à-vis de l’ingérence de la Russie, mais c’était sans compter la réouverture de l’enquête du FBI à 11 jours du scrutin. Aujourd’hui, les supporters de Trump qui annonçaient des élections truquées se sont rétractés et ce sont les démocrates qui appellent à un nouveau décompte des votes

Hillary Clinton: Les médias, journalistes, supporters et Jill Stein veulent toujours y croire

  • La candidate, restée très discrète depuis son impensable défaite aux élections présidentielles, est revenue malgré elle, sur le devant de la scène cette semaine, après la publication d’un article du New York magazine évoquant la possibilité « d’une manipulation ou piratage » des résultats de votes dans certains comtés de trois états, le Wisconsin, la Pennsylvanie et le Michigan.
  • Clinton aurait été approchée par des experts et des avocats spécialisées dans la question de la fraude électorale depuis jeudi dernier mais n’avait fait suite en demandant un recompte.
    Entre temps, le futur président a annoncé qu’il ne poursuivrait les investigations sur la gestion de la messagerie privée de l’ancienne Secrétaire d’Etat, ni sur la Fondation Clinton.
  • Jill Stein, la candidate du Green Party, qui s’est violemment opposée à Clinton lors de la campagne présidentielle, a réussi à reunir 4,6 millions de dollars en depuis pour payer les frais nécessaires à un nouveau décompte des bulletins de vote dans les trois états – plus que l’ensemble des donations reçues lors de sa campagne présidentielle.
    La deadline pour le Wisconsin, ou Trump dévance Clinton de 27 000 voix seulement, est cet après midi avant 5 hrs et il semblerait selon le Wisconsin Journal Sentinel, que Jill Stein, dépose une requête pour un nouveau décompte.
  • Hillary Clinton a largement remporté le vote populaire avec de 2 millions de voix de plus que son adversaire Donald Trump, qui a réussi à remporter le collège électoral en remportant certains états avec une marge de quelques de dizaines de milliers d’électeurs.
    La raison pour laquelle de nombreux commentateurs et journalistes appellent les grands électeurs à ne pas se soumettre à la sagesse habituelle qui consiste à voter pour le candidat qui a remporté leur état. Rien ne les oblige dans la constitution à suivre cette démarche, et la campagne de 2016, avec les soupçons de fraude qui entourent le vote, la victoire du vote populaire par Hillary Clinton, devraient être l’occasion pour ces grands électeurs de choisir et ils ont été mis en place pour justement être capable de faire un tel choix.

 

La Russie peut-elle influencer les élections présidentielles américaines?

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Selon Time magazine qui cite les renseignements et agences de sécurité américains, la Russie représenterait une menace sur les élections présidentielles du 8 novembre prochain.
Non pas comme certains l’ont avancé d’influencer directement le résultat des votes – les bulletins sont remplis électroniquement mais les machines ne sont pas accessibles via internet – mais en « créant de la confusion et de l’instabilité » le jour J.

Quelles « perturbations » ou « instabilités » pourraient bien craindre la première puissance mondiale ces quarante prochains jours?
Des hackers russes, « parmi les meilleurs au monde » tenteraient de pénétrer les bases de données des états, notamment ses listes électorales et registres de vote

Avec la Russie qui établit des têtes de pont aux Etats-Unis depuis le mois d’avril, les autorités s’inquiètent que dans les dernières semaines de campagne la cyber-capacité russe manipule les listes électorales, les systèmes de décompte électoral et les médias pour créer une confusion qui affaiblirait le prochain président et le processus démocratique.

Le FBI aurait alerté les états du pays d’éventuelles intrusions dans leurs systèmes d’élection, et jusqu’ici dix états en auraient été victimes.

Des employés du Département de Justice et parlementaires républicains et démocrates confondus appellent à confronter les Russes sur ce sujet mais le Conseil de Sécurité Nationale a prévenu le gouvernement de la « vulnérabilité » de certaines infrastructures du pays, telles que « le réseau électrique, le secteur du transport et les réseaux énergétiques » qui pourraient devenir la cible d’éventuelles attaques.
D’autres craignent que ce soient des compagnies privées, la bourse ou encore les médias en forme de représailles.

Time magazine - Edition du 10 octobre 2016: "Russia wants to undermine faith the US elections. Don't fall for it."
Time magazine – Edition du 10 octobre 2016: « Russia wants to undermine faith the US elections. Don’t fall for it. »

Barack Obama s’est entretenu personnellement avec Vladimir Poutine lors du dernier sommet du G20 début septembre pour s’assurer qu’il n’y aurait pas d’escalade de cyberattaques de la part de Russie et que le « cybermonde » ne devienne pas le « Wild Wild West »

Deux semaines plus tard, le « Comité de Renseignement » relié au Congrès et formé par huit parlementaires, avisés directement par les services de renseignements d’éventuelles menaces qui pèseraient sur le pays, a confirmé que « différentes agences de renseignements russes travaillaient main dans la main pour tenter d’influencer les élections », « de jeter le doute sur leur fiabilité » et « pourquoi pas leurs résultats ».

Les Etats-Unis ne seraient pas les seules victimes de cette guerre du cyber-espace. Depuis deux ans et demi, l’ingérence de la Russie dans les élections de pays étrangers se serait déplacé des pays de l’est vers ceux de l’Atlantique nord.

Pourquoi vouloir s’attaquer à des élections démocratiques?
Parce que selon Time magazine, Poutine est un chef autoritaire qui se battrait contre les principes démocratiques exportés en masse par les Etats-Unis et ses alliés.
Miner les élections de la première démocratique mondiale fragiliserait aux yeux du monde l’idée que des élections peuvent être libres et justes.

Surtout que Poutine a un terrain favorable en la présence de Donald Trump qui refuse d’accuser la Russie d’être derrière ces menaces alors que les services de renseignements lui auraient affirmé le contraire.

Le candidat républicain n’a cessé de dénoncer un système « truqué » durant toute la campagne.
Si des problèmes surviennent le jour des élections et qu’il perd, il n’hésitera pas à jeter le doute sur les résultats quitte à provoquer encore plus de ressentiments chez ses électeurs à l’encontre du système politique et électoral du pays.

Les parlementaires et les médias mettent en garde la population mais les autorités se veulent plus rassurantes.

Le chef du département de sécurité a affirmé que les élections étaient parfaitement sécurisées et que les 9 000 bureaux de vote utilisaient des machines qui n’était pas connectées à internet, un décompte sécurisé et rapportaient leurs résultats indépendamment, et que la plupart avaient des sauvegardes électroniques ou sur papier si nécessaire

Ces cinq prochaines semaines, les Etats-Unis vont donc essayer de renforcer leur système de sécurité électoral, surtout au niveau des états afin d’éviter tout incident le jour J.
Mais il reste aussi toutes ces informations confidentielles, piratées ces derniers mois aux agences gouvernementales et commissions partisanes, et dont certaines ont eu des conséquences sérieuses, à l’instar de celles du Comité Nationale Démocrate cet été.
Wikileaks a promis de rendre public des documents à charge contre Hillary Clinton et sa fondation.
Pourquoi une surprise d’Octobre avant la tornade de novembre?