le kiosque du 15.05.17: Twin Falls assiégée par les fake news; les ennuis de Johnny Depp; Kellyanne déteste son job; SNL; Le Brexit influencé par un proche de Trump?

 

La revue de presse de ce lundi 15 mai 2017

1. Les Républicains en ont ras-le-bol de Trump
2. Kellyanne Conway déteste son job
3. Une ville assiégée par les « fake news »
4. Le Brexit influencé par un proche de Trump
5. Johnny Depp, la dernière chance?
6. Le reste de l’actualité

 

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1. Les Républicains en ont ras-le-bol de Trump

  • « L’absence d’amour, de peur et de nécessité »: ce sont les mots utilisés par Mike Allen (Axios) ce matin en ouverture de sa newsletter pour décrire le sentiment des Républicains face au président: « En presque quatre mois, Trump a été incapable de prendre l’ascension sur son propre parti, surtout au Sénat et dans une moindre mesure à la Chambre des Républicains ».
     

    • Les sénateurs républicains n’ont pas besoin de lui, ils travaillent sur la réforme de l’assurance santé et veulent poursuivre leur enquête sur l’ingérence russe dans les élections.
    • La plupart des Républicains ne l’aiment pas: « Ils le tolèrent et votent en sa faveur parce que Trump soutient les idées du parti républicain. Mais la plupart pense qu’il est en train de tout faire sauter »
    • Personne n’a peur de lui: « Il n’y a pas si longtemps, les Républicains s’inquiétaient des tweets de Trump. Ce n’est plus le cas. Et les Démocrates ne craignent certainement pas un président qui est critiqué par la plupart des Américains. »

 

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2. Kellyanne Conway déteste son job

  • Les deux animateurs de l’émission politique « Morning Joe », diffusée quotidiennement sur MSNBC, ont affirmé ce matin que la conseillère du président, Kellyanne Conway, critiquée pour défendre coûte que coûte son boss, quitte à répandre des fake news (« Bowling Green massacre) ou justifier des « faits alternatifs », déteste son travail qu’elle n’a accepté que pour l’argent et aurait même mentionné une fois « vouloir prendre une douche » après avoir parlé de Donald Trump tellement elle méprisait Donald Trump.
    Avant de travailler pour le candidate républicain, Mme Conway travaillait pour le sénateur Ted Cruz qui a abandonné sa campagne en mai 2016.

     

     
  • Mika Brzezinski a affirmé en février qu’elle n’accepterait plus Mme Conway dans son émission étant donné ses mensonges répétés et son ignorance de ce qui se passe à la Maison Blanche.
    Elle a réaffirmé sa position la semaine dernière en accusant CNN de faire du « porno politique » après invité à deux reprises Kellyanne Conway pour commenter le renvoi du directeur du FBI, James Comey

 

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3. Une ville assiégée par les « fake news »

  • L’intox est tellement grosse et ses répercussions inquiétantes qu’elle fait la une du Los Angeles Times ce matin: Alex Jones, animateur hystérique de l’émission « InfoWars », supporter de Donald Trump, obnubilé par les théories du complot affirme depuis plusieurs mois que la ville de Twin Falls, dans l’Idaho, au Nord Ouest du pays « serait infiltrée par des terroristes musulmans qui répandent des maladies et commettent des crimes violents ».
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  • Les commérages anti-immigrés ont commencé l’été dernier, en pleines élections présidentielles, lorsqu’un petite fille a été agressée par trois garçons un peu plus âgés appartenant à des familles réfugiées: L’affaire a été envenimée par l’extrême droite locale qui y rajouté la Syrie, un couteau, un viol et des actes de barbarie, etc … si bien que les autorités et la police ont dû intervenir pour rétablir les faits (une  sexuelle reconnue par les auteurs) et souligné au passage que les communautés immigrées étaient rarement associées à des activités criminelles.
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  • Breitbart et InfoWars ont pourtant continué à propagé la peur en dénonçant la compagnie de yaourt Chobani, l’une des plus importantes usines de la région, qui s’est engagé à faire travailler les populations immigrées avec des titres comme « Le Yaourtier d’Idaho embauche des immigrés violeurs ».
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  • Twin Falls, 50 000 habitants serait « un modèle d’accueil et d’intégration des réfugiés dans la communauté car elle fait cela depuis tellement longtemps et sa taille rend la transition plus facile pour les réfugiés et la communauté » affirme la directrice du programme de réfugiés du College of Southern Idaho. La ville accueille entre 150 et 300 réfugiés chaque année.
     
    Chobani a porté plainte en diffamation contre InfoWars fin avril.
  • « Idaho town besiged bu refugees? No, Fake News » – The Los Angeles Times

 

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4. Le Brexit influencé par un proche de Trump


 

  • Le milliardaire américain Robert Mercer, actuel co-directeur de la Hedge Fund la plus rentable au monde, Renaissance Technologies (Voir « La fabrique de milliardaires » du 03.03.17) et l’un des plus importants donateurs de la campagne de Donald Trump a menacé de poursuivre en justice The Guardian après la diffusion d’un article ce weekend évoquant son implication dans la campagne anglaise en faveur du Brexit l’année dernière.
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  • Loi électorale anglaise impose le principe d’équité entre les partis dont l’élément clé est le contrôle des dépenses de la campagne: les différentes campagnes ne peuvent fonctionner ensemble à moins qu’elles déclarent conjointement leurs dépenses. Une transparence qui est censée empêcher un parti d’acheter une élection.
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  • The Guardian a mis la main sur un document confidentiel qui lie les deux campagnes du « Leave », celle menée par Nigel Farage et le parti indépendant (UKIP), « Leave.EU » et celle de Boris Johnson, « Vote Leave », l’ancien maire de Londres, pourtant ennemis jurés.
    Ce lien existe entre deux sociétés d’analyse de données, AggregateIQ (basée au Canada) et Cambridge Analytica (compagnie américaine basée à Londres) qui ont respectivement travaillé pour « Vote Leave » et « Leave.EU » sous la forme d’un accord « exclusif » et « mondial » et « perpétuel » qui donne à Cambridge Analytica, l’utilisation de toutes les données de AggregateIQ.
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  • Les deux firmes ont des propriétaires différentes mais sont liées légalement entre elles et financées par Robert Mercer et auraient travaillé ensemble lors du référendum sur le Brexit en partageant la même banque de données. 
    En juin dernier, le directeur de Cambridge Analytica était Steve Bannon, et la compagnie a offert ses services au parti indépendant anglais, ce qui pourrait constituer un enfreint à loi britannique qui interdit l’apport de donations étrangères dans les élections du pays.
     
  • * « Follow the data: Does a legal document link Brexit campaigns to US Billionaire? » – The Guardian
    * « Robert mercer: The Big Data Billionaire waging war on mainstream media » – The Guardian

 

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5. Johnny Depp, la dernière chance?

  • Le cinquième et dernier opus de la série « Pirates des Caraïbes », intitulé « Dead Men tell no Tales », qui sortira le 26 mai prochain, durant le très attendu Memorial Day Weekend, l’un des rares weekends de trois jours des Américains, qui marque le début de l’été, est le prochain grand test pour l’acteur Johnny Depp, dont la carrière et la vie personnelle ont été chaotiques ces dernières années.
  • Selon « The Hollywood Reporter », les studios Disney craignent que les problèmes de l’acteur viennent perturber la promotion du film:
     

    • Des finances catastrophiques: la fortune estimée à 650 millions de dollars se serait évaporée ces dernières années à cause des choix peu judicieux de Depp, des dépenses quotidiennes astronomiques, une famille à entretenir et un divorce coûteux, les frais d’avocats ainsi qu’un personnel d’une quarantaine de personnes.
      L’acteur dépenserait près de deux millions de dollars par mois.
    • Une vie personnelle exposée avec des beuveries excessives, un mariage raté, des accusations de violence domestique qui a d’ailleurs compliqué les conditions de tournage.
    • Une bataille juridique avec ses agents/avocats/comptables de la compagnie The Management Group qui lui réclament une commission pour le dernier « Pirates des Caraïbes », refusée par Depp qui les accuse de fraude et mauvaise gestion de son argent: « Une bataille juridique qui pourrait remettre en cause l’une des traditions les plus établies de Hollywood, celle de donner aux avocats un pourcentage des revenues de leur client sans contrat écrit ».
    • Il a viré l’agent de United Talent Artist avec qui il travaillait depuis presque trente ans, Tracey Jacobs, et a signé avec l’agence rivale, CAA, Creative Artist Agency,
      * « Johnny Depp: A Star in Crisis and the Insane Story of his Missing Millions » – The Hollywood Reporter

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6. Le reste de l’actualité

  • Immigration: Le quotidien des agents fédéraux à la frontière mexicaine (« Border patrol), The San Diego Union-Tribune a passé 72 heures avec eux.
  • Sports: Au moins huit joueurs de la grande équipe de football américain des Miami Dolphins de 1972 souffrent de CTE, l’Encéphalopathie Traumatique Chronique, cette maladie neuro-dégénérative causée par les commotions cérébrales répétées subies lors des violents contacts entre joueurs. – Miami Herald 
  • Société: « Mai signifie aux Etats-Unis la saison des « proms ». Cette tradition sacrée des adolescents est une étude de contradictions. Alors que les jeunes semblent de plus en plus politisés et actifs à travers le pays, des millins dépensent toujours des centaines de dollars pour participer à ce qui ressemble à un bal des débutantes » – Quartz

 

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La couverture du Jour

On en a parlé à plusieurs reprises dans le Kiosque: la formidable saison de Saturday Night Live cette année grâce à l’effet Trump, les élections présidentielles et une équipe d’acteurs talentueux et de guest stars extra
 

Le kiosque du 13.04.17: Trump « Globalist » – Une future alliance Breitbat+Bannon vs Trump? – Charging Bull vs Fearless Girl – 35 personnalités médias NY

 

 

  • Donald Trump, nouveau supporter de la mondialisation

    Difficile d’imaginer un tel revirement entre le discours apocalyptique et ultra-nationaliste de Donald Trump le 20 janvier dernier et ses positions en termes de politique étrangère cette semaine, qui feraient « presque penser à un président républicain conventionnel ».
     

    • Le lancement de 59 missiles sur une base aérienne du gouvernement syrien contre l’attaque chimique qui a tué des dizaines de civils quelques jours plus tôt et attribuée au régime d’Assad.
    • Critique de l’attitude belliqueuse de Steve Bannon à la Maison Blanche – ce dernier aurait affirmé aux journalistes du New York Times, ne pas « être un team player »
    • Affirmer que l’OTAN « n’est plus obsolète » après lui avoir cassé du sucre pendant des mois
    • Affirmer au Wall Street Journal que la Chine ne manipule plus les devises (« currency manipulators »), comme il l’a tweeté à plusieurs reprises ces derniers mois.
    • Considérer son rôle comme mondial et pas seulement assujettis aux intérêts américains: « Le monde est chamboulé (…) Quand j’aurai terminé, ce sera un endroit bien plus agréable à vivre parce qu’aujourd’hui c’est dangereux »
    • Prendre ses distances avec la Russie de Poutine, dont les relations seraient « au plus bas ».Rappelons quand même que Donald Trump n’en est pas à une contradiction prêt: il adopte aujourd’hui des positions mondialistes qui lui rapportent le plus de soutien auprès médias et de la population mais il a toujours été nationaliste préoccupé avant tout par les intérêts des Etats-Unis.
      Ce revirement est peut-être le seul moyen pour lui aujourd’hui de rassembler et de regagner un peu de popularité – même ses tweets n’ont plus rien de scandaleux!

       
      * « Trump Globalist Reinvention » – Axios
      * « Donald Trump’s Globalist Makeover » – The Daily Beast

 

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  • Breitbart, Trump et Bannon: la fin du ménage à trois?

     

    Les commentaires du président [envers Steve Bannon] ont été décrits par des représentants de la Maison Blanche comme un savon et une réprimande, mais un ami de Bannon a comparé sa situation à celle d’un membre de la famille en phase terminale qui a été placé en soins palliatifs.

     
    Steve Bannon est un casse-tête pour Donald Trump, car il est garant d’un soutien médiatique et populaire de Breitbart sans précédent (98 millions de visiteurs par mois) et il a également le soutien financier de la famille Mercer, l’un des plus importants donateurs de la campagne de Trump.
    S’en séparer pourrait le fragiliser sur ses deux fronts, dont il a besoin pour promouvoir sa politique et son administration.

     

    Trump ne cesse de décevoir Breitbart depuis sa victoire aux élections mais le site n’a pas hésité a lui tirer dessus à chaque fois. Avec l’influence de Bannon qui diminue dans la West Wing, la volonté de Breitbart de se retenir pourrait également diminuer.

     
    Bannon pourrait se retourner contre le président s’il venait à démissionner ou être viré: Il y a de fortes chances pour qu’il récupère les rênes de Breitbart et l’utilise pour tirer sur l’administration et les contradictions évidentes de sa politique. 
    Dans un article publié hier, Breitbart affirme que Bannon est la garant des promesses de campagne de Trump:
     

    Plus que n’importe quel autre membre de l’orbite de Trump, l’ancien directeur média et animateur radio, connu pour ses combats politiques à mains nues, a ses propres supporters. Il est considéré comme les cercles conservateurs comme la colonne vertébrale idéologique de la Maison Blanche dirigée par un président qui aime la flexibilité

     
    En attendant, Bannon est le parfait bouc-émissaire du président, détesté par les médias qui se réjouissent de sa déchéance: C’est un jeu dangereux pour le président qui pourrait perdre une partie de sa base électorale
     
    * « Trump risks turning Breitbart into an enemy by sidelining Bannon »The Washington Post
    * « Is Bannon in peril? Trump comments worry his populist base » Breitbart

 

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  • La mort mystérieuse d’une juge new yorkaise

    La juge Sheila Abdus-Salaam, première Afro-américaine musulmane nommée par le gouverneur démocrate Cuomo à la cour d’appel fédérale de l’Etat de New York en 2013, a été retrouvée morte hier après midi; son corps tout habillé flottait dans l’Hudson River.
     
    Sa disparition a été signalée par son conjoint la veille, mardi 11 avril.
     
    Aucun signe de coups n’a été détectée par les médecins, et l’autopsie devrait révéler les causes de la mort.

    A la cour, la juge Abdus-Salaam était considérée comme l’une des voix les plus fiables et libérales, qui prenait souvent le parti des vulnérables – les pauvres, les immigrés dans le besoin, ceux qui souffraient de maladies mentales – contre les intérêts des plus puissants. Elle avait également tendance à soutenir les victimes de fautes, de fraudes, de ruptures de contrats contre les corporations.

     
    La police pense à un suicide.

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  • Fearless Girl vs Charging Bull

    Depuis qu’elle a été installée en face du Charging bull de Wall Street, le 7 mars dernier, à l’occasion de la Journée de la femme, la statue de la Fearless Girl n’a cessé d’être l’objet de controverses, et pour les mauvaises raisons: Elle a été prise d’assault par un jeune homme, puis recouverte du drapeau de la campagne de Trump, « Make America Great Again » et transformée, malgré elle, en supporter du président.
     
    Le lot de déconvenues qui arrive généralement à ce genre de symbole, surtout dans cette période de tensions politiques extrêmes aux Etats-Unis.

     
    La dernière controverse a été déclenchée par le sculpteur du Charging Bull, Arturo Di Modica, visiblement irrité par le succès de la Fearless Girl qui affirme que « la présence de la fille enfreint ses droits artistiques en modifiant la dynamique créative » de son animal.
     
    La statue de la Fearless Girl, réalisée par l’artiste Kristen Vibal, placée devant Wall Street pour dénoncer le manque de représentation des femmes dans les grandes compagnies, a été un immense succès depuis et une pétition a circulé pour qu’elle reste là ou elle est.
    La statue du Charging Bull avait été installée en 1987 à la suite du krach financier, et sans autorisation, pour protester contre la résilience des milieux financiers, avant que son succès lui offre une résidence permanente.

    Le maire de New York, Bill de Blasio, a annoncé que la statue resterait à sa place, au moins jusqu’à l’année prochaine. 

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  • « 35 Most Powerful People in NY Media »

    Le rendez vous annuel de The Hollywood Reporter et son classement des personnalités les plus puissantes des médias new yorkais, qui surfent quasiment toutes sur le « Trump Bump ».
    On retrouve tous les producteurs, rédacteurs en chef, journalistes et présentateurs qui comptent à New York
     

    • Les journalistes: Anderson Cooper (AD 360 sur CNN), Lester Holt (NBC Nightly News), Megyn Kelly (ancienne de Fox qui arrive cette année sur NBC), Don Lemon (CNNTonight), Rachel Maddow (TRMS sur MSNBC), David Muir (« Wolrd News Tonight » sur ABC)
    • Producteurs: Jeff Fager (60 minutes sur CBS), Lorne Michaels (Saturday Night Live sur NBC)
    • Rédacteurs en chef: Jesse Angelo (New York Post), Dean Baquet (New York Times), Ben Smith (Buzzfeed), Adam Moss (New York), David Remnick (The New Yorker) et Anna Wintour (Vogue)
    • Late Night Shows: Samantha Bee (Full Frontal), Stephen Colbert (Late Night), Jimmy Fallon (« Tonight Show »), Seth Meyers (« Late night »), Trevor Noah (« The Daily Show’), john Oliver (« Last Week Tonight » sur HBO)
    • Comiques/Variétés: Alex Baldwin (Donald Trump dans Saturday Night Live), Andy Cohen (producteur des « Real Housewives » sur Bravo)
    • Présentateurs: Bill O’Reilly et Sean Hannity de Fox NEws et Joe Scarborough et Mika Brzezinksi de « Morning Joe », Howard Stern
       
      Egalement disponible, la liste des journalistes de la Maison Blanche qui eux ont aussi, profitent de la nouvelle administration; ICI

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  • « Saturday Night Live » accusé de plagiat

    C’est le genre de polémiques qu’il faut rapidement régler avant qu’elle ne prenne des proportions exagérées et ternissent l’image de l’émission satirique qui vient de réaliser sa meilleure saison depuis vingt ans.
     
    La semaine dernière, Louis C.K. était l’invité de « Saturday Night Live » et l’un de ses sketchs, intitulé « Birthday Clown », l’histoire d’un homme déprimé qui invite un clown chez lui pour lui remonter le moral, est un plagiat d’un sketch réalisé Tig Notaro, intitulé « Clown Service ». 
     
    Il ne s’agit pas d’une coïncidence puisque l’un des écrivains de SNL était au courant de l’existence de cette vidéo, affirme Mme Notaro dans un communiqué.
    Détail qui n’arrange pas les choses: la comédienne était proche de Louis C.K. jusqu’à l’année dernière.

    Ce n’est pas la première fois que le show de NBC est accusé de plagiat, ni Louis C.K. et aucun des deux n’a encore répondu aux accusations.

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  • Couverture du jour

 

Le kiosque du 09.04.17: SNL – Fin de l’alternance politique – « War on Drugs 2.0? » – Le gouverneur d’Alabama

 

  • L’alternance n’existe plus

    The Cook Political Report confirme une tendance inquiétante de la politique américaine: une polarisation de plus en plus importante du territoire et une alternance qui disparaît peu à peu.
    Il y a vingt ans, un quart des districts de la Chambre des Représentants étaient des « swings districts », qui changeaient régulièrement d’appartenance politique entre les Démocrates et les Républicains.

    Ce chiffre a considérablement diminué depuis et aujourd’hui seulement 35 des 435 sièges de la Chambre des Représentants sont susceptibles de changer de bord politique, ce qui explique l’hyper-polarisation de la vie politique américaine qui va empêche tout compromis entre les deux principaux partis du pays.
    Chaque année, l’espace politique américain est plus divisé et imperméable a tout changement politique et les Américains tendent à s’installer et vivre avec ceux qui pensent de la même manière.

    Ci dessous, le tableau du Cook Political Report. Les zones grises sont celles les plus susceptibles d’alterner tous les deux ans entre Républicains et Démocrates.

    Copyright @ 2017 Cook Political Report

    * « Why Washington is Broken »Axios
    * « This is the most amazing chart on Congress you’ll see today »CNN

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  • The O’Reilly Factor with Trump

    Alex Baldwin a fait une double apparition dans un sketch de « Saturday Night Live » hier soir: il jouait Donald Trump et Bill O’Reilly, le présentateur vedette de Fox News, accusé par plusieurs femmes de harcèlements sexuels (qu’il dément) et réglés par la chaîne d’info pour un montant total de 13 millions de dollars – les accusations s’étendent sur quinze ans.
    Cette semaine une soixantaine d’annonceurs ont refusé de promouvoir leurs produits dans l’émission mais une seule personne a tenu à défendre le présentateur dans une interview au New York Times: Donald Trump.

    Bill O’Reilly: « Un seul brave homme est venu me défendre, un homme implacable sur tout ce qui concerne les femmes (…) Merci de m’avoir défendu même si personne ne vous l’a demandé.  
    Donald Trump: « Je me reconnais beaucoup en vous, Bill. Je suis plus au courant de votre affaire que de l’assurance maladie par exemple. Mais je n’y ai pas prêté trop d’attention.

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  • La doctrine de Trump: Pas de doctrine

    Face à une série de défis internationaux qui vont du Moyen Orient jusqu’en Asie la semaine dernière, le président Trump s’est assuré que rien n’était certain sur sa politique étrangère.
    Et si une doctrine Trump devait se dessiner aujourd’hui, c’est de n’être lié à aucune doctrine.
    Dans une semaine marquée par sa rencontre avec des chefs d’Etats étrangers et le lancement d’une attaque militaire contre le gouvernement syrien, Mr Trump a offert sa propre doctrine et obligé les autres leaders à revoir leurs hypothèses sur la façon dont les Etats-Unis se conduiront durant sa présidence.I
    l a offert une approche très improvisée et contradictoire qui pourrait apporter beaucoup d’imprévisibilité dans les relations avec de potentiels antagonistes mais il a également ouvert la porte à un engagement américain traditionnel qui vise à rassurer les craintes des alliés.

    * « The Emerging Trump doctrine: Don’t Follow the Doctrine »The New York Times

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  • Vers un retour de la politique dite « War on Drugs »?

    « War on Drugs » ou « Guerre contre les Drogues » est un programme fédéral et une stratégie de lutte contre le trafic et la consommation de drogues mise en place aux Etats-Unis durant les années 80 (crack) et 90 (héroïne) qui reposent essentiellement sur la répression – l’incarcération de masse pour des délits mineurs et le « Three strike laws » – et en second lieu sur le traitement et la prévention.
    Entre temps, la population carcérale a quadruplé de 500 000 en 1980 et 2,2 millions de prisonniers en 2015, la plupart des afro-américains enfermés pour 10 à 20ans, « parfois des prisons à vie pour une première condamnation pour trafic de drogues ».
    Le programme a été beaucoup critiqué et finalement abandonné.

    Obama a tenté d’assouplir la rigidité du système pénal en lançant une « clemency initiative » pour libérer certains prisonniers condamnés, et son ministre de la justice a demandé aux juges de limiter les sanctions sévères contre les individus « non violents » accusés de consommation ou trafic de drogues – une stratégie appelée « Smart on Crime ».
    Jeff Sessions, le nouveau Attorney General, veut relancer et durcir à nouveau la « guerre contre les drogues » alors que les crimes n’ont jamais atteint un niveau aussi bas dans le pays: « Notre nation a besoin de réaffirmer que l’usage de drogues est mauvais (…) qui détruit vos vies »

    Les défenseurs d’une réforme de la justice criminelle avancent que Sessions va dans la mauvaise direction – un retour vers une stratégie qui déchire les familles et qui envoient des délinquants, la plupart appartenant à des minorités, en prison pour de longues peines.

    Privilégier la répression plus que la prévention et le traitement est une stratégie dangereuse pour lutter contre la drogue surtout devant l’épidémie d’opiacés qui ravage aujourd’hui le pays, et pas seulement les minorités, mais les populations blanches et rurales.

    * « How Jeff Sessions wants to bring back the war on drugs »The Washington Post

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  • Impeachment pour le gouverneur d’Alabama

    Le parlement d’Alabama s’apprête à lancer une procédure de destitution (impeachment) contre le gouverneur Robert Bentley accusé d’avoir utiliser des fonds et la force publiques pour cacher une relation extra-conjugale avec l’une de ses conseillères.
    Vendredi, il a annoncé qu’il refusait de démissionner et a demandé pardon à ses citoyens tout « en pardonnant à ceux qui lui avaient fait du mal ».
    Sauf que l’enquête de la Commission en charge de la Destitution décrit un homme paranoïaque qui a intimidé et menacé ses proches et son staff pour les empêcher de révéler son affaire, qui a menti à ses concitoyens, fabriqué des preuves pour essayer d’inculper ceux qui l’avaient dénoncé, et enfin affirme s’être tourné vers dieu pour trouver la paix. Un gagnant!

    * « Two Robert Bentleys: A Broken, pleading man and a vengeful, paranoid governor » – The Birmingham News

     

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  • Couverture du Jour

 

  • Les couvertures du dimanche 9 avril 2017

Vendredi 17 mars: Un skinny budget « mort né » – La fin de PBS & NPR? – Trumpcare résiste – Le buzz MSNBC – SNL, …

 

 

  • Le « Skinny Budget »: Un pétard mouillé

    A retenir: Il s’agit d’une proposition de budget qui concerne un tiers du budget fédéral, et seulement 16% si on enlève les départements de la sécurité et de la défense, qui devrait être modifiée avant de passer devant le Congrès américain.

    Augmentation de 52 milliards de dollars (+10%) du budget du Département de la Défense (pour un total de 639 milliards de dollars), Homeland Security (7%) pour financer le mur entre le Mexique et les Etats-Unis, les déportations des « Aliens » (+1,5 milliards) et les milliers agents supplémentaires aux frontières et aux douanes (+314 millions de dollars), l’achat de nouveaux avions de chasse F-35 et navires de guerre.
    Augmentation également du budget des Vétérans (+6%)

    * Diminution des fonds alloués à l’Agence de Protection de l’Environnement (-31% du budget, de 8,2 à 5,7 milliards et la suppression de 3 200 emplois et une cinquantaine de programmes), du département de l’Agriculture (-21%), Santé (-18%), Commerce (-16%), de l’Education (-14% contre le secteur mais 1,4 milliards de dollars sera offert « school Choice » qui privilégie les établissements privées), du Logement (-13%), des Transports (-13%) et de l’Intérieur qui contrôle et préserve la plupart des terres de l’Etat (-12%).
    Coupes budgétaires également dans la recherche médicale et scientifique et suppression du Fond National pour les Arts, pour les Humanités, la Corporation for Public Broadcasting (l’organisme en charge des médias et du contenu audiovisuels publics) et plus d’une dizaines d’autres agences.

     

    Fox News

     

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  • Un « budget mort né »

    Donald Trump a annoncé vouloir réduire l’énorme bureaucratie fédérale et réduire la dette fédérale évaluée à 20 trillions de dollars mais ce budget ressemble plus à une promesse de campagne censée rassurer sa base qu’un véritable projet capable de passer devant les deux chambres.

    Si le National Review est plutôt optimiste

    Plutôt que de simplement donner des clopinettes à chaque programme [ce qu’Obama aurait fait pendant huit ans], le budget de Trump finance (et développe) intelligemment des programmes qui fonctionnent et privatise, décentralise et élimine des programmes inefficaces.
    Cette approche plus réfléchie devrait aider Washington à se concentrer efficacement sur quelques fonctions vitales plutôt que d’en bâcler des dizaines.

     

    Charles Krauthammer, célèbre commentateur conservateur est lui plutôt réaliste sur Fox News: La proposition de budget pour « America First » est selon lui « mort née » avant même de passer devant le Congrès: Comme les dizaines d’autres propositions budgétaires des administrations précédentes, c’est « une liste de souhaits des intérêts du président ».
    L’un des problèmes majeurs de ce budget de 1,15 trillions de dollars, c’est qu’il n’offre aucun chiffre concernant les « dépenses nécessaires » (« mandatory spending »), à savoir les aides du gouvernement: la sécurité sociale, Medicare, Medicaid, les food Stamps (SNAP), ces programmes d’assurance santé et de bons alimentaires destinés aux plus démunis qui constitue 73% du budget de l’Etat fédéral.

    Ce n’est pas mentionné ici parce que vous avez un président qui a promis durant la campagne – contrairement aux autres candidats républicains – qu’il n’allait pas toucher à un poil des subventions. Quand tu fais cela, tu te retrouves avec des réductions budgétaires qui n’arriveront jamais.

     

     

    Washington Post

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  • PBS et NPR menacées?

    La proposition de budget « America First » présentée par Donald Trump prévoit la suppression du financement de CPB, le Corporation for Public Broadcasting, l’organisme non gouvernemental – mais financé par ce dernier – en charge des médias et du contenu audiovisuels publics – notamment de la chaîne PBS et de la radio NPR (l’équivalent de France Télévisions et de France Inter aux Etats-Unis)
    La perte des subventions, environ 445 millions de dollars annuels, provoquerait « l’effondrement du système de service public dans les médias et la fin d’un service national essentiel » a expliqué la présidente de CPB. 

    Interrogé par un journaliste, Mick Mulvany, le directeur du Bureau de la Gestion et du Budget, a justifié avec aplomb cette mesure:

    Le message que défend le président est très clair: on ne veut plus financer ces programmes et pour de très bonnes raisons. C’est un message très simple d’ailleurs. Je me mets à la place du travailleur en métallurgie de l’Ohio, la famille de mineurs de Virginie Occidentale ou la mère de deux enfants à Détroit, et je me dis: « Voila, il va falloir que je demande à ces gens là de l’argent et que je leur explique comment je vais le dépenser. Est-ce que je peux vraiment allez voir ces gens, les regarder dans les yeux et leur dire que je vais leur prendre leur argent et le donner à Corporation for Public Broadcasting? »
    C’est très difficile à vendre et qu’on ne peut plus défendre.

     

     

    PBS n’a pas bonne presse chez « les déplorables » qui considèrent le réseau comme pro-démocrate et anti-Trump.

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  • Trumpcare devrait franchir la première étape

    Malgré les oppositions démocrates et conservatrices contre Trumpcare, et un président qui continue d’assurer à ses 25 millions d’abonnés sur Twitter que les Républicains sont plus soudés que jamais, l’American Heatlh Care Act, a réussi à obtenir le feu vert du Comité de l’Energie et du Commerce, de la Commission en charge des questions fiscales la semaine la semaine, et du Comité du Budget hier.
    La prochaine étape, c’est le vote à la Chambre des Représentants qui pourrait avoir lieu la semaine prochaine.

    Pour cela, Paul Ryan, leader républicain n’a besoin que d’une simple majorité de 218 votes sur les 435 sièges que compte l’Assemblé pour passer – 216 seulement aujourd’hui à cause de cinq sièges parlementaires vacants.
    Avec une majorité de 237 sièges, Paul Ryan peut réussir à faire passer la loi avec la défection de 21 républicains – il en existe aujourd’hui 11.

    Image credit: CNN Politics

    La tache sera plus difficile au Sénat ou de nombreux Républicains ont annoncé qu’ils voteraient contre.

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  • La phrase du Jour: Normaliser Donald Trump

    L’ambassadeur américaine des Nations Unies, Nikki Haley, était interrogée sur les tweets de Trump accusant le président Obama de l’avoir mis sur écoutes, étaient « dignes d’un président »

    Je ne vais pas dire ça – c’est notre président et ce qu’il fait, que ce soit une erreur et tout le reste, il est notre président. Pour cela, je veux qu’il réussisse. Quand ces tweets sont apparus, je me suis dit, « D’où est-ce qu’il a sorti ça? » Oui. Mais mais je n’ai pas décroché le télé phone et dit « Qu’est ce qui vous arrive? » Je sais juste qui il est.

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  • Rachel Maddow a remporté son pari

    La journaliste de MSNBC a fait le buzz mardi soir avec la diffusion en exclusivité des déclarations d’impôts de Donald Trump datées de 2005 qui ont révélé plus de cent cinquante millions de dollars de revenus et le paiement de 38 millions de dollars d’impôts.
    Ces révélations décevantes ont tout réussi à rassembler quatre millions de téléspectateurs, la plus forte audience jamais enregistrée par l’émission en neuf ans d’antenne. Le troisième programme le plus regardé de la soirée, devant ABC et Fox News, et le second meilleur score d’audience un mardi pour MSNBC, à côtés des élections, conventions et débats.
    Des chiffres qui montrent l’enjeu que représentent l’obtention de ces fuites pour quiconque sera capable de mettre la main.

    Les téléspectateurs et journalistes ont eu l’impression d’avoir été un peu bernés par tout le grabuge créé par la chaîne et Rachel Maddow autour de ce non-évènement, et que les responsables ont bien compris qu’il serait dangereux de reproduire dans le futur.
    L’intéressée, qu’on croit sincère, affirme avoir été très excitée d’annoncer ces révélations, très alléchantes sur le papier mais qui n’ont pas fait avancer le schmilblick de pourquoi est-ce que le président continue à cacher ces documents.

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  • Un Saturday Night Live sur l’ensemble du territoire

    A partir du mois prochain et jusqu’à la fin de la saison, l’émission satirique Saturday Night Live sera diffusée en direct de New York et sur l’ensemble du territoire américain, notamment sur la côte ouest, qui reçoit le show en différé – il est trois heures de moins à Los Angeles.
    Une première en 42 ans d’existence qui témoigne du regain de succès de l’émission qui surfe sur le « Bump Trump »: Cette saison est la plus populaire (et réussie) de ces deux dernières décennies sans compter les critiques et réactions, souvent très positives – à part celle de Donald Trump et de ses supporters – qu’elle provoque chaque semaine sur les réseaux sociaux, dans la presse et jusqu’à la Maison Blanche.
    Merci Alex Baldwin et Melissa McCarthy – qui présentera l’émission le 13 mai prochain!

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  • March Madness

    On a les prévisions du tournoi de basket universitaire – signées de Barack Obama!

 

Samedi 11 février 2017: Fuites et propagande à la Maison Blanche; Un Spicer intenable, SNL est nécessaire et le challenge des Démocrates pour 2018

 

  1. Le briefing hebdomadaire
    Communiqué de presse officiel hebdomadaire de la Maison Blanche. 10 février 2017

    Hier c’était vendredi, jour du communiqué de presse de la Maison Blanche: « Cette semaine, le président Trump et son administration ont accompli de grands progrès pour rendre l’Amérique plus sûre [trois décrets anti-criminalités signés], à redonner du travail aux Américains [la compagnie Intel s’est engagée à créer 10 000 emplois aux Etats-Unis] » et enfin la confirmation (dans la douleur) de Jeff Sessions à la Justice.
    Aucune mention de la confirmation très controversée de Betsy DeVos à l’Education et surtout du camouflet reçu par le Commander-in-Chief après la décision de la cour d’appel fédérale de San Francisco de maintenir la suspension provisoire de la « travel ban ».
    Les quatre paragraphes relèvent plus de la propagande que de l’information mais incitent curieusement les lecteurs à suivre directement le président sur les médias sociaux.
    Si on suit le compte Twitter de Donald Trump depuis lundi, la situation du pays est catastrophique: des médias malhonnêtes qui répandent des « fake news », un cabinet qui n’est toujours pas en place, la décision « horrible, dangereuse, et mauvaise » prise par le juge de Seattle et confirmée en appel vendredi, une population américaine « bien plus vulnérable » et la sécurité de la nation qui « est en jeu ».
    Deux sons de cloches totalement contradictoires provenant de 1 600 Pennsylvania Avenue, il va falloir s’y habituer ces quatre prochaines années.

  2. La semaine difficile de Sean Spicer
    Brian Stelter, le journaliste média de CNN résume parfaitement la situation intenable du porte parole de la Maison Blanche:

    « Dans les émissions du soir, Sean Spicer est la plaisanterie du moment. Sur les chaînes d’infos, c’est un punching-ball. Mais en salle de conférence, c’est lui qui envoie les coups. La grande question est de savoir ce que pense son boss, professionnel du « contre », quand il regarde ses conférences de presse à la télé. »

    Le rôle de Sean Spicer est sans doute l’un des plus difficiles de l’administration Trump: le relais entre le gouvernement et les journalistes, sachant le mépris du président pour les médias et la méfiance de ces derniers envers tout ce qui vient de la Maison Blanche. Si on ajoute les faits alternatifs de Kellyanne Conway, les mensonges et attaques répétés du président sur Twitter, la mission de Spicer de défendre Donald Trump semble incompatible avec la nécessité de construire une relation de confiance avec les journalistes.

    Melissa McCarthy en Sean Spicer qui attaque les journalistes dans Saturday Night Live la semaine dernière.

    Jeudi, il a été accusé de « faire du Melissa McCarthy », en référence au sketch de l’émission satirique Saturday Night Live dans laquelle la comédienne de « Bridesmaids » a offert une imitation hilarante d’un Sean Spicer survolté et très agressif envers les journalistes.
    A lire ce matin dans le New York Times, un article multimédia très instructif sur la « briefing room » de la White House et comment Sean Spicer a complètement remodelé la conférence de presse traditionnelle de la Maison Blanche. 

  3. Les fuites au coeur de la Maison Blanche
    Depuis l’investiture de Donald Trump, les fuites provenant de la Maison Blanche ont « remarquablement » augmenté.
    « La question est de savoir d’où elles viennent ».
    Ces fuites inspirent des articles plus ou moins « sérieux » comme les soirées de Trump à regarder la télé en robe de chambre, mais sont plus dommageables lorsqu’il s’agit d’une conversation avec le premier ministre australien, Malcolm Turnbull, rapportée comme étant « le pire appel [téléphonique du président avec un chef de gouvernement étranger] » et qui a bien failli déclencher une crise diplomatique entre les deux pays. 
    Selon The Hill, chaque média aurait sa propre source de fuites qui tournent autour de la rivalité entre les deux plus proches conseillers de Donald Trump, Steve Bannon, « le guerrier suspicieux de l’establishment républicain » et l’ancien président du Comité National Républicain, Reince Priebus, désormais chef de cabinet.

    « Plus largement, la multiplicité des sources de pouvoirs – pas juste un ou deux- dans la maison Blanche de Trump renforce les intrigues. Certains républicains s’inquiètent d’une recrudescence de coups bas entre les acteurs clés quand il s’agit de protéger leurs positions. »

     

  4.  Les émissions satiriques américaines surfent sur le « Trump Bump »
    « En juste quelques semaines, Saturday Night Live est devenu peut-être le show le plus important à la télé » commentait hier le magazine Time et chaque épisode « se doit d’être regardé ». Celui particulièrement réussi de la semaine dernière avec Baldwin-Trump et la révélation McCarthy-Spicer, et l’aide du « moment Totinos » entre Stewart-Bayer a réalisé sa meilleure audience depuis 1995.
    La comédienne Rosie O’Donnell, ennemie jurée du président, s’est même
    portée volontaire cette semaine pour jouer le rôle de Steve Bannon en réalisant un photomontage saisissant pour l’émission de ce soir présentée par Alec Baldwin.

    Rosie O’Donnell et Steve Bannon


    Les émissions satiriques n’ont jamais eu autant la côte ces derniers mois, grâce aux élections présidentielles et la Trumpocalypse, et plus elles sont politisées et anti-Trump, plus elles font de l’audience, à l’instar de Late Night with Seth Meyers sur NBC, du Late Show de Stephen Colbert sur CBS – qui a accueilli Jon Stewart la semaine dernière – et l’excellente Samantha Bee et son Full Frontal hebdomadaire.

  5. Comment faire renaître le parti démocratique
    Sous le président Obama, les démocrates ont perdu près de 958 sièges de Représentants dans les chambres basses des Etats du pays – qui en totalisent 5 411. En comparaison, les Démocrates en avaient perdu 524 sièges sous Clinton et les Républicains 324 sous Bush.
    Pour Jaime Harrison, candidat à la présidence du Comité National Démocrate, et invité de l’émission Morning Joe vendredi, les partis démocrates des Etats n’ont pas eu les moyens ni l’argent de mobiliser les électeurs pour les pousser à aller voter.

    Tu peux avoir le meilleur message et le meilleur messager, c’est l’appareil financier et humain qui pousse en dernier lieu les électeurs à se déplacer. Si on regarde les raisons de la défaite des Démocrates: on a perdu les élections à cause de 77 000 votes sur trois Etats représentants 14 millions de votes. Ce n’est pas une défaite du message ou du messager, c’est une défaite fonctionnelle. S’il existait un appareil fonctionnel efficace financé convenablement au sein de parti [démocrate], on aurait facilement obtenu ces 77 000 votes. On n’a pas fait ça. On a rien fait pendant quatre ans et pensé pouvoir ressortir avec succès la machine politique quelques mois avant les élections.

    Jusqu’aux 8 novembre, c’était les Républicains qui enviaient les Démocrates sur leurs capacités à mobiliser l’électorat jusqu’à ce que le contraire se réalise. Le challenge aujourd’hui pour le parti démocrate, c’est d’effectuer un travail de terrain et de récréer le lien avec ceux qui se sont sentis délaissés en 2016 et de les remobiliser pour les élections de mi-mandat en 2018.

 

Mercredi 8 février 2017: DeVos confirmée, Warren muselée, Vie politique, médiatique et économique polarisée et SNL qui triomphe! ,

  1. Betsy DeVos dans le sang et la sueur
    La milliardaire
    , originaire du Michigan, qui a financé le parti républicain à hauteur de deux cents millions de dollars, dont les campagnes d’une dizaine de sénateurs républicains qui siègent actuellement au Congrès, a été nommée in extremis Secrétaire d’Etat à l’Education grâce à l’intervention « historique » du vice-président Mike Pence, qui a eu le dernier mot après un vote à égalité, marqué par deux votes de défiance républicains .

    L’éditorial du New York Times résume la situation:

    Mme DeVos est la membre de cabinet idéale pour un président déterminé à nommer des agents qui veulent détruire les agences qu’ils dirigent (…) Elle n’a jamais dirigé, enseigné, participé ou envoyé un enfant dans une école publique américaine et les auditions préalables à sa nomination ont confirmé son ignorance des politiques en matière d’éducation et son mépris pour l’enseignement public.

  2. La sénatrice Elizabeth Warren réduite au silence
    Excédés par l’obstruction parlementaire des sénateurs démocrates contre la nomination de Betsy DeVos à l’Education, le porte parole de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell a interrompu hier soir le discours d’Elizabeth Warren contre la nomination de Jeff Sessions à la Justice qui aura lieu demain, sous prétexte qu’elle remettait en cause sa position de sénateur d’Alabama qu’il occupe depuis 1997. Warren, sénatrice démocrate du Massachusetts, lisait une lettre de Coretta Scott King, veuve de Martin Luther King Jr, datée de 1986, qui accusait Sessions d’utiliser son pouvoir de procureur du sud de l’Alabama (1981-1993) pour limiter le vote des citoyens afro-américains.
  3. Trump gouverne, pas Steve Bannon!
    Intense débat à Washington et dans les médias sur la place de Steve Bannon à la Maison Blanche: Est-il, comme la couverture du Time cette semaine (intitulée « le grand manipulateur »), le sketch de Saturday Night Live et les articles du New York Times le suggèrent, le « vrai président » des Etats-Unis?
    Non a affirmé Joe Scarborough dans Morning Joe hier matin.
    Steve Bannon s’est créé cette réputation de « Darth Vador » de la Maison Blanche auprès des médias qu’il manipule aussi bien que son boss. Il a trouvé en Donald Trump la personne capable de faire avancer sa philosophie, celle du « populisme américain » que ce dernier promeut sans le savoir depuis des années.
    Mais au bout du compte, Donald Trump prend les décisions.
  4. … Et n’a aucune intention de « modérer ses actions, ni sa rhétorique »
    Dans un excellent article (« Sorry! American politics will get worse ») paru sur Axios, Jim VandeHei explique que la politique et les propos de Trump sont volontairement polémiques pour essayer « de radicaliser au maximum les deux camps » et pousser l’opposition à prendre des décisions impopulaires: les violences contre la présence de Milo Yiannopoulos à UC Berkeley la semaine dernière, repris en boucle par tous les médias conservateurs, ou l’obstruction parlementaire des sénateurs démocrates contre la nouvelle administration, qui pourraient leur coûter les élections de mi-mandat en 2018.
  5. Qui tend également vers une extrême polarisation de la vie politique dans les médias et l’économie.
    Sebastien Gorka, assistant du président Donald Trump et ancien de Breitbart a affirmé lundi que la Maison Blanche continuerait à utiliser le terme « fake news » jusqu’à ce que les médias arrêtent d’attaquer systématiquement le président.
    Une démarche qui les pousse à être d’autant plus partisans et critiques envers Donald Trump et son administration.
    Les entreprises sont également obligées de prendre parti: Rester silencieux (et être accusées de soutenir Trump) ou le dénoncer, voire le boycotter, avec l’impossibilité dans les deux cas de satisfaire l’ensemble des consommateurs américains.
  6. Mr Trump ne porte pas de robe de chambre.
    Contrairement aux propos du New York Times dans le désormais fameux article « Trump and Staff retint Tactics after Shambles », le président Trump ne regarde pas la télévision en robe de chambre, tout simplement parce qu’il n’a pas de robe de chambre a affirmé Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche hier midi en conférence de presse. Le compte rendu de ses deux premières semaines au pouvoir montrent un président confus, isolé de ses supporters, dépendant des sondages. 
    Donald Trump a personnellement attaqué le quotidien via Twitter à la suite de la parution de l’article, et parlé d’histoires et sources « fabriquées »
  7. Teen Vogue vs Breitbart
    Le site alt-right est furieux contre le magazine pour adolescents qui a parlé de racisme en évoquant la mort du jeune Trayvon Martin, qui aurait dû fêter son 22ème anniversaire ce mois-ci. Le jeune floridien a été tué en février 2012 par George Zimmerman qui effectuait une ronde de voisinage et affirme avoir agi en état de légitime défense. Accusé de meurtre, ce dernier a été acquitté, entraînant une vague d’indignation à travers le pays qui a entrainé la création du mouvement « Black Lives Matter ».
    « Il n’existe aucune preuve que Zimmerman ait ciblé Trayvon Martin parce qu’il était noir ou qu’il était dangereux à cause de sa race » affirme Breitbart.
  8. Bonne Nouvelle pour Saturday Night Live!
    Selon le magazine Variety, l’émission satirique de NBC a enregistré la seconde audience de la semaine chez les 18-49 ans derrière la série « The Big Bang Theory » diffusée par CBS. L’audience de SNL a augmenté cette saison de 19% dans la même tranche démographique aide 22% sur l’ensemble des téléspectateurs. Les chiffres les plus importants depuis la saison 1994-95.

    L’interview de Donald Trump dimanche après midi sur Fox, avec Bill O’Reilly avant le Super Bowl n’a enregistré que 12,2 millions de téléspectateurs, moitié moins que son prédécesseur Barack Obama en 2009.
  9. Bill O’Reilly n’est pas près de s’excuser
    Lors de cette interview, Bill O’Reilly a accusé à deux reprises le président russe d’être un assassin, provoquant la colère du Kremlin qui a demandé au présentateur de s’excuser publiquement.
    Ce à quoi il a répondu:

    Apparemment, l’administration Poutine à Moscou demande que votre humble correspondant s’excuse pour avoir dit que le vieux Vlad était un assassin. Je travaille sur mes excuses mais ça prendra un peu de temps. Revenez me voir d’ici … 2023

  10. Couverture du jour: C’est l’une des premières couvertures de magazine de Kellyanne Conway, ancienne manager du candidat Donald Trump, et conseillère du président, très critiquée par les journalistes.

    The Washington post magazine – Edition du 12 février 2017

Mardi 7 février 2017: Conway et Ivanka boycottées, les tech compagnies se rebellent, Trump privé de discours à Westminster et le retour de John Oliver

TRUMPLANDIA

  1. Donald Trump a donné un discours hier devant des représentants de l’armée sur une base de militaire de Tampa en Floride et affirmé que « les médias très très malhonnêtes ne couvraient pas certaines attaques terroristes. Ils ont leurs raisons que vous comprendrez ».
    Aucune idée de ce que le président insinuait …Peut être le Green Bowling Massacre, que Kellyanne Conway a d’ailleurs cité à plusieurs reprises avant l’incident de la semaine dernière.
  2. La parlement anglais a refusé de laisser Donald Trump s’exprimer dans le hall de Westminster lors de sa visite officielle prévue cet été, une invitation pourtant offerte à son prédécesseur, Barack Obama, en 2011. John Bercow, le porte parole de la Chambre des Communes a expliqué « que le discours d’un chef d’Etat étranger (…) n’est pas un droit automatique, mais plutôt un honneur qui doit se mériter »

    « Nous respectons notre relation avec les Etats-Unis (…) Mais, en ce qui concerne la Chambre des Communes, je pense sincèrement que notre opposition au racisme et au sexisme, le soutien pour l’égalité devant la loi et un pouvoir judiciaire indépendant sont très considérations très importantes (…) Avant la mise en place de la loi sur les immigrés, je m’opposais déjà à un éventuel discours du président Trump dans le Hall de Wesminster, et j’y suis encore plus opposé aujourd’hui.

  3. 130 « tech » compagnies dont Apple, Facebook, Google, Microsoft, Netflix, Twitter, Uber ont déposé une plainte dimanche contre le décret de Trump sur l’immigration auprès de la cour d’appel fédérale de San Francisco en charge de décider ou non de son « application immédiate ».
    Une démarche coordonnée rarissime, preuve du sentiment unanime de « l’industrie » contre une loi qui rendrait le recrutement « des meilleurs employés du monde » dans leurs entreprises plus « difficile » et plus « couteux » et qui nie « l’importance immigrés dans l’économie et la société américaine ».
    Le Département de Justice américain a réitéré hier sa remise en application immédiate.
    Les délibérations qui commencent cet après midi en Californie
     devant un panel de trois juges.
  4. La campagne #GrabYouWallet en charge du boycott des produits de la famille Trump depuis le mois d’octobre 2016 a poussé l’enseigne Nordstrom à abandonner la marque d’Ivanka Trump pas assez « performante » mais continuera d’écouler les invendus, chaussures et vêtements.
    La compagnie « lifestyle » a réagit par communiqué: « Nous pensons que la force d’une marque se mesure non seulement par les profits qu’elle génère mais par l’intégrité qu’elle maintient ».
    Après Neiman Marcus et Nordstrom, Macy’s pourrait être la prochaine chaîne de magasins à laisser tomber la marque de la fille du président.
  5. CNN boycotte Kellyanne Conway
    Dimanche, la chaîne d’infos a décliné une interview avec la conseillère de Donald Trump après s’être vu refusée un entretien avec le vice président Mike Pence, qui avait accepté d’apparaître sur CBS News, ABC News et NBC News .
    CNN a expliqué au New York Times avoir de « sérieux doutes concernant crédibilité » de Kellyanne Conway après le fameux épisode du « Bowling Green Massacre ». Un sentiment partagé par de nombreux journalistes et chaînes télé qui pourraient désormais se passer de ses « faits alternatifs ».
  6. La prestation hilarante de Melissa McCarthy en Sean Spicer survolté samedi soir dans Saturday Night Live n’a pas plu au président, et surtout le fait que le porte parole de la Maison Blanche soit incarné par une femme: « [il] n’aime pas les gens qui ont l’air faible » rapporte un proche du président. Aucune réaction du Commander-in-Chief sur Twitter dimanche, ni lundi, serait le signe du malaise qu’aurait provoqué l’émission satirique sur son entourage.
  7. Le retour de John Oliver!
    L’ancien acolyte de Jon Stewart revient pour sa quatrième saison avec une obsession: Eviter de faire de son show, un programme entièrement dédié à Trump, qui domine l’information depuis dix huit mois, « pour l’intérêt de son émission et pour ce que l’âme humaine peut endurer » .
    Il promet des reportages de fond qui n’ont rien à voir avec le président, parce que « il va tellement vite qu’il n’y a aucun intérêt à passer un mois sur l’un de ses propos ».
    Il sera de retour sur HBO le 12 février prochain.
  8. Hillary Clinton​ réagit sur la Marche des Femmes à Washington dans une vidéo inédite dans laquelle elle affirme que le  « Le futur est féminin »
  9. Vu dans le Gothamist:
    Dans cette période tourmentée, toutes les formes de résistance sont les bienvenues, à l’instar de ce restaurant de Brooklyn, Kiwiana, qui a rajouté sur ses additions le message suivant:
    « Immigrants make America great (they also cooked your food and served you today). »

  10. La couverture du jour: The Economist avec pour titre « An insurgent at the White House »

    The Economist – février 2017

Le Kiosque du lundi 5 décembre 2016

TRUMPLANDIA

« Fakes news but real bullets »

Dimanche après midi, Edgar Maddison Welch, un homme de 28 ans originaire de Salisbury en Caroline du Nord est entré, armé, dans une pizzeria de Washington D.C. pour « enquêter lui-même sur « le pizzagate », a tiré sans blesser personne avant d’être arrêté et inculpé pour aggression armée.
« Le pizzagate » à l’origine de cet accès de violence est une théorie du complot née sur internet après la publication fin novembre d’un article accusant le restaurant Comet Ping Pong d’être la couverture d’un réseau pédophile organisé par Hillary Cllinton et son ancien directeur de campagne, John Podesta.
On peut lire sur site de vigilantcitizen.com dans un article posté le 15 novembre:  « Pizzagate: Comment 4Chan a mis à jour l’univers malade de l’élite occulte de Washington » accompagné de la photo d’un nourrisson avec des dollars à la main. Le thème a tout pour exciter les trolls de plus en plus actifs sur internet: Pédophilie, Washington D.C., l’argent et les élites.
L’affaire a fait une trainée de poudre sur internet et Facebook

https://twitter.com/TradSierraHotel/status/800211990195081217?ref_src=twsrc%5Etfw

Le New York times a rapporté l’affaire le 21 novembre à la suite des menaces de mort qu’avait reçu le propriétaire et ses employés via email et le compte Instagram du restaurant.
Ce dernier, Mr Alefantis, est un supporter de Hillary Clinton, aurait été la cible de personnes mal-attentionnées qui l’ont personnellement en lançant des rumeurs. Il avait alors contacté le FBI, la police locale, et avait demandé à Facebook, Twitter, Youtube et Reddit d’enlever les articles diffamatoires rapportait le quotidien à l’époque.

L’affaire a pris une telle ampleur qu’un individu a voulu faire justice soi-même hier en se rendant directement sur place.
L’aggravation qu’a pris une simple rumeur n’a pas empêché le fils du lieutenant général Flynn, présenti pour être le conseiller de la sécurité nationale de Donald Trump, d’aller sur Twitter le soir même, pour relancer la polémique.

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SNL vs Trump – encore une fois

La personnalité à fleur de peau du nouveau président n’a pas résisté au dernier sketch de l’excellent Saturday Night Live qui se moquait de son utilisation de Twitter, et sa tendance à retweeter certains posts d’adolescents uniquement parce qu’ils défendent ses propos.
Après les accusations de fraude électorale avancées par Trump la semaine dernière, Seth Morton, un lycéen de 16 ans, originaire d’Oakland, s’était adressé directement au reporter de CNN, Jeff Zeleny, qui avait critiqué les propos du futur président: « Pathétique, tu n’as aucune preuve que Donald Trump n’a pas été victime de fraude électorale, la honte! Mauvais reporter!

Donald Trump avait retweeté Seth Morton.
Saturday Night Live n’a rien inventé samedi soir mais juste mis en scène la réalité du comportement du président-élu, ce qu’il n’a guère apprécié, comme on pouvait s’en douter.

Alex Baldwin qui interprète Trump, lui a directement répondu sur Twitter: Publie tes déclarations d’impôts et j’arrête! »

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Standing Rock rocks! Et le combat continue

Le gouvernement a annoncé hier la suspension de la construction de l’oléoduc Access Dakota qui était censé traverser la réserve indienne de Standing Rock dans le Dakota du Nord, menançant des sites sacrées et représentant un risque sanitaire pour l’eau de la région. Après des mois de protestation pacifique de la part des tribus autochtones et de centaines de militants venus se relayer sur le site pour empêcher l’avancée des travaux, les violences commises par les forces de police, et notamment l’utilisation des jets d’eau glacées pour disperser les manifestants, ont fait la une de nombreux quotidiens du pays et attirer un plus l’attention sur ces évènements.
Ce weekend, deux milles vétérans l’armée américaine avait rejoint les manifestations et campements qui devaient être évacués aujourd’hui.
Coup de théâtre hier après midi lorsque le corps des ingénieurs de l’armée des Etats-Unis a annoncé qu’il retirait le permis de construire sur les terres appartenant au gouvernement fédéral, et qu’il s’engageait à déterminer un autre itinéraire pour l’oléoduc.

« Merci président Obama pour avoir cessé temporairement la construction du Dakota Access Pipeline, maintenant stoppons pour de bon! » a affirmé aujourd’hui le site officiel de la lutte « Stand with Standing Rock ».

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Le scandale du Dernier tango à Paris

On reparle ces derniers jours de la polémique autour de la scène de viol entre Maria Schneider et Marlon Brando dans le film de Bertolucci, « Le Dernier Tango à Paris ».
Dans une interview donnée au Daily Mail en 2007, l’actrice avait révélé ne pas avoir été mis au courant de l’utilisation du beurre comme lubrifiant utilisé par l’acteur pour la violer.
Brando et Bertolucci s’étaient mis d’accord avant la scène sans prévenir la jeune actrice de dix-neuf ans pour tenter d’avoir la réaction d’humiliation la plus « réelle » possible – et effectivement ses gémissements et pleurs de l’actrice dans la scène du film ne sont pas joués avait admis Bertolucci.
Le réalisateurs avait admis la conspiration dans une interview en anglais donnée en 2013 et un site espagnol, El Mundo de Alycia, a rajouté les sous-titres espagnols et posté sur son site le 25 novembre dernier lors de la Journé Internationale contre les violences faites aux femmes explique le Washington Post.

La polémique a mis Hollywood et les médias amércains en émoi car peu était au courant des circonstances de la scène. Maria Schneider est morte d’un cancer en février 2011.
L’affaire rappelle aux Etats-Unis le scandale impliquant l’acteur Bill Cosby, que les rumeurs accusent depuis des décennies d’agressions sexuelles sans qu’aucune des victimes n’aient jamais été prises au sérieux, jusqu’en 2014, quand la parole leur a enfin été donnée et qu’il a finalement été inculpé par les autorités – son procès aura lieu en juin 2017.

Le Kiosque dominical du 23 octobre 2016

A retenir des éditions dominicales:

The Dallas Morning News - Edition du 23 octobre 2016
The Dallas Morning News – Edition du 23 octobre 2016
  • Tomi Lahren en une du Dallas Morning News
    On en avait parlé il y a quelques semaines dans le Kiosque, qualifiée »d’enfant soldat » par le présentateur du Daily Show, cette jeune diplômée de l’Université de Las Vegas de 23ans fait sensation sur The Blaze, le réseau d’infos de l’ancien étendard du Tea Party, Glenn Beck, avec une émission dans laquelle elle exprime ses idées d’extrême droite à la sauce Millenials.
    Elle n’hésite pas à descendre Obama, Clinton et même parfois Trump avec la même verve et assurance qu’un journaliste en fin de carrière – ce qu’elle n’est pas.
    Tami Lahren est une « sensation internet », une « commentatrice » qui parle avec son coeur et beaucoup d’émotions.
  • Tampa Bay times - Edition du 23 octobre 2016
    Tampa Bay times – Edition du 23 octobre 2016

    « Hillary Clinton’s Florida foundation » dans le Tampa Bay Times
    sur la relation de trente ans qu’entretient la candidate démocrate avec le Sunshine State marqueé par « la loyauté, la longévité et Bill »: Depuis la défense des travailleurs immigrés floridiens lorsqu’elle était étudiante à Yale jusqu’à la candidate démocrate qui discute avec les élites du monde entrepreneurial autour à 50 000 dollars l’entrée pour discuter avec elle. Des années d’activisme du couple Clinton dans l’état le plus important à gagner le 8 novembre prochain pour chacun des candidats et qui avait été le cauchemar des démocrates lors des élections de 2000

  • « Trumpism is not going away » affirme le Washington Post.
    The Washington Post - Edition du 23 octobre 2016
    The Washington Post – Edition du 23 octobre 2016

    Un constat partagé par beaucoup de journalistes et commentateurs: « Qu’il perde ou qu’il gagne, l’effet Trump sera ressenti bien après les élections (…) Trump et ses supporteurs symbolisent le refus des élites qu’ils considèrent comme les garants de la culture populaire. Les gens qui se sentent délaissées ont désormais un champion même s’il est l’un des pouvoirs médiatiques de l’establishment new yorkais » explique David Nevins, président de la chaîne câblée Showtime.
    Des rumeurs persistantes relayées dans les quotidiens les plus sérieux annoncent que Trump aurait déjà prévu de capitaliser ces dizaines de millions d’électeurs qu’il a su convaincre ces derniers mois, et les fidéliser grâce à la mise en place d’un nouveau réseau d’information Trump News, qui servirait de contre-pouvoir de Fox News et du parti Républicain et à une éventuelle présidence démocrate.

  • « US Citizens being recruited by Cartels in Bars, Schools » dans le Arizona Daily Star sur la « démocratisation du trafic de drogue ».
    Arizona Daily Star - Edition du 23 octobre 2016
    Arizona Daily Star – Edition du 23 octobre 2016

    Selon les statistiques de la Protection des Frontières et des Douanes Américaines, le trafic de produits stupéfiants entre le Mexique et les Etats-Unis par la frontière arizonienne serait le travail de citoyens américains dans le besoin et de ceux en attente d’une autorisation de résidence permanente.
    Ils représentent 80% des arrestations le long de la frontière mexicaine et cachent les produits illicites sous le siège de leur voiture, sur leur corps pour les substances les plus dangereuses (cocaïne, héroïne) et sont souvent recrutés dans les bars ou même aux abords des lycées et universités publiques – des individus souvent démunis qui cherchent des moyens de combler les fins de mois.

  • Star Tribune - Edition du 23 octobre 2016
    Star Tribune – Edition du 23 octobre 2016

    « When a Rapist went Free » dans le Star Tribune.
    Le destin presque banal d’une victime de viol dans une université américaine, ici celle du Minnesota qui a recensé 1000 cas d’agressions sexuelles depuis 2010 selon le département de prévention des viols de l’établissement et sans qu’un seul agresseur n’ait été jugé ni condamné. Après son agression, Abby Honold a suivi toutes les démarches nécessaires pour aider la police à arrêter son agresseur qui lui a signifié qu’aucune charges ne pourraient être déposées. L’agression a eu lieu en 2014 en pleine journée dans l’appartement de Daniel Drill-Mellum, un jeune étudiant de 22ans, qui a plus tard affirmé que leur rapport sexuel était consensuel pour écoper d’une suspension de l’université pour une période de dix ans.
    Après s’être rendu compte que l’étudiant avait agressé d’autres filles les années précédentes et grâce à la ténacité d’un officier de la police universitaire, le violeur à été condamné à six ans de prison.

 

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Saturday Night Live et le troisième débat

On ne s’en lasse pas. Avec Alec Baldwin, Tom Hanks et Kate McKinnon

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Le New Yorker soutient Hillary

Le énième soutien officiel d’un média prestigieux pour Hillary Clinton, ici le New Yorker, qui souhaite son élection pour son « importance historique » et qu’il accueillera avec « un soulagement indescriptible »

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Les démocrates en danger

Matt Yglesias nous explique dans une vidéo pourquoi le parti démocrate est dans une situation périlleuse même si Clinton venait à remporter les élections présidentielles – et même si le parti républicain est apparu très divisé durant cette campagne.
Après l’élection de Barack Obama en 2008, le parti démocrate avait la majorité législative dans 20 états qui sont tombés à douze en 2014, dont quatre sont gouvernés par des Républicains. Le camp adverse contrôle 23 états a mis en place ces dernières années, toute sortes de restrictions sur les libertés telles que l’avortement, les droits des syndicats ou la redéfinition des districts électoraux qui rendent plus difficile l’accès au vote de certaines minorités.
Sous Obama, les démocrates ont perdu 68 sièges à la Chambre des Représentants (sur les 435 comporte), 11 au sénat (sur les 100 qu’elle comporte), 10 gouverneurs et 15 majorités législatives au niveau des Etats: Un phénomène qui arrive généralement à chaque changement de président, tous les huit ans, appelé « The Wave Elections » et qui permet au parti perdant de se reconstruire pour reprendre ensuite la majorité.
Sauf que si ces élections consacrent Hillary Clinton, le parti démocrate pourrait encore perdre de l’influence, surtout avec des dissensions de plus en plus importantes à gauche avec Bernie Sanders notamment.

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Trump y croit toujours, ses hôtels … moins

Pour rassurer ses supporteurs qui le soutiennent avec toujours plus de vigueur, Trump utilise l’exemple du Brexit, donné perdant le matin des élections du 23 juin dernier et qui l’a remporté contre toute attente, pour entretenir la flamme avec l’aide de son principal architecte, Nigel Farage.
Compte tenu de l’avance de Clinton dans les sondages à un peu plus de deux semaines des élections ($8% pour les démocrates contrre 42% pour les Républicains) et une marge d’erreur de +/- 4%, Clinton si elle continue à ce rythme, devrait « normalement » remporter les élections.

La campagne Trump est en difficulté et il semblerait que la marque souffre aussi des dernières polémiques du candidat, dont la fréquentation des établissements est semble-t-il à la baisse, à l’instar du nouveau Trump international Hotel de Washington D.C, le seul hôtel de la capitale à ne pas être complet lors de la dernière conférence du FMI il y a deux semaines.
Selon Hipmunk, la fréquentation des établissements Trump aurait baissé de 59% lors du premier semestre 2016, et 17% selon Foursquare – des chiffres contestés par la direction qui parle d’un « business plus solide que jamais ». C’est sans doute pour cette raison que la compagnie a décidé de se doter une nouvelle chaîne d’hôtels appelée Scion.

 

Le kiosque du lundi 17 octobre 2016

On commence par des rires avec Saturday Night Live qui est revenu sur le débat de dimanche dernier avec beaucoup d’humour

Donald Trump n’a pas vraiment apprécié, a attaqué le show « chiant et pas drôle » et « les médias [qui] truquent les élections »

Trump et « The Big Rig »

On l’avait compris depuis plusieurs semaines déjà, si Trump perd les élections, ce sera à cause des médias qui ont « truqué les élections » en soutenant largement sa rivale, Hillary Clinton.

Des propos incendiaires qui viennent envenimer la colère et la frustration de sa base électorale déjà très aigrie. Le New York Times a publié sur Facebook une vidéo d’un meeting du candidat républicain à Cincinnati, où l’on entend le public s’adresser aux journalistes et caméramans présents dans la salle: « Dites la vérité! Dites la vérité! » dans des témoignages de défiance sans précédent selon le correspondant sur place.

Les quotidiens du pays s’inquiètent d’une rhétorique qui pourrait jeter le doute sur le résultat des élections, surtout que Trump à laisser entendre que les bureaux de vote pourraient également être l’objet de « trucages ».
En remettant en cause l’intégrité même du système démocratique, Trump s’aligne ici avec la stratégie de Poutine et de Wikileaks qui vide a déstabiliser le système démocratique dans son ensemble pour créer le chaos le jour J. Mike Pence a assuré que les Républicains accepteraient le prochain président, mais qu’en est-il des électeurs les plus remontés?

Trump le prédateur et Clinton Profil bas

Neuf femmes se sont manifestées pour dénoncer les attouchements et baisers déplacés de Trump ces dix derniers jours, relayées par différents médias (Le New York Times, le Washington Post et The Guardian) et qui ont été systématiquement reniés par l’intéressé.
Il reste quelques irréductibles autour du candidat républicain à l’instar de Rudolph Giuliani « qui croit son ami quand il dit qu’il ne l’a pas fait » ou de Newt Gingrich qui a tout même exprimé sa frustration.
De son côté, Hillary Clinton fait profil bas, de peur de se retrouver à devoir justifier le comportement de son mari lorsqu’il était gouverneur de l’Arkansas et président des Etats-Unis.

 

« C’est assez, qu’importe le troisième débat »

Pour Michael Cohen du Boston Globe, on a atteint le point de non retour et la tenue d’un troisième débat présidentiel n’a aucune raison d’être pour Hillary Clinton dont la dernière performance, « devant la crudité, l’ignorance et le manque d’élégance de Trump » peut-être considérée comme « l’une des plus extraordinaires de l’histoire politique moderne ».
Ni la candidate démocrate, ni le public américain ne devrait subir cette nouvelle humiliation au cours de laquelle il « va utiliser toutes les théories du complot, même les plus ridicules (…) accuser Hillary Clinton d’avoir tué Vince Foster ou diriger un cartel de drogues en Amérique Centrale » pour essayer de la discréditer.
Pourquoi ne pas être soumis à un test sanguin avant ce troisième débat comme Trump l’a suggéré samedi, en accusant Clinton d’avoir des pris des drogues avant le second débat?

Qui veut voter pour les Third Parties?

Pour John Oliver et nombres de journalistes américains, aucun électeur ne devrait voter pour les « Third Parties » de Gary Johnson et Jill Stein.

 

Des études sur Bob Dylan

Un professeur de Lettres Classiques de Harvard a connu une célébrité éclaire et une reconnaissance de fait depuis que le chanteur américain a remporté le Prix Nobel de Littérature la semaine dernière. Ce dernier enseigne dans la Faculté des Arts et des Sciences un séminaire de première année intitulé « Bob Dylan » dans lequel « examine le phénomène culturel, littéraire et musical dans la culture populaire des 55 dernières années ». Le comité chargé de valider les cours a d’abord refusé d’intégrer cet enseignement avant d’être convaincu et de le proposer à ses étudiants à partir de 2004.

Mort de la mère de Kalief Browder

C’est l’une des histoires les plus tragiques que New York ait connu ces dernières années, celle du suicide de Kalief Browder, un jeune afro-américain de 22 ans, arrêté six ans plus tôt, en mai 2010 pour un de vol de sac à dos pour lequel il a toujours clamé son innocence. Il est resté trois ans à Rykers, l’une des prisons les violentes du pays, dans le nord de Manhattan incapable de payer les 3 000 dollars de caution et pris ensuite dans les méandres du système judiciaire new yorkais. Après plusieurs tentatives de suicides, de passages à l’hôpital psychiatrique, il a été retrouvé pendu dans sa chambre en juin 2015.
Sa mère qui avait réussi à attirer l’attention sur les conditions de détention de son fils (coups à répétition de la part des gardiens et des prisonniers, malnutrition, deux ans d’isolement) grâce notamment à un profil dans le New Yorker, est décédée hier d’une crise cardiaque.
Le rappeur Jay Z, qui avait rencontré Kalief après sa sortie de prison, a produit un documentaire sur la calvaire du jeune homme qui sera diffusé en janvier prochain sur la chaîne câblée Spike