14.11.17

Bon mardi après midi. Roy Moore est presque out, Donald Jr. a fait copain avec Julian Assange,

 

1. Les Quotidiens

 

– « Negative Partisanship »

Le quotidien de Gadsden, Alabama, mardi 14 novembre 2017

Roy Moore, candidat au siège de sénateur de l’Alabama, laissé vacant par le départ de Jeff Sessions au ministère de la Justice, qui vient de battre le candidat officiel des Républicains aux Primaires grâce à un programme ultra-conservateur, a été accusé par le Washington Post d’avoir couché avec une mineure de 14 ans lorsqu’il en avait 32.
Tout le week-end, l’actuel président de la Cour Suprême d’Alabama, a nié les faits, crié au complot, soutenu par le site alt-right Breitbart qui a essayé de discréditer le quotidien (« fake news » libérales) et ses victimes. –
Axios

 

 

La plupart des électeurs de l’Alabama et les journaux ont défendu bec et ongle Moore à l’exception de l’Anniston Star, qui a publié samedi une tribune soutenant le travail des journalistes contre le « tribalisme » de certains lecteurs. CNN

Le « negative partisanship » [l’esprit de parti] explique la réaction de certains Républicains face au scandale Moore. Les gens sont davantage motivés par la haine l’autre parti que le soutien du leur. « Il hait les mêmes gens que moi! »
C’est la glue qui relie cette coalition si fragile [des partisans de Moore] – Reliable Sources

 

Lundi, Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat de demandé la démission de Moore. Le témoignage d’une cinquième victime, agressée sexuellement par Moore à l’âge de 16 ans, a poussé les plus conservateurs comme Laura Ingraham de Fox News à faire de même.
Roy Moore refuse toujours de démissionner.

 

 

– Liberté de discriminer

 

 

La Cour Suprême des Etats-Unis doit décider aujourd’hui si la Californie peut imposer à des centaines de cliniques anti-avortement, appelées « Crisis Pregnacy Centers » d’informer leur patientes que l’Etat offre des avortements et autres soins de santé à très bas prix, voire gratuits.
Les cliniques affirment que cette loi enfreint leur liberté d’expression: « forcer quiconque à faire la publicité gratuite pour l’industrie de l’avortement est impensable – surtout quand il s’agit du gouvernement ». – San Francisco Chronicle

Sauf qu’il s’agit ici d’un problème de santé et de droit de la femme plutôt que de la liberté d’expression. Notons encore une fois comment est-ce que la sacro-sainte défense du « free speech »  est utilisée à des fins politiques, celle de la lutte contre l’avortement tout comme la liberté de religion est utilisée pour discriminer les homosexuels.

 

 

– Opioid Nation

 

 

Le NYPD a saisi en août dernier, dans l’appartement d’un couple de cinquantenaires mexicains dans le Queens à New York, 64 kilos de fentanyl, un opiacé de synthèse extrêmement dangereux, cinquante fois plus puissant que l’héroïne, la drogue la plus mortelle du pays – la plus importante saisie de fentanyl dans l’histoire des Etats-Unis susceptible de tuer 32 millions de personnes selon la DEA

Le couple travaillait pour un cartel de drogue mexicain, et était venu vendre la drogue estimée à plusieurs millions de dollars. Ils voyagent comme des VRP de luxe, séjournent dans des appartements et quartiers aisés pour ne pas éveiller les soupçons et vendent en gros à des détaillants triés sur le volet. – Washington Post

 

 

2. Trumplandia

 

Reproduit de Pew Research Political Polarization report; Graphique: Axios Visuals

 

– L’extrême polarisation de la vie politique américaine ces vingt dernières années entre les Démocrates et les Républicains est marquée selon Jim VandeHei de Axios par six évènements importants:

1. Newt Gringich au début des années 90 qui a commencé à utiliser langage très belliqueux et antagoniste dans la politique à travers notamment l’idée du bien et du mal entre Démocrates et Républicains.

2.Fox News à partir de 1996, qui joué sur cette politique de plus en plus en agressive et partisane, reprise à gauche par MSNBC, le tout arrosé d’infos en continu sur CNN qui a transformé la gouvernance en un reality show

3. Facebook puis Twitter qui ont « socialisé et démocratisé » les arguments mais aussi la rage des internautes.

4. John McCain, aujourd’hui un anti-Trump, qui choisit Sarah Palin comme VP – défendue à l’époque par Bannon – précurseur d’une rhétorique populiste reprise par le Tea Party.

5. Facebook a « algorithmé » cette rage auprès de ses utilisateurs en leur donnant exclusivement ce qu’il veulent pour engranger des clics, des commentaires, des partages et faire du profit à travers les fils d’information.

6. Trump qui utilise Twitter qui normalise et radicalise la rage, aussi bien que les réactions des politiciens, la joie de ses électeurs et la haine de ses adversaires.

La politique devient plus personnelle, polarisée et pugnace, surtout à droite. Ca va s’empirer avant de retomber car ces tendances gagnent encore du terrain.

 

 

3. Même le café est politique

Sean Hannity, présentateur de Fox News, et ami de Donald Trump, boycotté par des annonceurs dont les cafés Keurig, après avoir défendu Roy Moore, le pervers sexuel de l’Alabama, a appelé au boycott de la marque de café – enfin à la destruction violente de ses machines, si possible filmée et postée sur Twitter – et soutient officiellement la Black Rifle Coffee Company – avec pour slogan intelligent « les Hipsters n’ont pas inventé le café – également soutenue par Donald Trump Jr. Business insider
Aujourd’hui même boire du café est devenu politique.

 

 

 

 

 

 

4. Must Reads

 

La Correspondance secrète entre Donald Trump Jr et Wikileaks

The Atlantic a publié hier une enquête révélant la communication entre Wikileaks et Donald Trump Jr entre septembre 2016 et jusqu’en juillet 2017; une communication que les deux partis ont toujours rejeté, et qui renforce un peu plus les soupçons de collusion entre le candidat républicain et les Russes.

En effet, Wikileaks, certain de la victoire de Clinton, a souvent pris le parti de Donald Trump (« J’aime Wikileaks« ) contre la candidate démocrate durant les élections, en publiant à des moments clés de sa campagne – les emails du comité national démocrate peu avant la convention du parti en juillet 2016 puis ceux du directeur de campagne de Clinton tout au long du mois d’octobre jusqu’au jour du scrutin; des documents piratés par des hackers russes au service du Kremlin selon les agences de renseignement américaines.

C’est Wikileaks qui contacte presque à chaque fois le fils du candidat, pour que son père parle de l’organisation, qu’il lui fournisse ses fameuses déclarations d’impôts, qu’il conteste le résultat des élections en cas de défaite, ou encore que Julian Assange devienne ambassadeur d’Australie.
Les emails publiés par The Atlantic appartiennent à des milliers de documents fournis par l’avocat de Donald Jr aux commissions du Renseignement du Sénat et de l’a Chambre des Représentants dans le cadre de l’enquête sur d’éventuelles collusions entre les Russes et l’équipe de campagne de Trump.

Donald Jr affirme que les emails publiés ont été pris hors de leur contexte. Wikileaks n’a pas voulu commenter. L’organisation soit disant neutre et transparente prise en flagrant de soutien à un candidat raciste et misogyne parce que son fondateur hait Hillary Clinton.

 

– « L’Etat le plus secret des Etats-Unis »

 

 

L’enquête du Kansas City Star menée sur plusieurs mois par onze journalistes de la rédaction a été saluée par l’ensemble de la profession comme la preuve de la nécessité du journalisme local, s’intéresse à l’un « des gouvernements les plus secrets de la nation, où la confidentialité est de rigueur. »

Du bureau du gouverneur aux agences de l’Etat, des services de police aux relations d’affaires en passant par les soins de santé, aux étages de la Chambre et du Sénat, un voile est tombé ces dernières années sur l’administration quel que soit le parti politique.

Que ce soit l’agence de protection de l’enfance qui tente de dissimuler des erreurs professionnelles, l’anonymat entourant les auteurs des lois votées au parlement, où encore la police autorisée à ne rien divulguer dans des affaires de bavure policière, le gouvernement fonctionne sous une chape de plomb qui l’empêche d’être redevable aux près de ses concitoyens.

* « One of the most secretive, dark states: What is Kansas trying to hide? »Kansas City Star 

 

 

 

On vit une époque formidable

  • Les crimes racistes en hausse
    Les statistiques de FBI montrent une recrudescence des violences contre les Afro-Américains, les Juifs, les Musulmans, la communauté LGBT – AP

 

  • The Skimm, la newsletter matinale devenu une marque multi-produits pour six millions de lecteurs, surtout des lectrices, va introduire de l’audio et de la vidéo dans ses missives. Nieman Lab

 

  • Tinder et Grindr refusent d’évoquer le rôle de leur plateforme dans la prolifération récente des maladies sexuellement transmissibles – Vox

 

  • Amazon vient d’acheter les droits de diffusion télévisés mondiaux de « The Lord of The Rings », basé sur le roman de J.R.R.Tolkien pour 250 millions de dollars et réaliser la série télé, en plusieurs saisons, du blockbuster. Deadline

 

 

 

La Couverture du Jour

 

 

C’est la couverture dont tout le monde parle cette semaine, celle du mensuel masculin qui sacre Colin Kaepernick, ancien quarterback des 49ers, viré l’année et incapable de retrouver une équipe, “citoyen de l’année” avec pour intitulé “Colin Kaepernick ne sera pas réduit au silence”.

C’est un choix bien entendu symbolique étant donné la polémique suscité par le mouvement « Take A Knee » qu’il a débuté l’année dernière, repris en début de saison par d’autres joueurs de la NFL, que Trump a utilisé au nom d’une guerre culturelle pour satisfaire sa base.

Ce n’est pas un choix polémique puisque GQ est un magazine libéral qui s’adresse des lecteurs à tendance libérale qui n’a aucune espèce d’influence de l’autre côté de l’échiquier politique. En tout cas, tout le monde en parle. C’était le but.

05.10.17

 

I. Enfin une mesure?

 


 
 
« Après des années de résistance, le parti républicain pourrait soutenir une mesure visant à renforcer le contrôle des armes à feu » titre ce matin le New York Times, celle visant à interdire la vente des  « bump stocks », une pièce qui s’attache aux armes semi-automatiques afin de les stabiliser et de pouvoir atteindre une cadence de tir similaire à celle d’une mitrailleuse automatique, soit 800 balles par minutes – les armes à feu automatiques sont interdites aux civils depuis 1986.

L’interdiction de ce genre d’accessoires, dont la plupart des parlementaires ont appris l’existence cette semaine, serait un premier pas significatif mais négligeable par rapport à d’autres priorités: le contrôle systématique des antécédents judiciaires de tout futur détenteur d’armes, la restriction sur les ventes d’armes semi-automatiques, ou sur la possession d’armes à feu par individu – Paddock en possédait légalement plus de quarante. 
 
78% des Américains ne possèdent par d’armes à feu, 19% des Américains possède 50% des armes en circulation et 3% possède le reste, c’est-à-dire, 50% des armes à feu soit plus de cent millions.
 
Time magazine consacre sa couverture au « cauchemar américain » et note:

La difficulté de faire évoluer le débat sur les armes, c’est qu’il porte davantage sur ce qu’elles représentent: Les libertés adorées, le respect de l’indépendance. Les armes à feu sont un rejet du politiquement correct qui se glisse partout. Même le mouvement le plus minime visant à contrôler des armes mortelles apparaît pour certains Américains comme une atteinte à leurs droits 

 
Selon Politico:

Il existe un sentiment croissant de futilité du débat. Le contrôle est une cause perdue même dans un gouvernement divisé donc avec une présidence et un Congrès aux mains des Républicains…

 
Bill O’Reilly, ancien présentateur de Fox News, viré pour harcèlement sexuel, a twitté hier que Las Vegas était « le prix de la liberté », ce à quoi The Nation répond:

« L idée ancrée chez les Américains que les armes sont le symbole de la liberté est vraiment anormale. Ca signifie que, par définition, la capacité à créer de la violence serait le symbole, voire la condition préalable à la liberté, masculine, il faut le préciser. Ces valeurs n’ont pas été inventées par le taré de la Maison Blanche; c’est le symptôme d’un pays et d’un électorat qui préfèrent les armes à feu à la vie des enfants. »

 
 
 


II. Les questions de la droite pro-Trump

 

Selon l’excellente newsletter Right Richter, la réaction des médias pro-Trump à la tuerie de Las Vegas s’inscrit dans une stratégie de plus en plus courante qui vise non plus apporter une autre histoire – comme pour les théories sur le meurtre de Seth Rich – mais à la manière d’un avocat de la défense, en questionnant les résultats de l’enquête et en dénonçant certaines inconsistances avec la version officielle et celle des médias mainstream.

 

Dans le cas de Las Vegas, le site du Gateway Pundit a affirmé que le tueur est un « taré d’extrême gauche », Alex Jones d’Info Wars a d’abord cru aux revendications de Daech, puis a expliqué que, selon des sources anonymes, la chambre d’hôtel de Stephen Paddock était recouverte de propagande antifa. – propos contredits par les clichés diffusés sur le Daily Mail.
Mike Cernovitch demande lui la preuve par l’image et s’interroge pourquoi est-ce que l’hôtel n’a diffusé aucune image – parce que la police ne peut diffuser les images d’une enquête en cours.

 

Peu importe si le public le croit. Ce qui importe, c’est de rendre la situation tellement confuse que l’Américain moyen, déjà sceptique vis-à-vis des médias mainstream, ne pas chercher à comprendre les faits et passer à autre chose.
Jusqu’à la prochaine fois

 
 
 


III. Tous des « Morons »


 
C’est une polémique qui n’a pas lieu d’être sauf en Trumplandia: Les révélations de NBC News hier matin sur la menace de démission du Secrétaire d’Etat Rex Tillerson en juillet dernier qui aurait traité son boss de « moron » (« débile »), lors d’une réunion au Pentagone, a provoqué depuis vingt quatre heures un torrent de tweets de Trump contre la chaîne qualifiée « fake news », « pire que CNN », « Fake News Network »; il a demandé qu’elle présente ses « excuses à l’Amérique » et même appelé la Commission du Renseignement du Sénat à enquêter dessus.
 
Entre temps, le démenti du porte parole de Rex Tillerson sur les révélations de NBC News – dont « tout le monde sait que c’est vrai » – n’a pas calmé Trump.
 
A LIRE: L’analyse géniale de Axios​ sur le Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, qui avait accompli jusqu’ici la carrière parfaite à la tête de la 2ème compagnie la plus riche au monde ExxonMobil​ et qui se retrouve dans une administration hostile, avec un président qui ne l’aime pas, qui marche constamment sur ses plates-bandes, et coincée à son poste car il est l’un des garants de la stabilité de la Maison Blanche, des Etats-Unis et du monde…
 
Le sénateur républicain Bob Cocker a déclaré hier dans les couloirs du Congrès américain:

« le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson, le Secrétaire de la Défense, James Mattis, et le chef de cabinet, John Kelly étaient les personnes qui sauvaient la Maison Blanche du chaos. »

 
 


IV. Débat: Le Gerrymandering, L’autre poison de l’Amérique

La Cour Suprême des Etats-Unis s’attaque cette semaine au problème du « Gerrymandering » partisan, le découpage électoral utilisé pour avantager à un parti politique aux dépens de l’adversaire, et doit statuer si la pratique  est conforme ou non à la Constitution.
 
Ils étudient le cas (Gill v. Whitford) du Wisconsin dont le dernier découpage électoral, voté en 2011 par un parlement républicain, a été annulé par un cour fédérale l’année dernière qui a donné raison aux plaignants et conclu que le nouveau découpage visait a diluer les votes démocrates dans l’Etat pour les empêcher d’atteindre une majorité dans la plupart des districts (« Craking ») et à en regrouper beaucoup dans un petit nombre de district, qu’il remporteront avec une importante marge (« packing »).
 
Les défenseurs du nouveau découpage du Wisconsin affirment que ce n’est pas à la Cour Suprême de statuer sur un problème politique quand les opposants affirment qu’il viole le 14th Amendement

Les Juges « conservateurs » (Thomas, Gorsuch, Roberts et Alito) préféreraient rester en dehors du problème tandis que les « libéraux » (Sotomayor, RBG, Kagan, Breyer) auraient tendance à vouloir éliminer cette pratique, le jugement reviendra sans doute à Anthony Kennedy, qui avait pris le coté des conservateurs en 2004, la dernière fois que la question leur a été étudiée.

Si Kennedy change d’avis, les Républicains auraient bien plus à perdre que les Démocrates étant une utilisation importante du gerrymandering ces dernières années

* « This Supreme Court Case could Radically Reshape Politics » – NPR

 

 


V. Environnement: Le fracking dans votre jardin

Dans le Colorado, pour boucler votre fin de mois, vous pouvez louer votre sous-sol à une entreprise qui se chargera d’en extraire les ressources énergétiques. Encore mieux, vous pouvez personnellement obliger vos voisins à faire de même.

Young et ses voisins ne peuvent pas faire grand chose contre le forage horizontal. Les résidents du quartier de Wildgrass possèdent leur petit coin de paradis mais n’ont aucun contrôle sur ce qui se passe en dessous. Une loi obscure du Colorado autorise qu’un quartier tout entier soit obligé de louer les minéraux en dessous de leur propriété du moment qu’une personne y consent.
La pratique, appelée « groupement forcé » a permis de développer les ressources de pétrole et de gaz dans la banlieue de Denver, en pleine expansion. Ca existe dans d’autres Etats mais la Colorado est le plus favorable au forage

Depuis que la compagnie Extraction Oil & Gas veut exploiter les sous-sols de la banlieue chic de Wildgrass, certains habitants ont organisé une campagne contre la réalisation du projet, par peur des accidents, parce que les royalties ne compenseront pas la chute des prix immobilier, et parce que surtout, ils en ont les moyens.

* « These Suburbanites May Have no Fracking Choice » – Bloomberg Businessweek

 

 


VI. La power list de New York City

 

Après la liste du « New Establishment » publiée lundi par Vanity Fair, c’est au tour de Variety de publier sa liste des cinquante personnalités qui font bouger Manhattan, « dont l’influence se mesure davantage à leur nombre d’abonnés sur Twitter que leur compte en banque ».
 
On retiendra parmi elles
* Lauren Duca, journaliste à Teen Vogue et auteur de l’article « Donald Trump is gaslighting America »;
* Jessica Williams, ancienne du Daily Show et réalisatrice du très acclamé « The Incredible Jessica James » sur Netflix
* Ana Navarro, une commentatrice républicaine sur CNN qui incarne la résistance contre Trump
* Dee Rees, réalisatrice de Pariah qui vient de vendre sa série « MudBound » à Netflix pour 12,5 millions de dollars
* Maggie Haberman, journaliste star du New York Times qui connait Trump mieux que quiconque

 


VII. Nuggets

 

  • Le parlementaire républicain Tim Murphy, proche du mouvement Pro-Life contre l’avortement, a annoncé ne pas se représenter en 2018 au poste de Représentant du 18ème district de Pennsylvanie après la diffusion dans le Pittsburgh Post-Gazette d’un de ses SMS demandant à sa maîtresse d’avorter au cas où elle serait enceinte.

 

  • Equifax, la compagnie de crédit, dont les informations personnelles de 140 millions d’individus ont été piratées au début de mois de septembre s’est vue accorder depuis un contrat exclusif avec l’Internal Revenue Service, l’agence du gouvernement fédéral des États-Unis qui collecte l’impôt sur le revenu, pour un montant de 7,5 millions de dollars, pour vérifier l’identité des contribuables et prévenir la fraude. – Politico

 

  • Article passionnant sur l’enquête des journalistes de Politico concernant l’usage des jets privés de Tom Price, le ministre de la Santé, qui a mené directement à démission la semaine dernière – Politico

 


VIII. A Lire: La couverture la plus connue de Rolling Stone

 

 

A l’occasion des cinquante du magazine, et de sa vente, Vanity Fair revient sur l’amitié entre le chanteur des Beatles et le jeune fondateur du magazine de la contre culture américaine marquée par deux couvertures qui sont restées dans l’histoire, les deux avec le couple John Lennon-Yoko Ono, mais 

 

 



IX. Couverture du Jour


Elle cartonne dans la sixième saison de American Horror Story, a remporté un Emmy pour sa prestation dans American Crime: The People vs. O.J. Simpson, et va jouer dans une nouvelle série sur Netflix, Ratched, inspirée par l’infirmière du film « Vol au dessus d’un nid de coucou »

 

 

Le Kiosque du 23.05.17

 

 

Au sommaire de ce mardi 23 mai 2017

1. « New Foundation for American Greatness »: Un projet mort-né
2. Victoire pour le droit de vote aux USA
3. Op-Ed: « le Rêve de Roger Ailes était mon cauchemar »
4. Le premier président « Facebook »
5. les thèmes de prédilection de Facebook et Google
6. les pratiques douteuses de Kushnerland

 


1. « New Foundation for American Greatness »: Un projet mort-né

    • Le contenu de la proposition budgétaire est aussi ambitieux et intenable que le titre pompeux qui lui a été donné: « New Foundation for American Greatness ».
      Selon l’administration Trump, la grandeur de l’Amérique consiste à équilibrer le budget du gouvernement fédéral ces dix prochaines années en réduisant les impôts des plus riches, en limitant les subventions destinées aux populations les plus défavorisées – sauf Medicaid, le programme de santé pour les personnes âgées.
    • Rendre une minorité plus riche et une immense majorité plus pauvre devrait selon les calculs de l’administration, booster l’économie et atteindre un taux de croissance annuel de 3%.
    • Le républicain Paul Ryan, porte parole de la Chambre des Représentants, n’a pas souhaité commenter la « plausibilité » d’une telle croissance de 3%, qui n’a pas été atteinte depuis les années 1990 et qui selon le Congressional Budget Office (CBO) devrait plafonner à 1,9% d’ici à 2021.
    • Mr Mulvaney, directeur de l’Office du Management et du Budget, a défendu un projet soit disant « dédié aux contribuables » car il vise davantage à soulager ceux qui payent les taxes (ceux qui travaillent, cqfd) qu’à se concentrer sur ceux qui les reçoivent.
    • Les chiffres: 3,6 trillions de dollars de réductions des dépenses sur dix ans, dont 1,7 trillions en moins pour les plus défavorisés, et presque 800 milliards de dollars de dépenses en moins pour l’assurance maladie.

2. Victoire pour le droit de vote aux USA

    • Décision importante prise par la Cour Suprême des Etats-Unis lundi concernant le droit de vote aux Etats-Unis rendue possible grâce au ralliement de Clarence Thomas, le plus conservateur des juges à ses quatre confrères libéraux (Sotomayor, Kagan, Ginsburg et Breyer)
    • La Cour Suprême a confirmé l’annulation du découpage électoral de deux districts de Caroline du Nord qu’elle a jugé inconstitutionnel car reposant sur une logique raciale, celle de regrouper des électeurs afro-américains dans quelques districts pour diminuer leur pouvoir électoral sur l’ensemble de l’Etat
    • Le découpage ou « charcutage » électoral à des fins partisanes, ou « gerrymandering » aux Etats-Unis, permet tous les dix ans à la majorité en place dans les législatures d’Etats de redessiner les districts en fonction de l’évolution démographique: Tous les districts doivent avoir le même nombre d’électeurs pour garantir un équilibre électoral.
    • Si la Constitution tolère les logiques partisanes, elle vient d’interdire le découpage racial au nom du 14ème Amendement qui oblige les Etats à offrir les mêmes droits aux citoyens quels que soient leur origine
    • Des nombreux communautés afro-américaines des Etats du Sud ont souffert de ces découpages qui assurent aux Républicains d’assurer une majorité au sein de la législature même s’ils sont minoritaires en nombre d’électeurs.
    • C’est la deuxième victoire des Démocrates de Caroline du Nord après que la Cour Suprême a refusé une demande d’appel visant à renforcer les lois électorales, notamment les conditions d’identification des électeurs, qui touchent généralement les populations minoritaires et pauvres.

3. Op-Ed: « le Rêve de Roger Ailes était mon cauchemar »

  • Tribune de Monica Lewinsky dans le New York Times, qui n’est pas une nécrologie de Roger Ailes mais plutôt « de la culture qu’il a nourrie – une culture qui m’a affectée profondément et personnellement. »

    « Alors que les informations télévisées se transformaient en Colisée moderne, internet est arrivé et a aggravé cette culture de la honte et de haine.
    Rappelez-vous: L’histoire de ma relation n’est pas sortie du Washington Post, du New York Times, ou des réseaux câblés, mais en ligne tout droit sortie du Drudge Report.
    Les commentaires à la télévision et en ligne étaient insoutenables (…) Quelques jours après les révélations [de sa relation avec Bill Clinton], Fox News a demandé à ses téléspectateurs si Monica Lewinsky était une fille normale ou une jeune salope qui aimait les frissons »

     

  • La culture de l’humiliation, celle qui récompense ceux qui s’attaquent aux vulnérables pour rapporter des clics et de l’audience est née à cette époque, et l’affaire Lewinsky a permis à Fox News de se faire connaître des téléspectateurs américains  – elle n’avait que deux ans à l’époque.

    So, farewell to the age of Ailes. The late Fox chief pledged Americans fair and balanced news. Maybe now we’ll get it.

     

  • * « Monica Lewinsky: Roger Ailes Dream Was My Nightmare »The New York Times

4. Le premier président « Facebook »

    • Donald Trump

      « Trump est notre premier président Facebook.
      Son équipe a compris comment utiliser tous les outils marketing de Facebook, et de Google, les deux plus importantes plate-formes au monde pour réussir à vendre un candidat que la majorité des Américains ne voulait pas. »

    • Ils ont compris que certains nombres importaient davantage que d’autres – dans ce cas là, le nombre d’électeurs en colère, qui habitent les campagnes, et qui se sentent laisser pour compte et qui pourraient voter pour Trump – et que Facebook a offert des méthodes efficaces pour les trouver et les attirer vers eux. »
    • « Si cela représente l’avenir des campagnes électorales, ça représente également la façon de gouverner de Trump. »
      Au début des primaires, [le directeur de la campagne numérique de Trump, Brad] Parscale a lancé une opération numérique en achetant pour deux millions de dollars de publicités sur Facebook, la totalité de son budget de l’époque. Il a ensuite rentré tous les supporters connus de Trump dans la plate-forme publicitaire et en utilisant un outil Facebook qui permet de cibler certaines clientèles, a sélectionné les mêmes utilisateurs que ceux enregistrés, selon leur race, genre, ethnies, locations.
    • Grâce à Facebook, et à ses prix relativement bas, la campagne de Trump a été capable d’utiliser des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de différentes campagnes de pub.

5. les thèmes de prédilection de Facebook et Google

  • Facebook & Google dominent à eux deux le trafic internet: il est impossible pour un éditeur de toucher un public sans passer par eux même s’ils n’engrangent que 14% de leur revenus sur les deux plate-formes.
  • Les deux compagnies dominent dans des thèmes différentes:
    • Facebook domine les style de vie, le divertissement, les évènements locaux, les élections présidentielles, crimes, sécurité nationale
    • Google domine dans l’économie mondiale, politique locale, les sports, finances et business et offres d’emplois.



6. les pratiques douteuses de Kushnerland

    • Philip Montgomery for The New York Times

      JK2 Westminster est une société de gestion de biens immobilier qui possède huit mille appartements dans le Maryland, filiale d’une compagnie immobilière new yorkaise bien plus importante, Kushner Companies, dirigé par un jeune homme de 35 ans, Jared Kushner, qui l’a hérité de son père Charles, qui l’a lui-même hérité de son père, un survivant de l’holocauste, Joseph, qui a fait fortune dans cette industrie après son arrivée aux Etats-Unis à la fin de la guerre.

    • Comme Trump, la famille Kushner a commencé modestement: Joseph gérait de petites habitations abordables dans le New Jersey, Charles a investi dans des espaces industriels et commerciaux et enfin l’héritier, Jared, a déplacé ses intérêts vers New York à travers deux transactions immobilières très rentables à Manhattan et à Brooklyn en 2011.
    • Kushner Companies a décidé de continuer à investir dans de plus petits projets, plus abordables, dans une douzaine de villes de la Rust Belt et JK2 Westminster dispose aujourd’hui plus de 20 000 appartements.
    • Dans le Maryland, JK2 Westminster Management a déposé 548 plaintes en cours contre ses locataires pour impayés, dont certains précèdent l’acquisition de Kushner, sans compter celles qui ont été réglées.
      Neuf fois sur dix, les juges ont plaidé en faveur de la compagnie, et ces pratiques qui visent à collecter, parfois de manière injustifiée, des remboursements, sont utilisées dans d’autres complexes immobiliers des Kushner.
    • « Quel est l’intérêt pour les compagnies Kushner de poursuivre des centaines de personnes de manière si agressive pour quelques milliers de dollars, qui passent en frais d’avocats? Pour envoyer un message aux nouveaux locataires de ne pas essayer de ne pas payer.
    • La réaction des locataires ou anciens habitants en apprenant qu’il s’agit de Jared Kushner, le gendre du président: « Ce Jared Kushner? Oh mon dieu, et moi qui pensait que c’était le gentil »

Photos: La vie dans une capsule à remonter le temps

Article du Wall Street Journal sur cette tendance dans l’immobilier qui consiste à vendre des maisons dans l’état initial dans lequel elles ont été construites, pur produit des années 60 ou 70 avec la mode de l’époque.
De belles photos
* « Life Inside a Time Capsule » – The Wall Street Journal

22.03.17: A la une des quotidiens américains

 

A la une des quotidiens, mercredi 22 mars 2017:

Deuxième jour d’audition pour Neil Gorsuch, le prétendant au siège du juge de la Cour Suprême de Justice des Etats-Unis et qui s’est plutôt bien passé. Ce dernier a réaffirmé l’indépendance de la justice par rapport au pouvoir exécutif – répondant notamment aux attaques lancées par Trump contre les juges des cours d’appel qui ont suspendu à deux reprises ses travel bans et il également souligné sa propre indépendance envers l’actuel président – à l’origine de sa nomination.

Le troisième jour d’audition, aujourd’hui pourrait être le dernier avant le vote du Sénat.

Trump plaisante sur l’assassinat de sa rivale

Chasser le naturel, il revient au galop.

Les médias américains étaient en émoi hier après une ultime provocation de Trump, et sans doute la plus dangereuse jamais proférée contre son adversaire démocrate.

Le candidat républicain était en déplacement à Wilmington en Caroline du Nord où il a appelé à la violence contre sa rivale.

Se posant en défenseur du Second Amendement, le droit de porter des armes, il a affirmé que Clinton chercherait « tout simplement à l’abolir » si elle était élue présidente grâce à la possibilité de nommer au cours de son mandat un ou plusieurs juges à la Cour Suprême des Etats-Unis – les seuls capables de modifier la constitution.
La seule façon de l’empêcher serait de prendre les armes et de l’attaquer, elle et ses juges:

« Si elle peut choisir un juge, vous ne pourrez plus rien faire. Sauf peut-être avec les partisans du Second Amendement. Je ne sais pas. »

Les propos étaient rapidement relayés et condamnés par l’ensemble des médias américains stupéfaits de la menace à peine voilée d’un candidat incontrôlable qui repousse chaque jour les limites de la décence morale et un parti républicain incapable de le raisonner ni de le désavouer.

L’équipe de campagne de Trump a publié un communiqué dénonçant  « des médias malhonnêtes » qui n’ont pas compris les propos du candidat républicain qui parlait du « pouvoir d’unification » des adeptes du Second Amendement qui voteront pour lui en Novembre.

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Trump est en chute libre dans les sondages depuis la Convention Nationale Démocrate fin Juillet au cours de laquelle il a insulté la famille d’un soldat américain et musulman tué en Irak. Clinton aurait désormais 10 points d’avance sur son adversaire et peut compter sur le soutien de plus en plus de Républicains qui refusent Trump.

Hier, il a voulu rassurer certains de ses militants les plus fidèles, les défenseurs du port d’arme et la très puissante NRA qui s’est d’ailleurs félicitée des propos de Trump sur son compte Twitter

Capture d'écran du Compte Twitter de la NRA le mardi 9 Août 2016
Capture d’écran du Compte Twitter de la NRA le mardi 9 Août 2016

Aucun dignitaire du parti républicain n’avait encore réagit hier soir.
Le New York Daily News a appelé à sa démission et au désaveu de son parti en couverture:

Couverture du New York Daily News du mercredi 10 Août: "Ce n'est plus une blague"
Couverture du New York Daily News du mercredi 10 Août: « Ce n’est plus une blague »