27.10.17

 

1. SERIAL KILLER EN FLORIDE

 

  • Le serial killer de Tampa
    Pas sûr que les habitants de Tampa Bay en Floride aient envie de fêter Halloween ce week-end, et pour cause: Trois meurtres ont eu lieu depuis le mois d’octobre dans le même quartier de Seminole Heights avec le même modus operanti sur des victimes qui n’ont aucun lien entre elles. Cette année peu de maisons sont décorées, la police a demandé aux habitants de laisser leurs terrasses allumées, et des renforts devraient être déployées pour que les enfants puissent « Trick or Treat » en toute sécurité.
    Entre temps, de nouvelles vidéos d’un seul et unique suspect ont été diffusées par les autorités qui attendent l’aide de la population. Tampa Bay Times

 

 

 

 

  • Le Département de police de Chicago a été condamné à verser 44 millions de dollars de dommages et intérêts à un ancien flic, blessé d’une balle dans la tête par son coéquipier après une nuit de beuverie, et que ce dernier a tenté de faire passer pour un suicide. « Parce que le jury a noté que le CPD a des problèmes latents de discipline avec ses officiers, et n’a pas réussi à prévenir ce genre de dérapages, la ville de Chicago devra payer l’amende en plus des frais d’avocats du plaignant ». Oui, « justice a été rendue », mais à « quel prix » pour la ville et ses contribuables…Chicago Tribune

 

 

2. L’URGENCE DE SANTE PUBLIQUE

  • Comme prévu, le président a officiellement annoncé hier que la crise des opiacés sera désormais traitée comme une « urgence de santé publique »: sur l’ensemble du territoire. Le gouvernement va lancer une immense campagne de publicité pour convaincre les jeunes de ne pas toucher à la drogue: « Si tu apprends aux jeunes à ne pas consommer de la drogue, c’est très facile de ne pas en prendre » – sauf que les trois quarts des consommateurs d’héroïne ont commencé avec des anti-douleurs prescrits par leurs médecins. Pendant son discours, le président a évoqué l’alcoolisme de son frère aîné, dont il est mort en 1981 à l’âge de 43 ans, un évènement « traumatisant » qui l’a poussé à ne plus consommé une cigarette ou boire de l’alcool depuis. C’est l’une des rares fois où l’on a pu voir Trump évoquer un drame familial.
    Axios

     

  • Même si les médias relayent depuis des mois l’intensité de la crise, que le gouvernement vient de prendre des mesures symboliques nécessaires pour la confronter, la crise des opiacés continue sa progression: les Américains représentent 4,4% de la population mondiale et consomment 30% de la production totale des opiacés. Vox

 

  • Si les anti-douleurs prescrits par les médecins ont déclenché cette crise il y a vingt ans, la plupart des morts par overdoses sont causés par le Fentanyl, un opiacé de synthèse ultra-puissant mélangé avec de l’héroïne The New York Times

 

  • Hier, les autorités fédérales américaines ont arrêté le fondateur de la compagnie pharmaceutique Insys Therapeutics, John Kapoor, accusé d’avoir soudoyé des médecins pour qu’ils prescrivent leur médicament, le Subsys, qui contient du Fentanyl, généralement utilisé pour des malades atteints du cancer, à des patients qui n’en n’avaient pas besoin. Fortune

 

 

 

3. SNAPCHAT, LE RESEAU SOCIAL A VISAGE HUMAIN

 

  • La compagnie aux 173 millions d’utilisateurs quotidiens, dont l’action a baissé de moitié depuis sa capitalisation en mars dernier, a échappé aux scandales des fake news et autres ingérences russes pendant la campagne présidentielle et qui ont entaché depuis la réputation Facebook, Google et autres Twitter.
     

    Le secret? « Les humains » explique Nick Bell, le VP du contenu de Snapchat,
    « Nous ne travaillons qu’avec des médias crédibles et reconnus, et nous travaillons également un nombre important de producteurs, de créateurs et de journalistes ».

    Alors que Facebook brouille délibérément les frontières entre les mises à jour de statuts, articles, et publicités, qui sont toutes comprises dans le fil d’information géré par des algorithmes, celui de Snapchat est plus classique: La section actualité appelée « Discover » est limitée à du contenu créé par des professionnels y compris des chaînes tenues par des médias traditionnels (…)
    La plupart des revenus de Snapchat proviennent de publicités qui apparaissent dans des vidéos réalisées par des annonceurs, et la compagnie pense que le contenu fiable sera plus attractif pour le lecteur et les annonceurs.

     
    Amen.
    * « How Snapchat Has Kept Itself Free of Fake News »Businessweek

 

 

4. WEINSTEIN: LES LIMITES DU « NOTEBOOK DUMP »

  • Hier soir, je suis tombée sur un article du Washington Post intitulé « Pour les hommes, c’est le moment de se rendre compte. Les langues se délient. Qui sera le prochain » avec le montage photo de deux violeurs (Harvey Weinstein, Bill Cosby), trois pervers (Bill O’Reilly, Mark Halperin et Leon Wieseltier) et … Elie Wiesel, l’un plus des plus grands écrivains et philosophes américains, mort l’année dernière à l’âge de 87 ans.
    Je me suis empressé de lire l’article pour savoir quelles étaient les accusations lancées contre lui:

     

    Même George H.W. Bush et Elie Wiesel. Elie Wiesel! Une auteure Jenny Listman a expliqué cette semaine que l’écrivain, un survivant de l’holocauste et prix Nobel de la Paix, avait une fois, lors d’un évènement, posé [avec elle] et laissé sa main descendre jusque sur ses fesses »

     
    Le quotidien parle de « mains baladeuses » pour qualifier le geste de Wiesel. Pareil pour George W. Bush, accusé d’agression sexuelle pour avoir touché les fesses d’une actrice. Pour se justifier de parler de Bush et de Wiesel dans le même article que Weinstein et Cosby, les journalistes expliquent:
     

    Tous ces hommes ont eu tort. Maintenant est-ce qu’ils sont diaboliques? Les accusations se multiplient, et il faut maintenant savoir les différencier.
    En journalisme, on appelle ça le « notebook dump » qui consiste à mettre à plat tout ce qu’on lu, entendu, observé. Certains choses ne feront pas l’objet d’un article d’autres, si.

    Les Américaines sont en train de réaliser leur propre « notebook dump » dans des proportions sans précédent, révélant des anecdotes qu’elles ont gardé depuis l’enfance.

     
    Avant de finir en disant que « certains hommes ont besoin d’être éduqués, d’autres emprisonnés ».
    * « Who’s Next? A moment of reckoning for men – and the behavior we can no longer ignore »The Washington Post

 

  • Andrea Ruth de la revue conservatrice RedState n’a pas apprécié les accusations lancées contre Bush #41:
     

    Quand la nouvelle est tombée sur les abus sexuels, agressions et viols, commis par Harvey Weinstein plus tôt ce mois-ci, on n’a pas dû attendre longtemps pour que quelqu’un utilise le terme d’agression pour quelque chose de tellement inoffensif que ça finit par desservir ceux qui ont été effectivement agressés sexuellement.

 

 

5. FORT BOTOX

  • Businessweek consacre sa une au botox, cette substance miracle qui rajeunit les traits du visage, qui a généré 3 milliards dollars de revenus à l’entreprise pharmaceutique Allergan l’année dernière et qui est fabriqué avec l’une des substances les plus toxiques: la toxine botulique, produite par la compagnie est « une protéine dont les propriétés neurotoxiques en font le plus puissant poison connu » (Wikipedia) qui peut aussi servir d’arme chimique redoutable d’où les mesures de sécurité extrêmes et de confidentialité prises pour son transport, son stockage et sa gestion. 
    La journaliste a eu le privilège d’entrer à Fort Botox, et son aventure vaut le détour.
    * « The Wonder Drug for Aging (Made From One of the Dealiest Toxins on Earth) »Businessweek

 

 

 

6. ON VIT UNE EPOQUE FORMIDABLE

 

  • Selon une enquête de UCLA réalisée auprès de 1 535 enseignants: 79% d’entre eux rapportent que les élèves sont inquiets de leur bien-être et celui de leur famille à cause de l’actualité (immigration, santé, LGBTQ), 50% que plus d’étudiants sont angoissés et stressés. 27% affirment entendre davantage de remarques déplacés en cours – NPR

 

 

 

7. COUVERTURE

 

 

  • C’est la cover story de The Economist cette semaine, le règne sans partage de Vladimir Poutine sur la Russie:

    Dix-sept ans après être devenu président, son emprise sur la Russie n’a jamais aussi importante (…)
    Les réformateurs libéraux et traditionalistes conservateurs à Moscou parlent de lui comme le tsar du XXIème siècle. M. Poutine a gagné ce titre en sortant le pays du chaos des années 90 et lui en donnant une place sur la scène internationale. Alors que le centenaire de la révolution d’octobre approche, la pensée désagréable que M. Poutine à également les faiblesses du Tsar a fait surface (…)
    M. Poutine n’est pas le seul autocrate au monde. La domination autoritaire individuelle s’est répandue partout dans le monde ces quinze dernières années, souvent, comme Poutine, construit sur la base fragile d’une démocratie manipulée dans lequel le vainqueur emporte tout. C’est un pied de nez au libéralisme triomphant qui a suivi l’effondrement de l’Union Soviétique.

     
    * « A Tsar is born »The Economist

 

 

Le Kiosque du 06.07.17

 

 

1. Alabama plus clément envers ses anciens détenus

 

Couverture du Press Register, 5 juillet 2017
  • L’Etat conservateur d’Alabama vient de voter le « Definition of Moral Turpitude Act » qui définit précisément la notion de la « moral turpitude » – un crime inscrit dans la Constitution de l’Etat en 1901 et qui prive tous ceux qui y sont condamnés du droit de vote – même une fois sortis de prison.
  • Jusqu’ici, les 67 comtés d’Alabama avait leur propre interprétation du concept, très « vague » qui selon certains critiques, aurait été utilisé par le gouvernement pour empêcher de nombreux afro-américains de voter.
  • La « SB237 » énumère une quarantaine de crimes (dont l’enlèvement, le meurtre ou abus sexuels) considérés comme de la « dépravation morale »: Une seule et unique réglementation pour que « personne ne soit privé du droit de vote pour les mauvaises raisons ».

 

  • Aux Etats-Unis, près de six millions d’Américains ne peuvent voter à cause d’une condamnation, ancienne ou en cours. Ils étaient 286 000 en Alabama en 2016, soit 7,6% de la population.
    Enfin le « Cotton State » fait partie des 12 Etats américains qui interdisent le droit de vote à certains anciens détenus avec l’Arizona, le Delaware, le Mississipi, le Nevada, le Tennessee, Wyoming, Floride, Iowa, Kentucky et Virginie. 
  • A second Chance at Citizenship – The Press Register

 

 


2. American one News: le succès du réseau câblé « pro-Trump »

 

 

 

One America News Network.  (PRNewsFoto/Herring Networks, Inc.)
  • Donald Trump n’a pas les grands médias du pays derrière lui mais peut compter sur Fox News, la chaîne d’info préférée des Républicains; Sinclair, géant américain de la télévision, propriétaire d’un réseau de 173 chaînes locales; The National Enquirer, le tabloïd américain dont le PDG est un vieil ami du président et enfin sur une petite chaîne câblée californienne, One America News Network.

 

  • Lancée en 2013 pour attirer un public conservateur, la chaîne, aujourd’hui diffusée sur l’ensemble du territoire américain, a réussi à séduire le président, en « [présentant] l’administration Trump comme un exemple de progrès et de succès grâce à son lot quotidien de réussites »

 

  • Elle s’est imposée en soutenant très rapidement la candidature de Trump à partir de 2015, en diffusant la première la plupart de ses discours en direct, et peut se targuer aujourd’hui d’avoir un siège dans la « briefing room » de la Maison Blanche aux côtés de CNN, NBC ou encore le New York Times.
    OAN a essayé de rentrer dans la cour des grands en proposant publiquement à Bill O’Reilly de [la] rejoindre. Même si O’Reilly a refusé et que la chaîne n’est disponible que dans 30 millions de foyers, loin des 90 millions de Fox News, One America News augmente – son audience, son influence dans les cercles républicains, et veut s’imposer comme une alternative chez les Conservateurs et Républicains qui pensent que Fox News n’est plus assez à droite.
  • « An inside look at One America News, the insrugent TV network taking « pro-Trump » to new heights » – The Washington Post

 

 


3. Trop de séries tue la série?

 

 

  • Le « nouveau modèle de consommation des séries TV » repose sur un constat simple: « La cadence des sorties – et tous les critiques TV vous le diront – est impossible à suivre explique The Hollywood Reporter:

    Je travaille de la maison donc je vis dans mon bureau (…) Donc je regarde, je regarde. Mais ce n’est pas assez. Ce n’est jamais assez.
    Et ce n’est pas seulement moi – c’est quelque chose qui nous concerne tous: Les téléspectateurs, les producteurs, les critiques et les journalistes.

    Depuis des années, on observe un paysage audiovisuel en constante évolution autour du phénomène de « Peak TV »: la production toujours plus importante de nouvelles séries, disponibles sur de nouveaux médias (multiplication de petites chaînes câblées et services en ligne), les changements dans la façon de consommer la télévision – quand et sur quel appareil (TV, ordinateur portable, téléphone) – et l’effet que cela peut avoir sur les consommateurs (téléspectateurs et critiques) et l’industrie en général.

 

  • Les conséquences:

    Ces deux dernières années, les critiques TV se sont rendus compte qu’ils ne peuvent pas tout regarder (…) On vit dans un monde ou le choix illimité signifie que les sorties ont moins d’importante. Ce qui a un effet énorme sur les coûts de promotion. On vit dans un monde où la fin d’une série n’a plus le même impact

 

 


4. Les étudiants étrangers boudent le Texas

 

 

    • La rhétorique du président américain ces derniers mois contre toutes les formes d’immigration, que ce soit les Mexicains qui rentrent illégalement sur le territoire ou les étudiants indiens qui viennent étudier dans les universités, a agi efficacement comme une force de persuasion.

 

  • Selon le Houston Chronicle, les demandes des étudiants étrangers auprès de établissements texans ont baissé en 2016-17 (-12,5% ou 10 000 applications en moins) contrairement aux trois années précédentes au cours desquelles les inscriptions avaient augmenté de 30%.

    Le déclin arrive à un moment où les universités publiques voient l’apport d’étudiants étrangers comme une part importante de leurs opérations et de leur mission.

    Un manque à gagner car les étudiants étrangers payent la totalité des frais de scolarité – jusqu’à 30 000 dollars par an pour quatre années d’études – sans compter les logements universitaires, la nourriture, et les produits dérivés – d’autant plus inquiétant que le gouvernement pourrait réduire les subventions allouées à ces établissements.

  • La principale explication est le climat politique ambiant et les positions de Trump contre tout ce qui étranger dans le pays.
  • « Higher Ed »Houston Chronicle

 

 


5. The « Grim Sleeper »

 

Gauche: Los Angeles Police Department/Newscom; droite, L.A. Weekly

 

  • L’introduction du LA Weekly:

    En août 2008, l’une des journalistes de LA Weekly Christine Pelisek révèle que l’existence d’un meurtrier insaisissable en Californie – le plus ancien serial killer en activité de l’Ouest américain – et qui court toujours. Le tueur, surnommé le « Grim Sleeper » par le Weekly car il a fait une pause de treize ans avant de recommencer à tuer, aurait commencé ses crimes au cours de l’été 1985, quand le corps d’une serveuse Debra Jackson a été retrouvé dans une allée à Los Angeles.

    En tout, le Grim Sleeper aurait tué dix femmes et un homme; la dernière, Janecia Peters, a été retrouvé morte début 2007. Les victimes avaient entre 14 et 35 ans et la plupart ont été découvertes sur une même avenue dans le sud de la ville.

    Pelisek a écrit une série d’enquêtes sur le Grim Sleeper pour le Weekly avant que le LAPD le retrouve en 2010. Lonnie Franklyn Jr. a été arrêté grâce à l’utilisation de l’ADN familial, que le gouverneur Jerry Btown a accepté de tester sur tous les détenus de Californie pour les comparer à la salive et autres ADN retrouvées sur les victimes. Ce qui a mené directement les autorités au fils de Franklyn, incarcéré, puis à lui.

 

 


6. Amelia Earhart: la légende continue

 

Archives Nationales

 

  • Amelia Earhart est une aviatrice américaine, la première femme à avoir traversé l’océan Atlantique en avion en 1928, puis en solitaire en 1932.
    Elle entame un tour du monde sur un bimoteur en 1937 et disparaît au dessus de l’océan Pacifique avec son navigateur Fred Noonan.
  • Pendant plusieurs mois, le président Roosevelt envoie navires et avions à leur recherche, en vain. Aucune trace des deux aventuriers n’a jamais été retrouvée.
  • Une photo en noir et blanc, retrouvée dans les Archives Nationales, et prise en 1937 dans les îles Marshalls, sur laquelle ils apparaissent, prouverait selon un documentaire de History Channel, que Earhart et Noonan auraient survécu à un éventuel atterrissage d’urgence, capturés par les Japonais présents dans la région et sans doute morts dans l’une des prisons de l’île de Saipan.
  • Il s’agit d’une des théories sur l’un des plus grands mystères du XXème siècle qui fascine encore beaucoup d’Américains
  • Documentaire dimanche 9 juillet 

 

 


7. Le reste de l’actualité

 

  • 4 juillet macabre à Chicago
    Comme les autorités de Chicago le craignaient, et malgré l’arrivée des fédéraux dans la « Wind City », le week-end du 4 juillet a été sanglant: Sur quatre jours, 87 personnes ont été blessées par balles et 15 en sont mortes – Chicago Tribune

 

  • David Farenthold, journaliste du Washington Post, récent lauréat du Pulitzer pour ses recherches sur les donations de Donald Trump aux oeuvres de charité, a un nouveau projet: Les golfs de Trump et ses différents partenaires

Le kiosque du 22.05.17: Une esclave dans la famille; A la recherche de lisa; Mortalité maternelle aux US; L’équipe du dictateur; Trump Fatigue?; Violence & Racisme dans le Kansas

 

Au sommaire de ce lundi 22 mai 2017, une sélection des meilleurs articles parus la semaine dernière

Une esclave dans la famille
Mortalité maternelle alarmante aux USA
A la recherche de Lisa
Violence et racisme dans le Kansas
L’équipe du dictateur
Trump fatigue?

 

 


  • Une esclave dans la famille

    C’est le témoignage d’un journaliste américain, Alex Tizon, né dans une famille aisée de Manille et partie s’installer aux Etats-Unis dans les années soixante accompagnée de Lola, l’esclave que son grand-père, militaire avait offert à sa fille lorsqu’elle était jeune.
    Lola est restée travailler pendant 56 ans pour cette famille … dont près de cinquante ans aux Etats-Unis, sans être payée, sans prendre de vacances, sans disposer de sa propre chambre, sans intimité, sans amis, sans avoir appris à lire, ni à écrire.
    En dépit de ses demandes répétées, Lola n’a jamais été autorisée à retourner dans son pays: son statut illégal auprès des autorités américaines auraient pu mettre la famille en danger et ses parents sont morts sans jamais la revoir ni recevoir les économies qu’elle leur avait promis.
    Alex et ses frères et soeurs, éduqués à l’occidentale ont vite compris qui était Lola mais ont toujours gardé le secret jusqu’à la mort de leur mère en 1999.
    L’ancienne esclave devenue citoyenne américaine en 1998 est ensuite partie « libre » vivre avec le journaliste qui lui a finalement payé un billet retour pour les Philippines. Elle est revenue un mois plus tard, faute d’avoir pu reconnaître le pays qu’elle avait été forcée de quitter 60 ans plus tôt « où tout avait changé ».
    Elle est morte en 2009 et ses cendres ont été rapportées à sa famille dans sa ville natale.

    Histoire aussi triste que belle et choquante
    * « My Family’s Slave » – The Atlantic

 

 


  • Mortalité maternelle alarmante aux USA

    Longue enquête de Propublica et de la radio publique NPR sur le taux élevé de décès en couche aux Etats-Unis, le plus élevé de tous les pays occidentaux: entre 700 & 900 femmes meurent chaque année de complications pendant ou directement après leur grossesse tandis que 65 000 échappent d’entre elles de peu à la mort: Pire encore 60% de ces cas peuvent être évités s’ils sont détectés et soignés à temps.
    Lauren Bloomstein était infirmière dans un hôpital réputé du New Jersey où travaillait également son mari, Larry Bloomstein. En novembre 2011 elle a accouché dans cet établissement et est morte douze heures à la suite d’une complication rare et très grave que le personnel de l’hôpital n’a pas été capable de détecter à temps. Elle avait 33 ans.

    Aux Etats-Unis, les soins et l’attention sont davantage portés sur l’enfant, dont la mortalité à la naissance est quasi-nulle, que sur la mère, avec un personnel médical moins bien formé et alerte sur les risques de complication, une assurance santé qui prive certaines femmes de suivi pré et post-natale expliquent ce taux très élevé de mortalité maternelle pour un pays riche industrialisé.
    * « The Last Person You Will Expect to Die in Childbirth » – Propublica

 

 


  • A la recherche de Lisa

    Une histoire extra-ordinaire publiée dans le Boston Globe cette semaine: Lisa a été abandonnée à l’âge de cinq ans par son père dans un « trailer park » de Californie au milieu des années 80.
    La police découvre alors la fausse identité du père, son passé criminel, les attouchements sur la fillette et pense à un éventuel enlèvement surtout lorsque la petite parle de ses frères et soeurs qui ont disparu dans les bois – que des tests génétiques confirment, Lisa n’est pas sa fille et les policiers n’ont aucun indice pour l’identifier.
    L’homme, identifié comme Bob Evans, enchaîne les séjours en prison, disparaît sous plusieurs alias jusqu’à ce qu’il soit arrêté pour le meurtre de sa femme, épousé un an plus tôt et retrouvé démembré dans leur maison de Contra Costa dans la banlieue de San Francisco. Les enquêteurs apprennent alors l’existence de cette petite Lisa, aujourd’hui mère de famille, et se lancent dans le pari fou de retrouver son identité, à travers une recherche généalogique et l’utilisation de son ADN lui donner sa vraie identité. Un travail collectif de plusieurs années entre la Californie, l’Idaho, le New Hampshire sur l’ensemble du pays qui va révéler d’autres crimes, un serial killer, mettre un nom sur la mère Lisa … MUST READ!

    * « Finding Lisa: A Story of Murders, mysteries, loss, and incredibly, new life » – The Boston Globe

 


  • Violence et racisme dans le Kansas

    L’arrivée de réfugiés somaliens et musulmans à Garden City dans le Kansas il y a dix ans a été bien accueillie par la population, a permis de renforcer l’économie locale et d’augmenter les rentrées fiscales de la ville.
    Sauf pour les « Crusaders », trois individus animés par une haine contre les Musulmans et la croyance en la supériorité de la race blanche qui voulaient faire exploser un bâtiment accueillant des familles somaliennes, à la manière de Tomithy McVeigh contre un immeuble fédéral d’Oklaomah City en 1995.
    L’attentat a été déplacé au lendemain des élections pour éviter que le massacre profite à Hillary Clinton, et les trois énergumènes ont été finalement arrêtées à temps par le FBI. Leur défense: les fake news selon lesquelles la victoire de Trump allait être annulée par Obama qui allait instaurer la loi martiale.
    * « The Only good muslim is a dead Muslim » – The New Republic

 


  • L’équipe du dictateur

    La Syrie, ravagée par la guerre civile qui a fait un demi million de morts en six ans, détruit le pays, provoqué la fuite de millions de syriens réfugiés dans les pays alentours et en Europe continue de soutenir son équipe de football nationale, qui vient de perdre en phase de qualifications pour la prochaine Coupe du Monde.
    Cette sélection est considérée par beaucoup d’opposants, joueurs de football syriens exilés comme une arme de propagande pour Bachar El Assad étant donné la popularité de ce sport dans le pays. Elle violerait les règles de la FIFA qui a interdit toute utilisation politique d’une équipe, et que l’organisation a utilisé ces règles une vingtaine de fois ces dix dernières années pour suspendre des équipes au niveau international.
    Assad aurait obligé beaucoup de joueurs à continuer à joueur au nom de la continuité du régime provoquant la défection et l’exil d’un grand nombre d’entre eux:  le gouvernement a tué, bombardé ou torturé au moins 38 joueurs des eux premières divisions des ligues professionnelles syriennes (…) 13 joueurs ont disparu (…) et le gouvernement de Assad a utilisé des athlètes et activités sportives pour soutenir l’oppression »
    Le cas syrien, expliqué dans un rapport de 20 pages intitulé « Les crimes de guerre contre les footballeurs syriens » et soumis dès 2015 à FIFA, ne semble violer aucune des règles défendues par l’organisation qui a répondu que « les tragiques circonstances allaient bien au delà du sport » et conclu que le problème était au dessus de ses responsabilités
    L’équipe syrienne a donc été autorisée à jouer les qualifications pour le prochain mondial en 2018

    * « The Dictators Team » – ESPN magazine

 


  • Trump fatigue?


    « La politique reste un intérêt saisonnier pour la plupart des Américains. Mais ce changement [baisse du traffic chez la plupart des sites internet d’infos consacrés à la politique] devrait faire réfléchir les différents éditeurs qui ont privilégié la politique pour capitaliser sur l’intérêt porté au premier président de télé-réalité, et c’est peut être le signal qu’il serait temps pour les sites spécialisés sur ce sujet d’élargir leur couverture, particulièrement sur des plates-formes comme Facebook »

    « Environ 40% d’Américains obtiennent leurs infos depuis Facebook et c’est l’accès la source de référence la plus importante des infos politiques: 59% du trafic lié aux articles politiques vient de Facebook, davantage que les 40% des autres infos et médias. Plus l’élection s’éloigne, plus l’engagement de certains sites politiques sur Facebook a baissé. »

    Des sites comme The Hill, ATTN:, Axios ou encore The Daily Beast accusent le coup ces derniers mois mais pas les importants groupes de presse à l’origine des importantes révélations de ce début de présidence comme le New York Times, le Washington Post ou CNN.
     

    * « Trump fatigue? The Good Times for politics publishers are over » – Digiday