11.09.07

 

1. Des journalistes et des ouragans

  • Les journalistes sont en première en ligne ces dernières semaines aux Etats-Unis, non pas en tant que cibles des derniers tweets de Trump, mais pour témoigner des catastrophes naturelles qui ont ravagé le sud du pays avec le passage de l’ouragan Harvey à Houston et celui de Irma en Floride.
    Vendredi, des journalistes français postaient sur Twitter des photos des avions vides dans lesquels ils avaient embarqué direction Miami (« A nous deux la Floride ») pour vivre l’ouragan de la décennie. On a pu suivre minutes par minutes l’arrivée de Irma, les photos inondations avant/après, les palmiers arrachés, les bateaux coulés, les vitres cassées, les chambres d’hôtels ravagées, les rues désertes de la capitale … Beaucoup d’images et de vidéos sensationnelles de cette catastrophes circulaient sur les réseaux sociaux ce week-end.

 

  • Un article du New York Times est revenu sur la polémique autour des dangers auxquels font face les reporters dans ce genre de situations: « Certains se demandent si ces [reportages] ne sont pas des spectacles sensationnels et inutiles, surtout dans des cas ou les correspondants ont du mal à rapporter l’information ».
    Sauf que « la télévision apporte une preuve visuelle. Tu veux persuader les gens que ce qu’ils voient est vrai et que ça les marque. Et s’il me voient être emporté [par une rafale de vent], ça va les convaincre de ne pas faire la même chose » explique Mark Strassman, un correspondant de la chaîne CBS qui couvre les ouragans depuis 25 ans.Un exemple concret avec Sarah Sidner en direct hier soir de Daytona en Floride.

 

  • Entre temps, les bureaux du Miami Herald sont devenus un refuge pour les journalistes et leur famille:

    Logé dans l’ancien siège du SOUTHCOM [en français, « commandement Sud des États-Unis »], la rédaction du Miami Herald est sans doute l’un des endroits les plus surs de Miami durant le passage de l’ouragan Irma. Les murs sont en béton. Les fenêtres résistent aux impacts de balles. Quatre générateurs peuvent fournir du courant à l’immeuble et à l’imprimerie pendant dix jours en cas de coupure d’électricité. Et l’immeuble est connecté à internet à travers quatre différents fournisseurs, qui permettent à la rédaction de rester connectée même pendant la tempête. Les journalistes du Herald ont profité du fait de travailler dans une véritable forteresse.
    En tout, une trentaine d’employés et leurs familles s’y sont réfugiés vendredi soir et samedi matin, à la recherche d’une place pour travailler et s’abriter pendant toute la durée de la tempête.

 

  • Les photos de l’ouragan sur le Washington Post et celles de Richard Branson, le milliardaire anglais sur son île privée de Necker dans les Caraïbes

 

 


2. Explicit Bannon

 

  • S’il a fait preuve d’amateurisme à la Maison Blanche en attisant la guerre des clans entre « nationalistes-économiques » [lui] et les « Démocrates new yorkais » [la fille et le gendre du président, Gary Cohn et Dina Powel] pour finir par s’aliéner le président, qui l’a viré par l’intermédiaire de son chef de cabinet, John Kelly, Bannon n’est pas moins un brillant stratège politique qui ne mâche pas ses mots.
    Il a donné une interview exclusive dans l’émission dominicale 60 minutes sur CBS dont nous avons retenu les meilleurs moments:

    • Les leaders républicains du Congrès – Mitch McConnell au Sénat et Paul Ryan à la Chambre des Représentants – essayent d’annuler les résultats des élections de 2016 en refusant d’appliquer le programme nationaliste et populiste promu par le président. C’est la raison pour laquelle il est en guerre contre eux.
    • Le marécage (« Swamp »), le système des lobbies et consultants qui travaillent à Washington pour influencer la politique du pays, est un véritable « business model » symptomatique de la classe dirigeante de Washington incarnée par les deux partis.
      Il faudra des années pour l’éliminer.
    • Le premier péché de l’administration Trump a été d’embrasser l’establishment républicain mais elle n’avait pas le choix
    • Les dissensions au sein du parti républicain sur la suppression du programme de protection des jeunes migrants (DACA) pourrait lui faire perdre la Chambre des Représentants aux Républicains.
    • L’Eglise catholique est contre la suppression du DACA parce qu’elle a un intérêt économique à promouvoir l’immigration clandestine qui lui permet de remplir ses paroisses vides.
    • L’Amérique, ce sont les citoyens américains et pas les immigrés, et encore moins les clandestins.
    • Il se qualifie de « street fighter » comme Donald Trump.

 

 

 


3. Ce qui est mort ne saurait mourrir

 

  • Katy Tur a été la première correspondante à suivre Trump à plein temps pour la chaîne NBC News – plus de cinq cent jours au cours desquels elle a pu observer et apprendre sur le candidat mais aussi et surtout sur ses supporters. Elle a publié un essai dans le New York Times ce week-end, « The Trump Fever Never Breaks » en forme de mise en garde:

     

    « Chaque semaine, c’est le dérapage de trop: Comey, Charlottesville, Arpaio. Et si rien ne marche, Robert Mueller, le procureur indépendant, sera celui qui le fera tomber. Quand je suivais M. Trump [pendant la campagne], je regardais parfois Game of Thrones sur mon ordinateur entre deux meetings. Ce que j’ai appris, pour paraphraser le show, est que ce qui est mort ne saurait mouriret dans le cas de Trump, peut repartir de plus belle (…) Plus la candidature était censée tomber à l’eau, plus les foules s’enflammaient. »

 

 


4. 11/09: 16 ans

 

  • Irma oblige, les journaux ont consacré moins de temps au seizième anniversaire de la chute des tours du World Trade Center, l’évènement géopolitique qui a brutalement marqué l’entrée du monde dans le XXI ème siècle.
    New York magazine a réalisé une « encyclopédie du 9/11 » avec tous les articles publiés par la revue depuis dont celui publié une semaine après la tragédie, intitulé « New York Awards: Heroes » sur une caserne de pompiers de Prospect Heights à Brooklyn qui a perdu sept de leur coéquipiers.
  • On vous conseille aussi l’une des enquêtes les plus poignantes sur l’évènement autour de l’une des images les emblématiques et controversées: « The Falling Man » de Tom Junod, publié dans Esquire.

 

 


5. La pire rentrée TV américaine

 

  • Ce sont les propos du critique médias de Vox, Todd VanDerWerff
     

    Depuis dix ans que j’écris des critiques sur la télévision, c’est la pire rentrée en terme de nouvelles séries télévisées. C’est difficile d’en trouver une pire depuis que le concept de rentrée télé existe, c’est-à-dire le début des années 80. Les comédies ne m’ont pas fait rire, les drames m’ont fait lever les yeux au ciel (….) La grande majorité des nouvelles séries – que ce soit sur les chaînes, sur le câble ou en streaming – sont tout simplement mauvaises.

     

  • Les raisons: Beaucoup de nouvelles séries sont désormais diffusées en janvier et en avril – propice aux Emmys diffusés en septembre et la saison dernière a été l’une des meilleures.
  • Les pires séries: Inhumans sur ABC, The Orville sur Fox et Wisdom of the Crowd sur CBS

 


6. Longform: « Hanging »

 

  • Longue enquête de la journaliste Julia Prodis Sulek dans le [San Jose] Mercury News sur un fais divers vieux de trente ans:
     

    A dix ans, Josh Klaver a été retrouvé pendu à une barre de métal dans la ferme de son père et sa belle-mère à San Martin [en Californie]. Le lendemain, il était censé parler à un juge au sujet des disputes entre ses parents concernant sa garde. La mort de Josh a été … comme un suicide. Sa mère, Kathy Atkins, a toujours cru que [le père de josh], K.W.Klaver, alors officier de police du comté de Santa Clara, avait tué leur enfant. (…)
    Son histoire montre comment différents incidents, grands et petits, peuvent se transformer en une terrible tragédie, et ça doit nous rappeler la responsabilité que nous partageons les uns envers les autres et surtout envers les plus vulnérables.

  •  

  • Un Podcast est aussi disponible

 


7. Sex toys « Terminator »

 

  • « Les robots sexuels sont tellement populaires et sophistiqués que le spécialiste en cyber sécurité, Dr. Nick Patterson révèle que les poupées grandeur nature pourraient se transformer en véritable ‘Terminator’ contre nous [les humains] » rapporte très sérieusement le New York Post.
    Si des hackers décident de pirater l’une de ces poupées, « ils peuvent contrôler les articulations, les bras, les jambes et objets attachés à ces membres » et leur faire faire toutes sortes de choses » y compris les pires.

 

 

 


8. La couverture du jour

 

 

05 Sept. 2017

 

1. Les « Dreamers » en sursis

  • Ce matin, Jeff Sessions, ministre de la justice, a annoncé l’une des dernières mesures phares de sa politique anti-immigration: la fin du programme DACA Deferred Action for Childhood Arrivals – mis en place par Barack Obama en 2012 qui offrait aux enfants entrés illégalement sur le territoire américain, la possibilité d’y étudier et d’y travailler légalement.
    Une décision évidemment controversée qui pourrait forcer 800 000 jeunes « DREAMers » à quitter un pays dans lequel ils ont grandi, étudié, travaillé et dans certains cas fondé une famille mais qui ne « sera pas appliquée avant six mois » pour laisser le temps au Congrès d’apporter sa propre législation« Faites votre travail » a lancé ce matin le président, en affirmant vouloir « mettre l’intérêt des citoyens américains avant tout ».

 

  • Trump essaye une fois de plus de courtiser sa base électorale – « les oubliés qui ne le sont plus » – à défaut de pouvoir lui offrir un mur.
    Pour Ben Smith de Buzzfeed, Trump « isolé, affaibli et incapable d’utiliser les leviers habituels du pouvoir présidentiel a adopté la pire stratégie pour quelqu’un qui essaye d’exercer le métier le plus important au monde: Tirer sur les otages ». Il ne s’agit pas d’une « stratégie » mais d’un « geste de panique ». 
  • La décision devrait provoquer l’opposition ferme des Démocrates et de la plupart des leaders républicains, les plaintes des associations de défense des libertés et les décisions des juges des cours fédérales et une immense panique et un sentiment d’injustice profond chez les DREAMers.

 

  • Comme l’a avancé Mark Zuckerberg dans un post sur Facebook quelques minutes après la déclaration de Sessions, la seule solution est une proposition conjointe des Démocrates et Républicains modérés, susceptible de provoquer une véritable guerre civile au sein du GOP.

 


2. Le « briseur de rêves »

 

 

  • Alors que son concurrent, le New York Post a choisi d’attaquer sa cible favorite, le maire de New York, Bill de Blasio, le NY Daily News critique en une la décision de Trump de briser le rêve de centaines de milliers de jeunes immigrés.

 

  • Autre annonce: le rachat du tabloid new yorkais par Tronc, qui est aussi propriétaire du Los Angeles Times et du Chicago Tribune pour un dollar symbolique et trente millions de dollars de dettes.

 

 


3. Houston: les travaux de nettoyage et de reconstruction compromis

 

  • Houston a l’argent mais n’a pas la main d’oeuvre suffisante pour l’immense effort nécessaire au nettoyage, à la réparation et la reconstruction de près de deux cent mille maisons pour une raison simple: Entre un quart et la moitié des ouvriers en bâtiment de la région sont en situation irrégulière et les cibles de la politique anti-immigration de Trump, et de l’un de ses fidèles supporter, le gouverneur du Texas, Greg Abbott qui a d’ailleurs été l’un des fers-de-lance de l’annulation du programme des DREAMers.

 

  • Il y a douze ans, explique le Washington Post après l’ouragan Katrina, George W Bush avait cédé à la pression les entreprises du Bâtiment et Travaux Publics et facilité l’emploi de travailleurs en situation irrégulière qui ont représenté un quart de la main d’oeuvre utilisée pour nettoyer et reconstruire la région.

 

  • Aucun mesure n’a été proposé par Trump et l’industrie a déjà tiré la sonnette d’alarme sur une éventuelle pénurie de travailleurs nés aux Etats-Unis pour reconstruire dans les plus brefs délais.

 


4. Cinquante idées qui bousculent Washington

 

  • C’est le classement annuel réalisé par Politico sur les cinquante idées (et les individus derrière elles) qui bousculent Washington et on trouve sans surprise beaucoup de personnalités des médias avec:
    • #1: Steve Bannon et sa machine de guerre alt-right, Breitbart News;
    • #2: Un couple de Texans, Sarah Greenberg et Ezra Levin, qui s’inspire des méthodes d’action du Tea Party pour organiser la résistance des Démocrates et progressistes contre Trump dans leur organisation: Indivisible.
    • #8: Susan Fowler pour avoir exposé dans un post de blog au début de cette année le sexisme rampant dans les industries de haute technologie de la Silicon Valley, à travers son expérience chez Uber où elle a travaillé pendant plusieurs mois.
    • #16: Rebekah Mercer, fille du multi-milliardaire Robert Mercer, la « méga-donatrice » de la droite, qui a finance Breitbart depuis qu’il est dirigé par Bannon et a soutenu financièrement la campagne de Donald Trump. 
    • #17: Masha Gessen du New York Review of Books pour avoir alerté sur les dérives autocratiques de la démocratie après la victoire de Trump en s’inspirant de sa Russie natale dans un essai, « Autocracy: Rules for Survival »

 


5. »Trumped up Cards »

 

  • « Reid Hoffman [le co-fondateur de LinkedIn] a des milliards de dollars et l’un des réseaux les plus connectés de la Silicon Valley. Voila comment est-ce qu’il compte les utiliser contre Trump » explique le journaliste Tony Romm dans Recode. 
  • Ca a commencé par un jeu de cartes, « Trumped up Cards », similaire à celui de « Cards Against Humanity » – dans lequel « les joueurs finissent des énoncés complets en utilisant des mots ou phrases généralement considérés comme offensantes ou politiquement incorrectes présentées sur des cartes à jouer »  (Wikipedia) – mais consacrés uniquement au milliardaire américain, pour « aider les gens à comprendre l’absurdité de la présidence de Trump

 

 

  • Hoffman est prêt à dépenser des centaines de millions de dollars dans des campagnes, des candidats et causes qui soutiennent la vision d’un futur plus favorable au pays.

    Comme beaucoup dans la Silicon Valley, l’opposition de Hoffman à la Maison Blanche a commencé immédiatement après les élections. Et les divisions entre Trump et le secteur des hautes Technologies devraient empirer mardi, quand le président va annoncer l’annulation du programme DACA (…) Les rumeurs concernant la fin du programme de protection a poussé Hoffman et plus de trois cent autres chefs d’entreprises à condamner publiquement la Maison Blanche le week-end dernier.

 


6. Vers une guerre culturelle totale

 

  • Regnery Publishing, La maison d’édition consacrée aux auteurs et aux ouvrages conservateurs tels que Mark Levin, Laura Ingraham ou Ann Coulter a annoncé qu’elle coupait les ponts avec le New York Times et sa célèbre liste de best-sellers, la référence du milieu de l’édition, sous prétexte que le quotidien favoriserai des ouvrages dits « libéraux » et « progressistes » aux dépens de ceux plus « conservateurs ». Elle utilisera comme nouvelle liste des ventes, celle publiée par Publishers Weekly

 

  • En ligne de mire, le livre « The Big Lie: Exposing the Nazi Roots of the American Left » place en 7ème position de la liste du New York Times alors que d’autres listes le placent numéro un. Même problème selon Regnery Publishing pour l’ouvrage “No Go Zones: How Sharia Law is Coming to a Neighborhood Near You” selon Associated Press.

 

  • Le New York Times a qualifié les accusations de manipulation des chiffres des ventes de son classement de « ridicules » en notant au passage que de nombreux ouvrages conservateurs apparaissaient généralement dans cette même liste.
    Une nouvelle division de franchie entre le monde des conservateurs et celui des libéraux.

 


7. Mannequins: Nouvelle génération

 

  • « Pendant des décennies, le mannequinat a été une activité silencieuse dans laquelle les femmes étaient être vues et jamais entendues » mais une succession d’incidents cette année ont mis en avant les problèmes qui minent encore cette industrie, notamment les conditions de travail, le harcèlement sexuel, l’humiliation physique ou encore le racisme.

 

  • Aujourd’hui, les mannequins, même peu connus dans l’industrie, peuvent utiliser les médias sociaux pour s’exprimer et avoir de l’influence en s’attirant de nombreux abonnés.
    Le New York Times est allé à la rencontre des modèles féminins à différentes étapes de leur carrière pour partager leur expérience: ICI

 


8. Le retour de certaines maladies infectieuses des Etats-Unis

 

  • Les régions les plus pauvres des Etats-Unis sont marquées par la résurgence de maladies infectieuses dignes des pays les plus pauvres de la planète: En Alabama un tiers des individus vivant dans le comté très défavorisé de Lowndes, ont été testés positifs à l’ankylostome, un parasite intestinal éradiqué depuis des décennies du pays depuis les années 80 et qu’on trouve dans les zones pauvres tropicales africaines et asiatiques.
    L’étude [réalisée par l’université de Baylor et l’Alabama Center for Rural Enterprise, ACRE] résumée dans le Guardian révèle que l’ankylostome ne survit que dans les communautés qui n’ont aucune hygiène de base, notamment à travers des problèmes de gestion et de traitement des ordures et eaux usées.

 


9. Les couvertures du jour

 

  • Ce sont celles de Sport Illustrated consacrées à la reprise de la saison de football américain cette semaine: Quatre couvertures différentes avec:
    • Le quarterback des New England Patriots, Tom Brady 
    • Le defensive end des Houston Texans, J.J. Watt
    • Le quarterback des Green Bay Packers, Aaron Rodgers
    • Le running back des Arizona Cardinals, David Johnson

Le kiosque du week-end: 19-20.08.17

 

 

Cette semaine, on part à la rencontre de Julian Assange dans un long article du New Yorker sur ses années d’isolement dans l’ambassade équatorienne de Londres, sur la semaine catastrophique de Trump; une analyse des « Angry White Boys » dans National Review et l’appel à l’action d’une journalisme américaine face au racisme; et enfin les éditions dominicales.

 

1. Bannon, le Barbare

 

 

  • C’est le dernier évènement (positif?) d’une nouvelle semaine – de vacances – catastrophique pour le président et son administration: Le départ de Steve Bannon, architecte de la victoire du candidat républicain et du programme « America First » et chef du clan des « nationalistes économiques » de la Maison Blanche, qui a annoncé dans la foulée retrouver la place qu’il occupait il y a tout juste un an, à la tête de Breitbart News.

 

  • Le lendemain de son départ, Steve Bannon a annoncé « partir en guerre pour Trump contre ses adversaires – à Washington, dans les médias et les grandes entreprises américaines » et surtout les « démocrates de la West Wing »: Ivanka Trump, son mari Jared, le conseiller économique Gary Cohn et Dina Powell, adjointe du conseiller à la sécurité nationale.
    Il compte, avec le soutien financier du milliardaire Bob Mercer, développer Breitbart et une nouvelle entreprise de média capable de concurrencer Fox News, qui selon Bannon, serait en train de virer centre droit sous l’influence des deux fils de Murdoch.

 

  • Donald Trump a salué le retour de Steve Bannon à Breitbart News où il sera plus utile à « attaquer les ‘fake médias’ [qui] ont besoin de concurrence. »
    Selon Mike Allen, « les discussions politiques au niveau national vont empirer, devenir de plus en plus toxiques, avec une lutte au sein de la droite qui pourrait être bien plus personnelle et âpre que les hostilités entre Républicains et Démocrates. »
    Si Trump ne supporte pas Bannon en ce moment, ce dernier va continuer à l’influencer car les deux hommes sont plus proches idéologiquement que le président ne l’est des « New Yorkais modérés » – Ivanka, Jared et Gary Cohn.

 

  • Dernière nouvelle: Sebastien Gorka, proche de Bannon, devrait lui aussi quitter la Maison Blanche

 


2. Julian Assange en exil

 

  • Julian Assange vient de passer les cinq dernières années de sa vie exilé et reclus dans l’ambassade équatorienne de Londres, surveillé 24 heures sur 24 par ses hôtes et les services secrets anglais, prêts à l’arrêter le jour où il sera obligé de sortir. Le journaliste du New Yorker, , qui le suit depuis ses premières aventures avec Wikileaks, en 2010, nous raconte le quotidien cauchemardesque de cet héros/vilain qui a tout sacrifié au nom d’une certaine conception de l’information.

L’univers d’Assange ces cinq dernières années s’est réduit à 30 mètres carrés qui se répartissent en une suite privée et quelques pièces qu’il partage avec le personnel équatorien. « C’est comme vivre dans une navette spatiale » l’un de ses amis m’explique. Pour des raisons de sécurité et parce que les paparazzi le guettent parfois en bas de l’immeuble, il ouvre rarement les rideaux durant la journée et se met rarement au balcon. Il vit dans un état de crainte permanente, celle de voir l’ambassade assiégée à tout moment. Après son arrivée [en 2012], les Anglais ont essayé de retirer les protections diplomatiques de l’ambassade pour l’appréhender de force. Ce à quoi le premier ministre équatorien a répondu: « Nous ne sommes pas une colonie britannique ».
Assange m’avait lors dit, certain d’une arrestation imminente, qu’il avait préparé une paire de menottes pour s’attacher physiquement au consul équatorien. Après cela, les officiers anglais sont restés stationnés dehors et le harcelaient en frappant contre les murs à 4 heures du matin, et pendant un moment il a dormi dans une chambre différente toutes les nuits.

  • Si « l’ange déchu » est entouré quotidiennement par une poignée de fidèles activistes, soutenu par des amis et autres célébrités – la dernière en date, Pamela Anderson à qui on lui a prêté une relation – l’enfermement l’a diminué physiquement et psychologiquement; et son intervention très controversée lors de la campagne présidentielle américaine – la diffusion des emails piratés du Comité National Démocrate et du président de la campagne d’Hillary Clinton qui ont fragilisé la campagne de la candidate – l’ont isolé un peu plus sur la scène internationale.

George Gittoes [un artiste australien et ami de Assange] a tenté de m’expliquer la complexité de son soutien pour Assange.
« Je n’arrive pas à comprendre sa vision de Trump mais je lui laisse le bénéfice du doute (…) La raison pour laquelle je supporte Julian et que je le considère comme une inspiration est très simple. Il prouve qu’un individu peut encore s’opposer à des pouvoirs vis-à-vis desquels nous nous sentons tous oppressés. »

  • Aujourd’hui Assange n’a pas d’autre choix que d’accepter ceux qui sont encore prêts à le défendre et le soutenir, y compris Sarah Palin, Sean Hannity et autres trolls de l’alt-right qu’il « est content de voir intéressés par le projet de Wikileaks ».

    « Julian Assange, A Man Without a Country » – Raffi Khatchadourian / New Yorker

 


3. « Angry White Boys »

 

  • Excellente et violente critique de Kevin Williamson dans la revue conservatrice – et anti-Trump – National Review sur les militants des groupuscules d’extrême droite qui ont manifesté à Charlottesville en Virginie la semaine dernière, des « nationalistes blancs » qui n’ont aucun autre message que la colère et la haine de l’autre:

    Les jeunes blancs en colère n’ont aucun programme politique sérieux. Ils n’ont aucune revendication comme les Teamsters [le syndicat des conducteurs routiers américains] ou PETA [People for the Ethical Treatment of Animals], ils n’ont pas doctrine idéologique comme les Communistes, bien que ce serait faux de dire qu’ils n’ont aucune idéologie. Leur programme, c’est leur colère, une colère difficile à comprendre (…) Ils aiment se faire passer pour des « alpha males » comme si ils appartenaient à une troupe de chimpanzés – mais ça ne leur vient jamais à l’idée de se considérer comme des hommes déchus et rejetés. (…)
    Ce sont les produits d’une société libérale et démocratique tolérante qu’ils détestent – et à laquelle ils dépendent à la fois. (…)
    Qu’est-ce que recherchent ces jeunes blancs en colère? Le fait qu’ils se rassemblent pour se déguiser – et jouer à des jeux de cowboys et d’indiens parfois meurtriers – apporte un semblant de réponse. Ils veulent être autre chose que ce qu’ils sont. C’est la grande ironie de la politique identitaire: ils sont à la recherche d’une identité au sein d’une tribu car ils ont échoué en tant qu’individus.

  • « Angry White Boys » – Kevin D. Williamson / National Review

 


4. « Leçons de vie »

  • Kim Kingsley – ancienne directrice de Politico – revient sur le racisme ordinaire qu’elle observe depuis toujours dans sa ville natale de Pennsylvanie et sur la nécessité, en tant que « blanche », de sortir de sa bulle pour essayer de comprendre l’origine de ces comportements et de ces préjugés et de les combattre.

    Les suprémacistes blancs, manifestants néo-nazis de ce weekend sont des gens que l’on connaît. On les rencontre chaque jour, ce sont parfois des proches, et bien plus intégrés dans les infrastructures culturelles, institutionnelles, et politiques de ce pays qu’on ne le pense. Mais on n’en parle pas. Certains pensent que ca va disparaitre d’un jour à l’autre, certains que ce n’est pas un problème à régler et enfin d’autres n’ont aucun problème avec cela (…)
    Ce que j’espère, c’est qu’on puisse aujourd’hui sortir de notre univers confortable et confronter une réalité qui l’est moins.(…)
    Observons autour de nous, essayons d’analyser la diversité sur notre lieu de travail et comment l’améliorer. Ce n’est pas à la poignée d’employés issus des minorités de militer pour davantage de diversité. Ce sont les employés « blancs », quelles que soient leur position au sein de l’entreprise, qui ont la responsabilité de créer un lieu de travail où il y ait davantage de diversité au sein du personnel et des opinions, et prouver les bénéfices que pourraient en tirer l’entreprise.

    « My Life Lessons in Rust Belt Racism » – Kim Kingsley / Medium

 


5. Les editions dominicales

 

  • « Wrong Way » – Enquête du Tampa Bay Times à St Petersburg en Floride, où Isaiah Battle comptabilise à 15 ans le plus grand nombre de vols de voiture du comté de Pinellas.

    [Le journal] a identifié 14 enfants arrêtés pour avoir volé au moins cinq voitures entre janvier 2015 et juin 2016 (…) Tous ces délinquants sont males. Douze sont noirs, un est asiatique et un est blanc (…) La majorité à été évincé au moins une fois; quelques familles comme celle d’Isaiah, ont été expulsés à trois reprises.Tous viennent de familles brisées. Les parents ont porté plainte les uns contre les autres sur des tests de paternité et la pension alimentaire. Certains sont partis vivre en foyer. L’un a fugué. Onze ont vécu la violence domestique, leur mère battues par leur petits-amis, parfois devant eux. Six ont été victimes d’abus ou de négligence (…) Neuf étaient suspectés dans des rapports de police avant leur quatorzième anniversaire.

 

  • L’édito de l’Indianapolis Star, « Let’s Stand Against Hate. Together », en première page est un appel de plus cette semaine de la part de nombreux médias après les évènements de Charlottesville:

    Dans un moment aussi difficile, il est tentant de passer à autre chose – laisse le temps et le renouvellement de l’information nous distraire d’une réalité difficile qui est ressortie ces derniers jours. Mais il est nécessaire de faire face aux profondes divisions sur la race, la religion et l’ethnicité. Il est nécessaire de commencer un travail de fond pour renverser ces divisions.

Le kiosque de la semaine 3-9 juillet

 

 

Trumplandia 

 

Les tweets de Trump sur l’actualité politique de la semaine

     

  • Lundi 3 juillet, la Corée du Nord a réussi le lancement d’un missile balistique intercontinental capable d’atteindre l’Alaska:

    « Ce gars [Kim Jung Un] n’a rien de mieux à faire dans sa vie » [que de provoquer les Américains, surtout la veille de la fête nationale] « 

     

  • Jeudi 6 juillet, c’est le Discours de Varsovie, salué par le Wall Street Journal:

    « L’OCCIDENT NE SERA JAMAIS VAINCU. Nous valeurs l’emporteront. Nos peuples prospéreront et notre civilisation triomphera. » 

     

  • Ce weekend, le président est revenu sur le sommet du G20 de Hambourg au cours duquel les Etats-Unis sont apparus bien isolés face aux 19 autres pays (on a parlé de « G19 ») sur l’environnement et le commerce:

    « Le sommet du G20 a été un grand succès pour les US – J’ai expliqué que les US devait réparer les très mauvais accords qu’il ont conclu. Ce sera fait. » –

     

  • Il a également évoqué sa rencontre avec Poutine:

    « J’ai interrogé le président Poutine à deux reprises sur l’ingérence russe dans nos élections. I fermement démenti. J’ai déjà dit ce que j’en pensais [passer à autre chose] (…) Poutine and moi avons parlé de former une unité de cyber sécurité impénétrable pour éviter le piratage d’élections et autres méfaits »

     

Russie

  • Donald Trump Jr, son beau-frère, Jared Kushner et l’ancien directeur de campagne de Trump Paul Manafort ont rencontré en juin 2016 dans la Trump Tower, une avocate proche du Kremlin: C’est le New York Times qui a révélé hier la rencontre tenue jusqu’ici secrète par les intéressés. Un détail important puisque trois enquêtes tentent actuellement de mettre la lumière sur d’éventuelles collusions entre la campagne de Trump et les Russes pendant les élections présidentielles.
    Comme pour Jeff Sessions, Michael Flynn et Kushner, ce n’est pas tant le fait d’avoir été en contact avec les Russes qui pose problème mais le fait de mentir la-dessus.
    Cet après midi, le quotidien affirme, selon des sources anonymes, que le fils de Trump aurait accepté le meeting sachant qu’il aurait des informations explosives sur … Hillary Clinton:

    Les récits de cette rencontre constituent la première indication publique qui prouverait que certaines membres de la campagne de Trump ont bien voulu accepter l’aide de la Russie.

 

 


Le kiosque en a parlé cette semaine

 

  • Les Etats républicains contre leurs villes démocrates

    Le territoire américain est divisé politiquement entre les côtes démocrates, de part et d’autre du pays, et l’intérieur républicain, entre les grandes villes pro-Hillary et les zones rurales pro-Trump … et désormais à l’intérieur des Etats, entre les gouvernements conservateurs et leurs villes, dites « sanctuaires ».
    L’un des principaux sujets de discorde tourne aujourd’hui autour de la politique anti-immigration de l’administration Trump 
    qui veut obliger les forces de l’ordre locales à coopérer avec les agents fédéraux de l’immigration, notamment à travers l’arrestation et la détention des immigrés en situation irrégulière. Ce que les villes sanctuaires ont toujours refusé de faire.
    Le gouverneur du Texas, Greg Abbott vient de passer l’une des lois les plus stricts contre les villes sanctuaires »refuges » 
    qui condamne les forces de l’ordre à des contraventions, voire des peines de prison en cas de désobéissance.

*

 

  • Sinclair, le « Fox News » des infos locales, bientôt inévitable?

    Sinclair Broadcast Group(SBG) est un groupe de télévision américain créé en 1986 et deuxième propriétaire de chaînes locales des Etats-Unis (173 à son actif qui couvrent 40 de la population) pourrait élargir son influence avec le rachat de Tribune Media, propriétaire de 42 stations de télé, pour quatre milliards de dollars.Sorte de « Fox News local », Sinclair ne cache ni ses positions conservatrices, ni son mépris pour les progressistes et libéraux, les médias mainstream et son soutien envers l’actuel administration dans ses programmes.
    Certains, appelés de « must-runs » sont imposés aux chaînes locales avec des consignes stricts de lancement, répétées en boucle par tous les journalistes.

*

 

  • American One News: le succès du réseau câblé « pro-Trump »

    Lancée en 2013 pour attirer un public conservateur, la chaîne câblée, America One News, aujourd’hui diffusée sur l’ensemble du territoire américain, a réussi à séduire le président, en « [présentant] l’administration Trump comme un exemple de progrès et de succès grâce à son lot quotidien de réussites »

  • Elle s’est imposée en soutenant très rapidement la candidature de Trump à partir de 2015, en diffusant la première la plupart de ses discours en direct, et peut se targuer aujourd’hui d’avoir un siège dans la « briefing room » de la Maison Blanche aux côtés de CNN, NBC ou encore le New York Times.OAN a essayé de rentrer dans la cour des grands en proposant publiquement à Bill O’Reilly de [la] rejoindre. Même si O’Reilly a refusé et que la chaîne n’est disponible que dans 30 millions de foyers, loin des 90 millions de Fox News, One America News augmente – son audience, son influence dans les cercles républicains, et veut s’imposer comme une alternative chez les Conservateurs et Républicains qui pensent que Fox News n’est plus assez à droite.

*

 

  • Le tournant politique de Trump 

    Bloomberg Businessweek publie cette semaine un extrait du livre d’un de ses journalistes, John Green, intitulé « Devil’s Bargain: Steve Bannon, Donald Trump, and the Storming of the Presidency » qui s’intéresse à l’évolution de la star de la télé-réalité à celle de militant de la droite dure, et lerôle primordial joué par Steve Bannon dans cette transformation:
     

    L’Histoire aurait pu se passer autrement.
    Même si Trump a toujours eu des instincts populistes, ses positions en matière de politique intérieure étaient celles d’un démocrate new yorkais, conformément au monde dans lequel il évoluait.
    Il est inconcevable de l’imaginer aujourd’hui, mais avant qu’il entre en politique, Trump avait du succès auprès des Blacks et des Hispaniques jusqu’à être considéré comme le chouchou des salariés américains.
    Même s’il n’était pas politicien, l’intérêt qu’il suscitait au sein des différentes communautés était quelque chose que le parti républicain sclérosé avait toujours recherché.
    La raison pour laquelle cette histoire est passée sous silence, c’est parce Trump a décidé de détruire cet héritage à des fins politiques.
    Il ne s’est pas trompé: La théorie du « birther » lancée en 2011 sur le lieu de naissance de Obama, dans l’optique des élections de 2012, marqué le changement [opéré par Trump] sur les thèmes de la race et de l’immigration qui lui a ouvert le chemin de la présidence.

     

 

 


Ils ont fait l’actualité des médias

 

  • « The Future is Texas »The New Yorker
    Très longue enquête (20 000 mots) sur le Texas, qui représente selon le journaliste Lawrence Wright « l’avenir des Etats-Unis, car « toujours plus diversifié mais prisonnier des zélés de la droite »:

    La population de l’Etat est en train d’exploser, le renforcement des mesures contre l’immigration, l’influence blanche en déclin, un redécoupage électoral agressif, des lois contre l’avortement, une politique en constante évolution qui en fait le baromètre du pays.

 

  • « How the Death of a Muslim Recruit Revealed a Culture of Brutality in the Marines »NYTimes magazine
    Reportage chez les Marines, l’unité d’élite de l’armée américaine touchée ces dernières années par des scandales de bizutage et de violence, notamment à l’encontre de ses jeunes recrues, dont faisait partie le jeune Raheel Siddiqui, 19 ans, qui s’est suicidé en mars 2015 dans l’un des camps d’entrainement, onze jours après son arrivée.

    Promouvoir les Marines comme une alternative viable à la dette étudiante est l’une des facettes du budget de 80 millions de dollars consacré au marketing (…) Si d’autres branches de l’armée utilisent la même ficelle pour recruter, cette approche est relativement nouvelle pour les Marines: Pendant des décennies, le corps s’est concentré sur le prestige d’être accepté au sein de « son élite ». Mais la génération post-11 septembre ne voit pas le service militaire comme particulièrement prestigieux (…) Continuer à vendre le corps comme celui de valeureux guerriers n’aurait pas apporté de nouvelles recrues au-delà de la traditionnelle base des Marines, blanche, religieuse et conservatrice du sud.

 

 

Le Kiosque du 07.06.17

 

 

1. Une administration au bord de la crise de nerfs

  • L’administration Trump est une de cour royale dans laquelle le président s’est entouré d’un nombre restreint de conseiller sur lequel il a tous les droits, qui lui doivent une loyauté absolue, et qu’il soutient, tourmente et humilie publiquement selon ses humeurs.

     

    Il existe certains sujets et comportements qui fâchent sa majesté et heurtent son ego:

    • La Russie: Le poison de cette présidence auquel ont goûté beaucoup de proches du président, notamment l’ambassadeur russe de Washington, Sergueï Kislyak: le soldat Flynn qui a démissionné début février de son poste de secrétaire à la sécurité nationale; Jeff Sessions, à qui Trump ne pardonne pas de s’être récuser de l’enquête du FBI sur la campagne de Trump et qui dû a nommé un procureur indépendant à sa tête, Mr Mueller après le renvoi de James Comey. Sessions a proposé de démissionner pour apaiser la colère du président. 
    •  

    • La couverture médiatique. Trump est celui qui mène le show. Gare à celui qui lui fait de l’ombre comme a pu s’en rendre compte Steve Bannon, critiqué pour avoir fait la couverture de Time magazine deux semaines après l’investiture, Sean Spicer dont les conférences de presse sont devenues trop populaires, Kellyanne Conway qui s’est discréditée sur les plateaux de télés et dernièrement son gendre Jared Kushner, sur qui il a récemment plaisanté: « Jared est devenu bien plus célèbre que moi et ça m’agace » – il vient de faire lui aussi la couverture de Time magazine la semaine dernière.
    •  

    • Manque de charisme/affinités. Trump n’aime ni la médiocrité (Reince Priebus son chef de cabinet) ni ceux qui parlent trop (McMaster, nouveau secrétaire à la sécurité intérieure)
  • La seule qui s’en sort bien, c’est Ivanka Trump, … et Hope Hicks
  •  

  • Ceux arrivés plus tôt sont devenus les principales cibles (Sessions, Spicer, Priebus) et les derniers sont plutôt épargnés (Gary Cohn et Dina Powell)

 

 

 


2. Les 27 mots du président

  •  

    Selon Politico, Donald Trump aurait dû réaffirmer le soutien des Etats-Unis envers l’OTAN dans son discours de Bruxelles le 25 mai dernier qui contenait originellement ce segment:

     

    Devant les menaces multiples auxquelles nous devons faire face, je suis ici avec un message clair: l’engagement américain envers l’alliance de l’OTAN et l’article est inflexible

     

  •  La phrase a été approuvée par le Pentagone deux jours plus tôt, le Conseil National de Sécurité et le Département d’Etat.
  •  

  • Mais elle a disparu du discours de Trumpà la surprise et « la consternation de sa propre équipe de sécurité nationale » rapporte le site d’information – obligeant une fois de plus les haut responsables de l’administration, le vice-président Mike Pence, le conseiller à la Sécurité Nationale et le secrétaire de la défense, Jim Mattis, à réparer la bourde.
  •  

  • La Maison Blanche a admis que le discours avait été modifié au dernier moment et sans consultation mais Sean Spicer, son porte-parole, affirme que cela n’a aucune importance.
    Stephen Miller et Steve Bannon, les conseillers « ultra-nationalistes » du président, auraient convaincu le président de retirer la phrase.

 

 

 


3. Le changement climatique fait aussi polémique dans les écoles

 

  • Plongée dans une salle de classe d’Ohio, où certains élèves refusent l’idée de changement climatique, où « la science n’a pas forcément toujours raison » et où les enseignants sont critiqués pour enseigner les problèmes liés à l’environnement aux élèves.
  •  

    Dans une époque ultra-politisée comme celle de Trump, la guerre culturelle a bien envahi les écoles et les lycées du pays.

     

    « Originellement lié à des intérêts proprement économiques, le climatoscepticisme reflète les idéaux conservateurs de dur labeur, de gouvernement limité et de ce que les gens appellent l’auto-suffisance »

  •  

  • « Ce que les gens pensent du réchauffement climatique ne reflète pas forcément ce qu’ils savent, mais ça reflète qui ils sont » explique une chercheuse de Yale spécialisée dans la polarisation politique.
  •  

  • Les problèmes de changement climatique ne sont pas une priorité dans les régions pauvres des Etats-Unis, ravagées le chômage et l’épidémie d’héroïne; et certains Etats, comme l’Idaho en février, sont même allés jusqu’à enlever son enseignement des programmes scolaires – pourtant l’un des rares endroits où ils seront à même d’en entendre parler.

 

 

 


4. « The Kids are alt-right »

 

Buzzfeed

 

  • La jeune génération qui grandit dans l’Amérique de Trump paye elle aussi les consequences du comportement tout sauf exemplaire du président: « Les enfants citent Trump pour harceler leurs camarades et les enseignants ne savent pas comment réagir » rapporte une enquête de Buzzfeed réalisée sur l’ensemble du pays.
  •  

  • Le site a relevé une cinquantaine d’incidents dans 26 Etats différents au cours desquels des élèves de primaire s’en sont pris verbalement à leurs copains afro-américains, mexicains, asiatiques ou encore juifs en reprenant les propos controversés du président 

     

    La première année de présidence de Donald Trump laisse les éducateurs désarmés face à la gestion du climat de misogynie, d’intolérance religieuse, d’insultes, d’exclusions qui appartient désormais au discours politique.

     

  • Il est plus compliqué pour les professeurs d’enseigner les valeurs de respect, d’écoute et d’empathie quand le président les malmène quotidiennement et nécessaire d’accepter une dure réalité dans laquelle « l’intolérance religieuse et le racisme influencent la façon dont les enfants parlent, plaisantent et se disputent ».

 

 


5. Breitbart aussi essoufflé que l’administration

Daily Beast

 

  • Le site alt-right, antenne officielle de la nouvelle administration, qui a explosé l’année dernière en soutenant le candidat Trump dès les primaires républicaines, et convaincu des millions d’internautes avec ses articles « politiquement incorrects » passe une période difficile. 
     

    Un business qui repose sur la critique a bien moins de succès quand il est obligé de se défendre

  •  

  • Breitbart a dominé et influencé la campagne présidentielle en 2016 avec des scores triomphants: Avec deux milliards de pages visitées en 2016 et 45 millions de visiteurs par mois, le site a atteint début janvier la 45ème place dans le classement des sites les plus visités devant Fox News (47ème), Huffington Post (50ème), Washington Post (53ème) et Buzzfeed (64ème) et réalisé un record en février en atteignant le 29ème place.
  •  

  • Trois mois plus tard, Breitbart a chuté à la 281ème place
  •  

  • Le site peut difficilement capitaliser sur les scandales à répétition de Trump et son administration qui domine l’actualité depuis des mois, et quand il les couvre, c’est grande conviction. C’est donc une double perte pour Breitbart
  •  

  • Son expansion européenne n’a pas réussi à franchir le continent, en France où avec la perte de Marine Le Pen, et en Allemagne qui devrait ré-élire Angela Merkel.
  • Selon Digiday, ce sont aussi les annonceurs qui boudent le site: 26 marques ont été recensées sur le site au mois de mai contre 242 en mars.

 

 


6. Le reste des informations

  • Forbes a fouillé dans les relevés de compte de la fondation Eric Trump, et contrairement aux propos de l’intéressé, Donald Trump aurait fait payé à son fils cadet la location de son golf de Westchester dans l’Etat de New York pour son gala annuel de charité en faveur des enfants du cancer.
    Les frais d’opération auraient augmenté de 50 000 dollars en 2012 à plus de 300 000 dollars en 2015
  • The Intercept est dans le colimateur de Julian Assange, qui offre 10 000 dollars au reporter imprudent qui a publié le document envoyé par lanceuse d’alerte, Reality Winner, et a mené à son arrestation samedi dernier. Le site internet spécialisé dans la publication de fuites est « responsable de cet échec catastrophique »Politico
  • Pour essayer de convaincre les Républicains de financer le fameux mur qu’il a promis à ses électeurs, le président a proposé de le recouvrir de panneaux solaires et de le rembourser avec l’électricité produite. Il a autorisé les parlementaires à évoqué le projet en mentionnant qu’il s’agissait de l’idée du président – Axios
  • La ville de Portland vient d’autoriser la construction du premier immeuble en bois, de douze étages, appelée « FrameWork » et dont la construction débutera cet automne – AP
  • Tous les éditoriaux au vitriol contre Donald Trump publiés par le Los Angeles Times pendant la campagne présidentielle et après sa victoire aux élections, disponible sur le site, sortira en librairie cet été chez Heyday sous le titre « Our Dishonnest President ».
  • Scott Pruitt, architecte du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat et actuel directeur de l’Agence de Protection de l’Environnement, a affirmé dimanche à la télé américaine que les Etats-Unis avaient créé 50 000 emplois dans l’industrie minière. Une erreur grossière puisque l’industrie minière compte actuellement 50 000 emplois: l’augmentation n’a été que de mille emplois.
    On ne sait pas s’il a fait exprès étant donné que Trump s’est donnée pour mission de raviver cette industrie polluante en déclin depuis trente ans.

    Le déclin de l’industrie minière aux Etats-Unis

Jared Kushner: le gendre idéal en eaux troubles

 

 

  • Jared Kushner, 35 ans, gendre de Donald Trump, ancien propriétaire de l’hebdomadaire The New York Observer et ancien président de l’entreprise familiale et immobilière, Kushner Companies, est devenu le conseiller politique le plus proche du président, dont les principales missions sont la paix au Moyen Orient et la modernisation du gouvernement fédéral américain.

 

  • Il est suspecté dans l’enquête du FBI sur d’éventuelles collusions entre les proches de Trump et les Russes pendant la campagne présidentielle à laquelle il a activement participé: Selon le Washington Post, il aurait demandé à l’ambassadeur russe début décembre 2016, d’instaurer un canal de communication secret entre l’équipe du président-élu et le Kremlin pour éviter d’être surveillé par les services de Renseignements américains.

 

  • L’image du gendre idéal, new yorkais libéral et modéré, qui avait les faveurs des médias est en train de se dissoudre au fur et à mesure des révélations et articles peu flatteurs:
    • Début mai, le Washington Post révèle que Kushner Companies essaye de convaincre des hommes d’affaires chinois d’investir dans un de leurs projets immobiliers du New Jersey en échange du « Golden Visa », un visa spécial offert à ceux qui investissent aux Etats-Unis. Le nom de Jared Kushner et Donald Trumps sont mentionnés durant le séminaire présenté par la soeur de Kushner à Pékin – et fermé aux journalistes.
    • Jared Kushner aurait gardé entre 167 et 569 millions d’actifs et propriétés au sein de Kushner Companies même s’il affirme avoir tout vendu avant d’entrer au gouvernement. Il en aurait effectivement vendu
    • « La carrière de Kushner dans le monde redoutable de l’immobilier new yorkais » est similaire à celle de Donald Trump: des banqueroutes, des connexions familiales et amicales qui le sauvent in extremis, des tactiques douteuses, et un appétit pour la vengeance.
      « Mais comme son beau-père, Jared est en train de se rendre compte que le monde des affaires est différent de celui de la politique et de Washington. »

 

  • Selon le New York Times, « la relation entre Kushner et Trump, la plus stable dans une West Wing très instable » est de plus en plus tendue pour différentes raisons:
    • C’est Jared Kushner qui aurait convaincu Trump de virer le directeur du FBI au mauvais moment, provoquant l’une des pires crises de la jeune présidence.
    • Les luttes d’influence entre Jared Kushner, le « globalist » et Steve Bannon, partisan du « nationalisme économique » au sein de la Maison Blanche ont alimenté les rumeurs et les fuites qui ont inondé les médias durant les premiers Cent Jours du président.
    • L’épisode de Pékin a « violé deux règles: Politiquement, en allant contre la politique d’immigration, et personnellement, car Kushner Companies a fait de l’argent sur le dos de Trump – un péché généralement d’une expulsion immédiate de son orbite. »
    • Le président n’a plus de problème à critiquer publiquement son gendre.

 

  • Les Démocrates ont demandé dimanche à ce que la « Security Clearance », l’habilitation à obtenir des informations confidentielles, lui soit retiré et ont demandé à l’interroger directement.

 

Le kiosque du 24.05.17

 

Trump et la Russie sur Facebook

  • Plus de 50% des internautes américains trouvent leurs infos politiques sur Facebook.
  • Les accusations de collusion entre la Russie et les Etats-Unis ont été les scoops les plus importants comme le prouve ce graphique
  • Fun Fact: C’est la supposée « Golden Shower » de Trump avec des prostituées russes dans un hôtel de Moscou, révélée par Buzzfeed début janvier qui les a intéressés le plus.

    Axios

 

 

 

Fox News en roue et chute libre

  • Daily Beast

    La chaîne câblée a finalement démenti les rumeurs entourant la mort de Seth Rich le 10 juillet dernier. Le jeune homme qui travaillait pour le Comité National Démocrate, a été assassiné à Washington, lors d’une tentative de vol à main armée qui a mal tourné.

  • Le meurtre a eu lieu quelques jours avant le début de la Convention Démocrate: des conspirationnistes d’extrême droite affirment qu’il aurait été assassiné parce qu’il a fourni à Wikileaks des documents incriminants sur le parti et Hillary. Parmi eux, Sean Hannity, le présentateur star de Fox News, obsédé par cette théorie.
  • La chaîne a relancé les rumeurs le 16 mai dernier, relayées par Mr Hannity, l’émission Fox & Friends, Breitbart et même Newt Gingrich provoquant l’embarras de nombre de ses journalistes, et ne s’est rétractée qu’une semaine plus tard.
  • Cette semaine, les parents de Seth Rich ont publié une tribune dans le Washington post pour mettre fin à ces rumeurs qui tentent de « politiser la mort de leur fils ».
  • Sean Hannity a annoncé hier soir qu’il respecterait les voeux de la famille, et arrêterait de discuter du sujet « pour le moment ».
  • Pour Margarett Sullivan « la rumeur sur Seth Rich est devenu le nouveau « pizzagate », une autre théorie du complot née à Washington ».
    « C’est un mouvement contre la vérité qui s’attaque à la raison et à la réalité des faits (…) qui sont aux fondements même de la démocratie » et qui reçoit en plus l’approbation tacite de la nouvelle administration.
    * « The Seth Rich lie, and how the corrosion of reality should worry every American » – The Washington Post
  • * « Fox News & Breitbart, dans un univers parallèle » – Le kiosque de New York

 


Matt Boyle, le « Forrest Gump avec une carte de presse ».

  • Portrait dans The Washingtonian du journaliste Matt Boyle, 29 ans, chef du bureau de Washington pour Breitbart, devenu l’un des journalistes les plus connectés de Washington, grâce à un accès direct à la Maison Blanche: Steve Bannon
  • Il a voté Obama en 2008.
  • Comme Breitbart, sa carrière est celle d’un outsider, refoulé de tous les médias de Washington à son arrivée en 2010, qui a fini au Daily Caller, site d’infos conservateur de Tucker Carlson, l’un des journalistes star de Fox News, où il a fait ses armes.
  • En 2012, il rencontre Steve Bannon qui le forme et lui fait explique que les médias de D.C. appartiennent à l’élite mondiale qui travaillent contre les intérêts de l’Américain et ça marche: Matt Boyle devient l’un des journalistes les plus agressifs et productifs de Breitbart, en guerre constante contre l’establishment politique et médiatique, et est promu chef du bureau de Washington en octobre 2015.
  • Il connait bien Donald Trump qui l’appelle « mon Matty » et a décroché une interview exclusive il y a quelques semaines à la Maison Blanche.
  • Difficile de penser qu’il puisse être indépendant dans son travail vis-à-vis de son ancien mentor aujourd’hui conseiller du président, Steve Bannon.
  • * « Meet Matt Boyle, Breitbart’s (Other) Man in the White House » – The Washingtonian

 


Un lynchage dans le Maryland

  • Richard Collins était étudiant de dernière année à Bowie State University dans le Maryland et lieutenant de réserve de l’armée américaine. Il est mort poignardé dans la nuit de samedi à dimanche dernier alors qu’il attendait un Uber avec deux amis, en dehors du campus.
  • L’assassin, Sean Urbanski, 22 ans, arrêté quelques heures plus tard, est un étudiant a priori sans histoires de l’Université du Maryland (UMD) et membre d’un groupe raciste sur Facebook « Alt Reich: Nation ».
    Dave Zirin, lui aussi étudiant de l’université note dans The Nation, dénonce une recrudescence de messages et menaces racistes un peu partout sur le campus de l’UMD depuis l’élection de Trump: Graffitis, cordes, flyers – un phénomène visible sur l’ensemble du territoire américain.
  • Zirin appelle cet acte de haine par son nom: Un lynchage. Le FBI enquête sur le meurtre pour déterminer s’il s’agit d’un crime raciste.
  • Le chef de la police de UMD a vivement dénoncé ces actes.
  • Beaucoup d’étudiants ont dénoncé le manque de réaction des autorités de l’Université qui n’aurait pas condamné les discours de haine en évoquant la liberté d’expression, et « sans mobilisation contre toutes les formes de haines nationalistes et racistes, du sang innocent va continuer à couler »
  • * « A lynching on the University of Maryland Campus » – The Nation

 


Bannon, le documentaire de Frontline

L’excellent documentaire « Bannon’s War » a été mardi soir dans l’émission Frontline de PBS nous a appris

  • Frontline / PBS

    L’ambition politique de Bannon a toujours contre l’establishment et Washington. Le 9/11 lui a offert un autre ennemi, l’Islamisme radical et un but, la défense des Etats-Unis pour préserver la culture et l’identité judéo-chrétienne assiégée.

  • C’est Bannon qui a transformé Breitbart en puissant média contre Washington et les élites, grâce au financement (10 millions de dollars) de la famille Mercer (soutien de Donald Trump).
    Pas sûr qu’on en serait là Andrew Breitbart, le fondateur du site, n’était pas décédé brutalement d’une crise cardiaque en 2012.
  • Bannon s’est d’abord amouraché de Sarah Palin, lui a dédié un documentaire mais n’a pas réussi à la convaincre de se présenter aux élections présidentielles de 2012
  • Dès l’été 2015, Bannon affirme à une de ses amies qu’il est le manager de campagne de Trump, et met à son service le site alt-right Breitbart qui relait ou devance les mêmes thèmes utilisés par le candidat républicain: L’immigration, les minorités dangereuses, America First.
  • Il a orchestré la travel ban et volontairement anticipé les réactions qu’elle provoquerait pour envoyer un signe fort aux électeurs de Trump: le président tient ses promesses.
  • Bannon a compris que pour rester auprès de Trump, il fallait rester discret et encaisser la responsabilité des échecs du président

 

 


Le reste de l’actualité

  • Le Washington Examiner lance « Trump America », un projet sur quatre ans qui suit neuf comtés qui permis la victoire de Donald Trump
  • Portrait du milliardaire de 79ans, James Leprino, le « Willy Wonka » du fromage, qui tient à son anonymat comme à ses recettes de mozzarella, vendues aux trois grandes compagnies de pizza américaines: Domino’s, Pizza Hut et Papa John’s. Il tient son business depuis 60 ans à Détroit et sa fortune estimée à 3 milliards de dollars. – Forbes
  • Trump a appelé le président philippin Rodrigo Duterte et l’a félicité pour la guerre sanglante qu’il mène contre la drogue: « Vous faites un super boulot! » – The Intercept
  • Les décès accidentels d’enfants par armes à feu: 152 recensés ces trois dernières années sont un casse tête juridique pour les autorités. Dans la moitié des cas, aucune charge n’est retenue contre les parents, dans l’autre, la négligence des parents peut aller jusqu’à plusieurs années de prison.
    1,7 millions de jeunes Américains vivent dans des foyers dans lesquels ils ont accès à des armes chargées et non sécurisées – USA Today & AP
  • Richard Garcia, Un flic du Los Angeles Police Department, filmé en train de tabasser un afro-américain en 2014, a été condamné à deux ans de prison avec sursis, moins que la peine suggérée. Il pourrait réintégrer son poste au sein de la police – Los Angeles Times

Le Kiosque du 24.04.17: Trump & les chaînes d’info + Le show de la Maison Blanche + Travis Kalanick, une ordure & La relève Murdoch

 

  • L’obsession de Trump avec les chaînes d’info câblées

    Lors d’un déjeuner à la Maison Blanche le mois dernier, la question de la sécurité des emplois a été abordée et si le porte parole de la Maison Blanche, Sean Spicer allait être viré.
    La réponse du président a été rapide et sans équivoque. « Je ne vais pas virer Sean Spicer » a-t-il répondu. « Le gars fait beaucoup d’audience. Tout le monde le regarde. »
    Trump a même comparé la conférence quotidienne de Spicer à un soap opéra et noté fièrement qu’il rassemblait autant de téléspectateurs.
    Pour Trump – un star de télé réalité qui a réussi à transformer son charisme du petit écran en figure politique victorieuse – la télévision apparait comme la force motrice de sa journée, une arme et un scalpel, un mégaphone et un fil d’information. 

    Le président des Etats-Unis s’inspire des informations des chaînes câblées pour tweeter, pour aborder les questions politiques du jour, pour s’informer et les utilise pour s’adresser directement à son public.
    La télévision est aussi devenue le moyen privilégié utilisé par les diplomates, alliés et adversaires et acteurs de la vie politique en général pour attirer l’attention du président sur tel ou tel problème et même obtenir un coup de téléphone avec Commander-in-Chief

    *  » ‘Everyone tunes in’: Inside Trump’s obsession with cable TV » – The Washington Post

 

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  • Nouvel avenir pour Fox News

    Illustration by Robert Carter for The New York Times

    James et son grand frère, Lachlan, 45 ans, le président de 21st Century Fox, fermement établis comme les successeurs de leur père, se donnent beaucoup de mal [dans l’entreprise].

    Leur père reste très impliqué mais ses fils semblent déterminés à débarrasser la compagnie de cette vieille culture interne et espiègle et diriger les opérations vers un futur numérique.
    Ils travaillent pour faire de l’empire familial le leur, et pas celui que le père Murdoch a créé pour épouser ses sensibilités. (…)
    Au cours de sa carrière, Rupert Murdoch a montré à plusieurs reprises qu’il était prêt à sacrifier la réputation de son entreprise pour davantage de profits – traiter les gens avec peu d’égard, laisser passer des comportements déplacés pourvus que les résultats soient là, récompenser les conflits internes.

    Quand ses enfants ont repris le flambeau il y a deux ans, ils ont rapidement créé une atmosphère de travail plus chaleureuse, au moins dans certaines sections de l’entreprise et se sont détachés d’une culture à l’encontre du politiquement correct, du moins pour Fox News, qui a permis certains dérapages dont sont aujourd’hui accusés aujourd’hui Mr Ailes et Mr O’Reilly [tous les deux mis à la porte ces derniers pour des accusations de harcèlement sexuel]

    Changement de culture profond entre Murdoch Senior qui a construit le succès de la chaîne grâce à Mr Ailes et Mr O’Reilly, présents depuis la création, virés par les successeurs, les enfants Murdoch qui veulent instaurer une nouvelle culture d’entreprise plus transparente, conciliante, et progressive, notamment vis-à-vis des femmes.

    * « In House of Murdoch, Sons set about an Elaborate Overhaul » –  The New York Times

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  • Que du cinéma!

     

    Matt Chase for Politico

     

    Quand il ne fulmine pas sur scène ou sur Twitter, le président a réussi à avoir des relations cordiales avec des reporters depuis qu’il est entré à la Maison Blanche, en montrant davantage de courtoisie qu’il peut en avoir avec sa propre équipe.

    Quand le stratège en chef [du président], Steve Bannon n’appelle pas les médias, « le parti d’opposition », il félicite des journalistes pour leurs histoires, et quand Spicer [le porte parole de la Maison Blanche] ne s’énerve pas derrière son podium, il est occupé à maintenir ses relations avec la presse ou en construire de nouvelles. (…)
    Si les membres de la West Wing fantasment sur leur pouvoir de destruction des médias traditionnels, ils sont trop divisés et obsédés par leur propre image pour y arriver.
    Et quelle que soit la frustration provoquée par cette administration qui entretient des rapports très fragiles avec la vérité et un patron qui enchaîne les caprices, les journalistes se sont régalés des conflits et du chaos.
    La Maison Blanche est un nid de vipères remplie d’intrigues et de suspicions, un endroit où les représentants se battent quotidiennement par presse interposée pour dévorer avec enthousiasme le lendemain les comptes rendus.
    Le grand secret de 1600 Pennsylvanie Avenue, c’est que la guerre contre les médias n’en n’est pas une, c’est un reality show qui divertit et mobilise ses supporters pendant qu’il courtise ceux qui lui importent le plus: les journalistes

    * « Trump’s Fake War on the Fake News » – Politico

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  • Le jeu dangereux de Travis Kalaknick, le CEO du Uber

    Pour transformer Uber en leader mondial des transports, Mr Kalanick a ignoré certains règles et normes, et ne les à accepter que quand il était pris sur le fait.
    Il a bafoué les régulations concernant les transports et la sécurité, s’est heurté à des concurrents traditionnels et capitalisé sur des failles juridiques et zones grises pour avantager sa compagnie.
    Dans ce processus, Mr Kalanick a réussi à créer une nouvelle industrie des transports, avec Uber, qui s’est répandue dans 70 pays, a été évalué à 70 milliards de dollars et continue d’être un business qui se développe. (…)
    Repousser toujours les limites n’est pas rare chez les entrepreneurs de la Silicon Valley. Mais Mr Kalanick est allé bien trop loin avec Uber, y compris les mensonges avec Apple, le sabotage de la concurrence et autoriser la compagnie à utiliser un outil secret appelé Greyball pour duper les forces de l’ordre. (…)
    Ces derniers mois, la compagnie a été accusée d’entretenir une culture d’entreprise machiste dans laquelle les managers abusent verbalement, physiquement et parfois sexuellement les employés.
    Mr Kalanick a conforté cette image lors d’une attaque verbale avec un conducteur de Uber en février dernier, un incident enregistré par le conducteur qui a été mis en ligne.
    Le leadership de Mr Kalanick est aujourd’hui très critiqué.

    Uber enchaîne les mauvaises « PR nightmares » depuis plusieurs mois et son patron charismatique a très mauvaise réputation, ce qui pourrait faire fuir les investisseurs et pousser les consommateurs vers la concurrence. 

 

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  • L’épidémie d’opiacés de synthèse toutes les couches de la société

    Austin Glass tient une enveloppe et y sort un document qu’aucun fils de 26 ans ne voudrait avoir à tenir.
    C’est le rapport du médecin légiste qui porte le nom de sa mère, Teri Sue. Après une série d’opérations liées à un cancer, la femme de 56 ans est devenue accro aux opiacés de synthèse et est morte l’année dernière d’une overdose de médicaments prescrits. (…)
    Après avoir passé en revue les dossiers du médecin légiste, j’ai trouvé une concentration et une augmentation croissante du nombre de femmes mortes à cause des abus de ces médicaments.
    Le centre fédéral de contrôle des maladies rapporte les mêmes constats.
    Sur les 78 femmes qui sont mortes d’une overdose d’opiacés l’année dernière [dans le Orange County en Californie], soixante étaient dans leur quarantaine ou plus âgés – 49 accidentelles et 11 considérées comme des suicides.

    L’épidémie d’opiacés qui ravage le pays n’est pas limitée aux jeunes défavorisés ou en rupture avec la société mais touche toutes les couches générationnelles, sociales et professionnelles.

 

Les unes des quotidiens

Le Kiosque du 14.04.17

 

 

  • Les médias conservateurs aiment les grosses bombes

    Au milieu d’une semaine plutôt déprimante pour beaucoup de conservateurs qui ont vu le président changer de bord sur à peu près l’ensemble de ses positions en matière de relations internationales – de « Je ne suis pas le gendarme du monde » à « je soutiens la mondialisation et les organisations internationales »
     
    Les médias de droite se sont néanmoins réjoui hier après midi du largage inattendu de la Mother Of All Bombs sur des « repères stratégiques et un ensemble complexe de tunnels » en Afghanistan (près de la frontière pakistanaise) qui appartiendraient des djihadistes de Daech.
     
    Le président n’a pas précisé si c’était lui qui avait ordonné l’attaque avec des explications incompréhensibles: « Tout le monde sait ce qu’il s’est passé. Ce que je fais c’est que j’autorise les militaires »
     
    « Une autre promesse de campagne tenue » s’est félicité The Gateway Pundit: « He [bombed] the shit out of ISIS » comme il l’avait promis l’année dernière et la plupart des médias conservateurs à l’instar de Drudge Report, Fox News, et Breitbart ont salué la décision.
     

    The Daily Caller / Facebook

     
    C’est une démonstration de force incontestable contre le terrorisme (qui aurait fait 36 morts selon les autorités afghanes et aucune victime selon le porte parole de Daech) mais aussi contre les autres puissances nucléaires, au moment où le président américain a affirmé que le problème « nord-coréen sera réglé ».
     
    Il a clairement voulu montrer une différente approche que celle de son prédécesseur Barack Obama et semble vouloir résoudre au plus vite les menaces qui pèsent sur les Etats-Unis, notamment la possibilité que l’arsenal nucléaire de la Corée du Nord puisse atteindre Seattle dans les prochains mois.
     
    Leon Panetta, ancien Secrétaire de la Défense a appelé hier à la retenue en rappelant que les stratégies d’ endiguement et de dissuasion avait permis de neutraliser tout embrasement nucléaire avec la Russie pendant cinquante ans.
     
    Sean Spicer a affirmé hier que les Chinois devaient prendre en main le problème à la suite de la rencontre plutôt réussie entre le président Xi et Trump la semaine dernière à Mar-a-Lago, en Floride.

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  • Mais où est passé Stephen Miller?

    C’était les deux coqueluches du président il y a à peine deux mois, « mes deux Steve » qui lui ont écrit son discours d’investiture « American Carnage », les auteurs des deux décrets anti-immigration, un des échecs politiques de ce début de présidence.
     
    Aujourd’hui, l’un des deux, le plus charismatique, Steve Bannon est sur la sellette et haï par les médias.
     
    L’autre, c’est Stephen Miller, 32 ans, ancien conseiller parlementaire de Jeff Sessions, actuel ministre de la justice, a disparu de la circulation après un passage très critiqué sur les plateaux télé début février au cours duquel il a critiqué l’indépendance du pouvoir judiciaire envers le pouvoir exécutif et lancé des accusations de fraude électorale, sans aucune preuve.
     
    Selon Politico, le jeune Stephen aurait depuis pris ses distances avec Bannon et se serait rapproché du plus important conseiller et gendre du président, Jared Kushner, avec qui il travaille aujourd’hui dans l’American Office of Innovation sur des sujets moins polémiques: les congés parentaux, soins des enfants et des femmes laissant de côté son sujet de prédilection, l’immigration.
     

    L’évolution et la divergence des fortunes des deux conseillers les plus idéologiquement engagés par le président, deux fervents nationalistes qui ont forgé leur partenariat en travaillant ensemble à saper le projet de réforme sur l’immigration (« Gang of Eight ») illustre les changements d’impératifs pour le cercle rapproché de Trump au fur et à mesure qu’il apprend à gouverner.

     
    * « Trump got a new favorite Steve »Politico

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  • Steve Bannon, une revanche à la « Kill Bill »

    On évoquait hier la possibilité que Steve Bannon utilise Breitbart comme machine de guerre contre Donald Trump si ce dernier venait à le virer de la Maison Blanche.
     
    Même si les médias libéraux s’acharnent sur le personnage et publient depuis dix jours des articles sur sa progressive déchéance face à Jared Kushner et Gary Cohn, directeur du Conseil économique national, les médias de droite sont plus modérés sur l’avenir du « Darth Vador » de la politique.
     
    C’était sans compter le point de vue de Ben Schreckinger, journaliste de Politico, qui a demandé à ses collègues à quoi ressemblerait la revanche de Bannon:
     

    Leurs suggestions pointent vers une saga épique de vengeance du style Kill Bill qui commence avec Bannon qui lâche des informations embarrassantes sur ses ennemis aux tabloïds, qui utilise le mégaphone de Breitbart News pour exacerber les divisions à l’intérieur de l’administration et qui lance une armée de trolls sur internet contre ses adversaires pour les harceler et les diffamer.
    Ca se terminerait par Bannon qui utilise les données de Cambridge Analytica pour identifier et rallier les alliés les plus vulnérables de Trump du Congrès, publier un documentaire « Comment Trump s’est trompé » à la veille des élections de mi-mandat et enfin au bout de cette épopée, se présenterait contre Trump en 2020.

     
    * « Don’t count Bannon Out Yet » – Slate / « Today in Conservative Media
    * « Trump fired Bannon, Would He Seek Revenge? » – Politico

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  • United: l’addition va être salée

    Interrogé sur l’éventualité d’une plainte, l’avocat de David Dao, le passager qui a été assommé puis désembarqué de force par la sécurité de l’aéroport de Chicago, a répondu par l’affirmative jeudi lors d’une conférence de presse:
     

    Je mets quiconque au défi de suggérer qu’un usage abusif de la force et la violence n’a pas été utilisé pour évacuer Mr Dao de l’avion.

     
    Il a ajouté que son client avait été davantage traumatisé par cet incident que par son exil du Vietnam, une expérience qui remonte à quarante ans.
     
    Sa fille a affirmé que sa famille était « choquée et horrifiée » par la vidéo de l’incident.
    La victime est sortie de l’hôpital mercredi et a souffert d’un traumatisme crânien, un nez et deux dents cassées et doit faire de la chirurgie réparatrice.
     
    La compagnie aérienne qui vient de passer une semaine cauchemardesque: son CEO a d’abord d’abord défendu la politique de la compagnie et insisté sur la résistance du passager avant de reconnaître la violence de la situation et de s’excuser. D’autres parts le vol n’était pas « surbooké » car c’est après que tous les passagers se soient installés que quatre membres d’équipage ont voulu embarquer – c’est donc la seule responsabilité de United qui pourrait être condamné à payer des millions de dollars de dommages et intérêts à Mr Dao.
    Mais le « Chicago Aviation Department », responsable de la sécurité de l’aéroport et qui dépend de la ville, pourrait également être l’objet d’une plainte car elle doit répondre du comportement de ses trois employés qui ont interpellé le passager – aujourd’hui suspendus..

     
    Pire encore, ces derniers n’étaient pas des policiers mais portaient des uniformes affirmant le contraire et contre l’avis de leur direction.

 

  • « To Town Hall or not to Town Hall? »

    Les parlementaires et sénateurs du Congrès américains entrent dans leur deuxième de « recess », de retour dans leur circonscription, où ils doivent affronter la colère et les questions de nombreux électeurs, démocrates et républicains, sur les premières semaines du président, leur soutien à telle ou telle politique, notamment le remplacement d’Obamacare ou l’arrêt des subventions allouées à Planned Parenthood.
     
    Certains, comme le sénateur républicain du Nevada, Dean Heller, ont exprimé, en privé, leur réticence à participer à ces réunions publiques:
     

    Ca va être une longue journée, c’est le moins qu’on puisse dire. Deux heures de réunion – deux heures où les gens te crient dessus. Ca va être quelque chose mais c’est une case de cochée en plus »

     
    La situation de Heller est particulièrement inconfortable car il pourrait sa réélection en 2018 est compromise.
    Mais d’autres membres du Congrès américain dans des situations similaires ont ne préféré ne pas affronter leurs élus. Dans ces cas là, certaines groupes militants de gauche, comme « Individible » organisent des « empty chairs Town Hall« : des réunions organisées par des citoyens à l’intention de leurs élus et auxquelles ces derniers n’assistent pas.
     
    Ce sont surtout les Républicains qui évitent ce genre de face-à-face qu’ils considèrent comme des pièges politiques et préfèrent des conversations téléphoniques – souvent filtrées – ou des réunions plus petites qui permettent « une meilleure communication et invoquent également des problèmes de sécurité.
     
    * « Republicans decide: To town hall or not to town hall? »CNN

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  • Couverture du Jour

    Le Time consacre sa couverture à Sheryl Sandberg, la fameuse COO de Facebook, milliardaire et auteure du best seller « Lean In » sur la capacité des femmes à réussir au travail et à la maison, qui a perdu brutalement son mari en 2015 d’une crise cardiaque.
     
    Elle vient de publier un nouvel ouvrage « Option B: Facing Adversity, Building Resilience and Finding Joy » qui sortira le 24 avril prochain.
     

    Quand elle a perdu son mari, Sheryl Sandberg a également perdu ses repères. Maintenant elle veut aider les autres à dépasser leur chagrin. (…) ce que Sheryl a appris (…) c’est qu’il y a trois mythes auxquels les gens s’accrochent qui les empêche de se redresser face à l’adversité. La première c’est qu’ils sont responsables de qui leur est arrivé. La seconde est que la tristesse doit encadrer leur vie. Et le troisième est qu’ils ne se sentiront jamais mieux. Sandberg, une communicante née, appelle ces erreurs les trois P: Penser l’adversité comme Personnelle, Omniprésente (pervasive) et Permanente.

     

Le kiosque du 13.04.17: Trump « Globalist » – Une future alliance Breitbat+Bannon vs Trump? – Charging Bull vs Fearless Girl – 35 personnalités médias NY

 

 

  • Donald Trump, nouveau supporter de la mondialisation

    Difficile d’imaginer un tel revirement entre le discours apocalyptique et ultra-nationaliste de Donald Trump le 20 janvier dernier et ses positions en termes de politique étrangère cette semaine, qui feraient « presque penser à un président républicain conventionnel ».
     

    • Le lancement de 59 missiles sur une base aérienne du gouvernement syrien contre l’attaque chimique qui a tué des dizaines de civils quelques jours plus tôt et attribuée au régime d’Assad.
    • Critique de l’attitude belliqueuse de Steve Bannon à la Maison Blanche – ce dernier aurait affirmé aux journalistes du New York Times, ne pas « être un team player »
    • Affirmer que l’OTAN « n’est plus obsolète » après lui avoir cassé du sucre pendant des mois
    • Affirmer au Wall Street Journal que la Chine ne manipule plus les devises (« currency manipulators »), comme il l’a tweeté à plusieurs reprises ces derniers mois.
    • Considérer son rôle comme mondial et pas seulement assujettis aux intérêts américains: « Le monde est chamboulé (…) Quand j’aurai terminé, ce sera un endroit bien plus agréable à vivre parce qu’aujourd’hui c’est dangereux »
    • Prendre ses distances avec la Russie de Poutine, dont les relations seraient « au plus bas ».Rappelons quand même que Donald Trump n’en est pas à une contradiction prêt: il adopte aujourd’hui des positions mondialistes qui lui rapportent le plus de soutien auprès médias et de la population mais il a toujours été nationaliste préoccupé avant tout par les intérêts des Etats-Unis.
      Ce revirement est peut-être le seul moyen pour lui aujourd’hui de rassembler et de regagner un peu de popularité – même ses tweets n’ont plus rien de scandaleux!

       
      * « Trump Globalist Reinvention » – Axios
      * « Donald Trump’s Globalist Makeover » – The Daily Beast

 

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  • Breitbart, Trump et Bannon: la fin du ménage à trois?

     

    Les commentaires du président [envers Steve Bannon] ont été décrits par des représentants de la Maison Blanche comme un savon et une réprimande, mais un ami de Bannon a comparé sa situation à celle d’un membre de la famille en phase terminale qui a été placé en soins palliatifs.

     
    Steve Bannon est un casse-tête pour Donald Trump, car il est garant d’un soutien médiatique et populaire de Breitbart sans précédent (98 millions de visiteurs par mois) et il a également le soutien financier de la famille Mercer, l’un des plus importants donateurs de la campagne de Trump.
    S’en séparer pourrait le fragiliser sur ses deux fronts, dont il a besoin pour promouvoir sa politique et son administration.

     

    Trump ne cesse de décevoir Breitbart depuis sa victoire aux élections mais le site n’a pas hésité a lui tirer dessus à chaque fois. Avec l’influence de Bannon qui diminue dans la West Wing, la volonté de Breitbart de se retenir pourrait également diminuer.

     
    Bannon pourrait se retourner contre le président s’il venait à démissionner ou être viré: Il y a de fortes chances pour qu’il récupère les rênes de Breitbart et l’utilise pour tirer sur l’administration et les contradictions évidentes de sa politique. 
    Dans un article publié hier, Breitbart affirme que Bannon est la garant des promesses de campagne de Trump:
     

    Plus que n’importe quel autre membre de l’orbite de Trump, l’ancien directeur média et animateur radio, connu pour ses combats politiques à mains nues, a ses propres supporters. Il est considéré comme les cercles conservateurs comme la colonne vertébrale idéologique de la Maison Blanche dirigée par un président qui aime la flexibilité

     
    En attendant, Bannon est le parfait bouc-émissaire du président, détesté par les médias qui se réjouissent de sa déchéance: C’est un jeu dangereux pour le président qui pourrait perdre une partie de sa base électorale
     
    * « Trump risks turning Breitbart into an enemy by sidelining Bannon »The Washington Post
    * « Is Bannon in peril? Trump comments worry his populist base » Breitbart

 

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  • La mort mystérieuse d’une juge new yorkaise

    La juge Sheila Abdus-Salaam, première Afro-américaine musulmane nommée par le gouverneur démocrate Cuomo à la cour d’appel fédérale de l’Etat de New York en 2013, a été retrouvée morte hier après midi; son corps tout habillé flottait dans l’Hudson River.
     
    Sa disparition a été signalée par son conjoint la veille, mardi 11 avril.
     
    Aucun signe de coups n’a été détectée par les médecins, et l’autopsie devrait révéler les causes de la mort.

    A la cour, la juge Abdus-Salaam était considérée comme l’une des voix les plus fiables et libérales, qui prenait souvent le parti des vulnérables – les pauvres, les immigrés dans le besoin, ceux qui souffraient de maladies mentales – contre les intérêts des plus puissants. Elle avait également tendance à soutenir les victimes de fautes, de fraudes, de ruptures de contrats contre les corporations.

     
    La police pense à un suicide.

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  • Fearless Girl vs Charging Bull

    Depuis qu’elle a été installée en face du Charging bull de Wall Street, le 7 mars dernier, à l’occasion de la Journée de la femme, la statue de la Fearless Girl n’a cessé d’être l’objet de controverses, et pour les mauvaises raisons: Elle a été prise d’assault par un jeune homme, puis recouverte du drapeau de la campagne de Trump, « Make America Great Again » et transformée, malgré elle, en supporter du président.
     
    Le lot de déconvenues qui arrive généralement à ce genre de symbole, surtout dans cette période de tensions politiques extrêmes aux Etats-Unis.

     
    La dernière controverse a été déclenchée par le sculpteur du Charging Bull, Arturo Di Modica, visiblement irrité par le succès de la Fearless Girl qui affirme que « la présence de la fille enfreint ses droits artistiques en modifiant la dynamique créative » de son animal.
     
    La statue de la Fearless Girl, réalisée par l’artiste Kristen Vibal, placée devant Wall Street pour dénoncer le manque de représentation des femmes dans les grandes compagnies, a été un immense succès depuis et une pétition a circulé pour qu’elle reste là ou elle est.
    La statue du Charging Bull avait été installée en 1987 à la suite du krach financier, et sans autorisation, pour protester contre la résilience des milieux financiers, avant que son succès lui offre une résidence permanente.

    Le maire de New York, Bill de Blasio, a annoncé que la statue resterait à sa place, au moins jusqu’à l’année prochaine. 

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  • « 35 Most Powerful People in NY Media »

    Le rendez vous annuel de The Hollywood Reporter et son classement des personnalités les plus puissantes des médias new yorkais, qui surfent quasiment toutes sur le « Trump Bump ».
    On retrouve tous les producteurs, rédacteurs en chef, journalistes et présentateurs qui comptent à New York
     

    • Les journalistes: Anderson Cooper (AD 360 sur CNN), Lester Holt (NBC Nightly News), Megyn Kelly (ancienne de Fox qui arrive cette année sur NBC), Don Lemon (CNNTonight), Rachel Maddow (TRMS sur MSNBC), David Muir (« Wolrd News Tonight » sur ABC)
    • Producteurs: Jeff Fager (60 minutes sur CBS), Lorne Michaels (Saturday Night Live sur NBC)
    • Rédacteurs en chef: Jesse Angelo (New York Post), Dean Baquet (New York Times), Ben Smith (Buzzfeed), Adam Moss (New York), David Remnick (The New Yorker) et Anna Wintour (Vogue)
    • Late Night Shows: Samantha Bee (Full Frontal), Stephen Colbert (Late Night), Jimmy Fallon (« Tonight Show »), Seth Meyers (« Late night »), Trevor Noah (« The Daily Show’), john Oliver (« Last Week Tonight » sur HBO)
    • Comiques/Variétés: Alex Baldwin (Donald Trump dans Saturday Night Live), Andy Cohen (producteur des « Real Housewives » sur Bravo)
    • Présentateurs: Bill O’Reilly et Sean Hannity de Fox NEws et Joe Scarborough et Mika Brzezinksi de « Morning Joe », Howard Stern
       
      Egalement disponible, la liste des journalistes de la Maison Blanche qui eux ont aussi, profitent de la nouvelle administration; ICI

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  • « Saturday Night Live » accusé de plagiat

    C’est le genre de polémiques qu’il faut rapidement régler avant qu’elle ne prenne des proportions exagérées et ternissent l’image de l’émission satirique qui vient de réaliser sa meilleure saison depuis vingt ans.
     
    La semaine dernière, Louis C.K. était l’invité de « Saturday Night Live » et l’un de ses sketchs, intitulé « Birthday Clown », l’histoire d’un homme déprimé qui invite un clown chez lui pour lui remonter le moral, est un plagiat d’un sketch réalisé Tig Notaro, intitulé « Clown Service ». 
     
    Il ne s’agit pas d’une coïncidence puisque l’un des écrivains de SNL était au courant de l’existence de cette vidéo, affirme Mme Notaro dans un communiqué.
    Détail qui n’arrange pas les choses: la comédienne était proche de Louis C.K. jusqu’à l’année dernière.

    Ce n’est pas la première fois que le show de NBC est accusé de plagiat, ni Louis C.K. et aucun des deux n’a encore répondu aux accusations.

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  • Couverture du jour