Le kiosque du 30.04.17

 

 

  • Le danger Facebook

    Facebook est devenue une « force politique et culturelle mondiale » avec deux milliards d’utilisateurs mensuels, et 1,2 milliards quotidiens.
    C’est l’entreprise d’informations la plus large et la plus influente au monde avec « une audience plus importante que n’importe quel réseau de télé américain ou européen, que n’importe quel journal ou magazine ou site d’info du monde occidental ».

     
    C’est aussi la plus grande force mobilisatrice en politique. 
     
    Pourtant, au cours de l’année 2016, le réseau social est devenu un dangereux « vecteur de désinformation » qui a renforcé les « bulles partisanes », créé « un environnement médiatique propice à l’élection de Donald Trump » et bouleversé la Silicon Valley qui est passée « en l’espace de quelques mois d’une ville politiquement désengagée à un centre de résistance contre Trump ».
     
    Comment expliquer et empêcher cela?
     
    Les ingénieurs de Facebook se sont moins intéressés au contenu du fil d’information des utilisateurs – au coeur de problème – qu’aux aux résultats quantifiables des actions des internautes sur le site – la conséquence – car
    l’objectif final est d’identifier ce qu’ils veulent, ce qui méritent leur attention et de continuer à leur en donner.

     

    Quant aux solutions à apporter contre « la mésinformation »- ce climat diffus de rumeurs, de propagande et de théories du complot dont est responsable Facebook – pourrait l’obliger à faire quelque chose qu’elle n’a jamais fait: ignorer les likes et dislikes de ses utilisateurs.

     
    * « Can Facebook fix its own worst bug » – The New York Times magazine

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  • L’effet bulle des médias toujours plus important

    Une carte de Politico qui illustre la concentration des médias dans les comptées démocratiques. En rouge les votes Trump en 2016 contre ceux de Clinton en bleu et les Bulles représentent les 150 comtés qui ont le plus d’emplois dans les médias

    « Comment est-ce que les grands médias américains ont pu louper le phénomène Trump? (…)
    Certains conservateurs ont accusé la presse à grande majorité démocrate de prendre parti pour Clinton, mais ce soit-disant parti-pris ne tient pas puisqu’aucun organe de presse n’a ignoré l’histoire des emails de Clinton, tout le monde s’est gargarisé sur la correspondance [piratée] de John Podesta [son directeur de campagne] que Wikileaks a servi sur un plateau d’argent.

     

    Pour Nate Silver, de FiveThirtyEight, c’est l’hyper-homogénéité idéologique des « newsrooms » (à 93% démocrates) qui expliquent la « myopie de la presse »; même constat pour Steve Bannon, ancien président de Breitbart qui affirmait au lendemain de la victoire de Trump: « La bulle médiatique est le symbole ultime de ce qui ne tourne pas rond dans ce pays, c’est une cercle de gens qui se parlent entre eux sans avoir aucune idée de ce qu’il se passe ».

     

    Mais [ces explications] sont le symptôme [d’une situation] et pas sa cause.
    Et quand on en vient aux causes, il existe une autre façon de penser le problème (…)

    On trouve cette réponse sur une carte.
    Où est-ce que les journalistes travaillent et est-ce que [cette distribution] changé ces dernières années? (…)

    Les médias nationaux travaillent dans une bulle qui n’existait pas il y a une dizaine d’années.
    Cette bulle ne cesse de grossir. Concentrée le long des côtes, elle est géographique et politique. Si tu es journaliste, il a beaucoup de chances pour que tu vives dans une circonscription pro-Clinton – et très certainement l’une des plus « pro-Clinton ».
    Et tu as même de la compagnie puisque si tu es un lecteur de Politico, il y a beaucoup de chances pour que tu sois un citoyen de Bubbleville, aussi.

     
    Au début des années 2000, il existait encore une sorte d’équilibre entre les magazines, radio et télés concentrées depuis plusieurs générations entre New York et Los Angeles, et de nombreux quotidiens et leurs journalistes éparpillés un peu partout sur le territoire, dans des grandes, moyennes et petites villes.
    Ca n’est plus le cas aujourd’hui.
    Les employés travaillant pour les quotidiens et hebdomadaires sont passés de 455 000 dans les années 90 à 173 000 en 2017, à cause notamment des baisses de revenus publicitaires et montée d’internet, qui ont touché en premier les zones les plus rurales.
     
    * « The Media Bubble is worse than you think » – Politico

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  • Thou Shalt Not Kill

    L’Histoire d’une jeune fille adoptée qui découvre que son père biologique est dans les couloirs de la mort, et qui décide malgré tout de construire une relation avec lui: L’homme n’a rien à voir avec le crime odieux commis vingt ans plus tôt (le viol et le meurtre de deux femmes à quelques années d’intervalles).
     
    Gina Grimm n’a pas été autorisée à assister à l’exécution de son père qui a eu lieu lundi dernier dans le Cummins Unit du centre pénitentiaire d’Arkansas. Il est l’un des huit condamnés à mort que le gouverneur Asa Hutchinson voulait voir exécuter en dix jours avant la fin du mois d’avril, date à laquelle l’une des drogues utilisées pour l’injection létale expirait – seulement quatre d’entre eux ont été exécutés. 

     
    La mort de Mme Grimm a pris plus de temps que prévu à du surpoids de Mr Jones Jr, plus deux cent kilos et un problème avec le seringue qui aurait été mal introduite.
     

    Sur la route de Little Rock [capitale de l’Arkansas] plus tard dans la journée, Grimm a ressenti une pression sur la poitrine, une profonde angoisse dont elle n’a pas réussi à se libérer. Elle est contente d’être venu en Arkansas pour dire au revoir à son père. Plus inattendu, elle s’est liée d’amitié avec une communauté de militants [contre la peine de mort] dont elle ne connaissait pas l’existence.
    Mais même les messages de ses amis et de sa famille [adoptive] n’ont pas réussi à la calmer ce jour là.
    Tout ce qu’elle voulait c’est rentrer chez elle le plus tôt possible pour retrouver ses enfants et essayer de commencer son deuil.
    « J’ai juste besoin d’être dans un endroit normal »

     
    * « How a Daughter’s Search for her biological father led her to an execution in Arkansas » – The Intercept

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  • La plus grande bibliothèque du monde 

    meshaphoto / Getty / Konstantin Orlov / Shutterstock / Katie Martin / The Atlantic

    The Atlantic s’intéresse au projet grandiose entrepris par Google en 2002 qui visait à scanner la plus grande collection de livres au monde, des millions d’ouvrages empruntés aux bibliothèques des universités du Michigan, De Harvard, du Congrès américain.
    Dix ans plus tard, « Project Ocean » a numérisé 25 millions de livres pour un coût estimé à 400 millions de dollars grâce « un exploit technologique et logistique »: Des dizaines ingénieurs ont mis au point des stations automatisées capables de scanner mille pages par heure…

     
    En août 2010, Google a annoncé qu’il existait 129 864 880 livres dans le monde et qu’ils allaient tous les numériser pour les rendre disponibles dans un moteur de recherche appelé Google Book Search.
    Jusqu’à ce que les écrivains et éditeurs aient vent du projet et immédiatement dénoncé une violation des droits d’auteur à une échelle mondiale.
     
    Le projet de Google était au départ de recenser uniquement tous les livres, titre, auteur, date de publication et d’ ajouter un court extrait dans une base de données et s’est transformé en une numérisation de masse, sans demander au préalable le droit de copier. 

     
    La possibilité de donner une seconde vie aux livres en ligne représentait à la fois une formidable opportunité financière pour les auteurs et éditeurs, mais quid des anciens ouvrages, de ceux qui appartiennent ou non au domaine public?
    L’accord Google Book Search qui offrait un accès illimité de ses ressources aux bibliothèques, reversaient une partie des bénéfices aux écrivains et éditeurs, et un retour sur investissement pour Google mais donnait aussi à la compagnie le monopole de l’industrie de l’édition numérique et un pouvoir illimité sur la « connaissance: en général.
    L’accord n’est jamais passé et Google dispose aujourd’hui d’une banque de données de 25 millions de bouquins inutilisables.

     
    * « Torching the Mordern-Day Library of Alexandra » – The Atlantic

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  • L’homme le plus malchanceux au monde

    26 mars 2016, Otto Warmbier entouré de deux officiers nord coréens (AP Photo/Jon Chol Jin)

    Otto Warmbier, originaire de Cincinnati dans l’Ohio, était en première année à l’Université de Virginie, lorsqu’il est parti visiter la Corée du Nord, avec une trentaine d’autre jeunes étudiants originaires du monde entier, encadré par un tour operateur spécialisé dans les régions à risques (Afghanistan, Tchernobyl, Turkménistan,…). Le « New Year’s Party Tour » s’est déroulé sans problème pendant cinq jours jusqu’au départ à l’aéroport de Pyongyang où le jeune homme de 21 ans a été arrêté pour, selon les autorités nord-coréennes, « avoir perpétré un acte hostile contre la RPDC [La République populaire démocratique de Corée].
     
    Six semaines plus tard, il a été condamné lors d’un semblant de procès à quinze ans de travaux forcés après avoir admis son crime: avoir essayé de voler des pancartes de propagande dans son hôtel.

    Il est emprisonné dans une location tenue secrète depuis 482 jours et « le monde semble l’avoir oublié » même si le Département d’Etat affirme que « le gouvernement américain cherche à assurer sa libération ».
     
    Certains experts pensent qu’il pourrait être utilisé comme un bouclier humain contre les menaces américaines et son sort dépend aujourd’hui des relations entre les Etats-Unis et la RPDC.
    En attendant il pourrait subir le même sort des 120 000 autres prisonniers nord-coréens condamnés à travailler 12 heures par jour dans des goulags.

     
    * « Otto Warmbier has been a prisoner of North Korea since the start of 2016. Has America forgotten him? » – Time

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  • Les unes du dimanche 30 avril 2017

Mercredi 15 mars: Breitbart vs Ryan – Visas en danger – Steve Bannon hait l’Europe – WaPo & NYTimes cartonnent

 

  • Les déclarations d’impôts de Trump: des fuites mais toujours pas le Saint Graal

    Déçus les journalistes américains qui ont dû écouter pendant vingt minutes à écouter la longue et ennuyeuse introduction de Rachel Maddow, présentatrice d’une émission politique sur MSNBC, avant de découvrir les très attendues déclarations d’impôts du président.
    Rien de très intéressant dans ces deux pages qui ont atterri dans la boite aux lettres d’un « obscure » (dixit Trump) journaliste de Washington, David Cay Johnston et qui révèlent que Donald Trump a bien payé des taxes en 2005 – 38 millions sur 150 millions revenus.

    L’info importante, c’est qu’il existe des informateurs capables de se procurer ces documents ultra-confidentiels, et qu’on devrait sans doute s’attendre à de nouvelles révélations dans les prochaines semaines.
    Dean Baquet, le rédacteur en chef du New York Times est même prêt à aller en prison pour décrocher « le Saint Graal » et les diffuser!
    Seul problème, il n’y a rien à redire sur les fiches d’imposition publiées hier, tout est en règle, pourquoi donc s’obstiner à ne pas les diffuser?
    Le mystère reste entier.

     

    « This 2005 Donald Trump  tax return is a total nothingburger » – Chris Cilliza

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  • Ryan, la nouvelle cible de Breitbart

    Breitbart n’aime pas Trumpcare, il préfère appeler « Obamacare 2.0 », et a lancé l’offensive contre son architecte et principal avocat, le porte parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, qu’il avait violemment attaqué durant la campagne présidentielle pour exprimer son mépris envers l’establishment du parti républicain.

     

    Depuis plusieurs jours les articles pleuvent à son encontre« Il est plus impopulaire que Trump », « certains conservateurs demandent sa démission« , « la lune de miel est terminée » et lundi le site alt-right a diffusé un enregistrement très embarrassant pour le Représentant du Wisconsin.
    Enregistré en octobre dernier, avant les élections et après la diffusion de la vidéo Access Hollywood, il annonce devant un parterre de Représentants républicains ne plus soutenir le candidat Trump.


    Je ne vais plus défendre Donald Trump – pas maintenant et pas dans le futur.

     

    Selon BreitbartPaul Ryan aurait manipulé le président en lui faisant croire que l’American Health Care Act remplacerait Obamacare – ce qui n’est pas le cas – c’est une version allégée de l’Affordable Care Act – et en affirmant que la loi passerait facilement devant le Congrès alors qu’elle n’a visiblement aucune chance devant le Sénat.

     

    C’est la première initiative majeure sur laquelle Trump travaille avec Ryan et le fait que ça se passe aussi mal nous inquiète sur les capacités du porte parole et candidat malheureux à la vice présidence des Etats-Unis en 2012, qui a n’a quasiment pas soutenu Trump en 2016, à comprendre comment est-ce que Trump a gagné et comment gagner en général.

     

     

    Aujourd’hui, Trump et la Maison Blanche sont plus ouverts au dialogue sur d’éventuelles modifications de l’American Health Care act (dans la structure, les moyens, et la mise en place) pour satisfaire les critiques des conservateurs que Paul Ryan ne l’est avec sa majorité républicaine.
    Breitbart annonce (et soutient déjà) que de nombreux Représentants républicains aimeraient non seulement remplacer Obamacare mais aussi Paul Ryan comme porte parole de la Chambre des Représentants.

     


    « Audio emerges of when Paul Ryan abandoned Donald Trump: I’m not going to defend Donald Trump » – Breitbart

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  •  Visas de travail et green cards: les prochaines cibles du gouvernement

    « Selon Goldmans Sachs, un million de travailleurs étrangers sous visa de travail H-1B sont employés dans des positions correspondant à un niveau de diplôme universitaire américain » affirme Breitbart, le site d’info alt-right obsédé par tout ce qui concerne l’immigration, en citant l’étude réalisée par l’Economic Policy Institute (EPI) sur les chiffres de 2013… « Alors que la plupart des médias affirment que le gouvernement ne délivre que 85 000 visas chaque année, et que d’autres programmes offerts par l’immigration permettent à 470 000 étrangers diplômés de travailler aux Etats-Unis. »

     

    C’est la propagande anti-immigration qu’on peut lire chaque jour sur ce média lu par des millions d’Américains: Un visa H-1B dure trois ans et peut être renouvelé pour trois autres années: Aux 85 000 nouveaux H-1B délivrés chaque année s’ajoutent ceux des années précédentes. Forcément les nouveaux titulaires d’un visa s’ajoutent à ceux déjà installés.

     

    460 000 travailleurs étrangers sont en réalité présents aux Etats-Unis sous un visa H-1B sans compter, nous rappelle Breitbart, ceux qui postulent « rapidement » pour une carte verte. Rapidement? Il faut rester six ans sur le territoire américain avant de pouvoir appliquer pour une « résidence permanente » … sans compter « les femmes et enfants » qui peuvent se greffer à chaque immigré légal.
    Enfin ces 1,4 millions (en réalité un million) de travailleurs étrangers qualifiés (« white collar ») représentent l’ensemble des étudiants américains diplômés en 2015 et 2016.

     

    Le message est clair: le système de visa de travail alloués aux étrangers, surtout ceux qualifiés, est injuste pour les travailleurs américains, leur enlève d’importantes opportunités professionnelles et salariales.
    Attendons nous dans ces prochains à voir ces programmes considérablement diminués.

     

    « Goldman Sachs; Almost one million H-1B foreign Workers hold University level Jobs here » – Breitbart

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  • Compétition positive entre le New York Times et le Washington Post

    Invité du festival SXSW le weekend dernier, Dean Baquet, rédacteur en chef du New York Times s’est félicité de la compétition entre son quotidien et le Washington Post tout en se moquant au passage du dernier slogan choisi par son rival, « Democracy Dies in Darkness » qu’il a comparé au « titre du prochain film de Batman ».

     

    Les deux quotidiens ont offert les scoops les plus importants de la campagne et du début de présidence de Donald Trump – avec CNN également – grâce à une mobilisation sans précédent des ressources et des idées innovantes: Davantage de moyens et de façons de couvrir la Maison Blanche, 24heures sur 24, renforcer les équipes d’investigation, le lancement d’une « tips page » par les deux quotidiens, et également plus de promotion.

     

    Contrairement aux années précédentes, quand les journaux rivaux étaient obsédés à comparer la taille de leur audience, ni le Post, ni le Times ne cherche à supplanter l’un et l’autre. Les deux ont leurs yeux fixés sur la Maison Blanche qui a offert plein de cibles pour les journalistes d’investigation ces dernières semaines.
    Et malgré les affirmations de Trump selon lesquelles le New York Times « is failing » et que le Washington Post perd une « fortune », les deux publications ont les moyens de continuer à publier un journalisme antagoniste ces quatre ou prochaines années

     

    « The New York Times and The Washington post are at War, and everyone’s is winning » – Poynter

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  • Article du Jour: Bannon veut détruire l’Europe

    Le journaliste Michael Crowley de Politico s’est penché sur le cas Bannon et sa vision de l’Occident.
    L’ancien président de Breitbart est un nationaliste dont le projet va au delà de « Make America Great Again » et vise directement l’Europe, plutôt le projet européen qu’il déteste et considère comme « un instrument de la mondialisation – à l’opposé d’un instrument du renforcement de la civilisation occidentale » selon Ben Shapiro un ancien collègue.

     

    Un bureau anglais a été mis en place en 2014 pour critiquer l’Union européenne (« The EU is Dead, It just refuses to lie down ») qui a soutenu et accueillit avec beaucoup d’espoir le Brexit.
    Saura-t-il avancer son programme auprès du président Trump, dont il est le plus proche conseiller et contre la position de la classe politique américaine, fervente supporter de l’Europe?

     

    * « The Man who Wants to unmake the West » – Michael Crowley

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Les derniers Conservateurs « Anti-Trump »

Ancien conseiller de la Secrétaire d’Etat, Condolezza Rice, sous George Bush, et actuellement directeur du programme d’Etudes Stratégiques dans la prestigieuse John Hopkins University, Eliot Cohen est aujourd’hui l’un des rares conservateurs à s’opposer publiquement à Donald Trump. Dans un essai publié dans ce weekend, il met en garde ses collègues dans un essai au vitriol contre la nouvelle présidence qui pourrait ne pas durer.

Eliot Cohen a lancé un appel en mars 2016 signé par 121 collègues républicains, experts en sécurité nationale dans lequel il explique pourquoi ils « vont tout faire pour empêcher l’élection d’une personne incapable de gouverner le pays ».
La plupart des prédictions se sont réalisées durant les dix premiers jours de la présidence de Donald Trump:

 

  • « Sa vision de l’influence et du pouvoir américains dans le monde est incohérente et instable par principe. Il passe de l’isolationnisme à « l’aventurisme militaire » dans une même phrase. »
    Jan. 2017: L’isolationnisme avec « America’s First », est le programme de conservatisme économique élaboré par Steve Bannon, son plus proche conseiller.

    « Against Trump » – National Review – février 2016
  • « Son soutien à la pratique extensive de la torture est inexcusable. »
    Jan. 2017: Il affirme vouloir suivre les conseils du général Mattis qui est opposé à la torture, même s’il y est toujours favorable.

  • « Sa rhétorique haineuse, anti-musulmane amoindrit l’importance du combat contre l’islamisme radical en aliénant les partenaires du monde islamique qui font des efforts importants de collaboration. »
    Jan. 2017:  La « Travel Ban » ou « Muslim Ban », le décret interdisant l’accueil des réfugiés et des ressortissants de sept pays musulmans pour trois mois a été signé par décret la semaine dernière.

  • « Contrôler nos frontières et empêcher l’immigration illégale est un sujet sérieux, mais son obsession à faire payer le Mexique pour la construction du mur déchaîne des passions inutiles, et repose sur l’ignorance et le mépris envers notre voisin. »
    Jan. 2017: Le président mexicain a annulé sa rencontre avec Trump la semaine dernière après les tweets menaçants du président américain et continue de dire que son pays ne payera pas pour le mur.

  • Son admiration pour les dictateurs étrangers comme Vladimir Poutine est inacceptable pour la plus grande démocratie au monde.
    Jan. 2017: Le président russe sera vraisemblablement un allié de Trump mais priorité à Theresa May.

  • Les propos de Mr Trump nous poussent à conclure qu’en tant que président, il utiliserait l’autorité de son cabinet pour agir de manière à rendre l‘Amérique plus vulnérable, et diminuerait notre position dans le monde. Sa vision très large des pouvoirs du président contre ses détracteurs est une menace envers les libertés civiles des Etats-Unis.

     

     

Peu après la victoire de Trump, Eliot Cohen est revenu à la charge en conseillant à ses collègues républicains de ne pas s’engager auprès du président.

Après m’être entretenu avec l’équipe de transition de Trump, j’ai changé d’avis: N’y allez pas. Ils sont en furieux, arrogants, crient « t’as perdu! ». Ca va pas être beau

 

Les Républicains et Conservateurs qui s’étaient opposés à Trump se sont pratiquement tous rangés derrière lui. Les médias également à l’instar de The National Review, qui avait publié l’année dernière un numéro spécial « Never Trump » et qui a aujourd’hui laissé tomber son idéologie conservatrice au profit du parti républicain. Comme l’explique The New Republic, « le président Trump fait exactement ce que le candidat avait prévu, et le National Review lui cherche désormais des excuses » comme le parti républicain.
La mode en ce début d’année, c’est l’anti-anti-Trump.

D’autres ont gardé leur intégrité.

Dans son dernier essai, « A clarifying Moment in American History », Eliot Cohen pense qu’une « destitution ou une mise à pied [de Trump] » est une éventualité à laquelle les Américains doivent se préparer.

Pour la communauté de penseurs conservateurs et d’experts, et plus important, les politiciens conservateurs, c’est une période d’essai. Soit vous défendez vos principes et un comportement décent, soit vous y allez, et dans dix ans, vous serez considérés comme un lâche ou un opportuniste. Votre réputation sera détruite, et pour les bonnes raisons.

C’est l’un des moments clés de l’histoire américaine.

Trump dans une première semaine spectaculaire, s’avère être l’un des pires présidents qui n’a aucun égard pour la vérité (et la méprise), dont le patriotisme est un nationalisme belliqueux, dont le service public a consisté à éviter l’armée et les impôts, qui ne connaît pas la Constitution, qui ne lit pas et qui ne comprend pas notre histoire, et qui, au sommet de sa carrière, est obsédé par sa côte de popularité, par le nombre de personnes qui ont assisté à la cérémonie d’investiture, et ses ennemis.

Mais au bout du compte, il va échouer. Il va échouer car quelle que soit la malice de ses tactiques, sa stratégie est mauvaise – Le New York Times, la CIA, les Mexicains-Américains, et tous ceux qu’il a attaqué en chemin. Il va continuer à se faire des ennemis, et renforcer leurs convictions. Il a des supporters mais ne se fera pas d’amis. 
Il va échouer car il ne peut pas corrompre les cours, et parce que même le plus timide des sénateurs dira un jour que « c’est assez! ».  
Il va échouer parce qu’au bout du compte, les Américains, y compris ceux qui ont voté pour lui, sont des gens décents qui n’ont aucune envie de vivre dans la Turquie d’Erdogan, la Hongrie de Orban, ou la Russie de Vladimir Poutine. (…)

Il n’y a rien de grand dans l’Amérique de Trump. A la fin ce sera la grandeur de l’Amérique qui le stoppera.

Barack Obama: Les couvertures de huit ans de présidence

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Il donnera son discours d’adieu ce soir depuis Chicago laissant les Etats-Unis dans l’inquiétude et le doute avec l’arrivée de Donald Trump.

Pourtant il y a huit ans, il avait apporté un vent d’espoir dans le pays, et même si son bilan est aujourd’hui critiqué et remise en question par la prochaine administration, il aura inspiré une génération d’Américains et de citoyens partout dans le monde, y compris ici au Kiosque.

On lui rend hommage, en sélectionnant les plus belles couvertures qui ont marqué les différents moments de sa présidence

Rolling Stone – Edition du 20 mars 2008

En pleines Primaires démocrates, le magazine Rolling Stone choisit de soutenir Barack Obama plutôt que Hillary Clinton. La couverture a fait polémique car la couleur de peau de Barack Obama aurait, selon certains journalistes, été « blanchie »

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Time magazine – avril 2008

L’hebdomadaire consacre sa couverture à la relation entre la mère de Barack et son fils.
Docteur en anthropologie, Stanley Ann Dunham n’est restée mariée que quelques mois avec le père de Barack qui meurt en 1982 d’un accident de voiture.
Elle se remariera avant de mourir en 1995 d’un cancer de l’utérus.

 

 

Time magazine – avril 2018

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The New Yorker – Edition du 21 juillet 2008

Elle reste l’une des couvertures les plus controversées jamais parues dans le New Yorker de l’incontournable Barry Blitt. Dans une campagne présidentielle très violente, Barack Obama est accusé d’être musulman par les Républicains, et sa femme, Michelle, liée à des groupes d’extrême gauche. Le dessinateur américain met les pieds dans le plat avec cette couverture intitulée « The Politics of Fear » qui résume parfaitement les polémiques qui entourent le couple Obama, et aurait provoque la colère de l’intéressé et d’autres associations.

 

The NEw York – Edition du 21 juillet 2008 by Barry Blitt

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Mad Magazine – Septembre 2008

Le magazine satirique reprend le slogan d’Obama à la négative. C’est simple et ça marche.

Mad Magazine – septembre 2008

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Chicago Tribune – 5 novembre 2008

Le premier quotidien de Chicago, ville d’adoption d’Obama, fête comme il se doit la victoire de l’ancien sénateur de l’Illinois.

Chicago Tribune – Edition du 5 novembre 2008

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The Eugene Weekly – 20 janvier 2009

Il faut toujours un peu d’humour pour faire une belle une et celle du Eugene Weekly, un hebdomadaire indépendant de l’Oregon, la semaine de l’investiture du président Obama qui a lieu le 20 janvier 2009, colle parfaitement.

Eugene Weekly – Edition du 15 janvier 2009

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The New Yorker – Edition du 26 janvier 2009

Intitulé « The First », cette couverture dessinée par Drew Friedman est tout aussi polémique puisqu’elle présente le nouveau président sous les traits de George Washington.

The New Yorker – Edition du 26 janvier 2009.
“The First,” by Drew Friedman.

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The National Review – Juillet 2009

La priorité de Barack Obama en arrivant à la présidence des Etats-Unis est de mettre en place son Affordable Care Act, véritable cauchemar des Républicains comme en témoigne cette couverture du National Review.

The National Review – Juillet 2009

 

Time magazine – février 2010

Un an après son investiture, Barack Obama qui pensait travailler conjointement avec les Républicains n’a pas été capable de mettre en place son programme et Obamacare est en suspend. Difficile constat pour le président.

Time magazine – dition du 1er février 2010

 

Newsweek – Mai 2012

Jamais un président n’avait autant défendu la cause LGBT dans la société et la constitution avec la loi fédérale qui autorise le mariage pour tous aux Etats-Unis.

Newsweek – mai 2012

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The Atlantic – Septembre 2012

La campagne de réélection du président sortant est plus compliquée que prévue et Mitt Romeny sait rendre les coups, notamment dans le domaine délicat de l’économie. Obama doit défendre les debuts difficiles d’Obamacare et parer aux assauts répétés des Républicains sur l’attaque de Benghazi en Lybie au mois de septembre qui a fait quatre morts parmi les Américains, dont l’ambassadeur Chris Stevens.

The Atlantic – Septembre 2012

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The National Review – Ocotbre 2012

Barack Obama échoue lors du premier débat présidentiel devant un Mitt Romney sympathique et confiant. Coup dur pour les démocrates qui commencent à douter d’une réélection de leur candidat avant que Barack Obama remporte haut la main les deux autres débats, et que Joe Biden ridiculise Paul Ryan.

The National Review – Octobre 2012

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Bloomberg Businessweek – novembre 2012

La réélection de Barack Obama est sans équivoque mais le deuxième mandat s’annonce plus difficile sans une majorité démocrate à la Chambre des Représentants.

Bloomberg Businessweek – November 2012

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The Economist – Novembre 2012

L’hebdomadaire anglais se moque de l’une des photos les plus célèbres de cette campagne 2012 en demandant à Obama d’aller maintenant faire un câlin aux Républicains.

The Economist – Edition de novembre 2012

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Bloomberg Businessweek – Octobre 2013

Presque un an après son second mandat, « Barack Obama a promis d’utiliser la technologie pour pousser les Américains à croire en le gouvernement. L’échec du site healthcare.gov pourrait provoque le contraire » affirme Ezra Klein.

Bloomberg Businessweek – Octobre 2013

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New york magazine – Octobre 2016

Sur l’héritage d’Obama et les évènements qui ont marqué ses huit ans de présidence.

New York magazine – octobre 2016

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The Washington Post magazine – janvier 2017

Sur les portraits d’une présidence.

The Washington post magazine – Edition du 5 janvier 2017

 

Le Kiosque de la semaine: 10 – 16 octobre 2016

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Les articles “A LIRE” de la semaine
 sélectionnés parmi les magazines présentés dans le diaporama

 

  1. « How the light gets in » – David Remnick / The New Yorker

    David Remnick, le rédacteur-en-chef du New Yorker nous offre nn portrait magnifique de Leonard Cohen, le chanteur de 82 ans, qui sort sont 14ème album, You Want It Darker.
    A LIRE D’URGENCE!

  2. « War Goes Viral » – Emerson Brooking & P. Singer / The Atlantic

    « Les médias sociaux ont aidé ISIS à recruter quelques 30 000 combattants étrangers dans plus de 100 pays, et les ramener jusqu’aux champs de bataille de Syrie et d’Irak ». L’organisation a annoncé l’invasion de l’Irak via Twitter avec le hashtag #AllEyesOnISIS et a bombardé la plateforme de célébrations de victoire et d’images choquantes de ceux qui ont osé les combattre, en direct, sans que les médias puissent vérifier aucun information: ISIS « est devenu le premier groupe terroriste à occuper physiquement et numériquement un territoire »
    « On a longtemps reconnu dans internet sa capacité à rassembler les gens, cette même technologie est aujourd’hui utilisée comme une arme (…) Les médias sociaux ont tout révolutionné, des affaires au dating en passant par la politique et maintenant, à la guerre, elle-même.

  3. « The Age of Fear » – Neil Strauss / Rolling Stone

    « Si on vit dans l’époque la plus sûre de notre Histoire, Pourquoi avons nous si peur? » Selon le sociologiste Barry Glassner, nous vivons dans la période la plus propice à la peur car il existe des gens et des organisations qui ont le pouvoir et l’argent pour véhiculer ces peurs: « les médias de masse, les compagnies d’assurance, l’industrie pharmaceutique, les groupes de pressions, avocats, politiciens » utilisent et manipulent la peur des gens pour engendrer des milliards de dollars.

  4. « Super Size – The Dizzling Grandeur of 21st-Century Agriculture » – Collectif / New York Times magazine

    Un reportage photos et vidéos sur le paysage agricole américain au 21ème siècle

    * « Big Food Strikes Back » – Michael Pollan: Pourquoi Obama a-t-il échoué avec l’agro-industrie
    *« Pie in the Sky » – Corby Kummer: Comment faire un pizza surgelée qui soit bonne pour la santé
    * « Brand the New Hue » – Malia Wollan: Comment fair eun M&M bleu?

  5. « The White Helmets of Syria » – Jared Malsin / Time magazine

    « Certains d’entre nous qui regardent le conflit depuis l’Occident ont constamment sous-estimé le  bain de sang qui touche la Syrie à empirer. on tend à penser que ça ne peut pas être pire. Et ça n’a jamais cessé d’empirer » Rapporte Noah Bonsey, spécialiste de la Syrie au International Crisis Group. Les 3 000 « casques blancs » sont les volontaires qui tentent aujourd’hui de sauver des vies dans les zones tenues par les rebelles qui sont touchés quotidiennement pas des tirs d’obus du régime ou de la Russie dans lesquelles les casques blancs sont eux-mêmes devenus des cibles

  6. « The Thirty-Year Coup » – Dexter Filkins / The New Yorker

    Le coup d’Etat manqué en Turquie cet été a été attribué par les autorités et son président Erdogan au dissident religieux Fethullah Gülen réfugié aux Etats-Unis depuis vingt ans après avoir échappé aux militaires. « Pour beaucoup en Occident, il représente une tendance positive de l’Islam, qui défend selon Bill Clinton, « les idées de tolérance et de dialogue entre communautés ».
    Il a participé au retour du religieux au moment où Erdogan a pris le pouvoir au début des années 2000, mais ses sermons pro-business, pro-science, et conciliateur envers Israel lui ont vite attiré les foudres des islamistes. Par ailleurs, le mouvement social et religieux qu’il a initié, aujourd’hui très influent dans les médias, les affaires, les syndicats, les écoles de Turquie est devenu une menace pour le régime de son ancien allié, Erdogan. Ce dernier l’accuse aujourd’hui d’être responsable depuis son exil américain du coup d’Etat qui a tenté de le renverser cet été, et qui lui a permis de procéder depuis à des milliers d’arrestations de ses militants en Turquie.

  7. « Saturday Night live’s Weirdo in Chief » – Alex Morris / Rolling Stone

    Reportage et interview de la comédienne Kate McKinnon qui vient de remporter son premier Emmy Award pour ses interprétations diverses, variées et hilarantes dans l’émission satirique de NBC Saturday Night Live, à l’affiche de Ghostbusters cet été, de Masterminds cet automne, et qui est très attendue ces prochaines semaines dans SNL où elle incarne Hillary Clinton à merveille.

  8. « Buzz Off » – Robert Kolker / Bloomberg Businessweek

    La communauté de la ville de Key Haven dans les Key West du sud de la Floride résiste depuis plusieurs années aux tentatives d’expérimentation d’une compagnie de biotechnologie, Oxitec, qui propose des solutions innovantes pour contrôler les moustiques porteurs de virus et du dernier ennemi en date, ZIKA. Mais la population refuse d’être le cobaye des frankenflies, ces moustiques mâles génétiquement modifiés qui agissent comme « des insecticides vivants » et qui doivent libérer par centaines de milliers dans les zones habitées.

  9. « The View from the Valley » – The Editors / The Atlantic

    Un sondage au coeur de la Silicon Valley de 50 tech executives qui répondent a toutes sortes questions d’actualité, de Trump à Peter Thiel, en passant Tulsa ou Marissa Meyer.

  10. « Patagonia » – Brad Wieners / Bloomberg Businessweek

    La marque de vêtements s’est lancé dans la vente de nourriture et boissons saines pour l’homme et la nature

Le Kiosque du jeudi 6 octobre 2016

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Un soutien de plus pour Clinton
Et pas n’importe lequel, The Atlantic, le magazine politique américain créé en 1857 n’avait soutenu jusqu’ici que deux présidents, Abraham Lincoln en 1860 et Lyndon Johnson en 1964. Il décidé hier d’appeler ses lecteurs à voter pour Hillary Clinton dans un édito intitulé « Contre Donald Trump » qui « pourrait être ostensiblement le moins qualifié des candidats d’un parti dominant en 227 ans d’histoire de présidence américaine »
Pour suivre les différents endorsements des candidats pas les quotidiens américains, voici le récapitulatif préparé par l’Université de Californie.

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Faut-il sauver le soldat Trump?
A cinq semaines d’Election Day, les Républicains s’inquiètent des conséquences de leur soutien à Trump si ce dernier venait à perdre les élections, et l’éventuelle perte du Congrès américain qu’il contrôle depuis 2014. Ils attendent les résultats du prochain débat qui aura lieu dimanche pour décider ou non de se distancer de lui.
Le New York Times nous offre quant à lui un petit récapitulatif de toutes les insultes proférées par Donald Trump à l’encontre « de personnes, de lieux et de choses »!

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Fox News à Chinatown

« Un large pourcentage de téléspectateurs de Fox News sont cloitrés dans des banlieues et n’iront jamais visiter New York City gouverné par le dictateur marxiste « rouge » Bill de Blasio » mais comme la Chine est l’un des bouc émissaires de Trump lors de ces élections, Bill O’Reilly, journaliste vedette de la chaîne conservatrice a eu la bonne idée d’envoyer l’un de ses reporters se moquer des habitants de Chinatown dans un moment télé d’un racisme rare.
Rappelons que Fox est la première chaîne câblée du pays, the O’Reilly Factor son programme phare et le reporter s’est excusé ce matin auprès de la communauté chinoise.

 

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Les « casques blancs »
La rédaction du Guardian appelle ce matin à décerner prix Nobel de la paix aux 3 000 volontaires syriens qui travaillent à Alep et dans le reste de la Syrie dans des conditions catastrophiques, sous les tirs des obus, au risque de leur vie – 130 l’ont déjà perdu. Ces « casques blancs » qui ont sauvé près de 60 000 personnes ces dernières années « méritent une reconnaissance mondiale ».
Netflix leur a consacré un documentaire de 40 minutes disponibles en ligne.

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« Clown-pocalypse »
On a tous fait des cauchemars après avoir regardé « Ca » le téléfilm de 3 heures diffusé sur M6 dans les années 90 directement inspiré du livre de Stephen King « It ». Depuis quelques mois, des clowns ont été signalés un peu partout aux Etats-Unis (Mashable les a même recensés sur une carte du pays) et ce qui a commencé comme une plaisanterie inquiète désormais les parents, établissements scolaires et autorités locales. On parle aujourd’hui de « clown hysteria »

Tous les lieux où des clowns ont été signalés aux Etats-Unis ces dernières semaines / Mashable
Tous les lieux où des clowns ont été signalés aux Etats-Unis ces dernières semaines / Mashable

Ca a commencé à Greenville en Caroline du Sud fin août, puis en Floride, cette semaine en Californie et à Chicago et même si la plupart sont des blagues d’ados, certains ont pris la forme de menaces sur les médias sociaux provoquant la terreur de certains enfants. Stephen a même du intervenir pour tenter de rassurer la population.

"Les gars, Faut arrêter l'hystérie avec les clowns. La plupart sont gentils, amusent les enfants et les font rire" / Twitter - @StephenKing
« Les gars, Faut arrêter l’hystérie avec les clowns. La plupart sont gentils, amusent les enfants et les font rire » / Twitter – @StephenKing

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Un photographe et des réfugiés
Un reportage photo en une du New York Times ce matin sur le calvaire des migrants africains entassés sur des radeaux de fortune au large des côtes libyennes et le témoignage du photographe Aris Messinis de l’Agence Presse récemment récompensé en septembre lors du festival « Visa pour l’Image » pour son travail le conflit libyen et syrien. A voir absolument

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Theranos ferme ses portes
La compagnie censée révolutionner la prise et les analyses de sang – une seule goutte suffisait à réaliser une batterie de différents en un temps records pour quelques dollars – va fermer ses portes. Le Kiosque avait raconté il y a quelques semaines le parcours incroyable de sa fondatrice, Elizabeth Holmes, la plus jeune femme milliardaire de la Silicon Valley dont la compagnie a été évalué à 9 milliards dollars il y a seulement deux ans. Jusqu’à ce qu’un journaliste du Wall Street Journal révèle l’année dernière que la technologie miracle ne marche pas, et que l’entreprise sous-traite tous ses tests sanguins.

 

Ta-Neishi Coates: « O.J. Simpson n’était pas noir »

Dans le numéro d’Octobre de The Atlantic, l’intellectuel afro-américain Ta-Neishi Coates nous donne son opinion sur O.J.Simpson le joueur de football accusé puis acquitté du double meurtre de son ex-femme et de l’ami de cette dernière en 1994 à Los Angeles.

Agé de 19 ans, Ta-Neishi n’a à l’époque « aucune sympathie » pour le sportif, aucune compréhension de la sympathie qu’il provoque chez les miens, et aucune appréciation de la défense selon laquelle, Simpson aurait été aura été accusé parce que noir »

Une raison bien simple: « O.J. Simpson n’était pas noir » et « la seule lutte pour laquelle il s’est battu », à l’époque où Mohammed Ali a refusé de combattre au Vietnam, et des sportifs John Carlos et Tommie Smith levaient le point aux Jeux Olympiques, « c’était celle qui profitait à O.J. Simpson »

L’idée que Simpson existait au delà des frontières de l’Amérique noire ne reposait pas seulement sur une conscience politique étriquée, mais selon ses propres mots. Ma plus grande réussite (…) c’est que les gens me regardent comme un homme, et pas comme un noir.
(…)
Simpson a cherché à être post-racial dans un monde qui ne l’était pas. Sa myriade d’exploits n’a pas marqué l’érosion du grand mur qui séparait les noirs et les blancs aux Etats-Unis. C’est le résultat de la victoire personnelle de Simpson à surpasser cet obstacle. De l’autre côté, Simpson, un produit des HLMs de San Francisco, s’est réinventé grâce à la célébrité. Il est devenu riche. Il est allé chercher les conseils et l’attention d’hommes d’affaires. Et bien qu’il ait épousé Marguerite Whitley, qui était moire, l’année de son entrée à l’université de Southern California, il sortait désormais avec des blanches.

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Pour Coates, le soutien dont a bénéficié Simpson de la part d’une communauté noire qu’il n’a jamais soutenue, a été un « pas en arrière », qui « a manqué d’intelligence, politiquement immature et mal-conseillé ».

En se basant sur l’excellent documentaire en cinq parties de ESPN, O.J.:Made in America, l’auteur reconnait deux faits, le premier que Simpson était violent et qu’il a tué son ex-femme et le second que la police de Los Angeles était « une brutale armée d’occupation ».
C’est cette seconde réalité qui semble l’avoir emporté aux yeux du jury trois après ans après le passage à tabac de Rodney King par des policiers du LAPD qui avaient été acquittés provoquant des violentes émeutes à Los Angeles.

La vengeance de King a joué un rôle dans l’acquittement de Simpson (…) Mais cette revanche explique en partie seulement sa grande évasion. Ce que je n’arrivais pas à comprendre en 1994, c’est une réalité que les noirs autour de moi ont senti et l’un des points les plus gênants du documentaire: A savoir que Simpson ait effectivement tué son ex-femme et l’amie de celle-ci et que le jury ait eu raison de le déclarer non-coupable.
(…)
Le fait que O.J. Simpson ait fui la justice, soit retourné devant elle, ait été jugé pour meurtre, et encore échappé à la justice, représente la déclaration d’égalité la plus choquante depuis le mouvement des droits civiques. Simpson a tué Nicole Brown et Ron Goldman. Je m’en doutais à l’époque  et j’en suis certain aujourd’hui. Mais il s’en est sorti – de la même manière que les blancs ont tué pendant des siècles, des hommes et femmes noires, et s’en sont toujours sortis.

Jill Stein, la candidate du Green Party, relève de Bernie Sanders?

Capture d'écran d'une photo d'un rassemblement de Jill Stein à Philadelphie où l'on ne voit que des Pancartes "Bernie" ou "Bernie or Bust" - Publiée sur le site 27 Juillet 2016
Capture d’écran d’une photo d’un rassemblement de Jill Stein à Philadelphie où l’on ne voit que des Pancartes « Bernie » ou « Bernie or Bust » – Publiée sur le site 27 Juillet 2016

L’élue du parti vert américain ne remportera pas les élections du 8 novembre mais se verrait bien influencer ses résultats en continuant, seule, la révolution initiée par Bernie Sanders  – au grand dam des démocrates.
Le Spoiler Effect
Fondé en 2001, le Green Party of the United States (GPUS) affilié à gauche exerce une influence toute relative sur les décisions politiques du pays, que ce soit à Washington ou au niveau des états – A l’exception des élections présidentielles américaines où les « Greens » tentent désormais de s’imposer comme une alternative au duel classique Démocrates-Républicains, souvent frustrant pour les électeurs.
Et cette cuvée 2016 pourrait apporter un succès critique à ce petit parti compte tenu de l’impopularité des deux candidats, Hillary Clinton et Donald Trump.

Une éventualité qui effraie les démocrates, encore traumatisés par les élections de 2000, perdues par Al Gore dans l’Etat de Floride à une centaine de voix près contre George Bush. Le candidat des Verts de l’époque, Ralph Nader, en refusant d’appeler ses électeurs à voter démocrate, en restant dans la compétition et collectant plus 95 000 voix aurait « gaché » toutes les chances de victoire du candidat démocrate.

Cette stratégie du « Spoiler Effect » qui fait toujours débat aujourd’hui est l’une des conséquences directe du système bipartisan: elle consiste en la participation au sein d’un même camp politique (la gauche ou la droite) d’un « spoiler candidate », un candidat secondaire, qui va concourir contre le principal candidat, et dès lors fragiliser ses chances de victoire au profit de leur rival politique.

« Jill not Hill »
Cette année, la candidate du GPUS et potentiel « Spoiler Candidate », Jill Stein, qui n’avait recueillie que 470 000 voix en 2012, a vu dans Bernie Sanders un allié de choix. A la recherche d’une collaboration avec le sénateur du Vermont, elle a proposé sa place à la tête du Green party après sa défaite aux primaires démocrates afin qu’il puisse poursuivre sa campagne et se présenter aux élections de Novembre.

Sanders n’a pas fait suite à son offre.

Résultat: début Juillet, la candidate a violamment critiqué le choix de Bernie Sanders de soutenir Hillary Clinton – sans même reconnaître les acquis que ce dernier a réussi à faire passer dans l’agenda démocrate. Elle a aussi saisi l’occasion pour aller courtiser ceux qui se sont sentis trahis par le ralliement de Sanders à l’establishment politique qu’il avant tant critiqué des mois durant.

Aujourd’hui elle veut rassembler tous ceux qui « veulent continuer le mouvement » et poursuivre la « révolution » avec ou sans Bernie Sanders.
Et le flot de supporteurs mécontents et désabusés venus prêter allégance n’a pas désempli depuis.
J’ai l’impression d’être un travailleur social, être présent ici et parler aux supporteurs de Bernie. Ils ont le coeur brisé. Il se sentent délaissés et trompés par le parti démocrate a-t-elle affirmé, selon les propos rapportés par The Atlantic ce matin.

Pour autant, Jill Stein n’a pas l’expérience de Sanders, et sa position reste avant tout contestataire comme l’explique le  Time qui l’a interviewé récemment:

Stein se présente davantage comme une dissisdente et pasionaria de la tribune plutôt qu’une politicienne. Elle appelle Clinton une Va-t-en-guerre, Donald Trump un fanatique et refuse de dire qu’elle est le pire des deux candidats (…) La semaine dernière, elle a affirmé à un blog libéral que Bernie Sanders foutaient ses supporteurs dans la merde en soutenant Clinton. La lutte qu’elle mène avec son armée de militants couverts de badges, microphones à la main en système plus qu’elle ne cherche à remporter des positions. Sa zone de prédilection, ce sont les rassemblements bruyants de libéraux dans les parcs plus que les couloirs du pouvoir politique 

Une tribune de choix à la Convention Démocrate
Lors de la convention démocrate, elle a tenu des meetings quotidiens dans les rues de Philadelphie, ou on pouvait des dizaines de pancartes « Bernie or Bust » et presque aucune dédiée au Parti des Verts. Mardi soir, elle a accompagné les dizaines de militants qui ont décidé de quitter la convention après que Sanders ait appelé à l’unité du parti et à voter Hillary Clinton.

Toute la légitimité de Jill Stein aujourd’hui repose sur le désenchantement d’électeurs qui découvrent, comme Bernie Sanders l’a signifié mardi, que la campagne, la politique et la démocratie sont une affaire de Compromis. Elle a néanmoins réussi à faire parler d’elle cette semaine à philadelphie – une stratégie essentiellement si elle veut comme le « troisième parti » aux élections de novembre

Il est difficile de quantifier aujourd’hui le nombre d’électeurs que pourrait récupérer Jill Stein des nombreuses défections qu’a reçu Bernie Sanders. Selon le site de sondage en ligne Yougov.com, elle récolterai  3% des intentions de vote, un score respectable qu’elle devrait sans doute augmenter d’ici le mois de novembre.

Rappelons enfin que la grande majorité des supporteurs de Sanders (90%) lui sont restés fidèles et suivront le mot d’ordre qu’il a répété à plusieurs reprises  sur la scène du Wells Fargo Center: voter démocrate.

 

Trump, « Le candidate moscovite »?

Depuis la fuite vendredi dernier d’une vingtaine de milliers d’emails impliquant les membres du DNC, le Democratic National Committee, en charge de l’organisation de la Convention démocrate qui s’ouvre aujourd’hui à philadelphie, de nombreuses figures du parti et certains experts informatiques dénoncent une manipulation du gouvernement russe pour tenter d’influencer les élections américaines en faveur de Donald Trump.

Depuis l’été dernier, Le comité a été victime du piratage de son système informatique mais l’information n’a été révélée qu’au mois de juin dernier par Le Washington Post qui affirmait que ces « hackers du gouvernement russe » auraient ciblé également les messageries de Hillary Clinton et Donald Trump – le porte parole du Kremlin, Dmitry Peskov, avait alors nié toute implicaiton du Kremlin dans cette affaires.

La seule diffusion des emails du Comité National Démocrate, vendredi 22 Juillet, jour de l’annonce du Vice-Président potientiel d’Hillary Clinton, qui révèlent les dissensions au sein de parti démocrate quelques jours avant l’ouverture de sa Convention, a été prise très au sérieux par l’Administration Obama qui y voit une tentative directe du gouvernement russe pour favoriser Donald Trump.

Le FBI a annoncé mardi matin l’ouverture d’une enquête pour tenter d’identifier les auteurs de ce piratage que Wikileaks a bien entendu gardé secret et aurait déjà confirmé l’implication d’agences russes d’espionnage.
La question est maintenant de savoir si ces entités ont agi sur ordre du Kremlin ou non.

L’idée que Vladimir Poutine veuille influencer les élections présidentielles pourrait sembler rocambolesque si le président russe et le candidat républicain ne s’étaient encensés l’un et l’autre ces derniers mois sur leur personnalité, leur idées politiques souvent anti-démocratiques, ou encore leur dédain pour l’OTAN. La fresque d’un artiste lithuanien de Vilnius a même caricaturé au mois de mai cette relation toute sauf froide entre les deux hommes qui s’embrassent comme l’avaient à l’époque le leader soviétique Brejnev et son homologue est-allemand Honecker.

La « Bromance » entre le milliardaire américain et l’ancien officier du KGB s’est construite depuis l’entrée en lice de Trump qui n’a jamais caché son admiration pour les dictateurs: Il lui a donné « A » pour « leadership », ne comprend pas le dédain que lui voue l’actuel président, et agirait en fonction d’un rapprochement que Poutine à lui aussi considéré si Trump était élu en novembre.
Le président russe a qualifié Trump « d’incontestablement talentueux » et de « brillant », un compliment qui semble, une fois n’est pas coutume, avoir profondément touché le candidat républicain.
La relation sans équivoque a poussé The Atlantic a se demander si Donald Trump n’était pas devenu « le candidat moscovite »?

En effet, les emails piratés du Comité National Démocrate n’ont fait que confirmer ce que tous les médias et partisans de Bernie soupçonnaient depuis longtemps, à savoir que le parti démocrate préférait voir leur représentante officielle, Hillary Clinton s’imposer dans les Primaires, plutôt que Bernie Sanders, qui a pris sa carte du parti l’année dernière après avoir été indépendant pendant 36 ans.
L’intérêt de cette fuite est de comprendre pourquoi elle arrive à la veille de la Convention démocrate alors qu’elle eu aurait davantage de répercussions au lendemain des primaires californiennes, qui ont consacré la victoire de Clinton, ou même le jour où Sanders a reconnu la victoire de sa rivale, deux semaines plus tard.

Il y a peu de doutes que Wikileaks ait voulu affaiblir le parti démocrate et Clinton avant son couronnement, et lorsque l’on connait l’inimitié entre Julian Assange et Clinton, on pourrait penser Wikileaks sert les intérêts de Poutine  en faveur de Trump autant qu’il assouvit les désirs de Vengeance du lanceur d’alerte.