Le Kiosque du 30 décembre 2016

Une sélection de ce qui s’est passé depuis notre dernière revue de presse, la semaine dernière.

 

Alliance des extrêmes contre le « Trumpism »

Samantha Bee, la comédienne qui présente une émission hebdomadaire satirique sur PBS a reçu la semaine dernière Glenn Beck, ancien chouchou du Tea Party, l’un des présentateurs télé ultra-conservateurs les plus virulents et polémiques de l’ère Obama.
Pourtant, depuis le début de l’année, cet ancien de Fox News, désormais à la tête de son propre réseau d’information, The Blaze, a adopté un ton bien plus modéré. Surtout, il a été l’un des rares conservateurs à oser critiquer Donald Trump allant même jusqu’à souhaiter l’élection de sa rivale, Hillary Clinton, provoquant la fureur et les critiques de ses confrères.
Il s’est aussi excusé d’avoir insulté Barack Obama et les Démocrates et a même publié une tribune dans le New York Times pour défendre Black Lives Matter mais paye le prix fort pour cette rédemption: Non seulement il est haï par ses anciens confrères, il risque de perdre l’empire que son zèle ultra-conservateur avait aidé à construire.

Lors de sa rencontre avec Samantha Bee, ce dernier a réitéré la nécessité de rester uni pour efficace contre Donald Trump et insisté sur les dangers d’une trop grande polarisation de la population et des médias autour de Trump – y compris les propos de Full Frontal à ce sujet:

Je ne pense pas que tu aies l’intention de faire du mal. J’ai déjà causé du mal et je n’ai aucune intention de recommencer. Je sais ce que j’ai fait. J’ai aidé à diviser la population. Et s’il te plaît, ne fais pas les mêmes erreurs que j’ai faites.

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Quel avenir pour « Pantsuit Nation »?

Le mouvement pro-Hillary créé par Libby Chamberlain sur Facebook au mois d’octobre a rassemblé plus de quatre millions d’abonnés qui ont pu partager pendant des semaines et en « privé » leur enthousiasme et leurs espoirs en attendant la victoire de leur candidate et jusqu’à son improbable défaite.
En l’espace d’une journée, la page est devenue le refuge de tous les déceptions, les craintes et les peurs de cette « nation de tailleur pantalons » avant de se transformer en plate forme de protestation et de solidarité.

Mais l’avenir de cette communauté est remis en cause depuis que sa fondatrice a annoncé sur le réseau social qu’elle publierait en mai 2017 une sélection des meilleurs commentaires:

Comme je l’ai répété à plusieurs reprises, je crois que « Pantsuit Nation » est devenu plus important le matin du 9 novembre qu’il ne l’était le matin du 8 novembre. Notre prochaine mission vise à changer le cours de l’histoire. Nous le ferons à travers vos histoires.

Un choix peu apprécié par les centaines de milliers de membres du groupe qui n’avaient pas prévu que leur commentaires soient publiés, sans leur consentement, pour un projet auquel elles n’ont jamais adhéré – d’autant que le groupe Facebook était privé et accessible uniquement sur invitation. Chamberlain a depuis promis qu’elle demanderait à chacun des commentaires sélectionnés, l’accord de leur auteure.

 

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Milo Yiannopoulos sort un bouquin

The Hollywood Reporter a annoncé cet après midi que le « hater » en chef, et accessoirement, l’un des rédacteurs du site alt-right Breibart, avait signé un contrat avec la maison d’éditions Simon & Schuster pour la sortie en 2017 d’un ouvrage autobiographique intitulé « Dangerous » pour lequel il aurait reçu une avance de 250 000 dollars.

L’annonce a propulsé le journaliste britannique en tête des tendances sur Twitter cet hier après midi, alors même qu’il a été interdit à vie de s’y exprimer cet été à la suite d’une campagne raciste et misogyne lancé à l’encontre de l’actrice afro-américaine Leslie Jones.
Milo a expliqué à l’hebdo cinéma qu’il « pouvait dominer Twitter sans même y avoir un compte » et que plutôt que de saper sa carrière, la mesure drastique prise par Jack Dorsey lui a donné d’autant plus d’exposition médiatique:

« Est-ce Madonna a souffert d’être bannie de MTV dans les années 90?
Est-ce que toute la presse négative autour de Trump l’a empêchée d’être élu? (…)
Tous les angles d’attaques que les forces du « politiquement correct » ont initié contre moi ont lamentablement échoué. Je suis plus puissant, plus influent, et plus fabuleux que jamais et ce livre est le moment pour Milo de devenir mainstream.
Les guerriers de la justice sociale devraient avoir peur, très peur »

Le livre est déjà disponible en pré-vente sur Amazon, sans savoir quel sera son contenu.

Le Chicago Review of Book a annoncé dans la foulée qu’il ne publierait aucune critique des ouvrages de la maison d’édition en 2017, « en réponse à cette validation de haine » – une position immédiatement dénoncée par Breitbart comme « une guerre des discours ».

 

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The Intercept accuse le Guardian et le Washington Post de propager des fake news

Ces derniers jours, dans un article publié sur son site, The Intercept et une interview dans l’émission du très conservateur Tucker Carlson sur Fox News, le journaliste-militant, Glenn Greenwald a affirmé que le Washington Post et le Guardian propageaient des fake news. Une accusation lourde pour un personnage respecté dans le monde des médias malgré ses positions anti-gouvernementales et pro-lanceurs d’alerte.

La semaine dernière, Glenn Greenwald s’est attaqué au Washington Post sur Fox News. Le quotidien a révélé début décembre que le FBI et la CIA avaient conclu que les piratages russes du Comité National Démocrate et de John Podesta – et leur diffusion par Wikileaks – visaient non seulement à déstabiliser la campagne présidentielle mais l’influencer en faveur de Trump.

Greenwald a affirmé qu’il fallait prendre ces accusations avec beaucoup de précautions étant donné le manque de preuve – si elles existent, elles n’ont pas été rendues publiques par les agences de renseignement par « peur d’exposer leurs sources et leurs méthodes ». Dès lors, accuser la Russie n’est qu’un stratège politique des démocrates pour discréditer le prochain président – des propos que Tucker Carlson a accepté avec un grand sourire.

Dans article publié hier matin, il a accusé The Guardian d’avoir menti sur des propos qu’aurait tenu Julian Assange et a souligné comment « ces fausses déclarations – des fabrications – se sont propagées un peu partout sur internet par des journalistes, qui ont poussé des centaines de milliers de gens (voire des millions) à consommer de l’intox »

Capture d’écran de l’article de Julian Assange dans le Guardian, le 24 décembre 2016

. Une dénonciation qui visa à « souligner, une fois de plus, que ceux qui dénoncent avec véhémence les fausses informations, et veulent que Facebook et d’autres géants de la technologie suppriment du contenu pour mieux les combattre, sont souvent les auteurs les plus agressifs et intéressés ».

L’article du Guardian reprend l’interview qu’a eu une journaliste italienne de La Reppublia avec Assange. Ce dernier y affirme que « l’élection de Clinton aurait été une consolidation du pouvoir en place pour la classe existante aux Etats-Unis » tandis que la « nouvelle structure » plus « fragile » qui déstabilise les réseaux de pouvoir existants, est :susceptible d’apporter de nouvelles opportunités de changement aux Etats-Unis », pour le meilleur ou pour le pire. 

Ce que le journaliste du Guardian a interprété comme une éloge d’Assange et une attaque contre Clinton.

Une fraude journalistique pour Glenn Greenwald, reprise par le site pro-russe RT et Breitbart, le site alt-right dont il a par ailleurs salué « l’intégrité » car il a « donné la voix aux gens qui en sont normalement démunis » et qui a eu « plus de succès que les médias libéraux à trouver de nouveaux moyens de défier l’establishment ».

 

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Comment aider Planned Parenthood avec humour?

En achetant ce tote disponible sur le site Power and Light Press pour la modique somme de quinze dollars et dont les recettes seront reversées à Planned Parenthood, directement menacé par la prochaine administration Trump.
Le sac en toile a le mérite de rappeler les différents services gratuites offerts par l’association un peu partout à travers le pays, avec les hashtags #standwithplannedparenthood et #wewontgoback:

« mammograme, frottis, examen gynécologique, test et traitement de maladies sexuellement transmissibles. Information et conseil sur la santé sexuelle et reproductive, test de dépistage du cancer, test de grossesse. Services prénatales, et accès abordable aux moyens de contraception. »

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Mort du père de la « Red Solo Cup »

Solocup.com

La « red Solo Cup » est aux Américains ce que le ballon (de rouge) est aux Français, un large gobelet en plastique qui a accompagné les fêtes arrosés de millions d’adolescents et d’étudiants.

Le créateur de ce verre jetable, Robert Leo Hulseman, est mort la semaine dernière à 84 ans, près de quarante ans après la mise sur le marché de ce qui deviendra le produit phare de The Solo Cup Company, une entreprise familiale créée par son père en 1936.

Son succès? Il est large, résistant (en polystyrène) et pas cher – disponible dans tous les délis et « 99 cents » store des Etats-Unis, et « bien sûr, sa couleur rouge, qui cache ce que l’on boit vraiment » – Boire dans la rue, parcs et plages est interdit aux Etats-Unis.
La compagnie est spécialisé dans tous les containers à emporter (plastique et papier) mais la red cup reste le best-seller incontesté et a même fait l’objet d’une chanson.

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Le racisme expliqué aux jeunes conservateurs américains

Tomi Lahren, 24 ans, « l’enfant soldat » des médias conservateurs, célébrée pour ses positions incendiaires, était l’invitée du Daily Show, où elle s’est confrontée à Trevor Noah, très en forme, qui lui a expliqué pourquoi et comment est-ce qu’elle véhiculait quotidiennement des préjugés racistes à ses millions d’abonnés sur les réseaux sociaux.

La campagne de Trump a été soutenue sur les sites conservateurs et alt-right par une brochette de « commentateurs politiques » qui n’ont ni l’éxpérience, ni les impératifs du journaliste, mais qui grâce à une rhétorique « politiquement incorrecte » défendue par le futur président et célébrée par ses supporters, ont été propulsés en quelques mois sur le devant de la scène médiatique.
La plus jeune et l’une des plus populaires, Tomi Lahren, impressionne par son franc-parler et son agressivité: une marque de fabrique qui a fait son succès en lui rapportant des millions d’abonnés sur les réseaux sociaux.

Le Kiosque disait d’elle en septembre:

Indépendante, ambitieuse, “courageuse” selon ses propres termes, Lahren appartient à cette nouvelle génération de conservateurs qui n’ont pas peur d’utiliser le thème de la race pour dénoncer les problèmes auxquels fait face l’Amérique quitte à être traitée de raciste. Elle n’a pas non plus de problème non plus à comparer le Ku Klux Klan avec Black Lives Matter, et rejette le politiquement correct
(….)
Elle est fière d’être blanche comme vous devriez fière d’être “noir” et a du mal à comprendre les protestations des minorités du pays, “qui sont pourtant nées avec les mêmes droits”. Issue d’une famille de Marines, elle respecte son drapeau et son pays, et propose à Kaepernick de le quitter s’il a tant de critiques à lui adresser.

Deux mois plus tard et la Trumpocalypse à peine digérée, les propos très controversés de Lahren sont d’autant plus dangereux qu’ils font désormais « partie intégrante du mainstream média » – ses vidéos ont été regardées plus de 70 millions de fois sur Facebook.
D’où l’intérêt de cet interview de Trevor Noah qui dévoile un par un les préjugés racistes sur lesquels reposent chacun des arguments de la jeune pundit.

Revenons donc sur ces préjugés et idées reçues, qui sont partagées par des millions de jeunes Américains aujourd’hui:

  • Non Black Lives Matter n’incite pas à la violence, ni aux émeutes, ni aux pillages. De nombreux rassemblements peuvent dégénérer de cette manière, et s’il est important de condamner les exactions de certains, on ne peut pas criminaliser tous les militants, dont la plupart sont pacifistes.
  • Les cinq policiers morts à Dallas en juin dernier des mains d’un dérangé qui a affirmé vouloir venger ses confrères afro-américains tués par la police n’a rien à voir non plus avec Black Lives Matter.
    Trevor Noah lui explique que ce n’est pas que parce que Trump a des supporters dans le KKK, que lui-même soutient le KKK, et qu’il est irresponsable de dire que tous les policiers sont racistes parce que dans la plupart des villes des Etats-Unis, la majorité des contrôles ou des bavures touche la communauté afro-américaine.
  • « La vraie diversité est celle de la pensée et non pas de la couleur » avance Tomi Lahren qui poursuit, « je ne vois pas les couleurs », ce à qui Trevor Noah répond, « Je n’ai pas de problème avec ceux qui différencie les couleurs, mais c’est la façon dont on traite les couleurs qui est plus importante »
  • Affirmer que Black Lives Matter est le nouveau KKK, est non seulement faux car le KKK n’a jamais cessé d’exister, mais c’est irresponsable car c’est minimiser ces actes (dans le passé) et son idéologie.
  • A propos de Colin Kaepernick qui ne s’exprime pas de la « bonne façon » selon Lahren, Trevor Noah réponds:

    « Donc on a un Afro-américain aux Etats-Unis qui essaye de faire passer un message, s'[il] marche dans la rue, on dit que c’est un voleur,  s'[il] proteste dans une manifestation, on dit que c’est casseur, et s’il met un genou à terre, c’est encore le mauvais choix, mais alors quelle est la bonne façon pour un Afro-américain d’attirer l’attention aux Etats-Unis?

    Ce à quoi Lahren n’a pas vraiment répondu à part la défense sacré du drapeau qui ne doit en aucun cas être utilisé à des fins politiques que celle du patriotisme.

C’était un débat très clair et courtois qui a été salué par de nombreux médias (Time magazine, Los Angeles Times, The Daily Beast, The Atlantic, Slate, Washington Post, Rolling Stone, New York magazine) qui ont salué le travail de Trevor Noah qui a patiemment déconstruit chacun des arguments simplistes, caricaturales et racistes de son invitée.

 

 

le kiosque du mercredi 16 novembre

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TRUMPLANDIA

Le Kiosque a choisi de traiter la présidence, les affaires, les tweets et la famille de Trump dans une rubrique spéciale appelée Trumplandia, en référence à l’excellent show du réseau IFC Portlandia qui aura pour ambition de relayer toutes les informations sur le nouveau président tout en sachant qu’il s’agit d’un milliardaire inexpérimenté, raciste et misogyne.
Beaucoup de médias, journalistes et politiques ont sans doute fait le bon choix de lui laisser le bénéfice du doute depuis sa fameuse interview sur 60 minutes où il a semblé plus modéré sur son programme, avant de décider de nommer Steve Bannon, un white nationalist, comme l’un de ses plus proches conseilleurs.

Une transition désorganisée

La transition d’une présidence à une autre est une tache immense et complexe dans laquelle est en train de s’empêtrer la nouvelle administration qui a d’abord confié la tache à Chris Christie, un politicien expérimenté, qui a été ensuite écarté par le gendre de Trump, Jared Kushner, 35 ans, dont le père a été mis en prison lorsque Christie était procureur fédéral en 2004.
Mike Pence, qui est déjà à la vice-présidence, a donc pris le relais dans une certaine confusion alors que alors que trois officiels ont démissioné ou été poussé à la porte.
Son équipe aurait refusé l’aide de vétérans républicains de Washington qui avaient offert leur aide, sous prétexte qu’ils avaient critiqué Trump lors de sa campagne. Eliot A. Cohen, qui rapporte l’incident, a depuis déconseillé ces mêmes « jeunes conservateurs » de servir dans la nouvelle admisnitration.

Le New York Times rapporte que certains chefs d’Etats étaient incapables de rentrer en contact avec le nouveau président, reclus dans sa Trump Tower de New York.
« Wrong » réponds ce matin Trump via Twitter en accusant une fois encore le quotidien de mensonges.

 

Le spectre de Rudy Giuliani

Un poster du Giuliani à la manifestation anti-Trump samedi 12 novembre 2016
Un poster du Giuliani à la manifestation anti-Trump samedi 12 novembre 2016

Donald Trump, chef de clan, a décidé de récompenser ceux qui l’ont soutenu, à leur manière, et distribue aux plus fidèles les postes les plus importants de son Administration.
Parmi eux, l’épouvantail Rudy Giuliani, ancien maire de New York, qu’on a entendu beugler pendant toute la campagne, serait promis au Secrétariat d’Etat, le même poste occupé par Clinton lors de la première présidence d’Obama.
« Un choix désastreux » pour le New York Times devant les défis qui attendent les Etats-Unis sur la scène internationale: une nouvelle politique syrienne, les intentions russes au Moyen Orient, l’Otan et les relations avec l’Europe.
Giuliani n’a aucune expérience diplomatique à part celle de donner des discours un peu partout dans le monde pour des gouvernements étrangers et compagnies et qui pourraient créer des conflits d’intérêts avec sa nouvelle fonction … un peu comme ceux qu’il n’a cessé de dénoncer contre la candidate démocrate ces derniers mois.

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Une amérique coupée en deux

Les élections de 2016 ont offert deux visages de l’Amérique, celle de Trump à majorité blanche et rurale et l’autre démocrate, urbaine et mixte. et en cartographie, ça donne cela

L'Amérique de Trump a gauche, à majorité blanche et rurale, et celle de Clinton, urbaine, mixte et plus dynamique.
L’Amérique de Trump a gauche, à majorité blanche et rurale, et celle de Clinton, urbaine, mixte et plus dynamique.

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Megan Kelly, la nouvelle égérie anti-Trump?

Megyn Kelly, présentatrice du programme politique Kelly Files sur Fox News est devenue une star du petit écran et égérie féministe ces dix huit derniers mois grâce à ses échanges musclés avec le candidat Trump qu’elle n’a jamais eu peur de critiquer, quitte à se facher avec ses collègues de la chaîne
Avec Trump président, l’expérience de Kelly pourrait bien « servir d’exemple » à d’autres journalistes « Les attaques systématiques que Trump a lancé contre moi et la Fox News pour essayer d’obtenir la couverture qu’il voulait est sans précédent et potentiellement très dangereuse » explique-t-elle en pleine promotion de son nouvel ouvrage, sorti aujourd’hui, « Settle For More ».

Tout a commencé lors des primaires républicaines lorsqu’elle a confronté Trump sur ses propos insultants à l’encontre des femmes, qualifiées de « grosses vaches, chiennes, dégueulasses ».
Un geste que le milliardaire n’a guère apprécié puisqu’il s’est ensuite déchainé sur Twitter en accusant Kelly d’avoir « du sang qui sortait de ses yeux, du sang qui sortait de partout … » et les échanges détonnants ont continué des mois jusqu’a ce Roger Ailes mette en scène une « réconciliation télé » qui a peu convaincue.
Aujourd’hui, elle se dit prête à lui donner une seconde chance en espérant qu’il se comportera « comme un président ».

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Les faux sites d’infos

Nous parlions hier des faux sites d’infos qui ont innondé les réseaux sociaux ces dernières semaines pour tenter d’influencer le résultat des élections présidentielles, et que Facebook, Twitter ou Google ont finalement commencé à admettre après l’impensable victoire de Donald Trump mardi 8 novembre.
Ils ont décidé d’interdire à ces sites de promouvoir leur contenu sur les réseaux sociaux et Twitter a même supprimé de nombreux sites liés au mouvement alt-right.

Mais les internautes peuvent désormais de leur côté nettoyer leur fil d’information grâce une liste préparée par une professeur de communication de Merrimack College qui recense tous les sources d’infos considérées comme « fausses, mal-orientées, uniquement dédiées à amasser des clicks ou « putaclic » et satiriques.

les sources d'infos sur lesquelles il ne faut pas se fier
les sources d’infos sur lesquelles il ne faut pas se fier

On vous conseille vivement de garder les sites satiriques The Onion et Borowtiz Report et puisque l’ancien rédacteur en chef de Breitbart News est aujourd’hui l’un des plus proches conseillers de Trump, il serait pas inintéressant d’y jeter un coup d’oeil, tout comme l’opposition conservatrice du nouveau gouvernement incarnée par The Blaze, et son créateur Glenn Beck – ce sont des sites d’opinions et non d’informations mais qui peuvent être pertinents pour essayer comprendre la nouvelle adminsitration au pouvoir.

La rédemption de Glenn Beck

Glenn Beck a construit son succès grâce à la victoire d’Obama en 2008 qui avait provoqué un vent de révolte populaire un peu partout dans le pays à son encontre, avec la mobilisation du Tea Party qui en a fait leur héros.
Huit ans plus tard, en dénonçant les propos du candidat républicain tout au long de sa campagne, Beck s’est imposé comme « l’une des voix les plus raisonnables des médias conservateurs » mais s’est aliéné une bonne partie des Républicains, de son audience, et pourrait voir son empire s’effondrer après l’élection de Trump.
Dans cette rédemption, il a pourtant gagné le respect de ses anciens adversaires, les libéraux et progressistes.

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nyt-mag-glenn-beck

C’était l’un des commentateurs ultra-conservateurs les plus détestés de l’ère Obama, mais aussi l’un des plus populaires qui a fasciné les médias grâce à sa rhétorique chrétienne, anti-libérale et anti-gouvernement.

Durant l’été 2010, il a organisé un rassemblement au Lincoln Memorial de Washington, intitulé “Restoring Honor”, censé lever des fonds pour les enfants de soldats américains blessés ou tués en mission – à l’époque déployés en Irak et en Afghanistan – qui avait rassemblé des dizaines de milliers d’Américains, essentiellement blancs et chrétiens, très anxieux vis-à-vis de la tournure progressive que prenait le pays.
Ce fut le tournant de sa carrière, ce qui l’a fait passer d’animateur télé à véritable star, jouissant d’une immense popularité, qui lui a d’ailleurs offert la couverture du New York Times magazine.

Présentateur d’un show quotidien sur la chaine conservatrice Fox News depuis janvier 2009, date de l’investiture de Barack Obama, Glenn Beck est aussi animateur radio, écrivain à succès, éditeur et vend ses propres produits dérivés sur son site internet.
Ancien alcoolique reconverti mormon, Jon Stewart, alors présentateur du Daily Show, disait de lui qu’il exprimait ce que « les gens qui ne pensent pas pensent ». Grâce une sensibilité à la limite de la mièvrerie, il a su convaincre ses auditeurs que ce qu’il disait n’était pas forcément voulu, qu’il n’était pas infaillible et parfois irresponsable devant certaines prises de positions: Comparer les progressistes aux nazis, Obama et la haine des blancs, la Maison Blanche prise d’assaut par les Communistes ou avoir envie de tuer Michael Moore à coups de pelle.

Time Magazine - Edition du 28 septembre 2016
Time Magazine – Edition du 28 septembre 2016

Glenn Beck a quitté Fox News en 2011, poussé à la porte par Roger Ailes selon certains, il a créé peu après son propre site d’informations sur internet, The Blaze, et a continué son émission de radio, l’écriture de bouquins jusqu’à ces élections présidentielles.

Durant les primaires républicaines, il a défendu Ted Cruz, le candidat malheureux des conservateurs qui s’est très vite retiré de la campagne … mais il aussi violemment critiqué Donald Trump qu’il a comparé à Mussolini et Hitler et ses supporters aux Chemises Noires.
« Ce mec est complètement déséquilibré (…) et avec toutes les choses qu’on a dit sur moi toutes ces années, je devrais être capable de discerner un dangereux déséquilibré.

 du magazine Rolling Stone expliquait le mois dernier:

Selon lui, et quelque soit le gagnant, Beck pourra au moins dire qu’il aura été le seul, ni Sean Hannity, ni Fox News, le Drudge, Breitbart, ni Bill O’Reilly ou Rush Limbaugh, aucun de ses collègues de droite, n’ont eu le courage de reconnaître l’évidence, qu’un vote pour le moins pire reste un vote pour le pire. Il est resté attaché à sa morale, quelqu’en soit le coût professionnel ou personnel.

Il reconnaît avoir une responsabilité dans “l’avènement d’un taré” comme celui-ci en déclarant en 2014 à Megyn Kelly: “Malheureusement, j’ai aidé à diviser ce pays (…) je ne me suis pas rendu compte à quel point il était fragile”

Glenn Beck est l’un des rares conservateurs à s’être officiellement distancé de Donald Trump et en paye depuis le prix fort.
Vilipendé par Breitbart News, snobé par Fox News, ses sites internet (The Blaze et Gleenbeck.com) boycottés, l’audience de son émission de radio en chute libre: son empire estimé l’année dernière à 90 millions de dollars pourrait s’effondrer après les élections.

Trump est devenu président la semaine, et la seule consolation qu’il peut trouver aujourd’hui c’est dans les médias plus libéraux, qui saluent à l’instar de Rolling Stone ou du New Yorker  le choix de la décence plutôt que celui de l’opportunisme.

En février, il avait qualifié Steve Bannon, alors rédacteur en chef du site alt-right Breitbart News, qui a pris très tôt la défense de Trump, « d’être humain abjecte et méprisable ».
Certain que Bannon voulait rentrer dans le cercle restreint du futur candidat républicain, Beck le voyait devenir soit « chef de cabinet [en cas de victoire] ou le nouveau Roger Ailes [en cas de défaite] »

Bannon a été nommé Chief Strategist à la Maison Blanche, Glenn Beck avait raison, et selon lui, « l’un des hommes les plus dangereux de la politique américaine » est aujourd’hui l’un des plus puissants à Washington.

Le kiosque du 15 octobre 2016

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Le New York Times et le Washington Post mènent la dance

La guerre est déclarée depuis longtemps entre Trump et les médias mais elle a pris une tournure dramatique ces deux dernières semaines entre la déclaration d’impôts de Trump publié par le New York Times et la vidéo de ses propos obscènes contre les femmes diffusée par le Washington Post. Cette semaine les deux quotidiens ont rapporté les témoignages de victimes de harcèlement et attouchements sexuels dont Trump aurait été l’auteur. « Deux bastions médiatiques qui prouvent le potentiel du traditionnel reportage » dans une période électorale sans précédent à l’encontre des deux candidats – Le Times est à l’origine du scandale de l’utilisation de la messagerie privée de Clinton qui est devenu l’un des talons d’Achille de sa campagne.
« le Times et le Post sont des institutions inestimables et le pays serait infiniment plus pauvre sans » a constaté David Remnick, le rédacteur en chef du New Yorker

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Trump est en train de saccager Trump

Cette semaine un journaliste du site conservateur The Blaze avançait que la campagne de Trump n’a jamais eu d’autre objectif que de servir son nom et sa marque plus que la présidence du pays. La preuve? A chaque fois qu’il est arrivé en tête contre Clinton, il a provoqué une polémique qui l’a fait reculer aussitôt. Si l’on recense le nombre de fois où le candidat a essayé de faire la promotion de ses hôtels, golfs, casinos, entreprises, cette théorie n’est pas infondée.
Mais les scandales de ces dernières semaines commencent sérieusement à endommager la marque Trump: « Avant la campagne, il y avait un équilibre entre la marque et l’individu » mais aujourd’hui « l’individu a pris le dessus sur la compagnie et toutes les polémiques qu’il provoque lui sont défavorables » selon Howard Puchin, directeur de création chez APCO Worldwide.
Le milliardaire Mark Cuban, propriétaire des Dallas Mavericks, et ennemi juré du candidat républicain, a même déclaré la semaine dernière sur Twitter que « Bernie Madoff [avait] une meilleure marque » que lui.
C’est peut-être l’une des raisons derrière le nom donné à la dernière aventure hôtelière de la compagnie, Scion, qui essaye d’attirer une foule plus jeune et aisée (calquée sur le W ou Soho House).

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Wikileaks réalise sa prophétie

Il y a dix ans, Julian Assange publiait un memo Conspiracy as Governance sur les objectif de sa nouvelle aventure Wikileaks dans lequel il décrivait comment s’attaquer à une certaine forme de complot, le parti politique:

Plus une organisation est secrète ou injuste, plus des fuites vont entraîner de la peur et de la paranoïa dans son leadership et dans la coterie qui le dirige. Il en résultera immanquablement un affaiblissement de ses mécanismes efficaces de communication interne (un alourdissement de la « taxe du secret » cognitive) et une détérioration cognitive systémique entraînant pour cette organisation une capacité moindre à conserver le pouvoir dans un contexte où l’environnement exige son adaptation (…)
Imaginez ce qui pourrait arriver si l’un de ces partis devait abandonner ses téléphones portables, fax et correspondance emails – sans compter les systèmes informatiques qui répertorient les donateurs, budgets, sondages, centres d’appels, et le courrier. Ils tomberaient immédiatement dans une « panique organisationnelle »

Ces propos étaient bien en avance sur leur époque et on peut y trouver les raisons de la diffusion des emails piratés du comité national démocrate et du président de campagne de Clinton, John podesta: Le parti démocrate est un immense machine dont la candidate cultive le secret, et dévoiler ses communications, en pleine période électorale a réussi à les fragiliser et pourraient contrarier leur chances de victoires.
Aucune mention dans le manifeste d’Assange de la participation d’une dictature dans le piratage de l’information, d’un acharnement à peine voilé contre les Démocrates, des facteurs non négligeables.

Ce qui revient The Guardian et beaucoup d’autres médias américains à se demander comment est-ce que Wikileaks est passé du « chouchou des libéraux de gauche et fléau de l’impérialisme américain à l’instrument de la campagne incendiaire de Trump »? Qui aurait pu pensé qu’un candidat républicain en vienne à soutenir « l’information incroyable fournie par Wikileaks » selon les propos du milliardaire américain sur Twitter.

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Les vertus du bisou

Le coach de l’équipe de football du l’université de Houston au Texas, Tom Herman, aurait trouvé un moyen révolutionnaire de donner confiance à ses joueurs avec chaque rencontre: un bisou sur la joue. Dans un sport réputé pour sa violence et virilité, le geste de l’entraîneur est un rituel inhabituel mais « pas de meilleur moyen pour exiger les douloureux sacrifices » que de « leur montrer de l’affection ».
Un comportement qui semble porter ses fruits puisque l’équipe n’a perdu qu’un match l’année dernière, sa meilleure saison de football depuis 1980 et ils sont réalisé un très bon de saison cette année.
A savoir maintenant si d’autres entraîneurs vont suivre?

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Les ravages de la drogue sur … Youtube

Après avoir diffusé la photo d’un couple inanimé dans une voiture avec un enfant à l’arrière pour sensibiliser aux ravages de la drogue, un père de famille est allé encore plus loin en filmant la réaction de son fils lorsqu’il apprend la mort de sa mère d’une overdose, et en la postant sur Youtube. L’homme, lui même ancien drogué, soit disant sobre depuis trois mois, a voulu témoigner des conséquences dramatique de l’addiction sur les familles provoquant l’effroi de pas mal d’internautes.
La vidéo a été vue plus de 33 millions de fois en quelques jours.

Le Kiosque du mardi 11 octobre

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Sécession chez Républicains

Après le « pire débat présidentiel de l’histoire » – ils ont été mis en place lors des élections de 1960 qui opposaient Richard Nixon et JFK – les journaux revenaient ce matin sur la principale information d’hier, la défection de Paul Ryan de la campagne de Donald Trump.

Paul Ryan, le running mate de Mitt Romney aux élections de 2012 et Donald Trump ont eu des relations plus que difficiles ces derniers mois: Le porte-parole des Républicains n’a cessé de condamner les dérapages de Trump sans jamais retirer son soutien officiel, ce que d’autres Républicains ont pourtant commencé à faire dès cet été.

Souvent critiqué par Trump, moqué par Breitbart News, sifflé samedi lors d’un rally organisé dans le Wisconsin après avoir demandé à Trump de ne pas y participer à la suite des propos orduriers qu’il a tenu dans la fameuse vidéo, Paul Ryan a finalement pris la décision de continuer à soutenir son parti mais pas son candidat.
Devant la pression de certains collègues républicains, Ryan n’a ni retiré son soutien, ni déclaré qu’ils ne voterait pour Trump, contrairement à d’autres, mais son geste en a toutes les apparences et sous-entend pour beaucoup que Clinton devrait remporter la Maison Blanche.

Le New York Times a noté que la moitié des candidats républicains en difficulté en vue d’une (ré)élection au Sénat ou à la Chambre des Représentants s’étaient distancés de Trump, et que ceux dont la victoire était assurée, étaient restés derrière leur candidat.
A savoir maintenant si la défection de certains aura des conséquences favorables au niveau électoral ou si les électeurs chercheront à punir ceux qui ont abandonné le navire.


L’un des modérateurs insulté 

The Daily Dot rapportait hier les insultes proférées pendant et après le débat à l’encontre de l’un des modérateurs, Anderson Cooper, présentateur sur CNN et ouvertement gay et que Trump a plusieurs fois accusé lui et sa collègue, Martha Raddatz, d’interrompre, de poser trop de questions ou de remettre plusieurs fois et fermement à sa place.
Les deux modérateurs ont été actifs durant le débat en essayent de pousser les candidats à répondre aux questions posées et bien notés par la presse en général

 

Samantha Bee sur le deuxième débat

 

« C’est nous contre le reste du monde »

« Trump a complètement viré BreitBart«  titrait hier Buzzfeed News après la diffusion de la dernière campagne publicitaire du candidat intitulé Nous contre le reste du monde. « La position revancharde de Trump est un signe qu’il retourne satisfaire le coeur de sa base, même si elle est incapable de lui offrir la victoire, une attitude qui ne devrait pas non plus attirer les électeurs dont Trump a besoin pour gagner.

Donald Trump
Donald Trump

 

 

Fausse affiche publicitaire avec Glenn Beck et le logo de HRC
Fausse affiche publicitaire avec Glenn Beck et le logo de HRC

Glenn Beck, un tea-partisan pour Hillary

Glenn Beck s’est imposé chez les médias conservateurs après la victoire d’Obama en 2008, lorsque les Tea Party se sont développés un peu partout dans le pays, en s’imposant comme l’un de leur porte parole sur Fox News jusqu’à ce qu’il créé son propre réseau de télé-internet, The Blaze en 2011.
Beck est un « anti-Trump » depuis le début de sa candidature et a appelé ses supporteurs à ne pas voter pour lui le 08 novembre prochain en déclarant que si Hillary Clinton doit gagner, « qu’il en soit ainsi » parce que « au moins c’est un choix moral et éthique »

 

Foreign Relations aussi

Un autre magazine, Foreign Relations crée en 1970 par Samuel Huntington, l’auteur du fameux « Choc des Civilisations » paru en 1996, s’est rangé derrière la candidate démocrate en déclarant que « la présidence de Donald Trump est l’une des plus grandes menaces à laquelle doit faire face l’Amérique, et le porte drapeau des Républicains, le pire candidat d’un grand parti dans l’histoire du pays ».
C’est la première fois que le magazine soutient officiellement un candidat.

 

Notorious RBG vs Kaepernick

Ruth Bader Ginsburg, la plus âgée des justices de la Cour Suprême des Etats-Unis qui aime réagir à l’actualité, même si sa position l’oblige à beaucoup de discrétion, a critiqué hier le mouvement de protestation lancé par Colin Kaepernick – rester assis ou un genou à terre lors de l’hymne national qui ouvre chaque manifestation sportive aux Etats-Unis. « Je pense que c’est idiot et irrespectueux. Je dirai la même chose pour ceux qui me demandent mon opinion sur la fait de brûler les drapeaux. Je pense que ce n’est pas une bonne chose à faire, mais je ne mettrai personne en prison pour cela (…) Ce que je ferai c’est essayer de comprendre les revendications qu’ils expriment en agissant de la sorte »

 

 

 

 

 

 

 

Tomi Lahren, 24 ans, « l’enfant soldat » des médias conservateurs

Les femmes n’ont pas vraiment la côte dans les médias conservateurs américains, mais une fois n’est pas coutume, Tomi Lahren, jeune diplômée de 24ans, casse la baraque à coups de discours enflammés, rhétoriques racistes et vidéos diffusées sur Facebook

 

Une star télé conservatrice à 24ans

Fraichement diplômée de l’Université du Nevada, Lahren s’est directement vue proposer un show sur la chaîne d’infos câblée conservatrice One America News.
Son émission « One Point » a suscité l’intérêt du public au fur-et-à-mesure de ses propos tendancieux: son premier fait d’arme intervient à la suite de la tuerie de quatre marines des mains de Muhammad Youssef Abdulazeez à Chattanooga le 16 juillet 2015. Lahren réagit alors en direct en dénonçant « la mentalité à mi-chemin, à moitié-cuite, sur la pointe de pieds, qui se veut amicale avec les Jihadistes » de Barack Obama.
La séquence à été vue 2,5 millions de fois et un mois après, elle est promue sur une chaîne conservatrice plus populaire, The Blaze.

L’anti-pop culture

The Blaze est un réseau d’information et de divertissement conservateur créé par Glenn Beck, journaliste passé par Fox News, ancien héros du Tea Party, qui lui a offert une nouvelle émission, Final Thoughts qui cartonne désormais quotidiennement.

La jeune journaliste n’a pas déçu en enchaînant les critiques de Beyoncé, lors de sa prestation au Superbowl, lorsque que la chanteuse a rendu hommage aux Black Panthers et Malcom X et plus récemment de Colin Kaepernick, le joueur de football américain, à l’affiche de Time magazine cette semaine, qui refuse de saluer le drapeau américain en signe de protestation contre les violences policières envers les minorités.

The Guardian a consacré une enquête cette semaine sur le phénomène Tomi Lahren, et note que son succès repose en partie sur une dénonciation conservatrice de la pop-culture, d’autant plus acceptable et influente qu’elle appartient à la génération des Millenials.
Très populaire pour ses positions conservatrices « dont elle est passionnée » – ou furieuse, parfois même hystérique, à vous de voir – elle admet ne pas pouvoir prétendre au statut journaliste et accepte celui « commentatrice ».

Indépendante, ambitieuse, « courageuse » selon ses propres termes, Lahren appartient à cette nouvelle génération de conservateurs qui n’ont pas peur d’utiliser le thème de race pour dénoncer les problèmes auxquels fait face l’Amérique quitte à être traitée de raciste – elle l’assume. Elle n’a pas eu de problème non plus à comparer le Ku Klux Klan avec Black Lives Matter, et rejette le politiquement correct, comme Milo Yiannopoulos, le jeune journaliste anglais de Breitbart News interdit à vie de Twitter pour avoir lancé une campagne raciste cet été contre l’actrice Leslie Jones.
Les deux savent aussi que leur physique jouent en leur faveur et ne s’en cachent pas.

Elle est fière d’être blanche comme vous devriez fière d’être « noir » et a du mal à comprendre les protestations des minorités du pays, « qui sont pourtant nées avec les mêmes droits ». Issue d’une famille de Marines, elle respecte le drapeau et le pays, et propose à Kaepernick de le quitter s’il a tant de critiques à lui adresser.
Dans une séquence diffusée Jeudi soir dans le Daily Show de Comedy Central, Treyvor Noah l’a qualifié « d’enfant soldat », un surnom on ne peut plus approprié pour cette férue des armes à feu.

« C’est difficile de savoir si sa colère se dissipera un jour, quelque soit le résultat de l’élection, mais même si elle disparaît, Lahren restera sans doute un bon de temps. Comme le conservatisme américain, elle a plein de ressources et peut facilement s’adapter. »