Samedi 4 février 2017: Washington souffle, le NYtimes vs. Trump et Breitbart boycotté

 

  • La politique étrangère de Trump dans la continuité de celle d’Obama.
    Après le désastre de la « Travel Ban » orchestré par Steve Bannon et son acolyte, Stephen Miller, la semaine dernière, le Conseil de la Sécurité des Etats-Unis a repris les commandes de la politique étrangère et opéré des changements plutôt inattendus, qui s’inscrivent dans la continuité de celle de Barack Obama:
    1. Trump a demandé au gouvernement israélien d’arrêter l’expansion des colonies juives au delà des frontières actuelles de Jérusalem Est et des territoires occupés.
    2. De nouvelles sanctions sont imposées à l’Iran sur son programme de missiles balistiques mais pas sur celui sur le nucléaire est pour le moment épargné.

    3. Nikki Haley, ambassadrice américaine à l’ONU a condamné l’ingérence de Poutine en Ukraine et demandé le retrait immédiat des troupes russes de Crimée.
  • Le boycott de Breitbart continue.
    Sleeping Giants, une organisation née au lendemain du 8 novembre pour « stopper les sites racistes, antisémites, sexistes, et homophobes en attaquant leurs revenus publicitaires » a fait parler d’elle début décembre quand Kellogg’s a décidé de retirer ses pubs. Depuis 820 entreprises ont choisi de retirer leurs publicités de Breitbart, et parmi elles, BMW, Visa, Vimeo, T-Mobile, Nestlé ou encore Lyft.

    Cette démarche ne va pas ruiner Breitbart, et ses encarts publicitaires sont toujours remplis, notamment par Amazon, Uber ou AT&T; mais les revenus engendrés par ces publicités, qui dépendent des clics des internautes, seront moindres si les annonceurs sont plus limités et moins reconnus. 
  • The Guardian, l’un des plus importants sites internet d’infos et gratuit (40 millions de visiteurs mensuels) a créé un service d’inscriptions en ligne en 2014 qui a atteint les 200 000 abonnés en 2016. Le site du Guardian n’a pas de Paywall qui limite le nombre d’articles lus chaque mois, dont « les gens qui s’abonnent ne bénéficient pas de contenu exclusif et ils le font parce qu’ils pensent qu’il est important que le journalisme du Guardian reste gratuit » explique David Magliano, le directeur général du quotidien, à Digiday. Le quotidien à également reçu 100 000 contributions de lecteurs qui ont répondu positivement aux appels de dons.
    Leur objectif est d’atteindre un million d’abonnés en avril 2019.
  • Avant la diffusion du rendez-vous sportif de l’année, le Super Bowl, dimanche après midi, La chaîne Fox a programmé dans la matinée une interview exclusive de Donald Trump avec son présentateur star, Bill O’Reilly enregistrée hier à Mar-a-Lago, sa résidence de Palm Beach en Floride, où le président passe le weekend.
    Le Commander-in-Chief pensait que son interview serait diffusée pendant le Half-Time, mais la fameuse tranche horaire est devenu depuis les années 90, le show musical incontournable de la pop culture US, animé cette année par Lady Gaga.

    Mr O’Reilly, qui connaît Trump depuis trente ans, l’aurait avisé, hors caméra, de montrer un peu plus de patience et de retenu envers les critiques et ses adversaires qui pourraient chercher à la destituer.
  • Washington peut respirer le temps d’un weekend.
    Donald passe le weekend à Mar-a-Lago après deux premières semaines intenses à la Maison Blanche et Washington peut respirer à nouveau. Mais le président n’en n’a pas pour autant oublier de tweeter sur différents sujets entre hier soir et ce matin: les taxes imposées sur les produits américains à l’étranger, les pays du Moyen Orient « qui sont d’accords avec la [travel] ban », sur la décision « ridicule » du juge de Seattle de la bloquer « temporairement », et enfin sur sa cible préférée, le « FAKE NEWS @nytimes ». Ce matin, le quotidien a publié en une un article affirmant qu’il « était toujours étroitement lié à son empire ».
  • National Review a publié sur sa page Facebook hier un article de Conservative Review qui encense la façon dont Ronald Reagan a géré les émeutes étudiantes de Berkeley en 1969 lorsqu’il était gouverneur de Californie. Les forces de l’ordre à qui il avait demandé d' »utiliser tous les moyens nécessaires pour ramener le calme » avaient tué un étudiant et blessé 120 autres. « C’est la façon dont les manifestants anti-Trump qui détruisent la propriété, bloquent la circulation et insultent la police doivent être gérés ». L’article a été publié le 10 novembre dernier après les manifestations qui ont suivi l’élection de Donald Trump dans certaines universités et reposté à l’occasion des violences qui ont eu lieu à UC Berkeley cette semaine contre l’apparition du journaliste alt-right, Milo Yiannopoulos, qui a du être annulée.

         

  • La gauche est la proie d’un phénomène réservé – presque – jusqu’ici aux supporteurs de Donald Trump, les « fake news » nous explique The Atlantic. Rien à voir avec l’amplitude des trois mois qui ont précédé les élections mais beaucoup d’intox circule désormais sur les réseaux sociaux, directement inspirée par le comportement imprévisible de Trump et la confusion créée par la nouvelle administration ces deux dernières semaines, à l’instar du Palmer Report, du compte Twitter @RoguePOTUSStaff, selon le site internet est spécialisé dans la dénonciation des « fake news », snopes.com.
  • Le « White House Correspondant Dinner » tombe à l’eau.
    L’un des plus importants diners de gala de Washington qui réunit chaque année la crème des médias, de Hollywood et des politiques, est boycotté par deux de ses principaux sponsors, le New Yorker, qui a annulé la réception de la veille et Vanity Fair qui s’est retiré de l’organisation de l’After Party très exclusive qui a lieu dans la résidence de l’ambassadeur français, et désormais sous la seule responsabilité de Bloomberg Businessweek.

    Donald Trump n’a pas non plus confirmé sa présence compte tenu de ses relations conflictuelles avec les médias. Le seul intérêt de cette soirée sera sans doute la soirée « alternative » organisée par Samantha Bee, qui aura lieu le même soir, le 29 avril, dans la capitale

Les derniers Conservateurs « Anti-Trump »

Ancien conseiller de la Secrétaire d’Etat, Condolezza Rice, sous George Bush, et actuellement directeur du programme d’Etudes Stratégiques dans la prestigieuse John Hopkins University, Eliot Cohen est aujourd’hui l’un des rares conservateurs à s’opposer publiquement à Donald Trump. Dans un essai publié dans ce weekend, il met en garde ses collègues dans un essai au vitriol contre la nouvelle présidence qui pourrait ne pas durer.

Eliot Cohen a lancé un appel en mars 2016 signé par 121 collègues républicains, experts en sécurité nationale dans lequel il explique pourquoi ils « vont tout faire pour empêcher l’élection d’une personne incapable de gouverner le pays ».
La plupart des prédictions se sont réalisées durant les dix premiers jours de la présidence de Donald Trump:

 

  • « Sa vision de l’influence et du pouvoir américains dans le monde est incohérente et instable par principe. Il passe de l’isolationnisme à « l’aventurisme militaire » dans une même phrase. »
    Jan. 2017: L’isolationnisme avec « America’s First », est le programme de conservatisme économique élaboré par Steve Bannon, son plus proche conseiller.

    « Against Trump » – National Review – février 2016
  • « Son soutien à la pratique extensive de la torture est inexcusable. »
    Jan. 2017: Il affirme vouloir suivre les conseils du général Mattis qui est opposé à la torture, même s’il y est toujours favorable.

  • « Sa rhétorique haineuse, anti-musulmane amoindrit l’importance du combat contre l’islamisme radical en aliénant les partenaires du monde islamique qui font des efforts importants de collaboration. »
    Jan. 2017:  La « Travel Ban » ou « Muslim Ban », le décret interdisant l’accueil des réfugiés et des ressortissants de sept pays musulmans pour trois mois a été signé par décret la semaine dernière.

  • « Contrôler nos frontières et empêcher l’immigration illégale est un sujet sérieux, mais son obsession à faire payer le Mexique pour la construction du mur déchaîne des passions inutiles, et repose sur l’ignorance et le mépris envers notre voisin. »
    Jan. 2017: Le président mexicain a annulé sa rencontre avec Trump la semaine dernière après les tweets menaçants du président américain et continue de dire que son pays ne payera pas pour le mur.

  • Son admiration pour les dictateurs étrangers comme Vladimir Poutine est inacceptable pour la plus grande démocratie au monde.
    Jan. 2017: Le président russe sera vraisemblablement un allié de Trump mais priorité à Theresa May.

  • Les propos de Mr Trump nous poussent à conclure qu’en tant que président, il utiliserait l’autorité de son cabinet pour agir de manière à rendre l‘Amérique plus vulnérable, et diminuerait notre position dans le monde. Sa vision très large des pouvoirs du président contre ses détracteurs est une menace envers les libertés civiles des Etats-Unis.

     

     

Peu après la victoire de Trump, Eliot Cohen est revenu à la charge en conseillant à ses collègues républicains de ne pas s’engager auprès du président.

Après m’être entretenu avec l’équipe de transition de Trump, j’ai changé d’avis: N’y allez pas. Ils sont en furieux, arrogants, crient « t’as perdu! ». Ca va pas être beau

 

Les Républicains et Conservateurs qui s’étaient opposés à Trump se sont pratiquement tous rangés derrière lui. Les médias également à l’instar de The National Review, qui avait publié l’année dernière un numéro spécial « Never Trump » et qui a aujourd’hui laissé tomber son idéologie conservatrice au profit du parti républicain. Comme l’explique The New Republic, « le président Trump fait exactement ce que le candidat avait prévu, et le National Review lui cherche désormais des excuses » comme le parti républicain.
La mode en ce début d’année, c’est l’anti-anti-Trump.

D’autres ont gardé leur intégrité.

Dans son dernier essai, « A clarifying Moment in American History », Eliot Cohen pense qu’une « destitution ou une mise à pied [de Trump] » est une éventualité à laquelle les Américains doivent se préparer.

Pour la communauté de penseurs conservateurs et d’experts, et plus important, les politiciens conservateurs, c’est une période d’essai. Soit vous défendez vos principes et un comportement décent, soit vous y allez, et dans dix ans, vous serez considérés comme un lâche ou un opportuniste. Votre réputation sera détruite, et pour les bonnes raisons.

C’est l’un des moments clés de l’histoire américaine.

Trump dans une première semaine spectaculaire, s’avère être l’un des pires présidents qui n’a aucun égard pour la vérité (et la méprise), dont le patriotisme est un nationalisme belliqueux, dont le service public a consisté à éviter l’armée et les impôts, qui ne connaît pas la Constitution, qui ne lit pas et qui ne comprend pas notre histoire, et qui, au sommet de sa carrière, est obsédé par sa côte de popularité, par le nombre de personnes qui ont assisté à la cérémonie d’investiture, et ses ennemis.

Mais au bout du compte, il va échouer. Il va échouer car quelle que soit la malice de ses tactiques, sa stratégie est mauvaise – Le New York Times, la CIA, les Mexicains-Américains, et tous ceux qu’il a attaqué en chemin. Il va continuer à se faire des ennemis, et renforcer leurs convictions. Il a des supporters mais ne se fera pas d’amis. 
Il va échouer car il ne peut pas corrompre les cours, et parce que même le plus timide des sénateurs dira un jour que « c’est assez! ».  
Il va échouer parce qu’au bout du compte, les Américains, y compris ceux qui ont voté pour lui, sont des gens décents qui n’ont aucune envie de vivre dans la Turquie d’Erdogan, la Hongrie de Orban, ou la Russie de Vladimir Poutine. (…)

Il n’y a rien de grand dans l’Amérique de Trump. A la fin ce sera la grandeur de l’Amérique qui le stoppera.

« Le peuple contre les élites »: la nouvelle guerre culturelle de Trump

L’article a été publié hier sur le site internet aujourd’hui de la revue conservatrice The National Review et écrit par son rédacteur en chef, Rich Lowry, qui est également commentateur sur Fox News.

Le peuple contre les élites

Le premier défenseur de la culture de la nation est le président Donald J. Trump

On a du mal à se l’imaginer à première vue. Trump a fait la couverture de Playboy. Il s’est marié trois fois. Il a dirigé des concours de beauté et a fréquemment été invité dans l’émission de radio de Howard Stern. Sa « discussion de vestiaire » filmée sur la vidéo de Access Hollywood montre le peu d’égard qu’il a envers la bienséance.

Il est difficile d’imaginer que Donald Trump en combattant crédible de la guerre culturelle comme celle d’il y a quarante ans. Mais il en a réorienté les principales tendances, autrefois liés à la religion et à la moralité sexuelle, sur le terrain du populisme et du nationalisme.

La guerre culturelle de Trump est fondamentalement celle du peuple contre les élites, celle de la souveraineté nationale contre le cosmopolitisme, et enfin celle du patriotisme contre le multiculturalisme. 

En résumé, c’est la différence entre les luttes sur les droits des gays ou l’immigration, sur la rupture du mariage ou Black Lives Matter. La nouvelle guerre est aussi émotionnellement chargée que l’ancienne. Elle implique également les questions fondamentales sur ce que nous sommes en tant que peuple, qui sont plus compliquées que le débat sur les taux d’imposition ou s’il devrait y avoir des limites budgétaires dans le domaine de la défense.

Les participants sont dans l’ensemble les mêmes. L’ancienne guerre culturelle opposait la classe moyenne américaine d’un côté aux élites et milieux universitaires des côtes Est et Ouest et Hollywood de l’autre. La nouvelle guerre aussi.
Et tandis que Trump n’a aucun intérêt à lutter contre le mariage gay ou s’engager dans les guerres des toilettes publiques, sa position « pro-life » est un héritage de l’ancienne guerre.

Pourtant, n’importe quel détracteur qui prévient, plus par réflexe qu’autre chose, que toute tentative de contrôler le corps de femmes ou établir une théocratie est dépassé. Donald Trump a beaucoup d’ambitions mais pas celle d’imposer sa moralité sur les autres.

Il essaye plutôt de renverser un establishment corrompu qui, selon lui, a mis à la fois ses propres intérêts et un altruisme mal avisé et flou au-dessus du bien-être du peuple américain. Ce n’est pas seulement un programme gouvernemental, c’est une croisade culturelle qui intègre un important élément régional  et de classe. (…)

Prenons la guerre du président avec les médias. Presque tous les Républicains ont de mauvaises relations avec la presse. Pour Trump, pourtant, c’est plus qu’une collection de quotidiens partisans, ils incarnent une expression néfaste et prédominante de l’élite du nord-est qu’il cherche justement à détrôner.

Il n’y a pourtant rien de nouveau chez ceux qui occupent les hauts commandements de la culture d’accuser les Républicains d’avoir l’esprit étriqué et d’être intolérants. Mais le niveau de vitriol va devoir s’élever pour s’opposer au défi frontal de Trump. 

Son insistance sur les frontières, la cohérence culturelle, l’ordre public et la fierté nationale va provoquer de la peur et du ressentiment. Des priorités qui, dans la logique des élites culturelles, qui considèrent les élections de novembre comme une aberration, étaient les reliques d’une Amérique amenée à disparaître rapidement, incapable de représenter l’avenir du pays.
Trump et ses supporters ont parié autrement. 

La guerre culturelle est morte, Vive la guerre culturelle.

 

Un texte passionné qui donne une idée du challenge culturel qui attend Donald Trump mais qu’on pourrait qualifier de « folie des grandeurs » sachant le manque de légitimité du nouveau président auprès des électeurs américains, et après les manifestations monstres de ce weekend.

Encore une fois comment prétendre aller à contre courant d’un pays sans avoir remporté la légitimé populaire? C’est une insulte faite aux soixante-cinq millions d’électeurs qui n’ont pas choisi Donald Trump et qui n’ont pas l’intention du moins, pour le moment, de retourner en arrière

Le kiosque du jeudi 19 janvier 2017

L’investiture: mode d’emploi

On sera obligé de regarder l’investiture de Trump demain matin à Washington, mais des millions d’Américains sont appelés à éteindre la télé et faire autre chose lorsque le 45ème improprable président des Etats-Unis devra prêter serment sur la Bible utilisée par Abraham Lincoln et Barack Obama devant le chef de la Cour Suprême des Etats-Unis, John Roberts.
Comme on le rapportait cette semaine, ce sera l’une des plus petites cérémonies d’investiture de ces dernières décennies, à Washington et dans le reste du pays. Donald Trump est en effet le nouveau président le moins populaire de l’histoire moderne des Etats-Unis.

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A moins que …

Branle-bas de combat chez Breitbart, ennemi juré CNN, accusé de propager des  fake news par le président-élu: L’un des présentateurs de la chaîne d’informations, Wolf Blitzer, a évoqué les conséquences d’un éventuel assassinat de Trump et son Vice-président le jour de l’inauguration qui obligerait le « survivant désigné », le secrétaire d’Etat actuel, John Kerry, à prendre la relève.

Alors qu’une grande partie du pays s’impatiente des différents évènements à venir et du discours d’investiture du nouveau président, CNN se demande qu’est ce qu’il se passerait s’il était assassiné.

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Betsy DeVos, la martyre des Charter School

Pour The Intercept, la confirmation de Betsy DeVos devant le Sénat pourrait poser problème:

Sa carrière dans le public nous montre que c’est une Chrétienne zélée qui ne croit pas en la séparation de l’église et de l’Etat, qui veut financer les écoles religieuses avec de l’argent public, et dont les fondations ont financé des groupes fanatiques anti-gay.

Interrogée sur les donations faites par Prince Fondation, gérée par sa mère, à des organismes pro-familles et anti-gays, Mme DeVos a menti en affirmant qu’elle ne faisait pas partie du conseil d’administration à cette époque. Or les fiches d’imposition de la fondation prouvent qu’elle en était vice-présidente. Une erreur de frappe comptable a-t-elle affirmé.
Pour The National Review, il s’agit d’une énième chasse aux sorcières envers une chrétienne dévouée critiquée pour ses généreuses donations « motivées par sa foi en dieu ».

Quoi qu’il en soit, ses mensonges qui pourraient l’empêcher d’être confirmée la semaine prochaine à son poste de Secrétaire d’Etat à l’Education.

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Rick Perry n’a pas compris son futur job


On lui a proposé le Secrétariat d’Etat à l’Energie qu’il aurait accepté « pensant devenir  l’ambassadeur américain du gaz et du pétrole qu’il a longtemps défendu dans son Etat » et sachant qu’il avait souhaité l’élimination du Département de l’Energie en 2012 – qui lui a valu le titre de plus « mauvais tuyau de l’année » en couverture de Texas Monthly.

Des propos sur lesquels il est revenu ce matin expliquant qu’après avoir été conseillé sur les nombreuses fonctions vitales que comporte le Département, il regrette avoir souhaité son élimination »
Il semblerait néanmoins que l’ancien gouverneur n’ait pas compris que l’étendue des responsabilités de son poste, notamment la gestion du complexe national de sécurité qui abrite l’arsenal nucléaire. Il a d’ailleurs avoué n’avoir « aucune expérience dans la prise de décision concernant la politique nucléaire. »

« Un coup bas de plus » selon The National Review, qui affirme que les propos du New York Times sont des « fake news » et qu’il n’existe aucune preuve que Rick Perry n’a aucune idée de ses futures fonctions.

Rolling Stone l’a surnommé « la meilleure petite pute du Texas » dans un portrait publié en 2011, lorsqu’il s’est présenté aux primaires républicaines, à cause de sa tendance à gagner de l’argent en vendant les projets, positions et services publics aux plus offrants lorsqu’il était gouverneur.

On pensait que Bush était la pire chose que le Texas offre à l’Amérique. Mais si Rick Perry remporte la Maison Blanche, on se souviendra bientôt de ce taré de W et sa croisade en Irak comme quelque chose d’agréable.

 

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Interdire les manifestations pacifiques

Selon The Intercept, des parlementaires républicains essayent à travers tout le pays de criminaliser et décourager les manifestations pacifiques comme celles organisées par Black Lives Matter ou les opposants au Dakota Access Pipeline et dans l’anticipation d’un regain de protestations ces quatre prochaines années.
Pratiquement, ça passe par des lois assez absurdes, comme celle proposée dans le Dakota du Nord qui empêche de poursuivre pénalement un motard qui tuerait par accident un manifestant en travers de sa route; une autre proposition de loi dans le Minnesota pourraient condamner ceux qui manifestent sur les autoroutes à des amendes de trois milles dollars et un an de prison. D’autres cas similaires dans l’Etat de Washington, celui du Michigan et d’Iowa inquiètent les associations de défense des Libertés Civiles qui dénoncent « une hostilité publique » à peine cachée « contre Black Lives Matter dans les banlieues blanches et les zones rurales ».

Le kiosque du dimanche 15 janvier 2017

Saturday Night Live frappe là ou ça fait mal

L’émission satirique préférée de Donald Trump est repartie sur ses grands chevaux après une pause hivernale, et Alex Baldwin a encore une fois donné le meilleur de lui-même dans un sketch sur la première conférence de presse « rock’n’roll » donnée par Donald Trump jeudi.

Je commencerai cette conférence en répondant à la question que tout le monde se pose: « Oui, c’est la réalité et oui, ça va vraiment arriver. Le 20 janvier, Donald J. Trump deviendra le 45ème président des Etats-Unis et dans deux semaines, Mike Pence deviendra le 46ème président. »

Une conférence dans laquelle il a insulté Buzzfeed, qualifié la chaîne CNN de « fake news » et nié l’existence de matériel ultra sensible le concernant: une vidéo de lui et des prostituées dans une chambre de hôtel de Moscou (rebaptisée « pee pee tape » par SNL) présentée par un journaliste torse-nu, façon Vladimir Poutine, et qui pousse Baldwin-Trump à accuser la Canada et la Chine d’avoir piraté les élections. 

Pas de réponse de Donald Trump jusqu’ici.

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L’inauguration boycottée par les Démocrates.

La dernière attaque de Trump contre une icône du mouvement afro-américain des droits civiques dans les années soixante, le représentant John Lewis, accusé de ne rien faire pour sauver son district de Georgie de la ruine (« all talk and no actions or results ») a poussé certains Démocrates à boycotter l’investiture du président-élu la semaine prochaine – ils seraient, selon Politico19 Démocrates de la Chambre des Représentants. 

L’inauguration s’annonce comme un désastre pour le président-élu: Jackie Evancho, 16 ans, révélée dans l’émission « America got Talent » chantera l’hymne national accompagné par la compagnie de danse des New York City Rockettes, le Mormon Tabernacle Choir, une chorale mormone qui a participé aux cinq précédentes inaugurations de présidents républicains …
Le concert intitulé « The Make America Great Again! Welcome Celebration » qui aura lieu le 19 janvier au Lincoln Memorial offrira les prestations de Toby Keith, 3 Doors Down et Lee Greenwood … Des artistes qui devraient profiter de l’occasion pour se faire connaître du reste du monde.

Pour la revue conservatrice, The National Review, une inauguration « modeste » sans célébrités est le meilleur moyen de respecter la démocratie, en expliquant que les précédentes inaugurations ressemblaient à des cérémonies dignes du sacre d’un monarque plus que d’un président.

 

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« Wet foot, Dry Foot »: Des familles en attente.

La suppression immédiate de la politique migratoire dite du « Wet Foot, Dry Foot » jeudi, qui a autorisé pendant vingt ans l’accueil des réfugiés cubains sans visa sur le territoire américain, dans la perspective de devenir résident, a créé la panique chez des centaines de familles installées en Floride qui attendent toujours l’arrivée de leurs proches, restées à Cuba. D’autres sont restés des heures à l’aéroport de Miami pour tenter d’avoir des nouvelles sur les derniers chanceux qui ont réussi à quitter l’île cette semaine. Selon le Miami Herald, trois cents réfugiés cubains seraient encore coincés à la douane, en attendant que leur statut soit précisé.
Aucune information n’a été donnée par les autorités aux familles sur l’avenir de ces immigrés

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Mar-a-Lago bientôt sauvé des eaux?

 

The Boston Globe – Edition du samedi 14 janvier 2017

C’est le seul endroit où le président-élu se sent « bien », mieux que dans sa Trump Tower à New York, la ville qui l’a vu naître: Mar-a-Lago, son club très privé de Palm Beach en Floride.
Construite par la famille Merriweather Post dans les années vingt, la propriété a été donnée au gouvernement américain à la mort de l’héritière, Marjorie, afin d’accueillir les présidents du pays pendant la pause hivernale.

Inutilisée, la demeure et son million de dollars d’impôts annuels a été rétrocédée à la fondation Post qui l’a mis en vente pour vingt millions de dollars en 1981. Le front de mer juste devant de Mar-a-Lago a été vendu séparément, et Donald Trump à fait croire aux propriétaires qu’il avait acquis le lot et comptait y construit un complexe résidentiel qui bloquerait la vue du reste de la propriété – « son premier mur ». Un chantage qui lui a permis de ne payer que huit millions de dollars pour l’acquisition de Mar-A-Lago.

Le littoral de la presqu’île de Palm Beach est très sensible à la montée des eaux et les scientifiques estiment que le complexe hotelier de Trump pourrait être partiellement inondé dans une trentaine d’années. Une perspective qui pousse les habitants de Palm Beach, la plupart aisés et supporters de Trump, à tenter de le convaincre des dangers du réchauffement climatique; un pari qu’ils sont loin d’avoir gagné aujourd’hui.

Barack Obama: Les couvertures de huit ans de présidence

 

Il donnera son discours d’adieu ce soir depuis Chicago laissant les Etats-Unis dans l’inquiétude et le doute avec l’arrivée de Donald Trump.

Pourtant il y a huit ans, il avait apporté un vent d’espoir dans le pays, et même si son bilan est aujourd’hui critiqué et remise en question par la prochaine administration, il aura inspiré une génération d’Américains et de citoyens partout dans le monde, y compris ici au Kiosque.

On lui rend hommage, en sélectionnant les plus belles couvertures qui ont marqué les différents moments de sa présidence

Rolling Stone – Edition du 20 mars 2008

En pleines Primaires démocrates, le magazine Rolling Stone choisit de soutenir Barack Obama plutôt que Hillary Clinton. La couverture a fait polémique car la couleur de peau de Barack Obama aurait, selon certains journalistes, été « blanchie »

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Time magazine – avril 2008

L’hebdomadaire consacre sa couverture à la relation entre la mère de Barack et son fils.
Docteur en anthropologie, Stanley Ann Dunham n’est restée mariée que quelques mois avec le père de Barack qui meurt en 1982 d’un accident de voiture.
Elle se remariera avant de mourir en 1995 d’un cancer de l’utérus.

 

 

Time magazine – avril 2018

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The New Yorker – Edition du 21 juillet 2008

Elle reste l’une des couvertures les plus controversées jamais parues dans le New Yorker de l’incontournable Barry Blitt. Dans une campagne présidentielle très violente, Barack Obama est accusé d’être musulman par les Républicains, et sa femme, Michelle, liée à des groupes d’extrême gauche. Le dessinateur américain met les pieds dans le plat avec cette couverture intitulée « The Politics of Fear » qui résume parfaitement les polémiques qui entourent le couple Obama, et aurait provoque la colère de l’intéressé et d’autres associations.

 

The NEw York – Edition du 21 juillet 2008 by Barry Blitt

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Mad Magazine – Septembre 2008

Le magazine satirique reprend le slogan d’Obama à la négative. C’est simple et ça marche.

Mad Magazine – septembre 2008

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Chicago Tribune – 5 novembre 2008

Le premier quotidien de Chicago, ville d’adoption d’Obama, fête comme il se doit la victoire de l’ancien sénateur de l’Illinois.

Chicago Tribune – Edition du 5 novembre 2008

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The Eugene Weekly – 20 janvier 2009

Il faut toujours un peu d’humour pour faire une belle une et celle du Eugene Weekly, un hebdomadaire indépendant de l’Oregon, la semaine de l’investiture du président Obama qui a lieu le 20 janvier 2009, colle parfaitement.

Eugene Weekly – Edition du 15 janvier 2009

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The New Yorker – Edition du 26 janvier 2009

Intitulé « The First », cette couverture dessinée par Drew Friedman est tout aussi polémique puisqu’elle présente le nouveau président sous les traits de George Washington.

The New Yorker – Edition du 26 janvier 2009.
“The First,” by Drew Friedman.

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The National Review – Juillet 2009

La priorité de Barack Obama en arrivant à la présidence des Etats-Unis est de mettre en place son Affordable Care Act, véritable cauchemar des Républicains comme en témoigne cette couverture du National Review.

The National Review – Juillet 2009

 

Time magazine – février 2010

Un an après son investiture, Barack Obama qui pensait travailler conjointement avec les Républicains n’a pas été capable de mettre en place son programme et Obamacare est en suspend. Difficile constat pour le président.

Time magazine – dition du 1er février 2010

 

Newsweek – Mai 2012

Jamais un président n’avait autant défendu la cause LGBT dans la société et la constitution avec la loi fédérale qui autorise le mariage pour tous aux Etats-Unis.

Newsweek – mai 2012

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The Atlantic – Septembre 2012

La campagne de réélection du président sortant est plus compliquée que prévue et Mitt Romeny sait rendre les coups, notamment dans le domaine délicat de l’économie. Obama doit défendre les debuts difficiles d’Obamacare et parer aux assauts répétés des Républicains sur l’attaque de Benghazi en Lybie au mois de septembre qui a fait quatre morts parmi les Américains, dont l’ambassadeur Chris Stevens.

The Atlantic – Septembre 2012

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The National Review – Ocotbre 2012

Barack Obama échoue lors du premier débat présidentiel devant un Mitt Romney sympathique et confiant. Coup dur pour les démocrates qui commencent à douter d’une réélection de leur candidat avant que Barack Obama remporte haut la main les deux autres débats, et que Joe Biden ridiculise Paul Ryan.

The National Review – Octobre 2012

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Bloomberg Businessweek – novembre 2012

La réélection de Barack Obama est sans équivoque mais le deuxième mandat s’annonce plus difficile sans une majorité démocrate à la Chambre des Représentants.

Bloomberg Businessweek – November 2012

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The Economist – Novembre 2012

L’hebdomadaire anglais se moque de l’une des photos les plus célèbres de cette campagne 2012 en demandant à Obama d’aller maintenant faire un câlin aux Républicains.

The Economist – Edition de novembre 2012

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Bloomberg Businessweek – Octobre 2013

Presque un an après son second mandat, « Barack Obama a promis d’utiliser la technologie pour pousser les Américains à croire en le gouvernement. L’échec du site healthcare.gov pourrait provoque le contraire » affirme Ezra Klein.

Bloomberg Businessweek – Octobre 2013

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New york magazine – Octobre 2016

Sur l’héritage d’Obama et les évènements qui ont marqué ses huit ans de présidence.

New York magazine – octobre 2016

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The Washington Post magazine – janvier 2017

Sur les portraits d’une présidence.

The Washington post magazine – Edition du 5 janvier 2017

 

Le kiosque du mardi 3 janvier 2017

La Californie, un cauchemar libéral pour les « déplorables »

 

Les résultats des élections présidentielles en Californie, avec les démocrates en bleu et Républicains en rouge. The LA Times

Même si la Californie, l’Etat américain le plus peuplé (39 millions d’habitant), le plus riche (la sixième économie au monde, s’il était indépendant) est un bastion démocrate, libéral et progressif pour le monde entier, ses populations rurales, ont comme dans le reste du pays, largement voté Trump.

Lorsqu’on évoque le Golden State, on passe rarement à ses millions de « déplorables » dominés par des élites urbaines high tech qui imposent, depuis plus de vingt ans, l’un des agendas les plus progressistes du pays. 

Ce matin, The National Review a donné la parole à cette minorité silencieuse pour qui la Californie est au bord du gouffre:

« Un paradis naturel dysfonctionnel dans lequel un groupe de magnificos regroupés sur les côtes gouverne depuis ses enclaves dorées un état qui doit faire face à une recrudescence de crimes et des incarcérations en baisse, une immigration illégale rampante et des records de pauvreté.
Le tout dynamisé par une classe moyenne fauchée qui fuit un état bien trop régulé et surtaxé, alors que les pauvres affluent dans l’espoir de toucher des aides, de trouver des emplois qui entretiennent l’élite et le gouvernement »

Une situation qui serait intenable pour « les Californiens frustrés de l’intérieur » qui n’ont « pas les moyens de s’installer sur les villes littorales de santa Monica ou Santa Barbara (la classe moyenne rurale) qui doit déménager vers des Etats où l’on paye moins d’impôts. »
La longue de doléances contre les villes riches et la Silicon Valley permet un peu plus de comprendre cette fissure qu’il existe aujourd’hui entre les zones urbaines très intégrées et les zones rurales qui ont le sentiment d’être laissées pour compte – même en Californie.

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« Le retour de la désobéissance civique »

Dans une tribune du New Yorker de cette semaine, Jelano Cobb évoque la désobéissance civique qui a marqué les années soixante et comment cette forme de protestation, née dans la rue, est plus que jamais nécessaire aujourd’hui pour lutter contre l’agenda de l’Administration Trump, soutenue par un Congrès républicain.
Occupy Wall Street, Black Lives Matter, les manifestations à Standing Rock contre la Dakota Access Pipeline ont inspiré des centaines de milliers de militants à travers le pays, et la marche des femmes sur Washington le 21 janvier prochain représentent les manifestations d’une conscience civique qui doit perservérer ces quatre prochaines années.

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Les lesbiennes ont inventé le style Hipsters?

Une lecture sympa ce weekend, celle d’une jeune lesbienne qui se retrouve lésée parce qu’elle a perdu son « gaydar ». Et si elle est incapable aujourd’hui de différencier une jeune queer d’une jeune « straight » c’est parce que tous les jeunes s’habillent en Hipsters.

Illustration: Credit Sophia Foster-Dimino pour le New York Times.

Dans les villes, les jeunes à la mode – queer, straight, garçons et filles, et autres, ont tous le même look. C’est parce que tout le monde adopte aujourd’hui le style hipsters. Mais le style Hispter n’est pas seulement un style queer, c’est le style des femmes queer.
Autrement dit: Les lesbiennes ont inventé les Hipsters

Vous pensez que j’ai tort? Il y a toujours eu des gens en avance sur leur époque et en marge de la société, dont la culture s’est ensuité répandue dans le reste de la population (« poêtes beat », les punks, les hippies) ou qui à été carrément volée (jazz, hip hop, tout ce qui vient des noirs).
Mais il y a un seul groupe qui vit tous les aspects de la culture Hipsters aujourd’hui.
C’est les lesbiennes.

Et Krista Burton d’énumérer tous les hobbies et attributs lesbiens qui ont été adoptés par le grand public: les vêtements et équipements de randonnée (mousqueton porte clé), les food co-ops, les pickles fait-maison, les chemises en flannel, les coupes de cheveux bizarres (« undercut« ), le cidre gluten-free à 8 dollars, …
Conclusion: « You’re all lesbians now America »

 

A mother’s Reckoning

Dix huit ans après la tragédie de Columbine, l’un des premiers massacres perpétrées par des adolescents, Eric Harris et Dylan Klebold, le mère d’un des deux meurtriers, Sue Klebold témoigne pour la première fois dans un livre intitulé, « A Mother’s Reckoning ».
Elle a commencé à écrire après la tragédie, et a tenu des milliers de journaux qu’elle a rassemblé avec l’aide d’un auteur pour expliquer comment elle a du gérer la culpabilité mais aussi le sentiment d’avoir été une victime de la tragédie.
Elle entend sensibiliser les parents et les mettre en garde, à travers son témoignage, sur les comportements à risques voire suicidaires de leurs enfants – Une mission qu’elle s’est donnée et qu’elle exerce à travers différentes associations.
« Le seul message réccurrent et douloureux que l’on retient des mémoires de Klebold, c’est qu’elle ne connaissait pas son fils ».
Ecouter l’interview de Sue Klebold sur le New York Times Review of Books

Comment gérer les tweets du futur président?

Quelle attitude adopter devant les tweets toujours plus provocateurs du futur président? De l’importance et passer les quatre prochaines années à décortiquer ses propos infantilisants ou l’ignorance, quitte à ne pas ne dénoncer ses actes?

 

Ce matin, Donald Trump a fermement condamné ceux qui brûlaient les drapeaux américains et affirmé qu’ils devraient « peut-être perdre la citoyenneté ou faire une année de prison. »

Les propos ont été retweetés plus de 50 000 fois, ont reçu près de 160 000 likes mais ont provoqué une fois de plus les moqueries et les critiques de nombreux internautes, qui ont envahi le mur de @realdonaldtrump de toutes les utilisations possibles du drapeau américain (poncho, maillot de bain) et ont invoqué le premier Amendement de la Constitution américaine qui autorise cette pratique.

nytimes.com
nytimes.com

Selon le site Mediaite, il aurait (sur)réagit aux protestations d’une poignée d’étudiants du Massachusetts qui ont mis le feu à la bannière étoilée quelques jours après les élections.
Donald Trump a dû agir seul – il était presque 7 heures du matin – et encore une fois, il a eu tort sur des propos très controversés: L’emprisonnement de citoyens américains pour ce genre d’action enfreint la liberté d’expression, et fait référence à des plus totalitaires que démocratiques.

Rappelons au passage que l’un de ses juges préférés de la Cour Suprême du pays, Anthony Scalia, décédé en février dernier, avait voté en 1989 pour la protection de ceux qui décident de brûler leur drapeau.

Une question se pose aujourd’hui pour beaucoup de journalistes: quelle attitude tenir envers les dérapages quasi-quotidiens du futur président de la première démocratie au monde, qui semble ne pas avoir encore compris les conséquences de ses actes ?
Va-t-on réduire l’actualité du pays aux tweets infantilisants d’un homme qui va occuper l’une des positions les plus influentes au monde?

Le New York Times abordait le tweet de Trump sur sa homepage cet après midi, même chose pour le Washington Post, qui publiait un article annonciateur ce matin intitulé « Pourquoi nous ne pouvons et ne devrions pas ignorer les Tweets de Donald Trump ». Le journaliste reprenait les propos controversés de Trump postés dimanche sur les accusations de fraude électorale de millions d’électeurs (illégaux) qui expliqueraient sa défaite dans le vote populaire.

washingtonpost.com
washingtonpost.com

Il existe une théorie selon laquelle Trump tenterait de divertir les médias avec ses tweets controversés pour les empêcher de prêter attention à des sujets plus graves, comme ses conflits d’intérêts en tant que businessman et futur président ou certaines accusations de corruption.

Jack Shafer, un journaliste de Politico appelle ses confrères à « ne pas être le pigeon du Twitter de Trump ».

L’attitude des médias républicains et conservateurs est elle bien plus relax, comme le Wall Street Journal qui aborde l’info de manière plutôt légère dans une de ses pages Opinion intitulée « The Best of The Web ».

Le site Breitbart News a juste rapporte également le tweet sans trop le commenter – contrairement aux 7 000 commentaires des lecteurs, dont la plupart reconnaissent la légitimité du Premier Amendement sur ce genre d’exactions.

Mais ni The National Review, ni le New York Post, ni The Washington Times, ni The Drudge Report ou encore Fox News n’abordaient pas la polémique cet après.

Serait-ce finalement l’attitude à avoir ces quatre prochaines années si chaque jour, le futur président créer des polémiques inutiles – à moins que Jack Dorsey prenne la bonne initiative de supprimer son compte sachant qu’il est désormais bien plus dangereux que tous les trolls alt-right qu’il a su réunir autour de lui ces derniers mois.

Le kiosque du 20 octobre 2016

Comme nous le rapportions hier, le dernier débat, de loin le plus « intéressant » entre deux candidats qui ont essayé de parler de politique, plus que de scandales et polémiques, a été remporté par Clinton mais reste marqué par le refus de Trump de confirmer qu’il acceptera le résultat des élections le 8 novembre prochain.

Très bon travail du modérateur de Fox News, Chris Wallace, qui a réussi a mener le débat et a recentrer les candidats dès qu’ils s’éloignaient volontairement des questions posées. Trump l’a d’ailleurs plusieurs fois remercié de questionner Hillary sur la fondation Clinton ou l’usage de sa messagerie privée lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat.

Breitbart.com
Breitbart.com

Le candidat républicain avait la possibilité de rattraper son retard dans les sondages en essayant de convaincre les électeurs américains qu’il était apte à être président, capable d’accepter les critiques et de débattre de manière courtoise.
Ca a marché les premières minutes jusqu’à ce que des questions plus embarrassantes du modérateur ou les attaques ciblées de Clinton le poussent à devenir agressif et commencer à interrompre sa rivale.

Toute la presse du pays s’accorde aujourd’hui à dire que Trump a concédé hier soir les élections à sa rivale Hillary Clinton lorsqu’il a évoqué l’éventualité de ne pas accepter le choix du peuple américain, « sa plus grosse erreur » selon le Wall Street Journal « qu’il a aggravé en disant qu’il garderait le suspense« .
Pour The National Review, un autre journal conservateur, « il a donné carte blanche aux médias pour flipper pendant une semaine sur sa réponse ».
Charles Krauthammer affirme que Trump gagnait le débat « en substance » jusqu’à son « suicide politique ».

Des propos « choquants, lâches et irresponsables, le genre de choses qui menace l’intégrité de notre pays, et pour cela, Trump vient de gagner sa place dans l’histoire de l’ignominie américaine » s’indigne John Podhoretz dans le New York Post, « il peut passer le reste de sa vie à ne rien accepter, et elle deviendra quand même la 45ème présidente des Etats-Unis »

Le quotidien qui a soutenu Trump durant toute sa campagne a même reconnu la bonne performance de la candidate démocrate:

La seule surprise [d’hier] soir c’était de voir Clinton plus combattive qu’on l’attendait. Je pensais qu’elle serait plus prudente en cherchant à éviter les erreurs compte tenu de son avance dans les sondages et dans les swing states. Mais elle était toute en confiance et prête à en débattre, bien préparée sans avoir l’air de faire du « réchauffé ». Elle était là pour gagner

Son autre erreur a été de refuser d’admettre la participation de la Russie dans le piratage des emails du comité national démocrate et du chef de campagne d’Hillary Clinton, John Podesta qui ont été diffusés par Wikileaks.

Le Wall Street Journal, qui ne soutient officiellement aucun candidat, mais penche vers Trump, était lui aussi résigné ce matin:

La dure réalité de cette campagne, c’est que les Républicains avaient tout pour la gagner. Un pays mécontent et divisé qui veut repartir dans une nouvelle direction. Même Mr Trump, après toutes ses erreurs, avait gagné la course avant le premier débat. Qu’il gagne ou qu’il perde dans trois semaines, le résultat sera celui qu’il mérite.

 

Breitbart.com
Breitbart.com

Les seuls à se réjouir aujourd’hui c’est The Drudge Report et Breitbart News, les médias « alt-right » qui soutiennent Trump et répètent à leur millions de lecteurs que les élections sont effectivement truquées.

Il y avait également Trump qui s’auto-congratulait hier soir

Et son colistier

Leur principale défense ce matin était de rappeler aux démocrates que Al Gore avait contesté le résultat des élections en 2000, et pour lequel la Cour Suprême des Etats-Unis avait tranché après plusieurs semaines en faveur de Bush.
Les élections s’étaient jouées à quelques dizaines de milliers de voix en Floride.

D’après les derniers sondages et le débat hier, les élections ne devraient être aussi serrées qu’il y a seize ans.

Débat présidentiel: Les médias conservateurs entre colère et parano

Alors qu’une partie de la population américaine pousse un ouf de soulagement après un premier débat présidentiel remporté haut la main par Hillary Clinton, les médias conservateurs oscillent entre colère et paranoïa.

« un Titanic politique »
John Podhoretz dans le New York Post reconnaît « l’incompétence » dont a fait preuve Trump, qui s’est vanté au passage de ne pas avoir préparé son duel, « un gifle » pour tous ses supporters, dont il fait lui-même partie.

« Au bout de la de la 95 ème minute, Trump était réduit à de la bouillie crépitante, qui déblatairait sur Rosie O’Donnell et sur le fait qu’il n’avait pas encore proféré contre Hillary méchancetés qu’il avait dans la tête (…) Ses supporters devraient être furieux contre lui, et le public en général.
Afficher tant d’incompétence par refus de se préparer sérieusement à ce duel, en refusant d’apprendre à tirer de sa posture populiste contre Clinton, il n’a montré que du mépris pour des gens qui l’ont amené aussi loin – et pour les Américains qui vont avoir à prendre une très importante décision le 8 Novembre prochain. »

 

New York Post - Edition du mardi 27 septembre 2016
New York Post – Edition du mardi 27 septembre 2016

Même constat de David French dans The National Review qui résume bien l’état d’esprit de beaucoup de Républicains lundi soir, « Donald Trump est de pire en pire »:

« A la fin du débat, il était complètement désorienté, sur la défensive sur presque tous les sujets. Pourquoi n’a-t-il pas eu de meilleure réponse sur la polémique du birther? N’a-t-il pas encore fait ses devoirs en politique étrangère? J’ai eu l’impression d’être devant un Titanic politique qui fonçait dans l’iceberg, se retirait, fonçait à nouveau dedans, juste pour s’amuser.

Peu le savent mais Donald Trump s’est proclamé vainqueur ce matin, en tweetant une sélection de sondages en ligne mises en place par plusieurs sites d’infos la veille.

Twitter / @readDonaldTrump
Twitter / @readDonaldTrump

Des sondages, selon The Daily Dot, que les supporters de Trump auraient « manipulé artificiellement » pour « créer une fausse narration » selon laquelle il aurait gagné.

#trumpwon était d’ailleurs l’une des tendances d’hier sur Twitter.

Et si on s’intéresse aux médias Alt-Right, on retrouve le thème souvent du complot des médias libéraux, dont Lester Holt serait une des marionnettes

Facebook / Breitbart
Facebook / Breitbart

Breitbart News, le bras armé de Trump, depuis que son ancien rédacteur-en-chef à pris les rênes de sa campagne au mois d’Août dernier, a immédiatement dénoncé « un débat truqué »

Le site « trash-conservateur » a dénoncé les questions « très amicales » posées par Lester Holt à Hillary Clinton contre celles « hostiles » à l’encontre de Donald Trump. Le modérateur aurait subi des fortes pressions des Démocrates et de l’ensemble des médias libéraux pour attaquer Trump – même si le présentateur de NBC est enregistré comme un Républicain dans l’état de New York.