13.09.17

 

1. Edie Windsor: An American Hero

 

  • Edie Windsor, décédée hier à 88 ans à New York City, restera l’une pionnière de la défense des droits des homosexuels à travers un combat qu’elle a commencé après la mort de sa première femme, Thea Spyer, sa compagne de 42 ans, épousée au Canada en 2007 et disparue en 2009.
    Contrainte de payer un demi million de dollars sur l’héritage de Spyer car la DOMA – Defense of Marriage Act qui considère le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme – la prive de protections fédérales, dont celle de l’exemption des droits de succession accordée au conjoint, elle décide de porter plainte contre le gouvernement (« Windsor v. United States ») et va jusqu’à la Cour Suprême qui lui donne gain de cause en juin 2013 dans une décision qui va accélérer la légalisation du mariage pour tous sur l’ensemble du pays.
  •  

  • Deux articles à retenir pour comprendre la vie et le combat d’Edie Windsor: celui du New Yorker, « The Perfect Wife » qui décrit son histoire d’amour avec Thea Spyer et l’hommage de Time magazine qui en a fait l’une des personnalités de l’année 2013:
     

    Grandir gay aux Etats-Unis, Windsor, aujourd’hui 84 ans, n’a jamais vraiment évoqué sa sexualité au delà de son vibrant cercle d’amis. Mais la mort de son épouse Thea Spyer en 2009 a provoqué une série d’évènements qui ont poussé Windsor à se battre pour ses droits devant la Cour Suprême – une lutte qui s’est conclue par une victoire décisive pour le mariage gay cette année.

     

  • Barack Obama lui a rendu hommage, Hillary et Bill Clinton ont salué « son combat et une personnalité lumineuse » tout comme nombres de personnalités démocrates, célébrités et des milliers d’anonymes.

 


2. The Big One

 

  • Il ne s’agit pas du plus grand tremblement de terre qui menace de détruire prochainement la côte est nord-américaine – le New Yorker parle alors du « Really Big One » – mais du piratage géant et imminent des milliards de données personnelles amassées par les géants de la technologie, Facebook, Google ou Amazon, davantage obsédés par la modernisation, commodité et rentabilité de leurs services que la sécurité de leurs utilisateurs.
     

    Ces compagnies, plus Slack, Tinder et une demi douzaine d’autres possèdent suffisamment de données financières et personnelles pour permettre aux hackers de voler notre identité et accumuler des charges frauduleuses. Elles possèdent nos messages privés, photos, et la plupart de nos secrets. Une attaque à grande échelle contre l’une de ces entreprises pourrait faire du piratage d’Equifax [la compagnie de renseignement de crédit américaine qui vient de se faire voler les noms, numéros de carte de crédit et de Sécurité Sociale de 143 millions de personnes] un menu larcin.

    « Forget Equifax. Facebook and Google have the Data that should worry You »– Businessweek

 

  • Comme le constate Zeynep Tufekci dans le New York Times, des dizaines de compagnies ont été victimes de piratages ces dernières années et obligées de payer une « amende infime par rapport aux profits engrangés ».
     

    Il existe des facteurs techniques qui expliquent pour la cybersécurité est si faible, mais la vraie raison est politique, et c’est très simple: Les grandes entreprises ont beaucoup investi dans le système politique pour qu’il créé un environnement légal dans lequel les consommateurs assument toujours plus de risques et les compagnies encore moins.

 


3. Mal de Tech

 

  • Les géants de la Silicon Valley sont depuis des mois dans le collimateur du président, agacent Démocrates et Républicains, et commencent à inquiéter l’opinion publique:
     

    • Même si Amazon s’est engagée à créer cent mille emplois ces dix huit prochains mois, le commerce en ligne dont est leader, avec 43% des ventes en ligne, est responsable de la fermeture de milliers de magasins (« Birck and Mortar ») et du chômage de plusieurs centaines de milliers d’employés.
    • Facebook est ouvertement accusée d’avoir fait élire le président Trump en préférant accepter des revenus publicitaires de la part de pays étrangers plutôt que d’en d’abord vérifier le contenu et l’origine.
    • Google est considérée comme le « big brother de la gauche » et amasse une bonne partie des revenus publicitaires engrangés sur internet et écrase la concurrence qui commence à se rebeller.
    • Uber est la seule compagnie a être tombée jusqu’ici à cause d’une culture d’entreprise machiste, de pratiques frauduleuses à l’encontre de ses concurrents et d’un fondateur mégalo.

 

  • Comme l’analyse Ben Smith, rédacteur du Buzzfeed:
     

    Ca ne veut pas dire que la fin est proche pour ces nouveaux géants – même pour Uber dont l’activité continuent de croître. C’est juste que l’âge d’or est terminé. On entre dans une nouvelle ère de politique normale avec une réglementation normale, dans laquelle les sénateurs californiens les défendront les poches pleines avec autant de vigueur que les Texans pour le pétrole, mais contre un profond courant bipartisan. Ils gagneront dans certains cas, perdront dans d’autres, et certaines défaites pourraient être aussi dommageables que celle de Microsoft dans les années 90 quand un procès antitrust [intenté par le gouvernement américain] a presque brisé la compagnie et l’a obligé à se transformer au bénéfice entre autres de Google.

    « There is blood in the Water in Silicon Valley » – Buzzfeed News

 


4. Face de bouc

 

  • Non seulement Facebook a reconnu avoir vendu cent mille dollars de revenus publicitaires à la Russie pour promouvoir des sujets controversés favorables à la rhétorique du candidat républicain. La Russie aurait également utilisé les « Facebook Events » pour organiser des manifestations contre les immigrés aux Etats-Unis, dont un rassemblement anti-musulman dans l’Idaho au mois d’août 2016. Des évènements (admis par la compagnie) qui ont été promus via des annonces payés par le pays.
     

    Les évènements Facebook – l’un d’entre eux s’est fait l’écho de théories du complot poussés par des médias pro-Trump – prouvent que les tentatives du Kremlin pour influencer le débat politique aux Etats-Unis ne se sont pas limitées aux fake news et ont poussé des Américains à de l’action directe.

    « Russia Used Facebook Events to organize anti-immigrant Rallies on US Soil »Daily Beast 

 

  • Le président de CNN, Jeff Zucker s’en est pris publiquement à Facebook dans une interview donnée à Tina Brown lundi:
     

    Je pense que Facebook n’a pas tout dit sur son rôle durant les élections et je pense qu’on devrait continuer à leur mettre la pression. C’est scandaleux que Facebook ne soit pas plus transparent sur les publicités qu’ils ont acceptées des Russes, que la compagnie les publie et offre davantage d’informations. Le fait qu’ils essayent d’enterrer cette histoire en plein mois d’août quand le Congrès est en vacances et tout aussi scandaleux… Je veux vraiment insister sur le manque de transparence de Facebook durant les élections et c’est un problème grave. Les gens doivent leur demander davantage de compte.

 


5. Medicare pour tous

 

  • Le sénateur indépendant Bernie Sanders, star de la campagne présidentielle 2016, a présenté aujourd’hui sa législation phare, « Medicare for all », l’ambitieux projet d’offrir une assurance maladie à l’ensemble des Américains, quels que soient leurs revenus et qui a reçu le soutien des principaux prétendants à la candidature démocrate de 2020, les sénateurs Cory Booker (New Jersey), Kirsten Gillibrand (New York), Kamala Harris (Californie) et Elizabeth Warren (Massachusetts)
  • Pour le journaliste Mike Allen, une fois introduite et acceptée par la nouvelle garde démocrate, le concept d’une assurance santé pour tous, considérée jusqu’ici comme « toxique » par la gauche américaine, fait doucement son chemin chez les politiques et les électeurs, et n’est pas prête de disparaître.

 


6. Héroïn(e)

 

  • Après Frontline, HBO, un autre reportage de Netflix sur l’une des plus graves crises sanitaires qui touche les Etats-Unis: l’épidémie d’héroïne et d’opiacés (morphine, oxycodone, …) touche de plein fouet Huntington en Virginie Occidentale, rebaptisée la capitale de l’overdose en Amérique avec des décès par overdoses qui sont dix fois plus élevés que dans le reste du pays.
     
    Jane Rader, récemment promue responsable du Fire Department de la ville de Huntington:

    C’est triste quand tu traverses une ville et tu te rappelles, « Quelqu’un est mort ici, un autre là, mais c’est la réalité de cette région (…) Quand tu accumules le désespoir, le chômage, et le manque d’éducation, c’est le désastre assuré.
    Je pense que nous avons perdu deux générations, pas une génération, j’ai bien peur que nous en ayons perdu davantage.
    La Virginie Occidentale est un Etat de travailleurs ouvriers qui travaillent dur et dans des conditions difficiles; il y a beaucoup de blessures, et beaucoup de gens sont devenus dépendants aux anti-douleurs en se blessant et se sont tournés vers l’héroïne, financièrement plus abordable »

 


7. Nancy Gibbs quitte Time magazine

 

  • Après l’annonce du départ de Graydon Carter après 25 ans passés à diriger Vanity Fair, c’est au tour de Nancy Gibbs, première femme rédactrice en chef de Time magazine, depuis 2013, et employée du magazine depuis 32 ans, de tirer sa révérence à la fin de l’année. Aucun des deux n’a pour le moment de successeur.

 


8. Bad Karma

 

  • Brock Turner, l’étudiant-champion de natation de Stanford condamné à trois mois de prison l’année dernière pour avoir agressé sexuellement une étudiante inconsciente derrière une poubelle sur le campus, a désormais sa photo dans un manuel de droit pénal de première année, « Introduction to Criminal Justice. Systems, Diversity and Change », à côté de la définition de « viol »
  • L’une des étudiantes a posté la page du manuel sur Facebook et l’image est devenu virale en quelques jours.
     

 

 


9. La couverture du jour: Si seulement

 

  • Le New Yorker va faire pleurer dans les chaumières américaines en dévoilant cet après midi la couverture que le monde attendait au lendemain des élections présidentielles. Intitulée « The First » et réalisée par l’artiste française Malika Favre, elle nous manque chaque jour…
     

Barack Obama: Les couvertures de huit ans de présidence

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Il donnera son discours d’adieu ce soir depuis Chicago laissant les Etats-Unis dans l’inquiétude et le doute avec l’arrivée de Donald Trump.

Pourtant il y a huit ans, il avait apporté un vent d’espoir dans le pays, et même si son bilan est aujourd’hui critiqué et remise en question par la prochaine administration, il aura inspiré une génération d’Américains et de citoyens partout dans le monde, y compris ici au Kiosque.

On lui rend hommage, en sélectionnant les plus belles couvertures qui ont marqué les différents moments de sa présidence

Rolling Stone – Edition du 20 mars 2008

En pleines Primaires démocrates, le magazine Rolling Stone choisit de soutenir Barack Obama plutôt que Hillary Clinton. La couverture a fait polémique car la couleur de peau de Barack Obama aurait, selon certains journalistes, été « blanchie »

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Time magazine – avril 2008

L’hebdomadaire consacre sa couverture à la relation entre la mère de Barack et son fils.
Docteur en anthropologie, Stanley Ann Dunham n’est restée mariée que quelques mois avec le père de Barack qui meurt en 1982 d’un accident de voiture.
Elle se remariera avant de mourir en 1995 d’un cancer de l’utérus.

 

 

Time magazine – avril 2018

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The New Yorker – Edition du 21 juillet 2008

Elle reste l’une des couvertures les plus controversées jamais parues dans le New Yorker de l’incontournable Barry Blitt. Dans une campagne présidentielle très violente, Barack Obama est accusé d’être musulman par les Républicains, et sa femme, Michelle, liée à des groupes d’extrême gauche. Le dessinateur américain met les pieds dans le plat avec cette couverture intitulée « The Politics of Fear » qui résume parfaitement les polémiques qui entourent le couple Obama, et aurait provoque la colère de l’intéressé et d’autres associations.

 

The NEw York – Edition du 21 juillet 2008 by Barry Blitt

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Mad Magazine – Septembre 2008

Le magazine satirique reprend le slogan d’Obama à la négative. C’est simple et ça marche.

Mad Magazine – septembre 2008

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Chicago Tribune – 5 novembre 2008

Le premier quotidien de Chicago, ville d’adoption d’Obama, fête comme il se doit la victoire de l’ancien sénateur de l’Illinois.

Chicago Tribune – Edition du 5 novembre 2008

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The Eugene Weekly – 20 janvier 2009

Il faut toujours un peu d’humour pour faire une belle une et celle du Eugene Weekly, un hebdomadaire indépendant de l’Oregon, la semaine de l’investiture du président Obama qui a lieu le 20 janvier 2009, colle parfaitement.

Eugene Weekly – Edition du 15 janvier 2009

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The New Yorker – Edition du 26 janvier 2009

Intitulé « The First », cette couverture dessinée par Drew Friedman est tout aussi polémique puisqu’elle présente le nouveau président sous les traits de George Washington.

The New Yorker – Edition du 26 janvier 2009.
“The First,” by Drew Friedman.

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The National Review – Juillet 2009

La priorité de Barack Obama en arrivant à la présidence des Etats-Unis est de mettre en place son Affordable Care Act, véritable cauchemar des Républicains comme en témoigne cette couverture du National Review.

The National Review – Juillet 2009

 

Time magazine – février 2010

Un an après son investiture, Barack Obama qui pensait travailler conjointement avec les Républicains n’a pas été capable de mettre en place son programme et Obamacare est en suspend. Difficile constat pour le président.

Time magazine – dition du 1er février 2010

 

Newsweek – Mai 2012

Jamais un président n’avait autant défendu la cause LGBT dans la société et la constitution avec la loi fédérale qui autorise le mariage pour tous aux Etats-Unis.

Newsweek – mai 2012

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The Atlantic – Septembre 2012

La campagne de réélection du président sortant est plus compliquée que prévue et Mitt Romeny sait rendre les coups, notamment dans le domaine délicat de l’économie. Obama doit défendre les debuts difficiles d’Obamacare et parer aux assauts répétés des Républicains sur l’attaque de Benghazi en Lybie au mois de septembre qui a fait quatre morts parmi les Américains, dont l’ambassadeur Chris Stevens.

The Atlantic – Septembre 2012

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The National Review – Ocotbre 2012

Barack Obama échoue lors du premier débat présidentiel devant un Mitt Romney sympathique et confiant. Coup dur pour les démocrates qui commencent à douter d’une réélection de leur candidat avant que Barack Obama remporte haut la main les deux autres débats, et que Joe Biden ridiculise Paul Ryan.

The National Review – Octobre 2012

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Bloomberg Businessweek – novembre 2012

La réélection de Barack Obama est sans équivoque mais le deuxième mandat s’annonce plus difficile sans une majorité démocrate à la Chambre des Représentants.

Bloomberg Businessweek – November 2012

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The Economist – Novembre 2012

L’hebdomadaire anglais se moque de l’une des photos les plus célèbres de cette campagne 2012 en demandant à Obama d’aller maintenant faire un câlin aux Républicains.

The Economist – Edition de novembre 2012

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Bloomberg Businessweek – Octobre 2013

Presque un an après son second mandat, « Barack Obama a promis d’utiliser la technologie pour pousser les Américains à croire en le gouvernement. L’échec du site healthcare.gov pourrait provoque le contraire » affirme Ezra Klein.

Bloomberg Businessweek – Octobre 2013

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New york magazine – Octobre 2016

Sur l’héritage d’Obama et les évènements qui ont marqué ses huit ans de présidence.

New York magazine – octobre 2016

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The Washington Post magazine – janvier 2017

Sur les portraits d’une présidence.

The Washington post magazine – Edition du 5 janvier 2017

 

Quand les magazines fêtaient noël

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Il fut un temps où la période de noël était le prétexte à des couvertures provocatrices, drôles ou simplement belles dont nous vous offrons une sélection. 

 

Fortune magazine – 1937
 Joseph Binder, City of Stars

Fortune – 1937 Joseph Binder, City of Stars

 
Quick – 1952

Quick -1952

 

The New Yorker – 1960

The New Yorker – 1960

 

Esquire – 1963
L’une des couvertures les plus connues du magazine masculin lors de ses années de gloire. Le champion de boxe Sonny Liston imaginée par le légendaire George Lois

Esquire

 

The New Yorker – 1965

 

Evergreen – 1969
« La paix dans le monde et de la bienveillance envers les hommes (en uniforme) »
Evergreen est un magazine littéraire américain publié entre 1957 et 1973

Evergreen – 1969

 

Time – 1974
« Joyeuse Récession. Mais il y a quand même de bonnes nouvelles »


Esquire – 1974
En couverture, Rudolph Noureev et Rudolph « The Reindeer »

Esquire – Décembre 1974

 

Time – Décembre 1975

Time – Décembre 1975

 

Ms. magazine – Décembre 1975

Ms. magazine – décembre 1975


Jet – 1976
Marvin Gaye sur la couverture de noël du magazine Jet

Jet avec Marvin Gaye en 1975

 

Time – Décembre 1985

Time – Décembre 1985

The New Yorker – 1990

the New Yorker – 1990

 

Baltimore City Paper – 1999
Pour cette édition de noël signée Shepard Fairey sous la direction artistique de Joe Macleod, pas de logo sur la couverture, un simple message.

Baltimore City Paper

 

The New Yorker – 2008
Couverture façon Mondrian de Bob Staake intitulée

The New Yorker – 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

Thanksgiving dans le New Yorker

On connait le New Yorker pour ses belles couvertures. Découvrez celles consacrées à la fête préférée des Américains, Thanksgiving.
On y retrouve avec humour et ironie, le thème des pèlerins, des indiens, de la dinde, du repas autour duquel la famille se retrouve, souvent autour d’un match de football, et enfin de la parade annuelle de New York.

The New Yorker - 1934
The New Yorker – 1934

 

The New Yorker - 1949
The New Yorker – 1949

 

The New Yorker - 1951
The New Yorker – 1951

 

The New Yorker - 1952
The New Yorker – 1952

 

The New Yorker - 1972
The New Yorker – 1972

 

The New Yorker - 1974
The New Yorker – 1974

 

The New Yorker - 1994
The New Yorker – 1994

 

The New Yorker - 2006
The New Yorker – 2006

 

The New Yorker - 2008
The New Yorker – 2008

 

The New Yorker - 2011
The New Yorker – 2011

 

The New Yorker -2013
The New Yorker -2013

 

The New Yorker - 2014
The New Yorker – 2014

Le kiosque du mardi 22 novembre

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TRUMPLANDIA

Hillary Clinton sauvée des eaux

Doit-on y voir une certaine empathie du futur président contre son ancienne rivale, humiliée dans l’une des pires défaites subies par le parti démocrate? Kellyanne Conway a affirmé ce matin que la future administration n’envisagerait pas de continuer les poursuites contre la candidate déchue, ni sur la gestion de sa messagerie privée, ni sur la Fondation Clinton.
Une décision qui rompt avec son programme de campagne et l’un des moments les plus glaçants des élections présidentielles lors du second débat entre les deux candidats lorsque Trump avait promis de « l’enfermer » en cas de victoire.
A savoir maintenant quelle sera la réaction des supporters de Trump, dont certains vouent une haine contre l’ancienne First Lady

« Culture War » chez Starbucks

Non contents d’avoir élu un raciste misogyne inexpérimenté à la tête de leur pays, certains supporters de Trump aiment faire souffrir ceux qui ne l’ont pas choisi avec des techniques très élaborées à l’instar de cette démarche qui consiste à aller chez Starbucks, commmander une boisson sous le nom de trump afin qu’il soit écrit le gobelet. De cette façon, les baristas sont obligés de crier Trump pour prévenir leur clients que leur boisson est prête.

De nombreux consommateurs ont donc fièrement pris des selfies avec leur boisson appelée Trump et l’ont posté sur les médais sociaux avec le hashtag #TrumpCup. Sauf que certains baristas, sans doute peu inspirés par l’élection d’un « anus orange » – dixit Rosie O’Connell – ont refusé de jouer le jeu provoquant la colère de certains consommateurs qui se sont plains en filmant leur confrontation.
L’un des instigateurs de cette opération parle de « guerre de cultures » et entend défendre son 1er Amendement – Donald Trump avait déjà esayé de boycotter Starbucks l’année dernièr après la décision de la compagnie de changer d’enlever les motifs de noël sur leurs gobelets durant la Holidays Season.

Ces mêmes supporters ont également appelés au boycott de la comédie musicale Hamilton, dont le casting a interpellé en pleine représentation le futur vice-président Mike Pence qui était présent dans le public vendredi dernier – Sauf que le show est au complet, et on voit mal des supporters de Trump avoir même l’idée d’aller voir ce spectacle.

Cette jeune femme a résumé en mois de 160 caractères l’absurdité de ces démarches: « #Trumpcup, une protestation contre Starbucks en achetant des Starcbucks. #BoycottHamilton en étant incapable d’acheter des tickets qui sont tous vendus. »

Donald Trump coûte cher

En décidant de rester dans sa tour dorée de la cinquième avenue de New York avec femme et enfants, Donald Trump a rendu le Midtown de Manhattan impratiquable pour les voitures et de nombreux touristes. La sécurité du futur président coûte très cher à la ville, presque un million de dollars par jour selon le site CNN Money et la situation ne devrait pas changer dans les mois qui viennent puisque Melania a décidé de rester à New York jusqu’à la fin de l’année scolaire de son fils Barron.
Donald Trump a également quatre autre enfants et petits enfants qui sont tous susceptibles de recevoir la protection des services de sécurité de la ville. Bill de Blasio a réaffirmé l’engagement du New York Police Department dans cette tache mais a également appelé à une aide financière du gouvernement fédéral pour compenser l’immense coût de ces opérations.


Trump et les chaînes télés: la guerre est déclarée

Lundi soir, Donald Trump a invité les présentateurs et responsables des programmes d’infos télé à un meeting off-the-record au cours duquel il les a violemment critiqué, en interpellant certains directement. « Ceux présents ici ce soir sont des malhonnêtes, des menteurs qui ont eu tout faux » s’est plaint le futur président en comparant notamment avec le président Obama, avec qui les médias auraient été bien plus cléments.
Kellyanne Conway a parlé « d’un meeting excellent » sur lequel les participants, ressortis « stupéfaits », avaient accepté de ne pas commenter. David Remnick dans une tribune publiée cette nuit dans le New Yorker rapporte la colère et l’effroi de certains journalistes à la sortie à cette réunion
Beaucoup considèrent cette entrevue comme une tentative d’intimidation, saluée par les médias proches de Trump, à l’instar du New York Post qui parlait hier soir « de putain de peloton d’exécution » contre les chaînes télés, repris en coeur par Breitbart News.


SNL allume ces mêmes médias

Saturday Night Live est devenu ces six derniers mois la bête noire de Donald Trump à cause des moqueries dont il a fait l’objet durant les élections présidentielles et qui devraient sans doute continuer durant sa présidence grâce à la participation d’Alex Baldwin.
Mais le programme est également très bon pour déchiffrer le comportement problématique du mainstream media face au futur président. Dans un sketch diffusé samedi soir, on voit des commentateurs et présentateurs télé s’insurger de manière mécanique contre les élucubrations toujours plus scandaleuses de Trump et qui à force de répéter toujours les mêmes critiques, finissent par perdre toute crédibilité.
Pour Slate, c’est précisément le schéma utilisé par Trump pour « éviter les conséquences de ses actes (…) en faisant toujours quelquechose de pire ».

 

Des médias hystériques

Le New York Post est furieux qu’on attaque sans arrêt aux moindres faits et gestes du futur président.
Pour l’un de ses chroniqueurs, « continuer à crier au loup contre Trump, et personne n’écoutera quand il y aura une crise sérieuse ». Selon lui, « cette hystérie pousse les organes de presse à mélanger information avec opinion comme jamais auparavant » en citant cet article très contradictoire publié par le New York Times selon laquelle l’équipe de transition était la semaine dernière « en désarroi total » avant de conclure, « l’ère Trump n’a pas encore commencé, les médias devraient attendre que quelquechose arrive avant qu’ils déclarent la fin du monde ».

Des arguments qui ont été repris par Vox, hier, qui s’inquiétait de l’éventuel « retour de bâton » de la lutte contre la « normalisation » de Donald Trump: Effectivement les médias doivent rester très vigilants des abus que pourrait commettre le futur président et de son administration à l’encontre de la démocratie, de ses instituions, des minorités et de leurs droits, la protection de l’environnement, etc…
« Mais si la réalité d’une administration Trump se révèle ne pas être le pire scénario » alors qu’une frange de la population s’attend à une destruction de la démocratie, tout ce qui n’atteint pas cette apocalypse politique est finalement acceptable, qui pourrait au bout du compte se révéler tout aussi dommageable pour le pays.

 

Obama dans le New Yorker

Ce sera doute l’un des dernières couvertures de Obama dans le New Yorker, en tout cas comme président des Etats-Unis, et sous le crayon de Barry Blitt qui a réalisé le plus grand nombre de couvertures cette année, notamment au sujet des élections présidentielles.

The NEw Yorker - Edition du 28 novembre 2016" "Counting"
The NEw Yorker – Edition du 28 novembre 2016″ « Counting »

On lui doit la désormais fameuse couverture de la semaine des élections, celle qui a justement prédit l’impensable:

The New Yorker - Edition du 14 novembre 2016: "Anything but that"
The New Yorker – Edition du 14 novembre 2016: « Anything but that »

 

Barry Blitt a également consacré de nombreuses couvertures au président ces huit dernières années.
La plus connue car la plus controversée est celle parue au cours de l’été 2008, en pleine campagne électorale, lorsque le candidat démocrate était accusé par les Républicains d’être un musulman et sa femme une révolutionnaire de gauche.
Intitulée « la stratégie de la peur », la voucerture avait couler beaucoup d’encre à l’époque, surtout du côté des libéraux et des proches d’Obama.

The NEw Yorker - Edition du 21 juillet 2008: "The Politics of Fear:
The NEw Yorker – Edition du 21 juillet 2008: « The Politics of Fear »

Voici un diaporama des autres couvertures de Barry Blitt

 

 

Le kiosque de la semaine: 23 – 29 octobre 2016

 

 

 

https://twitter.com/NewYorker/status/788998250326007808?ref_src=twsrc%5Etfw

Le Kiosque de la semaine: 10 – 16 octobre 2016

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Les articles “A LIRE” de la semaine
 sélectionnés parmi les magazines présentés dans le diaporama

 

  1. « How the light gets in » – David Remnick / The New Yorker

    David Remnick, le rédacteur-en-chef du New Yorker nous offre nn portrait magnifique de Leonard Cohen, le chanteur de 82 ans, qui sort sont 14ème album, You Want It Darker.
    A LIRE D’URGENCE!

  2. « War Goes Viral » – Emerson Brooking & P. Singer / The Atlantic

    « Les médias sociaux ont aidé ISIS à recruter quelques 30 000 combattants étrangers dans plus de 100 pays, et les ramener jusqu’aux champs de bataille de Syrie et d’Irak ». L’organisation a annoncé l’invasion de l’Irak via Twitter avec le hashtag #AllEyesOnISIS et a bombardé la plateforme de célébrations de victoire et d’images choquantes de ceux qui ont osé les combattre, en direct, sans que les médias puissent vérifier aucun information: ISIS « est devenu le premier groupe terroriste à occuper physiquement et numériquement un territoire »
    « On a longtemps reconnu dans internet sa capacité à rassembler les gens, cette même technologie est aujourd’hui utilisée comme une arme (…) Les médias sociaux ont tout révolutionné, des affaires au dating en passant par la politique et maintenant, à la guerre, elle-même.

  3. « The Age of Fear » – Neil Strauss / Rolling Stone

    « Si on vit dans l’époque la plus sûre de notre Histoire, Pourquoi avons nous si peur? » Selon le sociologiste Barry Glassner, nous vivons dans la période la plus propice à la peur car il existe des gens et des organisations qui ont le pouvoir et l’argent pour véhiculer ces peurs: « les médias de masse, les compagnies d’assurance, l’industrie pharmaceutique, les groupes de pressions, avocats, politiciens » utilisent et manipulent la peur des gens pour engendrer des milliards de dollars.

  4. « Super Size – The Dizzling Grandeur of 21st-Century Agriculture » – Collectif / New York Times magazine

    Un reportage photos et vidéos sur le paysage agricole américain au 21ème siècle

    * « Big Food Strikes Back » – Michael Pollan: Pourquoi Obama a-t-il échoué avec l’agro-industrie
    *« Pie in the Sky » – Corby Kummer: Comment faire un pizza surgelée qui soit bonne pour la santé
    * « Brand the New Hue » – Malia Wollan: Comment fair eun M&M bleu?

  5. « The White Helmets of Syria » – Jared Malsin / Time magazine

    « Certains d’entre nous qui regardent le conflit depuis l’Occident ont constamment sous-estimé le  bain de sang qui touche la Syrie à empirer. on tend à penser que ça ne peut pas être pire. Et ça n’a jamais cessé d’empirer » Rapporte Noah Bonsey, spécialiste de la Syrie au International Crisis Group. Les 3 000 « casques blancs » sont les volontaires qui tentent aujourd’hui de sauver des vies dans les zones tenues par les rebelles qui sont touchés quotidiennement pas des tirs d’obus du régime ou de la Russie dans lesquelles les casques blancs sont eux-mêmes devenus des cibles

  6. « The Thirty-Year Coup » – Dexter Filkins / The New Yorker

    Le coup d’Etat manqué en Turquie cet été a été attribué par les autorités et son président Erdogan au dissident religieux Fethullah Gülen réfugié aux Etats-Unis depuis vingt ans après avoir échappé aux militaires. « Pour beaucoup en Occident, il représente une tendance positive de l’Islam, qui défend selon Bill Clinton, « les idées de tolérance et de dialogue entre communautés ».
    Il a participé au retour du religieux au moment où Erdogan a pris le pouvoir au début des années 2000, mais ses sermons pro-business, pro-science, et conciliateur envers Israel lui ont vite attiré les foudres des islamistes. Par ailleurs, le mouvement social et religieux qu’il a initié, aujourd’hui très influent dans les médias, les affaires, les syndicats, les écoles de Turquie est devenu une menace pour le régime de son ancien allié, Erdogan. Ce dernier l’accuse aujourd’hui d’être responsable depuis son exil américain du coup d’Etat qui a tenté de le renverser cet été, et qui lui a permis de procéder depuis à des milliers d’arrestations de ses militants en Turquie.

  7. « Saturday Night live’s Weirdo in Chief » – Alex Morris / Rolling Stone

    Reportage et interview de la comédienne Kate McKinnon qui vient de remporter son premier Emmy Award pour ses interprétations diverses, variées et hilarantes dans l’émission satirique de NBC Saturday Night Live, à l’affiche de Ghostbusters cet été, de Masterminds cet automne, et qui est très attendue ces prochaines semaines dans SNL où elle incarne Hillary Clinton à merveille.

  8. « Buzz Off » – Robert Kolker / Bloomberg Businessweek

    La communauté de la ville de Key Haven dans les Key West du sud de la Floride résiste depuis plusieurs années aux tentatives d’expérimentation d’une compagnie de biotechnologie, Oxitec, qui propose des solutions innovantes pour contrôler les moustiques porteurs de virus et du dernier ennemi en date, ZIKA. Mais la population refuse d’être le cobaye des frankenflies, ces moustiques mâles génétiquement modifiés qui agissent comme « des insecticides vivants » et qui doivent libérer par centaines de milliers dans les zones habitées.

  9. « The View from the Valley » – The Editors / The Atlantic

    Un sondage au coeur de la Silicon Valley de 50 tech executives qui répondent a toutes sortes questions d’actualité, de Trump à Peter Thiel, en passant Tulsa ou Marissa Meyer.

  10. « Patagonia » – Brad Wieners / Bloomberg Businessweek

    La marque de vêtements s’est lancé dans la vente de nourriture et boissons saines pour l’homme et la nature

Le Kiosque dominical du 9 octobre 2016

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« On ne peut pas placer la barre plus bas »

Trump, le parti républicain et la politique américaine ont sombré ce weekend après la diffusion d’une vidéo de 3 minutes datée de 2005 où l’on entend le milliardaire américain se vanter d’aller « attaquer les filles », « de ne pas leur laisser le choix » avant de continuer avec des propos encore plus obscènes.
Ses excuses, au cours desquelles il affirme ne « pas être parfait », avant d’aller attaquer Bill Clinton en le traitant de violeur, n’ont guère convaincu.

Ce matin, FiveThirtyEight donnait 81.6% de chances à Hillary de gagner contre 18.4% pour son adversaire, ce qui limite l’intérêt du deuxième débat qui aura lieu à Saint Louis, dans le Missouri, ce soir et où les candidats devront répondre aux questions d’un panel de citoyens, à la manière d’une conférence de presse.

Le Tabloid new yorkais appelle à nouveau à la démission de Trump dimanche 8 octobre 2016
Le Tabloid new yorkais appelle à nouveau à la démission de Trump dimanche 8 octobre 2016

De nombreux Républicains ont appelé Trump à se retirer de la campagne, ce que ce dernier a formellement refusé de faire, a-t-il annoncé via Twitter. D’autres ont officiellement retiré leur soutien, à l’instar de John Mc Cain, Condoleeza Rice, Arnold Schwarzenegger et de dizaines de députés et de sénateurs convaincus que la Maison Blanche est désormais hors de portée, et qui tentent de sauver les meubles au Sénat et à la Chambre des Représentants qu’ils contrôlent depuis 2014.
Le New York Times en a recensé plus de 150 Républicains qui se sont officiellement distancés de leur candidat depuis le début de sa campagne.

Mike Pence, le colistier de Trump, a fermement condamné ses propos, tout comme Paul Ryan, qui l’a « désinvité » symboliquement d’un meeting qui s’est tenu hier dans le Wisconsin mais ils continuent bel et bien à soutenir leur candidat – comme ils l’ont fait après toutes les polémiques, dérapages et controverses qui ont marqué cette campagne.
Un parti républicain au bord de l’implosion comme on a eu pu la constater sur les chaînes télé qui ont offert de beaux moments de cacophonie.

Certains médias, comme le Daily Beast, ont affirmé que Donald Trump « [avait] perdu les élections » car « ni les Indépendants, ni les Républicains vont pouvoir se relever de cet épisode (…) Et [qu’il] est temps pour eux de se diriger vers les issues de secours ».
Il reste encore quatre semaines avant Election Day et avec tous les rebondissements que cette campagne a offert jusqu’ici, il est peut être imprudent d’annoncer un perdant dès aujourd’hui.

D’autres notent avec humour que les Bush ont finalement réussi à endommager la machine Trump, via leur neveu, Billie Bush, co-animateur de l’émission Access Hollywood en 2005 et interlocuteur du milliardaire dans la fameuse vidéo diffusée vendredi par le Washington Post.
Le quotidien rapporte que la chaîne NBC était en possession de l’enregistrement depuis quatre jours et attendait le feu vert de ses avocats pour la diffuser avant qu’elle ne tombe dans les mains du Post qui aurait mis seulement quelques heures avant de la rendre public.

On vous conseille les billets humoristiques de Andy Borowtiz dans le New Yorker qui s’en est donné à coeur joie ce weekend: « la barre ne peux officiellement pas tomber plus bas » pour les Républicains, dont les « experts prédisent qu’ils pourraient s’en remettre d’ici à 2096 » ou enfin qui aurait vu Mike Pence tenter s’enfuir du bus de campagne de Trump avant d’être finalement rattrapé ».

Plus sérieusement, la bloggeuse Kelly Oxford a invité ses abonnées et autres anonymes à témoigner sur Twitter des abus sexuels dont elles ont été victimes, comme ceux évoqués avec fierté par Trump en 2005. Près de 10 millions de femmes ont répondu à l’appel en une journée.

Kelly Oxford appelle d'autres femmes à témoigner de violences sexuelles sont elles auraient été victimes / Twitter - @Kellyoxford
Kelly Oxford appelle d’autres femmes à témoigner de violences sexuelles sont elles auraient été victimes / Twitter – @Kellyoxford

On ne comprend pas trop l’intérêt de la vidéo de de Niro contre Donald Trump dans laquelle il résume avec beaucoup d’adjectifs parsemé d’insultes ce qu’une grande majorité de la population et des médias pensent et affirment depuis plusieurs mois déjà.

 

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Clinton fait profil bas
De l’autre côté, on ne crie pas victoire trop vite depuis que Wikileaks a diffusé les extraits des discours payés et prononcés par Clinton devant Wall Street, après son départ du Secrétariat d’Etat et avant l’annonce de sa candidature à la présidence.
« Si son adversaire n’était pas un prédateur sexuel, les discours de Clinton serait dévastateurs » pour sa campagne car la candidate y défend une « position publique » devant les électeurs et une « position privée » avec les forces dominantes, telles que les banques, fond d’investissements, etc…
Une duplicité, vivement critiqué par Bernie Sanders lors des Primaires, et qui reste aujourd’hui l’un de ses points faibles aux yeux des Américains.
Pour Matthew Yglesias de Vox, « Clinton peut dire ce qu’elle veut dans une conférence privée avec des banquiers brésiliens et ça n’influencera pas sa capacité d’action dans le futur » même si « beaucoup de décisions publiques sont prises sans que le public en soit informé ».

Le Kiosque de la semaine: 03 au 09 octobre 2016

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Le nouveau rendez-vous hebdomadaire sur l’actualité des magazines américains.
On a un peu modifié la formule qui vous propose désormais:

  • Les articles « A LIRE » de la semaine sélectionnés parmi les magazines présentés dans le diaporama, dont certains l’objet d’une étude plus complète.

  • LA SELECTION des reportages, analyses et commentaires qui nous intéressent des différents magazines

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Les articles « A LIRE » de la semaine

  1. « Eight Years in Obama’s America » New York Magazine

    Un excellent récapitulatif chronologique des évènements politiques, économiques, culturels et internationaux qui ont marqué les années Obama, du 08 janvier 2009, date de son investiture au 30 septembre dernier avec les témoignages du président, d’activistes, de journalistes, politiques, citoyens, photographes, accompagnés d’une belle sélection de photos.

     

  2. Baltimore vs. Marilyn Mosby – New York Times magazine 

    « En pleine crise nationale sur les violences policières, la procureure de Baltimore pensait qu’inculper six officiers pour la mort de Freddie Gray aiderait la ville à panser ses plaies. Elle a perdu, et un plus qu’un procès ».

    Freddie Gray est tombé dans le coma dans un fourgon de police en avril 2015 après avoir eu les cervicales brisées et la trachée écrasée. Sa mort une semaine plus tard, classée comme homicide, provoque des émeutes dans la capitale du Maryland et pousse la procureure Marilyn Mosby à inculper les six policiers présents lors de l’arrestation du jeune Gray. Une an et demi plus tard, aucun d’entre eux n’a été condamné et Mosby a du retiré toutes les charges qui pesaient contre eux avant d’être poursuivie par cinq de ces derniers pour diffamation. Elle est aujourd’hui la cible favorite des conservateurs, de Donald Trump et reçoit régulièrement des insultes racistes et menaces de mort.

     

  3. « Trumptown » – The New Yorker

    « La promesse de Trump de donner la priorité à l’Amérique [est] séduisante parce que pour la première fois depuis longtemps, un homme politique de cette envergure se sent concerné par notre état, non pas à cause de sa pauvreté ou parce que la population est dans le besoin mais parce la Virginie Occidentale fait enfin partie de l’Amérique »

    Comment une petite ville de Virginie occidentale, historiquement démocrate est progressivement passée du côté républicain à cause d’une industrie minière en faillite, un chômage rampant, le sentiment d’abandon envers le gouvernement et les politiques et une méfiance croissante vis-à-vis de l’immigration.

     

  4.  « Russia wants to undermine faith in the US election. Don’t fall for it. » – Time magazine

Selon Time magazine qui cite les renseignements et agences de sécurité américains, la Russie représenterait une menace sur les élections présidentielles du 8 novembre prochain.Non pas comme certains l’ont avancé d’influencer directement le résultat des votes – les bulletins sont remplis électroniquement mais les machines ne sont pas accessibles via internet – mais en “créant de la confusion et de l’instabilité” le jour J.

Voir l’article du Kiosque dessus

 

 

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NOTRE SELECTION de reportages, analyses et commentaires qui nous ont intéressé cette semaine

 

New York magazine« Hope and what came after »
Sommaire

New York magazine - Edition du 3 au 16 octobre 2016: "Eight Years in America"

 

 

 

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The New Yorker – « The Money Issue »
Sommaire

The New Yorker - Edition du 10 Octobre 2016 - Barry Blitt "Miss Congeniality"

  • « The Anti-Uber »
    Dans la course aux transports personnels, le business de la jeune compagnie Juno consiste a débaucher les chauffeurs déçus, frustrés ou appauvris de Uber ou Lyft en leur offrant des commissions plus importantes, davantage d’attention et de respect. Depuis décembre, ils auraient engagés plus 14 000 des meilleurs chauffeurs de leur rivaux sans débourser un sou de formation.
  • Cashing Out
    Sur l’éventualité du retrait des billets de banque en Suède et les effets qu’auraient cette réforme sur l’immigration illégale, la corruption, le trafic de drogue et l’économie en général. Tous les avantages du paiement par carte, plus sécurisé, qui offre toutes sortes de récompenses mais qui pose le problème de la traçabilitié de l’argent: aucune transaction ne serait désormais anonyme.
  • Talk of the Town – Millenialism
    Comprendre l’importance du vote millenial dans ces élections présidentielles et le décalage avec l’offre du système politique bipartisan traditionnel américain.
  • The Widening Racial Wealth Divide
    Comprendre pourquoi et comment les afro-américains sont plus au chômage, sont moins propriétaires, ont des revenus et un patrimoine moins importants que leur compatriotes blancs: « l’Histoire et l’héritage ont créé un fossé que la politique a maintenu »

 

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The New York Times magazine
« Right Wing Air War – Donald Turmp and the Battle within the Conservative Media »
Sommaire

The New York Times magazine - Edition du 02 Octobre: "Donald Trump et la bataille au sein des médias conservateurs"

  • « Right Wing Air War – Donald Trump and the Battle within the Conservative Media »
    Trump a non seulement décroché la nomination du parti républicain, à la surprise de tous ses dignitaires, mais il a également redéfinit le rapport de forces au sein des médias conservateurs: « L’intelligentsia » représentée par « les think tanks de la côte est, les commentateurs en costume et les tribunes de quotidiens » qui a définit pendant des années « les principes idéologiques du conservatisme » fait désormais face à Ann Coulter, Breitbart News et autres Drudge Report, porte-parole de l’Alt-Right américaine. 
  • Baltimore vs. Marilyn Mosby – Voir « A Lire » 
  • « The Conspiracy Theorist’s Election »
    Sur l’utilisation par Trump de toutes sortes de théories du complot durant ces élections, à commencer par celle de la nationalité du président actuel, Barack Obama.

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Bloomberg Businessweek« I voted »

Bloomberg Businessweek - Edition du 3 au 9 octobre 2016: "I voted" « I voted »
Le système de vote électronique des 9000 bureaux de vote des Etats-Unis sont anciens et déficients pour certains, surtout dans des circonscriptions à forte majorité afro-américaine et pourraient créer des complications le jour de l’élection.

  • « How Adidas got back in the Game »
    Comment la marque est devenue le deuxième équipementier sportif aux Etats-Unis derrière Nike et devant Under Armour grâce au buzz créé chez les Millenials
  • « Welcome to Pride Night »
    Les ligues sportives américaines, autrefois réputés homophobes accueillent aujourd’hui à bras ouverts les organisations LGBT avec un marché d’un milliard de dollars à la clé.
  • « Don’t Pardon Edward Snowden »

    « Montrer de la clémence pour un homme qui jouit aujourd’hui de l’hospitalité de Vladimir Poutine reviendrait à ignorer les problèmes qu’il a causé à la sécurité nationale des Etats-Unis »

 

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Time – « Don’t Fall for it »

Time magazine - Edition du 10 octobre 2016: "Russia wants to undermine faith the US elections. Don't fall for it."

  • « Russia wants to undermine faith in the US election. Don’t fall for it. » –

    Selon Time magazine qui cite les renseignements et agences de sécurité américains, la Russie représenterait une menace sur les élections présidentielles du 8 novembre prochain.Non pas comme certains l’ont avancé d’influencer directement le résultat des votes – les bulletins sont remplis électroniquement mais les machines ne sont pas accessibles via internet – mais en “créant de la confusion et de l’instabilité” le jour J.

    Le Kiosque à ce propos la semaine dernière et disponible ici