Le kiosque du lundi 2 janvier 2017

« The Post-truth Era »

Comme le soulignait Jonathan Mahler dans le New York Times magazine ce weekend (« Search Party »), l’élection de Trump marque une nouvelle ère aux Etats-Unis, »the post-truth era » qui instaure « une nouvelle relation entre les citoyens et la vérité » et dans laquelle des millions de gens « abandonnent les traditionnelles sources d’information, du gouvernement aux médias institutionnels, en faveur d’une approche Do It Yourself qui consiste à choisir sur internet les informations qui iront dans le sens de leur vision du monde, qu’elles soient vraies ou fausses.
Le plus fervent défenseur de cette approche est le président-élu, Donald Trump, l’un des premiers à promouvoir « des rumeurs trouvées sur internet » avec la fameuse théorie sur la citoyenneté du président Barack Obama, selon laquelle il ne serait pas né aux Etats-Unis, qui a été lancée par un partisan d’extrême droite, Joseph Farah, fondateur du site WorldNetDaily.

La démocratisation du flot d’information [que représentait originellement internet] est devenue un flot de désinformation. La distinction entre les faits et la fiction a été effacée, créant un univers d’affirmations contraires (…) Un environnement idéal pour la prise de pouvoir d’un politicien qui s’est fait une carrière en avançant ses propres vérités et en fabricant ses propres réalités.

Sous Trump, tu n’as même pas besoin de créer ta propre réalité, tu peux juste tweeter, que ce soit un crime qui n’est jamais arrivé, les statistiques du chômage ou les accusations de fraude électorale. (…) Dans un monde où il n’existe aucune définition universelle de la vérité – un monde dans lequel les journalistes qui se basent sur la réalité sont considérés comme malhonnêtes ou corrompus – tout est possible.

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Le Wall Street Journal se plie devant Trump

Dans cette ère de « post-vérité », le Wall Street Journal, le second quotidien le plus vendu aux Etats-Unis (derrière USA Today) a annoncé, par l’intermédiaire de son rédacteur en chef, Gerard Baker, qu’il laisserait le choix au lecteur de se faire sa propre opinion, quel que soit la véracité de l’information.
Interrogé dans l’émission politique dominicale « Meet the Press » sur NBC, sur la façon dont le quotidien (de Rupert Murdoch) allait gérer les affirmations du président-élu, et si il allait les dénoncer commen des « mensonges », le rédacteur en chef s’est expliqué:

Je serai prudent quant à l’utilisation du mot « mensonge ». « Le mensonge » implique bien plus que d’affirmer quelque chose qui est faux. Ca implique la volonté délibérée d’induire en erreur. Quand Donald Trump dit qu’il y avait des centaines de milliers de musulmans sur les toits du New Jersey le 11 Septembre qui célébraient la chute des tours, je pense qu’il est important d’enquêter sur ces affirmations, de rapporter ce que l’on a trouvé – en l’occurence que cela n’est jamais arrivé.
Je pense qu’il appartient ensuite au lecteur de se faire sa propre idée, « c’est ce qu’a dit Donald Trump » et « c’est qu’un journal réputé et sérieux a rapporté ». Je pense que si on commence à attribuer une intention morale à quelqu’un en affirmant qu’il ment, je pense qu’on prend le risque d’avoir l’air de ne pas être objectif, qu’on n’est pas objectif.
Et je pense aussi que beaucoup disent que les affirmations de Trump, les tweets de Trump sont faux, mais beaucoup d’affirmations de Clinton étaient fausses également.

 

Prendre le parti des faits, défendre une information basée sur des faits et dénoncer ceux qui manipulent volontairement la vérité, n’est plus vraiment la priorité du Wall Street Journal qui préfère contenter ses lecteurs en restant « objectif ».

D’autres médias dont le New York Times ont au contraire décidé de dénoncer les mensonges de Trump si besoin est, en citant notamment les allégations selon lesquelles Barack Obama n’était pas né aux Etats-Unis, premier fait d’arme de Trump en politique.

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Le Second Avenue Subway en marche

MTA

Ca fait des décennies que les New Yorkais l’attendent et le second Avenue Subway a enfin ouvert ses portes dimanche 1er janvier, quelques minutes après les douze coups de minuit.
Il ne s’agit pas encore de la nouvelle ligne de métro mais de l’extension la ligne Q (express) qui commence à Coney Island dans le sud de Brooklyn et qui s’arrêtait jusqu’au 31 décembre 2016 à Astoria dans le nord du Queens (avec les lignes locales N et W).
Aujourd’hui la ligne Q continue seule après la station 57 St. 7Av dans Central Park jusqu’à la Seconde Avenue, dans l’Upper East Side, et s’arrête pour le moment à la 96th St.

La future ligne T

La prochaine étape (phase 2) consiste à prolonger la ligne Q jusqu’au nord de Central Park, à la 125th St et devrait être finie en 2019. Les troisième et quatrième étapes (Phase 3 et 4) seront consacrées à la construction de la nouvelle ligne de métro T, qui longera la seconde Avenue de la 125th St. jusqu’au sud de Manhattan. Il n’y a pas encore de date fixée pour ces deux derniers projets.

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Le réveillon désastreux de Mariah Carey

L’information de ce début d’année, c’est la désastreuse prestation de Mariah Carey à Times Square le soir du réveillon. Invitée à chanter sur ABC pour célébrer la nouvelle année en plein coeur de New York devant des centaines de milliers de spectateurs, son play back a été catastrophique sur les trois chansons qu’elle a interprété en direct.

Elle a quitté le plateau brusquement, visiblement humiliée et a ensuite accusé la régie de problèmes techniques – ce que l’ intéressée a d’ailleurs démenti – et même parlé de « sabotage » pour soi-disant booster l’audience.
Mariah Carey était la risée d’internet hier.
Jugez-en par vous-même

Le Kiosque du jeudi 3 novembre 2016

BRAVO LES CUBS!

https://twitter.com/CauldronICYMI/status/794042090153836544?ref_src=twsrc%5Etfw

 

ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

Les prévisions de FiveThirtyEight le jeudi 3 novembre 2016
Les prévisions de FiveThirtyEight le jeudi 3 novembre 2016

Un peu de baume au coeur pour Hillary Clinton ce matin avec un dernier sondage du New York Times qui lui donne une légère avance sur son adversaire, 45% contre 42% alors que « la plupart des électeurs affirment que leur choix est fait et que les dernières révélations sur les candidats n’ont pas eu d’importance ».
22 millions d’Américain, soit 1 électeur sur 5, a déjà voté. »

270 pour gagner

Les sondages d’opinions sur l’ensemble du pays n’ont pas grand intérêt pour comprendre comment les candidats peuvent gagner car tout se joue au niveau des états et des grands électeurs qui éliront le nouveau président.

Les Démocrates ont ce que les commentateurs appellent le Blue Wall, le « mur bleu » qui représente les états traditionnellement à gauche depuis 1992, situés dans le nord est du pays, la région des Grands lacs et la côte ouest, et qui inclut les big three: la Californie (55 grands électeurs), New York (29 grands électeurs)  et l’Illinois (20 grands électeurs).

Les Républicains ont également leur Red Wall qui inclut surtout les états du Sud et du Midwest dont le Texas avec 38 grands électeurs.

Les états dont les frontières sont surlignés sur la carte de FiveThirtyEight et en gris sur celle du Wall Street Journal sont appelés les swing states, qui changent d’appartenance politique d’une élection présidentielle à une autre et dont les plus peuplés sont les plus décisifs à remporter pour chacun des candidats.

FiveThirtyEight

Les prévisions de FiveThirtyEight le jeudi 3 novembre 2016
Les prévisions de FiveThirtyEight le jeudi 3 novembre 2016


Wall Street Journal

Les prévisions du Wall Street Journal le jeudi 3 novembre 2016
Les prévisions du Wall Street Journal le jeudi 3 novembre 2016

Pour le Wall Street Journal, il y aurait 17 Blue States qui comptabilisent 217 grands électeurs contre 23 Red States qui comptabilisent 191 grands électeurs: les Démocrates doivent remporter 53 grands électeurs pour gagner contre 79 pour les Républicains

Le schéma est un peu différent pour FiveThirtyEight qui recense 15 bastions bleus soit 191 grands électeurs contre 24 bastions rouges soit 197 grands électeurs.

FiveThirtyEight compte 11 swing states: le Nevada (6 grands électeurs), le Colorado (9 grands électeurs), le Wisconsin (10 grands électeurs), l’Ohio (18 grands électeurs), la Pennsylvanie (20 grands électeurs), la Virginie (13 grands électeurs), la Caroline du nord (15 grands électeurs) la Floride (29 grands électeurs) et le New Hampshire (4 grands électeurs), le Michigan (16 grands électeurs) et le Minnesota (10 grands électeurs) qui totalisent 150 grands électeurs.
Le Wall Street Journal en compte 10 qui totalisent 130 grands électeurs.

Naturellement, les états les plus peuplés sont stratégiques pour remporter la présidence: la Floride, la Pennsylvanie, l’Ohio, la Caroline du nord, la Virginie.
Heureusement pour Hillary Clinton, les dernières révélations du FBI n’ont pas changé la donne dans ces états, si les sondages des derniers mois se reflètent dans les urnes, elle devrait remporter selon FiveThirtyEight aujourd’hui, 80 des grands électeurs pour lui offrir la présidence mais les résultats sont très serrés notamment avec le Nevada, qui peut tomber aux mains des Républicains et offrir la victoire à Trump.

Nate Silver, le génie des pronostics et dont nous publions chaque jour les prévisions concernant les élections présidentielles, a réduit les chances de gagner de Clinton de 85% la semaine dernière à seulement 66% aujourd’hui.

 

Les précédentes élections présidentielles

En 2012 , Barack Obama avait été réélu en remportant le vote populaire (65,9 millions de voix contre Mitt Romney avec 60,9 millions) et le vote électoral (332 grands électeurs contre 206 pour Mitt Romney) et en raflant la plupart des swing states, dont la Floride, la Pennsylvanie, l’Ohio, New Hampshire, Wisconsin.

En 2000, George W Bush avait perdu le vote populaire (50,4 millions de voix contre 50,99 millions pour Gore) mais remporté le vote électoral avec 271 grands électeurs contre 266 pour Gore.
Rarement des élections avaient été aussi serrées et disputées, notamment autour de la Floride dont la victoire a été donnée à Bush après délibérations de la Cour Suprême. Cette année là, les Républicains avaient remporté le New Hampshire, l’Ohio, le Colorado, le Nevada, la Virginie et la Floride.

Une application d’échanges de votes

Vox rapporte qu’un entrepreneur de la Silicon Valley a mis en place une application #NeverTrump qui sert de plateforme sur laquelle un électeur d’un swing state s’engage à donner son bulletin de vote à Clinton en échange d’un vote pour Jill Stein ou Gary Johnson par un électeur démocrate dans un état « bleu ». Un système d’échange de votes encore limité mais qui grossit un peu partout dans le pays.

 

Comment tromper les électeurs

Tout est permis jusqu’à mardi pour détourner les électeurs de bureaux de vote.
On apprend ainsi dans un article de Bloomberg Businessweek publié cette semaine que la campagne de Trump a mis en place depuis plusieurs semaines une stratégie visant non pas à tenter de convaincre les dizaines de millions d’électeurs blancs sans diplôme qui constituent la base de leur électorat. Ils préfèrent aller s’attaquer à l’électorat de Clinton en essayant de le convaincre de ne pas aller voter.

Fausse Publicité sur Twitter
Fausse Publicité sur Twitter

Ils ont défini trois cibles, les jeunes blancs idéalistes (les anciens Bernie Sanders), les Afro-Américains et les jeunes femmes qu’ils bombardent de publicité, parfois mensongères, sur les télés, radios et médias sociaux.

D’autres militants de Trump sont allés plus loin en créant de fausses publicités sur les réseaux sociaux indiquant aux électeurs qu’ils peuvent directement par SMS.

L’internaute à l’origine du signalement a d’abord été averti par le réseau social que ce genre de contenu ne « violait pas leurs règles d’utilisation » avant que la compagnie ne commence à les retirer et sanctionner leurs auteurs rapporte le Washington Post.

 

Le Kiosque du lundi 31 Octobre 2016

 

ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

Les prévisions de FiveThirtyEight lundi 31 octobre 2016
Les prévisions de FiveThirtyEight lundi 31 octobre 2016

Un FBI extrêmement imprudent accusé d’abus de pouvoir

Les règles en politique n’ont pas vraiment changé ces dernières années. C’est l’adhésion à ses normes qui a changé, et d’une manière de plus en plus destructive

Selon les résultats de mardi prochain, on saura si oui ou non l’annonce faite à 11 jours des élections de la découverte de nouveaux emails « pertinents » qui ont conduit à la réouverte d’une enquête sur la messagerie privée de la Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, lui a fait perdre les élections au profit de Donald Trump.

The Daily News - Edition du 31 octobre 2016
The Daily News – Edition du 31 octobre 2016

La position du directeur du FBI est aujourd’hui sur la sellette à la suite de cette décision très controversée qui a provoqué la furie non seulement des démocrates, mais des médias, et même de certains républicains qui défendent avant tout le bon fonctionnement d’une démocratie.

Mr Comey aurait clairement abusé de ses pouvoirs et tenter d’influencer le cours des élections, selon Richard Painter qui a décidé de réagir:

Le rôle du FBI est d’enquêter, pas d’influencer les résultats des élections. De tels actes sont interdits sous le Hatch Act, qui empêche l’utilisation d’une position officielle pour influencer les élections.  C’est pourquoi le FBI aurait du garder sous silence ces informations jusqu’à ce que les élections soient terminées (…) C’est pourquoi samedi, j’ai enregistré une plainte contre le FBI avec le Bureau of Special Counsel, qui enquête sur les violations du Hatch Act, et avec le bureau du Governement Ethics

Mr Comey n’en est pas à sa première attaque contre Hillary Clinton, qu’il a disculpé en juillet dernier tout en offrant à Donald Trump l’un de ses slogans de campagne, lorsqu’il a jugé la gestion de sa messagerie privée « extrêmement imprudente »
Mme Clinton pourrait lui renvoyer le compliment aujourd’hui

Selon le Wall Street Journal, cette initiative aurait été prise dans un climat délétère au sein du Federal Bureau of Investigation, notamment après que le Justice Department ait refusé qu’il enquête sur la fondation Clinton accusée d’avoir « donner accès et faveurs politiques aux donateurs » lorsque la candidate était Secrétaire d’Etat.

En prévenant directement les parlementaires et sénateurs vendredi de la découverte de nouveaux emails, il a outrepassé les recommendations de l’autorité en place, le département de Justice, pour faire cavalier seul contre la candidate démocrate.

Dimanche, Harry Reid, le leader démocrate du Sénat a envoyé une lettre au directeur du FBI en l’accusant de s’assoir sur « des informations explosives » qui pourraient prouver la connexion entre Donald Trump et la Russie et demande que ces informations soient révélées.

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Une Amérique en auto-destruction

L’annonce faite vendredi a semble-t-il eu peu de conséquences sur les sondages, « dans une course entre deux candidats tellement différents que les opinions ont été forgées il y a des semaines voire des mois » explique le New York Times  ce matin

Après une campagne moribonde, où une partie de la classe politique américaine s’est couchée devant un milliardaire injurieux, misogyne et raciste, marquée par les accusations de corruption, d’attouchements et d’agressions sexuelles, les piratage d’emails et fuites de Wikileaks, et au cours de laquelle, une agence fédérale decide de s’inviter dans la campagne et au mépris de toute jurisprudence, beaucoup d’électeurs ont déjà fait leur choix, sont fatigués de devoir en changer, mais une chose est sûre: Le pays en est ressorti encore plus divisé et fait aujourd’hui pâle figure sur la scène internationale.

Le seul bienfait de cette « surprise d’octobre » a été de calmer la paranoïa du candidat républicain et de sa horde de white angry males qui répétaient jusqu’à vendredi midi que les « élections truquées » et qui aujourd’hui se félicitent du soutien inattendu du FBI dans leur campagne.

Votes anticipés et Clinton garde un léger avantage

Les votes anticipés ont débuté ces dernières semaines et 21 millions d’Américains se sont déjà prononcés dans des dizaines d’états et presque un quart des bulletins ont été enregistrés dans certains swing states comme la Floride, le Colorado ou le Nevada, et les démocrates se seraient davantage motivés que les républicains.

Les démocrates s’inquiètent pourtant d’un déficit du vote afro-américain par rapport aux élections de 2012, alors que les soutiens des Millenials se sont dissipés ces deux dernières semaines.

Quant à Donald Trump, il jubile depuis trois jours alors que les sondages révèlent une petite hausse en sa faveur et qu’un dernier sondage réalisé par le Washington Post donne à Clinton un avantage de seulement un petit point contre Donald Trump.

Le Kiosque du mercredi 12 octobre 2016

Donald Trump fait cavalier seul sur Twitter

Ce qui différencie Donald Trump de Hillary Clinton, c’est son caractère entier, à fleur de peau, qui ne mâche ni ses mots ni ses sentiments, comme un livre ouvert – ou un compte Twitter.

Donald Trump en avait gros sur le coeur hier et a tout déversé sur son social media préféré (en une du Boston Globe et du Wall Street Journal ce matin) pour exprimer sa frustration vis-à-vis des Républicains qui refusent de le soutenir – 26% des gouverneurs et membres du Congrès selon USA Today – et ceux qui ont pris leurs distances comme Paul Ryan, malgré « une immense victoire au second débat »

Parlons-en de Paul Ryan « notre porte parole si fragile et inefficace » qui a essayé lundi de lui retirer son soutien avant d’être remis dans le droit chemin par ses collègues lors d’une conference call semble-t-il très agitée

Mais il a rapidement repris espoir, comme il l’a fait durant toute sa campagne puisqu’il affirme une heure plus tard « être enfin débarrassé des menottes » du parti et être « à se battre pour l’Amérique à sa façon » – ce qui suggère encore plus de coups bas, d’insultes, de mensonges à l’encontre de la candidate démocrate dans les prochaines semaines

Mais la pilule n’est toujours pas passée, 48 minutes plus tard, et Trump revient sur le manque de loyauté des Républicains, plus difficile à gérer que la Crooked Hillary et qu’il décide donc d’humilier: « Ils viennent vers vous de partout, ne savent pas comment gagner – je leur apprendrai! »

Dernière attaque personnelle, deux heures plus tard contre « très grossier » John McCain, le candidat républicain malheureux de 2008, ancien prisonnier de guerre, sénateur de l’Arizona, qui a lui a retiré son soutien le weekend dernier « pour des discussions de vestiaires »

Récupérer les votes de Clinton

Trump a donc décidé de couper les ponts avec le GOP et la stratégie « classique » qui visait à aller chercher et séduire des électeurs au delà de sa base de fidèles (les femmes et les minorités) qui a été compromise à cause da la fameuse vidéo.
Il continuera la course à la présidence « à sa façon« , c’est-à-dire en « s’appuyant sur les thèmes nationalistes qui ont fait son succès, et continuer un combat contre Clinton où tous les coups sont permis pour essayer de décourager les démocrates à aller voter. »

Le camp adverse devrait se préparer à une campagne « encore plus sordide » dans les prochaines semaines selon le Wall Street Journal qui rapporte les propos du candidat républicain en déplacement à Wilkes-barre en Pennsylvanie lundi soir: « Je franchirai la ligne d’arrivée en boitant, mais au moins je le franchirai »

« L’ouragan Trump: Catégorie 1 ou 5? »

Le Washington Post rapporte les propos de Greg Walden qui compare la situation du Parti Républicain à « un avion qui tente d’atterrir au milieu d’un ouragan » à savoir maintenant quelle sera l’intensité de « l’ouragan Trump » dans les prochains jours vis-à-vis de son parti.

Les Républicains ont en tout cas bien compris que Trump n’abandonnera jamais la course et même s’ils condamnent ses propos et prennent leur distances, il reviennent aussitôt dans le rang dès qu’ils sentent les éventuelles répercussions électorales: 83% d’entres eux ont déclaré voter Trump après le deuxième débat présidentiel alors qu’ils n’étaient que 60% la veille.

Donald Trump pourra également compter sur une base électorale indéfectible qui continue d’y croire coûte que coûte, qui défend minimise la portée de ses « discussions de vestiaire », qui pense que « le système est pourri », que les médias ont tort et qui vouent une profonde haine contre Hillary Clinton.

 

Un vainqueur avant le 8 novembre?

Le New York Times rapportait hier que les votes anticipés pourraient déterminer les résultats des élections avant le mardi 8 novembre. Le vote anticipé par courrier est autorisé dans 27 états et en personne dans 33 états aux Etats-Unis, le reste des états requiert une excuse pour voter en avance.
« Tellement d’Américains auront voté avant le jour des élections – plus de 40% dans les swing states, selon la campagne d’Hillary – que le gagnant pourrait être déclaré avant novembre ». En 2012, 30% des électeurs avaient fait leur choix prématurément.

Le reste de l’actualité

Le géant du retail, Amazon compte ouvrir des supérettes de produits frais pour tenter de consolider sa domination sur le commerce mondial et devrait ouvrir sa première antenne, dans la ville natale de la compagnie à Seattle, qui devrait être disponible pour tous les abonnés au service de livraison de nourriture, type Fresh Direct, intitulée, Amazon Fresh

 

Il y a 5 ans, Occupy Wall Street

Poster Original du rassemblement à  Zuccotti Park le 17 septembre 2011
Poster Original du rassemblement à Zuccotti Park le 17 septembre 2011

Il y a cinq ans, l’un des mouvements de contestation les plus importants que le pays ait connu s’installait à Zuccotti Park, dans le très symbolique Financial District de Manhattan, pendant près deux mois: Au slogan de « We are the 99% », Occupy Wall Street est une critique globale des dérives du système financier, qui s’était effondré trois ans plus tôt, et des inégalités sociales et économique qu’elles ont continué à engendré.

Le Kiosque, qui en était à l’époque à ses balbutiements, s’était rendu sur place et avait publié une analyse du mouvement au début du mois de novembre, une semaine avant l’intervention des forces de police, sous l’autorité du maire de l’époque Michael Bloomberg, qui avait évacué les manifestants.

Les médias américains ont largement relayé le mouvement Occupy Wall Street qui a commencé à New York au milieu du mois de septembre dernier. Parti d’un sitting réunissant principalement des étudiants en colère contre les abus de la machine financière mondiale, principale cause selon eux du marasme économique ambiant, le mouvement réunit chaque jour quelques milliers de manifestants, jeunes et moins jeunes d’origine sociales confondues et veut s’inspirer des vagues d’indignation qui ont touché l’Espagne, la Grèce, l’Egypte plus tôt cette année.
(…)
L’enjeu est de savoir si ce mouvement va s’éteindre aussi vite qu’il est apparu ou est-ce qu’il va pouvoir se transformer en force politique, à la manière des Tea Parties, à un an de l’élection présidentielle.
pour le journaliste du Wall Street Journal, Dunstan PrialOccupy Wall Street se rapproche du mouvement populaire né il y a presque trois ans à la suite de l’élection du président Obama: les racines de la protestation, c’est la faillite des banques américaines et leur renflouement par le gouvernement américain via l’argent du contribuable, un ras-le-bol général contre la solidarité des forces dirigeantes, Washington et Wall Street, au détriment du peuple.
Ces rassemblements populaires sont symptomatiques d’une méfiance à l’égard des élites économiques et politiques et du dysfonctionnement d’un système de représentation dans lequel l’électeur ne trouve aucun relais à ses revendications.
Occupy Wall Street, comme les Tea Parties ne sont attachés à aucun des deux grands partis du pays, et sont nés d’initiatives spontanées, à la base de l’électorat américain.
(…)
Il est encore trop tôt pour pour prédire à OWS le même avenir que les Tea Parties d’autant que ce mouvement se veut d’un nouvel ordre, sans leader, sans hiérarchie, au contraire de l’évolution structurée et organisée que les mouvements populaires de droite.

Pour la journaliste du New York Times, Kate Zernike, si les deux mouvements dénoncent les mêmes injustices économiques et blocages politiques, ils diffèrent sur les causes de ces problèmes.
“ Alors que OWS blame les banques et les “supers riches”, le Tea Party accuse le gouvernement d’être responsable de la crise économique initiée par la crise des emprunts, et considère les riches comme des créateurs d’emploi qui vont aider à la relève du pays. Pour eux, la solution réside dans une moindre régulation des banques”.

Depuis la mi-septembre, le mouvement a fait de nombreux avatars partout dans le pays (Los Angeles, San Francisco, Chicago and Boston), attirant chaque jour davantage de soutien, notamment à travers les réseaux sociaux qui ont largement contribué à la diffusion de leurs dénonciations et revendications:

“Un mouvement de résistance sans leader constitué par des gens de couleur, de genres, d’obédiences politiques différentes dont le point commun est que nous sommes les 99% qui n’acceptent plus l’avidité et la corruption du dernier pourcent.”

Sidney Tarrow, du Foreign Affairs, propose lui une autre analyse du phénomene OWS comme “un mouvement d’un type complètment nouveau”.
Dans un article publié le en Octobre dernier intitulé “Why Occupy Wall Street is Not the Tea Party of the Left”, ce professeur de Cornell y décrit
un mouvement qui cherche avant tout à être reconnu, à la manière des mouvements féministes des années 70. Il n’y a pas de programme politique précis, ni de leader mais la reconnaissance d’une réalité socio-économique inégalitaire qui serait le point de départ d’un nouveau système de relations entre le gouvernement, le peuple et les entreprises. Tarrow redéfinit OWS comme un “We are here” movement, un mouvement qui à un moment donné regroupe toutes sortes de catégories socio-économiques dans une protestation commune, mais sans but explicite.

Pourtant sans buts définis, c’est l’avenir même du mouvement qui parait incertain. Depuis le début, les acteurs d’OWS refusent de se désigner un leader, ou de mettre en place une organisation, un fonctionnement qui lui donnerait davantage d’efficacité. Mais ses acteurs refusent d’évoluer comme l’ont fait les Tea Party, ni ne veulent pas être récupérés par les démocrates qui sont restés, par ailleurs, assez discrets à leur égard.

L’hiver arrive sur New York et l’occupation de Zuccotti Park va être de plus en plus difficile, notamment après la confiscation des générateurs et du fuel par la police qui permettaient aux manifestants de rester au chaud. Ce matin, le New York Times se faisait l’écho d’un éventuel retrait du mouvement après avoir tenu pendant sept semaines le haut de l’affiche, recueillant quelques 500 000 dollars de donations, la solidarité des syndicats et d’élus, et attirant chaque de nombreux supporters et badauds, venus de New York et de toute l’Amérique et même du monde entier.

Pour des lectures supplémentaires de l’époque

New Yorker
Occupational Hazards   publie le 07 novembre 2011

New York Times:
Occupy Wall Street Protest reaches a Crossroads
  publié le 04 Novembre 2011
Wall St. Protest isn’t like ours Tea Party says
  publié le 21 Octobre 2011
Times Topics: Occupy Wall Street

Fox News
Occupy Wall Street, Tea Party Movements Both Born of Bank Bailouts
  publié le 20 Octobre 2011

Foreign Affairs
Why Occupy Wall Street is not the Tea Party of the Left
  publié le 10 Octobre 2011
The Fight for Real Democracy at The Heart of Occupy Wall Street
   publié le 11 Octobre 2011

Revue de Presse du 6 Septembre 2016

Obama – Poutine’s « staredown »
The Wall Street Journal,
 Houston Chronicle et le San Diego Union Tribune  ont consacré leur une à cette poignée de main très amicale entre Barack Obama et Vladimir Poutine, lors du sommet du G20 qui s’est ouvert en Chine ce weekend.
« Nous n’avons jamais observé autant d’intrusion et de tentatives d’influencer ou de compromettre notre processus politique » s’est indigné hier un représentant démocrate du House Intelligence Committee en charge de surveiller les activités des agences de renseignement américaines.

C’est sans doute l’une des dernières rencontres entre les deux hommes qui se vouent une profonde inimitié depuis plusieurs années déjà, qui n’a guère dû s’arranger avec les soupçons d’espionnage dont est accusé Moscou ces dernières semaines, comme le rapporte le Boston Globe,  

The Washington Post s’intéresse ce matin au retour des Colombiens dans leurs terres natales qu’ils ont du quitter après des décennies de combat avec les Farc: une population estimée par les Nations Unies à 7 millions de réfugiés qui devrait bénéficier de programmes d’aide et de rétribution des terres qui cependant s’annonce très long.

Une fois n’est pas coutume, un quotidien, The Tampa Bay Times s’intéresse aux actions de la fondation Clinton sur le terrain et notamment en Tanzanie, « où comment un projet de fermes a réussi à apporter de la nourriture sur les tables et des toits sur les maisons ».

The Baltimore Sun revient lui sur la polémique entourant une initiative des services de police de la ville qui utilisent un système capable de localiser les citoyens grâce à leurs posts sur les médias sociaux, et qui posent de nombreux problèmes d’éthique au sein des groupes libertariens.

The St Louis Post-Dispatch rend hommage à Phyllis Schlafy (1924-2016), l’une des pionnières du militantisme conservateur et anti-féministe aux Etats-Unis.

The New York Times s’intéresse lui à la dernière ligne droite qui attends les deux candidats ces deux prochains mois, et qui promet son de surprises, de polémiques et bien entendu de scandales.
Le meeting d’Hillary Clinton et Tim Kaine hier en Ohio a fait la une du quotidien « local », The Plain Dealer.

 

Murdoch remet Trump à sa place

Update du lundi 1er Août. 1:30pm à New York.

Couverture du New York Post lundi 1er Août 2016
Couverture du New York Post lundi 1er Août 2016

Le New York Post continue ses attaques contre Trump en publiant ce matin des photos encore plus compromettantes de la potentielle First Lady, dénudée dans des mises en scènes érotiques avec une autre femme.
Les clichés, pris par photographe  Jarl Ale de Basseville, également à l’origine des clichés publiés hier, remontent à 1995 lorsque Melania Knauss, tout droit débarquée de Slovénie, poursuivait une carrière de mannequin sous le pseudonyme, Melania K.

Le porte parole de Trump, Jason miller, a expliqué ce matin que Trump n’était pas embarrassé par la diffusion de ces clichés pris avant leur rencontre en 1998: « C’est une célébration du corps humain en tant qu’art (…) C’est une femme magnifique ».
Ces photos n’auront vraisemblablement aucune incidence sur la campagne du candidat républicain à ajouté Miller: « Nous vivons dans une époque où les Kardashians ont déjà tout montré. L’affaire sera oublié d’ici une semaine. »

Encore une fois, Trump n’a pas réagit directement à cette seconde provocation du New York Post, propriété de Rupert Murdoch, supposé allié du milliardaire new yorkais. Il serait « concentré sur la direction du pays et les changements à réaliser pour qu’il s’en sorte ».

Couverture du Washington Post avec une photo de Melania Trump jeune - Edition du 31 Juillet 206
Couverture du Washington Post avec une photo de Melania Trump jeune – Edition du 31 Juillet 2016


« Vous n’avez jamais vu une potientielle First Lady comme ça! » 
s’amuse Le New York Post qui publie en une de son édition dominicale, la plus vendue chaque semaine, des photos dénudées de Melania Trump.
Les clichés pris à New York sont parus dans le magazine français Max en Janvier 1996 et inconnus du public américain.

Ce n’est pas la première fois que des clichés de ce genre sont diffusés dans cette campagne présidentielle qui offre son lot quotidien de polémiques et de coup-bas. Au mois de mars dernier, des photos de Melania, publiées en 1998 dans le GQ anglais étaient ressortis sur des tracts politiques en faveur de l’ancien rival de Trump, Ted Cruz, qui avait nié toute responsabilité dans cette affaire.
Trump s’était vengé en menaçant le sénateur du Texas puis retweetant une photo comparant les physiques de sa femme et de celle de Ted Cruz – geste pour lequel il a du une nouvelle fois s’excuser

"Vous pouvez rencontrer Melania Trump. Votre future First Lady. Ou vous pouvez soutenir Ted Cruz mardi. Affiche créé par Make America Awesome diffusé sans l'accord de Ted Cruz au mois de mars 2016
« Vous pouvez rencontrer Melania Trump. Votre future First Lady. Ou vous pouvez soutenir Ted Cruz mardi. Affiche créé par Make America Awesome diffusé sans l’accord de Ted Cruz au mois de mars 2016

Dimanche, ce n’était pas la diffusion des photos qui posait problème mais plutôt le quotidien qui a choisit de les publier.
Le New York Post est l’un des soutiens médiatiques les plus importants de Trump depuis le début sa campagne en Juillet 2015.
En Avril dernier, avant les Primaires Républicaines de New York, le tabloïd avait appelé ses lecteurs à voter pour lui en souhaitant qu’il devienne le candidat républicain à la présidence: « Il a le potentiel – l’habilité, le savoir faire,  les valeurs – pour relever le défi de sa campagne: Redonner à l’Amérique sa grandeur ».

Le Comité de rédaction avait toutefois prévenu que leur soutien dépendrait aussi de la volonté de Trump à adopter un comportement plus professionnel dans la gestion de sa campagne et de sa personnalité pour pouvoir prétendre à la fonction suprême:
« S’il remporte l’investiture [républicaine] Trump doit évoluer – pas seulement sur ses thèmes mais sur ses manières. Le « nouveau Trump » doit être plus présidentiable: Mieux informé sur la politique, plus discipliné et moins susceptible.

 

Couverture du New York Post du mercredi 20 Avril 2016, lendemain de la victoire de Trump et Clinton dans les primaires républicaines et démocrates de l'état de New York
Couverture du New York Post du mercredi 20 Avril 2016, lendemain de la victoire de Trump et Clinton dans les primaires républicaines et démocrates de l’état de New York

Le propriétaire du New York Post, Rupert Murdoch, qui possède d’autres médias conservateurs du pays, le Wall Street Journal via NewsCorp et Fox News via 21st Century Fox, s’était lui aussi rapproché du businessman new yorkais.
Les relations étaient à la détente entre les deux hommes depuis que Trump avait fait la paix en mai dernier avec la journaliste star de Fox News, Megan Kelly, qu’il avait attaqué de commentaires sexistes pendant des mois.
La magnat Australien de la presse a même fêté la victoire du Brexit en compagnie du milliardaire américain et beaucoup s’attendaient à l’annonce de son soutien officiel après la convention républicaine.

Mais depuis qu’il a reçu l’investiture du parti républicain la semaine dernière, Trump continue d’agir comme « candidat inexpérimenté » qui fait des « erreurs de débutant » alors qu’il prétend désormais à la présidence du pays. Pour reprendre le même édito du Post, publié au mois d’Avril, il a toujours « du mal à s’en sortir à cause de ses improvisations et ses dérapages vis-à-vis des critiques« .

La semaine dernière en a été la preuve, désastreuse pour l’image de Trump: En marge d’une convention démocrate plutôt réussie, il a enchaîné les provocations: Appeler la Russie à pirater la messagerie d’Hillary Clinton, encenser Vladimir Poutine, critiquer une famille endeuillée par la mort de leur fils, un soldat américain tué en Irak.

Plutôt que d’officialiser son soutien au candidat républicain, il semblerait que Rupert Murdoch lui a lancé un avertissement de conduite, sous la forme d’une couverture embarrassante dans le tabloïd sa ville natale.
Pour preuve, Trump n’a pas – encore – réagit à la publication de ses photos et s’il le fait, il devra peser chacun de ses mots, au risque de s’aliéner les grands médias conservateurs du pays, comme il l’a déjà réussi brillamment avec l’ensemble de la presse libérale.

1er Jour de la Convention Nationale Démocrate: Les Unes d’aujourd’hui

les unes du 18 juillet 2016