08.09.17

 

1. Incohérence

 

  • Trump n’avait aucune obligation morale ou légale de supprimer le programme de protection de jeunes migrants (DACA) – à part détruire une énième législation mise en place par son prédécesseur, Barack Obama – qu’il avait promis de défendre depuis son élection, et surtout qu’ils sont soutenus par une majorité de la population. 
    L’annonce faite par Jeff Sessions mardi a provoqué un tollé chez les Républicains, Démocrates et la plupart des médias et au contraire saluée par les « déplorables », Steve Bannon et sa « machine de guerre » Breitbart. Mais plutôt que de soutenir son ministre de la justice et d’assumer la mesure phare d’un programme hostile à toutes formes d’immigration qui l’a porté au pouvoir, Trump a réalisé un véritable tour de passe-passe en donnant au Congrès six mois pour trouver une solution en faveur des « Dreamers » et s’est dit prêt à négocier avec les Démocrates, si besoin est.
    Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate de la Chambre des Représentants, aurait d’ailleurs poussé à Trump à rassurer jeudi matin les 800 000 jeunes « dreamers »:
     
  •  

  • Un revirement spectaculaire qui pourrait bien le forcer à légaliser la protection permanente des « dreamers » si les Congrès échoue à trouver une solution.

 

  • Dimanche aura lieu la première interview de Steve Bannon depuis son départ de la Maison Blanche dans laquelle il affirme que l’église catholique a tout intérêt à défendre l’immigration illégale car elle « permet de remplir les églises ».

 


2. « Irmageddon »

  • Après le Daily News et son « Horrorcane », le New York Post a dévoilé ce matin son hyperbole, « Irmageddon » pour qualifier l’intensité de l’ouragan Irma qui devrait toucher les côtes américaines demain matin. 
    « En parlant de choses qui font peur », le tabloïd aborde au passage la nouvelle romance entre Donald Trump et Nanci Pelosi.
     

 

 


3. Le complot Irma

 

 

  • Dans le monde paranoïaque de l’extrême droite américaine, dont Rush Limbaugh est la personnalité médiatique la plus emblématique et influente ( son émission de radio est écoutée par quinze millions d’auditeurs chaque semaine), les médias traditionnels et le gouvernement auraient volontairement exagéré l’ouragan Irma pour convaincre les Américains de la réalité du changement climatique et également pour vendre des bouteilles d’eau. 
     

    Dans les milieux de la météorologie, beaucoup de gens croient que le changement climatique est une conséquence de l’action humaine et qu’il provoque plus d’ouragans et encore plus puissants (…) C’est un moyen pour eux de promouvoir l’idée du changement climatique et l’un des moyens les plus efficaces d’y arriver. Tout ce dont tu as besoin c’est de créer de la peur et de la panique en disant que le changement climatique provoque des ouragans de plus en plus fréquents, plus importants, et plus dangereux, et tu créé de la panique, et c’est mission accomplie, le message est passé.

     

  • Entre temps, et contrairement à ses prédictions selon lesquelles Irma se dissiperait dans l’océan atlantique, l’ouragan approche les côtes de Floride, où Limbaugh enregistre ses émissions et qu’il a finalement été obligé d’évacuer jeudi mais sans pour autant appeler les auditeurs des zones en danger à faire de même.

 

 


4. « Le premier président blanc »

 

  • Superbe essai de l’un des intellectuels américains les plus respectés de sa génération, Ta-Nehisi Coates dans The Atlantic, sur le « premier président blanc », Donald Trump:
     

    De toute évidence Donald Trump est un blanc qui ne serait pas président si ce n’était pour ce fait précis. Mais une exception s’impose: les prédécesseurs de Trump sont entrés à la Maison Blanche grâce au pouvoir passif de leur « blancheur » – cette héritage sanglant qui n’assure pas la maîtrise de tous les évènements mais réussit à les présenter comme tels la plupart du temps.
    Le pillage des terres et des hommes a ouvert le chemin aux ancêtres de Trump et l’a fermé à d’autres. Mais sur le terrain, ces hommes sont devenus des soldats, des hommes d’Etat, et des chercheurs; ils ont tenu des salons à Paris, dirigé Princeton, ont avancé dans l’inconnu avant d’entrer à la Maison Blanche. Les triomphes individuels ont donné à ce club exclusif l’apparence d’être au dessus des péchés fondateurs de l’Amérique, et on en a oublié que le premier était en fait intrinsèquement lié au second, que toutes ces victoires ont eu lieu dans des terrains conquis. Aucun attitude de cette élégance ne peut être attribuée à Donald Trump – un président qui a utilisé, plus que n’importe qui, ce terrible héritage.

 


5. Facebook, responsable de la victoire de Trump

 

  • Après les révélations, admises par Facebook, que la compagnie de Zuckerberg avait vendu des publicités à des « usines à trolls » russes qui ciblaient les électeurs américains sur des problèmes politiques et sociaux polémiques pour servir le candidat républicain, Margaret Sullivan, l’éditorialiste médias du Washington Post dénonce la responsabilité de Facebook dans l’élection de Donald Trump. Et elle ne mâche pas ses mots:
     

    Facebook, c’est avant tout de la publicité. Et la compagnie a tellement réussi à transformer notre attention et notre pouvoir d’achat en rendements publicitaires qu’elle est désormais évaluée à 500 milliards de dollars.
    Mais compte tenu de son pouvoir et de sa fortune, Facebook reste une entreprise très opaque (…) Elle n’a jamais admis l’évidence – que c’est d’abord un média où la majorité de ses deux milliards d’utilisateurs mensuels trouvent la plupart des informations et de l’actualité. Comme je le souligne depuis plus d’un an, elle fait constamment des choix éditoriaux qu’elle n’assume pas. Quand l’information est fausse, quand elle achetée et manipulée pour modifier le résultat d’une élection, les conséquences sont énormes. Quand ceux qui fournissent l’information sont associés à des ennemis étrangers – avec un intérêt précis dans le résultat d’une élection – on entre dans une nouvelle dimension du pouvoir.

 

  • Comme le note Mike Allen dans sa newsletter ce matin:
     

    On ne pas insister davantage sur le changement qui est en train de s’opérer dans l’opinion publique et chez les politiques à l’encontre des « darlings » de la Silicon Valley. Les appels à davantage de régulation sur Facebook et les autres ne vont que s’intensifier.

 


6. Grexit

 

  • Cofondateur du magazine satirique new yorkais Spy dans les années 80, Graydon Carter, rédacteur en chef de Vanity Fair depuis 25 ans quitte le magazine à la fin de l’année:
     

    Son Vanity Fair s’est imposé comme l’opposé du magazine Spy: Une voix respectée et fiable sur le monde des affaires avec la liste « New Establishment » à partir de 1994, sur l’industrie du divertissement, avec le numéro special « Hollywood » à partir de 1995 et sur la culture, la politique et les relations internationales à travers des reportages en profondeur et des analyses fines. Il a fait de Vanity Fair la vitrine de la photographie depuis l’âge d’or de Life en offrant des pages et des pages à Annie Leibovitz, Bruce Weber, Helmut Newton, Mark Seliger, Jonas Fredwall Karlsson, Snowdon, et Tim Hetherington qui ont immortalisé les vagues de nouveaux acteurs, soldats postés en Afghanistan, en passant par les stars du théâtre anglais ou les premiers secouristes du 11 septembre.

    L’hommage de son collègue et ami, David Kamp, « The Years with Graydon »

 


7. La couverture du Jour

 

  • Le numéro special Education du New York Times magazine avec des statistiques assez inquiétantes qui reflètent des disparités toujours plus importantes dans le système éducatif américain.
     

    L’inscription des jeunes issues des minorités a explosé dans les écoles publiques, avec les Latinos notamment alors que celle des élèves blancs est en constante baisse. Les familles blanches des villes comme Washington se tournent vers les écoles privées, qui accueillent de moins en moins d’Afro-Américains.

    Ces dernières décennies, la déségrégation imposée par les cours de justice ont permis de diversifier le corps étudiant dans les écoles du sud. Mais après un pic d’intégration en 1988, les cours n’ont plus imposé de règles aux écoles et la ségrégation a recommencé. La tendance est visible dans les zones urbaines de Californie à New York où de plus en plus de noirs et latinos sont concentrés dans les mêmes écoles.

Le Kiosque du 28.06.17: La débâcle CNN; Faux Time; Sean Heller & « The Last Shot »

1. Du pain béni pour la Maison Blanche

    • Trois journalistes de CNN ont démissionné lundi après la publication d’un article qui affirmait, selon une source anonyme qui n’a pu être confirmée, que des sénateurs enquêtaient sur des liens entre un associé de Trump, Anthony Scaramucci et un fond d’investissement russe.

 

    • Publié jeudi dernier, l’article a été retiré vendredi avec les excuses de la chaîne d’info, acceptées par Scaramucci.
      Twitter

      La plupart des journalistes de gauche comme de droite, ont salué cette décision, « impressionnante et décisive » pour la crédibilité du médium, affirme John Podoretz du New York Post et « Crier aux fake news », en reprenant les propos du président est « injuste ».

 

 

    • Hier en conférence de presse télévisée, la porte parole de la Maison Blanche a réitéré les accusations du président sur les informations erronées d’une presse « malhonnête », qui utilise des sources « anonymes » invérifiables, et provoqué la frustration du journaliste Brian Karem qui dénoncé des propos « incendiaires » visant à saper l’influence et le travail des journalistes « qui ne font que leur boulot ».

 

    • Sarah Sanders a également encouragé « tous les Américains à travers le pays » à regarder la vidéo, « peut-être vraie ou non, je ne sais pas », filmée en caméra cachée, d’un producteur de CNN qui affirme n’avoir aucune preuve de la collusion entre Trump et la Russie.

 

  • Il s’agit d’une « stratégie préméditée » de la Maison Blanche qui vise à discréditer le quatrième pouvoir auprès de ses supporters et qui a plutôt bien réussi jusqu’ici.

 

 


2. Aucun droit à l’erreur

 

Twitter / Graphique retwetté par Donald Trump

 

    • Comme l’explique Paul Fahri du Washington Post, « la débâcle de CNN arrive au pire moment pour la chaîne » qui a dû virer la comédienne Kathy Griffin il y a un mois après avoir posé avec la « fausse » tête coupée de Trump, qui s’est trompé sur le témoignage de James Comey devant le Sénat, …

 

    • Plus que jamais les médias accusés de répandre des « fake news » par le président n’ont aucun droit à l’erreur.

 

  • Ces erreurs sont aussi le symptôme d’une chasse au scoop qui oblige les rédactions à agir toujours plus vite et plus fort, parfois aux dépens de l’information:

    Comme tous les organes de presse, CNN doit produire des scoops qui rapportent de l’audience et du trafic sur internet, et rester en concurrence avec le New York Times et le Washington Post, qui dominent sur le thème de Trump et de la Russie

 

    • Trump ne s’est jamais attaqué à Fox News lorsque la chaîne a relayé des théories conspirationnistes comme celle de Seth Rich, ce jeune démocrate assassiné à Washington l’année dernière, qui a pris une telle ampleur que les parents du jeune homme ont demandé publiquement ce que la chaîne arrête d’utiliser la mort de leur fils à des fins politiques. – Think Progress

 

  • Fox News a mis une semaine à retirer l’article largement partagé sur internet et les réseaux sociaux, sans s’excuser, sans démission de journalistes, et son présentateur star, Sean Hannity, continue de promouvoir cette histoire dans son émission. – Red State
Twitter

 

 


3. Trump et sa fausse couverture du Time

 

  • David Fahrenthold, journaliste de Washington Post et récent lauréat du Pulitzer pour ses recherches sur la « générosité de Donald Trump envers les oeuvres de charité », a révélé qu’une « vraie » fake news, était accrochée dans plusieurs clubs de golf du président: Une couverture bidon de Time magazine datée de mars 2009 qui salue le succès du milliardaire « sur tous les fronts », notamment à la télévision.

    Comment est-ce que Trump – qui a passé toute sa campagne et la plupart de sa présidence à accuser les médias mainstream de produire des fake news – a fini par décorer ses propriétés avec un exemple parfait de journalisme bidon?

Vrai et fausse couverture de Time magazine

 


4. Un sénateur républicain attaqué par des pro-Trump

 

 

    • Le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, a décidé hier de retarder le vote de la réforme d’Obamacare, faute d’une majorité suffisante – cinq sénateurs républicains se sont prononcés contre, dont Dean Heller, du Nevada.

 

    • American First Policies, une organisation d’anciens conseillers de Trump dévoués à promouvoir et défendre son programme présidentiel, a lancé mardi une campagne radio et télé dans l’Etat du Nevada pour dénoncer les positions de Mr Heller sur la réforme de l’assurance santé. – Politico

      Des représailles incroyables contre un membre du parti du président et politiquement vulnérable (…) Une attaque destinée à prévenir tous ceux qui refuseraient de s’aligner sur l’agenda du président.

 

    • L’organisation avait menacé ce week-end le sénateur s’il ne retirait pas ses propos et malgré les demandes répétées de plusieurs sénateurs républicains dont leur leader, Mitch McConnell, d’arrêter ce chantage, American First Policies s’est exécutée hier après midi: Preuves des frustrations grandissantes entre le président et le parti républicain.

 

  • Devant les critiques de l’ensemble du parti, le groupe a finalement décidé de suspendre la campagne

 

 


5. « The Last Shot »

 

Propublica

 

    • Enquête de Propublica sur un nouveau traitement de substitution aux opiacés, appelé Vivitriol, révolutionnaire car administré une seule fois par mois par injection, qui est censé arrêter immédiatement les effets de la dépendance: un médicament miracle pour un pays qui fait face à la pire épidémie de drogues de son histoire.

 

    • Snobé par les médecins et patients, le médicament produit par Alkermes a trouvé un marché plus restreint mais en pleine croissance, « où les consommateurs n’ont pas forcément le choix », celui des tribunaux de traitement de la toxicomanie (« drug courts ») qui proposent aux détenus le traitement ou la prison. 

 

    • Créés durant la « guerre contre la drogue » pour désengorger les prisons, il existe aujourd’hui trois mille tribunaux de la sorte répartis dans la moitié des comtés du pays.

      Grace à ces juges et une épidémie qui s’accélère, 30 000 personnes reçoivent aujourd’hui des piqûres de Vivitriol. Les ventes du médicament ont atteint 58 millions de dollars durant le premier trimestre 2017 et pourraient atteindre 800 millions de dollars d’ici à 2020.

 

    • Mais pour remporter le marché des « drug courts », Alkermes doit convaincre juges, médecins et politiques de la plus grande efficacité de leur produit face à la compétition et ils n’ont pour le moment aucune preuve scientifique pour soutenir cet argument.

 

 

 


6. Couverture du Jour

  • Couverture impressionnante de Vanity Fair avec Serena Williams, photographiée nue et enceinte, par Annie Leibovitz, mais qui n’est pas du goût de Robin Givhan, qui s’alarme dans le Washington Post qu’aucune célébrité ne peut échapper aujourd’hui à ce rituel de poser nue et enceinte, qui est devenu un « moment instagrammable » et un autre moyen de faire de l’argent: Au lieu de promouvoir un film ou un album ou une ligne de vêtements, ils font de la pub pour la grossesse » – Washington Post

Mercredi 1er février 2017: Cour Suprême, Incompétence et « chaos volontaire »

  • Premier prime time de Donald Trump en direct de la Maison Blanche pour l’un des évènements majeurs de sa présidence, la nomination du neuvième juge de la Cour Suprême, vacant depuis la mort d’Anthony Scalia en février dernier, et au cours duquel il était détendu et plutôt conciliant.
    Son choix s’est porté sur Neil Gorsuch, 49 ans, le plus jeune prétendant à ce poste en 25 ans, diplômé de Columbia, Harvard et Oxford, présenté « l’un des universitaires les plus brillants au monde », l’héritier le plus fidèle du « grand Anthony Scalia » et l’homme « dont le pays a énormément besoin aujourd’hui. »
    Le rapport de force idéologique au sein Cour Suprême des Etats-Unis ne va pas changer par rapport à l’année dernière, avec quatre « conservateurs » contre quatre « démocrates » et un neuvième, Anthony Kennedy, qui penche le plus souvent vers les républicains mais a défendu le droit à l’avortement, l’Affirmative Action et les droits des homosexuels – encore faut-il que les Démocrates l’acceptent, et mardi soir, Nancy Pelosi, affirmait que l’opposition bloquerait la nomination de Gorsuch.
  • Le contenu et l’application de la « Travel Ban » ce weekend seraient révélateur, pour de nombreux médias et politiques, de l’incompétence » de la Maison Blanche.
    Donald Trump a laissé Stephen Miller, un jeune conseiller de trente deux ans, décider de ne pas informer le Conseil National de Sécurité, ni les agences gouvernementales concernées, ni le futur Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, celui de la Défense, Jim Mattis, et celui de la Sécurité Intérieure, John Kelly, sous prétexte qu’ils n’étaient pas dignes de confiance.
    La coopération entre la nouvelle administration et le cercle rapproché du président commence plutôt mal.

    Politico rapporte que messieurs Bannon et Miller ont demandé l’aide de conseillers travaillant à la Commission des Affaires Judiciaires de la Chambre des Représentants pour l’ébauche de la « Travel Ban » et leur auraient fait signer au préalable un contrat de confidentialité leur interdisant de prévenir leur supérieurs, le président de la Commission concernée, Bob Goodlatte, ni Paul Ryan. 
  • Le chaos provoqué cette semaine par la « Travel Ban » est volontaire explique le Washington Post: « Tout ce qu’on connait de Trump, l’homme d’affaires et le présentateur télé suggère qu’il excelle dans le chaos, qu’il croit que le chaos produit les résultats qu’il aime ». Regarder des épisodes de The Apprentice permet de comprendre sa tactique de jeu: Créer le chaos en provoquant tensions et incompréhensions entre participants puis arriver en tant que décideur ultime pour virer les plus faibles pour garder les plus forts.
  • Est-ce que Trump serait plus enclin à se laisser « trumper » par sa personnalité haute-en-couleur quand sa fille Ivanka et son gendre sont absents. Emily Jane Fox note dans Vanity Fair que les nombreux dérapages de Trump ont eu lieu le vendredi soir et samedi, lorsque le couple Kushner observe le Shabbat orthodoxe, et doit s’abstenir de travail et de technologie. C’est durant ces 24 heures qu’ont eu lieu les évènements « off-script » ces deux dernières semaines: l’appel passé aux Parcs Nationaux le lendemain de son investiture pour obtenir les chiffres de la mobilisation puis envoyer le porte parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, mentir aux journalistes sur la taille de la foule, après un discours bizarre devant la C.I.A. ou la semaine dernière, quand il a annoncé la « Travel Ban » et provoqué des manifestations dans tout le pays.
    Les dimanches seraient consacrés à des opérations de sauvetage en terme de communication.
  • Les fils Murdoch, Lachlan et James Murdoch, respectivement président et P.D.-G. de la 21st Century Fox, propriétaire de Fox News, ont diffusé lundi un memo interne décrivant « une compagnie menée par la créativité et l’innovation » qui reconnait « l’unique perspective offerte par les nombreux individus qui sont venus aux USA à la recherche d’opportunité de s’exprimer librement (…) Nous respectons profondément les valeurs de diversité et pensons que l’immigration est une part essentielle de la force des Etats-Unis ». Ils se sont engagés à défendre tous les employés et leur famille qui seraient touchés par la « Travel Ban ».
    Le New York Times et le Wall Street Journal ont fait de même. Mais « la plupart des sociétés de médias, y compris les chaînes ABC News, NBC News, CBS News et CNN n’ont pas publié de déclarations officielles » sur la question.
  • Selon The Hill, les Représentants républicains travaillent sur une législation qui prévoit l’abolition de l’Agence de Protection de l’Environnement. « Les règles et régulations promulguées par les bureaucrates non élus » de cette organisation seraient devenues « un obstacle extraordinaire pour le peuple américain et les petites entreprises » selon l’auteur de la proposition de loi, Matt Gaetz. Donald Trump avait souhaité la disparition de l’EPA, vieille de 46 ans, avant de reconnaître l’utilité de quelques unes de ses fonctions. A suivre…
  • La guerre continue entre Donald Trump et CNN puisque la Maison Blanche a interdit à son personnel d’intervenir sur le plateau de la chaîne d’informations considérée comme une antenne de « fake news par le président, lors de sa première conférence de presse post élections au début du mois de janvier
  • Sean Spicer « ne sait pas » si le président assistera le 29 avril prochain au White House Correspondant Dinner, l’une des plus importantes soirées de gala annuelles de Washington mais surtout l’une des plus médiatiques au cours de laquelle sont conviés journalistes et comédiens qui viennent gentiment « griller » le président. Reliable Sources rapporte que certains proches de Trump, dont l’animatrice radio, Laura Ingraham, l’encouragerait à boycotter l’évènement, pour se différencier de l’élite de la capitale et éviter de se faire harakiri en direct à la télé.
    Participation ou non, l’évènement aura lieu le 29 avril à l’Hotel Hilton.  
  • « Move over Friendsgiving. Galentine’s Day is on the Way »
    « Galentine’s Day », c’est le nom d’un épisode de la série Parc and Recreations, et le jour préféré de l’année pour son personnage principal, Leslie Knope (Amy Poehler) car dédié aux « filles qui célèbrent les filles », et célébré la veille de Valentine’s Day. Dans le climat délétère actuel et le formidable espoir insufflé par la Marche des Femmes, Galentine’s Day devrait avoir plus de succès cette année rapporte AP cette semaine.

Le kiosque du vendredi 6 janvier 2017

Le mois de la Trumprésistance à New York

New York est entré dans une ère de Trumprésistance ce mois-ci avec l’organisation de dizaines d’évènements de protestations contre le président-élu et de soutien aux organisations dans la ligne de mire des Républicains: des spectacles au profit de Planned Parenthood dont une soirée « Nasty Women Bad Hombres« , des manifestations le jour de l’investiture de Trump, dont la Women’s March on NYC, et avant, des expositions, des cercles de poésie, et autres charités pour soutenir les communautés immigrées.
La liste complète est disponible sur le Gothamist.

Parmi les manifestations anti-Trump, la plus importante, la « Women’s March on Washington », aura lieu le lendemain de l’investiture du président-élu, le samedi 21 janvier, autour du Lincoln Memorial de Washington D.C.
Une initiative née d’un post Facebook mis en ligne le lendemain de la victoire du candidat républicain et qui devrait 150 000 femmes après avoir reçu les permis nécessaires pour pouvoir se rassembler dans la capitale.

La quotidien local et gratuit du Washington Post, Express, a consacré son édition d’hier aux origines du mouvement de cette fameuse « Women’s March on Washington » et illustré en une, des manifestants qui forment le symbole … masculin.
Ils se sont rendus compte de leur erreur le matin-même, se sont immédiatement excusés sur Twitter, avant de corriger leur erreur et d’imprimer les bonnes copies.

Express – Edition du 5 janvier 2017

Les lecteurs se sont moqués de cette erreur aussi grosse mais ont appelé la direction du journal à être clément avec les responsables.

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Planned Parenthood en danger

La mise à mort d’Obamacare va impliquer des coupes budgétaires immenses de la part de l’Etat Fédéral envers de nombreuses associations et organisations de la santé, notamment Planned Parenthood, le planning familial américain, a annoncé hier le porte parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, depuis le Capitol Hill.
L’organisation reçoit chaque année deux cent millions de dollars d’aides fédérales utilisées dans des centres qui offrent aux plus démunies des tests dépistages de maladies sexuellement transmissibles, de cancer de l’uterus, et examens gynécologiques, tous gratuits.

Paul Ryan était incapable d’expliquer hier ce qui remplacerait Obamacare parce « qu’ils attendent que l’administration Trump soit mise en place, que Tom Price soit confirmé et devienne le Secrétaire d’Etat à la Santé » et il n’en sait pas davantage le temps que prendront la mise en place et l’adaptation des marchés de l’assurance maladie aux nouvelles mesures. Donc vingt-deux millions d’Américains sont condamnés à perdre leur assurance santé, sans savoir quand ils pourront en souscrire une autre et surtout s’ils auront les moyens de le faire.
La seule certitude aujourd’hui, c’est la course effrénée des Républicains pour se débarrasser de la réforme de la santé d’Obama, quelles qu’en soient les conséquences.

 

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Vanity Fair continue la provoc avec Trump

Ce n’est pas la photo torse nu de Chris Pratt qui a retenu l’attention des lecteurs de Vanity Fair dans leur dernier numéro de février sorti cette semaine mais le tweet incendiaire de Trump à l’encontre du magazine qui a été mis en couverture, à côté des aisselles de l’acteur. Trump avait critiqué le magazine après qu’il ait publié une critique gastronomique catastrophique sur le restaurant Trump Grill de la Trump Tower de New York, « peut-être l’un des pires restaurants des Etats-Unis ».

Est-ce que quelqu’un s’est intéressé aux très mauvais résultats du magazine Vanity Fair. En chute libre, des gros problèmes, mort! Graydon Carter [le rédacteur en chef] aucun talent, il va se faire viré!

Ce n’est pas la première fois que Vanity Fair honore les tweets de Trump. En mai 2016, ils avaient déjà publié l’une de ses attaques, cette fois-ci au creux de l’aisselle d’Amy Schumer:

Le magazine Vanity Fair ne va pas du tout bien. C’est devenu de pire en pire au fil des ans et il a perdu presque toute son [sic] ancienne allure

 

La querelle entre le milliardaire new yorkais et le rédacteur en chef, Graydon Carter remonte selon Eater aux années 80 lorsque ce dernier a commencé à surnommer Trump, un « rustre aux petits doigts » dans les pages du magazine satirique Spy puis à Vanity Fair où il est entré en 1992 – Trump n’a jamais fait la couverture du célèbre magazine.
La relation se serait envenimée après les critiques de Trump sur les « bad food restaurants » dont a été propriétaire Carter, le Waverly Inn, le Monkey Bar et le Beatrice, des restaurants speakeasy du tout-Manhattan.

Les assauts de Trump ont été provoqué par une série de moqueries publiées dans Vanity Fair en 2013 sur les cheveux de l’homme d’affaires, l’un de ses points sensibles.

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Donald Trump trash son propre show

Les tweets de Donald Trump sont comme un livre ouvert, ils mettent à nu le président-élu des Etats-Unis d’Amérique, et montrent combien il est préoccupé par sa célébrité et par ce que les gens influents pensent de lui.
Il peut être également être vicieux s’il se sent trahi, comme il l’a fait ce matin avec Arnold Schwarzenegger, le nouveau présentateur de The Celebrity Apprentice, l’émission dont Donal Trump est toujours le producteur et qui l’a propulsé au rang de star au cours des quatorze saisons qu’il a animé sur NBC.
Les critiques n’ont pas aimé la prestation de Schwarzie, et Donald Trump a bien entendu réagit en essayant de défendre la prestation de l’ancien acteur comparée à la sienne, « une machine à audience » avant de le laisser tomber parce qu’il a voté pour Hillary et Kasich.
Belle leçon de courage.

Le Kiosque du jeudi 15 décembre 2016

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L’élection du Collège Electoral

Elle aura lieu lundi prochain, le 19 décembre, dans chacun des Etats du pays, au cours de laquelle les 538 grands électeurs seront amenés à élire le président-élu: 306 grands électeurs républicains devraient donner leur voix à Donald Trump, ceux pourquoi ils ont été choisi durant la campagne électorale par leur propre parti.
Des grands électeurs démocrates, regroupés dans le club des « Hamilton Elector »s essayent pourtant de convaincre certains de leurs collègues de ne pas suivre cette tradition s’ils n’ont pas confiance en Donald Trump – ce qui agace les conservateurs.

Le New York Post rappelle que depuis les premières élections de 1788 – il y a en a eu 58 depuis – moins de 160 grands électeurs ou « faitless electors » ont décidé de changer d’avis, contre leur parti et parfois le serment qu’il ont prêté de respecter leur engagement.
Le travail de certains Démocrates visant à « corrompre » certains Républicains serait une « trahison envers la démocratie ».

Source: Election race calls confirmed by the AP and other news outlets

Le même tabloid new yorkais était furieux ce matin de voir trente-sept « B- et C-list celebs », qui se définissent comme des « électeurs républicains consciencieux », rejoindre la cause des Hamilton Electors et appeler les grands electeurs républicains à devenir des « héros » la semaine prochaine, en décidant de « ne pas voter pour Trump » – sans leur demander de voter pour Hillary.

Dans une vidéo diffusée hier par Unite for America, ils appellent à voter « avec leur conscience » pour laisser la Chambre des Représentants, à majorité républicaine, choisir le prochain président.
Pas sûre que cette tentative réussisse, Trump a largement gagné le Collège électoral, son cabinet très conservateur à ravit sa majorité, et il bénéficie d’un soutien populaire important, y compris à l’intérieur de son parti.

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Twitter snobé par Donald Trump

Hier, le président-élu et son vice-président ont organisé en grande pompe une rencontre avec les géants de la Tech américaine, tous aussi riches, sinon plus que Donald Trump.
Un absent de marque autour de cette table ronde, c’est James Foley, un autre milliardaire, fondateur de la plateforme préférée de Donald, Twitter, qui n’aurait pas été invité car « pas assez important ».

Dans sa finesse légendaire, Trump a fait allusion « aux centaines de coup de fils reçus pour assister à cette réunion » et « je dirai que c’est Peter Thiel [co-fondateur de Paypal, et l’un des seuls de la Silicon Valley à avoir soutenu le candidat républicain] qui disait, ‘Non, cette compagnie est trop petite' ».

L’équipe de campagne de Trump serait en froid selon New York magazine avec Twitter qui aurait refusé qu’elle lui achète des emojis « sponsorisés » pour l’un des plus célèbres hashtag de la campagne, signé Trump bien évidemment,  #crookedhillary.
En échange de cinq millions de dollars dépensé sur le réseau social, Gary Cobi, directeur de la publicité pour le candidat républicain explique que la compagnie avait approuvé puis s’est rétracté deux jours avant le premier débat présidentiel sur l’utilisation de différens émojis avant de définitivement refuser avant le second débat.
Une déconvenue guère apprécié

La proposition de emoji #crookedhillary refusé avant le second débat présidentiel

 

Et si Twitter snobait Trump?

Trump a tous les droits de ne pas considérer Twitter comme une si grande entreprise, mais le réseau social, son principal moyen de communication depuis 2009 et l’un des instruments de sa victoire, pourrait également se retourner contre lui, si la compagnie décide de  respecter à la lettre, les conditions d’utilisation de sa plateforme, notamment vis-à-vis des comportements agressifs, voire de harcèlement contre des individus – voire ci-dessous.

Rappelons que le CEO de Twitter, James Foley, a déjà utilisé son autorité pour interdire à vie, Milo Yiannopoulos, sur le réseau social pour « avoir incité ou s’être engagé dans l’abus ou le harcèment des autres – en l’occurence, la comédienne de SNL, Leslie Jones.

Comme l’on constaté The Ringer et le New York Times, Twitter peut interdire le président d’utiliser sa plateforme pour communiquer avec ses électeurs, ce qui serait catastrophique pour sa stratégie de communication qui repose presque uniquement sur le réseau social. Une telle décision pourrait provoquer le boycott de nombreux utilisateurs mais pourrait également offrir une stature engagée à la compagnie qui serait « la seule à résister au Trumpisme, un droit complètement légitime dans un pays où 2,6 millions d’électeurs ont voté pour l’autre candidat ».

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Vanity Fair dans le colimateur de Trump

Deux fois durant la campagne électorale, le rédacteur en chef de Vanity Fair, Gordon Carter, a consacré l’éditorial du magazine à Donald Trump: le premier en Octobre 2015 dans lequel il critiquait la susceptibilité du candidat, et « ses petits doigts » et il y a deux mois, un portrait au vitriol intitulé « Donald Trump; The Ugly American« .

Hier, le magazine a publié sur son site internet une revue médiocre du restaurant « Trump Grill » situé dans la Trump Tower

Donald Trump incarne « l’idée qu’ont les pauvres d’une personne riche » observait récemment Fran Leibowitz au « New Establishment Summit » de Vanity Fair.
« Ils le voient et ils pensent ‘Si j’étais riche, j’aurai une fabuleuse cravate comme la sienne' ».
Cette réflexion ne pouvait mieux s’accorder Trump Grill (appelé Trump Grille sur certains plats du menu). D’un côté, le Grill (ou Grille) suggère les grandeurs de la splendeur ploutocratique – un steakhouse construit dans la sous-sol de l’un des leurs.
De l’autre côté, Trump Grill passe à coté de cette ambition. Le restaurant possède de nombreuses peintures françaises comme si elles sortaient de HomeGoods (…) Et comme dans tous les bastions de la haute cuisine, il y a une pancarte à sandwichs à l’entrée qui fait la promotion de deux menus à moitié prix. »

Trump a répondu sur Twitter ce matin d’une manière on ne peut plus prévisible: En s’attaquant personnellement à Graydon Carter (« pas de talent », « viré dans peu de temps ») et en attaquant un magazine (« faible audience », « tellement bas », « gros problèmes », « mort ») et une compagnie sous prétexte qu’elle n’a pas été tendre avec lui.

Vanity Fair: « The Golden Suicides »

Voici une nouvelle rubrique « collector » du Kiosque qui présente des histoires, des articles et reportages parus il y a plusieurs mois, des années, voire des décennies qui ont marqué à l’époque la culture, la société, la politique ou les médias du pays.

 

New York City, juillet 2007.
L’un des couples les plus en vue de la scène artistique et culturelle new yorkaise, Theresa Duncan et Jeremy Blake se suicident à une semaines d’intervalle, sans donner d’explication, elle d’une overdose de médicaments et d’alcool et lui qui disparait près de l’océan.
Deux morts inattendues qui choquent familles et amis et qui fascinent la presse et internet.

Sur les dizaines d’articles écrits sur la vie de ce couple, on retiendra Golden Suicides de Nancy Jo Sales dans Vanity Fair, décrit le parcours intrinsèquement lié des deux artistes qui se sont marginalisés du milieu artistique, professionnel et amical dans lequel ils évoluaient, et la progressive paranoïa décrites par leurs proches, et la fidélité aveugle que vouait Blake à Duncan jusque dans la mort. The Theresa Duncan Tragedy racontée par l’une de ses proches, Kate Coe, et publié en août 2007 dans L.A. Weekly

Theresa Duncan a grandi dans une petite ville au nord de Détroit, dans le Michigan, et déménagé dans la capitale américaine après sa graduation, où elle obtient un poste d’hôtesse pour une entreprise de CD-Roms informatiques.

Chop Suey - Magnet Interactive. Theresa Duncan and Monica Gesue
Chop Suey – Magnet Interactive. Theresa Duncan and Monica Gesue

Un jour, elle propose à son patron de créer jeu vidéo exclusivement pour filles qu’elle a développé avec une amie, Monica Gesue, qui raconte: « Elle n’avait peur de rien, et elle avait le cerveau et le charisme pour le faire » ce qui lui offre un premier pas vers le succès et la notoriété: Chop Suey est élu CD-Rom de l’année en 1997 par Entertainment Weekly et acclamé dans le Los Angeles Times et le Washington Post. 
S’en suivent deux autres jeux vidéos à succès puis la production et l’animation d’un moyen métrage, sélectionné à la biennale du Whitney en 2000, The History of Glamour, des articles pour Artforum, Slate, et un blog à succès pour lequel elle écrira plus 1,700 posts, The Wit of the Staircase.

Duncan rencontre Jeremy Blake l’année de la sortie de Chop Suey, en 1995 lorsqu’ils débarquent séparément à New York. Il a 23 ans et a toujours voulu être un artiste, elle en a 28 ans et est déjà reconnue dans son milieu.
Ils se rencontrent dans un bar de Brooklyn, tombent amoureux et s’installent sur Broome Street, dans le sud de Manhattan, où ils s’entourent d’artistes, de galeristes et personnes influentes du monde de l’art et des multimédias.
Blake, soutenue par Duncan, développe ce qu’il appelle les time based paintings qui consiste à mélanger photographies et projections numériques dans des séquences d’images.
Un travail qualifié par le New York Times de « pont entre les mondes de la peinture, du cinéma, des vidéos numériques aux couleurs saturées quasi-hallucinatoires » qui remporte un vif succès dans les galeries new yorkaises.

Il s’impose alors avec sa compagne comme l’un des couples arty les plus glamours de New York.

Blake - Phantachrome, 2004
Blake – Phantachrome, 2004

Duncan vient de signer un contrat de deux films avec Fox Searchlight lorsque le couple décide de s’installer de l’autre côté du pays, dans un bungalow de Venice Beach, une banlieue de Los Angeles en 2002. Là-bas, les ambitions de Duncan n’aboutiront jamais, laissant place au doute et un retour à l’anonymat qu’elle supporte mal. Blake continue lui de créer et travaille avec des artistes reconnus tels que Paul Thomas Anderson pour son Punch Drink Love ou la couverture de l’album de Beck, Sea Change. Ses oeuvres seront exposées à trois Whitney Biennalesau San Francisco Museum of Art en 2005 et une exposition est prévue au Corcoran Gallery of Art de Washington à l’automne 2007.

Selon la journaliste de Vanity Fair, Blake et Duncan seraient revenus à New York City fin 2006 après avoir été expulsés de leur appartement de Venice Beach à la suite de plusieurs plaintes de voisins contre leur comportements paranoïaques et parfois menaçants. Ils affirment que Theresa se sentait menacée par l’Eglise de la Scientologie qui envoyait des agents la harceler et l’intimider, par téléphone, dans leur résidence. Ce serait d’ailleurs la secte qui aurait obligé le chanteur Beck, un scientologue, à refuser de jouer dans son projet film, Alice Underground.
Blake a confirmé à ses proches les accusations formulées par sa compagne qu’il a réunit dans un rapport de 27 pages qu’il comptait utiliser pour intenter un procès à la Scientologie.

Ils sont rentrés à New York en janvier 2007 où ils sont installés dans le presbytère, réaménagé en appartement de l’église St Mark dans le East Village que Blake a pu payer en reprenant emploi de graphic designer. Aucun signe de dépression visible chez Duncan aurait pu présager de son suicide, l’après midi du 10 juillet 2007, quelques heures après quitté son compagnon avec qui elle avait déjeuné. Elle a laissé une lettre qui a convaincu Blake qu’elle avait agi en son âme et conscience.

Couverture de l'album de Beck "Sea Change" réalisé en 2002 - Par Jeremy Blak
Couverture de l’album de Beck « Sea Change » réalisé en 2002 – Par Jeremy Blak

Blake, pourtant très entouré par ses amis les jours qui ont suivi le drame, inquiets qu’il puisse lui aussi attenter à sa vie, est retourné travailler le 17 juillet. Plutôt que de rentrer chez lui ce soir là, il a pris le métro jusqu’aux Rockaways, l’une des plages de New York où il a disparu. Un témoin a appelé la police pour signaler un homme nu se diriger vers la mer en début de soirée. On a trouvé ses affaires sur le sable accompagné d’un un mot écrit de sa main, I am going to join the lovely Theresa.
Son corps sera signalé par un pêcheur au large du New Jersey cinq jours plus tard.

Aucune mention de Theresa Duncan n’a été faite lors de la veillée funèbre organisée en hommage à Jeremy Blake, ni le prénom de Blake n’a été prononcé lors de celle de Theresa. La mort violente des deux amants a horrifié et fasciné à la fois les médias du pays, incapable de comprendre pourquoi la rencontre du succès, la beauté et l’amour puisse se terminer de manière si tragique.

Duncan et Blake sont restés douze ans ensemble et personne ne les a jamais vu se disputer. Ils étaient toujours aussi amoureux l’un de l’autre avec nombreux projets en commun quand Duncan a décidé de partir.

Breitbart News, le bras armé de Trump

Le site d’infos politico-trash conservateur, autrefois marginalisé, est devenu en quelques mois le bras armé de Donald Trump qui a officialisé cette alliance en nommant son ancien directeur en chef à la tête de sa campagne.

Steve Bannon, « l’agent le plus dangereux du pays »

Anti Establishment
L’annonce de la promotion de Steve Bannon
, « le trublion » médiatique de la droite dure, ce mois-ci, à la tête de la campagne de Donald Trump, résonne comme un pied de nez aux tentatives des Républicains de remettre le candidat dans le droit chemin.
L’homme est connu pour ses attaques contre l’establishment républicain, au premier rang duquel figure, Paul Ryan, président de la Chambre des Représentants des États-Unis.
Il travaillera de pair avec une autre figure de la droite conservatrice, lui aussi très critique vis-à-vis de Washington, Roger Ailes, l’ancien patron du New York Post, viré cet été pour une histoire de harcèlement sexuel.
Une réorganisation politique qui vise non seulement à renforcer les « grassroots » de l’électorat de Trump mais aussi et surtout à affaiblir la candidate démocrate, qui n’aurait pas pu craindre pires adversaires.

 

Bloomberg BusinessWeek d'Octobre 2015 sur Steve Bannon et "la vaste conspiration de droite"
Bloomberg BusinessWeek d’Octobre 2015 sur Steve Bannon et « la vaste conspiration de droite »

 

Anti Clinton
Dans un portrait publié en Octobre dernier dans Bloomberg Businessweek, l’homme était déjà présenté comme « l’agent le plus dangereux de pays » à la « tête de la nouvelle conspiration de droite » qui « tente d’évincer Hillary Clinton et Jeb Bush ».
A l’époque, Bannon est à la tête de Breibart News depuis 2012, « le site populiste » qui sert de défouloir à « ceux qui pensent que Fox News est trop poli et modéré ».
Sorte de « Dr Jekyll et Mr Hyde » de la droite, il exerce son influence à travers un journalisme agressif et décomplexé et un activisme plus « sophistiqué » grâce au think tank Government Accountability Institute (GAI) qui révèle et diffuse toutes sortes de dossiers à charge contre les politiques de tout bord.
L’ouvrage du GAI paru en Mai 2015 sur L’Argent des Clintons « a eu plus d’influence sur la perception d’Hillary Clinton que n’importe quel autre détracteur républicain », pareil pour son e-book au vitriol contre Les Dollars de Bush paru pendant les Primaires Républicaines.
Bannon, détracteur-en-chef du couple Clinton, est aujourd’hui l’un des plus expérimenté pour combattre Hillary Clinton à travers sa fondation, ses emails, son mandat de Secrétaire d’Etat et tout ce qu’il pourra trouver et utiliser contre elle jusqu’au 08 novembre

 

Clinton Cash: The Untold Story of How and Why Foreign Governments and Businesses Helped Make Bill and Hillary Rich - By Peter Schweizer published by HarperCollins. Un adaptation cinématographique et Bande dessinée a été réalisé cette année.
Clinton Cash: The Untold Story of How and Why Foreign Governments and Businesses Helped Make Bill and Hillary Rich – By Peter Schweizer published by HarperCollins.
Un adaptation cinématographique et Bande dessinée a été réalisé cette année.


Dire que Steve Bannon a mauvaise presse est un euphémisme.
Depuis sa promotion la semaine dernière, des affaires de violences domestiques et des suspicions de fraude électorale (il serait enregistré à une fausse addresse en Floride, un « swing state » clé dans le décompte électoral) sont relayées dans tous les médias, même les plus conservateurs.
Plus grave, cet ancien banquier de Goldman Sachs, est régulièrement accusée de lancer de fausses allégations sur ses ennemis.
C’est également ce patron de presse qui a engagé Milo Yiannopolous, ce jeune journaliste anglais à l’origine des attaques racistes et mysogines contre l’actrice Leslie Jones cet été, et qui a été suspendu à vie de Twitter.

Les affinités de certaines journalistes de Breitbart avec le mouvement Alt-Right, en périphérie du conservatisme traditionnel américain, décrit comme raciste et antisémite est devenu le cheval de bataille de Clinton pour convaincre les républicains de la rejoindre.

PHOTO ILLUSTRATION BY EMIL LENDOF/THE DAILY BEAST
PHOTO ILLUSTRATION BY EMIL LENDOF/THE DAILY BEAST

 


BreitBart + Trump = Trumpbart, nouvelle plateforme politico-médiatique?

Donner à Steve Bannon la responsabilité de la campagne de Donald Trump, c’est aussi récompenser le site BreitBart News en lui offrant une plateforme politico-médiatique sans précédent.

Depuis sa création en 2007 par Andrew Breitbart, ancien éditeur du Drudge Report et mort d’une crise cardiaque en 2012, le site d’infos en ligne, originellement destiné à devenir le « Huffington Post de la droite » s’est plutôt distingué dans l’info trash anti-libéral, anti-gouvernement, anti-journalistes et anti-politiciens.

Une recette qui marche puisque il a cumulé en juin presque 14 millions de visiteurs uniques sur son site et 150 millions de pages vues.

Breibart News n’aurait pas pu trouver de candidat plus controversé, conflictuel et politiquement incorrect que Donal Trump et a d’ailleurs rapidement choisi de le soutenir.
Le milliardaire new yorkais confirme avec la promotion de Steve Bannon, le rôle désormais majeur  que joue le site dans ces élections présidentielles, rebaptisé « Trumpbart » par certains médias.
Notons au passage la perte d’influence de Fox News, bastion conservateur et outil de propagande privilégié des candidats républicains aux présidentielles depuis 2000.

Dans un essai publié ce mois-ci dans Vanity Fair, le journaliste Ken Stern explique comment est-ce que « Bannon et Breitbart Media ont été Trump avant Trump, en créant la philosophie politique et l’armée politique qui a été le moteur de l’avènement spectaculaire du candidat dans la politique américaine ».

Au delà de ses titres et thèmes provocateurs, « c’est la première organisation à articuler et représenter, à une échelle globale, une nouvelle philosophie du nationalisme et du populisme qui a trouvé un soutien important dans la société américaine ».
Cette émergence d’un nouveau pouvoir politico-médiatique, dont certains pensent qu’il serait le nouveau projet de Trump en cas de défaite, pourrait bien être l’évènement majeur à retenir de cette campagne présidentielle 2016.