Revue de presse du vendredi 23 septembre

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La nouvelle pub de Clinton
Les femmes et Trump, une histoire d’amour!

#Nofilter
Hier, certains acolytes de Donald Trump ont surpassé l’indécence de leur patron en « disant tout haut ce que tout le pense tout bas ».
Commençons donc par le congressman républicain de Caroline du Nord Robert Pittenger qui réagissait à propos des émeutes qui ont marqué la ville de Charlotte les nuits précédentes, et affirmé que cette violence avait été provoquée par des manifestants « qui haïssent les blancs parce que les blancs réussissent et pas eux ».
Des commentaires qui ont suscité de nombreuses critiques qui se sont terminés par des excuses publiques du politicien (« Je m’excuse envers ceux que j’ai offensé et j’espère qu’on retrouvera la paix et le calme ») et une reformulation politiquement correct de ses propos: « Mon intention était de discuter le manque de mobilité économique dans la population afro-américain à cause de mauvaises politiques »

On part ensuite dans l’Ohio, ce swing state que Trump doit absolument gagner et où se sont rendus deux journalistes du Guardian pour interroger Kathy Miller, responsable de la campagne du candidat républicain dans le comté de Mahoning, dans le cadre d’une série d’interview vidéos « Anywhere but Washington series« .
Ils ont frappé fort pour cette deuxième édition dans laquelle Mme Miller affirme « qu’il n’y avait pas racisme avant qu’Obama soit élu président », qu’il est responsable des « gens avec des armes, des quartiers violents, des citoyens irresponsables » avant de rejoindre les conclusions de Robert Pittenger: « Si vous black est vous n’avez pas réussi depuis cinquante ans, c’est votre propre faute … Si l’on regarde ces cinquante dernières années, où on en est arrivés? et pourquoi? (…) Quand est-ce qu’ils vont assumer la façon dont ils vivent? L’heure a sonné et c’est bien que Mr Trump soulève le problème »

Kathy Miller s’est ensuite excusée avant de démissionner dans la journée. Espérons que son entourage ait la présence d’esprit de lui offrir l’essai de Ta-Nehisi Coates, « Between the World and Me » (bizarrement traduit par « Une colère noire » en français).


« Snapchat election »

https-%2f%2fblueprint-api-production-s3-amazonaws-com%2fuploads%2fcard%2fimage%2f220104%2fscreen_shot_2016-09-22_at_2-18-34_pmBonne initiative de Snapchat, l’application qui cartonne auprès des jeunes qui s’est associée avec l’association Democracy Works et son service d’inscription aux élections en ligne, Turbo Vote, pour lancer une campagne de sensibilisation auprès des jeunes.
Après le « Youtube election » en 2008 et le « Twitter election » en 2012, Snapchat, qui touche chaque 41% des 18-34ans, a mis profit sa plateforme d’échange de vidéos dans laquelle apparaissent des célébrités, Jared Leto ou Jimmy Fallon qui encouragent les jeunes à s’inscrire.


Safety Check à Charlotte

Certains utilisateurs de Facebook ont pu recevoir des notifications de leurs amis ayant activé le Safety Check près de Charlotte en Caroline du Nord, c’est la première fois que Facebook met en place ce système pour des émeutes, originellement appliqué de catastrophe naturelles puis à des attentats. Une décision étrange d’autant plus que la ville en état d’urgence, était sous couvre-feu hier soir.
Selon un représentant de Facebook, ce serait des manifestants présents à Charlotte qui auraient activé le système.

La lettre au président
Hier le président Barack Obama a lu devant les leaders du Sommet des Nations Unies pour les réfugiés et les migrants, l’émouvante lettre écrite par un jeune Américain de 6 ans originaire de New York, Alex, qui propose d’adopter Omran Daqneesh, ce garçon syrien rescapé d’un bombardement à Alep au mois d’Août dernier.

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Aleppo Media Center

La photo du petit Omran, complètement ébetté, le visage ensanglanté, assis sur une chaise d’ambulance avait choqué et ému le monde entier en une de tous les quotidiens, symbole des victimes innocentes d’un conflit qui dure depuis maintenant cinq ans.

Dans sa lettre adressée à Obama, que la Maison Blanche a rendu public, Alex demande au président « d’aller le chercher et [de] le ramener », lui signale qu’il peut se « [garer] dans l’allée ou dans la rue et [il les] attendra avec des fleurs et ballons. » Mais surtout, « on lui offrira une famille et il deviendra notre frère. Catherine, ma petite soeur lui attrapera des papillons et des libellules. Dans mon école, j’ai un copain de Syrie, Omar, et je te le présenterai et on pourra jouer tous ensemble. On pourra l’inviter aux anniversaires, et il nous apprendra un autre langage »

Maison Blanche
Maison Blanche

Le geste d’Obama aura eu le mérite de faire parler de rendez vous important des Nations Unies et de mettre en avant la générosité de certains américains devant les attaques et insultes que Trump ne cesse de lancer contre ces migrants ou encore que Trump Jr compare à « des skittles qui peuvent vous tuer »

 

 

Clinton s’essaye à la comédie

Hillary Clinton en difficulté dans les sondages ce mois-ci a rendu visite à Zach Galifianakis, sur le plateau de « Between Two Ferns », cette web série comique dans laquelle le comédien américain réalise une interview décalée d’une célébrité.
La candidate, qui essaye tant bien que mal d’atteindre la jeune génération pour la convaincre de voter pour elle, s’est donc prêtée au jeu de questions réponses, dans lequel Zach Galifianakis a fait l’essentiel du travail.
La vidéo a été enregistrée le 09 septembre dernier, deux jours avant le malaise de Clinton durant les cérémonies du 11 septembre – elle souffre déjà de pneumonie.
C’est le camp Clinton qui a contacté le réalisateur du show, Scott Ackerman, à la demande semble-t-il de la candidate elle-même.

« C’est bizarre et parfait » pour Vox, le New York Times a accueilli la vidéo avec plus de scepticisme quant aux qualités comiques de l’ancien Secrétaire d’Etat, mais la vidéo a fait le tour d’internet cet après midi, et c’était tout l’intérêt de cette démarche.

On ne sait pas si cette vidéo aura autant de succès que les 50 millions de vues qu’a attiré celle d’Obama mais on espère que ça boostera la candidate à quelques jours du premier débat présidentiel.

JonBenét Ramsay: le fais divers qui fascine toujours l’Amérique

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A l’occasion des vingt ans de l’affaire qui a passionné l’Amérique, les chaînes télé nous ont offert le pire en matière de thriller documentaire sans réussir à apporter de nouveaux éléments au meurtre de JonBenét Ramsey qui reste encore aujourd’hui un mystère

Les faits
Jeudi 26 décembre 1996, à 6 heures du matin, Patsy Ramsey appelle la police pour reporter la disparition de sa fille et la découverte d’une lettre de rançon signé par une « petite faction étrangère » appelé S.B.T.C
Les policiers arrivent quelques minutes plus tard et effectuent une première fouille de la propriété sans rien trouver et recommencent plus tard dans la matinée avec l’aide de John Ramsey, le père de JonBenét, qui découvre son corps inanimée au sous-sol dans une pièce jusque là restée fermée.

La disparition devient un meurtre et le travail de la police est compliqué la contamination de la scène de crime et les va-et-vient de la famille, des amis et de la police, sur place depuis plusieurs heures.
L’autopsie pratiquée le lendemain révèle que la fillette a reçu un coup fatal à la tête, et a été également étranglée à l’aide d’un garrot retrouvé à côté de son cadavre.

Aucune trace d’infraction n’est relevée, si ce n’est un vitre cassée depuis plusieurs mois au sous-sol de la résidence, ce qui exclut la piste de l’intrus entré par effraction, et se resserre sur les trois membres restants de la famille, qui refuse de coopérer avec la police, et préfère témoigner sur CNN, dans une interview exclusive quelques jours après le meurtre.
Le couple Ramsey acceptera de parler aux policiers à la fin du mois d’Avril 1997, soit quatre mois après le drame pour se défendre des accusations dont ils sont alors victimes de la part des journalistes, tabloïds et une partie de la population.

La police a les longtemps soupçonné d’avoir inventé l’histoire de la rançon et maquillé une mort probablement accidentelle en un meurtre par strangulation mais n’a jamais réussi à convaincre le procureur d’inculper les parents, même après les recommandations d’un grand jury réunit pour l’occasion en 1999.

Les parents seront totalement exonérés en 2008, deux ans après la mort de Patsy Ramsey des suites d’un cancer des ovaires, après qu’un ADN masculin inconnu soit trouvé sur les sous vêtements de la petite et l’affaire devient une « cold case »

La demande de rançon de trois pages retrouvée le matin du drame dans la maison des Ramsey.
La demande de rançon de trois pages retrouvée le matin du drame dans la maison des Ramsey.

 

Les raisons d’une fascination
Le fais divers, finalement assez banal, est devenu l’une des crime stories les plus fascinantes du pays, non seulement qu’elle reste non élucidée, mais aussi parce qu’elle est symptomatique d’une époque où la justice criminelle tient le haut de l’affiche. Un an après l’acquittement de O.J.Simpson et de ce que les médias ont qualifié de « procès du siècle », les américains sont fascinés par les « real crime stories » et les chaînes d’infos, qui commencent à retransmettre 24 hrs sur 24 hrs, n’attendent qu’une nouvelle affaire.

L’histoire d’une fillette retrouvée morte dans le sous-sol de sa maison, par ses propres parents, le lendemain de noël, une période assez calme en termes d’informations, est une aubaine pour les chaînes télés, quotidiens et journalistes qui envahissent en quelques jours la petite ville de Boulder dans le Colorado.
Et lorsque les parents décident de donner une interview exclusive à CNN, le 31 décembre 1996, l’affaire JonBenét Ramsey devient l’affaire de l’Amérique.

Capture d'écran de l'interview donné par les parents de JonBennet Ramsay à CNN cinq après sa mort.
Capture d’écran de l’interview donné par les parents de JonBennet Ramsay à CNN cinq après sa mort.

La fascination qu’exerce ce crime sur le public tient également au mystère qui entoure la famille Ramsey.
Le couple et leurs deux enfants, qui ont quitté la Géorgie pour le Colorado quelques années auparavant et donnent l’image d’une famille parfaite vont vite déchanter devant les soupçons grandissants de la police et de la population.
La plupart des photos et vidéos de la fillette toutes prises lors de concours de beauté, et sur lesquelles elle ressemble plus à une adolescente qu’à une enfant de six ans, attirent beaucoup de critiques, vis-à-vis de la mère notamment, elle-même ancienne reine de beauté.


Des docu-séries qui tentent de résoudre l’affaire, par tous les moyens

Entre temps, fort des succès de « The Jinx » sur HBO, « Making a Murderer » sur Netflix ou encore le pod-cast Serial, les docu-séries envahissent les écrans télé et radios, avec la même ambition de faire avancer l’enquête.
Dans le cas JonBenét, les éditions spéciales de CBS, « The Case of: Jonbenét Ramsey« , A&E, « the Killing of JonBenét, the Truth uncovered« , Investigation Discovery, « JonBenét: An American Murder Mystery« , et Dateline NBC, « Who Killed JonBenét?« , qui ont toutes fait un carton, n’ont que deux conclusions possibles, soit le crime a été commis par un membre de la famille ou une personne rentrée par effraction, et aucune ne fait l’unanimité.

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Alors que A&E, Investigation Discovery et NBC penchent pour l’idée d’une attaque venue de l’extérieur qui disculpe toute implication de la famille, CBS a annoncé depuis cet été tenir un suspect sérieux à la suite d’une nouvelle enquête menée par certains agents de l’époque, une équipe de scientifiques, et soutenu par une production qui a même tenu à reconstruire certaines pièces de la maison des Ramsey.

Selon ces experts, c’est le fils Burke, qui dans un accès de colère aurait tué JonBenét avec une lampe de poche après dans la cuisine. En découvrant la fillette sans vie, les parents ont tenté de maquiller le crime en tentative d’enlèvement puis de meurtre par strangulation. La mère serait à l’origine de l’improbable lettre de rançon retrouvée dans les escaliers.

Elle aurait ensuite passé le fameux coup de fil à la police, au cours duquel on peut entendre les trois membres de la famille parler, y compris Burke, le frère aîné de JonBenét, qui avait pourtant expliquer aux policiers avoir dormi profondément cette nuit là.
Le « cover-up » des parents expliquerait leur volonté de communiquer le moins possible avec la police.

Une conclusion qui « reste l’un des scénarios possibles de ce mystère » explique CBS qui encourage ses lecteurs à « se faire leur propres opinions » mais une véritable « chasse aux sorcières » pour Rolling Stone qui a jugé le documentaire complètement subjectif et reposant sur des interprétations plus que faillibles.
Même son de cloche dans New York magazine qui qualifie le programme d’un « des moments de télévision les plus morbides et répugnants de ces dernières années » et signale peut-être la fin d’un genre qui tend désormais vers le « grotesque ».
Les principales critiques pointent vers le manque de preuves supplémentaires apportées par l’enquête qui ne fait que réinterpréter des faits qui peuvent servir une autre conclusion.

Le mystère et le complot entourant la mort de JonBenét l’a transformé en une figure de fascination culturelle, bien plus que celle de victime d’un terrible crime. Elle reflète nos propres idées sur les enfants, la famille, et l’humanité. 20 ans plus tard, ce pas une surprise que le meurtre de JonBenét – qui toujours non élucidé – ait inspiré quatre éditions spéciales et renouvelé l’intérêt pour cette affaire.

Jusqu’à l’indécence

Trump, le parfait « Bully »

C’est la dernière vidéo anti-Trump diffusée hier lors de la clotûre de la Convention démocrate à Philadelphie. Elle critique un autre facette de la personnalité très controversée de Trump, « le bully », celui qui harcèle, insulte et agresse ses camarades d’école – un personnage très récurrent dans la culture populaire américaine.
Aux côtés des « bullies » de Maman j’ai raté l’avion ou de Retour vers le futur on appréciera les épisodes au cours desquels Trump se moque d’un handicapé, insulte des citoyens ou menace spectateurs et journalistes.

Barack Obama: « Don’t boo, vote! »

Barack Obama, Joe Biden et MIchael Bloomberg mercredi 27 Juillet 2016, troisième jour de la Convention nationale du parti démocrate

Contrairement à son rival, Donald Trump, laissé pour compte par son propre parti, Hillary Clinton a élargit hier la liste de ses soutiens au sein des démocrates avec les interventions du vice-président Joe Biden, de Barack Obama, et celle de Mickael Bloomberg, l’ancien maire de New York, étiqueté « indépendant ».

La rhétorique visait à rassurer les électeurs sur la situation politique et économique du pays, sur la « grandeur » de la nation et « l’exceptionnalisme américain ». Des thèmes traditionnellement défendus par les républicains et que Trump a choisit de mettre de côté au profit d’une vision très noire des Etats-Unis

 

Le discours d’Obama était moins personnel et émouvant que celui de Michelle mais plus pragmatique dans ses attaques contre Donald Trump, et son tableau « pessimiste d’une Amérique fondée la colère, la haine et les divisions » dans laquelle « un seul homme » serait capable de changer les choses.
Les changements qui restent à accomplir doivent au contraire inclure l’ensemble des Américains.
Aux huées qui ont entouré l’évocation de Donald Trump, il a répondu avec une déjà phrase prononcée en 2008, et qu’on ré-entendra sans doute lors cette campagne: « Don’t boo, vote! » 

Sur les jugements répétés dont Hillary est fréquemment l’objet, le président les explique comme la conséquence de quarante années de vie publique et politique passées au peigne fin, et au cours desquelles si elle échoué, c’est parce qu’elle a d’abord essayé, et c’est l’un des raisons pour lesquelles elle reste « la plus qualifiée » au poste de Commander-In-Chief.

Confiant dans l’avenir de son pays, Obama a rappelé les conditions économiques dramatiques, la récession de 2008, de son début de présidence, au cours duquel il a quand même multiplié les succès (Obamacare, le nucléaire iranien, la détente avec Cuba, la mort de Ben Laden et le retrait d’Irak) et qui a rendu le pays plus fort et plus prospère que jamais:
America is already great! America is already strong!


Joe Biden
, le vice président, très à l’aise sur scène, a sans doute été le plus convaincant hier soir, en évoquant à travers la perte de son fils, Beau, des suites d’un cancer l’année dernière, les situations dramatiques (« Broken Places ») dans laquelle des millions de familles et d’individus peuvent tomber un jour. Il a salué le courage et la détermination des classes moyennes, « le coeur » et « l’âme » d’une Amérique « forte » et « unie »

Il s’est lui aussi attaqué à Trump, à son cynisme sans limite, son manque d’empathie et de compassion qui peuvent se résumer à cette expression dont il est le si fier et qui a fait sa gloire ‘Vous êtes viré!’ (…)
Cet homme n’a aucune idée de ce que c’est que la classe moyenne, il n’a aucune de la grandeur de l’Amérique, il n’a d’ailleurs aucune idée, point à la ligne.
(…) Jamais dans l’histoire des Etats-Unis, le candidat d’un parti national n’a eu aussi de connaissance et d’expérience concernant la sécurité du pays »


Enfin, l’invité surprise de cette convention, Michael Bloomberg , un ancien républicain devenu indépendant, a appelé les électeurs américains à faire front contre « un dangereux démagogue ». L’homme d’affaires new yorkais, lui aussi milliardaire, a pris parti pour celle qui « résout les problèmes » et plutôt que pour celui qui « les créé »: Moi aussi je suis new yorkais, et je sais reconnaitre un escroc quand j’en rencontre

 

Convention démocrate: Michelle Obama, Elizabeth Warren, et Bernie Sanders derrière Clinton

Bernie Sanders l’avait promis durant les Primaires démocrates, la Convention du parti fera beaucoup de bruit au mois de Juillet.

Une journée chaotique
Ca n’a pas raté, mais pas forcément comme l’avait envisagé le sénateur de Vermont.

Les supporteurs de Sanders s’étaient réunis à Philadelphie dès dimanche pour protester contre la nomination d’Hillary Clinton, aux clameurs de « Tout sauf elle!« , remontés après les révélations des fuites de Wikileaks qui ont confirmé que le Comité National Démocrate avait essayé d’influencer la Secrétaire d’Etat à ses dépens.
La démission de la présidente de la commission démocrate, Debbie Wasserman Schultz, détestée des « Bernie Bros », qui n’a pas participé à l’ouverture de la Convention, n’a pas réussi à calmer leurs critiques aujourd’hui autour et à l’intérieur du Wells Fargo Center où se déroule la Convention.


Une situation embarrassante pour Bernie Sanders qui s’est officiellement rangé derrière Hillary Clinton au début du mois de Juillet après avoir réussi à faire passer un certain de points de son programme dans l’agenda démocrate.

Cet après midi il est allé s’addresser à un millier de ses supporteurs, dans les rue de Philadelphie, en essayant de les convaincre de rester unis derrière le parti démocrate et Hillary Clinton. Ces derniers l’ont accueilli avec des huées et sifflets, une situation impensable il y a quelques semaines pour un candidat qui a construit son succès grâce à un soutien populaire sans précédent tout au long de ces primaires.

Une soirée illuminée par Michelle…
Le chaos matinal a laissé place à une soirée plus solide pour le parti démocrate qui a offert à Sanders la tribune qu’il méritait, sans encore une fois parvenir à faire taire les sifflets de plusieurs centaines de militants.

Il a été soutenu par Elizabeth Warren et Sarah Silverman, ferventes partisanes de l’unité derrière Clinton quant Michelle Obama a électrisé le public avec un discours digne d’une candidate à la présidence.

Ce soir, Marcia Fudge, la suppléante de Debbie Wasserman, a prononcé le discours d’ouverture de la Convention, sous les huées de plusieurs centaines de militants présents dans la salle, a appelé au à l’unité et s’est engagé à respecté leur positions en  mais a fermement demandé davantage de respect provoquant les applaudissements d’une majorité des spectateurs.


 


Michelle Obama
, très attendue ce soir, a été la plus convaincante dans son soutien à Hillary Clinton, rappelant le parcours, l’expérience et la détermination de la candidate démocrate. En évoquant l’avenir ses deux filles, et ceux de millions de jeunes Américains, elle a rappelé l’enjeux des élections de novembre dans ces termes:

Quand je me réveille chaque matin dans une maison (La Maison Blanche) construite par des esclaves, et je regarde mes filles – deux jeunes femmes belles, intelligentes et afro-américaines – jouer avec leurs chiens dans les jardins de la Maison Blanche. Et grâce à Hillary Clinton, mes enfants, et tous les autres garçons et les filles sont convaincus qu’une femme peut devenir président des Etats-Unis.
Ne vous laissez jamais dire que ce pays n’est pas formidable que nous devons le rendre formidable à nouveau … C’est le meilleur pays du monde

 

… Et dédiée à Bernie Sanders

Sarah Silverman, comédienne et fervente supportrice de Bernie Sanders, parfois très critique envers Hillary Clinton durant les Primaires, a donné l’un des discours les plus forts, drôles et provocateurs de la soirée. Tout en restant fidèle et confiante en l’avenir du mouvement initié par Sanders, elle n’a émis aucun doute sur le fait qu’elle voterait Clinton en Novembre provoquant le tollé de certains militants à qui elle a répondu: « Et pour ceux qui pensent « Bernie or Rien » (Bernie-or-Burst), vous êtes ridicules! »


Elizabeth Warren
, que beaucoup de démocrates progressistes auraient voulu voir se présenter face àClinton, a commencé son discours en saluant la campagne de son ami Bernie Sanders avant de confirmer son vote pour Clinton en Novembre: I‘m with Her, I’m with Her, I’m with Her

Elle a ensuite excellé dans son activité favorite depuis le début des Primaires: Attaquer, discréditer et ridiculiser Donald Trump.

L’Amérique de Donald Trump (…) Une Amérique de la peur et de la haine (…) Une Amérique divisée, les blancs contre les noirs et latinos, les chrétiens contre les musulmans, les homosexuels contre les hétérosexuels, Tous contre les immigrants. La Race, la religion, l’héritage, le genre, à la recherche de toujours plus de divisons (…)
Nous ne deviendrons jamais cette Amérique pleine de haine vantée par Trump. 

Bernie Sanders était le dernier à intervenir sur la scène du Wells Fargo Center et a reçu la standing ovation de la soirée devant des militants devant ce qui ressemblait au discours d’adieu de sa campagne. Il a remercié ses militants, leurs donations, leur soutien, rappelé les points importants de son programme, dont la plupart avait été accepté par le parti démocrate. Il a enfin apporté un soutien sans équivoque à sa rivale et tenté une nouvelle fois de convaincre ses supporteurs de le suivre:

Hillary Clinton et moi-même sommes en désaccord sur de nombreux sujets, qui ont été au coeur de cette campagne et qui sont la nature même de la démocratie (…) Notre objectif est désormais que ce programme soit appliqué par un Sénat et une Chambre des Représentants démocrates sous la présidence d’Hillary Clinton

Interrogée hier soir sur PBS, Marcia Fudge expliquait que sur les 1900 délégués élus de Bernie Sanders durant les Primaires démocrates, la majorité était acquise à l’idée de voter pour Hillary et que seulement 400 d’entre eux ne voteraient jamais pour Hillary.
Ce sont eux qui sifflaient hier soir Elizabeth Warren, Sarah Silverman et même Bernie Sanders pour soutenir Hillary Clinton, Pour cela, disait-elle, ni Bernie, ni Hillary ne pourront les convaincre.

The New Yorker: A la rencontre de Leslie Jones

C’est l’une des actrices principales du dernier Ghosbusters Answer the Call de Paul Feig sorti cet été et sans doute déjà croisé dans Saturday Night Live, l’émission satirique de NBC, qui l’a engagée en 2014, à l’âge de 46ans, comme auteure puis comédienne, pour renforcer la présence d’afro-américains dans le show.
La récompense d’années de travail et de galère dans un milieu majoritairement masculin et blanc où « les femmes afro-américaines ont le plus difficultés » lui a confié un jour Chris Rock, rencontré au hasard d’une de ses représentations à la fin des annés 80. Les deux comédiens sont depuis devenus amis.

Aujourd’hui elle cartonne, et le New Yorker lui rend hommage cette semaine dans un long portrait de Andrew Marantz A lire ICI

Ce mois-ci, Leslie Jones, très active et appréciée sur Twitter, a été la victime d’une avalanche de messages racistes et misogynes  en référence à son rôle dans Ghosbusters et son casting 100% féminin, qui l’ont obligé à suspendre son compte pendant quelques jours.
Jack Dorsey, le P.-D.G et fondateur de Twitter a pris l’affaire au sérieux et annoncé la mise en place des mesures de contrôles plus actives – en excluant notamment l’un de ses utilisateurs les plus zélés, Milo Yiannopoulos.

Leslie Jones est retourné sur Twitter et pour notre plus grand plaisir, nous diffusons quelques uns de ses meilleurs passages sur NBC

Leslie Jones et Peter Dinklage (Game of Thrones) rejouent l’émission américaine de Discovery Channel « Naked and Afraid »


Leslie Jones et Seth Meyers regardent « Battle of Bastards », avant dernier épisode de la sixième saison de la série Game of Thrones

Les Late Shows, stars de la Convention du parti républicain

On les suit toute l’année avec ferveur mais c’est souvent lors des campagnes présidentielles que les « Late Show » cartonnent avec un ton et une impertinence qui rendent les autres émissions politiques bien ternes.
Et la cuvée 2016 avec Donald Trump dans le tableau final tient toutes ses promesses.

Cette semaine, la chaotique convention du Parti républicain, désertée par la plupart de ses élus et personnalités, n’a d’intérêt que pour les émissions spéciales que  Stephen Colbert  (The Late Show with Stephen Colbert sur CBS), Samantha Bee (Full Frontal sur PBS) et Bill Maher (Real Time with Bill Maher sur HBO) ont décidé de lui consacrer

Samantha Bee et son équipe sont parties vers « le ground zero de l’Armageddon présidentiel » en bus la semaine dernière pour présenter une édition spéciale en direct intitulée A Very Special Full Frontal jeudi soir, clôture de la « 41ème et peut-être dernière convention du Parti républicain » dont voici la bande annonce


Stephen Colbert
n’y est pas allé par quatre chemins: Dimanche, la veille de l’ouverture de la convention, il a « crashé » la scène du Quicken Loans Arena, déguisé en « Julius », réplique de Caesar Flickerman, le maître de cérémonies des Hunger Games, rebaptisé à l’occasion The Hungry for Power Games.
Au micro, il a rendu hommage aux Républicains qui sont allés jusqu’à élire « Donald Donate Jamison Trump » pour tenter de stopper leur « seule et unique passion »: Hillary Clinton. La séquence a fait le tour d’internet lundi soir

Il a également repris son rôle de républicain zélé du Colbert Report pour la plus grande joie de son public, et tenter d’expliquer le mouvement Trump:

 » Souvenez vous, les élections n’ont rien à voir avec ce que les électeurs pensent mais ce que les électeurs ressentent et en ce moment la moitié des Américains ont l’impression de ne pas être entendus – surtout Mike Pence [furtur Vice Président si Trump est élu] .
Ca vaut pour les deux camps, qu’on soit des conservateurs convaincus ou des libéraux ruinés moralement (…)
Souvenez vous il y a onze ans
 [sous George W. Bush], j’ai inventé un mot, « Truthiness » qui consiste à croire en quelque chose qui à l’air vrai même s’il n’existe aucune preuves factuelles – par exemple les Jeux Olympiques de Rio vont être un succès –
La Truthiness vient des tripes car on accorde trop d’importance au cerveau et vous avez qui a un cerveau? Adolf Hitler! Donc les cerveaux sont généralement dangereux et c’est pour cela que j’admire cet homme, et je me reconnais dans le personnage: on est tous les deux des célébrités de la télé, on s’est tous les deux présentés à une campagne présidentielle américaine – les deux sont partis d’une blague!
La Truthiness doit avoir l’impression d’être vraie et la Trumpiness n’a même pas besoin de faire semblant: Les supporteurs de Trump ne croient pas à ses promesses électorales et ils s’en foutent.

 

Colin jost, Michael Che, membres de l’émission satirique Saturday Night Live se sont également déplacés à Cleveland où ils ont pris l’antenne en direct hier soir dans leur « Weekend Update », commenté la soirée catastrophique de Donald Trump, joué à Trumpémon Go avant d’être rejoint par leur collègue Kate McKinnon, déguisée en Ruth Binder Ginsburg, l’une des justices de la Cour Suprême des Etats-Unis qui a ouvertement critiqué le candidat républicain la semaine dernière.

 

Bill Maher à quant à lui reçu Michael Moore sur son plateau mercredi soir, en direct de la convention, où le réalisateur de Bowling for Columbine a prédit la victoire de Trump en novembre prochain.
Auparavant le présentateur est revenu sur l’évènement de la soirée d’hier, le soufflet de Cruz infligé Trump en refusant de le soutenir lors de son discours: Vous avez vu ce qu’a fait Ted Cruz ce soir? Il a demandé aux électeurs de voter en leur propre conscience, et quand on a Trump comme candidat, on peut pas faire plus bas que ça
Voir vidéo ci-dessous:

Seth Meyers (The late show with Seth Meyers sur NBC) et Trevor Noah (le remplaçant de Jon Stewart sur le Daily Show de Comedy Central) ont également présenté leur édition spéciale.

Donald Trump est dangereux pour vos enfants

La dernière campagne télé d’Hillary Clinton contre Donald Trump frappe là où ça fait mal: Les enfants et « The role model » (le modèle) que devrait être un président à leurs yeux, une responsabilité que le candidat républicain est visiblement incapable de tenir.
En compilant les propos les plus polémiques de Trump et leurs éventuelles conséquences sur la jeunesse américaine, l’équipe de la candidate nous rappelle l’importance des enjeux du 8 novembre prochain.