Le Kiosque du 02.08.17

 

 

1. « Les survivantes »

 

    • « A la Maison Blanche, ce sont les femmes qui survivent » notait Politico hier matin: « Un président très critiqué pour ses propos contre les femmes s’est entouré de plus solides » que les conseillers et autres porte-paroles qui ont démissionné (Michael Flynn, Sean Spicer, Michael Dubke), se sont fait virés (Reince Priebus, Anthony Scaramucci) ou ont publiquement été humiliés (Steve Bannon, Jeff Sessions) par Trump ces six derniers mois.

 

  • Kellyanne Conway, n’est pas la seule à avoir évité les pièges. Les survivants de cette Maison Blanche « extra-ordinaire » sont presque toutes des femmes qui servent dans son administration: « L’intouchable » Hope Hicks (conseillère en communication), Dina Powell (conseillère adjointe à la Sécurité Nationale), Nikky Haley (Ambassadrice à l’ONU), Sarah Huckabee Sanders (nouvelle porte parole de la Maison Blanche), Omarosa Manigault, qui s’est attirée les faveurs de Trump en jouant la méchante dans The Apprentice, et enfin la plus importante, Ivanka, sa fille.

    Ca semble ironique pour une administration dirigée par un misogyne prêt à dégainer tout ce qui bouge, de la présentatrice du « Morning Joe », Mika Brzezinski, à son ancienne rivale, Hillary Clinton – et qui a été accusé par plus d’une dizaine de femmes d’attouchements inappropriés. Mais la gente féminine de la Maison Blanche a été jusqu’ici la plus épargnée (…) On ne sait pas trop comment dans un environnement aussi hostile aux politiques pro-femmes, favorable à la suspension des financements de Planned Parenthood ou l’abrogation des régulations concernant l’égalité des salaires.

    * « In Trump’s White House, the Women are the Survivors »Politico

 

 


2. Présumée coupable

 

 

  • En 2009, Noura, a été condamnée à vingt ans de prison pour le meurtre de sa mère qu’elle a toujours nié, malgré l’absence de son ADN sur les lieux du crime et grâce au zèle d’une procureure sans scrupules, Weirich, prête à tout pour gagner, qui a dissimulé des preuves susceptibles de l’innocenter.

    Noura a appris que la Cour Suprême du Tennessee avait cassé le verdict un soir d’août 2014, depuis sa cellule.
    Elle y était enfermée depuis neuf ans et avait abandonné l’idée d’un éventuel appel. Depuis l’instauration de la loi Brady [en 1963 qui oblige le procureur à présenter toutes les preuves d’une enquête même si elles sont favorables à la défense], la Cour Suprême du Tennessee n’a cassé qu’un seul verdict à cause de la faute d’un procureur qui a oublié de présenter toutes les preuves [lors d’un de ses procès].
    Et là, devant la télévision sans son, Noura pouvait voir son nom défiler à l’écran.

 

  • Une « épidémie » d’erreurs?
    Selon un rapport du « National Registry of Exonerations » publié en mars dernier, 70 des 166 révisions de procès impliquent la responsabilité du gouvernement, et sont le plus souvent liées à la dissimulation de preuves – on compte 2 000 révisions de procès depuis 1989.

    Pour de nombreux procureurs, mentir est inacceptable, et des procureurs oublient parfois sans le vouloir de présenter des preuves, ou ne les ont tout simplement pas reçues de la police. Mais l’un des aspects les plus troublants de ce système, c’est qu’on ne pourra jamais savoir le nombre d’affaires où des preuves ont été dissimulées. « Le problème de [la loi Brady] c’est que tu dois prouver qu’ils cachent quelque chose pour déposer une plainte, et combien en a-t-on laissé passer?

     

    * « She was Convicted of Killing her Mother. Prosecutors Withheld the Evidence that could have freed her »The New York Times magazine

 


3. Le fabuleux destin des frères Collison

 

  • Comment deux frères originaires d’Irlande ont révolutionné le payement en ligne

    Chaque année, les Américains dépensent 1,2 milliards de dollars d’achats en ligne, un chiffre qui a doublé ces cinq dernières années, et qui devrait doubler les cinq prochaines si internet continue à dévorer le commerce traditionnel. C’est donc surprenant que l’infrastructure financière de la toile soit aussi vieille et lente.

    Pendant des années, l’explosion du e-commerce a devancé la technologie sur laquelle il s’appuyait  (…) En 2010, Patrick et John Collison, des frères de la campagne irlandaise, modernisent ce système. Leur compagnie, Stripe Inc., met en place un logiciel qui connecte directement les entreprises via leur site internet et applications à des institutions bancaires, et leur permet de recevoir des payements, sans intermédiaires. Leur produit cartonne auprès des start-ups de la Silicon Valley.

    Des entreprises comme Lyft, Facebook, DoorDash, et des milliers qui leur ressemblent utilisent Stripe pour la plupart de leurs opérations financières. La compagnie gère aujourd’hui des dizaines de milliards de transactions sur internet chaque année. La moitié des Américains qui ont acheté en ligne, sont passés sans la savoir par Stripe

    Leur dernier client? Le géant Amazon, et bientôt les géants de la grande distribution américaine.


    .* « How the Two Brothers Turned Seven Lines of Code into a $9,2 billion startup » – Bloomberg Businessweek

 

 


4. « The i-word »

 

    • Le Département de Justice américain utilise à nouveau dans ses déclarations officielles le terme d’immigrés clandestins, « illegal alien » en anglais, pour qualifier ceux rentrés illégalement sur le territoire – une expression qui avait disparu du langage officiel depuis 2009 remplacé par un terme plus politiquement correct de « étranger en situation irrégulière » ou « sans papiers » (« undocumented » en anglais) – Devant l’aggravation de la situation en 2014, ils ont commencé à différencier « demandeurs d’asile », « migrants » ou encore « mineurs non accompagnés ».

 

  • C’est Jeff Sessions, l’Attorney General, partisan d’un durcissement de la politique d’immigration qui a montré l’exemple en adoptant ce nouveau langage, notamment pour évoquer la répression (« crackdown’) contre les « cités sanctuaires »:

    « [Jeff Sessions] veut donner l’impression que tous les étrangers présents aux Etats-Unis sans autorisation sont des criminels (…) Les étrangers ont des droits, et même lorsqu’ils sont arrêtés, ont droit à un procès. Les lois sur l’immigration ne font qu’accélérer les procédures d’expulsion » explique le professeur Michael LeRoy »

     

  • Par ailleurs, les « Immigration and Nationality Acts » (INA) précisent que toute présence illégale sur le territoire américain est une violation du code civil mais certainement pas un crime, comme le sous-entend le terme d’immigré clandestin.
    De nombreuses associations de défense des libertés condamnent l’utilisation du « i-word », en référence au « n-word » et ont même réalisé des campagnes de sensibilisation sur le sujet

    * « Loaded ‘illegal alien’ phrase introduced in sanctuary cities crackdown » – Chicago Tribune

 


5. Kalanick prépare déjà son retour

  • « Ennemi public numéro un » de la Silicon Valley, Travis Kalanick, fondateur de Uber, viré de son poste de président le mois dernier par ses propres actionnaires serait déjà en train de fomenter son retour, par la force si nécessaire, dans sa compagnie.

    Puis il y a le coup de force dans où le conseil d’administration réussit à se débarrasser du PDG et en installe un nouveau. C’est arrivé dans les années 80 à Steve Jobs avec Apple, en 2008 à Jack Dorsey avec Twitter, et le mois dernier à Travis Kalanick avec Uber. Et bien entendu, le twist dans ce genre de situation, c’est que le PDG est souvent le fondateur de la compagnie, dont la réussite lui est vitale. C’est le genre de personnalités qui ne se déclarent jamais vaincues.
    Au contraire, elles vont faire tout ce qui est en leur pouvoir, et contre toute attente, pour préparer leur retour triomphant dans l’entreprise.
    Souvent ça marche [à l’instar de Jack Dorsey]

     

  • Selon ses proches, Kalanick préparerait un retour dans Uber « à la Steve Jobs », c’est-à-dire « épique ». Sauf que …

    Dorsey est retourné à Twitter après des années passées à réhabiliter son image dans la presse et à réussir [une nouvelle aventure] avec Square, sa compagnie de payement via mobile.
    Kalanick, de l’autre côté, n’a pas eu le temps de décompresser. Et surtout, il n’est pas aimé. Il est même détesté par certains médias, le gouvernement, les syndicats de taxi, et ces derniers mois, par certains employés les plus proches de Uber.
    « Pour Dorsey, c’était différent » affirme un proche de Kalanick, « ce n’était pas un lunatique qui insultait publiquement les gens. Il n’était pas l’ennemi public numéro un. »

    * « Inside Travis Kalanick’s fight to retake Uber »Vanity Fair

 


6. Le reste de l’actualité

 

  • True Crime
    Ils se sont faits passés pour les victimes d’une photographe sans scrupules qui refusait de leur donner les photos de leur mariage à cause d’un supplément impayé de 150 dollars. L’affaire a fait grand bruit à l’époque: Le couple est passé à la télé et la photographe a perdu son business. Sauf que de cela était vrai, et le jeune couple a tout inventé et se retrouve aujourd’hui condamné à 1 million de dollars de dommages et intérêts par un tribunal de Dallas. – The Washington Post

 


7. La couverture du Jour

 

  • Variety consacre sa une au dernier opus de la réalisatrice Kathryn Bigelow (Zero Dark Thirty), « Detroit » sur les émeutes de la ville au cours de l’été 1967 qui ont fait 43 morts, un millier de blessés, 7 000 arrestations

Le kiosque du 03.07.17

 

1. « Des coups, aucune politique »

 

  • L’information de ce week-end, c’était bien entendu la vidéo postée par le président américain sur son compte Twitter où il fait semblant de tabasser un homme, dont le visage est caché par le logo CNN: Une énième façon de prouver son amour pour la chaîne d’info rebaptisée à l’occasion #FNN, pour « Fake News Network ».
  •  

  • C’est Dan Scavino, responsable des médias sociaux de la Maison Blanche, ancien caddy du président, et Trump qui auraient eu l’idée de cette  « blague ».
    A comprendre maintenant comment est-ce que ce meme, postée par un troll d’extrême droite sur Reddit, leur site préféré, a-t-il pu atterrir sur le compte personnel de l’homme le plus puissant du monde.
  •  

  • Comme l’indique USA Today en couverture ce matin, la présidence de Trump est à l’image de ses tweets, « des coups » contre les médias (63 références aux fake news), contre les Démocrates et Obama (46 références à « Obamacare ») mais « aucune politique ».
     
  • Le président est bien plus intéressé à discréditer les médias qu’à essayer de faire passer son programme … comme la réforme de la santé qui en est au point mort.

 

 


2. La fraude électorale ne convainc pas

 

  • Si le président américain a largement perdu le vote populaire face à Hillary Clinton aux dernières élections avec 2,8 millions de voix en moins, c’est à cause de la fraude électorale répandue dans la plupart des Etats démocrates qui a permis à des millions d’immigrés de voter illégalement contre sa rivale.
  •  

  • Aucune preuve de ces accusations n’a jamais été avancée mais Donald Trump est bien décidé à les trouver et mis en place la « Presidential Advisory Commission on Election Integrity » dirigée par le vice président Mike Pence et le Secrétaire d’Etat du Kansas, Kris Kobach, pour soi-disant « renforcer l’intégrité du système électoral » et « protéger et préserver les principes d’une personne, une voix ».
     

    La Maison Blanche a affirmé que la Commission va opérer un « examen complet des problèmes d’inscription et de vote pour les élections fédérales » mais les experts et défenseurs du droit de vote ridiculisent les allégations de Trump concernant la fraude électorale, que ni les Etats, ni aucune étude n’a pu mettre en évidence.
    Ils craignent que cette Commission soit utilisée pour limiter le droit de vote.

     

  • Mercredi dernier, la Commission a demandé aux cinquante Etats et à D.C. de leur fournir toutes les informations disponibles sur leurs électeurs, « y compris les noms, dates de naissance, l’historique de leurs choix électoraux et leur appartenance ou non à un parti » – ce que la moitié d’entre eux a fermement refusé au nom de la protection de la privée et de la méfiance que suscite cette commission.
     
  • D’où la réaction agacée du président ce week-end:

 

 

 
 


3. Les Etats républicains contre leurs villes démocrates

 
 

  • Le territoire américain est divisé politiquement entre les côtes démocrates, de part et d’autre du pays, et l’intérieur républicain, entre les grandes villes pro-Hillary et les zones rurales pro-Trump … et désormais à l’intérieur des Etats, entre les gouvernements conservateurs et leurs villes, dites « sanctuaires ».
  •  

  • Au Texas, par exemple, le parlement et le gouverneur républicains s’inquiètent du « comportement socialiste » des villes libérales et veulent les forcer à se soumettre à législation de l’Etat sous peine d’être privées de subventions fédérales.
     

    Le « Lone Star » State représente l’exemple le plus dramatique de ces relations de plus en plus conflictuelles entre les représentants des « Red States » [républicains] et les centres urbains démocrates, qui ont imposé des régulations environnementales et des programmes sociaux souvent à leur encontre.

     

  • La « Bathroom Bill » votée en 2016 par le parlement républicain de Caroline du Nord – qui oblige tout individu à utiliser les toilettes et vestiaires publics conformément à son sexe de naissance – et partiellement annulée cette année, visait à saper les efforts de Charlotte, la plus grande ville démocrate de l’Etat, pour élargir les droits civils des homosexuels.
  •  

  • L’un des principaux sujets de discorde tourne aujourd’hui autour de la politique anti-immigration de l’administration Trump qui veut obliger les forces de l’ordre locales à coopérer avec les agents fédéraux de l’immigration, notamment à travers l’arrestation et la détention des immigrés en situation irrégulière. Ce que les villes sanctuaires ont toujours refusé de faire.
  •  

  • Le gouverneur du Texas, Greg Abbott vient de passer l’une des lois les plus stricts contre les villes sanctuaires »refuges » qui condamne les forces de l’ordre à des contraventions, voire des peines de prison en cas de désobéissance.

 
 


4. Scandales sexuels chez les Protestants évangéliques

 

  • Longue enquête de The New Republic sur l’Association of Baptists for World Evangelism, une organisation chrétienne évangélique comme il en existe des milliers aux Etats-Unis, qui a couvert pendant plusieurs décennies les agressions sexuelles d’un de leur missionnaires, en poste au Bangladesh, et réduit au silence ses victimes.
  •  

  • Comme chez les Catholiques, l’obéissance à l’autorité religieuse, le tabou autour du sexe, exposent ces fidèles à des risques d’abus sexuels au sein de leur communauté.
     

    Ces cinq dernières années, il est devenu évident – même pour les Chrétiens conservateurs – que les églises « fondamentalistes » font face à une recrudescence d’abus sexuels et de déni institutionnel qui pourraient impliquer davantage de victimes que les scandales de pédophilie qui ont touché l’église catholique (…)
    L’échelle du scandale pourrait être immense. Les Protestants évangéliques sont bien plus nombreux que les Catholiques avec plus de 280 000 églises, écoles religieuses et organisations affiliées.
    En 2007, les trois principales compagnies d’assurance qui couvrent les institutions protestantes affirmaient recevoir chaque année 260 cas d’abus sexuels d’enfants commis par leurs responsables et membres. En comparaison, l’Eglise catholique rapportait 228 « accusations crédibles »..

  • « The Silence of the Lambs »The New Republic

 


5. Une agoraphobe globe trotter

 
 

 

  • Jacqui Kenny, originaire de Nouvelle Zélande, vit à Londres, et souffre de crises d’angoisse qui l’empêchent souvent de sortir de chez elle et encore moins de voyager à travers le monde. Partant de ce constat, elle a commencé à explorer le monde sur Google Street View.
     

    Au départ, elle choisissait des endroits au hasard, les rues de villes très lointaines et faisaient des captures d’écrans des plus beaux paysages. Ensuite elle a commencé à rechercher des endroits précis: régions arides avec des horizons dégagées; des latitudes où elle remarquait que le soleil se couchait penché. Très vite, elle a passé des heures sur le projet, qui est devenu une sorte de retraite  (…) Un an après, elle a accumulé près de 26 000 photos

     

  • Ces photos sont disponibles sur un superbe compte Instagram appelé « Agoraphobic Traveller »
  • « An Agoraphobic photographer’s virtual travels, on Google Street View »The New Yorker

 


6. A voir: Les hommes de Fire Island Pines

 

 

  • Tom Bianchi a photographié la communauté gay de Fire Island Pines de 1975 à 1983, un petit hameau de Long Island, à deux heures de New York, qui a accueilli jusqu’à dix mille homosexuels tous les week-ends pendant plusieurs années, avant que l’épidémie de Sida ne décime la communauté homosexuelle.
  • A voir dans le Washington Post

 


7. Le reste de l’actualité

 

  • Le gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie, l’un des plus mal-aimé du pays, aime utiliser les lieux publics pour faire pression contre ses adversaires politiques – il est impliqué dans le « BridgetGate » de 2013 qui a envoyé deux de ses conseillers en prison.
    Après un désaccord sur le budget qui a entraîné l’arrêt de toutes les activités gouvernementales, les plages publiques du New Jersey sont fermées pour la fête nationale – il fait 30 degrés … mais pas pour son gouverneur, qui profitait hier d’un littoral désert avec famille et amis. 
    D’où ce titre inspiré du Daily Mail

 

  • Steve Bannon, l’un des plus proches conseillers de Trump, auto-proclamé « nationaliste économique », voudrait augmenter les impôts des plus riches – dépasser la barre des 40% d’imposition pour ceux qui gagnent $418 000 ou plus – un anathème pour le parti républicain – mais qui vise à baisser les impôts des classes moyennes et défavorisées. Pour une fois! – Axios

 

  • Planned Parenthood a fermé quatre de ses cliniques dans l’Iowa après la décision du gouverneur de supprimer les subventions envers l’association, soutenue par près de 77% de la population: Les menaces des Républicains d’éliminer Planned Parenthood sont mises à exécution. Washington Post

SB4: la loi qui divise le Texas

 

Le Texas, historiquement républicain mais réputé pour sa tolérance envers les populations immigrées et celles en situation irrégulière, est devenu le premier Etat américain à adopter une ligne aussi dure en matière d’immigration, inspirée par la nouvelle administration, qui divise violemment la population et les politiques.

 

  • Lundi après midi, le Capitole de Dallas a été envahi par des centaines de milliers de manifestants venus s’opposer à la loi « SB4 » votée quelques semaines plus tôt par le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, contre les villes sanctuaires de l’Etat

 

  • La loi « Senate Bill No.4 » (SB4) sanctionne les polices locales des villes et des campus universitaires dits « sanctuaires » qui demandent à leurs officiers de ne pas:
    • Demander le statut légal d’une personne arrêtée ou en détention
    • Signaler à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), les agents d’immigration fédéraux, le statut illégal d’un immigré qui arrêté ou en détention
    • Aider les agents d’immigration fédéraux (ICE) en leur livrant un individu arrêté en situation irrégulière, ou en arrêtant des individus qui sont sous le coup du « Immigration Detainer Request » – un mandat d’arrêt.
  • Les sanctions contre les shérifs et policiers locaux qui refusent de coopérer avec l’ICE peuvent être financières (1 000 dollars pour une première offense et 25 000 dollars pour des violations supplémentaires), professionnelles (perte de son emploi) et pénales (prison).
  • La loi devrait être appliquée à partir du 1er septembre.
    Une plainte a déjà été déposée par le ministre de la Justice du Texas pour confirmer cette loi. Les associations de défense des libertés ont elles demandé son annulation auprès des tribunaux.
Flyer de Texas AFL-CIO diffusé avant le vote de la loi SB4 en février 2017
  • Les latino-Américains représentent 39% de la population du Texas: c’est la communauté la plus importante après la Californie.
  • Les autorités estiment à 1,5 millions, le nombre d’immigrés en situation irrégulière, dont 80% sont nés au Mexique et 42% d’entre eux sont propriétaires de leurs maisons, c’est-à-dire bien intégrés dans leur communauté.
  • « Le grand boom économique des années 90 et 2000 de l’Etat (« Texas Miracle ») aurait été inconcevable sans l’apport de travailleurs mexicains entrés illégalement sur le territoire. »
  • Le Texas, contrairement à la Californie ou l’Arizona, a toujours été tolérant envers cette communauté: En 2001, avec le Texas Dream Act, le Texas est devenu le premier Etat à offrir des bourses universitaires quel que soit le statut légal des étudiants.
    « La loi était perçue comme un investissement pour l’avenir de l’Etat et avait reçu le soutien des Républicains ».
  • L’afflux d’immigrés mexicains a considérablement baissé, l’économie du Texas a ralenti et les préoccupations sécuritaires dominent aujourd’hui le discours politique.

 

  • Les villes sanctuaires du Texas sont principalement Austin et Dallas et Houston

 

  • Lundi, les centaines de manifestants habillés en rouge ont interrompu pacifiquement la dernière session parlementaire de la saison avec des chants et des bannières contre ces lois « anti-immigration »
  • Un parlementaire républicain a appelé les agents fédéraux d’immigration (ICE) pour qu’ils évacuent les manifestants et « déportent » ceux en situation irrégulière
  • Une provocation qui a failli se terminer en bagarre générale entre parlementaires démocrates et républicains qui se sont bousculés, insultés et menacés.

 

Le kiosque du 26.04.17: Juge vs décret présidentiel – Tom Brady – Le Mur & El Chapo – Breitbart discrédité – HBO

 

 

  • Suspension d’un décret présidentiel: Encore une fois!

    Une manifestation a San Francisco le 25 janvier dernier

     

    Le président Trump ne peut pas obliger les villes sanctuaires comme San Francisco à coopérer avec les officiers d’immigration sous peine de supprimer leurs subventions a affirmé un juge fédéral mardi dans une décision qui interdit l’application du décret de Trump sur l’ensemble du pays.
    S’agissant du premier passage juridique d’un décret présidentiel signé par Trump, cinq jours après son investiture, le juge de San Francisco avait affirmé que le président dépassait ses pouvoirs constitutionnels en essayant de punir des gouvernements locaux qui refusaient de se plier à ses politiques d’immigration.

     
    Le juge a qualifié le décret d’inconstitutionnel:
     

    « La constitution confère au Congrès le contrôle des dépenses, et pas au président, donc le décret [présidentiel] ne peut constitutionnellement imposer de nouvelles conditions aux subventions fédérales. »

     
    Une décision importante qui a soulagé la plupart des grandes villes du pays dites « sanctuaires », qui se sont engagées à défendre les droits des immigrés en situation irrégulière contre les agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) et qui craignaient de voir les subventions offertes le gouvernement fédéral.
     
    La Maison Blanche a critiqué la décision:
     

    Aujourd’hui, l’Etat de Droit a reçu un nouveau soufflet de la part d’un juge, qui n’a pas été élu et qui récrit la politique d »immigration de notre pays

     
    Trump a réitéré le même tweet que lors de la suspension de la « travel ban »:
     

    Rendez vous à la Cour Suprême

     
    * « Trump order blocked » – San Francisco Chronicle
    * « Us judge blocks Trump order threatening funds for ‘Sanctuary’ Cities » – The Los Angeles Times

 

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  • Financer le mur avec l’argent d’El Chapo

    Donald Trump doit trouver les fonds nécessaires pour construire son fameux mur le long de la frontière mexicaine et comme ni le président mexicain, ni les Démocrates du Congrès américain sont prêts à le financer, le sénateur républicain Ted Cruz, candidat malheureux des dernières présidentielles a eu une idée intéressante: Financer le mur avec la fortune du seigneur de la drogue mexicain, El Chapo, actuellement enfermé dans une prison américaine:
     

    14 milliards de dollars pourraient largement permettre la construction d’un mur capable de protéger les Américains et empêcher le transit illégal de drogues, d’armes et d’individus de part et d’autres de la frontière.
    Assurer la sécurité des Texans est l’une de mes priorités. (…)
    Le gouvernement américain cherche actuellement à mettre la main sur les profits des activités criminelles, estimés à 14 milliards de dollars, notamment par la drogue, qui appartiennent à El Chapo, l’ancien leader de cartel de la drogue de Sinaloa, récemment extradé aux Etats-Unis qui doit répondre à de multiples accusations, dont celles de meurtre et de blanchiment d’argent

     
    Mr Cruz a même introduit une loi du nom éponyme « EL CHAPO » (« Ensuring Lawful Collection of Hidden Assets to Provide Order » qui signifie « Assurer la collection des biens cachés pour financer le décret ») mardi devant la Cour du Texas.
     
    * « Ted Cruz calls for $14 billion seized from « El Chapo » to fund border wall »Breitbart

 

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  • Breitbart n’a pas d’accréditation officielle

    Coup de massue pour le site d’info alt-right.
    Le comité du Congrès américain a refusé de donner une accréditation permanente à Breitbart News à cause des différents conflits d’intérêts que la compagnie n’a pas su éclaircir: un ancien manager de la rédaction qui travaille jusqu’à début mars pour un think tank conservateur (Governement Accountability Institute) ou le rôle flou de la très puissante famille Mercer, le plus important donateur de la campagne de Donald Trump, actionnaire de Breitbart News. Rappelons également que l’un des plus proches conseillers du président, Steve Bannon, était l’ancien président de la compagnie et si les deux partis affirment ne plus être en contact, des doutes subsistent.

     
    Un organe de presse doit montrer patte blanche pour obtenir une accréditation officielle au Congrès, prouver notamment qu’il n’a aucune attache financière, depuis sa création, à n’importe quel lobby au sein de Congrès.
    Une fois obtenu, il permet d’accéder au tout Washington et surtout de faire partie de l’Association des correspondants de la Maison Blanche qui permet aux journalistes de voyager avec le président.

     
    Breitbart rate ici l’occasion de jouer dans la cour des grands médias conservateurs.
     
    * « Breitbart has been denied Permanent Congressional Press Credentials »Buzzfeed
    * « The reclusive Hedge Fund tycoon behind the Trump Presidency »New Yorker

     

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  • L’effet bulle des médias toujours plus important

    Une carte de Politico qui illustre la concentration des médias dans les comptées démocratiques. En rouge les votes Trump en 2016 contre ceux de Clinton en bleu et les Bulles représentent les 150 comtés qui ont le plus d’emplois dans les médias

     

    « Comment est-ce que les grands médias américains ont pu louper le phénomène Trump? (…)
    Certains conservateurs ont accusé la presse à grande majorité démocrate de prendre parti pour Clinton, mais ce soit-disant parti-pris ne tient pas puisqu’aucun organe de presse n’a ignoré l’histoire des emails de Clinton, tout le monde s’est gargarisé sur la correspondance [piratée] de John Podesta [son directeur de campagne] que Wikileaks a servi sur un plateau d’argent.

     
    Pour Nate Silver, de FiveThirtyEight, c’est l’hyper-homogénéité idéologique des « newsrooms » (à 93% démocrates) qui expliquent la « myopie de la presse »; même constat pour Steve Bannon, ancien président de Breitbart qui affirmait au lendemain de la victoire de Trump: « La bulle médiatique est le symbole ultime de ce qui ne tourne pas rond dans ce pays, c’est une cercle de gens qui se parlent entre eux sans avoir aucune idée de ce qu’il se passe ».
     

    Mais [ces explications] sont le symptôme [d’une situation] et pas sa cause.
    Et quand on en vient aux causes, il existe une autre façon de penser le problème (…)
    On trouve cette réponse sur une carte.
    Où est-ce que les journalistes travaillent et est-ce que [cette distribution] changé ces dernières années? (…)
    Les médias nationaux travaillent dans une bulle qui n’existait pas il y a une dizaine d’années.
    Cette bulle ne cesse de grossir. Concentrée le long des côtes, elle est géographique et politique. Si tu es journaliste, il a beaucoup de chances pour que tu vives dans une circonscription pro-Clinton – et très certainement l’une des plus « pro-Clinton ».
    Et tu as même de la compagnie puisque si tu es un lecteur de Politico, il y a beaucoup de chances pour que tu sois un citoyen de Bubbleville, aussi.

     
    Au début des années 2000, il existait encore une sorte d’équilibre entre les magazines, radio et télés concentrées depuis plusieurs générations entre New York et Los Angeles, et de nombreux quotidiens et leurs journalistes éparpillés un peu partout sur le territoire, dans des grandes, moyennes et petites villes.
    Ca n’est plus le cas aujourd’hui.

    Les employés travaillant pour les quotidiens et hebdomadaires sont passés de 455 000 dans les années 90 à 173 000 en 2017, à cause notamment des baisses de revenus publicitaires et montée d’internet, qui ont touché en premier les zones les plus rurales.
     
    * « The Media Bubble is worse than you think » – Politico

 

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  • A la recherche du maillot de Tom Brady

    A la suite d’un des plus grands retours gagnants de l’histoire du Super Bowl, les Patriots de New England ont remporté en février dernier leur cinquième Championnat de football américain, le quarterback et star de l’équipe, Tom Brady s’est fait volé le maillot de la victoire, estimé à un demi million de dollars, dans les vestiaires du Gillette Stadium de Houston.
     
    Ce que le public ne savait pas, c’est que la même déconvenue était arrivée au joueur deux auparavant lors de la victoire du Super bowl contre les Seahawks de Seattle: ni vu ni connu, un individu s’était introduit dans les vestiaires ultra sécurisés du stade et avait pris le « jersey » dans le propre sac du joueur.

    Cette année, l’incident est devenue une affaire d’Etat: Une enquête impliquant des détectives du Houston Police Department, du FBI de Boston (la ville des Patriots), la participation de la chaîne de télé Fox qui retransmettait le match (qui a fourni les vidéos des vestiaires) et plus tard les autorités mexicaines ont permis de retrouver deux maillots victorieux de Brady chez le dirigeant d’un fameux tabloid de Mexico City, La Prensa.
     
    L’homme a été très rapidement isolé sur les vidéos des caméras de surveillance, et identifié grâce aux différentes accréditations données le soir du Super Bowl: Il s’agit de Martin Mauricio Ortega.
     
    Au même moment, l’un des agents du FBI de Boston a reçu la photo d’un fan des Patriots sur laquelle figurait l’autre maillot volé de Tom Brady qu’il avait reçu d’un vendeur sur Ebay – alors que personne n’avait rapporté le vol du maillot.
     
    Début mars, le FBI a donc récupéré les deux maillots du champion.
    Mr Ortega, qui habite au Mexique, a peu de chances de terminer en prison
     


     
    * « The Great Superbowl Jersey Caper »Sports Illlustrated

 

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  • Un nouveau documentaire de HBO sur les ravages des opiacés de synthèse

    La chaîne câblée, qui a déjà réalisé un documentaire sur la question en 2015, « Heroin, Cape Cod, USA »  diffuse lundi prochain un nouveau témoignage, « Warning: This drug may kill you », sur la « pire crise sanitaire de l’histoire de ce pays », l’épidémie d’opiacés de synthèse, que nous évoquons régulièrement dans le Kiosque, et qui a fait plus de 50 000 morts en 2016.
     
    Introduites au milieu des années 90 à grands renforts de campagne marketing, ces « anti-douleurs » ont rendu dépendants des centaines de milliers de patients, contrairement aux conseils des médecins et laboratoires pharmaceutiques de l’époque.
    Parce que le médicament est prescrit, toutes les couches de la populations sont affectées par cette épidémie – l’épidémie de crack touchait uniquement les minorités urbaines défavorisées.
     
    Le président Trump a promis de s’attaquer à ce problème (qui a touché de nombreux Etats ou Trump est arrivé en tête) et à ses bénéficiaires, les compagnies pharmaceutiques.
     
    Sauf qu’il a nommé pour cette mission deux individus « que le lobby des opiacés aurait justement voulu pour le job » et qui ont travaillé à affaiblir les mesures de régulations contre les distributeurs de médicaments auprès de la Drug Enforcement Administration.

    Le taux de mortalité par overdose est plus important que les suicides, accidents de voiture ou armes à feu
     

     
    * « Trump is not off to a good start with opiod addiction » – The Hill

 

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  • Les quotidiens du mercredi 26 avril

13.04.17: A la une des quotidiens

  On vous a sélectionné les gros titres, les histoires et perles des quotidiens nationaux et régionaux.

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  • Des manuels de Police anti-immigration

    Certaines villes de Californie, auto-proclamées « villes sanctuaires » qui protègent les droits des immigrés sans papiers, s’inquiètent des consignes de certains manuels de police utilisés par leurs agents pour aider à arrêter ceux suspectés d’être entrés illégalement sur le territoire. Parmi les signes révélateurs, un mauvais anglais, « qui n’est pas un facteur déterminant mais qui peut être révélateur ».
    Les défenseurs des droits civiques accusent ces manuels de pousser les forces de l’ordre à appliquer les lois sur l’immigration qui vont contre les politiques des polices locales qui cherchent au contraire à renforcer la confiance des communautés immigrées effrayées par les menaces du président Trump.


     
    * « Police Manuals under scrutiny on immigration » – The Los Angeles Times

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  • Une force de déportation bientôt sur pied

    L’administration Trump en est train de définir et mettre en place les moyens nécessaires à la mise-en-place d’une force en charge des expulsions sur l’ensemble du territoire que le président Donald Trump a promis durant la campagne pour lutter contre les dangers de l’immigration.
    Selon le Washington Post, le Department of Homeland Security aurait déjà réquisitionné 33 000 lits pour accueillir les immigrés sans papiers, serait en discussion avec les forces de police locales dont l’autorité dans le domaine pourrait être renforcée et également appelée a délimiter les zones où la construction du mur est nécessaire. 
    L’agence cherche également des moyens d’accélérer le recrutement de milliers de nouveaux agents des douanes et des frontières (« Border Patrol »).
     
    * « Officials move to build up national deportation force » – Houston Chronicle & Chicago Tribune

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  • Colères dans les TownHalls

    Durant les deux semaines de « pause » du Congrès américain, Représentants et sénateurs sont amenés à rentrer dans leur circonscription et doivent affronter depuis l’élection de Donald Trump souvent la colère de nombreux électeurs à l’instar de Greg Walden, représentant de l’Oregon qui a du face à un « TownHall meeting », nom donné à ces réunions entre les élus et citoyens, de cinq cent personnes dans la petite ville de The Dalles, 13 000 habitants, cette semaine.
    Les sujets de discorde et d’inquiétude? L’immigration, l’assurance santé et le changement climatique.
    « Deux heures plus tard, près du double s’était rassemblé dans la ville de Hood River, 7 000 habitants. »

    La mobilisation des électeurs, qu’ils soient Républicains ou Démocrates ne faiblit pas, et est de plus en redoutées par les élus, surtout lorsque des vidéos de ces meetings font surface sur les médias sociaux.
     
    « Angry Crowds Blasts Walden »The Oregonian