Le kiosque du dimanche 29 janvier 2017

  • Un juge fédéral de Brooklyn a bloqué hier la détention et déportation de deux immigrés irakiens touchés par le décret présidentiel interdisant l’entrée sur le territoire américain de personnes issues de sept pays musulmans grâce à l’action rapide des avocats de l’organisation ACLU, The American Civil Liberties Union. Cette association mène la résistance contre Donald Trump et a remporté une première victoire décisive hier au nom les droits des immigrés, des réfugiés, et la défense des valeurs de la Constitution Américaine.

  • On en parle beaucoup cette semaine dans le Kiosque parce qu’il est le bras droit du président, c’est un nationaliste d’extrême droite que Bloomberg Businessweek a qualifié à l’automne 2015 d’homme politique « le plus dangereux des Etats-Unis: Steve Bannon.
    Il a écrit le discours inaugural de Donald Trump qui répète à maintes reprises « America First » conformément au concept « nationalisme économique » qu’il défend, et la plupart des décrets présidentiels; il aurait initié une approche agressive avec la Chine, le Mexique et les médias, qu’il déteste par dessus tout et considère désormais comme le parti d’opposition. / Axios
    On vous conseille l’un de ses rares discours prononcés en 2014 proposé par Buzzfeed News.
  • Ce dernier déclarait jeudi au New York Times que la presse américaine était le nouveau parti d’opposition: les mêmes propos ont été répétés par le président à une chaîne de télé vendredi, preuve de l’immense influence de Bannon sur Trump, la Maison Blanche et le reste du pays.
  • Les Républicains, tous opposés au Mur de Donald Trump pendant la campagne électorale se sont tous ralliés à la cause et seraient prêts à dépenser quinze milliards de dollars à le construire. Paul Ryan, porte-parole de Chambre des Représentant et son homologue du Sénat, McConnell affirment vouloir appliquer la loi dite du « Secure Fence Act » voté en 2006 qui prévoyait 700 miles de « barrière physique » entre le Mexique et les Etats-Unis, et jamais construite.
    Comme le signale Bloomberg Businessweek, « on ne sait toujours pas à quoi ressemblera le mur, comment il sera financé, combien cela coûtera, et combien de temps prendra sa construction »… Mais le monde entier est au courant qu’il y aura bientôt un mur.
  • Pour obliger le Mexique à rembourser la construction du mur estimée à 15 milliards de dollars selon le porte-parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, Donald Trump a lancé l’idée d’une taxe sur tous les produits importés du Mexique – qui reviendrait à faire payer les consommateurs américains – avant que le porte parole de la Maison Blanche, Sean spicer ne rétracte les propos du président.
    Le total des produits frais et boissons importés du Mexique en 2016 est estimé à 21 milliards de dollars selon Bloomberg avec une majorité de fruits et légumes, bières et vins.
    Les internautes américains partageaient leur appréhension (#muchosad) hier sur les réseaux sociaux à l’idée d’une augmentation des avocats (et du guacamole), des bières et de la téquila, indispensables pour une soirée réussie aux Etats-Unis.
    En comparaison, le Mexique n’importe que 17,7 milliards de dollars de produits et boissons venants des Etats-Unis
  • Pas très content le Wall Street Journal de ce début de crise diplomatique entre le Mexique et les Etats-Unis, étant donné les enjeux commerciaux et économiques entre les deux pays. L’éditorial du quotidien économique parle de la « petite guerre mexicaine de Donald Trump » et compare son attitude envers le Mexique avec celle « d’Obama envers Israël ».
  • La conférence de presse entre Theresa May et Donald Trump a permis aux journalistes anglais de poser les questions qui fachent au président américain, contrairement à leurs confrères Outre Atlantique qui sont depuis lundi soigneusement évités par Trump et le porte parole de la Maison Blanche Sean Spicer. Résultat?
    La première question généralement accordée à l’Associated Press, a été offerte dans la briefing room de la Maison Blanche à Lifezette, un site « culturel et politique » créé en 2015 par l’animatrice radio et intervenante sur Fox News, Laura Ingraham, et qui a diffusé des fakes news durant la campagne présidentielle sur Hillary Clinton, aujourd’hui disparues du site.
    Lundi, c’était le New York Post, le tabloid new yorkais
  • Toutes sortes de marche sont prévues dans les semaines et mois qui viennent à New York et dans le reste du pays. Une a lieu cet après midi à Battery Park dans le sud de Manhattan contre la politique anti-immigration de Donald Trump. Un « tax March » est prévue le 15 avril; une Marche des Immigrants est organisée à Washington samedi 6 mai. On vous tiendra bien entendu au courant.
  • Malia Obama a participé à des manifestations contre le projet du Dakoka Access Pipeline  pendant le festival de Sundance lundi dans l’Utah.
  • L’article le plus lu sur internet cette année, parmi une sélection de 46 millions publiés en 2016 selon le site Chartbeat, c’est celui du site FiveThirtyEight concernant les chances de victoire des deux candidats, et updaté plusieurs fois par jour pendant deux mois et qui se sont révélées incorrectes. 

Le Kiosque du samedi 17 décembre 2016

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Un boycott qui tombe à l’eau

Star Tribune – Edition du vendredi 16 décembre 2016

L’équipe de football (américain) de l’université du Minnesota a menacé de boycotter cette semaine le dernier match de l’année, le « Holiday Bowl », pour protester contre la suspension de dix de ses joueurs accusés d’agressions sexuelles – une sorte de tradition désormais dans ce sport, et à tous les niveaux, du lycée en passant par l’université jusqu’à la NFL.

Les joueurs-étudiants exigeaient la réintégration immédiate de leurs collègues, des excuses du président de l’Université et de celui du département d’Athletics et qu’ils « soient tenus responsables de leurs actions ».
L’affaire fait écho à des dizaines d’autres cas d’agressions sexuelles commis par des joueurs de football et autres athlètes dans les campus américains cette année.
Aucun des dix joueurs n’a été inculpé mais « la loi fédérale oblige les universités à enquêter sur des allégations d’agression sexuelle » et l’établissement est resté sur sa position, en expliquant à ses athlètes qu’elle ne changera « ni ses valeurs, ni son code de conduite » pour « le bien d’un match de football ».

Devant ce refus catégorique, le reste de l’équipe a décidé de mettre fin ce matin au boycott et a repris l’entrainement pour participer le 27 décembre au HolidayBowl à San Diego.
Dans une déclaration commune, elle a condamné toute forme de violence à l’égard des femmes, souhaité un bon rétablissement à la victime et expliqué que leur intention était avant tout de défendre leurs copains et de s’assurer qu’ils soient traités justement ».

Une femme affirme avoir été agressée sexuellement au début du mois de septembre par plusieurs « Golden Gophers » de l’équipe de football.
« Elle a dit que les contacts sexuels qu’elle a eu avec deux joueurs étaient consensuels mais pas avec quatre » affirme le rapport de police. Selon le Star Tribune, « plusieurs joueurs ont dit aux autorités que c’était consensuel, et selon un enquêteur qui a regardé la vidéo qu'[un des joueurs] a pris de l’incident, elle n’a pas l’air d’être de refuser le rapport sexuel et rien n’indique qu’elle veut arrêter, et tout ce la apparaît bien consensuel ».

L’entraineur de l’équipe, qui avait pris fait et cause pour ses joueurs, déclarait dans un tweet jeudi soir « respecter leurs droits et supporter leurs efforts pour rendre le monde meilleur [sic]. »

 

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Arrêtée pour vol à 86 ans

The Life and Crimes of Doris Payne

Doris Payne, 86 ans a été arrêtée par la police de Dunwoody, une riche banlieue d’Atlanta, après avoir essayé de voler un diamant d’une valeur de deux mille dollars.
Rien d’exceptionnel si ce n’est l’âge avancé de l’accusée.
Mais lorsque les autorités se sont renseignées sur d’éventuels antécédents, elles n’ont pas été déçues puisque Mme Payne est une « légende internationale » dans le milieu du crime et a même fait l’objet d’un documentaire, « The Life and Crimes of Doris Payne » réalisé en 2013.

Sa spécialité? Les vols de bijoux.
Et partout dans le monde: Los Angeles, Miami, New York, Paris, Monaco, Tokyo. « Il n’y a pas un jour où [elle n’a] pas réussi [à] voler ce [qu’elle veux] » a-t-elle affirmé pour un butin total estimé à 2 millions de dollars sur une carrière de plus de soixante-dix ans.

Elle a régulièrement été arrêtée, a passé plusieurs années en prison, sortie prématurement pour bonne conduite, avant de retourner vers son hobby. Même si elle est toujours fichée par la Jewelers Security Alliance, une association américaine qui travaille l’industrie de la joaillerie en les aidant à coincer les criminels, elle n’a jamais eu de mal à continuer à voler.
Elle sera présentée devant le juge lundi.

 

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Les enfants de la crise des opiacés

The Star Ledger – Edition du jeudi 15 décembre 2016

Le Star Ledger, premier quotidien du New Jersey consacrait sa couverture cette semaine à la crise des opiacés qui en train de ravager le pays et d’entraîner une recrudescence d’overdoses. Dans cet Etat, on a recensé 1,587 overdoses en 2015 (21% de plus qu’en 2014) dont 918 causées par l’héroïne – le chiffre le plus élevé jamais enregistré – et 417 liées à l’usage de fentanyl, une drogue encore plus puissante.
C’est sans compter le recours à Narcan, ce produit importé d’Irlande, qui agit comme une antidote instannée à l’overdose, qui a été utilisé plus 18 000 fois par les secours ces deux dernières années.

Le Wall Street Journal a publié une longue enquête sur ces milliers enfants en bas âge qui ont perdu leurs parents et se retrouvent placés soit dans la famille proche soit dans des familles d’accueil.
Dans le Vermont, le nombre d’enfants placés sous le système de protection de l’enfance a augmenté de 40% entre 2013 et 2016; le nombre d’enfants qui grandissent dans des foyers a augmenté de 24% entre 2012 et 2016 en Virgine Occidentale.
Une grande partie de ces enfants souffriront toute leur vie des traumatismes causés par la mort de leur parents, l’addiction et les abus dont ils ont été témoins et parfois victimes.

 

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Les abonnements de Vanity Fair qui s’envolent

Le magazine a publié une très mauvaise critique du Trump Grill, le steak house à l’intérieur de la Trump Tower et poussé l’insulte jusqu’à le qualifier d’un « des pires restaurants des Etats-Unis » provoquant l’ire de son propriétaire, le président-élu.
Comme d’habitude, ce dernier est allé sur Twitter pour insulter le rédacteur en chef du magazine Graydon Carter et critiques les « mauvais chiffres » du magazine, qui aurait « des gros problèmes » et serait proche de la « mort ».

Non seulement, Donald Trump a fait de la pub à Vanity Fair, mais il a rapporté beaucoup d’argent à Condé Nast, la compagnie propriétaire du magazine qui annoncé 13 000 nouveaux abonnés en vingt-quatre heures, « le plus important nombre d’abonnements jamais vendu en une journée ».
Selon Poynter, la critique gastronomique a été lue par plus d’un million d’internautes. 
Le New York Times a également vu ses abonnements augmenter après les élections et les attaques répétés de Trump.

Comment gérer les tweets du futur président?

Quelle attitude adopter devant les tweets toujours plus provocateurs du futur président? De l’importance et passer les quatre prochaines années à décortiquer ses propos infantilisants ou l’ignorance, quitte à ne pas ne dénoncer ses actes?

 

Ce matin, Donald Trump a fermement condamné ceux qui brûlaient les drapeaux américains et affirmé qu’ils devraient « peut-être perdre la citoyenneté ou faire une année de prison. »

Les propos ont été retweetés plus de 50 000 fois, ont reçu près de 160 000 likes mais ont provoqué une fois de plus les moqueries et les critiques de nombreux internautes, qui ont envahi le mur de @realdonaldtrump de toutes les utilisations possibles du drapeau américain (poncho, maillot de bain) et ont invoqué le premier Amendement de la Constitution américaine qui autorise cette pratique.

nytimes.com
nytimes.com

Selon le site Mediaite, il aurait (sur)réagit aux protestations d’une poignée d’étudiants du Massachusetts qui ont mis le feu à la bannière étoilée quelques jours après les élections.
Donald Trump a dû agir seul – il était presque 7 heures du matin – et encore une fois, il a eu tort sur des propos très controversés: L’emprisonnement de citoyens américains pour ce genre d’action enfreint la liberté d’expression, et fait référence à des plus totalitaires que démocratiques.

Rappelons au passage que l’un de ses juges préférés de la Cour Suprême du pays, Anthony Scalia, décédé en février dernier, avait voté en 1989 pour la protection de ceux qui décident de brûler leur drapeau.

Une question se pose aujourd’hui pour beaucoup de journalistes: quelle attitude tenir envers les dérapages quasi-quotidiens du futur président de la première démocratie au monde, qui semble ne pas avoir encore compris les conséquences de ses actes ?
Va-t-on réduire l’actualité du pays aux tweets infantilisants d’un homme qui va occuper l’une des positions les plus influentes au monde?

Le New York Times abordait le tweet de Trump sur sa homepage cet après midi, même chose pour le Washington Post, qui publiait un article annonciateur ce matin intitulé « Pourquoi nous ne pouvons et ne devrions pas ignorer les Tweets de Donald Trump ». Le journaliste reprenait les propos controversés de Trump postés dimanche sur les accusations de fraude électorale de millions d’électeurs (illégaux) qui expliqueraient sa défaite dans le vote populaire.

washingtonpost.com
washingtonpost.com

Il existe une théorie selon laquelle Trump tenterait de divertir les médias avec ses tweets controversés pour les empêcher de prêter attention à des sujets plus graves, comme ses conflits d’intérêts en tant que businessman et futur président ou certaines accusations de corruption.

Jack Shafer, un journaliste de Politico appelle ses confrères à « ne pas être le pigeon du Twitter de Trump ».

L’attitude des médias républicains et conservateurs est elle bien plus relax, comme le Wall Street Journal qui aborde l’info de manière plutôt légère dans une de ses pages Opinion intitulée « The Best of The Web ».

Le site Breitbart News a juste rapporte également le tweet sans trop le commenter – contrairement aux 7 000 commentaires des lecteurs, dont la plupart reconnaissent la légitimité du Premier Amendement sur ce genre d’exactions.

Mais ni The National Review, ni le New York Post, ni The Washington Times, ni The Drudge Report ou encore Fox News n’abordaient pas la polémique cet après.

Serait-ce finalement l’attitude à avoir ces quatre prochaines années si chaque jour, le futur président créer des polémiques inutiles – à moins que Jack Dorsey prenne la bonne initiative de supprimer son compte sachant qu’il est désormais bien plus dangereux que tous les trolls alt-right qu’il a su réunir autour de lui ces derniers mois.

Le Kiosque du vendredi 4 novembre 2016

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ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

Les prévisions de FiveThirtyEight le vendredi 4 novembre 2016
Les prévisions de FiveThirtyEight le vendredi 4 novembre 2016

Lena Dunham rapper « for Her »

Lena Dunham suit la campagne de Hillary Clinton depuis des semaines et a décidé d’aller encore plus loin en réalisant une chanson « Sensual Pantsuit Anthem », une parodie sur l’engagement politique des célébrités et chanteurs.

De nombreuses femmes auraient envisagé de porter le tailleur pantalon pour aller honorer leur bulletin de vote en faveur de Clinton, mardi prochain rapporte le Wall Street Journal, à l’initiative de Libby Chamberlain, qui a déjà recruté des dizaines de milliers d’électrices pour qu’elles s’habillent de la même façon le jour J.
Une page Facebook privée intitulée « National Pantsuit Day » créée il y a deux semaines aurait été rejoint par plus de 400 000 membres rapporte le Wall Street Journal.

Les médias pour Clinton

The Economist qui a officiellement apporté son soutien à Hillary Clinton dans son numéro sorti cette semaine, a noté que la grande majorité des médias américains avait rejeté Donald Trump – ce que ce dernier qualifie au passage de complot médiatique.
Seulement un quotidien soutient le candidat républicain, c’est le Las Vegas Review-Journal sur les 72 recensés, 53 sont en faveur de Clinton, 13 ne se sont pas prononcés (dont le Wall Street Journal) et 2 enfin ont appelé à ne pas voter pour Trump.

The Economist
The Economist

 

FBI + Trump = « Trumplandia »

Dernière théorie en date:Le FBI serait-il à la botte de Trump?
« La théorie selon laquelle le FBI veut la peau de Clinton devient plus plausible » déclarait jeudi le magazine Slate.

Plusieurs médias allaient dans ce sens hier après midi en évoquant non seulement la démarche très critiquée de leur directeur James Comey d’annoncer la semaine dernière la découverte de nouveaux emails qui « pourraient » être en rapport avec l’enquête sur la messagerie d’Hillary Clinton close en juillet dernier – et qui a profité à Trump – mais aussi la publication via Twitter cette semaine de documents ayant rapport avec une enquête liée à Bill Clinton, conclue il y a des années.

Plus inquiétant encore, Vanity Fair et Esquire rapportaient que l’enquête sur la Fondation Clinton menée par le FBI cet été s’était appuyée sur l’ouvrage alt-right de Peter Schwizer, Clinton Cash, qui travaille pour le site Breibart news, dont l’ancien rédacteur en chef, Steve Banon est devenu cet été le directeur de campagne de Donald Trump – une histoire d’ailleurs rapportée en premier lieu par Fox News et du Wall Street Journal, deux bastions pro-Trump.

Le Guardian aurait été informé lui aussi par des sources travaillant pour le FBI que l’agence était devenue un véritable « Trumpland ».

L’agent du FBI a raconté que Clinton était considérée comme « l’antéchrist par une large partie du personnel » et qu’ils organisaient la fuite d’informations parce qu’ils étaient pro-Trump. L’agent a appelé le bureau « Trumplandia » où des collègues discutent ouvertement de voter pour le candidat républicain qui a pourtant été condamné par les membres de la sécurité nationale du parti et qui a promis d’emprisonner Clinton s’il était élu.

Selon le Washington Post, ces agents basés à New York auraient réussi à faire céder leur directeur Comey pour révéler des nouvelles insinuations sur la candidate démocrate, au mépris d’une tradition apolitique, et qui l’a effectivement plongé au coeur des élections présidentielles américaines.
Comey n’a ni réagit sur les critiques qui ont entouré ses révélations et les condamnations de Barack Obama, ni même encore adressé ces dernières révélations et fuites de la part de son administration, profondément divisée par ces élections et par son attitude.

 

Les Républicains, ces extrémistes

Beaucoup de commentateurs ont comparé l’hystérie collective à l’encontre d’Hillary Clinton ces dernières semaines à celle qu’avait connu son mari, lorsque le procureur Kenneth Star avait réussi a faire voter une procédure d’impeachment après l’affaire Monica Lewinsky, pour laquelle il avait été disculpé, mais qui a contribué à « criminaliser » la politique en faisant dépenser des millions de dollars aux contribuables américains.

Le Washington Post s’alarmait de la dérive dans laquelle est en train de s’engouffrer le pays, dont un peu moins de la moitié des électeurs est prêt à refuser le résultat des élections s’il s’agit de Clinton, qui utilisent toutes formes mensonges et de menaces pour empêcher les électeurs démocrates d’aller voter, et qui en sont fiers. De nombreux Républicains sont déjà prêts à pousser l’impeachment si Clinton gagne, et Trump de promettre « une crise constitutionnelle prolongée et sans précédent » alors que d’autres ont déjà promis de bloquer la nomination d’un neuvième juge de la Cour Suprême de Justice américaine.
Toutes les règles et conduites politiques et morales au coeur du fonctionnement de la démocratie sont aujourd’hui remises en cause grâce au travail de sape qu’a entrepris l’un des businessmen les plus corrompus du pays, Donald Trump, et qui a réveillé les « pires pulsions » de certains Républicains

Il faut comprendre que des institutions solides sont ce qui sépare les démocraties solides des démocraties « fragiles ». Dans une démocratie solide, un parti ne peut pas arriver au pouvoir et enfermer ses opposants. Il ne peut pas transformer les administrations de la justice en des instruments partisans prêts à détruire les autres partis. Il ne peut pas affirmer que les cours fonctionnent comme elles leur plaisent. Nous avons l’un des systèmes les plus solides au monde non pas seulement parce qu’il n’y a pas de tanks dans les rues le jour des élections, mais parce que nous avons des institutions qui sont assez fortes pour limiter la vénalité des hommes et des femmes.
Et maintenant, les Républicains ne prétendent même plus que ces institutions devraient être impartiales et apolitiques. Ils affirment que s’ils peuvent les utiliser pour détruire leurs opposants, ils le feront. Quelque chose est en train de briser.

Melania contre le Cyberbullying

Dans la série c’est « l’hôpital qui se fout de la charité » ou « je ne comprends pas ce que lis » ou même « je vous prends tous pour des cons », Melania Trump a donné son deuxième discours officiel hier, après le désastreux plagiat de la Convention Républicaine, suivi fièrement par son mari depuis son jet privé.
A Berwyn en Pennsylvanie, un swing state must-win pour Trump, elle condamné une culture des médias sociaux qui est devenue « trop méchante et trop dure » et a appelé à « traiter [les autres] avec respect et gentillesse, même si nous sommes en désaccord ».
Il y a peu de doutes qu’elle ait réussi à écrire ce texte elle-même, le problème étant que le cyber-bully américain en puissance, celui qui se vante de vouloir écraser quiconque essaye de l’atteindre, n’est autre que son mari, le candidat républicain à la présidence, qui utilise Twitter pour rabaisser, humilier et menacer tout ce que l’Amérique compte de lieux, de choses et d’individus, d’ailleurs recensés par le New York Times.

Au cas où, on lui rappelle:

New York Times - "The 281 People, Places and Things Donald Trump Has Insulted on Twitter"
New York Times – « The 281 People, Places and Things Donald Trump Has Insulted on Twitter »

 

Le Kiosque du mercredi 2 novembre 2016

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E
L
ECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

 

A une semaine des élections, Donald Trump a une chance sur trois de les gagner - FiveThirtyEight
A une semaine des élections, Donald Trump a une chance sur trois de les gagner – FiveThirtyEight

Une course toujours plus serrée

A six jours des élections et à l’allure à laquelle Donald Trump remonte dans les sondages, Nate Silver, le génie des pronostics confirme qu’il a bien des chances de remporter la Maison Blanche alors que la campagne d’Hillary a du mal à se remettre des évènements de ce weekend – la bourse s’en est d’ailleurs ressentie avec une baisse conséquente du dollar depuis vendredi dernier.

Selon le Washington Post, la confiance des Américains envers Donald Trump (45% d’opinions favorables) a légèrement augmenté depuis le début du mois de septembre au contraire de sa rivale, qui a nettement reculé (seulement 38%).

Les votes anticipés révèlent que la mobilisation des jeunes et afro-américains, censés pencher vers les démocrates, est moins importante qu’en 2012.
Seuls les latinos se sont déplacés en masse jusqu’ici, et notamment en Floride, ou Hillary Clinton était en meeting hier. « Restez concentrés » a-t-elle demandé à la foule de supporters venus l’encourager dans un état qu’elle doit absolument gagner et où Donald Trump arrive en tête dans les sondages aujourd’hui.
Jusqu’aux élections, la Floride restera l’un des centres d’intérêts de la campagne des Démocrates: Bill Clinton y a tenu trois meeting hier, Barack Obama doit s’y rendre jeudi et le colistier de la candidate, Tim Kaine y passera la journée de vendredi.

Stratégies d’intimidation de l’extrême extrême droite

Hier, le candidat républicain a reçu le soutien de l’organe officiel du Ku Klux Klan, « La voix politique de l’Amérique branche et chrétienne », qui affichait en une le slogan de la campagne de Trump « Make America Great Again ». Des proches du milliardaire ont dénoncé hier soir la promotion de « toutes formes de haines » et ont refusé le soutien du Crusader.

La une du Crusader - mardi 1er novembre 2016
La une du Crusader – mardi 1er novembre 2016

Encouragés par la remontée dans les sondages de Donald Trump, KKK, néo-nazis et milices envisageraient selon Politico, d’aller contrôler le déroulement des élections dans les bureaux de vote, « d’y placer des caméras cachés » mais aussi « d’aller apporter de l’alcool et de la marijuana aux cités-ghettos » pour dissuader certaines électeurs d’aller voter.
Ces derniers sont toujours convaincus que les élections seront truquées en faveur de la candidate démocrate, et les risques de violence sont réels selon certains activistes, notamment de l’association Southern Poverty Law Center.
Chaque groupe d’extrême droite a mis en place une stratégie pour être présent, se faire remarquer et pourquoi pas intimider les électeurs le 8 novembre prochain. Le président Obama n’a pas réagit dessus mais les Démocrates ont appelé à davantage de sécurité autour des bureaux de vote, et auront également des militants présents qui veilleront à empêcher tout dérapage.

Les économistes contre Trump

Une lettre signée par 370 économistes, y compris 8 Nobels d’économie, et publiée dans le Wall Street Journal, dénonce le programme économique de Donald Trump:

Donald Trump est un choix dangereux et destructeur pour le pays. Il induit en erreur les Américains, dégrade la confiance dans les institutions publiques avec des théories du complot, et promeut avec véhémence la désillusion plutôt qu’un engagement avec la réalité. S’il est élu, il pose un danger au fonctionnement de la démocratie, aux institutions économiques, et à la prospérité du pays.

Ils n’ont pour autant pas appeler à voter pour Hillary Clinton.

Les conflits d’intérêts si Trump est président

Dans toutes les absurdités que les dernières révélations du FBI ont permis de passer sous silence concernant le candidat: Que deviendront les affaires de Trump s’il devient président?
Comme l’explique le Wall Street Journal, jamais un conflit d’intérêts entre politique et business n’avait entouré l’élection d’un président, et même s’il venait à perdre mardi prochain.

« Aucun président n’a un portfolio d’intérêts internationaux liés aux affaires aussi important que Mr Trump – un tel niveau d’engagement au nom de ses enfants qui ont activement participé à cette campagne. »

Lorsqu’ils ont été élus présidents, George W Bush Jr et senior, Clinton et Reagan ont tous mis leurs actifs dans des blind trusts, un transfert de propriété soumis à des conditions d’usage et/ou de durée et sans que le propriétaire dans leur gestion. Encore une fois, Donald Trump rompt avec la tradition et a annoncé qu’il léguerait ses affaires à ses trois enfants, Donald Jr, Ivanka et Eric, et non a blind trust, ce qui provoquerait un conflit d’intérêt flagrant avec les activités politiques de leur père.

le Kiosque du jeudi 27 octobre 2016

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ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

Les prévisions de FiveThirtyEight jeudi 28 octobre 2016
Les prévisions de FiveThirtyEight jeudi 28 octobre 2016

 

Trump snobe les dernières levées de fond des Républicains

John Pororetz du New York Post parle « de l’ultime humiliation de Trump envers le GOP »: On a appris hier la décision du candidat républicain de ne plus accepter les dernières levées de fond nécessaires aux dernières semaines de course à la présidence en décidant de snober ces réunions:

Ca résume parfaitement les 16 mois durant lesquels Trump a joyeusement terrorisé les représentants républicains, les forcé à s’adapter à ses caprices avant un dernier bras d’honneur (…) Et avec douze jours à venir ce n’est pas probablement le dernier coup qui brisera les rotules du président du comité républicains et élus qui lui ont lui le double traitement « oui on te soutient mais on ne t’aime pas vraiment

 

Une autre bimbo harcelé par Trump

Le tabloid anglais Daily Mail révèle ce matin que « Donald, alors marié, a fait des approches répétées à une candidate de The Apprentice, ancienne modèle de Playboy, Brande Roderick et constamment évoqué combien il avait envie de la baiser. »
Quand on regarde les remarques faites au cours de l’émission à propos de la playmate, on a peu de mal à imaginer les commentaires déplacés du milliardaire rapportés anonymement par des techniciens qui travaillaient alors pour le programme de NBC.

Une scission post-électorale

Le Wall Street Journal envisage une éventuelle scission du parti républicain après les élections:

La campagne de Trump, comme les vagues de changements qui l’ont précédées [ces quatre dernières décennies: George Wallace Southerners, Ronald Reagan Democrats, Pat Buchanan pitchfork populists and tea-party foot soldiers] a attiré de nouveaux électeurs vers le Parti Républicain mais en a aussi éloigné un bon nombre. Il a provoqué une importante scission qui sera difficile à refermer et qui pourrait même diviser les partis en deux camps, l’un formé par les récents relents populistes et l’autre plus traditionnel des modérés et conservateurs.
Si Trump gagne, il dirigera vraisemblablement le GOP vers un chemin bien plus populiste comme celui choisi pour sa campagne, qui pourrait bien s’aliéner l’establishment, les intellectuels conservateurs et les hommes d’affaires. Il n’a cessé dernièrement de rabaisser ceux en désaccord avec lui sur les échanges, l’immigration et la politique étrangère. Ils devront décider si le parti reflète toujours leur idéaux ou non.

Le Patient Zéro disculpé

New York Post - Edition du 4 octobre 1987: "L'homme qui nous a apporté le Sida"
New York Post – Edition du 4 octobre 1987: « L’homme qui nous a apporté le Sida »

Gaétan Dugas, steward d’Air Canada, a reçu le surnom de « Patient Zéro » après sa mort en 1984, et selon une étude scientifique qui a révélé à l’époque qu’il aurait contracté le virus du sida en Afrique ou Haïti et qu’il aurait été à l’origine de sa propagation sur le continent nord-américain dans les années 80 à cause des dizaines, voire de partenaires qu’il aurait contaminé.
De nouvelles recherches génétiques, « soutenues par un enquête historique fascinante » l’ont « déclaré innocent mercredi »: L’épidémie a mis le pied sur le sol américain à partir du début années 70 en provenance du Zaïre jusqu’à Haïti avant d’arriver à New York en 1971 pour atteindre San Francisco en 1976 – Bien avant le patient zéro.
Les recherches ont également montré que le « Patient zéro » signifiait en fait le « Patient O » pour « Outside Southern California », où les recherches sur la maladie ont débuté.
Le virus du sida a fait plus de 500 000 morts aux Etats-Unis principalement dans la communauté homosexuelle.

Rolling Stone dans la tourmente.

Après Gawker, c’est au tour du magazine Rolling Stone d’être assis sur le banc des accusés après la publication en 2014 du récit d’un viol en réunion dans une fraternité de l’Université de Virginie.
Malgré la faiblesse des sources, l’unique témoignage anonyme de la victime, qui a toujours refusé de nommer ses agresseurs et empêcher la journalistes de contacter ses témoins, Rolling Stone a quand même publié l’histoire, A Rape on Campus au mois de novembre.
Les incohérences du récit ont été dénoncées dans les jours qui ont suivi par l’Université, la fraternité, les amis de la victime, et même d’autres journalistes et qui ont poussé le magazine a publié une lettre d’excuses début décembre 2014 et retiré l’article de son site.
Ca n’a pas empêché une membre du personnel de l’université, incriminée dans le reportage pour ne pas avoir prêté attention au drame de la victime, de porter plainte en diffamation – et dont le procès a commencé cette semaine, ainsi la plainte de la fraternité qui demande 25 millions de dollars de dommages et intérêts au magazine – qui aura lieu l’année prochaine.
L’article original est ICI, la contre-enquête, What Went Wrong, du département de journalisme de Columbia University publié sur Rolling Stone en avril 2015.

 

De Blasio vs New York Post

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Guerre entre de Blazio et le New York Post

Deux ans et demi après son investiture à la mairie de New York, Bill de Blasio s’en est pris hier au tabloïd local, le New York Post, en pleine conférence de presse.
Il l’a qualifié de “serpillère de droite” qui n’écrit que de la “propagande” et même allé jusqu’à ignorer les questions d’un de ses journalistes, Yoav Gonen.

 

The New York Post - Edition du 7 octobre 2016
The New York Post – Edition du 7 octobre 2016


Ce n’est pas la première fois que de Blasio s’attaque au Post, “une présence” qu’il a publiquement jugé “négative” pour la ville.

Le quotidien se régalait ce matin de l’incident d’hier qui ne fait que « prouver la personnalité à fleur de peau » du maire.

De Blasio est l’une des cibles privilégiées du tabloïd qui l’accuse souvent de manque de transparence dans la gestion de son administration et autres problèmes et scandales auxquels elle doit faire face, la dernière en date étant une enquête de la police à la suite d’une éventuelle négligence des services sociaux dans la mort accidentelle d’un jeune garçon.

Depuis son élection en novembre 2013, le journal de Rupert Murdoch n’a pas arrêté ses attaques parfois désobligeantes contre de Blasio et sa famille: accusé d’être un communiste parce qu’il a voyagé en Union soviétique quand il était jeune, qualifié lui et sa famille « de seconde zone » lorsqu’il est comparé au précédent maire, le milliardaire Mickael Bloomberg.

Toutes les occasions on été bonnes pour le critiquer et l’humilier ce qui ne justifie pas son comportement d’hier. Un journaliste du Wall Street Journal – lui aussi propriété de Murdoch – a d’ailleurs fini par interpeller le maire: « Accepter des questions une fois par semaine et insulter les journaux et autres organes de presse – Comment est-ce que vous pensez que cela vous aide? »

« Je n’ai pas besoin d’aide, et ça n’est pas censé m’aider » a répondu de Blasio. « Je dis ce que je pense être vrai. Je pense que beaucoup de gens partagent mon point de vue »

 

Revue de presse du lundi 26 septembre 2016

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Tout ce qu’il faut savoir sur ce premier débat: #Hofdebate16 
Le premier débat présidentiel tant attendu entre Hillary Clinton et Donald Trump aura lieu ce soir à Hofstra University, à Long Island, dans l’état de New York, à une dizaine de kilomètres de New York City.
L’université privée avait déjà accueilli un débat lors des campagnes présidentielles de 2008 et 2012 et a pu débourser cette année près de cinq millions de dollars pour organiser la première des trois rencontres grâce aux donations d’anciens élèves fortunés.
La logistique de l’évènement est énorme, puisque les principales chaînes du pays retransmettront et commenteront sur place le débat (NBC, CBS, ABC, PBS, CNN et Fox News) en plus de 700 places assises pour les journalistes, médias du monde entier et les invités des deux présidentiables.

220px-commission_on_presidential_debates_logo-svgLe débat qui commence à 9hrs va durer une heure et demie, avec un modérateur, le présentateur de NBC, Lester Holt, sans coupures publicitaires, une rareté pour un programme qui pourrait rassembler jusqu’à cent millions de téléspectateurs.

Les 90 minutes seront réparties en six segments de 15 minutes dédiés à un thème précis, et sur lequel chaque candidat devra répondre en deux minutes avant de pouvoir s’affronter directement l’un et l’autre.
16 universités avait déposé leur candidature pour accueillir un des débats devant la Commission des débats présidentiels.

Tous les commentateurs et journalistes s’accordent à qualifier ce premier d’essentiel pour les campagnes des deux candidats, dans une course qui n’a jamais été aussi serrée.
« La rencontre finale entre la célébrité et la politique » explique le New York Times ce matin qui note que Trump doit prouver à une grande partie des Américains – qui ne le pensent pas – qu’il est « présidentiable ».

Le défi pour Clinton sera d’essayer de « cacher son mépris pour son rival » et « l’incrédulité » qu’elle doit ressentir à se retrouver nez-à-nez avec « un directeur de casino devenu star de télé-réalité qui n’a jamais été élu et qui n’a aucune expérience que politique étrangère » et tenter de convaincre les jeunes de voter pour elle. Heureusement pour elle, l’équipe de Trump a affirmé que l’ancienne maîtresse de son mari, Gennifer Flowers, avec qui il a eu une affaire dans les années 90, n’a pas été invitée au débat, comme le candidat républicain l’avait suggéré ce weekend.

Selon le Wall Street Journal, un tiers des Américains comptent sur le débat pour choisir leur candidat, et l’imprévisibilité de Trump reste sa meilleure arme, lui qui « défit les lois de la politique en laquelle on croit ». Seulement le débat est « une situation dans laquelle il sera obligé d’agir comme un politicien traditionnel ».

Même Sports Illustrated y va de son commentaire sur le débat, à savoir si il va ruiner les parts de marché du célèbre Monday Night Football qui accueille ce soir, les Saints de New Orleans contre les Falcons d’Atlanta sur la chaîne cablée ESPN: « L’intérêt pour le débat dépasse tout ce que l’on a pu voir auparavant » explique l’un de ses dirigeants, qui prévoit seulement 10 millions de téléspectateurs, avec des revenus publicitaires très en deçà de la moyenne.
Au contraire, les chaînes qui retransmettent le débat auraient déjà toutes vendu leur espace publicitaire.

La mort d’Arnold Palmer
Tous les quotidiens rendaient ce matin hommage à Arnold Palmer, l’un des plus grands golfeurs de tous les temps, avec sept titres majeurs remportés à la fin des années cinquante et début soixante, et surtout l’homme qui a popularisé le golf aux Etats-Unis.

Google vous aide à voter
De nombreuses entreprises, associations, médias sociaux poussent les Américains et surtout les jeunes à s’inscrire et à voter cette année. Le dernier en date n’est autre que Google, qui propose sur sa page d’accueil d’accéder en un clic aux formalités d’inscription aux élections selon l’état dans lequel on se trouve.dew

 

Les cendres de Truman Capote, l’auteur de In Cold Blood et Breakfast at Tiffany’s qui reposent dans une boite en bois japonaise ont été vendues aux enchères à Los Angeles pour 43 750 dollars,

Comment l’empire d’Elizabeth Holmes s’est effondré

La nouvelle rubrique « Hive » de Vanity Fair, qui couvre depuis juin dernier « la Silicon Valley, Wall Street et Washington D.C » s’intéresse dans le numéro d’octobre au parcours d’Elizabeth Holmes, l’une des plus jeunes milliardaires américaines, dont la compagnie spécialisée dans les prélèvements sanguins, s’est révélée être un gigantesque mensonge

_76894099_theranos-logoLe portrait qu’en fait le journaliste Nick Bolton, qui n’a jamais rencontré l’intéressé est pour le moins effrayant, tant son image parait soignée, son discours réglé, et son ambition démesurée et sans limites.

Elizabeth Holmes a toujours voulu réussir à l’image de son idole, Steve Jobs, à qui elle a d’ailleurs emprunté le même col roulé noir qu’elle porte comme un uniforme. A 19 ans, elle décide de quitter la prestigieuse université de Stanford pour créer sa propre compagnie, Theranos, qui veut révolutionner la technique et l’analyse de prélèvements sanguins.

La technologie Theranos remplace plusieurs fioles de prélèvements sanguins contre une simple goutte de sang
La technologie Theranos remplace plusieurs fioles de prélèvements sanguins contre une simple goutte de sang

L’idée est simple: Remplacer le traditionnel prélèvement sanguin par intra-veineuse, long et douloureux, par une nouvelle technologie capable d’utiliser quelques petites gouttes de sang capable d’effectuer la même quantité d’analyses. L’expérience de la prise de sang est désormais sans douleur, très peu chère et les résultats disponibles en un temps record.

« Cette femme a inventé un moyen de réaliser 30 tests différents avec quelques gouttes de sang », titrait le magazine Wired en 2014.
En plus de révolutionner les tests sanguins, Holmes a soigneusement auréolé son projet d’une ambition louable, celle « de vouloir changer le monde » , un argument qui a dû peser dans la balance des 700 millions de dollars d’investissements qu’elle a réussi à rassembler.

En 2015, treize ans plus tard, la même compagnie est estimée à 9 milliards de dollars, Elizabeth Holmes est devenue la plus jeune self-made milliardaire au monde, une héroïne de la Silicon Valley et un modèle de réussite pour toutes les femmes du monde entier.

Seule ombre au tableau, la technologie sur laquelle repose le succès de sa compagnie n’est pas scientifiquement viable.

 

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C’est un journaliste du Wall Street Journal, John Carreyrou, qui s’est intéressé de plus près à cette technologie miracle, après avoir lu différents reportages sur Holmes, notamment celui du New Yorker, qui mettait l’accent sur la confidentialité d’une compagnie qui fournit à la fois l’équipement qui prend en charge la prise de sang et ses résultats:

« Certains observateurs sont troublés par le secret entourant Theranos. Ses prises de sang sont certes révolutionnaires mais la compagnie a publié très peu de données à des journaux scientifiques chargés d’examiner précisément comment l’appareil marche ou qui valident la qualité des résultats. »

Cet article daté de décembre 2014 est le point de départ d’une enquête de plusieurs mois au cours de laquelle John Carreyroux sera harcelé voire menacé par les avocats de Theranos, et ce jusqu’a la publication de ses recherches en octobre 2015 intitulée « La startup Theranos peine avec sa techonologie de prise de sang ».
Selon le journaliste, Theranos n’utiliserait pas la technologie de pointe soi-disant développée dans des appareils ultra-performants appelés « Edison » mais aurait recours à des laboratoires extérieurs pour effectuer les tests sanguins.

Publication en ligne de l'article du Wall Street Journal qui va précipiter la débâcle de Theranos
Publication en ligne de l’article du Wall Street Journal qui va précipiter la débâcle de Theranos

Elizabeth Holmes a réussi à tromper investisseurs, entrepreneurs et journalistes de la Silicon Valley parce qu’elle a parfaitement compris son fonctionnement (l’argent et la noblesse d’un projet), ses agents, et l’image de réussite qu’elle aime cultiver. « D’une certaine manière, l’adoration quasi-universelle dont jouit Holmes reflète un comportement extraordinaire » mais aussi « le propre narcissisme de la Silicon Valley » explique Nick Bolton.

Elizabeth Holmes a toujours été convaincue d’avoir La bonne idée, ce malgré les réticences des scientifiques à soutenir un projet qui est techniquement impossible: plusieurs gouttes de sang ne sont pas suffisantes pour obtenir des résultats sanguins satisfaisants. Loin d’abandonner son idée, elle a réussi à convaincre un professeur de Stanford de la soutenir.
Elle a ensuite vendu son projet à des investisseurs, à la condition de garder la technologie secrète et de garder le contrôle total de la compagnie, ce qu’elle a réussi à maintenir.
Enfin, elle s’est entourée d’un staff au garde à vous sans expérience scientifique, technologique ou médicale auquel elle a imposé la confidentialité la plus totale.

Aujourd’hui Elizabeth Holmes a perdu la plupart de ses soutiens de la Silicon Valley, est interdite de conduire un laboratoire médicale pour les deux prochaines années, ses machines « Edison » sont interdites d’utilisation par la Food and Drug Administration, et sa compagnie est sous le coup d’une enquête civile et criminelle de la Securities and Exchange Commission et du procureur de l’état de Californie, et deux procès de class action pour fraude.
Forbes l’a enlevé de sa liste des self-made entrepreneurs les plus riches, et estime aujourd’hui sa fortune à « presque rien. »

Holmes elle y croit toujours et participe à des conférence scientifiques et médicales au cours desquelles elle présente une nouvelle technologie d’analyses de sang qui ne serait « ni nouvelle, ni révolutionnaire ».

Revue de presse: Mercredi 14 Septembre 2016

 

Elections présidentielles
Donald Trump aura bénéficié cette semaine de quatre jours d’exposition quasi-permanente pendant que sa rivale se soigne d’une pneumonie – elle est censée repartir demain en campagne.
Il a donné bonne impression en refusant d’aborder les problèmes de santé de sa rivale, a fait des apparitions contrôlées, digne d’un « présidentiable » selon le Wall Street Journal et a même suggéré 6 semaines de congé de maternité, hier lors d’un meeting dans le très prisé état de Pennsylvanie, où beaucoup de démocrates se seraient prêts à voter Trump.
Un mois de travail à réhabiliter la campagne des républicains grâce à l’arrivée de Steve Bannon, l’ancien rédacteur-en-chef de Breitbart News, et l’aide tacite de Roger Ailes, récemment viré de Fox News pour des accusations de harcèlement.

Un revirement qui n’est pas du goût des démocrates, et du président Obama qui donné hier, et en Pennsylvanie également, un discours très critique contre Trump, ses éloges du président russe, son refus de rendre public ses déclarations de revenus, et sa volonté de « monter les américains les uns contre les autres »

Pas de nouvelles théories sur le double, les maladies ou la mort de Clinton, ce qui est rassurant pour sa campagne qui a bien souffert ces deux dernières semaines.

La bannière étoilée qui fait débat
La polémique ne désemplit pas autour de Colin Kaepernick et d’autres joueurs de NFL qui ont choisi ce weekend d’honorer le drapeau un genou à terre pour protester contre les violences policières aux Etats-Unis. En première page, The Press Register rappelle que ce n’est pas la première fois que la Bannière Etoilée (The Star Spangled Banner), le nom de l’hymne national américain est sujet de discorde, sauf qu’ici elle est partie pour durer.
La polémique s’est même invitée dans la nouvelle saison de South Park,


Il faut croire que la Miss Météo du Grand Journal a réussi sa rentrée avec l’interview catastrophique de Jonah hill qui fait la homepage du site internet du Daily News ce matin

 

Capture d'écran du site dailynews.com mercredi 14 Septembre 2016
Capture d’écran du site dailynews.com mercredi 14 Septembre 2016


Dans la rubrique fais divers
, trois histoires intéressantes parues dans New York Magazine, sur ce professeur de théâtre très apprécié de ses étudiants jusqu’à ce que l’un d’entre eux prévienne la police de ses agissements déplacés – A Popular Teacher, Then Sexual-Assault Charges
The Daily Beast revient lui une cold case: la disparition d’une adolescente en 1996 à Los Angeles, Kristin Smart dont le corps n’a jamais été retrouvé, malgré les soupçons des enquêteurs sur un étudiant, qui avait été vu pour la dernière fois avec la victime. L’homme n’a jamais été inculpé. – Is Kristin Smart Buried in this Backyard? Neighbors and a Wonder Dog Say Yes
Esquire s’intéresse lui à l’histoire Tiffany Whitton, l’une des 70 000 femmes qui disparaissent chaque année aux Etats-Unis » qui a disparu sur le parking d’un Walmart après avoir tenté échappé à une fouille à la sortie du magasin.
Trois ans après la mère n’a plus reçu de nouvelles et l’enquête de la police piétine. – Missing: the Curious Anomaly of Tiffany Whitton’s Disappearance