15.09.17

 

1. Une semaine en Trumplandia

 

    • Une semaine calme et plutôt productive à la Maison Blanche avec un président « libéré » qui « agit comme un boss après des mois passés dans la claustrophobie de la West Wing », frustré par les leaders républicains avec qui il a été incapable d’assurer une des grandes législations de son programme : abrogation et remplacement d’Obamacare, la réforme fiscale… Et qui explique la main tendue vers les Démocrates.
      Comme l’explique Jonathan Swan de Axios, « Trump n’est loyal qu’envers lui-même » et « cherche à tout prix à trouver des accords » et c’est la première fois depuis le début de la présidence qu’il reçoit une couverture « médiatique positive ».

 

  • Une nouvelle dynamique influencée par le chef de cabinet, John Kelly, arrivée cet été qui a limité l’accès des personnes et des informations dans le bureau ovale, et parmi eux, les plus zélés de la droite dure ou les amateurs du cercle du milliardaire

 

  • Concernant les réactions effarées des conservateurs et supporters de Trump mercredi soir après l’annonce d’un accord avec les Démocrates en faveur des « dreamers », le président a tenté de limiter la casse hier en parlant d’une solution qui offrirait aux 800 000 jeunes migrants un chemin vers l’amnistie et non pas vers la citoyenneté et a réaffirmé sa volonté de construire le mur.
    Il n’empêche, Breitart a tenu à faire passer le message sur sa page d’accueil:

 

  • Aux dernières nouvelles, et contrairement aux démentis lancés sur son compte Twitter hier, Trump, a conclu jeudi un semblant d’accord avec ses nouveaux BFFs (« Best Friends Forever »), Chuck [Schumer] et Nancy [Pelosi] qui protege les jeunes migrants arrivés illégalement et la mise en place d’un renforcement des dispositifs de sécurité à la frontière – qui exclut le financement du mur.
    La majorité républicaine qui a été mis de côté lors des négociations mais s’est dit prête à suivre le président tout en rappelant qu’il était nécessaire qu’il travaillent de paire.

 


Les robots journalistes du Washington Post

 

  • Il y a un an, le Washington Post a commencé à utiliser Heliograf, une technique d’intelligence artificielle capable de produire des articles courts et uniquement factuels. Depuis le robot-journaliste en a écrit près de 850, dont 300 sur les jeux olympiques de Rio, 500 sur les élections des gouverneurs des Etats et le reste sur des rencontres sportives locales. 
    Le langage est rudimentaire, le récit s’en tient aux faits mais l’information est
    Heliograf rapporte de l’audience (les articles sur les campagnes électorales ont rapporté cinq cent mille clics), permet aux journalistes de se concentrer sur des reportages de fonds et des analyses, devrait fournir des informations de plus en plus précises aux journalistes et déceler les tendances, et enfin offrir aux lecteurs un contenu plus personnalisé à travers davantage d’informations plus locales.

    « The Washington Post’s Robot reporter has published 850 articles in the past year » – Digiday

 


Must Read: La rédemption de Michelle Jones

 

  • En 1996, Michelle Jones, a été condamnée à 50 ans de prison pour le meurtre, avoué, de son fils de quatre ans qu’elle a eu à la suite d’un viol. Elle en est sortie cette année pour bonne conduite et d’excellentes performances scolaires:

    « A travers un exemple de réhabilitation exemplaire, Mme Jones, aujourd’hui âgée de 45 ans, est devenue derrière les barreaux une spécialiste de l’histoire américaine dont les travaux ont été publiés, présentés en vidéoconférence devant une assemblée d’historiens et l’Assemblé générale de l’Indiana (….) NYU est l’une des meilleures universités à l’avoir accepté dans son programme doctorale. Elle faisait également partie des 18 sélectionnés pour le programme d’histoire de Harvard sur les trois cent dossiers retenus. Mais dans une décision inhabituelle prise contre l’avis du Département, la direction de Harvard a annulé son acceptation craignant qu’elle ait édulcoré son crime dans son dossier d’application (…) et inquiet que son passé ne fasse jaser parmi ceux qui ont été rejeté du programme, les médias conservateurs ou les parents d’élèves »

    « From Prison to Ph.D.: The Redemption and Rejection of Michelle Jones » – The New York Times

 


Reality Show politique

 

  • On le répétera encore et toujours, nous vivons une époque où tout est politisé: ce qu’on mange, ce qu’on lit, où on habite, avec qui ont sort. Vice l’a bien compris et prépare une émission de télé-réalité politique dans laquelle des individus entre 18 et 45 ans de toutes les origines et bords politiques confondus vivent ensemble pendant plusieurs semaines … à Washington

    Si vous êtes passionnés par la politique et que vous êtes prêt à tout – y compris à apparaître dans une émission de télé-réalité – pour vous faire entendre. Que vous rêviez de devenir politicien ou pensiez que les politiciens sont des pourris, que vous pensiez que c’est mieux d’être jugé par douze que par six, ou que Obama aurait du interdire les armes à feu; ou si vous voulez simplement changez le monde et que vous êtes assez fort pour confronter vos idées contre vos adversaires politiques devant des caméras, vous nous intéressez.

  • C’est encore un projet et s’il est accepté. le tournage devrait commencer à Washington au printemps prochain et devinez quoi? J’ai déposé ma candidature.

 


Podcast: « Child Marriage in America »

  • Nouvelle série d’enquêtes de la chaîne PBS intitulée « The Frontline Dispatch » disponible uniquement en podcast, avec comme premier thème, « les mariages d’enfants aux Etats-Unis » où plus de deux cent mille mineurs se sont mariés légalement entre 2000 et 2015

 


The David Carr Generation

 

  • David Carr était l’un des plus brillants journalistes de sa génération, passé par le Twin Cities Reader (Minnesota) puis Washington City Paper (D.C.) avant de terminer sa carrière à New York, où il collabore au New York magazine, The Atlantic et finit sa carrière avec une colonne média hebdomadaire au New York Times. Il est l’un des principaux protagonistes du documentaire « Page One: inside The New York Times » qui évoque ses années de dépendance à l’alcool et crack, qu’il relate dans une autobiographie best seller, « The Night of The Gun ».
  • David a été un mentor pour une nouvelle génération de reporters aussi doués parmi lesquels figurent Ta-Nehisi Coates, Neil Drumming, Jack Tapper, Jelani Cobb ou Brian Stelter qui lui rendent hommage dans cet article de The Atlantic

 


La couverture du Jour

  • Magnifique couverture!

Le Washington Post et le New York Times: les meilleurs ennemis

 

Jamais depuis le scandale du Watergate, les médias américains n’avaient autant influencé la vie politique du pays explique Joe Pompeo dans Politico: Au centre de cette effervescence éditoriale, une rivalité entre deux mastodontes de la presse, le New York Times et le Washington Post dirigés par deux rédacteurs-en-chef au sommet, Dean Baquet et Marty Baron, dont les carrières ont influencé le journalisme aux Etats-Unis.

 

Les Leaders de l’ère Trump

L’ensemble des médias américains profitent depuis des mois de l’effet Trump, le « Trump Bump », que ce soient les journaux, magazines, chaînes télé, à travers l’enchaînement « breaking news », analyses et reportages autour et à l’intérieur de la Maison Blanche et Washington.

Mais pour ce qui est des informations relatives aux agences de renseignement et de la sécurité intérieure, Le Times et le Post, avec leurs équipes de correspondants expérimentés, ont l’avantage des grandes institutions.

Ce sont les journalistes de ces deux grands quotidiens qui, grâce des relations de confiance tissées avec le monde du renseignement, notamment le FBI et la CIA, depuis des années, qui ont réussi à obtenir la plupart des fuites sur les soupçons de collusions entre les Russes et les aides de campagne de Trump – Michael Flynn, le conseiller à la sécurité nationale forcé de démissionner, Jeff Sessions, Jared Kushner, …

S’ils ont souffert ces dernières années d’une baisse des ventes et des revenus publicitaires face à la multiplication et à la spécialisation de nouveaux médias en ligne, ils réaffirment aujourd’hui leur leadership sur l’information, grâce notamment à la compétition féroce qu’ils entretiennent l’un envers l’autre.

Le scandale de la messagerie privée de Hillary Clinton? C’est le New York Times qui l’a sorti en mars 2015. La vidéo d’Access Hollywood? C’est David Fahrenthold du Post qui l’a révélé un mois avant les élections (il vient de remporter le Pulitzer pour son enquête sur les oeuvres de charité de Donald Trump). La cadence des scoops s’est accélérée depuis l’investiture du président jusqu’à cette semaine du mois de mai où chaque jour a eu son lot de révélations soit de la part du Post (Trump révèle des informations confidentielles aux Russes dans le bureau ovale), soit de la part du Times (Trump a demandé à Comey de laisser tranquille Michael Flynn). 

 

Des carrières croisées qui ont marqué le journalisme américain

Les deux rédacteurs-en-chef sont des amis de longue date qui se sont rencontrés au New York Times à la fin des années 90 et ont appliqué trois fois pour le même poste – Rédacteur en chef au Miami Herald et à deux reprises pour le New York Times).

Après avoir débuté comme stagiaire dans le Times Pycayyne, le journal de sa ville natale, la Nouvelle Orléans, Dean Baquet est parti pour le Chicago Tribune (1984-1990) où son équipe a remporté le Pulitzer du reportage d’investigation (sur la corruption au conseil municipal de Chicago) en 1988; il a rejoint le New York Times pendant dix ans (1990-2000) puis a traversé le pays pour devenir directeur de la rédaction du Los Angeles Times (2000-2007); période au cours de au cours de laquelle le quotidien californien a remporté 13 Pulitzers.
Il est revenu au Times en 2007, a monté patiemment les échelons, a réussi à se débarrasser de Jill Abramson, et est devenu le premier rédacteur en chef afro-américain.

 

 

Marty Baron, moins convivial et plus circonspect, a commencé au Miami Herald (1976-79) puis est parti au Los Angeles Times pendant 17 ans (1979-1996) avant de rejoindre le New York Times (1996-2000) et de retourner au Miami Herald comme rédacteur en chef (2000-2001). Il y remporte son premier Pulitzer pour la couverture de la bataille juridique autour du petit Elian Gonzalez, déchiré entre un père resté à Cuba et sa famille exilée en Floride.

Il part occuper les mêmes fonctions au Boston Globe (2001-12), considéré comme l’un des tournants majeurs du quotidien de New England, « Baron était un juif originaire de Floride dans une rédaction dominée par des Catholiques irlandais ». C’est pourtant lui qui va apporter au journal son « couronnement journalistique », repris brillamment dans l’excellent long métrage, lui-même oscarisé, « Spotlight »: La croisade d’une équipe de journalistes décidée à révéler les décennies d’abus sexuels au sein de l’Eglise catholique, grâce le silence complice de la hiérarchie, qui lui vaudra le Pulitzer en 2003.

 

Première couverture de l’enquête du Boston Globe sur les abus sexuels au sein de l’Eglise en 2003

A deux reprises Marty Baron et Dean Baquet ont été pressentis pour le poste le plus prestigieux, celui de rédacteur en chef du New York Times, attribué à Bill Keller en 2003 puis à Jill Abramson en 2011 mais finalement offert à Dean Baquet en 2014.
Entre temps, Marty Baron s’est déjà distingué comme rédacteur en chef du Washington Post, en remportant le plus prestigieux des Pulitzers, en collaboration avec le Guardian, pour ses articles sur les activités de surveillance de la NSA basés sur les fuites de Edward Snowden, au nez et à la barbe du New York Times, snobé par le lanceur d’alerte. 

 

Comme Joe Pompeo le note:

Au moment où Trump est devenu un candidat sérieux à la présidence, le Post était prêt à se battre. C’est pendant les derniers mois mouvementés de la campagne de 2016 que le Post et le Times ont émergé comme les acteurs dominants d’un moment ou les journaux, malgré leurs problèmes financiers, sont les garants d’une certaine responsabilité.

Désormais, leur compétition définit non seulement leur carrière mais à un certain degré, le sort de l’administration Trump. Chaque matin, tous les deux partent travailler en sachant qu’ils doivent travailler mieux et plus vite pour battre l’autre, sachant l’inévitable retour en flammes des supporters de Trump.

 

Les unes – lundi 13 mars

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

    • March Madness

      « La folie de mars », c’est l’expression utilisée pour qualifier le tableau final du championnat universitaire de basketball américain (NCAA) qui a lieu chaque année au mois de mars – l’un des évènements sportifs les plus populaires des Etats-Unis après le Super Bowl, la finale du championnat de football américain.
      Le tournoi final (« final bracket ») comprend 68 équipes réparties en 32 conférences, plus ou moins prestigieuses, et cinq matchs à remporter (Round 1 et 2, Sweet 16, Elite Eight et Final Four) pour arriver au « final Championship ».

      Tournoi final NCAA Basketball men – 2017

       

      L’année dernière, les Wildcats de l’université catholique de Villanova en Pennsylvanie ont remporté le tournoi et ils sont arrivé en tête de leur conférence cette année aussi.
      Sur les 64 équipes en lice, seule une vingtaine sont censées atteindre le troisième tour « Sweet Sixteen » et les favoris (ceux qui ont remporté les plus de match au cours de l’année universitaire, qui ont de bonnes statistiques en attaque et en défense) sont, à côté des champions sortants (31-3): les Bulldogs (32-1) de l’université catholique de Gonzaga dans l’Etat de Washington, les Jayhawks de l’université du Kansas (28-4), les Tar Heels de l’Université de Caroline du Nord (27-7) et les Wildcats de l’université du Kentucky (29-5). 
      L’intérêt réside dans les matchs souvent spectaculaires mais surtout dans les retournements de situation (upsets) généralement contre les favoris et qui offrent souvent des fins de match à couper le souffle (victoires à la dernière) – le tout étant de prédire qui gagnera le championnat universitaire le 3 avril prochain.

 

***

 

  • Les débuts difficiles de première mosquée hispanophone

    Depuis l’élection de Donald Trump, appartenir à une minorité, quelle soit nationale, religieuse, ethnique ou encore sexuelle peut vous apporter des ennuis; mais quand vous conjuguez plusieurs « stigmates » à la fois, ceux que Trump n’a cessé de dénoncer ces derniers mois, les affaires ne s’arrangent pas.
    C’est la situation de certains fidèles de la première mosquée hispanophone qui a ouvert il y a un mois à Houston au Texas, juste après l’inauguration du nouveau président qui accueille l’une des communautés les plus dynamiques de l’Islam aux Etats-Unis, les Latinos.

    Pour l’imam Isa Parada, citoyen américain originaire du Salvador et responsable de la Mosquée « Centro Islamico », Trump et sa politique d’immigration « ont tout changé; d’une certaine manière il a chamboulé nos vies ».
    Selon le Pew Research Center, les cent mille latinos musulmans que compte le pays représentent une petite minorité des 3,3 musulmans et 57 millions de latinos installés aux Etats-Unis, et sont regroupés dans les communautés à forte population latino, Los Angeles, Texas, Floride et New Jersey.
    Beaucoup de ceux qui fréquentent la mosquée sont dans une situation précaire, soit parce qu’ils sont séparés de leur famille, censés les rejoindre, soit ce sont DREAMers arrivés illégalement sur le territoire américain lorsqu’ils étaient enfants et pour lesquels Obama a offert l’immunité.

    * « Twice as much sorrow, fear at Latino Mosque »The Los Angeles Times

***

  • Chronique de la violence ordinaire 

    La petite ville de Dahlonega en Georgie a été le théâtre d’un regain de haine il y a trois semaines lorsque les cinq mille habitants ont appris qu’une bannière du Ku Klux Klan avait été accrochée sur le toit d’un immeuble abandonné. Sur l’affiche, une personne portant la fameuse capirote blanche avec la main levée indiquant que l’endroit avait servi autrefois à des réunions du Ku Klux Klan.

    Ce qui s’est passé ensuite est un exemple de plus de l’Amérique face à un incident inquiétant en pleine période de recrudescence de crimes haineux et marquée par le retour de nouvelles branches du nationalisme blanc dans le pays.

    Le lendemain, une manifestation a été organisée par l’église pour protester pacifiquement contre cet acte raciste – la propriétaire de la bâtisse était en fait à l’origine du coup – qui a du faire face aux provocations d’autres habitants venus en pickups munis de drapeaux confédérés et « Make America Great Again ».
    Un débat intense a ensuite divisé la population et entre la colère des « pro-Trump » qui ont lu sur internet que la bannière « une fausse histoire » provoquée des proches d’Obama pour créer le chaos dans la ville, essayer de « saper la nouvelle présidence et la nation » et ceux pour qui un tel discours n’a pas sa place à Dahlonega. 
    La mairie a finalement publié un communiqué déclarant que la ville était une communauté fière d’accueillir des habitants de toutes les origines » et le calme est finalement revenu.

    Pour le révérend Webb, « cet épisode n’est pas seulement une histoire de bannière. C’est une bannière qui est apparue après une élection dans laquelle le nouveau président a dit certaines choses qui ont attiré les nationalistes blancs et d’autres haineux, qu’il l’ai voulu ou non, et a ouvert la porte à ce genre de dérapages.
    L’atmosphère qu’il créé en Amérique aujourd’hui a poussé certaines personnes à penser qu’elles avaient retrouvé du pouvoir. Je pensais cela avant et je le pense encore aujourd’hui. »

    « In Georgia, reaction to KKK banner is a sign of the times »Washington Post

Mardi 7 mars: « Viral Deception » x « Silent Coup »; Echapper à la bulle Facebook; Planned Parenthood résiste + Retour sur Andrew Breitbart

 

1. »Viral Deception »

Pour essayer de détourner l’attention des relations entretenues par certains membres de son cabinet avec des officiels russes, le président des Etats-Unis a utilisé la théorie conspirationniste d’un avocat, animateur radio et auteur conservateur Mark Levin, reprise dans Breitbart vendredi dernier, et accusé publiquement l’ancien président de l’avoir illégalement mis sur écoute pendant la campagne présidentielle – encore une fois sans aucune preuve à l’appui.
Sa « tweetstorm » de samedi matin a eu l’effet escompté: Tous les médias des Etats-Unis et du monde entier ont repris les accusations sans fondement de Donald Trump – la plupart pour les critiquer – mais pendant un weekend, l’attention s’est effectivement détournée des problèmes de la nouvelle administration.
Comme le résume le général Michael Hayden, ancien chef de la CIA, hier dans l’émission politique Morning Joe:

« Donald Trump essaye de couper court à un cycle d’informations embarrassant pour son administration – ses liens avec la Russie – en remettant en question sa réputation, la réputation de son prédécesseur et en mettant en danger la nation. »

 

Le chef du FBI, James Comey a officiellement demandé au Département de Justice, sous lequel il officie, de dénoncer les accusations du président contre son prédécesseur – en vain.
Ni Donald Trump, ni le Département  de Justice sont aujourd’hui prêts à revenir sur les propos de ce weekend qui discréditent l’intégrité du Federal Bureau of Investigation.

Dans les semaines à venir, les agences de renseignements devraient tout faire pour défendre leur institution et contredire les propos du président – sans doute à travers la diffusion de nouvelles fuites et scandales.

***

2. Brian Stelter vs Mark Levin

Mark Levin, l’animateur radio conservateur, dont l’opinion a été relayée dans un article de Breitbart provoquant la colère du président vendredi, est un fervent supporter du « Silent Coup » – cette théorie conspirationniste qui a fait l’objet d’un livre éponyme « Silent Coup: The Removal of a President » écrit par Len Colodny et Reobert Gettlin en 1992 qui affirme que le scandale du Watergate en 1972 aurait été organisé par un conseiller de Nixon avec l’aide du « parti de la sécurité nationale » opposé à sa politique étrangère.
Mark Levin a utilisé la théorie du « Silent Coup » pour dénoncer les exactions d’Obama, en 2015, en l’accusant d’avoir imposé la loi martiale dans le pays à travers l’immigration, les sois de santé et le maintien de l’ordre.

Rebelote jeudi dernier quand il a accusé le Département de Justice de Barack Obama d’avoir mené illégalement des écoutes sur les proches de Trump lorsqu’il enquêtait sur l’ingérence russe dans les élections.

Breitbart a ensuite grossit les accusations de Mark Levin en parlant de la « police d’Etat » de l’ancien président et en appelant à la mise en place d’une enquête parlementaire.

Ce dernier a publié une tribune hier dans Breitbart en expliquant qu’il n’avait affirmé que Obama était à l’origine des écoutes du président « mais ça ne veut pas dire qu’il n’était pas au courant des activités de surveillance de ses départements », notamment le Département de Justice et le FBI qui sont présents lors de ses briefings quotidiens.

* « Mark Levin: Open Letter to CNN’s Brian Stelter »Breitbart
* « Mark Levin has warned beofre of Obama’s Silent Coup » Washington Post

***

3. « Comment échapper à la bulle Facebook »

C’est un thème récurrent depuis les élections présidentielles américaines, et la victoire surprise de Donald Trump: La tendance des médias sociaux à nourrir les internautes d’informations et posts qui renforcent leurs croyances, leur style de vie en évitant soigneusement tout ce qui contrarier leur façon de voir le monde – et dont l’une des conséquences à été d’entretenir les fantasmes politiques de 65 millions d’Américains qui s’attendaient à une première femme présidente des Etats-Unis.
Des outils numériques ont été pensés ces derniers mois pour aider les internautes à rester ouvert d’esprit et à sortir de leur « bulle partisane » (« filter bubble »)?
La dernière invention vient de Google, c’est une extension du serveur internet Chrome appelé PolitEcho qui effectue un diagnostic de votre « partisan » de votre profil et celui de vos amis par rapport a ce qu’ils aiment (New York Times tendance libérale et Breitbart sera plutôt conservateur)

Les tendances politiques de mes amis sur Facebook
Ma bulle politique est complètement bleu – ce qui n’est pas un bon exemple

PBS offre un quiz « Do you live in a bubble? » préparé par le libertarien Charles Murray qui vous dira si vous êtes « complètement déconnecté de l’Américain blanc moyen et la culture américaine en général ».
Il existe également FlipFeed sur Twitter, l’application « Read Accross the Aisle » sur Iphone, Buzzfeed a récemment poussé ses lecteurs à regarder ce qu’il se passait ailleurs grâce à « Outside your Bubble« .

Une newsletter « Right Richter » consacrée aux « perspectives de droite » destiné à un public plutôt de gauche et Slate offre une quotidienne, « Today on Conservative Media » 

* « How to escape your political bubble for a clearer view » New York Times

***

4. Khirz Khan assigné à résidence

Khirz Khan, le père du soldat mort en Irak, qui avait critiqué Donald Trump lors de la convention nationale démocrate, n’a pas été autorisé à voyager au Canada cette semaine parce que l’immigration était en train de « revoir » les « privilèges » de son statut.
Mr Khan est citoyen américain depuis trente ans, son fils, Humayun, un capitaine de l’armée américaine, musulman, né aux Etats-Unis, est décédé en 2004 en Irak et récompensé comme le veut la tradition par la Bronze Star et le Purple Heart.

*« Khirz Khan claims travel privileges under review »Politico

***

5. Tous les décrets présidentiels signés par le président

Depuis son investiture, Donald Trump a essayé de tenir ses promesses de campagne en signant 16 décrets présidentiels:
Trois sur l’immigration dont la Travel Ban #1 (suspendue) et la « Travel Ban Lite » (#2) signé hier et une sur « la sécurité aux frontières » (la fameuse construction du mur). Une sur l’assurance maladie (contre Obamacare signée le jour de l’investiture), deux contre l’environnement, et le reste concerne essentiellement la sécurité et des régulations financières.

Sources: Federal Register – White House

***

6. Planned parenthood persiste et signe

Planned Parenthood, le planning familial américain qui offre chaque année à des millions de femmes un accès aux soins de la santé, à la contraception, à la prévention contre le cancer et contre les maladies sexuellement transmissibles, reçoit chaque année 500 millions de dollars du gouvernement fédéral. 
C’est aussi l’une des cibles traditionnelles des Républicains qui l’accusent de promouvoir et de financer l’avortement: Planned Parenthood est effectivement « pro choice » mais affirme qu’aucune des subventions reçues par l’Etat fédéral n’est utilisé pour financer les interruptions volontaires de grossesse – des dons privés financeraient, selon la direction, ces opérations qui représentent seulement 2% de ses activités.
Il n’empêche: la Maison Blanche a proposé à l’organisation de continuer de les financer si elle arrêtait définitivement d’offrir l’avortement parmi ses services.
Ce que Planned Parenthood a refusé expliquant:

« Soyons clair: les subventions fédérales ne financent pas les avortements. Offrir de l’argent à Planned Parenthood pour abandonner nos patientes et nos valeurs est un contrat que nous n’accepterons jamais. Fournir des soins médicaux nécessaires à des millions d’Américaines n’est pas négociable.

C’est un sujet sensible pour la base conservatrice du président, clairement opposée à l’avortement, et généralement défavorables à la subvention d’une organisation comme celle-ci qui s’oppose à la vision plus progressive d’Ivanka Trump, qui a fait de la défense des femmes, son cheval de bataille.

***

7. En souvenir de Andrew Breitbart

Peu d’Américains le savent mais le site alt-right Breitbart a été fondé par Andrew Breitbart, un journaliste, éditeur, présentateur télé et radio, provocateur et conservateur, décédé brutalement d’une crise cardiaque il y a cinq ans, à l’âge de 43 ans. Fervent admirateur du Drudge Report – l’un des premiers sites conservateurs créé en 1995 – il a aidé à la création du Huffington Post quand Ariana Huffington était encore à droite, avant de lancer le site d’infos Breitbart News en 2007.
Larry Solov, l’un de ses business partners se souvient:

Une nuit à Jerusalem, nous allions dîner quand Andrew s’est tourné vers moi et m’a demandé si je voulais quitter le cabinet d’avocats de 800 personnes dans lequel je travaillais pour devenir son business partner. Il a dit qu’il avait besoin de moi pour créer une groupe de presse. Il avait besoin de moi pour changer le monde

Selon le journaliste de Fox News, Greg Gutfeld, « Andrew était le coeur et l’âme du Tea Party (…) C’était un homme qui pouvait rassembler des milliers de personnes et introduire l’Américain moyen à une nouvelle forme d’activisme politique ».
L’un des faits d’armes d’Andrew Breitbart est d’avoir révélé en 2011 le premier des trois scandales de sextos impliquant Anthony Weiner – ce parlementaire démocrate de New York, partenaire de Uma Abedin, conseillère de Hillary Clinton – et d’avoir crashé l’une de ses conférences de presse.

* « Breitbart News Network: Born in the USA, conceived in Israel »Breitbart
* « Greg Gutfeld: Remembering Andrew Breitbart » Fox News

***

8. Couverture du jour

The New Yorker – « Opening Night » de Carter Goodrich 

« J’ai dessiné cela après être rentrée d’une galerie » explique l’artiste, qui a voulu dépeindre une scène « curieuse et familière » pour tous ceux qui vont à Chelsea le jeudi soir: les invités qui sont davantage intéressés par les uns et autres que par l’art. Une comédie qui se répète, encore et toujours ».

Mercredi 15 février 2017: « Le journalisme est mort, vive le journalisme »

  1. Le journalisme est mort, vive le journalisme
    Malgré les attaques répétées de Donald Trump contre les médias, ce sont bien eux qui sont à l’origine de la démission de Michael Flynn, lundi soir, de son poste de conseiller à la sécurité nationale. Le Washington Post a révélé jeudi dernier que Mr Flynn avait bien discuté au mois de décembre avec l’ambassadeur russe aux Etats-Unis de l’allègement des sanctions imposées par Barack Obama pour punir le Kremlin d’avoir tenté d’influencer les élections présidentielles américaines.
    L’ancien Lieutenant Général de l’armée américaine avait reconnu avoir discuté plusieurs fois avec Mr Kislyak, mais avait promis au vice-président n’avoir jamais abordé les sanctions américaines.
    Des affirmations contredites par le Département de Justice, au courant du contenu des communications, qui a prévenu il y a un mois la Maison Blanche des risques de chantage dont Mr Flynn pouvait être l’objet – de la part des Russes. 
    C’est sans doute en réaction au silence de la White House que l’information a été donnée au Washington Post.
  2. Des fuites de partout!
    Comme le rappelle Evan Osnos du New Yorker:

    Le scandale Flynn nous rappelle une vérité importante: le journalisme est bien vivant. Les fonctionnaires qui ont réussi à sortir à cette histoire sont héros cachés.

    Pour Joe Scarborough, journaliste de l’émission Morning Joe, hier matin sur MSNBC, ce sont les fonctionnaires des services de renseignements qui sont à l’origine des fuites et pour cause: le FBI, la CIA et le Département de Justice sont depuis des mois la cible des attaques de la Maison Blanche et de Mr Flynn et aujourd’hui, ces agences rendent la pareille à la nouvelle administration.
    Pour David Ignatius, rédacteur adjoint du WaPo, interrogé sur la même émission, c’est plus une « question de loyauté bafouée envers Mike Pence, l’une des personnes centrales de cette administration ».
    La nouvelle administration doit faire face aux fuites des services de renseignements, du Conseil National de Sécurité, du Département de Justice, des agences fédérales parce que Trump leur a déclaré la guerre dès son entrée en fonction.
    Le président s’en est plaint hier matin

    Et ce matin

    et plus tard dans la matinée

  3. La revanche de Sally Yates
    Ironie de l’histoire selon le WaPo, qui cite encore une fuite: C’est Sally Yates, la ministre de la Justice de Obama virée par Trump après sa motion de défiance contre la travel ban, qui a prévenu la Maison Blanche des mensonges de Mr Flynn à ses supérieurs il y a plus d’un mois.  « On ne sait pas ce que le conseiller de la Maison Blanche, Donald McGahn, a fait de cette information » mais un membre de l’administration affirme que « l’entourage du président était au courant du problème, et qu’ils « travaillaient dessus depuis plusieurs semaines ».
    Les questions qui se posent:
    Pourquoi le président a attendu un mois pour le virer?
    Qui était au courant des mensonges de Michael Flynn? Pourquoi le vice-président n’a pas été prévenu que le 9 février, quatre jours après être allé le défendre sur plusieurs plateaux télés?
    Il existe différentes sources de pouvoir au sein de la Maison Blanche révélatrices d’un problème de fonctionnement et d’un président qui ne contrôle pas efficacement son  cabinet.
  4. Vers un nouveau Watergate?
    Michael Flynn est très proche des russes – il était présent pour les dix ans de chaine anglophone du Kremlin, RT (anciennement Russian Today) et a donné de nombreux discours rémunérés devant des dignitaires moscovites. Il commence à travailler pour Donald Trump au mois de février 2016, en plein piratage du comité national démocrate (janvier 2015 – mai 2016) dont les fuites seront diffusées, via Wikileaks, à la veille de Convention du parti en juillet, et juste avant le hacking de la messagerie de John Podesta, le directeur de campagne de Hillary Clinton, qui a eu lieu en mars 2016, et dont la diffusion fera l’objet d’une campagne très agressive de Wikileaks contre les Démocrates, le mois précédent les élections. Il est toujours l’objet d’une enquête du FBI.
    Le New York Times révèle aujourd’hui que l’équipe de Donald Trump s’est entretenue à plusieurs reprises avec des agents du renseignement russe durant la campagne présidentielle, mais rien n’indique que les deux aient conspiré pour tenter d’influencer le résultat des élections. Sean Spicer a affirmé hier en conférence de presse « qu’aucun membre de la campagne du candidat républicain n’avait eu de contact avec des agents russes avant l’élection ».
    La Chronologie des évènements résumée par le WaPo.
  5. La couverture du jour:

Mercredi 1er février 2017: Cour Suprême, Incompétence et « chaos volontaire »

  • Premier prime time de Donald Trump en direct de la Maison Blanche pour l’un des évènements majeurs de sa présidence, la nomination du neuvième juge de la Cour Suprême, vacant depuis la mort d’Anthony Scalia en février dernier, et au cours duquel il était détendu et plutôt conciliant.
    Son choix s’est porté sur Neil Gorsuch, 49 ans, le plus jeune prétendant à ce poste en 25 ans, diplômé de Columbia, Harvard et Oxford, présenté « l’un des universitaires les plus brillants au monde », l’héritier le plus fidèle du « grand Anthony Scalia » et l’homme « dont le pays a énormément besoin aujourd’hui. »
    Le rapport de force idéologique au sein Cour Suprême des Etats-Unis ne va pas changer par rapport à l’année dernière, avec quatre « conservateurs » contre quatre « démocrates » et un neuvième, Anthony Kennedy, qui penche le plus souvent vers les républicains mais a défendu le droit à l’avortement, l’Affirmative Action et les droits des homosexuels – encore faut-il que les Démocrates l’acceptent, et mardi soir, Nancy Pelosi, affirmait que l’opposition bloquerait la nomination de Gorsuch.
  • Le contenu et l’application de la « Travel Ban » ce weekend seraient révélateur, pour de nombreux médias et politiques, de l’incompétence » de la Maison Blanche.
    Donald Trump a laissé Stephen Miller, un jeune conseiller de trente deux ans, décider de ne pas informer le Conseil National de Sécurité, ni les agences gouvernementales concernées, ni le futur Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, celui de la Défense, Jim Mattis, et celui de la Sécurité Intérieure, John Kelly, sous prétexte qu’ils n’étaient pas dignes de confiance.
    La coopération entre la nouvelle administration et le cercle rapproché du président commence plutôt mal.

    Politico rapporte que messieurs Bannon et Miller ont demandé l’aide de conseillers travaillant à la Commission des Affaires Judiciaires de la Chambre des Représentants pour l’ébauche de la « Travel Ban » et leur auraient fait signer au préalable un contrat de confidentialité leur interdisant de prévenir leur supérieurs, le président de la Commission concernée, Bob Goodlatte, ni Paul Ryan. 
  • Le chaos provoqué cette semaine par la « Travel Ban » est volontaire explique le Washington Post: « Tout ce qu’on connait de Trump, l’homme d’affaires et le présentateur télé suggère qu’il excelle dans le chaos, qu’il croit que le chaos produit les résultats qu’il aime ». Regarder des épisodes de The Apprentice permet de comprendre sa tactique de jeu: Créer le chaos en provoquant tensions et incompréhensions entre participants puis arriver en tant que décideur ultime pour virer les plus faibles pour garder les plus forts.
  • Est-ce que Trump serait plus enclin à se laisser « trumper » par sa personnalité haute-en-couleur quand sa fille Ivanka et son gendre sont absents. Emily Jane Fox note dans Vanity Fair que les nombreux dérapages de Trump ont eu lieu le vendredi soir et samedi, lorsque le couple Kushner observe le Shabbat orthodoxe, et doit s’abstenir de travail et de technologie. C’est durant ces 24 heures qu’ont eu lieu les évènements « off-script » ces deux dernières semaines: l’appel passé aux Parcs Nationaux le lendemain de son investiture pour obtenir les chiffres de la mobilisation puis envoyer le porte parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, mentir aux journalistes sur la taille de la foule, après un discours bizarre devant la C.I.A. ou la semaine dernière, quand il a annoncé la « Travel Ban » et provoqué des manifestations dans tout le pays.
    Les dimanches seraient consacrés à des opérations de sauvetage en terme de communication.
  • Les fils Murdoch, Lachlan et James Murdoch, respectivement président et P.D.-G. de la 21st Century Fox, propriétaire de Fox News, ont diffusé lundi un memo interne décrivant « une compagnie menée par la créativité et l’innovation » qui reconnait « l’unique perspective offerte par les nombreux individus qui sont venus aux USA à la recherche d’opportunité de s’exprimer librement (…) Nous respectons profondément les valeurs de diversité et pensons que l’immigration est une part essentielle de la force des Etats-Unis ». Ils se sont engagés à défendre tous les employés et leur famille qui seraient touchés par la « Travel Ban ».
    Le New York Times et le Wall Street Journal ont fait de même. Mais « la plupart des sociétés de médias, y compris les chaînes ABC News, NBC News, CBS News et CNN n’ont pas publié de déclarations officielles » sur la question.
  • Selon The Hill, les Représentants républicains travaillent sur une législation qui prévoit l’abolition de l’Agence de Protection de l’Environnement. « Les règles et régulations promulguées par les bureaucrates non élus » de cette organisation seraient devenues « un obstacle extraordinaire pour le peuple américain et les petites entreprises » selon l’auteur de la proposition de loi, Matt Gaetz. Donald Trump avait souhaité la disparition de l’EPA, vieille de 46 ans, avant de reconnaître l’utilité de quelques unes de ses fonctions. A suivre…
  • La guerre continue entre Donald Trump et CNN puisque la Maison Blanche a interdit à son personnel d’intervenir sur le plateau de la chaîne d’informations considérée comme une antenne de « fake news par le président, lors de sa première conférence de presse post élections au début du mois de janvier
  • Sean Spicer « ne sait pas » si le président assistera le 29 avril prochain au White House Correspondant Dinner, l’une des plus importantes soirées de gala annuelles de Washington mais surtout l’une des plus médiatiques au cours de laquelle sont conviés journalistes et comédiens qui viennent gentiment « griller » le président. Reliable Sources rapporte que certains proches de Trump, dont l’animatrice radio, Laura Ingraham, l’encouragerait à boycotter l’évènement, pour se différencier de l’élite de la capitale et éviter de se faire harakiri en direct à la télé.
    Participation ou non, l’évènement aura lieu le 29 avril à l’Hotel Hilton.  
  • « Move over Friendsgiving. Galentine’s Day is on the Way »
    « Galentine’s Day », c’est le nom d’un épisode de la série Parc and Recreations, et le jour préféré de l’année pour son personnage principal, Leslie Knope (Amy Poehler) car dédié aux « filles qui célèbrent les filles », et célébré la veille de Valentine’s Day. Dans le climat délétère actuel et le formidable espoir insufflé par la Marche des Femmes, Galentine’s Day devrait avoir plus de succès cette année rapporte AP cette semaine.

Le kiosque du vendredi 27 janvier 2017

  • Donald Trump a donné une interview télévisée « surréaliste » diffusée mercredi soir sur ABCNews dans laquelle il a affirmé que:
    – Même s’il est favorable à la torture, notamment celle du waterboarding, il suivra les recommandations du General Mattis, Secrétaire à la Défense, qui s’y oppose.
    – Sur « ses » accusations de fraude électorale: Les trois à cinq millions de bulletins frauduleux auraient tous été en faveur de sa rivale Hillary Clinton. Il a demandé une enquête extraordinaire pour éviter d’éventuels dysfonctionnements aux prochaines élections, celles dites de « mi-mandat » qui auront lieu en novembre 2018.
    – Sur le 8 novembre 2016: « J’ai remporté une immense victoire, l’une des plus importantes jamais vues. Au niveau des districts, la plus importante ou presque. Quand tu regardes une carte, tout est rouge. Et le rouge c’est les Républicains. »
    Fox News serait la seule chaîne qui comprenne le président et ses discours.
  • The Hill rapportait hier que 42% électeurs de Trump pensent qu’il devrait être autorisé à utiliser un serveur de messagerie privé et 39% contre, selon l’institut de sondages PublicPolicyPollingUn résultat surprenant car Donald Trump a passé la campagne électorale a dénoncé Hillary Clinton et l’utilisation d’un serveur privée lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat, à l’origine du fameux slogan, « Lock her up » (« Enferme la »).
    Kellyanne Conway, Sean Spicer, Steve Bannon et Jared Kushner utiliseraient toujours des comptes e-mails privés appartenant au Comité National Républicain.
  • Steve Bannon, le « Darth Vador » autoproclamé de la Maison Blanche, et stratège en chef du président, a donné une rare interview au New York Times dans laquelle il a conseillé aux journalistes de « fermer leur gueule et d’écouter deux secondes » après leur défaite « embarrassante » et « humiliante » aux élections.

    Je veux que vous répétez ceci: Les médias sont le parti d’opposition. Ils ne comprennent rien à ce pays. Ils ne comprennent toujours pas pourquoi Donald Trump est président des Etats-Unis (…) Aucune des médias traditionnels n’a viré un des journalistes qui ont suivi notre campagne. Regarde leur compte Twitter, c’étaient les supporters officiels de Hillary Clinton.

    Il a exprimé à son mépris, voire sa haine à l’encontre de la presse généraliste (en nommant le New York Times et le Washington Post) qui n’a « aucune intégrité, aucune intelligence, et ne fournit aucun travail ».

  • « Breitbart le roi du mauvais goût », c’est le titre d’un article du Kiosque de New York paru sur Rue89 (disponible aujourd’hui sur L’Obs) en avril 2014 lors de l’ouverture de leurs bureaux en Californie. Il va falloir se donner un peu plus de mal s’ils ont l’ambition de devenir aussi grand public que leur nemesis du New York Times: Hier le site alt-right proposait sur sa page d’accueil une publicité pour leur t-shirt « Border Wall Construction Co. » en référence à la construction du mur entre le Mexique et les Etats-Unis, présenté sur un fil barbelé tenu par deux pinces à linge. 
  • Kellyanne Conway, La conseillère de Donald Trump, et poil-à-gratter de la presse, critique dans une interview au Washington Post le mouvement féministe qui serait l’otage des pro-avortements et d’un sexisme anti-hommes.

    Je me considère post-féministe. Je me considère comme l’une de ces femmes qui est un produit de ses propres choix et pas une victime de ses circonstances.

    Mme Conway a créé une entreprise de sondages en 1995, The Rolling Company/WomanTrend qui fournit aux candidats et compagnies, « des études et analyses sur les problèmes et aspirations des femmes ».
    C’est LA première manager de campagne à gagner une élection présidentielle.

  • Près de 1 500 journalistes américains nationaux et locaux ont adhéré à Slack,  une chaîne créée par le site MudRock, où ils peuvent partager leurs recherches, idées, questions et résultats sur la nouvelle administration et Donald Trump. Le site les aide également à déposer des requêtes liées à la Freedom Of Information Act – une loi qui oblige les agences fédérales à transmettre leurs documents, à quiconque en fait la demande, quelle que soit sa nationalité.
    Un autre exemple prometteur de collaboration entre journalistes après l’appel lancé par le Guardian mardi et l’initiative de l’ensemble des stations de la radio publique NPR de travailler ensemble sur les questions de gouvernement.
  • Une manifestation, la « Tax March », est prévue le 15 avril prochain à New York, veille de la date limite du payement des impôts aux Etats-Unis, pour demander au président Donald Trump, qui a reconnu ne payer que très peu impôts depuis des années (parce qu’il est « intelligent »), de les rendre public. Contrairement à ses propos, 74% des Américains voudraient savoir si lui aussi participe à l’effort financier et citoyen du pays. 
    La démarche à sa page Facebook, Twitter et son site internet
  • The Guardian a sélectionné cinq articles écrits par des journalistes ou commentateurs conservateurs sur le président Trump, qui valent le détour.* « President Trump, Be wary of the Mexican Backlash » by José Cardenas dans The National Review
    * « Trump New Culture War » de Richard Lowry dans The National Review, auquel nous avons consacré un article mardi ICI
    * « Trump inaugural Address » de Daniel Larison dans The American Conservative
    * « Maybe Trump isn’t Lying » de Jennifer rubin dans le Washington Post
    * « Trump should Shun the Iran Hawks » de Scott McConnell dans The National Interest

« alternative facts »: Les mensonges de la Maison Blanche

 Une conférence de press rock’n’roll

La blague de ce weekend, c’était la première conférence de presse très agitée de Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, qui a affirmé samedi que la cérémonie d’investiture de Trump avait réuni plus de monde que celles d’Obama en 2013 et 2009.

C’est le public le plus large qui ait jamais participé à une cérémonie d’inauguration point barre, en personnes et dans le reste du monde.

Il répondait aux nombreuses comparaisons faites par les journalistes vendredi matin qui comparaient les photos aériennes de Washington lors de l’investiture d’Obama, noires de monde et celles moins denses du 20 janvier 2017. Le ton était très agressif envers la presse accusée encore une fois de vouloir remettre en cause la popularité et la légitimité du nouveau président.
La star des éditorialistes conservateurs, Charles Krauthammer, a qualifié la prestation de « surréaliste » et Spicer est devenu en quelques heures la risée d’internet.

Même les médias conservateurs ont reconnu que les propos de Spicer étaient faux.
CNN a décidé de ne pas retransmettre la conférence de presse mais plutôt de la citer dans son contexte, tandis que Fox l’a diffusée en direct et dans son intégralité.
Les journalistes n’ont pas été autorisés à poser des questions. 

 

Bienvenue chez George Orwell

Interrogée hier matin par Chuck Todd dans l’émission dominicale Meet the Press sur NBC, Kellyanne Conway, « conseillère du président des Etats-Unis », a parlé de « faits alternatifs » pour caractériser les propos de Spicer, sans jamais reconnaître qu’ils étaient mensongers.
Une question de sémantique qui pose problème car la Maison Blanche ne représente pas le « intérêts de Donald Trump » mais « parle au nom de tous les Américains ».

Beaucoup de journalistes invoquaient George Orwell ce weekend, et le hashtag #alternativefacts dominait Twitter hier.

« Rien de cela ne devrait choquer » expliquait Margaret Sullivan dans le Washington Post ce matin:

« Les conférences de presse de la Maison Blanche sont du « journalisme d’accès », où les déclarations officielles – obtenues à la source [du pouvoir] – sont prises à leur juste valeur et rapportées comme de l’information. Tout cela est fini. Mort (…)
Les journalistes devront répondre en faisant leur travail avec responsabilité, avec justesse et sans avoir peur et au service du public »

La journaliste de citer Jessica Huseman de ProPublica

Les journalistes n’obtiendront aucune réponse de Spicer. On aura des réponses en creusant. En salissant nos mains. Allons y

Bannon veut renforcer le fossé entre la presse et Trump

Selon Brian Stelter, le journaliste de CNN, cette première conférence est une déclaration de guerre contre la presse.
Selon des sources, Steve Bannon, le « stratège en chef » de Donald Trump et auteur de son discours d’investiture, voudrait creuser le fossé entre le président et les médias grand public pour les affaiblir. « Il veut que son monde n’ait plus confiance en les médias ».

Le kiosque du lundi 23 janvier 2017

Une conférence de press rock’n’roll

La blague de ce weekend, c’était la première conférence de presse très agitée de Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, qui a affirmé samedi que la cérémonie d’investiture de Trump avait réunit plus de monde que celles d’Obama en 2013 et 2009.

C’est le public le plus large qui ait jamais participé à une cérémonie d’inauguration point barre, en personnes et dans le reste du monde.

Il répondait aux nombreuses comparaisons faites par les journalistes vendredi matin qui comparaient les photos aériennes de Washington lors de l’investiture d’Obama, noires de monde et celles moins denses du 20 janvier 2017. Le ton était très agressif envers la presse accusée encore une fois de vouloir remettre en cause la popularité et la légitimité du nouveau président.
La star des éditorialistes conservateurs, Charles Krauthammer, a qualifié la prestation de « surréaliste » et Spicer est devenu en quelques heures la risée d’internet.

Même les médias conservateurs ont reconnu que les propos de Spicer étaient faux.
CNN a décidé de ne pas retransmettre la conférence de presse mais plutôt de la citer dans son contexte, tandis que Fox l’a diffusée en direct et dans son intégralité.
Les journalistes n’ont pas été autorisés à poser des questions. 

 

Bienvenue chez George Orwell

Interrogée hier matin par Chuck Todd dans l’émission dominicale Meet the Press sur NBC, Kellyanne Conway, « conseillère du président des Etats-Unis », a parlé de « faits alternatifs » pour caractériser les propos de Spicer, sans jamais reconnaître qu’ils étaient mensongers.
Une question de sémantique qui pose problème car la Maison Blanche ne représente pas le « intérêts de Donald Trump » mais « parle au nom de tous les Américains ».

Beaucoup de journalistes invoquaient George Orwell ce weekend, et le hashtag #alternativefacts dominait Twitter hier.

« Rien de cela ne devrait choquer » expliquait Margaret Sullivan dans le Washington Post ce matin:

« Les conférences de presse de la Maison Blanche sont du « journalisme d’accès », où les déclarations officielles – obtenues à la source [du pouvoir] – sont prises à leur juste valeur et rapportées comme de l’information. Tout cela est fini. Mort (…)
Les journalistes devront répondre en faisant leur travail avec responsabilité, avec justesse et sans avoir peur et au service du public »

La journaliste de citer Jessica Huseman de ProPublica

Les journalistes n’obtiendront aucune réponse de Spicer. On aura des réponses en creusant. En salissant nos mains. Allons y

Bannon veut renforcer le fossé entre la presse et Trump

Selon Brian Stelter, le journaliste de CNN, cette première conférence est une déclaration de guerre contre la presse.
Selon des sources, Steve Bannon, le « stratège en chef » de Donald Trump et auteur de son discours d’investiture, voudrait creuser le fossé entre le président et les médias grand public pour les affaiblir. « Il veut que son monde n’ait plus confiance en les médias ».

 

Le coup de poing qui fait du bien

Le Kiosque est pacifiste et ne soutient aucune forme de violence, mais ce coup le coup de poing reçu par Richard Spencer vendredi dernier en marge de l’investiture de Donald Trump a eu des effets cathartiques pour de nombreux internautes sur Twitter.
Richard Spencer est « nationaliste blanc » qui avait fait le tour des médias en novembre dernier quand des saluts nazis avaient été filmés à l’une des conférences. Avec le lancement de son nouveau site altright.com, il espère populariser ses idées extrémistes et est venu en faire la promotion à Washington, à ses dépens, puisqu’il a été frappé violemment par un manifestant cagoulé.
Le tout filmé.
La vidéo a été reprise sur Twitter, et mise en scène avec des chansons, et ça donne ça:

Bruce Springsteen

ou Phil Collins

 

Wikileaks « trumpé »?

Kellyanne Conway, la porte parle du président, a annoncé dimanche comme on pouvait s’y attendre que Donald Trump ne diffusera pas ses déclarations de revenus – une promesse qu’il avait faite en cas de victoire.
Une organisation semble étonnée de ce revirement, Wikileaks, qui a dénoncé la « fausse promesse » du président dans un tweet dimanche et appelé ses abonnés a les lui fournir.
Preuve que l’organisation n’étaient pas en leur possession comme de nombreux Démocrates ont pu l’affirmer après les élections, en accusant l’organisation d’avoir favorisé Trump.

Le Kiosque du mercredi 11 janvier 2017

TRUMPLANDIA

Première Conférence de presse de Donald Trump

Donald Trump affirme avoir refusé un marché de deux milliards de dollars pour un projet de développement à Dubaï  « pour éviter des conflits d’intérêts » tout en continuant de dire qu’il est légalement autorisé à gouverner le pays et gérer la « Trump organization », ce qui est vrai, mais préfère transférer la gestion de ses affaires à ses deux garçons, Don Jr. et Eric, avec qui il a promis de ne jamais plus parler de la compagnie, ni de ses opérations financières.
Sherry Dillon, l’avocate de Trump, est intervenue pour expliquer que le président-élu n’était pas obligé de démanteler ou vendre la compagnie qu’il a construite mais qu’il allait démissionner de toutes les positions qu’il exerce au sein de la « Trump organization », tout comme sa fille, et que tous les actifs de la compagnie seraient mis dans un blind trust avant le 20 janvier prochain.
Elle a conclu que le président-élu n’aurait aucun conflit d’intérêts avec la « Trump organization ».

Concernant ses déclarations d’impôts, il a encore invoqué les audits de l’IRS (le fisc américain) comme excuse pour ne pas les diffuser et a accusé les journalistes d’être les seules intéressés par ces informations.

Le président-élu a reconnu le piratage russe du Comité National Démocrate, conformément à la position des services de renseignements du pays, mais a nié catégoriquement les accusations du rapport publié par Buzzfeed hier, selon lesquelles il aurait rencontré des prostituées au Ritz Carlton de Moscou et que le Kremlin avait des preuves.

« Je ne suis une personne très connue et je fais attention quand je me déplace à l’étranger, dans des hôtels et je préviens aussi mes gardes du corps de la présence de caméras. Il y a plein partout, qui sont invisibles à l’oeil nu et sans le savoir tu te retrouves à faire les unes des infos du soir. »

 

Il a accusé Buzzfeed d’être « un tas d’ordures » et « un blog de gauche »   qui essaye de manière « triste » et « pathétique » d’attirer « des clics » et CNN de colporter des fake News.

Enfin il a affirmé à nouveau n’avoir eu aucun rapport, lui et sa campagne, avec les agents ou les autorités russes pendant la campagne présidentielle.

 

***

Buzzfeed irresponsable et McCain responsable

Le rapport, qui contient des preuves que la Russie aurait de quoi faire chanter le président-élu, circulait depuis des semaines à Washington et dans les agences de renseignement, a été publié hier par BuzzFeed et commenté la veille sur CNN, sans même que les informations qu’il contient aient été vérifiées.  

Le sénateur McCain, ancien candidat républicain à la présidence en 2008, et fervent critique de Donald Trump durant la campagne 2016, a avoué avoir reçu le rapport d’un ambassadeur anglais posté en Russie et l’avoir donné au FBI.
On ne sait pas comment les médias ont mis la main dessus, mais Donald Trump a parlé du régime nazi pour caractériser les méthodes des responsables de ces fuites.

Donald Trump a parlé de « chasse aux sorcières » sur Twitter, le Kremlin de « fabrication » tandis que McCain et les journalistes ont reconnu que le rapport est truffé d’erreurs.  Buzzfeed, qui a prévenu ses lecteurs que « les allégations n’étaient pas vérifiées », a décidé de les publier pour que « les Américains se fassent leur propre idée sur les allégations qui circulent autour du président-élu dans les plus hautes sphères du gouvernement ».

Une attitude irresponsable, aussi répréhensible que celles des sites d’intox et « alt-right » qui ont fait circuler des fausses informations sur les élections contre Hillary Clinton, pour la plupart des journalistes ce matin, à l’instar du Washington Post. Margaret Sullivan admet que beaucoup de rédactions ont eu accès à ce rapport et ont préféré ne pas le publier car elles étaient incapables de vérifier les informations qu’il contenait. Poynter note que le New York Times et le Daily Beast y ont fait allusion dans le passé mais ont été assez prudents de ne pas le diffuser.

 

***

Mais ou était Sacha Obama?

Barack Obama a ému une partie de l’Amérique et du monde dans son discours d’adieu donné depuis Chicago dans lequel il a défendu son programme, et la situation du pays après huit ans de présidence, mis en garde les Américains contre les dérives de la démocratie lorsqu’elle est gouvernée par les extrêmes, et sur une touche plus personnelle, a remercié son BFF et vice-président depuis le début de l’aventure, Joe Biden et sa femme, Michelle Obama et enfin ses deux filles, représentées ce soir-là par Malia, la plus âgée, qui ne pouvait retenir ses larmes.

CNN

Tout le monde s’est demandé où était passé Sacha, la plus jeune des filles du couple Obama; elle serait restée à Washington parce qu’elle avait un examen important ce matin. Si c’est pas sérieux…

***

Ivanka Trump disparait pour mieux réapparaitre

Après la nomination de son mari, Jared Kushner, au poste de conseiller à la Maison Blanche, Ivanka Trump, la fille du président-élu a refusé une position officielle à Washington, préférant s’occuper ces prochains mois de son déménagement dans la capitale, de ses trois enfants et de sa compagnie. 

Selon Axios, le nouveau groupe de presse de Mike Allen, elle reviendra sur la scène politique plus tard cette année pour « défendre l’émancipation économique et l’entrepreneuriat des femmes » comme elle a su le faire avec son entreprise éponyme de style et de bien-être.