14.11.17

Bon mardi après midi. Roy Moore est presque out, Donald Jr. a fait copain avec Julian Assange,

 

1. Les Quotidiens

 

– « Negative Partisanship »

Le quotidien de Gadsden, Alabama, mardi 14 novembre 2017

Roy Moore, candidat au siège de sénateur de l’Alabama, laissé vacant par le départ de Jeff Sessions au ministère de la Justice, qui vient de battre le candidat officiel des Républicains aux Primaires grâce à un programme ultra-conservateur, a été accusé par le Washington Post d’avoir couché avec une mineure de 14 ans lorsqu’il en avait 32.
Tout le week-end, l’actuel président de la Cour Suprême d’Alabama, a nié les faits, crié au complot, soutenu par le site alt-right Breitbart qui a essayé de discréditer le quotidien (« fake news » libérales) et ses victimes. –
Axios

 

 

La plupart des électeurs de l’Alabama et les journaux ont défendu bec et ongle Moore à l’exception de l’Anniston Star, qui a publié samedi une tribune soutenant le travail des journalistes contre le « tribalisme » de certains lecteurs. CNN

Le « negative partisanship » [l’esprit de parti] explique la réaction de certains Républicains face au scandale Moore. Les gens sont davantage motivés par la haine l’autre parti que le soutien du leur. « Il hait les mêmes gens que moi! »
C’est la glue qui relie cette coalition si fragile [des partisans de Moore] – Reliable Sources

 

Lundi, Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat de demandé la démission de Moore. Le témoignage d’une cinquième victime, agressée sexuellement par Moore à l’âge de 16 ans, a poussé les plus conservateurs comme Laura Ingraham de Fox News à faire de même.
Roy Moore refuse toujours de démissionner.

 

 

– Liberté de discriminer

 

 

La Cour Suprême des Etats-Unis doit décider aujourd’hui si la Californie peut imposer à des centaines de cliniques anti-avortement, appelées « Crisis Pregnacy Centers » d’informer leur patientes que l’Etat offre des avortements et autres soins de santé à très bas prix, voire gratuits.
Les cliniques affirment que cette loi enfreint leur liberté d’expression: « forcer quiconque à faire la publicité gratuite pour l’industrie de l’avortement est impensable – surtout quand il s’agit du gouvernement ». – San Francisco Chronicle

Sauf qu’il s’agit ici d’un problème de santé et de droit de la femme plutôt que de la liberté d’expression. Notons encore une fois comment est-ce que la sacro-sainte défense du « free speech »  est utilisée à des fins politiques, celle de la lutte contre l’avortement tout comme la liberté de religion est utilisée pour discriminer les homosexuels.

 

 

– Opioid Nation

 

 

Le NYPD a saisi en août dernier, dans l’appartement d’un couple de cinquantenaires mexicains dans le Queens à New York, 64 kilos de fentanyl, un opiacé de synthèse extrêmement dangereux, cinquante fois plus puissant que l’héroïne, la drogue la plus mortelle du pays – la plus importante saisie de fentanyl dans l’histoire des Etats-Unis susceptible de tuer 32 millions de personnes selon la DEA

Le couple travaillait pour un cartel de drogue mexicain, et était venu vendre la drogue estimée à plusieurs millions de dollars. Ils voyagent comme des VRP de luxe, séjournent dans des appartements et quartiers aisés pour ne pas éveiller les soupçons et vendent en gros à des détaillants triés sur le volet. – Washington Post

 

 

2. Trumplandia

 

Reproduit de Pew Research Political Polarization report; Graphique: Axios Visuals

 

– L’extrême polarisation de la vie politique américaine ces vingt dernières années entre les Démocrates et les Républicains est marquée selon Jim VandeHei de Axios par six évènements importants:

1. Newt Gringich au début des années 90 qui a commencé à utiliser langage très belliqueux et antagoniste dans la politique à travers notamment l’idée du bien et du mal entre Démocrates et Républicains.

2.Fox News à partir de 1996, qui joué sur cette politique de plus en plus en agressive et partisane, reprise à gauche par MSNBC, le tout arrosé d’infos en continu sur CNN qui a transformé la gouvernance en un reality show

3. Facebook puis Twitter qui ont « socialisé et démocratisé » les arguments mais aussi la rage des internautes.

4. John McCain, aujourd’hui un anti-Trump, qui choisit Sarah Palin comme VP – défendue à l’époque par Bannon – précurseur d’une rhétorique populiste reprise par le Tea Party.

5. Facebook a « algorithmé » cette rage auprès de ses utilisateurs en leur donnant exclusivement ce qu’il veulent pour engranger des clics, des commentaires, des partages et faire du profit à travers les fils d’information.

6. Trump qui utilise Twitter qui normalise et radicalise la rage, aussi bien que les réactions des politiciens, la joie de ses électeurs et la haine de ses adversaires.

La politique devient plus personnelle, polarisée et pugnace, surtout à droite. Ca va s’empirer avant de retomber car ces tendances gagnent encore du terrain.

 

 

3. Même le café est politique

Sean Hannity, présentateur de Fox News, et ami de Donald Trump, boycotté par des annonceurs dont les cafés Keurig, après avoir défendu Roy Moore, le pervers sexuel de l’Alabama, a appelé au boycott de la marque de café – enfin à la destruction violente de ses machines, si possible filmée et postée sur Twitter – et soutient officiellement la Black Rifle Coffee Company – avec pour slogan intelligent « les Hipsters n’ont pas inventé le café – également soutenue par Donald Trump Jr. Business insider
Aujourd’hui même boire du café est devenu politique.

 

 

 

 

 

 

4. Must Reads

 

La Correspondance secrète entre Donald Trump Jr et Wikileaks

The Atlantic a publié hier une enquête révélant la communication entre Wikileaks et Donald Trump Jr entre septembre 2016 et jusqu’en juillet 2017; une communication que les deux partis ont toujours rejeté, et qui renforce un peu plus les soupçons de collusion entre le candidat républicain et les Russes.

En effet, Wikileaks, certain de la victoire de Clinton, a souvent pris le parti de Donald Trump (« J’aime Wikileaks« ) contre la candidate démocrate durant les élections, en publiant à des moments clés de sa campagne – les emails du comité national démocrate peu avant la convention du parti en juillet 2016 puis ceux du directeur de campagne de Clinton tout au long du mois d’octobre jusqu’au jour du scrutin; des documents piratés par des hackers russes au service du Kremlin selon les agences de renseignement américaines.

C’est Wikileaks qui contacte presque à chaque fois le fils du candidat, pour que son père parle de l’organisation, qu’il lui fournisse ses fameuses déclarations d’impôts, qu’il conteste le résultat des élections en cas de défaite, ou encore que Julian Assange devienne ambassadeur d’Australie.
Les emails publiés par The Atlantic appartiennent à des milliers de documents fournis par l’avocat de Donald Jr aux commissions du Renseignement du Sénat et de l’a Chambre des Représentants dans le cadre de l’enquête sur d’éventuelles collusions entre les Russes et l’équipe de campagne de Trump.

Donald Jr affirme que les emails publiés ont été pris hors de leur contexte. Wikileaks n’a pas voulu commenter. L’organisation soit disant neutre et transparente prise en flagrant de soutien à un candidat raciste et misogyne parce que son fondateur hait Hillary Clinton.

 

– « L’Etat le plus secret des Etats-Unis »

 

 

L’enquête du Kansas City Star menée sur plusieurs mois par onze journalistes de la rédaction a été saluée par l’ensemble de la profession comme la preuve de la nécessité du journalisme local, s’intéresse à l’un « des gouvernements les plus secrets de la nation, où la confidentialité est de rigueur. »

Du bureau du gouverneur aux agences de l’Etat, des services de police aux relations d’affaires en passant par les soins de santé, aux étages de la Chambre et du Sénat, un voile est tombé ces dernières années sur l’administration quel que soit le parti politique.

Que ce soit l’agence de protection de l’enfance qui tente de dissimuler des erreurs professionnelles, l’anonymat entourant les auteurs des lois votées au parlement, où encore la police autorisée à ne rien divulguer dans des affaires de bavure policière, le gouvernement fonctionne sous une chape de plomb qui l’empêche d’être redevable aux près de ses concitoyens.

* « One of the most secretive, dark states: What is Kansas trying to hide? »Kansas City Star 

 

 

 

On vit une époque formidable

  • Les crimes racistes en hausse
    Les statistiques de FBI montrent une recrudescence des violences contre les Afro-Américains, les Juifs, les Musulmans, la communauté LGBT – AP

 

  • The Skimm, la newsletter matinale devenu une marque multi-produits pour six millions de lecteurs, surtout des lectrices, va introduire de l’audio et de la vidéo dans ses missives. Nieman Lab

 

  • Tinder et Grindr refusent d’évoquer le rôle de leur plateforme dans la prolifération récente des maladies sexuellement transmissibles – Vox

 

  • Amazon vient d’acheter les droits de diffusion télévisés mondiaux de « The Lord of The Rings », basé sur le roman de J.R.R.Tolkien pour 250 millions de dollars et réaliser la série télé, en plusieurs saisons, du blockbuster. Deadline

 

 

 

La Couverture du Jour

 

 

C’est la couverture dont tout le monde parle cette semaine, celle du mensuel masculin qui sacre Colin Kaepernick, ancien quarterback des 49ers, viré l’année et incapable de retrouver une équipe, “citoyen de l’année” avec pour intitulé “Colin Kaepernick ne sera pas réduit au silence”.

C’est un choix bien entendu symbolique étant donné la polémique suscité par le mouvement « Take A Knee » qu’il a débuté l’année dernière, repris en début de saison par d’autres joueurs de la NFL, que Trump a utilisé au nom d’une guerre culturelle pour satisfaire sa base.

Ce n’est pas un choix polémique puisque GQ est un magazine libéral qui s’adresse des lecteurs à tendance libérale qui n’a aucune espèce d’influence de l’autre côté de l’échiquier politique. En tout cas, tout le monde en parle. C’était le but.

Le kiosque du week-end: 19-20.08.17

 

 

Cette semaine, on part à la rencontre de Julian Assange dans un long article du New Yorker sur ses années d’isolement dans l’ambassade équatorienne de Londres, sur la semaine catastrophique de Trump; une analyse des « Angry White Boys » dans National Review et l’appel à l’action d’une journalisme américaine face au racisme; et enfin les éditions dominicales.

 

1. Bannon, le Barbare

 

 

  • C’est le dernier évènement (positif?) d’une nouvelle semaine – de vacances – catastrophique pour le président et son administration: Le départ de Steve Bannon, architecte de la victoire du candidat républicain et du programme « America First » et chef du clan des « nationalistes économiques » de la Maison Blanche, qui a annoncé dans la foulée retrouver la place qu’il occupait il y a tout juste un an, à la tête de Breitbart News.

 

  • Le lendemain de son départ, Steve Bannon a annoncé « partir en guerre pour Trump contre ses adversaires – à Washington, dans les médias et les grandes entreprises américaines » et surtout les « démocrates de la West Wing »: Ivanka Trump, son mari Jared, le conseiller économique Gary Cohn et Dina Powell, adjointe du conseiller à la sécurité nationale.
    Il compte, avec le soutien financier du milliardaire Bob Mercer, développer Breitbart et une nouvelle entreprise de média capable de concurrencer Fox News, qui selon Bannon, serait en train de virer centre droit sous l’influence des deux fils de Murdoch.

 

  • Donald Trump a salué le retour de Steve Bannon à Breitbart News où il sera plus utile à « attaquer les ‘fake médias’ [qui] ont besoin de concurrence. »
    Selon Mike Allen, « les discussions politiques au niveau national vont empirer, devenir de plus en plus toxiques, avec une lutte au sein de la droite qui pourrait être bien plus personnelle et âpre que les hostilités entre Républicains et Démocrates. »
    Si Trump ne supporte pas Bannon en ce moment, ce dernier va continuer à l’influencer car les deux hommes sont plus proches idéologiquement que le président ne l’est des « New Yorkais modérés » – Ivanka, Jared et Gary Cohn.

 

  • Dernière nouvelle: Sebastien Gorka, proche de Bannon, devrait lui aussi quitter la Maison Blanche

 


2. Julian Assange en exil

 

  • Julian Assange vient de passer les cinq dernières années de sa vie exilé et reclus dans l’ambassade équatorienne de Londres, surveillé 24 heures sur 24 par ses hôtes et les services secrets anglais, prêts à l’arrêter le jour où il sera obligé de sortir. Le journaliste du New Yorker, , qui le suit depuis ses premières aventures avec Wikileaks, en 2010, nous raconte le quotidien cauchemardesque de cet héros/vilain qui a tout sacrifié au nom d’une certaine conception de l’information.

L’univers d’Assange ces cinq dernières années s’est réduit à 30 mètres carrés qui se répartissent en une suite privée et quelques pièces qu’il partage avec le personnel équatorien. « C’est comme vivre dans une navette spatiale » l’un de ses amis m’explique. Pour des raisons de sécurité et parce que les paparazzi le guettent parfois en bas de l’immeuble, il ouvre rarement les rideaux durant la journée et se met rarement au balcon. Il vit dans un état de crainte permanente, celle de voir l’ambassade assiégée à tout moment. Après son arrivée [en 2012], les Anglais ont essayé de retirer les protections diplomatiques de l’ambassade pour l’appréhender de force. Ce à quoi le premier ministre équatorien a répondu: « Nous ne sommes pas une colonie britannique ».
Assange m’avait lors dit, certain d’une arrestation imminente, qu’il avait préparé une paire de menottes pour s’attacher physiquement au consul équatorien. Après cela, les officiers anglais sont restés stationnés dehors et le harcelaient en frappant contre les murs à 4 heures du matin, et pendant un moment il a dormi dans une chambre différente toutes les nuits.

  • Si « l’ange déchu » est entouré quotidiennement par une poignée de fidèles activistes, soutenu par des amis et autres célébrités – la dernière en date, Pamela Anderson à qui on lui a prêté une relation – l’enfermement l’a diminué physiquement et psychologiquement; et son intervention très controversée lors de la campagne présidentielle américaine – la diffusion des emails piratés du Comité National Démocrate et du président de la campagne d’Hillary Clinton qui ont fragilisé la campagne de la candidate – l’ont isolé un peu plus sur la scène internationale.

George Gittoes [un artiste australien et ami de Assange] a tenté de m’expliquer la complexité de son soutien pour Assange.
« Je n’arrive pas à comprendre sa vision de Trump mais je lui laisse le bénéfice du doute (…) La raison pour laquelle je supporte Julian et que je le considère comme une inspiration est très simple. Il prouve qu’un individu peut encore s’opposer à des pouvoirs vis-à-vis desquels nous nous sentons tous oppressés. »

  • Aujourd’hui Assange n’a pas d’autre choix que d’accepter ceux qui sont encore prêts à le défendre et le soutenir, y compris Sarah Palin, Sean Hannity et autres trolls de l’alt-right qu’il « est content de voir intéressés par le projet de Wikileaks ».

    « Julian Assange, A Man Without a Country » – Raffi Khatchadourian / New Yorker

 


3. « Angry White Boys »

 

  • Excellente et violente critique de Kevin Williamson dans la revue conservatrice – et anti-Trump – National Review sur les militants des groupuscules d’extrême droite qui ont manifesté à Charlottesville en Virginie la semaine dernière, des « nationalistes blancs » qui n’ont aucun autre message que la colère et la haine de l’autre:

    Les jeunes blancs en colère n’ont aucun programme politique sérieux. Ils n’ont aucune revendication comme les Teamsters [le syndicat des conducteurs routiers américains] ou PETA [People for the Ethical Treatment of Animals], ils n’ont pas doctrine idéologique comme les Communistes, bien que ce serait faux de dire qu’ils n’ont aucune idéologie. Leur programme, c’est leur colère, une colère difficile à comprendre (…) Ils aiment se faire passer pour des « alpha males » comme si ils appartenaient à une troupe de chimpanzés – mais ça ne leur vient jamais à l’idée de se considérer comme des hommes déchus et rejetés. (…)
    Ce sont les produits d’une société libérale et démocratique tolérante qu’ils détestent – et à laquelle ils dépendent à la fois. (…)
    Qu’est-ce que recherchent ces jeunes blancs en colère? Le fait qu’ils se rassemblent pour se déguiser – et jouer à des jeux de cowboys et d’indiens parfois meurtriers – apporte un semblant de réponse. Ils veulent être autre chose que ce qu’ils sont. C’est la grande ironie de la politique identitaire: ils sont à la recherche d’une identité au sein d’une tribu car ils ont échoué en tant qu’individus.

  • « Angry White Boys » – Kevin D. Williamson / National Review

 


4. « Leçons de vie »

  • Kim Kingsley – ancienne directrice de Politico – revient sur le racisme ordinaire qu’elle observe depuis toujours dans sa ville natale de Pennsylvanie et sur la nécessité, en tant que « blanche », de sortir de sa bulle pour essayer de comprendre l’origine de ces comportements et de ces préjugés et de les combattre.

    Les suprémacistes blancs, manifestants néo-nazis de ce weekend sont des gens que l’on connaît. On les rencontre chaque jour, ce sont parfois des proches, et bien plus intégrés dans les infrastructures culturelles, institutionnelles, et politiques de ce pays qu’on ne le pense. Mais on n’en parle pas. Certains pensent que ca va disparaitre d’un jour à l’autre, certains que ce n’est pas un problème à régler et enfin d’autres n’ont aucun problème avec cela (…)
    Ce que j’espère, c’est qu’on puisse aujourd’hui sortir de notre univers confortable et confronter une réalité qui l’est moins.(…)
    Observons autour de nous, essayons d’analyser la diversité sur notre lieu de travail et comment l’améliorer. Ce n’est pas à la poignée d’employés issus des minorités de militer pour davantage de diversité. Ce sont les employés « blancs », quelles que soient leur position au sein de l’entreprise, qui ont la responsabilité de créer un lieu de travail où il y ait davantage de diversité au sein du personnel et des opinions, et prouver les bénéfices que pourraient en tirer l’entreprise.

    « My Life Lessons in Rust Belt Racism » – Kim Kingsley / Medium

 


5. Les editions dominicales

 

  • « Wrong Way » – Enquête du Tampa Bay Times à St Petersburg en Floride, où Isaiah Battle comptabilise à 15 ans le plus grand nombre de vols de voiture du comté de Pinellas.

    [Le journal] a identifié 14 enfants arrêtés pour avoir volé au moins cinq voitures entre janvier 2015 et juin 2016 (…) Tous ces délinquants sont males. Douze sont noirs, un est asiatique et un est blanc (…) La majorité à été évincé au moins une fois; quelques familles comme celle d’Isaiah, ont été expulsés à trois reprises.Tous viennent de familles brisées. Les parents ont porté plainte les uns contre les autres sur des tests de paternité et la pension alimentaire. Certains sont partis vivre en foyer. L’un a fugué. Onze ont vécu la violence domestique, leur mère battues par leur petits-amis, parfois devant eux. Six ont été victimes d’abus ou de négligence (…) Neuf étaient suspectés dans des rapports de police avant leur quatorzième anniversaire.

 

  • L’édito de l’Indianapolis Star, « Let’s Stand Against Hate. Together », en première page est un appel de plus cette semaine de la part de nombreux médias après les évènements de Charlottesville:

    Dans un moment aussi difficile, il est tentant de passer à autre chose – laisse le temps et le renouvellement de l’information nous distraire d’une réalité difficile qui est ressortie ces derniers jours. Mais il est nécessaire de faire face aux profondes divisions sur la race, la religion et l’ethnicité. Il est nécessaire de commencer un travail de fond pour renverser ces divisions.

Le kiosque du 08.05.17: Assange – Trumpcare vs Femmes – Tomi ne lache rien – Texas attaque ses sanctuaires – Huffpo 2.0

 

 

  • Avec Trumpcare, être une femme va vous coûter cher

    Obamacare ou l’Affordable Care Act, le grand programme de Barack Obama, qui repose sur l’idée d’un accès universel aux soins quels que soient les antécédents médicaux des individus, représente le plus ambitieux projet de protection sociale que le pays ait connu depuis le New Deal.
     
    Pourtant, dès sa signature en 2010, les Républicains n’ont eu qu’une seule obsession, l’abroger et c’est ce que la Chambre de Représentants à commencer à faire jeudi dernier en votant de justesse l‘American Health Care Act, la loi qui remplacera Obamacare.
     
    Trumpcare enlève au gouvernement fédéral la responsabilité d’assurer les citoyens et la redonne aux entreprises privés qui pourront désormais offrir des assurances plus souples selon les besoins des individus, et fixer eux-mêmes le prix des cotisations, avec l’obligation d’assurer tout le monde quel que soit ses antécédents médicaux.
     
    La loi permet aussi aux Etats d’autoriser les compagnies d’assurance à pratiquer certaines exceptions, notamment celle de faire payer davantage les individus ayant des antécédents médicaux car ils sont potentiellement « à risques » et peuvent coûter plus cher – une option interdite sous Obamacare.
     
    Les premiers touchés devraient être les plus pauvres, les plus âgées et les femmes à qui certaines compagnies d’assurance pourraient désormais refuser les soins de grossesse, l’accouchement, et considérer comme une « pre-existing condition » les grossesses, césariennes, le cancer du sein ou harcèlement sexuel.

     
    Une autre provision de l’AHCA obligerait les femmes à retrouver un travail deux mois après l’accouchement sans quoi elles pourraient perdre leur assurance et risquer de payer une amende si elle devait en souscrire une autre.

    Un édito de la revue conservatrice, National Review, publié la semaine dernière s’étonne qu’on ne demande pas systématiquement aux femmes (dont les soins médicaux coûtent en moyenne un tiers de plus que ceux de la gent masculine) de payer davantage que les hommes.
     

    On peut défendre l’idée que les femmes n’ont pas à assumer seules le fardeau de leur dépenses de santé, du moins pas dans sa totalité. Mais on peut également avancer que les pauvres travailleurs du Bronx n’ont pas à payer pour le style de vie des multi-millionnaires des Hamptons sous prétexte qu’il faut satisfaire les défenseurs de l’égalité homme-femmes.
    Si les cotisations des femmes sont plus importantes que les hommes, ce n’est pas à cause des méchantes assurances mais c’est basée sur de la science des nombres et des statistiques.

     

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  • Le Texas, premier Etat contre les villes sanctuaires

    Breitbart se félicite d’une « loi historique » signée par le gouverneur du Texas, le républicain Greg Abbott, qui va durement pénaliser les forces de l’ordre locales qui n’appliqueraient pas les lois fédérales contre l’immigration. C’est le premier Etat à s’attaquer légalement contre les villes sanctuaires, ces refuges dans lesquels les autorités et la police protègent les immigrés en situation irrégulière, cibles du président Trump et du ministre de la justice, Jeff Sessions.
     
    Les policiers et shérifs locaux qui refuseront désormais de coopérer avec les agents de l’Immigration & Customs Enforcement, c’est-à-dire de leur remettre des personnes en situation irrégulière, sous le coup d’un mandat d’arrêt (« immigration detainer »), seront passibles de pénalités civiles et criminelles, y compris de la prison, et les villes sanctuaires passibles de fortes amendes.
     
    Les Démocrates texans ont critiqué la loi, qualifiée de « show me your papers » car elle autorise selon eux les agents fédéraux et policiers à contrôler le statut légal de n’importe quel individu, s’ils le soupçonnent d’être entré illégalement sur le territoire, sur des prétextes discriminatoires comme la couleur de peau ou un accent.
     

    Le gouverneur du Texas, Mr Abbott, s’est défendu de vouloir rendre son Etat plus sûr pour « les citoyens américains » qui ne sont pas visés par cette loi, contrairement à « ceux qui sont entrés illégalement sur le territoire, qui ont commis des crimes violents, et qui font l’objet d’un mandat d’arrêt des services de l’immigration ».
     
    Il y aurait actuellement 1,5 millions d’immigrés en situation irrégulière au Texas, derrière la Californie, qui en possède le double, dont 80% sont nés au Mexique et habitent depuis au moins cinq ans et 40% d’entre eux sont propriétaires de leur logement: c’est un groupe important et très intégré dans la communauté.
     
    * « Sanctuary Cities subject to ‘stiffest penalties in America’, says Texas Governor » – Breibart
    * « Demographics of Texas’ undocumented population » – Houston Chronicle

 

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  • Pourquoi Julian Assange ne doit pas être jugé

    Le ministre de la justice Jeff Sessions veut poursuivre en justice Julian Assange pour la diffusion en 2010 de documents ultra-secret de l’armée américaine (les câbles diplomatiques de la guerre en Irak et en Afghanistan volés par le soldat Manning) et plus récemment ceux sur l’appareil d’espionnage numérique de la CIA. Son directeur, Mike Pompeo accuse Wikileaks d’avoir « poussé Manning à récupérer des informations confidentielles » pour déstabiliser les Etats-Unis et d’être un « service de renseignements non-étatique et hostile encouragé par des acteurs étatiques comme la Russie ».
     
    Dans un éditorial publié dans le Washington Post début avril, Assange s’est défendu d’avoir les mêmes ambitions que le New York Times ou le Washington Post quand ils publient des révélations basées sur des informations confidentielles (surtout depuis l’élection de Donald Trump), celles d’informer le public, et que Wikileaks devrait être également protégée par la liberté d’expression garantie dans le Premier Amendement de la Constitution Américaine.
     
    Ce que réfute Mr Pompeo qui affirme que « Julian Assange ne bénéficie d’aucune liberté liée au Premier Amendement. Il est coincé dans une ambassade de Londres. Ce n’est pas un citoyen américain. »
     
    Hier, l’éditorialiste média du Washington Post, Margareth Sullivan, a pris fait et cause pour Julian Assange, ce weekend, non pas pour défendre sa personnalité (accusé de viol), ni ses actions (la publication de documents contenant des informations personnelles sur des individus et son ingérence dans les élections présidentielles américaines) mais pour la liberté de la presse en général.
     

    Tous ceux qui défendent la liberté de la presse aux Etats-Unis doivent comprendre ceci. Poursuivre en justice Julian Assange au nom de l’ « Espionnage Act » pour avoir publié des fuites – que le ministre Jeff Sessions considère comme une priorité – est dangereux.
    Ca pourrait une étape nouvelle vers ce que le président Trump menace de faire depuis longtemps: punir les médias indépendants aux Etats-Unis (…) C’est certes difficile à réaliser mais punir Assange irait dans cette direction. Et parce que les méthodes de Assange sont douteuses, on ne se rend pas compte qu’il s’agit d’une véritable menace.

     

    Donald Trump avait déclaré à plusieurs reprises son « amour » de Wikileaks lors de la campagne présidentielle lorsque l’organisation avait diffusé à parti d’octobre les emails piratés du directeur de campagne de Hillary Clinton, qui ont eu leur responsabilité dans la défaite de la candidate démocrate.

     
    * « The Goverment wants Julian Assange in jail. That could hurt the rest of us » – The Washington Post
    * « Julian Assange: Wikileaks has the same mission as The Post and the Times » – The Washington Post
    * « Sources: US prepares charges to seek arrest of Wikileaks’ Julian Assange » – CNN

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  • Le Huffington Post se modernise

    Nouveau logo plus moderne pour le site internet qui vient de fêter ses douze ans d’existence, dont une première année sans sa fondatrice, Ariana Huffington, remplacée Lydia Polgree, et qui selon Politico, souhaite transformer le « HuffPost » en « tabloid populaire de l’ère numérique ».
    Elle vient d’engager l’ancien rédacteur en chef du New York Daily News, Jim Rich, qui avait transformé le tabloid de gauche – rival du New York Post de Rupert Murdoch – en machine de guerre anti-Trump durant la campagne présidentielle et qui lui a d’ailleurs coûté son renvoi en novembre dernier, lorsque le candidat a été élu président.

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  • Tomi Lahren ne lâche rien

    A force d’être politiquement incorrecte, Tomi Lahren, porte drapeau des jeunes conservateurs en colère qui partageait ses opinions très controversées sur Black Lives Matter (le nouveau Ku Klux Klan) ou les médias mainstream (des libéraux déguisés en journalistes) sur le site du chouchou du Tea Party, Glenn Beck, a été virée de The Blaze il y a quelques semaines pour s’être prononcée en faveur … du droit à l’avortement. 
    Portrait très intéressant de la jeune star déchue qui compte bien rebondir dans Politico

    * « Tomi Lahren Will Not Shut Up » – Politico

Le kiosque du 21.04.17: Prince 1 an plus tard – Une fille nommée Allah – Erdogan x Giuliani

 

 

 

  • Wikileaks à nouveau menacé

    Les procureurs du gouvernement débattent sur l’éventualité de déposer plainte contre des membres de Wikileaks concernant les fuites de câbles diplomatiques et documents militaires diffusées en 2010, et enquêtent également pour déterminer si le groupe a commis a un crime en révélant les outils de piratage de la CIA.
    Sous le président Obama, le Département de Justice avait décidé de ne pas poursuivre Wikileaks pour avoir révélé les documents ultra-secrets – une décision qui aurait pu mener le gouvernement à poursuivre en justice des organes de presse pour la publication d’informations confidentielles (…) On ne sait pas si les procureurs s’intéressent également au rôle joué par Wikileaks l’année dernière dans la publication des emails du Comité National Démocrate et du président de la campagne d’Hillary Clinton, John D. Podesta, qui ont été, selon les autorités américaines, ordonnés par le gouvernement russe.

     
    A retenir: La « bromance » entre Julian Assange et Donald Trump, qui a marqué les derniers mois de la campagne présidentielle est terminée. Contrairement à son prédécesseur, Barack Obama, qui avait été plutôt clément envers Wikileaks – pas Julian Assange – la nouvelle administration pourrait poursuivre l’organisation, et ouvrir le voie à la pénalisation d’autres organes de presse qui ont beaucoup travaillé ces dernières semaines grâce aux fuites de la Maison Blanche et des Agences de Renseignement.
     
    * « US again weighing Wikileaks charges » – The Washington Post

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  • Des parents autorisés à appeler leur enfant Allah

    Zalykha Graceful Lorraina Allah a finalement un nom.

    Après une bataille juridique de 23 mois, l’Etat de Géorgie à finalement publié un acte de naissance à ce nom, après avoir initialement rejeté la requête de la famille parce que le nom de famille ne correspondait ni à celui du père, ni à celui de la mère.
    Elizabeth Handy et Bilal Walk ont porté plainte contre l’Etat pour obtenir le droit d’appeler leur fille – née le 25 mai 2015 – comme ils l’entendent.
    L’Etat a finalement accepté.
    « C’était une revendication importante pour les droits des parents et une victoire amplement méritée pour Elizabeth et Bilal » explique la directrice de l’association ACLU de Georgie, Andrea Young.
    Young and Handy, qui vivent à Atlanta et ne sont pas musulmans, expliquent avoir choisi le prénom de ZalyKha pour sa noblesse – Les Musulmans seraient en effet offensés d’un tel choix.
    Un imam d’Atlanta, Plemon El-Amin a affirmé jeudi qu’aucun musulman n’appellerai sa fille « Allah », et a conseillé aux parents de ne pas le faire. Parce que les Musulmans pensent qu’il n’existe aucun autre dieu que Allah, tout prénom qui contient « Allah » doit être accompagné d’un préfixe de « serviteur ou création d’Allah » pour éviter la confusion et l’idée que quelqu’un prétende être dieu.

     
    * « Georgia relents, allows couple to name their young daughter ‘Allah’ «  – Atlanta Journal Constitution

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  • Giuliani a rencontré Erdogan

    Fin février, alors que les Etats-Unis et le reste du monde s’adaptaient au président Trump et que la Turquie travaillait à renforcer les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, ce dernier a accepté de rencontrer des visiteurs américains. Parmi les invités, Rudolph Giuliani, l’ancien maire de New York qui a représenté Mr Trump pendant sa campagne, et un autre avocat, Michael Mukasey, qui était ministre de la justice sous le président George W. Bush.Le but de la visite de Mr Giulinani et Mr Mukasey était extraordinaire: Ils espéraient obtenir un accord diplomatique à travers lequel la Turquie défendrait les intérêts américains dans la région. En échange, les Etats-Unis s’engageaient à relâcher deux clients, Reza Zarrab, un businessman turc emprisonné pour corruption à Manhattan, et un proche d’Erdogan. (…) Certains analystes ont suggéré que si Mr Zarrab était libéré et retournait en Turquie, Mr Erdogan serait plus enclin à se ranger derrière les intérêts américains dans la Moyen Orient. (…)Le problème Zarrab n’est pas une affaire d’Etat » explique Hasan Yalcin, directeur de recherches stratégique pour un think tank proche du gouvernement turc, « ce n’est pas un problème sur lequel l’Etat truc se concentre, et la relation entre l’Etat turc et Zarrab n’est que spéculation

     
    * « Why Giuliani was granted a Meeting with Turkey’s President » – The New York Times

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  • Prince, un an après


    Prince est mort il y a un an, et le quotidien de sa ville natale, le Star Tribune de Minneapolis, dans le Minnesota, lui a rendu hommage en une: « Il était l’un des nôtres et il le reste. C’est certain« 

    Ces 365 derniers jours, de superbes peintures murales, des marathons radio de 24 heures et un florilège d’hommages locaux ont essayé de remplir le vide. Mais la mort de Prince le 21 avril dernier a eu un impact émotionnel sur les Twin Cities [Minneapolis et Saint Paul] bien plus important que la victoire des Twin Cities aux World Series [Championnat américain de baseball] de 1991. Si c’était la jubilation, [la mort de Prince] est l’opposé. »C’est comme si une bombe avait explosé » raconte l’ancien batteur Michael Bland. « C’est difficile de quantifier la perte ici dans sa ville natale ».

     
    * « Never Letting Go » – Star Tribune

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  • Construction et Immigration à Los Angeles.

    Eddie Ybarra et Francisco Martinez ont tous les deux la quarantaine, travaillent côte à côte à la construction des murs des deux nouveaux condos dans le quartier de downtown à Los Angeles. Ils conduisent leur pickups pour aller travailler, le garent dans un parking adjacent et tous les deux prennent leur pause déjeuner autour de 10 heures du matin.

    C’est tout ce qu’ils ont en commun.

    Ybarra, né à L.A., mène le style de vie de la classe moyenne depuis plus de vingt ans, appartient à un syndicat de charpentiers, gagne 40 dollars de l’heure en plus d’une retraite, d’une assurance maladie et des congés payés.
    Martinez, né à Guadalajara au Mexique, travaille pour un contracteur qui n’est pas syndiqué, installe des panneaux de métal et autres pièces détachées pour 27,5 dollars de l’heure. Il n’a aucune retraite, sa couverture santé n’assura pas sa famille et dispose de cinq jours de congés payés par an.
    L’histoire de ces deux hommes montre le changement radical qui a placé la construction au centre du débat national sur le déclin des emplois ouvriers et la vision du président sur l’immigration.

     
    A retenir: A Los Angeles, les métiers du bâtiment, autrefois occupés aux deux tiers par des ouvriers blancs et syndiqués est devenu en quelques décennies un secteur dominé dont la plupart des ouvriers sont latino, non syndiqués et qui repose beaucoup sur l’immigration.
     
    * « Why L.A. construction work pays less today » – Los Angeles Times

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La unes des quotidiens

Jeudi 9 mars 2017: Trump « néophyte », lâché par Breitbart; Maison Blanche furieuse contre Wikileaks; Soros et l’Europe; Une légende quitte le New Yorker

  1. Les accusations de Trump tombent à l’eau

    Les Républicains qui enquêtent sur les interférences russes dans les élections américaines ont refusé de soutenir les accusations de Donald Trump sur les écoutes téléphoniques dont il aurait fait l’objet, ordonnées par Barack Obama pendant les élections – affirmations sans preuves lancées samedi dernier par le président sur Twitter pour tenter de détourner l’attention sur les rapports conflictuels entre son administration et des officiels russes l’année dernière.

    Le président de la commission parlementaire en charge du renseignement, le Républicain Devin Nunes, a discrédité les propos du président, dont il est pourtant un fervent supporter:

     

    Le président est un néophyte de la politique, il y est entré seulement depuis un an, beaucoup de ses propos sont pris littéralement et il n’a pas 27 avocats pour vérifier tout ce qu’il dit, ce qui est rafraîchissant parfois mais ce qui peut aussi nous amener à ce genre de conférences et ce genre de questions.



    De son côté la commission sénatoriale en charge du renseignement est toujours en train d’enquêter sur ces allégations mais n’a rien trouvé de probant pour le moment.
    Quant à Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche, il a affirmé lundi en conférence de presse que le président n’avait aucune preuve tangible mais qu’il existe assez de suspicions contre le président Obama et ses agissements pendant les élections pour justifier la mise en place d’une enquête.

    Selon CNN, « partout dans le Capitol, il est impossible de trouver des avocats qui prennent sérieusement ses déclarations de samedi matin. »

  2. Breitbart se désolidarise de Trump?

    Avant d’être un supporter de Trump, Breitbart, le site d’infos alt-right est d’abord un médium anti-establishment, opposé au parti républicain et très critique contre son chef de file, Paul Ryan.
    Les élections présidentielles, et le soutien officiel de Breitbart au candidat républicain, puis la victoire de Trump en novembre ont effacé ces différents: Bannon, l’ancien président de Breitbart News, est devenu conseiller du président, offre a son ancienne rédaction un accès sans précédent à la Maison Blanche – une interview exclusive de Donald Trump il y a deux semaines – jusqu’à provoquer les fameuses accusations du chef de l’Etat contre Obama.

    Mais l’influence de Steve Bannon sur Breitbart, qui appartient désormais au mainstream media et d’une accréditation dans la « briefing room » de Sean Spicer, a montré ses limites cette semaine avec la révélation tant attendue de l’American Affordable Care Act, qui n’a satisfait personne, et surtout pas Matthew Boyle, le directeur du bureau de Washington.
    Le site alt right a qualifié le nouveau plan de « Obamacare 2.0 » et affirmé qu’il « donnait aux clandestins [sic] un accès à l’assurance maladie grâce au vol d’identité ».

    Business Insider rapporte que Mr Boyle ne veut plus mentir sur les rapports délétères entre Bannon et Reince Priebus, chef de cabinet du président, produit de l’establishment conservateur, épargné par le brûlot conservateur, tout comme Sean Spicer.

    Breitbart veut retrouver sa liberté de ton, même contre Donald Trump, et n’a jamais été plus efficace que dans l’opposition – à savoir si leurs lecteurs suivront ou non.

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  3. Les fuites de la CIA et embarras de la Maison Blanche

    Début d’année difficile pour les agences de renseignement américaines, critiquées par le président et son administration, et embarrassées cette semaine par la diffusion sur Wikileaks de milliers de documents confidentiels sur l’arsenal de cyber-espionnnage développée par la CIA et capables d’infiltrer smartphones, tablettes, ordinateurs et télés de n’importe quel citoyen.

    Comme l’a indiqué Wikileaks, les fuites ne proviennent pas d’une puissance étrangère – la Russie – mais de personnes ayant eu un contact direct avec le matériel piraté à l’intérieur de l’agence. Les responsables de l’Agence, qui n’ont toujours pas authentifié les documents, privilégient la thèse de contracteurs privées ayant eu accès à leur matériel. Plusieurs centaines de personnes doivent être interrogées dans les prochains jours.

    L’entourage de Trump qui célébrait Wikileaks il y a quelques mois pour avoir miné la campagne de sa rivale Hillary Clinton, se retrouve aujourd’hui à condamner les exactions de l’organisation de Julian Assange.

    Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche a déclaré que la diffusion de ces documents « était un scandale » mais qu’il existait « une grande, grande différence  » entre ces fuites et celles du chef de campagne d’Hillary Clinton en au mois d’octobre.

    * « CIA Scrambles to Contain Damage From Wikileaks Documents » New York Times

     

  4. Le milliardaire George Soros a mauvaise presse en Europe

    Selon Politico Europe, « le gouvernement hongrois va limiter l’influence des organisations non gouvernementales de soutien à la démocratie et à l’état de droit, revigoré par la victoire de Donald Trump aux élections et l’ascendance de l’alt right à Washington ».

    Une proposition de loi devrait être introduite pour réglementer le financement des Organisations Non Gouvernementales pour éviter l’ingérence des pays étrangers dans la politique du pays.
    La cible officieuse de cette mesure est la fondation Open Society du milliardaire américain George Soros, né en Hongrie, créée dans les années 80, durant la Guerre Froide, pour aider les dissidents à établir les fondations d’une société civile au sein des démocrates soviétiques.

    Les Etats-Unis ont traditionnellement soutenu les activités de la fondation qui défend les principes démocratiques jusqu’à aujourd’hui.

    Le site américain Breitbart, autrefois dirigé par Steve Bannon, qui travaille désormais à la Maison Blanche, est obsédé par Soros, et l’accuse de vouloir faire tomber les frontières de l’Europe, d’aggraver la crise migratoire et de financer l’opposition à Donald Trump.
    La sympathie que semble éprouver l’administration Trump pour les sentiments anti-Soros semblent avoir poussé les politiciens d’Europe centrale et orientale à intensifier leurs attaques contre les organisations soutenues par Soros

    * « Hungary vs Civil Society »Politico
    * « Breitbart vs. Soros »Breitbart

     

  5. Rough night, le Hangover féminin

    On continue dans le cycle des films comiques exclusivement féminins avec Rough Night, qui sortira cet été, une sorte de « Hangover » féminin mais à Miami avec un casting intéressant: Scarlett Johansson, Zoe Kravitz, Illana Glazer (Broad City) et Kate McKinnon (SNL) et réalisée par Lucia Aniello et dont voici la bande annonce:

  6. Une légende du New Yorker prend sa retraite

    L’une des légendes du New Yorker, Bob Mankoff, prend sa retraite à la fin du mois d’avril après quarante ans passés au New Yorker, dont vingt ans passés à dessiner et les vingt autres à sélectionner les dessins publiés dans l’illustre magazine; il sera remplacé par une autre éditrice, Emma Allen.
    Mr Mankoff va continuer à dessiner pour le New Yorker – il a déjà produit 900 dessins, publié ses mémoires, fait l’objet d’un documentaire et prépare une « Encyclopédie des dessins du New Yorker » pour 2018. 
    Interrogé sur son dessin préféré, Mankoff cite le plus connu d’entre eux – il en a même fait une marque déposée:

    All rights reserved, Bob Mankoff/The New Yorker Magazine via N.Y. Times

    * « Comic Relief » – New York Times Sunday Book Review
    * « A Last Laugh » – Washington post
    * « Very Semi-Serious: A Partially Thorough portrait of New Yorker Cartoonists » – HBO documentary

  7. Couverture

    Bloomberg businessweek
    Enquête de l’hebdomadaire économique sur le nouveau pari de Marlboro: « un futur sans cigarettes » 

 

 

 

Le kiosque du lundi 23 janvier 2017

Une conférence de press rock’n’roll

La blague de ce weekend, c’était la première conférence de presse très agitée de Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, qui a affirmé samedi que la cérémonie d’investiture de Trump avait réunit plus de monde que celles d’Obama en 2013 et 2009.

C’est le public le plus large qui ait jamais participé à une cérémonie d’inauguration point barre, en personnes et dans le reste du monde.

Il répondait aux nombreuses comparaisons faites par les journalistes vendredi matin qui comparaient les photos aériennes de Washington lors de l’investiture d’Obama, noires de monde et celles moins denses du 20 janvier 2017. Le ton était très agressif envers la presse accusée encore une fois de vouloir remettre en cause la popularité et la légitimité du nouveau président.
La star des éditorialistes conservateurs, Charles Krauthammer, a qualifié la prestation de « surréaliste » et Spicer est devenu en quelques heures la risée d’internet.

Même les médias conservateurs ont reconnu que les propos de Spicer étaient faux.
CNN a décidé de ne pas retransmettre la conférence de presse mais plutôt de la citer dans son contexte, tandis que Fox l’a diffusée en direct et dans son intégralité.
Les journalistes n’ont pas été autorisés à poser des questions. 

 

Bienvenue chez George Orwell

Interrogée hier matin par Chuck Todd dans l’émission dominicale Meet the Press sur NBC, Kellyanne Conway, « conseillère du président des Etats-Unis », a parlé de « faits alternatifs » pour caractériser les propos de Spicer, sans jamais reconnaître qu’ils étaient mensongers.
Une question de sémantique qui pose problème car la Maison Blanche ne représente pas le « intérêts de Donald Trump » mais « parle au nom de tous les Américains ».

Beaucoup de journalistes invoquaient George Orwell ce weekend, et le hashtag #alternativefacts dominait Twitter hier.

« Rien de cela ne devrait choquer » expliquait Margaret Sullivan dans le Washington Post ce matin:

« Les conférences de presse de la Maison Blanche sont du « journalisme d’accès », où les déclarations officielles – obtenues à la source [du pouvoir] – sont prises à leur juste valeur et rapportées comme de l’information. Tout cela est fini. Mort (…)
Les journalistes devront répondre en faisant leur travail avec responsabilité, avec justesse et sans avoir peur et au service du public »

La journaliste de citer Jessica Huseman de ProPublica

Les journalistes n’obtiendront aucune réponse de Spicer. On aura des réponses en creusant. En salissant nos mains. Allons y

Bannon veut renforcer le fossé entre la presse et Trump

Selon Brian Stelter, le journaliste de CNN, cette première conférence est une déclaration de guerre contre la presse.
Selon des sources, Steve Bannon, le « stratège en chef » de Donald Trump et auteur de son discours d’investiture, voudrait creuser le fossé entre le président et les médias grand public pour les affaiblir. « Il veut que son monde n’ait plus confiance en les médias ».

 

Le coup de poing qui fait du bien

Le Kiosque est pacifiste et ne soutient aucune forme de violence, mais ce coup le coup de poing reçu par Richard Spencer vendredi dernier en marge de l’investiture de Donald Trump a eu des effets cathartiques pour de nombreux internautes sur Twitter.
Richard Spencer est « nationaliste blanc » qui avait fait le tour des médias en novembre dernier quand des saluts nazis avaient été filmés à l’une des conférences. Avec le lancement de son nouveau site altright.com, il espère populariser ses idées extrémistes et est venu en faire la promotion à Washington, à ses dépens, puisqu’il a été frappé violemment par un manifestant cagoulé.
Le tout filmé.
La vidéo a été reprise sur Twitter, et mise en scène avec des chansons, et ça donne ça:

Bruce Springsteen

ou Phil Collins

 

Wikileaks « trumpé »?

Kellyanne Conway, la porte parle du président, a annoncé dimanche comme on pouvait s’y attendre que Donald Trump ne diffusera pas ses déclarations de revenus – une promesse qu’il avait faite en cas de victoire.
Une organisation semble étonnée de ce revirement, Wikileaks, qui a dénoncé la « fausse promesse » du président dans un tweet dimanche et appelé ses abonnés a les lui fournir.
Preuve que l’organisation n’étaient pas en leur possession comme de nombreux Démocrates ont pu l’affirmer après les élections, en accusant l’organisation d’avoir favorisé Trump.

Le kiosque du mercredi 18 janvier 2017

INAUGURATION WEEK

« Comment atteindre Trump »

Trump n’a pas vraiment changé ses habitudes depuis qu’il a été élu, et préfère rester isolé dans son bureau du 26ème étage de la Trump Tower, quelques étages en dessous son penthouse où il s’endort toujours chaque nuit, dans son jet et à Mar-a-Lago, sa propriété Palm Beach.

« Trump est un homme isolé, de plus en plus éloigné de ses électeurs » explique en couverture le Washington Post aujourd’hui, mais qui réussit à « rester omniprésent dans la vie américaine » en twittant plusieurs fois par jour ses millions d’abonnés et en donnant beaucoup d’interviews, par téléphone ou en tête-à-tête. 

Trump semble bien plus confortable en communiquant à travers une scène ou un écran – la télévision, Twitter, le téléphone – qui servent d’intermédiaire entre lui et son public. Ces outils servent à la fois de mégaphone et de bouclier et lui permettent de délivrer ses messages tels quels. Comme il utilise rarement ses emails et surfe peu sur internet, ses coups de téléphone, ses apparences télévisées et la proximité physique sont les seuls moyens de l’atteindre.

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Manning sortie du trou

New York Post – Edition du 18 janvier 2017

Wikileaks, propulsée sur le devant de la scène internationale en 2010 grâce à la diffusion des câbles diplomatiques américains de la guerre d’Irak et d’Afghanistan, fournis par un jeune soldat du renseignement, Bradley (devenu Chelsea) Manning, s’est réjouit de la grâce présidentielle qu’elle a obtenu du président Obama. L’organisation mène une campagne pour sa libération depuis sa condamnation par une cour martiale en 2013 à trente cinq ans de prison.
Un soldat qui trahit son pays, change de sexe aux frais de l’Etat, qui plus est en prison, avant d’être gracié par le président sortant n’a certainement pas plu aux Républicains, ni au New York Post ce matin

 

Snowden, deux ans de plus en Russie

Edward Snowden n’a pas eu la même chance, malgré la pétition de plus d’un millions de signatures donnée à Barack Obama vendredi dernier et le soutien des associations de défense des droits civiques, Human Rights Watch, Amnesty International et ACLU.
Interrogé sur la question par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, Obama a expliqué que pardonner Snowden pourrait donner l’exemple d’autres techniciens du renseignement à devenir à leur tour des lanceurs d’alerte en attendant une grâce présidentielle. Maigre récompense, la Russie a bien voulu renouveler son visa pour les deux prochaines années

Assange qui rêve d’être jugé aux Etats-Unis

Julian Assange qui commence sa cinquième année réfugié dans l’ambassade équatorienne de Londres sous peine d’être arrêté par les autorités suédoises et anglaises, malgré la demande des Nations Unies de mettre fin à la détention arbitraire du hacker australien, voudrait être extradé aux Etats-Unis pour y être jugésous l’administration Trump. Il est sous le coup dune enquête du FBI et le Département de Justice depuis six ans après les premières diffusions par Wikileaks de documents diplomatiques et militaires américains.
Assange s’est dit désormais « confiant de gagner un procès équitable aux Etats-Unis » – ce qui n’était pas le cas sous l’administration Obama.

https://twitter.com/wikileaks/status/821505178549493760

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Betsy DeVos a peur des ours

C’était au tour de Betsy DeVos hier de passer l’oral devant un comité de sénateurs avant d’être confirmé (ou non) ministre de l’éducation. La milliardaire philanthrope origine du Michigan qui a dévoué sa carrière à promouvoir et développer les « charter schools«  et autres initiatives privées dans l’enseignement primaire a promis de ne pas toucher au financement de l’enseignement public.
Durant son audience, elle a admis avoir donné plus de deux cent millions de dollars au parti républicain et être une adepte des armes à feu! Elle a affirmé qu’il appartient aux Etats et aux mairies d’autoriser ou non leur présence à l’école, et quand on lui a demandé son opinion personnelle, elle y est favorable pour se protéger de la faune environnante, en citant l’exemple d’une école élémentaire du Wyoming qui a un jour été attaquée par des ours.

Remarque qui a bien rire la presse.

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Les pauvres interdits de Junk Food?

Carte de Food Stamps de l’Etat de New York

Un article du New York Times, a repris les conclusions d’un rapport du Départment de l’agriculture (USDA) qui affirme que les populations défavorisées dépenseraient 10% des 74 milliards de dollars d’aides alimentaires (food stamps) qu’il reçoivent chaque année dans les boissons sucrées.
Marion Nestle, professeure de nutrition à New York University, interrogé par le quotidien, s’est dit « choquée » que SNAP, le Programme d’aide supplémentaire à la nutrition, soit utilisé comme « une subvention de plusieurs milliards de dollars du contribuable à l’industrie du soda ».

SNAP aide quarante trois millions d’Américains à se nourrir mais depuis des années, « des douzaines de villes, d’Etats et de groupes médicaux » appellent à une restriction du choix des aliments qui peuvent être achetés, notamment la junk food et les boissons sucrées. Des mesures qui n’ont jamais pu passer à cause de la pression de l’industrie agro-alimentaire et que l’USDA a jugé discriminatoires étant donné que le reste population achète presque autant de boissons sucrées (7% de leur budget alimentaire).

Mother Jones a critiqué l’article du New York Times qui ne ferait que  renforcer les clichés contre les « mauvaises habitudes » des populations pauvres.
Effectivement des sites comme Breitbart l’ont récupérer pour dénoncer la hausse de 30% des bénéficiaires de food stamps durant l’ère Obama (soit 10 millions de personnes), pour appeler à un contrôle de leur l’utilisation et dénoncer les profits engrangés par les banques qui servent d’intermédiaires entre les individus et le gouvernement.

 

 

Le kiosque du samedi 7 janvier 2017

Wikileaks, pas à un paradoxe près

L’organisation spécialisée dans la collecte et la diffusion de fuites d’informations a dénoncé hier sur Twitter l’administration Obama et la CIA pour avoir « fait passer illégalement des informations TOP SECRET//du Renseignement à NBC pour des raisons politiques avant que le président-élu ait pu les lire ».

Jeudi, un agent du renseignement a informé NBC News des conclusions du rapport commandé par Barack Obama qui confirme l’ingérence russe dans les élections présidentielles, avant sa publication officielle vendredi.
Un pied de nez au président-élu qui n’a été briefé que hier, et qui a par ailleurs demandé aux comités de la Chambre et du Sénat en charge du renseignement de déterminer comment est-ce que la chaîne d’infos avait obtenu ces informations confidentielles.

De nombreux internautes se sont interrogés sur les motivations de Wikileaks, qui fait pourtant de « la protection de la liberté d’expression et sa diffusion par les médias » l’un des principes de son travail. L’organisation s’est défendue en expliquant que ces informations n’étaient pas des fuites puisqu’elles ont été données par l’administration Obama.

Ils accusent le président sortant de vouloir pousser les médias à adhérer à la thèse de l’ingérence russe dans les élections présidentielles, à laquelle Wikileaks ne croit pas. Les dénonciations de l’organisation sont de plus en plus similaires à celles de Donald Trump et des Républicains contre le parti démocrate, Barack Obama et les médias. 

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Hillary Clinton, future maire de New York?

Le journal conservateur Newsmax a annoncé mercredi que Hillary Clinton pourrait se présenter aux élections de New York City en novembre prochain. Elle serait poussée par les élus démocrates de la ville qui n’apprécient guère l’actuel maire, Bill de Blasio, à la traîne dans les sondages, et qui sont convaincus qu’elles remporteraient facilement le mandat. 

« Des conseillers de Clinton pensent que Trump va se planter lors de son premier mandat, et l’encourage à rester dans la course si elle pense se représenter à la Maison Blanche en 2020 »

La rumeur n’a pas été commentée par l’entourage de l’ancienne candidate mais elle a fait son chemin dans les médias et reprise jeudi dans le New York Times:

La perspective a un côté évident, voire romanesque:  se présenter à la mairie de New York City cette année mettrait face à face Hillary Clinton et le maire Bill de Blasio, un démocrate qui managé sa campagne en 200o, et si elle remportait, elle serait responsable de la ville natale du président-élu Donald Trump, une situation susceptible de créer des années d’affrontements entre les deux anciens rivaux.

Hillary Clinton a été sénatrice de l’Etat de New York entre 2001 et 2009, années au cours desquelles elle a acquit une grande popularité auprès des habitants et des démocrates. Elle a largement remporté les primaires démocrates en 2007 contre Barack Obama (57% contre 40%) et contre Bernie Sanders (57% contre 43%) en 2016. Aux dernières élections présidentielles, elle a remporté New York City avec une victoire record de 79% des votes.

Même s’il est quasiment sûr que Clinton ne se présentera pas, les médias conservateurs continuent à propager la rumeur qui est née sur un de leurs sites dix jours après la défaite de la candidate.

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Elizabeth Warren, en course pour 2018

Bonne nouvelle pour les démocrates et progressistes et peut-être moins pour le président-élu, la sénatrice du Massachusetts, Elizabeth Warren a annoncé cette semaine qu’elle allait se représenter aux élections de mi-mandat qui auront lieu en 2018. Warren a été l’une des plus ferventes critiques du candidat républicain pendant la campagne, notamment sur Twitter, où il l’a régulièrement surnommé « Pocahontas ».

Personne ne s’attendait à ce que 2017 débute de cette façon. Ce n’est pas le combat que nous espérions lutter.
Mais c’est le combat qui nous attend. Et les habitants du Massachusetts ne m’ont pas envoyé à Washington pour me défiler et jouer la morte alors que Donald Trump et son équipe de milliardaires, de racistes et de banquiers de Wall Street assomment les  travailleurs de notre communauté et de ce pays.

Ce n’est pas le moment d’abandonner.

 

Le kiosque du jeudi 5 janvier 2016

Le retour en force de Bernie

https://democrats.senate.gov

La rentrée parlementaire a été marquée par l’offensive des Républicains contre Obamacare mais aussi par la détermination des Démocrates à protéger l’héritage d’Obama. Chuck Schumer, le représentant de la minorité démocrate au Sénat, a affirmé que le système de santé américain post-Obamacare « rendrait l’Amérique malade » – reprenant le célèbre slogan de la campagne de Donald Trump qui lui a valu d’être traité ce matin de « Clown en chef » par le président-élu.

Bernie Sanders a pris la parole hier au Sénat pour critiquer la loi, votée par la majorité, qui vise à abroger de l’Affordable Care Act, la structure légale d’Obamacare. Il est venu accompagné d’un poster géant sur lequel était imprimé un tweet du président-élu qui affirmait en mai 2015, alors simple candidat à la nomination républicaine, qu’il n’y aurait « aucune coupe budgétaire concernant la Sécurité Sociale, Medicare et Medicaid » – ce que prévoit justement la loi.

[Donald Trump] ne l’a pas dit au milieu de la nuit ou à l’occasion d’une interview, c’était un point central de sa campagne et ce pourquoi il a demandé à des millions de personnes âgées et aux classes ouvrières de voter pour lui. Donald Trump a conduit et remporté la présidence sur ces thèmes.

Le programme électoral de Donald Trump qu’il a twitté ces dix-huit mois et qui lui a permis de remporter la présidence, est aujourd’hui l’arme utilisée par l’opposition pour dénoncer les promesses non-tenues du président-élu.
Une stratégie qui devrait servir les Démocrates ces quatre prochaines années. 

 

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Les Républicains choisiront le neuvième juge de la Cour Suprême des Etats-Unis.

Nous le rapportions hier dans le Kiosque, Chuck Schumer a affirmé cette semaine que lui et ses quarante-sept autres confrères sénateurs bloqueraient systématiquement toute nomination du neuvième et dernier juge de la Cour Suprême, comme les Républicains l’ont fait avec Obama, à la suite de la mort brutale d’Anthony Scalia en février dernier, et quitte à laisser le siège vacant … indéfiniment.

Le représentant de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a critiqué cette décision en invoquant la « Biden Rule », mise en place en 1992, qui stipule que la nomination d’un juge de la Cour Suprême ne peut être entérinée avant une élection présidentielle, « mais qu’elle peut être votée le jour du scrutin et après »; ce qui les autorise donc aujourd’hui à nommer leur juge. 
Sauf que les Républicains n’ont jamais voulu entendre parler de la proposition d’Obama avant les élections, et que ce dernier avait décidé symboliquement d’annoncer, Merrick Garland.

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Donald Trump et Julian Assange, les nouveaux BFFs

Non content d’avoir essayé de saboter la campagne de la candidate démocrate et avec elle le pouvoir de la classe dirigeante de Washington, qui représente selon lui un danger plus important pour les Etats-Unis que la nouvelle administration Trump, Julian Assange continue d’attiser un peu plus les dissensions entre Démocrates et Républicains.

Il a affirmé cette semaine sur Fox News que le piratage de la messagerie privée de John Podesta, le directeur de la campagne d’Hillary Clinton était un jeu d’enfants, que la Russie n’y était pour rien et que les médias américains « avaient été malhonnêtes » d’accuser Poutine d’avoir voulu influencer les élections présidentielles américaines.
Du pain béni pour Donald Trump qui s’est empressé de retweeter les propos du fondateur de Wikileaks, devenu ces derniers mois le chouchou des Républicains pro-Trump.
Irait-on vers une grâce présidentielle de Julian Assange?

Après la Russie, Donald Trump prend une nouvelle la défense d’une organisation étrangère, Wikileaks, condamnée par l’Administration Obama pour avoir révélé des documents secrets sur la guerre en Irak et en Afghanistan qui auraient mis en danger « la sécurité nationale », aux dépens des agences de renseignements américaines.

Lorsque les médias dénoncent cette collusion, le président-élu se défend « d’être en accord avec Assange » et affirme « simplement déclarer ce que [Assange] a déclaré », et qu’il le fait « pour les Américains ».

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No Pants Subway Ride

Dimanche aura lieu à New York, et dans vingt-cinq autres villes du pays, la quinzième édition de la « No Pants Subway Ride« , une tradition annuelle qui consiste à porter des habits chauds sans pantalon, simplement vêtue d’une culotte ou un caleçon, dans le métro pour « faire réagir les autres passagers ». 

La première manifestation « No Pants Subway Ride » a été imaginée par Charlie Todd, le fondateur de Improv Everywhere, un collectif new yorkais « qui cause des scènes de chaos et de joie dans les lieux publics », en 2002.

Le premier trajet comprenait sept participants, tous des hommes. Un participant est entré dans la rame sans pantalon et a circulé sur sept stations consécutives. Ils prétendaient ne pas se connaître les uns les autres, et si on leur demandait ils disaient qu’ils avaient « simplement oublié » leur pantalon. Au huitième arrêt, quelqu’un est entré avec un duffle bad qui vendait des pantalons pour un dollar.

La dernière édition de 2016 (vidéo ci-dessous) a rassemblé quatre mille personnes et devrait attirer autant de monde cette année. Le dossier de presse encourage les journalistes intéressés par l’évènement à se joindre aux participants en enlevant leurs pantalons.

Comment le clan Clinton a réussi à discréditer Wikileaks

Les fakes news, Trump en bien profité durant cette campagne électorale extraordinaire jusqu’à être élu président des Etats-Unis d’Amérique – mais le clan Clinton et certains médias « libéraux » aurait également eu recours à la désinformation pour tenter de discréditer Wikileaks selon The Intercept.

 

Twitter / Wikipedia

Au mois d’octobre dernier, dans la dernière ligne droite avant un scrutin électoral qui s’annonce comme un slam dunk pour Hillary Clinton, Wikileaks annonce la diffusion quotidienne de milliers de emails piratés dans la messagerie son directeur de campagne, John Podesta.


C’est la seconde fois en quelques mois que l’organisation de Julian Assange, qui n’a jamais caché son inimitié pour Clinton, met les Démocrates dans l’embarras.

Au mois de juillet, Wikileaks avait diffusé la veille de l’ouverture de la Convention Démocrate, les emails piratés du Comité Démocrate qui confirmait les soupçons de favoritisme des dirigeants du parti envers Hillary Clinton durant les Primaires.
Dans les deux cas, pas de révélations incroyables ou de scandales capable d’envoyer Clinton en prison, mais des révélations peu flatteuses sur l’organisation de la campagne, les phrases toutes préparées de la candidate, les attaques contre Sanders, les éventuels conflits d’intérêts de la Fondation Clinton ou encore les luttes internes autour du couple Clinton et de leur fille Chelsea.
Des informations qui n’ont fait que renforcer les doutes des électeurs américains sur l’honnêteté d’Hillary Clinton – une tactique déjà employée par les Républicains qui n’ont cessé durant les dix-huit mois de campagne de dénoncer le scandale de sa messagerie privée et de la Fondation Clinton – qui s’est révélée payante.

 

L’un des grands succès de Wikileaks, les emails piratés du DNC au mois de juillet

 

Pour tenter de limiter les dégâts occasionnés par la diffusion quotidienne des emails de John Podesta, les Démocrates ont déclaré qu’ils étaient « fabriqués » et « bricolés » et ne devaient pas être pris en compte. Des affirmations qui n’ont jamais été prouvées mais qui ont été relayés par de nombreux médias « libéraux » qui soutenaient Clinton.
L’idée était d’accuser Wikileaks d’être le pion de Poutine qui cherchait à influencer les élections américaines et ses résultats – confirmée par la CIA vendredi dernier – pour faire élire Donald Trump.

Donc toute promotion de ces emails, à la télé, dans les journaux et sur internet revenait, selon les Démocrates, à faire le jeu des Russes et aider Trump.
A l’époque Politifact avait affirmé que « si la plupart des emails n’ont pas été modifiés, [les experts] pensent qu’il y a une chance que quelques-uns aient été trafiqués » – Des propos partagés dans cette analyse par des spécialistes de la cybersécurité et une ancienne avocate de la NSA.

Pourtant la campagne de Clinton n’a pas été capable de fournir une preuve que certains des derniers emails piratés [ceux de Podesta] était frauduleux. Nous avons demandé à la campagne et ils nous ont redirigés vers le piratage du Comité National Démocrate, les inquiétudes du gouvernement sur les fausses preuves de fraude électorale, et faux sites d’infos qui diffusent de fake news sur les emails de Wikileaks.
(…)

Pourquoi est-ce que les proches de Clinton ne fournissent pas de preuves que les emails ont été trafiqués, en publiant par exemple les originaux?
Les experts pensent à un calcul politique.

En affirmant que les emails peuvent être faux, ils n’ont pas à répondre des faits énoncés dans ces emails.

Pour Glenn Greenwald, le fondateur de The Intercept, la désinformation du camp Clinton qui a été relayé par le mainstream media et les réseaux sociaux, est aussi dangereuse que celles produite par les sites alt-right pour favoriser Donald Trump

Affirmer que les emails diffusés par Wikileaks étaient falsifiés ou faux – et doivent dès lors ne pas être pris en compte – constitue de la désinformation diffusée non par des adolescents de Macédoine ou le Kremlin mais par des médias établis comme MSNBC, The Atlantic ou Newsweek. Et cette désinformation s’est répandue comme une traînée de poudre sur internet, a été lue et partagée des dizaines de milliers de fois par des gens déterminer à y croire. Le résultat de cette campagne délibérée de désinformation, c’est que quiconque s’est intéressé à ces emails s’est vu dire qu’ils étaient faux.

Des journalistes sérieux ont relayé des fake news uniquement par ce qu’elles servaient leur candidat et ont volontairement tenté de discréditer Wikileaks sans jamais s’être rétractés depuis – même après les aveux d’un supporter pro-Clinton recueillis dans le Daily Beast au mois de novembre.

Le problème ici va bien au delà de l’hypocrisie. Les plaintes à propos des fakes news sont typiquement accompagnés d’appels à des solutions qui impliquent la censure ou la suppression, que ce soit du gouvernement ou des géants de la technologie comme Facebook. Mais en attendant de s’entendre sur une définition précise des fake news et en attendant qu’on reconnaisse qu’elles ont été diffusés par ceux-là mêmes qui les dénoncent le plus, les dangers posées par ces solutions sont toutes aussi importantes que le problème en lui-même.