Le kiosque du 8 janvier 2018

 

Bon lundi à tous!

Une actualité chargé aujourd’hui avec les Golden Globes, les ambitions présidentielles de Oprah, sa référence à Recy Taylor,
Les mesures contre l’immigration légale et illégale de Trump, les « Fake News Awards » et la finale du championnat universitaire de football américain.

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1. Les Quotidiens

A. Juste pour le plaisir

Le tabloïd new yorkais, contrairement à son rival du New York Post, n’a jamais caché son inimitié pour Donald Trump et la nouvelle Maison Blanche, rebaptisée au lendemain du 8 novembre 2016, « The House of Horrors ».
Alors quand Steve Bannon décide, dans un acte de désespoir à peine caché, de présenter des excuses au fils du président pour l’avoir traité de traitre parce qu’il a essayé d’obtenir des informations incriminantes sur Hillary Clinton pendant la campagne présidentielle, en expliquant que l’accusation était en réalité destinée à Manafort – lui aussi présent lors de ce meeting – naturellement le Daily News s’amuse à remuer le couteau dans la plaie.

Comme l’explique Streiff dans RedState,

« [Steve bannon] n’avait qu’une seule chose à faire à la sortie du livre [‘Fire & Fury’]: Réaffirmer ses propos et devenir la voix de l’insurrection populiste. Au lieu de cela, il s’est répudié. Ca ne fonctionnera avec personne. »

 

 

B. La finale du championnat universitaire de Football américain

C’est l’un des évènements sportifs de l’année, la finale du championnat universitaire de football américain qui oppose ce soir les « Crimson Tide » de l’université d’Alabama aux « Bulldogs » de l’université de Géorgie, dans le stade Mercedes Benz d’Atlanta.
Les 75 000 tickets ont été vendus 2000 dollars en moyenne, un record pour une finale de championnat universitaire.

L’équipe d’Alabama entraînée par Nick Saban sont les favoris pour remporter leur quatrième championnat en huit ans. AL.com

Dommage pour le président qui a décidé d’assister au match à la dernière minute, il n’y aura aucune polémique possible ce soir autour du « Take a Knee » car les deux équipes resteront dans les vestiaires pendant l’hymne national.

 

 

2. Oprah 2020!

J’aime cette analyse du New Yorker sur les 75ème Golden Globes qui ont eu lieu hier soir à Los Angeles; une cérémonie au cours de laquelle tous les invités étaient vêtus de noir à l’initiative de « Time’s Up », cette organisation créée par plusieurs centaines de femmes pour lutter contre les discriminations sexuelles.

« La nuit dernière a été l’occasion d’une prise de pouvoir féministe décisive qui a duré jusqu’à la dernière enveloppe. Les femmes ont collectivement et avec défiance, dominé cette soirée.
Il faut remonter aux rubans rouges de AIDS au milieu des années 90 pour trouver une déclaration politique et vestimentaire presque aussi efficace que les robes et smokings noirs qui ont inondé l’entrée du Beverly Hilton, dont la plupart arboraient un pin’s ‘Time’sUp' ».

 

Parmi les phrases les plus acclamées du discours « présidentiel » de Oprah Winfrey:

Je veux que toutes les filles qui regardent ce soir, sachent qu’un nouveau jour est à l’horizon, et quand ce jour arrivera finalement, ce sera grâce à toutes les femmes merveilleuses, dont beaucoup sont ici ce soir, et aux hommes exceptionnels, qui se seront battus corps et âmes pour devenir les leaders d’une époque où plus personne n’aura à prononcer « Me Too ». 

 

Selon Brian Stelter qui cite deux sources proches de Oprah Winfrey, elle penserait effectivement à se présenter aux élections de 2020 et les médias sociaux semblaient ravie d’une telle initiative.

C’est là qu’il est tout de même important de garder la tête froide, à l’instar Glenn Greenwald qui nous rappelle que certes, Oprah est une grande dame du divertissement, une self-made milliardaire, une libérale amie des puissants dont Barack Obama, mais qui n’a AUCUNE expérience en politique.

Finalement, l’une des grandes réussites de la soirée d’hier? Pour une fois, on n’a quasiment pas entendu parler du président, et ça fait du bien!

* « The 2018 Golden Globes: Oprah Leads a Decisive takeover » – The New Yorker
* « Sources: Oprah Winfrey ‘actively thinking about running for president » – CNN* « Oprah Winfrey for president: Have all gone bonkers? » – The Intercept

 

 

3. Le viol de Recy Taylor

Dans son discours des Golden Globes hier, Oprah Winfrey a cité l’histoire de Recy Taylor, une Afro-Américaine, originaire d’Alabama, violée en 1944, à l’âge de 24 ans, par un groupe de jeunes blancs, en revenant de l’église; des agresseurs qu’elle a dénoncé malgré les menaces, qui ont fini par avouer leur crime sans jamais être inculpés, provoquant à l’époque la colère de la communauté noire …

Et l’intérêt d’une certaine Rosa Park, qui travaillait à l’époque pour la NAACP, l’Association Nationale pour la Promotion des Gens de Couleur, et donné un écho national à ce scandale, obligeant le gouverneur de l’Alabama à relancer l’enquête et convoqué un jury qui a refusé, une nouvelle fois, d’inculper les agresseurs.

Rosa Park rentrera dans l’histoire en 1955 en refusant d’obéir à un chauffeur de bus de Montgomery en Alabama, qui lui demandait de laisser sa place, pourtant réservée aux gens de couleurs, à un blanc car la section des « blancs » était pleine.

Un documentaire sur Recy Taylor, de Nancy Buirsky, encensé par la critique, est sorti à l’automne dernier.
La bande annonce est ici.

* « The Real Story of Recy Taylor who Oprah paid tribute to in Golden Globes Speech a week after her death » – The Daily Mail

 

 

4. Les démocrates seront-ils là pour les « Dreamers »?

Le Congrès américain a deux semaines pour trouver un accord sur le budget pour éviter la suspension des activités gouvernementales fédérales, et les discussions devraient tourner autour du sort des « Dreamers », ces centaines de milliers jeunes immigrés arrivés illégalement aux Etats-Unis lorsqu’ils étaient enfants, et qui bénéficient depuis Obama, d’une autorisation de résidence et de travail temporaire dans le pays.

En septembre dernier, Trump a mis fin au programme des Dreamers et demandé au Congrès de régler légalement leur statut avant début mars, date à laquelle leur visa vont commencer à expirer.

La semaine dernière, le président a demandé au Congrès 18 milliards de dollars sur dix ans pour financer son mur, le projet politique et symbolique le plus significatif de son programme présidentiel, et la condition sine qua non pour un éventuel accord sur les « Dreamers »: C’est le moyen de pression utilisé contre les Démocrates pour les obliger à accepter le financement du mur, qu’ils ont toujours refusé.

* « In next round of budget talks, ‘dreamers’ are set to dominate » – The Washington Post

 

 

5. Quand l’expulsion est une condamnation à mort

Un reportage glaçant du New Yorker cette semaine sur les dangers, parfois mortels, encourus par certains immigrés en situation irrégulière lorsqu’ils sont ramenés dans leur pays d’origine.

Ces dix dernières années, un nombre croissant d’immigrés inquiets pour leur sécurité sont partis vivre aux Etats-Unis puis ont été renvoyés dans leurs pays d’origine – avec l’aide des agents frontaliers, des juges d’immigration, politiciens et électeurs américains – où ils ont trouvé la mort.

Même si les arrestations à la frontière ont chuté, le nombre d’immigrés débarqués aux Etats-Unis parce que leur vie est en danger a augmenté. Selon les Nations Unis, depuis 2008, les demandes d’asile venant d’Amérique Centrale, notamment du Honduras, Guatemala et du Salvador, dominés par les gangs, ont quintuplé. En 2014, selon l’ONU, le Honduras avait le plus important le nombre de meurtres, suivi de près par le Salvador et le Guatemala.

L’administration Trump a annoncé aujourd’hui que 260 000 réfugiés du Salvador, accueillis aux Etats-Unis après les deux tremblements de terre qui ont ravagé leur pays en 2001, devront partir ou légaliser leur statut avant septembre 2009.

Une mesure de plus contre l’immigration après l’annonce en novembre dernier de la suppression du statut de protection temporaire offert aux 50 000 Haïtiens après le tremblement de terre de 2010.

La justification est la même dans les deux cas: Le statut offert aux réfugiés n’a jamais été celui d’une résidence à long terme, et les conditions de vie se sont améliorées dans les deux pays. Axios

* « When Deportation is a Death Sentence » – The New Yorker

 

 

6. Bientôt les « Fake News Awards »

Le « Daily Show » de Comedy Central a pris Trump à la lettre vendredi dernier en publiant une pleine page dans le New York Times faisant référence à l’annonce du président qu’il désignerait ce lundi « LES MEDIAS LES PLUS MALHONNETES ET CORROMPUS ».
Il a finalement décidé de repousser les « Fake News Awards » au mercredi 17 janvier prochain.
On attend avec impatience.

 

7. On vit une époque formidable

  • Viré par Google pour avoir fait circuler un mémo critiquant de la politique de diversité de l’entreprise, James Demore a décidé de contre-attaquer en portant plainte pour « discrimination à l’encontre des employés blancs ». Sérieusement. Buzzfeed

 

  • Le groupe anglais Radiohead a porté plainte pour plagiat contre Lana Del Rey, dont une chanson du dernier opus, « Get Free », serait une copie de leur hit, « Creep ». Les fans de la chanteuse s’en sont pris au groupe de Tom Yorke sur les réseaux sociaux avec le hashtag #RadioheadIsOverPartyBuzzfeed

 

  • Le New Jersey vient de lever l’interdiction de l’ouvrage de Michelle Alexander intitulée « The New Jim Crow. Mass Incarceration in the Age of Colorblindness » dans les deux prisons de l’Etat après que l’ACLU ait dénoncé cette censure auprès du Department of Corrections. The New York Times

 

  • Le président commencerait sa journée bien plus tard qu’auparavant – de onze heures du matin à dix-huit heures le soir – pour pouvoir se consacrer davantage a son « Executive Time », celui passé devant la télé ou au téléphone, entre quatre et huit heures chaque jour. – Axios

 

  • CNN a retrouvé une interview de 1999 entre Larry King et Donald Trump dans laquelle il affirme que son choix de vice président, s’il venait à se présenter, serait … Oprah! CNN

 

 

8. La Couverture du Jour

Dans un climat politique aussi intense et délétère que celui des Etats-Unis depuis la campagne présidentielle américaine, les médias sont plus que jamais les garants de la liberté d’expression, dangereusement remis en question par le président.

Ce sont des couvertures comme celles de Mark Ulriksen dans le New Yorker à l’occasion du Martin Luther King Day, célébré lundi prochain, qui participent et invitent au débat.

Intitulée « In Creative Battle » en référence à la première phrase de King lors de l’acceptation du prix Nobel de la paix en 1964 – « J’accepte le prix Nobel de la paix à un moment ou vingt-deux millions de Noirs, aux États-Unis d’Amérique, sont engagés dans une bataille créatrice pour mettre fin à la longue nuit d’injustice raciale » – l’auteur s’est demandé ce que ferait aujourd’hui le militant des droits civiques: Il se battrait aux côtés des joueurs de la NFL, Colin Kaepernick, ancien quarterback des 49Ers et Michael Bennett, des Seattle Seahwaks.

* « Mark Ulriksen’s ‘In Creative Battle' » – The New Yorker

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