Samedi 4 février 2017: Washington souffle, le NYtimes vs. Trump et Breitbart boycotté

 

  • La politique étrangère de Trump dans la continuité de celle d’Obama.
    Après le désastre de la « Travel Ban » orchestré par Steve Bannon et son acolyte, Stephen Miller, la semaine dernière, le Conseil de la Sécurité des Etats-Unis a repris les commandes de la politique étrangère et opéré des changements plutôt inattendus, qui s’inscrivent dans la continuité de celle de Barack Obama:
    1. Trump a demandé au gouvernement israélien d’arrêter l’expansion des colonies juives au delà des frontières actuelles de Jérusalem Est et des territoires occupés.
    2. De nouvelles sanctions sont imposées à l’Iran sur son programme de missiles balistiques mais pas sur celui sur le nucléaire est pour le moment épargné.

    3. Nikki Haley, ambassadrice américaine à l’ONU a condamné l’ingérence de Poutine en Ukraine et demandé le retrait immédiat des troupes russes de Crimée.
  • Le boycott de Breitbart continue.
    Sleeping Giants, une organisation née au lendemain du 8 novembre pour « stopper les sites racistes, antisémites, sexistes, et homophobes en attaquant leurs revenus publicitaires » a fait parler d’elle début décembre quand Kellogg’s a décidé de retirer ses pubs. Depuis 820 entreprises ont choisi de retirer leurs publicités de Breitbart, et parmi elles, BMW, Visa, Vimeo, T-Mobile, Nestlé ou encore Lyft.

    Cette démarche ne va pas ruiner Breitbart, et ses encarts publicitaires sont toujours remplis, notamment par Amazon, Uber ou AT&T; mais les revenus engendrés par ces publicités, qui dépendent des clics des internautes, seront moindres si les annonceurs sont plus limités et moins reconnus. 
  • The Guardian, l’un des plus importants sites internet d’infos et gratuit (40 millions de visiteurs mensuels) a créé un service d’inscriptions en ligne en 2014 qui a atteint les 200 000 abonnés en 2016. Le site du Guardian n’a pas de Paywall qui limite le nombre d’articles lus chaque mois, dont « les gens qui s’abonnent ne bénéficient pas de contenu exclusif et ils le font parce qu’ils pensent qu’il est important que le journalisme du Guardian reste gratuit » explique David Magliano, le directeur général du quotidien, à Digiday. Le quotidien à également reçu 100 000 contributions de lecteurs qui ont répondu positivement aux appels de dons.
    Leur objectif est d’atteindre un million d’abonnés en avril 2019.
  • Avant la diffusion du rendez-vous sportif de l’année, le Super Bowl, dimanche après midi, La chaîne Fox a programmé dans la matinée une interview exclusive de Donald Trump avec son présentateur star, Bill O’Reilly enregistrée hier à Mar-a-Lago, sa résidence de Palm Beach en Floride, où le président passe le weekend.
    Le Commander-in-Chief pensait que son interview serait diffusée pendant le Half-Time, mais la fameuse tranche horaire est devenu depuis les années 90, le show musical incontournable de la pop culture US, animé cette année par Lady Gaga.

    Mr O’Reilly, qui connaît Trump depuis trente ans, l’aurait avisé, hors caméra, de montrer un peu plus de patience et de retenu envers les critiques et ses adversaires qui pourraient chercher à la destituer.
  • Washington peut respirer le temps d’un weekend.
    Donald passe le weekend à Mar-a-Lago après deux premières semaines intenses à la Maison Blanche et Washington peut respirer à nouveau. Mais le président n’en n’a pas pour autant oublier de tweeter sur différents sujets entre hier soir et ce matin: les taxes imposées sur les produits américains à l’étranger, les pays du Moyen Orient « qui sont d’accords avec la [travel] ban », sur la décision « ridicule » du juge de Seattle de la bloquer « temporairement », et enfin sur sa cible préférée, le « FAKE NEWS @nytimes ». Ce matin, le quotidien a publié en une un article affirmant qu’il « était toujours étroitement lié à son empire ».
  • National Review a publié sur sa page Facebook hier un article de Conservative Review qui encense la façon dont Ronald Reagan a géré les émeutes étudiantes de Berkeley en 1969 lorsqu’il était gouverneur de Californie. Les forces de l’ordre à qui il avait demandé d' »utiliser tous les moyens nécessaires pour ramener le calme » avaient tué un étudiant et blessé 120 autres. « C’est la façon dont les manifestants anti-Trump qui détruisent la propriété, bloquent la circulation et insultent la police doivent être gérés ». L’article a été publié le 10 novembre dernier après les manifestations qui ont suivi l’élection de Donald Trump dans certaines universités et reposté à l’occasion des violences qui ont eu lieu à UC Berkeley cette semaine contre l’apparition du journaliste alt-right, Milo Yiannopoulos, qui a du être annulée.

         

  • La gauche est la proie d’un phénomène réservé – presque – jusqu’ici aux supporteurs de Donald Trump, les « fake news » nous explique The Atlantic. Rien à voir avec l’amplitude des trois mois qui ont précédé les élections mais beaucoup d’intox circule désormais sur les réseaux sociaux, directement inspirée par le comportement imprévisible de Trump et la confusion créée par la nouvelle administration ces deux dernières semaines, à l’instar du Palmer Report, du compte Twitter @RoguePOTUSStaff, selon le site internet est spécialisé dans la dénonciation des « fake news », snopes.com.
  • Le « White House Correspondant Dinner » tombe à l’eau.
    L’un des plus importants diners de gala de Washington qui réunit chaque année la crème des médias, de Hollywood et des politiques, est boycotté par deux de ses principaux sponsors, le New Yorker, qui a annulé la réception de la veille et Vanity Fair qui s’est retiré de l’organisation de l’After Party très exclusive qui a lieu dans la résidence de l’ambassadeur français, et désormais sous la seule responsabilité de Bloomberg Businessweek.

    Donald Trump n’a pas non plus confirmé sa présence compte tenu de ses relations conflictuelles avec les médias. Le seul intérêt de cette soirée sera sans doute la soirée « alternative » organisée par Samantha Bee, qui aura lieu le même soir, le 29 avril, dans la capitale

Le kiosque du lundi 30 janvier 2017

 

  • Des protestations ont eu lieu dans tout le pays dimanche contre la décision de Donald Trump de suspendre l’entrée de tous les réfugiés et des citoyens originaires de Libye, Syrie, Irak, Iran, Somalie, Soudan et Yemen sur le territoire américain pendant trois mois; considérée par ses détracteurs comme étant une #MuslimBan, une « interdiction des Musulmans » et que Rudolph Giuliani a d’ailleurs confirmé.
    Une quarantaine de rassemblements ont eu lieu dans les aéroports de New York, Washington, Boston, San Francisco, Dallas, Phoenix, …
  • Deux jours après sa signature et mise en place immédiate, l’administration Trump est incapable de définir précisément l’étendue de cette loi étant donné le manque de coordination avec les agences gouvernementales et les arrêts pris par trois juges fédéraux différents ce weekend. Les déportations ont été interdites mais pas l’entrée sur le territoire et aucun juge n’a tranché sur la constitutionnalité du décret présidentiel.
  • Donald Trump a réaffirmé hier sur la page Facebook que ce décret « [n’avait] rien à voir avec la religion. »

    Cela à avoir avec la terreur et la volonté de protéger notre pays. Il y a plus de quarante pays dans le monde entier peuplés majoritairement de musulmans qui ne sont pas affectés par cette loi. Nous continuerons à délivrer des visas à tous ces pays une fois que nous aurons décidé et mis en place des politiques plus sûres d’ici les trois prochains mois. »

  • Aucun ressortissant de ces pays n’a été impliqué dans un attentat sur le territoire américain ces quarante dernières années, contrairement à d’autres pays musulmans comme l’Egypte, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Arabie Saoudite, dans lesquels les Etats-Unis et Donald Trump ont des intérêts économiques et financiers.
  • Sur les 292 parlementaires républicains, vingt ont dénoncé le décret de président (qui les traités de « faibles »), quinze l’ont supporté et 257 ont préféré garder le silence, contrairement aux 202 parlementaires démocrates qui ont publiquement condamné la démarche de Trump, certains sont allés manifester dans les aéroports.
    Trente neuf seulement n’ont pas réagi.
    Tous devraient se réunir aujourd’hui devant la Cour Suprême des Etats-Unis, à Washington D.C., en signe de protestation.
  • De nombreux journaux dont le Los Angeles Times et le New York Times ont lancé des appels à témoins concernant les immigré(e)s touché(e)s par les mesures de Donald Trump afin partager leurs histoires.
    Les journaux télés et les réseaux sociaux donnaient hier des recommandations légales et pratiques aux centaines d’immigrés titulaires d’une Green Card qui sont toujours coincés dans les aéroports américains, face aux officiers de l’immigration et du Département de la Sécurité Intérieure, qui se sont engagés à appliquer les mesures de président et respecter les directives du Département de Justice
  • Les entreprises américaines ont réagi également ce week end à l’offensive de Trump contre les musulmans. Uber est boycottée après l’entrée de son co-fondateur, et actuel P.-D.G, Travis Kalanick dans le comité économique chargé de conseiller la nouvelle administration. Son concurrent Lyft a lui offert un million de dollars à ACLU, American Civil Liberties Union, qui a réussi à obtenir le premier revers de la #MuslimBan samedi soir ordonné par un juge de Brooklyn. L’association aurait récolté dix millions de dollars de donations ce weekend.
    Starbucks a annoncé vouloir engager dix mille réfugiés ces cinq prochaines années provenant des soixante quinze pays dans lesquels la compagnie est implantée et en commençant par tous ceux qui ont aidé l’armée américaine sur le terrain, comme les interprètes ou personnels de soutien.
  • #StopPresidentBannon
    Le président a réorganisé le Conseil National de Sécurité, une organisation administrative qui dépend directement de lui et qui le conseille sur des questions stratégiques de sécurité nationale, et dont l’influence est importante dans le domaine des Affaires Etrangères.
    Trump a décidé de remplacer le siège permanent de conseiller militaire, appartenant actuellement au Chef d’Etat-Major des armées, le général Joseph Dunford par son plus proche conseiller, l’ancien président de Breitbart News, le « Darth Vador » auto-proclamé de la Maison Blanche, auteur du discours d’investiture, de la plupart de ses décrets, et de la politique hostile envers la Chine et le Mexique, un ancien de la Navy et de Goldman Sachs qui haït la presse: Steve Bannon.
    L’influence qu’a pris cette figure du mouvement alt-right, et celle de son ami proche, Stephen Miller, dans la nouvelle administration, aux côtés du président inquiète les Démocrates et certains Républicains (John McCain). Bannon a commencé à collaborer il y a seulement cinq mois avec Donald Trump et ce dernier n’a aucune expérience sur les questions de sécurité. 
  • Le gouverneur démocrate de New York, Andrew Cuomo, a réagi hier soir à la première semaine de Donald Trump:« En tant que New Yorkais je suis musulman. En tant que New Yorkais je suis juif. En tant que New Yorkais je suis noir, gay, handicapé, une femme qui contrôle sa santé et ses choix. Parce en tant que New Yorkais, nous sommes une communauté – La communauté new yorkaise comprend tous ceux là. »

            

  • « Ca a pris trois ans à George W.Bush pour passer en dessous des 50% d’opinions favorables, ça a pris huit jours à Donald Trump ». Le président a commencé la présidence lundi dernier avec 51% de soutien dans les sondages et est tombé à 42% ce weekend. 
  • Michael Flynn Jr, le fils du conseiller à la Sécurité Nationale de Donald Trump, écarté de l’équipe de transition en décembre dernier après avoir défendu sur Twitter la théorie complotiste à l’origine du « pizzagate » – selon laquelle des suppôts de Hillary Clinton dirigeaient un réseau pédophile au sous-sol d’une pizzeria de Washington – a récidivé ce weekend en qualifiant le décret de Trump de « temporary #MuslimBan ».
    Une bourde qui l’a obligé à effacer son compte Twitter.

  • Hier soir à Los Angeles ont eu lieu les 23ème SAG Awards, les récompenses par le Screen Actors Guild, le syndicat des acteurs de cinéma et de télévision aux États-Unis, le second Roast de Donald Trump après l’officiel diffusé sur Comedy Central en 2011.
    Chacun a eu son mot à dire contre Donald Trump: le casting d’Orange is the New Black, Mahershala Ali de Moonlight, Julia Louis Dreyfus pour Veep, Ashton Kutcher, Brian Cranston, William H Macy, Kerry Washington, Emma Stone, le casting de Stranger Things.

    Le discours le plus drôle a été celui de Lily Tomin, introduite par Dolly Parton, qui a parlé de sa carrière, de ses ratés, de sa partenaire et de sa prochaine pancarte à la prochaine marche. Le plus Rock’n’Roll était celui du casting surexcité et révolté de Stranger Things, via les propos de l’acteur David Harbour et les mimiques de Winona Ryder Le plus émouvant était celui de Mahershala Ali, ci-dessous