18.10.17

 

 

1. Nora, le petit ours polaire

 

 

Pour promouvoir leur série de reportages sur Nora, le petit ours polaire, abandonné par sa mère et élevé depuis deux ans dans le zoo de Portland, The Oregonian, le premier quotidien d’Oregon, a transformé sa une en un coloriage du petit animal destiné aux enfants.

A LIRE: La série de cinq parties sur « The Loniest Polar Bear »The Oregonian

 

 

 

2. Trumplandia

 

  • « Si tu es un parlementaire, ou juste un observateur à Washington, comment interpréter les propos du président quand il dit trois choses différentes en moins de six heures? » – Politico Playbook sur les revirements de Trump concernant la proposition jointe des Démocrates et Républicains visant à financer une partie des coûts d’Obamacare.
    Dernière minute: Il semblerait qu’après avoir approuvé l’accord, Trump lui retire son soutien.

 

  • « Après 12 jours de silence, puis une attaque contre Obama: Comment Trump a géré la mort de quatre soldats » – Le genre de polémique dont le président raffole, il n’avait pas appelé lundi les familles des quatre soldats morts au Niger dix jours plus tôt et a accusé les anciens présidents, dont son prédécesseur, de faire pareil. Il a même eu la délicatesse de mentionner la mort du fils de John Kelly, son chef de Cabinet, mort en Irak en 2011. – The Washington Post
    La polémique a empiré cet après midi après les propos « insultants » de Trump à la mère d’un des soldats tués: « De toutes façons, il savait à quoi s’attendre »

 

  • A force de discréditer et d’attaquer les médias, Trump réussit à convaincre de plus en plus d’Américains: Selon un sondage de Politico/Morning Consult Poll, 46% des électeurs pensent que les médias fabriquent les informations sur Trump et son administration. 37% pensent le contraire. Le reste ne sait pas.
    28% affirment que le gouvernement fédéral devrait être capable de suspendre l’autorisation de diffusion de certaines chaînes télé comme le président l’a suggéré. – Politico

 

 

3. Breitbart, « la machine de guerre »

 

  • L’enquête du journaliste de Buzzfeed News, Joseph Bernstein, sur le site Breitbart, révèle à travers une correspondance entre Steve Bannon, Milo Yiannopoulos et leur investisseur, la famille Mercer, comment le site « tolère » et « encourage » les voix « les plus haineuses et racistes de l’alt-right » pour qu’elles pénètrent l’espace public américain:
    On découvre l’obsession de Bannon pour cette « guerre » contre la pensée libérale, comment est-ce qu’il a poussé Yiannopoulos à des propos toujours plus incendiaires et utilisé les agents de sécurité de Mercer pour le protéger lors de sa tournée « The Dangerous Faggot Speaking Tour ».
    On apprend que Yiannopoulos a consulté des bloggeurs néo-nazis pour la préparation de son guide sur l’alt-right, qu’il n’a même pas écrit, ou encore que Rebekah Mercer a utilisé le site pour forcer Apple à héberger son application anti-Clinton, « Capitol HillAwry »

    L’article très documenté décrit également la nébuleuse que Yiannopoulos s’est créée sur internet auprès des trolls et autres racistes, dont les noms et prénoms sont révélés, qui apportent quotidiennement leur lots de théories, de tips, de nouvelles polémiques ou scandales qu’on peut retrouver le lendemain sur le site Breitbart.
    * « Alt-White: How The Breitbart Machine Laudered Racist Hate »Buzzfeed News

 

 

 

4. Une famille qui ne connait pas la crise

 

Buzzfeed

 

  • La famille Sackler, très respectée dans le cercle philanthropique américain, qui a donné des millions de dollars aux institutions les plus prestigieuses du monde en échange d’une salle (au Met et Guggenheim à New York, au Louvre à Paris, à la Royal Academy de Londres) ou d’un Institut universitaire (Cornell, Columbia, McGill, King’s College), n’a jamais commenté sur les origines de leur fortune estimée à 14 milliards de dollars:
    L’OxyContin.

 

  • L’anti-douleur le plus dangereux commercialisé en masse aux Etats-Unis à partir au milieu des années 90, à travers des campagnes publicitaires agressives et mensongères concernant les dangers de dépendance du médicament, et qui est à l’origine de la crise des opiacés dits « de synthèse » qui a fait plus de deux cent milles morts ces vingt dernières années.

    Les dirigeants de la famille ont remporté trois des plus succès commerciaux de l’époque moderne: Le premier est la vente de l’OxyContin, la seconde est la promotion de la famille Sackler et le troisième est d’avoir réussi que le public ne fasse jamais la connection entre le premier et le second.

    * « The Secretive Family Making Billions from the Opioid Crisis » – Esquire

 

 

 

5. On vit une époque formidable

 

  • Snapachat est le réseau social préféré des adolescents américains et la tendance s’intensifie chaque semestre: ils étaient 24% à utiliser la plateforme au printemps 2016 contre 23% et 15% pour Instagram et Facebook. Un an et demi plus tard, ils sont la moitié a préféré Snapchat à Instagram (24%) et Facebook (7%).
    A retenir: Facebook, c’est le réseau social des vieux, Instagram c’est pour les adultes qui ne savent pas se servir de Snapchat, et Snapchat c’est pour adolescents de 16 ans.
    Twitter, on ne sait pas trop…


    Les 173 millions d’utilisateurs quotidiens de Snapchat ont convaincu NBCUniversal de s’associer avec la compagnie mère, Snap, et de monter un studio à Hollywood qui sera dédié à la création de contenus originaux diffusés sur la plateforme et adaptés aux téléphones portables. – Variety

 

  • Le podcast du New York Times, « The Daily » cartonne depuis son lancement au début cette année avec 100 millions de téléchargement et une popularité qui croît de 34% depuis juin.
    Un véritable phénomène pour un rendez vous quotidien de plus de 20 minutes qui « devrait pousser les leaders des médias à penser le pouvoir révolutionnaire de l’audio numérique. – The Street

 

  • Slate vient de créer un blog dédié à la matinale préférée du président, « Fox and Friends », qui provoque souvent des déferlantes de tweets du président grâce à des sujets racoleurs et polémique – « Watching Fox » sur Slate

 

 

  • Qui a pensé une seconde que vendre un costume de Anne Frank sur internet pour Halloween était une bonne idée? Sérieusement. « Maintenant votre enfant peut être une héroïne de la Seconde Guerre Mondiale » nous explique la description du produit qui a été très vite été retiré du site. – The Washington Post


 

  • Autre belle bourde du Scaramucci Post, le blog d’infos de feu-« The Mooch », Anthony Scaramucci qui a eu dix jours de gloire cet été comme directeur de la communication de la Maison Blanche: Un sondage demandant aux abonnés « combien de juifs avaient été tué durant l’Holocauste? » a été rapidement retiré et The Mooch s’est excusé. – Vanity Fair

 

6. La couverture du jour

 

  • Peter Bart, rédacteur en chef de Variety​, pendant 20 ans (1989-2009) est accusé d’avoir fermé les yeux sur les abus de son ami, Harvey Weinstein. Un silence qui a aidé le producteur à devenir l’un personnage les plus influents de Hollywood et Variety a devenir le magazine de référence de l’industrie du cinéma – The HuffPost

Le Kiosque du 02.05.17: Nouvelle extrême droite US – Bret Stephens au NYT – Milo Inc. – Lobby Lewandowski

 

  • le lobby de Corey Lewandowski

    L’ancien manager de campagne de Donald Trump, remplacé par Paul Manafort en juin 2016, lui même remplacé par Kellyanne Conway deux mois plus tard, est resté très proche du président – qu’il peut apercevoir depuis son bureau de Washington situé en face de la Maison Blanche. Après une courte carrière de commentateur sur CNN, il « conseille » aujourd’hui le secteur privé sur les différents moyens de défendre leurs intérêts auprès du pouvoir mais refuse de s’enregistrer comme un lobbyiste.

    Selon Politico, « non seulement il vend à ses clients du monde entier ses conseils en politique mais aussi des « face time » avec le président Trump, le vice-président Mike Pence et des membres de l’administration »

    Un document de la compagnie internationale de conseil de Corey Lewandowski donné à un politicien de l’Europe de l’Est promet d’arranger des rencontres avec des responsables de haut placés, y compris Trump, Pence, et autres membres clés de l’administration et alliés du président.

    Voici l’interview de Corey Lewandowski (à partir de 4’16 ») peu après l’investiture de Donald Trump réalisée par un journaliste du Guardian qui est « complètement dégouté » lorsqu’on lui demande si son entreprise n’est pas en contradiction avec la promesse du président de se débarrasser des puissants lobbys de Washington. (« Drain the Swamp »).

    * « Lewandowski’s firm appears to offer Trump meetings » – Politico
    Hope against hypocrisy as Trump joins the swamp – The Guardian

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  • La Nouvelle Droite réactionnaire

    New York magazine

    * Importante enquête de New York magazine sur la « nouvelle droite », cette « puissante contre culture » qui a réussi à se hisser au pouvoir pour la première fois dans l’histoire politique américaine: « L’alt-right ou nouvelle droite » combine « les idéaux d’isolationnisme, de protectionnisme et de nationalisme », le tout saupoudré de « nativisme blanc », de militantisme « pro-hommes », d’antisémites, d’adolescents énervés et de théories du complot.

    C’est un mouvement qui est né en réaction à la présidence d’Obama, « à un président noir, à une femme candidate, à l’idée que la diversité et l’inclusion et la plupart des mouvements sociaux du 20ème siècle sont aux antipodes du progrès », que les minorités, dont font partie les femmes et les « forces de la technologie, de la mondialisation et de la finance » se sont imposés aux dépens « des anciens chefs du royaume » [hommes blancs].

    Le mouvement est réactionnaire, hostile à la modernité mais en utilise tous les ressorts technologiques et numériques, notamment les réseaux sociaux (les fameux trolls d’internet)

    * Leur « conception du monde entièrement basé sur le ressentiment » a des cibles privilégiées: Les immigrés, les « globalistes » (en faveur de la mondialisation), les « snowflakes » (les étudiants offensés par les blagues racistes, sexistes et homophobes), les féministes, les interventionnistes (pour une intervention de l’Etat dans les affaires du pays), les journalistes (ou les médias libéraux) et les élites (les « riches marionnettes d’un Occident en décadence »)

    Toute la semaine, on reviendra sur les différents thèmes de cette excellente enquête

    *  » Beyond alt. The extremely reactionary, burn-it-down radical, new fangled far right » – New York magazine

 

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Dean Baquet, le rédacteur en chef du New York Times, a justifié l’arrivée de Bret Stephens, ancien commentateur du Wall Street Journal dans le comité éditorial par la volonté de faire valoir différents points de vue, et retenir la leçon du fiasco des élections présidentielles.

Un choix qui a fait couler beaucoup d’encre car Mr Stephens a tenu des propos très polémiques par le passé sur des sujets aussi sensibles comme Black Lives Matter ou encore l’épidémie de viol dans les campus américains. 
Sa première colonne, intitulée « Climate of Complete Certainty » sur le thème très cher aux libéraux américains du changement climatique, publiée à la veille de la grande marche pour l’environnement de Washington, a comme prévu défrayé la chronique.

Selon lui, le désastre de la campagne électorale de Hillary Clinton peut s’expliquer par l’importance qu’elle a accordé aux données statistiques et sondages – qui se sont révélés complètement faux – aux dépens du « vieil ordre des consultants politiques » devenu « obsolète ».
Le même raisonnement pourrait s’appliquer à certains militants écologistes dont les arguments sont plus alarmistes que leur confrères scientifiques.

Je ne renie pas le changement climatique et ses conséquences éventuellement catastrophiques. Mais les citoyens ordinaires ont aussi le droit d’être sceptiques vis-à-vis d’un scientisme démesuré.
(…)
Peut-être que s’il y avait moins de certitudes quant à l’avenir du climat, plus d’Américains seraient intéressés par une conversation raisonnée sur ce sujet. 

Les arguments de Stephens étaient faibles et les critiques ne se sont pas faites attendre (1 500 commentaires passionnés), certains abonnés ont même menacé de suspendre leur abonnement au quotidien et les autres journalistes s’en sont donnés à coeur joie (Slate, Washington Post, ThinkProgress)

* « Climate of Complete Certainty » – Brett Stephens / The New York Times
* « Who is afraid of Brett Stephens » – Politico magazine

 

  • somethingnice@nytimes.com
    Credit Lauren Tamaki

    Pas une blague. Pour essayer davantage de supporters de Donald Trump, le « Sunday Review » du New York Times a lancé un appel aux supporters du président pour qu’ils décrivent « les bonnes choses » accomplies par le Commander in Chief pour le pays.
    Une adresse email a été mis en place à cet effet et chaque semaine, on en apprendra davantage sur l’opinion de ces gens.

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  • Milo Inc.

    L’ancien « journaliste » de Breitbart qui a fait de la provocation sa spécialité avant de tomber en disgrâce il y a deux mois après la diffusion d’anciens enregistrements dans lesquels il défendait les relations pédophiles – il a démissionné du site alt-right, la sortie de son autobiographie et une intervention à la CPAC ont été annulées – revient sur le devant de la scène médiatique avec Milo Inc. .
    L’idée? Continuer à lutter contre le politiquement correct, jeter de l’huile sur le feu des tensions existantes entre antifas et pro-Trump, notamment dans les universités, et essayer de se faire une place aux côtés d’autres institutions de la droite réac américaine: The Blaze, The Gateway Pundit, Infowars.

    Milo Inc veut transformer la vie des journalistes, professeurs, politiciens, féministes, militants de Black Lives Matter et autres victimes professionnelles en véritable cauchemar!

    * « Milo Yannopoulos is starting a new, ugly, for profit troll circus » – Vanity Fair

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  • Agressions sexuelles dans les écoles américaines

    Une enquête de plus d’un an effectuée par des journalistes de Associated Press révèle que 17 000 agressions d’ordre sexuel auraient été perpétrées entre élèves dans les écoles primaires du pays entre 2011 et 2015 – un chiffre très important mais loin de refléter la réalité du phénomène car la plupart de ces agressions seraient passées sous silence par les professeurs, pas sanctionnées par l’établissement et ou encore réglées à l’amiable.

    Les établissements ne sont pas tenus de reporter les actes de violence sexuelle, et les dénoncer pourraient leur apporter des problèmes avec la justice, les plaintes des parents et lui infliger une mauvaise réputation.
    Le silence des autorités administratives peut pourtant avoir des conséquences catastrophiques sur les enfants. 

    Du viol à la sodomie, au sexe oral forcé ou des caresses non désirées, la violence sexuelle que AP a recensé est souvent interprété comme du harcèlement, bizutage ou relations consensuelles. Ca arrive partout où les étudiants sont laissés sans surveillance: toilettes, couloirs et vestiaires.
    Aucune école n’est immunisée qu’elle soit située dans une banlieue chic ou dans une ville d’ouvriers.

    Les statistiques montrent que ce genre d’incidents arrive au moment de la puberté, et que 80% sont caractérisées comme des « caresses non désirées », certaines agressions vont jusqu’au viol, comme les deux exemples décrits en détail dans l’article.

    Les journalistes vont même jusqu’à comparer les « agressions sexuelles » entre étudiants-enseignants et entre les étudiants eux-mêmes: « Pour chaque attaque d’un adulte envers un enfant dans un établissement scolaire, il y a sept agressions commises par des adolescents. »

     * « The Hidden Horror of Sex Assault by Students » – Associated Press

 

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  • Couverture du Jour

Dimanche 26 février 2017: Tom Perez, président du DNC; Conway dans Elle; Chelsea Clinton Tweete; Facebook, plate forme de l’opposition + Oscars!

 

Un nouveau président pour le parti démocrate

Le protégé d’Obama, son ancien ministre du Travail, Tom Perez a remporté samedi à Atlanta la présidence du Comité National Démocrate, qui vient de passer une année 2016 difficile: coupable d’avoir favorisé Hillary Clinton aux dépens de Bernie Sanders – un indépendant devenu démocrate repassé indépendant – pendant les primaires démocrates, suscitant la fureur des supporters de Bernie, et provoquant la démission de la présidente, Debbie Wasserman le jour de l’inauguration de la Conférence Nationale Démocrate, et surtout responsable avec la candidate de la perte des élections présidentielles. 
Le rival de Perez, Keith Ellison, était soutenu par Bernie Sanders et ses militants, qui ont laissé éclater leur colère à l’annonce des résultats … et suscité l’ironie de Donald Trump, qui a accusé Hillary Clinton d’être derrière cette élection.
Keith Elisson a été nommé dans la foulée vice-président du DNC et les deux hommes ont annoncé vouloir travailler ensemble à unifier le parti entre les tendances progressistes (les jeunes et Bernie Sanders) et celles de l’establishment, accusé de défendre les intérêts des entreprises.

 

Kellyanne Conway dans Elle

Barry Blitt / New Yorker

Virée des plateaux télés pendant une semaine pour avoir enchaîné les faits alternatifs, interdite d’antenne sur Morning Joe qui questionne sa crédibilité, Kellyanne Conway est retournée en terrain conquis mercredi sur Fox News et fait l’objet d’un article plutôt sympathique dans Elle qui rappelle « son extraordinaire influence, et les liens personnels et idéologiques qui l’ont fait tenir pendant les pires moments. »
Première femme à gérer et remporter une campagne présidentielle – même si elle est arrivée sur le tard – Mme Conway prépare cette victoire depuis une vingtaine d’années, grâce à une longue liste de clients et de causes qu’elle a patiemment choyé et défendu, grâce son expérience des élections – elle a ouvert une agence The Polling Company/Woman Trend spécialisée dans les comportements électoraux de la gente féminine, et une attraction presque fatale pour les médias, surtout les plateaux télés.

Une nouvelle Chelsea Clinton

La fille de Bill et Hillary s’est faite remarquée ces dernières semaines sur Twitter où elle a lancé quelques bonnes attaques contre Donald Trump et la nouvelle administration – une attitude qui contraste avec la discrétion observée pendant toute la campagne présidentielle, avec de rares apparitions publiques et des discussions sur les « éléphants et l’hydratation » sur les réseaux sociaux. « Mais la défaite de Hillary Clinton et la victoire de Donald Trump nous ont offert une nouvelle Chelsea: Provocatrice, punchy et qui cherche pour la première l’attention sur la scène politique ».



Pour le New York Post, tout indique Chelsea Clinton a choisi de poursuivre la carrière de ses parents, peut être un poste au Congrès dans l’Etat de New York. Une occasion pour le tabloïd pro-Trump de critiquer la jeune femme de 34 ans: « C’est le problème. L’Amérique est fatiguée des dynasties politiques, et Chelsea est quand même prête a se présenter, avec les casseroles de ses parents: l’avidité, l’idée qu’elle puisse faire de la politique et le plus grand défaut de sa mère, son incapacité à connecter avec le peuple américain.
En attendant de se prononcer sur un quelconque avenir politique, Mme Clinton continue de travailler pour la fondation de ses parents, vient de co-publier un livre « Governing Global Heath » et donne des cours comme professeure adjointe à Columbia University.

« Chelsea Clinton lets loose on Twitter » de Anne Karni dans Politico 

 

Recrudescence de l’opposition anti-Trump sur Facebook

Après la multiplication des sites pro-Trump pendant la campagne présidentielle et ont l’influence qu’ils ont eu sur le résultat des élections, c’est au tour des sites de l’opposition d’utiliser la plate forme pour mobiliser les internautes.
« Le nombre de pages anti-Trump de gauche, la plupart inexistantes avant le 8 novembre, sont désormais aussi populaires que les publications présentes depuis des années ».

La page de Dan Rather, « News & Guts », qui offre une agrégation d’articles et d’informations anti-Trump introduits par des commentaires accrocheurs, a reçu près de un million d’abonnés en trois mois. « Je pense qu’on plaît parce qu’on essaye d’être candide et direct (…) On ne perd pas de temps à débattre sur les mots à utiliser. Je veux qu’on soit direct qu’un coup de poing en pleine figure. » explique l’ancien journaliste
Alors que la plupart des pages pro-Trump relayaient de l’intox, parfois à la limite du ridicule, celles anti-Trump s’appuient sur des sources sérieuses, les médias traditionnels – les fake news du président Trump – qui font l’objet d’un regain d’intérêt de la part des libéraux ces derniers mois – notamment avec une hausse record des abonnements. Les autre pages à suivre sont « Stand Up America » (983 000 abonnés) et « Donald Trump is not my President » (422 000 abonnés)

« Facebook Anti-Trump new surge » de P. Sterne & A. Weprin dans Politico

Le président snobe le White House Correspondant Dinner 

Donald Trump a tenu à annoncer personnellement qu’il ne participera pas au diner de la White House Correspondents’ Association qui a eu lieu tous les ans au mois d’avril – au cours duquel il avait été humilié par Barack Obama en 2011. Le vice-président Mike Pence et Reince Priebus devraient le remplacer.
L’association, fondée par des journalistes en 1914, est en charge des accréditations permettant l’accès aux conférences de presse de la Maison Blanche et du président. Sean Spicer, le porte parole de Maison Blanche a refusé arbitrairement vendredi l’accès de la briefing room à Politico, The New York Times et CNN.



Hier, Bloomberg LP a également annoncé l’annulation du gala d’après diner à l’ambassade française de Washington – l’une des soirées les plus courues, « équivalent des Oscars » de la capitale – prévu le 29 avril prochain.
Un porte parole de la compagnie a affirmé que le « peu d’intérêt suscité par cette soirée, cette année, avait poussé les organisateurs l’annuler » préférant se concentrer sur le dîner.
Vanity Fair s’était retiré de l’organisation du gala plus tôt ce mois-ci; le New York Times et CNN pourraient ne pas participer à la soirée, organisé pour allouer des bourses à des étudiants d’école de journalisme.
La réunion du gotha journalistique, politique et de Hollywood devrait pâle figure cette année, l’évènement n’a pas grand intérêt étant donné les mauvaises relations du président avec la presse.
Samantha Bee, elle, n’a pas encore annulé son « contre » dîner qui aura lieu à Washington le même soir.

Milo fauché par une canadienne de 16 ans

Milo Yiannopoulos, abhorré autant que célébré ces derniers mois pour ses provocations à l’encontre des Musulmans, des femmes et des minorités, a démissionné lundi du site d’infos alt-right Breitbart après la diffusion d’une vidéo datée de 2016 dans laquelle il défendait les relations entre jeunes adolescents et adultes. 
La fameuse vidéo a été retrouvée par une adolescente de 16 ans, originaire du Canada, après avoir appris la participation de Milo à la Conservative Political Action Conference, le rendez annuel des Républicains. Une décision controversée symptomatique selon elle de la dangereuse direction prise par les conservateurs – ces derniers ont expliqué avoir invité le journaliste anglais pour discuter de la liberté d’expression dans les universités.
« Milo incarne cette tendance atroce qu’est devenu ces dernières années, le Conservatisme des Millenials complètement différent du conservatisme traditionnel » qui consiste à attaquer la gauche plus qu’à défendre des principes » explique la jeune fille prénommée Julia.
Elle est tombée sur cette vidéo il y a plusieurs mois, l’a retrouvée et l’a transmise au site conservateur The Reagan Battalion pour davantage de publicité. La vidéo de cinq minutes postée dimanche dernier sur leur compte Twitter a provoqué la chute de Milo (le contrat avec la maison Simon & Schuster et sa présence à la Conservative Political Action Conference annulés) jusqu’à son départ du site ultra-conservateur annoncé en conférence de presse lundi dernier. 
Comme l’explique Vox, « beaucoup de critiques ont essayé et échoué à faire tomber Yiannopoulos, des féministes aux libéraux qui détestent ses messages de haine. Des efforts qui ont souvent eu l’effet contraire et renforcé les soutiens de sa base (…) Mais cette adolescente à réussi à faire tomber Yiannopoulos en énervant la gauche et la droite à la fois. »

The Oscars

Les Oscars devraient être politiques ce soir lors de la 89ème cérémonie du cinéma qui devrait récompenser les deux grands favoris: La La Land et Moonlight. 

Vanity Fair

 

Mercredi 22 février 2017: Des Républicains choqués; « Deportation Nation »; Obamacare résiste + #OscarsSoWhite

  1. Milo: le clap de fin

    Communiqué de Milo Yiannopoulos pour annoncer sa démission de Breitbart

    Il était sombre le Milo hier, pas vraiment d’humeur à insulter une femme voilée, un transgenre, à lancé à l’actrice afro-américaine Leslie Jones qu’elle est « illéttrée » … Le provocateur a surfé sur la vague « conservatrice », « libertarienne » et « politiquement incorrecte » lancée par Donald Trump depuis deux ans et justifié ses propos haineux sur le principe sacré de la liberté d’expression jusqu’à ce que ses propos sur la pédophilie choquent ses soutiens républicains et jusqu’à ses collègues de Breitbart – et il en faut pour les bousculer.
    Aux Etats-Unis, le Premier amendement, considéré comme une liberté fondamentale de la Constitution et de la société américaine, autorise et protège les citoyens et journalistes à dire ce qu’ils veulent sur à peu près tous les sujets par provocation ou non – contrairement à la France qui interdit la discrimination et les discours de haine. 

    Comme l’a résumé en une phrase Vox

    La polémique [autour de Yiannopoulos] prouve que le racisme, le sexisme, et autres formes d’intolérance sont acceptées dans les cercles conservateurs mais la pédophilie va trop loin.

    Dans sa dernière apparition télévisée avec Bill Maher ce weekend, il a affirmé vouloir « défendre le droit des gens à être, à dire et à faire ceux qu’ils veulent » et critiqué au passage les émeutes du mois dernier à l’université de UC Berkeley qui l’ont empêché de s’exprimer devant des étudiants conservateurs. Ce à quoi les libéraux répondent qu’il ne s’agit que d’une excuse pour déverser sa haine.
    Cela fait d’ailleurs penser à l’affaire Mehdi Meklat qui justifie ses attaques sur les femmes, les juifs, les homos en plaidant « le double de fiction » et qui accuse aujourd’hui la « fachosphère » d’en vouloir à sa vie.
    On vous conseille: « The Fall of Milo Yiannopoulos, explained » sur Vox

  2. « Deportation Nation »

    Le Department of Homeland Security a confirmé mardi que tous ceux qui traversaient illégalement la frontière mexicaine vers les Etats-Unis, seraient renvoyés manu-militari au Mexique, qu’ils soient Mexicains ou pas.
    Les demandeurs d’asile devront attendre la réponse des autorités au Mexique et pas aux Etats-Unis, comme c’est le cas aujourd’hui. Les populations concernées viennent d’Amérique Centrale (et ont souvent fui la violence des pays du Honduras, Guatémala, Salavador, Haiti) et d’Amérique du sud (Equateur et Brésiliens).

    Les deux mémos publiés mardi prévoient une répression agressive contre l’immigration illégale: les agents d’immigration auront le droit de déporter toute personne entrée illégalement aux Etats-Unis depuis moins de deux ans qu’elle soit arrêtée le long de la frontière mexicaine ou dans le reste du territoire américain et sans passer par un juge, comme c’est le cas aujourd’hui.
    Sont susceptibles d’être déportés: Toute personne (en situation irrégulière) condamnée ou accusée de délits graves et mineurs.
    Les forces de polices locales auront les mêmes droits que leurs collègues de l’immigration pour arrêter des criminels sans papiers des villes sanctuaires.
    D’autres parts, déporter les « DREAMers », ceux qui ont grandi aux Etats-Unis en situation irrégulière, ne sont pas, selon Sean Spicer, « la priorité » de la Maison Blanche.

    Au delà de ces changements drastiques par rapport à la politique d’Obama, ces mémos « n’ont aucune intention d’entraîner des arrestations et déportations de masse » a affirmé un employé du DHS rapporté par The Hill
    Aucun détail n’est donné sur les lieux où seront détenus les immigrés en attendant leur jugement our leur expulsion.

     

  3. Obamacare fait de la résistance

    L’une des promesses de campagnes de Donald Trump et l’obsession des Républicains depuis son vote en mars 2010, c’est le « repeal and replace » d’Obamacare: son abrogation et son remplacement.
    L’abrogation de l’Affordable Care Act, sans autre programme défini et voté par le Congrès pour le remplacer inquiète de nombreux Américains, y compris des électeurs de Trump, qui appartiennent aux classes moyennes et populaires, c’est-à-dire ceux qui bénéficient le plus de l’assurance santé mise en place par Obama.
    Politico comparait hier la résistance du Tea Party en 2009 dans l’Iowa contre Obamacare, et les actions menées cette année par les électeurs Démocrates et Républicains confondus pour préserver cette même loi.

    « Et comme une poignée de législateurs républicains à travers le pays, [Chuck Grassley, sénateur de l’Iowa] doit faire face à la colère des électeurs qui remplissent les conseils municipaux pour tenter de dissuader les Républicains d’abroger la loi du président Obama sur la santé.
    Les militants démocrates [moveon.org et Our Révolution] considèrent cette semaine comme cruciale pour faire entendre leurs revendications, d’autant que les Républicains restent profondément divisés au Congrès sur la façon de démanteler la loi sur la santé et sur celle qui devrait la remplacer.

    Les éléments les plus populaires d’Obamacare, ce sont la possibilité de contracter une assurance quels que soient ses antécédents médicaux et quel que soit son âge et la possibilité pour les enfants de moins de 26 ans d’être sous l’assurance de leurs parents.
    Certains représentants républicains ont annulé et remplacé des conseils municipaux  par des « conference call » depuis la vidéo diffusée la semaine dernière où le Représentant républicain de l’Utah, Jason Chaffez s’est fait hué par des centaines d’électeurs.
    D’autres affirment que les manifestations sont des mises en scène et les militants sont payés par l’opposition … comme le président hier soir.

    Twitter

     

  4. On vous conseille de lire: « Shake Up at the Oscar » – New Yorker

    Boone Isaacs, première Afro-Américaine présidente de l’Académie des Oscars depuis 2013 a décidé de prendre en main le problème de la diversité à Hollywood et de la représentation des minorités dans les nominations, dénoncé en 2015 par le fameux hashtag  #OscarsSoWhite: Elle a annoncé cette année là, la mise en place de l’initiative A2020 pour diversifier l’Académie en cinq ans. Le renouvellement nécessaire de ses membres ( ils sont six mille à 94% blancs et 70% masculins et âgés d’une soixante d’années) a été considéré par certains comme une purge en réponse aux accusations racistes dont a fait l’objet le comité ces dernières années.
    En juin dernier 683 membres ont été accueillis, un nombre record, dont 45% de non blancs provenant de 59 pays différents – les nouveaux entrants ont besoin de deux lettres de parrainage pour rentrer et qui ont été actifs dans l’industrie ces dix dernières années.

    Une nouvelle composition qui implique la mise en place de nouvelles stratégies des studios de cinéma pour séduire les membres de L’Académie. Passionnant.

  5. La Bourde du jour

    La couverture du Bryan-College Station Eagle: « Trump nomme McMaster pour remplacer Pence »: il s’agissait en fait de remplacer le général Flynn qui a démissionné il y a dix jours, et non le vice président Mike Pence
    La couverture a fait le tour d’internet.

    The Eagle – Edition du mardi 21 février 2017

    Kelly Brown, certainement très embarrassée a publié hier matin « une lettre d’excuses aux lecteurs du Eagle – et à Mike Pence ». Son erreur n’est pas comparable à la une du Chicago Tribune qui annonçait le 3 novembre 1948 la victoire de Thomas Dewey aux élections présidentielles gagnées en réalité par Truman ironise-t-elle, et l’erreur n’était ni un « mensonge délibéré », ni « une vérité alternative ». C’est le résultat d’une deadline sans assez relecture, et « c’est ma responsabilité », précisant au passage un manque d’effectif au sein de sa rédaction.

  6. Couverture du jour:

    Variety offre sa couverture à Jimmy Kimmel qui présentera dimanche sa première cérémonie des Oscars, « le job le plus ingrat du show business ».

    Variety

Mardi 21 février 2017: Trump condamne les actes antisémites; MILO OUT!; Pence défend les journalistes; Uber sexiste et Supreme x MTA

  1. Goodbye Milo: Un troll de moins chez les conservateurs

    Milo Yiannopoulos, le provocateur d’extrême droite, journaliste à Breitbart, célèbre pour avoir mené cet été une campagne raciste sur internet contre l’actrice Leslie Jones (autour de la sortie du film Ghosbusters) pour laquelle il a été interdit à vie de Twitter; supporter précoce de Trump qui est parti déverser sa haine, contre les musulmans, les femmes, les transgenres, dans une tournée des campus américains pendant la campagne présidentielle – The Dangerous Faggot Tour – et décroché un contrat pour la publication d’une autobiographie avec la Maison d’éditions Simon & schuster après la victoire de Trump, a vu sa carrière stoppée nette hier.
    Une vidéo de Milo Yiannopoulos défendant des relations homosexuels entre jeunes adolescents et hommes plus âgés, interprétée comme une apologie de la pédophilie, est ressortie ce weekend, provoquant un tollé chez les conservateurs qui l’avaient invité à la Conservative Political Action Conference pour discuter de la liberté d’expression dans les campus – après l’annulation de l’un de ses discours à UC Berkeley le mois dernier à la suite de violentes protestations d’étudiants. La CPAC a annulé sa participation à la conférence qui aura lieu mercredi à Washington et Simon & Schuster a son contrat.
    Mr Yiannopoulos, un opportuniste plus qu’un vrai conservateur s’est défendu en invoquant la liberté d’expression comme droit fondamental. Il a également affirmé sur Facebook qu’il était « homosexuel et un enfant victime d’abus (…) horrifié par la pédophilie ».

  2. Situation compliquée à Breitbart – Update à 2:56pm (NY Time): il démissionne 

    La situation est compliquée à Breitbart où Milo travaille depuis deux ans: une demi douzaine d’employés auraient menacé de quitter la rédaction si le journaliste anglais n’était pas mis à la porte.
    Le rédacteur en chef, Alex Marlow, a qualifié ce matin les propos de Yiannopoulos sur la pédophilie de « troublants, indéfendables, et navrants » mais l’a également défendu en parlant d’ « attaques coordonnées dont les termes très durs devaient être remis dans le contexte de son histoire personnelle » rapporte la journaliste Hadas Gold dans Politico.

    « Cet enregistrement, dans lequel il apparaît justifier des relations sexuelles entre un adulte et un mineur, dans certaines circonstances, a pris un peu tout le monde par surprise à Breitbart (…) Il semble parler de expérience personnelle d’homosexuel d’autant qu’il a été victime d’abus lorsqu’il était enfant. Il m’a assuré n’avoir jamais eu de contacts inappropriés avec un mineur en tant qu’adulte … Tout ça est très préoccupant et nous prenons cela très au sérieux à Breitbart.

    Mr Marlow a également voulu atténuer les propos de son employé en les comparant à ceux « de la gauche », notamment Lena Dunham (voir la revue de presse d’hier sur les polémiques suscitées par son livre) et Roman Polanski (les accusations de viol sur une jeune fille de treize ans dans les années 70).
    Rien n’a été décidé sur son avenir à la rédaction avant sa conférence de presse prévue cet après midi. « le perdre ne changerait à la marche ni au succès du site. Mais Yiannopoulos est un figure important de la marque et de l’image Breitbart.
    Il a finalement démissionné cet après midi.

     

  3. Une bonne semaine en perspective pour Trump

    Après un premier mois mouvementé, cette semaine devrait amener un peu plus de répit à la Maison Blanche: Le choix de H.R McMaster comme nouveau conseiller à la Sécurité Nationale a ravi les Républicains, y compris le plus fervent critique de Trump, John MCCain, vétéran du Vietnam, et les démocrates n’ont pas trop critiqué, et le Kremlin est resté silencieux sur la nomination.

  4. Un cimetière juif vandalisé dans le Missouri

    170 tombes juives ont été vandalisées dans un cimetière de University City, une banlieue de Saint Louis dans le Missouri ce weekend, pendant le Chabbat. Lundi, l’Anti-Defamation League (ADL), principale organisation de lutte contre l’antisémitisme aux Etats-Unis, a annoncé qu’une dizaine d’alertes à la bombe avait touché des centres communautaires juifs depuis le début de l’année dans l’ensemble du pays.
    Interrogé sur cette recrudescence d’actes antisémites par un reporter jeudi dernier en conférence de presse, Trump a défendu sa position personnelle sur la question (« j’ai plein d’amis et ma fille et mon gendre le sont aussi ») sans jamais condamner ces violences, avant demander au journaliste de se rassoir.
    Pressé de dénoncer ces exactions, le président s’est finalement exprimé ce matin
    lors d’une visite au National Museum of African American History and Culture:

    « Les menaces qui visent les communautés et centre communautaires juifs sont horribles et douloureuses, et nous rappellent tristement le travail à faire pour éradiquer la haine, les préjugés et le mal. » 

    Ivanka Trump avait défendu plut tôt lundi sur Twitter « le principe de la tolérance religieuse »

    Twitter / Ivanka Trump
  5. Mike Pence, grand défenseur de la liberté de la presse

    Un article publié en 2007 dans le Columbia Journalism Review s’intéresse au combat de Mike Pence, « leader conservateur charismatique et influent d’Indiana » pour la protection des journalistes contre d’éventuelles poursuites du gouvernement fédéral.
    Une entreprise qu’il a entrepris après la lecture d’un article du New York Times sur Judith Miller – grand reporter emprisonnée plusieurs semaines aux Etats-Unis pour avoir refusé de révéler ses sources dans l’affaire Valerie Plame, du nom d’une agent de la CIA dont l’identité avait été révélée dans la presse en 2003:

    Pence, un avocat de 47 ans et ancien présentateur de talk show, n’aime sans doute pas « le parti pris de l’information » dans les médias traditionnels mais il est encore plus choqué par « la vague d’affaires où des procureurs fédéraux menacent de prison ou enferment directement des journalistes pour les obliger à révéler leurs sources ».
    Ces deux dernières années, Pence a été la principale force législative derrière le soutien d’une loi de protection des journalistes, son cheval de bataille.
    « Nos fondateurs n’ont pas mis la liberté de la presse dans le Premier Amendement parce qu’ils avaient bonne presse – au contraire ».

    Interrogé sur le tweet du président contre la presse ce weekend, Mike Pence a réaffirmé en son nom et celui du président « la liberté et l’indépendance de la presse » mais a promis de continuer à critiquer et dénoncer les journalistes quand ils se précipitent ou manquent d’exigence envers les faits

     

  6. La Silicon Valley, encore accusé de sexisme

    Début d’année douloureux pour Uber.
    Boycottée par ses adhérents
    après que son P.D.-G. ait accepté de siéger au conseil économique du président avant de démission devant la pression de ses employés, la compagnie fait aujourd’hui face à des accusations de sexisme par l’une de ses anciennes salariées. Susan Fowler Rigetti, ingénieure, a posté samedi dernier sur son blog les raisons de son départ de Uber en décembre dernier: le harcèlement sexuel dont elle a été victime, minimisé par la direction qui a refusé de condamner l’agresseur et obligé l’intéressée à changer d’équipe de travail – une situation vécue, selon elle, par d’autres femmes dans l’entreprise; une compétition féroce et à peine cachée entre employés et le tout géré par une organisation chaotique.
    Le plan PR rêvé!

    Intitulé « Reflecting on One Very, Very Strange Year at Uber », le texte posté ce weekend a fait le tour de la Silicon Valley et est remonté jusqu’à Travis Kalanick, le P.D.-G., qui a affirmé mettre Eric Holder, ancien ministre de la justice de Barack Obama, employé de Uber depuis quelques mois, sur le coup
    Arianna Huffington qui siège au Comité de direction de Uber est intervenue personnellement sur Twitter.

  7. Les fans de Britney Spears furieux contre Lifetime

    lifetime

    La chaîne câblée américaine spécialisée dans les comédies romantiques et téléfilms à l’eau de rose, presque exclusivement destinée aux femmes, a provoqué la fureur des fans de Britney Spears après la diffusion d’un téléfilm biopic sur la chanteuse de 34 ans. Intitulé « Britney Ever After », le film façon documentaire revient sur les épisodes malheureux de la chanteuse: que ce soit un accident de style (le faux-pas denim sur denim sur denim en 2001 avec son boyfriend de l’époque, Justin Timberlake), de mariage (de 48 heures avec son ami d’enfance lors d’une beuverie à Las Vegas en 2004 et l’autre un plus long avec Kevin Federline, le père de ses deux enfants en 2008) ou de coupe de cheveux (le fameux rasage suivi du coup de parapluie filmé en direct en 2007).
    Mme Spears est décrite dans le film comme isolée, ignorante et incompétente malgré deux décennies de carrière dans le show business.
    L’intéressé n’a pas approuvé le film ni laissé les producteurs utiliser ses chansons, donc on vous laisse imaginer l’épreuve. Des fans ont réagi avec humour

    Twitter
  8. Collaboration MTA x Supreme

    MTA a annoncé une édition limitée de sa fameuse MetroCard avec la marque tendance new yorkaise Supreme, qui vient de collaborer avec Louis Vuitton pour une collection de vêtements et d’accessoires hors de prix présentée lors de la dernière fashion week à Paris en janvier dernier.
    Les MetroCards sont en vente ($5.50) dans certaines stations de métro qui ont été prises d’assaut depuis l’annonce de la Metropolitan Transport Authority hier soir.
    L’édition est limitée donc il ne devrait plus y en avoir beaucoup de disponible ce matin, mais vous pouvez toujours allez les acheter sur Ebay (à partir de $30.00)

  9. Couverture du jour:

    New York Magazine publie un portrait de John McCain, ancien candidat républicain aux présidentielles de 2008 qui mène la résistance dans la majorité contre les excès et dérives du président Trump: « How Many Chances do you get to be an American Hero » de Gabriel Sherman.

    New York magazine

Vendredi 3 février 2017: « Houston, we have a problem »

  • Après l’avertissement du général Flynn contre l’Iran, responsable d’un récent tir de missile balistique, Donald Trump est revenu à l’attaque surTwitter hier en accusant  Barack Obama d’avoir acheté le traité sur le programme nucléaire iranien  « pour 130 milliards de dollars ». Téhéran a répondu, via un porte parole, qu’il ne comptait pas céder devant les « menaces inutiles » d’une « personne inexpérimentée »
    Le président américain a annoncé plus tard la mise en place de nouvelles sanctions sur l’Iran, comme il l’avait promis lors de la campagne  – sans discussions préalables avec le reste des pays impliqués dans l’accord; la Chine, la Russie, la Grande Bretagne et la France (le conseil de sécurité des Nations Unies) et l’Allemagne.
  • Le premier forum politique et stratégique du président, prévu vendredi à Washington D.C. réunira les CEOs de grandes compagnies américaines, Blackstone, le géant du capital-investissement, Wal-Mart Stores, Walt Disney, PepsiCo, IBM et Tesla … avec un absent de marque, le P.-D.G. de Uber Technologies, Travis Kalanick, qui a annoncé sa démission du Conseil Economique après les critiques et le boycott de milliers d’usagers Uber.
  • Après les « faits alternatifs », Kellyanne Conway, porte-parole « télébionique » de Donald Trump a affirmé que la « travel ban » a été initiée en 2011 par Barack Obama  sur les ressortissants irakiens pendant six mois, après le « Bowling Green Massacre », un complot de deux réfugiés Irakiens du Kentucky qui en voulaient aux soldats américains postés en Irak. Aucune victime n’a été recensée.
  • L’article le plus lu de Breitbart hier: « La gauche s’en va-t-en guerre: Des proches d’Obama proposent un coup d’Etat militaire contre Trump » posté jeudi matin a récolté 11 378 commentaires en dix heures.
    L’auteure de l’article, Rosa Brooks, a servi dans l’administration Obama, est professeur de droit à l’université de Georgetown et décrit les trois différentes façons de se débarrasser de Trump avant la fin de son prochain mandat en 2020. L’impeachement très improbable avec une majorité républicaine au Congrès, tout comme le 25ème Amendement qui doit être invoqué par le vice président et la moitié du cabinet avant d’être approuvé par le Sénat. La dernière solution serait la désobéissance des militaires, censés protéger le pays et la Constitution avant le président. L’article de Brooks n’était ni un appel aux armes mais le constat effrayant des inquiétudes de nombreux experts et politiques américains deux semaines seulement après l’investiture de Donald Trump.
breitbart.com
  • Après Les incidents violents de mercredi soir à l’université UC Berkeley qui ont annulé l’intervention du champion de l’alt-right, milo yiannopoulos, Steve Bannon, Donald Trump a invoqué la défense de la liberté d’expression pour venir au secours du journaliste de Breitbart en menaçant de supprimer les subventions publiques de l’université. Pour rajouter de l’huile sur le feu, Breitbart a publié un article expliquant que la moitié des fonds dédiés à la recherche étaient publics – et inciter Trump à mettre en place ses menaces.
  • La Bodega Strike, la grève des épiceries yéménites a eu lieu jeudi à Brooklyn où des centaines de commerçants ont fermé boutique et étaient venus avec leur famille pour manifester pacifiquement, drapeaux américains à la main, contre la « Travel Ban » qui a pu toucher certains de leurs proches; ils ont même prié sur les escaliers et le parvis de Borough Hall
  • Le conseil Municipal de Seattle devra décider lundi de rompre, ou non, le contrat de trois milliards de dollars qui la lie avec la banque américaine Wells Fargo – en charge du paiement des 12 000 employés de la ville depuis 1999 – qui a investi dans le projet du Dakota Access Pipeline, suspendu par Barack Obama début décembre 2016 et remis à l’ordre du jour par Trump la semaine dernière.
    La loi impliquerait également le principe de « justice sociale » dans tous les contrats alloués par la ville, y compris les projets de construction. La pression des manifestants qui se sont réunis à plusieurs reprises ces derniers jours devant le City Hall a visiblement porté ses fruits.
  • Bonne nouvelle pour le « failing @nytimes », accusé par son plus fidèle lecteur, Donald Trump, de répandre des « FAKE NEWS » qui a annoncé une augmentation de 21,9% des abonnements en ligne lors du dernier trimestre 2016: 276 000 internautes, plus important que les années 2013 et 2014 réunies.
    Grâce à qui? Grâce à son plus fervent détracteur, le président des Etats-Unis. 

    Les chiffres étaient moins bons concernant les revenus publicitaires « papier » qui ont chuté de 20.4%
  • La couverture du jour, celle de Bloomberg BusinessWeek sur les décrets présidentiels « Fait à la va-vite, légalement douteux, dangereux économiquement ». Génial.

Breitbart News, le bras armé de Trump

Le site d’infos politico-trash conservateur, autrefois marginalisé, est devenu en quelques mois le bras armé de Donald Trump qui a officialisé cette alliance en nommant son ancien directeur en chef à la tête de sa campagne.

Steve Bannon, « l’agent le plus dangereux du pays »

Anti Establishment
L’annonce de la promotion de Steve Bannon
, « le trublion » médiatique de la droite dure, ce mois-ci, à la tête de la campagne de Donald Trump, résonne comme un pied de nez aux tentatives des Républicains de remettre le candidat dans le droit chemin.
L’homme est connu pour ses attaques contre l’establishment républicain, au premier rang duquel figure, Paul Ryan, président de la Chambre des Représentants des États-Unis.
Il travaillera de pair avec une autre figure de la droite conservatrice, lui aussi très critique vis-à-vis de Washington, Roger Ailes, l’ancien patron du New York Post, viré cet été pour une histoire de harcèlement sexuel.
Une réorganisation politique qui vise non seulement à renforcer les « grassroots » de l’électorat de Trump mais aussi et surtout à affaiblir la candidate démocrate, qui n’aurait pas pu craindre pires adversaires.

 

Bloomberg BusinessWeek d'Octobre 2015 sur Steve Bannon et "la vaste conspiration de droite"
Bloomberg BusinessWeek d’Octobre 2015 sur Steve Bannon et « la vaste conspiration de droite »

 

Anti Clinton
Dans un portrait publié en Octobre dernier dans Bloomberg Businessweek, l’homme était déjà présenté comme « l’agent le plus dangereux de pays » à la « tête de la nouvelle conspiration de droite » qui « tente d’évincer Hillary Clinton et Jeb Bush ».
A l’époque, Bannon est à la tête de Breibart News depuis 2012, « le site populiste » qui sert de défouloir à « ceux qui pensent que Fox News est trop poli et modéré ».
Sorte de « Dr Jekyll et Mr Hyde » de la droite, il exerce son influence à travers un journalisme agressif et décomplexé et un activisme plus « sophistiqué » grâce au think tank Government Accountability Institute (GAI) qui révèle et diffuse toutes sortes de dossiers à charge contre les politiques de tout bord.
L’ouvrage du GAI paru en Mai 2015 sur L’Argent des Clintons « a eu plus d’influence sur la perception d’Hillary Clinton que n’importe quel autre détracteur républicain », pareil pour son e-book au vitriol contre Les Dollars de Bush paru pendant les Primaires Républicaines.
Bannon, détracteur-en-chef du couple Clinton, est aujourd’hui l’un des plus expérimenté pour combattre Hillary Clinton à travers sa fondation, ses emails, son mandat de Secrétaire d’Etat et tout ce qu’il pourra trouver et utiliser contre elle jusqu’au 08 novembre

 

Clinton Cash: The Untold Story of How and Why Foreign Governments and Businesses Helped Make Bill and Hillary Rich - By Peter Schweizer published by HarperCollins. Un adaptation cinématographique et Bande dessinée a été réalisé cette année.
Clinton Cash: The Untold Story of How and Why Foreign Governments and Businesses Helped Make Bill and Hillary Rich – By Peter Schweizer published by HarperCollins.
Un adaptation cinématographique et Bande dessinée a été réalisé cette année.


Dire que Steve Bannon a mauvaise presse est un euphémisme.
Depuis sa promotion la semaine dernière, des affaires de violences domestiques et des suspicions de fraude électorale (il serait enregistré à une fausse addresse en Floride, un « swing state » clé dans le décompte électoral) sont relayées dans tous les médias, même les plus conservateurs.
Plus grave, cet ancien banquier de Goldman Sachs, est régulièrement accusée de lancer de fausses allégations sur ses ennemis.
C’est également ce patron de presse qui a engagé Milo Yiannopolous, ce jeune journaliste anglais à l’origine des attaques racistes et mysogines contre l’actrice Leslie Jones cet été, et qui a été suspendu à vie de Twitter.

Les affinités de certaines journalistes de Breitbart avec le mouvement Alt-Right, en périphérie du conservatisme traditionnel américain, décrit comme raciste et antisémite est devenu le cheval de bataille de Clinton pour convaincre les républicains de la rejoindre.

PHOTO ILLUSTRATION BY EMIL LENDOF/THE DAILY BEAST
PHOTO ILLUSTRATION BY EMIL LENDOF/THE DAILY BEAST

 


BreitBart + Trump = Trumpbart, nouvelle plateforme politico-médiatique?

Donner à Steve Bannon la responsabilité de la campagne de Donald Trump, c’est aussi récompenser le site BreitBart News en lui offrant une plateforme politico-médiatique sans précédent.

Depuis sa création en 2007 par Andrew Breitbart, ancien éditeur du Drudge Report et mort d’une crise cardiaque en 2012, le site d’infos en ligne, originellement destiné à devenir le « Huffington Post de la droite » s’est plutôt distingué dans l’info trash anti-libéral, anti-gouvernement, anti-journalistes et anti-politiciens.

Une recette qui marche puisque il a cumulé en juin presque 14 millions de visiteurs uniques sur son site et 150 millions de pages vues.

Breibart News n’aurait pas pu trouver de candidat plus controversé, conflictuel et politiquement incorrect que Donal Trump et a d’ailleurs rapidement choisi de le soutenir.
Le milliardaire new yorkais confirme avec la promotion de Steve Bannon, le rôle désormais majeur  que joue le site dans ces élections présidentielles, rebaptisé « Trumpbart » par certains médias.
Notons au passage la perte d’influence de Fox News, bastion conservateur et outil de propagande privilégié des candidats républicains aux présidentielles depuis 2000.

Dans un essai publié ce mois-ci dans Vanity Fair, le journaliste Ken Stern explique comment est-ce que « Bannon et Breitbart Media ont été Trump avant Trump, en créant la philosophie politique et l’armée politique qui a été le moteur de l’avènement spectaculaire du candidat dans la politique américaine ».

Au delà de ses titres et thèmes provocateurs, « c’est la première organisation à articuler et représenter, à une échelle globale, une nouvelle philosophie du nationalisme et du populisme qui a trouvé un soutien important dans la société américaine ».
Cette émergence d’un nouveau pouvoir politico-médiatique, dont certains pensent qu’il serait le nouveau projet de Trump en cas de défaite, pourrait bien être l’évènement majeur à retenir de cette campagne présidentielle 2016.